Une étincelle, un courant…je ne sais décrire ce qui traverse mon corps, partant de mes doigts jusqu’à tout mon être...en une fraction de seconde lorsque nos doigts se rencontrent…l’image de notre baiser me revient, et l’incube a le sentiment d’être charmé…
"Mae govannen, melamin mîr vi dû. Hannon le na i annon… (Bonsoir, ma lumière dans les ténèbres. Merci pour l’accueil.)
Obligé de me mordre la joue dans le silence de l’Eden pour garder contenance et ne pas plonger sur ses lèvres, je me concentre sur la raison de sa présence, le reste viendra le moment venu.
- Aduial vae — gil-amrûn nín, gellon i-chened le vi mar nín. (Bonsoir mon étoile du matin, je suis enchanté de te voir en ma demeure)
Me contentant d’un simple baise-main, mes doigts ne peuvent s’empêcher de caresser la sienne comme si elle était faite de porcelaine…alors que mon cœur de démon tambourine de plus en plus fort…Sans lui lâcher la main, avec les lumières tamisées au maximum, je lui fait faire le tour…lui faisant profiter de la vue à 360° sur tout Seikusu, comme si nous dominions ce monde de mortels.
Je m’y arrête en voyant au loin la lune, me plaçant délicatement dans son dos…
- Si tu me permets…
Mes mains se posent sur ses hanches pour autour de son ventre, ma joue contre la sienne, je contemple à la fois la ville, et le reflet poétique de nos deux corps enlacés…me découvrirais-je un romantisme insoupçonné ? Je l’ignore, quoi qu’il en soit, mon corps lui est en feu…je me demande si elle le sent dans son dos.
Je finis par nous détacher pour nous diriger vers une salle servant de réserve.
- Je…hem…propose que nous commencions ici, puis de faire tout le tour de la vite et la porte, tant que la protection demeure invisible.
Sortant une dague, je m’entaille la paume, commençant à écrire la moitié de la protection de la pièce, tandis que mon invitée du soir fait l’autre moitié, ainsi le sceau dessiné par nos deux sangs liés prendra toute sa puissance, c’est du moins ce que m’a appris Lya’ et ce que j’en ai déduit de mes nombreuses lectures ayant occupés mon absence. Entre ça et les leçons sur les arcanes, je n’ai pas chômé.
Lorsque le dernier caractère est tracé par nos deux êtres, un flash lumineux nous aveugle presque et tout ce que nous avons tracés disparait petit à petit…
- Ça a l’air d’être actif…
J’en souris en la regardant. Croisant ses yeux couleurs émeraude si envoutants, mon esprit déconnecte. Lorsque je reviens à moi, nos lèvres sont scellées, nos langues s’enlacent, dansent et flirtent ensemble…tandis que ma demi-elfe se trouve entre la porte et moi…C’est délicieux, envirant…je m’en vais presque retiré cette cape qui couvre le corps que je désire…lorsque sans une parole échangé, nous nous détachons en même temps l’un de l’autre…comme un rappel du devoir sonnant en nous.
- Nous…finirons cela plus tard…ce baiser…
Ma langue passe sur ma lèvre lorsque je me dépêche de partir pour ne pas succomber une fois de plus.
Nous séparant de part et d’autre de l’Eden pour éviter de nous déconcentrer, je grave la moitié des glyphes, tout autour de la salle, à un espace de 5 mètres entre chaque, inutile de dire que cela prend du temps, la calligraphie de glyphes aussi puissant est un art à la fois délicat et dangereux en cas d’imprécision. Tant et si bien que ma compagne ne se gêne pas pour me faire savoir lorsqu’elle aperçoit des ratés, même minime. Réo le roi de l’Eden se faisant ramasser par une herboriste. Le spectacle serait amusant à voir pour un néophyte, mon point de vue est tout autre, j’apprécie que l’on me tienne tête, ou si je suis honnête, si c’est elle. N’allez pas imaginer que je suis aussi doux avec quelqu’un d’autre.
La soirée avance, et au bout d’un moment, les flashs aveuglant s’enchainent.
- Et beh, si on n’a pas réveillé toute la ville avec ça. Je t’offre un verre, nous l’avons mérité.
Passant derrière le bar, je fais découvrir à ma compagne la magie que je maitrise, les cocktails. Connaissant sa personnalité, je commence à jongler en préparant un breuvage à base de plante, vodka pour relever le tout, et un pointe de piment pour le coté démoniaque, avant de m’installer près d’elle.
- A notre collaboration…et à…nous ?
Je ne tiens plus, je veux goûter de nouveau ses lèvres…ma main posée sur sa cuisse, je retrouve la saveur sucrée qui me fait tant d’effet…la débarrassant cette fois de sa cape, pour dévoiler sa robe à la fois osée et gracieuse…