Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia

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Weyrith

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    Description
    Weyrith est l'Empereur d'Ashnard depuis plusieurs décennies. C'est un souverain guerrier puissant, bien entouré et connu pour sa fougue et sa longue lignée de rejetons.
Nexus désignait par Contrées du Chaos tout ce qui se trouvait au-delà de son territoire, et y incluait Ashnard. Ashnard, évidemment, désignait par ce terme tout ce qui se tenait entre Nexus et l’Empire. C’était une vaste terre de royaumes épars, mineurs et désunis, et de territoires anarchiques ou décentralisés, aux mains de clans et de tribus sans rois, que les vastes armées traversaient pour se faire la guerre et taxaient de multiples façons à chaque fois. Bien sûr, qualifier Ashnard de chaotique n’était pas usurpé, mais jamais l’Empire n’admettrait de voir son instabilité caractéristique lui valoir la même place que les entités barbares qu’il qualifiait comme telles.

Ainsi, Ashnard mettait un point d’honneur à affirmer sa supériorité. Son influence se ressentait loin et, lorsque ses armées se mettaient en marche, elles faisaient trembler la terre de leurs pas, roues et fers, et l’air de leurs cors, clairons et percussions. De larges et vastes colonnes se mettaient en mouvement pour la moindre offense, écrasant tout sur leur passage et ne laissant rien derrière elle de ce qui avait déconvenu à l’Empereur.

L’Empereur Weyrith survolait ce jour-là une colonne de son vieil ami Mogdarr tandis qu’elle faisait chemin vers un bastion d’Orcs devenu trop puissant et désobéissant. Il était temps de réduire leur nombre drastiquement et de les disperser, comme cela se faisait de tous temps et depuis toujours. C’était un bon moyen de garder les troupes en forme et de leur faire un rappel des bases. Les Orcs étaient des adversaires désordonnés mais redoutables. Face à eux, une discipline de fer et une stratégie adaptée faisaient la différence entre victoire et défaite, et chaque rencontre avec eux rappelait aux hommes l’utilité d’une bonne organisation.

Mogdarr, lui aussi, pourrait faire usage du rappel. Lui-même était des races ogresques et devait se voir parfois rappeler l’intérêt de la patience et de la planification au combat. Lorsque Weyrith posa son immense dragon noir sur l’énorme chariot de commandement du général, son ami monta jusqu’à lui pour l’accueillir de sa stature monumentale, frappant l’alliage enchanté de son armure de jais et d’or du plat d’une main qui eut aussi bien pu être un gantelet d’acier nain.

« Tu nous fais l’honneur de ta présence, Majesté ? »

« Il y a trop longtemps que nous avons croisé le fer ensemble, mon ami. Et je me lasse des batailles rangées. Le chaos orc me fera le plus grand bien. »

Mogdarr éclata d’un rire gras et sonore qui fit sursauter les vigies et le mage clairvoyant présents sur le toit du chariot.

« Y en a qui doivent déjà paniquer au palais ! »

« Ou se préparer à prendre ma place. Je m’en chargerai en rentrant. »

L’empereur eut un sourire sadique à ces paroles et il descendit vers les appartements du général afin de discuter campagne, mais aussi et surtout aventures, femmes et bagarre.


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La bataille avait été sanglante et victorieuse. Les forces ashnardiennes avaient combattu avec ardeur, supportant l’assaut orc incessant derrière des formations de barrage maîtrisées et à l’aide de roulements synchronisés des troupes, décimant les rangs ennemis à l’aide de flèches, de sorts de destruction et de boulets jusqu’à ce que la masse critique soit atteinte. L’élite avait alors sillonné les rangs et était entrée dans la bataille, rencontrant des ennemis furieux, mais épuisés, qui résistèrent peu avant d’être mis en déroute par le mélange de sortilèges de combat et d’acier runique qui leur était opposé. Les campements avaient été abandonnés par des bandes se dispersant anarchiquement et ils avaient été saccagés. Huttes et idoles avaient été détruits. Les individus retrouvés avaient été exécutés et exposés pour l’exemple. Les chefs capturés furent amenés sur le chemin de repli de leurs armées et décapités, leurs têtes empalées comme une barrière funeste et un avertissement.

Dans la mêlée, Weyrith et Mogdarr s’étaient repus, et c’est vidés de leur appétit de sang qu’ils se retrouvèrent dans le chariot de commandement sur le retour, buvant, mangeant et baisant à l’envie, célébrant la vie et la victoire sur la mort tandis que cortège funéraire et troupes prenaient le chemin de leurs pénates.

C’est sur ce chemin que le chariot fut arrêté et qu’un garde se présenta, réveillant les deux illustres d’un air embarrassé. Visiblement, il ne s’attendait pas à ce que l’Empereur soit encore là, et il déglutit en lui signalant que l’avant-garde avait mis la main sur une prise intéressante. Peu content d’être réveillé, même s’il ne dormait que très peu (son temps de sommeil lui était d’autant plus précieux), Weyrith laissa son ami dormi et se vêtit de sa tunique de repos, noire et brodée d’or, ceinture pourpre de velours à la taille, avant de quitter le chariot massif et de suivre le garde. Une monture lui fut proposée et il la monta avant de galoper jusqu’à l’avant des troupes, ce qui lui prit bien un quart d’heure.

Chaque troupe avait son wagon logistique, un convoi de chariots bâchés ou ouverts contenant leurs provisions et armes, mais aussi le nécessaire au campement, des roulottes rouges de prostituées, des voyantes et autres prêtres et shamas et des hôpitaux de campagne roulants. C’est dans un de ces derniers qu’on conduisit l’Empereur, et qu’il découvrit, allongée sur un lit de camp, une curieuse créature. Humaine d’après ses traits dominants, elle était cependant d’une blancheur d’albâtre immaculée. Sa beauté frappait immédiatement, même si elle avait clairement vu de meilleurs jours. Elle était ridée et sèche, les traits tirés et la peau flasque par endroits. Ça et là, elle semblait même se craqueler et se fendre par petits morceaux. Immédiatement, Weyrith avait dressé un voile de Vents autour de lui le protégeant de tout contaminant et il entra dans une vive colère.

« Tu as osé me conduire dans un mouroir potentiellement contagieux, crétin ?! »

« Paix, Votre Majesté Impériale, lança un magicien d’une voix profonde. Cette femelle n’est pas contagieuse. Ni même malade, Messire. »

Hésitant, Weyrith serra la mâchoire mais finit par lâcher le garde dont il avait déjà saisi les poignets, tournant son attention vers le spécialiste, analyste de la magie et détecteur de mages. Il alla à son côté tandis qu’il imposait ses mains à divers endroits de la mystérieuse inconnue, établissant son diagnostic.

« Qu’est-ce qu’elle est, et qu’est-ce qui lui arrive, maître ? »

« Je ne puis répondre à la première question, Messire. Pour la seconde, en revanche, je peux me prononcer avec certitude. Cette créature, quelle qu’elle soit, est étroitement affiliée à l’eau. Je… doute que ce soit sa forme véritable. Son affinité est vraiment… C’est un cas rare, Votre Majesté. Je- »

« Qu’est-ce qui lui arrive ? »

Weyrith perdait patience et le magicien, tout probe et dévoué qu’il était, déglutit et laissa la science au placard pour une réponse simple :

« L’eau, Messire. Elle est associée à l’Eau, c’est son élément, ça lui est vital. J’en suis certain. De l’eau la sauvera. »

L’Empereur leva un sourcil étonné et sarcastique, retournant à l’arrière pour ouvrir le rideau donnant sur l’étendue rocailleuse et aride qu’ils traversaient à ce moment. Il referma et revint vite, comme s’il lui avait fallu cette observation pour avoir la certitude d’avoir bien appréhendé leurs alentours.

« Si c’est le cas, qu’est-ce qu’elle peut bien foutre ici ?! »

« Peut-être aura-t-elle les réponses en se réveillant, Votre Majesté Impériale ? Mais je ne saurais que presser humblement Votre recours. Son temps est compté en minutes à ce stade, je le crains. »

« Hmmm. Merci pour ton service, magicien. Tiens ! »

Il sortit une petite bourse d’or qu’il lui lança, et donna ses ordres au garde. Une minute plus tard, un chariot avait été vidé et un triple équipage de chevaux y avait été harnaché pour aller vite. Le lit de camp fut installé sur le plateau libre et bien sanglé avant un galop effréné vers l’arrière. Arrivés au chariot de commandement, on réquisitionna quelques-uns des ogres tirant la forteresse roulante pour vite monter l’inconnue jusqu’aux appartements du général, où Weyrith prit le relais lui-même. Un coursier parti devant, encore haletant, supervisait le remplissage de l’énorme baignoire de Mogdarr, qui était presque remplie grâce au système de pompe relié à la réserve d’eau du véhicule géant. Il immergea la beauté blanche et soupira, chassant tout le monde avant de s’asseoir sur un tabouret présent là, veillant la récupération de celle dont il ignorait encore tout, sinon son affinité élémentaire rare à l’Eau.
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Thyia Tapsus

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Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia

Réponse 1 vendredi 27 mars 2026, 22:38:01

Je ne quitte pas l’Océan Étincelant. Je m’en détache. Ce n’est pas une décision. C’est un glissement. Les eaux ne résistent plus. Les profondeurs se taisent. Même les abysses n’opposent plus rien que je ne comprenne déjà. Le combat contre ce que vous appelez marins m’a ouvert l’appétit, la soif d’apprendre, de vous observer, d’essayer de vous comprendre.

Alors je cherche. Pas un lieu. Pas une proie. Quelqu’un.

Un courant différent apparaît. Je ne le vois pas. Je le ressens. Il ne vient pas de l’océan. Je le suis. Ce que je traverse n’est ni eau, ni air. Ce n’est pas un monde.
Pas encore.

C’est un passage. Un entre-deux instable où les formes n’existent qu’à moitié, où même moi… je vacille. Puis… la rupture. Je chute. Quelque chose m’arrache à moi-même. Je n’ai aucune notion du temps qui passe.

Le contact est brutal. Le sol est dur. L’air est sec. Vide. Hostile.

Je bouge. Par nécessité.

Mais déjà, quelque chose se brise. Le flux ralentit. Ma peau se tend. Se fissure. Ce qui me compose… s’appauvrit. Je cherche de l’eau. Il n’y en a pas.Voilà un bien étrange paysage. Je marche probablement plusieurs kilomètres. Je ne trouve toujours pas de quoi humecter mes lèvres, hydrater mon cou et mon visage. Rien. Toujours rien.

Alors je cherche autre chose.

Des présences. Elles sont nombreuses. Brutales. Désordonnées.

Je m’approche. Le sol tremble.

Le bruit est constant. Violent.

La guerre.

Je les observe.

Ils ne fuient pas. Ils avancent. Leurs corps se brisent, et ils continuent. Le sang coule, et ils ne s’arrêtent pas. C’est… différent.

Parmi eux, certains attirent davantage mon attention. Massifs. Denses. Leur chair est épaisse. Leur structure… lourde.

Les ogres. Je les regarde. Longtemps.

Leurs mouvements ne sont pas fluides. Ils sont directs. Brutaux. Mais efficaces. Ils encaissent. Ils frappent. Ils persistent.

Je m’interroge. Comment tiennent-ils ? Leur corps est imparfait. Leur équilibre est instable. Et pourtant… ils avancent.

Je veux comprendre.

Mais déjà, je ne tiens plus. Chaque instant m’éloigne de moi-même. Chaque seconde assèche ce que je suis. Je ne suis pas faite pour ce lieu. Je ne combats pas. Je n’en ai pas la capacité. Je cède. Ce n’est pas une chute. C’est une disparition.

Le monde se fragmente. Les sons se déforment. Puis, plus rien.


Quelque chose revient.

D’abord, une sensation. Infime. Un contact. Ensuite, le flux. Faible. Mais réel. L’eau. Elle ne me reconnaît pas. Elle n’est pas l’océan. Mais elle me maintient.

Je me reforme. Lentement. Incomplètement. Et alors…

Je le sens. Lui. Sa présence tranche avec les autres. Elle ne se disperse pas. Elle ne tremble pas. Elle impose.

Je reste immobile. Mais je l’observe.

Il est proche. Très proche. Je perçois le mouvement de l’air autour de lui. La tension contenue dans ses gestes. Il ne recule pas. Il ne fuit pas. Je m’attarde. C’est rare. Même ici.

Mes doigts frémissent sous l’eau. Un mouvement infime. Contrôlé. Je ne l’attaque pas réellement. Pas encore. Je teste. Pas sa force. Sa réaction. S’il hésite. S’il détourne le regard. Ou s’il reste.
S’il reste, je l’attaquerai véritablement au moins une fois. Parce que s’il reste…

Alors peut-être… ce monde contient enfin quelque chose qui mérite d’être compris.

Weyrith

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    Description
    Weyrith est l'Empereur d'Ashnard depuis plusieurs décennies. C'est un souverain guerrier puissant, bien entouré et connu pour sa fougue et sa longue lignée de rejetons.

Re : Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia

Réponse 2 mardi 14 avril 2026, 10:39:55

Le temps passait, lentement. Weyrith n’était pas homme à patienter, mais il était aussi curieux. Bien des gens étaient déçus qu’il ne mette pas cette curiosité au service de son éducation fort lacunaire, tandis que ses adversaires s’en réjouissaient. Mais il pouvait se montrer curieux, et alimenter une patience insoupçonnée juste pour savoir, pour satisfaire cette curiosité.

Cette femme, cette créature, allait-elle survivre et se reconstituer, comme le mage semblait l’avoir pensé ? Il n’en savait rien, mais il était bien curieux de pouvoir en témoigner. Il avait déjà vu un élémentaire d’eau, une fois, et c’était une manifestation magique bien plus mystérieuse et étonnante qu’elle. Bien sûr, nul ne lui avait dit qu’elle était un élémentaire, mais telle était sa perception, puisqu’elle était si liée à l’eau ; une approximation destinée à combler l’ignorance.

Bien sûr, il ne passa pas le temps à ne rien faire, la fixant sans un mot ni un geste. Il eut droit à la visite de Mogdarr, qui se montra bien contrarié de devoir aller se laver au bassinet comme à l’époque des maraudes avec ses compagnes, mais ne protesta pas outre mesure. De ses compagnons, en dépit du gabarit, il était sans doute le plus obéissant. Et cela remontait à loin, à cette époque où ils s’étaient retrouvés et où Weyrith, mû par la prophétie de l’Oracle, avait imposé son autorité sur lui en combat singulier. Rien, depuis, n’avait laissé penser au fier Orc que les choses puissent en aller autrement entre eux. Puis, il y avait eu quelques serviteurs cherchant à le satisfaire, des missives passées oralement par la porte ; tous déboutés au demeurant, laissant finalement l’Empereur et sa mystérieuse compagnie seuls.

Il s’était installé dos au mur et avait fermé les yeux, semblant faire la sieste, quand elle avait fini par bouger. Il l’avait vue se rétablir entièrement, mais jamais manifester la moindre trace de vie, et il s’était demandé si elle pouvait le voir ou le percevoir d’une manière ou d’une autre. Gardant les Vents autour de lui, il avait ainsi feint le repos et, enfin, un léger mouvement provoqua une ondine à la surface de l’eau dans de légers clapotis. Et Weyrith ouvrit les yeux, appelant à lui plus de vents. Il les garda hors d’ici, les faisant se rassembler en rafales tourbillonnantes, invisibles, et imperceptibles d’ici, mais se prépara à se défendre tandis qu’il se redressait.

Lentement, curieux mais prudent, il fit un pas après l’autre en direction du bassin où reposait toujours la blanche créature, immobile, sans vie en apparence, mais bel et bien éveillée. Il en était certain. Il approcha jusqu’à pouvoir bien la voir, abordant sa nudité avec l’indifférence d’un homme en ayant vu d’autres, et attendit quelques secondes de voir un autre geste la trahir ; en vain.

« Tu caches bien ton jeu, dit-il alors. Mais je te commande de me dévoiler ton nom ! Car je suis Weyrith, Empereur d’Ashnard et ton maître de droit en ces lieux. »

Se sachant bien épié, il se prépara à tout, se positionnant subtilement de manière à s’apprêter au combat.
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Thyia Tapsus

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Par les eaux, sois ressuscitée ! -- Weyrith & Thyia

Réponse 3 mercredi 29 avril 2026, 15:09:35

Je ne bouge pas. Pas encore.

Le silence à l’intérieur du chariot n’est qu’une illusion. À l’extérieur, le monde ne s’est pas arrêté. Je l’entends continuer, lourd, vivant, imparfait. Des pas résonnent, profonds, irréguliers, faisant vibrer le bois sous leur poids. Des voix s’élèvent, graves, rugueuses, sans retenue. Les ogres. Ils ne combattent plus. Ils déplacent, rangent, reconstruisent avec une brutalité presque méthodique. Leurs gestes sont simples, mais efficaces. Leur présence forme une masse diffuse que je perçois sans la voir.

Certains s’approchent.

Leur curiosité est palpable. Elle n’a rien de discret. Elle ne cherche pas à se cacher. Ils regardent sans comprendre, attirés par ce qu’ils ne peuvent pas nommer. Je sens leur attention peser, mais je ne leur rends pas encore ce regard.

L’eau me maintient. Elle m’aide à me reformer, à me stabiliser, mais elle ne suffit pas. Elle n’est pas l’océan. Elle ne me reconnaît pas. Chaque mouvement reste coûteux, chaque instant hors de mon élément laisse une trace dans ce que je suis. Pourtant, je tiens.

Parce que lui est là.

Sa présence tranche avec tout le reste. Elle n’est pas diffuse. Elle ne se perd pas dans le chaos ambiant. Elle s’impose. Sa voix, lorsqu’elle résonne, coupe le monde extérieur sans effort. Elle ne demande pas. Elle affirme.

Je sens ce qui l’entoure.

Ce ne sont pas des flux d’eau. Ce n’est pas quelque chose que je connais… mais cela répond. Cela se plie à sa volonté. Les vents. Ils l’enveloppent sans l’entraver, prêts à réagir. Il ne se contente pas d’exister dans cet environnement. Il agit dessus. Il le contrôle.

Lorsqu’il parle de commandement… je comprends. Mais je ne réponds pas immédiatement.

Je laisse le silence s’installer entre nous. Il s’étire, se charge, devient presque tangible. À l’extérieur, quelque chose de lourd chute. Un grondement suit, puis un rire épais. Rien de tout cela ne l’atteint. Rien de tout cela ne m’atteint.

Alors, lentement, mes yeux s’ouvrent. Je ne cherche pas son regard. Je sais déjà où il est. Je le vois.
Je ne me redresse pas. Je reste immergée, immobile en apparence. Pourtant, quelque chose change.

L’eau autour de moi réagit. Un frémissement, à peine visible, mais suffisant. Ma présence revient.
Tu te trompes.

Ma voix ne traverse pas l’air comme la sienne. Elle glisse, altérée, comme si elle devait franchir une densité invisible avant de l’atteindre.
Je ne reçois pas d’ordre. Pas de toi.

Je le regarde plus attentivement. Il ne recule pas. Même maintenant. Alors je me nomme.
Je me suis prénommée Thyia.

Ce n’est ni une offrande, ni une concession. C’est un fait.

Sous l’eau, mes doigts bougent à nouveau. Cette fois, le mouvement est plus assuré. Je sens encore la faiblesse dans mes gestes, mais elle ne m’empêche plus d’agir. Elle ne fait que limiter l’ampleur de ce que je peux faire.

Je ne cherche pas à mesurer sa puissance. Elle est déjà là, évidente. Je veux voir autre chose. Sa réaction.

Sans prévenir, l’eau autour de mon bras se contracte. Elle se densifie, se tend, puis se projette vers lui avec précision. Ce n’est pas une vague. C’est une lame. Fine. Rapide. Contrôlée. Pas destinée à tuer. Destinée à révéler.

À l’extérieur, les ogres continuent de s’agiter, mais certains ralentissent. Leur instinct capte le changement, sans qu’ils puissent en comprendre la cause. Une tension différente s’installe.

À l’intérieur, tout se joue ici. Et moi… j’observe.

Parce que s’il tient… alors il devient intéressant.


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