"Je l’ai eu ! Maman, regarde !"
Adel est tiré de cette frustrante conversation par les cris d'une petite fille exhibant un poisson dans une épuisette qui semble déjà être fatiguée de vivre. L'échange n'est pas significatif en lui même, c'est une conversation extérieure entre une fière mère de famille et son enfant radieux, mais c'est à partir de ce moment que l'air semble...moins tendu autour d'eux. Encore une fois, sans qu'il ne sache réellement pourquoi. Est-ce son vis à vis qui provoque ces sensation, s'est elle emparée de cet endroit?
Le voyageur décide de rejeter cette théorie pour l'instant, elle semble être toute aussi impassible, quoi qu'il se passe. Peut être que c'est ce lieu lui même qui est...capable de pensée, va t-il dire, et qu'il souhaite simplement s'assurer que ses invités ne s'écharpent pas, ou il veut peut-être les mettre à l'épreuve? Si c'est le cas, peut-être a t-il réussi cette épreuve inconnue...ou est-ce lui l'épreuve, et elle qui l'a réussie? Il n'en sait rien mais cette hypothèse lui déplait, et cette manie qu'elle a de le regarder ainsi également. Est-ce l'effet qu'il produit quand il est curieux d'une personne et de ses actions? Il va visiblement avoir des comptes à rendre avec son reflet dans le miroir pendant ces prochains jours.
Rah! Assez! Adel s'énerve inutilement, ce qui n'est pas dans l'esprit de l'endroit et de l'évènement. Les paroles et les actions de cette créature ne valent pas la peine d'entrer dans une humeur de molosse suspicieux. Il prend donc l'une de ses "cigarettes", ainsi que quelqu'un a nommé celles-ci lorsqu'il en a sorti une devant lui, et l'allume pour en prendre une bouffée. Là, cela va tout de suite mieux.
“…Vous êtes fatigué. Et vous vous méfiez de tout ce qui cherche à vous approcher sans se nommer clairement.”
...il serait probablement encore plus irrité s'il n'avait pas décidé d'allumer cette cigarette. On dirait honnêtement que certains comportements de l'être humain échappent complètement à cette personne.
"Fatigué mentalement, peut être; contrarié, certainement. On dirait qu'il y a encore des choses qui vous échappent. Mais je dois quand même vous remercier de me montrer les comportements que je devrais m'efforcer d'éviter de reproduire. Par exemple, me rappeler qu'une personne n'aime guère qu'on la harcèle d'affirmations sans avoir l'élémentaire politesse de se présenter."
Ce qu'elle n'a toujours pas fait, d'ailleurs.
"Ce que vous n'avez toujours pas fait, d'ailleurs."
“Séliane. Séliane Noctelume. Enchantée.”
Comme quoi tout arrive. Adel lui fait une courbette, mi-ironique, mi sincère, avant de reprendre une bouffée de ses brins d'herbes.
"Adel, Adel Esplana. Moi de même."
Léger silence, pendant lequel le voyageur regarde son vis à vis, tentant d'en déduire davantage à son sujet. Pas de chance pour le moment, hélas.
“Vous cherchez des réponses immédiates. Mais certains lieux répondent mieux lorsque l’on cesse de leur résister.”
Si ce n'est qu'elle aime les affirmations sans fondement. Non pas que ce soit totalement faux, il y a des choses qu'Adel aimerait bien connaître rapidement, mais il se doute qu'il n'est pas prêt à entendre les plus importantes. Le voyage est aussi, voire plus important que la destination. Adel pourrait se sentir encore plus chafouin en entendant ça, mais heureusement qu'il est en train de fumer, n'est ce pas? Il pense, l'espace d'un instant, qu'il devrait se trouver quelque chose pour maintenir son calme, car l'immensité de sa tâche principale le comproment sincèrement.
Toujours est-il qu'il n'est pas venu ici dans l'optique de poursuivre ses recherches. S'il renferme des secrets liés à son but dans la vie, tant mieux, mais il est surtout curieux de la culture locale et désireux de ne pas apparaître encore plus étranger qu'il ne l'est déjà. Il n'a donc rien à demander à ce lieu en particulier et il commence a regretter sa curiosité, pour le coup. Il tire à nouveau sur sa cigarette et recrache la fumée en levant la tête.
"Peut être bien, mais je n'ai rien à demander à ce lieu et je ne cherche pas à lui extirper aveuglément ses secrets.
Il tire une nouvelle fois, profitant du moment de silence.
“Choisissez-en un. Et je répondrai à vos questions.”
“Aussi honnêtement que vous semblez vouloir l’être.”
Son vis à vis lui sort ça en montrant les omamoris suspendus dans leur stands...et, bon, il doit avouer que ces choses l'intriguent. Même pas pour l'espoir de finalement faire jeu égal avec son interlocutrice, mais parce qu'il voudrait bien savoir si ces objets portent effectivement chance. Il en aurait bien besoin pour le coup, car ce n'est pas simple de porter des responsabilités pareilles sur ses épaules.
Mais au moment ou il se décide y aller, un ivrogne passe devant eux comme une bête de somme en panique, et percute Séliane, qui tombe dans sa direction, alors que ses papillons se dispersent et s'éparpillent autour d'eux. Bon, cette femme lui fait peut être passer un mauvais moment jusqu'a présent, mais ce n'est pas une raison pour ne pas l'empêcher de tomber à nouveau par terre, ce qu'il fait avec urgence, pendant que l'autre bête disparait sans piper mot.
Adel n'a qu'a peine le temps de remarquer l'absence de civilité de ce rustre avant que la jeune femme ne s'extirpe immédiatement de ses bras comme si son contact la brûlait. Etrange....il n'a pas utilisé ses protections, ce soir, en tout cas pas celle qui rend sa peau brûlante au toucher. Est ce que la femme en question aurait un problème à le toucher? Pourtant, il aurait juré qu'elle n'est pas un mort vivant?
Le voyageur décide de remettre cette question a plus tard, sachant ce qu'il doit faire pour avoir une chance d'obtenir des informations à ce sujet.
"Ce n'est pas votre faute."
Et sur ce, il s'en va immédiatement chercher un omamori. Le voila devant le stand, en train de chercher lequel lui correspondrait le mieux.