Certains appellent ça une épiphanie, d’autres un signe du destin…Personnellement je ne sais mettre de mot sur ce que je vis, tandis que je contemple la ville depuis le sommet de la tour qui héberge l’Eden, l’horizon de la ville qui semble briller de mille feux et que je vois différemment depuis mon retour de l’herboristerie de Lyadril…Ma Lyadril…j’ai encore du mal à m’y faire alors que je finis la dernière gorgée de mon verre de bourbon…
La soirée bat son plein, la rumeur de mon retour a créé l’effervescence pour le bonheur de mon comptable. Un autre était heureux de mon retour, Louis qui s’est empressé de m’interroger sur les évènements ayant suivi sa course pour m’apporter les affaires. Sachant qu’il est trop fier lorsque son instinct a raison et qu’il va m’en parler longtemps, je passe sur certains détails, prétextant devoir préparer le service.
Je sens son regard sur moi, il sait que je n’ai pas tout dit, mais en bon bras droit se concentre sur mon seconder. Je sais bien qu’il reviendra à la charge, mais pour l’heure je suis dans ma bulle, mon pouce faisant le tour du verre en cristal ouvragé, je suis tellement concentré sur le film des évènements récents que mon esprit fait abstraction du bruit ambiant…l’attaque, ma rencontre avec cette tornade dans ma vie, ses cours et connaissances sur les arcanes, puis l’arrivée de Virgil, de Diamant…et encore l’image de la peau d’albâtre, ses yeux turquoise…la douceur de sa peau…
Je ne réalise à quel point mon rythme cardiaque s’emballe que lorsque mon flot de pensées est interrompu par un habitué qui tenait à me saluer.
- Réo, mon cher, c’est un tel plaisir de vous revoir, votre absence en a laissé plus d’un perplexe.
- Vos mots me touche, mais vous me connaissez, je ne laisse jamais ce qui m’est précieux bien longtemps…J’ai du régler quelques affaires, mais profitez donc de la fête !
Comme revenu à la raison, je prends un micro et commence à chanter sur un air jazzy, ce qui a un don pour réchauffer l’ambiance chez certains dont les idées de luxure remontent à la surface…preuve s’il en est des lèvres mordus par ci par là, ou des traces de transpirations…pour ne pas parler des mains baladeuses…
C’est à ce moment que j’aperçois quelqu’un à l’entrée, cherchant à se fondre dans l’ombre…encapuchonné, je reconnais…non…mon cœur reconnais cette présence…rendant mon chant plus…captivant…au fur et à mesure que je le deviens moi-même…elle est là…sans doute pour la protection de l’Eden…mais je ne peux m’empêcher de la désirer ce qui rends mes effluves difficile à contrôler…je m’arrête juste à temps alors que je sentais que la soirée risquait de finir en orgie si je ne m’arrêtais pas…
- Hmm…je suis désolé, d’interrompre cette soirée Ô combien prometteuse, mais j’ai une affaire urgente à régler. Pour la peine, demain soir une consommation offerte à tout le monde…
Certains ont beau avoir envie de se scandaliser, ils savent que ma parole est loi entre ces murs, donc la salle se vide en silence, et bien vite il ne reste que nous et Louis.
- Ca te concerne aussi Louis, on se parle plus tard…
La porte claque silencieusement nous laissant dans un silence à la fois pesant…et si parlant…Un pas après l’autre…je me rapproche, lui tendant la main…
- Bienvenue à l’Eden…