Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

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Jack Marston

Humain(e)

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  • FicheChalant

    Description
    Jack est un ancien militaire devenu chasseur de primes. Après avoir un temps servi sur le Masterclass sous les ordres de son frères d'armes Spike Masters, il a décidé de prendre son indépendance et il trace avec optimisme et positivité de primes en galères à travers l'espace et, parfois, les dimensions.

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

jeudi 06 août 2026, 03:56:33

Fisk était bien connu des gens du bloc. Dans les tréfonds de cette interminable mégalopole, sur ce monde sans fond, la proximité était redevenue la seule norme, la seule référence accessible à l’esprit humain. Ici, on ne se sentait pas concerné par les affaires des hauteurs. Chaque bloc de chaque fondation de chaque arcologie de la cité gigantesque les surmontant fonctionnant comme son propre petit monde à l’insu de ceux vivant au-dessus. Ici, des gens comme Fisk étaient connus. Ils étaient connus parce que leurs actes influençaient des vies.

En l’occurrence, Fisk était un chasseur de têtes pour le réseau de proxénétisme le payant. C’était un organisme criminel tentaculaire dont les extrémités couvraient de nombreux blocs et allaient se perdre jusqu’aux cimes, et personne ne cherchait donc à saisir son existence. Fisk était le proxénète. Il échangeait des profils intéressants contre de belles sommes de devises et obtenait souvent une réponse favorable. Les gens étaient, tout simplement, plongés dans la misère plus souvent que bercés par le confort.

Mais Fisk était aussi un escroc. Lorsqu’il ne trouvait pas ce qu’il cherchait par des moyens conventionnels, des moyens que certains ici diraient honorables, ou honnêtes, il s’arrangeait pour forcer ses cibles, les plongeant dans des situations dont lui seul pouvait les sortir. C’était déjà d’une cruauté sans nom, mais il avait aussi fini par atteindre le plus bas creux du caniveau en payant ses victimes avec des faux. Une association de victimes avait fini par se constituer et avait survécu assez longtemps pour rassembler une somme suffisante pour solder Fisk. Il semblait que même ses patrons cherchaient désormais une excuse pour le remplacer.

Jack avait répondu présent. Il avait conduit la Banshee ici pour faire installer la dernière optimisation de son scanner de failles auprès d’un mécanicien d’un bloc voisin, et il avait reçu l’annonce et pris le contrat le temps d’attendre que ce soit fait. Un malfrat prétentieux à prendre vivant. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?


◕ Ѫ ¯ º ѧ


« Et merde ! Me claque pas entre les doigts ! »

Fisk s’étouffa dans un rire sanguinolent, apparemment indifférent à son sort. Il avait compris que si son agresseur mystérieux le voulait en vie, c’était pour le livrer à quelqu’un. Ca voulait dire qu’il allait se faire torturer un moment avant de crever. Il en avait conscience. Pourtant, une partie de lui espérait encore de survivre, aussi tenait-il son pansement compressif gorgé de sang fermement pour chercher à limiter le saignement.

Jack râlait. Ça s’était mal passé. Très mal. L’informateur qu’il avait dégoté l’avait envoyé dans un guet-apens, lui donnant l’adresse non pas de la planque personnelle du trafiquant d’âmes damnées, mais d’un tripot clandestin rempli de criminels et de joueurs peu enclins à se laisser déranger. Dès qu’il avait poussé la porte, et après quelques secondes de réalisation des deux côtés, les armes avaient commencé à sortir et les détonations s’étaient déchaînées. Le Tanexien ignorait comment il s’en était sorti. Il lui semblait que certains en avaient profité pour tenter de régler une dette et que la fusillade était devenue confuse, beaucoup de tireurs se reportant vers d’autres cibles avec inquiétude et tirant sur tous ceux qui faisaient mine de diriger leurs viseurs sur eux avec la même anxiété.

Il avait fini par coincer Fisk, mais le gars l’avait accueilli en se jetant sur lui avec un poignard à monofilament. C’était une belle saloperie, extrêmement coupante. Jack avait réagi pour survivre, esquivé le coup, détourné la force du bandit et retourné l’arme contre lui, lui perçant le foie dans un coup sec et brutal avant de réaliser son erreur. Maintenant, il traînait sa prime en passe de périmer, vomissante et chancelante, jusqu’au dispensaire que quelqu’un lui avait indiqué de quelques mots, semblant comprendre qu’une vie devait être sauvée.

On lui avait dit qu’à un moment, il pourrait se guider aux vibrations des basses. Qu’il y serait presque alors. Et il se savait donc presque rendu. Il ne cherchait pas à comprendre dans quel genre d’endroit il arrivait. Il voulait juste empocher sa prime. Tant pis s’il en dépensait une bonne partie dans les soins de ce tocard.

Quelque chose, cependant, lui laissa penser qu’il risquait d’avoir du mal à y parvenir. En effet, comme il approchait de la porte, son oreille entraînée remarqua soudain un autre rythme irrégulier accompagner les drones mathématiques. Il y avait une fusillade à l’intérieur. Quelle veine ! Il risquait de retrouver le médecin mort à présent. Refusant de laisser tomber et concentré sur son objectif, il laissa Fisk glisser le long du mur et s’asseoir près de la porte avant de se préparer à intervenir, et de faire tout son possible pour secourir la personne tenant ce curieux établissement.
--

Kaz L.

Humain(e)

Tout s'emboîte parfaitement -- Jack, Kaz

Réponse 1 vendredi 07 août 2026, 22:44:14

Les basses arrivent avant le dispensaire. Elles remontent les conduites d'aération comme un second souffle, s'insinuent dans les passerelles métalliques et font vibrer les rambardes rouillées que les habitants ne remarquent même plus. Sous les semelles, l'acier pulse avec régularité, comme si tout le bloc possédait un cœur mécanique dissimulé dans ses entrailles.

Puis, lorsqu'on tend l'oreille au-delà du grondement électronique...

Une guitare. Quelques accords clairs, presque poussiéreux.

Le chant lointain d'un violon vient s'y mêler, mélancolique, avant d'être englouti par des nappes synthétiques et une ligne de basse profonde. Un mélange étrange. Inattendu. Une vieille âme habillée de néons.

La musique ne cherche pas à couvrir le vacarme de la ville. Elle semble au contraire dialoguer avec lui.
À l'intérieur, les murs vibrent au même rythme que les lampes suspendues.

Une guirlande lumineuse clignote paresseusement au-dessus d'étagères encombrées de bocaux, de composants cybernétiques et de flacons étiquetés d'une écriture vive. Des outils pendent à des panneaux magnétiques. Plusieurs drones médicaux glissent silencieusement dans la pièce, leurs diodes colorées traçant de brèves lueurs bleutées dans l'air saturé d'odeurs d'antiseptique, de métal chaud... et de café oublié depuis bien trop longtemps.

Au milieu de ce désordre méticuleusement organisé… Kaz L.

Elle ne voit plus rien d'autre que son patient. Ses cheveux, dont les racines se parent d'un bleu saphir profond avant de se fondre progressivement dans un violet intense jusqu'aux pointes, sont relevés à la va-vite en un chignon maintenu par deux longues aiguilles d'acier. Quelques mèches rebelles ont déjà retrouvé leur liberté et oscillent au rythme des basses. Ses avant-bras tatoués disparaissent sous des gants chirurgicaux.

Ses yeux, eux, ne quittent jamais la plaie.
- Dronix, aspiration.

Le petit appareil pivote aussitôt.
- Aspiration en cours.

Une sonde vient remplacer une pince. Une pince succède à un fil de suture. Chaque geste trouve naturellement le suivant. Sans hésitation. Sans empressement. Comme si ses mains dansaient avec la musique plutôt que de lutter contre elle.

Un bip discret résonne.
- Pression stabilisée.

La jeune femme laisse échapper un léger sourire.
- Tu vois ? Je t'avais dit que tu pouvais attendre deux petites minutes avant de mourir.

Le patient, encore conscient malgré l'anesthésie locale, laisse échapper un souffle qui ressemble autant à un rire qu'à une grimace.
- Ouais...

- Merci. Ça m'arrange.

Une dernière suture. Puis une autre. Elle serre délicatement le fil. Le coupe. Observe son travail quelques secondes. Presque aucune marque. Comme toujours.
- Voilà...

Elle incline légèrement la tête, visiblement satisfaite.
- Tu reviendras dans une dizaine de jours. Et cette fois, essaie d'éviter les balles. Elles finissent par devenir répétitives.

Le blessé esquisse un sourire fatigué.
- J'vais essayer...

- Je note ça dans ton dossier : patient optimiste.

À cet instant...

Quelque chose change. Pas un bruit. Une absence.

Les basses continuent de faire vibrer les murs. Les drones poursuivent leur ronde. Mais, derrière tout cela...

Des pas. Lourds. Irréguliers. Le frottement d'un corps que l'on soutient. Le souffle plus court de quelqu'un qui porte bien plus que son propre poids. La Doc n'a pas besoin de lever la tête. Elle écoute.
Son regard glisse machinalement vers l'écran holographique où défilent encore les constantes de son patient. Ses doigts retirent leurs gants. Un. Puis l'autre. Elle les laisse tomber dans le collecteur.

Dehors. Une silhouette s'immobilise devant la porte. Une autre s'affaisse contre le mur.

Le bois renforcé vibre sous une main qui hésite un bref instant. À l'intérieur, un des drones annonce calmement :
- Salle opératoire disponible.

Kaz tend simplement la jambe. Du bout de sa chaussure, elle presse une petite pédale métallique fixée au pied de son établi. Instantanément, la musique baisse d'un cran. Pas complètement. Juste assez pour laisser davantage de place aux voix.

Elle attrape une compresse propre. Essuie distraitement ses mains. Puis tourne enfin la tête vers l'entrée. Ses yeux malachite se posent sur la porte...

Au moment précis où celle-ci s'ouvre. Un homme apparaît. Grand. Armé. Le souffle court. Les vêtements encore marqués par la poussière et la poudre.

Et, malgré la distance, Kaz remarque aussitôt plusieurs détails. La façon dont ses épaules restent contractées. Sa respiration un peu trop haute. Une légère raideur dans sa jambe gauche. Une éraflure récente sur sa manche. Il tient encore debout. Mais il a puisé loin dans ses réserves.

Son regard descend ensuite vers l'homme adossé contre le mur. Le sang. Beaucoup trop de sang. Une plaie abdominale. Probablement profonde. Le diagnostic s'esquisse déjà dans son esprit avant même qu'elle n'ait approché.

Son expression ne change pas. Ni surprise. Ni inquiétude. Simplement cette concentration paisible qui semble remplacer toutes les autres émotions lorsqu'une vie est en jeu.

Sa voix s'élève enfin, couverte par les dernières notes du morceau. Calme. Naturelle. Comme si cette scène faisait simplement partie de son quotidien.
- Ne restez pas sur le seuil.

Elle désigne d'un signe de tête la seconde table d'intervention déjà débarrassée et préparée. Son éternel sourire insolent revient éclairer son visage.
- Posez-le là.

Une infime pause.

Son regard revient sur Jack, l'observe encore une seconde. Puis ajoute avec une simplicité presque désarmante :
- Et vous aussi.

Elle penche légèrement la tête.
- Vous boitez.


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