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« Dernier message par Jack Marston le samedi 04 juillet 2026, 04:25:35 »
Jack était comme spectateur de ses actes, esclave de ses désirs. La vampire lui inspirait une vénération comme il n’en avait jamais connu. Ça n’avait rien de sentimental, mais c’était plus que du sexe pur. Il y avait comme un bouton dans sa tête que les pouvoirs de la créature savaient atteindre. Tant qu’il se trouvait sous son emprise, il ne pouvait juste plus l’ignorer. Il ne pouvait ni ne pas la vouloir ni ignorer ses volontés. Il avait déjà entendu parler de races capables d’en contrôler d’autres par la pensée, de les transformer en serviles exécutants, jamais acquis mais incapables de faire autrement. Etait-ce ce que l’on ressentait, dans ces cas-là ? Ça en avait tout l’air. Car la belle dévêtue, leurs sexes intimement pressés l’un contre l’autre, les petites jambes d’acier rivées dans ses reins pour le faire basculer, l’attraper, retourner la situation avec cet air suffisant et sans le moindre effort, l’homme n’avait que deux choses en tête : elle et sa volonté.
Prenant ses abdominaux comme selle, elle s’était tranquillement épanouie sur lui, s’étendant de toute sa longueur. Petite, sa fine silhouette, fragile en apparence seulement, lui donnaient l’air plus grande qu’elle ne l’était lorsqu’elle s’étirait ainsi, ses lignes s’étendant, souples et élastiques. Si elle n’avait pas été perchée sur lui, l’illusion aurait été réussie, mais le brun était juste trop grand et solidement bâti pour qu’elle fonctionne véritablement dans ce cas. Quoi qu’il en soit, lui-même restait captivé, ses mains remontant à elle et parcourant ce buste aux pointes dures tandis qu’elle palpait à l’aveugle sa verge qui réagit par palpitements en durcissant encore, de plus en plus raide.
Elle avait vite repris le contrôle, et il n’avait pas protesté. Il l’avait regardée descendre sur lui et frotter son nez presque bestialement sur son torse en approchant. Lorsqu’elle arriva, ses yeux retrouvant les siens en se collant à lui, et lui libéra les mains en réclamant sa compagnie, il s’exécuta vite. Dans son esprit, les choses n’avaient pas changé. Pas encore. Mais il y avait soudain une nuance qui s’installait. Il n’avait pas juste obéi pour obéir. Il avait obéi pour obéir, mais aussi pour répondre de sa propre volonté à sa demande. Son instinct protecteur avait émergé en désirant la couvrir de ses bras, et il glissa ses mains derrière ses épaules, dessinant ses omoplates avant de l’enlacer. Quand elle lui prit le visage pour l’embrasser, les caresses devinrent moins complaisantes, cela dit ; plus sensuelles. Il répondit à ses lèvres rapidement et accueillit sa langue de la sienne sans une hésitation, dans un frisson double né tant de la sensation curieuse de ces longues canines pointues, mais qui ne le blessèrent pourtant pas, que de cette envie qui restait tout en se transformant lentement, à mesure que sa volonté propre lui était subtilement rendue et qu’il remplace l’emprise par l’engagement.
« Reviens. »
Il la serra fort quand elle le voulut, par pur désir, répondant à ce voile de désir vulnérable perçu dans ses grands yeux bleus. Il serra, la sachant forte, ignorant la prudence que voulait lui imposer sa stature, et la vissa à lui en se cramponnant à sa peau satinée en l’embrassant, encore, de plus en plus à l’aise et de moins en moins obsédé. Il se sentait, simplement, progressivement, heureux d’être là, avec elle. Sans doute l’emprise avait-elle laissée son empreinte en reculant. Il ne le saurait sans doute jamais. Mais Jack n’était pas non plus un moine. La compagnie d’une femme nubile et manifestant son envie pour lui était toujours un plaisir pour lui. Une tendance qui lui jouerait sûrement bien des tours dans sa vie.
Et puis, il y avait quelque chose… C’était comme un souvenir, mais il n’était pas à lui. Il n’avait jamais été là où il s’était soudain vu avec elle. Il ne l’avait jamais vue avant aujourd’hui, de toute façon. Mais il se revoyait pourtant avec elle, dans ce cadre différent de tout ce qu’il avait vu, avec cette femme qui lui ressemblait tant sans vraiment être elle. Peut-être celle qu’elle avait pu être avant. Il ne parvenait pas à faire sens de ce qu’il vit et vécut presque pendant un instant. Il n’était pas sûr de le pouvoir et il était bien trop occupé à cet instant. Mais il se sentit étrangement familier contre elle, après cela. Comme s’il avait retrouvé une vieille amie. Quelqu’un d’important qu’il avait bien connu. Qu’il avait beaucoup aimé. Ça n’était pas lui, pourtant c’était tout comme. Manipulation télépathique ? Flash d’une vie antérieure ? Qui pouvait le dire ? Pas lui. Pas maintenant. Sans doute jamais. Mais il voulait être avec elle, maintenant, dans ce présent bien palpable.
Puis, leurs baisers cessèrent, et elle parla en agissant avec lui avec une tendresse et une attention contrastant magistralement avec son attitude précédente. Avait-elle connu le même genre d’expérience ou le manipulait-elle ? Il ne posa pas de question et écouta juste, enregistrant les aveux qu’elle lui faisait. Elle était donc une vampire. Une buveuse de sang. Il frissonna, trembla un peu, les yeux un peu ronds, mais ne se déroba pas. D’ailleurs, elle ne lui en laisserait pas l’occasion. Ces jambes imperceptiblement campées autour de lui étaient puissantes, il le savait. Et elle lui tint le visage avec une autorité d’autant plus ferme qu’elle était soutenue par une très probable supériorité physique, contre toute probabilité. Sur Tanex, il y avait des histoires sur les vampires. Ça n’était pas les mêmes que sur d’autres mondes, mais les bases étaient toujours les mêmes. Il savait un peu à quoi s’en tenir. Et il la croyait sur parole lorsqu’elle affirmait qu’il n’était qu’une poussière sur la trame infinie de son existence. Il faillit presque lui demander combien de temps, exactement, mais on ne demandait pas son âge à une femme.
Et puis, il eut ce tressaut, cette surprise soudaine face à une sensation étrange, celle d’avoir été atteint du bout des doigts là où rien ne devrait normalement passer. Comme la fin de trajectoire d’une balle, mais sans la douleur et les dégâts associés. Juste cette curieuse sensation entre la démangeaison, la gêne et le chatouillement. Une main se porta d’instinct à cet endroit, et c’est là qu’il sentit l’avant-bras de la vampire, le début de son poignet, qui s’arrêtaient là, pour s’enfoncer dans sa peau. Il eut une sueur froide et pencha la tête pour regarder comme la main de la voyageuse, de sa blancheur immaculée, ressortait de lui sans laisser ni sensation, ni trace, ni rien que ce soit. Autant dire qu’il eut un sérieux bug au cerveau, une distorsion dont la seule issue fut l’inexplicable explication de Thanasia. Il se retourna vers son visage pour examiner l’expression frustrée et contrariée de la belle comme elle évoquait cette malédiction qui, en vérité, avait probablement sauvé la vie de Jack et de nombreux autres.
Un bref instant, il respecta la fracture d’égo que représentait cet aveu impossible, et pourtant manifestement vrai. Il garda le silence en posant sur elle un regard mêlé de curiosité, de crainte et de compassion. Ne pas pouvoir se nourrir et vivre selon sa nature, aussi cruelle soit-elle, devait être terrible. Mais, comme l’étau de l’emprise se défaisait presque pour de bon et que son esprit lui était rendu fixé sur elle mais bien intact, il put quand même balbutier, marmonner :
« Ma… permission… ? »
La confusion renfermait bien des questions dont aucune n’aurait su prendre préséance. Heureusement, il ne fit pas de trait d’humour. Il n’en avait pas l’envie en cet instant. Elle l’aurait sûrement très mal pris, dans son état. Et elle lui explicita vite ce qu’elle attendait de lui, prenant autant de hauteur qu’elle le pouvait sur lui à défaut de pouvoir encore le contrôler. Cela, il le sentait enfin. Il remarquait son stratagème, cette tentative d’en imposer lorsqu’il pouvait bien sentir qu’elle se tenait quasiment sur son plexus, petite chose menue perchée sur lui tentant de se grossir pour l’impressionner. Oui, le fait qu’il puisse le conscientiser confirmait qu’il avait repris le contrôle de lui-même.
D’ailleurs, il voyait aussi les fêlures dans son jeu. Maintenant qu’elle se trouvait forcée de dévoiler ses failles pour qu’il puisse l’aider, elle avait perdu beaucoup de sa hauteur. Il savait qu’elle ne pouvait rien lui faire. Qu’elle ne pouvait pas le contrôler non plus pour le forcer à accepter de la nourrir. Qu’elle devait s’en remettre à lui. C’était clairement terrible pour elle. Elle devait, dans un sens, mendier sa pitance pour pouvoir se sustenter, dépendre du bon vouloir de ses proies dont elle n’était plus le prédateur, mais la pupille. Elle faisait même des promesses audacieuses face à son silence songeur, assurant qu’il connaîtrait une jouissance inédite quand elle le mordrait. Il doutait. Elle rageait. Il sentit de légères pointes de pression dans son épaule et devina qu’elle tentait de le griffer au sang par exaspération, bien qu’elle ne puisse vraiment rien faire de la sorte. Il gardait le silence et la fêlure s’accentuait chez la vampire, qui chercha une autre garantie, fourchant au moment de se trahir, évitant un autre aveu d’impuissance, que le chasseur de primes avait bien saisi, pour prétexter qu’elle ne le retiendrait pas par désintérêt.
Et il sourit. Ce fut léger, d’abord. Mais il la voyait suspendue à ses paroles, tendue par l’angoisse et par la colère, et rendue désespérée par un appétit vorace. L’appétit, d’ailleurs, était double. S’il ne doutait pas qu’elle veuille vraiment le mordre au sang et lui puiser quelques décilitres pour survivre encore un temps, elle en trahissait un autre par la moiteur chaude qu’il ressentait contre son plexus. Elle ne transpirait pas, aussi n’avait-il aucun doute sur l’origine manifeste de la sensation humide laissée par son entrejambe sur lui. Il réalisa que Thanasia, cette prédatrice maudite rompue à la solitude et à la supercherie, n’était pas différente d’une autre personne. Elle voulait manger. Mais elle voulait aussi du contact humain. Des marques d’affection. Du plaisir. La sensation d’exister. Elle ne l’avait pas juste attiré pour essayer de le convaincre de lui donner son sang. Elle se sentait seule et il y avait plus d’une chose lui passant par la tête à son propos. Rétrospectivement, il comprit soudain mieux cette proximité qu’elle avait eu avec lui. Il se rappelait bien s’être souvent remarqué qu’elle le collait beaucoup, au point de devoir lui faire mal, même s’il ne sentait rien de tel. Cherchait-elle à se frotter et à lui et à ressentir quelque chose, et à lui faire ressentir quelque chose ?
Et puis, son sourire s’élargit, et il gloussa derrière ses lèvres closes. Ce n’était pas un rire cruel. C’était nerveux. Un relâchement de tension et une réalisation bouleversante qui agitaient tant son esprit qu’il se devait d’expulser le trouble d’une manière ou d’une autre.
« Tu veux bien me baiser, mais pas me garder. »
La remarque, provocatrice, faisait autant allusion à sa cyprine traîtresse qu’au démasquage de sa posture désintéressée. Il lui faisait savoir qu’il y voyait plus clair qu’elle le pensait. Il savait que, de toute façon, elle ne pourrait pas le blesser dans un accès de rage. Mais au trouble succéda quand même la colère, et il profita d’un coup de sang pour retourner sa force surnaturelle contre elle, roulant sur le lit en se recalant sur elle, reposant totalement sur elle, entre ses cuisses ouvertes, le bassin toujours à son abdomen. Il tint ses poignets sans espoir de pouvoir les retenir plus de quelques secondes mais, souriant et joueur, il en profita quand même pour lui mettre un autre coup à l’égo.
« Tu crois que je vais obéir et me faire vider alors que tu ne peux rien pour me forcer ? Pas même tenir ton emprise pour l’occasion ? Cette malédiction est bien foutue ! »
Il se fit bien sûr retourner par une Thanasia excédée, mais il éclata d’un rire en quintes comme il se faisait plaquer à nouveau sur le matelas, et il soutint son regard en souriant.
« Tu sais quoi ? Arrête ton numéro, fais-moi confiance, et je te ferai confiance. »
Il marqua une petite pause. C’était au tour de la vampire, certainement, d’être aussi incrédule que dubitative face à ses propos.
« Chacun peut avoir ce qu’il veut et prendre son pied en prime. Je ne sens plus ton contrôle sur moi, mais tu peux vérifier toi-même, j’ai clairement envie de toi. Alors laisse-moi être ton mâle pendant un moment, laisse-moi m’amuser et te faire jouir, et je te promets que tu auras ta pinte de sang. »
Son sourire se tordit un peu, malicieux, narquois. Il était un homme de grands appétits et l’agilité, l’élasticité, la petitesse et la relative inoffensivité de la vampire lui creusaient vraiment l’appétit. Si sa proposition était un bon moment partagé en échange de son sang, il comptait bien la prendre au mot, mais il ne comptait pas poser de limite de temps ou de pratique à ce moment.
« Deal ? »