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Beyond The Bounds [Suzu']

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Iggy Stardust:
Tekhos n’était pas un endroit accueillant pour les hommes, et cela, il n’avait pas fallu plusieurs jours à Iggy pour le découvrir. Il avait donc décidé de rallier un autre coin de cette contrée inconnue. Cette planète était plus qu’intrigante pour le jeune homme. Il avait grandi dans un univers technologique, dénué de toute magie et de toute religion.

Terra était un bond dans le passé et l’inconnu, un endroit où le moindre conte, la moindre légende, pouvait attendre sa victime au tournant. En deux ans, peut-être trois, il avait appris la plupart des choses à apprendre sur ce monde inhospitalier. Sa force de surhomme lui avait permis de survivre tant bien que mal, mais il n’avait pas connu la routine, aussi violente soit-elle, que connaissait sa rivale.

D’ailleurs, il ne savait même pas qu’elle partageait le même pan du monde que lui. Il en était venu à la conclusion que leurs méchas, qui comprimaient l’espace et le temps pour se déplacer, avaient causé la fissure qui les avait transportés ici. Quelles étaient les chances pour que Suzumebachi ait été menée au même lieu ? Après tout, leurs géants d’acier ne semblaient pas les avoir suivis.

La route sans but du vagabond l’avait mené dans des terres ensablées, des royaumes peuplés de démons ou de créatures qui semblaient être nés d’hommes et de bêtes. Il n’avait pas tout vu, mais plus rien ne l’étonnait. Après quelques mois à Castelquisianni, le beau blond avait était chargé de rejoindre les abords de Tekhos, dans les petites villes technologiques qui acceptaient les hommes sans trop d’accrocs.

Car si la technologie coulait dans ses veines, il n’était pas amateur des mégalopoles qui avaient été, jusque-là, toute sa vie. Rêveur dans l’âme, il s’était jeté au milieu d’aventures qui relevaient plus du fantastique que de la science-fiction.

« Doucement, Daaman, j’aimerais arriver à destination en un seul morceau ! » S’exclama-t-il, tiré de sa rêverie par les brusques sursauts de sa cabine. Le cocher n’était habituellement pas si hâtif, ce qui étonnait son passager. Ce dernier sortit la tête du wagonnet, observant ce qui pouvait bien justifier de tels accrochages. « Oh. »

Des blocages sur la route. A en juger par l’aspect de ces énormes cubes métalliques brillant, c’était l’œuvre du gouvernement Tekhan. La route était de pierre, et le pont obstrué par ces édifices temporaires l’était également. Dans une calèche tirée par des chevaux, Iggy avait l’impression de sortir du moyen-age. Les gardiennes du blocus étaient armées de fusils modernes et de combinaisons moulantes que l’ancien lieutenant savait plus résistantes que l’acier.

Les cubes qui servaient de blocages étaient constamment parcourus de lignes brillantes bleutées. Elles scannaient en permanence un rayon d’une dizaine de kilomètres, à la recherche de signaux formiens. Si ces petits gadgets hauts de cinq mètres étaient de la partie, alors ce blocus devait avoir un lien avec ces aliens étranges, qu’Iggy n’avait rencontré qu’une fois par le passé.

Il prit l’initiative de sortir de la calèche, levant les mains pour signifier qu’il ne posait aucun danger. Sa veste était entrouverte, exposant clairement son holster, lequel contenait un pistolet automatique primitif (pour Iggy) mais efficace. Il savait les Tekhanes diablement sexistes, mais il savait également qu’elles étaient trop concentrées sur les formiens pour lui accorder plus qu’un entretien avant de le laisser passer.

« Excusez-nous. » Commença Iggy. Il n’était pas venu les mains vides, ce qui aurait probablement été mauvais pour lui à ce moment précis. « Nous cherchons à nous rendre dans les territoires en périphérie de Tekhos, nous sommes porteurs d’accords miniers Castelquisians. » Les accords miniers, le point faible de ces petites Tekhanes. Pas de quoi les rendre beaucoup plus polies avec un homme, mais de quoi leur faire couvrir leurs crocs, de peur que la hiérarchie ne les sanctionne. L’état avait besoin de ces denrées.

« Ouais. » Surenchérit le paysan qu’était Daaman, mâchonnant un genre de bâtonnet mentholé avec autant de grâce que le ferait un bœuf.

Celle qui semblait être la chef de l’escouade poussa un soupir, décalant légèrement son visage sur le côté pour parler à son micro. Elle semblait demander l’aval du second poste, situé à l’opposé du pont. Il y eut un silence, puis un grésillement difficile à comprendre. Pour quiconque n’était pas un cyborg, cependant. Car l’oreille précise d’Iggy n’avait pas manqué une miette de l’échange.

Le soldat leur déclara qu’ils devraient attendre quelques minutes que la sergente vienne inspecter leur calèche, ce qui arracha un soupir à Daaman, dans toute son impatience. Iggy hocha la tête, s’adossant à un rocher proche, bras croisés sur son torse, regard vers le pont. Plus vite cette histoire serait réglée, plus vite il pourrait en finir avec cet endroit qu’il considérait comme un trou sur tous les plans, sauf technologique.

Cette journée aurait dû être normale, mais l’ancien soldat n’était pas prêt pour ce qui l’attendait. Ses yeux entrainés ne pourraient trahir sa surprise, sa bouche s’entrouvrirait pour trahir son émoi. Entre incompréhension, rage et tristesse lorsqu’il verrait ce fantôme ressurgir du passé. A voir ce qu’elle ferait de lui, elle avait l’avantage. Il avait perdu l’habitude de sortir son arme en voyant son visage.

Suzumebachi:
Déjà presque 3 ans qu’elle était arrivée à Tekhos. Au début elle avait été déstabilisée par les mœurs des Tekhanes pour finalement s’en servir à son avantage. Les femmes dominaient complètement la ville et ses alentours. S’il n’y avait pas les formiens, Suzumebachi se demandait s’il n’était pas possible pour Tekhos de conquérir encore plus loin.

Toujours était-il que Suzumebachi avait dû faire contre mauvaise fortune bon cœur. Elle s’était fait une carrière dans les services spéciaux de Tekhos. A telle point qu’elle avait fini par se faire remarquer par les militaires. Sa formation la faisait passer pour un génie auprès de ses nouvelles compatriotes. D’aucun aurait sûrement été ravi de l’attention qu’on pouvait leur porter mais ce n’était pas le cas de Suzu’. Elle qui voulait se fondre dans les ombre se retrouvait un peu trop à la lumière.

Cependant, la jeune femme n’avait pas oublié d’où elle venait et était toujours déterminée à trouver un moyen de retourner chez elle. Se faire admettre dans l’armée lui donnait une nouvelle opportunité de recherche. Si elle était capable de trouver les bons alliés, peut-être qu'un moyen pourrait être trouvé pour retourner chez elle. Suzu avait entendu parler de portails permettant de changer de dimension mais n’en avait malheureusement pas eut confirmation. Cependant, cela ne signifiait pas que c'était impossible. C'était un grand univers et il devait y avoir un moyen de se téléporter chez soi.
C’est ce qu’on appelle l’espoir.

Ce matin-là, elle avait donc rendez-vous avec sa nouvelle supérieure hiérarchique. C’était une simple affectation mais si vous aviez un physique avantageux vous passiez généralement au moins une fois dans le bureau de votre supérieur. Si vous pouviez passer sous le bureau, c’était encore mieux. Autant dire que ce n’était pas dans les projets de Suzu’, les femmes ce n’étaient pas vraiment son truc. Une fois de temps en temps avec une qui lui plaisait vraiment pourquoi pas, mais pour l’heure c’était une quasi-répulsion que de s’imaginer avec sa cheffe.

Suzu dû faire montre de toute son ingéniosité pour échapper aux avances féminines. Sa cheffe insista lourdement sur le fait qu’on lui faisait une faveur de la faire passer dans cette unité sans avoir à se taper l’école militaire. C’était dur pour la jeune femme de ronger son frein. Elle avait eu l’habitude qu’on la respecte et là elle avait l’impression qu’elle n’était qu’un jouet dont on pouvait se débarrasser à tout moment.

Son manque d’enthousiasme face à la gent féminine lui apportait une certaine réputation de femme frigide et/ou de femme difficile. Mais bien plus que ça, elle avait compris que ça lui fermait certaines portes. Elle a dû accepter que son poste fût temporaire et qu'elle ne serait jamais à la tête d'une escouade. Pourtant, Suzu n'était pas trop déçue de son sort, elle pouvait enfin sortir un peu de la cité et s’exercer à l’air libre.

Suzu n'était pas une personne particulièrement religieuse, mais il y avait une chose qu'elle considérait comme une grande vérité. Que tout est arrivé pour une raison. Même le fait que Iggy ait réussi à l’envoyer ici. Il y avait forcément une raison.

Quel connard !

Suzumebachi en voulait toujours pour ce qu’il lui avait fait. Si elle arrivait à retourner chez elle, elle ferait en sorte de le retrouver et de lui casser sa jolie gueule.

Son affectation personnalisée enfin terminée, c’est prestement que Suzu rejoignit sa nouvelle escouade. Servir et suivre les ordres étaient des choses qu’elle savait parfaitement faire et ce milieu était le sien. La sergente-chef était une femme d'âge moyen avec des cheveux grisonnants et un grand visage rectangulaire que vous retrouveriez sur n'importe lequel des "héros" qui jonchaient toutes les installations militaires de la planète. Elle était chargée de donner à l'escouade ses ordres de marche et déciderait de la disposition de chacune de leurs ressources. Elle avait un regard froid, presque cruel dans les yeux alors qu'ils examinaient Suzumebachi. Au moins une qui ne semblait pas penser avec ses hormones.

La femme lui donna ses ordres. Suzu se retrouvait donc à un point de contrôle et sa mission était de vérifier les divers convois qui tentaient de passer.
Ce point de contrôle ne servait pas qu’à vérifier qu’un intru mal intentionné ne tente de s’emparer de la cité mais son rôle principal était la surveillance des Formiens. A cette fonction il y avait de nombreuses tours qui abritaient des scanners capable de balayer une large zone. De ce point de vue, les gardes pouvaient scruter la ville et les zones avoisinantes à la recherche de tout mouvement pouvant être lié à leur pays.

Suzu a été placé au centre, à côté d'un énorme scanner. L'endroit lui-même était très grand et il y avait de nombreux soldats en arrière-plan qui ne participaient pas à l'opération. Elle fut contactée par une soldate de l’avant pour venir contrôler une calèche. Ce n’était pas le genre d’action à laquelle elle s’était attendue mais au moins elle n’était pas oisive.

Suzu suivit rapidement les ordres de sa supérieure et alla vérifier la calèche. Elle était garée juste devant le poste de contrôle et quelques gardes étaient en train de loucher dans sa direction avec une légère méfiance dans le regard. Suzumebachi sourit car elle savait que le regard n’était provoqué que par l’unique présence masculine. C’était selon elle ridicule. Elle s’avança donc vers le cocher, souriante et demanda poliment à l’homme s’il allait bien. Le dénommé Daaman resta coi un instant avant de répondre prudemment, inquiet de la soudaine Tekhane amicale qu’il avait devant lui. Il tourna son regard vers son acolyte un peu circonspect.

Suzu suivit son regard et son sourire s’effaça progressivement. Son visage passa par toutes les émotions possibles. Stupéfaction, rage, tristesse et même joie. Elle ne savait plus. Les émotions affluaient et elle perdait le contrôle.

- Qu’est-ce que…

Non, c’était impossible. Pourtant, tout ses membres tremblaient à la vue de l’individu.

- Ignatius…Comment…

Elle avait toujours pensé qu’en le voyant, elle lui mettrait un coup là où ça fait le plus mal. Mais elle était comme hébétée.

- Tu es venu pour moi c’est ça ? Tu es ven...

Elle ne put finir sa phrase qui fut interrompue par le son strident d’une alarme. L’un des scanners s’affolait bientôt suivit par un second, puis un troisième. L’avantage c’est que cela fit sortir Suzu de sa torpeur et elle se refocalisa immédiatement sur sa mission.

- Qu’est ce qui se passe ?

- Des Formiens…beaucoup…ils vont vite…trop vite…

Le sol tremblait et les chevaux de la calèche s’agitèrent. Tout à coup, un groupe de formiens sortis de sous terre surprenant la soldate en première ligne qui se retrouva nez à nez avec l’une de ces horreurs. Dans un sursaut de lucidité, Suzu asséna une claque sur la croupe d’une des bêtes la faisant démarrer au galop. Le pauvre paysan eut du mal à ne pas tomber alors que Suzu autorisait son entrée express derrière le pont afin de le protéger.
En revanche, Iggy n’étant pas dans la calèche avec son comparse se retrouva bon gré mal gré dans la fourmilière !

- N’imagine même pas t’en sortir comme ça Ignatius, mais pour le moment…

Suzu dégaina son arme et visa l’un des formiens qui s’avançait vers eux. Iggy et Suzu se retrouvaient seuls de leur coté avec une mer d’aliens les séparant à présent du reste de l’escouade. Ce n’était pas la première fois que les deux anciens amis affrontaient ce genre de créatures mais Suzu n’avait plus - et elle pensait qu’Iggy était dans le même cas - confiance en son partenaire. Les tirs et les cris éclataient de toutes parts ! Sous les yeux de Suzu, celles qui étaient ses collègues tombaient une à une sous la pression des Formiens.

Iggy Stardust:
La première soldate était claire : les deux « sales mâles » resteraient ici jusqu’à temps que toutes les cellules du poste frontière aient donné leur aval. Elles semblaient plus tendues qu’à leur habitude. Iggy ne tenait pas rigueur à ces femmes de leur manière, elles avaient été éduquées ainsi, de parfaits petits pions pour des corporations et gouvernement qui se moquaient pertinemment de leur existence. Daaman était plus ouvert quant à ses réservations, cependant.

« Toujours à casser les burnes celles-là. C’quoi le problème cette fois ? » Le brave paysan avait du mal à comprendre le langage des Tekhanes, et par langage, il s’agissait des us et coutumes dont devaient faire preuve les hommes en présence de femmes Tekhanes. Le cocher avait aidé Iggy à combattre des dragons, des squelettes animés par la magie d’un nécromancien et autres abominations, mais il perdait toujours tout bon sens au pire moment.

Voilà maintenant que l’aval d’un second poste était requis, de quoi retarder encore plus le passage de la calèche. Mais quelque chose d’autre troublait les sens d’Iggy. Un mauvais pressentiment, l’impression que le duo n’était pas au bout de ses peines. Était-ce l’invasion formienne qui approchait, ou le destin, sur le point de mettre une belle gifle à Igniatius ?

Iggy avait toujours été du genre sceptique. Jamais il n’avait cru à un Dieu ou à un paradis, pas plus qu’à un enfer. Mais la magie de Terra, les choses qu’il avait vus, qu’il avait affronté, lui avaient remis les idées en place. Maintenant ? Il ne savait quoi penser, mais il savait que si l’enfer l’attendait, ce serait le visage renfrogné de Suzumebachi qui l’y accueillerait. Pour l’heure, c’était le silence complet de l’escouade Tekhane qui accueillait Iggy et son ami.

« Vous n’êtes pas très bavardes, pas vrai ? » Iggy n’était pas du genre à laisser faire les choses, certainement pas devant des petites soldates à peine sorties de l’académie. Son insubordination lui valut évidemment un coup de crosse à l’arrière de la cuisse, mais il plia à peine le genou. Un grommèlement quitta ses lèvres alors qu’il se redressait.

Il y avait quelque chose d’affreusement lourd dans l’air. Une impression différente des autres fois. Le mercenaire observait les alentours d’un air anxieux. Était-ce le calme d’un endroit habituellement rythmé par les cris des officières ? Ou bien était-ce la façon presque imperceptible dont les soldates lui paraissaient plus tendues qu’à l’ordinaire ?

« Quoi. »

Que dire d’autre ? Iggy se demandait s’il était enfin mort. Sans doute l’escouade de Tekhanes lui avait-elle tiré dessus sans sommation. Peut-être ce pont était-il le passage vers les limbes, le dernier jugement avant que le jeune Stardust ne disparaisse à jamais. Sans doute était-ce réellement le cas. De façon moins biblique.

Le mercenaire aurait pris son propre pouls s’il le pouvait, afin de déterminer si son cœur battait à tout rompre, ou s’il avait cessé de faire son office. Une goutte de sueur, puis deux, glissèrent sur son front. Mais jamais son regard ne vira à droite ou à gauche, plus haut ou plus bas. Si c’était la mort, si c’était la réalité, il l’acceptait.

« Je… »

Je, rien. Combien de fois avait-il imaginé cette scène ? Pour une fois, pas de rétorque bien placée, de petite vanne avant une échappée héroïque. Cette fois, le destin lui avait infligé une gifle si violente qu’elle le laissait pantois. Il ne savait pas trop ce qu’il voulait. Disparaître ? L’enlacer et lui proposer de trouver un chemin « chez eux » ? Restaient-ils ennemis ?

Il était rare, éloquent et charismatique comme il l’était, qu’Iggy se retrouve bouche bée, incapable de produire le moindre son. Daaman en prit d’ailleurs note, haussant un sourcil, visiblement confus par l’interaction entre les deux militaires. Fort « heureusement », un tremblement de terre d’une grande violence interrompit ces touchantes retrouvailles.

« Les formiens ! » Iggy réagit au plus vite, bondissant sur le coté avant de rouler loin du trou qui venait de se former dans le sol. Il en avait rarement vu autant, et pour une fois, il n’était pas mécontent d’être entouré de militaires Tekhanes. Même l’idée d’être en face de celle qui avait passé des années à tenter de le tuer, était plus agréable que la pensée de mourir ici sous les assauts formiens. Malgré tout, le soldat remarqua l’effort de son ancienne amie pour sauver Daaman, l’envoyant en sécurité de l’autre coté du pont. Pouvait-il lui faire confiance ?

Le pistolet d’Iggy n’était pas fait pour combattre des créatures comme celles-ci. Les balles de son arme étaient assez puissantes pour pénétrer leur carapace, mais leur nombre ferait défaut pour affronter une telle vague. La confiance n’était pas ce qui préoccupait le mercenaire, en ce moment même. Peut-être son ancienne amie en profiterait-elle pour lui tirer une balle dans le crâne, qu’à cela ne tienne. Mieux valait cela qu’être dévoré par des formiens.

« Toi, devenir une petite garde-frontière à Tekhos ? Allons… » Iggy tira quelques coups en direction d’une rangée de formiens de la taille de gros chiens, aux crocs acérés, éclatant leur cervelle, la déversant sur le sol boueux. Avec la rapidité surhumaine que lui autorisait ses membres à moitié robotiques, il rechargea. Naturellement, la tournure du combat avait poussé les deux à se retrouver collés dos à dos, encerclé par une vague de ces créatures.

« Tu te souviens ? Comme sur Aguerro VI. » Une pointe de nostalgie dans la voix. Quand ils avaient dû repousser l’assaut de créatures endémiques à une jungle planétaire que la république souhaitait coloniser. Ils avaient fini ainsi, dos à dos, arrosant de feu et de plasma une véritable armée de monstres gigantesques, semblables à des fourmis. Ils avaient fini par être sauvés par leur escouade. Et cette fois, qu’est-ce qui les sauverait ?

Les créatures s’amassaient autour du duo, formant un cercle de plus en plus fin, désormais à seulement quelques mètres d’eux. Ce fut à ce moment qu’Iggy reconnut les nouveaux types d’insectes qui s’approchaient d’eux. Ils s’apparentaient à d’énormes araignées dont les pattes étaient velues d’énormes aiguillons, qu’ils pouvaient projeter sur leurs victimes. Les formiens comptaient les tuer de loin pour s’épargner la peine de venir s’occuper du couple récalcitrant de front.

« Reste avec moi et ne bouge pas ! » Rapidement, Iggy leva son poing gauche, une bague dessus formant un champ de protection magique similaire à un dôme de crystal. Il avait acheté cet objet avec sa première paie de mercenaire, et n’en regrettait à ce jour pas l’achat. Iggy n’était lui-même pas un magicien, mais il savait que cette bague aurait besoin d’être rechargée par un ou une mage dans peu de temps. Ce qui lui laissait supposer que cette diversion ne fonctionnerait pas bien longtemps. « On ne va pas pouvoir tirer non plus… Il faut qu’on attende qu’ils se tirent, et qu’on prenne un point de hauteur pour s’éloigner. »

Rien ne pouvait pénétrer l’enceinte de cet enchantement, mais il était également vrai que rien ne pouvait en sortir. Aussi les balles des deux soldats étaient-elles inutiles. Ils ne pouvaient qu’attendre, alors que les tirs des Tekhanes retentissaient à nouveau. La foule d’insecte essaya un moment de briser le verre, avant de reprendre sa route vers le pont une fois leur curiosité agacée.

La foule d’insecte s’était éparpillée, mais une prochaine vague arriverait, c’était certain. Peut-être Suzumebachi verrait-elle un chemin dans la foule de monstres, un moyen de rejoindre le sommet d’une colline d’où ils pourraient assister les défenseuses Tekhanes. Iggy, toujours dos contre son ancienne amie, tourna légèrement la tête pour lui parler.

« Je propose qu’on évite de s’entretuer pour disons… Une petite heure ? » Il rit alors, très nerveusement. Il savait qu’il était dans une splendide merde.

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