L'entre-deux Mondes > L'Enfer

Aller simple, vert sapin - PV Stephen

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Stephen Connor:
« Youri Sokolov ? » Répéta la voix grave d’un ton amusé. La flamme remonta jusqu’au visage du démon, en dévoilant les formes viriles. Un sourire trônait sur ses lèvres. Youri Sokolov était un autre des pions du beau diable. Comme l’étaient tant de puissants, comme l’étaient tant de moins que rien. Un Grand-Duc se doit de côtoyer la crème et la plèbe. « Ce Youri Sokolov ? »

Le visage sembla fondre littéralement, dans un amas grotesque de chair et de sang tombant bruyamment au sol. Mais sous cette peau, point d’os. Simplement un nouveau visage, le visage de Youri Sokolov. Comme un mauvais trip à l’acide, les formes se distordaient constamment, alors que le silence semblait remplacé par des gémissements de douleur.

« Youri en a tué tellement. » La masse informe n’avait plus d’yeux ou de nez, plus de traits si ce n’était une bouche sanguinolente, comme de la chair tranchée pour créer des lèvres de remplacement. De ce tableau d’horreur finirent par naître les traits du visage qui avait accueilli Mary. Comme un parasite s’extirpant de la carcasse d’un insecte, Helel retrouva son visage favori. « Mais toi aussi, tu pues le meurtre. »

Son sourire narquois était teinté d’une subtile rêverie, comme si prononcer ces paroles l’emplissait d’amour, presque même de désir. Le léger rictus aux coins de ses lèvres s’élargit, alors que la flamme – qui s’avérait reposer au creux de sa paume – mourrait, emportant avec elle toute lueur d’espoir. Le noir abyssal avait repris ses droits sur la pièce.

« Jugement… Jugement… » Plaidaient des voix mourantes, gémissaient des sons distordus par la douleur. Peut-être Mary reconnaissait-elle les voix de ceux auxquels elle avait ôté la vie, les voix des parjures réclamant vengeance, du fond de leurs poumons pourris, moisis. Leur odeur de décomposition embaumait la pièce, doux parfum pour un démon comme Helel, source de nausée pour de simples mortels.

« Oui, mes amis, elle sera jugée. » Rassura la voix envoûtante du démon, alors que des fourmillements faisaient leur chemin dans les pieds de l’humaine, remontant le long de ses jambes comme après une longue journée assise. Mais le sang ne raffluait pas, et le picotement devenait prise, comme si une multitude de mains squelettiques et pourrissantes sortaient du sol, agrippant les mollets et chevilles de Mary. « Elle rejoindra votre tourment éternel. »

Sa voix était si calme, si apaisante. Il dégageait une grande douceur, comme un phare devenu invisible au milieu de cette obscurité. Les voix moururent. Le silence vint dans la pièce. Et d’un claquement de doigts, la lumière fut.

« Ce n’est pas une drogue, c’est la réalité. » La pièce, pourtant dépourvue de la moindre source de lumière, brillait d’une faible lueur qui semblait provenir des murs eux-mêmes. Ils étaient de pierre rouge, et les visages qui avaient coulé au sol y baignaient encore, chair fondue et informe. « Je suis Helel, Grand-Duc des enfers, et Yatsushiro t’a offert à moi en tant que sacrifice. »

Le noble démon se tenait torse nu, le poitrail bardé de runes écrites dans le sang, un simple pantalon noir couvrant le bas de son corps.

« Et tu es ? »

Mary E. Wright:
La voix.

Sa voix l'amène à relever le visage. Malgré-elle, elle se sent fascinée autant qu'apeurée par cette voix qui happe ses pensées concentrant son attention toute entière sur ses dires. Comme une fidèle perdue sur son chemin de croix, elle retrouve en lui la voix d'un tout puissant et se sent fascinée, son attention toute entière accaparée par ses mots.

Son regard verdoyant parcourt ses traits alors que sa main est retombée le long de son corps, enserrant fermement le talon dont elle s'est armée. Elle l'observe fondre comme neige au soleil, changeant de visage. Elle se recule d'un pas, épouse le mur de son dos alors que son regard fixe. Comme un mioche devant un film d'horreur, elle ne parvient pas à détacher son regard. L'effroi prend d'assaut sa personne, la peur noue et ronge ses entrailles mais elle reste. Elle regarde alors que les formes se disloquent et offrent un nouveau visage. Un visage sans traits. Un visage sans âme. Le sang vient baigner le sol et Mary se réfugie un peu plus contre le mur, se hissant sur la pointe de ses pieds pour fuir cette marée sanguine.

Horreur.

Des gémissements de douleur se font entendre alors que la bouche face à elle s'étire pour parler. Comme une marionnette, laissant entrevoir progressivement le visage de Youri. Stupéfaite, bouche bée, figée dans l'incompréhension la plus totale, la jeune femme secoue négativement son visage. L'ambiance pesante l'amène à étouffer, à respirer un peu plus bruyamment. Son regard fait la navette entre le sol et le personnage face à elle. Dans sa folie, plus si latente et fraîchement cueillie, elle ferme durant un bref instant les yeux. Ses épaules s'agitent en de doucereux tremblement. Ses mains peinent à garder leur emprise: l'une de son plat contre le mur, la seconde contre le talon. La chaleur aux alentours enivre ses sens, l'étouffe, l'amène à respirer plus bruyamment. Perdue au sein du piège, l'Animal prend peur...

A t-elle tué ? Oui.

Mary a tué pour défendre la veuve et l'orphelin. Elle s'est imposée, a tenté de faire régner la justice et l'ordre. La belle n'a jamais tué par plaisir. Jamais tué par envie. Mais les mots restent bloqués dans sa gorge alors qu'elle rouvre les yeux pour faire face au sourire narquois du beau diable. Le noir le plus complet les invite et ensemble, ils plongent. Son cœur s'agite un peu plus lourdement, douloureusement. Ses jambes faiblissent et cèdent sous les tremblements qui malmènent son corps depuis tantôt. Assise au pied du mur, elle laisse retomber son talon pour plaquer la paume de ses mains contre ses oreilles. Mais les voix filtrent, attaquent son esprit, se répercutent à l'infini dans sa caboche. Sa bouche s'entre-ouvre, elle veut répliquer mais n'y parvient pas. L'horreur borde ses yeux de larmes.

Effroi.

Impuissante, elle tente de retenir sa respiration mais il est bien trop tard.
L'odeur de putréfaction gagne ses poumons, gagne ses narines. Les larmes silencieuses viennent rouler sur ses joues. Mary n'est pas un monstre. Elle peut lister les hommes qu'elle a tué. Elle peut lister les raisons une fois l'heure du jugement venue. Elle peut tout nommer, tout narrer... Tout raconter.

Agitant ses pieds endormis pour ramener ses jambes repliées contre elle, elle les enserre doucement de ses bras. Un hoquet franchit le seuil de ses lèvres alors que les larmes masquent sa vision noyant son doux visage dans d'atroces grimaces. Tourmentée par les néants, tourmentée par ses vieux démons, elle ne pipe plus le moindre mot et se laisse effleurer, bousculer par l'atroce sensation de picotement qui l'accapare. La tempête s'efface et le calme revient, laissant quelques secondes de répit à la jeune femme perdue.

Ses poings fermés viennent se presser contre ses joues, essuyant de frustration les larmes qui y ont coulé. Bien trop fière pour se montrer faible sous la lueur, elle se penche légèrement pour récupérer son talon. Sa main s'y cramponne comme si sa vie en dépendait. Silencieuse, elle reporte son regard vers lui et secoue négativement son visage murmurant:
"Un cauchemar, Mary. Un simple cauchemar. Tu-tu-tu vas te réveiller. N'ai pas p-peur."


Enserrant toujours ses jambes  repliées contre son buste, elle se dodeline légèrement d'avant en arrière, laissant le silence baigner l'atmosphère. Les secondes s'écoulent alors que son regard se porte sur le torse nu du beau diable, tentant d'y lire les runes... en vain. N'est-elle pas maîtresse de son cauchemar après tout ?

Sa question l'amène à se figer. Cessant de se balancer, elle entre-ouvre la bouche mais aucun son n'en sort. Son visage se ferme. Elle ne veut pas lui offrir son identité. Elle ne veut pas et elle n'en a pas le droit. Les larmes ont laissé place à la colère et persuadée d'être dans un vilain rêve, elle relâche ses jambes. Les laissant glisser dans la marre de sang, elle pointe l'un de ses index dans le liquide rougeâtre. Son autre main brandit le talon et au sol, sans se redresser, elle augure:
"... ça ! C'est un cauchemar et tu n'es que le fruit de mon imagination. Et je vais te tuer."

Son visage acquiesce. La jolie dévastée se redresse doucement ses jambes teintées par le sang. Son maquillage a coulé le long de ses joues, soulignant son beau regard de longues traînées noirâtres alors qu'elle lui souffle:
"Tu sais qui je suis vu que tu es le fruit de mon imagination, connard."

Les tremblements ont laissé place à une folie sourde et jetant le talon en sa direction, elle s'approche effaçant peu à peu la distance entre eux. Ses pieds s'écrasent dans les amas de chair et de sang. Elle plisse légèrement les yeux sous l’écœurante sensation mais continue de murmurer pour elle même:
"C'est un cauchemar et tu n'es que le fruit de mon imagination."

Folie sourde.

Stephen Connor:
Le jugement se moque des pourquoi et des comment. La beauté diabolique d’Helel n’avait d’égal que sa cruauté, et s’il agitait sous le nez de Mary les meurtres qu’elle avait commis, ce n’était que pour mieux la dérouter. Il était curieux de voir comment elle réagirait. Et voilà que comme bon nombre de mortels, elle chavirait.

« C’est ça, pleure, je veux voir tes beaux yeux rougis de larmes. » Les immondes propos du démon contrastaient avec la douceur de sa voix, presque encourageante. Une chaleur si entêtante se dégageait de ses paroles, comme une brise presque palpable, un parfum d’interdit envoûtant. « Oh, tu te rebelles ? »

Le tuer ? Quel courage ! Quelle audace. Yatsushiro lui avait donné un met de choix. Confrontée à l’horreur d’une réalité qu’elle n’acceptait pas, la petite et fragile humaine se révoltait, affirmant sa rébellion tout en niant cependant la réalité. Helel aurait pu jouer de ses nerfs, la conforter dans l’idée que c’était un odieux cauchemar dont elle se réveillerait afin de mieux la torturer.

Au diable ces inepties. Il voulait qu’elle souffre jusqu’à ce qu’elle l’aime, qu’elle se prosterne devant lui, résignée, courbant l’échine sous sa cruelle botte.

« Je le sens, je sens ton envie de tuer, meurtrière. » L’agréable voix s’était faite jugement, reproche. Aussi acérée qu’une lame, la parole d’Helel vint percuter Mary, comme un mur des plus tangibles, la bloquant un instant dans son avancée.

Comme pour confirmer ses paroles, l’humaine vint lui lancer l’aiguille de son talon au visage, ne suscitant pourtant aucune réaction du monstre. Plutôt, il laissa la pointe se planter dans son cou, l’ôtant délicatement dans un flot de sang absolument anormal. Le sang qui coulait sur son torse formait alors de nouvelles runes étranges, jusqu’à ce que le saignement cesse de lui-même.

Le beau diable s’avança, collant franchement son torse sanguinolant à la robe verte de l’humaine. « Tue-moi. »

Il vint caresser ses cuisses de ses énormes paumes rêches, attrapant ensuite sa main pour la guider jusque sur sa lame.

« Attrape-le. » Ordonna-t’il en guidant ses mains jusqu’au manche de son couteau. Comment savait-il qu’elle était armée ? Aucun déguisement n’aurait pu tromper l’œil d’un démon, encore moins lorsqu’il s’agissait de tuer quelqu’un. Ou de se faire tuer. « ALLEZ ! » Était-ce sa voix, ou le grondement tonitruant d’un orage en folie ? Il aurait été facile de confondre les deux.

Serrant le poignet de Mary comme une vis, il l’obligea à venir lui transpercer le cou, encore et encore dans un bain de sang qui vint éclabousser la mortelle. Il semblait saigner litre sur litre, sans jamais pouvoir se vider complètement du précieux liquide carmin.

« Désolé pour toi. Mais tout cela est réel. » Il récupéra l’arme, restée nichée en travers de sa gorge, toutes les plaies encore béantes. L’ôtant aussi machinalement que l’on retire un clou mal enfoncé, Helel utilisa la lame pour doucement venir entailler la pommette de Mary, juste sous son œil gauche. « Cette douleur te le confirmera. » Il lui tendit son arme, lui donnant la possibilité de se défouler encore un peu. « Tu peux te mettre à genoux et implorer ton pardon pour les vies que tu as prises. Ou je peux forcer tes suppliques. » Il sourit, dévoilant une rangée de dents qui n’avaient rien à faire sur un humain, toutes pointues et acérées.

Mary E. Wright:
Bloquée dans son avancée, elle le laisse venir à elle. Leurs corps s'effleurent à peine que son cœur s'emballe, exalte au sein de sa poitrine. Rien ne va. Tout contre elle, il lui paraît désormais réel. Palpable. Un rêve, un cauchemar si réaliste peut-il seulement exister ?! Elle avait vécu ce genre de cauchemar où prise au piège, elle avait agiter vivement ses jambes, ses bras, pour se mouvoir et éviter de tomber à l'infini dans le vide. Elle en avait eu le souffle coupé, la sueur perlant sur son front au réveil mais jamais elle n'avait connu pareille chimère.

Les mains du diable se portent contre ses cuisses et elle esquisse un mouvement de recul, machinalement, frissonnant d'effroi. Il se saisit de ses mains pour les porter sur sa lame. Son visage se décompose: comment ? Comment peut-il seulement savoir qu'elle est armée ? Sous ses mains, les siennes s'agitent en de nouveaux tremblements. La peur tenace refait surface et efface l'assurance dont elle avait témoigné tantôt.

Sur le fil, entre deux états d'âmes, la jeune femme flanche sous sa nouvelle injonction.

Pantin désarticulé, elle le laisse tirer les ficelles en coulisse. Figée dans ses émotions, figée dans l'incompréhension, elle regarde le couteau s'enfoncer dans les chairs meurtries encore et encore. Les effusions sanguines lui giclent à la gueule et la belle tente de retirer sa main. Vainement. Il poursuit la torture, poursuit son petit jeu alors qu'elle se décompose littéralement face à lui. Son regard se vide de toute lueur d'espoir car désormais elle se sait fichue.

Mary blêmit face à ses propos alors qu'il récupère l'arme. La main de la jeune femme reste figée, suspendue. Ses cinq doigts demeurent crispés alors qu'avec lenteur elle laisse retomber sa dextre. La bouche entre-ouverte elle lui fait face sans piper le moindre mot. La Dévastée le laisse approcher la lame, persuadée d'y passer. Ses beaux yeux se ferment alors qu'il marque son visage, traçant un simple trait sous son oeil. Un couinement franchit le seuil de ses lèvres. Elle aurait pu être borgne, aurait pu souffrir davantage. Il aurait pu torturer sa personne, lui prouver qu'elle est mortelle mais rien si ce n'est cette trace, ce petit plaisir dont il ne semble absolument pas coupable, lui notifiant qu'elle est à lui.

Sa senestre se relève lentement. Ses doigts s'agitent vivement tant les tremblements deviennent incontrôlables alors qu'elle passe le bout de ses doigts sur la plaie fraîchement créée. Il lui tend son arme et avec lenteur elle s'en saisit pour laisser glisser le couteau le long de sa main. La lame s'échoue au sol en même temps que la jeune femme.

Agenouillée, dévastée elle abaisse son visage et observe la lame. Elle pourrait cesser, pourrait couper court à ce jeu et enfoncer la lame dans son propre coeur. Se réveiller au sein de son lit ou y laisser la vie. Mais un manque de courage, couplé à cette peur grandissante lui font renoncer à cette idée. Oscillant entre rêve et réalité, se refusant toujours à croire en cette vérité tangible Mary renifle bruyamment. Obligée de vivre, de survivre, par lâcheté humaine elle relève son regard vers lui alors que le sang se mêle aux larmes silencieuses. D'un revers de la main elle essuie l'ensemble et crachant en sa direction, elle souffle:
"Créature du diable."

Stephen Connor:
Créature du diable. Helel s’en était-il seulement caché ? Il se lécha les lèvres, récoltant un peu du sang qui maculait son propre visage. Il était rare qu’il laisse tomber le masque d’un homme raffiné qu’il pouvait laisser apparaître à sa cour et à ses sujets. Mais cette petite pute lui donnait envie de se laisser aller, de lui montrer la bête immonde qu’il était dans le fond.

« Oui, oui ! Abandonne. » Ces mots étaient comme des caresses. Littéralement. La jeune femme pouvait sentir ces paroles prendre forme, devenir des mains qui lui passaient affectueusement dans les cheveux, relevaient son minois meurtri par l’évidence. « Tu ne vas pas mourir maintenant. Tu vas souffrir pour moi avant. »

Helel passa sa main droite dans la crinière de Mary, l’imbibant un peu plus de sang qu’elle ne l’était déjà. Il l’obligea à le regarder, droit dans les yeux. Elle pouvait voir la couleur rubis de ses yeux injectés de folie, ce regard qui en avait fait perdre la raison à tant d’hommes et de femmes avant elle. Mais elle ne serait pas complètement brisée aussi facilement, le beau diable en avait la certitude.

Le Grand-Duc plaqua alors la gueule de cette pathétique justicière contre son entrejambe, démesuré dans sa taille malgré qu’aucune once d’excitation ne l’ait encore déformé. Il lui releva doucement la gueule pour qu’elle le regarde de nouveau. Puis, plein de mépris, Helel cracha au visage de Mary, la souillant de sa salive haineuse.

« Ce maquillage qui coule sur ton beau visage te va si bien. J’ai simplement hâte de remplacer la peur dans tes yeux par la dévotion que tu me dois. » Était-elle lâche de ne pas oser s’ôter la vie, ou brave, pour oser affronter un sort pire encore que le néant du trépas ? « Remercie-moi, baise-moi les pieds. Car je vais te laisser la vie sauve. »

Il aurait pu faire d’elle un pantin, une âme emprisonnée dans une femme de la taille d’un œuf, et l’ajouter à sa collection, plutôt, il allait en faire son esclave. Cette hargne avec laquelle elle s’était jetée sur lui avait éveillé un début de feu dans l’aine musculeuse du beau diable, et il comptait bien en attiser les braises.

« Ne taris pas d’éloges, mortelle. Car tu as vu là un avant-goût de l’enfer qui attend les meurtriers, et je peux encore t’y emmener. » Quel seigneur, quel magnanime salaud. Peut-être était-elle morte, assassinée dans cette pièce par un assassin qui attendait Yatsushiro ? Ou bien avait-elle malencontreusement ingéré le fameux poison ? Et alors, peut-être n’était-ce pas là un piège, mais simplement ses limbes, un avant-goût de l’au-delà dans lequel son juge avait pris pitié d’elle. « Remercie le Grand-Duc ! D’accorder sa clémence à une moins-que-rien comme toi ! » Ordonna ce dernier en déposant une gifle cinglante sur le beau visage moelleux de Mary.

Voir la beauté de cette véritable femme ainsi ternie, sa fierté ainsi battue, fit grogner le démon d’aise, d’approbation. Il la voulait à tout prix, suspendue à ses lèvres en quête de plus d’insultes, à sa queue en quête d’un peu de son odeur réconfortante.

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