Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

Bonjour et bienvenue.

Ce forum présente des œuvres littéraires au caractère explicite et/ou sensible.
Pour ces raisons, il s'adresse à un public averti et est déconseillé aux moins de 18 ans.

En consultant ce site, vous certifiez ne pas être choqué par la nature de son contenu et vous assumez l'entière responsabilité de votre navigation.

Vous acceptez également le traitement automatisé de données et mentions légales de notre hébergeur.

Aria [Lorgain Rainorn]

Nos partenaires :

Planete Sonic Reose Hybride Yuri-Academia L'Empire d'Argos Astrya Hybride Industry Iles Mystérieuses THIRDS Petites indécences entre amis
Inscrivez-vous

Ukiyoe

Créature

Aria [Lorgain Rainorn]

dimanche 23 décembre 2012, 13:51:33

Les tengus aimaient voler. Un secret qui n'en était plus un pour personne. A cette liberté dans les mouvements, ce souffle d'air frais qui caressait plumes et peau à vif, s'accouplait la narquoise sensation de narguer en douceur toute créature qui n'en avait pas la possibilité - et en particulier les hommes, qui aimaient tant se vanter d'avoir les pieds sur terre. Il était pourtant tellement plus agréable de laisser traîner son esprit dans les nuages. Cela apportait confort et bien-être à ce peuple ailé, permettait la bonne entente de toute une civilisation qui perdurait en silence depuis des siècles, avec bien moins de problèmes que les hommes. Lorsque l'on pouvait flotter dans le ciel, on se préoccupait beaucoup moins de l'état de la maison du voisin, ou du fait qu'il soit mieux nourri ou mieux vêtu. Le pire, dans ce cas-là, étant que les tengu faisaient partie de l'espèce la plus vantarde de Terra... et que pourtant, chacun trouvait son compte en ignorant l'orgueil de l'autre. Là était la base de l'équilibre de cette drôle de race.

Loin d'être stupides à ce sujet, les tengu savaient où et quand déployer leurs ailes, certains parvenaient même à contrôler la température et le temps sur une très petite surface, bien que très rares et sans trop d'orgueil de cela - puisque c'était non un don, mais une capacité purement magique, apprise par d'autres.

Dans le village, une colline s'était comme naturellement aménagé pour permettre aux tengu d'exercer leur talent de voltigeurs. Tout en haut, en plein dans le vent changeant sans arrêt de direction selon les jours, les drapeaux plantés dans la terre battue pour délimiter le circuit se courbaient sous la force du vent. La force de cet élément était ici à son apogée : l'endroit avait été désignée aussi pour cela.

Karihn était nerveuse. Le jour de sa première voltige n'avait pas été choisi à son avantage. Cette après-midi était éclairée d'un soleil blanc excellent pour la visibilité, et d'un vent placé dans la bonne direction mais assez puissant pour déraciner certains arbustes. N'importe quel tengu aurait aimé se jeter dans le vide et s'envoler en se faisant pousser par l'air, les tengu audacieux et talentueux dans la voltige.
Mais Karihn n'était pas spécialement audacieuse, et même si elle aurait préféré sauter directement dans le vide que de l'avouer à ses amis qui l'avaient traîné ici, la voltige... ce n'était pas trop son truc. Elle préférait danser, chanter, comme n'importe quelle autre tengu - ces créatures étant enjouées de nature... mais elle n'appréciait pas de s'élancer en l'air. A cause du manque de pratique, ses ailes étaient donc faibles et engourdies, et le trac lorsque l'on l'avait poussé en haut de cette colline n'avait rien arrangé à l'affaire. Ses ailes étaient restées fermement collées à son corps, et une pierre n'aurait pas mieux coulé qu'elle.


***

« Ukiyoe-samaaaa~ ! »

On l'avait appelée du haut de la colline dans un cri de détresse. Et, comme une bonne petite super-héros, Ukiyoe avait été obligé de s'informer de ce qui se passait. C'était un peu comme ça que la considéraient les jeunes tengu, d'ailleurs : la Princesse vantarde se transformait souvent en héroïne courageuse qui n'avait rien d'autre à faire que de sauver untel ou unetelle du bout des ailes. Quand elle était posée au village, ce n'était pas trop dérangeant - ce n'était pas comme si il y avait grand-chose à faire par ici, de toutes façons... mais quand elle s'apprêtait à se faufiler par les sorties et longer les sentiers pour reprendre ses aventures, la réponse à l'appel se faisait grognonne. Pas devant les enfants bien sûr - maintenir la réputation, toutes ces choses-là... mais elle avait quand même fini par y aller, écouter ce qui venait de se passer, et courir sur le sentier de la pente, pour finir par se jeter dans le vide en un splendide saut de l'ange. Quand elle posa ses serres sur le sol de la forêt qui avait poussé en bas, on ne la voyait plus tant les fourrés étaient épais. Seuls subsistaient quelques plumes dans l'air qui commençait à s'imprégner d'humidité.

***

Ukiyoe ne connaissait que très peu Karihn. Elle avait plus de pensées pour les courageux, il fallait bien l'avouer. Mais la vision d'une jolie adolescente aux cheveux courts et aux kimono blanc avait traversé son esprit quand elle avait vu ses amis l'appeler à l'aide. Il manquait en effet cette silhouette discrète à leur côté, celle qui semblait vouloir se confondre avec leurs ombres tant elle ne parlait jamais. Ce fut cette même silhouette qu'elle retrouva au pied d'un vieux sapin, évanouie et à l'aile tordue de façon peu rassurante. Il ne manquait rien au tableau.
Il s'y rajoutait même quelque chose qui fit froncer les sourcils de la Princesse, derrière son masque de bois clair. Une épaisse silhouette qui se rapprochait en silence de la tengu assommée, ses pas faisant craquer les feuilles mortes. L'éclair de la lame qui surgit d'entre les plumes fit cesser ce bruit, tandis que Ukiyoe déclarait avec calme :


« Approche-toi d'elle et je coupe les tendons de tes énormes pattes. Tu auras affaire à moi plus vite que tu ne le penses. »

C'était déjà étrange de voir quelqu'un dans la forêt, aussi prés du village, et sans blessures ou même égratignure. Alors, le fait de voir quelqu'un comme par hasard pendant son expédition, aussi prés d'une de son espèce... La méfiance ne pouvait pas être retenue, tout comme la lame dans son fourreau.

てんぐ の 姫

Fiche et Coin du Chalant


Répondre
Tags :