Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

Bonjour et bienvenue.

Ce forum présente des œuvres littéraires au caractère explicite et/ou sensible.
Pour ces raisons, il s'adresse à un public averti et est déconseillé aux moins de 18 ans.

En consultant ce site, vous certifiez ne pas être choqué par la nature de son contenu et vous assumez l'entière responsabilité de votre navigation.

Vous acceptez également le traitement automatisé de données et mentions légales de notre hébergeur.

Prémices d'un voyage pas si tranquille [ PV Damascus / Alecto ]

Nos partenaires :

Planete Sonic Reose Hybride Yuri-Academia L'Empire d'Argos Astrya Hybride Industry Iles Mystérieuses THIRDS
Inscrivez-vous

Alecto Nemed

Humain(e)

  • -
  • Messages: 402


  • FicheChalant

    Description
    ~Esclave de Thiana Gian~
    Petite, passe inaperçue. Cicatrices, ou traces de brûlures sous les bras, près du cou, bref, un peu cachées.
    Crédule, extrêmement pieuse, facilement impressionnable et très discrète, elle va rougir si vous continuez à la regarder ainsi !

Re : Prémices d'un voyage pas si tranquille [ PV Damascus / Alecto ]

Réponse 45 dimanche 12 septembre 2021, 11:14:06

La frustration avait creusé les entrailles d’Alecto toute la journée. Elle ruminait, certes discrètement, pour elle-même alors que ses pas suivaient machinalement ceux de son Maître. Il était dérangeant de songer ainsi pour elle ; La joie immense, indescriptible, de savoir Damascus éveillé et en vie aurait dû surpasser la colère que les moqueries anodines et habituelles avaient provoquée en elle. Allié à l’arrêt de ses attentions dont elle raffolait, dont elle avait besoin désormais même, le Petit Corbeau sentait maintenant en elle une boule qui grossissait, tout autant dans son esprit que dans son ventre.

Damascus décidait pour elle, à peine quelques minutes après son réveil, décidait quand, comment et où elle devait prendre plaisir, et s’octroyait le droit de le lui refuser si bon lui chantait. Un frisson gelé la pétrifia dans sa marche, en osant à nouveau réfléchir à cela. Pourtant, n’était-il pas légitime de ressentir cette frustration ? Pire, elle avait de plus en plus cette petite voix de rébellion qui lui chuchotait à l’oreille ; Si elle s’était tut ces jours derniers, au vu des péripéties qu’ils avaient traversées, remplacée par l’instinct de survie sans possibilité de songer à rien d’autre, désormais elle revenait en force.

Démon ou pas, Alecto avait été libérée de sa Maîtresse. Valait-elle moins que lui ?
Oui. Bien sûr que oui ! Ses paupières se fermèrent, elle manqua de tomber en se prenant les pieds, mais l’élan de sa jument qui suivait l’Etalon la remit sur les rails tranquilles d’un parcours automatisé. Suivre Damascus. Poser ses pas dans les siens. Accueillir ce qu’il voulait bien donner. Et s’en féliciter. Elle avait la chance de le servir, et alors qu’elle observait son dos, ses cheveux sombres, les muscles qui roulaient au rythme de ses pas, ses lèvres s’étirèrent en un sourire radieux mais timide, secret, à la dévotion plus puissante encore que l’amour.

Cependant, à mesure que changeait le décor dans lequel ils évoluaient, ces préoccupations s’envolaient pour laisser pleine conscience à sa perception, et évidemment, à la crainte.

« Oui Messire. » Souffla-t-elle tout bas à son ordre, son conseil ? Le Petit Corbeau regrettait déjà la forêt millénaire, en sortant sa petite aiguille de son fourreau. Un sursaut la fit hoqueter en entendant siffler les traits se fichant dans le cuir de son Maître, et poussa un cri aigu en voyant se ruer vers eux les petites créatures grises et agressives. Ces masques étaient un présage terrifiant qui la faisait frissonner, d’abord amorphe.

En serrant la garde dans sa paume à la peau abimée, le sentiment de devoir protéger son Démon la submergea soudainement, raffermissant sa prise sur le pommeau de son arme, et elle fit un bond de côté pour éviter une petite fléchette dans un réflexe essentiel. La petite voix lui demanda alors sournoisement ce qui arriverait si elle gardait l’une d’elle, et l’administrait au Démon… Aussitôt, un haut-le-cœur la fit réagir, Alecto fronça les sourcils et tailla sans réelle distinction dans quelques petits hommes. Les petits cris stridents indiquaient qu’elle tranchait la chair de leur dos, mais sa lame n’était pas faite pour les découper. Ils ne tombaient pas.

Courant avec plus de vigueur, mus par l’instinct de survie sans doute, ceux qu’elle avait frappés tournèrent dans sa direction pour fondre sur elle, dans des sons étranges, comme des claquements de dents sous leurs masques funestes. La panique faisait gonfler sa poitrine, l’Esclave ne recula cependant pas, consciente qu’elle ne pouvait ni fuir, ni se cacher, clouée sur place par deux d’entre eux. Et se coller à sa monture était une idée dangereuse, vu la fureur des bêtes quant à leurs assaillants.

Lançant son coude en arrière puis dans un élan rendu net par l’injonction de Damascus, la rapière perfora net un ventre, en ressortit, puis passa de nouveau au travers d’une cage thoracique. Un coup de pied écarta une créature qui maintenait son genou pour la faire basculer, glapissante, et la lame perça son épaule au hasard. Des filets carmin tâchaient sans distinction le gris des peaux et la terre. Un cri s’échappa de sa gorge en sentant une vive douleur au mollet, provoquée par la pointe d’une lance, et elle bascula en arrière, lâchant son arme dans sa chute.

Son dos cogna mollement, en écrasant un petit homme blafard qu’elle avait tué, écartant le brouillard comme un nuage morbide, alors que celui qui restait accroché à elle en profitait pour l’escalader davantage en espérant la maintenir au sol.

« Lâche moi ! Lâche-moi ! »

Hurla le Petit Corbeau, les yeux ronds d’une rage explosive, en repoussant avec vigueur le visage masqué de l’agresseur, et agrippant de l’autre la touffe filasse de cheveux ternes qui dépassait, tirant de toutes ses forces, en grognant. L’être fut projeté sur le côté en poussant des feulements, et elle eut à peine le temps de rouler sur elle-même, la face dans la poussière, pour se saisir de sa rapière et l’embrocher alors qu’il lui sautait à nouveau dessus.

Sans y réfléchir, elle saisit une fléchette tombée près d’elle, la fourra dans une poche. En se relevant, Alecto était plus sale encore qu’avant, mais son visage exprimait une détermination folle. Les pupilles dilatées, la Servante se fraya un chemin jusqu’à son Maître, sans le lâcher des yeux, à coup de lame et de pieds, trébuchant sans s’arrêter pour autant.
"Alecto bordel! Tue!" Une horrible pensée la faisait trembler, acheminant ses pas sans discontinuer comme un automate. "Alecto bordel! Tue!" Plus la silhouette du Démon s’approchait et découpait la brume, s’échinant à trancher les pygmées enragés, plus le cœur de la Petite Poupée Docile tambourinait. "Alecto bordel! Tue!"


Oui.
Elle marchait comme un fauve en repoussant les moustiques sur ses jambes et en oubliant les piqûres de leurs lances.

Elle était à deux mètres de Damascus, il venait d’en découper littéralement un en deux parties en éclaboussant d’un sang visqueux son gant sombre. L’odeur déjà lourde devenait macabre. Alecto avala sa salive sans difficulté. Sa poitrine lui faisait mal, le glyphe brûlait sans qu’elle ne puisse en avoir conscience.

Et pourtant, alors que ses doigts serraient la garde de sa rapière, si fort que les jointures blanchissaient et la faisaient souffrir, le sifflement d’une aiguille de sarbacane lui perça les tympans. La trajectoire était nette, et le Démon trop occupé à lacérer de petits corps gris qui lui sautait jusqu’au torse en claquant des dents de manière lugubre…

« Damascus ! »

Sans réfléchir, Alecto se jeta sur son Maître en hurlant, couinant sous la piqûre de la pointe empoisonnée qui venait de percer la peau de son cou, sous l’oreille si bien dégagée par la punition capillaire infligée jadis par le Démon. Le Petit Corbeau tomba à genoux et machinalement, se saisit de la fléchette, le visage tordu par la douleur.  La piqûre n’était pas si brutale, songea-t-elle étrangement, dans un état bizarre où les sons de l’assaut autour d’elle semblait s’apaiser, mais son cou s’engourdissait, puis elle dû lâcher la rapière tant les fourmis parcourait ses mains. Ses jambes lui semblèrent lourdes et elle perçut cependant comme des morsures à ses chevilles. Comme si son corps ne répondait plus exactement à ses ordres, les yeux d’Alecto cherchèrent le Démon, paniquée à l’idée qu’il soit éloigné soudainement.

Il n’avait pas été blessé.
C’était un soulagement.
Ses paupières bâtèrent rapidement, comme lorsqu’on lutte pour ne pas s’endormir.

Damascus

Avatar

Re : Prémices d'un voyage pas si tranquille [ PV Damascus / Alecto ]

Réponse 46 lundi 13 septembre 2021, 19:41:10

C'était un véritable carnage. L'épée du démon fauchait, taillait, pourfendait les rangs des petits parasites qui piaillaient d'excitation malgré les ravages qui décimaient leur nombre. La faible qualité de leurs défenses dérisoires ne valait rien face à du bon acier frappé. Ils mourraient l'un après l'autre, souvent étripés par le même coup. Mais il en arrivait toujours plus, comme si la terre avait décidé de se purger de cette vermine en la vomissant de ses entrailles. Ils étaient partout, insupportables, piaillant et poussant des cris aigus, encourageant leurs congénères à monter au massacre.
Damascus s'escrimait non plus à les repousser mais à les arracher de ses jambes. L'un d'eux le mordit au gantelet et resta pendu à la seule force de ses mâchoires. Damascus le secoua sans succès avant de faire glisser sa lame le long de son avant-bras pour le décapiter. les membres et les têtes volaient, les entrailles des créatures se répandaient en monceaux infects et puants. Autour des chevaux qui piétinaient ces petites choses irritantes, la terre humide  se mélangeait à une bouillie immonde de corps fracassés par les sabots des montures. L'étalon noir se cabrait, battant des fers et pulvérisant les crânes. De son côté, la jument d'Alecto ruait à tout va, nettoyant l'espace autour d'elle. La cacophonie du combat résonnait dans la ravine. Alecto ...

Elle venait d'hurler son nom, toute proche, derrière lui. Un gnome agrippa le démon par ses longs cheveux noirs et tira pour le déstabiliser. Damascus le happa et le broya contre un tronc maigre et mort depuis longtemps. Une tâche claire attira son attention dans sa vision périphérique, une tâche à terre. L'espace d'un instant, le visage du démon pâlit plus qu'il ne l'était déjà. Alecto gisait à ses pieds, une fine fléchette plantée dans son cou. Elle s'était effondrée entre le tireur et lui. Au nombre des projectiles criblant ses cuirs, c'est bien lui qui était visé, elle s'était où interposée où malheureusement déplacée là au moment du tir. Connaissant sa petite intrépide, Damascus opta pour la première option. En trois enjambées, il parvint au petit être gris qui rechargeait sa sarbacane et le fendit en deux. Ces engeances étaient les plus dangereuses. Abandonnant Alecto, il se déchaina, de rage, et s'adonna à une sauvagerie sans nom. Qu'importe le nombre maintenant, il tuait, i avait besoin de massacrer. Sa nature démoniaque émergeait, catalysée par la chute de sa compagne, et il ne s'arrêterait qu'une fois tous les parasites éliminés. Une multitude de petites entailles superficielles marquaient sa cuirasse légère. Sa ronde mortelle accéléra et devant cette furie, le troupeau de survivants décida que cette cible était bien trop coriace. Aussi rapidement qu'elle avait attaqué, la horde s'enfuit en hurlant, masse grise et compacte s'enfuyant entre les racines pourries. Leurs cris se dissipèrent dans l'humidité de la combe et bientôt, le silence redevint maitre des lieux. Le démon se traina à genoux jusqu'à Alecto, il peinait à avancer dans cette boue rougeâtre, plus collante au centre de l'endroit où ils avaient résisté.


"ALECTO?"

Elle était froide, tremblait déjà et transpirait d'une sueur glacée. Autour de la pointe de la fléchette, une auréole putride s'était formée sur la peau pale de son cou. Un poison à n'en pas douter. Les chevaux se rapprochèrent de leurs maitres et la jument souffla des naseaux contre la joue de la jeune femme. Le démon se dépêcha de récupérer leurs armes, il fallait quitter cet endroit au plus vite. Il n'avait pas le choix, il souleva Alecto et la passa en travers de la selle de la monture docile, puis prenant les chevaux par la bride, il franchit le ruisseau pour s'aventurer sur le versant opposé au leur et remonter la pente glissante de la colline. Il glissait, jurait, se blessa un genou en heurtant une pierre. Les chevaux s'efforçaient d'ancrer leurs sabots dans la glaise et dérapaient eux aussi. Quand ils atteignirent la crête, ils étaient épuisés. Damascus vomit de fatigue et inspira longuement, l'air redevenait plus léger. Une centaine de mètres plus loin, la forêt millénaire avait reprit ses droits et ils foulèrent à nouveau un sol sec couvert de feuilles odorantes. Il faisait nuit, il trébuchait sur des racines qu'il ne voyait pas. Il fallait s'arrêter et s'occuper d'Alecto maintenant qu'ils avaient quitté la ravine maudite. Les rôles s'inversaient à présent. Damascus trouva un creux dans le tronc massif d'un arbre et posa son lourd manteau au sol pour y allonger Alecto. Elle se rigidifiait, comme si elle passait la porte du paradis ... où des Enfers. Le démon s'affaira à déchirer sa chemise poisseuse et versa de l'eau sur la plaie purulente. Sa petite poupée avait le visage cireux et des cernes noirs pochaient ses yeux clos. Ses lèvres avaient prit une teinte cyanosée, le poison œuvrait rapidement. Un feu était nécessaire à présent et Damascus en alluma un très vite, se moquant de pouvoir révéler leur position. S'il fallait défendre Alecto, il le ferait jusqu'au bout. Jusqu'au bout? Cette pensée lui brûla l'esprit. Il se ressaisit. Il avait besoin d'elle pour accomplir sa quête, c'était tout et il devait s'en persuader. Son essence de démon n'était pas de nature à accorder une place à un quelconque sentiment. Pourtant, en la voyant si fragile et mourante, une sourde angoisse lui nouait les tripes. Damascus n'avait pas peur, il était trop puissant et trop fier pour ça mais ...
Il n'avait qu'une solution, qui ne l'enchantait pas car il ne voulait pas corrompre Alecto plus qu'elle ne l'était déjà. Néanmoins, il devait recourir à des pouvoirs anciens et maléfiques pour neutraliser l'effet du poison. Il retira une fléchette plantée dans le cuir de la selle de son étalon et l'examina. la pointe était fine, sans crochet. Sans hésiter, il pressa deux doigts sur le cou d'Alecto, enserrant la fléchette et tira dessus précautionneusement. Elle sortit sans qu'il ait à forcer et aussitôt il apposa une braise ardente sur la plaie qui grésilla. Elle était cautérisée. Il s'apprêta ensuite à incanter, décidé à user de sa magie démoniaque quand un craquement subtil, derrière lui, le fit pivoter et saisir son arme. Les chevaux n'avaient pas bougé et attendaient paisiblement en le regardant. Une petite créature se tenait à l'entrée du creux et les regardaient avec attention. Damascus glissa sa main vers la poignée de la dague accrochée à son ceinturon. Ca recommençait ...

L'être avait une ressemblance avec les gnomes de la ravine mais était dodu. Sa peau avait une teinte verte et il ne portait pas de masque. Son visage était comique et joufflu et il était complètement nu. Aussi petit que ses frères gris, il se dandinait d'un pied sur l'autre, son pénis lourd et curieusement disproportionné  ballotant au gré des mouvements. Il tenait un bâton dans lequel était enchâssé une pierre bleue. La créature piailla d'un trille doux et rassurant. Elle huma l'air et fronça ses sourcils, soudainement courroucée. L'être paraissait âgé. Il s'approcha en boitillant d'Alecto et la toucha du bout de son bâton. Il hulula une exclamation triste et sans se soucier de Damascus, fit le tour du corps froid pour s'approcher de sa tête. Le démon le laissa faire, la créature n'avait rien de dangereux, il restait sur ses gardes mais escomptait un miracle. A l'extérieur, dans la nuit, une douce mélopée s'éleva des ombres. L'Ancien, c'était peut être un chaman, renifla la plaie fraiche et hoqueta, babillant un flot de sons incompréhensibles. Il se tourna vers Damascus et d'un doigt autoritaire, lui imposa de reculer. Ensuite, il se campa les jambes écartées devant la jeune femme et sans attendre, pissa longuement et consciencieusement sur la blessure, prenant soin de bien viser le point d'impact de la fléchette.


"Tu dégages de là ..."

La lame du démon vint aussitôt se posé sur sa gorge et le petit être, d'un geste négligé, fit disparaitre l'arme comme si elle n'avait jamais existé. Une force douce et inexorable ramena Damascus à sa place et après lui avoir lancé un regard de reproche, l'Ancien s'agenouilla et incanta doucement, les mains tendues au dessus d'Alecto ...

Une torpeur lourde s'empara du démon, il tenta bien de résister, s'aperçut qu'une foule de petits êtres verdâtres s'était avancée dans la lueur chantante des flammes mais un instant après, il était plongé dans un sommeil profond.

« Modifié: lundi 13 septembre 2021, 21:36:56 par Damascus »

Alecto Nemed

Humain(e)

  • -
  • Messages: 402


  • FicheChalant

    Description
    ~Esclave de Thiana Gian~
    Petite, passe inaperçue. Cicatrices, ou traces de brûlures sous les bras, près du cou, bref, un peu cachées.
    Crédule, extrêmement pieuse, facilement impressionnable et très discrète, elle va rougir si vous continuez à la regarder ainsi !

Re : Prémices d'un voyage pas si tranquille [ PV Damascus / Alecto ]

Réponse 47 mardi 14 septembre 2021, 00:03:15

La clarté perçait la fine peau de ses paupières.
La température de son corps était idéale et elle se sentait confortablement installée, sans pouvoir deviner sur quoi elle était allongée. Était-elle réellement allongée ? Sa perception de sa propre personne lui paraissait étrangement floue, mais la seule pensée qui l’étreignait était un bien-être serein. Aucun son ne distrayait ses oreilles, aucune odeur ne chatouillait ses narines.

Alecto percevait un silence véritable, lui rappelant le petit Sanctuaire où elle avait grandi. Et cette sensation s’imposait à elle comme un bienfait reposant.

Était-elle au Paradis ?

Un long moment, incalculable, le Petit Corbeau le cru. Elle se sentait libérée des chaînes invisibles qui la contraignait, et pour la première fois de sa vie, se sentait réellement bien. La jeune femme se rendit compte qu’elle ne ressentait aucune culpabilité, qu’elle ne se questionnait pas, qu’elle était vide de ces émotions qui la parasitaient depuis toujours.

Bien qu’il soit souvent interdit d’y songer, l’Esclave avait toujours imaginé le Paradis ainsi. Apaisée de ses fardeaux.

Après un long, long moment, la curiosité s’imposait pourtant à elle, et Alecto ressentit l’envie folle de découvrir, visuellement, à quoi ressemblait la vie céleste. Elle avait espéré et œuvré toute son existence pour être digne de ce lieu, et une joie folle l’envahissait à l’idée d’avoir été à la hauteur des épreuves du Très Haut. Tout ceci en valait la peine, pensa la Petite Poupée, tous ces sacrifices, toutes ses peines endurées sans sourciller, de bon cœur, en tendant l’autre joue… Elle avait toujours su qu’il s’agissait du bon chemin, le plus dur, mais le Bon.

Sa Peine s’était achevée.

Avec une lenteur extrême, ses paupières se soulevèrent doucement, et elle dut les refermer derechef, éblouie par la lumière sur son visage. A nouveau, Alecto prit de longues minutes encore pour s’habituer, ouvrant étape par étape les yeux, avant de discerner ce qui ressemblait à un ciel blanc. Immaculé. Sans pouvoir se contrôler, des larmes s’écoulèrent du coin de son œil, roulant sur ses joues jusqu’à son cou. Mais ses membres lui paraissaient bien trop mou pour essuyer le sillon laissé, qui sécha doucement.

En fixant l’immaculé, Alecto bénissait les Cieux de l’avoir accueillie. Elle était débarrassée de la Haine des Hommes, de leurs guerres, de leurs vengeances. Libérée des Maîtres Mortels.

Alors que le silence apaisant avait jusqu’alors tranquillisé son esprit, des sons commencèrent à lui parvenir. Flous, lointains. Irréguliers ou plutôt, confus. Une petite mélopée se dessinait au creux de ses tympans, c’était agréable, le Petit Corbeau sourit tendrement. Les yeux toujours grands ouverts à admirer la perfection laiteuse comme un voile lumineux devant son regard, les sonorités changèrent, et à quelques notes de musique se mêlèrent comme des voix.

D’abord indistinctes, il lui fallut encore longtemps avant de réaliser qu’il s’agissait d’un langage étranger au sien. Parlait-on plusieurs langues au Paradis ? Sans que cela ne la choque de prime abord, la Servante tourna la tête, à droite, puis à gauche, pour tenter de suivre les voix, mais où que se posent son regard, le ciel d’ivoire s’étendait à perte de vue. Ce fut en prenant une profonde inspiration par réflexe qu’Alecto se rendit compte qu’elle commençait à percevoir des effluves étranges. Jusqu’alors privée d’odorat, il lui semblait reconnaître un parfum boisé, terreux. Le Jardin Originel ?

L’étrange sérénité qu’elle ressentait commençait bizarrement à se dissiper, sans qu’elle ne puisse expliquer comment, ni pourquoi. Les conversations, les litanies et les odeurs qu’elle redécouvrait semblèrent soudainement bien trop réelles. Le Paradis devait être constitué de choses familières aux Elus, pensa-t-elle, et toute contrariété abandonna son esprit…

Elle s’éveilla plus facilement cette fois, ouvrant délicatement les yeux. Les voix n’avaient pas cessé, mais étaient moins nombreuses. Elle en dénombrait trois inconnues. Non. Deux. La troisième lui était étrangement familière. Le ciel blanc prenait encore toute la place dans son champ de vision, impossible de voir qui parlait… Mais elle comprenait quelques bribes de paroles, désormais qu’elle y prenait attention. Un timbre rugueux, une tonalité posée, lente. Cela disait « Cécité » pourtant, Alecto était persuadée qu’il ne s’agissait pas de la Langue Commune.

Une voix la fit sursauter.
Un grognement plutôt, plus qu’un mot. Ses cils battirent l’air fébrilement en réalisant connaître parfaitement ce son.

Damascus.
Non. Impossible, les Démons n’allaient pas au Paradis.

Soudainement, le Petit Corbeau trouva étrange de n’avoir aucune conscience de son corps et voulut bouger les bras, en vain. Et un contact la fit suffoquer. Quelque chose venait d’entrer en contact avec son épaule, sans violence, cependant. Peut-être une main qu’on pose pour apaiser ?
Et pourquoi ne voyait-elle que ce blanc immaculé partout ?! Un sentiment bien connu monta insidieusement en elle. La Peur. Le Doute. Où était-elle ?

Son cœur battait vite, trop vite pour quelqu’un de mort. La voix étrange répétait « Cécité » et « Aide » et « Gris », sans cesse, en vocalisant davantage, comme s’il espérait se faire comprendre du Démon. Le parfum d’humus lui explosa aux narines d’un coup, la faisant hoqueter, et la jeune femme  perçu sa propre voix de manière extrêmement forte. Ce qui l’effraya. Damascus pesta, le contact sur son épaule se fit plus fort.

Prisonnière de son corps qui refusait désormais ses ordres, l’Esclave entendait la voix rugueuse articula posément, sans une once d’agacement une phrase qu’elle comprit parfaitement. « Cécités partir quand Guerrier donner son Aide contre Frères Gris. »

Ses paupières papillonnèrent à l’entente de cette phrase. Cécité ? Son attention tout entière se concentra sur le voile blanc devant ses yeux, dans l’espoir d’y déceler le moindre détail, le contour d’une silhouette, alors qu’elle tournait la tête vers la direction où devait se trouver celui qui venait de parler. Il parlait d’elle. Il parlait de ses yeux. Était-elle paralysée, aveugle ? Son cœur s’emballa et elle manqua d’air, et autour d’elle, l’air bougeait, on se déplaçait, du cuir frottait rapidement, mais tout mouvement se stoppa soudainement, alors que de nouveau se faisait entendre la mélodie entendue jadis.

En s’éveillant, elle ouvrit immédiatement les yeux, tendit l’oreille. C’était silencieux, mais cette fois, loin d’être apaisant. Son corps basculait lentement… Et Alecto se dit qu’elle devait être sur une toile tendue, un hamac ? L’odeur était bourrée de terre et de feuille, l’air sur ses joues lourd. Était-elle sous terre ? Du blanc à perte de vue… Pourtant, cette fois, ses orteils bougeaient, et ses doigts également ! Un large rire lui explosa les tympans. Le sien. Soulagée d’avoir repris le contrôle sur ses membres, même sommairement, l’Esclave tourna la tête et décela une respiration proche de la sienne. Elle pouvait la reconnaître entre mille… Son Maître dormait près d’elle. Sa main tâtonna, mais ne trouva rien d’une sensation rugueuse de tissu tendu sous sa paume.

Elle sursauta en entendant la voix familière s’élever d’un peu plus loin, et fut toujours aussi étonnée de comprendre vaguement le sens de ses paroles. Le Démon avait été endormi parce qu’il avait été violent. Alecto ne put s’empêcher de pouffer de rire. Ce n’était pas étonnant de lui, et si elle avait bien perçu, Damascus ne comprenait pas cette langue. La voix continua de lui parler lentement, longtemps, lui expliquant posément les détails de son plan…

Ils étaient en sécurité depuis des heures, dans leurs galeries sous-terraines.
Ils étaient propres, nourris et protégés.

Elle était sauvée de la Mort.
Mais il faudrait payer le prix.

« Laissez-moi parler à mon Maître. » Souffla-t-elle, du moins était-elle persuadée d’avoir murmuré, mais cela résonna dans sa tête. Aussitôt, des mains la frôlèrent, la redressant dans ce qui tenait désormais davantage lieu de balançoire. Sous ses pieds nus, à intervalle régulier et doux, un sol moelleux de mousse sans doute… Les douleurs du voyage étaient effacées, sa mâchoire ne faisait plus mal… Son pied heurta une masse plus dure, et Alecto sursauta en comprenant qu’il devait s’agir du Démon, endormi au sol. Le tableau immaculé lui refusait toujours de percevoir quoi que ce fut.

« Maî… Messire ? »

Elle n’était pas au Paradis.
La douleur lui serrait la gorge, mais l’absence de souffrances physiques alanguissait étrangement sa peine. La respiration de l’Infernal s’accélérait, signe qu’il se réveillait… La Servante ressentit un étrange pincement à ne pas pouvoir se rassurer en voyant son visage.

« Ecoutez-moi Messire. Il va falloir aider ces gens. Ils vous ont vu vous battre contre les hordes de créatures grises. Combattez pour eux, soyez leur Champion, et ils me rendront la vue. »

Pour Alecto, fidèle et dévouée, cela ne faisait aucun doute ; Son Maître accepterait ce marché pour qu’elle soit de nouveau en pleine possession de ses sens.

Damascus

Avatar

Re : Prémices d'un voyage pas si tranquille [ PV Damascus / Alecto ]

Réponse 48 vendredi 17 septembre 2021, 22:40:34

Pour peu qu'un démon ai jamais eu un sommeil doux et réparateur, Damascus fut, ce jour là, peut être le premier de sa race à vivre cet état de grâce. Il était bien, conscient de sa béatitude endormie, et son rêve étrange lui offrait un cocon duquel il n'avait pas envie de sortir. Son corps lui paraissait souple et léger, reposé et purgé de toute impureté. De toute impureté .... Cette pensée lui fit ouvrir les yeux et il ne comprit pas où il était. Ses souvenirs jusqu'au dernier  étaient intacts et il revoyait le regard lourd de sagesse du petit être qui l'avait corrigé. L'air sentait la terre propre, brassée. L'endroit était sec mais aéré. La pièce dans laquelle ils se trouvaient était étroite, basse de plafond mais confortable. Elle n'avait pas de porte et il pouvait voir qu'un corridor tranquille y débouchait. La lumière douce et tamisée était diffusée par un lichen épais accroché en grappes au murs bruts. Il devina qu'ils étaient dans un terrier, ou quelque chose dans ce genre là, sûrement le repaire de leurs nouveaux hôtes. A ses côtés, Alecto dormait paisiblement et elle affichait un sourire doucereux. Tout allait bien. De toute impureté ... Il y repensa et tendit le bras pour approcher la main de la poitrine de la jeune femme. Il fut soulagé de constater que le glyphe vibrait encore de son énergie à lui, plus faiblement certes, altéré par la magie de guérison de l'ancien, mais toujours là. Damascus reposa sa tête sur une masse tendre et se rendormit immédiatement.

Elle lui parlait. Elle lui parlait comme elle le faisait toujours, avec prudence et respect. Durant le combat, elle lui avait donné du 'Damascus' et à y repenser, il en avait sourit. Là, c'était à nouveau du Alecto précautionneux. Le guerrier se redressa sur les coudes. Il était nu. Un examen rapide lui indiqua que plus aucune cicatrice ne marbrait son corps parfait et qu'un regain de vitalité coulait dans ses veines. Il la regarda tandis qu'elle parlait. Elle le contemplait sans le voir et ne s'en plaignait pas.


"Viens!"

Accompagnant la parole, il la prit dans ses bras pour la serrer contre son torse. Elle était si légère. Elle sentait bon. Les petits êtres les avaient lavés, leurs affaires reprisées et propres étaient posées sur un petit meuble rustique. Damascus ne doutait pas que leurs chevaux vivaient aussi les plus doux moments de leur existence.

"Ne me refais plus jamais un coup pareil Alecto ... J'en perdrai toute envie de vivre."

C'était exagéré mais elle aimerait l'entendre. C'était exagéré mais moins que ce qu'il aurait admis. Il fallait quand même qu'il reprenne la main sur cet environnement auquel il n'était pas habitué.


"J'ai très envie de te baiser maintenant" lui glissa t'il à l'oreille en insinuant ses doigts entre ses cuisses pâles.

Un couinement courroucé lui ôta l'envie d'aller plus loin dans son exploration. A l'entrée de la pièce,  l'Ancien babilla un monologue rapide en le désignant d'un doigt accusateur.

"Quoi? Même ça faut ta permission?"

L'autre ne s'offusqua pas, haussa les épaules et lui fit signe de le suivre dans le corridor. Ah oui ... tout ça n'était pas gratuit, elle lui avait expliqué. Il pouvait refuser mais se coltiner une aveugle, même bien baisable, là où il se rendaient, c'était hors de question. Aussi, il s'habilla, s'équipa et rejoint l'Ancien qui l'attendait avec une troupe de sbires en armes. Ils représentaient vraiment l'exact opposé de leurs frères gris. Ils respiraient la bonté et la gentillesse. S'ils étaient en guerre contre leurs cousins, ça ne devait pas être facile. il arpenta un dédale de galeries propres, escortés par son groupe de protecteurs. Devant eux,  des femelles et des mioches détalaient sur leur passage, disparaissant dans des galeries annexes. Des rires résonnaient, aigus et contagieux. Ils remontèrent une pente légère et s'arrêtèrent devant une porte en bois solidement gardée par une escouade d'êtres plus épais que les autres. Ils portaient une armure d'écorce et brandissaient des piques pointues. Un ordre fusa et la porte s'ouvrit. La lumière du jour investit les lieux et Damascus plissa les yeux. Ils émergèrent à quelques mètres du renfoncement dans lequel il s'étaient réfugiés la veille au soir. La veille? Peut être plus, il n'en savait rien. Les chevaux attendaient là, gardés et bichonnés, heureux et repus. Les cuirs des équipements étaient comme neuf, les sacoches pleines, et des bottes d'herbe fraiche attendaient d'être emballées. L'étalon noir tourna la tête vers son maitre et le nargua d'un hennissement provocateur avant de se laisser gratter à nouveau par une créature consciencieuse.

"Toi mon vieux, tu vas finir comme une carne de parade." La monture ignora superbement le démon.

L'escorte s'impatientait. L'Ancien le poussa en avant. Apparemment ils feraient le chemin inverse à pied car ils prenaient clairement la direction de la ravine. Damascus ronchonna. Il n'avait aucune envie de retourner dans ce bourbier tant il avait eu du mal à en sortir. Il traina un peu, toujours aiguillonner par un sifflement ou une injonction du petit vieux. L'air doux de la matinée se fit plus âcre. Ils approchaient. L'ancien passa devant, huma l'air et dit quelque chose à ses troupes qui les effraya. L'escorte se dispersa, les petits êtres cherchant refuge derrière des racines ou des rochers. Leurs lances pointaient vers la grisaille de cette partie malade de la forêt et ils ne firent plus un bruit. L'Ancien se tourna vers Damascus, psalmodia et fit apparaitre devant lui un glyphe doré scintillant. D'un souffle léger, il le poussa vers le démon et le signe magique fut absorbé par sa poitrine. Une chaleur bienfaisante se diffusa dans son corps. Une protection sûrement. Quand il releva la tête, l'Ancien avait disparu. Derrière lui, ses gardes toujours maladroitement cachés, attendaient qu'il commence sa descente.

Retrouvé la scène du carnage fut aisé, il suffisait de descendre en ligne droite vers l'endroit où l'odeur était la plus insoutenable. Dans le fond de la ravine, la Mort avait repris ses droits et les vers dévoraient la chair putride des créatures qu'ils avaient abattues. Par les Enfers! Que ça puait! Le démon mesurait le ridicule de la situation. Seul à nouveau contre une horde de termites hurlantes. Alecto lui avait dit qu'il devait les exterminer. D'ailleurs ... Comment les comprenait-elle? Il avait oublié de lui demander. Mais maintenant qu'il y était, autant aller jusqu'au bout. Il se remémora les affres du combat et retrouva la piste par où la horde s'était enfuie. Il la remonta prudemment, tous ses sens en alerte, jusqu'à ce que des falaises de glaises, hautes de plusieurs mètres, l'encadre. Le ruisseau y coulait et il n'eut d'autre choix que de le remonter en son centre. L'eau fusait, acide contre ses bottes qui brillèrent d'une lueur dorée. Le glyphe œuvrait pour le préserver. Il marcha un moment, suivant les traces de la bande désorganisée qu'ils avaient vaincus. Le démon arriva enfin devant une grotte sombre d'où sortit un hurlement de rage. Il dégaina et se mit en garde. Ils devaient être des milliers là-dedans à se préparer à l'assaillir. Au lieu de ça, un être gris, purulent, semblables à ceux qui les avaient attaqués, sorti de l'ombre et l'apostropha violemment. Il était bien sûr ridiculement petit et particulièrement laid. Il s'avança et derrière lui, un flot compact de petits guerriers suivit, haranguant leur chef. Car il s'agissait bien du plus puissant d'entre eux ... Pour faire bonne mesure, et limiter les risques face à ce géant qui les avaient déjà massacrés, les êtres gris exhibèrent leurs sarbacanes et le criblèrent de fléchettes. Aucune ne fit mouche, écartées du démon par l'aura lumineuse qui scintillait à chaque piqure. Il s'en félicita, sinon son corps aurait pourri dans cet antre immonde. Hurlant de rage, le petit chef vainquit sa peur, leva sa lame rouillée et se rua sur son adversaire. Damascus le cueillit au cou, d'un mouvement souple et sec, le décapitant net et envoyant sa tête rouler aux pieds de ses congénères. Un 'OOOOOHHHH' surpris et aigu l'accueillit avec déférence mais pas un être ne bougea. Au contraire, leurs corps se voilèrent, se dissipèrent sans plus un bruit et disparurent en volutes grises. Quoi? C'était tout? Damascus venait de mettre fin à une guerre millénaire d'un coup d'épée? Il rit pour lui-même, esquissa quelques pas en se baissant dans la grotte d'où ne sortait pas un son. Il haussa les épaules et en vainqueur, retourna rejoindre les créatures vertes en haut de la butte. Il ramenait la tête du chef qui seule restait e cet étrange moment. Les gentils petits guerriers applaudirent, chantèrent, crièrent de joie, propageant la nouvelle aux animaux de la forêt et à leurs pairs. Le retour fut triomphal mais loin d'être simple, tous voulant le toucher, lui cirer ses bottes où le tenir par le doigt. Seul l'Ancien restait digne mais un sourire heureux barrait son visage. Le retour au havre de paix de leur demeure fut salué par un concert de flutes et de tambourins et quand il fut amené à Alecto, il avait hâte que cela se termine. Dehors un festin se préparait déjà.


"Est-ce que je t'ai manqué?"

Il lui prit le menton pour lever son petit visage de porcelaine vers lui.

"Maintenant tu vas dire au petit vieux qu'on va baiser jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout."


Répondre
Tags :