- Louis, occupes toi de la table au fond !
La soirée encore une fois bat son plein à l’Eden, bien que l’ambiance soit feutrée comme à son habitude, nous n’avons plus de place disponible, et les réservations courent jusqu’au petit matin. Cocktails, discussions et rire sont les maîtres mots de la soirée. Tout se déroule normalement, je vois même une cliente s’approcher telle une chatte en chaleur du comptoir pour discuter avec le bartender et patron de l’établissement.
- La soirée se déroule t’elle comme vous le désirez madame ?
- Je dois dire que j’avais entendu des rumeurs élogieuses sur cet endroit…et je n’en suis presque pas déçue…
Le « presque » résonnant comme une déception, autant dire un échec de ma part me pousse à poser ce que je fais pour l’interpeller.
- J’avais entendu dire qu’il se passait des choses…sulfureuses…Lance t’elle en me mettant son décolleté sous les yeux. Et pour l’instant, c’est bien calme…
- Ce genre de service, n’est pas gratuit…vous perdrez tout, si vous insistez…Me penchant vers elle, lui transperçant l’âme de mon regard, je la sens fondre sur place
Soudain une douleur me prend au niveau du dos, comme si j’étais attiré contre ma volonté…une invocation ? Merde pas en plein service ! J’ai à peine le temps de dire à Louis que je dois m’absenter que je me sens aspiré…Mon effluve qui m’entoure et forme une fumée imposante, tandis que je grimpe pour sortir du sol, il fait sombre, mais je sens que toute ma panoplie est de sortie, les cornes, la queue dorsale, le cuir, ma langue de serpent…et toute la pièce est noyé sous mes effluves éveillant insidieusement la libido, de façon si naturelle que chacune de mes victimes est persuadée que ça vient d’elles.
Et je te vois prostrée de peur au sol, moi debout te surplombant de toute ma hauteur, torse nu, avec un harnais en cuir formant une croix, avec un cercle au centre de mon torse. Ta plastique n’a rien à envier à ma cliente de ce soir, bien au contraire, tu es tout à fait désirable, contrairement à la majorité qui m’invoque pour connaître le plaisir qu’aucun homme ne leur offre.
- Je te félicite pour m’avoir invoqué…à genoux !
La voix résonne à travers les murs, et dans ta tête, comme un commandement, les effluves roses émanant de moi renforçant ta curiosité insatiablement, tu t’exécutes…je m'accroupis alors à ton niveau, gardant malgré tout quelques têtes de plus que toi, j’attrape ton menton entre mes doigts et lance d’une voix grave et envoutante.
- Dis-moi en détail pourquoi m’avoir invoqué ici.
Ma queue dorsale fouette le sol, léger avant-gout de ce qui t’attends, mais à ton expression tu semble ne pas encore en avoir conscience. Nos regards se croisent et je pénètre ton âme…je devines vaguement que tu ignorais ce qui t’attendais, une expérience ayant mal tourné ? ou bien tourné selon le point de vue…je caresse tes joues mêlant douceur et fermeté…comme si tu m’appartenais déjà.