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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Le monstre et le démon (Il t'a valiprimée)  (Lu 4155 fois)
Yehaël
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Fiche
« le: Février 26, 2013, 10:30:45 »


« C’est l’histoire d’un monstre et d’un démon... »

Ses paroles résonnent dans ta tête, alors que tu rampes sur le sol, que tu craches entre tes lèvres la poussière. Tu sais qu’il est là, tu sais qu’il t’observe, qu’il te voit, mais tu es incapable de réagir. Car, outre sa présence, quelque chose d’autre t’inquiète, te terrorise. Tu devrais avoir mal, mal à en hurler de douleur, mais, curieusement, tu ne ressens pas la douleur. Tu ne sens qu’une intense fatigue, une envie de fermer tes yeux, tant tes paupières te semblent lourdes. Tu te bats pour rester intacte, pour ne pas sombrer. Ce sentiment, au cours de ta très longue existence, tu ne l’as ressenti qu’en de rares occasions. Tu te souviens de cette première fois, dans les champs de bataille lors des anciennes grandes guerres contre les démons, où tu étais alors relativement inexpérimentée. Ici, tu avais failli mourir. Tu t’étais reçue une épée démoniaque dans le ventre, tu t’étais fait empalée dessus, avant d’être balancée, laissée pour morte. T’en souvenais-tu ? Il est curieux de voir comment, à l’article de la Mort, l’esprit semble se braquer sur lui-même, et faire une rétrospection. Tu sens une main t’attraper, te retourner, et tu vois l’entrée du château, cette porte par laquelle tu es entrée en voulant le stopper. T’en souviens-tu ? Évidemment. Comment aurais-tu pu l’oublier ?




Quand tu es entrée, il était là. Il ne cherchait pas à fuir, c’était comme s’il t’attendait. Toi, tu n’étais qu’un atome de fureur et de colère, le corps déjà éclairé, ici, et là, de tâches de sang, gouttes écarlates qui remontaient jusque dans le plumage éternel et infiniment doux de tes plumes d’ailes. Il était là, dans sa longue robe vert sombre, et se retourna vers toi, les douze orbes flottant dans son dos, brillant de différentes lueurs.

« Ainsi donc, c’était vrai... Tu as réussi à les réunir.
 -  Ce ne fut pas facile, comme tu t’en doutes. La fin d’une longue quête, une quête à laquelle je ne pensais jamais voir la fin.
 -  Tout ça... Tout ça pour ça ?! »

Tu ne sentais qu’une sourde et violente colère t’envahir, une fureur telle qu’elle effaçait tous les nombreux que tu avais reçues. Tu as toujours été comme ça, une femme pleine de passions, une guerrière qui n’aurait jamais pu devenir une Archange, car tu es une femme d’action.

« Il n’en manquait plus qu’une pour pouvoir enfin lancer le Rituel. Maintenant, tous les magiciens, à travers tous les mondes, ont du ressentir cette impulsion à travers leurs portails et leurs orbes. Tous tremblent, en réalisant que l’impossible a enfin pu se produire, et que leurs petites et insignifiantes querelles les ont aveuglés. Le temps qu’ils se réveillent, il sera trop tard.
 -  Je crois que tu as oublié ma présence, sac à merde.
 -  Nous ne sommes plus au stade où il est possible d’empêcher le phénomène. Les clefs sont mises, et tu peux ressentir les vibrations magiques. La Tour va s’ouvrir. »

Tu secoues la tête, en t’avançant vers lui.

« Sans doute... Mais tu ne rentreras pas dedans. »

Dans une autre époque, sans doute aurait-il ri, mais il se contenta de te retourner vers toi, sa longue chevelure blanche descendant le long de ses épaules. Il te regarda avec son air impassible. Jadis, il y avait de la perversion dans ce regard, voire même une lueur de folie, mais tu sens que le temps a fini par atteindre le magicien. Personne n’y échappe. Toi non plus. Il semble presque lassé de devoir t’affronter, encore, mais, cette fois, tu entends bien le supprimer. Tu es blessée, certes, mais est-ce vraiment un handicap ? Ce ne sont que des égratignures, car, en quittant la zone de guerre, tu as eu amplement le temps de cicatriser, de te soigner, de te préparer, aussi bien mentalement que physiquement, à ce qui constitue le dernier acte. Lui comme toi le savez. Cette longue course-poursuite, qui dire depuis des millénaires, touche à sa fin. C’est le dernier acte, la dernière lignée droite. Plus de virages, plus de courbes, plus de faux-semblants, plus d’échappatoire, de poternes, de portes dérobées, de fenêtres. Toi et lui, vous le savez, ça se terminera maintenant.

C’est à ce moment-là que tu l’as ressenti, n’est-ce pas ? Une autre présence, dans ton dos. Tu t’es retournée, et tu l’as vu. Lui. De lui, précisément, tu n’as rien vu, mis tu sais que c’est lui. Tu le devines, à cet interminable manteau rouge qui l’enveloppe. Son visage est, par le jeu des reflets, plongé dans la pénombre, mais il est là, vous observant. Personne n’aurait senti cette pointe d’anxiété te traverser. Mais pas eux. Tu te retournes vers le magicien, qui est toujours face à toi, et ce fantôme de sourire que tu vois commencer à se dessiner sur ses lèvres ne laisse aucun doute.

« Tu as pissé contre un ouragan, Ange. »



Avant de ramper misérablement sur le sol, avec tes ailes arrachées, et ton corps en lambeaux, tu étais une belle femme. Le concept de « beauté » est difficile à concevoir chez les Anges, car vous êtes tous beaux, mais, d’un simple point de vue terrien, tu peux affirmer, sans te méprendre, que tu relèves le niveau. Qu’on prenne un peu le temps de t’observer. Avec ta longue chevelure blonde, ce corps ferme et souple, tu es l’illustration de la puissance, l’incarnation du pouvoir et de la force céleste, de cette noblesse qui semble naturellement échoir aux Anges. Tu as toujours eu de longues ailes, que tu ne rétractes jamais. Tu pourrais le faire, mais ce serait pour toi aussi saugrenu que de rétracter tes bras. Tes ailes sont des éléments déterminants de ton corps, et, comme tu le dis si bien toi-même, tu emmerdes amicalement ceux qui dénigrent ton droit à exhiber fièrement tes ailes. Tout est beau chez toi, tout transpire la pureté. Mais c’est ton attribut angélique, après tout... La Pureté. Même après tout ce temps, après tous ces combats, tu l’es toujours. Et tes yeux... Comment ne pas les mentionner ? D’un bleu clair et profond, ils virent au rouge quand tu es en colère, ou quand tu te bats, ce qui, fondamentalement, revient au même.    C’est ironique. Tu existes depuis des millions d’années, et ta beauté ne s’est jamais fanée.

Il aura suffi de quelques minutes pour que tu ne ressembles plus à rien.




C’est toi qui a chargé la première. Évidemment. Tu as sorti Daederon, l’épée infernale, cette épée que tu as su dompter, cette épée qui vibre d’une puissance incroyable, et tu as foncé vers le magicien. Cet homme qui a renié sa famille, cet homme qui a renié tout ce qui existe, si ce n’est son propre ego. Comment pourrais-tu le nommer ? Il est l’Étranger, et aucun de ses innombrables noms ne rime à quelque chose. Ta lame frappe dans le vide, car il s’est déjà déplacé, et opte pour une attaque magique élémentaire. Ton épée l’absorbe sans problème, les éclairs n’étant pas absorbés se dispersant contre les murs. Tu te bats en volant, te servant de tes ailes, et tu converges à nouveau droit sur lui, abattant encore une fois ta lame. Et, encore une fois, il se déplace, puis se multiplie. Plusieurs clones de lui-même te font face.

« C’est curieux... te dit-il alors, pendant que des attaques magiques pleuvent en série sur toi. Je contrôle les Éléments, je suis un nécromancien émérite, j’ai absorbé quantité d’Anneaux de Pouvoir, découvert des techniques magiques inédites. Dans un sens, j’ai révolutionné la magie, et pourtant... Pourtant, le nombre de fois où j’ai du l’utiliser pour balayer des communautés, massacrer des gens, est dérisoire. L’intelligence est une arme bien plus meurtrière que tout ce qu’on pourra jamais apprendre ou utiliser. »

Il te parle, mais tu ne l’écoutes pas. Ces discours, tu les connais. Tu l’as déjà affronté, à maintes et maintes reprises. Plusieurs fois, tu as failli le tuer. Il est l’Étranger, et vous vous êtes affrontés à travers les âges et les dimensions. Tu l’as défié à Nexus, quand cette ville était encore une ville à l’économie florissante, où il faisait bon vivre. Tu l’as affronté sur Terre, quand il avait pris l’identité d’un seigneur de guerre médiéval. Tu as continué à le poursuivre, le défiant sur Terreaufair. Avant cette période, l’homme était encore un mage puissant, mais pas à ce niveau. Tu as suivi sa formation de manière distancée.

Tu le repères, Daederon le ressent, et ta lame se plante dans son corps. Il était invisible, et cette dernière le traverse de part en part.. Mais tu ne sens aucune oscillation dans sa concentration magique. L’épée est plantée au milieu de son corps, les clones se dispersent, et il tend sa main vers toi. Tu n’as pas le temps d’y échapper qu’une explosion magique te heurte de plein fouet.




La pureté... Que signifie ce mot ? Comment définir ce concept dans un monde qui, par nature, est impur ? La pureté évoque bien des concepts, et tu évolues dans ceux-là. La Pureté est ce qui te définit, mais, pour autant, tu n’es pas chaste. A dire vrai, tu ne conçois pas la pureté comme une forme de chasteté, car tu sais qu’il existe des chastetés impures. Et, à dire vrai, tu as toujours eu du mal à comprendre en quoi le fait de faire l’amour était impur. Les humains t’ennuient, te fatiguent. Ils te lassent, t’énervent, et mettent à rude épreuve ta patience. Tu es une femme rigoureuse, forte, déterminée, qui a du mal à accepter la faiblesse. Tu es l’Ange de la Pureté, une femme de droiture. Voilà ce qui, dans l’absolu, te définit. La rigueur, la discipline, la force de caractère, la bravoure. Tous ces éléments connexes déterminent le pur de l’impur. La pureté, pour toi, ne se résume pas à respecter des règles, des normes, car il n’existe aucune norme pure. La pureté est un concept abstrait, infiniment moral. Elle se définit selon des critères objectifs et subjectifs. Elle inspire respect et terreur, à ton image.  Être pur est un état d’esprit autant qu’une règle de vie. Le pur ne se laisse pas aller, il ne se laisse pas souiller par toutes les faiblesses et les impuretés de la vie. Il n’est pas parfait, mais aspire à conserver une ligne droite, fondée sur des idéaux nobles, et sur une ouverture d’esprit.

Tu es pure. C’est ce que tu aimerais te persuader, mais tu vois depuis tellement longtemps les bassesses de l’humanité que tu as bien du mal à les voir. Tu ne peux t’empêcher de voir en eux le vice, la malice, la jalousie, l’envie, et tous ces péchés cardinaux qui sont le tronc commun du vice. Le respect est quelque chose que tu as du mal à admettre. Tu es, à vrai dire, une femme plutôt grossière, n’hésitant pas à injurier tous ces gens qui se prennent pour des exemples, et qui sont sidérants de bêtise et de méchanceté. Les hommes, pour toi, ne sont fondamentalement pas mauvais. Ils sont juste d’une incommensurable bêtise. Et pourtant... Pourtant, tu continues à les apprécier, à les défendre. Regarde-toi. N’es-tu pas pathétique ? Sentirais-tu le désespoir t’emparer ? Non, bien sûr que non. Tu es ainsi. C’est pour ça que nous t’apprécions, mais, pour que le portrait de ta personne soit complet, il faut encore préciser que tu as une faiblesse, un péché mignon qui t’a toujours amené à transgresser les règles des Cieux. Les enfants. Pour toi, ils sont l’incarnation de l’innocence et de la pureté. Des êtres fragiles, purs dans le sens où ils font preuve d’une franchise dénuée de toutes les convenances sociales, et ce quand bien même cette franchise est parfois cruelle. Tu sais que les enfants peuvent faire preuve entre eux d’une grande cruauté, mais ils le font sans malice. En ce sens, ils restent, à tes yeux, l’expression d’une pureté qui se dégrade ensuite.

Rien que pour ça, tu devrais te relever, tu ne crois pas ?




Il s’est amélioré. As-tu déjà rencontré un mage d’un tel niveau ? Tu l’ignores, mais tu ne peux qu’être bluffée par son talent. Cet homme aurait réellement pu améliorer la face du monde. Au lieu de ça, il a sombré, et c’est à toi qu’il revient de l’arrêter. Le combat ne se poursuit plus dans le temple, mais dans les airs. Il flotte dans le ciel, au milieu de nuages rouges, chargés en cendres. Tu es dans l’un des endroits les plus inhospitaliers de Terra. Les Malterres de la Discorde, un endroit souillé par la corruption et la souffrance. Les Malterres sont en train de s’écrouler, des volcans rentrent en éruption, le sol se fissure et craque, comme si le monde rendait son dernier soupir. Cette approche n’est pas tellement fausse, avec un peu de recul. Les éléments se déchaînent, sous l’effet de cet homme. Sa magie se révèle dans toute sa grandeur, et son pouvoir semble sans limite. Des éclairs furieux tombent du ciel, une pluie acide s’abat, et, fendant les nuages comme des obus mortels, des astéroïdes enflammés tombent. Mais il en faut plus pour t’arrêter. Tu te bats avec la rage au cœur, avec cette passion qui t’a toujours caractérisé. Contre les éclairs, les boules de feu, tu voles, tes ailes te portent, te déplacent, tu esquives, avances, recules, te laisse tomber, essaie de le déborder, envoie tes propres attaques magiques qui heurtent son bouclier. Les cieux se déchaînent, les éléments s’embrasent, tes cheveux trempés sont plaqués contre ton corps. A plusieurs reprises, des éclairs te frappent, mais aucun ne te fait tomber. Tu ne tomberas pas. Tu le vaincras. Tu l’as déjà vaincu. Tu peux le refaire. Tu tentes de t’en persuader.

Tu parviens à le rejoindre, et Daedaron se plante dans son bouclier. Tu te reçois une décharge magique qui te fait hurler, te donnant l’impression d’être électrocutée jusque dans les profondeurs de ton corps, mais le bouclier se brise. Et, pendant un bref instant, tu aperçois dans les yeux de ton adversaire une colère noire. Il est furieux, et t’envoie une attaque magique qui te fait lâcher Daedaron, t’arrachant la peau. Tu sens le sang gicler, mais tu n’en as cure. Ta vieille carcasse est endurante, elle survivra, et tu te murmures ces mots à l’oreille, avant d’envoyer tes propres attaques magiques. Tu disposes de la magie supérieure, la magie sacrée. Des rayons lumineux jaillissent de tes doigts, et balaient les attaques élémentaires de ton adversaire, le contraignant à employer ces sorts interdits dans les académies, les sorts de la plus sombre des magies noires. Ses pupilles se révulsent, devenant d’un noir d’encre, et tout explose autour de toi. Magie noire contre magie blanche, les deux opposés se fracassent dans une surpuissante explosion, qui ouvre le ciel en deux, et répand une onde. Soufflée, tu ne peux plus te contrôler, et t’écrase violemment sur le toit du château, brisant en deux une tour avant de glisser sur une série de toitures, roulant douloureusement, pour terminer ta cour dans une autre partie du château. Ton corps finit par arrêter sa course folle en fracassant une immense table de banquet en bois, et tu termines contre un mur en pierre.

« Putain... » maugrées-tu, la bouche en sang.




Il y a des temps immémoriaux, des centaines de milliers d’années auparavant, tu as participé à ta première bataille sérieuse. Pas n’importe quelle bataille. Une guerre qui a marqué les âges et les époques. Le conflit entre les Anges et les Démons, une lutte mythique. A cette époque, les races inférieures, comme vous aviez pompeusement coutume de les appeler, étaient encore des sauvages vivant en tribus, mais dont on sentait clairement qu’un jour, ils deviendraient décisifs. Les Enfers voulaient se répandre sur les plans inférieurs, et vous vouliez les en stopper, au nom de ce sacro-saint principe qui, depuis toujours, gouverne les Cieux : le libre arbitre. Ce fut une guerre terrifiante, et tu y as pris part. Là où un Ange tombait, mille démons devaient tomber. Vous étiez en infériorité numérique écrasante, dans une guerre qui semblait perdue d’avance. L’un après l’autre, vos sanctuaires, vos bastions, tombaient, tandis que vous cherchiez à protéger les humains et les autres espèces peuplant les plans inférieurs. Tu n’as jamais revu ça. Tu as vu les Enfers unifié par une autorité commune, par un seigneur de guerre qui a su diriger tous les Princes infernaux, les museler, et former une armée commune. Une armée terrifiante. Tu as vu beaucoup de sœurs et de frères tomber au cours de cette longue guerre. Combien de temps a-t-elle duré ? Des années, des siècles, même. Car un démon tué retourne en Enfer, d’où il revient. Une guerre sans fin ? Pas réellement, car, à chaque seigneur de guerre tué, des Légions entières s’écroulaient, et reformer un démon, le reconstruire, le remodeler, prenait du temps. Votre cible était le maître des Enfers, Satan.

Toi, tu étais une jeune Ange très prometteuse. Tu avais été formée dans la Milice angélique, et ta rigueur morale, ton sens du devoir, ont fait de toi l’Ange de la Pureté. Tu arborais ce nom avec une certaine fierté à l’époque, et tu étais sous les ordres d’un des Anges les plus doués de cette époque. Un être talentueux, mais d’une rigueur légendaire. Tu étais sous les ordres de Lucifer et d’Azazel.




« C’est douloureux ? »

Tu ne lui réponds pas, tandis que tu t’extirpes du mur que tu as pulvérisé en t’écrasant sur le sol. De la poussière et des morceaux de granit tombent de ton corps, alors que tu arrives à te relever, soupirant longuement.

« Je me suis toujours demandé quelle serait ma fonction dans ce monde. J’ai très rapidement compris que je n’étais pas un humain ordinaire. A ma place, beaucoup d’individus seraient morts, mais, pour une inexplicable raison, j’ai survécu. Et j’ai continué à survivre, alors que la liste de ceux qui voulaient me tuer se multipliaient sans cesse. Comme si, dans une certaine mesure, j’étais... Touché par la bonne étoile, comme si j’étais le seul à pouvoir changer les choses. »

Et, tandis qu’il parle, tu reprends tes forces. Tu as effectivement mal, et tu constates que tu as perdu plusieurs plumes. Ainsi que Daedaron. Mais ton attirail ne se résume pas qu’à cette épée infernale. Elle est certes pratique, mais tu disposes d’autres atouts dans ta manche.

« Pourquoi t’obstiner ? Nous savons tous les deux comment ça va se terminer. Je n’ai jamais été un être vivant comme les autres. Et ça, je l’ai réalisé quand on m’a arraché une main, et que je fixais mon moignon, les yeux ronds, sans ne rien ressentir. Je ne comprenais pas pourquoi les gens souffraient quand je les plantais, pourquoi ils hurlaient quand je les torturais. La douleur est un concept qui m’est inconnu. »

Dans ta main, une lance apparaît. Cette lance qui, jadis, t’a permis de tuer le dragon noir Thomrol. Tu continues à respirer lourdement. Tu t’élances alors vers lui, et tu l’empales sur ta lance, le décollant du sol. Il se contente de te fixer silencieusement, avant de se déplacer, de t’attraper par la gorge, et de t’envoyer t’écraser au sol.

« J’ai compris mon rôle, je l’ai compris sur Terreaufair. Ma destinée... »

La magie l’illumine entièrement. En un sens, c’est féérique. Tu n’avais jamais vu un individu aussi sensible à la magie, aussi réceptif. Comme s’il ne ressentait rien d’autre qu’elle, comme s’il vivait en parfaite harmonie avec cette dernière. Tu le frappes, l’attaque, lui défigure le visage, mais il continue à te maintenir contre le sol, avant de te balancer avec une force herculéenne à travers une fenêtre. Tu t’envoles à nouveau, au pied d’une immense tour qui file vers les cieux, avant de t’arrêter. Lui marche tranquillement, et se positionne au sol, en bas de la tour, avant de s’envoler vers toi, amenant avec lui une vague de destruction qui pulvérise le décor. Le feu est à ses pieds, et tu te rues vers lui, poussant un hurlement en concentrant toute ta force. Ton corps se met à s’auréoler d’une intense lumière blanche, alors que, autour de toi, les vagues magiques pulvérisent le décor, détruisent les piliers, les vitraux, les escaliers, les lustres suspendus, les cages abritant des cadavres poussiéreux. Tout n’est qu’explosion et chaos, et tu rentres contre lui.




Il n’y eut pas de victoire, ni de défaite. La guerre s’essouffla progressivement. De notre côté, les anges continuaient à perdre du monde, et un schisme était en train de se créer entre ceux qui, à l’instar d’Azazel et de Lucifer, se radicalisaient. Du côté des Enfers, l’anarchie se réinstallait, les différents Princes préférant se faire la guerre entre eux, refusant la légitimité et la supériorité du leader des Enfers. La guerre se termina sur un statu quo qui fit rager de nombreux Anges, dont toi. Les Archanges prirent la décision de ne plus intervenir directement dans les affaires des plans intérieurs, afin de laisser aux peuples le soin de se développer eux-mêmes. Cette décision irrita Lucifer, pour qui les humains n’étaient que des faibles, qui seraient, tôt ou tard, corrompus, et constitueraient un avant-poste infernal orienté vers les Cieux. L’opposition s’accrut, et déboucha en une guerre civile opposant les Anges déchus aux autres. Des Anges tuant leurs propres camarades... Tu pris part à cette purge. En tant qu’Ange de la Pureté, tu étais d’accord avec la fermeté affichée par Lucifer, mais tu te dressas face à lui. Tu l’affrontas.

Et ce fut ta première défaite. Il aurait pu te tuer, mais il ne pouvait pas supprimer une camarade.




Le Château Discordia est au centre des Malterres de la Discorde. C’est un immense château, très sombre, qui comprend en réalité deux châteaux : un château extérieur, et un château central. Avant que les Malterres ne soient séparés de l’Empire d’Ashnard, Discordia était l’un des châteaux les plus massifs de l’Empire. L’explosion magique qui frappa au cœur de Discordia, quand ton corps heurta celui de l’Étranger, fut d’une telle intensité qu’elle balaya comme des quilles toutes les immenses et arrogantes tours. Cette vague magique se fit ressentir sur tout Terra, et même à travers d’autres dimensions. Ce fut un choc d’une puissance cataclysmique, qui balaya le château, provoquant un tremblement de terre qui ouvrit les Malterres en deux. Une fissure interminable ouvrit le sol en deux, faisant jaillir la lave.

Mais, cette fois-ci, c’est toi qui es debout. C’est toi qui flottes au-dessus du gouffre, alors que sa carcasse flotte dans la lave... Ou ce qu’il reste de sa carcasse. La lave l’engloutit rapidement, et tu relèves la tête. Tu sors du gouffre, battant légèrement des ailes, et tu rejoins l’autre. Le Roi Pourpre. Tu atterris devant lui, le regardant devant les yeux.

« A ton tour, face de cul » t’exclames-tu.

Et tu t’élances vers lui, mais, pile au moment, le sol tremble sous tes pieds. Tu t’arrêtes, surprise, et tu as à peine le temps de t’écarter que le sol explose dans un jet de lave, et que le magicien réapparaît. Ses vêtements sont dans un triste état, et tu vois son corps se reformer. Ses yeux se reconstruisent, sa peau se cicatrice, ses organes reviennent, tandis que le sol continue à vibrer dangereusement. Secouant la tête, tu bondis alors de gauche à droite, évitant des colonnes de feu qui s’envolent dans le ciel, brûlant fort, explosant ici et là. Sa maîtrise des éléments est total. Tu te rues à nouveau sur lui, mais une attaque magique te frappe de plein fouet, comme un fouet géant qui claque dans les airs. Tu le reçois sur le flanc, et t’écrase sur le sol, à nouveau. Tu te relèves, et l’Étranger retourne sur toi. Ton bras le heurte à la tempe, et il répond avec une attaque magique. Tu répliques par une autre attaque, le repoussant, et tu le poursuis, volant dans les airs. Et la bataille, ainsi, se poursuit.




En tant qu’Ange de la Pureté, tu as beaucoup voyagé sur les différents plans. Tu as même été en Enfer, chassant les monstres, poursuivant les démons, traquant tous ceux qui, à leur manière, contrevenaient au pacte ancestral ayant mis fin à la guerre entre Anges et Démons. Tu t’es améliorée, endurcie, tu as découvert la richesse de la culture humaine, sa spiritualité, son imagination, son goût artistique, mais tu as aussi vu sa folie, sa brutalité, sa propension à la destruction et au chaos. Tu as englobé l’humanité dans tout son ensemble. Tu t’es heurtée à la colère de tes supérieurs en flirtant avec la limite, tu t’es heurtée à la suspicion d’autres Anges, tu as affronté quantité d’ennemis, côtoyé bien des gens, participé à bien des aventures, et récupéré bien des objets légendaires, bien des artefacts. Que retiens-tu de tout cela ? Quelle est l’expérience globale qui résulte de tout ce que tu as fait ? Penses-tu avoir contribué à rendre le monde meilleur, ou à seulement le rendre un peu moins détestable ? Penses-tu avoir rendu la justice, avoir défendu les faibles, avoir permis que ce monde soit plus pur ? C’est à la veille de la mort que ce genre de questions te traversent, et tu réalises que tu n’as pas assez de temps pour y répondre. Serait-il trop tard pour toi ? Tu n’as jamais été dans un tel état de souffrance.




Le combat se poursuivit encore. Il était résistant, semblant survivre à tout. Tu comprends qu’il ne fanfaronnait pas en prétendant être immortel. Tu es plus fort que lui, mais il se régénère sans cesse, et repart toujours à l’assaut, t’attaquant, te blessant, te mutilant. Tu souffres, tu cries, tu grognes, tu vocifères, et tu as l’impression que ce combat est sans fin. Et, pendant ce temps, tu perçois un pic magique au loin. Tu sens que les gemmes récupérées par ces soins vont bientôt s’actionner, tu sens que la fin est proche, que le dénouement arrive, que la Tour s’ouvrira, et que toutes les questions auront des réponses. Tu sens le souffle froid le long de ton échine, alors que tu te bats.

Et, finalement, tu perds. Tu chutes. Tu t’es tellement concentrée sur le mage que tu en as oublié l’autre. L’homme au long manteau pourpre, qui attendait la faille. C’est lui qui se rue dans son dos, et, quand tu sens ses pattes s’approcher de ses ailes, tu sais qu’il est trop tard. Au fond de toi, une petite voix énonce l’implacable sentence, insusceptible d’appel. Tu as perdu. Tu te refuses à y croire, tu tentes de te débattre, mais il est trop tard. Les pattes s’accrochent à la base de tes ailes, et il suffit d’un coup, sec, pour les en arracher. Tu pensais connaître ce qu’était la souffrance, tu pensais l’avoir ressenti à son plus haut point quand Lucifer t’avait laissé agonisante dans une mare de sang. Tu réalises qu’il n’en est rien. Tu réalises que tu ignorais tout de la souffrance.

Jusqu’à maintenant.

Tes ailes arrachées se dispersent, et tu tombes comme une pierre, poussant un léger cri, un cri éphémère, bref, mais qui exprime une douleur suraiguë... Et tu tombes dans le cratère.




L’Étranger... Qui est-il, à tes yeux ? Personne. Ou presque. Tu l’as rencontré pour la première fois dans les ruines du village d’une tribu. Il s’y faisait passer pour un chaman, et avait amené les habitants de la ville à s’entretuer. Tu n’as vu aucun sacrifice rituel, rien d’autre que l’expression de la haine et de la démence, du sadisme et de la perversion. A partir de là, tu as commencé à le traquer, le retrouvant parfois. Il ne porte aucun nom, ou, plutôt, en porte tellement, qu’aucun ne lui est propre. Il est l’homme en noir, un magicien adepte de la nécromancie, de la magie élémentaire, et qui se prétend immortel. Il contrôle aussi la magie blanche à un haut niveau, et souffre d’une insensibilité congénitale à la douleur. Voilà tous les éléments que, pendant longtemps, tu avais retenu sur lui. Jusqu’à le retrouver sur Terreaufair, ce monde magique où il était en pèlerinage. C’est là que tu as compris que l’Étranger était un émissaire, le messager d’un autre individu, drapé dans une longue cape pourpre formant comme un long manteau sur son corps. Ils recherchaient des informations sur des orbes magiques, sur une Tour, et sur un moyen de libérer Abaddon. Abaddon « le Destructeur », Fléau de la guerre entre Anges et démons, seigneur de guerre totalement incontrôlable, et aussi dangereux pour les démons que pour les anges. Quel rapport entre les orbes, la Tour, et Abaddon ? Tu l’ignorais... Et tu redoutes de mourir sans le savoir.




« Je me suis toujours posé des questions existentielles. Comme tout un chacun, je crois. Mais, très vite, en observant les étoiles, en me demandant ce qu’il y avait dans les cieux, ce qu’il y avait après la mort, j’ai admis des leçons très simples. Ces premières interrogations ont été pour moi l’objet d’une réflexion plus longue, plus personnelle. A partir de l’existence de la mort, je me suis demandé ce qu’était la vie, ce qu’était son rôle. Et j’en suis arrivé à deux conclusions, l’une d’ordre personnel, et l’autre... Plus général. »

Tu as du mal à respirer. Ta vision s’obscurcit, des points noirs dansent devant tes yeux, et, curieusement, alors que tes oreilles sifflent, tu l’entends très bien parler.

« J’ignore ce qu’est la douleur. C’est un fait simple, que j’ai contesté dès mon plus jeune âge. Je ne suis pas le seul dans ce cas, et c’est un problème génétique. Une malédiction... Une malédiction qui m’a permis de réaliser quel était le lien qui unissait tous les individus entre eux. Quelle était la chose qui donnait à la vie toute sa saveur. C’est la douleur. Sans elle, tout est fade. Sans elle, la vie n’existe pas vraiment. Cette douleur qu’on ressent quand on a une crampe, quand on a une peine de cœur, quand on se brûle la main en la posant sur une plaque par inadvertance, quand on se coupe... J’ignore ce qu’est la douleur, je ne l’ai jamais ressenti.  C’est là que j’en suis arrivé à l’autre conclusion, la révélation à partir de laquelle tout commence à devenir limpide. Ma première vérité, en quelque sorte. »

Tu continues à secouer la tête, à tenter d’aspirer l’air. La douleur... Curieusement, tu as de moins en moins de mal à le ressentir, alors que la fatigue s’empare de toi. Tu dois résister. Tu te forces à rester en vie, voyant le ciel orangé, chargé de mort, devant tes yeux malades.

« L’univers a été conçu sur un mode binaire. Tout va par deux, qu’on le veuille ou non. Chaque problème, fondamentalement, peut se résumer à deux aspects principaux. C’est ce qui m’a amené à mener mes recherches sur la psychologie humaine. J’allais dans des villages, des petites communautés isolées, et je voyais... Je ne faisais qu’apporter une petite chose, une chose infime qui mettait à jour la dualité propre à chaque individu. J’ai ainsi compris, à partir de cette méthode, la seconde vérité. Bouddha prétendait que les gens ne peuvent être heureux, car, pour qu’il existe du désir, il fallait qu’il y ait de la frustration. Je pense qu’il avait raison, mais qu’il n’a jamais été au bout de son raisonnement. Je pense que le plus grand défaut de l’humanité est son intelligence elle-même, ce doute. Ce que j’ai constaté au cours de mes pérégrinations, c’est que les hommes se posent sans cesse des questions. Ils ne peuvent s’empêcher de se projeter dans le futur, de se poser des questions, des questions qui, progressivement, les détruisent. C’est toute la logique des fables grecques. Celui qui voit son futur et cherche à l’empêcher ne fera que le réaliser. L’ironie du destin, ainsi que, à bien y réfléchir, une certaine forme de dualité. »

Tu sens d’infimes vibrations, un souffle sur ton corps, dans ton esprit. Une puissance magique ancestrale est en train de s’ouvrir. Une force colossale et titanesque.

« J’ai alors posé la dernière question, la seule qui soit valable. Quel était mon rôle dans tout ça ? Moi qui étais extérieur à la société, qui étais extérieur à la vie, et pourtant vivant, comment pouvais-je agir pour améliorer les choses ? C’est ainsi que j’ai compris quel était mon rôle, ma fonction... »

Tu le sens respirer, et tu comprends qu’il n’a jamais du autant parler à quelqu’un ainsi.

« Je suis le descendant direct du Christ. Oh, ne te méprends pas, je ne suis pas du tout en train d’avancer que j’ai un quelconque lien de filiation avec le bon vieux crucifié. Oh non... Mais je suis convaincu que je suis ici pour parachever son œuvre, et pour libérer l’humanité. Voilà mon rôle, mon but. »

Il s’approche de toi, te soulève, te porte, et te sors du cratère. Tu vois le château pulvérisé, tu vois le chaos, et, au loin, jaillissant hors des montagnes, tu vois une intense colonne violette, qui semble briller comme un phare, et tu comprends que la Tour, quel que soit son rôle, s’est ouverte, et que quelque chose est en marche. Et que personne ne pourra l’empêcher. Il te relâche, et tu t’affales sur le sol, prostrée.

« Mais, avant de te laisser, je vais te raconter l’histoire qui est au cœur de tout. Le seul héritage que j’ai retenu de mes parents biologiques. Une histoire qui n’a pas de fin. Tu es prête ? »

Tu ne peux rien dire.

« C’est l’histoire d’un monstre et d’un démon... »




Puissante. Tu as toujours été une femme puissante. Quand tu t’entraînais, tu surclassais les autres chérubins, tant sur l’entraînement physique que magique. Tu l’as toujours admis sans ombrages, sans gêne, sans fausse modestie, car c’est la vérité. Tu es Jehaël, tu es l’Ange de la Pureté. Tu maîtrises la magie sacrée, cette magie surpuissante, amélioration de la magie blanche, qui n’est réservée qu’aux âmes pures et aux plus puissants des magiciens. La magie sacrée coule dans tes veines, et fait de toi une guerrière de premier plan, une femme redoutable. Elle te permet de rentrer en transe, de te transcender, de te dépasser, d’utiliser des sorts d’une puissance légendaire. Tu as toujours été une Ange forte, et, au cours de tes voyages, tu as acquis un certain nombre d’accessoires et d’artefacts qui sont avec toi : Daedaron, une épée démoniaque qui s’abreuvait de l’énergie spirituelle des individus qu’elle tuait, arme que tu as récupéré des mains de son défunt porteur, Mirlwyä, la Lance d’Or, avec laquelle, tel Saint Georges, tu as pourfendu le Dragon Thomrol, Illwën, le talisman elfique. Tous ces éléments récupérés au fil des années font maintenant partie de ton bagage. Ils sont à toi, et disparaîtront avec toi.




« Le monstre est une créature abominable vivant au fond d’un abîme. Cette créature dévore tous ceux qui approchent d’elle. Femmes, enfants, hommes, vieillards, animaux... Tous ceux qui ont le malheur de s’approcher de cette créature sont dévorés, tués, massacrés. Le monstre tue sans aucune distinction, simplement pour tuer. Une tentation première serait de dire que ce monstre est mauvais, puisqu’il tue. Mais, en réalité, le monstre n’a pas conscience d’arracher des vies. Il se contente de tuer simplement parce qu’il ne sait pas quoi faire d’autre. Son corps ne se compose que d’une énorme bouche avec des dents acérées, et il ne fait qu’une chose : il tue. On pourrait dire qu’il fait ça parce qu’il a faim, que ce besoin de dévorer répond à des besoins nutritionnels, mais ce n’est même pas le cas. Non, il dévore simplement parce que c’est sa fonction. Il ignore le remords, il ignore la colère, car il n’a pas d’âme. Il transforme la lumière en obscurité.
Le démon vit  dans l’obscurité. On l’aperçoit furtivement. Il a une âme, mais il est né privé de cœur. Alors, il passe son temps à dévorer le cœur des autres. Entre le monstre et le démon, il existe une dépendance. Le monstre créé l’obscurité dans laquelle le démon se répand, et ce dernier, en dévorant le cœur des autres, créé un abîme dans lequel le monstre se glisse. Et ainsi de suite, les deux coexistent.
Le monstre et le démon sont frères, et, depuis l’aube des temps, se recherchent. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils trouveront la paix. Toute leur existence se tend ainsi vers cette rencontre.
C’est ainsi que l’histoire se termine. Une fin qui n’en est pas une. J’ai beaucoup interprété cette histoire, car, en un sens, elle résume toute mon existence. Le monstre, je l’ai trouvé. C’est cet être au manteau pourpre. Et, dans cette histoire, Ange, il n’y a pas de place pour les autres personnes. Voilà pourquoi tu ne pouvais pas me stopper. Tu comprends ? C’était... C’était écrit, tout simplement. Maintenant, je me demande... Qui est le monstre ? Et qui est le démon ?
»

Il ne dit plus rien, alors que tu as les yeux clos, en souffrance. Tu sombres dans le coma, et, quand tu te réveilles, tu n’es plus devant les ruines du château. Tu es toujours couchée sur le sol, mais une immense tour noire se dresse devant toi. Elle brille de lueurs violettes, et des souffles violets se répandent autour d’elle. Il en émane une puissance magique indescriptible, d’une force incroyable. En d’autres circonstances, tu aurais pu en être émerveillée, mais voir cette force te fait comprendre que tu peux encore l’empêcher. Alors, tu te mets à ramper. Et, en remuant tes muscles, tu sens combien ils sont lourds. Tu sens une douleur terrifiante s’emparer de toi, mais rien ne te fera cesser.

Tu rampes. Mais tu luttes surtout contre cette torpeur écrasante qui t’envahit.

Et, tandis que tu rampes, les souvenirs reviennent.


Citation
Pour terminer, plusieurs petites remarques s’imposent :

  • Pour cette nouvelle fiche, j’ai choisi un modèle de présentation assez particulier, reposant sur l’usage de la deuxième personne du singulier. Cette envie m’est venue en tombant sur un livre, « Toi », de Zoran Drvenkar, qui utilise cette méthode, que j’avais trouvé assez intéressante. On verra bien comment ça se passera en RP.
  • Cette fiche est une sorte d’introduction à l’histoire de Yehaël. Comprenez par là qu’il est normal que certains éléments ne soient pas compris, car elle se déroule à la fin de l’histoire de mon personnage, à un moment assez critique. Je laisserai le soin au Staff de déterminer s’il y a assez d’éléments pour que la fiche soit validée en tant que telle, mais certains éléments sont volontairement laissés obscurs, que ce soit pour entretenir un effet de mystère, ou tout simplement pour laisser de la souplesse et de la liberté dans les RPs.
  • L’Étranger et le Roi Pourpre sont des personnages assez transversaux dans mes RPs. Ils apparaissent ici et là, car j’aime bien, quand c’est possible, lier entre eux mes RPs.
  • Tous les RPs de Yehaël seront des RPs flash-back, qui permettront de comprendre comment elle en est arrivée là.

Merci pour votre lecture =) !

RPs

1°) To Lud [Bast - Kimuko] [ABANDONNÉ]
2°) Le premier des conflits [Stephen Connor] [TERMINÉ]
3°) Voyage dans un monde lointain [Angurva] [ABANDONNÉ]
4°) L'alliance oubliée [ArAnka] [[ABANDONNÉ]
5°) L'avertissement [Abigahëlle] [TERMINÉ]
6°) Un regard de haine [Rédemption] [ABANDONNÉ]
7°) Comme au bon vieux temps [Armée infernale de Malk - Overlord] [ABANDONNÉ]
8°) Aux confins des mondes [Azriël - Bast] [ABANDONNÉ]
9°) Massacre gratuit [Valériane] [EN COURS]
10°) Comme dans le bon vieux temps [KnightHell] [EN COURS]
11°) Les Cendres Du Passé [Vayron] [EN COURS]
12°) La Neuvième Porte [Valadhiel] [EN COURS]
13°) Les Démons Du Passé [Destin A. Smodée] [EN COURS]
« Dernière édition: Juillet 22, 2017, 10:28:01 par Yehaël » Journalisée

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Of Man and Scorpion


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« Répondre #1 le: Février 26, 2013, 10:34:40 »

Soyons honnête. J'ai survolé la fiche, sinon je pourrais pas répondre tout de suite maintenant.

Pour ce que j'en ai lu, le perso a l'air très recherché, ça fait plaisir à voir. Souriant

Bienvenue !

(Au fait, la narration à la deuxième personne est quelque chose qui passe très bien en RP. Lyan est basé sur la deuxième personne, et je ne m'en plains pas. Les sentiments et l'action peuvent être décrits ainsi, avec moins d’ambiguïté qu'avec une troisième personne interne, et avec plus de cohérence qu'une première personne.)

J'allais oublier. Pavé César !
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« Répondre #2 le: Février 26, 2013, 10:37:16 »

Bienvenue ^^
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« Répondre #3 le: Février 26, 2013, 10:38:28 »

bienvenue !  Je lirais plus tard perso quand j'aurai l'esprit clair !  xD
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Of Man and Scorpion


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« Répondre #4 le: Février 26, 2013, 10:46:48 »

La lecture entière est faite. Je tiens à signaler le +1 parce que j'aime bien ton style d'écriture, et le système du flashback - peut-être le déroulement de la vie en face de la mort ? qui sait - qui fait toute l'histoire. Entrecouper le passé avec du présent est quelque chose que j'ai toujours admiré, donc...

+1. C'tout. Souriant
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Fille de Shikyôtsume, Dieu Neko de Terra, elle veille à ce que ses protégés ne soient pas malheureux, et n'hésite pas à punir les Maître(sse)s violent(e)s. En revanche, elle les récompense si les Neko sont bien traités. Elle passe cependant plus de temps sur Terre que sur Terra, menant une double vie de lycéenne.
« Répondre #5 le: Février 26, 2013, 11:13:27 »

Suis-je la seule à avoir vue la mention "Pour cette nouvelle fiche" ? Grimaçant

Rebienvenue donc... Alice ? Souriant
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« Répondre #6 le: Février 26, 2013, 11:26:19 »

Puppeteer --> Cette fiche a été assez longue à faire, car j'ai effectivement recherché une certaine forme d'originalité, tant sur le fond, que sur la forme. J'avais commencé une première fiche, qui faisait environ 5/6 pages, avant de la supprimer intégralement, pour partir sur un truc totalement différent, ce premier jet ne m'ayant pas convaincu. Et, pour l'anecdote, j'avais déjà voulu essayer l'usage du "tu" dans un One-Shot, mais, comme il n'a jamais décollé, j'ai profité de cette fiche pour voir ce que ça donnerait... Et, ma foi, l'écrire a été assez facile, on s'y fait assez vite.

Citation de: Puppeteer
peut-être le déroulement de la vie en face de la mort ?

Mais c'est tout à fait ça  Clin d'oeil

(Et merci pour le "+" ^^)

Megumi --> Merci Sourire

Gabriel --> Bonne lecture ^^

Yuri Kuzaka --> Ce n'est pas comme si j'avais caché qu'un nouveau compte était en préparation. Mais merci quand même Sourire J'espère quand même que le "Pour cette nouvelle fiche" n'est pas la seule chose que tu retiendras de cette dernière Tire la langue
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« Répondre #7 le: Février 27, 2013, 07:24:44 »

Un sacré bienvenu est mérité, là.  Sourire Je n'ai pas lu entièrement la fiche, mais pour ce qui est de ce que j'ai lu, j'aime bien. Comme pupp, +1 et j'espère que tu seras vite validée. x)
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« Répondre #8 le: Février 27, 2013, 07:45:12 »

Merci Sourire

Rien ne presse, la fiche est un peu longue... D'autant plus que, pour l'immersion et la cohérence de la fiche, il n'y a aucune sous-partie. Dire que je voulais faire court, à la base  Grimaçant
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« Répondre #9 le: Février 27, 2013, 07:52:53 »

J'sais pas si je valide, ça me branle d'aimer la plupart de tes persos. Je pourrais peut-être faire durer en cherchant des vices...  Grimaçant

J'ai un ancien ange et un Alter qui seraient content de te rencontrer. Bon, pas pour les mêmes raisons. En attendant et plutôt que de faire attendre, je vais tout de même dire que j'ai aimé le coup de la seconde personne, comme beaucoup. Me semble que Rae l'avait utilisé aussi dans un rp et que l'immersion est différente des points de vue habituels. Déroutante mais prenante, comme le récit.

Allez, va jouer ! o/

EDIT : et Super26v'nue :p
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« Répondre #10 le: Février 27, 2013, 07:57:06 »

Diable, nous allons finir par devenir inséparables.

Merci pour la validation Sourire
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« Répondre #11 le: Février 27, 2013, 07:57:57 »

Je sais que tu aimerais, va.

Hey, après tout.... C'est moiCool
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Yehaël
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« Répondre #12 le: Février 27, 2013, 08:02:33 »

J'attends avec impatience le moment où tu ouvriras ta boutique de produits dérivés "Sentinel Prime".

(Mon porte-feuilles, un peu moins).
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« Répondre #13 le: Février 27, 2013, 08:07:49 »

J'ai un collant usagé à vendre si tu veux, y'a même des poils dedans  Grimaçant
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