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Messages - Calypso Talaiporia

Pages: [1]
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Les alentours de la ville / Re : Water [...] washes away sin (PV)
« le: samedi 11 décembre 2021, 19:37:09 »
Un sourire éclaire brièvement les traits de Καλυψώ en entendant la réponse du jeune homme. Elle le fait bien vite disparaître pour afficher un air légèrement offensé.

« Madame ? Je parais si vieille que cela ? J'imagine que ce sont les cheveux, mh ? Ce n'est pas parce qu'ils ont l'air blancs que je suis une grand-mère, fais-t-elle semblant de marmonner, assez haut pour qu'il l'entende, mais pas assez pour avoir l'air de lui parler. »

Se laissant aller contre le dossier de sa chaise, elle croisa les jambes. La jupe, ample et rouge sombre, fendue au niveau de la cuisse droite, laisse voir ses jambes pâles, protégées par la fine étoffe semi-opaque de ses bas. Καλυψώ adorait les motifs de celui-ci. La dentelle noire contre sa cuisse ressortait divinement bien. Et si la jupe n'en dévoilait qu'une fraction, arrivant à peine au niveau du nœud de textile sombre, la prophétesse était certaine que ça attirerait l'œil de Clad et que ça enflammerait son imagination.

L'image du jeune homme, nu et en sueur, dansait devant ses yeux. Jouer les distractions pour éviter sa mort ne la gênerait probablement pas tant que ça, si la distraction les amenaient à se sauter dessus comme des bêtes en rut.

La jeune femme croisa les mains contre le serre-taille noir et argent qui ceignait sa taille et comprimait son chemisier blanc contre sa peau. Son décolleté était volontairement exagéré, laissant deviner la rondeur de sa poitrine au travers de l'étoffe immaculée. Elle ne portait pas de soutien-gorge, et laissait ainsi à Clad tout le loisir de remarquer la soudaine érection de ses tétons lorsque son esprit s'évadait à imaginer la soirée de distraction qu'elle pourrait lui proposer.

« Maintenant, vous en avez, répondit-elle enfin, à haute voix, s'adressant au jeune homme en face d'elle. Manger italien, ça vous va ? Je connais un restaurant à se damner, pas loin. Leurs pizzas sont à mourir, mais leurs plats de pâtes sont encore meilleurs. Je vous invite ? »

Elle lui laissait le choix d'accepter ou de refuser, bien entendu. Mais s'il refusait, elle n'hésiterait pas à le convaincre de reconsidérer sa réponse. Elle se leva, pendant qu'il réfléchissait, et tourna la pancarte à l'entrée du stand, indiquant qu'elle était fermée. En revenant, dans le dos du jeune homme, elle se pencha contre son épaule, laissant ses boucles d'un blond très pâle cascader contre sa nuque.

« Si vous ne voulez pas quitter le terrain de la foire, je peux nous faire livrer ici. Mais, je l'avoue, je suis partiale à l'ambiance que peut offrir un restaurant pur un tête-à-tête. On pourrait même mettre une chandelle ou deux, sur la table, non ? »

Est-ce qu'elle essayait d'influencer sa décision pour sortir du terrain de la foire ? Tout à fait. Elle n'avait pas reconnu les lieux, dans sa vision de l'homme quand il était nu. Mais elle savait que s'il restait à la foire, c'est là qu'il mourrait ce soir.

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Les alentours de la ville / Water [...] washes away sin (PV)
« le: samedi 03 juillet 2021, 18:40:56 »

• Water bathes us at birth and again at death, and in between it washes away sin. (Titre complet)

Καλυψώ, qui pouvait se traduire par Calypso, avait senti l’attraction pour Seïkusu bien des années auparavant. Pourtant, elle avait toujours repoussé, évitant comme la peste cette ville qui semblait être une plaque tournante de la communauté surnaturelle. Il y avait quelque chose là-bas qui l’appelait. Comme le chant d’une sirène appâte les marins, la ville semblait déterminée à y attirer la créature qu’elle était devenue.

Elle avait résisté, bien sûr. Pendant des années, elle avait voyagé aux quatre coins du globe, repassant parfois dans les contrées de sa lointaine enfance. Elle faisait un pèlerinage à Delphes à chaque centenaire, restant dans l’ombre, rendant hommage aux prophétesse qui l’avaient formée. Le dernier avait eu lieu il y a moins de dix ans, et elle se souvenait encore du choc qu’elle avait eu quand une petite fille -d’environ huit ans- s’était plantée devant elle et lui avait parlé sur un ton bien trop sérieux pour une enfant. « Ta résistance est futile, fille de la mer. Suit l’Appel, suit ton destin, ou les souffrances de ton passé feront pâle figure à côté de ce qui t’attends », avait-elle dit, avant de se détourner et de retourner jouer, riant follement comme seuls les enfants savent le faire.

C’est là que Καλυψώ avait cédé. Elle s’était embarquée vers la ville nippone dans un de ces paquebots de croisière, et avait débarqué un soir de printemps. Après si longtemps sur terre, la femme-pieuvre avait développé un bon réseau de connaissances, et -en quelques clics- elle eut une nouvelle identité. Même prénom, mais nom de famille différent. Cette fois, elle s’appelait Καλυψώ ταλαιπωρία, traduit par Calypso Talaiporia. Elle gardait toujours un nom aux consonnances grecques, en lien avec son passé, et toujours écrit en grec.

Forte de ses talents pour pouvoir voir le passé ou l’avenir des gens, elle travailla dur pour s’établir en tant que Diseuse de Bonne Aventure réputée. En quelques années, sa réputation n’était plus à faire en ville. Peu importe où elle travaillait, elle était sûre d’attirer les gens.

Piochant dans son petit (considérable) pécule accumulé depuis des siècles avec chaque nouvelle identité (les fonds étaient transférés en tant qu’héritages, Καλυψώ se faisant toujours passer pour la fille, ou la petite-fille, de son identité précédente, avec cette étrange tradition de nommer chaque fille première-née du même prénom que ses ancêtres), la prophétesse ouvrit son propre magasin de magie : Enticing Magic Shop (EMS pour faire court). Elle y vendait de tout, allant des plantes aux artefacts ésotériques. La vague Wiccane avait popularisé ce style de vie, et elle ne manquait pas de clients, qu’ils soient croyants, pratiquants, véritablement dotés de pouvoirs, en quête d’un cadeau ou juste des touristes.

Chaque mercredi, elle réservait la journée pour des sessions de lecture d’avenir. Selon les clients, elle utilisait le tarot, la boule de cristal, la lectures dans les lignes de la main, ou encore dans les feuilles de thé, essayant d’adapter la méthode avec ce qu’elle percevait en premier lieu de la personne venue la voir. Chaque session prenait une heure, en commençant à 9h, et en finissant à 2h le jeudi matin, prenant une heure de pause entre 13h et 14h, et une entre 20h et 21h. Chaque plage horaire était toujours occupée, avec un total de quinze client dans la journée, facturée 7000 yen (soit environ 53€). En une heure, elle couvrait le passé et le futur des clients venus la voir, essayant de les aiguiller vers les chemins les plus propices à les mener vers le bonheur. De temps à autres, elle tombait sur une personne aux intentions clairement mauvaises, et mentait -avec un air de sincérité- pour les mener sur un chemin qui les guiderait à leur arrestation.

 Enfin, le magasin étant ouvert sept jours sur sept, Καλυψώ avait engagé une jeune sorcière pour gérer le magasin de temps à autres, comme quand elle prenait un jour de repos, ou qu’elle était en consultation. Ou encore quand elle participait à une foire et qu’elle tenait un stand pour lire la bonne aventure aux participants (c’était une lecture moitié moins chère, plus brève qu’en consultation, avec le choix entre le passé et l’avenir, et d’une demi-heure maximum).

Plus récemment, avec le succès d’EMS, Καλυψώ avait racheté l’immeuble accolé au magasin et l’avait fait intégralement rénover pour le transformer en hôtel. L’ambiance donnée reflétait la Grèce antique, le temple de Delphe, le temps des croyances et de la magie assumée. Il y avait des suites de luxe, aux noms de déités grecques, ainsi que des options plutôt cool, comme la piscine sur le toit terrasse, ou encore la salle de sport au dernier étage. La petite particularité de l’hôtel, appelé « Witchy Inn », était que chaque client surnaturel était repéré dès l’entrée, et une petite brochure était rajoutée avec la carte de la chambre, indiquant une arrière sale où ils étaient libres de se retrouver sans devoir se cacher. Une sorte de bar clandestin, un peu comme lors de la prohibition américaine. Mais on n’y retrouvait pas que les clients de l’hôtel.

Le mot s’était vite répandu dans la communauté surnaturelle de la ville, et il n’était pas rare d’y croiser « les habitués », des résidents de la ville qui venaient ici pour se détendre. La seule règle, que tout le monde respectait, était qu’il fallait rester sage. Et par là, Καλυψώ insistait particulièrement sur le « Zone Neutre » (donc pas de violence, pas de règlements de comptes, pas d’effusion de sang) et le « Consentement » (il était tout à fait autorisé de boire le sang d’une autre créature si elle était d’accord, pour les vampires, ou bien de charmer une proie afin de partager son lit, pour les démons, ou encore de glisser une potion ou un sortilège dans le repas ou le verre d’un autre client, pour les sorcières).

Oui, Καλυψώ avait longtemps évité Seïkusu. Mais, maintenant qu’elle y était, elle ne comptait pas partir de sitôt. Elle avait du succès, de l’argent, et des contacts. Que demander de mieux, pour une créature qui se changeait en femme-pieuvre d’une simple pensée ?

Ce week-end-là, il y avait une foire en ville. La femme -aux cheveux d’un blond si pâle qu’ils paraissaient blancs- avait accepté de tenir un stand de voyance. Même si les consultations étaient deux fois moins chères qu’en magasin (et elles étaient aussi deux fois moins fatigantes et deux fois moins longues), elles étaient très rentables. Non seulement ça lui permettait de faire sa pub, laissant chaque client repartir avec une carte de visite pour le magasin et l’hôtel, mais les demandes étaient toujours très simples : « Est-ce qu’on va se marier, être heureux et avoir beaucoup d’enfants ? » ou encore « Comment faire pour devenir riche et célèbre ? » étaient les plus fréquentes. De temps à autres, elle tombait sur un intru, un homme ou une femme ayant en tête quelque chose de criminel, et Καλυψώ envoyait un tuyau anonyme à la police ou bien leur mentait avec aplomb quand ils voulaient savoir si leur plans marcheraient.

Mais parfois, elle avait aussi des cas un peu plus spéciaux. Comme ce jeune homme, entré dans sa tente cinq minutes plus tôt. Ce n’est pas que la question qu’il avait posée était très compliquée, mais plutôt que les images qu’elle avait en visualisant le domaine précis pour lui répondre. Elle ne cessait de le voir tantôt en pleine forme, nu et en sueur comme après une bonne partie de sexe, et tantôt étendu sur le sol, livide, le corps brisé, les yeux ouverts mais opaques. Καλυψώ savait pertinemment qu’il n’y avait qu’une seule explication. Soit elle agissait, et sauvait la vie du jeune homme, soit elle restait les bras ballants, et il mourrait avant la fin de la nuit. Et sur le terrain utilisé pour la foire, si elle se fiait aux détails de ses visions.

Relâchant les mains de son client, la prophétesse soupira longuement en ouvrant les yeux, plongeant ses prunelles -de la teinte du bleu des mers du sud- dans celle du jeune homme. Elle ôta le voile diaphane qui couvrait ses cheveux, et détacha ceux-ci du chignon rapide qu’elle avait fait plus tôt. Les clochettes accrochées aux pans du voiles tintinnabulèrent un instant, et le silence reprit ses droits. Καλυψώ s’adossa à sa chaise, laissant voir que pour son stand sur la foire elle avait pris le parti du jouer sur le cliché des diseuses de bonne aventure romani, et soupira de nouveau avant de souffler quelques mots.

« Aviez-vous des plans pour la soirée, monsieur Oyio ? »

Elle arborait un petit sourire malicieux, séductrice. Elle n’était pas très subtile dans sa question, mais ça servirait sûrement à appâter le jeune homme. De ce qu’elle avait pu voir de lui, il ne dirait probablement pas non à une soirée en sa compagnie. Καλυψώ devra fermer son stand plus tôt que prévu, mais elle prévoyait de compenser en restant ouverte plus longtemps le lendemain.

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One Shot / I looked upon the sea, it was to be my grave (PV)
« le: samedi 24 avril 2021, 18:57:34 »
Après quelques années passées, Καλυψώ ne s’était toujours pas habituée à cette malédiction. Elle n’était pourtant pas si terrible, au fond. Qu’est-ce c’était, de se voir pousser quelques tentacules, quand certains étaient changés en monstres changeant les gens en pierre d’un simple regard ? Quand d’autres étaient transformés en araignées et pondaient des œufs ?
 
Mais ce n’était malgré tout pas une sinécure, il faut l’avouer. La demoiselle était condamnée à passer sa vie -immortelle, à présent, en plus- à proximité de l’océan. Elle ne pouvait pas marcher sur terre sans ressentir après quelques heures le besoin de retourner à l’eau. Sans avoir la peau qui se fripait, les tentacules qui se rétractaient, sans avoir la douleur que la sécheresse de la terre impliquait.
 
Elle passa une main délicate sur son abdomen, caressant l’épaisse couche presque caoutchouteuse qui avait recouvert son buste lorsque les tentacules avaient fait leur apparition. Au moins, elle n’était pas vraiment nue. Sa poitrine et son ventre étaient recouverts.
 
Pas comme ces foutues sirènes avec qui elle avait essayé de s’entendre il y a quelques temps. De vraies divas, celles-là. Toujours à rechercher l’adoration des marins, qu’elles éloignaient des débris de leurs navires explosés sur les récifs, à les cajoler jusqu’à ce qu’ils s’amourachent. A les baiser jusqu’à être imprégnées pour mieux les noyer ensuite et donner naissance à une progéniture aussi monstrueuses qu’elles.
 
Καλυψώ ne se fondait pas dans la masse, d’ailleurs, avec les sirènes. Ses tentacules la mettaient à part, et le fait qu’elle ait gardé ses jambes en-dessous également. Elle n’était pas non plus intéressée par le meurtre gratuit après fécondation. Après trois ans à tenter de s’intégrer, elle avait pris le large.
 
Elle était tombée une fois sur Poséidon. Ce mufle avait eu l’audace de lui demander si « maintenant » elle voulait bien l’épouser. Elle avait utilisé une arme qu’elle ignorait posséder pour s’enfuir, laissant un nuage d’encre qui formait sa silhouette à la place et s’éloignant aussi rapidement possible de ce goujat.
 
Rien que de repenser au dieu fit grimper la rage de la jeune femme. Καλυψώ shoota dans un coquillage, l’envoyant plonger au milieu de l’eau quelques mètres plus loin. Levant les yeux vers la lune et les étoiles, elle soupira. Elle était condamnée à vivre sa vie ainsi, solitaire, malheureuse, sujette aux moqueries des autres êtres marins et au rejet des êtres humains. Elle n’était même pas fichue de se suicider, ses blessures guérissant presque instantanément.
 
« Γαμώτο, jure-t-elle en shootant dans un autre coquillage. Σκατά, rajoute-t-elle pour faire bonne mesure, tournant le dos à la mer. »
 
Son regard tomba alors sur la seule habitation à des kilomètres à la ronde, et elle s’approcha avec curiosité pour épier à l’intérieur à travers la fenêtre.
 
Mais peut-être aurait-elle dû se contenter de retourner à l’eau et de nager plus loin…

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Prélude / Re : So sad, so true ♪ [Vanéalidée !]
« le: lundi 19 avril 2021, 20:18:21 »
Eheheh, merci <3

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Prélude / Re : So sad, so true ♪ [Vanéalidée !]
« le: dimanche 18 avril 2021, 20:04:58 »
Oh yeah, thank you <3

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Prélude / So sad, so true ♪ [Vanéalidée !]
« le: dimanche 18 avril 2021, 18:16:04 »
Nom, prénom : ταλαιπωρία, Καλυψώ. (Talaiporia, Calypso.)
Âge : 23 ans depuis quelques millénaires.
Sexe : Féminin.
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle.
Profession : Fortune Teller, propriétaire et patronne d’un magasin de magie (Enticing Magic Shop) et d’un hôtel accolé au magasin (Witchy Inn).

Pouvoirs : Basique télékinésie, lecture de possibilité d’avenir avec divers moyens, grimoires emplis de sortilèges et de recettes de potions qu’elle réussit plutôt bien, et capacité de voir et discuter avec les fantômes et autres esprits errants.
Malédiction : Changée en femme-pieuvre il y a des siècles de cela, elle était condamnée à rester dans l’océan pour l’éternité. Le temps n’a aucune prise sur elle, et sa nouvelle forme lui a offert des capacités de guérison et de régénération plutôt chouettes. Mais elle a croisé le chemin d’une puissante magicienne, et sa malédiction ne se déclenche à présent que lorsqu’elle est en contact avec l’eau de mer. Et selon sa propre volonté, mais il est rare qu’elle veuille brandir ses tentacules de sa propre volonté.
Faiblesse : Comme tout être humain (même si elle est moins fragile), elle peut mourir par décapitation, hémorragie, balle en plein cœur, etc. Enfin, tant que son facteur de guérison ne prend pas la main, en tout cas.

Histoire :

Καλυψώ (de nos jours, ce serait prononcé « Calypso ») est une jeune princesse d’une île des Cyclades (Andros), née environ cinq siècles avant l’avènement d’un certain Jésus Christ. Fille cadette du roi, elle n’était pas censée régner, et elle s’en portait tout aussi bien. Elle préférait largement passer ses journées à se balader, à lire au bord de mer, ou encore à embêter son frère aîné lors de ses leçons de port de l’épée.

Somme toute, elle eut une jeunesse insouciante, gâtée, aimée et aimante en retour. Mais sa petite vie idyllique se trouva bousculée dès lors qu’elle atteignit l’âge de porter des enfants. C’est-à-dire, quand son cycle menstruel débuta. Ce ne fut pas la seule chose qui commença à se manifester. La jeune Καλυψώ se rendit compte qu’elle pouvait entendre les pensées des gens qui l’entouraient. En se concentrant, elle pouvait plonger plus loin que les pensées de surface, et fouiller la mémoire des individus sur lesquels elle se focalisait. Plus étrange encore, elle avait l’impression de pouvoir prédire quelques futurs possibles pour ces personnes qu’elle touchait par hasard ou accident.

Jeune et fidèle, Καλυψώ se confia à sa famille un soir, au dîner. Elle n’avait que treize ans, mais il fut décidé de l’envoyer auprès d’une pythie à Delphes afin d’explorer ces dons. Qui sait, peut-être est-elle la prochaine Pythie, même si elle vient d’une famille royale. Elle y passe en tout cas quatre années, à étudier après des oracles d’Apollon, à affiner son contrôle sur ses facultés. Elle n’est pas une oracle, comme les Pythies, elle ne reçoit pas la présence du dieu Apollon en elle. Elle est quelque chose d’autre. Un outil des dieux, à n’en point douter. Quelque chose d’inconnu encore, mais qui sera certainement profitable à long terme.

Après ces quatre années à Delphes, Καλυψώ n’a plus rien à apprendre des Pythies. Elle est donc renvoyée sur l’île d’Andros, prête à entrer dans l’âge adulte et à aider sa famille avec ses capacités.

(Physique)

Celle qui était parti fillette, à peine adolescente, revient presque femme. Sa crinière, d’un blond si pâle qu’il paraissait presque blanc, lui arrivait jusqu’au creux des reins en boucles souples, fluides, qui encadraient un visage aux traits fins, délicats. Son nez avait tout de la perfection grecque, fin, droit, a l’extrémité pointue et aux narines étroites. Il surmontait des lèvres charnues, de la teinte de groseilles bien mûres, toujours étirées en un sourire affable. De chaque coté de son petit nez parfait, il y avait ses grands yeux de biche, aux iris de la même teinte de bleu que les mers idylliques du sud. Ils étaient souvent curieux, ou emplis d’affection pour sa famille, mais pouvaient s’assombrir rapidement si la jeune Καλυψώ était contrariée.

Son visage ou sa chevelure n’étaient pas les plus remarquables, cela dit. Car, en grandissant, la douce Καλυψώ avait hérité du corps tout en courbes de sa mère, et de la posture autoritaire de son père. Elle se tenait toujours droite, fière et digne, et regardait toujours ses interlocuteurs dans les yeux. Elle pouvait afficher la même expression impassible que son père lorsqu’il écoutait les plaintes de ses sujets, mais elle pouvait aussi laisser chacune de ses émotions se lire sur ses traits lorsqu’elle ne contrôlait pas son visage. Quand elle se détendait, on retrouvait parfaitement la séduisante reine d’Andros. La même poitrine généreuse, ferme et arrogante, la même taille fine et les même hanches fécondes, les mêmes jambes galbées, athlétiques mais pas sculptées par les muscles. Et sa démarche ! De dos, on ne pourrait pas différencier la mère de la fille sans les connaître intimement. Καλυψώ a en effet adopté la même démarche féline de sa mère, roulant des hanches tout aussi naturellement qu’elle mettait un pied devant l’autre pour avancer, inconsciente du charme que son fessier rebondi laissait dans son sillage.

(Mental)

Mais les changements, la maturation, n’étaient pas que physiques. La fillette qui était parti, enthousiaste, croquant la vie à pleine dent, avide d’apprendre et à l’éternelle bonne humeur était devenue une toute jeune femme à l’air posée. Ses yeux brillaient encore de tout ce qu’elle était plus jeune, mais il y avait la sagesse de l’âge également, une retenue apprise en quatre ans d’apprentissage dans un environnement reculé, secret. On pouvait aussi deviner, rien qu’à la courbure de ses lèvres, que Καλυψώ ne se laissait pas facilement faire. Que, dès lors qu’elle avait une idée en tête, il était très difficile de la faire changer d’avis.

Elle n’était pas devenue cruelle, tout ce temps passé loin de sa famille, mais elle avait appris à réfréner sa générosité, sa manie de faire confiance au premier venu. Elle avait appris à s’affirmer aussi, à ne pas craindre de déplaire à son interlocuteur. Καλυψώ était devenue une jeune femme assurée, confiante en ses capacités, mais avec aussi un soupçon (ou plus ?) de sournoiserie. On ne peut pas en permanence recevoir les pensées d’autrui sans se laisser, au bout du compte, un peu influencer, après tout.

(Histoire, suite)

Le retour de Καλυψώ fut célébré par un grand festin au palais, et les notables des îles autour y furent tous invités. Elle y fit la connaissance de certains, elle renoua avec d’autres, et surtout, elle retrouva le jeune homme avec qui elle avait passé des journées entières à jouer sur la plage, ou dans le palais. Son meilleur ami. Mais lorsqu’elle le retrouva, les sentiments d’amitié évoluèrent au fil des semaines, des mois et des années qui suivirent. Elle s’y attacha sincèrement, son amour pour lui fleurissant en quelque chose de pur, de sincère. De charnel, aussi, même si rien de physique ne se passa entre les deux au départ.

Les années qui suivirent son retour, Καλυψώ s’intégra un peu plus dans la politique du royaume, secondant son frère aîné qui s’apprêtait à prendre le relai de leur père. Le roi, après tout ce temps, songeait en effet à se retirer, à partir s’installer sur l’une des petites îles encore inhabitées autour d’Andros, et à laisser son peuple entre les mains capables de son fils.

C’est lors d’un banquet particulier, où le roi annonça sa retraite en faveur de son fils, que les choses changèrent plutôt drastiquement pour Καλυψώ. Si le début de la soirée se passa à merveille, l’arrivée d’un voyageur lorsque la nuit fut tombée bouscula le quotidien de la princesse.

Il arriva alors que la plupart des invités avaient déjà fini de manger, et étaient déjà bien enivrés. Il se présenta comme étant le fils d’un roi d’une île aux limites de la Grèce, et il cherchait une épouse. Il avait entendu parler de Καλυψώ, et la désirait pour femme. Il se vanta d’être sous la protection du puissant Poséidon, et considérait comme acquis qu’on lui accorde la main de la princesse. Mais, autant le roi abdiquant que son fils couronné dans la soirée, le pouvoir en place s’accordait sur une chose. Καλυψώ pouvait choisir d’accepter ou de refuser cette demande. Et ce fut un refus, clair et net, qu’elle choisit. Elle resta tout à fait respectable en lui annonçant la nouvelle, mais sa décision était irrévocable. Comment pouvait-elle, en effet, se marier à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas quand son cœur était déjà pris par un autre ?

Le prince étranger ne prit pas bien ce refus. Le récit de cette soirée variait ensuite selon les personnes interrogées, et leur état d’ébriété, mais tous s’accordaient à dire que Poséidon lui-même fit irruption. Certains pensaient que le prince l’avait invoqué. D’autres, plus nombreux, affirmaient que le prince était Poséidon et qu’il se révéla après le refus. La réponse de la princesse fut la même, cependant. Elle était flattée de l’intérêt du dieu, mais elle en aimait déjà un autre.

La suite de la soirée semblait confuse. Certains affirmaient que le Dieu avait déchaîné son pouvoir sur l’île d’Andros, pour effrayer la famille royale et les pousser à leur livrer Καλυψώ, ce qu’ils firent finalement. D’autres étaient certains que, devant les menaces de Poséidon, la princesse prit la fuite avec celui qu’elle aimait. Mais tous étaient d’accord pour dire que Καλυψώ disparu de l’île cette nuit-là.

Ceux qui supposaient qu’elle s’était enfuie avec son cher et tendre avaient raison. Profitant du chaos engendré par la colère du dieu, elle disparut avec son aimé, allant d’île en île, pour s’éloigner le plus possible de sa famille et leur éviter le courroux divin. Mais cette fuite ne dura que quelques semaines. Au bout du compte, alors qu’ils atteignaient le royaume de Crète, Poséidon les retrouva. Il se désintéressa rapidement du jeune homme dont s’était épris Καλυψώ, et préféra maudire cette dernière pour l’avoir repoussé. Il la condamna à errer pour l’éternité dans l’océan, pourvue des attributs d’une pieuvre en guise de jambe, et à effrayer les marins à cause de son apparence.

Il disparut ensuite, laissant la princesse effondrée, luttant sur la terre ferme contre le besoin de rejoindre l’océan, et le jeune amoureux l’abandonna aussitôt, révulsé par sa nouvelle apparence.

Les siècles passèrent, et Καλυψώ se résigna à hanter les fonds marins. Elle avait tenté d’aider les marins naufragés, au départ, mais lorsqu’ils criaient d’effroi en la voyant, lorsqu’ils tentaient de la tuer avec des harpons, ça la blessait. Et elle devint aigrie, rancunière. Elle devint le monstre voulu par Poséidon, noyant les marins naufragés, terrifiant les autres.

Ce ne fut que bien plus tard que Καλυψώ rencontra la magicienne Circé. Qu’elle noua une amitié avec celle-ci, et qu’elle fut gratifiée d’un allègement de sa malédiction. Grâce à l’enchanteresse, elle pouvait à présent arpenter la terre ferme sans être encombrée de tentacules. Elle pouvait de nouveau vivre comme si elle était humaine… Jusqu’à ce qu’elle se plonge dans l’eau de mer, évidemment.

Les siècles passèrent, et Καλυψώ voyagea de part le monde. Elle oublia presque son premier amour qui l’avait ainsi abandonnée au premier obstacle venu, et elle arriva finalement à Seïkusu. Après des siècles à voir le monde, à se mêler aux humains, elle s’était bâti une confortable fortune, et en profitait pour s’installer à chaque fois, ouvrant des magasins ou des hôtels. Ou les deux, dans le cas de Seïkusu. Elle continuait à se servir de son don dès qu’elle le pouvait, et se qualifiait elle-même de « diseuse de bonne aventure » lorsqu’elle paradait dans les festivals. Avec cette mode de super-héros, elle pourrait presque chercher à passer pour l’un d’eux, mais elle préfère son indépendance. Et puis, elle n’est pas forcément héroïne. Elle n’est pas non plus une super-criminelle. Elle a juste son propre code moral. C’était plus simple de faire ainsi, comme les normes changeaient sans arrêt d’un royaume à un autre, ou d’un siècle à un autre.


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