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Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: vendredi 08 mai 2026, 19:01:43 »Le silence qui suit ses paroles n’est plus le même. Les papillons ralentissent. Leur lumière cesse de pulser avec agitation pour retrouver une clarté plus douce, plus stable. Même la tension diffuse du sanctuaire semble se rétracter légèrement, comme une vague qui cesse enfin de monter.
Autour d’eux, le festival respire de nouveau normalement. Le tambour reprend son rythme plein. Les voix redeviennent des voix. Puis soudain…
Un éclat de joie fend l’air.
- Je l’ai eu ! Maman, regarde !
La petite fille près du bassin aux poissons rouges lève son épuisette de papier avec un triomphe presque sacré malgré le papier détrempé menaçant de céder à tout instant. Un minuscule poisson argenté frétille dans la coupelle d’eau qu’on lui tend aussitôt, et son rire clair entraîne celui de sa mère dans son sillage.
Autour du stand, quelques inconnus sourient malgré eux. Même les lanternes paraissent plus chaudes.
L’air lui-même change. Les effluves lourds d’encens et de bois ancien s’allègent doucement, effleurés par une senteur plus délicate. Celle des pétales de cerisier humides au matin, après la rosée. Un parfum léger. Presque irréel. Comme si le sanctuaire expirait lentement après avoir retenu son souffle trop longtemps.
La jeune femme le regarde toujours. Mais cette fois, son observation a changé. Elle ne cherche plus seulement à comprendre ce qu’il est. Elle cherche pourquoi il refuse autant qu’on tente de le lire. Puis, lentement, un souffle presque imperceptible lui échappe. Pas un soupir. Quelque chose de plus discret encore.
Comme une pensée qui accepte enfin de quitter le silence.
“…Vous êtes fatigué.”
Ce n’est ni une moquerie, ni une accusation. Un constat calme. Ses yeux glissent brièvement vers la lanterne chauffée contre lui, puis reviennent à son visage.
“Et vous vous méfiez de tout ce qui cherche à vous approcher sans se nommer clairement.”
Un léger silence, et, pour la première fois depuis leur rencontre, elle cède. Pas entièrement. Mais sincèrement.
“Séliane. Séliane Noctelume. Enchantée.”
Le nom tombe simplement entre eux. Sans emphase. Sans titre. Et pourtant, quelque chose dans l’air semble l’accueillir aussitôt. La clochette suspendue tinte doucement au loin, portée par une brise invisible.
Ses doigts effleurent distraitement la manche ivoire de l’uchikake.
“Je viens d’un endroit très éloigné d’ici.”
Ses mots restent calmes, mais moins opaques qu’auparavant.
“Et j’observe ce monde pour comprendre s’il peut… accueillir autre chose que lui-même.”
Elle s’interrompt. Comme surprise d’avoir dit autant.
Ses papillons dérivent lentement autour d’elle, apaisés désormais, leurs lueurs se reflétant dans les fils d’argent brodés sur le tissu.
Puis ses yeux reviennent vers les omamori suspendus.
Le tintement léger des talismans accompagne quelques secondes de silence avant qu’elle ne reprenne, plus doucement encore :
“Vous cherchez des réponses immédiates.”
Son regard glisse vers lui. Pas froid. Pas sévère. Curieux.
“Mais certains lieux répondent mieux lorsque l’on cesse de leur résister.”
Une infime inclinaison de tête. Et, pour la première fois, quelque chose d’à peine perceptible traverse sa voix. Pas de l’amusement. Quelque chose de plus rare chez elle.
De la douceur.
“Choisissez-en un.”
Ses papillons gravitent lentement autour des omamori suspendus.
“Et je répondrai à vos questions.”
Une pause. Puis, presque malgré elle :
“Aussi honnêtement que vous semblez vouloir l’être.”
Et cette fois, ce n’est plus une épreuve. C’est une main tendue.
Mais au même instant, une silhouette vacillante traverse maladroitement le flot des visiteurs. Un homme déjà largement ivre. Son épaule heurte brutalement Séliane sans même qu’il ne réalise ce qu’il vient de faire. Le déséquilibre est bref. Mais suffisant.
La cheville encore fragilisée de la fée cède aussitôt sous l’impact, et son corps bascule involontairement vers Adel dans un froissement de soie et de lumière pâle. Ses doigts viennent instinctivement chercher un appui contre lui tandis que plusieurs papillons s’éparpillent dans une vive pulsation lumineuse.
L’homme ne murmure même pas d’excuse et hausse les épaules avant de disparaître dans la foule sans même se retourner. Et déjà Séliane se redresse. Trop vite.
Comme si le simple contact prolongé l’avait surprise davantage que la bousculade elle-même. Elle recule d’un pas mesuré malgré la tension dans sa cheville, baisse immédiatement la tête dans une inclinaison impeccable.
“Veuillez me pardonner.”
Sa voix reste calme. Mais pour la première fois depuis le début de leur rencontre, une infime perturbation trouble enfin sa maîtrise parfaite.
Bureau de la direction et infirmerie / Re : On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: vendredi 08 mai 2026, 18:16:00 »À mesure que le bus s’enfonce vers la Toussaint, les lumières changent. Les vitrines deviennent plus agressives. Plus colorées. Les néons se reflètent contre les vitres sales dans des traînées rouges, violettes, électriques. Dehors, les rues paraissent plus étroites malgré leur largeur réelle, comme si quelque chose dans le quartier refusait de laisser l’espace respirer correctement.
Lorsque Franz parle en latin, quelque chose en Séliane réagit immédiatement. Quelque chose d’infime.
Ses yeux quittent brièvement la route pour revenir vers lui. Pas avec l’incompréhension distraite de quelqu’un qui entend une langue étrangère. Plutôt avec cette reconnaissance silencieuse que provoquent parfois les choses très anciennes lorsqu’elles ressurgissent là où on ne les attend plus.
Le papillon ralentit son vol. Une seconde seulement. Puis la jeune femme détourne doucement le regard vers les lumières de la ville. Elle ne traduit pas. Ne demande pas ce que cela signifie. Mais dans le léger silence qui suit, quelque chose laisse deviner qu’elle a compris. Ou peut-être davantage encore. Comme si ces mots ne lui semblaient pas anciens. Seulement… lointains. Elle observe en silence.
Le petit compagnon pourvu d’ailes, lui, a cessé de voleter librement. Il reste désormais près d’elle, presque immobile, ses ailes vibrant à peine comme sous une tension invisible.
Quand le professeur évoque les dimensions infernales liées à certaines failles, ses yeux glissent lentement vers lui. Elle ne répond pas tout de suite. Parce qu’elle entend ce qu’il ne dit pas. Le ton léger. L’humour. Et dessous… cette très réelle possibilité qu’il sache exactement de quoi il parle.
Alors seulement, elle murmure :
“Je le préférerais aussi.”
Sa voix est douce. Mais sérieuse.
Le bus poursuit sa route dans un léger tangage. Un groupe d’étudiants descend dans le bruit et les rires au prochain arrêt, laissant derrière eux un silence plus creux qu’avant.
Puis le grésillement commence. Faible d’abord. Presque noyé dans les vibrations du véhicule. Mais la professeure d’Histoire de la magie le perçoit immédiatement. Son regard descend vers l’appareil de Franz au moment précis où sa propre peau se hérisse sous sa robe.
L’air a changé. Pas physiquement. Plus profondément. Comme si la réalité elle-même présentait ici une très légère irrégularité.
Lorsque Franz propose de descendre, elle acquiesce sans hésiter.
“Oui.”
Mais avant que le bus ne ralentisse complètement, quelque chose attire soudain son attention. Ses yeux se tournent vers l’extérieur. Au-delà des néons. Au-delà des passants. Un homme se tient immobile dans une ruelle étroite entre deux bâtiments. Il devrait être banal. Et pourtant… non. Quelque chose dans sa silhouette semble légèrement décalé. Comme une image mal alignée avec le monde autour d’elle. Les contours vibrent parfois d’un souffle presque imperceptible.
Le regard de Séliane se fixe sur lui. Et l’inconnu tourne lentement la tête dans leur direction.
Le papillon se crispe brutalement. Ses ailes émettent une brève pulsation lumineuse. La même réaction, le même comportement qu’il avait eu quelques secondes avant la destruction de leur monde, juste avant que Séliane fut envoyée sur Terre avec quelques uns des siens en état de stase.
Puis le bus passe. La ruelle disparaît. Séliane reste immobile une seconde de trop. Une seule. Puis elle se lève calmement lorsque les portes s’ouvrent dans leur souffle pneumatique. L’air extérieur est plus froid qu’il ne devrait l’être.
Le quartier vit encore autour d’eux : musique étouffée derrière les façades, conversations, odeur d’alcool, de pluie ancienne incrustée dans le béton, de nourriture grasse et de fumée. Mais sous tout cela… Autre chose. Une vibration basse. Presque organique.
Le papillon vient se réfugier près de sa gorge, comme dissimulé dans ses cheveux défaits.
La fausse humaine descend du bus derrière Franz.
Ses longues mèches sombres se soulèvent légèrement dans le vent nocturne. Sous les néons du quartier, sa robe semble absorber davantage la lumière qu’elle ne la reflète, comme un fragment de ciel nocturne égaré parmi les humains.
Puis elle parle. Très bas.
“Vous l’avez senti aussi, n’est-ce pas ?”
Ses yeux ne regardent pas encore Franz. Ils fixent la rue. Ou peut-être quelque chose derrière elle.
Une pause.
Puis, plus discrètement encore :
“Il y avait quelqu’un dans cette ruelle.”
Enfin, elle tourne la tête vers lui.
Et pour la première fois depuis leur rencontre, une véritable tension traverse son regard.
“Mais je ne crois pas que c’était un humain.”
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: mardi 28 avril 2026, 23:40:35 »Pas autour d’eux. Entre eux.
Les papillons réagissent les premiers. Leur trajectoire se brise, hésite puis se resserre. Leur lumière pulse, plus vive, plus instable, comme troublée par une interférence soudaine. Aucun ne se pose. Aucun ne fuit. Ils observent.
Séliane, elle, ne retire pas ses mains. Pas immédiatement. Son regard ne change pas mais quelque chose, dans sa présence, se réorganise. Plus dense. Plus précise.
Le contact n’est pas douloureux. Mais il est… révélateur.
Ce qu’elle perçoit ne ressemble à rien de ce qu’elle a rencontré depuis son arrivée. Ni flux naturel, ni écho spirituel, ni trace laissée par ce monde. C’est une structure étrangère. Cohérente. Fermée.
Et pourtant… Vivante. Ses doigts se détendent légèrement dans la prise d’Adel. Non pour se libérer. Pour sentir. Confirmer.
Ses papillons frémissent à l’unisson. Autour d’eux, le monde répond. Le tambour, au loin, manque à nouveau un battement. La clochette tinte. Une seule fois. Plus nette. Plus proche. Et dans l’air, une tension subtile s’installe. Pas hostile. Mais attentive. Le sanctuaire observe.
La jeune femme incline très légèrement la tête. Pas en signe de soumission. En reconnaissance. Puis, avec une lenteur parfaitement maîtrisée, elle retire ses mains. Sans brusquerie. Sans résistance. Comme si le geste lui appartenait depuis le début. Ses doigts glissent hors de sa prise. Libres.
Son regard, lui, ne l’a jamais quitté.
“Vous posez des questions…”
Sa voix est toujours calme. Mais plus ancrée.
“…avant d’écouter les réponses.”
Une pause. Infime. Puis :
“Vous n’êtes pas de ce lieu.”
Pas une hypothèse. Un fait.
Ses yeux descendent brièvement vers la lanterne, dont la chaleur naissante ne lui échappe pas, puis remontent vers lui sans commentaire. Elle a vu. Elle n’interprète pas encore.
Pas à voix haute.
“Quant à moi…”
Elle s’arrête. Comme si le mot exact n’existait pas ici. Ou ne devait pas être donné.
Alors la fée choisit autrement.
“Je suis celle qui observe pour comprendre avant de juger.”
Ce n’est pas une identité. C’est une position. Ses papillons se rapprochent à nouveau, mais cette fois, leur mouvement est plus lent. Plus mesuré. Ils ne tournent plus autour de lui. Ils restent entre eux deux. Comme une frontière lumineuse. Puis, très légèrement, elle penche la tête.
Et cette fois, le geste n’est ni rituel, ni social. Il est… curieux.
“Et vous…”
Une respiration. Presque imperceptible.
“Vous ne savez pas encore ce que vous êtes ici.”
Le silence entre eux ne se brise pas. Il se transforme. Moins tendu. Plus… orienté.
Séliane ne détourne pas immédiatement le regard. Elle le maintient encore un instant, comme pour ancrer ce qu’elle vient de percevoir en lui. Puis, lentement, sans rupture, son attention glisse ailleurs. Pas loin. Juste assez. Vers le stand de talismans.
Les omamori y sont suspendus en lignes légères, oscillant doucement sous une brise presque imperceptible. Les tissus sont variés. Rouges profonds, blancs immaculés, bleus apaisants, violets discrets. Chacun brodé de symboles, de caractères, de promesses silencieuses.
Certains passants s’en emparent avec hésitation. D’autres avec certitude. Comme si le choix venait d’eux… ou les choisissait.
Les papillons suivent ce mouvement. Leur lumière s’attarde brièvement sur les talismans, glisse de l’un à l’autre, puis revient. Vers lui.
La princesse incline très légèrement la tête dans cette direction. Pas un ordre. Pas une invitation. Un point d’attention.
“Ils portent des intentions.”
Sa voix est basse, presque pensée à voix haute. Ses yeux ne sont plus sur les talismans. Ils sont revenus sur lui.
“Pas celles que l’on montre.”
Une pause. Infime.
“Celles que l’on garde.”
Le tintement discret des amulettes accompagne ses mots. Autour d’eux, le monde continue mais plus lentement, comme si quelque chose attendait.
Ses papillons se stabilisent à mi-distance, formant une présence silencieuse entre eux et le reste du festival. Et elle se tait. Elle n’ajoute rien. Elle ne demande rien. Mais son regard… ne le lâche pas.
Attentif. Patient. Prêt à voir ce qu’il choisira de révéler.
Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: mardi 28 avril 2026, 19:18:03 »Lorsqu’il saute au sol et lui demande si elle est prête, ses yeux se posent brièvement sur les instruments qu’il lui montre. Elle les observe avec une attention sincère. La précision humaine. La volonté de comprendre. La volonté de se protéger.
Elle incline légèrement la tête.
“Je suis prête.”
Sa voix est calme. Simple. Lorsqu’il referme le sac et prend naturellement la direction de l’arrêt de bus, elle le suit sans poser de question immédiate.
Les derniers élèves s’éloignent derrière eux. Le campus se vide peu à peu, laissant place aux bruits du soir : les pneus lointains sur la route, le chant discret des insectes, le souffle du vent dans les arbres.
Puis Franz explique. Le bus. La manière habituelle. Et cette question, presque lancée à la volée :
«Vous avez quelque chose de plus… évolué ? Ou on procède de cette manière ?»
Le papillon décrit une petite spirale au-dessus de l’épaule de la professeure. Elle garde le silence quelques secondes. Ses yeux glissent vers la route. Vers l’arrêt. Vers les quelques personnes déjà présentes.
Puis elle tourne la tête vers lui.
“Oui.”
La réponse tombe avec naturel. Sans arrogance. Sans mystère forcé. Juste un constat. Une légère pause suit. Le temps d’un pas.
Puis Séliane ajoute, doucement :
“Mais je pense que ce moyen-ci conviendra.”
Son regard se pose sur lui. Calme. Très légèrement adouci.
“Si c’est ainsi que vous vous déplacez, alors cela me convient.”
Leurs pas ralentissent à l’approche de l’arrêt. Le papillon vient se poser un instant sur la vitre de l’abribus avant de reprendre son vol. La jeune femme observe les humains qui attendent. Les regards fatigués. Les gestes répétitifs. Les sacs serrés contre les jambes. Les téléphones entre les mains. Tout un petit rituel silencieux.
Elle observe cet usage humain comme elle observerait une coutume ancienne et veut réellement savoir si tous les bus ont le même rituel car elle n’a pris le bus qu’une seule fois. Il y a de cela 4 jours.
Le vent soulève légèrement une mèche de ses cheveux. Puis, après un court silence, l'étrangère reprend :
“J’ignore encore beaucoup de vos habitudes.”
Son regard revient vers lui. Plus direct.
“Mais je préfère apprendre celles qui vous sont familières…”
Une pause. Très légère.
“… plutôt que de vous imposer les miennes.”
Le papillon revient flotter entre eux, lumineux dans la pénombre naissante. Et Séliane détourne doucement les yeux vers la route, comme si elle n’avait pas conscience de la portée de ce qu’elle vient de dire. Mais dans la douceur tranquille de sa voix, quelque chose s’est déplacé. Ce n’est plus seulement une alliance. Ceci est une manière discrète de lui dire : “je pourrais vous emmener autrement… mais je choisis d’aller avec vous.”
La fée ne s’est pas changée et reste dans sa tenue de professeure. Enfin, ce qu’elle croit être la tenue professorale mais sans blouse. Une longue robe ample si fluide qu’on pourrait la voire liquide pour les non humains d’origine. D’un bleu nuit si profond et de rares petits éclats lumineux que l’on pourrait croire que la nuit elle-même est une personne. Sauf que cette fois la personnalité royale d’une autre planète s’est détachée ses longs cheveux sans y avoir pris la peine de les coiffer, ressemblant à une professeure venant tout juste de se lever de son lit.
Une fois dans le bus, elle choisit les places du fond histoire d’être un peu plus à l’aise afin de murmurer deux ou trois autres petites choses.
Et pourtant, autour de Séliane, quelque chose demeure légèrement à part. Son regard glisse vers la ville au loin. Vers la direction du quartier de la Toussaint.
Sa voix baisse d’un ton.
“Plus nous approcherons…”
Une pause.
“… plus il sera important que vous me disiez immédiatement si vous sentez un changement.”
Ses yeux se tournent vers lui. Directs.
“Pas seulement dans vos appareils.”
Un silence très léger.
“En vous.”
Le papillon se pose un instant sur la tête de sa propriétaire, ses ailes vibrant doucement. Puis, presque plus bas encore :
“Les seuils actifs influencent rarement uniquement leur environnement.”
Son regard s’adoucit.
“Et vous y êtes déjà sensible.”
Le coin du chalant / If the End Is Inevitable, Make The Journey Memorable
« le: mardi 07 avril 2026, 14:16:36 »Vu que "tu" es capables de percevoir des bribes de l'Avenir, "je" peux t'aider à dompter et amplifier ta capacité si tu le désires.
Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: samedi 28 mars 2026, 12:44:37 »Le papillon, perché sur la branche au-dessus d’elle, agite lentement ses ailes. Comme hésitant.
Lorsque Franz s’abaisse à sa hauteur, leurs regards se rencontrent. Sans détour. À sa question, elle ne répond pas immédiatement. Ses yeux glissent brièvement vers le café. Vers les viennoiseries. Puis reviennent à lui.
“C’était l’intention.”
Simple. Sans mise en scène. Mais lorsque sa main se tend, rapide, précise, trop précise, et qu’il se saisit de la nourriture, quelque chose en elle s’apaise légèrement. Pas pour elle. Pour lui. La jeune femme le laisse manger. Boire. Revenir.
Lorsqu’il lui tend la pochette, elle la prend sans un mot. Ses doigts effleurent brièvement les siens. Froids. Ou peut-être est-ce elle qui est trop… tempérée. Elle ouvre. Observe. Longuement. Très différemment de lui.
Là où Franz voit des données, des corrélations, des projections… La professeure regarde les espaces entre les points. Les silences dans la carte. Les zones où rien n’a été relevé. Son regard ralentit. Suit les lignes. S’arrête. Repart.
Le papillon descend, se pose un instant sur le bord de la feuille, comme attiré par une zone en particulier. Lorsqu’il parle de la Toussaint, elle relève légèrement les yeux vers lui. Pas surprise. Confirmée.
Elle referme doucement la pochette. Pas brusquement. Comme si elle refusait de brusquer ce qu’elle venait de voir.
Un court silence s’installe. Puis :
“Une faille active…”
Sa voix est plus basse qu’à l’accoutumée. Moins professorale. Plus… concernée. Ses doigts viennent distraitement lisser un pli invisible sur le papier.
“Cela expliquerait les disparitions.”
Une pause. Très légère. Mais quelque chose change dans son regard. Une ombre plus dense.
“Et aussi pourquoi ce déséquilibre ne cesse de s’aggraver.”
La fée relève les yeux vers lui. Et cette fois, elle ne cherche plus à masquer entièrement ce qu’elle est. Pas vraiment. Juste assez pour que lui comprenne.
“Une faille ouverte attire.”
Ses mots sont calmes. Mais précis.
“Pas seulement ce qui traverse.”
Un battement.
“Mais aussi ce qui… cherche à traverser.”
Le papillon quitte la feuille. Revient se poser près de son épaule. Elle se redresse lentement et quitte le pied de l’arbre. Mais avant de faire un pas, sa main revient se poser contre l’écorce. Très brièvement. Comme une promesse silencieuse. Ou un avertissement.
Puis Séliane se tourne vers Franz.
“Ce soir, donc.”
Elle l’observe encore une seconde. Et cette fois… il y a quelque chose de plus direct dans son regard.
Quelque chose qui dépasse la simple curiosité.
“Nous irons.”
Pas une suggestion. Pas une hésitation. Puis, plus doucement :
“Mais pas sans préparation.”
Une légère inclinaison de tête.
“Une faille active n’est pas un phénomène que l’on observe.”
Ses yeux plongent dans les siens. Clairs. Lucides.
“C’est un seuil.”
Une pause.
“Et les seuils…”
Un souffle à peine perceptible.
“… ne s’ouvrent jamais dans un seul sens.”
La fausse humaine recule d’un pas laissant enfin un peu d’espace entre eux. Mais pas autant qu’avant.
“Vous avez fait ce qu’il fallait cette nuit, Professeur Franz.”
Et là, très légèrement :
“Vraiment.”
Ce n’est pas un compliment gratuit. C’est une reconnaissance. Puis son regard glisse vers le café qu’il tient encore.
Et, presque imperceptiblement :
“Et vous avez eu raison de vous arrêter.”
Un battement de cils.
“Le reste aurait commencé à vous échapper.”
Elle incline la tête. Très légèrement. Avant de tourner la tête pour un regard vers la ville. Vers quelque chose d’invisible.
“Après vos cours. Nous irons voir ce qui s’éveille.”
Mais quelque chose en elle refuse de laisser cette conversation se clore aussi simplement. Alors, elle ajoute :
“D’ici là…”
Sa voix change à peine. Mais quelque chose s’y glisse. Plus bas. Plus… personnel.
“Reposez-vous... S'il vous plaît.”
Ce n’est pas un ordre. Ce n’est pas une suggestion non plus. C’est… un constat nécessaire. Ses yeux ne quittent pas les siens.
“Vous êtes efficace ainsi.”
Une pause. Infime.
“Mais pas durable.”
Le papillon déploie ses ailes, puis se calme. Séliane incline légèrement la tête. Comme si elle venait de franchir une limite invisible. Puis elle se détourne. Sans attendre de réponse.
Le bruit du campus s’est désormais installé. Des voix dans les couloirs. Des pas pressés. Des portes qui s’ouvrent. Le monde humain reprend sa cadence. Et la fée se faisant passer pour une humaine s’y glisse.
La salle de classe est baignée de lumière. Les fenêtres grandes ouvertes laissent entrer l’air frais du matin, chargé de murmures lointains et du parfum discret des arbres du campus. Les élèves s’installent. Certains parlent encore. D’autres écrivent déjà.
Et lui est là. Le même étudiant. Celui de la fin de nuit-début de matinée avant même que les cours ne débutent. Assis à sa place, un peu en retrait, ses feuilles déjà étalées devant lui.
Lorsqu’elle entre, son regard se relève immédiatement. Il la reconnaît. Hésite. Puis, presque malgré lui :
“Professeure…”
La fée marque un très léger temps. Puis incline la tête.
“Vous aviez donc choisi d’arriver en avance.”
Une nuance. Très légère. Presque invisible. Mais différente de leur échange du matin. Elle se dirige vers son bureau. Pose ses affaires avec cette précision tranquille qui lui est propre. Puis se tourne vers la classe. Son regard glisse d’un élève à l’autre.
S’arrête une fraction de seconde de plus sur lui. Pas pour le mettre mal à l’aise. Plutôt… comme si elle le reconnaissait.
“Bonjour à toutes et tous. Je vous remercie pour votre intérêt. Ceci est ma première journée dans votre établissement. Je suis Professeure Noctelume Séliane. Nous allons commencer.”
Sa voix se pose dans la pièce. Calme. Claire. Mais quelque chose en elle a changé depuis la veille. Ou peut-être… est-ce simplement plus perceptible maintenant.
“L’Histoire de la magie…”
Un pas lent.
“… n’est pas une succession d’événements.”
Ses doigts se posent sur le bord du bureau.
“C’est une succession de déséquilibres.”
Un silence. Les élèves se taisent. Sans vraiment savoir pourquoi.
“Chaque époque où la magie s’intensifie…”
Son regard glisse brièvement vers la fenêtre. Vers les arbres.
“… correspond à quelque chose qui s’ouvre.”
Un silence. Puis, presque imperceptiblement :
“Ou qui aurait dû rester fermé.”
Le papillon, invisible pour les élèves humains, s’est posé sur le cadre de la fenêtre. Et dans la lumière du matin, une nuance plus douce, presque nocturne, semble flotter autour de la professeure. Rien de visible. Mais assez pour troubler.
Son regard revient à la classe. Puis à l’étudiant. Très brièvement.
“Nous allons voir aujourd’hui comment ces déséquilibres apparaissent…”
Une légère inclinaison de tête.
“… et pourquoi ils ne sont jamais accidentels.”
Et pendant que Séliane parle, quelque part dans la ville, quelque chose attend.
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: jeudi 26 mars 2026, 23:15:02 »Pourtant, au centre de cette attention, Séliane demeure immobile. Parfaitement immobile. Seule la tension infime dans son appui trahit ce qui vient de se produire.
Ses papillons, eux, ne se sont pas entièrement dispersés. Certains flottent encore à proximité, décrivant de lentes arabesques de lumière, comme s’ils hésitaient à revenir se poser. D’autres, plus audacieux, se rapprochent déjà, attirés non plus par le sanctuaire… Mais par ce point précis. Par lui.
La voix d’Adel atteint la kami improvisée sans heurt. Elle ne répond pas immédiatement.
Son regard, clair, posé, d’une stabilité presque déconcertante, ne le quitte pas. Elle ne cherche pas ses traits. Elle ne s’attarde pas sur son visage. Elle perçoit.
Quelque chose en lui échappe aux lignes que la Gardienne du Voile Astral a apprises à lire depuis son arrivée dans ce monde. Ce n’est ni désordonné, ni hostile. Mais cela ne s’inscrit dans aucune des harmonies qu’elle vient d’observer.
C’est cela. La dissonance.
Ses papillons frémissent légèrement, comme sensibles à cette même anomalie. Alors seulement, elle parle. Sa voix est basse. Mesurée. Étrangement douce, mais dénuée de toute précipitation.
"Ce n’est rien."
Une simple affirmation. Mais elle n’est pas tout à fait vraie.
Son regard descend brièvement, juste assez pour reconnaître la tension dans sa cheville, puis remonte vers lui sans la moindre trace d’embarras.
"Mon corps n’est simplement pas encore… accordé à ce sol."
Les mots sont choisis. Précis. Mais leur sens reste à demi voilé.
Autour d’eux, l’attention commence à se relâcher, comme si l’absence de drame dissipait l’intérêt immédiat. Le flux de la fête reprend, lentement, laissant derrière lui une bulle plus calme. La jeune femme incline légèrement la tête.
Le geste est identique au précédent. Irréprochable, mais cette fois, il lui est destiné à lui seul.
"Je vous remercie."
Puis, sans rompre le fil invisible qui semble désormais les relier, elle ajoute, après une infime pause :
"C’est vous."
Pas une question. Pas une accusation. Un constat.
Ses papillons, plus nombreux désormais, gravitent lentement autour d’eux deux, comme attirés par une convergence qu’elle seule semble avoir comprise.
Ses yeux ne le quittent pas. Attentifs. Cherchant. Comprenant… sans encore tout saisir.
À quelques pas d’eux, la fête entame bien son souffle.
Un enfant tente d’attraper un poisson rouge dans un bac peu profond, sa petite épuisette de papier tremblant sous la surface. À chaque mouvement trop brusque, le papier menace de céder, et ses protestations indignées arrachent un rire léger à la femme agenouillée près de lui. Sans doute sa mère qui lui murmure de ralentir, de respirer, d’observer avant d’agir.
Un peu plus loin, un vieil homme ajuste les ficelles d’un stand de talismans. Les omamori suspendus tintent doucement les uns contre les autres, portés par une brise discrète. Certains passants s’arrêtent, hésitent, puis choisissent avec soin celui qu’ils emporteront, comme si leur décision devait être entendue par quelque chose d’invisible.
Sous un petit auvent, deux jeunes femmes vêtues de yukata échangent des regards complices en partageant des brochettes encore fumantes. L’une d’elles jette un coup d’œil furtif vers Séliane, puis détourne rapidement les yeux, troublée sans comprendre pourquoi.
Plus loin encore, le rythme lent d’un tambour résonne. Régulier. Profond. Il ne domine pas les sons alentours, il les soutient. Comme un cœur discret autour duquel tout s’organise.
Et parfois, entre deux battements, le tintement clair d’une clochette. Suspendue à l’entrée d’un petit autel secondaire, elle s’agite légèrement, sans qu’aucune main ne l’ait touchée. Certains passent sans y prêter attention. D’autres s’inclinent en silence.
Autour de l'étrange silhouette et d’Adel, la foule circule, contourne, s’écoule. Leur présence crée une infime déviation dans ce flux presque imperceptible, mais suffisante pour que personne ne les heurte. Comme si, sans le savoir, chacun respectait une distance.
Un espace. Un intervalle suspendu au milieu du mouvement. Et dans cet espace... Le monde continue. Mais différemment.
Le temple Shinto / Féeries [pv Seliane Noctelume]
« le: vendredi 20 mars 2026, 23:37:08 »Le sanctuaire veille. Et lorsqu’elle franchit le seuil, quelque chose s’accorde. Séliane ne s’arrête pas. Elle ressent.
Le lieu n’est pas étranger. Mais il est structuré autrement. Moins sauvage. Plus contenu. Un sacré discipliné.
Ses pas, encore incertains dans les geta, restent silencieux malgré le bois. Sa posture, elle, ne vacille pas. Droite. Fluide. Déjà presque en harmonie.
Elle n’appelle rien. Et pourtant… Au loin, hors de toute volonté, une lueur apparaît. Puis une autre. Ses papillons viennent d’eux-mêmes. Attirés. Pas par elle. Par ce lieu… et par ce qu’elle y devient. Ils restent encore en retrait, discrets, comme hésitants à franchir eux aussi une limite invisible.
Alors un regard se pose sur elle. Kannushi Hayama Kiyotsugu. Gardien du sanctuaire, héritier d’une lignée ancienne, homme de rites et de silence. Il se tient près du honden, ajustant une corde sacrée lorsqu’un trouble infime traverse sa perception. Il ne voit pas d’abord. Il ressent. Une présence qui ne s’inscrit pas dans les flux habituels. Pas une souillure. Pas une prière. Autre chose.
Ses doigts s’immobilisent sur la fibre tressée. Lentement, il se tourne. Et la voit. Le silence entre eux n’est pas vide. Il est plein. Dense. Son regard ne s’attarde ni sur son visage, ni sur sa tenue. Il observe ce qui ne se montre pas, ce qui entoure, ce qui dépasse, ce qui… appelle sans appeler.
Puis, avec une précision presque rituelle, il s’incline. Pas profondément. Mais sans équivoque.
“…Vous avez franchi le seuil sans hésiter.”
Sa voix est calme, basse, ancrée. Ce n’est pas un reproche. C’est un constat.
Séliane soutient son regard. Elle ne répond pas immédiatement. Elle observe en lui cette stabilité, cette discipline façonnée par des années à servir sans comprendre entièrement.
Et, simplement :
“Le lieu ne m’a pas rejetée.”
Pas d’arrogance. Une évidence.
Un silence suit. Le prêtre ferme brièvement les yeux. Non pour réfléchir, mais pour confirmer ce qu’il perçoit. Lorsqu’il les rouvre, sa décision est prise.
“Ce soir, nous honorons ce qui demeure invisible aux regards ordinaires.”
Un léger mouvement de tête.
“Il arrive… que certaines présences choisissent d’approcher.”
Il ne demande pas qui elle est. Il ne cherche pas à nommer. Il reconnaît. Et dans ce geste, il accepte. Alors seulement, il se détourne légèrement et lui fait signe de le suivre, vers une structure latérale plus discrète. Là, à l’abri des regards, reposent plusieurs coffres de bois sombre, patinés par le temps. Il en ouvre un. Avec respect. À l’intérieur, les tissus ne sont pas simplement rangés. Ils sont préservés.
Kannushi Hayama Kiyotsugu en sort une pièce avec lenteur.
“Ceci est porté lors des représentations offertes aux kami.”
Il marque une pause.
“Non pour les incarner… mais pour leur donner forme, un instant.”
Il relève les yeux vers elle. Et, pour la première fois, une nuance d’émotion traverse sa retenue.
“Si vous l’acceptez.”
Le vêtement déployé révèle une soie lourde, profonde, d’un blanc cassé tirant vers l’ivoire. La surface capte la lumière sans la refléter pleinement, comme si elle l’absorbait. Des motifs y sont brodés à la main. Des fleurs de prunier, délicates, presque translucides, filées d’argent pâle. Entre elles, des lignes courbes d’un or discret évoquent le vent, les flux invisibles, les chemins que rien ne trace mais que tout suit. Aux extrémités des manches, une teinte plus froide apparaît : un dégradé de bleu très clair, presque imperceptible, comme l’aube naissante sur une neige intacte.
Un uchikake cérémoniel. Ancien. Respecté.
La princesse des fées d'une planète aujourd'hui disparue s’en approche. Ses doigts n’hésitent pas. Le contact est immédiat. Juste. Lorsqu’elle le revêt, le tissu ne la contraint pas. Il s’ajuste. Glisse sur elle avec une évidence troublante. Le poids du vêtement ne pèse pas. Il stabilise.
Et c’est à cet instant que les papillons franchissent la limite. Ils viennent. Sans appel. Sans ordre. Attirés.
Leurs lueurs se multiplient, doucement, comme si la nuit elle-même se fragmentait autour d’elle. Ils se posent sans précipitation : dans sa chevelure, le long des broderies, à la naissance des manches. Ils ne décorent pas. Ils reconnaissent.
Le prêtre ne parle plus. Son souffle même se suspend. Puis, lentement, il s’incline. Plus profondément cette fois. Non devant une invitée. Mais devant ce qu’il ne peut qu’honorer.
Séliane, elle, se détourne. Vers l’entrée. Vers le monde extérieur. Chaque pas est désormais parfaitement maîtrisé. Le bois des geta ne trahit plus aucune hésitation. Sa silhouette, drapée de soie et de lumière, semble glisser plutôt que marcher.
Elle observe. Analyse. Pèse. Ce monde pourrait accueillir les siens. Peut-être.
Alors, une fracture. Invisible. Brutale. Ses papillons frémissent aussitôt. Pas de peur. D’alerte. Son regard se lève. Ce n’est pas le sanctuaire. Ce ne sont pas les kami. C’est autre chose. Une présence qui ne s’inscrit dans aucun des équilibres qu’elle perçoit.
Et dans cet instant, son attention se rompt. Le bois glisse. La cheville cède. Une torsion brève, nette, et son corps bascule.
Le contact survient. Solide. Immédiat. Réel.
Ses papillons s’écartent dans un frisson de lumière. Puis… Déjà… Elle se redresse. Lentement. Parfaitement.
Sa main ajuste le pli du vêtement. Son souffle se stabilise. Seule une tension discrète dans son appui trahit la douleur. Donc elle s’incline. Précise. Mesurée. Irréprochable.
Puis ses yeux se posent sur lui. Clairs. Fixes. Et désormais habités d’une compréhension nouvelle. Ce n’est pas un hasard. C’est lui.
Le coin du chalant / Re : Adel Esplana, ouichalant
« le: jeudi 19 mars 2026, 21:59:18 »Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: mercredi 18 mars 2026, 17:20:41 »Séliane l’observe. Lorsque son interlocuteur évoque la nuit à venir, le travail, les vérifications… quelque chose en elle vacille. À peine. Une intention naît. Fragile, spontanée. Rester. L’accompagner. Ne pas laisser cette inquiétude grandir seule dans l’obscurité.
Ses lèvres s’entrouvrent. Puis rien. Son regard glisse un instant vers les arbres. Vers les feuilles qu’elle a apaisées sans les guérir. Vers cette dissonance toujours présente, tapie sous la surface du monde. Elle comprend. Ce n’est pas à elle d’imposer sa présence.
Alors elle revient à lui. Franz. Déjà ailleurs. Déjà en mouvement dans sa pensée. Elle incline légèrement la tête.
“Très bien.”
Sa voix est douce. Stable.
“Je comprends.”
Un battement suspendu. Puis, presque naturellement :
“Si telle est votre volonté… Professeur Franz.”
Le prénom s’insinue sans heurt dans la formule. Comme s’il avait toujours été là.
Le papillon interrompt son vol un instant. Mais la jeune femme, elle, ne relève pas.
Elle se détourne légèrement, prête à partir, avant d’ajouter :
“Je serai sous cet arbre.”
Son regard désigne celui qu’elle a touché. Celui dont les feuilles frémissent encore d’un souffle retrouvé.
“Demain matin.”
Pas d’heure. La professeure marque une pause, presque imperceptible.
“Passez une… nuit productive.”
Puis elle s’éloigne. Ses pas s’effacent sur la pierre chaude du patio. Le papillon la rejoint, décrivant une lente spirale avant de se poser sur son épaule. Et lorsqu’elle quitte la cour, quelque chose semble se retirer avec elle. Comme une ombre douce qui abandonne le jour.
La nuit passe. Et avec elle, la ville.
Seikusu ne dort jamais tout à fait. Mais entre deux battements, entre deux souffles urbains, il existe des instants suspendus, des heures où même les choses invisibles hésitent.
Séliane, elle, ne dort que peu. Au cœur de la nuit, elle marche. Silencieuse.
Elle revient vers le campus lorsque les premières lueurs de l’aube commencent à dissoudre l’obscurité. Le ciel est encore pâle, teinté de gris et de bleu lavé.
Les arbres l’accueillent. Ou peut-être est-ce elle qui les écoute. La fée s’arrête près de celui qu’elle a touché la veille. Sa main se pose à nouveau contre l’écorce. Un instant. Comme une vérification. Une écoute. Puis elle s’en détourne.
Un peu plus tard, dans un couloir encore à moitié endormi, Séliane s’arrête. Un élève est là. Seul. Assis sur un banc, un sac ouvert à ses côtés, des feuilles couvertes de schémas botaniques et de notes griffonnées. Ses yeux sont cernés, mais attentifs. Le genre d’élève qui observe plus qu’il ne parle.
Il lève la tête en la voyant. Hésite.
“Professeure… ?”
Séliane incline légèrement la tête.
“Professeure Noctelume. Vous êtes matinal. Avez-vous cours avec moi ce matin ?”
“Ou en retard.” répond-il avec un sourire fatigué. "Mais oui, il me semble."
Un silence. Puis, avec une sincérité désarmante :
“Vous connaissez… ce que mangent les professeurs, le matin ?”
La question le surprend. Il cligne des yeux.
“Euh… ça dépend ? Café, surtout. Beaucoup de café. Et… des viennoiseries, j’imagine. Pourquoi ?”
Séliane semble réfléchir à la réponse comme à une donnée précieuse.
“Merci.”
Elle ne donne pas d’explication. Mais l’élève la regarde s’éloigner avec une légère perplexité. Comme s’il venait d’assister à quelque chose… d’un peu étrange.
Lorsque le soleil est enfin levé, la cour s’éveille lentement. Et sous le patio, près de l’arbre, Séliane est déjà là. Elle se tient debout quelques instants, immobile.
Puis, avec une précision tranquille, elle dispose ce qu’elle a apporté. Deux boissons chaudes. La vapeur s’élève lentement dans l’air frais du matin. À côté, quelques viennoiseries soigneusement disposées. Pas en désordre. Pas simplement posées. Présentées. Comme une offrande discrète. Ou un rituel dont elle aurait appris les gestes sans en saisir totalement les codes.
Elle s’assied ensuite. Non pas sur un banc. Mais au pied de l’arbre. Comme si sa place était là.
Le papillon vole doucement autour d’elle avant de se poser sur une branche basse.
Le campus commence à vivre autour. Des pas. Des voix. Des portes qui s’ouvrent.
Mais autour d’elle, quelque chose reste… légèrement à part. Comme si le temps s’écoulait différemment. Elle attend. Calme. Patiente.
Ses doigts effleurent distraitement l’écorce derrière elle. Et dans la lumière claire du matin, l’arbre semble un peu plus vivant que les autres. Presque imperceptiblement.
Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: mardi 10 mars 2026, 22:31:06 »Les feuilles des arbres frémissent dans la cour.
Le papillon quitte son épaule et descend vers les branches basses, comme attiré par quelque chose d’invisible. Séliane suit son vol des yeux.
Puis elle murmure simplement :
“Je vois.”
Son regard glisse vers les arbres que Franz vient de désigner. La professeure ne semble ni surprise… ni rassurée.
Un instant passe. Puis, au lieu de répondre immédiatement à la question, elle s’avance. Ses pas sont silencieux sur les dalles du patio. La lumière de l’après-midi filtre à travers les feuillages, dessinant sur sa silhouette des éclats mouvants.
Le papillon vole devant elle comme pour lui montrer le chemin. Arrivée près du premier arbre, elle s’arrête. La main de la jeune professeure se pose lentement contre l’écorce. Le geste est simple. Presque tendre. Mais quelque chose change dans l’air. Très légèrement. Rien de spectaculaire. Plutôt… une respiration plus profonde du lieu.
Ses doigts glissent doucement le long du tronc comme si la fée cherchait à apaiser une douleur invisible.
“Pauvres choses…”
Le murmure est si bas qu’il pourrait presque être destiné aux feuilles elles-mêmes. Pendant quelques secondes, elle reste ainsi, la paume posée contre l’arbre. Et si Franz observe attentivement, il pourra voir les feuilles les plus proches frémir d’une manière étrange. Pas sous l’effet du vent. Comme si la sève répondait à un appel oublié.
Une fatigue ancienne semble se relâcher dans les branches. Pas guérie. Mais… soulagée.
Le papillon se pose sur l’écorce juste au-dessus de sa main, ses ailes translucides capturant la lumière. Séliane retire finalement sa main. Très lentement. Elle ferme un instant les yeux, comme si elle écoutait encore quelque chose que les humains ne perçoivent pas.
Puis elle se tourne de nouveau vers Franz.
“Vous avez raison sur un point.”
Sa voix est calme.
“Ce qui perturbe cet endroit… n’est pas naturel à ce monde.”
La fausse humaine observe les arbres autour d’eux. Puis elle reprend :
“Mais les portails ne sont pas toujours… visibles.”
Un léger silence. Son regard s’élève vers la cime des arbres.
“Parfois, ce sont seulement des points de passage.”
Elle réfléchit. Puis répète doucement la question qu’il vient de poser :
“Combien…”
Ses yeux se ferment. Juste un instant. Une inspiration lente. Et quelque chose d’invisible se déploie autour d’elle. Pas une lumière. Pas une aura. Plutôt une sensation étrange. Comme si le fil des événements autour d’eux venait d’être effleuré.
Le papillon se met à voler nerveusement autour de sa tête. Les secondes passent. Deux. Trois. Puis la jeune femme vacille très légèrement.
Sa main se pose contre le tronc de l’arbre pour retrouver son équilibre. Lorsqu’elle rouvre les yeux, quelque chose a changé dans son regard.
Comme si la princesse venait de regarder trop loin.
“…plusieurs.”
Sa voix est plus basse. Elle fixe un point au-delà du campus, quelque part dans la ville.
“Trop pour être accidentels.”
Une ombre passe dans ses traits.
“Et certains…”
La professeure hésite. Comme si les mots refusaient de se laisser attraper.
“…ne sont pas encore ouverts.”
Le papillon revient se poser sur son épaule. Elle inspire lentement, retrouvant peu à peu son calme.
Puis Séliane regarde Franz. Cette fois avec une attention beaucoup plus directe.
“Vous avez parlé d’épicentres.”
Une pause.
“Montrez-les-moi.”
Ses yeux brillent d’une curiosité nouvelle. Mais aussi d’une inquiétude qu’elle ne cherche plus tout à fait à cacher.
“J’aimerais vérifier quelque chose.”
Un léger sourire apparaît enfin. Discret. Mystérieux.
“Avant que l’un d’eux décide de s’ouvrir pour de bon.”
Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: dimanche 08 mars 2026, 22:54:45 »Le papillon quitte son épaule pour décrire un cercle paresseux au-dessus d’eux.
Elle observe Franz. Assis au milieu du passage, cigarette entre les doigts, regard perdu dans un espace que lui seul semble parcourir. L’agitation qui l’habitait quelques minutes plus tôt s’est transformée en une tension différente. Celle d’un esprit qui vient de heurter une frontière invisible. Alors seulement elle s’approche.
Pas pour l’interrompre. Pas davantage pour le presser. La princesse fée vient simplement réduire la distance entre eux, jusqu’à se tenir à quelques pas de lui, dans l’ombre légère du patio. Ses yeux suivent un instant la fumée qui s’élève.
Puis elle parle.
“Les mondes parallèles.”
La jeune femme répète les mots comme on teste la résonance d’une idée dans l’air. Sa voix reste calme. Presque douce.
“C’est une façon très humaine de nommer la chose.”
Une pause. Pas un démenti. Simplement une nuance.
Le papillon descend lentement et se pose sur la balustrade de pierre toute proche.
“Mais vous venez de poser la première question correcte depuis le début de cette conversation.”
Ses yeux se posent enfin sur lui. Il n’y a aucune moquerie dans son regard. Seulement une forme de reconnaissance tranquille. Elle observe un instant la cigarette entre ses doigts, puis détourne légèrement la tête lorsque le vent change et pousse la fumée vers elle. Sans commentaire.
Puis la professeure reprend.
“Votre intuition n’est pas fausse.”
Son regard glisse vers les arbres de la cour. Les feuilles frémissent doucement sous la lumière de l’après-midi.
“Il se trouve… d’autres plans d’existence.”
Les mots sont choisis avec soin.
“D’autres couches de réalité, qui coexistent avec celle-ci.”
Une pause légère. Puis :
“Certains les appellent mondes.”
Elle se tourne de nouveau vers lui.
“D’autres… royaumes.”
Le papillon reprend son vol, traversant un rayon de lumière avant de revenir flotter près de son épaule.
Et pendant un bref instant, l’ombre douce qui semble toujours accompagner Séliane paraît s’approfondir autour d’elle. Pas sombre. Plutôt… forestière. Ancienne.
“Dans certaines circonstances très rares, les frontières entre ces plans deviennent… perméables.”
Ses doigts effleurent distraitement la feuille malade qui dépasse encore légèrement de son sac.
“Quand cela arrive, les premiers signes apparaissent rarement là où on les attend.”
Elle désigne les arbres autour d’eux d’un léger mouvement du regard.
“Le vivant ressent ces perturbations bien avant que les esprits rationnels ne commencent à les comprendre.”
Ses yeux reviennent dans ceux de Franz. Calmes. Observateurs.
“Les plantes sont souvent les premières à réagir.”
Une légère inclinaison de tête.
“Et les secondes…”
Une pause. À peine perceptible.
“… sont généralement les êtres assez anciens pour reconnaître qu’une chose n’appartient pas à ce monde.”
Le papillon se pose de nouveau sur son épaule. Séliane observe Franz encore quelques secondes. Puis elle ajoute simplement :
“Alors dites-moi, professeur Bauer.”
Sa voix est redevenue presque légère.
“Cette anomalie que vous avez mentionnée…”
Ses yeux plongent dans les siens.
“… où l’avez-vous trouvée ?”
Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: samedi 07 mars 2026, 18:14:15 »
? Je passe mon tour Anéa. Sans vouloir te vexer, je préfère laisser ton corps à un être de sexe mâle.
Bureau de la direction et infirmerie / On joue la survie des Terriens, rien que ça ! -- Franz & Séliane
« le: samedi 07 mars 2026, 18:10:43 »Le papillon féerique qui accompagnait sa propriétaire vacille dans sa trajectoire, comme si un courant invisible venait de traverser le couloir.
Mais Séliane, elle, ne bouge pas. Ni recul, ni crispation. Seulement ce calme étrange qui semble toujours l’entourer, comme une ombre douce même sous la lumière du jour. Puis, avec une lenteur tranquille, elle se rapproche d’un pas. Pas pour l’affronter. Pas davantage pour s’imposer. Simplement pour réduire la distance que sa colère venait de creuser entre eux.
Ses yeux suivent Franz tandis qu’il se détend à nouveau, comme si rien ne s’était réellement produit. Elle tousse très légèrement. Presque rien. Mais l’odeur persistante de tabac froid et d’électricité sombre qui flotte autour de lui vient de lui effleurer la gorge. Avec une lenteur tranquille, elle porte le fruit qu’elle tient encore à ses lèvres et en croque un morceau. La chair claire se brise doucement sous ses dents, libérant un parfum frais qui chasse aussitôt l’amertume de l’air.
Le papillon reprend sa danse paresseuse.
La professeure mâche un instant en silence. Puis seulement, elle reprend la marche à ses côtés. Quand son homologue lui confie qu’il bute sur ce phénomène depuis des mois, son regard glisse brièvement vers lui. Pas surpris. Plutôt… confirmé. Et lorsqu’il évoque ce qu’il est, sans le nommer, une nuance très subtile traverse ses yeux. Une reconnaissance. Ancienne. Silencieuse. Elle incline légèrement la tête.
“Les êtres nés de la Terre la comprennent souvent mieux que ceux qui ne font que la traverser.”
Sa voix reste douce. Presque méditative. Ils avancent encore de quelques pas dans le couloir baigné de lumière. Et pourtant, autour d’elle, il persiste cette sensation étrange. Comme si une nuit très ancienne se tenait en retrait, invisible mais présente.
Le papillon passe entre eux. Une traînée irisée, à peine perceptible.
Puis son interlocuteur pose la question.
« Par où commencer si je veux atteindre la bonne conclusion ? »
Séliane ne répond pas immédiatement. Son regard s’attarde un instant sur la cour en contrebas, où les arbres du campus frémissent doucement dans le vent de l’après-midi.
Enfin, elle parle.
“Vous cherchez une cause.”
Elle tourne légèrement la tête vers lui.
“C’est une habitude très humaine.”
Une pause. Pas moqueuse. Juste… observatrice.
“Mais lorsque l’équilibre du vivant se dérègle, la cause n’est presque jamais unique.”
Ses doigts effleurent la feuille malade qu’elle tient encore. La nervure sombre semble absorber la lumière. Elle se retient de tenter de la soigner.
“Parfois, il suffit qu’une seule volonté déplace quelque chose qui devrait rester immobile.”
Quant à la feuille chiffonnée de Franz, elle se trouve désormais dans son sac. Son regard revient dans celui de Franz. Calme. Profond.
“Et parfois… ce déplacement attire d’autres forces.”
Un silence léger s’installe entre eux. Puis, avec une douceur qui frôle le secret :
“Vous avez déjà identifié le symptôme.”
Elle désigne la feuille.
“Mais si vous voulez atteindre la bonne conclusion…”
Une très légère inclinaison de tête.
“Alors vous devez cesser d’observer ce qui meurt.”
Ses yeux se lèvent vers les arbres de la cour.
“Et commencer à chercher ce qui s’éveille.”
Le papillon revient se poser près de son épaule.
Et dans la lumière claire du couloir, l’aura nocturne de Séliane semble s’approfondir un instant, comme si une forêt sous un ciel étoilé venait de frôler la réalité.
Puis elle ajoute, presque pensivement :
“Dites-moi, professeur Bauer…”
Une très légère curiosité traverse sa voix.
“Dans vos observations…”
Ses yeux reviennent dans les siens.
“… avez-vous remarqué quelque chose qui ne devrait pas encore exister ?”








