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« le: jeudi 02 mai 2024, 21:35:42 »
Devenir un être supérieur à tous les autres, après avoir été un être aussi simple qu’une plante, n’a pas fait comprend à Akita le comportement complexe et parfois très étrange des êtres qu’elle représente. Pourtant, elle peut facilement reconnaître un sentiment aussi simple quel a frustration, car c’est le sentiment majeur qu’elle sentait émané de sa visiteuse. Il lui facile de ressentir ce sentiment s’il est majoritaire et surtout s’il est facilement exprimé. Et pour être frustrée, la magicienne l’était. Et son hôte ne peut apaiser ce sentiment, car certaines des réponses qu’elle recherche sont en elle et les autres viendront de la déesse quand l’humaine aurait découvert les premières.
L’être divin observe ses tentatives, sans sentiment particulier. Ne comprenant aucune d’entre elles, la magie et la technologie ne sont pas ses domaines de prédilection. La jeune femme se repose sur ses connaissance magiques et scientifiques pour analyser son environnement et découvrir un chemin. En quoi un bout de papier pourrait-elle l’aider ? Concentrée sur les sens de la jeune femme, elle peut ressentir ce qu’elle ressent. Et elle peut être témoin de son incrédulité, celui de constater que cette magie lui serait inutile. Non seulement cette magie était sans effet. Mais ce que la magicienne ignorait, que son esprit n’était pas en phase avec cet endroit, un peu comme s’il rejetait son existence et il ne peut donc en contempler l’étendue infinie.
Ce fut au tour d’un étrange objet. Les mortels appellent cela une boussole. Akita sait comment il fonctionne, mais elle sait aussi son inutilité dans son domaine. Certaines boussoles restent inertes d’autres, comme celle-ci, se mettent à tourner sans s’arrêter. La science n’a aucun pouvoir dans un lie où la nature règne sans partage. Après un parchemin, c’était une boussole qui se révélait inopérante pour la jeune femme. Voilà qu’elle prend des notes, elle doit penser que sa venue est liée purement à l’étude du domaine ou celle de son hôte. Alors que sa raison est bien différente de cela. Akita eut un petit rictus en la sentant se mordre que pour se réveiller d’un rêve. Un acte compréhensible, mais une douleur inutile. Visiblement, en dépit de sa rationalité, la jeune humaine ne semble pas vouloir utiliser des moyens destructeurs pour comprendre son environnement. Une bonne chose pour éviter d’être purement et simplement éjecter du domaine.
Mais voilà, qu’une autre idée semble traversé l’esprit de la jeune humaine. A quoi ses étranges pierres pourraient-elles bien lui servir ? Si elle se repose sur leur magie, alors elle va être déçue. Malgré tout ces tentatives magiques et scientifiques, elle n’oubliait pas la phrase que la divinité lui avait formulée. Mais en comprenait-elle le sens et la portée ? Pas encore. Il lui restait encore beaucoup de chemin à faire. Comme prédit par la divinité, les pierres ne pouvaient l’aider dans sa quête. Leur magie ne trouve aucun écho en ce lieu et donc ne peut que se dissiper rapidement, comme un feu ne trouvant plus rien à brûler, ne provoquant que l’égarement pour l’infortunée magicienne. Akita sait que cette épreuve est dure à surmonter, abandonner tout ce que l’on sait pour appréhender ce lieu est déroutant, voir terrifiant, mais néanmoins indispensable. Sa nervosité faisait peine à voir, mais elle sait pouvait trouver son chemin. La divinité ne pouvait ou ne voulait l’aider plus que nécessaire. Être plus habitué à la ville qu’à la nature est un handicap assez sérieux pour la visiteuse.
Voilà qu’elle se reprend à noter et à se mordre les lèvres une nouvelle fois. Est-ce un rituel ? Si telle est le cas, alors il faut qu’elle arrête, car en dehors de la douleur, cela ne lui apporte rien. Akita peut sentir sa peur et décide d’intervenir, la méditation de la jeune femme lui en offre l’opportunité. Alors que la jeune magicienne rouvre les yeux, le feuillage devant elle a pris la forme d’un immense visage féminin, celui-ci s’adresse à elle avec la même voix douce et rassurante que la brume lui ayant parlé plus tôt.
« Le chemin est dur pour qui n’a pas l’habitude de la nature. »
Avant que la jeune humaine ne réponde, la divinité reprend une forme de brume, mais plus tangible et place un doigt sur la bouche de la jeune mortelle, comme pour lui intimer le silence.
« Accepte cet endroit, accepte ce que je suis, comme tu acceptes ce que tu es. Laisse ton instinct et ton cœur te guider. Et n’oublie pas la véritable raison de venue. Et maintenant, je vais te laisser marcher sur le sentier, il serpente et descend jusqu’au lac. Le sentier est long, alors apprécie-le. Rien ne presse et tu pourras prendre du temps pour réfléchir. Je te parlerais, de nouveau, au lac. Essaie d’apprécier ses eaux, j’espère que tu as prévu de quoi te baigner. Et surtout, plus de morsures de lèvres. »
Sans prévenir, l’étrange brume pose ses lèvres sur celles de l’humaine. Le baiser dure t-il une seconde, une minute, une heure ? Qui pourrait le dire ? Mais lorsque la brume se dissipe, la jeune magicienne se trouve désormais dans une clairière d’où part un petit sentier, entre deux arbres.