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Les contrées du Chaos / Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Thyia Tapsus le mercredi 29 avril 2026, 15:09:35 »Je ne bouge pas. Pas encore.
Le silence à l’intérieur du chariot n’est qu’une illusion. À l’extérieur, le monde ne s’est pas arrêté. Je l’entends continuer, lourd, vivant, imparfait. Des pas résonnent, profonds, irréguliers, faisant vibrer le bois sous leur poids. Des voix s’élèvent, graves, rugueuses, sans retenue. Les ogres. Ils ne combattent plus. Ils déplacent, rangent, reconstruisent avec une brutalité presque méthodique. Leurs gestes sont simples, mais efficaces. Leur présence forme une masse diffuse que je perçois sans la voir.
Certains s’approchent.
Leur curiosité est palpable. Elle n’a rien de discret. Elle ne cherche pas à se cacher. Ils regardent sans comprendre, attirés par ce qu’ils ne peuvent pas nommer. Je sens leur attention peser, mais je ne leur rends pas encore ce regard.
L’eau me maintient. Elle m’aide à me reformer, à me stabiliser, mais elle ne suffit pas. Elle n’est pas l’océan. Elle ne me reconnaît pas. Chaque mouvement reste coûteux, chaque instant hors de mon élément laisse une trace dans ce que je suis. Pourtant, je tiens.
Parce que lui est là.
Sa présence tranche avec tout le reste. Elle n’est pas diffuse. Elle ne se perd pas dans le chaos ambiant. Elle s’impose. Sa voix, lorsqu’elle résonne, coupe le monde extérieur sans effort. Elle ne demande pas. Elle affirme.
Je sens ce qui l’entoure.
Ce ne sont pas des flux d’eau. Ce n’est pas quelque chose que je connais… mais cela répond. Cela se plie à sa volonté. Les vents. Ils l’enveloppent sans l’entraver, prêts à réagir. Il ne se contente pas d’exister dans cet environnement. Il agit dessus. Il le contrôle.
Lorsqu’il parle de commandement… je comprends. Mais je ne réponds pas immédiatement.
Je laisse le silence s’installer entre nous. Il s’étire, se charge, devient presque tangible. À l’extérieur, quelque chose de lourd chute. Un grondement suit, puis un rire épais. Rien de tout cela ne l’atteint. Rien de tout cela ne m’atteint.
Alors, lentement, mes yeux s’ouvrent. Je ne cherche pas son regard. Je sais déjà où il est. Je le vois.
Je ne me redresse pas. Je reste immergée, immobile en apparence. Pourtant, quelque chose change.
L’eau autour de moi réagit. Un frémissement, à peine visible, mais suffisant. Ma présence revient.
“Tu te trompes.”
Ma voix ne traverse pas l’air comme la sienne. Elle glisse, altérée, comme si elle devait franchir une densité invisible avant de l’atteindre.
“Je ne reçois pas d’ordre. Pas de toi.”
Je le regarde plus attentivement. Il ne recule pas. Même maintenant. Alors je me nomme.
“Je me suis prénommée Thyia.”
Ce n’est ni une offrande, ni une concession. C’est un fait.
Sous l’eau, mes doigts bougent à nouveau. Cette fois, le mouvement est plus assuré. Je sens encore la faiblesse dans mes gestes, mais elle ne m’empêche plus d’agir. Elle ne fait que limiter l’ampleur de ce que je peux faire.
Je ne cherche pas à mesurer sa puissance. Elle est déjà là, évidente. Je veux voir autre chose. Sa réaction.
Sans prévenir, l’eau autour de mon bras se contracte. Elle se densifie, se tend, puis se projette vers lui avec précision. Ce n’est pas une vague. C’est une lame. Fine. Rapide. Contrôlée. Pas destinée à tuer. Destinée à révéler.
À l’extérieur, les ogres continuent de s’agiter, mais certains ralentissent. Leur instinct capte le changement, sans qu’ils puissent en comprendre la cause. Une tension différente s’installe.
À l’intérieur, tout se joue ici. Et moi… j’observe.
Parce que s’il tient… alors il devient intéressant.
Le silence à l’intérieur du chariot n’est qu’une illusion. À l’extérieur, le monde ne s’est pas arrêté. Je l’entends continuer, lourd, vivant, imparfait. Des pas résonnent, profonds, irréguliers, faisant vibrer le bois sous leur poids. Des voix s’élèvent, graves, rugueuses, sans retenue. Les ogres. Ils ne combattent plus. Ils déplacent, rangent, reconstruisent avec une brutalité presque méthodique. Leurs gestes sont simples, mais efficaces. Leur présence forme une masse diffuse que je perçois sans la voir.
Certains s’approchent.
Leur curiosité est palpable. Elle n’a rien de discret. Elle ne cherche pas à se cacher. Ils regardent sans comprendre, attirés par ce qu’ils ne peuvent pas nommer. Je sens leur attention peser, mais je ne leur rends pas encore ce regard.
L’eau me maintient. Elle m’aide à me reformer, à me stabiliser, mais elle ne suffit pas. Elle n’est pas l’océan. Elle ne me reconnaît pas. Chaque mouvement reste coûteux, chaque instant hors de mon élément laisse une trace dans ce que je suis. Pourtant, je tiens.
Parce que lui est là.
Sa présence tranche avec tout le reste. Elle n’est pas diffuse. Elle ne se perd pas dans le chaos ambiant. Elle s’impose. Sa voix, lorsqu’elle résonne, coupe le monde extérieur sans effort. Elle ne demande pas. Elle affirme.
Je sens ce qui l’entoure.
Ce ne sont pas des flux d’eau. Ce n’est pas quelque chose que je connais… mais cela répond. Cela se plie à sa volonté. Les vents. Ils l’enveloppent sans l’entraver, prêts à réagir. Il ne se contente pas d’exister dans cet environnement. Il agit dessus. Il le contrôle.
Lorsqu’il parle de commandement… je comprends. Mais je ne réponds pas immédiatement.
Je laisse le silence s’installer entre nous. Il s’étire, se charge, devient presque tangible. À l’extérieur, quelque chose de lourd chute. Un grondement suit, puis un rire épais. Rien de tout cela ne l’atteint. Rien de tout cela ne m’atteint.
Alors, lentement, mes yeux s’ouvrent. Je ne cherche pas son regard. Je sais déjà où il est. Je le vois.
Je ne me redresse pas. Je reste immergée, immobile en apparence. Pourtant, quelque chose change.
L’eau autour de moi réagit. Un frémissement, à peine visible, mais suffisant. Ma présence revient.
“Tu te trompes.”
Ma voix ne traverse pas l’air comme la sienne. Elle glisse, altérée, comme si elle devait franchir une densité invisible avant de l’atteindre.
“Je ne reçois pas d’ordre. Pas de toi.”
Je le regarde plus attentivement. Il ne recule pas. Même maintenant. Alors je me nomme.
“Je me suis prénommée Thyia.”
Ce n’est ni une offrande, ni une concession. C’est un fait.
Sous l’eau, mes doigts bougent à nouveau. Cette fois, le mouvement est plus assuré. Je sens encore la faiblesse dans mes gestes, mais elle ne m’empêche plus d’agir. Elle ne fait que limiter l’ampleur de ce que je peux faire.
Je ne cherche pas à mesurer sa puissance. Elle est déjà là, évidente. Je veux voir autre chose. Sa réaction.
Sans prévenir, l’eau autour de mon bras se contracte. Elle se densifie, se tend, puis se projette vers lui avec précision. Ce n’est pas une vague. C’est une lame. Fine. Rapide. Contrôlée. Pas destinée à tuer. Destinée à révéler.
À l’extérieur, les ogres continuent de s’agiter, mais certains ralentissent. Leur instinct capte le changement, sans qu’ils puissent en comprendre la cause. Une tension différente s’installe.
À l’intérieur, tout se joue ici. Et moi… j’observe.
Parce que s’il tient… alors il devient intéressant.









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