Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

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Calypso Wymfire

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    Vampire contre son gré.
    Les rats, c'est goûtu, à ce qu'il parait.

Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

vendredi 03 juillet 2020, 19:51:44

Le tonnerre gronde. L'orage n'est pas loin.
Pleuvait-il ce soir-là ? À vrai dire, la sang froid ne s'en souvenait pas. Cela faisait combien de temps que la jeune femme ne vivait plus ? Combien de temps que cet immonde connard lui avait injecté son venin mortel ? Calypso n'avait plus aucune notion du temps, à part celui du jour et de la nuit, celui de l'ombre et de la lumière. Cela pouvait faire des jours, des mois, même des années que la demoiselle au teint blafard avait rejoint Terra. Fuir son monde originel était une évidence. Elle ne voulait guère blesser ses proches, ou ne serait-ce que de pauvres humains. Il lui était déjà arrivé d'hésiter, que l'odeur de sang frais et pulsant dans la gorge d'un être humain lui donne l'envie irrepressible d'y planter ses nouveaux crocs. L'appel était puissant, mais pas assez pour qu'elle ne puisse résister, ne serait-ce qu'un peu. Jamais elle n'eut à goûter du sang humain. Pourtant, la peur avait pris possession de son corps, mais surtout de son esprit. Cette même peur qui l'avait poussée à fuir jusqu'en des contrées inconnues, tout un univers même, sans se retourner. Sans dire “au revoir”...

Les premières gouttes commencent à tomber. Le tonnerre gronde encore.
Ce souvenir...Cette sensation que la vie quittait son corps, son corps si frêle, devenant si froid, et cette brûlure de ce nouveau sang se propager dans ses veines. Elle se voyait désormais comme un monstre, et quand bien même, ce nouveau monde en était rempli, elle ne souhaitait blesser personne. Alors elle arpenta moult régions, foula diverses paysages, mais jamais elle ne prit la peine de se rendre dans les grandes villes. La tentation y était bien trop forte, et la frayeur l'empêchait de céder. L'idée de s'isoler pointa rapidement dans son esprit, et Calypso prit différents sentiers. Elle se perdit elle ne sait où, ne connaissant absolument rien. S'approcher de villageois ou tout autre créature pour demander son chemin ? Impossible. Il ne fallait prendre aucun risque. Rien. Pourtant...

La pluie s'est arrêtée. Le tonnerre est toujours là.
C'était à l'abri des regards, loin dans les contrées du Chaos, que la demoiselle Wymfire vagabondait le plus. Généralement, elle voyageait de nuit, son corps faible ne supportant guère les brûlures du soleil, et ses guenilles ne la couvraient plus vraiment. Elle avait entendu, ici et là, que les vampires étaient chose courante en ces terres, mais jamais elle n'eut le déplaisir d'en rencontrer un. C'était dans des grottes, abandonnées depuis longtemps par leurs anciens locataires, qu'elle prenait place, restant là durant quelques jours avant de s'en aller. Calypso n'avait aucune notion de survie. Lorsqu'elle était humaine, la jeune femme vivait dans une famille plutôt aisée. Elle n'arrivait qu'à se nourrir grâce à son instinct, ce nouveau sens qui lui permettait de sentir le sang frais, qu'importe sa provenance. De petites créatures passaient entre ses crocs, restant assez vive pour attraper mulots et campagnols, quelques oiseaux parfois, lapins et autres petits mammifères, mais rien de plus gros que ça.

La tempête est proche. Les éclairs marbrent le ciel sombre.
C'était la faim qui l'avait poussée à sortir ce soir-là. Dans ses haillons noirs, tâchés de boue et de sang séché, Calypso se faufila entre les fougères et les épineux de la forêt avoisinante. La première proie fut très vite, et sans attendre, elle prit place sur le sol, en tailleur. Plantant ses crocs dans sa petite victime, elle ferma les yeux, se délectant du nectar ferreux glissant dans le fond de sa gorge. Elle ne fit pas attention à ce qui l'entourait, et bientôt, c'est un quatuor de lances qui pointa vers elle. Des créatures aux plumes sur les bras et à la tête d'aigle. Le sang plein les lèvres, elle renvoya une image d'elle qui n'était pas très glorieuse, comme si elle était une enragée...Une meurtrière. L'accusation ne tarda pas. Toujours la cible de ces quatre lances, elle entendit les hommes-oiseaux hurler sa culpabilité. De ce qu'elle comprit dans leurs voix enragées, un cinquième était avec eux et ils l'ont découvert en lambeaux, lacéré de part en part, et ils n'avaient remonté que les traces de sang, qui les avaient menées à la jeune femme. Calypso ne comprenait pas, et elle savait que des explications ne changeraient rien à la donne. Alors, levant les bras pour se rendre, tout en se revelant, elle prit ses jambes à son cou et galopa à travers la forêt. Se rendre dans la grotte ? La bonne idée si elle voulait mourir. Esquivant les arbres et les lances qui filaient dans ses oreilles, la sang-froid ne voulait pas regarder derrière elle, ni même sous ses pieds. Elle devait fuir, pour ne pas mourir. Mourir ? Mais elle l'était déjà, au fond.

Le ciel brumeux craque et fait entendre sa voix.
Il pleuvait ce soir-là. Cela faisait combien de temps que la jeune femme courait pour fuir ces quatre créatures ? Combien de temps qu'elle n'avait pas mangé ? Calypso ne s'en souvenait plus. Du souffle, elle en manquait. À bout de forces, elle s'écroula, face en avant.

Le ciel se déchire. Un rideau d'eau tombe des cieux...Et s'abat sur le corps inerte de la pauvre demoiselle sans vie.

Hadrian Kensley

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Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 1 samedi 12 septembre 2020, 04:48:15

-Si je mets la main sur ce connard de Mage, je jure sur la tête de Caïn que je lui coupe la sienne!

Accidentellement ou pas, Hadrian ne pouvait s'empêcher de croire que ce bannissement n'était pas un accident complet, quoi que Marcel ait eu comme objectif. Peut-être tentait-il de s'enfuir dans une autre dimension? Peut-être son but était simplement de faire partir Hadrian le plus loin possible? Eh bien, c'était visiblement un franc succès, parce que maintenant, le pauvre vampire, presque littéralement maintenant, était tout seul dans un monde qu'il ne connaissait pas.

Fort heureusement pour lui, le mage qui l'avait banni sur ce plan de réalité, ce monde appelé Terra, l'avait fait au moment où les ténèbres nocturnes étaient omniprésentes. Bien qu'il ne soit pas lui-même un grand amateur de jeux vidéo, le peu qu'il avait consommé semblait presque l'avoir préparé à cette éventualité. Il aurait préféré trouver un moyen de rentrer chez lui rapidement et retourner à ses affaires, surtout qu'il était très inquiet pour sa petite Lilyanne, mais la jeune vampirette avait de toute façon besoin d'apprendre à se débrouiller sans lui, et ses problèmes étaient autrement plus urgent.

Son arrivée sur ce plan s'était faite sans trop d'accroc, bien qu'il dût rapidement apprendre à respecter le nouvel horaire. Les journées de Terra étaient nettement plus longues, comptant au moins onze heures d'obscurité totale dans lesquelles il pouvait se mouvoir sans problème, mais en contrepartie, les heures de journée était également plus longue, pour un total de trente-huit heures. C'était affreusement long, certes, mais cela venait avec son lot d'avantage; bien qu'il risquât d'être plus aisément découvert, il pouvait également jouir d'une plus grande liberté qu'il n'aurait pas eu sur Terre.

Son premier geste, dès son arrivée, a été de commettre un crime. Ses vêtements n'étaient pas adaptés au monde qu'il visitait et attirerait les soupçons et l'intérêt de certaines personnes, et comme il n'avait pas le temps à perdre en explications et justifications qu'il ne possédait pas, il était préférable de trouver un déguisement pour paraître moins suspect. Comme il refusait de s'habiller de haillons, il se faufila dans la demeure d'un seigneur local et en profita pour s'emparer de vêtements plus conformes. Se débarrassant de son costard, le Cainite les remplaça par un pantalon de toile noir, des bottes en cuir, une tunique, des bracelets d'argent et une cape de voyage. Il en profita également pour faire un petit détour dans l'armurerie privée du seigneur et lui déroba des armes. S'il y a bien une chose que les jeux vidéo apprennent à la jeunesse de Terra, c'est bien qu'une fois coincé dans un monde fantastique, il était préférable d'être armé et de ne pas en avoir besoin que de ne pas l'être dans la situation contraire. Une dague, un arc et un carquois rempli de flèches devrait lui suffire. Il s'éclipsa dans la même heure, sans réveiller ou déranger ses hôtes involontaires, pour prendre la route. Direction, les contrées du Chaos.

Selon les rumeurs, il devait y avoir des gens dans cette contrée, Ashnard, capable de lui offrir une solution pour le renvoyer d'où il venait. Il pourrait trouver une faille dimensionnelle, mais il serait excessivement laborieux de parcourir cette planète pour trouver une telle sortie, et puis il doutait que si de tels passages existaient, ils étaient sans surveillance, et il n'avait pas les ressources pour négocier son passage. Non, un autre mage pour le renvoyer chez lui suffirait amplement, dusse-t-il les y forcer.

Il fit une pause après déjà huit jours de voyage. Il n'avait jamais passé aussi longtemps sans se mettre quelque chose sous la dent, et sans sa source régulière de nourriture, il était maintenant dans une situation fort déplorable pour un home de sa condition. Certes, contrairement à un néophyte, il n'avait pas à paniquer s'il ratait un repas pendant une semaine, mais là, si un imprévu se présentait, il n'avait presque plus de ressources pour s'en sortir. Il devait donc faire une halte et trouver quelque chose à boire, et par quelque chose, bien sûr, il entendait du sang.

N'étant pas un expert de la condition vampirique malgré son âge, le vampire ne pourrait pas expliquer pourquoi le sang offrait aux vampires des talents que le commun des mortels n'avait pas. Pourquoi est-ce que la malédiction qui l'affligeait, plutôt que de le condamner à une vie de faiblesse, lui donnait un net avantage sur la plupart des humains? Il savait simplement que s'il ne se repassait pas de sang, il ne pourrait pas produire la vitae nécessaire à l'animation de son corps défunt. La pluie gênait son odorat, mais les cris qu'il entendait dans les forêts ne manquaient pas de lui confirmer une présence intelligente. Évidemment, intelligente ne voulait pas nécessairement dire comestible, et bien qu'il ne soit pas aussi sélectif qu'un Ventrue au sujet de ce qu'il mettait dans son assiette, trop de poil, parfois, suffisait à causer une perte d'appétit chez un homme de sa trempe.

Il lui suffit de suivre les voix pour en trouver l'origine. Il trouva donc un groupe d'indigènes à têtes d'aigle qui s'était emparé d'une jeune femme. À l'odeur de celle-ci, il ne lui en fallut pas plus pour savoir qu'elle était morte, mais… pas complètement. Comme lui. Un vampire, donc. Intéressant.

Usant quelques restants de vitae qui se trouvait dans ses veines, il augmenta drastiquement sa vitesse physique et se propulsa vers l'avant. À un œil humain, sa vitesse était telle que son apparence était floue. D'un coup de dague, il poignarda le premier de ces hommes à tête d'oiseau, le faisant tomber sur les genoux et planta ses crocs dans sa gorge et s'efforça d'ignorer les plumes pour se repaître de son sang. Cela lui suffit amplement pour refaire une part de ses forces, et il mit rapidement fin à la vie des autres et s'abreuvant d'eux pour refaire ses forces. Voyant que la jeune vampire était en mauvais état, il l'agrippa par les cheveux et lui força le visage contre le plumage de sa dernière victime dont le sang encore chaud coulait de sa gorge tranchée. Même inconsciente, son instinct de survie devrait suffire à la pousser à se nourrir, et dans le pire des cas, il donnerait de sa personne; il avait suffisamment consommé de sang pour pouvoir s'en départir d'une petite dose, mais comme faire boire son sang à un autre vampire avait des conséquences, à savoir un Lien de Sang, il préférait se garder de réduire une inconnue d'un autre monde en esclave.

Il prit place entre les arbres, à l'abri de la pluie qui s'abattait sur eux, et attrapa un mouchoir dans sa poche pour frotter ses lèvres couvertes de sang. Bien qu'il soit un homme raffiné et qu'il méprisait la barbarie, boire du sang en plein combat n'était pas une entreprise soignée, et c'était plutôt salissant. Le bon côté, c'est qu'en contrepartie, il n'était pas entouré de gens qui pouvaient prendre l'événement en photo et attirer l'attention de chasseurs et d'autres nuisibles… d'autres vampires, par exemple.

Calypso Wymfire

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Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 2 vendredi 12 février 2021, 13:31:29

Le néant. L'obscurité. Rien. Tout était sombre. Et si encore il y avait un son, mais ce n'était pas le cas. Calypso ne voyait absolument rien autour d'elle, n'entendait rien du tout. Aucun bruit ne venait perturber ce flot sinistre. Dans un certain sens, c'en était presque...paisible. De l'autre, la jeune femme ne pouvait que songer à une torture, celle où on vous prive de tout sens olfactif, auditif et visuel. La sang froid avait entendu de ce type de privation sensorielle qui rendait fou le plus solide des mortels. Cette chambre blanche où on installait la personne pour la tourmenter afin qu'elle cède enfin, cette chambre où vous ne pouvez plus rien ressentir, que la seule chose que vous souhaitez, c'est couvrir ce blanc maculé de couleur, quitte à ce que ce soit avec votre sang...C'était un peu le même cas pour Miss Wymfire. Avait-elle fini dans une sorte de cage, rattrapée par ses poursuivants qui souhaitaient la voir souffrir pour se venger ? Était-elle finalement dans une géôle au fond d'un trou ou d'une petite forteresse ? Pourtant, les bras devant elle, la jeune femme avançait à tâtons pour ne pas tomber, et jamais elle ne touchait quelque chose.


Et si c'était la mort, la vraie, qui l'accueillait enfin ? Voilà une douce amie que Calypso rêvait de revoir. La première fois, ce fut si bref qu'elle a à peine pu voir son visage. En réalité, il lui serait difficile de la reconnaître aujourd'hui. Serait-elle en train de la tourmenter pour cette faute ? Tout est si flou, mais l'éternelle jeune femme n'a qu'un souhait : accueillir cette grande dame drapée de noir, et qu'elle récupère ce qu'il reste de son âme avec son immense faux. Depuis qu'elle était devenue un monstre, elle arpentait le monde dans ce corps fébrile et glacé. Cette survie ne menait à rien. Elle était...stupide. Alors cela devait s'achever. L'air songeur dans cet océan de ténèbres, Miss Wymfire n'attendait que la libération.


Parcourant l'ombre infinie, une étrange sensation lui fit remuer les lèvres, comme si quelque chose venait s'y coller. Presque automatiquement, Calypso se mit à se lécher les babines, comme un bébé viendrait têter instinctivement un sein, ou comme un assoiffé se refaire une santé en dégustant de nouveau de l'eau. C'est bien quelque chose d'agréabke qui vient rassasier son gosier. Un liquide ferreux qu'elle ne connaissait que trop bien, bien que la fragrance n'était pas la même. Alors, elle n'était guère morte...Du moins, toujours pas de la façon dont elle le souhaitait.



Soudainement, l'immortelle se réveilla et, attisée par un instinct de survie très poussé, son corps réagit au quart de tour et elle se jeta sur ce cadavre d'homme-oiseau encore chaud. Le visage agressif, sourcils froncés et lèvres retroussées laissant apparaître ses canines pointues, Calypso n'était plus, le temps que cette irrésistible soif passe. Un délice, un pur délice...Comme un chien grogne sur son os pour ne pas qu'on le lui pique, la jeune femme se comporta comme une bête sauvage. Des grognements sortirent de son gosier, ressemblant presque à des ronronnements. Le sang coulait à flots du cou de sa victime, dégoulinant de sa bouche, sur son menton et ses mains...


Ce n'est qu'une fois bien repue qu'elle reprit une certaine conscience de ce qui l'entourait, mais surtout de ce qu'elle avait sous les yeux. Le visage de Calypso se dérida pour se vêtir d'un masque blanc d'effroi. La jeune femme se figea, horrifiée du spectacle devant les yeux : le cadavre d'un homme-oiseau, le cou ouvert, avec une trace de crocs...Et les autres ? Morts aussi...Ouvrant la bouche sans qu'aucun son ne sorte, la demoiselle se mit à trembler de peur. C'était bien elle la coupable...Ils sont tous morts par sa faute, sous cet ignoble instint de survie qui coulait désormais dans ses veines. Jamais, ô grand jamais elle n'avait goûté le sang d'une créature intelligente, d'un humain ou même de semblable...Elle ne se contentait que de rats, lapins et autres bêtes de ce genre. Parcourue de spasmes de terreur, un son quitta enfin ses lèvres charnues.


- Non...Non...Non non non non non non non non...NOOOOOOOON !


C'est dans une détresse folle qu'elle éclata, son teint encore plus blanc qu'avant, salie de sang qui n'était pas le sien, se tenant les mains sur les côtés de son crâne. Son corps bascula d'avant en arrière, comme pour se bercer. En rien cela allait le rassurait, et elle n'avait nullement capté cet autre homme, non loin des corps, non loin d'elle...
« Modifié: mardi 23 août 2022, 15:59:26 par Anéa »

Hadrian Kensley

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Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 3 mardi 09 novembre 2021, 01:32:26

Il était nécessaire pour la bonne forme d'un vampire de se nourrir convenablement et de comprendre sa propre nature comme étant celle d'un prédateur. Un vampire qui refuse de tuer ne survit pas; il dépérit de plus en plus, jusqu'à devenir une existence de douleur silencieuse, éternellement tourmenté par la faim et l'incapacité de se nourrir. Un vampire peut survivre en se nourrissant exclusivement de petits animaux, de rats ou d'autres nuisibles, mais cela ne lui redonnait qu'à peine la quantité suffisante de sang pour le maintenir en forme pour une journée, et au vu de la technologie actuelle, il était fort improbable de trouver une bonne quantité de sang conservé dans des méthodes qui préservent la Vitae.

Normalement, il aurait simplement laissé Calypso se dessécher. Elle n'était pas sa responsabilité, elle n'était pas de son sang ni de sa coterie, et elle était visiblement assez bête pour être tombée dans une embuscade et se faire presque tuer par des hommes-oiseaux. Ce serait bien fait pour elle. Si elle se nourrissait convenablement, elle ne se serait jamais retrouvée dans cette situation. C'était un comble pour un vampire d'être ainsi dominée par des mortels, et encore plus quand ceux-ci avaient littéralement des têtes de linottes.

Fort heureusement pour elle, son instinct se révéla plus fort et, malgré l'absence de volonté propre, il se trouva que son corps avait envie de perdurer. Elle détestait peut-être cette demi-vie, mais cette demi-vie, elle, s'accrochait désespérément à son existence et refusait de se laisser disparaître dans le néant de la mort.

À la surprise d'Hadrian, plutôt que de se sentir satisfaite de sa situation et de soupirer de soulagement, elle entra dans une crise de détresse. Il ne put s'empêcher de jurer et il regarda la jeune femme pendant quelques secondes, histoire de la laisser reprendre ses esprits et comprendre ce qui s'était passé. Après un moment, il s'avança près d'elle et se pencha sur son visage avec son mouchoir avant de lui agripper les cheveux et lui frotter les lèvres pour la débarrasser du sang qui les souillait ainsi.

"Arrête de crier," lui ordonna-t-il d'une voix calme. "Et arrête de bouger."

La voix du Tremere avait un effet envoûtant sur la plupart des gens. De son vivant, on l'avait considéré comme charismatique, mais depuis son Étreinte, cet effet était nettement plus impressionnant, au point que beaucoup de mortels se contentaient de lui obéir sans poser de questions. Très utile pour convaincre un entrepreneur de signer une entente clairement désavantageuse. Chez les vampires, qui étaient déjà plus résistant à son pouvoir de suggestion, c'était comme écouter la douce voix d'un cantateur vous susurrer des poèmes au creux de l'oreille. Il aurait pu lui dire qu'il avait l'intention de l'égorger que cette voix aurait peut-être pu faire croire à la vampirette qu'il s'agissait du plus beau compliment du monde, venant de lui.

Une fois la jeune vampire nettoyée, il la regarda dans les yeux, la tenant fermement, le poing levé et prêt à frapper si elle osait seulement tenter de le mordre ou de l'attaquer. Il ne se souciait guère du genre de cette personne; femme ou non, si elle tentait de l'attaquer, elle s'en prendrait une, puis une autre, puis une autre jusqu'à ce qu'elle soit incapable de faire autrement que de rester parfaitement immobile et de l'écouter.

"Je suis Hadrian. J'ai tué ces oiseaux, et je te les ai donnés à manger. J'en déduis que c'est ta première fois? Eh bien, rassure-toi, une créature morte est une créature morte, peu importe son espèce.  Si tu n'avais pas bu son sang, ce serait le sol qui l'aurait bu."

Il relâcha lentement les cheveux de la jeune femme, tout en étant prêt à la frapper si nécessaire ; même s'il ne ressentait pas la douleur depuis fort longtemps, il n'en restait qu'il était une créature très fière qui était simplement horripilée à l'idée que quelqu'un puisse toucher à sa sublime personne.

"D'où viens-tu, et à quel clan appartiens-tu ?" lui demanda-t-il, la regardant droit dans les yeux.

Le contact visuel, tout vampire le savait, était quelque chose de dangereux. Les vampires de générations supérieurs étaient capables de forcer ceux de générations inférieures à faire ce qu'ils voulaient avec leurs capacités d'hypnose. Il était considéré comme impoli, voir agressif, pour un vampire de regarder un semblable dans les yeux, du moins chez les vampires de son espèce.

Il était possible que ses disciplines n'aient aucun effet, mais il préférait assurer ses arrières.

Calypso Wymfire

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Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 4 mercredi 21 septembre 2022, 23:37:27

Un cauchemar. Tout ceci révélait d'un mauvais rêve, n'est-ce pas ? C'est tout ce que la jeune femme se disait. Les mains plaquées contre son visage, comme pour ne rien entendre, cacher sa vue également. Un façon simple de ne pas sombrer davantage, de retrouver ses esprits qu'elle pensait avoir perdu en voyant la scène juste à côté d'elle. Certes, cet homme l'avait sauvé mais...Elle en avait bu. Elle avait du sang d'autres sur ses lèvres, dans le fond de sa gorge...Ses sentiments étaient mêlés, entre la satisfaction de ne plus ressentir cette énorme faim qui la tiraillait, et le dégoût monstrueux d'avoir bu ce sang contre son gré, et qui lui donnait la nausée. Tout cet enchaînement n'était que folie dans sa tête. Un véritable cauchemar...

Devant cette scène d'horreur, Calypso ne pouvait calmer ses nerfs, son corps tout tremblant, paralysée devant les faits. Elle avait bu autre chose que du sang de nuisibles. Il est vrai que les rats ne sont guère de la nourriture suffisante pour maintenir un vampire au meilleur de sa forme. Oui, Calypso avait maigri. Oui, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Depuis sa transformation, Miss Wymfire se disait qu'elle devait mourir. La petite étincelle de vie qui lui restait en tant que vampire, était la seule chose qui la maintenait en vie. Ce puissant instinct de survie qui lui disait “Reste. Bats-toi.”. Toutes les nuits, la sang-froid partait à la recherche de nourriture, aussi petite soit-elle : un rat, un oiseau, des petits mammifères en tout genre...Il n'y a que quand sa soif était bien trop important que la jeune femme s'en prenait à des proies plus grosses, comme des cervidés. Dans ces cas-là, elle se trouvait répugnante, incapable de contrôler cette puissante soif...Cet instinct qui la pousse, à l'heure actuelle, à se lécher les babines malgré elle...

Encore sous le choc et affaiblie, Calypso n'osa rien faire quand l'homme l'attrapa par les cheveux pour qu'elle lui montre son visage. Fermant les paupières, la jeune femme décida de se laisser faire, alors qu'il vint lui essuyer les lèvres pour retirer ce sang qui commençait déjà à sécher sur sa peau de nacre. Des larmes roulaient sur le coin de ses yeux, ses gouttelettes dévalant lentement la maigreur de ses joues. Elle s'était tue. Il faut dire que cet homme, probablement un vampire, en imposait. Elle ne voulait pas mourir, mais elle ne souhaitait guère de cette vie également.

L'homme se décida à se présenter, à expliquer la situation. Calypso serra les dents, la mâchoire tendue. Elle était au courant de tout ça, qu'il avait tué les hommes-oiseaux et qu'il lui a fait boire de leur sang encore chaud...Et non, ce n'était pas la première fois, mais ça déchirait le coeur de la blafarde à chaque fois. C'était à se demander comment elle avait pu vivre aussi longtemps dans cet état de fragilité extrême. Non pas qu'elle était sec comme un tas d'os mais elle ne faisait que survivre, c'est tout.

- Je...Je...Je m'app-...appelle Calypso. C-Calypso Wymfire...

Sa voix grinça. La jeune femme ne faisait que bégayer, bien contre son gré. Malgré la situation, Calypso chercha à se calmer, prenant son temps pour inspirer et expirer lentement. Relevant son visage, alors qu'Hadrian relâcha sa prise sur la chevelure blanche de la sang-froid, elle posa son regard émeraude sur cet homme. Enfin. Les yeux embués par ses larmes, elle ne le distinguait pas correctement, du moins, elle n'en voyait pas les détails. Elle le fixait, sans arrière-pensée, juste pour lui prouver sa sincérité.

- Je suis une vagabonde...Je n'appartiens à aucun clan...Seule. Je suis seule.

Depuis quand avait-elle fui la maison de ses parents ? Depuis quand était-elle sur Terra ? Depuis quand rôdait-elle dans les environs à la recherche de nourriture ? Elle ne pouvait le lui dire, tout simplement car elle n'en avait aucune idée. Depuis qu'elle se nourrissait de sang, Calypso ne comptait plus les jours, ni les nuits. Elle traversait les saisons, les paysages sans y rester trop longtemps...Ces semblables ? Elle les évitait. Bien sûr, elle en avait rencontré certains mais c'était des buveurs de sang humain, enfin, de sang de créatures pensantes, et c'est quelque chose qu'elle ne souhaitait pas faire. Du coup, elle allait ici et là, en évitant au possible les zones peuplés. Elle était réellement seule...

La pluie continua de tomber. L'orage grondait toujours. Si l'homme avait voulu la frapper ou c'était préparé à lui donner un coup, Calypso ne l'avait pas remarqué, trop perturbée pour le moment pour faire face à un quelconque danger, à une certaine menace.

La pluie ruissellait sur le corps de la demoiselle, mettant ses formes en avant, tremblante, encore sous le choc. Elle déglutit un instant, toujours en train de fixer Hadrian.

- Je vous...remercie. Sans vous, je ne serais déjà plus là...Merci. Vous...Hadrian, êtes-vous aussi un vampire ?

Cela pouvait être pris pour une question stupide, mais la jeune femme voulait être sûre. Est-ce qu'il allait réellement l'épargner ou l'a-t'il sauvée pour mieux la détruire ensuite ? Dans tous les cas, Calypso ne pouvait faire face à un homme en pleine possession de ses moyens.


Hadrian Kensley

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Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 5 jeudi 22 septembre 2022, 00:59:56

- Je suis une vagabonde...Je n'appartiens à aucun clan...Seule. Je suis seule.

Une Caitiff esseulée au milieu de nulle part? On pouvait changer d'époque, mais visiblement, on ne changeait pas les habitudes. Encore une pauvre néophyte abandonnée, laissée à elle-même, dans un monde qui ne demandait qu'à lui mettre un pieu au coeur. Enfin, Hadrian ne pouvait que supposer que cela était le passé, et que ces créatures n'étaient que d'autres créations plus ou moins artistiques d'un Tzimisce en manque d'activité.

Malgré sa capacité pour la violence, Hadrian relâcha la tension de ses doigts, décidant qu'il n'était pas nécessaire d'asséner d'autres coups à la jeune femme. Son regard glissa un moment sur les formes de la néophyte, plus pour en faire un examen visuel que par envie; elle était fort jolie. Émaciée et affaiblie, assurément, mais fort jolie, ce qui le poussait à croire que son progéniteur ou progénitrice était peut-être un Toreador en manque d'amour. Enfin, cela ne lui importait pas vraiment.

- Je vous...remercie. Sans vous, je ne serais déjà plus là...Merci. Vous...Hadrian, êtes-vous aussi un vampire ?

- Les humains appellent mon espèce ainsi. Entre nous, nous nous appelons Cainites, ou descendants de Caïn.

Caïn était le premier être humain à se voir infliger la malédiction du vampirisme après avoir commis le premier meurtre. Une punition, certains disaient, de Dieu, mais considérant que Dieu n'en avait pas grand chose à faire des humains après le péché originel, Hadrian adhérait à la théorie Noddiste qu'en fait, ce serait des anges peu scrupuleux qui auraient châtier le Progéniteur pour avoir refusé le pardon de Dieu. Enfin, cela ne le concernait pas vraiment; l'existence de Caïn était à peu près aussi certaine que l'existence d'Adam et Ève, autant dire que les preuves sont minces.

Voyant qu'elle n'était ni en état de se battre ni en état de se nourrir ou de se défendre contre d'éventuels prédateurs, le Tremere se pencha sur Calypso et entoura ses genoux de son bras avant de la soulever de terre avec aisance, la tenant d'un bras, agrippant deux des cadavres des emplumés de sa main libre pour les traîner derrière lui.

"Perdu au milieu de nulle part avec une néophyte et des hommes-oiseaux. Je ne le vivrais pas, je ne l'aurais jamais cru."

Ils marchèrent pendant un bon moment, alors que le Tremere cherchait un abri de cette foutue pluie et surtout quelque part où ils pourraient dormir sans risquer de s'exposer au soleil. Le vampire semblait se vouer à un mutisme, mais dans les faits, il était simplement attentif; la dernière chose qu'il voulait était de tomber sur un village complet rempli de ces cervelles d'oiseau et devoir pratiquer un massacre général. Autant le concept même d'un homme-oiseau l'horrifiait, car il se demandait quel genre d'énergumène pouvait bien prendre du plaisir à pénétrer le cloaque d'un oiseau, et l'image en elle-même le dégoûtant foncièrement, il ne se voyait pas comme le responsable derrière un génocide.

Après une bonne heure, il dénicha enfin une grotte! Oui! Une grotte.

Habitée.

Par un ours.

Et par ses oursons.

Merde.

Il déposa donc Calypso au sol, près des deux cadavres, et tira un couteau de sa poche en s'approchant de la petite famille d'ursidés. À son approche, les bêtes massives se mirent immédiatement en position d'attaque, et le vampire bondit, comme un félin, sur le plus gros représentant présent de cette espèce, sans la moindre peur, et enfonca sa lame précisément dans la nuque du monstre poilu, sectionnant la colonne vertébrale au niveau du cou, avant de flanquer un coup de pied brutal dans un des oursons, qui s'envola vers les bois. Les deux autres représentant de l'espèce, des juvéniles, prirent la fuite, sachant que celui qui venait de mettre fin au jour de leur parent ne les laisserait pas vivre s'ils passaient à l'attaque.

Est-ce qu'Hadrian se rendait compte à quel point il était un enfoiré de première aux yeux de toutes les associations de la protection des animaux? Assurément. Il n'était pas extraordinaire pour lui de montrer un mépris notable pour les animaux, surtout parce qu'ils lui montraient naturellement de l'hostilité (après tout, les animaux comprenaient d'un simple regard que ce qu'ils voyaient n'est pas censé bouger, ce qui témoignait d'un instinct et d'une intelligence que nombreux humains ne possédaient pas) et du coup pouvaient lui causer des problèmes avec les autorités ou leur propriétaire.

Après avoir débarrassé la grotte d'excréments et de souillures, le vampire se posa avec sa nouvelle connaissance, puis fit entrer la carcasse d'ours puis la carcasse d'oiseau et entrepris de les drainer, un à la suite de l'autre, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement rassasier. Il laissa le dernier homme-oiseau à la disponibilité de la néophyte alors qu'il trainait l'ours dehors et l’éviscérait à coup de couteau et le nettoyait à l'eau de pluie, ramenant ensuite l'animal à l'intérieur pour en faire un lit de fortune sur les pierres.

- Mangez. Ce serait un gaspillage et une offense de ne pas vous rassasier de ce gibier. Et je vais vérifier, hein, alors ne faite pas semblant.

Calypso Wymfire

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    Description
    Vampire contre son gré.
    Les rats, c'est goûtu, à ce qu'il parait.

Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 6 jeudi 22 septembre 2022, 10:29:44

Alors, cet Hadrian en était un aussi. Un vampire. Enfin, un Cainite, comme il le dit lui-même. Ca ne semblait pas tiré par les cheveux, selon Calypso. Après tout, Caïn avait été le premier meurtrier de l'histoire et le premier humain puni par Dieu. La jeune femme ne se souvenait plus de la punition en elle-même, mais comme les vampires étaient des meurtriers, pour elle, ça collait avec le mythe de Caïn. Après tout, elle avait bien eu la vérité face à elle, voyant les hommes-oiseaux morts à côté d'elle. Certes, ce n'était qu'un cas de légitime défense, mais tout de même.

Alors qu'elle était prise par ses pensées, la sang-froid se sentit soulevée. Un hoquet de surprise la prit, se demandant ce qu'il se passait. Hadrian venait de la prendre à bras, avec une facilité déconcertante. Était-elle si menue, ne pesant qu'une plume, ou bien était-il aussi fort qu'un bœuf ? Peut-être les deux, finalement. Instinctivement, elle accrocha ses fins bras autour du cou du vampire, ne voulant guère perdre l'équilibre et tombait au sol. Dépassait-elle les bornes ? Peut-être, mais c'est lui qui avait pris la décision de la prendre à bras. Elle l'entendait presque râler, ou tout du moins, c'est l'impression qu'il lui donna. Penaude, elle posa son front sur l'épaule de son sauveur, ne voulant croiser son regard.

- Je suis désolée...

Malgré elle, Miss Wymfire l'avait impliqué dans cette histoire, et encore maintenant, il prenait soin d'elle. La jeune femme se sentait comme un boulet, celui qui pèse sur les autres et qu'ils sont obligés de traîner sans le vouloir réellement...Elle n'avait plus de force. Le sang qu'elle avait bu ne lui avait permis de reprendre connaissance seulement, et pas la possibilité de se mouvoir d'elle-même sur de longues distances. Pour ça, elle remerciait Hadrian, encore et encore.

La pluie ne cessait guère. À croire que les événements malchanceux ne faisaient que se succéder. Peut-être que la demoiselle était maudite sans le savoir ? Il fallut un petit moment à Hadrian pour leur trouver un abri...Qui était finalement habité. Que faire ? Une famille d'ours vivait là. Ils ne pouvaient tout de même pas les chasser...Pourtant, c'est ce qui arriva. Déposant les cadavres et Calypso au sol, l'homme vint s'en prendre au plus gros des ursidés présents dans la grotte. Il ne fut pas longtemps pour son sauveur mette la bête au sol en la transperçant de son couteau. Les autres prirent la fuite devant l'horreur de la situation. Calypso aurait voulu hurler qu'elle ne voulait pas d'un nouveau massacre, mais elle ne voulait pas aller contre la volonté du Cainite.

La jeune femme resta tranquillement à l'entrée de la grotte. De son regard émeraude, elle observa le vampire s'agiter pour préparer la grotte, presque pour en faire un nid douillet. C'était déjà très bien. Calypso avait déjà vécu dans des endroits bien plus miteux que cette petite grotte. Quand Hadrian se mit à absorber le sang de l'ours ainsi qu'un des hommes-oiseaux. Le bruit était des plus horribles pour les oreilles sensibles de la jeune femme. D'instinct, Miss Wymfire se boucha les oreilles de ses mains frêles. Pourtant tremblante, elle ne pouvait défaire son regard de ce spectacle. Il était tout à fait normal pour lui de se nourrir de la sorte, mais pour Calypso, il en était tout autrement.

Il lui fallut un moment pour comprendre que le vampire avait fini son repas, et qu'il avait pris le soin de ramener un homme-oiseau devant Calypso, mais aussi de nettoyer la carcasse de l'ours pour en faire un lit de fortune. Elle ravala bruyamment sa salive lorsque son sauveur lui ordonna de manger le dernier cadavre qu'il avait laissé pour elle. Dans l'esprit de la jeune femme, c'était le dégoût ou la mort. Il avait beau lui avoir sauvé la vie contre ces créatures, la sang-froid ne pouvait lui faire totalement confiance. Sa vie et sa survie ne dépendaient que de lui. Alors elle devait obéir...

- D'a...D'accord...

Se rapprochant du cadavre de l'homme-oiseau, tremblante de peur et de dégoût, elle approcha ses crocs du poignet du défunt. Elle eut quelques secondes d'hésitation avant de finalement planter ses canines dans la chair froide. La sensation de ce liquide ferreux coulant dans le fond de sa gorge lui donnait la nausée sur les premiers instants...Puis, elle y mit plus d'entrain, aspirant encore et encore ce liquide de vie. C'est une soif instable qui la prenait, comme si elle n'avait pas bu, ni mangé depuis une éternité. Ses pupilles se dilatèrent, comme si elle avait pris une drogue. Elle ne se rendait pas compte, mais elle enfonçait davantage ses crocs dans la chair morte pour boire. Calypso grognait contre le cadavre, comme un animal qui ne voulait partager sa nourriture, défendant son festin.

Une fois rassasiée, ayant presque une douleur à l'estomac, elle se retira brusquement du cadavre, tombant en arrière. Elle se lécha les babines, l'euphorie du moment retombant doucement. Miss Wymfire papillonna des yeux, reprenant ses esprits. Le dégoût reprend sa place, lui brûlant le fond de la gorge.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? ...Non.

La jeune femme venait de perdre tous ces moyens devant l'insistance d'un congénère mais aussi devant sa faiblesse. Son instinct de survie a été trop fort cette fois-ci et elle s'en était pris à une créature intelligente. Elle se laissa tomber, le dos au sol, prise d'une crise de pleurs et de tremblements.

- À quoi bon...une vie de la sorte ? Si je puis appeler ça une vie...Ça me répugne. Je me dégoûte. Pourquoi m'avoir sauvé ? Vous auriez très bien pu me laisser mourir.

Son existence ne valait plus rien depuis sa transformation. Elle vivait cachée. Elle survivait à peine. Peut-être qu'une véritable mort aurait été préférable...

Hadrian Kensley

Créature

Re : Suis-je comme vous ? [Hadrian Kensley]

Réponse 7 jeudi 22 septembre 2022, 18:50:23

- Qu'est-ce que j'ai fait ? ...Non!

Comme Hadrian s’y attendait, la jeune femme se mit de nouveau à sangloter et s’apitoyer sur son sort. Pour sa défense, se dit-il, elle était soit une nouvelle venue dans le monde des ombres, ou alors elle avait simplement un bon coeur. Le Tremere avait perdu une grande part de son humanité, au point qu'il n'y avait que très peu de choses qui pouvaient bien le surprendre ou le choquer.

- À quoi bon...une vie de la sorte ? Si je puis appeler ça une vie...Ça me répugne. Je me dégoûte. Pourquoi m'avoir sauvé ? Vous auriez très bien pu me laisser mourir.

- Vous savez, je me pose moi-même la question. Je ne me prends pas souvent de pitié pour la progéniture des autres.

Le Tremere agrippa la carcasse exsangue de l’homme à plumes et le jeta dehors sans plus de cérémonie, une offrande pour les esprits locaux, qu’ils aient la gentillesse de lui ficher la paix en cette nuit. Il revint vers la jeune femme, tirant un mouchoir de sa poche pour lui frotter les yeux, avant de marquer une pause et de regarder les marques humides sur le tissu. En voilà une surprise ; un vampire pouvant pleurer à la façon des humains

Il y avait peu de chose qui pouvait bien surprendre le Tremere, mais c’était la première fois qu’il voyait des larmes, de vraies larmes, venir d’un vampire. Ce n’était pas quelque chose d’habituel.

Après, ce n’était que des larmes. Il finit d’essuyer les yeux de la demoiselle et lui pinca le nez avec le mouchoir, comme un parent avec un bambin morveux.

- Loin de moi l’idée de vous pousser à l’introspection, mais vous savez, vous n’êtes pas plus nuisible à autrui qu’un autre. Je veux dire… les humains n’ont besoin de personne pour s’entretuer ou se faire tuer par une autre bête.

Le vampire rangea le mouchoir et la regarda dans les yeux.

- Et puis, vous ne trouvez pas que vous noircissez un peu le tableau? Vous êtes un vampire. Vous avez l’autorisation même de Dieu, le type qui pourrait effacer notre existence d’un claquement de doigts –que dis-je, d’un coup d’œil- si nous ne figurions pas sur son grand projet, d’être un monstre ou un sauveur. Vous pouvez être plus fort, plus rapide, plus endurant et plus résistant que l’homme commun, pour peu que vous vous nourrissiez proprement. Le meurtre en soi n’est pas nécessaire, sauf si vous ne vous abreuvez pas assez régulièrement.

Après tout, même lui ne commettait qu’un meurtre de temps en temps, souvent dans l’urgence, mais les vampires modernes devaient faire attention ; contrairement au Moyen-Âge, il ne suffit plus de déménager dans une autre contrée pour éviter les chasseurs de sorcières ou les forces de l’ordre ; une fois votre identité grillée, vous êtes dans la merde.

Pour lui, il n’y avait pas vraiment de mauvais côté à la vie d’un vampire. Bien avant d’être un vampire, il vivait déjà surtout de nuit, ne voyant le soleil que dans les rares occasions où il parvenait à se lever assez tôt. Cependant, cela n’enlevait rien au fait que la jeune femme était assurément sous d’énormes angoisses, mais le fait qu’elle ne voyait pas de bénéfice à cette vie lui était un peu insultant.

- Et puis, il y a des choses que seuls les vampires peuvent expérimenter à leur juste valeur. N’avez-vous jamais regardé les étoiles ou la lune pendant des heures, juste pour voir ces astres d’une façon nouvelle ? Ne vous êtes-vous jamais ravi des mille et unes expériences que vos sens accrus. Miss Wymfire, je ne souhaite pas vous vexer, mais… vous avez une opportunité qui n’est offerte qu’à une poignée d’êtres humains. Vous avez tout ce pouvoir à portée de votre main, et tout ce que vous voyez, c’est le côté négatif des choses.

Après cette tirade, il se redressa et ajusta son complet. Malgré les nombreuses déchirures du vêtement, il semblait toujours aussi professionnel, comme s'il s'apprêtait à rencontrer le comité des directeurs d'une entreprise. Il plongea alors une main dans son veston et en tira une cigarette, ainsi qu'un briquet électrique. Les flammes étaient une forte mauvaise idée pour les gens comme lui. Apres l'avoir allumée, il en aspira une bouffée, avant de lui en offrir une à son tour. Après tout, le cancer n'était pas une maladie que les vampires pouvaient développer, alors pourquoi s'en priver?


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