Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Séliane Noctelume

Pages: [1] 2 3
1
Séliane ne bouge pas lorsqu’il s’approche. Elle l’observe. Pas seulement son visage. Pas seulement ses gestes. Elle observe ce qui déborde. Cette tension vive sous la peau. Cette excitation trop brillante dans le regard. Cette fine fissure dans le contrôle qu’il maintenait avec tant de rigueur. Pas de doute, il a travaillé toute la nuit. Et quelque chose, en lui, a été… stimulé.

Le papillon, perché sur la branche au-dessus d’elle, agite lentement ses ailes. Comme hésitant.

Lorsque Franz s’abaisse à sa hauteur, leurs regards se rencontrent. Sans détour. À sa question, elle ne répond pas immédiatement. Ses yeux glissent brièvement vers le café. Vers les viennoiseries. Puis reviennent à lui.
C’était l’intention.

Simple. Sans mise en scène. Mais lorsque sa main se tend, rapide, précise, trop précise, et qu’il se saisit de la nourriture, quelque chose en elle s’apaise légèrement. Pas pour elle. Pour lui. La jeune femme le laisse manger. Boire. Revenir.

Lorsqu’il lui tend la pochette, elle la prend sans un mot. Ses doigts effleurent brièvement les siens. Froids. Ou peut-être est-ce elle qui est trop… tempérée. Elle ouvre. Observe. Longuement. Très différemment de lui.

Là où Franz voit des données, des corrélations, des projections… La professeure regarde les espaces entre les points. Les silences dans la carte. Les zones où rien n’a été relevé. Son regard ralentit. Suit les lignes. S’arrête. Repart.

Le papillon descend, se pose un instant sur le bord de la feuille, comme attiré par une zone en particulier. Lorsqu’il parle de la Toussaint, elle relève légèrement les yeux vers lui. Pas surprise. Confirmée.

Elle referme doucement la pochette. Pas brusquement. Comme si elle refusait de brusquer ce qu’elle venait de voir.

Un court silence s’installe. Puis :
Une faille active…

Sa voix est plus basse qu’à l’accoutumée. Moins professorale. Plus… concernée. Ses doigts viennent distraitement lisser un pli invisible sur le papier.
Cela expliquerait les disparitions.

Une pause. Très légère. Mais quelque chose change dans son regard. Une ombre plus dense.
Et aussi pourquoi ce déséquilibre ne cesse de s’aggraver.

La fée relève les yeux vers lui. Et cette fois, elle ne cherche plus à masquer entièrement ce qu’elle est. Pas vraiment. Juste assez pour que lui comprenne.
Une faille ouverte attire.

Ses mots sont calmes. Mais précis.
Pas seulement ce qui traverse.

Un battement.
Mais aussi ce qui… cherche à traverser.

Le papillon quitte la feuille. Revient se poser près de son épaule. Elle se redresse lentement et quitte le pied de l’arbre. Mais avant de faire un pas, sa main revient se poser contre l’écorce. Très brièvement. Comme une promesse silencieuse. Ou un avertissement.

Puis Séliane se tourne vers Franz.
Ce soir, donc.

Elle l’observe encore une seconde. Et cette fois… il y a quelque chose de plus direct dans son regard.
Quelque chose qui dépasse la simple curiosité.
Nous irons.

Pas une suggestion. Pas une hésitation. Puis, plus doucement :
Mais pas sans préparation.

Une légère inclinaison de tête.
Une faille active n’est pas un phénomène que l’on observe.

Ses yeux plongent dans les siens. Clairs. Lucides.
C’est un seuil.

Une pause.
Et les seuils…

Un souffle à peine perceptible.
… ne s’ouvrent jamais dans un seul sens.

La fausse humaine recule d’un pas laissant enfin un peu d’espace entre eux. Mais pas autant qu’avant.
Vous avez fait ce qu’il fallait cette nuit, Professeur Franz.

Et là, très légèrement :
Vraiment.

Ce n’est pas un compliment gratuit. C’est une reconnaissance. Puis son regard glisse vers le café qu’il tient encore.

Et, presque imperceptiblement :
Et vous avez eu raison de vous arrêter.

Un battement de cils.
Le reste aurait commencé à vous échapper.

Elle incline la tête. Très légèrement. Avant de tourner la tête pour un regard vers la ville. Vers quelque chose d’invisible.
Après vos cours. Nous irons voir ce qui s’éveille.

Mais quelque chose en elle refuse de laisser cette conversation se clore aussi simplement. Alors, elle ajoute :
D’ici là…

Sa voix change à peine. Mais quelque chose s’y glisse. Plus bas. Plus… personnel.
Reposez-vous... S'il vous plaît.

Ce n’est pas un ordre. Ce n’est pas une suggestion non plus. C’est… un constat nécessaire. Ses yeux ne quittent pas les siens.
Vous êtes efficace ainsi.

Une pause. Infime.
Mais pas durable.

Le papillon déploie ses ailes, puis se calme. Séliane incline légèrement la tête. Comme si elle venait de franchir une limite invisible. Puis elle se détourne. Sans attendre de réponse.

°°°

Le bruit du campus s’est désormais installé. Des voix dans les couloirs. Des pas pressés. Des portes qui s’ouvrent. Le monde humain reprend sa cadence. Et la fée se faisant passer pour une humaine s’y glisse.
La salle de classe est baignée de lumière. Les fenêtres grandes ouvertes laissent entrer l’air frais du matin, chargé de murmures lointains et du parfum discret des arbres du campus. Les élèves s’installent. Certains parlent encore. D’autres écrivent déjà.

Et lui est là. Le même étudiant. Celui de la fin de nuit-début de matinée avant même que les cours ne débutent. Assis à sa place, un peu en retrait, ses feuilles déjà étalées devant lui.

Lorsqu’elle entre, son regard se relève immédiatement. Il la reconnaît. Hésite. Puis, presque malgré lui :
Professeure…

La fée marque un très léger temps. Puis incline la tête.
Vous aviez donc choisi d’arriver en avance.

Une nuance. Très légère. Presque invisible. Mais différente de leur échange du matin. Elle se dirige vers son bureau. Pose ses affaires avec cette précision tranquille qui lui est propre. Puis se tourne vers la classe. Son regard glisse d’un élève à l’autre.

S’arrête une fraction de seconde de plus sur lui. Pas pour le mettre mal à l’aise. Plutôt… comme si elle le reconnaissait.
Bonjour à toutes et tous. Je vous remercie pour votre intérêt. Ceci est ma première journée dans votre établissement. Je suis Professeure Noctelume Séliane. Nous allons commencer.

Sa voix se pose dans la pièce. Calme. Claire. Mais quelque chose en elle a changé depuis la veille. Ou peut-être… est-ce simplement plus perceptible maintenant.
L’Histoire de la magie…

Un pas lent.
… n’est pas une succession d’événements.

Ses doigts se posent sur le bord du bureau.
C’est une succession de déséquilibres.

Un silence. Les élèves se taisent. Sans vraiment savoir pourquoi.
Chaque époque où la magie s’intensifie…

Son regard glisse brièvement vers la fenêtre. Vers les arbres.
… correspond à quelque chose qui s’ouvre.

Un silence. Puis, presque imperceptiblement :
Ou qui aurait dû rester fermé.

Le papillon, invisible pour les élèves humains, s’est posé sur le cadre de la fenêtre. Et dans la lumière du matin, une nuance plus douce, presque nocturne, semble flotter autour de la professeure. Rien de visible. Mais assez pour troubler.

Son regard revient à la classe. Puis à l’étudiant. Très brièvement.
Nous allons voir aujourd’hui comment ces déséquilibres apparaissent…

Une légère inclinaison de tête.
… et pourquoi ils ne sont jamais accidentels.

Et pendant que Séliane parle, quelque part dans la ville, quelque chose attend.

2
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: jeudi 26 mars 2026, 23:15:02 »
Le mouvement autour d’eux ne se dissipe pas immédiatement. Les regards persistent. Curieux, respectueux, parfois hésitants. Attirés autant par la chute que par l’étrangeté douce qui émane encore de la scène.

Pourtant, au centre de cette attention, Séliane demeure immobile. Parfaitement immobile. Seule la tension infime dans son appui trahit ce qui vient de se produire.

Ses papillons, eux, ne se sont pas entièrement dispersés. Certains flottent encore à proximité, décrivant de lentes arabesques de lumière, comme s’ils hésitaient à revenir se poser. D’autres, plus audacieux, se rapprochent déjà, attirés non plus par le sanctuaire… Mais par ce point précis. Par lui.

La voix d’Adel atteint la kami improvisée sans heurt. Elle ne répond pas immédiatement.

Son regard, clair, posé, d’une stabilité presque déconcertante, ne le quitte pas. Elle ne cherche pas ses traits. Elle ne s’attarde pas sur son visage. Elle perçoit.

Quelque chose en lui échappe aux lignes que la Gardienne du Voile Astral a apprises à lire depuis son arrivée dans ce monde. Ce n’est ni désordonné, ni hostile. Mais cela ne s’inscrit dans aucune des harmonies qu’elle vient d’observer.

C’est cela. La dissonance.

Ses papillons frémissent légèrement, comme sensibles à cette même anomalie. Alors seulement, elle parle. Sa voix est basse. Mesurée. Étrangement douce, mais dénuée de toute précipitation.
"Ce n’est rien."

Une simple affirmation. Mais elle n’est pas tout à fait vraie.

Son regard descend brièvement, juste assez pour reconnaître la tension dans sa cheville, puis remonte vers lui sans la moindre trace d’embarras.
"Mon corps n’est simplement pas encore… accordé à ce sol."

Les mots sont choisis. Précis. Mais leur sens reste à demi voilé.

Autour d’eux, l’attention commence à se relâcher, comme si l’absence de drame dissipait l’intérêt immédiat. Le flux de la fête reprend, lentement, laissant derrière lui une bulle plus calme. La jeune femme incline légèrement la tête.

Le geste est identique au précédent. Irréprochable, mais cette fois, il lui est destiné à lui seul.
"Je vous remercie."

Puis, sans rompre le fil invisible qui semble désormais les relier, elle ajoute, après une infime pause :
"C’est vous."

Pas une question. Pas une accusation. Un constat.

Ses papillons, plus nombreux désormais, gravitent lentement autour d’eux deux, comme attirés par une convergence qu’elle seule semble avoir comprise.

Ses yeux ne le quittent pas. Attentifs. Cherchant. Comprenant… sans encore tout saisir.

À quelques pas d’eux, la fête entame bien son souffle.

Un enfant tente d’attraper un poisson rouge dans un bac peu profond, sa petite épuisette de papier tremblant sous la surface. À chaque mouvement trop brusque, le papier menace de céder, et ses protestations indignées arrachent un rire léger à la femme agenouillée près de lui. Sans doute sa mère qui lui murmure de ralentir, de respirer, d’observer avant d’agir.

Un peu plus loin, un vieil homme ajuste les ficelles d’un stand de talismans. Les omamori suspendus tintent doucement les uns contre les autres, portés par une brise discrète. Certains passants s’arrêtent, hésitent, puis choisissent avec soin celui qu’ils emporteront, comme si leur décision devait être entendue par quelque chose d’invisible.

Sous un petit auvent, deux jeunes femmes vêtues de yukata échangent des regards complices en partageant des brochettes encore fumantes. L’une d’elles jette un coup d’œil furtif vers Séliane, puis détourne rapidement les yeux, troublée sans comprendre pourquoi.

Plus loin encore, le rythme lent d’un tambour résonne. Régulier. Profond. Il ne domine pas les sons alentours, il les soutient. Comme un cœur discret autour duquel tout s’organise.

Et parfois, entre deux battements, le tintement clair d’une clochette. Suspendue à l’entrée d’un petit autel secondaire, elle s’agite légèrement, sans qu’aucune main ne l’ait touchée. Certains passent sans y prêter attention. D’autres s’inclinent en silence.

Autour de l'étrange silhouette et d’Adel, la foule circule, contourne, s’écoule. Leur présence crée une infime déviation dans ce flux presque imperceptible, mais suffisante pour que personne ne les heurte. Comme si, sans le savoir, chacun respectait une distance.

Un espace. Un intervalle suspendu au milieu du mouvement. Et dans cet espace... Le monde continue. Mais différemment.

3
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: vendredi 20 mars 2026, 23:37:08 »
La rumeur du festival ne franchit pas pleinement l’enceinte du sanctuaire. A part une petite vague feutrée d’anticipatifs, ponctuée du claquement sec du bois et du tintement clair des clochettes suspendues aux avant-toits. Les lanternes, rouges et ivoire, diffusent une lumière chaude qui semble flotter dans l’air nocturne comme une mémoire ancienne. L’air porte une odeur de bois ancien, d’encens et de papier neuf. Chaque pas trouve naturellement un rythme plus lent, plus mesuré.

Le sanctuaire veille. Et lorsqu’elle franchit le seuil, quelque chose s’accorde. Séliane ne s’arrête pas. Elle ressent.

Le lieu n’est pas étranger. Mais il est structuré autrement. Moins sauvage. Plus contenu. Un sacré discipliné.

Ses pas, encore incertains dans les geta, restent silencieux malgré le bois. Sa posture, elle, ne vacille pas. Droite. Fluide. Déjà presque en harmonie.

Elle n’appelle rien. Et pourtant… Au loin, hors de toute volonté, une lueur apparaît. Puis une autre. Ses papillons viennent d’eux-mêmes. Attirés. Pas par elle. Par ce lieu… et par ce qu’elle y devient. Ils restent encore en retrait, discrets, comme hésitants à franchir eux aussi une limite invisible.

Alors un regard se pose sur elle. Kannushi Hayama Kiyotsugu. Gardien du sanctuaire, héritier d’une lignée ancienne, homme de rites et de silence. Il se tient près du honden, ajustant une corde sacrée lorsqu’un trouble infime traverse sa perception. Il ne voit pas d’abord. Il ressent. Une présence qui ne s’inscrit pas dans les flux habituels. Pas une souillure. Pas une prière. Autre chose.

Ses doigts s’immobilisent sur la fibre tressée. Lentement, il se tourne. Et la voit. Le silence entre eux n’est pas vide. Il est plein. Dense. Son regard ne s’attarde ni sur son visage, ni sur sa tenue. Il observe ce qui ne se montre pas, ce qui entoure, ce qui dépasse, ce qui… appelle sans appeler.

Puis, avec une précision presque rituelle, il s’incline. Pas profondément. Mais sans équivoque.
…Vous avez franchi le seuil sans hésiter.

Sa voix est calme, basse, ancrée. Ce n’est pas un reproche. C’est un constat.
Séliane soutient son regard. Elle ne répond pas immédiatement. Elle observe en lui cette stabilité, cette discipline façonnée par des années à servir sans comprendre entièrement.

Et, simplement :
Le lieu ne m’a pas rejetée.

Pas d’arrogance. Une évidence.

Un silence suit. Le prêtre ferme brièvement les yeux. Non pour réfléchir, mais pour confirmer ce qu’il perçoit. Lorsqu’il les rouvre, sa décision est prise.
Ce soir, nous honorons ce qui demeure invisible aux regards ordinaires.

Un léger mouvement de tête.
Il arrive… que certaines présences choisissent d’approcher.

Il ne demande pas qui elle est. Il ne cherche pas à nommer. Il reconnaît. Et dans ce geste, il accepte. Alors seulement, il se détourne légèrement et lui fait signe de le suivre, vers une structure latérale plus discrète. Là, à l’abri des regards, reposent plusieurs coffres de bois sombre, patinés par le temps. Il en ouvre un. Avec respect. À l’intérieur, les tissus ne sont pas simplement rangés. Ils sont préservés.

Kannushi Hayama Kiyotsugu en sort une pièce avec lenteur.
Ceci est porté lors des représentations offertes aux kami.

Il marque une pause.
Non pour les incarner… mais pour leur donner forme, un instant.

Il relève les yeux vers elle. Et, pour la première fois, une nuance d’émotion traverse sa retenue.
Si vous l’acceptez.

Le vêtement déployé révèle une soie lourde, profonde, d’un blanc cassé tirant vers l’ivoire. La surface capte la lumière sans la refléter pleinement, comme si elle l’absorbait. Des motifs y sont brodés à la main. Des fleurs de prunier, délicates, presque translucides, filées d’argent pâle. Entre elles, des lignes courbes d’un or discret évoquent le vent, les flux invisibles, les chemins que rien ne trace mais que tout suit. Aux extrémités des manches, une teinte plus froide apparaît : un dégradé de bleu très clair, presque imperceptible, comme l’aube naissante sur une neige intacte.

Un uchikake cérémoniel. Ancien. Respecté.

La princesse des fées d'une planète aujourd'hui disparue s’en approche. Ses doigts n’hésitent pas. Le contact est immédiat. Juste. Lorsqu’elle le revêt, le tissu ne la contraint pas. Il s’ajuste. Glisse sur elle avec une évidence troublante. Le poids du vêtement ne pèse pas. Il stabilise.

Et c’est à cet instant que les papillons franchissent la limite. Ils viennent. Sans appel. Sans ordre. Attirés.
Leurs lueurs se multiplient, doucement, comme si la nuit elle-même se fragmentait autour d’elle. Ils se posent sans précipitation : dans sa chevelure, le long des broderies, à la naissance des manches. Ils ne décorent pas. Ils reconnaissent.

Le prêtre ne parle plus. Son souffle même se suspend. Puis, lentement, il s’incline. Plus profondément cette fois. Non devant une invitée. Mais devant ce qu’il ne peut qu’honorer.

Séliane, elle, se détourne. Vers l’entrée. Vers le monde extérieur. Chaque pas est désormais parfaitement maîtrisé. Le bois des geta ne trahit plus aucune hésitation. Sa silhouette, drapée de soie et de lumière, semble glisser plutôt que marcher.

Elle observe. Analyse. Pèse. Ce monde pourrait accueillir les siens. Peut-être.

Alors, une fracture. Invisible. Brutale. Ses papillons frémissent aussitôt. Pas de peur. D’alerte. Son regard se lève. Ce n’est pas le sanctuaire. Ce ne sont pas les kami. C’est autre chose. Une présence qui ne s’inscrit dans aucun des équilibres qu’elle perçoit.

Et dans cet instant, son attention se rompt. Le bois glisse. La cheville cède. Une torsion brève, nette, et son corps bascule.

Le contact survient. Solide. Immédiat. Réel.

Ses papillons s’écartent dans un frisson de lumière. Puis… Déjà… Elle se redresse. Lentement. Parfaitement.

Sa main ajuste le pli du vêtement. Son souffle se stabilise. Seule une tension discrète dans son appui trahit la douleur. Donc elle s’incline. Précise. Mesurée. Irréprochable.

Puis ses yeux se posent sur lui. Clairs. Fixes. Et désormais habités d’une compréhension nouvelle. Ce n’est pas un hasard. C’est lui.

4
Le coin du chalant / Re : Adel Esplana, ouichalant
« le: jeudi 19 mars 2026, 21:59:18 »
Je souhaite en apprendre plus sur la nature humaine et faire votre rencontre lors d'une fête si vous le voulez bien.

5
Le silence s’installe après les mots de Franz. Pas un silence vide. Un silence qui clôt.

Séliane l’observe. Lorsque son interlocuteur évoque la nuit à venir, le travail, les vérifications… quelque chose en elle vacille. À peine. Une intention naît. Fragile, spontanée. Rester. L’accompagner. Ne pas laisser cette inquiétude grandir seule dans l’obscurité.

Ses lèvres s’entrouvrent. Puis rien. Son regard glisse un instant vers les arbres. Vers les feuilles qu’elle a apaisées sans les guérir. Vers cette dissonance toujours présente, tapie sous la surface du monde. Elle comprend. Ce n’est pas à elle d’imposer sa présence.

Alors elle revient à lui. Franz. Déjà ailleurs. Déjà en mouvement dans sa pensée. Elle incline légèrement la tête.
Très bien.

Sa voix est douce. Stable.
Je comprends.

Un battement suspendu. Puis, presque naturellement :
Si telle est votre volonté… Professeur Franz.

Le prénom s’insinue sans heurt dans la formule. Comme s’il avait toujours été là.

Le papillon interrompt son vol un instant. Mais la jeune femme, elle, ne relève pas.

Elle se détourne légèrement, prête à partir, avant d’ajouter :
Je serai sous cet arbre.

Son regard désigne celui qu’elle a touché. Celui dont les feuilles frémissent encore d’un souffle retrouvé.
Demain matin.

Pas d’heure. La professeure marque une pause, presque imperceptible.
Passez une… nuit productive.

Puis elle s’éloigne. Ses pas s’effacent sur la pierre chaude du patio. Le papillon la rejoint, décrivant une lente spirale avant de se poser sur son épaule. Et lorsqu’elle quitte la cour, quelque chose semble se retirer avec elle. Comme une ombre douce qui abandonne le jour.


La nuit passe. Et avec elle, la ville.

Seikusu ne dort jamais tout à fait. Mais entre deux battements, entre deux souffles urbains, il existe des instants suspendus, des heures où même les choses invisibles hésitent.

Séliane, elle, ne dort que peu. Au cœur de la nuit, elle marche. Silencieuse.

Elle revient vers le campus lorsque les premières lueurs de l’aube commencent à dissoudre l’obscurité. Le ciel est encore pâle, teinté de gris et de bleu lavé.

Les arbres l’accueillent. Ou peut-être est-ce elle qui les écoute. La fée s’arrête près de celui qu’elle a touché la veille. Sa main se pose à nouveau contre l’écorce. Un instant. Comme une vérification. Une écoute. Puis elle s’en détourne.


Un peu plus tard, dans un couloir encore à moitié endormi, Séliane s’arrête. Un élève est là. Seul. Assis sur un banc, un sac ouvert à ses côtés, des feuilles couvertes de schémas botaniques et de notes griffonnées. Ses yeux sont cernés, mais attentifs. Le genre d’élève qui observe plus qu’il ne parle.

Il lève la tête en la voyant. Hésite.
Professeure… ?

Séliane incline légèrement la tête.
Professeure Noctelume. Vous êtes matinal. Avez-vous cours avec moi ce matin ?

Ou en retard.” répond-il avec un sourire fatigué. "Mais oui, il me semble."

Un silence. Puis, avec une sincérité désarmante :
Vous connaissez… ce que mangent les professeurs, le matin ?

La question le surprend. Il cligne des yeux.
Euh… ça dépend ? Café, surtout. Beaucoup de café. Et… des viennoiseries, j’imagine. Pourquoi ?

Séliane semble réfléchir à la réponse comme à une donnée précieuse.
Merci.

Elle ne donne pas d’explication. Mais l’élève la regarde s’éloigner avec une légère perplexité. Comme s’il venait d’assister à quelque chose… d’un peu étrange.


Lorsque le soleil est enfin levé, la cour s’éveille lentement. Et sous le patio, près de l’arbre, Séliane est déjà là. Elle se tient debout quelques instants, immobile.

Puis, avec une précision tranquille, elle dispose ce qu’elle a apporté. Deux boissons chaudes. La vapeur s’élève lentement dans l’air frais du matin. À côté, quelques viennoiseries soigneusement disposées. Pas en désordre. Pas simplement posées. Présentées. Comme une offrande discrète. Ou un rituel dont elle aurait appris les gestes sans en saisir totalement les codes.

Elle s’assied ensuite. Non pas sur un banc. Mais au pied de l’arbre. Comme si sa place était là.

Le papillon vole doucement autour d’elle avant de se poser sur une branche basse.

Le campus commence à vivre autour. Des pas. Des voix. Des portes qui s’ouvrent.

Mais autour d’elle, quelque chose reste… légèrement à part. Comme si le temps s’écoulait différemment. Elle attend. Calme. Patiente.

Ses doigts effleurent distraitement l’écorce derrière elle. Et dans la lumière claire du matin, l’arbre semble un peu plus vivant que les autres. Presque imperceptiblement.

6
Séliane observe Franz pendant qu’il parle. La rapidité de son raisonnement. La manière dont les conclusions s’assemblent dans son esprit comme les pièces d’un mécanisme ancien. Lorsqu’il termine, le silence revient doucement sous le patio.

Les feuilles des arbres frémissent dans la cour.

Le papillon quitte son épaule et descend vers les branches basses, comme attiré par quelque chose d’invisible. Séliane suit son vol des yeux.

Puis elle murmure simplement :
Je vois.

Son regard glisse vers les arbres que Franz vient de désigner. La professeure ne semble ni surprise… ni rassurée.

Un instant passe. Puis, au lieu de répondre immédiatement à la question, elle s’avance. Ses pas sont silencieux sur les dalles du patio. La lumière de l’après-midi filtre à travers les feuillages, dessinant sur sa silhouette des éclats mouvants.

Le papillon vole devant elle comme pour lui montrer le chemin. Arrivée près du premier arbre, elle s’arrête. La main de la jeune professeure se pose lentement contre l’écorce. Le geste est simple. Presque tendre. Mais quelque chose change dans l’air. Très légèrement. Rien de spectaculaire. Plutôt… une respiration plus profonde du lieu.

Ses doigts glissent doucement le long du tronc comme si la fée cherchait à apaiser une douleur invisible.
Pauvres choses…

Le murmure est si bas qu’il pourrait presque être destiné aux feuilles elles-mêmes. Pendant quelques secondes, elle reste ainsi, la paume posée contre l’arbre. Et si Franz observe attentivement, il pourra voir les feuilles les plus proches frémir d’une manière étrange. Pas sous l’effet du vent. Comme si la sève répondait à un appel oublié.

Une fatigue ancienne semble se relâcher dans les branches. Pas guérie. Mais… soulagée.

Le papillon se pose sur l’écorce juste au-dessus de sa main, ses ailes translucides capturant la lumière. Séliane retire finalement sa main. Très lentement. Elle ferme un instant les yeux, comme si elle écoutait encore quelque chose que les humains ne perçoivent pas.

Puis elle se tourne de nouveau vers Franz.
Vous avez raison sur un point.

Sa voix est calme.
Ce qui perturbe cet endroit… n’est pas naturel à ce monde.

La fausse humaine observe les arbres autour d’eux. Puis elle reprend :
Mais les portails ne sont pas toujours… visibles.

Un léger silence. Son regard s’élève vers la cime des arbres.
Parfois, ce sont seulement des points de passage.

Elle réfléchit. Puis répète doucement la question qu’il vient de poser :
Combien…

Ses yeux se ferment. Juste un instant. Une inspiration lente. Et quelque chose d’invisible se déploie autour d’elle. Pas une lumière. Pas une aura. Plutôt une sensation étrange. Comme si le fil des événements autour d’eux venait d’être effleuré.

Le papillon se met à voler nerveusement autour de sa tête. Les secondes passent. Deux. Trois. Puis la jeune femme vacille très légèrement.

Sa main se pose contre le tronc de l’arbre pour retrouver son équilibre. Lorsqu’elle rouvre les yeux, quelque chose a changé dans son regard.

Comme si la princesse venait de regarder trop loin.
…plusieurs.

Sa voix est plus basse. Elle fixe un point au-delà du campus, quelque part dans la ville.
Trop pour être accidentels.

Une ombre passe dans ses traits.
Et certains…

La professeure hésite. Comme si les mots refusaient de se laisser attraper.
…ne sont pas encore ouverts.

Le papillon revient se poser sur son épaule. Elle inspire lentement, retrouvant peu à peu son calme.

Puis Séliane regarde Franz. Cette fois avec une attention beaucoup plus directe.
Vous avez parlé d’épicentres.

Une pause.
Montrez-les-moi.

Ses yeux brillent d’une curiosité nouvelle. Mais aussi d’une inquiétude qu’elle ne cherche plus tout à fait à cacher.
J’aimerais vérifier quelque chose.

Un léger sourire apparaît enfin. Discret. Mystérieux.
Avant que l’un d’eux décide de s’ouvrir pour de bon.

7
Séliane ne répond pas immédiatement. La fumée de la cigarette dérive lentement sous le patio, se dissipant dans l’air tiède de la cour. Autour d’eux, le campus poursuit sa respiration tranquille : le froissement des feuilles, quelques voix lointaines d’étudiants, le bourdonnement discret de la ville au-delà des murs.

Le papillon quitte son épaule pour décrire un cercle paresseux au-dessus d’eux.

Elle observe Franz. Assis au milieu du passage, cigarette entre les doigts, regard perdu dans un espace que lui seul semble parcourir. L’agitation qui l’habitait quelques minutes plus tôt s’est transformée en une tension différente. Celle d’un esprit qui vient de heurter une frontière invisible. Alors seulement elle s’approche.

Pas pour l’interrompre. Pas davantage pour le presser. La princesse fée vient simplement réduire la distance entre eux, jusqu’à se tenir à quelques pas de lui, dans l’ombre légère du patio. Ses yeux suivent un instant la fumée qui s’élève.

Puis elle parle.
Les mondes parallèles.

La jeune femme répète les mots comme on teste la résonance d’une idée dans l’air. Sa voix reste calme. Presque douce.
C’est une façon très humaine de nommer la chose.

Une pause. Pas un démenti. Simplement une nuance.

Le papillon descend lentement et se pose sur la balustrade de pierre toute proche.

Mais vous venez de poser la première question correcte depuis le début de cette conversation.

Ses yeux se posent enfin sur lui. Il n’y a aucune moquerie dans son regard. Seulement une forme de reconnaissance tranquille. Elle observe un instant la cigarette entre ses doigts, puis détourne légèrement la tête lorsque le vent change et pousse la fumée vers elle. Sans commentaire.

Puis la professeure reprend.
Votre intuition n’est pas fausse.

Son regard glisse vers les arbres de la cour. Les feuilles frémissent doucement sous la lumière de l’après-midi.
Il se trouve… d’autres plans d’existence.

Les mots sont choisis avec soin.
D’autres couches de réalité, qui coexistent avec celle-ci.

Une pause légère. Puis :
Certains les appellent mondes.

Elle se tourne de nouveau vers lui.
D’autres… royaumes.

Le papillon reprend son vol, traversant un rayon de lumière avant de revenir flotter près de son épaule.
Et pendant un bref instant, l’ombre douce qui semble toujours accompagner Séliane paraît s’approfondir autour d’elle. Pas sombre. Plutôt… forestière. Ancienne.

Dans certaines circonstances très rares, les frontières entre ces plans deviennent… perméables.

Ses doigts effleurent distraitement la feuille malade qui dépasse encore légèrement de son sac.
Quand cela arrive, les premiers signes apparaissent rarement là où on les attend.

Elle désigne les arbres autour d’eux d’un léger mouvement du regard.
Le vivant ressent ces perturbations bien avant que les esprits rationnels ne commencent à les comprendre.

Ses yeux reviennent dans ceux de Franz. Calmes. Observateurs.
Les plantes sont souvent les premières à réagir.

Une légère inclinaison de tête.
Et les secondes…

Une pause. À peine perceptible.
… sont généralement les êtres assez anciens pour reconnaître qu’une chose n’appartient pas à ce monde.

Le papillon se pose de nouveau sur son épaule. Séliane observe Franz encore quelques secondes. Puis elle ajoute simplement :
Alors dites-moi, professeur Bauer.

Sa voix est redevenue presque légère.
Cette anomalie que vous avez mentionnée…

Ses yeux plongent dans les siens.
… où l’avez-vous trouvée ?

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Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: samedi 07 mars 2026, 18:14:15 »
HEIN ????
Je passe mon tour Anéa. Sans vouloir te vexer, je préfère laisser ton corps à un être de sexe mâle.  ;)

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Le cri de Franz traverse le couloir comme une pierre jetée dans une eau immobile. Pendant un instant, le bâtiment lui-même semble retenir son souffle. La vague d’énergie qui accompagne l’éclat de colère ne passe pas inaperçue. Elle glisse le long des murs, s’insinue sous les portes, fait frissonner quelque chose dans l’air. Une puissance brute, ancienne, imprégnée d’une chaleur obscure.

Le papillon féerique qui accompagnait sa propriétaire vacille dans sa trajectoire, comme si un courant invisible venait de traverser le couloir.

Mais Séliane, elle, ne bouge pas. Ni recul, ni crispation. Seulement ce calme étrange qui semble toujours l’entourer, comme une ombre douce même sous la lumière du jour. Puis, avec une lenteur tranquille, elle se rapproche d’un pas. Pas pour l’affronter. Pas davantage pour s’imposer. Simplement pour réduire la distance que sa colère venait de creuser entre eux.

Ses yeux suivent Franz tandis qu’il se détend à nouveau, comme si rien ne s’était réellement produit. Elle tousse très légèrement. Presque rien. Mais l’odeur persistante de tabac froid et d’électricité sombre qui flotte autour de lui vient de lui effleurer la gorge. Avec une lenteur tranquille, elle porte le fruit qu’elle tient encore à ses lèvres et en croque un morceau. La chair claire se brise doucement sous ses dents, libérant un parfum frais qui chasse aussitôt l’amertume de l’air.

Le papillon reprend sa danse paresseuse.

La professeure mâche un instant en silence. Puis seulement, elle reprend la marche à ses côtés. Quand son homologue lui confie qu’il bute sur ce phénomène depuis des mois, son regard glisse brièvement vers lui. Pas surpris. Plutôt… confirmé. Et lorsqu’il évoque ce qu’il est, sans le nommer, une nuance très subtile traverse ses yeux. Une reconnaissance. Ancienne. Silencieuse. Elle incline légèrement la tête.
Les êtres nés de la Terre la comprennent souvent mieux que ceux qui ne font que la traverser.

Sa voix reste douce. Presque méditative. Ils avancent encore de quelques pas dans le couloir baigné de lumière. Et pourtant, autour d’elle, il persiste cette sensation étrange. Comme si une nuit très ancienne se tenait en retrait, invisible mais présente.

Le papillon passe entre eux. Une traînée irisée, à peine perceptible.

Puis son interlocuteur pose la question.
« Par où commencer si je veux atteindre la bonne conclusion ? »

Séliane ne répond pas immédiatement. Son regard s’attarde un instant sur la cour en contrebas, où les arbres du campus frémissent doucement dans le vent de l’après-midi.

Enfin, elle parle.
Vous cherchez une cause.

Elle tourne légèrement la tête vers lui.
C’est une habitude très humaine.

Une pause. Pas moqueuse. Juste… observatrice.
Mais lorsque l’équilibre du vivant se dérègle, la cause n’est presque jamais unique.

Ses doigts effleurent la feuille malade qu’elle tient encore. La nervure sombre semble absorber la lumière. Elle se retient de tenter de la soigner.
Parfois, il suffit qu’une seule volonté déplace quelque chose qui devrait rester immobile.

Quant à la feuille chiffonnée de Franz, elle se trouve désormais dans son sac. Son regard revient dans celui de Franz. Calme. Profond.
Et parfois… ce déplacement attire d’autres forces.

Un silence léger s’installe entre eux. Puis, avec une douceur qui frôle le secret :
Vous avez déjà identifié le symptôme.

Elle désigne la feuille.
Mais si vous voulez atteindre la bonne conclusion…

Une très légère inclinaison de tête.
Alors vous devez cesser d’observer ce qui meurt.

Ses yeux se lèvent vers les arbres de la cour.
Et commencer à chercher ce qui s’éveille.

Le papillon revient se poser près de son épaule.

Et dans la lumière claire du couloir, l’aura nocturne de Séliane semble s’approfondir un instant, comme si une forêt sous un ciel étoilé venait de frôler la réalité.

Puis elle ajoute, presque pensivement :
Dites-moi, professeur Bauer…

Une très légère curiosité traverse sa voix.
Dans vos observations…

Ses yeux reviennent dans les siens.
… avez-vous remarqué quelque chose qui ne devrait pas encore exister ?

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Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: vendredi 06 mars 2026, 18:51:29 »
Le tournoi des 6 nations n'est pas déjà terminé ?

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Le silence qui suit ses mots n’est pas vide. Il se transforme.

Lorsque Franz se penche près de son visage, la distance entre eux se réduit à presque rien. Une proximité qui, pour un humain, aurait été intrusive. Mais Séliane ne recule pas. Elle ne cille pas davantage lorsque ses mots murmurés effleurent l’air entre eux.
« Nous ne sommes pas des inconnus. »

Son regard reste posé dans le sien, calme, profond, comme une eau sombre où la lumière du jour ne descend jamais complètement. Puis il se redresse et parle des Humains. Alors seulement, quelque chose en elle se confirme. Pas une surprise. Plutôt une reconnaissance silencieuse.

Le papillon suspend son vol un instant, comme si l’air lui-même avait changé de texture. Dans le regard de la professeure, une nuance apparaît. Infime. Pas une alarme. Pas une inquiétude. Une compréhension. Très ancienne. Elle incline légèrement la tête.
Je vois.

Deux mots simples. Mais ils portent l’acceptation implicite de ce qu’il vient d’avouer sans le dire. Elle ne relève pas davantage. Ni son refus des humains. Ni la nature qui transpire désormais à travers ses gestes trop précis, trop anciens pour appartenir entièrement à ce siècle. Parce qu’elle sait déjà. Et parce que certaines vérités n’ont pas besoin d’être prononcées pour exister.

Le papillon reprend lentement son vol autour de sa propriétaire, décrivant une boucle paresseuse dans l’air chaud du couloir.

Puis Franz pose la question.
« Des symptômes de quoi ? »

L’avidité dans son regard ne lui échappe pas. Elle la reconnaît aussitôt. Pas la curiosité ordinaire. Autre chose. Plus dense. Une faim de comprendre qui brûle presque. Alors, pour la première fois depuis le début de leur échange, Séliane ne répond pas immédiatement. Elle l’observe. Vraiment.

Ses yeux glissent sur les lignes de son visage, la tension dans ses mains, cette énergie comprimée qui semble toujours lutter contre elle-même. Et derrière cela…

Quelque chose d’autre. Une signature. Une empreinte ancienne, ténue mais indéniable. Comme l’ombre d’un savoir trop vaste pour un esprit mortel.

Son regard s’adoucit légèrement. Pas de compassion. Plutôt une forme de reconnaissance silencieuse.
Vous devez absolument savoir…

La princesse fée d’une autre planète répète ses mots doucement, comme si elle en pesait la nécessité.

Puis elle détourne brièvement le regard vers la cour baignée de lumière. Le contraste entre le soleil éclatant et l’ombre douce qui semble persister autour d’elle devient presque palpable.
Voilà une urgence que je reconnais.

Elle revient à lui. Un pas à peine. Pas pour envahir son espace. Juste assez pour que leur conversation devienne réellement privée.

Sa voix baisse d’un ton.
Ce que vous observez dans ces plantes… n’est pas simplement une maladie.

Une pause.
Une maladie détruit.

Son regard glisse vers la feuille qu’elle tient encore.
Ici… quelque chose perturbe.

La professeure relève les yeux.
Comme si un équilibre ancien avait été déplacé.

Le papillon passe entre eux un instant, laissant derrière lui un frisson presque invisible dans la lumière.
Lorsque les équilibres du vivant se rompent, les symptômes apparaissent d’abord là où les racines sont les plus sensibles.

Elle marque une très légère suspension.
Les plantes.

Son regard revient dans celui de Franz. Et, cette fois, il y a dans ses yeux une étincelle presque imperceptible. Observatrice.
Vous avez raison de vous inquiéter.

Une autre pause. Puis, avec une douceur étrange :
Mais si vous cherchez une cause purement biologique… vous chercherez longtemps.

Séliane incline légèrement la tête. Le geste est presque gracieux. Presque royal.
Certaines perturbations ne commencent pas dans les laboratoires.

Un silence. Puis, très calmement :
Elles commencent lorsque quelque chose, ou quelqu’un, déplace des forces qui devraient rester en sommeil.

Le papillon revient se poser près de son épaule. Et dans le couloir lumineux, la présence nocturne de Séliane semble s’approfondir légèrement. Pas menaçante. Simplement… plus réelle.

Elle observe Franz encore une seconde. Puis ajoute, avec une curiosité désormais assumée :
Dites-moi, professeur Bauer…

Sa voix redevient presque légère.
Depuis combien de temps ce phénomène vous résiste-t-il ?

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Séliane ne se retourne pas lorsqu’elle entend les pas derrière elle. Elle les mesure. Trop rapides pour quelqu’un qui prétend simplement marcher. Trop décidés pour être indifférents.

Un sourire à peine perceptible effleure ses lèvres.

Le papillon ralentit son vol, décrit une brève spirale lumineuse, puis revient se suspendre près de son épaule lorsque Franz atteint le bas des marches.

Alors seulement, elle s’arrête. Et se tourne. Avec lenteur.

Son regard l’enveloppe d’une attention plus fine qu’auparavant. La professeure observe la tension encore logée dans ses épaules, la respiration légèrement écourtée par la descente précipitée, cette façon qu’il a de se redresser aussitôt comme si l’empressement était une faiblesse qu’il refusait d’assumer.
Il lutte. Pas contre elle. Contre l’élan qui le pousse toujours trop vite.

Un rire doux lui échappe. Léger. Nuancé.
Vous marchez ?

Elle incline la tête.
Je n’en doutais pas, Professeur.

Lorsqu’il prononce “Noctelume”, son regard se suspend une fraction de seconde. Puis elle rectifie, sans dureté :
Madame suffira.

Un battement de cils.
Ou Professeure, si vous préférez.

Ce n’est ni une correction sèche ni une réprimande. Simplement une ligne tracée avec élégance.

Autour d’eux, l’aile professorale s’élève dans sa rigueur académique : béton pâle, balustrades métalliques parfaitement alignées, larges baies vitrées capturant la lumière franche du jour. Tout respire l’ordre et la clarté.

Et pourtant… Autour de la jeune femme, la lumière semble s’approfondir. À peine. Comme si une nuance plus nocturne persistait sous l’éclat solaire. Invisible pour les humains. Pas pour lui.

Elle reprend sa marche vers l’entrée, l’amenant naturellement à s’ajuster s’il souhaite rester à sa hauteur.
Vous dites que vous marchez.

Son regard glisse vers lui, pensif.
Est-ce une manière de dire que vous êtes prêt à écouter ?

La fausse humaine porte la figue à ses lèvres. La pulpe rouge accroche brièvement la lumière avant qu’elle n’y morde. Le parfum sucré se mêle à l’air chaud, dissipant les dernières traces de tabac.

Elle avale.
Ou souhaitez-vous comprendre pourquoi je n’ai pas laissé cette feuille disparaître ?

Ses yeux rencontrent les siens. Calmes. Profonds.
Ma question est simple, Professeur.

Ils atteignent l’ombre de l’entrée.
Lorsque vous avez écrit ces lignes… cherchiez-vous à percer un phénomène ?

Une pause.
Ou espériez-vous que quelqu’un d’autre puisse en saisir l’écho avec vous ?

Le silence qui suit n’est pas pesant. Il est offert. Elle ne détourne pas les yeux.

Puis, son expression se nuance, moins analytique, plus attentive.
Puisque vous avez choisi de marcher…

Sa voix baisse légèrement, devenant plus intime sans perdre sa tenue.
Il serait peut-être juste que je sache sous quel nom vous acceptez d’être appelé.

Pas une formalité. Une invitation.

Le papillon suspend son vol, vibrant à peine dans l’air immobile.
Nous ne partageons pas certaines réflexions avec des inconnus.

Une inclinaison de tête.
Et je doute que vous en soyez un.

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Blabla / Re : J'épouse, j'esclavagise, je tue
« le: mardi 27 janvier 2026, 13:11:32 »
J'épouse Rubis
J'esclavagise Shion
Je tue Mielle

Zack, Mach, Serenos

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Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: mardi 27 janvier 2026, 13:09:24 »
Peut-être que ma VDD pourrait réapprendre le bon langage à sa VDD  ;)

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Le coin du chalant / Re : Professeure ou princesse ? Telle est la question.
« le: jeudi 22 janvier 2026, 13:09:39 »
Cher collègue, nous pourrions faire un échange de connaissances et je pourrai vous mettre en relation avec le collègue Franz qui travaille sur un problème épineux. Comme vous êtes deux scientifiques et que je ne suis qu'une professeure d'histoire sur la magie... Il y a plein de possibilités.

Vous pourriez également me surprendre en train de danser sous la lune au milieu de papillons...

Ou bien la curieuse jeune femme est tout au fond d'une salle incognito ou presque à écouter et prendre des notes lors d'une de vos conférences....

Tant de possibilités.

Toi le rôliste si tu as lu la fiche de ma perso, tu connais sa nature mais pas Minato...

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