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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: C'est un GROS roman, c'est une FOLLE histoire. - { Validé }  (Lu 3158 fois)
Azazel Ängelsson
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Messages: 458


La Sainte-Vierge, mais avec des c*uilles.


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Fiche
« le: Août 22, 2012, 02:07:33 »

AZAZEL ÄNGELSSON


Âge: 20 ANS

Sexe: M

Orientation sexuelle: BISEXUEL (PENCHANT INCERTAIN)

Race: NÉPHIL (SEMI-ANGE) - SORCIER

Description physique:


Différent. Voilà ce qu'on retient d'Azazel, voilà ce qu'on remarque dès qu'on le rencontre. Peu de Terriens se différencient autant de leurs congénères que ce jeune homme bien singulier. Mesurant un mètre soixante-dix tout rond, d'un physique assez svelte, il possède tout de même une musculature dans la moyenne pour un jeune homme de son âge. Ses habitudes alimentaires ainsi que son penchant pour le sport "de fond" comme moyen de déstresser - sans compter l'énergie qu'il lui arrive de perdre en masse durant un rituel magique - ont pour effet une absence de graisse visible sur son corps. Non pas qu'il soit obsédé par son apparence physique, mais il ne s'en plaint pas - au contraire. Jusque-là, toutefois, rien de bien différent par rapport à beaucoup de jeunes hommes de ce monde, n'est-ce pas? Ne vous inquiétez pas, j'y arrive. Azazel, bien que ses courbes n'aient à priori rien de féminines, est parfois mépris pour un membre du sexe opposé – ce qui, au demeurant, fait partie des rares choses qui l'insupportent vraiment – à cause des caractéristiques suivantes: son visage aux traits fins, son nez à la courbe gracile et ses lèvres fines, ainsi que sa Pomme d'Adam peu marquée, en font un androgyne plutôt "réussi", si tant est que l'androgynie soit un art. Là où ça commence à vraiment partir dans les hautes sphères de l'originalité, c'est quand on croise son regard, surmonté par de minces sourcils. Un regard souvent doux en apparence; mais pourrait-il en être autrement avec cette intriguante couleur mauve pâle qu'arborent ses iris? Ce même mauve que l'on retrouve à quelques nuances plus claires près dans sa chevelure - à l'exception d'une mèche d'un noir d'ébène qui tombe sur son front et qui est, encore un fait singulier de plus, totalement naturelle -, qui s'étend en une longue queue de cheval dans son dos, lui arrivant jusqu'au dessus des fesses, et divisant au passage en deux le point le plus remarquable de son physique... Un tatouage qu'il porte depuis aussi loin qu'il s'en souvienne dans son dos, une sorte de pentacle étrange, qu'il dissimule généralement grâce à la magie depuis qu'il sait comment le faire. Et comme si sa différence naturelle ne suffisait pas, Azazel en joue. Enfin, il en joue, oui et non. Il a agrémenté son apparence de nombreux piercings et d'un style du genre Gothic Aristrocrat – qui ressort très bien sur sa peau de porcelaine – la plupart du temps, tout simplement parce que ça lui plaisait, mais, au fond de lui, ça le fait toujours un peu rire de voir la tête de certaines personnes sur son passage.

Caractère & situation de départ :

VOIR HISTOIRE.


HISTOIRE

L'histoire d'Azazel, c'est l'histoire d'un exilé, d'un réfugié. C'est l'histoire d'un enfant venu d'un autre monde; un monde dont on l'a expulsé. Voici comment elle commence...
Terra, comme chacun le sait, est un monde regorgeant des êtres les plus fascinants, les plus variés, et les plus extravagants, possédant toute une panoplie de pouvoirs étranges et inconcevables pour leurs voisins planaires - je parle des Terriens, bien sûr. Vampires, lycanthropes, démons, espers, et même, dit-on parfois sous les tables, des dieux! Pas un seul Dieu, comme l'Ordre voudrait le faire croire, mais une multitude, une vraie légion de divinités! Sans parler des androïdes et autres mutants de Tehkos, la forteresse où se concentre toute la technologie de ce monde. Alors bien sûr, entre toutes ces joyeusetés, vous vous doutez bien qu'on peut trouver une "race", pour ainsi dire, que je n'ai pas nommée? Allez, je vous donne un indice: chapeau pointu, chat noir, balais volant... Oui, vous l'avez compris, je parle des sorcières - et des sorciers, bien entendu! Nous, nous allons nous intéresser à une sorcière en particulier: Belioclya Lulefeth.

Belioclya était une belle jeune femme de la ville-état de Nexus. Lorsqu'elle se déplaçait dans la rue, comme par exemple durant l'une des nombreuses promenades digestives qu'elle avait coutume d'entreprendre avec sa mère, à l'abri d'une ombrelle les jours de grand soleil, les hommes ne manquaient pas de se retourner sur son passage, hypnotisés par son regard d'un noir aussi profond que celui de sa chevelure soyeuse. Mais outre sa beauté, elle attirait également les convoitises de par son statut d'héritière de la famille Lulefeth, dont le nom était fameux auprès des entreprises de transport de marchandises comme celui du transporteur le plus fiable connu à ce jour à travers tout Terra. En effet, depuis la reprise de l'entreprise familiale par l'arrière-grand-père de Belioclya il y avait déjà de nombreuses années de cela - on vivait souvent vieux dans la famille depuis quelques générations -, pas un seul convoi, pas une seule galère n'avait subi ni embuscade de voleurs ni mauvais coup de Dame Nature. Il leur arrivait même de déterrer des trésors sur leur chemin, trésors qui venaient s'ajouter à la fortune de la famille. Et si certains trouvaient cette chance suspecte, il se gardait bien de le dire, trop intimidés par l'influence sur les autorités conférée à cette famille par l'argent. Cependant, ces gens-ci avaient bien raison d'être suspicieux: si toute la bonne fortune semblait être attirée vers la famille Lulefeth depuis quelques décennies, c'était car l'arrière-grand-père de la douce et charmante Belioclya avait pris en épousailles une des créatures honnies par l'Ordre Immaculé: une sorcière! Et pas n'importe quelle sorcière: Drotorionne Hidel.
Drotorionne était issue d'une "lignée" de sorcières. Qu'est-ce qui pouvait bien la différencier d'une autre sorcière? Tout simplement le fait que la magie coulait dans son sang et dans celui de tous ses ancêtres depuis la nuit des temps. Ainsi, chaque enfant issu d'une union avec un sorcier ou une sorcière de sa lignée résultait en la naissance d'un nouvel être magique, même si leur pouvoir avait tendance à diminuer de part leurs nombreux mélanges avec des humains ordinaires. Nonobstant, même diminués, les Hidel et les Lulefeth  - et leur descendances - restaient des experts dans la distorsion mystique des champs de probabilité, ce qui leur accordait une grande chance - ou pouvait accorder une grande malchance à ceux qui les dérangeaient d'une manière ou d'une autre. Ils n'en restaient cependant pas moins des créatures bénévolentes, contrairement aux idées reçues, et s'efforçaient de ne pas abuser de leur pouvoir dans ce sens, se contentant de l'appliquer sur eux-mêmes, et ayant pour règle absolue de ne causer ni blessure ni mort par simple appât du gain.
Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes, et Belioclya eut tôt fait d'atteindre l'âge où il devenait indispensable pour le bon fonctionnement de la famille qu'elle se trouve un mari. Par bonheur - enfin, on se comprend -, il se trouva qu'elle était déjà amoureuse du jeune homme dont une famille noble proposa qu'on les marie. Ainsi fut donc fait, et Belioclya Lulefeth devint Dame Belioclya de Desildar. Les deux familles continuèrent à fructifier, et le couple fila une idylle en apparence parfaite, mais une inquiétude mineure apparut aux environs de leur deuxième anniversaire de mariage se mua peu à peu en un problème qui allait les déchirer et par la même révéler le vrai visage de l'époux de Belioclya...

---


« Stérile ? »

Le mot résonna dans la grande chambre qui avait été occupée durant de nombreuses années par Belioclya. Cette dernière venait de se redresser en position assise sur son grand lit à baldaquin, son visage figé en une expression de surprise horrifiée. Cela faisait un moment que son époux, Claudinis de Desildar, exprimait le désir d'avoir un enfant, et l'infructuosité de leurs nombreuses tentatives – et ceci malgré le capital chance des Lulefeth, dont l'efficacité n'était plus à démontrer –, avait fini par l'inquiéter, la poussant à aller consulter un médecin, qui lui avait annoncé la triste nouvelle de son incapacité à avoir des enfants. Refusant de le croire, elle s'était précipitée vers son ancienne demeure et avait requis l'aide de sa mère et de sa grand-mère. La première était connue dans la famille comme une prophétesse quasi-infaillible, et la seconde était une guérisseuse de génie. À elle deux, trouver une solution à son problème aurait dû être facile. Et pourtant...

« Non, non, Grand-mère, c'est impossible... » se mit à bégayer la jeune sorcière. « Nous n'avons jamais eu de femmes infertiles dans la famille depuis que nous savons acquis notre maîtrise de la bonne fortune. »

« Certes, mon enfant, certes... Mais cet enchantement ne garantit pas tout. Si ton problème avait été d'ordre hormonal, il aurait sans doute été réprimé par la magie durant ta croissance, mais, après t'avoir examinée, je suis certaine qu'il s'agit d'une malformation, et le genre de sorts qui pourrait corriger ceci... »

La vieille femme aux cheveux gris argenté laissa sa phrase en suspens, et les regards qu'elle, sa fille et sa petite-fille s'échangèrent signifiaient qu'elles savaient où elle voulait en venir et que ce n'était pas une option acceptable. Cependant, Belioclya n'arrivait toujours pas à se résigner, d'autant plus que...

« Maman, je ne comprends pas. Tu m'avais pourtant prédit que j'enfanterais un sorcier doté de pouvoirs hors du commun et d'une puissance qui n'avait plus été vue dans la famille depuis plusieurs décennies... » dit-elle à mi-voix.

La concernée arborait une expression perplexe, les sourcils froncés. Son don de double-vue ne l'avait encore jamais trompé, et même maintenant, lorsqu'elle se concentrait sur l'avenir de sa fille, elle voyait aux creux de ses bras un nouveau-né dont l'aura brillait tellement qu'il lui était impossible de discerner plus qu'une silhouette lumineuse.

« C'est toujours ce que je vois. Je ne comprends pas... »

La femme la plus âgée se saisit de leurs mains et les pressa avec affection, tentant de leur apporter un peu de réconfort ; surtout à sa petite-fille, qu'elle sentait aux bords des larmes.

« Mes chères enfants, parfois, le Destin joue de bien curieux tours aux êtres dotés de pouvoirs comme les nôtres. Cette vision, si elle est persiste, et surtout si nous persistons à y croire, peut encore se réaliser. »

Et, sur ses paroles sibyllines, les trois sorcières se séparèrent. Belioclya, le cœur lourd, s'en alla rapporter cette mauvaise nouvelle à son mari.

--- 

« Que dis-tu ? Stérile ?! »

Claudinis s'approcha d'elle et la saisit brusquement par le bras. Voilà quelques heures que Belioclya était retournée à la demeure des de Desildar, mais son époux étant absent, elle avait dû prendre son mal en patience et en avait profité pour essayer de trouver le meilleur moyen de lui annoncer cette nouvelle qu'il allait forcément mal prendre. Elle avait fini par se ronger tous les ongles et, au final, tout ce qu'elle trouva à faire fut de lui dire le plus rapidement possible et sans préambule aussitôt qu'il serait à portée de voix. Elle ne s'était cependant pas attendu à ce qu'il réagisse aussi violemment. Son expression était toute bonnement terrifiante ; son regard fou la glaçait sur place, l'empêchant de se débattre.

« Ch-chéri, tu me fais mal... » parvint-elle à articuler sur un ton suppliant en désignant lentement du regard les mains du jeune noble.

Ce dernier sembla revenir à la raison à cette déclaration, sa prise se desserrant légèrement, mais, pour la première fois, Belioclya remarqua que cette expression douce qu'il arborait et qui l'avait charmée lorsqu'elle l'avait rencontré pour la première fois n'était q'une illusion dont il pouvait user sur commande : dans ses yeux, elle ne décela rien d'autre qu'une froideur calculatrice.

« Il y a sans doute quelque chose que nous pouvons faire contre cela, n'est-ce pas ? En as-tu parlé à ta mère ou à ta grand-mère ? » lui demanda-t-il.

Belioclya se dégagea de lui et le regarda avec un air perplexe, les sourcils froncés.

« Ma mère ou ma grand-mère ? Oui bien sûr, j'étais dévastée, alors je me suis tournée vers elle, mais pourquoi cette question ? »

Claudinis lui adressa un sourire dont l'hypocrisie – mais aussi quelque chose d'autre qui lui fit courir un frisson désagréable le long de la colonne vertébrale – ne lui échappa pas. Que se passait-il donc ? L'amour avait-il pu l'aveugler à ce point qu'elle ne découvre cette facette de lui que maintenant ?

« Allons, ma bien-aimée, cessons de nous mentir. Je sais très bien ce que sont ta mère et ta grand-mère – ce que toi tu es. »

Belioclya écarquilla les yeux et recula inconsciemment d'un pas, confirmant sans le vouloir le sous-entendu de son mari. Mais comment pouvait-il être au courant ? Sa famille était une fervente supportrice de l'Ordre Immaculé. S'ils étaient conscients de sa véritable nature, comment se fait-il qu'ils aient accepté – que Claudinis ait accepté de s'acoquiner avec « l'engeance du Démon » ? Tout cela n'avait pas de sens...

« De- de quoi parles-tu, Claudinis ? » lui demanda la jeune sorcière en regagnant son sang-froid et en affichant une expression perplexe très crédible.

« Pour l'amour de Dieu, Clya chérie, je sais que tu es une sorcière ! » s'exclama-t-il en levant les bras au plafond en signe d'exaspération, son expression faciale se crispant à nouveau en un masque horrible l'espace d'un instant. « Alors, il n'y pas un sort, une potion ou je ne sais quoi qui pourrait te rendre fertile ? » la pressa-t-il.

« N-non... » À quoi bon continuer de mentir, puisqu'elle avait été percée à jour et qu'il semblait ne pas se soucier du fait qu'elle soit une créature surnaturelle ? « Aucun sortilège ni aucune potion qui serait à notre portée ne pourrait m'aider, et certaines choses que nous pourrions faire nécessite de commettre des actes si vils qu'il est hors de question de les envisager. Je suis désolé, Claudinis. Je ne pourrai pas te donner d'héritier. »

Elle baissa la tête, honteuse, mais pensant qu'il allait se calmer. Même si elle avait l'impression de ne pas le connaître en cet instant, elle ne pouvait pas avoir imaginé cet amour qu'elle avait ressenti, n'est-ce pas ?

Et pourtant...

Une douleur sourde explosa sur sa tempe, et elle s'écrasa contre le mur duquel elle était proche. Claudinis venait de la frapper du poing. Elle était si choquée – et sonnée – qu'elle restait totalement immobile, le regard fixé sur le masque bestial qu'était le visage de son conjoint, tordu par un rictus mauvais.

« Dans ce cas, tu ne me sers à rien ! Pourquoi crois-tu que je t'ai épousée, alors que tu es une immonde créature du Diable ? Tous les dignitaires de cette ville et encore bien d'autres savent que votre richesse et votre chance est l'oeuvre de forces surnaturelles qui défient la loi de Dieu. Si nous n'avions pas peur d'être maudits pour toujours parce que nous vous avons laissé vous multiplier sans bouger, nous vous aurions déjà livrés à l'Ordre pour que vous périssiez sur le bûcher divin. Mon père voulait que je m'accouple avec toi pour que notre descendance apporte la prospérité à ma famille – il préférait encore que nous ayons une âme souillée plutôt que de perdre notre noblesse parce que les finances de la famille se portent mal. »

Durant tout ce discours, Belioclya s'était contenté de garder les yeux grand ouverts dans une expression de pure épouvante, formant silencieusement une litanie de « non » qui ne franchissaient pas ses lèvres fines et rosées. Et ce n'était pas fini...

« Dorénavant, tu n'es plus ma femme. Je te retire le nom des de Desildar. Tu redeviens en cet instant la sorcière Belioclya Lulefeth, et tu ne retireras aucune compensation de l'annulation de cette union souillée si ce n'est mon silence sur ta nature infernale. Quitte cette maison au plus vite, avant que je ne change d'avis et te livre au courroux divin. »

Sur ces mots, l'ignoble jeune homme quitta la chambre conjugale, y abandonnant une Belioclya en larmes et secouée de sanglots si forts qu'elle mit presque une heure à parvenir à se lever. Cependant, lorsqu'elle se leva finalement, son visage arborait une expression perdue. Elle semblait comme... déphasée. Lentement, elle se dirigea vers la grande armoire qui lui était entièrement dédiée dans la chambre et, de quelques paroles magiques, descella un compartiment secret qui contenait toutes sortes d'objets étranges et d'herbes aux senteurs plus ou moins exotiques. Elle se mit à parler toute seule en fouillant à l'intérieur.

« Il suffit que je règle ce problème de stérilité, et tout rentrera dans l'ordre. Il ne pensait pas ce qu'il disait, il était juste en colère et un peu bouleversé... »

Clairement dans le déni – car oui, elle était véritablement et profondément amoureuse de cet homme, aussi affreux soit-il –, la jeune sorcière se dirigea vers le centre de la pièce et, déposant les divers objets qu'elle avait rassemblés sur le sol, se mit à tracer un pentacle à l'aide d'une poudre blanche. Elle l'agrémenta ensuite d'une quantité inimaginable de symboles, certains semblant former des phrases, et d'autres semblant avoir un sens propre à eux seuls. Elle disposa ensuite des bougies noires autour de son œuvre à chaque extrémité de l'étoile centrale et les volets et les rideaux de la pièce, semblant s'animer d'une vie propre, se refermèrent autant que possible, plongeant la pièce dans l'obscurité. Les bougies s'allumèrent de la même manière, et Belioclya, comme dans un autre monde, se mit à réciter des formules, d'abord dans la langue des hommes, puis dans d'autres. Lentement, les symboles semblèrent prendre vie à leur tour et se mirent à se déplacer dans le pentacle. Mais soudain, alors que le rituel allait atteindre son paroxysme...

« Tu oses pratiquer la sorcellerie dans ma maison, créature de l'Enfer?! » tonna Claudinis.

Belioclya, semblant se réveiller d'un rêve, sursauta et, en voulant se protéger du coup qu'allait lui asséner son ancien époux, renversa une des bougies. La cire déforma certains symboles qui ne s'étaient pas encore activés, et d'autres prirent feu lorsque la bougie chuta dessus. Cependant, le point de non-retour avec déjà été atteint, et la magie agissait d'elle-même à présent. Ces modifications impromptues n'allaient faire qu'affecter le résultat souhaité...
Une intense lumière envahie la pièce entière, forçant la sorcière et l'humain qui la menaçait à fermer les yeux. Puis les vitres explosèrent (note de l'auteur : les Romains sur Terre connaissaient déjà la vitre, alors même en période moyen-âgeuse, ça ne me semble pas trop anachronique), et un vent violent qui sembla naître à l'intérieur de la pièce ouvrit les rideaux et les volets. Du cercle d'invocation, il ne resta plus qu'une marque noircie sur le sol, et l'humain et la sorcière revêtirent tous les deux une expression stupéfaite l'espace d'un court instant en découvrant l'entité qui en avait surgi.
Les dominant de sa haute stature d'au moins deux mètres au bas mot, l'être qui se tenait devant eux ne leur paraissait qu'une seule et unique chose : magnifique. Incontestablement de sexe masculin, l'entité possédait une peau quasiment blanche qui semblait briller de pureté. Son buste et ses épaules, ainsi que ses jambes du genou jusqu'au mollet, étaient recouverts de pièces d'armure faites d'or. Il ne portait pour tout autre vêtement qu'un pagne d'un blanc immaculé, laissant exposés à la vue de tous ses biceps, triceps, abdominaux et ses ischio-jambiers saillants. Son visage avait des traits durs, une ligne de mâchoire virile, qui contrastait étrangement bien avec les longs cils et sourcils fins qui surmontaient ses yeux... violets. Le tout était encadré par deux longs cheveux qui se répandaient sur ses épaules et où se mêlaient le violet et le blanc. Toutefois, ce qui marquait vraiment la nature incontestablement surnaturelle de cette entité, c'était bel et bien les trois paires d'ailes blanches – allant d'environ un mètre et demi de long pour les plus petites à deux et demi pour les plus grandes – déployées dans son dos. Son regard passa sommairement de Belioclya à Claudinis, puis il baissa la tête pour observer ses pieds nus et soupira.

---

Lelahel était un Séraphin. Mais vous me direz, qu'est-ce qu'un Séraphin ? Un Séraphin est un Ange du Seigneur, mais pas n'importe quel ange de bas-étage – pour peu qu'un ange soit assez mesquin pour en qualifier un autre de la sorte à cause d'une histoire de hiérarchie angélique. Non, les Séraphins sont les Puissants, ils président dans la cour personnelle de Dieu. Mais alors, que faisait donc l'un d'eux dans cette pièce, et comment une simple sorcière avait-elle réussi – même par erreur – à l'invoquer ? Et bien tout simplement car les Séraphins – ou Serafim, au choix – étaient également là pour s'occuper des créatures de leur Chef Suprême, pour les guider sur la Voie de la Lumière, et Lelahel, à son grand déplaisir, présidait à... l'Amour.
Alors qu'il s'attelait péniblement à ses tâches célestes, envoyant visions et autres miracles aux prieurs méritants et aux protégés dont il avait la charge – que ce soit un fait connu de ceux-ci ou non –, l'ange hexaailé avait ressenti une sensation peu commune pour lui : la pression d'une invocation. Pour vous donner une idée, c'était comme si quelqu'un vous attrapait les pieds à partir de l'étage du dessous et essayait de vous forcer à travers le plancher – du moins, c'était ce que ça lui faisait à lui – jusqu'à ce que vous fassiez savoir que vous êtes d'accord. À partir de là, vous faisiez comme une espèce de chute, et pouf, vous voilà à l'endroit où on vous demandait. Lelahel, en bon Séraphin blasé et un peu – mais vraiment légèrement – imbu de lui-même, était sur le point d'écarter cette demande comme on chasse un insecte gênant de son épaule, lorsqu'il ressentit, le long du lien qui unit durant un cours instant l'invocateur à l'invoqué, une détresse amoureuse qu'il n'avait encore jamais ressentie. Enfin, il fallait aussi dire que rares étaient aussi les inconscients qui tentaient de soumettre un Séraphin. Intrigué, et ne pouvant dénier le lien spécial qu'il avait au sentiment d'amour sous toutes ses formes, l'être céleste se laissa entraîner, et ce fut ainsi qu'il apparut les pieds en premier dans la suie. Magnifique...
Après avoir enregistré le nombre d'êtres vivants présents dans la pièce – sans aller dans les détails, les mortels pouvaient bien attendre, déjà qu'il avait fait le déplacement... –, le Serafim baissa la tête vers ses pieds, soupira en se disant que c'était vraiment peu digne d'un ange – peu importe son rang – de se salir ainsi hors d'un champ de bataille, et claqua des doigts en une légère démonstration d'impatience. Le pentacle réapparut, tracé cette fois par des lignes de lumière violette et tel qu'il était avant son altération, durant un bref instant, puis s'évanouit à nouveau, mais ce temps lui suffit pour assimiler son but primaire. L'ange releva les yeux vers les deux mortels, toujours figés dans la position qu'ils avaient adoptée au moment où le rituel avait abouti. L'homme, indubitablement un simple humain, était clairement sur le point de frapper la jeune femme qui se trouvait au sol. Il pouvait sentir sa haine se répandre sur sa langue, lui laissant un goût amer dans la bouche. D'un geste irrité, il pointa un doigt replié vers la paume vers lui, puis le redressa d'un geste vif. L'humain fit un vol plané à travers la pièce et s'écrasa contre le mur avec un bruit écoeurant d'os qui se brisent.

« Ouch, on dirait que j'ai eu les côtes. Bah, ça lui apprendra à vouloir frapper une demoiselle en détresse, » déclara Lelahel, plus pour lui-même que pour les autres occupants de la chambre. « Alors comme ça, jeune sorcière, tu m'as invoqué par erreur ? Je vois ici que ton but premier était ce laideron de Bephomet. Il ne préside pas à l'Amour pourtant, » fit-il d'un air perplexe en s'accroupissant, ses ailes se repliant à moitié dans son dos, au niveau de la jeune femme, qui semblait ne rien comprendre à ce qui se passait. « Quel est ton nom, sorcière ? Je trouve que s'adresser à une jeune femme en la nommant ainsi, ça fait grossier. »

« Belioclya de De-, Lulefeth, » murmura-t-elle, visiblement encore trop impressionnée pour oser parler normalement.

« Belioclya de Delulefeth ? »

« Non, juste Lulefeth. Belioclya Lulefeth, Seigneur Séraphin, » répondit-elle, semblant regagner peu à peu ses moyens.

Lelahel laissa échapper un rire franc, et ses traits semblaient encore plus magnifiques ainsi. Belioclya ne put s'empêcher de rougir.

« Seigneur Séraphin ? Je n'aurais jamais cru entendre ça de la bouche d'une sorcière, même si vous n'êtes pas toutes l'engeance du Diable comme ceux qui se disent nos serviteurs en ce monde semblent le croire. Et je suis surpris que tu connaisses mon rang. Il y a très longtemps, un shaman m'a pris pour un Archange. J'ai été très vexé ; toutes les visions qu'il a eues pendant la décennie suivante n'ont concerné que la saison des amours des créatures à l'aspect le plus répugnant possible, » conta l'être céleste en pouffant de rire. « Mais tu peux m'appeler Lelahel, tout simplement. Cependant, tu n'as pas répondu à ma question... »

Alors que la sorcière aux cheveux d'ébène ouvrait la bouche pour lui parler, un gémissement se fit entendre. Les deux êtres surnaturels tournèrent la tête vers Claudinis. Belioclya se leva d'un bond. L'apparition d'un Séraphin au lieu du démon qu'elle avait voulu convoquer lui avait complètement fait oublier son époux. Elle l'aimait toujours malgré tout, et voulut se précipiter à ses côtés pour le soigner, mais Lelahel la retint. Elle tourna vers lui un visage coléreux, oubliant momentanément qu'il aurait pu la réduire au silence en un claquement de doigt.

« Que faîtes-vous ?! C'est mon mari, et il est blessé. »

Le Serafim fronça les sourcils, l'incompréhension visible dans ses iris violets.

« Ton mari ? Il allait te frapper, et son cœur n'éprouve rien d'autre que de la haine envers toi. Le Seigneur m'a accordé le don de guider les créatures terrestres vers la Lumière et la Purification des péchés à travers l'Amour. Si je suis apparu ici, c'est parce que j'ai ressenti ta détresse. Je ne sais pas ce que cet homme t'a fait, mais il ne  te retourne clairement pas ces sentiments qui t'aveuglent. »

« Vous racontez n'importe quoi ! Lâchez-moi ! » lui ordonna-t-elle en essayant de dégager son poignet, mais il ne fit que l'attirer contre lui et la força à regarder vers Claudinis.

« Je vais te montrer sa vraie nature ; les tréfonds de son cœur, » lui murmura-t-il à l'oreille.

La sorcière eut le tournis l'espace d'une seconde et ferma les yeux, et lorsqu'elle les rouvrit, une lumière aveuglante rayonnait dans son dos, et devant elle... Là où se trouvait Claudinis il y avait encore un instant rampait un présent un monstre hideux, à l'air fou, bavant et grognant, ses petits yeux porcins luisants de haine, son corps recouvert de cicatrices affreuses.

« Il n'y a en lui de place que pour le péché et la corruption. Il ne connaît ni l'amour, ni la compassion. Il irait même jusqu'à tuer ses propres parents s'il pouvait obtenir ce qu'il désire ainsi. »

Belioclya sentit les larmes couler sur ses joues. Elle ferma les yeux, et, lorsqu'elle les rouvrit, tout avait changé autour d'elle. Lelahel se tenait devant elle, et elle reconnut immédiatement l'air de la campagne. Elle avait beau être une citadine de naissance, les sorcières comme elles avaient un fort lien à la nature, et il n'était pas rare qu'elle parte avec sa mère ou sa grand-mère pour faire ce qu'elles appelaient des « pèlerinages », durant lesquelles elles se reconnectaient avec les forces de la nature. Et d'ailleurs, la petite maison de bois qui se trouvait non loin d'eux, à la lisière de la forêt...

« J'ai pensé que ça serait mieux de t'emmener dans un endroit familier, où tu te sentirais bien pour te... remettre, » déclara l'ange, semblant chercher les bons mots pour s'exprimer. « J'ai dû jeter un coup d'oeil en toi pour trouver ça, désolé. Je jure devant le Seigneur que je n'ai pas été indiscret. »

Mais la sorcière, trop choquée pour s'offusquer de quoi que ce soit, fondit tout simplement en larmes. Lelahel la recueillit dans ses bras, l'air un peu gêné. C'était la première fois qu'il intervenait « en personne » de la sorte. D'habitude, il s'incarnait dans un corps humain lorsqu'il devait régler des affaires terrestres, surtout car, en tant que Séraphin, il était bien plus tenu d'observer les règles que les anges de rang inférieur. Mais bon, soyons honnêtes, qui respectait tout le temps les règles aussi bien en Enfer qu'au Paradis ? Et puis, quelque chose chez cette sorcière l'intriguait, et il se devait d'accomplir son devoir de toute manière... Ce fut en se disant cela qu'il la mena à l'intérieur, l'installa sur un canapé près de la cheminée, et la fit s'endormir pour qu'elle se remette de ses émotions.

---
Lorsque Belioclya ouvrit les yeux, son regard rencontra instantanément celui du Séraphin, installé dans un fauteuil qu'il avait tiré jusqu'en face du canapé, le positionnant dans un tel angle qu'il ne bloquait pas la chaleur de la cheminée mais leur permettait quand même d'être face à face. Ses ailes avaient disparu, mais quelque chose lui disait que ça devait juste être une forme de métamorphose.

« Alors, je n'ai pas rêvé... » murmura-t-elle en se relevant lentement en position assise.

« Non, » répondit simplement l'être céleste. « Alors, à présent, si tu veux bien me répondre, pourquoi voulais-tu invoquer Baphomet ? » lui demanda-t-il sans détour.

La sorcière baissa les yeux un instant, puis inspira un grand coup. Quelque chose, elle ne savait trop quoi, lui disait de faire confiance au Séraphin. Et puis, après tout, elle l'avait invoqué. Le moins qu'elle puisse faire était de répondre à ses questions.

« Je souhaitais... avoir un enfant. Je suis stérile à cause d'une malformation et... à cause de ça... mon mari... »

Les mots sortaient avec difficulté. Elle ferma les yeux, se remémorant la vision d'horreur de la bête tapie au fond du cœur de l'homme qu'elle avait aimé – qu'elle aimait encore, même si elle essayait de supprimer ces sentiments. Elle se sentait souillée, souillée d'avoir été ainsi abusée, souillée de s'être donnée à un tel monstre, d'avoir été si idiote... Alors qu'elle sentait les larmes venir à nouveau, elle sentit une pression réconfortante sur sa main. Lelahel s'était installé à côté d'elle et lui sourit.

« Si tu dois pleurer, pleure, mais n'ai pas peur de parler. Je suis là pour t'écouter, et sortir ces mots de toi est le premier pas vers la paix intérieure. Quand l'harmonie règne en nous, la guérison opère, » déclara-t-il sur un ton confiant.

Étonnamment, ses mots la réconfortèrent un peu, et elle sentit une agréable chaleur se répandre en elle à partir de l'endroit où il la touchait. Sans doute un truc angélique... Finalement, ce ne fut qu'une larme solitaire qui coursa le long de sa joue.

« Je voulais que Baphomet me rende normale... »

Lorsqu'elle tourna son visage vers Lelahel, ce dernier semblait hypnotisé par la larme qui coulait lentement jusqu'à son menton. Il la cueillit du bout des doigts, l'examina, puis reporta son attention sur Belioclya, le visage neutre.

« Il y aurait forcément eu un prix. Les démons demandent des sacrifices, du sang versé. Je n'ai rien vu dans cette pièce à part toi, moi, et cet humain immonde. Je sens que ton amour pour lui n'est pas encore mort, même maintenant, donc ce n'était pas lui que tu allais sacrifié à l'évidence... »

« Je... Je comptais... »

Lelahel écarquilla les yeux et lui prit son visage entre ses mains, plongeant son regard violet dans le puits noir qu'était celui de la sorcière. Il avait l'air touché par son histoire, et il semblait déjà savoir de quoi il en retournait. Elle ne savait pas si elle devait s'en sentir honorée ou honteuse...

« Tu comptais lui vendre ton âme ? Tu lui aurais laissé faire ce qu'il veut de toi après ta mort ou n'importe quoi d'autre pour avoir un enfant et garder l'amour de cet homme ? »

Il la lâcha et se leva brusquement, se détournant d'elle en faisait courir sa main dans ses longs cheveux violets.

« On dirait que les sorcières ne sont pas plus futées que les humaines lorsqu'il s'agit d'amour parfois, n'est-ce pas ? »

Belioclya était sur le point de s'offusquer, ayant naturellement du mal à accepter une telle remarque après ce qui venait de lui arriver, mais lorsqu'il se retourna et qu'elle vit son sourire crispé, elle comprit que, malgré que l'Amour soit officun noir delle les rouvrit, tout avait changé autour diellement son domaine de prédilection, le Séraphin n'était pas doué pour réconforter les gens de manière sérieuse. Elle parvint à se fendre d'un petit sourire.

« Il faut croire, oui... Merci de m'avoir empêché de faire la plus grande erreur de ma vie. »

Le sourire de l'ange s'élargit.

« Service ! »

---
Les jours passèrent et se muèrent en semaines. Belioclya, grâce à un morceau de parchemin ensorcelé, avait informé la famille Lulefeth de sa situation, et avait convenu avec eux qu'elle resterait à l'écart de la ville le temps qu'il lui faudrait pour surmonter tout cela. Elle apprit également par ce biais que les de Desildar ne s'étaient pas fait entendre malgré l'état dans lequel Claudinis avait fini. Cela ne l'étonna pas ; son ancien époux appartenant à une famille qui supportait l'Ordre – par intérêt, non par foi –, il avait très bien reconnu la créature qui était apparue dans sa demeure, et s'ils craignaient la malédiction des sorcières, et ils devaient encore plus redouter le courroux d'un ange qui semblait les protéger. Ce dernier s'occupa d'elle avait une attention toute particulière qui, à dire vrai, l'étonnait autant lui-même que Belioclya. Cependant, c'était bien la première fois qu'il prenait autant plaisir à faire son travail, et, il fallait l'avouer, la jeune femme avait quelque chose qui lui plaisait. Une fois qu'elle recommença à faire autre chose de ses journées que porter le deuil de son amour perdu, elle se révéla aussi pleine d'esprit qu'elle l'était de charme, et lui enseigna un tas de choses sur la sorcellerie, tandis que lui lui parlait de la magie enochienne – la Magie des Anges. Il lui apprit également un tas de choses sur la multitude d'anges existants, ainsi que leurs rangs et leurs fonctions. Il l'observa avec béatitude revitaliser un arbre mourant, et elle découvrit avec délice les joies du vol en altitude, confortablement nichée contre son torse.
Un jour, alors qu'ils étaient à nouveau en train de discuter au coin du feu, la sorcière lui demanda :

« Dis-moi, Lelahel... » Oui, ils étaient passés au tutoiement mutuel car le Serafim commençait à trouver cet excès de politesse ridicule. « Non pas que ça me dérange, mais pourquoi es-tu encore là ? Je veux dire, j'ai souvent cette sensation étrange ces derniers temps, comme si quelqu'un essayait de te ramener là d'où tu viens... » lui confessa-t-elle.

Le Séraphin lui lança un regard étonné. Départi de son armure et vêtu d'habits normaux, ses ailes inexistantes, il avait l'air d'un humain tout à fait ordinaire, si ce n'étaient ses cheveux et ses yeux à la couleur étrange. Il pencha la tête sur la côté un instant, puis sembla réaliser quelque chose.

« Oh, c'est vrai. J'ai tendance à oublier que tu m'as invoqué. J'aurais dû briser ce lien depuis un moment, ça continue à te pomper de la magie pour rien. »

Il ferma les yeux un instant, et Belioclya eut l'impression qu'un poids dont elle n'avait jusque-là pas eu conscience la quitta.

« Voilà, c'est fait, » fit-il en rouvrant les yeux.

« Mais tu n'as pas répondu à ma question. »

« Ah, ça... »

L'être céleste détourna le regard, semblant un peu gêné.

« Pour te dire la vérité, j'aime bien être ici avec toi. Ils peuvent bien essayer de me ramener, je ne les laisserai pas faire. Ça fait des siècles que je tiens un rôle qui me pèse là-haut, et tu es la chose la plus intéressante qui me soit arrivée... Euh, je ne veux pas dire que je te considère comme une distraction ou quoi que ce soit, hein, c'est, euh... » se mit à bafouiller, ce qui, venait d'un être tel que lui, était assez comique.

« Ne t'inquiète pas, j'ai compris, » pouffa-t-elle en lui prenant une main, ce qui eut pour effet de le faire taire sur le champ. « Tu m'as bien dit que tu as un certain nombre de séjours parmi les mortels à ton actif, et aussi qu'il existe un nombre insoupçonné d'anges... » commença-t-elle.

« Oui ? » l'encouragea-t-il à poursuivre en se tournant à nouveau vers elle, leurs mains toujours entrelacées.

« Durant tout ce temps, n'es-tu jamais... tombé amoureux ? » finit-elle par dire.

À cette question, l'ange se figea et, pour la première fois depuis le jour où il l'avait sauvée, revêtit à nouveau une expression sérieuse et intense. Elle crut voir un éclat de nostalgie luire dans son regard l'espace d'un instant, mais il se détourna et lui lâcha la main. Il lui sembla qu'il tenta de sourire, mais le cœur n'y était visiblement pas.

« J'ai beau être doué des mêmes émotions que les créatures terrestres – l'Amour y compris, les Séraphins n'ont pas le droit de tomber amoureux. Nous faisons vœu de chasteté et de célibat devant l'Éternel, et nous n'avons ainsi pas le droit de nous mêler aux créatures mortelles et immortelles, en dehors des autres Séraphins. Cependant, nous sommes actuellement tous des mâles, et nous ne croisons de toute manière si peu que tomber amoureux est virtuellement impossible. »

« C'est cruel... Tu présides à l'Amour, tu es confronté en permanence aux sentiments de milliers d'êtres, et tu te dois les aider sans jamais avoir droit à ce bonheur toi-même. Comment fais-tu pour supporter ça ? » l'interrogea la sorcière aux cheveux d'ébène un déposant une main sur son épaule. Il tourna vers elle un visage surpris, puis éclata d'un rire triste.

« Décidément, tu me surprends de jour en jour. Encore jamais personne à ma connaissance ne s'était soucié du bonheur d'un ange – encore moins de sa vie sentimentale. Tout le monde pense que les serviteurs du Seigneur vivent dans le bonheur permanent ou sont dénués de ce genre d'émotions primaires, » répondit-il en se détournant à nouveau. « Mais on s'y habitue. C'est comme être confronté au meurtre : au début, on est horrifié, chaque défunt qu'on l'on voit est comme une partie de soi-même qui meurt, et puis ensuite, on apprend à les considérer comme de simples corps sans vie, à se détacher – même si, au fond, il y a toujours ce pincement... J'ai fermé cette partie de mon cœur. Je me suis résigné il y a déjà plusieurs centaines d'années au fait que je serai seul pour le reste de mon existence, » déclara Lelahel.

Il sentit alors une main se poser sur sa joue, et Belioclya lui fit doucement tourner son visage vers le sien. Leurs regards se plantèrent l'un dans l'autre, et son cœur manqua un battement. Elle était vraiment belle.

« Tu n'es pas seul, » fit-elle doucement, mais avec conviction, sans cesser de le fixer ne serait-ce qu'une seconde.

Le Séraphin resta là à la regarder, le visage complètement vide d'émotions. Au bout de presque une minute, la sorcière retira sa main, les yeux baissés, et soupira, s'apprêtant à se lever, lorsqu'une main lui saisit brusquement le bras. Elle se sentit tirée en avant d'un coup sec, et, l'instant suivant, ses yeux étaient fermés et ses lèvres étaient scellés par celle de Lelahel.

Le lendemain, lorsque Belioclya se réveilla, avant d'ouvrir les yeux, la première chose qu'elle ressentit fut la chaleur d'une autre peau et de muscles saillants tout contre elle, mais aussi une sensation douce et duveteuse partout sur son corps. Elle crut d'abord qu'il s'agissait de couvertures de rechange dont elle ignorait la présence dans la chambre de la petite maison de campagne, mais, lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était toujours plongée des pieds à la tête dans une semi-obscurité. Elle devinait le corps – au demeurant fort appétissant – de Lelahel contre le sien, et comprit rapidement qu'ils avaient dormi nus sans le moindre drap, et qu'il l'avait recouverte de ses ailes pour la garder au chaud. Elle se souvint de tout ce qui s'était passé entre eux, et elle ne parvint pas à s'en sentir coupable ne serait-ce qu'un centième de seconde. Les choses avaient semblé être tellement... à leur place, comme s'ils avaient été destinés l'un à l'autre depuis toujours. Cela aurait semblé stupide à n'importe qui d'autre, mais son instinct de sorcière lui soufflait qu'elle avait raison. Et l'expression qu'arborait Lelahel lorsqu'il ouvrit ses ailes en la sentant bouger semblait indiquer qu'il avait exactement le même sentiment. Sans rien dire, ils s'embrassèrent, puis restèrent à s'observer durant de longs instants.
Finalement, Belioclya décida qu'il était temps pour eux d'aller se laver – même si Lelahel semblait aussi frais et parfait qu'à leur premier rencontre –, mais lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle d'eau, elle fut traversée d'une douleur intense qui l'aurait clouée au sol si le Serafim n'avait pas été juste à côté d'elle pour la rattraper.

« Clya, que se passe-t-il ? » lui demanda-t-il, affolé, se sentant instantanément coupable – il aurait dû savoir qu'un Séraphin ayant ce genre de rapports avec une mortelle, ce n'était pas une bonne idée, et pourtant...

« C'était mon ventre. L'espace d'un instant, j'ai eu l'impression de... de fondre à l'intérieur, quelque chose comme ça, » souffla la sorcière.

« Attends, laisse-moi voir, » lui intima-t-il en l'asseyant sur le rebord de bois de la baignoire.

Apposant une main sur son ventre, il ferma les yeux. Après quelques secondes, il les rouvrit brusquement, la surprise évidente sur son visage, avant que ne s'y peigne une expression de pure ravissement.

« Belioclya, tu... »

« Quoi ? » le pressa cette dernière avec impatience.

« Tu es enceinte. »

La jeune femme aux cheveux d'ébène le regarda avec les yeux ronds de l'incrédulité.

« Non, non c'est... impossible. Tu sais bien que je... que je... »

« Je le sens, Clya. Il y a une vie qui grandit en toi. Notre enfant... » souffla l'être céleste, l'air rêveur et béat.

« Mais enfin... Comment ? »

Belioclya avait vraiment du mal à y croire. Elle était bien entendu follement heureuse, mais, il y a encore quelques semaines, elle était sur le point d'invoquer un démon pour corriger une malformation de naissance qui l'empêchait d'avoir des enfants, et voilà que l'ange qui était devenu son amant lui annonçait, après leur toute première nuit ensemble, qu'ils avaient conçu un enfant malgré tout... Lelahel l'embrassa avec douceur, visiblement enchanté par la perspective de devenir père, et s'agenouilla pour lui faire face.

« Lorsque nous avons fait l'amour, nos magies ont dû se mêler et permettre ce miracle. Cette douleur que tu as ressenti, c'est la vie d'un être exceptionnel qui vient de commencer en toi. L'enfant d'une sorcière et d'un Séraphin... »

Soudainement, son visage baigné d'amour revêtit une expression horrifiée. Avant même que Belioclya puisse dire quoi que ce soit, il se saisit d'elle. La salle d'eau s'effaça et fut remplacé par la forêt qui se trouvait non loin. Ils se tenaient tous les deux nus dans la forêt, face à la maison, qui s'enflamma soudainement.

« Mais que... » commença la jeune sorcière.

« Les Malakim... » siffla Lelahel avec rage. « Ils veillent au respect de nos lois. Ils ont dû sentir l'enfant. Nous devons nous cacher, » lui dit-il. « Mais avant... »

Il s'avança vers la lisière pour pouvoir voir le ciel, leva la tête et hurla :

« À PARTIR DE MAINTENANT, SI CELA SIGNIFIE ABANDONNER L'AMOUR QUE JE SUIS CENSÉ GUIDER, JE TE DÉSAVOUE, Ô SEIGNEUR ! »

Il ferma ensuite les yeux, et la panoplie qu'il portait leur de sa première rencontre avec sa sorcière bien-aimée (NDlA : Ho ho ho!) apparut dans une myriade d'étincelles dorées. Celle-ci, suivant son exemple, conjura des vêtements de sa demeure familiale et les enfila rapidement. De quelques paroles magiques, elle inscrit un message dans l'écorce d'un arbre, message qui ne serait visible que par sa famille ; car elle savait que sa mère et sa grand-mère reviendraient ici à un moment ou à un autre. Elle saisit ensuite sans hésiter la main que son amant céleste lui tendait, et ils disparurent tous d'eux dans un nouvel éclat de lumière.

---
Plusieurs mois plus tard.

Le cri déchirant d'une femme en souffrance résonna à travers les murs de pierre d'un couvent. Bientôt, le cri mourut, et fut remplacé par un second cri, plus faible, qui oscillait entre les pleurs et la protestation. Le cri d'un nouveau-né. Allongé dans une cellule, Belioclya sembla se détendre progressivement. La sorcière qui s'était improvisée sage-femme pour son accouchement lui pressa affectueusement la main.

« Vous avez fait un travail merveilleux. C'est un garçon, et il est beau comme un ange, » lui souffla-t-elle, avant de quitter la pièce.

La jeune femme aux cheveux d'ébène ne put s'empêcher de rire à cette remarque qui n'était pas si loin de la vérité. Elle releva péniblement la tête pour rencontrer le regard violet de Lelahel, qui berçait dans ses bras leur fils. En cet instant, le bonheur qu'elle vit déborder de ses yeux lui gonfla le cœur, et tous les doutes qui avaient pu l'assaillir durant leur fuite face aux Malakim s'évaporèrent. Il déposa avec précaution le fruit de leur amour au creux des bras de la jeune femme, qui serra le petit corps tout contre elle et murmura : « Bonjour, petit ange... »

« Ou petit sorcier, comme tu préfères, » plaisanta Lelahel en s'asseyant sur le bord du lit. « Quel sera son nom ? »

« À vrai dire, je m'attendais avec plus ou moins de certitudes à une fille. Tous les derniers êtres magiques de ma lignée étaient des femmes, » avoua Belioclya sur un ton d'excuse en ne cessant de fixer son enfant, qui avait cessé de pleurer.

Lelahel lui lança un regard incrédule, puis se mit à pouffer de rire.

« Ah, ces sorcières, des féministes en puissance. Puis-je me permettre de faire une suggestion ? » demanda-t-il.

« Hmm, je ne sais pas, demande à son père, » ironisa la nouvelle mère.

Le Séraphin la força gentiment à quitter leur enfant des yeux un bref instant pour planter son regard dans le sien. Il avait à nouveau l'air très sérieux.

« Azazel, » dit-il simplement.

« Azazel ? » répéta la jeune femme en fronçant les sourcils.

« Le Dixième, l'Ange Déchu de la rébellion qui pousse les hommes à se battre et qui sème le chaos dans le bon ordre du Seigneur. J'ai pensé que ça serait assez symbolique, mais si ça ne te plaît pas... »

« J'adore l'idée, » l'interrompit son amante, reportant avidement son attention sur le nouveau-né qui semblait déjà s'être endormi. « Bienvenue au monde, Azazel, petit chef des rebelles, » dit-elle sur un ton taquin en lui déposant un léger baiser sur le front.

Soudainement, un grondement énorme se fit entendre, et la bâtisse entière se mit à trembler. Une autre sorcière entra précipitamment dans la pièce.

« Vos amis arrivent ! Nos barrières ne les retiendront pas longtemps ; ils sont bien trop puissants. Vous devez partir. »

« Très bien. »

Lelahel enveloppa sa bien-aimée et leur progéniture dans ses bras, se concentra et... rien ne se produisit. La panique commença à le saisir. Il ferma étroitement les yeux et recommença, mais, une fois encore, rien ne se passa.

« Lelahel ? » fit Belioclya d'un ton anxieux.

« Je... Je ne peux plus me téléporter. Ils ont dû nous confiner avec de la magie angélique.»

Le Séraphin et la sorcière se regardèrent pendant ce qui leur parut une éternité, mais ne dura en réalité qu'une dizaine de secondes. Ils s'étaient compris sans rien dire.

« Je sais que je n'ai pas le droit de vous demander ça, mais pourriez-vous les tenir à l'écart encore quelques instants ? » demanda Belioclya en s'adressant à l'autre sorcière.

Celle-ci soupira, mais fit un signe de tête affirmatif, puis leur adressa un sourire triste avant de sortir. Sans un mot, le couple se mit en mouvement. Ils n'avaient pas le temps de réunir des accessoires, mais ils avaient déjà tout prévu dans l'éventualité où une telle chose se produirait.

« Doit-on vraiment l'envoyer là-bas ? Il n'y a pas d'autres moyens ? »

« Tu sais bien que non. Nous sommes condamnés, mais lui, il peut survivre là-bas. Mais il faut aussi que... »

Belioclya, pleurant silencieusement, savait bien ce qu'il allait dire. À contrecoeur, et après un dernier baiser sur le petit front, elle lui confia leur fils. Le Séraphin le prit dans ses bras et le porta de telle façon que leurs fronts se touchent, puis il se mit à psalmodier en enochien, la langue des Anges. Sous la couverture dans laquelle le nouveau-né avait été enveloppé, son dos brilla, et un cercle magique apparut sur sa peau tel un tatouage indolore. Durant ce temps, Belioclya, à l'aide d'une incantation, avait gravé un autre cercle dans le sol de pierre. Après s'être serrés tous les trois ensemble une dernière fois, les deux parents déposèrent le petit être au centre du cercle et, se prenant la main, entamèrent une longue incantation où s'entrelaçait la magie angélique et la sorcellerie. Au fur et à mesure qu'ils débitaient les mots de pouvoir, le cercle s'illuminait de plus en plus. Puis la petite silhouette fut pris dans un éclat aveuglant de lumière, et disparut, de même que le cercle.

À peine un instant plus tard, quatre anges dotés chacun de deux paires d'ailes se matérialisèrent autour d'eux, se saisirent d'eux, et ils disparurent tous à nouveau, laissant les lieux soudainement étrangement vides et calmes...

---
Sur Terre, quelque part dans le sud de la Suède, dans la chapelle d'un orphelinat catholique, sœur Rebecka Lindgren venait de finir sa prière et s'apprêtait à quitter l'endroit, la main déjà sur la poignée de la porte, lorsqu'un grand éclat de lumière inonda le lieu de recueillement, la figeant sur place l'espace d'une seconde. Un éclair ? Le temps n'était pourtant pas à l'orage... Secouant les épaules, la nonne ouvrit la porte, et au grincement caractéristique des gonds qui avaient déjà bien fait leur temps succédèrent les pleurs d'un nouveau-né, qui résonnèrent contre la pierre et les vitraux. Écarquillant les yeux, la religieuse se retourna vivement vers la source de ces plaintes enfantines et découvrit avec stupéfaction, niché dans les bras écartés de l'unique statue à l'effigie d'un ange anonyme se trouvant dans la pièce, un nouveau-né étroitement enveloppé dans une couverture. Tombant à genoux, elle se signa, puis tourna le regard vers un vitrail représentant le Seigneur et dit : « Je vous ai entendu, Seigneur. Je prendrai soin de cet enfant. » Elle se leva ensuite pour aller récupérer l'enfant, et découvrit, glissé dans un pli du tissu qui l'entourait, un morceau de papier avec un unique mot marqué dessus : « Azazel. » Voilà un drôle de prénom, songea-t-elle, se rappelant vaguement qu'il s'agissait du nom d'un des serviteurs de Lucifer. Mais, après tout, les voies du Seigneur étaient impénétrables...

« Mais il te faut aussi un nom de famille, n'est-ce pas ? » fit-elle en le berçant doucement pour calmer ses pleurs, ce qui sembla fonctionner.

Elle parut réfléchir un instant, puis ses yeux se posèrent sur le visage de l'ange de pierre, et son visage s'illumina.

« Tu es le fils d'un ange – Azazel Ängelsson. L'allitération te plaît ? » fit-elle sur un ton taquin en baissant son visage vers le nourrisson.

Et alors, celui-ci, alors qu'il n'était âgé que de quelques heures, ouvrit les yeux, et Rebecka sut qu'elle avait trouvé le nom parfait.

Dans les iris mauves, elle vit son propre reflet sourire.

---
« Donne-moi ça ! »

« Mais tu l'avais déjà ce matin, c'est mon tour maintenant ! »

« Non ! »

Rebecka leva les yeux de sa Bible – format de poche pour pouvoir l'emporter partout – pour voir deux garçonnets en train de se chamailler à cause d'un énorme nounours presque plus grand qu'eux. Le premier était un petit garçon allemand ordinaire, blond et un peu rondouillet déjà pour son jeune âge. Le second, en revanche, aurait difficilement pu passer inaperçu ou que ce fut sur cette terre. Des cheveux mauves tirant sur le blanc encadrant un visage aux yeux d'à peu près la même couleur, et une peau très pâle qui semblait presque luminescente. La seule touche sombre sur ce tout petit homme était la mèche d'ébène qui retombait sur son front. Ce singulier petit bonhomme se retrouva sur les fesses lorsque le blondinet le poussa pour récupérer la peluche convoitée, avant de s'en aller en se moquant de lui. Rebecka soupira et s'apprêta à aller le réconforter le garçonnet avant d'aller réprimander l'autre, lorsqu'elle le vit se relever sans la moindre trace de larmes dans les yeux, mais plutôt l'air très en colère.

« Eh ben ton nounours, tu peux... tu peux... TU PEUX T'ÉTOUFFER AVEC, TIENS ! » s'époumona-t-il dans la direction dans laquelle son adversaire était parti.

La nonne, un peu choquée, s'approcha de lui avec un air réprobateur.

« Azazel ! »

Le garçonnet, qui avait oublié sa présence, eut l'air gêné et baissa la tête.

« Pardonnez-moi, ma sœur, » dit-il sur un ton contrit.

Cette dernière soupira derechef, s'agenouilla et lui ouvrit ses bras, dans lesquels il vint immédiatement se réfugier.

« Je n'aime pas cet endroit... » l'entendit-elle dire dans son giron. « Les autres enfants sont pas gentils avec moi, et même les sœurs et le père qui vient dire la messe me traitent tous bizarrement. »

Alors qu'Azazel n'était âgé que de quelques semaines, Rebecka Lindgren avait été envoyée en Allemagne pour ouvrir un nouvel orphelinat au nom du Seigneur. Mais, lorsqu'était venu le moment de partir, elle s'était trouvée incapable de se séparer de son petit protégé. Littéralement. C'était comme si une force invisible l'avait empêchée de le lâcher après lui avoir fait ses adieux. N'y voyant qu'une nouvelle preuve que le Seigneur lui avait confié « son petit miracle, » comme elle le nommait, elle n'hésita pas plus longtemps et fit en sorte de pouvoir l'emmener avec elle. Ainsi, la première langue que le garçonnet se mit à parler fut donc l'allemand, mais la communication n'en restait pas moins difficile. Si en Suède, les religieux et les enfants avaient accueilli le nouveau-né à bras ouverts, croyant sans aucune hésitation à l'histoire de sa découverte par sœur Lindgren et la mission divine qu'il représentait pour elle, ici, chacun traitait cela avec un scepticisme effarant, et les enfants évitaient Azazel à cause de sa différence. Toutefois, le garçonnet semblait s'en accommoder, du moment qu'elle était avec lui. Lorsqu'il ne pouvait pas lui parler, il avait appris à jouer seul, dans le calme, et lisait déjà énormément pour son âge, et parfois des livres qui semblaient être hors de portée d'un enfant de moins de dix ans. Il avait toujours l'air passionné lorsqu'il lisait...

« J'aime bien vos cheveux, ma sœur. »

Son fil de pensées fut interrompu par ces mots et la petite main qui courut dans ses quelques cheveux d'ébène qui dépassaient de sa coiffe de religieuse.

« Ils sont comme les miens, » poursuivit le petit garçon, qui faisait en réalité référence à la mèche d'ébène qui tranchait sur le reste de sa chevelure mauve pâle. « C'est pour ça que vous m'appelez votre « petit miracle » ? » demanda-t-il en la fixant de son regard plein d'innocence.

Elle sourit. « Oui, c'est pour ça. »

Comme un cheveux sur la soupe, le petit blond rondouillet de tantôt repointa le bout de son nez, hurlant à toute berzingue, l'ours en peluche accroché à son dos et en train... de l'étrangler ?! La religieuse avait tellement de mal à croire ce qu'elle voyait qu'elle ne réagit même pas au regard suppliant de l'enfant dont le teint commençait à virer au bleu. Ce fut la voix d'Azazel qui la sortit de sa torpeur.

« C'est bon, tu peux arrêter, » déclara le petit garçon en tournant son regard vers le jouet. « Faut être gentil, même si c'est qu'un crétin. »

L'ours sembla l'observer un instant de ses yeux noirs en plastique, puis ce qui l'animait disparut et il glissa sur le sol. Après avoir pris une grande inspiration, sa peau retrouvant une couleur normale, l'enfant qui avait été agressé par la peluche se redressa et se mit à la piétiner avec rage, avant de s'en aller en courant. Rebecka, elle, tourna un regard stupéfait vers Azazel.

« C'-C'était toi qui... » commença-t-elle, incapable d'énoncer ce qu'elle pensait à haute voix.

« Je crois... Ça arrive parfois, quand je veux quelque chose ou que je suis en colère, » avoua le garçonnet. « C'est mal, ma sœur ? »

« Non, non, mon enfant, ce n'est pas mal, mais tu ne dois pas t'en servir contre les autres, tu comprends ? Klaus ne nous a pas entendus, le Seigneur en soit loué. Il ne faut en parler à personne. Ça sera notre secret, d'accord ? »

« D'accord, ma sœur. »

« Seigneur, quel est donc votre dessin ? Pourquoi avez-vous donné ces dons démoniaques à un enfant que vous avez béni ? » songea la religieuse en une question silencieuse à son dieu tandis qu'elle serrait à nouveau Azazel contre sa poitrine, inquiète de ce qui pourrait lui arriver s'il venait à être découvert.

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« Dernière édition: Août 22, 2012, 01:41:51 par Adelheid Friedrich » Journalisée





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Dooaio Serafim Lelahel od wik Belioclya z ipuran ils...
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« Répondre #1 le: Août 22, 2012, 02:09:09 »

Durant les années qui suivirent cet incident, Rebecka continua à veiller sur Azazel avec bienveillance. L'enfant atteint bientôt l'âge d'entrer à l'école primaire, puis au collège, toujours habitué à la solitude et à l'isolement à cause de sa différence, mais fondamentalement bon, car élevé dans l'amour de son prochain. Il finit par devenir un adolescent très ouvert et sociable, et, en secret, un sorcier – quoique Rebecka grimaçait au son de ce mot et préférait qu'il dise « mage » – (presque) en pleine maîtrise de ses pouvoirs... Du moins, de ceux qu'il connaissait. Le jeune homme, dès qu'il avait eu l'autorisation de sortir seul, avait commencé à dévorer les ouvrages concernant l'occulte, et s'était même débrouillé pour obtenir un ancien grimoire qu'un antiquaire local avait mis au rebut. Il s'était bien entendu empressé d'apprendre du manuscrit en question un enchantement qui lui assurait que personne d'autre que lui ne le trouverait dans sa chambre. Très libre, il adopta un style vestimentaire qui ne manqua pas de faire se froncer des sourcils, et surtout à l'orphelinat, mais la mère supérieure lui passait tout, alors qui aurait bien pu y faire quelque chose ? Et, ainsi, inexorablement, le reste de sa minorité fila entre le lycée, la bibliothèque et l'orphelinat, l'espoir futile d'une demande d'adoption abandonné depuis bien longtemps. Et puis, à part Rebecka, qu'il considérait pour ainsi dire comme sa mère, de quels parents avait-il bien besoin ?

---
Le bruit d'un verre qui se brise, d'un corps qui rencontre le carrelage blanc d'une cuisine.

« M-morte ? »

Azazel fixa la jeune religieuse qui venait de lui annoncer l'atroce nouvelle de ses yeux mauves alors qu'elle acquiesçait lentement, son visage figé en un masque horrifié. L'air sincèrement désolée, celle qui avait endossé le rôle de l'oiseau de mauvais augure le lança assimiler ce qu'il venait d'entendre. Bientôt, des sanglots étouffés s'élevèrent au milieu des débris de verre, et des larmes se mirent à dévaler les joues du jeune homme.

« Mais... Comment ? » fut tout ce qu'il parvint à articuler.

« Elle était sortie pour faire des courses. Un... Un chauffard a fait une embardée sur le trottoir et l'a percutée. Elle est morte sur le coup... Je suis désolé. »

Pour toute réponse, Azazel enfuit son visage dans ses mains et hurla de douleur. Son hurlement déchirant se répercuta dans toute la bâtisse, et les vitres de la cuisine explosèrent en mille morceaux sur le regard stupéfié de son interlocutrice. Il s'enfuit ensuite de la pièce en courant, laissant la jeune femme seule. Cette dernière, abasourdie, s'appuya contre le mur le plus proche, et fit tomber un calendrier qui y était épinglé. Ses yeux se posèrent sur la date. Le 23 août. Le jour de la naissance d'Azazel Ängelsson. Il venait d'avoir dix-huit ans.

Le soir-même, le jeune homme avait disparu de l'orphelinat. La dernière fois que le personnel de l'orphelinat et certains de ses « camarades » crurent l'apercevoir fut aux funérailles de la mère supérieure, Rebecka Lindgren.

Et la suite de cette histoire, c'est maintenant qu'elle s'écrit...



Situation de départ : Azazel, bien que portant le nom d'un Déchu, est encore chaste et pur.

Autres:

(Je précise d'avance que ce personnage ne virera pas au grosbill, car personne n'aime ça, et je suis tout à fait disposé à me faire mettre un frein si je devais en venir à abuser à un moment ou à un autre. ^^)

De par sa nature doublement surnaturelle, Azazel possède un large arsenal de pouvoirs magiques dont la plupart lui sont encore inconnus, et dont les plus importants sont scellés par le cercle magique que son père lui a tatoué par magie dans le dos et qui a grandi en même temps que lui.


La plupart des dons ainsi mis hors de sa portée pour l'instant sont liés à son côté céleste. Il n'a par exemple pas encore le pouvoir de faire apparaître ses ailes. Les pouvoirs dont il a conscience et qu'il maîtrise plus ou moins (mais qui sont également voués à évoluer) pour le moment sont :

- Sortilèges/charmes/enchantements/rituels : nécessite de l'apprentissage, de la pratique, et certaines conditions particulières pour certains. Une partie de sa puissance magique étant scellée, ceux qui nécessitent une grande puissance magique lui sont inaccessibles, ou le laissent dans un état de faiblesse extrême et dans l'incapacité d'utiliser quelque magie que ce soit durant une période de temps plus ou moins grande.
- Télékinésie.
- Détection et identification des êtres surnaturelles (n'en a pas conscience au début).
- Lien à la nature : Azazel peut se faire obéir des animaux et accélérer la croissance des plantes.
- (Passif) Affinité accrue avec les objets magiques.

Hors dehors de cela, il arrive parfois que sa magie échappe à son contrôle sous le coup d'une émotion intense, et ce qui en résulte est la majeure partie du temps aléatoire.

Comment avez-vous connu le forum?
Google.

Avez vous des moyens de faire connaître le site autour de vous? Si oui lesquels?
Euuuuh... On peut toujours essayer d'en parler aux gens discrets qui ont l'air de pouvoir être intéressés?
« Dernière édition: Août 22, 2012, 12:42:46 par Azazel Ängelsson » Journalisée





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« Répondre #2 le: Août 22, 2012, 02:11:06 »

je suis contente de ne pas être modo xD

bienvenu
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« Répondre #3 le: Août 22, 2012, 02:12:09 »

Heu... C'est moi ou il manque un bout ? Plus particulièrement dans le caractère :p

Bienvenu petit semi-ange ^^

*Tend un doigt pour qu'il puisse se poser, à la manière des oisillons Roulement des yeux*
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« Répondre #4 le: Août 22, 2012, 02:13:40 »

Merci. Souriant Ils vont me haïr. x) Même moi, je me suis saoulé à la fin, à avoir autant d'inspiration (combien on parie que je vais me taper le syndrome de la page blanche pendant une semaine pour compenser?), alors j'ai coupé court et ça se voit un peu. J'espère qu'il y a pas un maximum de lignes autorisées pour la fiche, parce que sinon, je l'ai clairement cramé. x)

Heu... C'est moi ou il manque un bout ? Plus particulièrement dans le caractère et la situation de départ :p

Bienvenu petit semi-ange ^^

*Tend un doigt pour qu'il puisse se poser, à la manière des oisillons Roulement des yeux*

Situ de départ indiquée sur mon second post, et le caractère est décrit dans l'histoire. ^^ Faut juste avoir la patience de la lire, haha.
« Dernière édition: Août 22, 2012, 02:24:20 par Azazel Ängelsson » Journalisée





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« Répondre #5 le: Août 22, 2012, 02:16:05 »

Il y a bien un seuil minimum à dépasser pour être valider, mais rien n'est précisé pour le maxi X)

Et vu la taille du texte à lire, ils seraient vraiment vaches de compter les fautes XD

Et le double post n'est pas toléré ici, tu va te faire taper sur les doigts si tu fait pas EDIT: Grimaçant
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Darthestar est un être d'un bon mètre 95, et il s'agit surement de l'exemple typique de l'homme torturé par sa nature.

Devenu vampire par le biais d'une bien compliquée histoire, il essayes tant bien que mal de dominer son instincts, mais son combat avec lui même le rend parfois instable et maladroit.

Homme contemplatif, il est avant tout un voyageur et n'use de sa puissance que dans les cas les plus extrêmes, y préférant une certaine forme de sagesse.
« Répondre #6 le: Août 22, 2012, 02:16:34 »

Pouahaahahahaaaaaa ... Pirraaaagnagnaaaa !

"Je remercie l'auteur de cette fiche ... Il vient de casser mon joueur ! ... Bon bienvenue de notre part"
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« Répondre #7 le: Août 22, 2012, 02:18:31 »

Faudra que je fasse la chasse aux fautes quand je me lèverai, mais là j'ai plus la force, et je tenais à enfin la poster, cette **** de fiche, après déjà une douzaine d'heures de connexion sur le forum lol. J'espère que j'en ai pas laissé trop, moi qui suis un vrai grammar nazi en plus. x)

@Darthestar: Oops, sorry. ^^' Merci! Sourire
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« Répondre #8 le: Août 22, 2012, 02:44:04 »

Bienvenue, mais, désolé de te décevoir gamin, mais j'ai trouvé plus long xD

http://hentai.forum-rpg.net/index.php?topic=8467.msg185877#msg185877

Je suis assez fier de moi sur le coup,je l'avoue xD
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Le Roi des Trois Royaumes et le personnage le plus influent d'Ayshanra. Derrière ses allures détendues et son sourire charmeur, Serenos est un homme dangereux et incontrôlable, et une constante menace pour les royaumes continentaux. Son mépris pour le protocole lui ont attiré le titre de "Roi Fou".
« Répondre #9 le: Août 22, 2012, 02:47:19 »

o.o Oh, tiens, un autre comme moi...

Sauf qu'il n'est pas immortel...

Chwette ^w^ Quelqu'un à combattre!
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« Répondre #10 le: Août 22, 2012, 02:47:53 »

*Fait une courbette.*

Salut l'emplumé de mago

(Bienvenue.^^)
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« Répondre #11 le: Août 22, 2012, 08:31:26 »

Bienvenue

Ce n'est pas parce qu'une fiche est gigantesque qu'elle est forcément géniale ou agréable à lire. Même si j'ai déjà pondu une fiche assez grande coupée court sur LGJ
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Des Âmes en regroupées en un corps, autant de vies enchainées par le sort
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« Répondre #12 le: Août 22, 2012, 08:41:43 »

Bienvenue. Belle fiche.

Ryujin : nan mais t'as fini de poster des fiches qui plagient jusqu'à mon nom ? Bon d''accord chuis pas un dragon mais... Non ? Bon ok j'ai rien dit...
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Azazel Ängelsson
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« Répondre #13 le: Août 22, 2012, 10:04:25 »

Bienvenue, mais, désolé de te décevoir gamin, mais j'ai trouvé plus long xD

http://hentai.forum-rpg.net/index.php?topic=8467.msg185877#msg185877

Je suis assez fier de moi sur le coup,je l'avoue xD

Merci. Sourire C'est pas si j'étais parti dans l'optique de battre un record, hein. :p

o.o Oh, tiens, un autre comme moi...

Sauf qu'il n'est pas immortel...

Chwette ^w^ Quelqu'un à combattre!

Oh tiens, une fiche qu'il faut que j'aille lire. :p

*Fait une courbette.*

Salut l'emplumé de mago

(Bienvenue.^^)

Danke schön. Sourire

Bienvenue

Ce n'est pas parce qu'une fiche est gigantesque qu'elle est forcément géniale ou agréable à lire. Même si j'ai déjà pondu une fiche assez grande coupée court sur LGJ

Certes, certes! Loin de moi toute idée de prétention, je me suis juste impressionné moi-même, parce que je suis plutôt du genre à me borner au minimum demandé habituellement, et surtout à ne pas être très inspiré. Mais bon, faut dire, c'est que le deuxième forum où je joue de ma vie qui a une histoire qui permet de faire ce genre de fiche. ^^

Bienvenue. Belle fiche.

M-Merci! *se cache parce que le vava fait peur*
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« Répondre #14 le: Août 22, 2012, 10:05:08 »

Bienvenue ♥

Un hybride ange, les même cheveux ou presque, resté chaste et pur ? On dirait presque que tu es ma version masculine Sourire
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