Minato s'était levé un peu plus stressé que d'habitude. C'était le grand jour, le premier matin de sa nouvelle vie.
La semaine de la rentrée est déjà passée, mais le doyen avait laissé une semaine de plus à Minato pour prendre ses nouveaux quartiers dans la ville. Le marché locatif étant tendu, il n'avait pas pu trouver de logement avant son arrivée au Japon, heureusement que AirBnb existe... Tout s'était enchainé très vite, il s'était même demandé si cela lui ressemblait beaucoup, de tout claquer pour partir à l'autre bout du monde. Mais le voici, yeux ouverts à fixer son réveil dont les minutes défilent lentement depuis 4h30, jusqu'à enfin sonner à 7h30 tapantes.
Son appartement voit encore quelques cartons ça et là disposés depuis sa modeste cuisine jusqu'à son salon trahit une envie de faire plein de choses, sauf de ranger ses affaires. Minato se leva enfin, fila dans la douche, se rasa de près, puis enfila son costume. Un chemise blanche, neuve, recouverte par une veste de costume noire, un pantalon noir et des chaussures de ville marron. Après s'être demandé devant le miroir si cela ne ferait pas un peu too much pour une arrivée sur site, il préféra ne pas prendre de risque, quitte à passer pour un peu trop guindé. Faire une mauvaise impression en passant pour un plouc auprès de ses nouveaux collègues et éventuellement auprès des étudiants qu'il croiserait, "pitié, tout mais pas ça". La météo avait annoncé un beau soleil de printemps, 18°C sans vent, aussi il n'allait pas souffrir comme en plein été quand, sous le cagnard, le dress code universitaire lui imposait tout de même d'être en veste. Il profita du reste de sa matinée pour relire les programmes des classes de physique dont il allait avoir la charge, avant de prendre son porte-feuille, son portable, et de partir.
L'avantage de vivre à proximité du campus, c'est qu'on peut prendre l'air sur le chemin, profiter du paysage et se dégourdir les jambes avant d'arriver sur site. C'était un sentiment étrange pour Minato, comme être à la fois en terrain complètement connu sans comprendre où on est : le monde universitaire lui étant parfaitement familier, mais il le connaissait dans son pays, via ses habitudes, ses us, ses non-dits. Il était à moitié japonais, oui, mais il n'était venu au Japon que quelques fois pour les vacances, rien de plus. Le trac commençait un monter au fur et à mesure qu'il se rapprochait du campus. Un trac un peu analogue à ce qu'il pouvait ressentir lors du premier cours après la pause estivale.
Il avait reçu un mail en catastrophe la veille au soir de la part du doyen l'excusant de son absence pendant la matinée, un RDV important s'était imposé à lui et il n'avait pu le décaler. Il s'était chargé, en demandant en urgence à un de ses subordonnés, de lui trouver un guide pour lui faire faire le tour de l'immense campus. Le doyen lui avait demandé d'arriver vers 9h45 devant l'entrée du campus, mais, comme à son habitude, Minato était arrivé un peu en avance. Il regardait un peu partout, à découvrir du regard l'entrée de l'immense campus ainsi que les boutiques de la rue passante qui y menait.
14 avril, 9h30, devant les grilles de l'entrée du campus de Seikusu