Bureau de la direction et infirmerie / Re : On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: Aujourd'hui à 05:31:05 »Ainsi, voir sa consœur perturbée au point de rester muette et de ne pouvoir dissimuler l’émotion puissante la traversant lui fit courir un frisson à travers l’échine. Elle pouvait bien être affectée par les choses. Et ce qu’elle avait vu y était parvenu. Cette fleur. Une fleur de Veille-Lune, comme elle l’appelait. Le démon posa son regard dessus pensivement comme elle parlait, s’interrogeant sur sa nature, son pouvoir, et sur la réalité de la menace pouvant peser sur la Terre.
Une chose était sûre : cette chose ne devait pas exister. Si la professeure était bien informée et si son monde était anéanti, alors une espèce endémique ne pouvait arriver par une faille. Elle ne devrait plus exister. Les théories se bousculaient. La logique aurait voulu qu’elle se trompe et que son monde existe encore, mais quelque chose lui disait qu’elle avait bien raison. A partir de là, les déductions étaient larges, allant du monde parallèle à la terraformation d’un autre monde, en passant par la survie de son monde dans un état transitoire ou une dimension interstitielle, ou par une contamination remontant à loin et jusque là jamais perçue.
Quoi qu’il en soit, elle avait raison : ils allaient devoir travailler ensemble, car cette affaire les touchait tous deux au même titre. Il posa sur elle un regard entendu, mêlant gravité et reconnaissance. Il se sentait, en effet, un peu dépassé par la situation. C’était quelque chose qui lui arrivait très rarement. A dire vrai, ça ne lui était jamais arrivé. Pas à ce point. Il était pourtant un enfant de Belphegor ayant reçu une part de son génie hermétique pour malédiction héréditaire. Il savait des choses qu’il ne savait pas encore et les découvrait en lui en les étudiant. C’était ce qui avait fait de lui un si bon scientifique. Mais aujourd’hui, il se sentait perdu. Et ce n’était pas normal.
« J’aurai bien besoin d’une consœur, admit-il avec calme. »
Ses yeux retrouvèrent la fleur et l’avisèrent encore un bref instant avant de se relever dans les ambres grêlés d’éclats de saphir de ses yeux. Il ne les avait pas remarqués si frappants, et il s’y perdit quelques secondes avant de cligner des yeux et de se ressaisir. Il se referma aussi, immédiatement, craignant d’avoir laissé son aura se diffuser vers elle lors de cet interlude béat.
« Mais il va falloir être plus ouverte sur certaines choses, souligna-t-il alors. Ces fleurs de Veille-Lune… Que sont-elles et quel est leur danger ? Et comment s’en serait-il trouvée une ici si elles sont censées avoir été… détruites avec votre monde ? »
Franz réalisa qu’il parlait assez abruptement, avec une froideur analytique, d’un drame qui affectait encore réellement sa compagne de recherche. Il fit une grimace, baissa la tête et soupira.
« Pardonnez-moi. »
La redressant, il se fit plus doux.
« Comprendre est dans ma nature. Je déteste ne pas y parvenir. »









