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Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« Dernier message par Anéa le dimanche 15 mars 2026, 12:28:58 »Si on avait dit à Anéa qu'elle aurait le droit d'observer, ne serait-ce qu'un instant, le Prince des Trônes rougir, elle n'y aurait pas cru du tout. La jeune femme se serait mise à rire, prenant cela pour une vaste blague. Mais la vérité, c'est qu'il y avait là quelque chose de particulièrement perturbant, mais dans le bon sens. C'était comme si l'air ambiant avait changé...Pas un fracas céleste, pas une révélation divine, pas une bascule du monde. Juste...un déplacement infime ? Comme une pierre dans une rivière qui modifie très légèrement le courant...Ses prunelles glacées restèrent fixées sur Tsaphkiel alors qu'il détournait le regard, clairement gêné d'avoir été ainsi dévoilé. L'ancienne archange esquissa un sourire amusé, tout en haussant doucement les épaules, faussement innocente.
- Je suis une ancienne soldate. C'est normal que je fasse attention aux détails. Surtout de ce genre...
La demi-démone serait-elle un brin moqueuse ? Elle était plutôt attendrie par cette réaction des plus inhabituelles de la part du Prince des Trônes. Le gardien de l'Équilibre qui devenait tout rouge, perdre ainsi de sa contenance ne lui ressemblait pas, mais ce n'était pas déplaisant, bien au contraire.
Tout ce qu'il faisait aujourd'hui était...singulier. Sortant de l'ordinaire, même ses paroles étaient déconcertantes. Une petite pointe chaude brûla le corps de l'ancienne archange, là, juste derrière ses côtes. Anéa se pinça doucement les lèvres, pensive. Se faisait-elle des idées, ou bien, clairement, Tsaphkiel avouait-il que porter une cicatrice donnée par la jeune femme ne le dérangeait pas ? Cela sonnait presque comme s'il souhaitait garder une trace vive du passage de la déchue à même son corps, pour se dire qu'elle n'était guère un mirage. Devait-elle comprendre que le gardien de l'Équilibre serait prêt à se mettre en travers de la route des autres êtres célestes, juste pour protéger la demi-démone ? La demoiselle aux cheveux de jais secoua la tête pour reprendre ses esprits. Quelle imagination elle avait. Anéa devait arrêter de se fourvoyer. Le haut-ange délaissa le poigner de la jeune femme, celle-ci sentant alors un puissant blizzard la prendre.
- Tu ne pourras pas rester éternellement...
Ses yeux de glace n'arrivaient guère à quitter le corps de Tsaphkiel pendant qu'il s'échauffait à remettre ses vêtements, avec cette précision presque rituelle qui le caractérisait. Chaque geste était mesuré, exact, maîtrisé, comme s'il reconstruisait autour de lui l'armure invisible de sa fonction céleste. Pourtant, la jeune femme n'avait rien imaginé des choses précédentes : le rouge sur les joues du Prince des Trônes, la toute petite hésitation dans sa voix, la manière dont sa main avait quitté son poignet, dans un geste un peu trop long pour ne pas signifier quelque chose.
Anéa détourna finalement le regard, inspirant profondément l'air chargé de sel. Sa gorge, pourtant si serrée il y a peu, lui brûlait bien moins violemment désormais. Ou alors, peut-être qu'elle n'y faisait simplement plus attention. Un rire silencieux effleura son esprit. L'ancienne archange passa une main dans sa chevelure de jais, tirant sans douceur sur l'élastique qui la retenait en queue de cheval, libérant moult mèches sombres voguer aux aléas du vent. La jeune femme passa une main dans ses cheveux pour les dégager de son visage. Ses doigts laissèrent une trace sombre de sang séché sur sa tempe, mais elle n'y prêta pas attention. Elle plissa légèrement les yeux, observant l'horizon, revenant ensuite sur le haut-ange. Tsaphkiel était toujours là, toujours droit, toujours imposant, et pourtant...étrangement plus humain que quelques minutes plus tôt. Cette pensée la troubla plus qu'elle ne l'aurait voulu.
La guerrière prit le temps de ramasser ses armes et de les accrocher à sa taille, puis elle se redressa lentement, les bras au dessus de sa tête, pour s'étirer. Lorsqu'elle les laissa retomber, ses grandes ailes dans un blanc terne et aux pointes assombries se déployèrent, libres à nouveau. Anéa fit quelques pas en direction du gardien de l'Équilibre, écrasant sur son passage des fragments de coquillages et de sable humide.
- Suis-moi, ne traîne pas. On passera par mon balcon pour éviter qu'on nous voit en sang. Cela a beau être Seikusu, ça n'en reste pas moins le Japon. Enfin, la Terre. Plus tatillon que sur un autre plan...Bref.
Anéa ne tergiversa pas plus. Une simple impulsion de ses cuisses et la voici voguant à travers ce ciel qu'elle n'appréciait plus vraiment. Le voyage se fit dans le silence, comme à l'aller. Il lui arrivait de regarder par dessus son épaule si Tsaphkiel était toujours derrière elle. L'instant ne fut guère long en réalité. L'ancienne archange aperçut enfin son balcon, bien en hauteur. Elle s'y posa avec toute la délicatesse qu'elle pouvait avoir, scrutant rapidement autour d'elle et fit disparaître ses appendices qui lui rappelaient les Cieux dont elle ne faisait plus partie. La jeune femme fouilla dans l'une de ses poches et trouva ses clés, ouvrant finalement la porte du balcon pour rentrer dans sa cage de solitude...
- Tu sais...Si quelqu'un m'avait dit il y a des siècles que je me retrouverais à inviter le Prince des Trônes chez moi, je lui aurais ri au nez avant de lui mettre mon poing dans la figure.
Bien qu'elle passa la première, la jeune femme fit un signe de tête, invitant de ce fait le gardien de l'Équilibre. Même si l'appartement d'Anéa paraissait plutôt modeste, il ressemblait à un petit cocon soigneusement dessiné, où chaque espace mêlait confort, douceur et modernité. Si les deux anges étaient passés par la porte d'entrée habituelle, Tsaphkiel aurait pu découvrir un petit hall élégant, habillé d'un sol clair aux veines marbrées. C'était un espace de transition, discret, qui menait naturellement vers le cœur de l'appartement.
Sur la première porte à gauche se trouvait là, la salle de bains. Discrète mais fonctionnelle, on y trouvait un lavabo, des toilettes, et une baignoire assez grande pour qu'elle puisse s'y allonger de tout son long. Quant à la deuxième porte, celle-ci donnait à une chambre des plus basiques. Elle dégageait là une atmosphère paisible. En son centre se trouvait un énorme lit double, un king size pour ainsi dire, seul luxe que la guerrière s'était permis. Un petit bureau se trouvait au fond de la pièce, avec à côté, un petit fauteuil entouré de verdure pour servir de coin lecture, peut-être.
De l'autre côté de l'appartement, à droite de l'entrée, la cuisine s'organisait avec simplicité et efficacité le long du mur. Les surfaces étaient épurées, bien qu'avec un peu de vaisselle sale traînant dans l'évier. Il n'y avait guère de réel endroit pour dîner, mais un comptoir relié à la cuisine servait là de table à manger, et cela suffisait amplement à la jeune femme. De toute manière, elle n'en voyait pas l'utilité, elle ne recevait personne chez elle, la solitude étant sa seule compagnie.
En avançant, prônait là le salon, un espace chaleureux baigné par les tons du bois et des textiles doux. Un canapé gris profond s'étirait le long du mur, accompagné d'un petit fauteuil jaune qui apportait une touche lumineuse. Au centre, une table basse aux formes arrondies reposait sur un tapis clair, comme un îlot de calme au milieu de la pièce. Ce que les deux anges avaient foulé en arrivant n'était qu'un petit balcon mais représentait là le petit coin tranquille que préférait Anéa. Quelques plantes s'étendaient le long du mur, entourant une petite table et des sièges confortables. Un autre canapé était là pour se reposer, un endroit pour prendre l'air, boire un verre ou simplement laisser filer le temps à observer le ciel.
Anéa pointa une porte, non loin de l'entrée, désignant par ce fait la salle de bains. Elle donnait presque la sensation de vouloir se débarrasser de cet être céleste, rien que quelques minutes.
- C'est par là. Prends une douche. Pendant ce temps-là, j'vais voir si j'ai pas des fringues qui traînent pour toi. J'irai après toi, et ensuite, j'te soignerai.
Il devait peut-être rester des habits de passage de connaissances ou d'amants furtifs, ou bien même de déguisements...Qui sait ? Anéa n'en était même pas sûre.
- Je suis une ancienne soldate. C'est normal que je fasse attention aux détails. Surtout de ce genre...
La demi-démone serait-elle un brin moqueuse ? Elle était plutôt attendrie par cette réaction des plus inhabituelles de la part du Prince des Trônes. Le gardien de l'Équilibre qui devenait tout rouge, perdre ainsi de sa contenance ne lui ressemblait pas, mais ce n'était pas déplaisant, bien au contraire.
Tout ce qu'il faisait aujourd'hui était...singulier. Sortant de l'ordinaire, même ses paroles étaient déconcertantes. Une petite pointe chaude brûla le corps de l'ancienne archange, là, juste derrière ses côtes. Anéa se pinça doucement les lèvres, pensive. Se faisait-elle des idées, ou bien, clairement, Tsaphkiel avouait-il que porter une cicatrice donnée par la jeune femme ne le dérangeait pas ? Cela sonnait presque comme s'il souhaitait garder une trace vive du passage de la déchue à même son corps, pour se dire qu'elle n'était guère un mirage. Devait-elle comprendre que le gardien de l'Équilibre serait prêt à se mettre en travers de la route des autres êtres célestes, juste pour protéger la demi-démone ? La demoiselle aux cheveux de jais secoua la tête pour reprendre ses esprits. Quelle imagination elle avait. Anéa devait arrêter de se fourvoyer. Le haut-ange délaissa le poigner de la jeune femme, celle-ci sentant alors un puissant blizzard la prendre.
- Tu ne pourras pas rester éternellement...
Ses yeux de glace n'arrivaient guère à quitter le corps de Tsaphkiel pendant qu'il s'échauffait à remettre ses vêtements, avec cette précision presque rituelle qui le caractérisait. Chaque geste était mesuré, exact, maîtrisé, comme s'il reconstruisait autour de lui l'armure invisible de sa fonction céleste. Pourtant, la jeune femme n'avait rien imaginé des choses précédentes : le rouge sur les joues du Prince des Trônes, la toute petite hésitation dans sa voix, la manière dont sa main avait quitté son poignet, dans un geste un peu trop long pour ne pas signifier quelque chose.
Anéa détourna finalement le regard, inspirant profondément l'air chargé de sel. Sa gorge, pourtant si serrée il y a peu, lui brûlait bien moins violemment désormais. Ou alors, peut-être qu'elle n'y faisait simplement plus attention. Un rire silencieux effleura son esprit. L'ancienne archange passa une main dans sa chevelure de jais, tirant sans douceur sur l'élastique qui la retenait en queue de cheval, libérant moult mèches sombres voguer aux aléas du vent. La jeune femme passa une main dans ses cheveux pour les dégager de son visage. Ses doigts laissèrent une trace sombre de sang séché sur sa tempe, mais elle n'y prêta pas attention. Elle plissa légèrement les yeux, observant l'horizon, revenant ensuite sur le haut-ange. Tsaphkiel était toujours là, toujours droit, toujours imposant, et pourtant...étrangement plus humain que quelques minutes plus tôt. Cette pensée la troubla plus qu'elle ne l'aurait voulu.
La guerrière prit le temps de ramasser ses armes et de les accrocher à sa taille, puis elle se redressa lentement, les bras au dessus de sa tête, pour s'étirer. Lorsqu'elle les laissa retomber, ses grandes ailes dans un blanc terne et aux pointes assombries se déployèrent, libres à nouveau. Anéa fit quelques pas en direction du gardien de l'Équilibre, écrasant sur son passage des fragments de coquillages et de sable humide.
- Suis-moi, ne traîne pas. On passera par mon balcon pour éviter qu'on nous voit en sang. Cela a beau être Seikusu, ça n'en reste pas moins le Japon. Enfin, la Terre. Plus tatillon que sur un autre plan...Bref.
Anéa ne tergiversa pas plus. Une simple impulsion de ses cuisses et la voici voguant à travers ce ciel qu'elle n'appréciait plus vraiment. Le voyage se fit dans le silence, comme à l'aller. Il lui arrivait de regarder par dessus son épaule si Tsaphkiel était toujours derrière elle. L'instant ne fut guère long en réalité. L'ancienne archange aperçut enfin son balcon, bien en hauteur. Elle s'y posa avec toute la délicatesse qu'elle pouvait avoir, scrutant rapidement autour d'elle et fit disparaître ses appendices qui lui rappelaient les Cieux dont elle ne faisait plus partie. La jeune femme fouilla dans l'une de ses poches et trouva ses clés, ouvrant finalement la porte du balcon pour rentrer dans sa cage de solitude...
- Tu sais...Si quelqu'un m'avait dit il y a des siècles que je me retrouverais à inviter le Prince des Trônes chez moi, je lui aurais ri au nez avant de lui mettre mon poing dans la figure.
Bien qu'elle passa la première, la jeune femme fit un signe de tête, invitant de ce fait le gardien de l'Équilibre. Même si l'appartement d'Anéa paraissait plutôt modeste, il ressemblait à un petit cocon soigneusement dessiné, où chaque espace mêlait confort, douceur et modernité. Si les deux anges étaient passés par la porte d'entrée habituelle, Tsaphkiel aurait pu découvrir un petit hall élégant, habillé d'un sol clair aux veines marbrées. C'était un espace de transition, discret, qui menait naturellement vers le cœur de l'appartement.
Sur la première porte à gauche se trouvait là, la salle de bains. Discrète mais fonctionnelle, on y trouvait un lavabo, des toilettes, et une baignoire assez grande pour qu'elle puisse s'y allonger de tout son long. Quant à la deuxième porte, celle-ci donnait à une chambre des plus basiques. Elle dégageait là une atmosphère paisible. En son centre se trouvait un énorme lit double, un king size pour ainsi dire, seul luxe que la guerrière s'était permis. Un petit bureau se trouvait au fond de la pièce, avec à côté, un petit fauteuil entouré de verdure pour servir de coin lecture, peut-être.
De l'autre côté de l'appartement, à droite de l'entrée, la cuisine s'organisait avec simplicité et efficacité le long du mur. Les surfaces étaient épurées, bien qu'avec un peu de vaisselle sale traînant dans l'évier. Il n'y avait guère de réel endroit pour dîner, mais un comptoir relié à la cuisine servait là de table à manger, et cela suffisait amplement à la jeune femme. De toute manière, elle n'en voyait pas l'utilité, elle ne recevait personne chez elle, la solitude étant sa seule compagnie.
En avançant, prônait là le salon, un espace chaleureux baigné par les tons du bois et des textiles doux. Un canapé gris profond s'étirait le long du mur, accompagné d'un petit fauteuil jaune qui apportait une touche lumineuse. Au centre, une table basse aux formes arrondies reposait sur un tapis clair, comme un îlot de calme au milieu de la pièce. Ce que les deux anges avaient foulé en arrivant n'était qu'un petit balcon mais représentait là le petit coin tranquille que préférait Anéa. Quelques plantes s'étendaient le long du mur, entourant une petite table et des sièges confortables. Un autre canapé était là pour se reposer, un endroit pour prendre l'air, boire un verre ou simplement laisser filer le temps à observer le ciel.
Anéa pointa une porte, non loin de l'entrée, désignant par ce fait la salle de bains. Elle donnait presque la sensation de vouloir se débarrasser de cet être céleste, rien que quelques minutes.
- C'est par là. Prends une douche. Pendant ce temps-là, j'vais voir si j'ai pas des fringues qui traînent pour toi. J'irai après toi, et ensuite, j'te soignerai.
Il devait peut-être rester des habits de passage de connaissances ou d'amants furtifs, ou bien même de déguisements...Qui sait ? Anéa n'en était même pas sûre.









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