Il ne sût où elle avait trouvé cette façon, lascive et presque assurée, de s'imposer à lui, mais Cypress, encore une fois, dépassa les attentes de son amant, lequel se retrouva donc acculé aux dalles qui lui arracha un sifflement de surprise; il avait tant pris la chaleur de l'eau chaude, ses nerfs ravivés par le sang qu'il faisait circuler dans ses veines, qu'il fut presque déstabilisé par la vitesse à laquelle cette chaleur s'évada de sa peau. Lorsqu'elle revint à lui, il l'accueillit ouvertement, ses bras l'enveloppant alors qu'elle pressait sa bouche à la sienne. Le contact grisant de sa main sur sa nuque, ses doigts dans ses cheveux, le tirant à elle. Il sentait son désir dans ses mains, dans ses lèvres, dans la façon que son souffle s'accélérait, et il y répondait, à la façon qu'il le pouvait, répondant à ses baisers, et saisissant à pleine main le fessier rebondi de l'étudiante, se pressant à elle comme elle se pressait à lui.
Il n'y a aucun embarras dans le comportement de cet homme. Au contraire, il s'abandonnait à elle, comme elle s'accordait à lui. À son toucher, ses muscles se raffermissait, comme s'il y avait encore une part de lui motivé à maintenir une illusion de perfection corporelle, et il sentit ses lèvres le quitter. Il eut le reflexe de la suivre, mais il lut dans ses gestes qu'il trouverait à son intérêt. Il la dévora du regard, la regardant lentement tomber jusqu'au sol, à genoux.
Hadrian n'était pas sans savoir que les femmes s'intéressaient au sexe. C'était une vieille croyance qu'il avait rapidement abandonné au fur des années. Ce qui le prit de court, c'était l'aisance à laquelle cette femme, en particulier, s'était dévestie de ses hésitations. Elle qui, selon ses propres dires, avait tout fait pour garder loin de son corps et de son esprit les plaisirs de la chair, la voilà maintenant sur les genoux, devant lui, avec ces jolis yeux d'émeraude levés vers lui. Il remarqua que les serpents ornant son crâne avaient cessés de se mouvoir, se laissant choir sur les épaules de leur descendante, comme pour éviter d'être accidentellement écrasées. Il eut un petit moment de gratitude devant autant de prévenance, d'autant qu'il n'avait pas vraiment l'impression qu'elles ne l'appréciaient beaucoup.
Ses pensées furent brisées par le contact des lèvres de sa belle à la base de son sexe, et sa tête pivota vers elle en un éclair. Le vampire observa un moment la jeune femme puis, consciemment, augmenta le flux sanguin dans son corps entier, dans une émulation de vie. Un spasme de douleur, qu'il masqua comme un spasme de plaisir alors que la langue de la jolie demoiselle caressa son membre, le prit alors que son cœur recommença à battre dans sa poitrine et que le sang, habituellement un liquide épais et visqueux dans ses veines, commença à s'éclaircir et à circuler. L'expérience était peu plaisante et, sans atteindre les douleurs de l'accouchement ou de la matraque des parties génitales, s'insuffler d'une fausse vie était quelque chose qu'il ne se voyait pas reproduire trop souvent.
Enfin…
Dépendant des conditions du moment.
Des lèvres du vampire s'échappèrent un râle de plaisir alors que la femme avalait son membre, et d'un coup, il sentit son gland passer l'étau de son cou et se perdre dans les profondeurs de sa gorge. Il faillit la repousser, lui faire une remontrance de ne pas se pousser plus que de raison, mais il ne sentait d'elle aucune panique. Aucune alerte. Simplement un désir et une intention.
"Cypress…"
Il ne trouva rien à dire, et par le moment à ce qu'une pensée se forme dans son esprit, la gorgone avait repris son œuvre, et le vampire resserra les dents dans un sifflement d'extase alors que son sexe glissait dans cette gorge serrée. Il aurait pu l'arrêter. Il aurait probablement dû.
Mais…
À la place, sa main se posa sur la tête de Cypress, passant les doigts dans les cheveux qui masquaient maintenant son front, et les lissant vers l'arrière. Il observa l'expression sur son visage, et la façon que ces jolies lèvres rouges embrassaient fermement sa verge et glissaient sur tout son long, du gland jusqu'au pubis. Il agrippa alors fermement cette masse d'ébène noire et, lentement, suivit le rythme de la gorgone.
Les râles devinrent plus audibles, et graduellement, le bassin du vampire accéléra les mouvements, pour se familiariser avec les limites de Cypress, venant à sa rencontre lorsqu'elle s'approchait, et s'éloignant lorsqu'elle faisait de même. Il était passionné, mais non brutal, et malgré ses élans de fougue, il se gardait de la blesser. Un exercice qui lui rappelait comment il gardait la Bête, l'instinct primaire et meurtrier de son espèce, sous contrôle.
Pendant de longues minutes, il se délecta des lèvres de cette femme sur lui, de cette gorge offerte, de ce désir qui lui traversait le corps.
Un désir qu'il aurait dû contrôler mieux, car après ces longues minutes, un grand frisson lui parcourut l'échine. Sa main se resserra malgré lui sur la chevelure de la jeune femme. Il ne sût pas ce qu'il fit immédiatement par la suite. Transposé par le plaisir, il aurait aussi bien pu se laisser prendre par les attentions de la jeune femme et libérer son plaisir dans son gosier offert. Mais s'ils étaient tous les deux plus prudents que leur plaisir le prévoyait… Hadrian aurait le réflexe de se retirer. Juste à temps. Ou elle aurait celui de le repousser.