Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Pages: [1] 2 3 ... 10
1
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« Dernier message par Lyadril Ilfirin le mardi 14 juillet 2026, 15:48:20 »
Panique à l'idée de monter dans un Grand HUIT.
2
Les contrées du Chaos / Ruche d'Anakha [Entrée libre Sans limite]
« Dernier message par Damian Urteist le mardi 14 juillet 2026, 15:37:49 »
La promesse demeure suspendue entre nous comme un fil de soie tendu au-dessus d'un précipice.

Je soutiens le regard d'Anakha sans ciller. Ses yeux d'ambre ne mentent pas. Ils calculent, ils anticipent, ils bâtissent... mais ils ne mentent pas. Cela me suffit.

Je m'incline à peine, non comme on salue un souverain, mais comme un homme reconnaît la valeur d'un autre lorsque sa parole possède davantage de poids que ses armes.

Puis je disparais.

La brume écarlate m'engloutit avec la douceur d'un suaire. Les arbres défilent dans une course silencieuse, leurs silhouettes noires s'étirant sous la lumière mourante. Le monde respire autour de moi ; je perçois chaque vibration du sol, chaque souffle d'animal terré dans les fourrés, chaque goutte d'eau glissant au cœur des mousses.

Le temps n'a plus d'emprise sur ceux qui ont cessé de lui appartenir.

Lorsque je reviens, une journée plus tard, mes épaules portent deux lourdes caisses cerclées de fer. Le métal tinte doucement à chacun de mes pas.
À l'intérieur sommeillent des décennies d'obstination. Cornues. Lames. Eprouvettes. Scalpels. Microscopes. Flacons d'argent. Conservateurs. Carnets couverts d'une écriture devenue presque illisible tant les nuits passées à chercher ont été nombreuses. Toute une vie enfermée dans quelques coffres.
Je franchis les premières limites de la ruche. Et, aussitôt...

Je m'arrête.

Quelque chose a changé. Ce n'est pas visible. Pas réellement. La chair continue de battre sous les parois organiques. Les membranes respirent avec leur lente régularité. Les fluides parcourent les galeries translucides comme un sang gigantesque irrigue un être dont je ne distingue toujours pas les limites. Pourtant...

Une infime dissonance traverse cette perfection.

Je ferme les yeux. J'écoute.

Le scientifique en moi cesse de regarder. Il mesure. Des relais psychiques vibrent dans une direction inhabituelle. Des arachnomorphes tissent plus loin que la veille. Des anthropomorphes abandonnent des postes pourtant essentiels. Quelques rampants accélèrent.

Non ! Ils convergent. Toute la ruche semble retenir un souffle qu'elle ne connaît pourtant pas. Intéressant...

Je repose lentement une caisse au sol.

La logique demeure. Mais elle vient d'être supplantée par autre chose.

L'urgence.

Je relève les yeux. Alors je comprends. Pas avec mon esprit. Avec ce qu'il reste de mon cœur.

L'amour.

Il n'existe aucune force capable de bouleverser à ce point une intelligence collective sinon celle-là.

Je ne souris pas. Je ferme seulement les paupières un bref instant.

Liv...

Si quelqu'un était venu murmurer ton nom après toutes ces années… Aurais-je seulement réfléchi ? Non. J'aurais couru. Comme une bête. Comme un damné. Comme l'homme que j'étais avant que le sang ne remplace les larmes.

Une autre image surgit alors.

Des cheveux d'argent. Une peau que la lune semblait avoir choisie pour miroir.

Diamant.

Mon étoile silencieuse. Mon improbable rédemption. Que resterait-il de moi si, demain, elle disparaissait à son tour ? Je connais déjà la réponse. Rien. Ou pire...

Quelqu'un d'aussi terrible que celui qui se tient aujourd'hui au centre de cette ruche. Je ne le juge plus. Je le comprends. Et cette pensée est infiniment plus dangereuse.

Un cri déchire soudain les galeries vivantes.
- Elle est de retour !

Une voix. Essoufflée. Éraillée.
- La femme aux cheveux bleus !

Le monde cesse d'exister.

Je ne réfléchis pas. Mon corps agit avant mon esprit. La silhouette du terranide surgit entre deux membranes, courant à perdre haleine, les yeux agrandis par l'urgence.

Il ne me voit même pas. Pour lui, je ne suis encore qu'une ombre. Puis ma main se referme. Avec une précision presque délicate. Terrifiante. Mes doigts s'accrochent à la fourrure épaisse de sa nuque. Son élan meurt net.

Ses pattes quittent le sol dans un léger couinement de surprise.
- H-Hé... !

Je ne réponds pas. À quoi bon ? Chaque seconde perdue est un affront au destin. Je pivote. Le vent explose autour de nous.

La ruche se brouille. Les couloirs deviennent des traînées de chair mouvantes. Les relais ne sont plus que des éclairs translucides dans mon champ de vision.

Je cours. Plus vite que les battements d'un cœur humain. Plus vite que la peur. Plus vite que l'espoir lui-même. Puis je le vois.

Immobile. Au centre de son royaume vivant.

Anakha.

Je ralentis seulement au dernier instant.

Le terranide retombe lourdement devant lui, roulant presque à ses pieds avant de retrouver tant bien que mal son équilibre.

Je demeure silencieux. Mes doigts quittent enfin sa fourrure.

Les deux caisses contenant toute une vie de recherches sont restées derrière moi. Je ne leur accorde même pas un regard.

Mes yeux rencontrent ceux d'Anakha. Pour la première fois...

Je n'y cherche ni un allié. Ni un sujet d'étude. Ni un souverain.

Seulement un homme qui, comme moi, a appris que certains noms continuent de battre dans une poitrine bien après que le monde les croit disparus.

Je soutiens son regard. Longtemps.

Puis ma voix s'élève. Calme. Grave. Étrangement douce.

Un seul mot.
- Va.

Parce qu'il n'existe aucune expérience plus importante que celle-là. Parce que certaines vérités ne se dissèquent pas. Elles se retrouvent.

Et tandis que le silence retombe entre nous, la ruche entière paraît suspendue à ce simple instant, comme si même les murs de chair retenaient leur souffle dans l'attente de savoir si, quelque part, au-delà des ombres... une femme aux cheveux bleus attendait encore celui qui avait transformé le monde pour tenter de la retrouver.
3
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« Dernier message par Séliane Noctelume le mardi 14 juillet 2026, 14:51:05 »
Le monde ne retrouve pas immédiatement son équilibre. Il hésite. Comme une eau brutalement troublée qui cherche encore la forme de son propre reflet.

Les cris continuent de courir sous les avant-toits du sanctuaire. Les prêtres appellent les visiteurs à s'éloigner des bâtiments fragilisés. Les plus jeunes moines guident les familles vers la cour principale tandis que d'autres s'efforcent déjà de dégager les poutres tombées, leurs manches retroussées, les mains noircies par la suie.

Sous l'ombre protectrice du pavillon, la petite fille tremble encore. Son souffle est irrégulier. Ses doigts serrent le tissu ivoire de l'uchikake comme s'il était la seule chose solide dans un monde devenu soudainement instable.

Puis une voix déchirée traverse le tumulte.
- Hana !

La fillette relève brusquement la tête.
- Maman !

La femme surgit de la foule en trébuchant presque, les cheveux défaits, le visage ravagé par une peur que plus rien ne cherche à dissimuler. Lorsqu'elle aperçoit sa fille vivante, ses jambes cèdent avant même d'arriver jusqu'à elle.

Elle tombe à genoux. Ses bras referment aussitôt l'enfant contre son cœur. Les sanglots éclatent sans retenue.
- Pardonne-moi... pardonne-moi...

La petite secoue vivement la tête, pleurant elle aussi désormais, incapable de prononcer le moindre mot.

Séliane reste silencieuse. Elle contemple ces retrouvailles avec une expression que peu auraient su lui reconnaître. Ni joie. Ni tristesse. Quelque chose de plus ancien. La mémoire d'un peuple qui, lui aussi, avait connu des séparations.

La mère finit par relever les yeux vers elle. Son regard vacille entre l'incompréhension, la gratitude et le besoin irrépressible de remercier celle qui vient de sauver ce qu'elle possède de plus précieux.
- Je... je ne sais pas comment...

La kami improvisée pour la soirée incline simplement la tête. Une inclinaison lente. Respectueuse.

Comme si aucune parole n'était nécessaire.
Prenez soin d'elle.

Sa voix n'est qu'un souffle. Puis elle recule d'un pas.

Les papillons l'entourent de nouveau, silencieux. L'un d'eux vient se poser un bref instant sur l'épaule de la fillette, avant de reprendre son envol.

Et la Professeure s'éloigne, sans attendre les remerciements. Sans chercher un regard. Sans même se retourner.

Ses pas nus retrouvent le bois froid des passerelles du sanctuaire. Les geta sont restées derrière elle. Elle ne s'en aperçoit même pas.

Les papillons s'élèvent progressivement autour d'elle. Non plus dans l'urgence. Dans une étrange danse silencieuse. Ils s'écartent. Reviennent. Décrivent de larges cercles au-dessus du festival meurtri. Puis tous, presque au même instant, prennent la même direction. Vers l'aile orientale.

Séliane lève lentement les yeux. Elle les suit. Au-delà de la fumée. Au-delà des silhouettes qui courent encore. Et elle le voit.

Adel.

Il ne lève plus les yeux vers les mystères. Il ne cherche plus à comprendre les présages. Il agit. Simplement. Naturellement. Il aide deux prêtres à repousser une poutre dont les extrémités brûlent encore. Puis il disparaît quelques instants derrière un rideau de fumée.

Elle le retrouve plus loin. Accroupi. Ses mains relâchent doucement un poisson rouge dans un bassin épargné par le chaos. Le petit animal hésite un instant avant de retrouver la profondeur de l'eau.

Adel est déjà reparti. Un enfant en pleurs lui tend les bras. Il le soulève sans réfléchir. Le rassure. Le confie à un membre du sanctuaire. Puis revient vers les flammes. Encore. Toujours. Sans chercher le moindre regard. Sans attendre le moindre merci.

Les papillons ralentissent. Autour de leur propriétaire. Comme s'ils comprenaient, eux aussi. Son regard ne quitte plus le jeune homme.

Puis quelque chose, très discrètement, cède en elle. Pas une certitude. Une habitude. Depuis leur rencontre, elle n'avait cessé d'observer ce qu'il cachait. Ses flux. Sa volonté. Son feu. Ses silences.

Et elle réalise soudain… qu'elle n'a presque jamais regardé ce qu'il faisait.

Les mots d'Adel lui reviennent avec une netteté inattendue : "En effet. Entre le départ et l'arrivée, il y a les actes faites au nom de passer de l'un à l'autre."

Ses paupières se ferment un bref instant. Comme une prière silencieuse adressée non aux kami… mais à sa propre humilité.
J'ai regardé le ciel…

Le murmure se perd presque dans les crépitements du bois.
...alors que la réponse marchait déjà sur la terre.

Lorsqu'elle rouvre les yeux… elle ne voit plus une énigme. Elle voit un homme. Un homme fatigué. Têtu. Parfois abrupt. Profondément imparfait. Et qui, malgré tout cela… choisit encore d'aider.

Alors Séliane avance. Sans précipitation.

Elle traverse la fumée, relève les longues manches de son uchikake afin qu'elles ne gênent plus ses mouvements et, arrivée près d'une chaîne improvisée où des seaux d'eau circulent de main en main, elle en saisit un.

Aucun mot. Aucune annonce.

Elle prend simplement sa place entre un vieux moine au crâne rasé et une jeune femme dont les mains tremblent encore. Le seau arrive. Elle le transmet. Un autre revient. Elle recommence. Encore.

Le rythme devient presque celui d'une cérémonie. L'eau. Les mains. Le bois. Les flammes. Les respirations.

Puis, lorsqu'Adel vient saisir le seau qu'elle lui tend sans avoir encore levé les yeux vers elle… La jeune femme parle enfin.

Sa voix est presque couverte par le fracas des poutres que l'on dégage.
Je me suis trompée.

Elle ne cherche pas à savoir s'il l'a entendue. Le seau suivant arrive déjà. Elle le prend. Le transmet.
Seulement alors, sans interrompre leur travail, elle ajoute, avec cette simplicité qui lui coûte davantage que toutes les révélations sur son identité :
J'ai voulu comprendre votre cœur... avant de regarder vos mains.

La princesse d’un royaume ignoré et oublié tourne enfin la tête vers lui. Son regard n'a plus rien de l'observatrice venue sonder un inconnu. Il est infiniment plus simple. Plus humain.
Vous aviez raison.

Au même instant, derrière eux, le kannushi Hayama Kiyotsugu s'avance au milieu des prêtres. Son hakama est couvert de cendre, ses manches tachées de suie comme celles de tous ceux qui ont prêté main-forte. Il observe un instant les flammes désormais contenues, les familles rassemblées, les blessés pris en charge, puis il joint lentement les mains.

Deux claquements nets résonnent sous les poutres encore fumantes. Le bruit traverse la cour. Les conversations s'éteignent peu à peu. Le vieux prêtre incline la tête vers le honden, puis laisse monter une prière de remerciement. Non pour demander aux kami d'effacer ce qui s'est produit. Mais pour remercier que, lorsque le désordre avait frappé, tant de mains aient choisi de préserver la vie plutôt que de céder à la peur.

Autour d'eux, les papillons de Séliane reprennent doucement leur ronde. Et, pour la première fois depuis le début de leur rencontre… ils ne tournent plus autour d'Adel pour tenter de le comprendre.

Ils l'accompagnent. Comme s'ils avaient, eux aussi, cessé de chercher une énigme... pour simplement reconnaître un homme.
4
Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Jack Marston le vendredi 10 juillet 2026, 04:57:43 »
La discussion avait repris un tour productif et Adel pensait effectivement que sa transformation lors de son sort avait pu causer la formation de cette poussière d’étoiles sur lui. Quoi qu’il en soit, ils n’en auraient pas le cœur net sans pouvoir les examiner, et l’arcaniste n’était pas prêt à se relancer dans des expériences hasardeuses pour le moment. Jack pensait que c’était plutôt judicieux. Au vu du résultat de son dernier sort, nul ne pouvait dire ce qu’il adviendrait s’il s’y réessayait. Aucun moyen de savoir s’il s’en sortirait mieux, et on ne savait pas ce qu’il était advenu de son point de départ. Qui sait si le phénomène avait causé des dégâts sur Terre ? Le capitaine n’était pas non plus d’avis de tirer la queue du Diable.

« Quoi qu’il en soit, tu devrais avoir du temps. »

Il sourit au jeune homme en lui tapant l’épaule.

« Tant que l’hyperdrive n’a pas de ratés, personne ne nous embêtera. Pas même les types que tu as laissés sur leur faim là-bas. »

Il disait à peine ces mots lorsqu’un son nouveau se fit entendre. Adel ne le connaissait pas, mais il put voir Jack tendre l’oreille tandis que son visage blanchissait et se décomposait. Le son descendait en gamme et un instinct viscéral devait lui dire que quelque chose était en train de tomber en panne. Comme pour lui confirmer son intuition, le chasseur de primes soupira :

« C’est pas vrai, il fallait que j’ouvre ma gueule... »

Jack attrapa le tableau faisant face à Adel et l’entoura d’un bras juste avant une soudaine sensation de décélération. Ce n’était pas comme un coup de frein. C’était comme se retrouver en roue libre dans la boue et se faire ralentir soudainement par la nasse poisseuse. Sauf que l’appareil sortait d’un couloir hyperspatial et qu’il en sortit proche de la vitesse de la lumière en perdant une vitesse phénoménale en quelques dizaines de secondes. Les amortisseurs inertiels compensèrent, mais ne suffirent pas. Les jointures de Jack blanchissaient tandis qu’il se tenait et empêchait son invité de partir à la volée. Tout tournait et tanguait et bousculait les tripes. C’était comme les pires montagnes russes. Mais pire.

La brutale décélération fut relativement courte, mais sembla durer une éternité, brutale et inévitable. Ils tinrent bon jusqu’à ce que tout s’arrête en douceur, le vaisseau dérivant désormais à une vitesse élevée dans l’espace réel, dans les limites des capacités de ses amortisseurs inertiels. Le capitaine lâcha ses prises avec difficulté, raide, avant de se relever et de partir en courant en se couvrant la bouche.

Jack courut jusqu’aux sanitaires, tapant un sprint record malgré la nausée qui le tenaillait et menaçait de tout emporter, ou la sensation extrêmement désagréable que ses tripes avaient été complètement mélangées et menaçaient d’exploser en passant par quelque part. Par miracle, il arriva à destination, prit une cuvette au hasard et se libéra enfin. Il se sentit vaseux et chancelant, faillit perdre connaissance, son corps tout entier se remettant durement du choc physiologique terrible. Il s’assit là, respira profondément, garda prise avec la réalité comme il le pouvait et retrouva lentement ses esprits.

Ce faisant, il repéra un des membres d’équipage de fortune non loin. Il n’avait pas eu autant de chance que lui, mais il était presque arrivé à destination. L’Humain d’âge moyen à la peau parcheminée par l’intoxication aux stupéfiants qu’il avait consommé plus jeune, Cyril, le regardait en haletant, les yeux voilés par son malaise. Il l’avait engagé comme machiniste, mais il était clair qu’il n’avait pas réussi à tenir les machines en état de marche. A voir son état, ça ne risquait d’ailleurs pas de changer de si tôt.

Il se renfrognait et allait le héler pour le réveiller quand Rick entra, dans un état parfaitement normal.

« Merde alors, cet imbécile a tout fait sauter ! On a de sérieux ennuis ! »

Jack inspira et prit la parole aussi assurément que possible en se relevant.

« S’il n’y a rien de trop grave… On aura un peu de temps pour… réparer et reprendre la route. »

Le senior en blouse blanche l’avisa d’un regard désabusé.

« On pourrait si on n’avait pas été suivi. »

« … Suivi ?! »

« Sûrement les copains de ton nouvel amoureux. »

« Je… Mais que… ? »

Pris par surprise et incrédule, remettant de l’ordre dans ses pensées, Jack secoua la tête et se concentra sur l’essentiel.

« Les bandits sont après nous ? Tu en es sûr ? »

Rick hocha mollement la tête.

« Je peux relancer les machines, mais il va falloir qu’on survive jusque là. »

Jack ne chercha pas à le questionner. Il hocha la tête avec assurance et lui commanda de faire cela avant de revenir sur ses pas, se précipitant à toute vitesse sur la passerelle. Lorsqu’il y arriva, il se jeta sur une console pour examiner les relevés des senseurs, et il constata avec effroi qu’un engin à peu près moitié aussi gros que le leur avait effectivement suivi et s’approchait. En jetant un œil par la verrière, il le vit. C’était, à première vue, un vieux transport de troupes mal entretenu. Il devait leur servir de facteur d’intimidation sur leur monde, mais il avait gardé ses capacités interstellaires. Et il avait sûrement de quoi réaliser un abordage. Ce qui se confirma lorsqu’il le vit manœuvrer pour venir se présenter à l’écoutille.

« Merde… »

Il attrapa son revolver, vérifia ses munitions et ses poches, souffla, et réfléchit vite. Il allait avoir besoin d’aide. Cyril n’était pas en état, Rick était au travail, et Adel…

« Adel ?! »

Avec tout ce bazar, il l’avait complètement oublié. Il ne savait ni où il était ni s’il était même encore conscient. Merde ! Son premier instinct fut de faire volte-face pour voir s’il se trouvait là où il l’avait laissé.
5
Les contrées du Chaos / Re : Re : Ruche d'Anakha [Entrée libre Sans limite]
« Dernier message par Anakha Baley le mardi 07 juillet 2026, 14:33:26 »
Le rire de l'inconnu ne troubla pas Anakha. Il le laissa mourir de lui-même, comme on laisse une vague venir mourir contre la pierre. Puis il répondit, sans colère, sans orgueil.
« Non. »

Ses yeux fauves restèrent ancrés dans ceux de son interlocuteur.

« Je ne crains pas les tiens. Je crains juste que si ton but est d'éviter que les tiens ne vident tous les humains qu'ils croisent de leur sang, beaucoup continuent à le faire par plaisir, par envie, par curiosité, par conservatisme, ou simplement par esprit de Domination. Et ce sans la nécessité de penser à demain ... »

Il n'y avait dans sa voix ni défi ni mépris. Seulement une logique froide. Une évidence.

Lorsque Damian nomma finalement le village, Anakha inclina lentement la tête.

« Nuevaviva. »

Le nom traversa la toile psychique. Aussitôt, sans qu'aucun ordre supplémentaire ne soit prononcé, toute une partie de la ruche se réorganisa. Autour de Nuevaviva, un vide venait de naître. Un vide volontaire. Parce qu'une promesse tenue valait davantage qu'un village insignifiant. Anakha reprit simplement.

« Je ne sais pas où est ton village. Mais tant que nos accords produisent des résultats, Nuevaviva demeurera hors de la récolte. Tu y trouveras la paix que tu demandes. »

Il marqua une courte pause.

« Mais je n'abandonne jamais une région. Je l'observerai. Discrètement. Sans mort. Sans prélèvement. Si d'autres la menacent, je le saurai également. »


Il n'ajouta rien. Son interlocuteur était certainement suffisamment intelligent pour comprendre que cette surveillance servait autant leurs intérêts communs que les siens. Puis Damian disparut. Anakha ne chercha pas à le suivre. Pourquoi l'aurait-il fait ? Le spécimen l'attendrait. Les yeux de cette créature seraient les siens. Chaque incision, chaque manipulation, chaque réaction observée par le formien remonterait lentement le long du réseau psychique jusqu'à lui. Ce ne serait jamais aussi précis qu'une présence physique, mais suffisamment pour comprendre la direction des recherches. Et, au fond de lui, un souvenir ancien remontait.

Tekhos.

Des salles blanches. Des scalpels. Des années de dissections. Des chercheurs qui avaient ouvert des centaines de corps semblables aux siens. Ils avaient décrit les organes. Cartographié les tissus. Catalogué les glandes. Pourtant, ils n'avaient jamais réellement compris ce qui faisait vivre une ruche. La conscience n'était pas enfermée dans un cerveau. Elle circulait. Comme une onde. Comme un organisme plus vaste que chacun de ses fragments. Damian découvrirait sans doute beaucoup de choses. Peut-être même des choses que Tekhos n'avait jamais mis au jour. Mais il ne découvrirait pas tout. La pensée s'effaça aussitôt. Elle n'avait plus d'importance.

Déjà, Erstonia changeait. Les récolteurs ne transportaient plus seulement de la biomasse. Ils emportaient désormais des œufs, des couveuses encore immatures, des amas cellulaires spécialisés, capables de devenir tout ce que réclamerait une nouvelle colonie. Chaque détachement quittant la vallée emportait avec lui les germes d'une future ruche. Plus besoin de revenir. Chaque victoire engendrerait un nouveau foyer. Chaque foyer donnerait naissance au suivant. L'expansion cessait d'être linéaire. Elle devenait organique. Exponentielle.
Dans les anciennes rues du village, la chair continuait de remplacer la pierre. Des poutres se ramollissaient avant d'être lentement digérées par des membranes épaisses. Le bois disparaissait sous des couches de chitine qui s'imbriquaient comme les plaques d'une immense carapace. Les murs se mettaient à respirer. Les couloirs palpitaient doucement, parcourus de fluides nutritifs. La rivière détournée irriguait désormais plusieurs bassins de gestation, où flottaient des embryons translucides reliés à d'épais faisceaux nerveux. Toutes les naissances n'engendraient pas des combattants. Leur développement prenait une autre voie. Leurs membres s'atrophiaient. Leur masse cérébrale grossissait. Elles s'enracinaient dans la structure même de la ruche, fusionnant avec les parois pour devenir des nœuds de calcul, des amplificateurs psychiques, des organes vivants destinés à soutenir la pensée collective. Erstonia cessait peu à peu d'être un village conquis. Elle devenait un être. Chaque pulsation renforçait le réseau. Chaque relais augmentait sa portée. Chaque naissance étendait son esprit.

Anakha demeurait immobile au centre de cette croissance. Il n'avait nul besoin de marcher. Des milliers d'yeux regardaient déjà pour lui. Des milliers d'oreilles écoutaient. Chaque odeur, chaque vibration, chaque souffle parcourait les relais avant de venir mourir dans sa conscience. Son propre corps, pourtant, n'était encore qu'un prototype. Un commencement. Désormais, il possédait un véritable atelier. Un lieu où la chair pourrait être cultivée comme d'autres forgent le métal. Où l'on ne réparerait plus un organisme. On le réinventerait.

Puis... Un écho. Lointain. La plume.

Pour la première fois depuis des semaines, elle sembla vouloir traverser sa poitrine. Une douleur si brutale que ses ailes frémirent malgré lui. Pendant une fraction de seconde, l'ensemble du réseau psychique vacilla. Puis tout revint à l'ordre. Anakha ne bougea pas. Une armée ne changeait pas sa stratégie pour un cri. Mais la ruche, elle, savait s'adapter. Une dizaine de rampants infléchirent silencieusement leur trajectoire. Deux anthropomorphes quittèrent leurs positions sur les hauteurs. Des arachnomorphes commencèrent déjà à tisser de nouveaux relais dans cette direction, étendant la toile mentale bien au-delà des limites prévues. Un seul ordre parcourut alors l'ensemble du réseau.

Observer.
Identifier.
Ne pas engager.
Si ce frémissement était vraiment celle qu'il cherchait... Aucune créature ne prendrait le risque de compromettre cette rencontre. Et si ce n'était pas elle... Alors la ruche continuerait simplement de grandir.
6
Le Spatioport / Re : [Jack Marston & Thanasia ] Meeting In Transit
« Dernier message par Jack Marston le samedi 04 juillet 2026, 04:25:35 »
Jack était comme spectateur de ses actes, esclave de ses désirs. La vampire lui inspirait une vénération comme il n’en avait jamais connu. Ça n’avait rien de sentimental, mais c’était plus que du sexe pur. Il y avait comme un bouton dans sa tête que les pouvoirs de la créature savaient atteindre. Tant qu’il se trouvait sous son emprise, il ne pouvait juste plus l’ignorer. Il ne pouvait ni ne pas la vouloir ni ignorer ses volontés. Il avait déjà entendu parler de races capables d’en contrôler d’autres par la pensée, de les transformer en serviles exécutants, jamais acquis mais incapables de faire autrement. Etait-ce ce que l’on ressentait, dans ces cas-là ? Ça en avait tout l’air. Car la belle dévêtue, leurs sexes intimement pressés l’un contre l’autre, les petites jambes d’acier rivées dans ses reins pour le faire basculer, l’attraper, retourner la situation avec cet air suffisant et sans le moindre effort, l’homme n’avait que deux choses en tête : elle et sa volonté.

Prenant ses abdominaux comme selle, elle s’était tranquillement épanouie sur lui, s’étendant de toute sa longueur. Petite, sa fine silhouette, fragile en apparence seulement, lui donnaient l’air plus grande qu’elle ne l’était lorsqu’elle s’étirait ainsi, ses lignes s’étendant, souples et élastiques. Si elle n’avait pas été perchée sur lui, l’illusion aurait été réussie, mais le brun était juste trop grand et solidement bâti pour qu’elle fonctionne véritablement dans ce cas. Quoi qu’il en soit, lui-même restait captivé, ses mains remontant à elle et parcourant ce buste aux pointes dures tandis qu’elle palpait à l’aveugle sa verge qui réagit par palpitements en durcissant encore, de plus en plus raide.

Elle avait vite repris le contrôle, et il n’avait pas protesté. Il l’avait regardée descendre sur lui et frotter son nez presque bestialement sur son torse en approchant. Lorsqu’elle arriva, ses yeux retrouvant les siens en se collant à lui, et lui libéra les mains en réclamant sa compagnie, il s’exécuta vite. Dans son esprit, les choses n’avaient pas changé. Pas encore. Mais il y avait soudain une nuance qui s’installait. Il n’avait pas juste obéi pour obéir. Il avait obéi pour obéir, mais aussi pour répondre de sa propre volonté à sa demande. Son instinct protecteur avait émergé en désirant la couvrir de ses bras, et il glissa ses mains derrière ses épaules, dessinant ses omoplates avant de l’enlacer. Quand elle lui prit le visage pour l’embrasser, les caresses devinrent moins complaisantes, cela dit ; plus sensuelles. Il répondit à ses lèvres rapidement et accueillit sa langue de la sienne sans une hésitation, dans un frisson double né tant de la sensation curieuse de ces longues canines pointues, mais qui ne le blessèrent pourtant pas, que de cette envie qui restait tout en se transformant lentement, à mesure que sa volonté propre lui était subtilement rendue et qu’il remplace l’emprise par l’engagement.

« Reviens. »

Il la serra fort quand elle le voulut, par pur désir, répondant à ce voile de désir vulnérable perçu dans ses grands yeux bleus. Il serra, la sachant forte, ignorant la prudence que voulait lui imposer sa stature, et la vissa à lui en se cramponnant à sa peau satinée en l’embrassant, encore, de plus en plus à l’aise et de moins en moins obsédé. Il se sentait, simplement, progressivement, heureux d’être là, avec elle. Sans doute l’emprise avait-elle laissée son empreinte en reculant. Il ne le saurait sans doute jamais. Mais Jack n’était pas non plus un moine. La compagnie d’une femme nubile et manifestant son envie pour lui était toujours un plaisir pour lui. Une tendance qui lui jouerait sûrement bien des tours dans sa vie.

Et puis, il y avait quelque chose… C’était comme un souvenir, mais il n’était pas à lui. Il n’avait jamais été là où il s’était soudain vu avec elle. Il ne l’avait jamais vue avant aujourd’hui, de toute façon. Mais il se revoyait pourtant avec elle, dans ce cadre différent de tout ce qu’il avait vu, avec cette femme qui lui ressemblait tant sans vraiment être elle. Peut-être celle qu’elle avait pu être avant. Il ne parvenait pas à faire sens de ce qu’il vit et vécut presque pendant un instant. Il n’était pas sûr de le pouvoir et il était bien trop occupé à cet instant. Mais il se sentit étrangement familier contre elle, après cela. Comme s’il avait retrouvé une vieille amie. Quelqu’un d’important qu’il avait bien connu. Qu’il avait beaucoup aimé. Ça n’était pas lui, pourtant c’était tout comme. Manipulation télépathique ? Flash d’une vie antérieure ? Qui pouvait le dire ? Pas lui. Pas maintenant. Sans doute jamais. Mais il voulait être avec elle, maintenant, dans ce présent bien palpable.

Puis, leurs baisers cessèrent, et elle parla en agissant avec lui avec une tendresse et une attention contrastant magistralement avec son attitude précédente. Avait-elle connu le même genre d’expérience ou le manipulait-elle ? Il ne posa pas de question et écouta juste, enregistrant les aveux qu’elle lui faisait. Elle était donc une vampire. Une buveuse de sang. Il frissonna, trembla un peu, les yeux un peu ronds, mais ne se déroba pas. D’ailleurs, elle ne lui en laisserait pas l’occasion. Ces jambes imperceptiblement campées autour de lui étaient puissantes, il le savait. Et elle lui tint le visage avec une autorité d’autant plus ferme qu’elle était soutenue par une très probable supériorité physique, contre toute probabilité. Sur Tanex, il y avait des histoires sur les vampires. Ça n’était pas les mêmes que sur d’autres mondes, mais les bases étaient toujours les mêmes. Il savait un peu à quoi s’en tenir. Et il la croyait sur parole lorsqu’elle affirmait qu’il n’était qu’une poussière sur la trame infinie de son existence. Il faillit presque lui demander combien de temps, exactement, mais on ne demandait pas son âge à une femme.

Et puis, il eut ce tressaut, cette surprise soudaine face à une sensation étrange, celle d’avoir été atteint du bout des doigts là où rien ne devrait normalement passer. Comme la fin de trajectoire d’une balle, mais sans la douleur et les dégâts associés. Juste cette curieuse sensation entre la démangeaison, la gêne et le chatouillement. Une main se porta d’instinct à cet endroit, et c’est là qu’il sentit l’avant-bras de la vampire, le début de son poignet, qui s’arrêtaient là, pour s’enfoncer dans sa peau. Il eut une sueur froide et pencha la tête pour regarder comme la main de la voyageuse, de sa blancheur immaculée, ressortait de lui sans laisser ni sensation, ni trace, ni rien que ce soit. Autant dire qu’il eut un sérieux bug au cerveau, une distorsion dont la seule issue fut l’inexplicable explication de Thanasia. Il se retourna vers son visage pour examiner l’expression frustrée et contrariée de la belle comme elle évoquait cette malédiction qui, en vérité, avait probablement sauvé la vie de Jack et de nombreux autres.

Un bref instant, il respecta la fracture d’égo que représentait cet aveu impossible, et pourtant manifestement vrai. Il garda le silence en posant sur elle un regard mêlé de curiosité, de crainte et de compassion. Ne pas pouvoir se nourrir et vivre selon sa nature, aussi cruelle soit-elle, devait être terrible. Mais, comme l’étau de l’emprise se défaisait presque pour de bon et que son esprit lui était rendu fixé sur elle mais bien intact, il put quand même balbutier, marmonner :

« Ma… permission… ? »

La confusion renfermait bien des questions dont aucune n’aurait su prendre préséance. Heureusement, il ne fit pas de trait d’humour. Il n’en avait pas l’envie en cet instant. Elle l’aurait sûrement très mal pris, dans son état. Et elle lui explicita vite ce qu’elle attendait de lui, prenant autant de hauteur qu’elle le pouvait sur lui à défaut de pouvoir encore le contrôler. Cela, il le sentait enfin. Il remarquait son stratagème, cette tentative d’en imposer lorsqu’il pouvait bien sentir qu’elle se tenait quasiment sur son plexus, petite chose menue perchée sur lui tentant de se grossir pour l’impressionner. Oui, le fait qu’il puisse le conscientiser confirmait qu’il avait repris le contrôle de lui-même.

D’ailleurs, il voyait aussi les fêlures dans son jeu. Maintenant qu’elle se trouvait forcée de dévoiler ses failles pour qu’il puisse l’aider, elle avait perdu beaucoup de sa hauteur. Il savait qu’elle ne pouvait rien lui faire. Qu’elle ne pouvait pas le contrôler non plus pour le forcer à accepter de la nourrir. Qu’elle devait s’en remettre à lui. C’était clairement terrible pour elle. Elle devait, dans un sens, mendier sa pitance pour pouvoir se sustenter, dépendre du bon vouloir de ses proies dont elle n’était plus le prédateur, mais la pupille. Elle faisait même des promesses audacieuses face à son silence songeur, assurant qu’il connaîtrait une jouissance inédite quand elle le mordrait. Il doutait. Elle rageait. Il sentit de légères pointes de pression dans son épaule et devina qu’elle tentait de le griffer au sang par exaspération, bien qu’elle ne puisse vraiment rien faire de la sorte. Il gardait le silence et la fêlure s’accentuait chez la vampire, qui chercha une autre garantie, fourchant au moment de se trahir, évitant un autre aveu d’impuissance, que le chasseur de primes avait bien saisi, pour prétexter qu’elle ne le retiendrait pas par désintérêt.

Et il sourit. Ce fut léger, d’abord. Mais il la voyait suspendue à ses paroles, tendue par l’angoisse et par la colère, et rendue désespérée par un appétit vorace. L’appétit, d’ailleurs, était double. S’il ne doutait pas qu’elle veuille vraiment le mordre au sang et lui puiser quelques décilitres pour survivre encore un temps, elle en trahissait un autre par la moiteur chaude qu’il ressentait contre son plexus. Elle ne transpirait pas, aussi n’avait-il aucun doute sur l’origine manifeste de la sensation humide laissée par son entrejambe sur lui. Il réalisa que Thanasia, cette prédatrice maudite rompue à la solitude et à la supercherie, n’était pas différente d’une autre personne. Elle voulait manger. Mais elle voulait aussi du contact humain. Des marques d’affection. Du plaisir. La sensation d’exister. Elle ne l’avait pas juste attiré pour essayer de le convaincre de lui donner son sang. Elle se sentait seule et il y avait plus d’une chose lui passant par la tête à son propos. Rétrospectivement, il comprit soudain mieux cette proximité qu’elle avait eu avec lui. Il se rappelait bien s’être souvent remarqué qu’elle le collait beaucoup, au point de devoir lui faire mal, même s’il ne sentait rien de tel. Cherchait-elle à se frotter et à lui et à ressentir quelque chose, et à lui faire ressentir quelque chose ?

Et puis, son sourire s’élargit, et il gloussa derrière ses lèvres closes. Ce n’était pas un rire cruel. C’était nerveux. Un relâchement de tension et une réalisation bouleversante qui agitaient tant son esprit qu’il se devait d’expulser le trouble d’une manière ou d’une autre.

« Tu veux bien me baiser, mais pas me garder. »

La remarque, provocatrice, faisait autant allusion à sa cyprine traîtresse qu’au démasquage de sa posture désintéressée. Il lui faisait savoir qu’il y voyait plus clair qu’elle le pensait. Il savait que, de toute façon, elle ne pourrait pas le blesser dans un accès de rage. Mais au trouble succéda quand même la colère, et il profita d’un coup de sang pour retourner sa force surnaturelle contre elle, roulant sur le lit en se recalant sur elle, reposant totalement sur elle, entre ses cuisses ouvertes, le bassin toujours à son abdomen. Il tint ses poignets sans espoir de pouvoir les retenir plus de quelques secondes mais, souriant et joueur, il en profita quand même pour lui mettre un autre coup à l’égo.

« Tu crois que je vais obéir et me faire vider alors que tu ne peux rien pour me forcer ? Pas même tenir ton emprise pour l’occasion ? Cette malédiction est bien foutue ! »

Il se fit bien sûr retourner par une Thanasia excédée, mais il éclata d’un rire en quintes comme il se faisait plaquer à nouveau sur le matelas, et il soutint son regard en souriant.

« Tu sais quoi ? Arrête ton numéro, fais-moi confiance, et je te ferai confiance. »

Il marqua une petite pause. C’était au tour de la vampire, certainement, d’être aussi incrédule que dubitative face à ses propos.

« Chacun peut avoir ce qu’il veut et prendre son pied en prime. Je ne sens plus ton contrôle sur moi, mais tu peux vérifier toi-même, j’ai clairement envie de toi. Alors laisse-moi être ton mâle pendant un moment, laisse-moi m’amuser et te faire jouir, et je te promets que tu auras ta pinte de sang. »

Son sourire se tordit un peu, malicieux, narquois. Il était un homme de grands appétits et l’agilité, l’élasticité, la petitesse et la relative inoffensivité de la vampire lui creusaient vraiment l’appétit. Si sa proposition était un bon moment partagé en échange de son sang, il comptait bien la prendre au mot, mais il ne comptait pas poser de limite de temps ou de pratique à ce moment.

« Deal ? »
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Les contrées du Chaos / Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia
« Dernier message par Thyia Tapsus le mardi 30 juin 2026, 23:08:35 »
Le rideau ne cesse pas d'onduler.

Les profondeurs continuent d'avaler la lumière tandis que les souvenirs se succèdent, engloutissant peu à peu celui qui leur fait face. Je n'interviens plus. Je n'ai plus besoin de guider les abysses. Ils ont trouvé seuls le chemin des siens.

Je demeure immobile.

L'eau me porte sans effort. Lentement, presque sans y penser, je replie mes jambes contre moi. Mes bras les entourent avec une simplicité instinctive, et mon menton vient reposer sur mes mains croisées. Ainsi blottie dans le bassin, je pourrais presque sembler paisible.

Mais mes yeux, eux, ne quittent plus Weyrith. Au début, je regarde les images. L'enfant. La femme aux cheveux d'or. Les gestes. Les voix. Les larmes. Tout cela m'est inconnu, étranger comme cette terre sur laquelle j'ai échoué.

Puis quelque chose change.

Les souvenirs continuent de défiler devant lui… mais moi, je cesse progressivement de les regarder. Ils ne sont plus la découverte. Ils ne sont plus ce qui attire mon attention.

C'est lui.

Sa respiration devient irrégulière. Ses épaules se tendent sous un poids que rien, ici, ne semble pourtant exercer. Les vents qui l'entourent ne conservent plus leur danse régulière. Ils hésitent. Se contractent. Frémissent. Tantôt violents, tantôt presque immobiles, comme s'ils partageaient ce tumulte invisible auquel je n'ai pas accès.

Curieux...

Je ne détourne plus les yeux. Même lorsque le souvenir du baron revient. Même lorsque le sang éclabousse les profondeurs du Rideau. Même lorsque ses lèvres remuent dans une supplique qui ne m'est pas destinée.

Je ne regarde plus le passé. J'observe celui qui le traverse.
Pourquoi… Pourquoi lutte-t-il contre ses propres profondeurs ?

Dans l'Océan Étincelant, nul courant ne cherche à devenir une eau différente. Les abysses ne rejettent jamais leur obscurité. Les tempêtes n'ont pas honte de leur violence. Tout existe selon sa nature.
Alors pourquoi lui refuse-t-il la sienne ?

Cette pensée demeure suspendue en moi tandis que, presque malgré moi, je me redresse.
L'eau glisse le long de ma peau avec lenteur. Elle épouse chacun de mes mouvements avant de retomber dans le bassin avec un murmure discret. Mes pieds rencontrent le parquet détrempé. Ils n'émettent aucun bruit.

Autour de nous, pourtant, tout continue.

Le Rideau ne disparaît pas.

Les souvenirs poursuivent leur œuvre. Les ténèbres respirent encore.

Et Weyrith lutte.

Je commence à marcher. Lentement. Sans intention de chasser. Sans volonté d'intimider. Je tourne simplement autour de lui. Comme on ferait le tour d'une formation de corail dont aucune carte ne mentionne l'existence. Comme si chaque pas révélait un détail nouveau.

Je passe derrière lui.

Les rafales qui l'entourent soulèvent quelques mèches de mes cheveux pâles. Elles dansent devant mon visage avant de retomber avec douceur sur mes épaules.

Je m'arrête. Incline légèrement la tête.

Les vents… Ils changent. Ils ne sont pas seulement un pouvoir. Ils vivent avec lui. Ils s'agitent lorsqu'il souffre. Ils se contractent lorsqu'il résiste. Ils vacillent lorsqu'il chancelle.

Je repars. Toujours lentement. Toujours silencieusement. Mes longues griffes se lèvent presque malgré moi. Je les approche de cette frontière invisible. Je pourrais la traverser. Je pourrais rompre son équilibre. Je pourrais, d'un seul geste, faire voler ces courants en éclats. Mais ce n'est pas ce que je cherche.

Le bout d'une griffe effleure simplement l'air. Aussitôt, le vent glisse autour d'elle. Il refuse l'obstacle. Le contourne. Revient. Je reste parfaitement immobile. Puis j'essaie encore. Plus haut. Cette fois, le courant s'élève avant de redescendre lentement. Plus bas. Il s'écarte comme une eau rencontrant un rocher. Mes yeux s'ouvrent imperceptiblement davantage. Une seconde. Puis une autre.

Je recommence. Encore. Et encore.

Autour de nous, l'eau répond à mon intérêt sans que je lui en donne l'ordre. Le bassin frémit. Les flaques répandues sur le parquet vibrent doucement. De fines gouttelettes quittent lentement le bois pour flotter quelques instants dans l'air avant de retomber. Même le corps inerte de l'assassin semble abandonner une infime humidité qui serpente jusqu'à mes pieds avant de disparaître silencieusement.

Je n'y prête aucune attention. Je regarde seulement ces vents. Ces vents qui ressentent. Qui vivent. Qui accompagnent.

Un souffle imperceptible soulève encore une mèche devant mon visage. Je ferme les yeux un instant. Je les écoute. Non avec mes oreilles. Avec tout ce que je suis. Puis je les rouvre. Et quelque chose naît sur mes lèvres.

Un sourire. Petit. Sincère. Émerveillé. Celui d'un être qui vient de découvrir un phénomène qu'il croyait impossible.

Je m'approche encore.

À quelques centimètres seulement de lui. Ses yeux ne me voient plus. Ils regardent encore les profondeurs où son esprit demeure prisonnier. Mes mains rejoignent lentement mon dos. Je me penche légèrement. Comme si je contemplais un trésor oublié depuis des millénaires.

Ma voix n'est plus qu'un souffle.
- Les vents...

Une griffe effleure encore cette frontière invisible sans jamais chercher à la rompre.
- Ils ressentent avec toi...

Le sourire demeure. Paisible. Curieux. Dangereusement innocent. Mon regard revient sur son visage, ravagé par des batailles qu'aucune arme ne peut livrer.

Puis je murmure presque pour moi-même :
- Comme l'océan ressent avec moi...

Le silence retombe.

Seuls demeurent les battements désordonnés de son cœur... les vents qui refusent de l'abandonner... et mon regard qui ne le quitte plus.

Parce qu'à cet instant, je ne contemple plus un empereur. Je ne contemple plus un guerrier. Je contemple un mystère.

Et je découvre, avec une fascination que je ne cherche même plus à dissimuler, qu'il existe peut-être des profondeurs plus insondables encore que celles de l'Océan Étincelant.
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Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Adel Esplana le lundi 29 juin 2026, 17:09:54 »
Adel cligne des yeux, secouant la tête avant de se focaliser de nouveau sur le soldat. Il a dû être distrait, encore, qu'est ce qui lui prend, en ce moment?

« Il a peut-être une idée, cela dit. On ne s’explique pas comment les failles font pour ne pas que les deux destinations se contaminent. Elles doivent exercer une sorte de… réaction protectrice. Peut-être que ton sort a réalisé une autre réaction ou l’a réalisée de façon incomplète, et qu’il y a eu des résidus. Que des molécules ont brûlé autour de toi pendant le voyage ? Je ne sais pas. Mais qui dit réaction dit produit. Je crois ? »

Adel réfléchit à cette possibilité, qui n'est pas impossible à envisager. La magie ne réduit pas tous les processus scientifiques à néant, ce serait plutôt de l'ordre de tirer l'oreille de l'univers pour exiger qu'il produise quelque chose. Ce qui explique pourquoi il a eu le problème qui l'a envoyé là à l'origine : l'univers n'aime pas qu'on lui tire l'oreille, et encore moins pour rien.


"Ce n'est pas improbable, d'autant plus que je pense que je me suis transformé donc il n'y a pas nécessairement besoin de réaction supplémentaire ou incomplète si j'ai pris la forme d'une chose moins massive que moi et qu'il fallait bien que quelque chose s'occupe de toute cette masse temporairement délestée."

Il fronce les sourcils, frustré par son incompréhension présente. Encore une chose à rajouter à la liste gargantuesque des choses à étudier, qui devient gargantuesque avec le temps. Vraiment, il a l'impression qu'une vie ne suffira pas à faire tout ce qu'il doit faire. Adel espère que son patron a un plan pour ça, parce que pour l'instant, il n'en a pas, et l'immortalité pure et dure sans contrepartie ne court pas les rues.

"C'est quelque chose sur lequel je devrais me pencher lorsque j'aurais le temps."

« Si on isole le produit de la réaction, on peut le mesurer et créer une… une règle ? »

Eh....ça aussi, c'est possible de tester quelque chose en ce sens, et il est presque certain qu'il n'aura pas à tenter d'expérimentation humaine, un objet suffira amplement. Mais il lui faut reproduire l'effet qui a provoqué cette réaction, ce qui constitue bel et bien un cas d'aiguille à rechercher dans une botte de foin. Mais aussi et surtout, il n'a rien dans son répertoire de sorts concernant l'arcane de la transformation pure et dure, ceci n'étant pas sa spécialité.
Par conséquent, Adel devra, soit mettre ça de côté en attendant que son grimoire lui ponde le sort correspondant, soit faire de nouvelles expérimentations...et vu ce qu'il s'est passé la première fois, il est loin d'être pressé de faire sauter ce vaisseau, de le transformer en oeuf dur géant, ou quoi que ce soit d'autre. S'il considère faire ce type d'expérience à nouveau, il faudra attendre qu'ils soient sur une terre ferme...et respirable.


"C'est possible, mais je n'ai pas de sortilège lié à la transformation d'objet ou de créatures sur moi, et je n'ai aucune envie de faire des expérimentation hasardeuses alors que cette carapace d'acier est la seule chose qui me sépare de l'espace. C'est un sujet d'émerveillement pour moi, mais pas au point de mourir dedans."
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Le crépitement de l'appareil finit par n'être plus qu'un bruit lointain.

Autour d'eux, la ruelle semble retenir son souffle. Les basses étouffées des établissements voisins continuent de vibrer derrière les murs, quelques éclats de voix résonnent au loin, une enseigne grésille au-dessus d'une porte métallique... Pourtant, tout paraît soudain appartenir à un autre monde. Comme si ce mince passage de béton s'était discrètement décroché du reste de la ville.

Séliane demeure immobile. Accroupie devant la fleur. Ses doigts reposent encore contre l'un des pétales argentés, avec une délicatesse infinie. Comme si le moindre mouvement risquait de briser quelque chose de bien plus fragile qu'une simple plante.

Ses lèvres s'entrouvrent. Longtemps, aucun son n'en sort. Puis…
...Veille-Lune…

À peine un souffle. Un nom oublié qui retrouve enfin le chemin d'une voix. Ses paupières se ferment à nouveau pour encore plus de détails que l’instant d’avant, l'espace d'un battement de cœur. Les jardins suspendus renaissent derrière elles. Une nuit éternelle constellée d'astres inconnus. Des terrasses de pierre blanche baignées d'une lumière argentée. Le parfum discret de milliers de fleurs semblables ondulant sous une brise qui ne soufflera plus jamais.

Lorsqu'elle rouvre les yeux, une unique larme est venue humidifier leur éclat. Elle ne tombe pas. Elle demeure là. Suspendue. Comme le dernier fragment d'un monde disparu.

Le papillon déploie lentement ses ailes. Il quitte la fleur. Pour la première fois depuis que Franz l'a rencontré, il ne revient pas immédiatement vers Séliane. Il s'élève dans l'air frais de la ruelle, décrivant une courbe lente, presque hésitante, jusqu'au professeur.

Là, il ralentit. Il demeure quelques instants devant lui, comme s'il l'observait à son tour. Puis l'une de ses ailes effleure doucement sa main. À peine un frôlement. Un contact si léger qu'il pourrait presque passer pour une illusion. Et pourtant… Il semble délibéré.

Le petit être lumineux reprend ensuite son envol avec la même tranquillité, revenant vers la fissure du béton pour se poser délicatement près de la fleur, comme auprès d'une vieille amie retrouvée.

C'est alors que la voix de Franz perce enfin le voile des souvenirs.
« Séliane ? Vous êtes avec moi ? »

Son prénom. Il suffit. La princesse fée cligne lentement des yeux. Le présent reprend peu à peu sa place. Son regard quitte la Fleur de Veille-Lune pour rejoindre celui du professeur.

Une inspiration calme.
Oui…

Sa voix demeure basse. Presque absente encore. Ses yeux redescendent vers la petite plante.
C'est... une Fleur de Veille-Lune.

Les mots sont prononcés avec une infinie douceur. Comme on présenterait une vieille amie dont on croyait ne jamais revoir le visage.

Ses doigts quittent enfin les pétales. Très lentement. À regret.
Elle ne poussait…

Une légère hésitation.
...que dans un seul endroit.

Un silence.
Chez moi.

Les néons projettent leurs reflets changeants jusque dans la ruelle. Ils semblent glisser sur les pétales sans parvenir à les ternir.
Nulle part ailleurs.

Sa voix ne tremble presque plus. Presque.
J'ignore comment elle a pu parvenir jusqu'ici.

Son regard demeure posé sur la fleur. Comme si la quitter des yeux risquait de la voir disparaître. Puis, dans un souffle plus discret encore :
Cet endroit n'existe plus.

Le silence revient. Plus lourd. Plus dense. Les doigts de la princesse se referment lentement contre sa paume.
Mon monde non plus.

Aucune plainte. Aucun sanglot. Seulement une vérité. Simple. Implacable.

Le vent s'engouffre doucement dans la ruelle, faisant frissonner les rares feuilles mortes coincées contre un mur. Il passe dans les longs cheveux défaits de la jeune femme avant de s'évanouir.

Longtemps, elle reste immobile. Puis elle inspire profondément. Et quelque chose change. Pas son visage. Pas son regard. Quelque chose de plus profond. Comme une souveraine qui, après avoir laissé son cœur vaciller l'espace d'un instant, retrouve naturellement le poids de sa couronne.

Elle se relève lentement. Ses yeux rencontrent ceux de Franz. Cette fois, sans détour.
Lorsque nous nous sommes rencontrés…

Sa voix a retrouvé sa douceur habituelle.
...je pensais seulement vous empêcher d'approcher un danger dont vous ignoriez encore l'ampleur.

Ses yeux glissent une dernière fois vers la fleur.
Je n'avais pas tout compris.

Une légère pause.
Ce danger me concerne tout autant.

Les mots ne portent aucune solennité forcée. Seulement une évidence.
Jusqu'à présent, je souhaitais surtout vous accompagner. Observer. Vous laisser conduire cette enquête selon vos méthodes.

Le papillon quitte doucement la Fleur de Veille-Lune pour revenir flotter près de son épaule. Ses ailes retrouvent enfin leur calme.

Séliane relève légèrement le menton.
Désormais..."

Une respiration.
...nous porterons cette recherche ensemble.

Son regard ne vacille pas.
Aussi longtemps qu'il le faudra.

Puis il revient une dernière fois vers la petite fleur argentée. Une émotion infiniment discrète traverse encore ses traits.
Car si une Fleur de Veille-Lune a trouvé le chemin de cette ruelle…

Le mutisme suspend la fin de sa phrase. Lorsqu'elle reprend, sa voix n'est guère plus haute qu'un murmure.
..alors votre monde n'entrevoit pas encore ce qui l'attend réellement.
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Base Spatiale / Re : Alunissage improvisé [PV Jack Marston]
« Dernier message par Jack Marston le vendredi 26 juin 2026, 03:43:16 »
Oui, comme le disait Adel, qu’est-ce qui en empêcherait d’autres de vouloir développer la technologie ? De comprendre ? Qu’importait le but final, la plupart des espèces sentientes qu’il avait croisé avaient un point commun, et c’était la volonté de comprendre et d’avancer, d’en savoir et d’en faire plus. Jack s’imaginait à terme vendre ou commercialiser le concept et prendre sa retraite. Des corporations le feraient pour engranger d’autres trilliards. Des scientifiques y travaillaient sans doute seulement au nom de l’avancement scientifique et avec l’humble ambition qu’on donne leur nom à quelque chose. Mais il se demandait quand même, parfois, pourquoi personne n’avait encore jamais réussi.

Enfin, si ! Il y avait l’immense base spatiale au cœur de l’univers connu, cette station mégalithique mue par une intelligence artificielle aussi vaste que l’infini dont des portails s’ouvraient sur certaines destinations, et où certains voyageurs malchanceux finissaient comme après avoir pris le mauvais train, se retrouvant au milieu d’un monde inconnu plein d’horreurs et de merveilles au lieu de la soirée bière-pong chez François. Personne ne savait comment ça se faisait, et Mnemnys, elle, restait silencieuse.

Les deux hommes ne semblaient en tout cas pas très avancés par leur échange. L’arcaniste était bien peiné de ne pas avoir pu récupérer cette poussière sur lui et Jack, lui, était au bout de ses capacités. Au-delà des rumeurs et d’un peu de jargon technique, il était largué. Il y eut un silence comme chacun regardait dans le vide, incertain. Un silence bientôt brisé par une voix éraillée derrière eux à la suite d’un rot vulgaire.

« Particules d’Angström. »

Ils se tournèrent pour voir Rick, le vieux gars alcoolique qui rôdait en silence jusque là. L’homme n’avait rien à faire là et ils ne l’avaient pas remarqué. Difficile de dire ce qu’il était venu faire ici, mais il avait finalement décidé de les regarder avec une lassitude exaspérée en leur jetant une paire de mots comme si ça allait résoudre leur problème. Le passager grommela, se pinça l’arête du nez et commença à gesticuler rigidement, une bouteille dans une main, en expliquant rapidement, sur un ton agacé.

« Rien ne se crée, rien ne se perd… Quand on se déplace, on déplace autre chose. Le multivers a une façon bien à lui d’éviter que tout déraille quand des macaques savants comme nous se mettent à se promener partout sans réfléchir. Le résidu de la réaction sont des particules d’Angström. Si la réaction est contrôlée, on ne les voit pas, mais si on bâcle son truc comme l’autre sagouin, elles font le nécessaire pour éviter une contamination transvectorielle des deux points. D’où la poussière. Il a fallu rendre un paquet de choses inertes pour qu’elles ne s’en mêlent pas. »

Jack et Adel le dévisagèrent avec stupéfaction. Le capitaine fut le premier à réagir, se redressant en se raclant la gorge et forçant une posture d’autorité malgré son évidente alerte.

« Qui êtes-vous, au juste… ? »

Rick garda le silence quelques secondes, puis maugréa.

« Rick Sanchez 735. Celui qui parle toujours trop. Et j’en ai encore trop dit. Attendez, je vais régler ça. »

Il avait déjà posé sa bouteille et enfilé des lunettes de soleil. Quand il sortit un petit appareil argenté et leur demanda de regarder bien fixement, les deux n’eurent pas le temps de réagir avant de se faire flashouiller. Rick soupira, rangea l’appareil et les lunettes et reprit sa bouteille avant d’en revenir aux protagonistes figés.

« Peut-être que c’était de la cendre et pas de la poussière. »

Il reprit une rasade d’alcool et sortit de la pièce, laissant Jack se ressaisir doucement, avec la drôle d’impression d’avoir raté quelque chose mais la certitude que le vieux Rick n’avait pas eu grand-chose d’intéressant à dire. Se tournant vers Adel, il haussa les épaules et sourit.

« Drôle de spécimen, décidément, hein ? »

Puis, il fronça les sourcils, pensif.

« Il a peut-être une idée, cela dit. On ne s’explique pas comment les failles font pour ne pas que les deux destinations se contaminent. Elles doivent exercer une sorte de… réaction protectrice. Peut-être que ton sort a réalisé une autre réaction ou l’a réalisée de façon incomplète, et qu’il y a eu des résidus. Que des molécules ont brûlé autour de toi pendant le voyage ? Je ne sais pas. Mais qui dit réaction dit produit. Je crois ? »

L’école était loin et il n’avait pas été le plus attentif, mais il avait essayé de se rattraper un peu après la guerre, et en écoutant les autres.

« Si on isole le produit de la réaction, on peut le mesurer et créer une… une règle ? »
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