Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Vous avez dit...Une blague?[Flint Eklepios Adaenika]

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Georges Flemens

Humain(e)

Frolov Foma était sans doute l'un des meilleurs représentant du service assurance transport de la maison Flemens. D'âge mûr, disposant d'un certain embonpoint et d'une calvitie, Frolov n'en était pas moins propre sur lui, rasé de près et toujours bien habillé. Il incarnait l'excellence du service assurance transport de la maison Flemens. D'ailleurs, Georges s'était inspiré de lui à de très nombreuses reprises pour la gestion de ses affaires. Ainsi, Georges avait hérité de Frolov l'habitude de ne faire confiance à aucun intermédiaire lorsqu'il s'agissait de recueillir des informations déterminantes pour le bien de ses entreprises. Une chose empêchait Frolov de ravir la place de directeur du service assurance transport à Grégoire Karrow : Son imprudence.

L'imprudence de Frolov se manifestait de bien des façons. Elle mettait parfois sa vie en danger. Cependant, ce trait de caractère avait ceci de positif qu'il révélait des dysfonctionnements dans les entreprises de Georges. Là encore, l'imprudence de Frolov s'était révélée salutaire encore une fois :

Frolov avait reçu un rapport l'informant qu'une cargaison de vin avait disparu. Totalement. Envolée. Volatilisée. Délaissant son bureau, Frolov s'était rendu au port en toute hâte. Une heure après son départ, un jeune coursier s'était présenté à la demeure Flemens pour les informer d'une urgence nécessitant l'intervention du chef de la famille et des supérieurs hiérarchiques de Frolov. Georges s'était donc habillé en conséquence et avait convoqué Valor Innokenti ; son chef de la sécurité ; et Grégoire Karrow ; le directeur du service assurance transport et le supérieur hiérarchique direct de Frolov.

Pour le choix de ses vêtements, Georges avait revêtu une redingote grise, une cape assortie dont le fermoir en or en forme de chat était visible au niveau de l'épaule droite, un pantalon de la même couleur et des mocassins marrons foncés à double boucle tirant sur le noir. Le pommeau de sa canne en bois de chêne, ce jour là, représentait la tête d'un chat en train de feuler.

Valor Innokenti avait revêtu son armure complète noire et or. Son heaume cachait les traits de son visage. Il avait sélectionné une vingtaine d'hommes du service de sécurité dans leur livrée sinistre pour composer l'escorte de son employeur. Tous avait la hache au poing et se tenait parés à protéger leur maître.

Grégoire Karrow avait choisi un style vestimentaire que l'on pourrait qualifier de...chatoyant. Tout en manches bouffantes et en couleurs vives, le directeur du service assurance transport, du haut de sa trentaine d'années et de sa suffisance, ne semblait pas très à l'aise avec l'idée de sortir et de potentiellement salir sa tenue.

Georges, Valor et Grégoire se trouvaient sur le pont principal d'un navire: Le sloop transportant la cargaison de vin manquante . Frolov, assis sur un tabouret et adossé au mât était dans un bien triste état. Sa livrée noire du service assurance transport était parsemée d'une sorte de poudre blanche semblable à du sucre, ses narines étaient dilatées et ses yeux rougis et écarquillées semblaient contempler un monde cauchemardesque et inaccessible à ses vis-à-vis. Une sueur glacée perlait au front de Frolov.


«Mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé, bon sang ?»Finit par lâcher Georges dans un souffle, alors qu'il contemplait son employé avec une note d'inquiétude dans le regard.

Frolov tourna la tête dans la direction de Georges, très lentement, à la manière d'une marionnette dont l'articulation du cou rencontrerait quelques problèmes.

« Ben...le tonton v'nait tout juste d'accoster qu'il s'est rendu compte que quekechose allait pas avec l'poids du sloop. C'est les lamaneurs qui lui ont signalé qu'y avait un problème de poids. Visiblement, le navire avait été allégé de beaucoup. Alors moi, vous savez comment chuis hein ? J'vais voir moi-même parce que bon, j'veux pas avoir d'infos de seconde main.»

Georges fit un geste d'impatience pour encourager son employé à en venir au cœur du sujet, mais Frolov ne semblait pas l'avoir perçu. Il continua donc de faire son rapport avec lenteur et d'une voix rendu traînante par ce qu'il avait vécu dans la cale du navire.

«J'arrive donc sur l'navire et là, le tonton m'attend déjà et m'emmène à la cale et là... plus rien. Plus un seul tonneau, plus aucun baril. Le bosco m'a assuré qu'aucun marin n'a sifflé la moindre goûte pendant l'voyage et j'le crois. Mais à la place de la cargaison d'vin y avait comme une petite couche de poudre blanche. Alors, j'ai léché mon doigt, j'lai plongé dans la poudre et j'ai goûté. Ah j'vous dit pas comme c'était bon. J'en ai repris un peu, puis encore un peu et... »

«C'est bon, je crois que l'on a compris. »Finit par le couper Georges.

Georges saisit l'arrête de son nez et ferma les yeux pendant quelques secondes. Après un long moment de silence qu'il mit à profit pour récapituler les élément connus sur cette affaire, le jeune noble se tourna vers son directeur du service assurance transport.

«Bon, Grégoire...Nous sommes bien d'accord que nous ne proposons pas à nos clients d'extension de garantie concernant les accidents magiques de quelque nature que ce soit. Par conséquent, même si le transfert des risques n'a lieu qu'une fois les marchandises livrées au destinataire, nous ne sommes pas tenus d'indemniser notre client. C'est bien ça ? »

Grégoire hocha frénétiquement la tête à plusieurs reprises pour confirmer les propos de son employeur.

«C'est bien ça ! Cependant, nous proposons très régulièrement des extensions de garantie pour tous les accidents impliquant des créatures magiques non-démoniaques.»

Georges fit tinter la pointe métallique de sa canne sur le pont du navire et sourit à ses employés. Son regard exprimait du soulagement.

«Aucune créature magique n'est impliquée ici. Nous pouvons donc passer sur les causes de cette accident et nous préparer à objecter aux moyens que notre client ne manquera pas de soumettre à notre attention afin de...Quoi encore ?»

Un petit garçon d'une dizaine d'années à peine, portant la livrée de la maison Flemens, venait d'arriver sur le pont du sloop. Essoufflé par sa course, il n'en brandissait pas moins un cylindre à messages portant le sceau de la capitainerie du port. Valor Innokenti, en bon chef de la sécurité, prit le cylindre des mains du coursier pour l'inspecter lui-même. Le jugeant inoffensif, il finit par le tendre à Georges qui l'ouvrit pour prendre connaissance de son contenu.

À la fin de sa lecture, les mains de Georges se crispèrent sur le cylindre à messages, trahissant l'intense colère de l'assureur.


« Messieurs...Je vous informe qu'un slime aux sucs destructeurs s'est installé dans un entrepôt du port. Le sinistre est pour l'un de nos clients que nous devons indemniser à hauteur de 70 % du montant de la valeur de la cargaison détruite au titre de l'extension de garantie sur les accidents liés aux créatures magiques.»

D'un geste, le jeune noble congédia le messager, non sans lui avoir intimé l'ordre de se rendre à la demeure familiale pour y trouver son chef des services de renseignements afin de l'informer de la situation. Puis, Georges se tourna vers Valor, son regard exprimant une intense concentration.

«Valor...Je vous prie de bien vouloir me conduire à l'entrepôt 119, quai 35-A pour que je puisse me rendre compte de la situation. Je ne quitterai pas les lieux tant que toute la lumière ne sera pas faite sur cette affaire. Je compte donc sur votre entière coopération avec Griselda pour une résolution rapide et efficace du problème.»

Deux heures plus tard, Georges se trouvait devant l'entrepôt. Le slime interdisait l'accès à celui-ci. La créature informe et d'aspect gélatineux ne semblait pas dangereuse. Pourtant, ses sucs destructeurs semblaient parfaitement en mesure de détruire des caisses ou des rouleaux de tissus fins sans la moindre difficulté. De plus, le spécimen installé dans l'entrepôt avait la sale manie de se déplacer rapidement vers tout objet ou individu en mouvement. Les dégâts matériels étaient importants. Fort heureusement, aucun blessé n'était à déplorer et une bonne partie de la cargaison semblait encore intacte. Les hommes du service de renseignements se mirent à enquêter, interrogeant toute personne travaillant sur les lieux. Il leur faudrait sans doute des jours pour obtenir une piste tangible.

«Qu'en pensez vous, Valor?» 

Georges était de nouveau installé dans son fiacre et faisait tourner sa canne dans sa main gauche, le regard absent. Déjà, sa paranoïa et son imagination travaillaient à plein régime. Il faisait défiler les noms de ses ennemis politiques dans sa tête.

«Je pense que nous avons affaire à un mage très puissant. Je pense que ce n'est qu'un accident et rien de plus. Ce slime a beau ne pas être agressif, le moindre contact avec lui est visiblement dangereux. Pour capturer et transporter ce genre de créature, il faut soit mettre en place une certaine logistique qui passe difficilement inaperçue ou recourir à des moyens magiques très puissants. Nous n'avons offensé aucun des quelques mages de ce monde en mesure d'accomplir ce genre de prouesse et personne ne semble avoir occupé les abords de l'entrepôt avec les hommes et le matériel nécessaires au transport de la créature. »

Georges regarda vers l'extérieur du fiacre, le menton posé sur le pommeau de sa canne. Il réfléchissait intensément aux moyens à mettre en œuvre pour minimiser les pertes dues à cette étrange affaire. Au bout d'un certain temps, il s'adossa à son siège capitonné de velours noir et soupira.

«Bon...Nous indemniserons notre client comme convenu dans le contrat que nous avons conclu avec lui. Cependant, nous nous retournerons contre les propriétaires de cet entrepôt qui ont visiblement manqué à leur devoir de sécurité le plus élémentaire. Nos provisions nous permettent de supporter le coût d'un procès sans le moindre problème et je pense que nous gagnerons sans coup férir aux vues de la législation actuellement en vigueur. Toutefois, il serait bon que ce genre d'incident ne se reproduise plus. Vous travaillerez donc avec Griselda et son service de renseignements pour identifier l'auteur de ces faits et déterminer ses intentions. Vous n'omettrez pas ce qui est arrivé à Frolov de votre enquête. Je pense qu'il existe un lien entre ces deux événements aux vues de la...magie qui les entoure. Est-ce bien compris ?»

Valor Innokenti hocha vigoureusement la tête pour marquer son assentiment.

«Très clair, monsieur. Ce sera fait.»

« Modifié: mercredi 24 juin 2020, 02:05:37 par Georges Flemens »

Flint Eklepios Adaenika

Créature

Re : Vous avez dit...Une blague?[Flint Eklepios Adaenika]

Réponse 1 jeudi 25 juin 2020, 18:58:38

Flint … se baladait ! C’était bien la première fois qu’elle parvenait enfin à atteindre Nexus, et la taille de la ville comme son activité la laissait contemplative. En toute heure, en tout instant, elle pouvait voir quelques marchands présenter leurs produits sur les étals de la cité, quelques voyageurs quitter ou entrer dans une auberge de qualité, et même les enfants se défier et jouer ensemble avec l’espoir d’un jour devenir chevalier. C’était très loin de l’enfer. Et c’était très loin de tout ce qu’elle avait connue jusqu’ici, avec ces maisons crades, ces routes pleines de boues, ces bateaux qui tanguent, non sans parler des deux trois fois où quelques bestioles affamées finissaient par la prendre en chasse pour faire d’elle un bon repas. Non, en effet, son arrivée en ces lieux était providentielle, elle sentait qu’elle allait enfin avoir le droit à un peu de temps pour elle, pour s’occuper de son bien-être, sans craindre quelques mauvaises retombées. Et puis elle n’avait encore rien fait de répréhensible en cette ville, aussi pouvait elle se balader, la tête vide et le coeur léger.

« QUOI ? Comment ça vous n’avez pas encore reçu ma commande !?
 -  Pardonnez moi Sire Feudann, mais nous avons reçu un rapport des quais nous informant qu’ils n’étaient pas en capacité de nous livrer pour les prochains jours. Nous sommes affreusement désolé pour cette attente.
 -  J’espère bien que vous êtes désolé, c’est le minimum. Votre établissement risque de perdre bien des clients si j’ose faire part de mon mécontentement, j’espère que vous en avez conscience !
 -  O-oui bien sûr Sire. Nous nous assurerons de trouver un lot de remplacement pour votre commande, et nous prendrons les devants pour diminuer nos tarifs auprès de votre maison, soyez-en certains. »

Une discussion comme une autre, un échange vif qui semblait mettre les badauds bien mal à l’aise, chacun fuyant le lieu de ce délit verbal à grands pas. Flint continuait son chemin quant à elle, non sans que ces propos qu’elle avait parfaitement entendue de son ouïe fine lui rappelle son arrivée dans la cité. Oui, c’était il y a quoi, à peine deux jours ?

*
*   *

« C’est qui le plus mignon ? C’est toiiiiiii ! »

Caressant la large surface visqueuse et blanche de son compagnon de traversée, Flint s’amusait. Elle était montée dans le bateau lors du passage de celui-ci à quai afin de refaire les stocks d’eau et de nourriture nécessaire à la dernière partie de la traversée. Dissimulée dans une barrique de belle taille, elle y avait enfouie un autre compagnon clandestin, de la taille d’une orange à ce moment là, et aussi inoffensif qu’un nourrisson. Elle l’avait appelé Boupi. Maintenant, le duo qui faisait sa petite vie dans la cale renforcée n’était plus dans le même état qu’au départ. L’imp était joyeuse, le vin quotidien lui ayant monté à la tête, tandis que Boupi avait lentement absorbé nutriments sur nutriments en s’infiltrant par les interstices des barriques de vins. Comment donc ? Eh bien parce que Boupi se moque de garder sa forme première. Boupi est un Flan de Bacar, un tout jeune d’ailleurs vu que l’imp l’avait ramassé sur la route alors qu’il n’était pas plus gros qu’une fraise. Les flans de Bacar ne sont pas une espèce belliqueuse, aussi s’était-elle vite entendue avec lui, et avait fait le choix de le garder pour l’instant, comme animal de compagnie sur les routes.

Sauf que maintenant, il était même plus gros qu’elle. Sa large forme gluante dotée de deux petits yeux dorés regardait partout avec entrain, et vérifiait souvent deux ou trois fois les barriques qu’il avait déjà consommé, comme s’il avait put y oublié quelques gouttes. De frustration, il avait voulu attaquer le bois du bateau, mais une fois proprement grondé par la petite démone, cette envie lui était passée. Il ne se laissait aller qu’aux caresses de la démone alors, et attendait avec un appétit difficile à calmer qu’ils puissent enfin quitter le navire, afin de reprendre cette quête de satiété qui le caractérisait. Flint quant à elle ne s’inquiétait guère, faisait sa petite vie dans la cale, jouait à cache-cache parfois avec son compagnon de voyage, et c’est quand les côtes s’approchaient dangereusement qu’ils furent surprit dans leurs activités : Quelques bruits de pas hâtifs, descendant les escaliers jusqu’à la cale renforcée… Et un mousse qui arriva en ce lieu sombre face à la figure pantagruélique de Boupi toujours aussi affamé.

« Boupi, NOOOOON. »

Elle n’eut pas le temps de lui donner son ordre que la masse de gelée blanche et frémissante se laissa choir d’un coup, englobant le pauvre jeune homme qui n’eut même pas la possibilité de crier pour exprimer sa terreur. Affolée, Flint courut hors de sa cachette et rejoignit son animal de compagnie, puis se posta droit devant les deux petites billes dorées qui lui servait d’organes sensitifs.

« RECRACHE LE ! »

Boupi frémit, comme s’il refusait de lui obéir. Il était gros maintenant, et avec sa masse, il avait acquis du caractère. Non pas qu’il en soit devenu méchant, mais il avait faim, très faim, et ne voulait plus se limiter ou se contenir. Flint aurait bien aimé éviter d’utiliser quelques mauvais stratagèmes pour le forcer à obéir, mais en voyant les marques lentes mais visibles de corrosion sur le corps du mousse, elle sut qu’elle n’avait pas d’autres choix que de faire un peu peur à son flan bien-aimé. Elle leva son doigt en l’air, et sentit qu’elle avait immédiatement l’attention de son jeune camarade… Puis elle incanta, faisant apparaître au bout de son doigt une petite flamme magique, peu dangereuse, mais effrayante pour le flan.

« Recrache le tout de suite… Sinoooooon ! »

Le jeune flan de Bacar était encore impressionnable… Et n’aimait pas du tout le feu ! La simple vu de cette lumière anormale le fit frémir, et de manière un peu violente, il propulsa le corps du mousse hors de son être, lui faisant faire une petite parabole avant de s’échouer à nouveau sur le plancher du bateau. L’imp eut bonne foi de l’ausculter un instant, et outre un léger traumatisme et quelques morceau de peau rongé, il n’avait aucune blessure qui vaille le coup de s’occuper de lui plus longtemps. Bon, peut-être que le choc de manquer se faire bouffer par un monstre laisserait des traces, mais ça elle ne pouvait rien y faire. Elle préféra penser à elle, et à son petit Boupi, qui était aller se réfugier dans un coin de la pièce, prostré sur son gros moelleux de flan qui lui servait de base. Elle y était allé plus fort que d’habitude, c’était normal qu’il soit un peu perdu. Laissant le mousse sans vêtements au sol (le tout de ses affaires ayant été rongé), Flint rejoignit son compagnon et le prit dans ses bras, tendrement, appliquant la légère couche de magie nécessaire pour qu’elle puisse l’étreindre sans être consommée. Puis elle s’approcha des escaliers, en lui faisant signe de la suivre.

C’était devenu trop dangereux pour eux. Depuis les ouverture de l’étage supérieur, ils purent voir que leur moyen de transport atteignait enfin sa destination, aussi n’hésitèrent-ils pas un instant : Boupi sauta à l’eau, et Flint sauta sur sa tête, rebondissant un instant dessus avant de s’éloigner du navire à toute vitesse, le flan semblant parfaitement se propulser au milieu de l’ondé. Les marins pouvaient bien les remarquer maintenant, il était trop tard. Il leur fallut une demi-heure pour atteindre la terre ferme, éclaboussant au passage un vieux pécheur ivre qui sembla les dévisager un instant avant de retourner à sa gourde de gnôle, puis les deux criminels en herbe se glissèrent jusqu’au premier entrepôt suffisamment ouvert pour permettre à Flint de s’y faufiler, Boupi la suivant de prêt. Les lieux étaient GAVÉS de caisses en tout genre.

« Paaaaarfait ! Allez mon gros, ce sera ta niche pour l’instant. Je passerai te voir en soirée, et pareil les jours prochains. Tu es grand maintenant après tout, on ne peut pas se balader n’importe comment ! »

Elle ne put que rire quand son compagnon se jeta sur les caisses, heureux d’enfin pouvoir se repaître.

*
*   *

Peut-être était-ce à cause de Boupi tout ce tatouin ? Enfin, elle devait avoir l’honnêteté de dire que cette attendrissante petite gelée avait plus d’intérêt pour elle que les déboires d’un pauvre marchand. Elle allait devoir s’assurer que rien ne lui arrive, peut-être que sa visite de ce soir devra aller en ce sens. Si quelques idiots veulent s’en prendre à lui, elle devra s’assurer de le faire bouger, même si elle a désormais bien du mal à imaginer la taille qu’il doit avoir après s’être empiffrer de tout un entrepôt de marchandises. Dans le fond, il était presque étonnant que les gens ne réagissent qu’après deux journées de présence… Mais elle savait que les flans, surtout une fois adulte, étaient particulièrement malins, capable de monter les pires pièges et les plus savants camouflage. Les flans de Bacar n’étaient pas en manque pour cela, et son compagnon avait dût atteindre un tel degré d’intelligence, aussi sûrement s’était-il fait discret jusqu’à ce que sa taille ne le lui permette plus.

Ouais, elle avait beau se retourner l’esprit, l’heure des « aux revoirs » approchait à grand pas. Pauvre Boupi, mais désormais il allait être assez gros pour vivre ses propres aventures ?

En tout cas, avant d’aller le retrouver, elle avait une bonne journée d’activité devant elle. Elle commença par se procurer un peu de nourriture, et passant devant un étal, venant à chiper le plus naturellement du monde une grosse lombe, un fruit juteux et sucré dont elle avait l’affection. Ce n’est qu’en entendant le vendeur hurler derrière elle qu’elle se permit un sourire, et se glissa derrière une carriole, pour alors claquer sauvagement le fessier de la bête de trait qui y était attachée. Chaos et hurlements, la foule court dans tout les sens alors que le cheval part au galop, faisant bondir son attelage et l’ensemble des marchandises qui s’y trouvaient, les caisses et les venaisons fumées volant en tout sens, manquant d’atterrir sur les têtes des badauds imprudents.

Quand le tenancier de l’étal de fruit arrive au milieu de ce carnage, il n’y a bien sûr plus personne. Accrochée à la carriole du côté où le poursuivant ne pouvait la voir, Flint s’est laissée emportée par la folle course du canasson avant de quitter ce transport inhabituel et dangereux un peu plus loin. Elle regarde autour d’elle, satisfaite… puis reprends sa marche avec tranquillité.

Quitte à faire, elle allait visiter les jardins publics de Nexus jusqu’au midi, après tout, tout le monde avait le droit de vivre ici, qui viendrait l’embêter dans ce havre de paix ?

Georges Flemens

Humain(e)

Re : Vous avez dit...Une blague?[Flint Eklepios Adaenika]

Réponse 2 dimanche 28 juin 2020, 23:36:04

Deux jours s'étaient écoulés depuis l'accident de Frolov et la découverte du slime dans un entrepôt à marchandises à proximité de l'une des jetées les plus fréquentées du port de Nexus. Deux jour et...rien. Rien sinon des témoignages tous plus fantasques les uns que les autres sur une jeune fille aux cornes plates et noires, aux cheveux longs couleur ailes de corbeau, au chaussures à talon d'une hauteur excessive et à la tenue bariolée. Mais aucun des témoignages sur cet étrange individu ne fait état de compétences magiques très poussées. Elle aurait été aperçue par un pêcheur alors que le sloop allait jeter l'ancre, mais celui-ci n'aurait pas vu la créature gélatineuse avec elle. Il avait affirmé l'avoir vu chevaucher un dauphin ou un poulpe. Ce pêcheur étant un ivrogne notable, les enquêteurs de Griselda avaient archivé ce témoignage sans trop croire à son utilité. Cependant, une enquête plus poussée à bord du vaisseau révéla qu'un mousse avait été la victime d'une créature gélatineuse ressemblant au slime ayant causé la colère des clients de Georges. L'état du mousse suggérait qu'il avait été mis au contact des sucs corrosifs produits par la créature.

À partir de cette découverte, les services de renseignements prirent au sérieux le témoignage du pêcheur et firent de leur mieux pour trouver un individu correspondant au signalement donné par celui-ci. Il était clair que le mage, le démon, le détenteur du slime avait voyagé clandestinement jusqu'à la citée de Nexus et vidé la cale du sloop pour les besoins d'une expérience. À moins qu'il n'ait laissé sa créature faire sa vie à l'intérieur de la cave à vin. Peut être avait il souhaité bien faire en remplaçant la cargaison par de la drogue…

Toujours est il qu'il fallait retrouver cette jeune fille, ce terrible archimage, ou ce démon et s'enquérir de ses intentions avant que d'autres accidents ne se produisent. Des accidents pouvant causer d'autres pertes financières à la compagnie d'assurances de Georges.

Griselda et Valor faisaient de leur mieux pour mettre la main sur leur cible en mobilisant tous les yeux et leurs oreilles à leur disposition, des bas-fonds au palais d'Ivoire. Mais le faisceau d'indices était des plus minces et Nexus se trouvait être la plus grande agglomération de Terra. Une formidable citée, suffisamment vaste pour recouvrir deux ou trois royaumes. À cela il fallait ajouter la magie, si pratique pour changer d'apparence, se rendre invisible et faire taire les témoins gênants.

Quelques agents avaient bien fait parvenir des rapports à leurs intermédiaires de la maison Flemens pour signaler de menus larcins, de petites incivilités, des farces de mauvais goût de la part d'une jeune femme portant une paire de cornes plates sur la tête...mais aucun acte laissant supposer que la cible de Georges était dotée de terribles pouvoirs magiques et d'intention belliqueuses.

Bien sûr, Georges avait demandé à ses services de renseignement de trouver à quoi ils avaient affaire. Démons, autre créature non-humaine ou puissant mage ? Pour l'instant, aucune réponse ne lui avait été apportée à ce sujet.

Deux jours d'enquête pour n'avoir aucune réponse.

Bien sûr, Valor et Griselda répétaient inlassablement qu'il ne servait à rien de s'inquiéter, que cet individu ou cette créature ne s'intéressait pas à la maison Flemens, que la meilleure façon d'éviter les ennuis en la matière était de continuer comme si de rien n'était, qu'une enquête ne pourrait qu'attirer une attention malvenue sur les affaires de la maison Flemens. Pourtant, Georges ne les avait pas écouté. Toute perte financière lui était insupportable. Il fallait éviter d'autres catastrophes. Pour ce faire, il était plus que jamais nécessaire de retrouver le responsables des accidents du port et de s'assurer de ses intentions.

Le jeune noble n'était pas resté deux jours à se morfondre dans son fiacre, devant l'entrepôt dévasté par le slime. Les hommes de Valor Innokenti avaient capturé la créature pour l'enfermer dans une cuve de verre renforcé à l'épreuve des substances corrosives telles que les sucs de la bête. Georges avait demandé aux scribes de son service assurances transport et déclarations en douanes de faire le nécessaire devant les juridictions nexusienne afin d'assigner en justice les propriétaires de l'entrepôt. Bien sûr, Georges avait dû remplir les obligations mondaines que lui imposait son rang dans la citée-état. Réunions d'affaires sous couvert de dîners mondains ou de galas, chantages et menaces échangées sous le voile de la bonne humeur et d'échanges de présents. Tout le charme des hautes sphères nexusiennes.
Aujourd'hui, les obligations mondaines de Georges l'avaient mené dans l'un des jardins publics de la citée-état, non loin du quartier du quai des chats. Il s'agissait d'un gigantesque jardin illustrant parfaitement la domination de l'humanité sur la nature. Symétrie et forme géométriques diverses étaient au rendez vous. Georges appréciait cet endroit lorsqu'il devait rencontrer ses sympathisants politiques. Pour lui, ce jardin était une source d'inspiration, tant par le message véhiculé par son agencement que par la facilité avec laquelle son service de sécurité pouvait sécuriser ce lieu. Ici, aucun vandale, aucun saboteur, aucun assassin ne pouvait se dissimuler bien longtemps. Certes, le jardin n'était clôturé que par des haies de cyprès mais il s'agissait d'un lieu public. Cependant, le service de sécurité de la maison Flemens envoyait toujours des hommes patrouiller en bordure du jardin, en civil ou en armures, pour être paré à tout éventualité.

Pour le coup, cette matinée avait été enrichissante. Plusieurs des sympathisants politiques de Georges étaient venus l'écouter et discourir à leur tour sur la décadence de la société nexusienne, sur l'engeance hybride et non-humaine pouvant à tout instant plonger la citée-état dans une ère de destruction et de panique pour tous les êtres humains y vivant. Bien sûr, personne ne critiquait la reine, ni le conseil de régence. Tout le monde avait en tête les exactions de la cellule inquisitoriale en charge d'enquêter sur la mort du défunt roi et de son épouse ; bénies soient leurs âmes damnées ; mais le ton était posé : La ville était mal dirigée du fait de conflits d'intérêts et de la paraisse de certaines élites nexusiennes complètement déconnectées des réalités.

Georges était content. Pas heureux, mais content. Il était rare qu'il soit entouré de sujets de la couronne partageant ses opinions sur les terranides. Sa bonne humeur était telle qu'il s'était permis de boire un verre de vin blanc avec le seigneur Strodza, un agent souscripteur avec lequel coopérait la compagnie d'assurance de la maison Flemens.

Assis sur un banc, adossé à une haie de cyprès, son garde du corps favori à proximité, Georges savourait ce qui avait été une matinée extraordinaire.



«Il est l'heure de revenir  votre demeure, monsieur. Vous avez rendez vous avec le seigneur Talianov au sujet de sa cargaison perdue.»

Georges garda le silence une petite minute, le temps de faire aller son regard d'un groupe de badauds à un autre, admirant cette perfection, cette image de société paradisiaque dépourvue de non-humains et d'autres hybrides. Il finit cependant par se détourner de cette scène idyllique pour se lever et suivre son garde du corps.

Cependant, un mouvement en périphérie de sa vision, un petit détail attira l'attention. À quelques mètres de lui se tenait une jeune femme aux cheveux ailes de corbeau, à la tenue bariolée, ayant des chaussures à talons hauts à ses pieds...et des cornes plates sur la tête.
Georges riva son regard sur la jeune fille


«Valor ? Vos hommes ont laissé passer quelqu'un que nous recherchions depuis un petit moment.»

Dans un cliquettement d'acier, Valor tourna la tête vers la jeune femme et s'approcha de son employeur pour poser une main sur son épaule.

«Éloignons nous le plus naturellement du monde et laissons nos services de renseignements travailler.»

Georges se dégagea d'un mouvement sec avant de rétorquer.

«Certainement pas ! Entamons immédiatement la discussion avec elle. Vous, faites votre travail.»

Gorges se dirigea vers la jeune femme, un sourire factice aux lèvres, la main crispée sur sa canne. Il attira son attention en levant sa main droite, l'autre étant posée sur le pommeau de sa canne.

«Bonjour, j'espère que vous allez bien. Quelle belle matinée ! Mais vous semblez nouvelle en ce lieu. Je peux peut être vous aider ?»Dit il en arrivant à proximité de la jeune femme.

«Si vous avez envie de manger, je peux vous procurer beaucoup mieux. »Dit il en désignant la lombe que la jeune femme tenait dans ses mains. Le fruit d'un larcin à n'en pas douter.

Pour toute contrepartie, je ne demande qu'une seule chose : Que vous me fassiez plaisir en acceptant, pour un bref moment, ma compagnie à la terrasse d'un café que je connais plutôt bien : Le trident du rétiaire »

« Modifié: jeudi 02 juillet 2020, 10:08:50 par Georges Flemens »

Flint Eklepios Adaenika

Créature

Re : Vous avez dit...Une blague?[Flint Eklepios Adaenika]

Réponse 3 mercredi 01 juillet 2020, 23:17:48

Flint n'était pas du jour à rester sage, mais en cette occasion, elle faisait une exception. Non pas parce qu'elle venait de provoquer sûrement bien plus de panique et de dégâts qu'elle ne pouvait l'imaginer non, mais surtout parce que voulant trouver un peu de tranquillités dans les jardins publics de la cité, elle ne voulait pas faire plus de remous. Tout les petits trublions de son genre connaissaient très bien ce genre de "prudence mal placée", en ce sens qu'il ne fallait jamais provoquer de problèmes aux alentours de ses refuges. Pourquoi ? Eh bien parce qu'il n'y avait rien de moins gênant que d'avoir laissé derrière soi une traînée de poudre pouvant s'enflammer au moindre événement, et qui aurait ainsi toute occasion de vous flamber les miches une fois le dos tourné.

Donc non, là, dans sa marche sereine et tranquille jusqu'aux beaux jardins de Nexus, la demoiselle évitait tout les problèmes possibles. Même, et grand dieu que cela lui fut un effort, elle passa à côté d'un homme bien grand et gras dont la bourse pendait à son flanc tel les testicules du taureau se balancent entre ses pattes, et ne vint même pas y porter la main pour le délester de cet affligeant atour. Bon, ça l'a tant démangée qu'elle a dut se mordiller la main pour s'en empêcher, mais au moins elle ne vint pas risquer son petit temps de paix pour un simple désir de venir engraisser encore un peu plus ses gains dû à l'ensemble de ses rapines. Non, à la place elle se glissa de rue en rue, commença à prendre quelques raccourcis qu'elle avait put emprunter un peu avant, puis remonta l'une des sinueuses avenues dallées qui menait aux hauteurs de la cité, pour finalement atteindre les abords du parc autrement plus vivant que la ville. Ne lui resta rapidement que quelques pas avant d'atteindre l'entrée, mais se fit tristement interrompre dans ses rêveries par une venue ... impromptue si elle osait le dire ainsi. Se trouva devant elle un large bonhomme, sûrement dans sa trentaine, la mine patibulaire et le front tendu vers le ciel, l'ombre de son menton presque capable de couvrir la forme relativement petite de l'Imp. Et pourtant elle était montée sur talon ! En tout cas celui-ci lui fit barrage de l'ensemble de sa masse, bras croisé, et ce n'est qu'après qu'elle ait ouvert la bouche qu'il lui parla enfin :

"Excusez moi, ce n'est guère par volonté de vous ... Eh bien de vous signaler que vous prenez presque toute la largeur de la rue mais ... Eh bien dans votre position, je ne peux guère finir ma route et atteindre les jardins.
 -  L'accès aux jardins est actuellement réduits. Retournez d'où vous venez."

D'aaaaccoooord. Alors honnêtement, même en prenant compte le fait que ce gaillard avait utilisé la deuxième personne du pluriel, son ton et sa position laissait clairement entendre que la politesse ne lui avait pas franchement été inculquée. Et puis à partir de quel moment un jardin public pouvait être interdit de la sorte ? Elle ne voyait aucune forme d'attroupements en plus, ni même la présence des gardes de la cité, et pourtant ces derniers étaient remarquables, avec leurs armures disproportionnées et leurs lances à fanions. Donc pour être parfaitement honnête, elle fit mine de prendre la mouche. Le type était un sagouin, mais peut-être pouvait-il au moins lui donner une explication, encore plus si il faisait partie des gens engagés pour "garder" les lieux, aussi étrange cela puisse être ? Elle se campa devant lui en tapant du pied, comme si il venait d'attaquer l'honneur d'une noble dame, puis en allant quérir son attention au travers d'un regard furieux, elle vociféra sans faire cas de la plus simple et évidente des discrétion :

"Comment ça "réduit" !? Vous parlez à Eléonore Ducras Heinssbel, descendante d'une des familles les plus ancienne de Nexus ! Le minimum que vous me devez est une explication des raisons pour laquelle je ne devrais pas vous sommer de vous agenouillez d'abord, et de me laisser passer ensuite ! Alors, j'attends !"

En terme de ton impérieux et supérieur, elle maîtrisait, ce n'était guère un souci. Le problème, c'est que ce genre de comportement ne pouvait finalement marcher que sur les serviteurs ni trop bête, ni trop intelligent. Cela parce que le bêta finissait souvent par répéter en boucle ses instructions par manque de capacité mentale pour se demander ce qu'il devrait effectivement faire, et parce que le savant choisissait bien sûr de s'en tenir aux ordres par pure conscience professionnelle. Et en cet instant, elle crût avoir trouvée la perle rare, car l'andouille eut l'air déstabilisée, confondue face à cette révélation, comme si on venait très clairement de lui annoncer une informations capitale où sa juste réaction pouvait finir par le mettre grandement en danger. Mais il se révéla bien malheureusement un abruti quelques secondes plus tard :

"Vous ne pouvez allez dans les jardins Madame Heinssbell, nous n'avons aucuns droit de laisser passer qui que ce soit.
 -  Je... Insolent, espèce de... De H'ligureth Othy't'Tion
 -  Que... Comment Madame ?*

Elle ne lui répondit pas. Ce qu'elle venait de proférer n'était pas une injure, mais une incantation en démonique inférieur. Avec seulement un peu de mana, celui-ci permettait d'endormir la victime au plus simple toucher, et la petite Imp l'avait glissé tout naturellement dans sa phrase pour pouvoir se permettre cette fourberie sans que cela ne mette le vigilant homme de main sur ses gardes. Tout au plus cela le dérouta, et offrit d'ailleurs l'occasion à la demoiselle de projeter sa paume vers son visage, l'attrapant entre ses doigts tandis que le sort s'activa immédiatement. Certaines personnes avec une Force Mentale qui leur permettait de résister à ce genre de coups foireux. Enfin, par certaines personnes, il s'agissait généralement des mages, et elle voyait bien à la carrure du molosse qu'il n'étais pas foncièrement porté sur l'art des arcanes. Cela fut aisément confirmer quand l'ensemble du corps de celui-ci se détendit, et qu'elle n'eut qu'à le pousser en arrière pour qu'il chute mollement sur le sol, perdu dans quelques songes soudain, et prêt à dormir comme un bébé pour les heures qui viennent. Tout simplement parfait ! Elle n'attendit donc pas plus et le foula de ses socques avant de finalement dépasser sa masse pitoyable, et de rejoindre enfin le fin et élégant portail de fer forgé qui menait à l'intérieur magnifique des hauts jardins de Nexus.

Une fois à l'intérieur, elle se sentit enfin heureuse. Ces longues allées de verdure émeraude, ces arbres élégamment taillés en quelques géométries fascinantes, ces arches typiques permettant de percevoir le chemin menant aux autres espaces verts de la cité... Tout en ce lieux respirait un entretien soigné et une volonté de splendeurs inégalables auxquels Flint ne pouvait qu'être sensible. En revanche, elle constata que les lieux étaient bien vide en cette période de la journée. Ce n'était pas pour lui déplaire, mais elle ne comprenait franchement pas l'utilité de clore un tel endroit en une période où tous souhaiteraient s'y balader. Enfin, elle voyait bien quelques endimanchées plus loin, mais elle opta pour un petit détour, après tout elle n'était guère invitée et voulait pouvoir faire sa marche contemplative sans plus de gardes et de miliciens, enfin, de lourdauds pour lui sommer de retourner d'où elle vient. Cela ne prit qu'un peu plus de dix minutes, juste assez pour éviter le gros du rassemblement et repartir un peu plus loin, non sans croiser un jeune homme accompagné de son serviteur et homme de main. Elle n'en fit rien, ne dévia que peu sa trajectoire, fit mine d'être dans son bon droit malgré l'étrangeté de sa tenue et de sa présence. Après tout, ce n'est pas le PREMIER type sur qui elle tomberait qui viendrait l'ennuyer, n'est-ce p...

"Bonjour, j'espère que vous allez bien. Quelle belle matinée ! Mais vous semblez nouvelle en ce lieu. Je peux peut être vous aider ?"

Adieu ses grands projets de tranquillité apparemment. La démone inférieure se retourna et observa un peu plus longuement celui qui était venu lui offrir quelques banalités polies. Honnêtement, il avait un certain charme fin, celui de l'adulte qui n'a pas encore souffert des affres de l'âge. Et pourtant, elle disait cela alors que quelques rides d'inquiétudes se formaient déjà sur son front et le coin de ses paupières. Non sans parler de la chevelure désordonnée et blanche de cet homme. Quels soucis avait put teinter ce visage d'une telle manière ? Finalement elle aurait put chercher à l'éviter, à s'esquiver, mais cette étrange apparition, avec cette courtoisie clairement aussi factice que ne l'était cette approche "innocente", avait eut le don de titiller un instant sa curiosité, et elle s'y laissa prendre consciemment.

"Si vous avez envie de manger, je peux vous procurer beaucoup mieux. Pour toute contrepartie, je ne demande qu'une seule chose : Que vous me fassiez plaisir en acceptant, pour un bref moment, ma compagnie à la terrasse d'un café que je connais plutôt bien : Le trident du rétiaire
 -  Hum, permettez moi..."

Elle grignota un nouveau bout de sa lombe, puis croisa les bras, faisant mine de réfléchir. Son choix était tout fait, il avait eut un assez bonne impact pour qu'elle puisse concéder un peu de son temps. Ce qu'elle voulait, c'est de ne pas tendre à faire l'idiote, et paraître bien trop avenante. Surtout que quelque chose la gênait suffisamment pour qu'elle ait à ... poser des conditions :

"Je dois vous avouer que même si cette lombe est succulente, midi approche, et je pense en effet qu'un véritable repas ne saurait que me plaire. Aussi je ne vois pas de raisons pour moi de refuser une telle invitation. En revanche..."

Elle se tourna vers l'homme de main qui était resté auprès de ce diligent jeune homme.

"Si j'accepte de déjeuner auprès de vous, ce n'est pas pour que votre homme de main me dévisage comme il le fait actuellement. J'aime manger en paix. Et je pense qu'avant que je ne vous suive, il est de bon ton que vous vous présentiez n'est-ce-pas ? Oh et permettez"

Prise dans son jeu d'actrice, et s'en amusant évidemment, elle ne manqua pas d'accorder ses propos d'un salut propre aux nobles dames  de Nexus. Toutefois, n'ayant ni robe, ni atours lourds et pompeux, elle se contenta de plier le dos, une jambe en arrière, et de quérir les deux lourds pans de tissu à l'arrière de sa tenue pour les redresser du bout des doigts, comme on le ferait des pans d'une royale tenue.

"Appelez moi Flint. Mon nom complet sait se trouver ô combien complexe et pompeux, mais si vous souhaiteriez aussi le connaître, comme le veut les bonnes moeurs, le voici : Flint Eklepios Adaenika"

Georges Flemens

Humain(e)

Re : Vous avez dit...Une blague?[Flint Eklepios Adaenika]

Réponse 4 dimanche 05 juillet 2020, 13:54:40

"Je dois vous avouer que même si cette lombe est succulente, midi approche, et je pense en effet qu'un véritable repas ne saurait que me plaire. Aussi je ne vois pas de raisons pour moi de refuser une telle invitation. En revanche...Si j'accepte de déjeuner auprès de vous, ce n'est pas pour que votre homme de main me dévisage comme il le fait actuellement. J'aime manger en paix. Et je pense qu'avant que je ne vous suive, il est de bon ton que vous vous présentiez n'est-ce-pas ? Oh et permettez...Appelez moi Flint. Mon nom complet sait se trouver ô combien complexe et pompeux, mais si vous souhaiteriez aussi le connaître, comme le veut les bonnes moeurs, le voici : Flint Eklepios Adaenika "

La jeune femme termina sa tirade par une révérence très féminine à la manière nexusienne presque parfaite. Sa tenue bariolée ne correspondant pas aux standards de la noblesse de la citée-état mais elle se débrouilla malgré tout très bien. Georges fut positivement impressionné par les efforts de son interlocutrice et un peu inquiet dans le même temps. La magicienne, ou le démon, peu importe sa nature avait il des contacts avec la noblesse de la citée-état ?

Dans tous les cas, cette Flint Eklepios Adaenika avait respecté le protocole à la lettre. Georges se devait donc de faire de même. Il répondit donc à la révérence de la jeune femme d'une brève inclinaison de la tête en regardant vers le bas, comme le voulait la coutume nexusienne.

Georges ne put s'empêcher de porter son regard sur les courbes de la jeune femme aux cornes plates. Il fallait tout de même avouer qu'une tenue aussi près du corps ne pouvait constituer qu'une invitation à admirer le physique de sa porteuse. Et quel physique ! Un corps fluet mais au combien agréable à regarder ! Le rouge monta légèrement aux joues de Georges, de même qu'un léger sentiment de malaise vint le tourmenter. Cependant, le jeune noble se reprit très vite. Il était devant un être potentiellement très dangereux et il se devait de faire ce qu'il avait à faire sans s'attirer ses foudres. Aussi s'empressa t-il de se présenter comme le demandait l'intruse.


«Quel plaisir de voir que vous respectez les usages de la noblesse nexusienne ! Rares sont les jeunes dames à savoir exécuter une révérence aussi parfaite. Pourtant vous avez parfaitement saisi les huit étapes clefs et ce malgré votre tenue peu adaptée. Mais j'oublie les bonnes manières : Je suis le comte Georges Flemens, dernier descendant et héritier légitime de la maison Flemens.»

Georges inclina la tête une seconde fois tout en enlevant son chapeau. Il donna ainsi à son attitude un côté solennel qu'il n'y avait pas dans sa première révérence. Après avoir marqué un temps d'arrêt, le jeune noble se recoiffa et se redressa tout en souriant à son interlocutrice.

«Flint Eklepios Adaenika ? Ce n'est pas un nom que je connais, mais je ferai en sorte d le retenir parfaitement. Ma mémoire ne me trahit jamais quand il s'agit de retenir le nom d'une personne aussi remarquable que vous.»

Valor vint de nouveau interrompre son maître. Sa voix, la tension au niveau des poings...tout dans l'attitude du garde du corps manifestait sa peur. Georges espérait que son comportement ne fasse pas échouer la rencontre avec Flint ou peu importe son véritable nom.

«Monsieur, il est de mon devoir de vous rappeler votre rendez vous avec le seigneur Talianov et...»

Georges fit taire Valor Innokenti d'un geste et d'un regard appuyé. Georges appréciait beaucoup Valor Innokenti, mais il arrivait que celui-ci se montre un peu agaçant. Le jeune noble le comprenait. Valor avait perdu son emploi au Palais d'Ivoire pour ne pas avoir été suffisamment protecteur envers son souverain. Ayant failli à son devoir de chevalier, il s'acquittait de sa tâche de protecteur avec un zèle qui convenait particulièrement bien à Georges. Cependant, la situation dans laquelle se trouvait le jeune assureur ne souffrait pas que son chef de la sécurité vienne mettre son grain de sel. Georges éprouvait de la peur et un certain malaise vis-à-vis de Flint. Il n'avait rien à la gagner. Bien au contraire.

«Je vous remercie, Valor. Mais je n'ai pas invité le seigneur Talianov à déjeuner avec moi. Il me faut bien me sustenter. Si je peux le faire en compagnie de cet chère Flint Eklepios Adaenika, je ne vais pas me priver.»

Mais Valor ne s'avoua pas vaincu et continua à dérouler son argumentaire.

«Monsieur, vous serez en retard. Le Trident du rétiaire à beau se trouver dans le quartier du quai des chats, il n'en reste pas moins que si l'on considère que vous ne consacrerez que vingt minutes à cette...Non, monsieur, je ne peux vous laissez seul»

Georges n'avait absolument pas envie de se retrouver seul avec Flint. Il était reconnaissant envers Valor Innokenti que celui-ci décide de le suivre durant cet entretien. Cependant, pour bien jouer le jeu devant son interlocutrice, le jeune noble poussa un long soupir pouvant s'apparenter à un signe d'exaspération. Il se retourna vers Flint avec l'air un peu contrarié.

«Je crains qu'il ne nous faille accepter un chaperon. Oh je tiens à vous rassurer. Valor Innokenti est comme mon ombre et mes gardes sont très bien éduqués. J'y veille ! Valor et les siens sont particulièrement discrets et efficaces quand ils le veulent. Faites donc comme s'il n'était pas là et vous ne le remarquerez même plus. Je vous assure que nous pourrons manger en paix.»

Georges se tourna une nouvelle fois vers son chef de la sécurité.

«Vous ferez envoyer un message au seigneur Talianov pour lui dire que je serai un peu en retard. Vous omettrez de lui faire part de la raison qui me retient, bien évidemment. Après tout, je suis un homme occupé.»

Georges se tourna de nouveau vers Flint, un autre sourire factice sur les lèvres, tandis que Valor faisait mander un coursier pour le compte de son employeur.

«Cela vous convient il ? Avez vous d'autres conditions à faire valoir avant de m'accorder le privilège de votre compagnie ?»[/justify]
« Modifié: dimanche 05 juillet 2020, 14:19:41 par Georges Flemens »


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