Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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A Human I Should Turn To Be

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Law

E.S.P.er

A Human I Should Turn To Be

mercredi 08 janvier 2014, 19:03:14

Citer
Notice Musicale : Le titre est une référence à la chanson "1983... (A Merman I Should Turn To Be)" de Jimi Hendrix, où le narrateur, fatigué de la guerre sur terre, décide d'aller vivre sous l'eau avec sa petite amie. On lui dit que c'est impossible, mais peu lui importe : Il fait l'amour avec sa copine sur la plage, monte dans son sous-marin construit, et s'évade sous l'eau. Le climax final de la chanson est la découverte d'Atlantis, promesse d'une vie meilleure loin des hommes.
Chaque fois que je la met, je me dis que ces 13 minutes dans ma vie deviennent soudain étonnamment belles, parce que cette chanson est magnifique.


-Vous êtes très beau.

Il lui rajustait sa cravate. Ne pouvait-il pas s'empêcher de faire des commentaires ? Bon sang. Law n'aimait pas qu'on pense que ses relations avec Isaac étaient physiques, très physiques. Si ce dernier lui-même se mettait à créer des situations aussi confusantes, le Boss allait devoir sévir.

L'acolyte s'écarte, et l'endimanché peut ainsi se regarder dans son miroir. Une vue de plain-pied qui le laisse fort perplexe.

-C'est donc ça que les terriens mettent quand ils veulent se rendre... classes.
-Il semble, oui.


Law se tournait. La vue sur son cul était plutôt avantageuse, d'accord, et la coupe de la veste soulignant assez bien sa carrure, mais merde ! sortir dans Nexus accoutré comme un PDG ou autre engeance de cette planète dégénérée et corrompue, c'était hors de question. Il soupirait donc, toujours circonspect.

-C'est une situation exceptionnelle. Et vous connaissez le proverbe ? « À Nexus, comporte-toi comme un Nexussien ». Pour une fois, vous pourriez faire cet effort de vous fondre un peu mieux dans le paysage.
-Quitte à m'habiller comme l'un de leurs notables oligarques ?


Isaac lève les yeux au ciel. Law fait un « non » de la tête, puis commence à retirer sa cravate.

-Hors de question. Je vais m'habiller avec des vêtements de Nexus, en cherchant à faire passe-partout. Donne-moi mes fringues.
-Non.


Isaac tenait tête à son patron. Il le fixait, serrant contre lui le tas de tissu qui avait servi à couvrir Law lors de son dernier voyage sur terre.

-Isaac, on a dit que j'essaierais le costume pour voir si ça allait aller, ça ne me va pas, donc on passe au plan B, file-moi ça.
-Non.


Le mafieux soupire et commence à avancer vers son subordonné, mais celui-ci, sentant clairement qu'il ne sert à rien de s'opposer frontalement au Boss, fonce vers la cheminée à trois mètres d'eux, et menace de tout jeter dedans. Ouch.

-Isaac, tu es mon ami, mon seul ami, la personne en qui j'ai toute confiance, l'unique homme au monde en qui je remettrais ma vie. Il n'empêche que c'est moi qui donne les ordres. Aussi, au nom de notre confiance mutuelle, tu vas me donner ça pour que je puisse m'habiller normalement.

Le lieutenant ne bouge pas. Il est à 'ça' de tout jeter au feu, et n'hésitera pas à le faire si Law s'approche un peu plus de lui.

-Je t'interdis de faire ça, Isaac.





-Trois beignets, s'il vous plaît.
-Tout de suite, monsieur. C'est pour le cabinet d'en-face ?
-... Pardon ?
-Oh, excusez-moi. Avec votre tenue, j'ai cru que vous étiez un nouvel employé du cabinet d'avocat.
-...






On va soigner son effet, n'est-ce pas ! L'amphi se remplissait tranquillement. Law était planqué à un détour de couloirs. Les élèves le regardaient avec inquiétude. D'accord, le costume-cravate et son âge pouvaient le faire passer pour un professeur, mais qu'est ce que c'est que cette manière d'observer les gens à un coin, en se planquant comme un pervers du bois, et qu'est ce que cette dague dépassant manifestement de sa ceinture, et qu'est ce que c'est que ce pardessus de cuir totalement old-school ?... Il va sans doute tuer quelqu'un. Pas d'inquiétude donc. Ouf. Tant qu'il ne cherche pas à interrompre les cours, tout va bien. Y a les examens bientôt, et on est dans une université sérieuse ici.

Bref. Tous les élèves, ou presque, ont pris place dans leur amphi. Le professeur traverse le couloir et s'apprête à y pénétrer, mais Law l'intercepte en hurlant des « Professeur ! Professeur ! » Observant de haut l'esclavagiste derrière ses petites lunettes rondes, il ne se permet même pas de lui répondre, attendant seulement qu'il lui annonce ce pourquoi il crie ainsi.

-Mon Dieu, c'est affreux... La directrice vous demande. Votre... femme... a eu un accident... de culotte.
-Pardon ?
-Oui je sais, j'ai été aussi étonné, mais elle m'a demandé d'aller vous chercher le plus vite possible. Je n'ai pas trop compris... Mais ça a l'air très important, il faut que vous alliez la voir.
-Qu'est ce que c'est que cette histoire...
-Je suis très sérieux, je suis là pour vous rendre service, allez voir la directrice et dépêchez-vous !


Tentant de ne pas céder à la paniquer, il hésite, puis ira chercher les escaliers les plus proches pour se rendre au bureau de la direction. Mission accomplie, et totalement improvisée. Law sautille tranquillement, sourire aux lèvres, en passant la porte.

~~~~~~

« Amphithéâtre B102. 11 décembre. Cours d'histoire. Le destin voudrait que tu y assistes. »

Ce mot avait été laissé dans sa boîte aux lettres, dans une petite enveloppe marron, deux semaines plus tôt. L'écriture était totalement inconnue.

~~~~~~

BOOOONJOUR TOUS !

Enjoué, il ferme la porte derrière lui, et bloque celle-ci avec une chaise sur laquelle il mettra deux cartons, empêchant la poignée d'être baissée. Qu'est ce que c'est que ce prof ? Ce n'est pas du tout celui de d'habitude, en tout cas.

C'est Law. En costard. Avec son trench, et une large sacoche de cuir dans le dos.

Il garde l'attirail sur lui et se penche vers une élève, lui demandant quel est le sujet du cours, déjà ? Histoire des civilisations ?... Ah. Il se doutait que c'était de l'histoire, mais avait oublié précisément.

… Parlons de Nexus. Nexus, vaste Cite-Etat dont vos livres d'histoire ne parlent malheureusement pas. Et pourtant... Nexus a un vaste passif, passionnant à étudier. Cette monarchie se distingue sur bien des points des autres nations voisines en ce sens que la Reine est une nymphomane sans aucun pouvoir, que ses conseillers sont corrompus par l'armée, les esclavagistes et les guildes de commerçants, et que tous les oligarques au pouvoir sont des pantins entre leurs mains qui se battent chacun pour qui aura le plus de pouvoir. Le pouvoir législatif est donc ridicule, puisque les lois passées sont en fait décidées en fonction de qui a le plus d'argent sur le moment. Endroit merveilleux, isn't it ? Parlons plus longuement des esclavagistes, justement. Car, oui, à Nexus, rien de plus légal que l'esclavage. C'est à la fois un fléau et une bénédiction. Le principal problème aujourd'hui étant qu'il y a une inflation de l'esclavage, ainsi, les nobles préfèrent se tourner vers ça plutôt que d'employer des citoyens qui, eux, coûtent plus cher à rémunérer. Il y a plein d'autres aspects autour de ça, mais bon... le peuple, ça ne lui plaît pas. Cela dit, ledit peuple est un peu hypocrite, puisque même les moins riches de la classe moyenne arrivent à s'offrir des serviteurs. Heureusement que certains esclavagistes ont des offres abordables pour les plus petites bourses...

Il se stoppe. Les étudiants sont médusés. Il court et grimpe les escaliers quatre à quatre, se stoppant à côté d'Andrea.

Vous. Mon cours ne vous intéresse pas, hm ? Vous préférez parler de... Japon, de Chine et de tous ces pays dont j'ai oublié le nom ? Scandaleux ! Rangez tout de suite vos affaires et sortez de mon cours !

À peine eut-il fini sa phrase qu'on essaye d'ouvrir la porte d'entrée, en vain. Oh bon sang. Il lui murmure aussitôt :

Prend la sortie de secours. On se retrouve dehors. Vite, très vite.

Un clin d'oeil et il dévale les escaliers.

Etudiants, gardez du respect pour vos professeurs qui souffrent à vous enseigner tout ce qu'ils vous enseignent. Certains sont des connards, d'accord, mais ce n'est pas une raison pour leur manquer de l'élémentaire déférence que vous leur devez. Ils travaillent. Et il n'y a rien de plus grand qu'un humain qui travaille.

Il vire les cartons, ouvre brutalement la porte, s'ouvrant sur le professeur aux petites lunettes rondes, ébahi. Il allait s'énerver contre Law. Tiens, la directrice est à côté de lui. Ahahah. Il chope l'enseignant par le col, le tire contre lui avec brutalité, le plaque contre le mur et... lui roule une grosse pelle. Devant tous les élèves, oui. La directrice ne sait que faire, mais Law trouvera : Il la prend sur le côté, la soulève et la transporte comme une jeune mariée, moment romantique s'il en est, sauf qu'il la fout dans la poubelle, le cul enfoncé dedans, pliée en deux pour rentrer. Il poussera le professeur en sortant et tapera un petit sprint dans les couloirs, exultant avec un « YIIIIIIIIHAAAAAAAAAAAAAAAA ! » que tout l'étage entendra.


Et ne ralentira pas jusqu'à être à la sortie de l'université.
« Modifié: jeudi 09 janvier 2014, 14:05:16 par Law »

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 1 mercredi 08 janvier 2014, 21:23:31

« Tu sais quoi, Seiji ? Je t’emmerde. Vraiment. Je t’emmerde. Je t’ai déjà dit je ne veux plus JAMAIS te revoir ! »

Le mot avait été crié, jeté comme un mouchoir usagé. Elle l’avait presque vomit de dégoût. Son regard ne se posa même pas sur son soi-disant frère. Il ne le méritait pas, elle le savait. Il le lui avait appris. Son pied frappa dans la porte pour la refermer. Elle s’y adossa, retenant sa rage. Elle ne pouvait pas, elle n’en était pas encore capable. Le détruire n’était pas dans ses compétences, pour l’instant. Et pourtant elle en avait envie, depuis des mois maintenant. Au début elle avait cru s’en savoir capable, avait pris soin de se souvenir de ce qu’il lui avait enseigné. Et puis… non. Le temps la séparant de lui, la jeune femme n’y avait plus cru. Pas seule. Il lui fallait le retrouver, et alors peut-être que ce serait possible. Une page à tourner. Si seulement. Mais non, elle n’était capable que de déverser des paroles pleines de fiel, d’amertume. De haine. Une arme bien pauvre, qu’elle revendiquait pourtant plus que jamais. Elle avait gagné ça. Elle se battrait pour le garder.

- ‘Drea, s’il te plaît. Tu sais bien que je n’aime que toi. Je vais la quitter. Laisse-moi entrer. Comme… Comme au bon vieux temps, tu te souviens ?

Ses mots à lui étaient sirupeux, cherchaient à endormir son esprit. On sentait la tentative d’amadouer une personne coupable, des souvenirs chaleureux. Sauf qu’Andrea ne se souvenait pas avoir jamais eu de bons souvenirs de ce frère, depuis un anniversaire qu’elle n’oublierait pas. La corde de l’émotion et de la nostalgie auraient marché.

- C’est ta faute, tu es trop belle. Tu es parfaite, Drea. Je ne peux pas résister. Tu m’as séduit.

La voix de la culpabilité aurait fonctionné. Avant. A présent, la jeune femme rouvrait la porte et, fermant les yeux de rage pour s’interdire de le regarder, elle lui envoya son pied dans l’entrejambe. Si seulement elle avait pu le castrer en même temps. Si elle avait pu détruire son être, sa fierté, son crime d’un seul coup de pied. Mais elle n’eut que la satisfaction d’entendre un cri de douleur, et de rouvrir les yeux sur un visage déformé par la souffrance. Puis elle referma la porte, soupirant de soulagement, laissant finalement fleurir un sourire sur son visage qui ne connaissait plus que la curiosité, l’attente de la découverte.

« Ce n’est pas ma faute, Seiji. Ce n’est pas ma faute. C’est juste toi, et toi seul. Un jour je te tuerais pour ça. »

Il avait finalement trouvé son appartement. Il avait frappé à sa porte, il avait su. Andrea avait pourtant prit ses précautions, mais ce parasite avait été attirée par le sang et en avait trouvé la source. La jeune femme savait qu’elle serait à présent sans répit, harcelée par sa présence. Il lui faudrait trouver un autre appartement, encore. Une petite voix dans sa tête lui criait de fuir. Elle obéissait à cet instinct qui remplaçait celui qu’elle n’avait jamais eu. Le ton, d’abord paternaliste puis tendre, l’aiguillait ces derniers mois. Devant le bout de papier qu’elle reçut ce jour-là dans sa boîte aux lettres, c’est cette même voix qui lui souffla d’y aller.

Amphithéâtre B102. Histoire. Le destin. Depuis sa discussion avec cette étudiante en histoire, Andrea savait que les archives n’allaient pas pouvoir l’aider. Et pourtant, chaque espoir était bon à prendre. Il se pouvait que, peut-être, un professeur ait finalement trouvé quelque chose. Elle leur avait laissé son adresse, pour pouvoir être tenue au courant des recherches qu’elle savait qu’ils ne feraient pas. Peut-être que l’un d’entre eux s’était montré rigoureux et persévérant. Du nouveau. Elle devait y croire. Si quelqu’un avait trouvé la trace d’une ancienne faille, qui perdurerait à travers l’histoire de la ville, elle devait le savoir. Une information, un lieu, et Andrea partait sur l’heure. Sans bagages, sans rien. A quoi serviraient ses souvenirs de la Terre ? Que garder d’un monde auquel elle ne se sentait plus appartenir ? Seulement son arme. Toujours attachée à son mollet, ses éternelles bottes usées par le temps camouflant son seul moyen de survie. Si elle repartait… Elle ne pouvait pas se séparer d’elle. Elle en aurait besoin, le temps de se frayer un chemin jusqu’à lui.

Reprenant encore un trajet trop longtemps détesté et synonyme à la fois d’espoirs naissants et piétinés, Andrea faisait pourtant exception à la règle aujourd’hui. Après ce cours, elle avait prévu d’aller dîner avec un vieux bedonnant mais connaisseur des évolutions de Seikusu. Ses bottes, sa dague se trouvaient donc un petit sac à dos accroché à une de ses épaules. Les talons de ses escarpins battaient le pavé dans un bruit sourd, accompagnant les mouvements de sa veste de tailleur qui habillait un ensemble jean sombre et chemisier classique. Look recherché, bien loin de ses dérives adolescentes et de leurs décolletés. Cheveux attachés en un chignon strict pour séduire sans laisser aucune ouverture possible à sa cible. La beauté inaccessible, voilà ce qu’elle préférait être.

Parce que maintenant, le contact de ces hommes qui ne faisaient que la désirer lui donnait la nausée. La tête lui tournait subitement, tandis que son déjeuner tentait de ressortir par là où il était entré. Tant qu’ils la touchaient, Andrea se croyait en pleine mer un jour de tempête. Son estomac tentait de fuir sans demander son reste, sa bouche essayait de hurler sans qu’un son ne lui échappe. Il était un temps où elle écartait les cuisses pour leur faire plaisir. Un temps où elle avait suffisamment de répugnance envers elle-même pour oublier ce que les autres lui faisaient ressentir.

- Hey c’est qui elle, elle est dans notre amphi ?

Regard noir, silence. Elle préfère cela.

Reine de glace dans son immobilité, elle entre sagement. En plein centre, ne pas se faire remarquer. Passer pour une élève. Elle se place pourtant près de la fin d’une rangée de places, pour partir en douce si jamais ce mot du destin se trouvait être une vaste farce. Si jamais personne ne répondait à sa question. S’installant, sortant un stylo et empruntant une feuille à son voisin, elle se fond dans la masse. Etrangère parmi les étudiants, elle commence à dessiner au hasard les rues de Nexus. De souvenir, une mémoire qui s’efface et qui la rend incertaine. Cette poubelle, où était-elle déjà ? A droite, à droite de cette porte qu’ils avaient empruntée. Elle l’avait giflé devant.

La voix retentit encore. Mais elle avait l’habitude. Elle paraissait de plus en plus présente, réelle, jour après jour. Elle ne s’étonna donc pas de l’entendre si fort, si réelle. Rien n’était plus véritable à ses yeux que son existence, et c’était plutôt cette immense pièce qui lui semblait faite de mirages. Une rumeur monte. Elle s’en fiche. Continuant de dessiner ce dont elle se souvient, Andrea s’endormirait presque en attendant que la réponse vienne. Elle y prêtera attention, plus tard.

Un mot.

« Nexus. »

CLIQUE LA

Elle croit avoir rêvé, s’être assoupie pour retourner là-bas et l’entendre en parler. Elle se sait folle, totalement. Et puis il le répète.

Et puis le reste, elle ne peut pas l’avoir inventé. Andrea se leva sans réfléchir, son regard soudainement vissé dans le sien. Ces mots, ils ne peuvent qu’être réels et venir de lui. Parce qu’elle ne sait rien de cette reine, qu’elle n’a pas eu le temps d’apprendre. Alors oui, c’est réel. Et c’est lui. Dans une tenue improbable qui lui va pourtant étonnamment bien.

En ayant imaginé ces retrouvailles, Andrea ne pensait pas s’attacher aux détails, chercher d’où venait l’ensemble des informations visuelles qui affluaient à son cerveau. Et pourtant, elle prit le temps de regarder. Un costume pour cet esclavagiste venant d’une autre Terre, comme c’est amusant. Il s’est déguisé pour venir. Mais l’image est imparfaite, le mensonge divulgué à cause de son manteau rapiécé qui brise l’image trop parfaite et surnaturelle. Droite comme un i, immobile, son visage ne reflète rien quand il s’approche et lui parle. Elle ne le quitte pas des yeux, mais ne dit rien. Elle n’y croit pas encore. N’est pas sûre.

Andy ramasse juste son sac, lentement, toujours debout au milieu de deux cents étudiants buvant des paroles improbables. Soudain, il est si près. Elle pourrait le toucher. Pourtant il repart, lui jetant quelques mots au passage. La jeune femme n’acquiesce même pas, pas besoin. Elle lui sourit quand il lui fait un signe, à elle. Elle se retourne, ne fait déjà plus attention aux réactions autour d’elle. Andrea écrase des pieds, n’en a rien à foutre. Elle passe, son sac toujours sur l’épaule. Les autres à côté d'elle sont bien obligés de lui céder le passage, puisqu’elle le prend. Se retournant une seconde à peine, juste pour le voir embrasser le professeur, elle se détourne finalement. Étouffant un rire, Andrea se met à courir. Vers la porte. Vers la sortie.

Elle court.
Elle court plus vite qu’elle n’a jamais couru.

Elle crache ses poumons. Meurs d’asphyxie, Andrea. Mais cours. Le piano démarre, se lance avec elle. La porte n’a pas résisté, et elle traverse le campus. Ils ont pris des chemins différents, elle le sait.

Et elle court de le perdre encore. De ne plus jamais le revoir. La musique monte à ses oreilles. Elle gémit, pendant qu’Andrea pleure.
Pendant qu’Andrea explose de rire.

Elle ne sait plus si elle doit rire ou pleurer, mais elle court. Le rythme s’accélère. Le tempo s’emballe.

Les violons arrivent, et elle se sent pousser des ailes. La musique, à la fois tragique et porteuse d’espoir, la pousse en avant.

Elle se rend compte qu’elle a abandonné les talons dans l’amphi, depuis bien longtemps. Andrea s’en fout. Pieds nus sur l’asphalte, elle a l’impression de remonter le temps.

Elle revient à ce moment où elle a compris qu’ils étaient séparés. Elle remonte encore, revoit ce repas au cœur de Nexus. Les questions, les devinettes. La logique d'une situation. L’armurerie, le choix des armes. Le vendeur un peu étrange. Le temple et la fascination d'un autre possible. Elle revoit la douche, le repas encore. Des moments intimes et chéris secrètement depuis. Elle revoit surtout l’étrange objet, et la peur. Les illusions qui se créent devant leurs visages, et les questions sans réponse. Le doute, de jamais réussir à s’en défaire. Elle revoit le jeu de cartes, l’excitation de la victoire, l’envie de lui faire honneur. Elle revoit la baffe, la mort entraperçue. Parce qu’il lui a fait peur, parce qu’elle a adoré ça. Elle revoit le verre, enfin, le verre d’eau. La clope. Le chapeau. Elle revoit le chapeau qui la protégeait. De tout sauf de ça.

Puis tout s’arrête. Il est là. Il sourit, de son air blagueur et détaché. Comme si vous vous étiez quittés hier. Il sourit et t’attends. Les violons se taisent, et quelques notes résonnent à peine. C’est la fin. La fin de l’attente, la fin de la peur, la fin de tout.

Le monde revient à la vie juste devant toi, dans un sourire.

Qu’est-ce que tu vas lui dire en premier, Andrea ?

« Hey. On est perdu ? »

Les  mêmes mots. La première fois.

Elle lui sourit, et se jeta dans ses bras sans plus de retenue.
Tomorrow comes to take me away
[Eagle Eye Cherry]

>  On ne devrait pas vivre que pour le plaisir. Rien ne vieillit comme le bonheur.
>  L'émotion nous égare : c'est son principal mérite.
[Oscar Wilde]


Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 2 mercredi 15 janvier 2014, 12:10:56

Arrivé le premier sur les lieux. Pas difficile vu sa rapidité de sprint. Les poumons sont légèrement en peine, mais tiennent le coup. Une toux le saisit sans qu'il ne s'en formalise : ce qui l'ennuie le plus c'est ce monde qui tourne autour de lui, un peu trop vite, le cerveau pulsant dans son crâne au rythme des inlassables passages et repassages du sang dans ses vaisseaux. Il sait que ce n'est pas la course - si, un peu tout de même, mais soupçonne surtout la peur de le faire vaciller.

Car à l'excitation succède l'appréhension. Il a été si sûr de lui ces derniers temps, comme il l'est d'habitude,  cet insolent entrepreneur de la réussite. Il ne rate rien, et quand les plans ne se passent pas comme prévus, il a un plan de rechange B, une échappatoire C et un moyen de sauver la face dans l'urgence D, et pourra toujours compter en plus sur son sens inné de l'improvisation pour l'extraire des difficultés.  Artiste de la dernière minute, virtuose d'il en était moins une, héros du miracle impossible : Law avait cette capacité toujours pouvoir revêtir l'échec critique en semblant de victoire. Et en tirer profit.

Ici, rien. Il venait comme au premier jour de son existence, nu. Si elle n'arrivait pas, hein ? Il ne sait pas. Allait-il rester là ? Combien de temps ? Aller la chercher ? Partir ailleurs ? Revenir un jour ou pas ? Est-elle en difficulté par sa faute ? Hésite-t-elle ? Peut-elle encore l'aimer ? Ses neurones enchaînent les questions et il ne peut suivre la chose avec calme. Il balise, tout simplement. On avisera...

... et la voilà. Qu'elle est belle. Il se fige, reprenant sa contenance. Sourire et bras croisés, acte de charisme. Bonjouuur. Oh putain, que dire au final !?

C'est la tragédie du Manuel des Castors Juniors : il ne contient pas tout. D'aucun dirait que si, bien sûr : Il est exhaustif, et c'est bien ce qui en fait sa grandioseté ! Mais de mémoire de Law, il y avait de ces choses qui n'y figurait pas : faut-il battre les oeufs séparément avant de les ajouter à une préparation comme le recommandent certains professionnels,  ou devaient-ils être jetés tels quels ? Est-ce que ça fait plus mal de se faire casser le genou ou le coude ? Peut-on assécher la mer de 30 mètres de hauteur pour récupérer un bateau qui a coulé tout près du rivage ? Y a-t-il un moyen de rendre des vomissements réguliers plus agréables ? Pourquoi est-ce que cette fenêtre a refusé de se briser lorsqu'il s'était jeté dessus dans l'espoir d'une échappatoire in extremis ? Qui écrit le Manuel des Castors Juniors ? Et... comment saluer quelqu'un à qui l'on tient immensément, mais que l'on a pas vu depuis longtemps ? Il ne trouve pas. Bouche sèche, il la fixe, l'attend.

Et brise la glace. Soulagement. Il n'aura donc qu'à la serrer contre lui, joyeux comme un gosse à Noël,  tenant ce corps qu'il pourrait briser par la force de ses bras.

Papa et maman ne t'ont jamais dit de ne pas traîner avec des inconnus, gamine ?

Il voudrait que le moment s'éternise, mais pas ici.

On bouge. Ah... tes pieds, regarde toi... Andrea, voyons.

Sourire bienveillant, et il se baisse, la prend comme une sac et la colle sur une épaule.

Je tuerais pour un café de la terre.




Je viens pour le tuer.

Assis devant son café, il jouait avec la légère mousse de surface, fasciné par elle, et par le sucre qui faisaient des petites bulles. Se disant que pour un humain normal, la parole qu'il venait d'énoncer était importante et peu commune, il prenait son air le plus grave en relevant la tête. 

Pour commencer. Enfin, pour finir. Disons que je pars sur la base d'un meurtre, mais qui sait ce qui arrivera avant... enfin, je dois y réfléchir. La police d'ici est différente de l'armée de Nexus.

La cuillère tourne inlassablement, sort du café pour en laisser tomber les gouttes, replonge et retourne.
Il sourit.

Je vais faire ce que tu aurais dû faire sans la moindre pitié, Drea. Oh, et j'ai un un cadeau. Mais ce sera quand on aura fini.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 3 mercredi 15 janvier 2014, 23:09:29

Sa voix, cette phrase. Le sourire d’Andrea s’agrandit encore. Oui, elle a décidé de sourire, finalement. Entre le rire et les larmes, mieux valait exposer ses dents blanches en une manifestation de joie. Il allait s’inquiéter sinon, et en plus elle serait ridicule. Les mots la ramènent des mois en arrière, brutalement. Elle se retrouva dans cette ruelle, et s’en souvint plus que jamais. Le froid, son manteau relevé et son chapeau baissé autant que possible sur son front. Ses longs cheveux relevés et cachés sous le couvre-chef. La fumée qui s’échappait des maisons et établissements alentours, laissant la chaleur rejoindre l’air glacé de la nuit. Les cris lointains des rabatteurs, les froissements de robes qui tournaient à un coin de rue pour s’évanouir dans la nuit et inviter les plus audacieux à les suivre. Mais avant tout, l’odeur. Celle de l’animal, des chevaux transpirants mis à l’auberge pour la nuit, celle de l’homme parfumé qui part en soirée, d’un civet en train de mijoter depuis trois heures. Les excréments, le faste, l’élémentaire besoin de se sustenter se mêlaient dans les rues si différentes et brutes de Nexus. Tout ce qui y vivait laissait une trace. On pouvait lire beaucoup de choses sur les nexusiens dans leur environnement.

Lors de sa première visite, elle n'avait même pas effleuré toutes ces possibilités, toute cette richesse d'information. N'imaginant même pas la possibilité d'autant en apprendre sur quelqu'un, Andrea n'avait fait attention à rien. A présent, les images et les informations visuelles, olfactives, auditives lui revenaient brutalement en mémoire et elle aurait pu en parler. Depuis sa rencontre avec Law, la jeune femme avait appris à faire attention au monde. Elle aurait pu dire que tel jeune homme se sentait mal à l'aise en cherchant une fille de joie jolie et bon marché pour son dépucelage, que telle matrone était inquiète, sans doute pour sa fille, ou que ce cocher serait sûrement responsable d'un accident au vu de son alcoolémie évidente.

Mais il la ramena au présent.

Ces premiers mots, bien changés avec le temps. Cette fois-ci, sa voix était douce, son visage accueillant. Il la serre, elle s’étouffe de soulagement. Des mois à espérer trouver comment le rejoindre, et il vient à elle. Comme si, encore une fois, il avait lu dans son esprit. Et Andrea se demandait s’il avait mis du temps à venir, pourquoi ? Est-ce qu’il avait pensé à elle ? Law avait sûrement d’autres choses à penser. A faire. Il avait peut-être eu du mal à la trouver ? Perdu son adresse, et donc sa trace ? Autant de questions qui lui envahirent l’esprit sans qu’elle puisse les repousser. La jeune femme les laissa donc s’installer en les ignorant toutefois superbement, d’autant plus qu’elle termina sur son épaule. Dans un petit cris de surprise, elle rétorqua en rigolant finalement.

« Ah ah ah, je crois que je vais avoir besoin de mes bottes. Elles sont dans mon sac tu peux me poser, Law. »

Elle se laissa pourtant faire, heureuse de le sentir. Employer son prénom avait fait louper un battement à son cœur. C’était le signe qu’il était bien réel. Parce que dans sa solitude, elle lui parlait, lui répondait, mais n’employait jamais son prénom. Pas plus qu’elle ne le sentait. C’était la preuve qu’il était bel et bien là, avec elle. Elle se laissa donc sagement porter, lui indiquant où tourner pour aller dans un petit café qu’elle appréciait. Il avait de nombreux avantages, comme le WIFI, être le repère préféré de certains professeurs de fac, avoir un étage, faire du bon café, et instaurer une ambiance un peu confinée qui laissait beaucoup d’intimité et de discrétion aux clients. Au sein d’un box, Andrea avait toujours l’impression d’être seule avec le bois ancien des murs, remis en beauté pour l’élégance du lieu.

La déclaration de Law ne la fit même pas frémir. Elle savait. Elle savait pertinemment qu’il venait pour ça. Une part de son esprit lui souffla « juste pour ça », mais elle n’en laissa rien paraitre. Ce fut à peine si elle cligna des yeux devant lui. Puis elle s'offrit le luxe de ramasser au doigt la crème fouettée qui nappait son café au lait, de la porter à sa bouche et d’apprécier la texture légère et pas trop sucrée. Elle le laissa exposer ses projets, avant de lui sourire doucement, brisant le côté très dur de leur discussion. Elle prit le temps, enfin, d’enfiler ses bottes confortables, attachant comme à son habitude et avec une discrétion étudiée la dague à son mollet. Elle se sentait enfin entière. Trop habituée à l’imaginer dans son quotidien, Andrea avait encore du mal à penser qu’elle devait lui répondre, qu’il était là.

« Je ne l’ai pas fait parce que… Je savais que tu viendrais peut-être pour ça. Ça me donnait un moyen de plus d’espérer te revoir. Et puis… »

Elle se leva, alla régler les cafés pour être sûre qu’aucun serveur ne viendrait les déranger. Prenant toutes les précautions nécessaires, elle était plus sûre d’elle et observatrice. En revenant, elle put vérifier que personne n’était trop proche d’eux. Ces murs avaient des avantages comme des inconvénients. Et c’est en restant sur ses gardes, à l’écoute, qu’elle se rassit en croquant le petit chocolat qui accompagnait sa boisson. Grimaça. Trop amer. Une gorgée de sa boisson lui fit passer cette impression, et elle put fixer à nouveau son visage dans le sien. Presque timide, comme si trop le regarder allait le faire se consumer sur place.

« Je n’ai pas envie de le tuer de mes mains, L… Tyler ? »

Pas certaine du prénom à employer. Ils étaient en public, quoique tranquilles à cette heure de la journée, mais sur Terre. Dans le doute, mieux valait rester prudente.

« Je veux qu’il se donne la mort. Qu’il finisse lui-même par ne pas supporter de rester en vie. Je vais lui suggérer en le faisant chanter. S’il ne le fait pas… Je raconte tout à mon père, à sa fiancée, à la police. En prison ils adorent les pédophiles et les incestes… »

C’est la première fois qu’elle parlait de Seiji en ces mots. Qu’elle parlait d’elle-même en ces mots.

Frémissement le long de son échine, qui la fit trembler un instant fugace. C’est ce qu’elle était. La victime d’un frère incestueux. La victime. Faible.
Tomorrow comes to take me away
[Eagle Eye Cherry]

>  On ne devrait pas vivre que pour le plaisir. Rien ne vieillit comme le bonheur.
>  L'émotion nous égare : c'est son principal mérite.
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Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 4 mercredi 29 janvier 2014, 01:40:24

Tais-toi.

Le voilà qui se fait autoritaire. Ses sourcils se froncent, et, d'un doigt levé, il souligne son ordre. Son regard intense la fixe de longues secondes, le temps d'apprécier le silence qu'il a instauré. Méchant ? Rien qu'un peu. Il est dans son rôle de boss. Il ne laisse habituellement rien passer, sauf si l'absolution qu'il accorde peut lui offrir d'autres avantages. Il est conscient de l'effet que sa posture de tyran face à elle peut avoir. Il sait qu'elle ne le voit pas comme ça. Il connaît la façon dont elle l'imagine vis-à-vis d'elle. Et, de tout ça, il en déduit un nécessaire recadrage. D'où son attitude soudainement sévère.

Une personne n'est libre que débarrassée de ses chaînes. Il ne suffit pas qu'elles soient détachées : il faut les enlever de son poignet. Définitivement. Les esclaves...

Il s'arrête. Comparer Andrea à une esclave ? Brutal. Un nécessaire effort de réflexion devra être fait pour qu'elle comprenne le schéma qu'il veut lui inculquer. Rester neutre, éviter la négativité.

... les esclaves qui ont vécu 10 ans avec un maître... et qui arrivent à s'échapper, pleurent. C'est la première chose qu'elles font, pleurer. Elles sont tristes, elles se sentent coupables, elles ont peur, peur d'être retrouvée, peur d'être seule. Mais surtout... elles pleurent d'avoir perdu un maître. Cette phase ne dure pas longtemps, habituellement, c'est juste une passade, le temps de digérer sa liberté nouvelle.

Il fixe son café, réfléchissant soudain à l'éventualité de voler une machine et quelques sacs de grain. La pensée est hors-sujet, mais il lui est nécessaire de se détacher de ses autres propos pour ne pas finir par croire vraiment aux bienfaits de l'esclavage, qu'il rejette moralement.

Je t'interdis de pleurer. Avant, pendant, après.

Le café était avalé d'une traite. Ouch, le fond était encore trop chaud. Tout va bien. Le voilà qui sort une bourse de cuir, égrainant à l'intérieur les pièces qui s'y trouvaient, puis en sortait un billet, cherchant à y lire les numéros. Il mettra sous ses yeux la carte, déchiffrant une écriture de laquelle il avait perdu l'habitude. Marmonne. Compte dans sa tête. Puis il lèvera une main et redemandera un autre café, immédiatement.

Il risque d'être sur les nerfs après.

Je suis fier que les idées te viennent. Mais il faut trouver la force de les concrétiser. Je serais ton bras. Si tu décides de sa mort, je pourrais m'en charger si tu veux. Je comprends que moralement, c'est compliqué de buter un type, même un connard. Bref. Je veux avant tout lui accorder un... comment vous dites ?... procès équitable ? Sous ma juridiction. Après, on avisera. Tant que cela ne sera pas fait, ta vie ne t'appartiendra toujours pas. Peu importe tes petits rituels, tes cours, les masques de sucre rose que tu mets sur ta vie.

Son breuvage arrive. Il souffle rapidement dessus, et commence déjà à le boire, goutte par goutte pour ménager sa langue.

Quand tu veux, on y va.


Les choses vont et viennent. À fixer le trou noir à l'intérieur de la tasse, ses pensées s'en trouvent aspirées... c'est toujours la même chose avec les hommes. La souffrance. Le sang. Les larmes. La mort. Et il y participe. Tout est censé continuer inlassablement ? Il va finir par être triste si il continue à y penser. Mais là, c'est pour la bonne cause, se dit-il, et on en revient à l'éternel besoin de la conscience de se trouver des justifications à ses actes abjects. Oui mais il faut s'en convaincre. Ça permet de ne pas reculer au dernier moment, et de ne pas péter un câble une fois la chose faite. Allez. Encore un meurtre et c'est fini. Une existence sera libérée du fardeau de la violence sexuelle. Elle trouvera un autre poids moral, celui d'avoir ôté une vie. Peu importe : il l'aidera à surmonter cela. Il s'en est fait le serment.

On n'ôte pas les chaînes d'une esclave sans lui assurer une vie meilleure. C'est bien pour ça qu'ils ne doivent jamais se libérer seuls.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 5 mercredi 29 janvier 2014, 11:02:56

Son ordre la fit frissonner. Il lui avait déjà parlé comme ça, en lui ordonnant de vivre, en lui imposant de continuer et de ne jamais se soumettre à ce qui la définissait pourtant toutes ces années. Toujours pour ne pas lui laisser le choix. Le choix d’être heureuse ou non. Il ne la laissait pas se perdre, lui interdisait d’emprunter une autre voie que celle qui la soulagerait. Là c’est la même chose. Il ne veut pas lui permettre d’hésiter ni de regretter. Pourtant, son ton inflexible et son visage fermé lui rappellent les mots durs et sans appel qu’il prononçait à Nexus envers les gens à son service. Son autorité écrasante, son charisme camouflé qui pourtant appuyait chacune de ses paroles pour ne rendre possible que l’obéissance. Law ne pouvait sans doute pas s’empêcher de diriger, pas même elle.

Et cette constatation l’effraya plus encore que la peur de le perdre. Lui qui avait tant insisté sur sa liberté, qui maintenant encore ne lui souhaitait que ça… Voulait-il la lui prendre ? Elle ne le laisserait pas faire. Cet homme lui avait fait jurer de ne s’attacher à aucune potence. Depuis des mois, elle s’évadait de chaque enfermement et fuyait la dangerosité d’une dominance. S'il se targuait de pouvoir en exercer une quelconque forme sur elle, eh bien c’est lui qu’elle devrait fuir. Andrea fronça les sourcils alors qu’il la fixait. Son regard ne cédait en rien à celui de Law en termes de volonté. Elle faillit lui dire qu’il ne lui donnerait pas d’ordres. Qu’il pouvait lui demander chaque chose au monde, un aller sur la Lune pour la lui décrocher et revenir, l’impossible et l’inimaginable. Mais pas de lui obéir. Elle suivrait ses conseils, écouterait ses mots, prendrait en compte ses remarques.

Mais Andrea s’était jurée de ne plus jamais obéir aveuglément à quelqu’un. C’est ce qu’elle avait fait pour Seiji sous couvert d’amour, et elle ne laisserait pas ses anciens démons tout gâcher. Se soumettre aux directives de Law sans réfléchir, lui faire tellement confiance qu’elle exécuterait le moindre de ses ordres, non. Jamais. Elle n’était plus comme ça, et même lui, surtout lui ne la ferait pas redevenir un pantin obéissant, une marionnette qui connaît son rôle et danse toujours les mêmes pas sans jamais se questionner. Andrea coupait les fils, jours après jours, qui la retenaient à lui et plus globalement à son état d’esprit. Law ne l’attacherait pas de nouveau. Elle le lui interdirait. Peu importait les conséquences, plus personne n’aurait autant de contrôle sur elle. Même pas lui.

Sinon elle devrait le tuer à son tour.

Réalisant cela, elle serra la tasse entre ses mains, à risquer de la briser dans sa paume. Ça aussi, un air de déjà-vu. Il la soignerait et la traînerait chez un médecin ?

« Esclave ? »

Elle tique, se ferme sans doute un peu, attendant l’histoire. Qui lui donne envie de rire. Triste. Le serait-elle en voyant Seiji se balancer autour d’une corde ? En l’entendant supplier pour sa vie ? Elle n’en avait aucune idée. Se plaisant à penser que non, ce que Law racontait était logique. Durant des années elle avait dépendu d’un homme qui l’enfermait avec des liens de moralité, d’amour familial. Le chantage affectif était sûrement le plus puissant, et le plus efficace. Andrea allait détruire sa famille, anéantir son père tellement fier, la fiancée de son immondice de violeur qui n’en avait aucune idée. Heureusement, il n’avait pas encore d’enfants à souiller, et Andrea ne se verrait pas laisser un gosse sans père en tentant de lui expliquer que la disparition était meilleure qu’un danger qu’il n’aurait peut-être jamais connu.

Elle allait tirer un trait sur tant d’années de sa vie, n’arrivant à les justifier que par sa colère et sa rancune. Une fois sa cible effacée de la surface de la Terre, que lui resterait-il ?

Cet homme occupé à réfléchir à la monnaie d’ici. Elle étouffa un rire devant ses précautions et rajouta quelques pièces pour réclamer une salade de fruits qu’elle se mettra à picorer, la poussant vers lui pour que le café ne brûle pas seul ses veines.

Voilà ce qu’il lui restait.

« Je veux bien te passer sur le terme employé, on va dire que c’est habituel pour toi. Par contre, ne m’interdis rien, ne m’ordonne pas de me taire, Law. » Et cette fois elle employa son prénom sans se poser de question, dans un chuchotement calculé. « Je t’ai promis de ne plus obéir à personne. Je ne resterai pas esclave toute ma vie. Un homme m’a utilisée pendant trop longtemps, personne ne refera la même erreur. Tous ceux qui essaieront, je les détruirai méthodiquement. Peut-être pas par le meurtre, peut-être pas aussi durement. Mais je le ferais. Alors ne m’ordonne rien. »

Malgré ses sentiments, ou peut-être justement à cause d’eux, elle n’admettra pas qu’il menace de glisser sur cette pente. Quitte à le faucher en plein vol. Quitte à échouer. Quitte à perdre la seule personne qu’elle réclame de toute son âme. En d’autres temps, en d’autres lieux, elle lui aurait sûrement répondu qu’elle ne serait pas seule avec lui. Qu’elle ne pleurerait pas dans ses bras. Et même si elle continuait de le penser au plus profond d’elle-même, ce ne sont pas ces mots qui franchirent ses lèvres rendues brillantes par la fraise qu’elle venait de manger.

« Je ne serais pas seule, tu sais. J’ai toute une personne à redécouvrir. Elle s’appelle Andrea et je commence juste à deviner qui elle est. Ce qu’elle peut avoir d’intéressant. J’ai déjà fait le deuil de Seiji, quand je suis revenue ici. Si je pleure, tu auras le droit de me laisser là. Je ne compte pas verser la moindre larme. »

Elle s’avançait peut-être beaucoup dans ses affirmations, Andrea en avait conscience. Arriverait-elle à maîtriser ses nerfs et son corps ? Toutefois, elle était d’accord avec lui. Et ne pas pleurer serait le seul moyen de lui prouver qu’elle n’était pas cette esclave dont il parlait. Qu’elle n’était pas la pauvre petite chose fragile qu’il venait sauver avant de la prendre sous son aile. Elle voulait le suivre, bien sûr, mais en toute connaissance de cause. Elle ne serait pas son trophée, sa réussite, mais bien une égale, libérée, marchant la tête haute. Ça lui était tellement évident. Ne le voyait-il pas ? C’est pour ça qu’elle voulait laisser Seiji se détruire lui-même.

« Il est hors de question qu’il continue à me faire du mal. C’est pour ça que je refuse de lui ôter la vie, au risque de me détester pour la valeur morale de l’acte. Mais ça vaut aussi pour toi. Je ne regretterai pas, ne serai pas triste. Mais je ne veux pas que ce soit toi qui l’achève. »

Elle chercha ses mots, hésita un moment. Comment lui faire comprendre qu’elle refusait qu’il se couvre de sang pour elle ? Personne n’avait plus à souffrir de l’existence, ou la mort prochaine de cet homme. Elle appréciait son aide, elle en avait besoin pour que tout se passe bien –pour elle, pas pour son frère-, mais elle refusait qu’il y trempe davantage. A leur première rencontre, elle aurait tout donné pour qu’il se charge de l’exécution de Seiji. Maintenant, elle donnerait tout pour qu’il ne s’en rende pas responsable. Elle ne voulait pas lui confier la si lourde tâche de la délivrer de ses démons, de briser ses chaînes pour la laisser s’en démêler si aisément après coup. Elle les arracherait elle-même. Elle lui demanderait de l’aide pour tirer plus fort, au risque de briser ses poignets si fins, mais rien  d’autre. Toutefois, si l’idée était claire, l’exprimer l’était moins. Elle repoussa sa tasse vide, fermant son sac à dos pour se préparer à partir et essaya malgré tout, d’un ton hésitant non pas sur le fond mais sur la forme.

« Ce ne sera pas toi qui forcera ma liberté. Je vais la prendre seule, et aucun de nous deux n’aura à se couvrir d’un meurtre pour cela. Prononce sa sentence si tu veux, mais ne l’exécute pas. Si tu le fais, je ne pourrais peut-être plus jamais te regarder en face. Et il aura gagné, parce qu’il m’aura pris la seule personne que j’ai appris à aimer. »

Elle se leva et passa son sac sur ses épaules frêles mais décidées. Sans même regarder s’il la suivait, Andrea quitta le café et inspira une grande gorgée de l’air chaud et étouffant de cette ville qui ne la retenait plus. Elle se tourna vers lui, finalement.

« La loi est sévère mais c'est la loi. Allons la rendre. »

Et elle se dirigea sans la moindre hésitation à travers les rues, en direction de chez Seiji. Son cœur battait un peu plus vite, un peu plus fort. Ce à quoi elle avait tant songé allait se produire. Dans quelques heures tout au plus, il ne resterait plus rien de l’homme qui avait souillé son adolescence. Elle lui reprendrait de force une joie volée et une sécurité détruite. Andrea ne pourrait pas remonter le temps et récupérer son innocence, ni ces années passées à faire plaisir à tous ceux qu’elle croisait. Cet étudiant dans une bibliothèque, cet homme dans un bar, ce voisin un peu trop curieux. Elle ne les oublierait pas, mais c’était fini. Même maintenant que Seiji était encore en vie et heureux, Andrea avait récupéré la propriété de son corps. Il ne lui reprendrait pas.

En avançant d’un pas assuré, elle laissa le silence s’installer un moment avant de tourner un visage qu’elle voulait de marbre vers lui.

« Et après ? Tu as une promesse à tenir de me faire découvrir ton monde. J’ai à peine eu le temps de voir Nexus avant de disparaître. »

Seule peur demeurant, cette inquiétude qu’il ne soit venu que pour répondre à une promesse. Voilà pourquoi elle employait ce mot à nouveau, espérant que cela suffirait à calmer son anxiété de devoir le regarder repartir sans elle. Il n’avait pas parlé de la suite, depuis son retour. En disparaissant devant lui, en pleine rue, à cause d’une faille invisible qui s’était aussitôt refermée sur son passage, Andrea avait depuis toujours eu peur de ne jamais le revoir. Et maintenant que c’était chose faite, elle s’inquiétait que sa venue ne cache qu’un désir de la venger, sans rien derrière.

Andrea, bien changée mais pourtant toujours un peu la même, au fond.
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Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 6 vendredi 07 février 2014, 11:58:29

Je suis libre de t'ordonner. Tu es libre de ne pas me suivre. Justement parce que le collier autour de ton cou n'a plus de laisse. Et que bientôt, tu ne l'auras plus.

Il ne se démonte pas. Andrea fait preuve de force morale envers lui, et ça a de quoi l'étonner, bien qu'il n'en manifeste rien. Peut-être se souvenait-il d'elle plus faible qu'elle ne l'était en réalité... Ou, disons, plus passive. Et il n'a pas l'habitude, il est vrai, qu'une membre de la gente féminine ne ploie pas devant ses mots les plus durs. Celles qui se rebellent sont corrigées, et finissent à terre, muettes et soumises.

Quant à la sentence, ce ne sera qu'une reconnaissance de culpabilité. Compterait-il lui laisser une chance ?... Étrangement, oui. On ne peut admettre d'office qu'un criminel l'est bien si celui-ci n'a même pas pu s'exprimer. La loi est dure, mais la justice doit être équitable, ainsi, tous doivent supporter son poids avec une égale pression, et la rugosité de ses traits n'érafle que ceux qui ont déjà, sur leurs épaules, une conscience lestée de vices pendables. Ce n'est pas un doute envers Andrea cependant, simplement un principe moral l'obligeant à ne jamais trancher à l'aveugle. Il a appris des fautes des institutions judiciaires, parfois partiales, abstraites dans leurs sentences.

C'est ainsi qu'il pensait lorsqu'ils se déplaçaient. Il l'écoutait, oui, mais n'osait répondre, jusqu'à ce qu'elle utilise le mot "aimer". Ah, oui. Aime-t-il ? Disons que c'est son propre péché : lui-même ne saurait admettre ses sentiments, parce qu'il ne sait pas les reconnaître. Ce n'est pas un insensible, même s'il s'en donne l'air, et il connait l'amour : sa relation avec Isaac est basée sur un lien fort, ceux de deux frères de lait, ayant tété au sein de cette pute qu'est la rue, distribuant un nectar amer, teinté des souillures des hommes, vicié, puant, laissant un immonde arrière-goût à chaque repas, qui gâte le plaisir de tous les repas suivants. Mais Andrea ? C'est compliqué. Reconnaissons plusieurs signes : d'abord, elle l'obsède, c'est un fait. Il a plusieurs fois vérifié qu'elle n'était jamais loin de Seikusu, s'assurant qu'il pourrait toujours la revoir quand tout sera prêt. Il a toujours fait ses plans en prévoyant qu'un jour, il va devoir s'absenter durablement... et dans ses folles prévisions de déstitution de la Reine et de ses incompétentes instances, il faisait d'Andrea un facteur plus ou moins important. D'où son apparition soudaine : Le plan étant quasiment finalisé, il s'apprête à mettre sa vie et sa reputation gravement en danger. C'est peut-être son ultime chance de la revoir. Ainsi, le voilà. Ensuite, le sexe. Voilà quelques temps maintenant qu'il y a moins goût. Le constat fut dur à effectuer, mais mis devant l'évidence, il se trouvait sensuellement mélancolique et même parfois ennuyé. Triste, hm ? Pour finir, Isaac. À qui Andrea manquait.

Un bon signe.

Ah, une promesse. Une promesse n'est rien d'autre qu'une parole à laquelle on a donné une force morale supérieure... mais une homme qui ne respecte pas ses mots ne respecte pas plus ses promesses.


Il se rend compte que ce n'était pas clair, et a peur de la méprise.

Je le ferais parce que j'ai dis que je le ferais, pas parce que je l'ai promis. Si... si toutefois tu veux encore de moi après. Je reste avec toi jusqu'à la fin de cette épreuve, après quoi tu décideras.



Plus rien jusqu'à être devant chez lui. Il respire.

Je ne te demande pas si tu es prête.


La parole terminée, il cale bien son sac dans son dos, puis prend subitement Andrea par le torse. La dague qu'il porte à sa ceinture est aussitôt saisie et brandie sous la jugulaire de la jeune femme. Et il n'a pas l'air de rire. Gros coup de pied dans la porte.

Ouvrez, y a l'feu !


On s'agite, on bouge, ça s'ouvre. Le type n'a que le temps de constater Andrea gravement menacée, légèrement dégagée par son agresseur pour permettre à ce dernier de lui enfoncer sa semelle dans le bide. Il se plie en deux, vacille en arrière, de quoi laisser Law entrer tranquillement, et refermer la porte derrière lui.

Tu hurles, je la tue.


Analyser la pièce. Voir les possibilités d'échappatoire, les armes improvisées disponibles, voir si il y a de quoi masquer une situation imprévue en accident. Le tout se fera le plus vite possible, et il reprend la parole.

Vous pouvez m'appeler Law. Je viens vous rappeller qu'en ce monde, chaque action a une conséquence, au-delà du profit qu'on en retire.

Andrea était brutalement saisie par les cheveux, et tendue à bout de bras, dague levée pour qu'il puisse toujours la voir, et qu'elle garde sa portée menaçante.

Mais je vais vous laisser une chance de vous racheter. Je vous propose ceci : frappez-la. Mettez une claque à cette petite salope inconsciente. Si vous ne le faites pas, je vous tue.

Il lui présentait le visage de sa soeur, serrant les dents en attendant qu'il se décide. C'était sans doute aussi dur pour le mafieux que pour Seiji. Tout ce qu'il espérait, c'est qu'elle, elle arrive à supporter ça.

Il n'y a rien à négocier. Soit elle s'en prend une, et une belle, bien forte, soit je vous égorge sur le champ. ALLEZ !!


 

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 7 dimanche 09 février 2014, 12:40:26

En le guidant jusqu’à l’appartement que Seiji occupait encore, fuyant la maison qu’il avait pourtant acheté avec sa fiancée, la cadette de la famille Leevi en venait à douter. Son regard se perdit sur les bottes qui foulaient les pavés réguliers des trottoirs. Un coup d’œil vers Law, le temps d’admirer une fois de plus ce costume qui lui allait si bien. Revenir sur elle, et les différences. Elle n’avait plus grand-chose à voir avec celle qu’elle était alors. De timide, naïve, inconsciente de la vie et beaucoup trop superficielle, elle était devenue plus forte, cynique, dure envers ce qui l’entourait. La petite fille qui découvre un autre monde n’était plus. Le temps l’avait érodée, lui avait appris à ne plus se montrer aussi faible. Law y avait grandement participé, en enclenchant le mécanisme. Mais peut-être n’aimait-il pas la nouvelle Andrea ? Il l’avait connue pendue à ses lèvres à l’écoute du moindre de ses mots. Elle avait été si fidèle, si admirative. Et si la jeune femme éprouvait toujours un respect et une admiration sans borne pour cet homme à ses côtés, elle ne suivait plus sans réfléchir, se refusait de se comporter en aveugle.

Sauf que, elle l’avait bien vu, Law est homme à se faire obéir. Une mécanique bien huilée tourne autour de lui, avec les personnes qu’il connait, emploie, estime. Isaac est son plus proche « ami », et pourtant il n’y en a qu’un qui décide, en lumière. Le second influence peut-être, conseille, s’oppose parfois. Mais toujours, Law décide, mène. Et avec les femmes, le constat est bien différent. Andrea a pu le comprendre à demi-mots, l’apercevoir, le deviner. Dans ce domaine-là, il domine sans exception, il possède leurs réactions et leurs émotions, même. Si différents de par leurs cultures, Andrea a déjà dû s’habituer aux esclaves. Voilà qu’il la considère comme tel jusqu’à son émancipation totale. Certes. Mais qu’attend-il réellement d’elle ? Qu’elle se montre aussi docile et apaisante que les autres ? Comme avant ?

En y réfléchissant, elle lui avait quand même collé une baffe. Il y avait plus obéissant, comme conduite. Pourtant Andrea craignait réellement d’avoir trop changé pour lui. Il l’avait poussée sur ce chemin, mais n’était-ce pas pour elle et absolument pas pour la retrouver améliorée, apaisée ? Il était venu pour Seiji, afin de respecter un engagement. Sans doute n’avait-il plus le même intérêt pour elle. Andy n’en laissa pourtant rien paraître, de ce désordre intérieur qui agitait un esprit déjà bien trop occupé par la suite des évènements. Elle verrait bien. Il pourrait repartir, ou la reprendre avec lui mais tenter de la faire rentrer dans le moule qu’il désirait. Que savait-elle des expériences de Law en matière de femme, réellement ? Ne se risquant même pas à parler d’amour, elle savait qu’il était un homme dur, avec des principes et des habitudes bien définies. Si elle ne rentrait plus dans les critères qu’il avait appréciés, elle risquait de ressortir tout aussitôt de sa vie.

Mais elle ne changerait pas.

Parce que c’est lui qui l’avait amenée à ça. Elle en était heureuse, et personne ne la détournerait de ce résultat tant attendu.

« Je ne dois pas être la seule à décider. Pas sûre que tu souhaites rentrer avec quelqu’un d’aussi différent que dans tes souvenirs. »

Au fond elle n’avait pas changé tant que cela, petite fille qui cherche sa route et avance à tâtons, sans soutien, traînant des doutes. Mais si elle-même n’en avait pas conscience, pourrait-il le voir ?

Après avoir monté les escaliers, Andrea s’arrêta devant la porte si simple qui lui retournait déjà le cœur. Il était là, elle le savait. Sans doute en train de sécher son travail pour essayer de la joindre. Preuve en était son nouveau portable déjà retrouvé, rempli de messages de sa part. La jeune femme se demandait comment allait agir ce juge venu d’un autre monde uniquement pour répandre sa vision des choses et des lois. La discussion calme et posée n’était pas vraiment son fort, et elle s’attendait à quelque chose avec plus de panache. Du genre fracasser la porte, faire un grand sourire et lui demander quelques éclaircissements.

C’était bien la preuve qu’elle ne le connaissait pas suffisamment. Pas dans ce domaine, en tout cas. Un petit cri de surprise lui échappe quand il la contraint, ses muscles se tendent pour réagir, se débattre, répondre à l’attaque. Mais ce ne fut qu’une seconde, puisque son corps et son esprit s’apaisent d’un même instinct. Sa confiance en lui est suffisante pour qu’elle ne risque pas de tout compromettre en se cabrant. Elle se débat néanmoins, mais assez faiblement pour la poigne de Law. Donner du crédit à son intervention qui a réussi à la surprendre. Elle a pourtant travaillé avec lui sur ce genre de situation, en discutant autour d’un bon repas sur les possibilités qui naissaient sous ses yeux. Et pourtant, il la prend au dépourvu, encore une fois.

Elle va se débattre un instant, s’agitant, mal à l’aise. Mordant ses joues presque au sang pour forcer les larmes à remplir ses yeux, sans couler. Son souffle se fait court sur demande, rendant le tableau réaliste. Ne pas trop s’affoler, elle est menacée par une arme et cela pourrait être dangereux pour un otage de trop vite vouloir s’échapper.

Elle a confiance en lui. Quoi qu’il dise. Même quand les insultes pleuvent. Son cœur s’est fermé à la vision de son demi-frère, et elle ne sera pas égratignée par la façon de faire de Law. Même si elle regrette d’y avoir un rôle pour l’instant passif et soumis. Encore. Peu lui importe. Elle accepte, elle le laisse lui parler ainsi, la brandir telle une poupée de chiffons.





Seiji ouvre la porte, en jean et chemise mal boutonnée. Barbe de trois jours, portable en main, prêt à fuir, détaler comme un lapin. Il s’attendait à voir une langue de feu devant sa porte, c’est un pied des plus puissants qui l’accueille, chassant l’air de ses poumons, le faisant suffoquer alors qu’il trébuche, se retient à une chaise. A moitié par terre, il se relève difficilement, cherchant son oxygène. Une fois son cœur reparti, il s’inquiète de savoir quel est le fou qui débarque comme ça chez lui. Que veut-il, de l’agent ? Il en a. S’apprêtant à le lui proposer, il remarque sa sœur menacée par une arme blanche. Il blêmit, et referme la bouche qui allait crier au secours. Andrea, sa petite Andrea chérie menacée par cette brute. Comme elle doit avoir peur, comme elle doit se sentir faible. Il est le seul à pouvoir l’aider. Il fera ce que voudra cet énergumène, et cherchera la faille s’il y en a une pour la sauver et redorer son image auprès d’elle.

S’il sauve sa vie, il sera son héros. Bon plan. Il pourra enfin récupérer sa petite sœur chérie qu’il aime tant. Reprendre leur vie comme avant, profiter de l’ignorance de leurs proches pour partager un secret si important. Leur amour pourra perdurer. C’est une idée géniale, et il en vient presque à regretter de ne pas avoir pensé à monter lui-même un tel stratagème. Elle lui aurait tout pardonné. Elle va tout lui pardonner, même s’il ne sait pas ce qu’il a fait de mal.

Tremblant un peu malgré tout, il se redresse et acquiesce, montrant qu’il ne compte pas crier. Puis fronce les sourcils, ne comprenant pas son explication. Il reste focalisé sur Andrea, la regarde comme pour essayer de lui faire comprendre qu’elle n’a pas à s’inquiéter, qu’il est là pour elle. Passant au dessus des fringues qu’elle aborde un peu trop souvent ces derniers temps, Seiji en vient à regretter la tenue d’écolière. Le jeune homme glapit quand elle fut brutalisée à nouveau.

- Ne lui faites pas de mal ! Elle n’a rien fait ! Qu’est-ce que vous voulez ?

Aux mots suivants, Seiji se décompose et grimace. Frapper sa précieuse petite sœur ? C’est au-dessus de ses forces. Mais il ne veut pas mourir, il s’accroche désespérément à la vie.

- Pourquoi ? Vous ne voulez pas plutôt de l’argent ? Je ne dirais rien à la police ! Qu’est-ce que cela vous apporte que je la frappe ?

Il refuse d’obéir aveuglément à un ordre aussi stupide. Cela n’a aucun sens. Il ne comprend pas pourquoi il devrait lui faire du mal pour contenter cet homme. Que recherche-t-il ? La fâcheuse tendance de Seiji à trop réfléchir et à tout intellectualiser risque peut-être de lui coûter la vie. Toujours est-il qu’il réfléchit déjà à comment retourner la situation à son avantage. Il est dans de sales draps, mais ce Law ne va pas le terroriser bien longtemps. Même si à cet instant précis, il a envie de prendre ses jambes à son cou et de laisser Andy à son triste sort. Elle est un moyen de pression. Il ne la tuera pas.

- Qu’est-ce que je vous ai fait ? Ou qu’est-ce qu’elle a fait ? Je peux vous dédommager ! Elle n’a pas à payer pour mes erreurs !

Sale médiocre petite loque, c’est ce que pensera Andrea. Elle a envie de lui cracher dessus, de le voir en finir, de l’admirer au bout d’une corde. Elle veut mettre fin à cette fausse compassion, cet ersatz d’amour. Seiji ne l’aime pas, il la désire, il veut la contrôler, la soumettre. Ce n’est pas de l’amour. Il n’a toujours fait que s’amuser d’elle, sans elle. Tas de boue, de fange. Déchet de l’humanité. Même pas capable de garder la tête haute et de vouloir assumer ses perversions. Honte, de lui-même, d’elle peut être. Sentiment coupable, coupable de le cacher mais pas de le faire. Savoir que c’est répréhensible et s’y plonger tête la première. Mépriser les sentiments d’une adolescente, user de son statut, de l’admiration qu’elle lui porte. Profiter de sa force, et de la faiblesse de l’autre. Saccager une vie sans même s’en rendre compte, croire que c’est un cadeau que l’on offre.

Démence.
Tomorrow comes to take me away
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>  On ne devrait pas vivre que pour le plaisir. Rien ne vieillit comme le bonheur.
>  L'émotion nous égare : c'est son principal mérite.
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Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 8 mardi 11 février 2014, 01:18:40

Oui, il réfléchissait. Beaucoup trop. Ses pensées étaient sans doute confuses, désordonnées. C'était aussi un signe de faiblesse. Il ne savait garder son calme face à la pression, mais Law ne pouvait pas le blâmer : Ta sœur, ton amante, ta chose, les trois à la fois menacées par un psychopathe qui débarque dans ton appartement en hurlant, sans invitation bien entendu. Il n'est pas rare que les hommes pleurent dans ce genre de cas. Mais il faut d'abord que la panique passe pour que les larmes puissent couler. Prenons le temps.

Vos erreurs.

De sa poigne, il met Andrea à genoux, et la pousse un peu sur le côté pour qu'elle tombe au sol sans toutefois se faire mal. Pas bouger. Il abandonne son sac sur le côté avec rage, avance ensuite vers Seiji. Tarte dans la gueule. Pas le temps de valser qu'il l'a déjà pris par le col de la même main, l'autre appliquant le fil de la lame sur sa gorge. Un poil plus grand que lui, pas assez pour se la jouer dominateur. Reste le costard, l'impeccable physique emprisonné dessous, et les yeux de tueur pour le faire faillir. Ah, et le fait qu'il ait menacé de le tuer, et qu'il soit en position de le faire.

Un zéro en trop sur un document comptable est une erreur. Un oubli de sous-vêtement est une erreur. Une rencontre hasardeuse dans une ruelle est une erreur. L'erreur suppose tant de choses. Le fait de pouvoir se rattraper. Le fait d'essayer de ne pas recommencer. Le fait... de s'excuser.

Il commence à devenir colérique, ça y est. Le léger resserrage de sa poigne sur sa dague trahit ses nerfs qui s'électrisent, et ses narines tremblent. Respire un grand coup, récupère ton calme qui glisse. Il ne faut pas qu'il s'échappe, ou la sentence tomberait trop vite. Chaque criminel a le droit à une défense juste. Il faut dire cependant que celui-ci plaide très mal.

Law est presque tenté d'appeler Andrea pour que celle-ci fasse son avocat... Mais ce serait tellement ironique. Et il sait que, si il lui remettait cette mission, elle serait capable de le défendre avec ardeur.

Andrea... Sa Merveilleuse. Il la regarde d'ailleurs, comme pour y prendre son inspiration, avant d'en revenir à Seiji, espérant ne rien avoir trahi de sa mission sur Terre. Oui, il est un ange envoyé des dieux.

Seiji se retrouve projeté à terre par la prodigieuse force de Law. Genoux qui heurtent le sol, les mains suivent. L'esclavagiste se précipite sur lui, par derrière, lui lève la tête avec brutalité. La lame retourne sous son cou, et s'y appuie. La peau se tranche lentement. La douleur est vive, et vu l'endroit visé, n'importe qui paniquerait.

Passage au tutoiement.

Une mort rapide et immédiate, c'est mon châtiment pour tes crimes, car ce sont des crimes que tu as commis, et c'est ainsi que je veux que tu en répondes devant moi. Une fois que je t'aurais égorgé, tu seras absous à mes yeux. Les dieux finiront de te juger, et seule leur volonté emportera raison de ton âme. Cependant... Je ne suis pas un démiurge, je n'ai pas d'imperator. Je te laisse le choix, d'accepter ou de refuser cette rédemption. C'est ton droit, de ne pas vouloir que je te purifie personnellement. Mais si tu veux y échapper, tu dois payer mon prix. Et ce prix... C'est de frapper ta chienne de demi-soeur.

Le couteau appuie de nouveau. La fêlure de sa peau s'accentue, le sang coule plus franchement.

FAIS-LE ! T'as cinq putain de secondes pour le faire !

Et ses cris rageurs comptent l'échéance, alors que, face à Andrea, il la fixe avec gravité, et même un peu de culpabilité.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.




Cinq.


Shlak.

Le fil de l'acier court sur l'étendue de sa gorge, s'y enfonçant de plusieurs centimètres. Carotide et cordes vocales tranchées, le bonhomme n'aura même pas le temps de crier. Par une pulsation inopinée de son cœur au moment du tranchage, son sang gicle, éclaboussant en fines gouttelettes le visage d'Andrea. La brume rose. Le pantin ne tient que par la volonté du marionnettiste, farouchement accroché à ses cheveux. Cascade vermillon sur le torse du violeur. Il le lâche. Un quasi-cadavre s'échoue lourdement au sol, sous le regard médusé d'Andrea.

Tu... Tu m'as... volé ma libération !

Law n'en a que faire. Il constate le sang sur sa lame, et sort un mouchoir pour commencer à la nettoyer. Andrea, sans cœur, enjambe son demi-frère et frappe des deux mains sur le torse du mafieux, le repoussant d'un pas.

Pourquoi !? Pourquoi !?

Il ne t'a pas frappée. Il a refusé de te faire du mal. Je lui ai accordé mon pardon.

Nous avions convenu ! Tu n'avais pas le droit !

Elle frappe de nouveau brutalement, lui tentant de nettoyer négligemment son arme. Deux pas en arrière sous la violence du choc. Il heurte le mur, soupire, puis braque la dague sous le cou d'Andrea.

Ne lève pas la main sur moi ! N'oublies pas ton rang par rapport au mien !!

Elle le fixe, abasourdie, avant de lâcher une larme alors que son visage se tord en une grimace de pure tristesse, et qu'elle s'éloigne.

Ma vie est fichue ! Par ta faute ! Je ne veux plus jamais te revoir ! JAMAIS !




Quatre.

Attendez !

Il sourit. Retient un soupir de soulagement. Seiji regarde Andrea un moment.

FAIS-LE !

Rongé par la plus tenace des terreurs, poussé par son cri soudain, la main part, et le frère si aimant gifle Andrea. Et pas si gentiment que ça. Ca claque dans l'air, dans un lourd silence de mort. Plus personne ne bouge ensuite.

Bien. C'était la dernière fois que tu lui faisais mal. Grave ce moment dans ta tête, Andrea, et porte-le comme un couronne. Il est à toi.

Lame retirée. Seiji ne comprend pas. Il pourra bien se confondre en excuses, en explications, mais peu importe. Law est parti s'asseoir sur un quelconque siège, ayant saisi au passage une pomme dans son sac, et croque dedans avec négligence.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 9 mardi 11 février 2014, 11:36:52

Seiji se sent totalement abandonné aux mains d’un dangereux prédateur. Ses rêves de renverser la situation, ses désirs de la sauver, tout fout le camp. Quand il voit sa précieuse sœur jetée à terre par ce malotru, il s’indignerait presque. Tremblant de rage, ne supportant pas de voir quelqu’un d’aussi innocent malmené par un inconnu, Seiji hésite à se lever. Dans ses rêves les plus fous, il se voit déjà jaillir à la gorge de ce Law pour lui briser la nuque d’un seul geste. Ne sachant pas que cette exécution réclame une grande force dans les mains et les bras, il ne doute pas un seul instant de sa réussite. Entendre ses cervicales se briser, voir son faciès déformé par la mort. Il ne mériterait que cela pour avoir fait du mal à Andrea. Si ça se trouve, il a fait bien pire auparavant. D’un regard, il lui assure toujours de la sauver, de l’emmener loin et de tout recommencer.

Elle, se laisse faire et épouse le sol pour ne pas lutter contre l’inéluctable et ainsi se faire mal. Elle s’y roule en atterrissant, et ne soupçonne même pas les courbatures le lendemain. Et elle regarde sans la moindre pitié, sans la moindre peur, le responsable de ses cauchemars d’adolescente se faire malmener. A son tour d’être une poupée désarmée, un morceau de chair dans les mains de plus fort que soi. Un instant, elle se revoit à sa place et imagine Seiji comme un Law. Sauf que ce dernier est vengeur, est justice. Alors que le premier n’était que désir et égoïsme. La victime n’est pas non plus la même. Coupable dans un cas, innocente dans l’autre. Effrayant ce que cela pouvait changer aux yeux du public. Andrea ne dit rien, se contentant de se redresser pour observer le spectacle. La lame brisant la barrière de la peau. Va-t-il céder et le tuer ? Elle lui en voudrait. Parce que lui-même estime qu’elle a besoin de se libérer seule. S’il lui enlève ça, Law piétine toute la logique de leur première rencontre, renie toutes les paroles prononcées. Il aura non seulement tué sa Némésis, mais tout autant son protecteur et seul avenir.

Lui, panique. Son souffle s’accélère, mauvaise idée puisqu’ainsi sa gorge se presse d’autant plus sur la lame beaucoup trop aiguisée. Il sent son cœur tenter de maintenir la cadence de sa frayeur. Non, il ne voit pas sa vie défiler devant ses yeux. Pas de tunnel, pas de lumière blanche. Juste la peur, la terreur que tout s’arrête. Il a mis tant de temps à construire ce monde, cette vie. Tout était parfait. Lui qui avait toujours pensé que l’acier était froid comme la glace, voilà que le contact est chaud, brûlant même. Il gémit de douleur, persuadé que c’est son propre sang qui rend l’appui aussi ardent. Ses genoux, ses paumes lui font mal. Etrangement c’est là qu’il ressent la plus vive douleur, son corps tentant certainement de détourner son attention de sa gorge. Il a menacé de le tuer, et il va le faire. Il sent sa peau céder, sa glotte affolée venant danser avec une lame immobile. Mais c’est ce qu’il veut, ce Law.

Alors Seiji ferma les yeux, laissant sa respiration se calmer peu à peu. Il n’écoutait même plus les mots agressifs. Paniquer était le meilleur moyen de mourir. Allez, bordel. Il avait fait des années de judo. Une fois son souffle revenu à la normale, il le laisse compter. A quatre, au moment fatidique, quand son adversaire se remplit d’une joie malsaine de le mettre à mort, il réagit.

Se pencher en arrière, déstabiliser l’adversaire. Avantage pour lui : son arme. Avantage pour Seiji : l’effet de surprise. Ne dure pas longtemps. Sa blessure le lance, mais au lieu de se relever il plonge à terre, chasse les chevilles de Law. Qui tombe, lâche son arme. Seiji roule, vient sur son agresseur, lui tord le poignet, frappe ses poumons pour en chasser l’air et le sonner un instant. Puis se rue sur l’arme, mais surtout sur Andrea. La menacer à son tour. Il ne voudra pas d’une victime innocente. Jurer qu’il va la tuer. L’angoisse dans le regard de Law. Avantage pour lui : rien. Avantage pour Seiji : l’otage. La force de l’autre est oubliée, seul compte le corps frêle de sa demi-sœur contre lui.

L’imprévu : Andrea. Il n’a pas songé qu’elle exploiterait son amour pour elle pour se détacher de lui sans le moindre effort. Retour au point de départ, il meurt.

Conclusion : il ne peut pas la sauver ni briller à ses yeux. Peut-être peut-il encore épargner sa propre vie, alors.




- Attendez !

Le regard de sa sœur finalement relevée est froid, dur. Elle n’a pas peur, pourquoi ? Il est menacé de mort, il va devoir la frapper. Peut-être le protège-t-elle en lui montrant d’ores et déjà qu’elle n’a pas peur, qu’elle ne lui en voudra pas ?

- Désolé, Andy. Je me ferai pardonner.

La claque résonne. Dans l’air, dans le cœur des deux jeunes gens, dans la tête d’Andrea. Law se retire, la jeune femme n’y fait même pas attention. Elle ignore sa joue endolorie et criant pour un peu d’apaisement. Un pas.

« Comme il le dit, c’était la dernière fois Seiji. Je n’ose pas imaginer ce qu’il se passe dans ton esprit malade, mais tu as tout faux en t’excusant pour cette gifle. »

En se redressant, elle a pris la dague dans sa botte, et la pointe à présent vers lui. Son visage est calme, aucune larme, aucune colère ne vient le déformer. Triste avatar de glace, elle ne compte pas lui offrir la moindre compassion ou hésitation. Il commence à avoir peur, elle le voit, s’en délecte. D’un mouvement du poignet, elle vient laisser quelques sillons écarlate sur son bras.

« Tu vois, ta route s’arrête ici. Ce n’est pas moi qui vais te tuer, ça non. Hors de question que je me tâche pour toi. Tu vas te donner la mort. »

Elle sort une corde de son sac, et la jette dans ses bras. Il la rattrape par réflexe et la regarde, abasourdi.

- Andrea, qu’est ce qui te prend ? C’est moi, ton frère chéri. Il te menace, c’est ça ? Tu peux tout me dire, tu sais. Ne t’en fais pas on va s’en sortir.

Il ne comprend rien. Andrea s’énerve mais tente de ne pas le montrer. Elle s’approche encore, et pose la pointe de son arme sur son cœur. Elle n’a qu’à appuyer, et il est mort dans les quatre centimètres.

« TAIS-TOI ! Tu vas accrocher cette corde à la rambarde de ta fenêtre. Puis à ton cou, et tu vas sauter. Sinon, je vais voir papa, Sachiko, et je leur raconte tout. Tes perversions, ma soumission, ce que tu as fait à mon anniversaire puis tous les autres jours de ma vie. Que tu violes ta putain de petite sœur ! »

Sa voix tremble, mais de colère. Elle ne pleurera pas.  Ferme un instant les yeux, les rouvre sur Law. Sourit.

« Et puis à ton travail. Les voisins. Nos grands-parents. La police pour finir. Je vais détruire point par point toute ta vie. Tu as fait de moi un fantôme. Tu es coupable, et ta place est en prison ou mort. Tu sais ce qu’ils font aux pédophiles, là-bas ? Ils ont tous une petite sœur quelque part, tu vois. Qui admettrait que tu puisses recommencer sur leur famille ? »

Il panique, s’agite, cherche une porte de sortie. Elle ne lui en offre aucune. Concentrée, elle lui rend sa gifle. Puis saisit à pleine main son appareil trois pièces, ce qui a causé son errance.

« Je suis sûre qu’il commenceront par te faire bouffer ça. Alors maintenant, tu sautes. N’oublies pas la lettre d’adieu. »

Seiji réalise. Qu’il n’a aucune échappatoire, qu’il ne peut se résoudre à voir les regards sur lui avant de finalement se faire agresser, molester, sans doute tuer entre quatre murs. C’est en pleurant, enfin, qu’il obéit. Assommé par la sentence. Il n’a pas le choix. Le chien de garde d’Andrea l’empêchera de fuir, de toute manière. Prenant un stylo, il se penche et rédige en pleurant une lettre de suicide. Au moins, ainsi, on l’aimera encore après sa mort. Il se tourne vers Andrea, les larmes aux yeux, la morve au nez. Pitoyable. Et c’est cela dont elle a eu peur toutes ces années ?

- Tu promets de ne rien dire, Andy ? Si je le fais. Ne leur dis rien. En mémoire de notre complicité. Je suis désolé, je ne sais pas pourquoi… Tu étais trop belle, trop désirable.

Il lui donne envie de vomir. Andrea baisse sa lame, et lui tend la corde sans un mot. Il se lève, la prend… Et tente une dernière fois de sauver sa vie. Il tord le poignet de la jeune fille, qui lâche sous la force du désespoir de son demi-frère, lui crochète le bras et passe dans son dos pour l’empêcher de bouger. Dans un rire victorieux qu’il croit déjà vainqueur, Seiji recule vers la porte de sortie.

D’un regard, la jeune femme supplie Law de ne pas intervenir. C’est trop facile. Elle s’est longuement entraînée, depuis quelques mois. Il lui est donc facile de glisser –tant pis pour son épaule gauche qui craque salement-, mordre au sang le bras qui la retient. Le faire lâcher, se retourner et frapper d’un revers de la main dans le cou, le faire trébucher, puis achever de l’étendre à terre d’un coup de coude entre les omoplates. Attacher elle-même la corde n’aurait pas été difficile avec ses deux bras, mais le gauche est hors service. Epaule déboitée, elle s’en occupera plus tard. La corde une fois attachée tant bien que mal, elle reprend sa dague en soupirant.

« S’il faut vraiment une arme pour te faire obéir, alors d’accord. Saute maintenant. »

Malgré les gémissements, les suppliques, les implorations de pitié de Seiji, Andrea resta inflexible, ignorant la douleur qui transperçait son bras. Patiente, elle le laissa se relever, avancer vers la fenêtre, l’ouvrir. Le vide la fit sourire doucement. La libération approchait. Seiji enjamba le rebord, jeta un coup d’œil vers le bas. Se retournant, il supplia une dernière fois. Elle l’ignora et lui fit un signe de la tête.

« Saute. »

- Tu as bien changé, Andrea. Je ne pensais pas que tu pourrais être responsable de la mort de quelqu’un. J’emporte avec moi l’autre Andy, la douce et gentille petite sœur.

« C’est toi qui l’a tuée il y a des années. »

Il fit enfin ce pas en avant. Andrea ne resta même pas pour le regarder. Elle était sûre de son nœud. Rangeant son arme, elle ne sentit pas immédiatement le soulagement la prendre. Fière jusqu’au bout de ne pas pleurer pour un frère qu’elle avait perdu il y a bien longtemps, elle se contenta de ramasser son sac à dos.

« La police ne devrait pas tarder, alertée par les passants. Je n’ai pas le temps de regarder. Il faut qu’on parte. »
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Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 10 mardi 11 février 2014, 12:41:54

Au panthéon des dieux mineurs, ils étaient quelques milliers de résidents, et, il faut bien l'avouer, glandaient pas mal.

Sous une toge rouge sombre, un dieu reptilien restait debout au-dessous d'un gouffre titanesque, où défilaient, sous forme de lumières flottante, des millions d'images venant d'autres mondes. Ses deux mains écailleuses et griffues dépassaient de ses manches, paumes tournées vers le bas. Ses lèvres psalmodiaient dans des murmures une ode au sacrifice humain.

« Sparshy ! »

Le dieu ne se démontait pas dans sa prière. Le nouvel arrivant, grand brun au teint verdâtre comme un marécage, épaisses lèvres et sourire bienveillant, s'installait au bord du précipice, jambes pendantes, attendant tranquillement que le serpent ait fini son incantation.

Les secondes passent, rythmées par le chant du pieu vengeur jusqu'à ce qu'il se stoppe, et baisse les mains.

« Sparshy, tu devrais venir manger, y a Heyno et Sifro qui sont en train de se mettre à poil. C'est chaud, j'te jure. »
« Non. Je profite. »
« Hm ? »
« Regarde. Les lentes offrandes sont toujours les meilleures... Et plus la vengeance a attendu, plus celle-ci est... délectable. »




Law n'avait pas bougé, bon spectateur qu'il est, même si la tentation avait été grande. De toute façon, il l'aurait rattrapé si il avait fuit... Mais nul besoin. Andrea gérait sa race. Il était admiratif de ce qu'elle lui faisait. La pomme avait été finie avec hâte, jusqu'à la tige, rongée puis avalée sans état d'âme. Il ne laissait rien derrière lui, comme à son habitude. Il n'accordait pas un regard au supplicié lorsque celui-ci file vers sa potence.

Et zou. Tombent, tombent les feuilles mortes. Andrea veut déjà partir. Il l'arrête en lui prenant le bras.

Non. Nous avons toujours le temps pour une prière.

Et il ne déconne pas. Il s'agenouille face à la fenêtre, demandant à Andrea de faire de même. La dague est levée des deux mains, comme si il l'offrait à son seigneur, mettant bien en évidence le sang de Seiji, substance toujours nécessaire à l'accomplissement d'un rituel.

À défaut de prier mon dieu, contente-toi de penser à ce que tu viens de faire... Et respirer ta liberté.

Et il prie, à voix basse. Sparshong, dieu de la vengeance et de la juste violence, accepte ce cadeau qui t'est fait. La rédemption lui fut prise de force pour racheter ses crimes, arrachées par celle qu'il avait offensé. En prenant cette âme, accorde le bonheur et la liberté à Andrea, offre-lui d'oublier ses souffrances, et que plus jamais elle ne subisse de peine. Il finit avec la promesse rituelle. Tue-moi si je transgresse ta foi. Venge-moi si on transgresse ma foi.



« C'est tout ? »
« Comment ça, 'c'est tout' ? »
« Ben... là, le mec se pend, il meurt, et... voilà ? »
« Oui. »
« C'est rapide, comme mort. Il n'aura même pas eu le temps de digérer sa culpabilité. »


Le reptilien se tourne vers son collègue, puis vers les lumières. Les images de Seiji traînant au bout de cette corde le contrarient, maintenant. Un dieu changeant.

« Tu n'as pas tort. »

Sa langue siffle.



Law ouvre les yeux, s'apprêtant à partir... Quand...

Attends ! … Fais-moi confiance, je te prie.

Il se précipite vers la fenêtre. Seiji n'est pas mort, visiblement, puisqu'il est encore secoué de légers spasmes. Miracle que sa nuque ne se soit pas brisée net. Toujours sa dague en main, il utilise la poignée (pas la lame, il n'est pas fou) de sa dague pour creuser le nœud, et le défaire de peu. Il passe ensuite son majeur dedans et tire dessus.

« Tombe. »

Tombe.


Seiji, évanoui, quasi mort, ne sent plus la pression de son propre corps sur son cou. Au contraire. Il est léger, léger...

Un horrible triple craquement lorsqu'il atterrit. Moche pour ses jambes. Il gît au sol dans un état pitoyable. Les passants sont horrifiés, un jeune homme hurle de terreur à trois mètres. Et il respire toujours.



« Pas mal. Et maintenant ? »
« Je vais le tenir en vie. Il a été tué comme offrande, et même si il n'est pas mort, il l'aurait été sans moi. Sa vie m'appartient pleinement. Il recommencera ce qu'il vient de faire, mais de son plein gré. »
« … J'aime bien l'idée. Et du coup, tu as une nouvelle fidèle ? »
« Peu importe. Je vais rester près d'elle de toute façon, qu'elle m'aime ou non. »
« OK. Moi j'en ai eu cinq depuis ce matin. Bon ! Tu viens voir les loches de Sifro ? Y a de la murée farcie à table, en plus. »
« Non. Je vais rester un peu ici. Veiller sur ça. »
« Comme tu veux cousin. »




Dans la rue, une excitation peu commune saisit Law. Il sourit bêtement, appréhendant un peu la suite tout de même. Marche rapide jusqu'à une petite rue où il s'engouffre avec la jeune femme.

Pardonne-moi. J'ai senti le besoin de le faire. Je sais qu'il est mort, ou qu'il mourra, ça viendra, je te le promet. C'est... comment dire... Je devais le faire.

Il tente un sourire, et l'embrasse doucement ensuite.

Andrea... Tu es libre désormais, tu l'as fait. Tu peux faire ce que tu veux. Si tu restes avec moi, Nexus, c'est par là,
dit-il en désignant le bout du boulevard, par une autre ruelle d'où il a débarqué. Sinon, je te laisse ce qu'il faut pour que tu puisses subsister un bon bout de temps, et... je te laisse vivre ta vie, sans moi.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 11 mardi 11 février 2014, 22:01:08

C’était bien son genre, de s’arrêter pour prier au lieu de filer loin par peur de la police. Andrea faillit insister, le tirer en arrière, mais se retint et le suivit pour s’agenouiller avec lui. Premièrement parce qu’il faudrait être fou pour contrarier Law dans sa dévotion religieuse. Deuxièmement parce qu’une fois partis pour Nexus, ils ne craindraient plus rien. Tout ce qui restait à espérer, c’est que les témoins mettent du temps avant de réaliser ce corps pendu à une fenêtre, et aient du mal à se remettre du choc, tardant à appeler les forces de l’ordre. Pas sûr que les policiers japonais acceptent l’idée de rendre la justice soi-même. Les explications de Law auraient peut-être du mal à passer, même avec l’appui du témoignage d’Andrea. D’autant plus que l’esclavagiste Nexusien ne disposait pas de la plus grande diplomatie au monde. Autant dire que c’était suicidaire de se faire prendre. En prison, rentrer sur Terra allait être compliqué.
 
Et pourtant elle s’agenouilla, ferma les yeux et prit le temps de remercier les dieux, le Destin, n’importe quoi, de lui avoir permis de régler cela dans les meilleures hospices. Tout s’était déroulé le plus sereinement du monde, sans imprévu qu’elle n’avait pu maîtriser, et en cela elle était reconnaissante. Elle remercia de lui avoir envoyé Law pour l’épauler dans ce moment qu’elle attendait. De lui en avoir donné la force.
 
Qui que tu sois, je pense que l’on a un ami en commun. Il te vénère, je te remercie, si jamais tu m’entends. Je ne pense pas avoir à te croiser à nouveau.
 
Sauf que, comme d’habitude avec Law, rien ne se termina comme elle l’avait prévu. Là où elle pensait l’entraîner dans des ruelles qu’elle connaissait bien pour fuir les soupçons,  laissant derrière elle le cadavre de son demi-frère se balançant au bout d’une corde sans le moindre regret, il se précipita vers la fenêtre pour l’empêcher de se pendre. Andrea le suivit de peu, le regardant sans comprendre sauver la vie de sa victime. Un pincement au cœur lui prit, elle ne comprenait pas. Pourquoi détruisait-il tout à coup son travail ? Chaque heure depuis son retour l’avait menée ici, à cet instant où elle pourrait admirer d’en bas son œuvre. Peut-être serait-ce elle qui appellerait la police en premier, qui sait ? Et là, il enlevait le nœud qu’elle avait pris soin de faire, de passer autour de son cou robuste qui ne s’était même pas brisé.
 
Sous le coup de la pendaison, le sang fut chassé aux extrémités et son corps inanimé, gigotant comme pour se défendre de la gravité, laissa apparaître une érection évidente. Sa dernière provocation avant la chute ? Un pied de nez à sa demi-sœur, ou simple réflexe naturel ? Ses lèvres laissaient échapper un peu de salive pleine de bulles blanchâtres. Les yeux révulsés de Seiji se braquèrent soudain dans les siens, alors qu’elle le regardait tomber. Tellement vite, et pourtant si lentement. Andrea se redressa quand elle entendit le bruit peu avenant. Des jambes brisées, à n’en pas douter. Etait-il seulement mort ?
 
Voulait-elle seulement qu’il le soit ?
 
La suite, Andy n’en eut pas vraiment conscience. Elle eut à peine le temps de retenir un haut-le-cœur en passant à côté du tas de membres qu’était à présent Seiji, sans parvenir à identifier s’il avait eu une chance de survie, et si celle-ci ne s’amenuisait pas de secondes en secondes. Elle suivit Law sans plus réfléchir, et faillit vomir en s’arrêtant. Mais son esprit prit le pas sur son estomac, et elle réussit à maintenir son dernier repas en place.
 
De justesse.
 
« Tout ce qui m’importe c’est qu’il ne puisse pas recommencer. Dans son état, s’il survit, il ne pourra pas. Mais je lui avais promis la mort. Ce que tu lui offres est pire. »
 
Elle haussa les épaules et répondit distraitement à ses lèvres, sans réaliser vraiment.
 
« Je m’en fiche. »
 
Andrea secoua la tête et respira un grand coup, sans encore réaliser.
 
« Libre » murmura-t-elle. Elle le répéta ensuite, plusieurs fois, avec chaque fois le visage plus éclairé malgré ce qu’il se passait à l’intérieur.
 
Elle avait tué un homme. Du moins, elle avait été responsable de la mort d’un homme. De son demi-frère. Preuve que les meurtres sont soit passionnels, soit intéressés. Avide de liberté, elle s’était permis de décider de la vie et de la mort d’un être humain. Elle n’était pourtant pas faite pour évoluer ainsi, pour prendre cette direction. Andrea prenait soudainement compte de son acte. Elle en avait pourtant rêvé, l’avait longuement imaginé. Mais au final, jamais elle n’avait accordé de réelle importance à la portée que cela prenait. Détruire une vie. Et plusieurs, même. Dont celles de personnes qu’elle appréciait plus qu’elle n’aimait.
 
Son père. La fiancée de Seiji. Des proches qui comptaient auparavant pour elle. Qui n’avaient rien fait, rien demandé. Ni la mort d’un fils, d’un amoureux, ni la disparition d’une fille, d’une amie. Ils ne s’y attendaient pas, et Andrea se demanda si elle avait réellement le droit de partir. Même si la réponse était évidente, même si elle savait qu’elle ne faisait rien de mal et qu’il était légitime de fuir cette vie, elle savait qu’elle laisserait des regrets chez ces personnes là. Elle, non. Elle ne pourrait jamais réellement revenir sur ce choix. Et puis, si jamais elle changeait d’avis, la jeune femme savait que Law la raccompagnerait en personne. Mais jamais, jamais elle n’envisageait la possibilité de partir de ce monde qui était déjà le sien.
 
Et si jamais Seiji avait survécu ? S’il la dénonçait ? Elle paraîtrait alors comme une meurtrière, une criminelle aux yeux de tous. Recherchée, elle ne pourrait jamais revenir dans cette ville qui n’était pas vraiment « chez elle ». Mais s’il se réveillait et donnait son nom comme premier coupable, alors elle perdrait plus que prévu. Elle serait haïe de personnes qui n’avaient d’autre tort que ne rien avoir vu. Il aurait tout gagné. Et, si dans un coin de sa tête Andrea tentait de se convaincre qu’il ne se relèverait pas, et qu’il aurait trop honte pour parler de son geste… rien n’était sûr. Le monde d’ici la détesterait comme elle le conspuait. Juste retour des choses. Mais c’est alors elle qui aurait le plus perdu dans cette vendetta qui ne devait toucher que Seiji.
 
« Rentrons. Mais avant, j’ai quelque chose à faire. »
 
Elle lui prit la main et l’entraîna jusque dans son petit appartement en désordre, des vêtements étalés de partout. Le matin même, elle avait cru avoir perdu ses bottes et avait mis un moment à les retrouver, et le temps de ranger lui avait manqué. Elle n’y prêta pas attention, pas plus qu’à Law. Elle avait attendu ce moment depuis trop longtemps pour garder une trace de Seikusu. A peine entrée, elle déboutonna son chemisier blanc et le lança à travers la pièce, avant de faire de même avec son pantalon sans même enlever ses bottes. Se retrouvant en sous-vêtements devant son guide sans la moindre gêne, elle retourna une fois de plus son bureau pour se saisir d’un papier et d’un stylo.
 
Les mots coururent sur le papier, laissant quelques phrases d’adieu à son père. Elle disait qu’elle reviendrait après un long voyage. Elle mentait. Tant pis. Il ne comprendrait de toute façon pas du tout son départ précipité. Une fois le message laissé, elle l’accrocha sur le petit frigo de son studio et se préoccupa enfin de sa tenue. Le short fut facilement identifiable, et elle l’enfila avec un soupir de soulagement. Le t-shirt fut plus récalcitrant, et elle dut aller le dénicher dans sa salle de bains pour le passer, attraper son sac, ranger sa dague et attacher ses longs cheveux en une natte sur le côté qui ne la dérangerait pas.
 
« Voilà. Plus rien ne me retient. Maintenant, on peut partir. »
 
Revenant vers lui, elle saisit son visage entre ses mains et l’embrassa sans lui laisser le choix, libérant doucement sa liberté, qui la cueillait enfin au ventre pour la faire se sentir entière. Ce poids sur son cœur avait disparu. Elle n’avait plus aucune attache. Pas même celle de l’attente de ces retrouvailles.
 
Elle voulait rentrer à Nexus, vivre son quotidien, épouser ses habitudes, se redécouvrir et tout reprendre à zéro.
Tomorrow comes to take me away
[Eagle Eye Cherry]

>  On ne devrait pas vivre que pour le plaisir. Rien ne vieillit comme le bonheur.
>  L'émotion nous égare : c'est son principal mérite.
[Oscar Wilde]


Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 12 vendredi 14 février 2014, 21:57:54

Il s'était trouvé étonnamment détaché en entrant chez elle, profitant simplement d'un miroir pour rajuster son costume. Mouai. Toujours pas convaincu par le trois pièces, vraiment. D'autant plus que cette merde coûte relativement cher par rapport aux salaires terriens. Il ne comprend pas bien l'intérêt. Son manteau s'accorde d'ailleurs assez peu avec la tenue humaine, et c'est d'ailleurs la seule chose qu'il trouve rigolote sur lui. C'est peut-être pour ça qu'on le regarde étrangement dans la rue... Et ça lui plaît.
Tournant la tête, Andrea est en sous-vêtements. Regard perplexe. Pincement de lèvres. Hm. Le regard fuit vers la déco, chose dont il se fout pas mal en fait, mais ça lui permet au moins d'éviter une situation gênante. Il n'est pas censé la décevoir, il doit donc oublier ses réflexes primaux.

Parce qu'honnêtement : Y a moyen, comme on dit chez les jeunes. Y a moyen, ouip. La situation s'y prête pas mal, disons.

Elle coupera court à toutes ces idées négatives, par un simple baiser, et la manifestation de son envie de partir.

Moui. Filons.




Nexus.

La Cité-Etat tenait cette particularité de sa taille et de sa densité démographique. Tant de gens au même endroit... C'était immensément plus grand que ce qu'Andrea n'avait jamais pu connaître. Même Tokyo ne bouillonnait pas autant que cet endroit de Terra, dont les institutions vieillissaient, et la modernité peinaient à s'installer. Soyons clairs : Les esclavagistes y sont pour beaucoup. Ils sont réluctants à toute forme de progrès, tout avancement étant négatif à leur petit commerce. Leur emprise sur la politique et les affaires allaient bien plus loin que tout ce que tout nexussien pouvait bien imaginer. Les machines étaient des nouvelles formes d'esclaves qu'ils ne maîtrisaient pas : Il fallait les empêcher de prospérer. La faiblarde monarchie, manipulée par les plus riches, devait rester telle qu'elle est, pour que les ficelles continuent à être tirées. C'est ainsi qu'ils se faisaient les agents objectifs du gouvernement en réprimant les idées séditieuses, prêtant volontiers leurs armes pour empêcher les révolutions. Trois grands esclavagistes de la partie côtière du pays s'étaient alliés afin de capturer tout insurgé vivotant dans leur territoire, ainsi que tous ceux qui militaient avec eux, soit plus d'une centaine de personne, pour les exécuter sommairement dans une grande cérémonie publique... où les soldats de la garde urbaine faisaient la sécurité. Ils n'ont pas été inquiétés pour ce qui est, admettons-le, un assassinat de masse au mépris total des lois. La justice à deux vitesses.

Parlons d'exécution, d'ailleurs. Après cheminement dans le passage étroit formés par la proximité de deux longues maisons, apparaît une grande place. Le cri d'un commerçant, juste à côté d'eux, les surprendra. Il hurle à plein poumons la qualité de ses produits, ce qui intéresse visiblement deux bourgeoises poudrées qui se penchent sur les tissus brodés, avec force commentaire murmurés sous leurs éventails. La rue fourmille de passants, charrettes, carrosses, porteurs... Quatre soldats en armure fendent la foule avec difficulté. Une odeur de viande cuite envahit leurs narines alors qu'ils s'avancent : Juste devant une baraque, à l'ombre d'une grande toile dressée au-dessus de sa tête, un gros homme affalé sur tabouret austère et bas, le torse nu, toute sa masse offerte à la vue, une lame fine mais immensément longue tenue d'une main, découpant une viande qui rôtit, feu dans une petite fosse à même le sol, épaisse colonne de fumée s'en élevant. Law s'éloigne encore. Le fumet de gibier est remplacé par une puanteur acre et puissante, celle du métal qui chauffe. Aux lourds clinquements, on devine aisément qu'un forgeron est à l'oeuvre.

Attends, regarde, regarde.

Le Boss tire Andrea vers celui-ci pour qu'elle puisse admirer l'artisan : Celui-ci modèle, à deux mètres derrière son étalage tenu par une jolie jeune femme, une pièce de hache. La chose semble ardue : Les coups de marteaux nécessitent toute sa force de son unique bras – l'autre étant absent. Il porte un tablier de cuir bouilli, assez grossier, sale et abîmé, et rien d'autre sur son buste. C'est un jeune homme, une dizaine d'années, peut-être un peu plus, qui lui tient à deux mains avec une pince et des gants le métal pour qu'il puisse être battu par le farouche ouvrier.

« Vous voulez quelque chose ? »

La jolie brune sourit au couple, avant d'être sollicitée à sa gauche pour informer d'un prix. Law en profite pour s'échapper, emmenant avec lui la terrienne. Pleine heure de la journée, pleine activité dans les rues. Il faut esquiver les gens, comme dans un couloir de métro, qui ne sont guère enclins à s'écarter parfois. Jusqu'à s'échapper de l'artère principale par une autre rue, un peu plus calme, majoritairement résidentiel. Il continue à marcher d'un pas vif, regardant posément autour de lui pour surveiller ses arrières, jusqu'à une large place. Une grande statue se trouve au centre, d'un marbre blanc quelque peu sali par le temps, remarquablement taillée par ailleurs. Une œuvre d'art au plus pur sens du terme. La qualité des traits de l'homme représenté est saisissante : La fourrure qui borde sa cape qui le couvre entièrement semble réelle, les motifs sont finement dessinés, encore plus, dirait-on, que dans du vrai tissu. Bien que vieux d'apparence (la cinquantaine, probablement), le monarque couronné d'un diadème d'or est plutôt beau. Sa face est puissante, dénotant de sa lignée royale. Deux militaires traînent sur la place, l'un patrouillant dans les colonnes qui la bordent, l'autre faisant les cent pas près de la statue.

Le Roi Franis a beaucoup fait pour Nexus. Il a agrandit les rues à grands coups de masse. Délogements à gogo, expulsions même, destructions de commerce... Mais la circulation devenait intenable vu la population croissante. Il a creusé deux boulevards à travers la ville en rasant tout ce qui se trouvait sur le passage. Un mal nécessaire, je suppose, mais maintenant, Nexus est praticable. Enfin, pour combien de temps encore... Il était attaché aux arts, aussi. Toutes les belles facades, tu vois, c'est de lui. Et puis, quand ce fut la crise, il a découvert comment marchait la monnaie.

Il sort une belle pièce en or de sa poche, avec le profil de la Reine gravé dessus.

Les caisses du Royaume étaient vides. Franis a alors eu une idée géniale. Cette pièce d'or vaut une pièce d'or, d'accord ? Il a donc pensé à rogner les contours de chaque pièce, récupérant les copeaux pour en fondre de nouvelle pièce. Mais les pièces avaient toujours la même valeur, tu vois ? Alors qu'en vérité, dans leur substance, elles avaient moins de valeur. Ainsi est né l'inflation à Nexus. Crise économique, et il s'est fait buter par son fils  qui y a vu une opportunité de se faire bien voir par le peuple. Enfin, ce n'est que justice, Franis lui-même avait fait tuer son incapable de père. Et il a aussi construit ceci.

C'est vers cet endroit que Law se dirigeait. Un immense temple, dont l'escalier compte une bonne quarantaine de marches. Beaucoup de gens en rentrent et en sortent, la plupart des femmes enlevant d'ailleurs, lorsqu'elles passent la porte pour retrouver l'extérieur, un voile qui couvre leurs cheveux. Pas d'inquiétude, Andrea n'a rien à faire pour se fondre dans le décor. Tout dépend du dieu prié, visiblement : Accompagnée par deux hommes et une femme, les trois enchaînés, une femme presque nu, portant simplement une jupe de toile bleue transparente autour de son bassin et ses jambes, voletant gracieusement autour d'elle. Elle voit Law qui s'apprête à entrer, sourit et le salue. L'esclavagiste fera l'effort de lui baiser la main.

«  -Vous avez quelque chose à leur demander ? 
-Souvent, Dame. Toujours, même. Que ferions-nous sans les dieux. »


L'un des trois esclaves s'avance, se détachant du lot, pour s'incliner particulièrement devant Law, murmurant un « Monsieur »  avec respect. En réponse, une main sur son crâne chauve sera posée.

« -Les deux autres ne sont pas les miens. Chez qui vous fournissez-vous ? 
-Ce sont des cadeaux. Ils ne sont pas d'ici.
-Ah oui ?... Et lui, avec le tatouage, vous le vendez ?
-Combien m'en proposez-vous ? »


Law ignore la fille et va examiner le garçon, sortant à peine de l'adolescence, une peau bronzée et des muscles puissants, qui se laisse manipuler sans problèmes.

« -80 000 ? 
-Voyons voyons... Il vaut bien plus.
-85, alors. Allez, 90 pour l'exotisme. »


La nobliote (car c'en est une, malgré sa tenue indécente) rit doucement, avant de désigner Andrea.

« -Et elle, vous la vendez ?
-En échange de votre oriental, pourquoi pas. »


Elle rit de nouveau, et s'éloignera avec un « bonne journée ». Law sourit à Andrea, reprenant son cheminement pour entrer à son tour dans le temple.

Je savais qu'elle ne te prendrait pas. Elle tient trop à son jouet.


L'intérieur du bâtiment n'a rien à envier aux cathédrales terrestres. Le décor est bien plus tournée vers les tissus et les tableaux que vers l'architecture, néanmoins, celle-ci reste de qualité, ainsi que les traduisent les hautes colonnes de pierre gravées, les murs qui, loin d'être lisses et droit, s'harmonisent avec les peintures, les nombreuses statues et les meubles. La longue allée centrale est bordée d'escaliers souterrains ou montants, les premiers donnant l'accession à deux sous-sols, les seconds continuant le parcours vers une mezzanine où se trouvent d'autres alcôves. Ah oui, car il y a beauuuucoup d'alcôves, chacune étant consacrée à une divinité majeure. Les plus mineures se trouvaient sous leurs pieds.

Andrea n'aura aucun mal à faire un parallèle avec des divinités telles Jupiter ou Aphrodite, mais d'autres représentations sont bien plus fantaisistes : Ainsi l'est ce singulier personnage, tout en angles et en lignes, entièrement cubique, dont on devine une silhouette vaguement humanoïdes. Un genre d'homme-Lego pour elle. La plaque où est écrite son nom et sa description n'aideront pas beaucoup Andrea : L'écriture lui est inconnue. Juste à côté de lui se trouve un géant, laid mais puissant, qui traîne de lourdes chaînes à ses poignets, pendant à celles-ci de nombreux poids qu'il est contraint de tirer sur le sol. En y regardant de près, on devine sur chacune de ces boules de métal des sigles.

Ila, le maudit. Il traîne les péchés de chaque personne qui croit en lui. Plus nous faisons d'erreurs, plus il doit faire d'effort. On dit que si il s'arrête de marcher, le monde s'écroule sur lui-même. Attends moi là, j'en ai pour quelques minutes... Visite donc.

Il embrasse sa chevelure en pressant le crâne d'Andrea contre lui, avant de s'éloigner d'un pas rapide vers le fond pour croiser un prêtre, à qui il parlera, l'emmenant plus loin.



Sans faute, il est de retour une dizaine de minutes plus tard.

Sortons, je te prie. L'odeur d'encens commence à me rendre malade.



De nouveau dehors, il respire à plein poumon l'air, fronçant les sourcils pour empêcher les rayons du soleil de trop brûler ses iris.

Quand la nuit tombera, ce soir, il y aura une fête en l'honneur de Dehma, le nocturne. Comme la plupart des fêtes de Nexus, il y aura de l'alcool, de la musique et probablement des orgies. Tu voudras faire un tour ?... Malgré le tableau que je t'en ai dépeint, c'est sympa quand même, tu sais.

Un regard sur le ciel pour jauger de l'heure qu'il est.

Et là, dans l'immédiat, on fait ce que tu veux.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



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Utilisez des userbars. <3

Andrea Leevi

Humain(e)

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 13 samedi 15 février 2014, 11:12:45

Si seulement elle avait su où trouver la faille. Après avoir pourtant parcouru toute la ville de nombreuses fois, jamais Andrea n’était malencontreusement passé dans un autre monde. Terra était restée loin d’elle, sans jamais l’autoriser à l’approcher. Elle aurait pourtant aimé débarquer ici, lui prouver qu’elle pouvait le retrouver et qu’elle n’était pas juste bonne à attendre. Seule, le danger de la ville l’aurait certainement écrasé par sa présence, mais Andrea aurait fini par trouver son chemin, le rejoindre. Mais jamais elle n’avait trouvé de faille, et ce n’était pourtant pas faute d’avoir cherché. Il avait fallu qu’il débarque, réarrangeant sa vie au passage.

Sa vie qui maintenant était à Nexus. Elle en eut la certitude en le laissant la promener d’étal en étal. Fascinée, Andrea avait presque oublié la finesse du travail pourtant brutal de ces étrangers. Ils paraissaient tous totalement dévoués à leur tâche, sans fioritures. Admirative, un sourire encore naïf sur ses lèvres, elle absorbait telle une éponge toutes les informations visuelles, olfactives, auditives. Se souvenir. Pouvoir se balader ici les yeux fermés rien qu’à l’odeur, en se fondant dans le flux de la foule qu’elle n’avait pas trop de mal à comprendre, ayant été jusqu’à Tokyo et son enfer du transport en commun. Il suffisait de se laisser porter, saisir les courants de déplacements parfois instaurés de force. Mais Law ne les laissait pas se fondre dans la masse, préférant forcer des déviances qui n’existaient pas pour atteindre son but. Elle s’approcha, un peu trop près peut être, et une étincelle atteignit sa main. Elle ne dit rien, ne protesta pas, frotta à peine sa peau. Se reculant légèrement, Andrea admira ce superbe bouclier de feu et de chaleur qui entourait l’artisan sans distraire son apprenti qui, fidèle, risquait à tout moment de se brûler, de se faire atteindre par l’énorme masse du forgeron qui, déviée ne serait-ce que d’un centimètre, pourrait parfaire un trajet différent de celui voulu et finir sur les doigts du jeune homme.

Il ne semblait pourtant pas avoir peur, et déjà la jeune femme quittait la place pleine de vie. Pour la première fois, Law lui parla du régime en place. Il l’avait déjà fait, dans cet amphithéâtre où il avait fait une entrée remarquable et remarquée. La jeune femme sourit à ce souvenir, bien consciente qu’il n’y avait que lui pour la surprendre autant à chaque fois. Un véritable maître de l’improvisation, et du spectacle. Malgré sa surprise à ce moment-là, elle se souvint vaguement. Il avait parlé d’une monarchie ridicule et corrompue. Sous ses explications qui se veulent impartiales devant cette statue, elle décela du ressentiment. Jetant un regard en arrière, appréciant une fois de plus le tableau hétéroclite de la place qui fourmillait de vies et d’activité, elle regretta déjà ce qui pourrait être sa disparition. Était-ce dans une volonté d’évolution, de normaliser, de casser les habitudes de ces gens qui, par leur nombre et leur routine, peuvent facilement écraser les nouveautés apportées par un régime en place mais fragile ?

Aaaah, le temple. Grande évidence, s’il en est ! Connaissait son guide, Andrea n’envisageait pas ne pas y faire un détour. Celui-ci était bien plus grand que là où il l’avait déjà emmenée. Celui-ci grouillait de monde, de tous horizons et avec, probablement, différents dieux à prier. Andrea aurait bien aimé savoir qui venait pour quoi. Était-ce facile à lire dans leurs attitudes, leurs regards ? Pour certains, sûrement. Mais d’autres se montraient bien plus réservés et secrets. Distraite de son attention portée à la foule, Andrea sourit doucement quand elle fut presque échangée contre un jeune esclave.

« Je suis certainement plus exotique que lui, je viens d’un autre monde. Elle y perd. »

Ils entrèrent, il la laissa. Andrea n’avait pas assez d’yeux pour tout admirer, mais elle essaya de se repérer. Une déesse chat, tiens. Les inspirations semblaient autant venir de la religion égyptienne avec cette probable représentation de Bastet, que de l’Antiquité greco-romaine. Et d’autre nettement plus étrange. Qu’était supposé être cette statue obèse sans bras ? Haussant les épaules, Andrea ne perdit pas de temps à se poser des questions et interpella un tout jeune homme, sans doute un peu moins âgé qu’elle. Il semblait pourtant déjà fait homme, dans cette civilisation bien différente.

« Excusez-moi, je cherche le Dieu de la vengeance, sauriez-vous m’orienter ? »
- Vous devez parler de Sparshong. A l’étage, sur la droite, troisième arche.

Andrea le remercia d’un signe de tête et, sans remarquer son regard avide sur elle, la jeune femme monta à l’étage et s’arrêta devant un corps, mi-humain mi-serpent. Ce devait être lui, oui. Son expression inspirait la violence, et pourtant une certaine sagesse se dégageait de lui. Message implicite selon lequel la vengeance est une juste cause ? Andrea haussa les épaules, joignit les mains, baissa la tête un instant. Elle prit le temps de le remercier à nouveau. Ce n’était sans doute pas le début d’une croyance ou d’une foi, non. Mais la jeune fille n’était ni ingrate ni irrespectueuse. Elle savait remercier humblement, et respecter une figure tant vénérée par quelqu’un qui lui est proche. Une fois ceci fait, elle redescendit dans l’entrée pour rejoindre Law qui venait de terminer.

« Ce que je veux ? Ici c’est chez moi maintenant. Je veux agir comme quelqu’un d’ici, penser comme quelqu’un d’ici. Et je ne veux certainement pas voir tout ça… » elle engloba tout le paysage d’un geste de la main « …détruit par un roi aussi stupide que son père. »

En dévalant les marches avec lui, Andrea fut de nouveau confrontée à une flopée d’esclaves. Autant lors de son premier séjour, cela ne l’avait pas dérangée plus que cela. Mais maintenant qu’elle-même était libre et comprenait le poids de chaînes, même invisibles, cette vision lui déplaisait. Elle détourna le regard, incapable de les regarder et de se voir à leur place. Essayant de les ignorer, Andrea ne voulait même pas savoir s’ils étaient heureux ou non de leur condition, s’ils avaient d’autres possibilité de survie. Certes ils étaient ainsi nourris logés blanchis là où ils mourraient peut être de faim ailleurs. Mais sa liberté toute nouvellement acquise lui semblait encore trop fragile pour qu’elle accepte de voir d’autres personnes réduites à l’état de bétail, de serviteurs. Les évitant soigneusement, elle ne perdit toutefois pas sa bonne humeur et se mit en route au hasard, certaine qu’il la suivrait.

« On fait la fête ce soir, alors. Il va falloir faire quelques ajustements. »

Empruntant une, puis deux ruelles, Andrea regarda à travers les fenêtres épaisses de crasses de plusieurs établissements. Elle leut avait fait quitter le quartier plus riche, plus bourgeois, pour plonger instinctivement dans un endroit qui ne dort jamais. Même si le soir ils étaient plus réputés et davantage côtoyés, Andrea savait bien qu’il y aurait toujours quelqu’un pour répondre présent. Décidée, elle poussa une porte et alla directement s’installer à la table qu’elle avait aperçue à travers la vitre. Contrairement aux autres, le lieu était convenablement propre et semblait tenu avec rigueur. Ignorant l’hôtesse qui ne manqua pas d’accueillir Law avec sourires et mouvements de hanche, Andrea tira une chaise en bois brut dans un bruit de raclement, et s’assit dessus. Autour de la table circulaire, quatre paires d’yeux étonnés se fixèrent sur elle. Passée la surprise, l’un des habitués réagit. Pas très grand, il dépassait pourtant la jeune femme. Sa barbe fournie était désordonnée mais propre, tout comme ses vêtements usés mais corrects. C’est lui qui tenait le paquet de cartes dans ses mains, les battant au rythme du sang qui pulsait dans sa carotide apparente. Une boucle d’oreille à gauche, deux à droite, il espérait sans doute ressembler à de la racaille mais rien à faire. Lui, comme ses compagnons, dégageaient une certaine sympathie malgré leur étonnement de trouver là une gamine à la place de Ralph qui était allé pisser.

- Qu’est-ce qu’tu fous là, gamine ? C’pas un endroit pour toi, tu sais.
« Vous jouez au backjack. J’en suis. » répondit-elle avec aplomb, laissant Law aux crocs acérés de la propriétaire de l’endroit.

Un rire gras lui répondit, tandis que celui qui avait parlé distribuait les cartes à tous sauf à elle.

- On mise pas des jetons ici, mais des vraies pièces ma p’tite. T’as de quoi parier ?

Andrea enleva soigneusement la bague qu’elle portait à son doigt. Cadeau de son père pour sa majorité. Superbe qualité. Ses futurs partenaires le remarquèrent d’ailleurs, et leurs yeux brillèrent de convoitise.

« Je vois que j’ai toute votre attention. Maintenant, jouons. Ah, et donnez-moi en prime une pièce chacun, histoire de corser un peu la donne. Il ne s’agirait pas que vous gagniez en un tour, n’est-ce pas ? »

Ils s’exécutèrent de bon cœur, amusés mais surtout impatients de pouvoir récolter cette pièce rare qui leur vaudrait beaucoup d’argent à la revente. L’un deux songeait simplement à séduire enfin l’élue de son cœur avec un tel présent. Les cartes furent données, le résultat de la première donne fut équivoque. Sa première mise disparut alors qu’elle perdait telle une débutante, conservant néanmoins encore sa plus belle mise en jeu. Confiants, ses adversaires se détendirent et leur attention se reporta entre eux, à savoir de qui allait repartir avec l’anneau serti d’une pierre d’excellente qualité.

C’est exactement ce qu’Andrea cherchait. Alors qu’ils misaient confortablement pour atteindre le pactole représenté par la mise de la jeune femme, ils ne firent plus attention à elle, persuadés d’avoir gagnés. Sauf que…

« Blackjack, messieurs. »
- Oui on sait le nom du jeu, gamine. Ne nous…

Elle retourna les cartes. Victoire. Un sourire satisfait éclaira son visage, lui rappelant quelque peu sa première venue à Nexus. Récupérant le petit pactole mis en jeu, Andrea glissa l’ensemble dans son sac à dos et se leva de table, les remerciant pour la partie et s’éloignant sans plus se soucier de leurs vociférations, les uns s’engueulant avec les autres de leur négligence. Aucun ne la suivit, pourtant. Malgré leurs apparences, ils étaient droits et relativement intéressés par le jeu pour l’amusement et non le gain. Leurs esprits, non pervertis par la couleur de l’or, reconnaissaient sans peine leur défaite ridicule sans songer à vouloir récupérer par la force leurs biens.

Andrea leur sourit, et ressortit. La scène n’avait duré que dix petites minutes, et déjà elle revenait à des rues plus fréquentées. S’arrêtant pour acheter avec ses gains quelques grains de raisin, elle tendit une grappe à Law en souriant.

« Le bon vieux temps. Bon. Je suppose qu'il faut que tu te changes. J’adore ton look, mais le costume est un peu dépaysé ici non ? Et je ne vais pas aller danser en short. J’ai eu de la chance, sur ce coup, et je pense avoir assez pour me payer une tenue plus appropriée. »

Le goût du raisin entre ses lèvres fut une véritable bénédiction, tellement plus authentique que celui qu’on pouvait trouver sur Terre. Les saveurs fruitées furet un délice, alors qu’elle avalait les grains un par un.

« Au fait, comment va Isaac ? J’ai hâte de le revoir. »


[J'ai l'impression que c'est tout pourri]
Tomorrow comes to take me away
[Eagle Eye Cherry]

>  On ne devrait pas vivre que pour le plaisir. Rien ne vieillit comme le bonheur.
>  L'émotion nous égare : c'est son principal mérite.
[Oscar Wilde]


Law

E.S.P.er

Re : A Human I Should Turn To Be

Réponse 14 lundi 17 février 2014, 21:45:05

Un homme en toge de prêtre passait juste derrière Andrea. Le délicat froissement du tissu rouge marquait ses pas discrets. Voyant la jeune femme visiblement en train de prier, il s'agenouille devant l'autel, et utilisera l'une des bougies pour brûler l'extrémité de l'un des bâtons d'encens, unique tige dégageant de la fumée devant cette statue en particulier. Quelques secondes de recueillement, et il se redresse en la contournant pour s'éloigner ; au passage, sa main se pose sur le bras d'Andrea, sa face exprimant un genre de compassion, de compréhension. Il ne sait pas pourquoi elle est là, mais il semble vouloir lui transmettre sa foi par ce simple geste. Est-ce que ça marche ? Tout dépendra d'Andrea. Peut-être verra-t-il ses yeux jaunes, brillants, apparaissant l'espace d'un bref instant, lorsqu'il cligne des yeux.

Il se réfugie derrière une colonne. Dressé, observant le plafond du temple un instant, avant de se reporter sur ses mains. Quatre doigts, un pouce. Quelle idée ces humains ont-ils. Law passe devant lui, il le salue. Il ôte sa toge et l'abandonne au sol. Un homme nu parcourt le temple, et, à part une petite noble dévêtue accompagnée de trois esclaves, personne ne semble le relever.




Ici c'est chez elle. En effet. Nexus est la terre qui accueille les perdus, les valeureux, les parasites, les héroïques, les riches, les sanguins, les romantiques, les déterminés, les cupides, les blessés... Et tous ceux qui n'ont plus leur place dans leur monde. Nexus, là où Law est monté de sa campagne profonde pour devenir quelqu'un. Nexus où se retrouve Andrea, dans le but d'y replanter ses racines qu'elle n'a probablement jamais vraiment établi quelque part.

Mais ici, c'est chez lui... Chez lui. Et à bien la regarder, sise auprès de lascars pas très engageants avec une assurance démesurée, jouant de bluff contre des joueurs du dimanche qui s'y connaissent pas mal, la vérité le frappe soudainement : Les chaînes sont autour de son propre cou. Aussi con que ça puisse paraître, un peu d'égoïsme lui étreint la gorge : Fini, les prises de risque inconsidérées. Il va devoir ralentir ses petits complots qui le placeraient, si les autorités devaient le découvrir, dans une position fort bancale, celle d'ennemi public numéro 1. Si le crime prospère tranquillement dans Nexus, c'est parce qu'il sert les intérêts de la Couronne : Au moment où le lèse-majesté est impliqué, pas sûr que la Reine et le Conseil soient aussi cléments avec les trafics d'influence, entre autres. Fini, les petites bastons, tard le soir, incognito, pour rigoler. Fini, les putes et les esclaves baisées à même son bureau, entre deux séances de travail, ou pour se détendre d'un échec commercial qui le rend nerveux, voire même carrément colérique, défoulant sa haine sur une pauvresse attrapée au hasard parmi ses employées pour qu'il expulse sa rage. Fini la doctrine de « penser pour soi, rien que pour soi ». Bon, il s'encombrait déjà de la personne d'Isaac, sur qui il veillait avec soin. Mais celui-ci n'était pas un homme plein de fantaisie, et il détestait sortir, ce qui rendait la tâche de Law facile. Andrea, nouvelle arrivée dans ce pays, ne risque pas de rester cloîtrée avec deux gardes à sa porte. Fini la cruauté : La terrienne va vouloir se mêler de ses affaires, ce qui, au demeurant, ne le dérange pas tant que ça ; en revanche, elle risque de mal supporter de voir cet homme qu'elle admire assister le plus tranquillement du monde à des séances de torture, corrections nécessaires à des écarts qu'il ne tolère pas, que ce soit parmi son personnel ou chez des ennemis qui ont eu le malheur d'être capturés.

Law caresse son cou. Il n'a pas un grand utilisateur de bijou, il préfère la simplicité, mais il lui arrive, lors d'une réception chez les grands pontes de Nexus, de porter quelques bagues, des bracelets ou des broches en tout genre. En revanche, jamais de collier. Trop de symbolisme à cet objet. Même si c'est une parure qui peut être agréable, c'est le signe immuable de l'esclavage chez lui.

Alors qu'il dessert sa cravate, nerveux, la tenancière s'adresse à lui.

« -Alors, mon beau, tu bois ?... 
-Non. Je l'accompagne simplement.
-C'est ta petite amie ?
-Et je ne fais pas la discussion non plus, jolie blonde. »


Il attendra simplement qu'elle ait fini, assis au comptoir sur un tabouret, dominant de sa vue le jeu. Il était surveillé par l'un des joueurs qui craignait qu'il ne donne des indications à Andrea, mais c'était inutile. Le Black Jack se joue personnellement. Et elle s'en sortait à merveille. Il était admiratif, et souriait de la voir empocher son premier pécule local.




Elle n'avait pas oublié (ou c'était une coïncidence!) son amour farouche pour les fruits de tout poil. Nourriture numéro 1 d'un Law qui ne se refuse rien, pouvant ingurgiter toute une journée une dizaine de ces végétaux sucrés différents comme uniques repas.

Isaac va bien. Il est fatigué ces temps-ci. Je crois qu'il s'est mis en tête de bosser plus que moi... Bon, hm, c'était déjà le cas avant, je crois, puisqu'il perd moins de temps que moi sur des futilités que sont le sexe et le jeu. Par contre, il met bien plus de temps à manger. Maintenant que j'en parle, ça me fait m'interroger sur nos horaires respectives. Je devrais y penser... Et surtout, lui ordonner de se ménager.


Les livres de compte se multiplient et le lieutenant de Law les vérifie, virgule par virgule, il les analyse, dégage des tendances, corrige d'éventuelles coquilles, les recoupe, les résume et les apprend. Son travail principal, inspecteur des finances. Personne ne fait ça aussi bien que lui. Il a acquis une mécanique qu'aucune école, aucun travail ne pourra l'enseigner mieux que son propre talent est capable de l'exécuter. De ces corvées économiques se dégagent les tâches de gestion pures, sous-tendant une constante attention et une connaissance aigüe des hommes et des rouages de leur cerveau. Aussi, il paraît naturel que le travail abattu en fait un pilier de l'industrie du crime de Law, pilier d'ailleurs insoupçonné,et  une simple brèche à son endroit rendrait bancale l'entièreté de la machine mafieuse constituée par un duo aux compétences équilibrées et parfaitement réparties.

À force de marcher, leurs pas les menaient vers une grand-rue, quasiment un boulevard, où les deux seront de nouveau pris dans la foule. Il n'est pas si tard que ça encore. Cette avenue a une particularité singulière : D'un côté vit un quartier plutôt bourgeois, nombre de marchands s'y retrouvent, et l'armée ose encore patrouiller sans gêne ; puis, arrivé à un certain point, comme si l'allée qui la traversait était une frontière entre deux mondes, les maisons se faisaient plus pauvres, les pavés plus sales, la population moins fréquentable. C'est justement sur cette avenue, faisant l'angle de l'allée susnommée, que se trouve l'un des bâtiments les plus modernes et les plus imposants de Nexus : Le casino de Law. Il domine par sa taille l'ensemble des quartiers. L'entrée est au coin, gardée par quatre molosses, et d'autres mercenaires armés font le planton sur la route, examinant chaque passant, se donnant d'ailleurs un droit de faire dériver le chemin des badauds qui seraient trop suspects, les obligeant à changer de trottoir pour éviter de passer juste devant la maison de jeu. D'inspiration classique, le fronton de pierre sombre est d'une régularité et d'une propreté impeccable, ce qui est déjà mieux que 90% des habitations de la capitale. Et, cela paraît une évidence mais il convient de le préciser : Aucun militaire ne s'en approcher. Ici est un territoire étranger ; pas une zone de non-droit, mais une zone d'un autre droit, celui du boss des bas-fonds.

Lorsqu'il arrive, d'ailleurs, les hommes se signalent entre eux sont existence, fendent la foule, obligeant à ce qu'elle se dégage pour le laisser passer. Une charrette sera arrêtée dans son trot, les indigènes seront poussés contre les murs. Toute circulation, même piétonne, est stoppée.

Hmf. Désolé.

S'il aurait été ravi qu'elle voit ça la première fois, ce coup-ci, ça lui plaît beaucoup moins. Mais il ne peut déroger à ce genre d'impératifs qui garantissent généralement sa sécurité. Il est un Roi à qui l'on fait une haie d'honneur, pour qu'il puisse rentrer dans son casino.

La salle est occupée, mais pas remplie au maximum de sa capacité. Quand le soleil sera couché, les grands malfrats et les petits bourgeois se côtoieront pour une danse endiablée de cartes et de jetons, buvant, frémissant et hurlant jusqu'au petit matin pour certain. Du haut des trois marches de l'entrée qui surplombent la salle et son effervescence grimpante, il sourit, prenant une grande inspiration avant de s'engager dans l'allée centrale, cheminant jusqu'au grand escalier de marbre à l'autre bout, là aussi surveillé par ses cerbères.

Tu sens ? C'est l'odeur de mon profit. Ca peut paraître infect au départ, mais on s'y fait vite. Oh, à ce propos. Tu n'es pas ob...

Une serveuse manque de les percuter, habillée en Bunny Girl mais sans les oreilles ridicules, un plateau dans chaque main. Elle vacille en esquivant Andrea et se rattrape de justesse, un petit tour sur elle même. Pas une goutte à côté.

« Pardonnez-moi, monsieur !... Maître. » Dit-elle en reconnaissant, à retardement, son patron. « Je vous prie d'accepter mes sincères excuses. Je n'ai pas voulu vous bousculer, vous et mademoiselle. »

Law sourit, et balaie la chose d'un simple geste, signifiant qu'il ne lui en tient pas spécialement grief. De bonne humeur, il ne se fâche pas pour des conneries. En d'autres temps, elle aurait pu prendre cher. Pour le remercier de sa mansuétude, elle s'oblige à s'incliner, l'expression douce et visiblement pleine de quiétude. Après quoi elle demande à pouvoir retourner au travail, ce qu'il accorde sans broncher, reprenant son chemin.

Je t'ai un jour dit que tout cela t'appartenait. C'est toujours le cas. Tu es maîtresse en ces lieux... Ah, oui, je disais, à ce propos : Tu n'es pas obligée de penser que tu dois tout acquérir par toi-même, et risquer ta vie au jeu. Les moins scrupuleux ne tolèrent pas qu'une femme gagne, ou perde d'ailleurs, et aiment à se servir sur leur corps. Et tu n'es sans doute pas du genre à te laisser faire. Je n'aimerais pas qu'on me signale avoir trouvé ton cadavre égorgé et violé, ma grande. Néanmoins... Je ne peux pas t'interdire de vouloir prendre par toi-même ta subsistance, et cela dans le but de le mériter. Aussi, si tu veux un travail, et pourquoi pas être payée au même salaire que les autres, j'offre des tas d'opportunités. Et si tu me le demandes, tu n'auras aucun traitement de faveur. Choisis ta place dans mon empire, de la plus subalterne à la plus haute, et je te laisserai me prouver que tu es capable de tenir un travail honnêtement rémunéré. Sinon, Nexus s'offre à toi. Oui ?

Le dernier mot était adressé à un employé, responsable de salle, la bonne cinquantaine, qui attendait depuis une trentaine de secondes que Law ait fini de parler. Il se penche à son oreille. « Maître, on a un gros gagnant là-bas. Monsieur Palad soupçonne un passeur. » Le boss acquiesce, puis sourit à Andrea.

Je vais encore devoir te laisser. Je te laisse aller me chercher de quoi m'habiller, et visiter l'endroit (Il fait signe à un chien de garde de l'accompagner pour qu'elle puisse aller partout). J'ai agrandi depuis, mais rien n'a fondamentalement changé. Isaac doit être... Je ne sais pas. Ici, ou dans mon Grand Bordel. Je m'occupe de ça, je fais le tour des salles pour voir si tout va bien, et je te rejoint.

Oui, il est occupé. Et encore : Il a libéré sa journée en sachant qu'elle viendrait. Mais les imprévus font que... D'ailleurs, dès demain, il retrouvera un rythme légèrement plus soutenu : Contrôle du personnel, négociations, contrôle des comptes, des opérations extérieures, et autres réjouissances qui font partie de sa vie.

Et sers-toi dans mes biens. Tout est à toi, de mes esclaves jusqu'au plancher sur lequel tu marches.

Il sera parti, raison en main, s'asseoir à la table où le responsable de salle le conduira, et montrera qu'on ne plume pas sciemment le Roi des Bas-Fonds.

Ancien Despote, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, Anarchiste révolutionnaire, extrémiste de la Loi.



Je suis pour la réhabilitation des Userbars.
Les userbars sont VOS amies. Elles sont gentilles.
Utilisez des userbars. <3


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