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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Âmes qui vivent [ Princesse Alice ]  (Lu 2494 fois)
Chipp Argan
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« le: Août 19, 2012, 01:33:20 »

Il observait le paysage qui s'étendait à ses pieds. Les sourcils froncés, la main posée sur la garde de son épée courte, son esprit entièrement tourné vers les longues minutes qui avaient précédées. Il avait atterri au milieu d'un bois. Il ne trouvait aucun autre mot pour décrire son arrivée. Il avait fermé les yeux en se battant contre son père après qu'une lueur vive l'ait aveuglé l'espace d'un instant, et quand il les avait ouvert, il était ici. Perdu au milieu des arbres, l'obscurité ayant repris ses droits alors que le soleil était haut dans le ciel quelques instants auparavant, lorsqu'il avait failli être embroché par la lame de son paternel. Il avait marché quelques temps pour sortir des bois, et s'était retrouvé au sommet d'une gigantesque falaise, devant un paysage dont il ne connaissait rien. Et cette lune. Cette lune qui brillait au-dessus de sa tête. Dans son monde, les lunes étaient jumelles. Deux astres crépusculaires se disputant un ciel étoilé. Et là, non seulement elle était seule, mais les étoiles n'étaient pas placées de la même manière. Il fronça les sourcils. Ainsi, il avait compris. Il n'était plus dans son monde. Plus sur sa planète. Et il n'arrivait pas à s'expliquer cet état de fait. Il ne comprenait pas comme il était possible qu'il soit ici. Il avait déjà été téléporté, mais cette magie restait tout de même rare chez lui, et de toute façon, il ne voyait pas comment il était possible de changer de monde de cette manière.

Car il n'avait plus de doute à présent. Ce n'était pas son monde, pas le Royaume où il vivait. Il fixait les montagnes tout autour, et il ne les reconnaissait pas, alors qu'il était un voyageur accompli. Il visualisa au creux de son esprit les diverses chaînes de montagnes dont il connaissait l'existence chez lui, mais rien n'y fit. Ce n'était pas l'une d'elles. Se laissant tomber, assis par terre, il posa les mains sur son visage en soupirant. Au moins, il était en un seul morceau. Si la chose qui l'avait amené ici n'avait rien fait, il serait à l'heure actuelle coupé en deux par une épée forgée par le plus grand maître de cet art. Le moindre des deux maux... Même si la perspective d'être à jamais coincé dans un monde inconnu ne lui était pas vraiment agréable, il préférait ça à mourir. Il soupira à nouveau, et se remit sur ses pieds rapidement... Avant de porter une main à sa poitrine.

Il sentit sa tête tourner et son coeur accélérer brusquement, en proie à l'agitation intérieure de l'entité qui l'habitait. Il la sentait battre, presque paniquée, et l'effet sur son corps était foudroyant. Il tomba à genoux, la main crispée sur son torse, la respiration rapide, alors qu'il tentait de faire refluer sa malédiction. La douleur était atroce, mais il la supportait. Il en avait prit l'habitude. N'ayant plus conscience de l'extérieur, sa voix interne résonna au creux de son esprit. " Toi non plus, tu ne reconnais pas ton monde, hein ? Calme-toi, calme-toi, ou nous mourrons tout les deux. ". Il inspirait fort, expirait de la même manière, alors que quelques gouttes de sueur commençaient à perler sur son front. Son coeur battait de plus en plus vite, le plongeant dans un abîme de douleur. Il forçait sur son corps pour rester conscient, son autre main griffant la terre. Il continuait à enjoindre intérieurement la malédiction de calmer sa peur, et, après de longues minutes de combat, son coeur ralentit doucement, retrouvant un rythme viable, alors que sa respiration s'apaisa elle aussi. L'épreuve l'avait laissé pantois et éprouvé, mais tout allait bien. Tout allait mieux.

Il se remit debout, et, reléguant l'incident dans un coin de sa mémoire, il entreprit de repérer âmes qui vivent. Un bourg, un hameau, un village, un château, n'importe quel endroit où ils pourraient trouver des gens qui répondraient à ses questions. Il s'approcha du bord de la falaise, et plissa les yeux. Après une recherche fastidieuse, confondant sans cesse des silhouettes avec la cime de certains arbres, il finit par remarquer un sentier menant à une sorte de bastion qui ressemblait étrangement à une église. Il fronça les sourcils, et avisa les alentours, pour trouver l'endroit propice pour descendre.

Il finit par remarquer un autre sentier qui descendait au creux de la falaise. Un sentier impraticable normalement. Il avait sûrement été taillé par la nature, et non par l'homme. Il s'y engagea prudemment, sachant pertinemment que c'était dans les moments comme celui-ci que sa malchance frappait la plupart du temps. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait fait des chutes normalement mortelles parce qu'il avait trébuché sur quelque chose qui n'avait rien à faire à l'endroit précis où il posait le pied.
Heureusement, cette fois, il ne se passa rien de mauvais. La malédiction était sûrement encore trop perturbée par le changement de monde pour agir comme d'habitude.

Il continua de marcher, mais la route s'avéra plus longue que prévue. Il était passé plusieurs fois devant des grottes d'où provenaient des bruits étranges. De lourds grondements qui l'avaient dissuadé de s'en approcher trop près. Il avait été sur ses gardes tout le long du chemin, prêt à parer à toutes éventualités, mais il finit par arriver en vue de l'escalier menant à l'église - ou à ce qui y ressemblait. -. Il observa le ciel, et put ainsi se rendre compte qu'il avait marché pendant plus de deux heures pour venir depuis la falaise. Il se hissa sur la première marche, avant de grimper jusqu'en haut. Arrivé au bout, ou presque, il put distinguer des silhouettes. À première vue, il s'agissait d'hommes en armes qui montaient la garde. Mais pourquoi monter la garde devant une église ?...

Au moment où il atteignait la dernière marche, il leva la main pour saluer les hommes. Et tomba à terre.
Son coeur avait de nouveau accéléré, son corps vaincu par la douleur. L'entité s'agitait encore. Plus fort qu'auparavant. Elle était déchaînée au creux de son corps et de son esprit, et il cria de douleur, attirant l'attention des gardes. Il n'avait aucune idée du fait qu'en tant qu'étranger, il n'avait pas le droit d'être ici et qu'il risquait énormément, mais même s'il avait été au courant, à l'heure actuelle, dans sa position, il n'en aurait pas eu grand chose à faire.

Il sentit son coeur s'arrêter brusquement. Puis, s'accélérer à un rythme beaucoup trop élevé. Il n'arrivait plus à respirer correctement, et il ne put qu'émettre de petits gémissements tandis que les hommes de garde restaient à bonne distance, essayant visiblement de comprendre ce qu'ils voyaient avant d'intervenir. Une mesure de prudence.
Et, cette fois, il n'arriva pas à lutter. Sentant son coeur s'arrêter une nouvelle fois, pendant de longues secondes, le laissant les yeux écarquillés et la langue pendante, il sombra dans l'inconscience, son esprit s'envolant vers les méandres du néant, alors que son coeur se remettait à battre normalement.

Mais, malgré le calme apparent de la malédiction, il était tout de même inconscient. Et il le resterait un bon moment.
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« Répondre #1 le: Août 19, 2012, 07:36:04 »

Alice était aussi nerveuse qu’agitée aujourd’hui. Elle avait reçu un corbeau ce matin. Une missive personnelle, rien que pour elle ! C’était assez rare, et elle avait cru qu’il s’agirait initialement de sa femme. Cette dernière était partie en expédition militaire dans une région qui était en proie à des soulèvements intestinaux, à un commencement de guerre civile, et les dragonniers venaient pour soutenir le seigneur local. Sakura s’était portée volontaire, désireuse de faire ses preuves, et Tywill avait accepté. Ça lui ferait des vacances, disait-il. Mais Alice savait que, au fond de lui, Tywill n’était pas mécontent que cette Terramorphe soit la femme d’Alice, car elle était valeureuse, et, bien qu’elle soit une demi-portion, forte et puissante. Alice avait donc reçu une missive, mais elle n’émanait pas d’Alice, mais de quelqu’un d’autre... D’une femme un peu plus... Brusque. Le message était sibyllin, mais elle avait senti son cœur bondir dans sa poitrine en le lisant :

Je serais à Sylvandell dans une semaine, bouton d’or.
Il faut qu’on parle.

Ciri’

Alice avait senti un sourire rayonner sur son visage en lisant cette signature. Ciri... Cirillia ! Elle allait revoir Ciri ! Elle allait revoir Ciri ! Elle... Elle allait revoir Ciri’ ?!

*Catastrophe !*

Il était difficile pour Alice de déterminer ce qu’elle ressentait à l’égard de cette femme. Après avoir grièvement blessé l’un des dragons sacrés de Sylvandell, elle avait échappé de justesse à la mort. Tywill, le Roi, avait décidé de voir si Alice pouvait réussir à la fouetter à sang. Comme il s’attendait à ce qu’elle échoue, il se préparait donc à condamner cette dernière à un châtiment exemplaire et particulièrement douloureux, mais, à la surprise générale, le sang du dragon avait bouillonné dans les veines d’Alice, qui était ensuite intervenue lors du procès de Cirillia, réclamant, à l’aide de vieux usages coutumiers, droit de vie sur elle, car elle avait administré elle-même la punition pour son crime. Ce faisant, Cirillia était devenue son esclave... Mais ce n’était pas vraiment un esclave au sens classique du terme. Une véritable teigne, plutôt. Leur histoire avait été longue, mais, quand Ciri avait enfin eu l’occasion de partir sans crainte d’être capturée, elle l’avait saisi.

Depuis, Alice s’était mariée, avait conversé avec des esclavagistes, avait même eu de nouveaux esclaves, une dame dans ce qui serait un jour sa Cour, mais Cirillia n’était jamais revenue. Et elle n’avait jamais eu de nouvelles d’elle... Jusqu’à maintenant. La missive était datée, et, en toute logique, Ciri devait arriver... Demain ! Dans cette circonstance, on peut donc comprendre pourquoi Alice était mortellement nerveuse. Ciri avait voulu l’entraîner au maniement de l’épée. Qu’est-ce qu’elle lui dirait, lorsqu’elle verrait qu’Alice ne s’était pas du tout améliorée ?

*Oh, et puis, qu’en ai-je à faire ? se sermonnait-elle. Et qu’est-ce qu’elle me veut ? De quoi veut-elle me parler ?!*

Ainsi, lorsque les gardes de la Griffe, ce dernier poste de garde avant d’entrer dans le Territoire des Dragons, surprirent un individu en train de s’approcher, la Princesse, elle, se tortillait dans son lit. Dans la Griffe, les gardes jouaient aux cartes, ou aux dés sur des tables, à la lueur de chandelles et de bougies. Le vent mugissait dehors. Les nuits sylvandines n’étaient rarement chaudes, même en cette période estivale.

« Et un de six !
 -  Trois de quatre !
 -  Bingle ! » s’exclama l’un des gardes en riant.

C’était un jeu de dés assez complexe, qu’on appelait le bingle. D’autres jouaient à des jeux plus connus, notamment du tarot.  Sur une terrasse à côté du bâtiment principal, des arbalétriers veillaient, près d’un grand feu pour les réchauffer. Heureusement, c’était l’été, et il ne neigeait donc pas fortement. On voyait même les étoiles, mais, pour autant, il faisait assez froid. Ce fut l’un des arbalétriers qui aperçut l’homme. Il se leva rapidement, et prit un cor, soufflant dedans. Le son ne se fit entendre qu’au sein de la Griffe, et les gardes se ruèrent dehors, tandis que les arbalétriers pointaient leurs carreaux sur le torse de l’homme.

« Arrête-toi immédiatement, le drôle !
 -  Vous foulez un sol sacré ! »

Le mystérieux individu avançait lentement, comme s’il était fatigué. Les gardes avaient oublié leurs jeux pour sortir leurs armes, faisant preuve d’un plus grand professionnalisme que ceux de l’époque où Cirillia était passée par là. Certains gardes portaient des torches, mais les autres pointaient leurs armes... Jusqu’à ce que le mystérieux inconnu s’effondre mollement par terre. Une ruse ? Un arbalétrier visa soigneusement, et décocha un carreau, qui vint se planter à quelques centimètres de l’oreille gauche de l’homme, faisant voler un peu de poussière. Aucune réaction. Le sergent qui commandait l’unité fit signe à un homme d’aller tâter le pouls de l’individu.

« Et si c’était une ruse, Mon...
 -  Ta gueule ! Avance, et fais ce que je te dis ! »

Le soldat bougonna, et obtempéra. Il s’approcha de l’homme évanoui, et lui tâta le pouls.

« Son pouls est faible, Sergent, mais il respire ! » cria-t-il.

Le sergent hésita sur la conduite à tenir. Envoyer un cavalier au camp ? Ou balancer le vaurien dans le vide ? Le garde entreprit de le fouiller, mais ne trouva rien d’intéressant. Aucun papier d’identité. L’individu fut en revanche privé des quelques éventuelles armes qu’il aurait pu avoir, et le sergent ordonna qu’on attelle l’un des chevaux se situant dans une petite écurie à proximité. En définitive, il allait s’en tenir à ce que la procédure militaire prévoyait : établir un interrogatoire. En soi, se rendre dans le Territoire des Dragons quand on y était nullement assermenté était un sacrilège puni de la plus haute peine, mais il fallait encore en connaître les motifs. Si l’individu n’était pas au courant, il arrivait que la justice sylvandine soit plus clémente.

Le sergent s’approcha à son tour de l’homme, et constata qu’il n’avait pas l’air bien dangereux. Il ordonna alors qu’on prépare trois chevaux, et désigna trois cavaliers : un pour porter l’homme, deux pour les surveiller, et pouvoir ainsi, si jamais l’individu se révélait menaçant, le tuer sur place. On sangla l’homme au dos du cavalier de tête, et les trois chevaux partirent assez rapidement, le sergent et les gardes les regardant s’en aller.

Les cavaliers dévalèrent la pente assez rapidement, une pente qui longeait un précipice vertigineux et immense où apparaissait un bout du vaste lac de Sylvandell. Ils virent en premier les tours du Château royal, puis ce grand pont séparant le Château de la partie haute de la ville, et, enfin, la colonne verte qui indiquait la présence de la Cathédrale de Sylvandell, dont une colonne de fumée verdâtre s’en échappait perpétuellement. Les cavaliers se rendirent précisément vers la Cathédrale, car c’est dans l’une des parties de cette structure qu’on trouvait l’aile médicale.

Le personnel de garde dans la Cathédrale accepta la présence des cavaliers, et on déposa l’inconnu dans un lit d’hôpital. Deux des trois gardes retournèrent alors à la Griffe, tandis qu’un apothicaire se pencha sur le cas de l’homme.

« Il est inconscient, énonça l’apothicaire comme une évidence, mais je ne détecte aucune blessure grave. Sans doute un choc, ou quelque chose comme ça. Il se réveillera dans quelques heures. »

L’apothicaire lui fit boire quelques potions, consigna quelques notes sur un rapport, puis s’en alla. On laisse l’homme attaché au lit, dans une petite pièce aux murs nus, éclairée par quelques bougies.
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Chipp Argan
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« Répondre #2 le: Août 20, 2012, 01:14:01 »

Il ouvrit les yeux, doucement. Les paupières lourdes et la poitrine prise dans un étau résiduel de douleur. Il secoua légèrement la tête, tentant de retrouver ses esprits, essayant de déterminer l'endroit où il se trouvait. Il se rappelait s'être écroulé devant l'Eglise alors qu'il saluait les hommes en poste. L'entité avait réagi étrangement au contact de ce nouveau monde, et comme d'habitude, ça s'était mal terminé. Il tenta de se redresser, mais son corps était bloqué. Fronçant les sourcils, il releva un peu le buste, seule partie de son corps capable de bouger. Le voile devant ses yeux s'effaçant doucement, il constata qu'il était attaché sur un lit, dans une petite pièce toute simple. Les murs étaient nus, le lieu agrémenté uniquement de quelques bougies distillant une lueur mouvante sur les murs. Le jeune homme se racla la gorge, avant de s'humecter les lèvres. Il avait un goût indéfinissable sur la langue, qu'il n'arrivait pas à reconnaître.
Au moment où il chercha la porte du regard, il sentit un vent de panique le prendre aux tripes. La dernière fois qu'il avait été attaché de la sorte, c'était quand il était enfant... Et le souvenir le frappa de plein fouet. Il se souvenait déjà de ce passage de sa vie. Il avait peut-être perdu la mémoire, mais depuis quelques années, certains événements lui étaient revenus par bribes. La torture en était un. Il remua sur le lit, les poignets liés par des bandelettes de cuir renforcé à l'armature du lit. Son coeur battait fort. Il avait peur, en un sens. Peur d'être redevenu l'enfant ensanglanté et emprisonné qu'il avait été alors. Il se mit à se débattre violemment, tentant de défaire les attaches. C'était peine perdu, mais il était entièrement guidé par la panique, tandis qu'en lui, au contraire, l'entité restait calme. Elle semblait apaisée. Evidemment. Lorsque les démons l'avaient torturé, ils avaient fait en sorte de le maudire pour que la prophétie finisse par un jour s'accomplir... Et ils lui avaient fait perdre la mémoire par la douleur pour qu'il n'ait aucune idée du fait qu'il était leur instrument. Il imaginait que l'entité en son sein se " remémorait ", si elle en était capable, le moment où elle avait été convoqué par la magie démoniaque pour prendre possession du corps du jeune garçon. Ou, plutôt que de le posséder, tout du moins se cacher au fond de son corps.

Il se débattait toujours, en proie à ses anciens démons. Mais il ne s'autorisait pas, malgré toute sa peur, à crier à l'aide. Se contentant de serrer les lèvres, il finit par prendre conscience qu'il ne pouvait se permettre de perdre son calme, et il s'exhorta par quelques imprécations intérieurs à cesser de remuer aussi fort. Il se blesserait s'il continuait, et si quelqu'un venait, il n'avait envie de passer pour un fou. La situation était visiblement déjà assez compliquée comme ça, et il n'avait pas besoin d'aggraver les choses. Il se laissa retomber sur le lit, avant d'inspirer et d'expirer longuement pour retrouver son calme. Observant le plafond, il tenta de déterminer combien de temps il était resté inconscient, mais l'entreprise se révéla impossible. Il n'avait aucun moyen de voir l'extérieur et d'estimer la position du soleil - ou de la lune, si le jour n'était pas encore levé -. Il devait uniquement attendre que quelqu'un daigne lui rendre visite. Mais s'il était sans aucun doute prisonnier, il fallait bien que les prisonniers soient nourris. D'autant plus lorsqu'ils avaient été trouvé inconscient. Mais il ne comprenait pas pourquoi il s'était retrouvé dans cette cellule. Il n'avait rien à se reprocher. Peut-être la fameuse Eglise dont il s'était approché dans les montagnes n'était pas ce qu'elle semblait être. Peut-être un bâtiment important, ou sacré, et les gardes l'avaient perçu comme une menace. Il ne savait même pas s'il était encore là-bas ou s'il avait été transporté ailleurs. S'il avait été pris alors que les hommes le pensaient en proie à une crise ou à une malade quelconque, il était sûrement toujours dans cette Eglise : un prêtre aurait pu tenter de le soigner.

Soupirant longuement, il ferma les yeux, pour réfléchir à sa situation. Il était littéralement apparu sans raison dans un monde inconnu. Pourquoi ? Qui ? Il ne connaissait personne disposant d'une telle magie dans son entourage. Les divers sorciers qu'il avait croisé dans sa vie étaient plutôt rompus aux arts de la magie offensive. Et le peu qu'il se souvenait avoir assez de pouvoirs pour réaliser le prodige de transporter un corps vivant d'un point à un autre en un instant, était passé au fil de son épée il y avait longtemps. Les démons auraient pu posséder de tels pouvoirs, mais étant donné qu'il était leur instrument - contre sa volonté, certes, mais tout de même -, il n'imaginait pas qu'ils l'aient transporté dans un autre monde. Il avait connaissance d'assez d'éléments de la prophétie le concernant pour savoir qu'elle devait se réaliser dans son monde, et les engeances démoniaques n'avaient aucun intérêt à l'éloigner de la sorte s'ils tenaient tant à ce qu'elle s'accomplisse. Cette idée fut renforcée par le souvenir de l'entité, qui s'était déchaînée à son arrivée ici. Et ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose : ce n'était pas prévu. Ni par ses ennemis, ni par lui-même.

Il soupira à nouveau, secouant la tête. il n'avait aucun moyen de savoir pourquoi. Les réponses viendraient plus tard. Pour l'heure, il était surtout important d'essayer de sortir d'ici, et de trouver quelqu'un susceptible de le renseigner sur l'endroit où il était. Il n'avait aucune connaissance sur les lieux, et l'ignorance n'avait jamais été maîtresse de pouvoir. Il pourrait entrevoir le tableau avec plus de clarté quand il en aurait appris assez sur le monde où il se trouvait. Il fut interrompu dans ses réflexions par un bruit qu'il identifia tout de suite : une série de pas se rapprochant de la cellule, ou en tout cas, de la pièce où il se trouvait. Lorsqu'il estima que le bruit était assez proche, il se racla fort la gorge :

" Il y a quelqu'un ? "

Il avait parlé assez fort pour que sa voix porte à l'extérieur de la pièce, espérant attirer l'attention du quidam qui passait.

" J'ai besoin de manger quelque chose, de boire un peu ! Libérez-moi ! "
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« Répondre #3 le: Août 22, 2012, 02:01:07 »

Outre l’apparition d’un mystérieux individu, il n’y eut rien à signaler cette nuit. La nuit d’Alice fut terriblement courte. Nerveuse, elle remuait sans cesse dans son lit, excitée comme une puce. Alice se réveilla ainsi très tôt, surprenant sa servante, qui venait généralement à l’aube pour raviver le feu qui brûlait dans sa chambre, de manière à ce que la frêle Princesse ne prenne pas froid. Elle se leva donc tôt, s’habilla rapidement, et s’installa dans la salle commune, à savoir l’endroit où on mangeait, afin de se tenir au courant des dernières actualités. Chaque fois qu’un éclaireur passait par là, qu’un garde arrivait, qu’un messager venait, elle les interpellait, désireuse d’avoir des nouvelles de Cirillia. Elle était attendue aujourd’hui !

« Vous êtes sûr que vous ne l’avez pas vu ? Une grande rouquine ? »

On lui répondait toujours négativement, la désolant. La Princesse soupirait, grignotant de temps en temps, jusqu’à ce qu’elle voit une femme jaillir dans une longue robe. Une femme qu’elle connaissait plutôt bien, puisqu’il s’agissait de l’institutrice personnelle d’Ayano, sa belle-sœur : Mala.


Mala

Alice se précipita vers Mala pour savoir ce que cette dernière faisait. Surprise de voir la Princesse de si bonne heure, elle lui expliqua qu’elle devait aller voir un patient à la Cathédrale. Un énigmatique vagabond que les gardes de la Griffe avaient trouvé dans la nuit, venant vraisemblablement du Territoire des Dragons, et qui s’était écroulé sous la fatigue. Dehors, on pouvait entendre les dragons rugir de temps en temps.

« J’ai été chargée de me renseigner à son sujet, d’obtenir son identité, de vérifier s’il est rétabli, et d’estimer s’ilest une menace pour Sylvandell... En somme, de savoir ce qu’il faisait sur un sol sacré. »

Alice hocha la tête. Ce genre de choses était courant. La région étant grande, il arrivait que des aventuriers, des contrebandiers, des esclaves en fuite, des bandits, décident de passer par des sentiers éloignés du royaume pour tenter de le rejoindre en passant par le Territoire des Dragons. Les gardes, parfois, parvenaient à les récupérer, mais, généralement, ils étaient dévorés par les dragons. Elle hésita brièvement. Entre rester ici à se morfondre et à taper sur les nerfs des gardes, ou suivre Mala, dont le calme et la patience risquaient d’être mis à rude épreuve devant la nervosité du Joyau, Alice trancha rapidement.

« Puis-je venir avec vous ? demanda-t-elle, anxieuse.
 -  Hum... Bien que je ne pense pas que cette affaire nécessite l’assistance de la Princesse de Sylvandell, je ne peux rien vous refuser », répondit-elle avec un léger sourire.

Les deux femmes se mirent donc en route, quelques gardes les accompagnant. Rejoindre la Cathédrale ne fut pas particulièrement long. Le soleil se levait dehors, éclairant la région, et Mala et Alice rentrèrent, sortant de la calèche qui les avait déposé. Mala s’avança rapidement, au milieu du personnel, s’avançant dans des couloirs circulaires assez longs, jusqu’à approcher de la chambre de l’homme.

« On ignore tout de cet individu... Mais ceux qui passent par le Territoire des Dragons sont généralement des désaxés, des renégats, ou des fous... Ces histoires n’attirent donc pas grand-monde. »

Cette histoire lui rappelait Cirillia, et Alice restait donc silencieuse. Ceci dit, Cirillia ressemblait plus à une désaxée qu’autre chose, avec sa manie de zigouiller et d’engueuler tout ce qui bouge. Une femme forte... Alice n’aurait jamais osé l’avouer, mais elle enviait cette femme au tempérament de feu, cette femme forte... Alice aurait donné beaucoup pour avoir un dixième de sa fougue, qui aurait définitivement fait d’elle une vraie Korvander, et non une « demi-portion », comme le disait son père. Alice sortit de ses réflexions quand elle entendit un homme parler à proximité. Elle ne comprit pas ce qu’il venait de dire, et elle décida de faire preuve d’un peu plus de concentration :

« J'ai besoin de manger quelque chose, de boire un peu ! Libérez-moi ! »

Mala et Alice se regardèrent brièvement, puis elle entra la première, la Princesse suivant, avec deux gardes derrière eux.

« Allez lui chercher du pain sec et de l’eau, je vous prie », commanda-t-elle à l’un des gardes, étant donné qu’il était exclu de laisser la Princesse sans surveillance.

Mala s’adressa alors au jeune homme.

« Bonjour, jeune homme. Je me prénomme Mala, et je suis l’une des prêtresses du Clergé de Sylvandell. Ce nom vous évoque-t-il quelque chose ? »

Elle parlait d’une voix douce et calme, et Alice se présenta alors, cet inconnu hagard occultant de son esprit la présence imminente de Cirillia :

« Je suis la Princesse de Sylvandell, Alice Korvander, et je me dois de vous informer que nos gardes vous ont trouvé dans un sol qui est sacré pour nous, le Territoire des Dragons. Que faisiez-vous là-bas ? Et comment vous appelez-vous ? »
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Chipp Argan
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« Répondre #4 le: Août 22, 2012, 02:47:21 »

Dardant son regard rougeoyant vers la porte, il plissa légèrement les yeux pour observer les deux jeunes femmes qui y entrèrent, accompagnées de deux gardes. Visiblement, même s'ils lui avaient prit toutes ses armes et qu'il était saucissonné comme un beau diable, ils le considéraient comme un danger potentiel. C'était embêtant. Si les choses commençaient de la sorte, il n'avait pas beaucoup d'espoir de sortir d'ici en un seul morceau. Ou en les laissant, eux, en un seul morceau. La deuxième jeune femme à être entrée, la belle blonde - une femme d'une beauté gracieuse, à n'en pas douter. Il ne la distinguait pas correctement à la lueur des bougies, mais si sa voix ne contrastait pas avec son corps, il avait devant lui une reine, en tout cas physiquement. -, demanda à l'un de ses gardes d'aller chercher de l'eau. Fronçant les sourcils une seconde, le jeune guerrier remarqua évidemment qu'elle venait de donner un ordre et qu'il avait obtempéré sans aucune discussion. Sans doute était-elle importante, ici. Au sommet de la hiérarchie. Il fut couper dans ses réflexions par la deuxième jeune femme. Elle se présenta, avant de lui poser une première question. Elle parlait calmement, avec douceur, et il ne put s'empêcher de lui sourire en coin, la remerciant intérieurement de tout faire pour qu'il se sente à l'aise. Il n'était pas tendu, mais si elle faisait ça avec tous les " prisonniers ", alors elle méritait au moins un petit remerciement.

Il allait répondre à la question, quand la petite blonde prit la parole pour se présenter à son tour. Chipp haussa les sourcils, d'étonnement, avant de prendre le temps d'ingérer les informations donnés par ses deux hôtes. Ainsi, l'endroit où il se trouvait s'appelait Sylvandell. Etait-ce un royaume, une ville, un pays, une région ? Et elle en était la Princesse. Voilà pourquoi le garde avait obéi instantanément, et pourquoi l'autre la couvait des yeux, sur ses gardes. Il lui aurait bien répliqué qu'il n'avait pas grand chose à craindre d'un homme désarmé et attaché, mais s'il voulait sortir d'ici, il lui faudrait ne pas perdre son calme et rester poli. Ce qu'il fit, donc, faisant sonner sa voix chaleureuse dans la pièce.

" Je me nomme Chipp. Chipp Argan. Et, avant de répondre aux autres questions... Il afficha une petite moue gênée, fixant la princesse dans les yeux. ... Dame Alice, pardonnez-moi de ne pas vous saluer comme je le devrais. En temps normal, devant une princesse, j'aurais mis genoux à terre, mais ma position actuelle ne me le permet pas... J'espère que vous ne le prendrez pas comme une insulte. "

Il n'avait aucune idée du protocole usité dans ce pays, mais il connaissait l'étiquette. Il avait été le mercenaire attitré de la Reine, chez lui, et peu à peu, il avait obtenu sa confiance. Ainsi, elle lui avait appris quelques-uns des usages en vigueur en présence de personnages importants. Il avait retenu le minimum, plus intéressé par l'aventure que par les courbettes, mais il savait qu'il devait tout garder en tête : on ne savait jamais de quoi demain serait fait. Il espérait sincèrement que la jeune femme ne prendrait pas ombrage de tout ça, ou qu'il n'avait pas dit une bêtise. Il finit par se mordre la lèvre inférieure délicatement, avant de se tourner vers la jeune femme aux cheveux gris. Elle était vêtue d'habits qui auraient plu aux sorciers de son monde, mais peut-être qu'ici, la mode était différente... Il reprit la parole.

" Ce nom ne me dit rien du tout. Je ne sais ce qu'est Sylvan... Sylvandell, c'est ça ?... Un royaume, une région ? Et j'ignore tout de cette Terre des Dragons. J'y cherchais mon chemin, simplement. Si j'ai foulé votre sol sacré, ce n'était pas dans le but de nuire à qui que ce soit. Je me suis réveillé dans un bois, et j'ai marché jusqu'à trouver âmes qui vivent... "

Il était bon d'en dire assez pour ne pas être inquiété, mais il ne fallait pas qu'il révèle tout. Pas tout de suite, en tout cas. Il n'avait aucune idée du genre de royaume que cet endroit était, et il ne pouvait pas vraiment faire confiance au premier venu. Dans le passé, ça lui avait surtout attirer des ennuis d'agir de la sorte. À présent, il avait appris la prudence... Il avait parlé doucement, calmement, répondant sur le même ton avec lequel Mala avait posé sa question. Mais gardant tout de même une certaine force dans la voix, tentant d'éviter à ce qu'elles le croient mensonger. Ensuite, il resta silencieux, guettant leurs réactions, ses iris écarlates, brillantes des flammes mouvantes des bougies, passant des yeux de Mala à ceux de la Princesse.
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« Répondre #5 le: Août 24, 2012, 11:57:53 »

Chipp Argan... Que ce soit Mala ou Alice, ce nom ne leur disait absolument rien, ce qui semblait confirmer l’hypothèse d’un simple individu qui s’était égaré dans les montagnes... Alice aurait aimé le croire, mais la manière dont l’homme parlait semblait contraster avec un simple roturier. Aucune fioriture dans la manière de parler, aucun accent évoquant le patois local que les agriculteurs affectionnaient, et aucune difficulté à exprimer des mots. Au lieu de ça, il en allait même jusqu’à avouer connaître l’étiquette, le protocole des nobles... Un homme avec une certaine éducation, qui semblait, certes totalement hagard, mais avoir également les pieds sur terre. Être attaché au lit ne semblait pas lui faire plaisir, mais on n’était jamais trop prudents. Si jamais Père apprenait que sa chère s’était amusée à aller voir un inconnu qui avait été aperçu dans le Territoire des Dragons, elle était bonne pour se faire réprimander sévèrement ! La Princesse était surprotégée, et ne pouvait pas sortir du Château sans être accompagnée par un Commandeur. Une sécurité indispensable, dans la mesure où elle était l’héritière exclusive des Korvander. Elle écouta attentivement l’homme parler, avouant n’avoir jamais entendu parler de Sylvandell. Alice fit la moue, et répondit rapidement :

« Sylvandell est un royaume, mais la capitale de ce royaume porte un nom éponyme. Politiquement, le royaume est rattaché à l’Empire d’Ashnard, ce qui fait des Sylvandins les sujets de l’Empereur. »

Qu’un homme ignore Sylvandell n’était pas foncièrement surprenant. Le royaume était assez petit, ne comprenant même pas 100 000 âmes, et s’étalait sur une simple chaîne de montagnes. Même les nobles ashnardiens ignoraient l’existence de Sylvandell, ou en savaient si peu sur le royaume que ça en devenait risible. Elle n’allait donc pas se formaliser, et précisa rapidement, avant que Mala n’intervienne :

« Quant à l’étiquette, ne vous en faites pas, elle n’a qu’une faible importance à Sylvandell. »

Alice lui assura cela avec un léger sourire bienveillant, et Mala en profita pour prendre la parole, s’exprimant à son tour :

« Vous dites que vous avez... Émergé dans les bois ? »

Un Portail ? C’était possible, même si c’était assez peu probable. Il y avait des portails un peu partout sur Terra, des passerelles dimensionnelles permettant de rejoindre la Terre, et certains bougeaient constamment, compliquant ainsi leur localisation. Mala avait les sourcils froncés, et lança donc de nouvelles questions. Chipp Argan, après tout, n’était pas vraiment un nom en usage à Seikusu, pour autant qu’Alice le savait.

« D’où venez-vous exactement, Monsieur Argan ? »

Se raclant la gorge, Alice précisa :

« Sylvandell est, comme l’est l’Empire, en guerre contre Nexus. Il nous faut nous méfier des espions, mais aussi d’éventuels contrebandiers qui tentent de contourner nos frontières en passant par notre sol sacré. »

Chipp jouait serré. Il fallait qu’on lui fasse confiance, car, s’il s’avérait qu’il était venu dans des intentions guère nobles, la punition encourue serait terrible. Le royaume ne rigolait pas avec ce genre de choses. Qui était donc cet homme ? Alice ne lisait nulle malice dans son regard, mais un abattement qui avait l’air extrêmement sincère, on ne peut plus honnête. Cependant, il était possible que cet homme soit un parfait simulateur, un individu qu’on avait préalablement drogué pour lui faire croire à une fausse identité, et qui se rappellerait sa mission quand la drogue se dissiperait. Les Tekhanes, affirmait-on, disposaient de ce type de stupéfiants.

*Qui es-tu donc ?*
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« Répondre #6 le: Août 25, 2012, 04:44:45 »

Empire d'Ashnard. Nexus. Empereur. S'il n'avait pas été attaché, il aurait posé une main sur son front, avant de longuement soupirer de dépit. Au moins, il avait une nouvelle preuve que son inquiétude était réelle : il était beaucoup plus loin de chez lui qu'il ne l'aurait imaginé. Enfin, le point positif était qu'il savait maintenant où il se trouvait. Sylvandell. Probablement un royaume de moindre importance, s'il était rattaché à un empire. Il ne pouvait pas en être sûr, mais le fait qu'une Princesse vienne au chevet d'un simple prisonnier, fut-il trouvé au beau milieu d'une terre sacrée, ne pouvait dire qu'une chose : qu'elle avait raison concernant l'étiquette. Elle n'était pas vraiment importante. Et il savait par expérience qu'un royaume majeur accordait toujours à l'étiquette une importance primordiale. Peut-être même trop d'importance pour que ce soit viable. Il avait été au service d'une Reine, jadis, et même si elle régnait sur le continent, elle s'était toujours efforcée de rester proche du peuple, d'autant plus que ledit peuple était un mélange d'une infinité de races différentes, et que les rivalités entre certaines étaient toujours d'actualités, malgré la paix. C'était pour cela que la guerre menaçait le monde de Chipp. Les vieilles rancoeurs avait été ravivées par un attentat, et chacune des ethnies attendait le bon moment pour lancer l'offensive...
Chipp, quant à lui, s'était mis au service de la Reine pour donner un but à sa vie. Il se rappelait encore leur première rencontre. Il n'était qu'un paysan errant avec une épée au côté. Il s'était mis à son service, et il avait appris à respecter le protocole, à évoluer dans un monde de noblesse qui ne lui était pas familier... Il soupira à nouveau, repensant aux mots d'Alice. La guerre menaçait son royaume à elle également. Elle avait peur qu'il ne soit un espion. Et, à cette mention, il eut une certaine tendresse et une forte empathie pour elle. Il avait eu affaire un jour à un réseau d'espion qui avait infiltré le palais de sa Reine, et les révéler n'avait pas été une mince affaire. Il n'avait pas assez l'habitude de la cour pour être efficace dans cette tâche. Alors il comprenait les inquiétudes de la jeune femme.
Néanmoins, c'est vers Mala qu'il se tourna.

" Oui, c'est exactement ça. J'ai émergé. J'ai ouvert les yeux, et j'étais là, au coeur des bois. Quant à l'endroit d'où je viens, c'est... très loin d'ici. "

Il eut un faible sourire, empli de nostalgie et de tristesse. Ses yeux se voilèrent un instant. Sa vie était menacée, la guerre allait frapper, il était traqué et risquait de devenir un pion des démons. Mais c'était son monde, et il lui manquait. Et si les combats éclataient alors qu'il n'était pas présent, il ne se le pardonnerait jamais. Il se tourna vers Alice, plongeant son regard rubis dans le sien.

" L'Empire d'Ashnard, Nexus. Ces noms ne me sont pas familiers. Je ne sais rien de votre monde, rien de vos coutumes... Je ne suis pas un espion. Juste un guerrier. Un mercenaire. Mais vous n'avez rien à craindre de moi. Je veux juste rentrer. Mais ça peut prendre longtemps, très longtemps... Y-a-t'il à Sylvandell des règles ou des interdictions en vigueur concernant d'éventuels voyageurs désirant demander asile à votre royaume ? "

Il tenait à ne pas faire de vagues. Il aurait pu s'échapper, il en avait les capacités. Il repensa à son dos. L'aile unique qu'il possédait, souvenir de ses origines angéliques, pouvait se déployer avec une force immense et briser les attaches. Mais elle était invisible, pour le moment. À l'époque où elle était apparue en même temps que le souvenir de sa mère morte, il l'avait trouvé embêtante. Son poids et sa taille le gênait dans ses mouvements, dans ses combats, et elle attirait les regards. Il avait ensuite rencontré un ange, une connaissance de son père, qui lui avait enseigné une magie pour camoufler son image et son poids, et sa taille. Comme s'il n'avait rien, comme s'il n'était qu'un humain.
Une fois qu'il aurait été libre, il se serait frayé un chemin vers l'extérieur à la force de son épée. Il était un bretteur hors pair, et la magie de sa malédiction était dangereuse.
Mais il ne voulait pas mettre la jeune Princesse et son amie dans une situation difficile. Elles l'avaient aidé, en un sens, et elles avaient l'air prête à le croire. Ses yeux se voilèrent à nouveau, leur rouge se ternissant légèrement, et une lueur d'abattement s'alluma au creux de ses iris. Il soupira, une nouvelle fois.

" Tout ce que je veux, pour le moment, c'est boire, et manger quelque chose. Je ne suis qu'un voyageur perdu, rien de plus. Et même si j'aimerais vous en dire plus, je ne prendrais pas le risque que vous me preniez pour un fou et me fassiez pendre haut et court. Si je vous racontais d'où je viens vraiment, vous ne me croiriez pas. Faites-moi confiance là-dessus... "

Il se mordit la lèvre... Avant d'être interrompu par la porte, qui s'ouvrit sur le garde qu'Alice avait envoyé chercher du pain et de l'eau. Chipp lui lança un regard de reconnaissance, avant d'afficher une moue gênée.

" Je vais avoir du mal à manger, avec les mains liées comme ça... "
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« Répondre #7 le: Août 25, 2012, 07:03:14 »

De très loin... Voilà qui s’appelait être clair. Alice ferma lentement les yeux, se demandant si ce n’était pas un fou... Probable... Mais le doute était encore permis. Mala était la spécialiste, et elle avait déjà vu, ou lu, bien des cas .Des amnésiques qui, pour lutter contre un violent traumatisme, s’enfermaient dans un mensonge tellement perfectionné qu’ils y croyaient eux-mêmes. L’un des moyens de leur faire entendre raison était alors de démêler le vrai du faux, de trouver les incohérences dans les scénarios qu’un esprit malade faisait, puis de les confronter au sujet... Mala connaissait tout cela, pour avoir lu bien des livres traitant de la question, et pour avoir suivi, à l’académie, des cours traitant de la question. Elle était une magicienne, mais aussi une enseignante, une guérisseuse, et une psychologue. Mal assumait bien des rôles, ce qui en faisait une prêtresse de grande importance pour Sylvandell. Si c’était elle qui était en charge de l’éducation de la belle-sœur de la Princesse, ce n’était pas pour rien non plus. Et, pour l’heure, Mala se réservait tout jugement, préférant recueillir de plus amples informations. L’individu avait manifestement toutes ses capacités cognitives. Il réfléchissait rapidement, analysait la situation, et tenait un langage cohérent. Si ce n’est le fait qu’il se soit trouvé évanoui dans le Territoire des Dragons en pleine nuit, il avait l’air tout à fait normal. Et la manière dont il parlait... Je ne sais rien de votre monde. Indirectement, n’était-ce pas une manière de s’en extérioriser ? De considérer qu’il n’y appartenait pas ? Un Terrien ? Peu probable. Si Chipp avait été un Terrien, se retrouver ici l’aurait terrorisé. A dire vrai, c’était cela qui surprenait Mala : cette absence de peur, l’absence de ce sentiment logique et incontournable quand un individu était confronté à l’inconnu. Qu’elle ne lise pas cela dans les yeux de Chipp incitait pour l’heure Mala à penser qu’il était un Terran, un Terran qui avait vécu un traumatisme, et qui l’amenait à se considérer comme un étranger.

Ce dernier demanda alors à la Princesse s’il pouvait bénéficier du statut de réfugié. S’humectant les lèvres, la Princesse ne tarda pas à répondre, connaissant bien ses cours de droit sur la question :

« Le statut de réfugié, en application des dispositions des traités ashnardiens, ne peut être revendiqué que par les sympathisants ashnardiens. Ce statut s’entend ainsi des personnes appartenant à des États alliés ou neutres, ou des personnes qui, dans un État ennemi, sont des criminels politiques ou des rebelles. »

Elle ne faisait que réciter la loi en vigueur, qui posait parfois quelques problèmes. Il fallait en effet dissocier le rebelle du terroriste, et le criminel politique du criminel lambda. L’Empire d’Ashnard se refusait en effet à ce qu’on puisse le taxer d’État criminel acceptant en son sol des assassins et des meurtriers.

« Dans la mesure où vous êtes incapable de nous dire votre nationalité, vous avez le statut d’apatride. »

L’apatride, un homme sans État, un homme dont la protection juridique était quasiment inexistante. Il n’existait qu’une convention générale très large sur les apatrides, une convention à laquelle l’Empire avait souscrit bon nombre de réserves, et dont les interprétations des différentes clauses étaient extrêmement ambiguës.

« Vos droits se résument à, pour simplifier, revendiquer votre nationalité d’origine, ou demander la nationalité ashnardienne. Si vous refusez à ces droits, vous serez un esclave. Si vous revendiquez votre nationalité d’origine, un délai d’un mois se met à courir, pendant lequel l’Empire envoie des lettres à l’État d’origine, pour savoir ce qu’il faut faire sur vous. Et, dans l’hypothèse la plus courante, c’est-à-dire si on ne peut pas vous rattacher à un État, vous disposez d’un délai d’une semaine pour demander la citoyenneté ashnardienne. L’Empire dispose ensuite d’un délai d’un mois, au terme duquel il peut faire droit à votre demande, ou la refuser. Pendant ce délai, les autorités locales, c’est-à-dire nous, doivent veiller à votre état de santé. »

Elle ne précisa naturellement pas que, si l’Empire refusait cette demande, Chipp serait un esclave. On pouvait toujours faire un recours, mais, dans 99% des cas, tant que l’ordonnance impériale était motivée, les recours étaient rejetés. En gros, pour qu’une demande soit acceptée, il fallait que les autorités locales y adjoignent une vive recommandation. Tout cela, naturellement, Alice ne le mentionna pas à Chipp. Elle se contenta de l’essentiel, tandis que Chipp continuait, expliquant ne vouloir qu’une seule chose : manger. Il affirmait du reste que son récit le ferait prendre pour un fou. Mala en fut légèrement surprise. Bien sûr, en psychologie, il était risqué d’établir des profils-types, mais ce que les études, généralement, constataient, c’était qu’un fou cherchait la plupart du temps à convaincre les autres qu’il n’était pas fou, et ne se posait même pas la question de sa propre folie. Chipp semblait fonctionner différemmnt... C’était mince, mais cela suffisait à faire réfléchir Mala.

Les deux femmes n’eurent pas le temps de dire quoi que ce soit que la porte s’ouvrit. Un garde revenait, tenant un plateau avec du pain sec et de l’eau. Le « voyageur perdu » demanda ensuite à ce qu’on le détache. Alice et Mala se regardèrent, puis Mala hocha lentement la tête. On pouvait le détacher, et c’est ce que le garde fit, non sans rester prudent. De toute façon, l’homme était désarmé, et, au moindre signe suspect, il serait bon pour se faire égorger. Il n’avait pas l’air d’un fanatique, et ceci suffisait à convaincre Mala. Cette dernière laissa l’homme se restaurer, avant d’ajouter, après une mûre réflexion :

« La confiance est quelque chose difficile à d’accorder... Il nous sera difficile d’accorder le moindre crédit à votre histoire si vous ne nous la racontez pas. Quant à notre scepticisme... »

Mala haussa lentement les épaules, et poursuivit :

« Terra n’est pas la Terre, et Sylvandell n’est pas Tekhos. Nous croyons fermement en la magie et en l’ésotérisme, au même titre que les sciences admissibls. »

Alice ne disait rien depuis plusieurs minutes, se mordillant les lèvres en réfléchissant.

« Vous venez d’une autre planète ? Terra est reliée à un autre monde, la Terre, alors... Si vous êtes un Terrien, n’hésitez pas à le dire. Nous pouvons vous renvoyer chez vous. »
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« Répondre #8 le: Août 26, 2012, 01:40:03 »

Le jeune homme se redressa sur le lit. Il leva les bras en l'air, doucement, pour ne pas que ses interlocutrices pensent qu'il ait des intentions belliqueuses. En l'occurrence, il souhaitait seulement s'étirer un peu. L'immobilité avait cette faiblesse de laisser le corps légèrement meurtri, et il n'aimait pas ne pas se sentir en pleine possession de ses moyens. Il récupéra le pain et l'eau, avant de hocher la tête en remerciement, à l'intention d'Alice, et de son garde. Croquant à pleine dent le pain, il mâcha doucement, ressassant les paroles de la Princesse. Les choses étaient compliquées, mais ça avait toujours été le cas. Il ne pouvait pas revendiquer sa nation d'origine, à plus forte raison maintenant qu'il savait qu'il était bien loin de sa planète. Si les autorités Ashnardiennes voulaient vérifier, ils ne trouveraient rien, en conséquence. Et il ne voyait pas vraiment pour quelles raisons ils accepteraient sa demande, s'il décidait de demander la nationalité. Pourquoi la lui accorderait-il ?... Il était manifestement dans une impasse. Et il savait avec pertinence que le statut d'esclave ne lui siérait guère. S'il devait en arriver là, il devrait fuir... Fuir, tout en cherchant une explication sur sa présence ici, et surtout, fuir en cherchant une solution pour rentrer chez lui. Il eut une petite moue en avalant le morceau de pain. Il avait l'habitude de fuir, et de vivre traquer. Si le royaume de Sylvandell ou l'Empire d'Ashnard envoyaient des troupes à ses trousses - il ne savait pas comment marchait la justice ici bas, mais un esclave qui fuyait était normalement poursuivi -, alors qu'il en soit ainsi. Il savait se dissimuler. Tout irait bien, mais il espérait ne pas avoir besoin d'en arriver jusque là. Peut-être ces jeunes femmes auraient une solution autre, s'il leur expliquait son dilemme, et son histoire.
Il but une gorgée d'eau au moment où Mala se remit à parler. Elle confirma ce qu'il avait déjà décidé de faire. Bien sûr qu'elles ne pouvaient pas lui faire confiance. Pas encore, tout du moins. C'était sage. Puis, elles lui donnèrent encore plus de noms inconnus, et il se sentit un peu perdu, l'espace d'un moment. Il mesurait à présent toute la mesure du travail qu'il aurait à faire pour s'intégrer par ici, s'il devait y rester longtemps. Et son instinct lui disait que cette histoire ne se réglerait pas en trois jours. Que ce soit la question de son retour au bercail, ou la question de ce qu'il allait devenir s'il devait s'établir un long moment dans cette partie de l'univers.

Alice finit par une phrase énigmatique, et il fronça les sourcils, son esprit travaillant à toute vitesse. Ce monde était lié à un autre ? La Terre ?... Il eut un vague espoir qu'un troisième monde puisse être lié aux deux autres, le sien. Mais il disparut vite. Si c'était le cas, quelqu'un, forcément, l'aurait déjà remarqué, ici, ou chez lui. Non, c'était forcément un cas isolé. Quelqu'un l'avait envoyé ici. Toute la question étant de savoir qui, et pour quelles raisons.

Il finit par poser le verre sur ses genoux, pour regarder la Princesse. Il secoua la tête.

" Je ne suis pas un Terrien. Ce nom ne me dit rien, comme celui de cette planète. Puisqu'il le faut, je vais tout vous dire. "

Il eut une grimace de gêne, avant de baisser les yeux vers son bras, sentant un liquide chaud couler le long de sa peau. Il avait une vieille cicatrice, là. Profonde, qui ne s'était jamais réellement refermé. Visiblement, elle s'était ouverte pendant qu'il était évanoui, et le sang coulait doucement. Il soupira, avant de remonter légèrement la manche de sa tunique de voyage, pour contempler la plaie. Elle était propre... Mais effectivement ouverte. Il n'avait que peu de cicatrices sur les bras, les plus impressionnantes et les plus nombreuses se trouvant sur son torse, et surtout dans son dos. Excepté celle-ci, qui partait du coude et faisait presque le tour de son avant-bras. Il saisit le bout de sa manche, et tira d'un coup sec, déchirant le tissu. Avant de le nouer d'une main experte autour de la plaie, s'aidant de ses dents. Il serra fort, jusqu'à sentir ses muscles forcer sur le bandage de fortune. Il revint vite aux jeunes femmes.

" Pardon. Je disais donc. Je ne suis ni Terrien, ni un habitant de Terra. Je suis Nargarethien. Ma planète se nomme Nargareth. Je ne saurais vous dire où elle se trouve exactement. Et je ne saurais vous dire pourquoi, ou comment je suis arrivé ici. J'étais engagé dans un duel à l'épée, quand, au moment où j'allais succomber à la lame de mon adversaire, un éclair de lumière m'a ébloui, me faisant fermer les yeux. Et quand je les ai ouvert... J'étais dans les bois de vos terres. "

Il se mordit la lèvre, conscient du peu de crédits que ses paroles devaient avoir. Il était déjà suspect, et son histoire encore plus. Mais c'était la stricte vérité, et elles l'avaient demandé, alors il leur livrait comme il l'avait vécu.

" J'ai vite compris que je n'étais plus chez moi. Il devait approcher midi, lorsque je me battais, et la nuit était déjà bien avancée quand j'ai ouvert les yeux. Le paysage m'était inconnu - alors que je suis un voyageur aguerri et que j'ai parcouru la totalité ou presque du continent où je vis. Où je vivais. -, et, l'indice primordial qui m'a donné à réfléchir quant à la possibilité que j'avais émergé dans un autre monde, c'est votre lune. "

Il se remémora le moment où il avait levé les yeux au ciel, pour contempler l'astre lunaire solitaire. Avant de boire une gorgée d'eau, terminant son verre.

" Chez moi, les lunes sont jumelles. Côte à côté dans les étoiles. Deux grandes lunes. Vous n'en avez qu'une, alors... Oui, définitivement, je ne suis pas chez moi. Et j'en suis très loin. "

Il soupira longuement, tout le poids de son discours lui pesant sur les épaules. Il devait les convaincre, mais il avait du mal à y croire lui-même. Il conclut, pourtant, en lançant un regard plein d'amitiés aux deux jeunes femmes. Au moins, elles l'avaient écouté, et elles l'avaient aidé un minimum.

" Je crois que je suis condamné à devenir un esclave, non ? Je ne peux revendiquer une nationalité qui n'appartient pas à cette planète... Quant à demander la nationalité Ashanardienne, je ne vois aucune raison qu'on me l'accorde. D'autant plus que je ne sais combien de temps je resterais ici, mais que mon seul but sera de trouver le moyen d'être ramené chez moi. La guerre menace, et j'ai laissé beaucoup de choses derrière moi... "

Il baissa les yeux. Avant d'inspirer longuement, et de lâcher un nouveau soupir. Il était las.
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« Répondre #9 le: Août 26, 2012, 03:21:00 »

Il y eut un petit moment de flottement. Chipp mangeait avec appétit, et les femmes le regardaient, puis se regardaient, silencieuses. Alice était circonspecte, et avait brièvement le sentiment de s’être encore une fois embarquée dans une histoire complexe. Dire qu’elle attendait sous peu Cirillia... Il avait fallu qu’un nouvel individu débarque dans sa vie ! Comme si l’approche imminente de Ciri’ ne la perturbait pas assez comme ça ! Chipp réfléchit brièvement, et avoua ne pas venir de Terre, mais de... Nargareth ?!

*[cvolor=purple]Narga-quoi ?[/color]*

Elle n’avait jamais entendu parler de cette planète, tout comme Mala. Si la seconde parvint à contenir sa surprise, la première écarquilla les yeux de surprise, bouche bée. Est-ce que ça voulait dire que d’autres mondes étaient reliés à Terra ? En soi, rien ne l’interdisait, mais elle n’avait jamais entendu ça... Quoique... Après tout, il existait bien des Sanctuaires qui permettaient de rejoindre la dimension des Anges, les Cieux, et les démons pouvaient également concevoir des Portails menant aux Enfers, mais... Ici, c’était un peu différent, car Nargareth apparaissait aux dires de Chipp comme un monde normal, similaire à Terra ou à la Terre, si on faisait exception du fait que Nargareth semblait avoir deux satellites naturels, et non un seul. Mentait-il ? Alice ne le croyait pas. Mais peut-être mentait-il involontairement, sans s’en rendre compte... C’était compliqué, car le mensonge, en philosophie, était conçu comme quelque chose d’actif. On dissociait le fait de mentir du fait de se tromper par le caractère actif du premier par rapport au second. Quelqu’un qui mentait le faisait sciemment...

*Mais, quand l’inconscient s’en mêle, la situation est différente...*

Mala continuait à se poser les mêmes questions. Si cet homme était sincère, alors il faudrait assurément en aviser le Conseil impérial. La découverte d’un autre monde relié par les Portails était préoccupante, surtout un monde qui n’avait été cité nulle part. Mala se souvenait vaguement d’avoir lu dans la bibliothèque impériale quelques théories compliquées sur la question. Les Portails, officiellement, n’existaient pas. Officieusement, il y avait des siècles que les plus puissants États les surveillaient, car ils étaient une brèche, une menace pour la sécurité nationale. Ils étaient donc contrôlés, et surveillés, dans la mesure du possible. Certains magiciens avaient supposé qu’il était possible d’envisager le développement d’autres Portails vers d’autres mondes, mais, comme ce n’était pas le domaine de prédilection de la prêtresse, elle ne s’était pas renseignée outre mesure. Il était néanmoins aussi possible que cette histoire ne soit qu’un mensonge sciemment élaboré. En psychiatrie, quand on était avec un patient qui délirait et façonnait la réalité à sa manière, il fallait faire attention à conserver son esprit critique, et à ne jamais se faire absorber par son histoire. Chipp pouvait très bien être un amnésique qui avait eu un traumatisme grave, et qui avait lu dans un conte pour enfants Nargareth. Mala allait devoir faire des recherches.

« Si ce monde existe vraiment, il vous sera difficile de le retrouver seul, expliqua posément Mala. Car je suppose que le Portail que vous avez emprunté devait être à sens unique... Nous ferons toutefois des recherches près de l’endroit où vous avez attiré. S’il nous est impossible de bloquer ces Portails, ou de les contrôler, nos capteurs magiques permettent de les repérer. »

Il était néanmoins probable que ce Portail, comme 99% des Portails qui existent, ait changé de place. Mala ignorait qui avait conçu ces Portails, mais leur déplacement constant empêchait de s’en servir à des fins militaires. Comment planifier une invasion quand le passage qu’on voulait utiliser était instable ? Cet énigmatique Portail vers Nargareth était assurément non répertorié dans la base de données de l’Empire. L’Empire avait dépensé des sommes faramineuses pour étudier ces Portails, allant jusqu’à pratiquer de l’espionnage auprès des services militaires tekhans pour obtenir de plus amples informations, les Impériaux ayant compris tout le potentiel de ces Portails, ainsi que le danger qu’ils représentaient.

« Vous pouvez aussi choisir de quitter l’Empire, pour échapper au statut d’esclave. Mais les terres sauvages de Terra sont particulièrement dangereuses. Vous pouvez tomber sur des monstres, des bandits, des tyrans locaux, des seigneurs de guerre, ou même des raiders... »

Alice réprima alors un bâillement, posant sa main devant sa bouche, et papillonna des yeux. Mala n’y fit pas attention. Il était tôt, surtout pour la Princesse.

« La citoyenneté ashnardienne peut vous être accordée si je la recommande. Et, quand bien même vous ignorez tout de notre monde, ou pensez tout ignorer, l’Empire d’Ashnard est l’État qui a le meilleur service d’informations au monde. »

Alice le croyait sincèrement. L’Empire était une puissance militaire à part entière, et l’information était un élément indispensable d’une puissance militaire digne de ce nom. De plus, l’Empire avait de nombreux contacts avec les démons, les Drow, les gobelins, et de nombreuses autres espèces qui n’avaient pas leur pareille pour obtenir des informations. Tekhos pouvait se vanter d’avoir un armement technologique hors du commun, mais le fort sexisme qui régnait chez les Tekhanes amenait bien des peuples à se méfier d’elles. Et, quand on voyait l’état de Nexus, qui se rapprochait toujours de la guerre civile, il était logique qu’on préfère se tourner vers l’Empire, qui était globalement stable depuis maintenant des siècles.

« Pour l’heure, je recommande de le laisser ne liberté surveillée à Sylvandell. J’ignore encore si je peux vous faire confiance, M. Argan, si vous êtes sincère, ou si vous mentez sans vous en rendre compte, mais vous ne m’apparaissez pas comme une menace prioritaire. Vous êtes libres de quitter Sylvandell, mais, si ce que vous dites est vrai, vous comprendrez bien vite qu’il n’est pas dans votre intérêt de partir... Et que, si vous venez effectivement d’un monde qui n’est pas répertorié encore dans nos bases de données, le Conseil Impérial vouera un grand intérêt à vous rencontrer. »

Mala se redressa, et regarda Alice.

« Je n’ai plus rien à faire ici.
 -  Hein ? Mais... ?
 -  Il n’a aucune blessure profonde, et, comme il n’est pas Sylvandin, la loi ne m’oblige pas à veiller sur lui, répliqua Mala. Et j’ai d’autres tâches à accomplir. C’est à toi de voir si tu veux donner suite à cette affaire ou non. Normalement, j’aurais du t’envoyer mon rapport pour savoir si tu voulais autoriser qu’on fouille le Territoire des Dragons pour détecter son Portail, mais, puisque tu es là, je vais m’épargner de la paperasse inutile. »

Et, sur ce, Mala sortit, laissant une Princesse penaude qui clignait des yeux. Il n’y avait plus qu’elle, Chipp, et le garde, qui, lui, ne partirait pas de là. Alice se racla lentement la gorge, et regarda l’homme.

« Je vais voir si je peux organiser une expédition dans la journée... En attendant, je vous encourage à vous reposer, et à vous renseigner sur Terra. J’ignore si vous venez vraiment d’une autre planète ou pas, mais vous avez tout intérêt à essayer d’en savoir plus sur ce monde. Vous n’aurez qu’à demander au garde de vous conduire à la bibliothèque. »

Avec un peu de chance, il croiserait également Alice, dans la mesure où cette dernière comptait aussi s’y rendre plus tard dans la matinée, afin de se renseigner sur Nargareth, et sur les Portails.
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« Répondre #10 le: Août 26, 2012, 03:21:37 »

Le jeune homme s'efforça d'intégrer toutes les informations que les deux demoiselles lui donnaient, écoutant attentivement la conversation, et les mots qu'elles échangèrent entre elles. La solution de la princesse était sûrement viable... Mais à court terme, il ne pouvait pas quitter Sylvandell. C'était là qu'il était arrivé, et il y avait sûrement une raison pour qu'il soit transporté ici plutôt qu'ailleurs. Mala avait parlé de Portails, mais le guerrier songeait plutôt à un sortilège. Il savait par expérience que la magie, dans son monde, était extrêmement puissante, et il ne doutait pas que certains mages avaient des capacités divines. Mais il ne détromperait pas ses interlocutrices. Il n'avait pas spécialement envie de s'étendre sur la question de sa planète, pas tant qu'il n'en aurait pas le besoin immédiat. Son monde était déjà bien assez sombre pour qu'il lui pose d'autres soucis. Et s'il était relié à Terra, ce serait un problème qu'il ne pourrait pas régler en claquant des doigts. Toujours est-il que malgré les avertissements de la princesse, il n'était pas effrayé plus que ça, et il ne le serait pas s'il devait quitter le royaume. Les bêtes, les brigands, les chefs de guerre, les tyrans, c'était sa vie, après tout. Tout une vie consacrée à ce genre de combats, à ce genre d'affrontements. Il en avait vu énormément, malgré son jeune - mais relatif - âge. Et il avait surtout affronté les trois épéistes les plus redoutables de son monde. Et il en était sorti... En apparaissant ici.
Il soupira, avant de sourire à la princesse. S'il arrivait à obtenir sa confiance, il pourrait obtenir la nationalité, elle le recommanderait, et il pourrait se consacrer entièrement à la recherche d'un moyen de rentrer. Il n'allait rien faire d'autres. Les affaires de Sylvandell ne le regardait pas, et même s'il était reconnaissant envers la princesse et son amie, il ne se mêlerait pas de ce qui ne le regardait pas.

Mala continua en indiquant qu'il pouvait partir mais qu'il avait plus de chances d'avoir certaines réponses en restant là. Il hocha la tête.

" Je ne comptais pas partir de toute façon. Si je veux des réponses, il vaut mieux que je réside quelque part, et que je n'aille pas voyager encore. Quant à votre Conseil Impérial, s'il veut me rencontrer, qu'il en soit ainsi... "

Mala eut un bref échange avec Alice, avant de quitter la pièce. Le jeune homme reporta son attention sur la belle blonde, alors qu'elle lui parlait. Il eut un petit sourire, de remerciement une nouvelle fois. Avant de hocher la tête.

" Je vais rester un peu ici, réfléchir, essayer de comprendre... Essayer d'éclaircir un peu mon esprit, d'abord. Je dois vous avouer que je suis légèrement... perdu. Ce qui n'est pas réellement étonnant, je pense. Après ça, j'irai à la bibliothèque. "

Il sourit à nouveau, avant de frotter doucement ses tempes. Un léger mal de crâne le faisait souffrir depuis quelques minutes, mais rien de grave. Et la malédiction au creux de son corps semblait très calme, il n'avait rien à craindre de ce côté-là. Il attendit que la princesse sorte, saluant son départ d'une inclinaison du haut du corps - il était toujours assis - avant de s'allonger. Il ferma les yeux, mais ne voulait pas s'endormir. Il voulait simplement faire le point sur sa situation, évaluer ses possibilités immédiates, et relativiser les choses.

Après de longues minutes de silence, il finit par se redresser et se lever. Il épousseta sa tenue, fit quelques mouvements pour s'assurer que tout allait bien, et s'étira longuement. Il sortit de la pièce, avisant un des gardes non loin.

" Pourriez-vous m'indiquer le chemin pour sortir d'ici ? Et l'endroit où se trouve la bibliothèque ? "

En écoutant la réponse du garde, il s'aperçut qu'il n'avait plus son arme. Les gardes l'avaient sûrement récupéré quand ils l'avaient capturé. Il soupira, avant de remercier le garde pour sortir du couloir. Il marcha jusqu'à l'extérieur de la Cathédrale, ébahi par la beauté des lieux. Cette colonne, ces statues. C'était une architecture noble, splendide, et la taille de l'édifice le laissait pantois. Il lui rappelait un peu l'Eglise de la capitale du royaume où il vivait. Il s'efforçait de ne pas laisser son corps trahir son admiration. Il ne manquerait plus qu'il passe pour un paysan n'ayant jamais vu pareil spectacle. Lorsqu'il fut à l'extérieur, il plissa les yeux, ébloui par le soleil. Posant sa main sur son front pour se cacher de la lumière, il regarda autour de lui. Les montagnes, au loin. Il se demanda un instant si c'était là-bas qu'il avait été trouvé. Il n'y avait pas grand chose dans le coin. Quelques bâtiments çà et là, des terrains d'entraînements, des tentes. Il posa les mains sur ses hanches, se rappelant de ce que le garde lui avait dit. Il fallait aller à droite. Ce dernier lui avait certifié qu'il ne fallait surtout pas qu'il avance tout droit, en face de la Cathédrale. S'interrogeant un instant sur la raison, il haussa les épaules avant de prendre le chemin indiqué.

Après quelques longues minutes de marche, il parvint devant un bâtiment qui lui fit froncer les sourcils. Le vent s'était levé, faisant voleter sa chevelure grisâtre. Et il contemplait l'édifice. Un toit de brique rouge, et de grandes colonnes à l'entrée. Inclinant la tête, il posa une main sur son menton. Il n'avait jamais vu une telle architecture. A Claire, la capitale de son royaume, les bâtiments étaient bien moins impressionnants. Le palais de la Reine était incroyablement beau, mais le reste de la ville... Ce n'était qu'une ville, et rien de plus. Aucune fioriture. Il n'y avait qu'un jardin à l'Ouest, un grand parc où poussait certaines plantes rares utilisées par les herboristes de la ville, mais à part cet espace de verdure, les bâtiments de sa ville étaient normaux, vides, et presque sans âmes. Mais malgré tout, il faisait bon vivre. Jusqu'à récemment. Il soupira, avant de s'engager dans la bibliothèque.

Il chercha un instant la personne en charge de l'endroit, avant de s'en approcher pour lui demander des renseignements. L'endroit où il pourrait trouver des livres sur l'histoire de Terra, l'histoire du monde, et quelques ouvrages politiques pour qu'il puisse se faire une idée de la situation, et des différents territoires qui composaient cette planète. Il se le fit indiquer, avant de s'y rendre. Il récupéra le maximum de livres qu'il pouvait, avant d'aller s'installer à une grande table. Il n'y avait que peu de monde ici, et il en déduit qu'il devait s'agir du milieu de la matinée.

S'asseyant avec les ouvrages, il les feuilleta les uns après les autres, engrangeant des informations qui ne trouvait aucun écho dans son esprit. S'il avait quelqu'un pour répondre à ses questions, ce serait plus simple, mais lorsqu'il essayait de s'adresser à ses voisins de table, ils se refermaient comme des huîtres, et ne lui répondaient pas. Il avait probablement l'air d'un étranger... Et ils avaient l'air de se méfier. Il ne leur en voulait pas, c'était normal.
Il continua de lire, s'intéressant surtout à la situation actuelle de Terra, et non à son passé. Les différents royaumes, empires, villes importantes, technologies. Il tomba sur un ouvrage traitant de Tekhos, et il en resta pantois. La technologie et les moeurs décrites dans ce livre étaient stupéfiantes. Il n'avait jamais entendu parler d'armes à feu, et il se demandait bien à quoi cela faisait référence. À quoi bon avoir une arme pour lancer du feu s'il y avait des magiciens ou des sorciers qui pouvaient faire de même simplement avec leurs mains ?...
Il inclina la tête, avant de se perdre dans ses différentes lectures, l'esprit complètement concentré sur la compréhension de ce qu'il lisait. Il avait du mal avec certaines informations, les références lui manquant pour les comprendre, mais il faisait du mieux qu'il le pouvait.

Et la pensée qui lui trottait dans la tête était la même depuis qu'il était éveillé...
Je ne rentrerai pas avant un moment...
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« Répondre #11 le: Août 27, 2012, 06:35:13 »

La fatigue la rattrapait, et Alice ne tarda pas à laisser Chipp. Elle se leva, le salua de la tête, et sortit de la pièce, retournant dans le couloir. Là, elle se tourna vers un garde, et lâcha rapidement :

« Surveillez-le. »

La Princesse avait envie de lui faire confiance, mais ce n’était pas pour autant qu’elle était idiote. Aucune preuve ne venait pour le moment étayer les explications, pour le moins rocambolesques, de Chipp. Paradoxalement, si ce dernier était vraiment un espion nexusien, il aurait assurément choisi des méthodes bien moins discrètes pour atteindre le château. Se faire passer pour un immigré, par exemple. Cette histoire semblait trop farfelue pour être inventée par quelqu’un qui lui voulait du mal, mais on n’était jamais trop prudents. Suivie par un autre garde, Alice retourna au Château, et fila tout droit dans sa chambre, puis s’écrasa sur son lit. Cirillia n’était toujours pas là, et la Princesse tombait de sommeil. Elle s’effondrasur son lit, et y dormit bien une bonne heure avant d’émerger silencieusement. Il lui fallut bien une bonne demi-heure pour se redresser. Elle était en sous-vêtements, sa belle robe négligemment posée par terre. Alice se frotta les yeux pensivement, puis se redressa, et s’approcha de la fenêtre... Pour voir qu’il y avait, au-dehors, des flocons de neige. Rien d’inhabituel dans un royaume vivant en pleine montagne. Elle contempla brièvement les flocons, puis enfila sa robe, tout en espérant que la neige ne durerait pas. Les routes risquaient autrement d’être bloquées, et Ciri’ ne serait toujours pas là.

Pourquoi diable est-ce qu’Alice était tellement nerveuse ? Ça faisait des mois que la guerrière était partie, et personne ne l’avait vraiment pleuré. C’était une femme difficile, colérique, une véritable Amazone, une tête brûlée qui, en raison des crimes qu’elle avait commis, ne pouvait pas trop rester au royaume sans risquer de se faire agresser. Elle n’était pas la bienvenue ici, mais, malgré tout, Alice l’appréciait. C’était compliqué à comprendre, car elle était une criminelle, une meurtrière qui avait tué des gardes sylvandins et blessé un dragon. Pourquoi revenait-elle dans un endroit où elle avait neuf chances sur dix de se faire tuer ?

*Procède par élimination, Alice...*

Ciri en revenait sûrement pas simplement pour revoir la Princesse. Elles s’entendaient bien, certes, mais c’était insuffisant. Elle était une âme solitaire, et, même si Cirillia avait adoré lui faire l’amour, ce n’était pas une raison pour risquer sa vie. Quoi d’autres ? Si Ciri était en danger, Alice la voyait mal demander de l’aide. Ce n’était pas son style, et elle irait encore moins le faire devant Alice, sa fierté le lui interdisant. Par conséquent, il fallait trouver autre chose, une autre explication... Mais, quelle que soit la réponse, Alice était perplexe. A vrai dire, elle ne voyait pas du tout ce qui pouvait amener la redoutable femme à revenir. Est-ce que Cirillia avait changé ? Est-ce qu’il s’était passé quelque chose ? Ou est-ce que, d’une manière ou d’une autre, elle avait besoin des Sylvandins, de leur savoir, de leur connaissance ? Ça faisait bien trop de questions à répondre, et elle secoua la tête, retournant dans le salon.

Père était là, en train de manger, et Alice se rappela alors l’amnésique dans la Cathédrale, qui parlait de Nargareth... Il fallait organiser une expédition. Se raclant lentement la gorge, la jeune fille se rapprocha de son père, qui était en train de manger un quignon de paix en parlant avec un guerrier.

« Ils ne se révolteront pas, l’assura Tywill. Ces eunuques pisseront dans ce qui leur sert de calbut quand le Maréchal tapera du poing sur la table.
 -  Les éclaireurs attestent pourtant que des constructions ont été entreprises pour rénover les fortifications de plusieurs forts... objecta le guerrier.
 -  J’connais ces culs-terreux ! tempéra le Roi. Y passent le foutu temps de leur foutue journée à se plaindre du temps qui fait, de la pisse de leurs vaches, mais c’est rien que des fermiers et des pécores ! »

Les deux hommes discutaient d’une province intérieure qui était soupçonnée d’avoir des velléités rebelles. Les agents ashnardiens avaient repéré des tracts nexusiens appelant à la révolte dans plusieurs petits villages, et mis à jour l’existence d’une cellule terroriste tentant de créer une rébellion. Plusieurs agitateurs publics avaient été arrêtés, et le Conseil soupçonnait plusieurs gouverneurs locaux d’être des sympathisants, qui prévoyaient de déclencher une guerre civile, et de s’enfuir à Nexus. L’information était l’un des nerfs de la guerre, avec la propagande, et les guérillas. En voyant sa fille approcher, Tywill s’interrompit.

« Bonjour, Père..., commença prudemment cette dernière.
 -  ’Jour, ma fille, répondit ce dernier en mordant dans le pain.
 -  Je... Hum... Je désirais savoir si... Euh... »

La vue de son père la brouillait toujours autant, lui rappelant à quel point elle était petite, et lui grand. Même sans son armure, Tywill restait massif. Un véritable roc, taillé dans le granit. Alice lui parla d’un individu qui venait d’arriver depuis le Sanctuaire des Dragons, et prétendait venir... D’un autre monde, un monde qui s’appelait Nargareth. Tywill haussa les sourcils, se demandant de quoi sa fille venait lui parler, et elle expliqua qu’elle voulait réunir plusieurs soldats pour organiser une expédition près de l’endroit où Chipp était arrivé, afin d‘essayer de retrouver son Portail.

« Je n’enverrais pas mes hommes se peler le cul pour les beaux yeux d’un échappé de l’asile, répliqua rapidement Tywill, en grognant.
 -  Mais, Père... Si cette information est véridique...
 -  Véridique, mon cul ! riposta ce dernier. Bien des évadés de l’asile prétendent venir d’une autre planète, mon ange. Il y a même des mages farfelus qui affirment que ces mondes existent. »

Alice soupira, se mordilla les lèvres, puis décida de ne pas insister. Il allait falloir commencer par trouver des informationssur Nargareth, et, pour cela, elle se rendit vers la bibliothèque. Dehors, la neige continuait à tomber, commençant à recouvrir la zone. Elle comprenait son père. Avec la neige, les sentiers menant au Territoire des Dragons risquaient d’être impraticables. Des nuages gris s’étalaient partout, et elle s’enveloppa dans un manteau en fourrure, filant à la bibliothèque.

La bibliothèque était bien plus petite que la bibliothèque impériale, et comprenait une grande pièce avec de vastes étagères, un étage, et plusieurs petites pièces pour les enfants, ou pour lire en paix. En s’aventurant au milieu des étagères, Alice ne fit pas attention au regard des citoyens qui chuchotaient en la voyant passer. Se rendant près des salles de lecture, elle eut un léger sourire en voyant le brave Chipp, qui avait toute une pile de bouquins à côté de lui. Elle s’approcha lentement, et attrapa l’un des livres, regardant le titre. « L’Échiquier terran ». Elle l’avait lu. Il avait été écrit par un spécialiste, et traitait des relations diplomatiques entre Tekhos, Ashnard, et Nexus, en essayant de déterminer quel était, des trois, l’État le plus puissant. Le livre se découpait ainsi en deux parties : une première partie qui faisait un état des forces en présence, et une seconde qui établissait des pronostics pour l’avenir. Selon ces statistiques, l’Empire d’Ashnard serait, d’ici plusieurs siècles, l’unique puissance de Terra. C’était une forme de scientisme qui laissait Alice sceptique, mais qui faisait plaisir aux notables ashnardiens.

« Vous vous instruisez ? » demanda-t-elle en croisant le regard de Chipp.
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« Répondre #12 le: Août 27, 2012, 11:39:51 »

Ne faisant aucunement attention aux regards des autres utilisateurs de la bibliothèque, Chipp était submergé par plusieurs piles de livres qu’il parcourait rapidement. Il ne voulait pas passer trop d’heures à lire, d’autant plus qu’il ne pouvait tout comprendre de lui-même, et que c’était plus une perte de temps qu’autre chose. Néanmoins, il s’efforçait d’accumuler des informations sur les différents royaumes, restant dans des connaissances générales. Au moins connaître la géographie de Terra, et un poil de géopolitique. Se rappelant la conversation entre Mala et la Princesse, et les choses qu’elles lui avaient dit, il sourit en pensant qu’il comprenait maintenant beaucoup plus ce dont elle parlait. En tout cas, il savait ce qu’était Nexus ou Tekhos. Même s’il se posait beaucoup de questions sur ces territoires et sur cette étrange technologie dont ils étaient visiblement pourvus. Il avait laissé ses questions de côté, sachant pertinemment que toutes les descriptions du monde ne pourrait répondre à ses questions, et changea de livres. Il tomba sur une sorte de bestiaire de Terra, peut-être une encyclopédie sur la faune et la flore de ce monde inconnu. Il le feuilleta, avide, se disant qu’il avait intérêt à apprendre le plus de choses sur cette nature qu’il ne connaissait, s’il devait finir par quitter Sylvandell comme la Princesse lui avait dit.

Il récupéra un autre ouvrage, mais rien ne parlait de Portails ou de magie pouvant expliquer sa présence ici, ce qui renforça son idée comme quoi sa venue était le fait d’un mage de Nargareth, et non pas d’un phénomène magique inhérent à Terra. Il ne trouva pas non plus d’ouvrage sur la Terre, cet autre monde dont avait parlé Alice et qui était relié à celui-ci. C’était étrange, mais peut-être que ce genre de livres étaient gardé secret par les autorités. S’il devait parier, il imaginait que les petites gens n’étaient pas au courant du passage entre ces mondes. Toujours perdu dans ses pensées, il ne fit pas attention à l’arrivée de la jeune femme, et sursauta presque lorsqu’il remarqua sa présence. Il croisa son regard, et elle l’invectiva d’une question.

Souriant doucement, il la salua d’un signe de tête avant de désigner la table d’un mouvement de menton.

« Effectivement. J’essaie juste d’en apprendre un peu plus sur l’endroit où je suis. Mais certains ouvrages sont... difficiles d’accès pour quelqu’un n’ayant aucune référence de ce monde. Et d’autres sont écrits étrangement. »

Il désigna d’un signe de main celui qu’elle avait prit sur la pile, « L’Echiquier terran ».

« Celui-ci, par exemple. La situation de base est décrite avec exactitude et il dresse un portrait précis de chacun des territoires, mais la deuxième partie... Ces pronostics sont beaucoup trop statistiques pour être pris réellement au sérieux, je pense. L’avenir n’est jamais sûr, n’est jamais établi par le passé. Demain, il pourrait se passer n’importe quoi. Une guerre meurtrière, un cataclysme naturel... Et tous ces pronostics seraient balayés en peu de temps. Ca me paraît un peu léger... »

Il se mordit la lèvre, un peu gêné, avant de détourner légèrement le regard en rosissant.

« Mais je ne veux pas mettre en doute quoique ce soit, je ne suis qu’un étranger. Je vous livre juste mes sentiments, simplement. Peut-être que je me trompe sur toute la ligne. »

Il se gratta la tête, avant de la tourner à nouveau vers Alice pour la fixer dans les yeux.

« Ceci dit, je n’ai rien trouvé sur Nargareth, ni sur ces fameux Portails dont vous parliez, ni sur cette Terre qui est reliée à Terra, comme vous me le disiez ce matin. Et j’ai lu quelques ouvrages sur la technologie de Tekhos, et je vous avoue que je n’ai pas vraiment tout compris. Ces procédés technologiques et ces armes étranges, ça ne me parle pas vraiment. »

Le travail serait encore long avant qu’il ne comprenne réellement le monde où il était. Quant à savoir comment il rentrerait chez lui, c’était encore pire. Mais au moins, il était sûr et certain qu’il n’avait pas rêvé. Il n’était pas dans son monde, il n’avait pas imaginé Nargareth, et si la Princesse et son amie avaient eu quelques doutes à ce sujet, lui, il le savait : il n’était pas sous l’emprise d’une drogue quelconque ou d’un sortilège qui aurait modifié sa mémoire pour lui faire croire qu’il était un voyageur spatial alors qu’il viendrait en réalité de Terra. Non, il n’avait pas inventé toute la vie dont il se souvenait.

« J’ai étudié la carte de Terra, et la géographie du monde, et c’est bien différent de chez moi. Ne serait-ce que cette histoire de lune unique. »

Il soupira longuement, et se prit la tête dans les mains l’espace de quelques secondes, laissant le désespoir s’emparer de son coeur et de son esprit. Il s’accorda quelques secondes pour se remettre et repousser ses pensées, avant de se redresser en changeant complètement de sujet. Il ne voulait pas perdre la Princesse dans ses réflexions, et une question le taraudait depuis qu’il s’était réveillé dans la Cathédrale.

« Ma dame, est-ce que vous sauriez si quelqu’un a pris soin de mon arme quand j’ai été capturé ? Ce n’est qu’un détail, mais cette épée m’accompagne depuis maintenant de nombreuses années, et je me sens un peu nu sans elle... Même s'il est évident qu'en tant que prisonnier, ou quoique je fus, je n'ai pas le droit de la porter au côté, cela me rassurerait de la savoir en de bonnes mains... »
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« Répondre #13 le: Août 29, 2012, 10:46:45 »

Pensivement, Alice s’assit en face de lui, et l’écouta parler. « {i]L’Échiquier terran[/i] » était un ouvrage qui avait fait l’objet de nombreuses discussions, car son analyse, très complète, des choses, donnait lieu à débat. Les arguments de Chipp firent légèrement sourire Alice. Elle ne dit rien, gardant ses pensées pour elle-même, le laissant parler. Il avoua n’avoir rien trouvé sur Nargarteh, ce qui ne surprit pas outre mesure la Princesse. Il aurait fallu se rendre à la Bibliothèque impériale, au cœur de l’Empire. Elle était bien plus fournie que celle de Sylvandell, qui, au niveau des disciplines magiques, traitait surtout des dragons : les Cris, les dovahkiin, les différents types de dragons, les préparations magiques à base de sang de dragon, la manière de dépecer le cadavre d’un dragon pour obtenir des armures résistantes... Voilà essentiellement le genre de livres pratiques qu’on trouvait à la bibliothèque de Sylvandell. « L’Échiquier terran » n’y figurait que parce qu’Alice en avait acheté plusieurs exemplaires, quand elle avait fait un voyage à la capitale impériale. Elle avait bien aimé la lecture de ce livre, notamment sur l’évolution statistique de Tekhos. L’auteur avait fait des recherches scientifiques et génétiques. A Tekhos, les femmes se reproduisaient beaucoup entre elles, ce qui influait sur le taux de natalité. Selon les recherches de plusieurs spécialistes, une femme avec un sexe masculin était bien plus inféconde qu’un mâle normal, et, de surcroît, les chances pour que l’enfant à naître soit affublé de tares génétiques était renforcé. Certains scientifiques prédisaient avec inquiétude une détérioration du gène tekhan dans les prochains siècles, un abâtardissement de la population, dont on mesurait déjà les effets à travers l’augmentation croissante des toxicos, des désaxés, et des raiders qui pullulaient dans le pays. Des courbes statistiques avaient ainsi déterminé que, si la situation continuait ainsi, dans un siècle, Tekhos ne serait plus que l’ombre d’elle-même, ce qui posait le problème des Formiens, et l’intervention nécessaire de l’Empire pour préserver l’équilibre des forces. L’auteur tablait en effet sur le fait que la guerre civile en cours à Nexus ne conduise le pays à n’imploser définitivement dans les prochaines années, et à amener l’Empire à pouvoir s’emparer de la plus grande ville du monde.

En somme, bien des théories étaient explorées dans ce livre, ce qui en faisait plus un genre d’ouvrage de recherche que d’affirmation. On s’en servait pour débattre dans les académies et les universités. Du reste, que Chipp n’ait rien trouvé sur les Portails était normal. Pour des raisons évidentes, l’Empire ne les avait pas révélé au public, et conservait secrète toutes les informations traitant des Portails, afin d’éviter des mouvements de panique. Pour qu’un livre soit diffusé dans les librairies ashnardiennes, il devait recevoir l’aval de commissions de lecture au Palais, et ce, peu importe l’objet du livre. Que ce soit un conte pour enfants, un roman, une autobiographie, ou un essai scientifique, les commissions se chargeaient de lire. Plus généralement, ces commissions appartenaient à toute une section du Palais : le département artistique, ou département propagandiste pour les détracteurs. Ce département traitait de tout ce qui concernait l’art, que ce soit l’art officiel, ou la surveillance des œuvres artistiques. Et l’Empire avait une définition assez large d’« œuvre artistique », puisqu’elle incluait, non seulement le contenu, mais aussi le contenant. C’est ainsi qu’un essai scientifique pouvait être qualifié d’artistique, au sens administratif du terme. Tout ce qui traitait des Portails était ainsi classé, archivé, et ne pouvait être analysé dans les académies magiques que pour les élèves de cycles très supérieurs. Chipp termina en essayant de s’enquérir de son arme, et Alice précisa donc :

« Votre équipement est entreposé dans notre armurerie. Compte tenu des circonstances, vous comprendrez qu’on ne vous la rende pas encore, mais ne vous en faites pas. Elle est conervée. »

Il y avait peu de chance qu’un garde s’en serve, car l’arme de Chipp était dans les réserves. Alice se racla la gorge, et parla alors :

« Pour le reste... Vous n’accéderez pas ici à une documentation intéressante sur les Portails. Tout ce qui les concerne est envoyé à la Bibliothèque impériale, dans des sections très réservées... Des sections auxquelles j’ai accès, précisa-t-elle. L’Empire veut éviter des mouvements de panique si la population devait apprendre qu’il existe un autre monde. »

C’était logique, et elle rajouta :

« Pour le reste... Ne soyez pas surpris qu’on cherche à prédire l’avenir... Un État est à bien des égards comparable à l’attitude d’un individu lambda... Un individu qui cherche à obtenir de l’argent pour entretenir sa maison, réparer les toits, s’assurer qu’il y aura toujours à manger, et qu’aucun vandale ne viendra tenter de le piller ou s’attaquer à sa famille... Et un individu lambda se projette toujours dans le futur, vous ne croyez pas ? S’imaginer comment on sera... Dans cinq ou dix ans. Dans le fond, un État ressemble à ça. »

La comparaison était osée, mais, pour Alice, elle se tenait. Elle n’était nullement anarchiste, ni hostile à l’État. Mais, après tout, elle était une Princesse, une noble. Elle n’allait pas cracher dans sa propre soupe. Il fallait juste voir les choses en grand, mais l’Empire d’Ashnard n’était pas, comme les Nexusiens l’affirmaient, un « Empire du Mal ». Il n’était pas non plus un Empire bienveillant et miséricordieux, mais il était après tout dangereux de mélanger morale et politique. Alice aurait volontiers pu en parler pendant des heures et des heures, car la politique, fort naturellement, la passionnait, mais elle ne voulait pas embêter ce brave Chipp. Elle avait l’impression qu’il était honnête avec elle, sans toutefois pouvoir s’expliquer pourquoi elle lui accordait une telle confiance.

« En toute honnêteté, je crains fort que Sylvandell ne puisse pas faire grand-chose pour vous. Nos connaissances sur la question sont trop restreintes. Quand je disais que le Conseil Impérial risquait de s’intéresser à vous, ce n’était pas quelque chose de négatif. Je pense que seules les ressources de l’Empire peuvent vous permettre de retourner dans votre monde natal. En attendant, si vous avez des questions sur Terra, n’hésitez pas à me les poser. Les livres sont très complets sur la question, mais vous risquez rapidement de finir noyé sous l’avalanche d’informations et de connaissances. »

Elle parlait sur un ton calme et posé, et lui fit un léger sourire. Elle avait déjà affronté ça. Elle était une véritable ratte de bibliothèque, et avait jadis passé des journées entières entre ces murs, à lire et à écrire, à se perdre dans les romans, les histoires d’aventures, les légendes, et dans l’Histoire. Pour une Princesse aussi faible qu’elle, physiquement parlant, il lui fallait compenser en fortifiant son esprit et ses connaissances.
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« Répondre #14 le: Août 30, 2012, 12:41:56 »

Son équipement était en sureté. Ça, c'était une nouvelle excellente. Il eut un petit sourire de remerciement pour Alice, avant de remiser la question de son arme au fond de son esprit. Elle était réglée et avait trouvé réponse, il fallait maintenant passer à autre chose, et la jeune Princesse parlait de nouveau. Il comprenait aisément que l'existence des Portails était cachée au peuple. Même si la magie existait et était peut-être familière de ces gens, un autre monde, c'était autre chose. D'autant plus qu'Alice avait parlé de guerre, et qu'il savait par expérience que les personnes les plus touchés par le conflit étaient celles qui ne pouvaient se défendre. Et que ces dernières pourraient avoir un mouvement de panique. Qui sait ce qui pourrait passer par la tête de ces gens s'ils connaissaient l'existence de Portails venant à un autre monde. Une exode massive... Même si leur emplacement n'était pas connu, rien de la recherche de ceux-ci pourrait s'avérer problématique. Chipp, lui, n'avait voulu trouver des informations sur les Portails que pour acquérir un peu de connaissances en plus. Étant donné qu'il était persuadé que sa venue ici n'avait rien à voir avec un Portail, il ne pensait pas réellement à trouver une solution à son problème grâce à une documentation sur eux. Mais il était tout de même bon de savoir qu'il pourrait se tourner vers cette solution s'il ne trouvait rien d'autre. Peut-être quelqu'un pouvait-il convoquer un Portail vers chez lui ? Même s'il imaginait que l'entreprise n'était pas aisé.

Elle lui donna ensuite son avis sur ses arguments sur " L'Echiquier terran ". Elle n'avait pas tout à fait tort, mais cette façon de penser était absente de l'esprit du jeune homme. Lui-même avait un avenir plutôt sombre, pour ne pas dire flou. S'ils avaient eu cette même conversation des années auparavant, Chipp aurait été d'accord avec la Princesse. Parce qu'il aurait encore pu s'imaginer un futur, et où il serait des années plus tard. Aujourd'hui, dans cinq ou six ans, il serait mort. La malédiction avait un but, et il savait qu'en l'accomplissant, elle quitterait son corps, et que le choc le tuerait. Et l'échéance s'approchait de plus en plus. Il le savait, il le sentait, et les événements s'était précipités en ce sens. Au moins, il avait gagné un peu de temps de vie supplémentaire en atterrissant à Terra...

Il lui rendit son sourire alors qu'elle concluait. Avouant elle-même que Sylvandell ne lui serait pas d'un grand secours, et qu'il ferait mieux de chercher à l'Empire pour trouver ses réponses à la question de savoir comment rentrer. Mais pour l'instant, ce n'était pas une option dans l'esprit du jeune homme. Il avait déjà une chance folle que quelqu'un le croit ici, et il n'en connaissait pas assez pour entreprendre un voyage pour la capitale de l'Empire ou quoique ce soit de ce genre. Si le Conseil Impérial voulait le rencontrer, il n'irait pas vers eux pour autant. S'il représentait un quelconque intérêt pour eux, c'était eux qui viendraient vers lui quand il demanderait la nationalité Ashnardienne. De toute façon, cela ne lui couterait rien. Une fois retourné à Nargareth, ça n'aurait plus d'importance. Il sourit à nouveau à la Princesse, refermant le livre qui était auparavant ouvert devant lui.

" Merci, pour mon arme. Et pour tout le reste. Je sais que ce n'est pas facile à croire, mais je vois que vous me faites confiance, au moins un minimum, et c'est un luxe que j'apprécie à sa juste valeur. "

Il eut un petit sourire charmant en coin, les yeux fixés dans ceux d'Alice. Avant d'afficher une petite moue, réfléchissant à ce qu'il pouvait bien dire, maintenant.

" Vous savez, la prédiction de l'avenir... Tout ça me passe un peu au-dessus de la tête. Au-delà du fait que pour le moment, autant chez vous que dans mon monde, j'ai un avenir qui n'est pas tracé, et qui a tendance à vouloir s'arrêter brusquement à chaque instant. J'étais un homme traqué, chez moi. Et ici... Devenir un esclave n'est pas une sinécure, et même si j'y échappe grâce à vous, il me restera toujours à trouver un moyen de rentrer, et ça ne me semble pas une entreprise aisée. "

Il haussa les épaules, comme indifférent. Il ne servait à rien de s'inquiéter plus que ça. S'il avait peur, il n'arriverait à rien. Il devait garder la tête froide, étudier ses possibilités, et agir en conséquence. Lorsqu'il combattait, il suivait son instinct, mais il n'était pas si calculateur. Là, la situation était beaucoup plus délicate que de simplement envoyer son épée à travers la panse d'un adversaire de chair et de sang.

" J'aimerai bien savoir si vos Dragons sont les mêmes que ceux que nous avons, mais ce n'est pas une question à laquelle je peux répondre. J'ai déjà affronté un Dragon, chez moi... Mais je ne connais pas réellement cette race, et je ne pourrais pas faire une comparaison même en en apprenant sur les Dragons de Sylvandell. "

Il haussa les épaules de nouveau.

" Par contre, je me pose des questions sur cette étrange technologie que semble posséder Tekhos. Ces " armes à feu ", et toutes ces choses que j'ai lu et qui me semblent un peu... Étranges. Par exemple, qu'est-ce qu'un hélicoptère ? Comment se fait-il que la technologie diffère tant entre Tekhos et ici, par exemple, alors que nous sommes dans le même monde ? "

Il rit un peu. Il avait lu sur Tekhos beaucoup de choses... Et il n'en comprenait pas la moitié. Il avait l'impression d'avoir lu un ouvrage sur un autre monde, tant il semblait différent par rapport à Ashnard ou même simplement Sylvandell.

" Pour finir... Il releva la tête vers la Princesse, et plissa les yeux, un air sérieux remplaçant soudain le ton rieur dont il avait usé une seconde auparavant. ... Princesse, parlez-moi de la guerre contre... Nexus, m'avez-vous dit ? Mon monde a été longtemps en proie à la guerre. Notre Reine est arrivée, et a unifié les peuples, ce qui nous a valu une paix durable de plusieurs dizaines d'années... Mais les vieilles rancunes ne s'oublient pas, et le conflit menace à nouveau. Il a même presque déjà éclaté, j'ai participé à plusieurs escarmouches. Je me sens étrangement solidaire, envers vous. À cause - grâce ? - à ça. Et si je peux aider en quoique ce soit. Enfin, j'aimerai en savoir plus sur cette guerre qui vous préoccupe... "
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