1
Les contrées du Chaos / Re : Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Weyrith le Aujourd'hui à 03:21:35 »☼
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
L’Oracle l’avait appelé et il se trouvait devant lui. Tourbillon de Vents entremêlés. Que faisait-il là ? Maintenant qu’il y était, il doutait. Mais il posa quand même la question. Cette question, il ne s’en rappelait plus exactement. Et il ne se rappelait plus vraiment de la réponse de l’Oracle. Les faits étaient flous. Il avait plus reçu une certitude et un cap au fond de lui, une guidance légitimée par le pouvoir de la certitude.
Après cela, rien ne l’avait arrêté.
Il avait humilié et détruit Mogdarr, le soumettant à ses ordres.
Il avait traité ses compagnons comme des serviteurs.
Il les avait conduits dans un piège.
Lethyssia était là. Elle l’avait provoqué. Elle lui avait révélé les plans de son maître. Pour ça, il l’avait dominée. Une énergie impensable s’était emparée de lui, le genre d’énergie qu’il n’avait pu déployer avant de devenir le Grand-Maître du Cercle de l’Oubli, bien plus tard.
Il avait vaincu la succube et avait gagné sa dévotion.
Il avait sauvé ses amis.
Tous.
Sauf une.
« WEEEEEEEEEY !!! »
▓▓▓▓▓
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
Le hurlement de terreur de Vanaiel avait percé les voiles du Temps pour lui revenir avec la même clarté qu’alors. Il se rappelait. Il se rappelait. Et avec cette déchirure de la trame, il se rappela d’autres choses.
Mais il ne parvenait pas à comprendre ce qui l’assaillait. Il y en avait trop. Amis et ennemis se superposaient les uns sur les autres à la vitesse de l’éclair. Les événements se mélangeaient, anéantissant ses pensées et ses raisonnements. Il sentait sa conscience s’éteindre, diluée dans la tempête brutale balayant son crâne. Il se tendit, serra les dents, grogna.
☼
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
Les Vents le calmèrent.
Il se retrouvait devant l’Oracle. Là-bas, au temple. Mais pas vraiment. Il avait vaguement conscience de ne pas être là et de faire face à une projection de son esprit. Un réflexe de survie, une sauvegarde d’urgence de sa santé mentale. Une manière de couper court au chaos pour lui permettre de réémerger.
L’Oracle, tourbillon sans visage, était devant lui, autour de lui. Il n’interagissait pas avec lui. Il régnait une ambiance étrange. La sérénité qu’inspirait les sifflements bienveillants de l’entité était comme ternie par autre chose. Il ne l’avait pas réalisé en s’y rendant, mais il se rappelait. Il se rappelait l’avoir ressenti, là-bas. Il se rappelait.
L’Oracle n’avait pas parlé.
▓▓▓▓▓
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
De violentes convulsions s’emparaient soudain de lui. Il restait debout, perché sur la pointe de ses pieds, le corps tordu, tendu à l’extrême. Il faisait un malaise sévère. Autour de lui, les Vents devinrent une barrière infranchissable et solide qui menaçait d’éroder les chairs de tout être cherchant à l’approcher.
☼
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
~~~~~~~~
░░░░░
▒▒▒▒▒
▓▓▓▓▓
Devant lui, une silhouette noire se tenait. Ce n’était pas les Vents. Mais ça en faisait partie. C’était ce qui lui semblait. La silhouette lui ressemblait étrangement. Elle lui sourit, des yeux incandescents le fixant avec une fierté malsaine tandis que, soudain, une voix aussi suave qu’impérieuse tonnait dans son crâne.
« IL ÉTAIT TEMPS ! LE TEMPS FILE, TU SAIS ! ET TU AS UNE CHOSE A FAIRE POUR MOI, FILS ! »
▓▓▓▓▓
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
▒▒▒▒▒
░░░░░
~~~~~~~~
– ⊃ o ◊ o ⊂ –
☼
Pendant une seconde, le temps sembla se suspendre dans la pièce où se tenaient Weyrith et Thyia. Les Vents stoppèrent. Les secousses aussi. Un silence total envahit tout tandis qu’une chape de plomb s’abattait étrangement sur les lieux.
Puis, une explosion d’énergie fit tout basculer, venue de l’Empereur, qui s’éleva brièvement avant de retomber sur ses pieds. Son teint était livide, ses traits creux et noircis, et ses yeux brûlaient d’un feu surnaturel, rouge et crépitant d’une magie sauvage. Ces mêmes yeux se posaient sur la créature, durs et furibonds. Et quand elle l’entendit reprendre la parole, elle réalisa qu’il ne bougeait pas les lèvres, et qu’elle l’entendait directement dans sa tête, impossible à éviter.
« Toi… Qu’est-ce que tu m’as fait… ?! »
Weyrith serra les poings, puis il se relâcha d’un coup et tendit un doigt.
Les Vents s’abattirent soudain sur Thyia, l’enveloppant si fort qu’elle perdit sa capacité à se disperser, prisonnière de sa forme, tandis qu’elle était rejetée dans le bassin qu’elle ne sentait même pas, ni l’eau à l’intérieur. Coupée du monde, elle le percevait sans le sentir à cause de l’enveloppe élémentaire l’emprisonnant.
Elle vit la silhouette sinistre de l’engeance cachée de Pazuzu se dresser subitement au-dessus d’elle et, à une vitesse surnaturelle, s’abattre sur sa personne. Weyrith l’étudia avec un plaisir sadique et en se frottant les mains.
« Bon, comment on se débarrasse de toi ? Peut-être qu’en déshydratant jusqu’à la dernière molécule de ce qui te compose… Hahaha ! Tentons ça ! »
L’eau du bassin se mit à bouillir soudainement et une chaleur extrême enveloppa la créature aquatique, qui se sentit changer par la force de la physique sans pouvoir se disperser, et la pression à l’intérieur du cocon de vents solide la tenant grimpa en flèche, lui donnant l’impression d’imploser. Un rire rauque et narquois s’échappa de la gorge du Weyrith transformé, qui la regardait souffrir avec une joie évidente.
•
Ailleurs, Arkhavel Solmyrion arrêta ce qu’il était en train de faire. Le véritable Grand-Maître du Cercle de l’Oubli fit des yeux ronds et scruta une direction avec anxiété.
Ah non, songea-t-il avec irritation ! Hors de question ! Il deviendrait trop dangereux !
Le mystérieux comploteur ferma les yeux, se détendit et murmura une prière silencieuse.
•
Weyrith cessa soudainement ce qu’il faisait et il se figea avec un rictus inquiet, comme si ce qu’il était réalisait ce qui allait se passer. Il essaya d’articuler quelque chose, un refus d’être encore une fois circonscrit. Mais la gemme à son front brilla et sembla aspirer son pouvoir avant de s’en décharger en un clignement d’œil, s’éteignant aussi vite qu’elle s’était allumée.
Le flash passé, Weyrith réapparut comme il avait été avant, tel que Thyia l’avait découvert à son réveil. L’eau avait cessé de bouillir, son corps reprenait forme, et les Vents la quittèrent, se dissipant soudain, la laissant retomber dans un bassin tiédi.
L’Empereur, lui, chancela, une mine absente sur le visage, et, tombant à genoux, bascula sur ses talons et en arrière, s’étalant de l’autre côté du bassin.
Il y eut un bref instant de calme suspendu avant que Mogdarr fasse irruption à nouveau. Mais, déjà, Weyrith émergeait.
« Je savais qu’il fallait pas te laisser seul avec ! Qu’est-ce qui se p… »
L’Orque se tut en voyant les deux individus allongés dans son énorme baignoire, apparemment tranquilles, et un supérieur clairement pas affecté par un quelconque affrontement qui viendrait de se tenir. Car comme il émergeait, Weyrith semblait, en effet, n’avoir aucun souvenir de ce qui venait de se produire. Il regarda alentour avec étonnement avant de scruter brièvement Thyia, puis de lancer à son général :
« Sors, je te prie. »
Le guerrier ronchonna, mais il s’exécuta, une fois de plus, et le silence retomba comme l’Elfe et la créature se fixaient.
« Je ne veux pas savoir ce qu’il s’est passé, commença à dire Weyrith, car je pense qu’il est mieux que j’aie oublié. Quoi que tu aies fait, Thyia, es-tu satisfaite du résultat ? »









Messages récents


