Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Lied Mueller

Pages: [1] 2 3 ... 5
1
La bienvenue par ici !
Attrape un cupcake au vol (navrée ils ont un peu pris la poussière depuis le temps, mais promis ils sont délicieux !), et profite donc de ce monde qui s'offre à toi !
Des pouyous et au plaisir,

Signé Lied la kiwinatrice

2
Prélude / Re : La selkie condamnée à vivre sur la terre.
« le: vendredi 10 septembre 2021, 16:24:46 »
Oh bah tiens tiens, déjà de retour ?
Ne t'a-t-on jamais dit de ne jamais écouter le vil petit kiwi ? 'w' Mouéhéhéhé...
M'enfin ! Rebienvenue parmi nous !

3
Prélude / Re : June Williams
« le: jeudi 02 septembre 2021, 23:49:56 »
Bienvenue à toi parmi nous !
Je suis sincèrement navrée pour toi concernant la perte de ton écrit... Dis-toi que ce ne sera que pour nous faire un beau DC avec une fiche deux fois plus longue et fournie pour te rattraper \o/
En attendant, prends tes aises, la validation va bien se passer !

4
De tous les véhicules possibles et accessibles, il fallait toujours qu'elle tombe sur les plus pourris. Lied pestait, accoudée à la fenêtre de la voiture chargée de la reconduire chez elle, en regardant défiler les paysages ennuyeux et tristes, du moins, quand elle le pouvait, puisque la route était si mal fichue qu'elle gigotait dans tous les sens, passant son temps à s'enfoncer le poing dans le menton. Cette foutue bagnole roulait à peine ! Elle n'avait aucune suspension, prenait les virages n'importe comment, et bon dieu qu'elle sentait mauvais ! Les ressorts ressortaient au dessous de ses fesses, les vitres ne pouvaient pas être baissées, aussi, il faisait une chaleur torride dans l'habitacle, et il ne restait que huit petites heures avant d'être à la maison. Huit. Heures. Le temps de traverser les huit cercles de l'enfer, oui ! Si la conductrice ne disait pas un mot, sa copilote, elle, tentait d'être positive, essayant d'alléger la lourde atmosphère et de divertir la sénatrice qui s'ennuyait profondément. Elle était gentille, et c'était adorable de sa part, Lied le remarquait bien, mais elle n'en pouvait déjà plus.

La sénatrice revenait d'un rendez-vous avec un dirigeant lointain, qui souhaitait simplement actualiser les termes du contrat qui liait feu son père, et si cette visite n'était pas d'une durée extravagante ou d'une complexité ardue, il se trouvait que ce dirigeant était doué d'un phallus, et par conséquent, aucune autre personne que Lied n'avait accepté de faire le déplacement. Elle en payait d'ailleurs les conséquences, se retrouvant avec le pire véhicule possible qu'on ait pu lui allouer. Pour une visite aussi insignifiante, on ne lui avait accordé qu'une escorte, celle qui essayait désespérément de remettre du baume au cœur à ce retour à la capitale, en plus de sa conductrice qui était plus silencieuse que les cailloux dans le désert qu'elles traversaient. La plupart des militaires tekhanes étaient de cet acabit : droite, silencieuse, professionnelle. Un peu comme les meilleures mercenaires, d'ailleurs. Mais en général, Lied se méfiait un peu de ces demoiselles-là.

Sylphe lui avait fait remonter dernièrement de drôles de fréquentations dans les rangs de l'armée, non pas qu'elle était certaine, d'où qu'elle en parla à son amie et non la sénatrice qu'elle était, et préférait la mettre en garde, juste au cas où. S'il y avait bien une chose supérieure à la fierté chez une tekhane, c'était bien l'appât du gain, et l'armée, dont le budget faisait du yoyo, était une cible parfaite pour les hommes contre cet empire au féminin. Alors quand elle posait ses yeux bleus sur la nuque dégagée de la conductrice, au dessous de son col kaki et ses courts cheveux noirs, Lied se méfiait d'autant plus.
La voiture fit soudainement une embardée, poussant la jeune femme à crier alors qu'elle s'accrochait à ce qu'elle pouvait pour ne pas percuter par accident quelque chose. Est-ce qu'elle s'était empêtré dans un énième trou ? Ou alors, une pierre plus pointue que les autres avait-elle percé un pneu ? Aucune idée, mais en tout cas, la conductrice fit s'arrêter le véhicule, en fit rapidement le tour, avant d'inviter tout le monde à descendre au travers de la phrase suivante, d'un ton neutre et serein... militaire :


« Le pneu arrière droit a explosé, je vais devoir le changer, il vaut mieux que tout le monde soit dehors. »


La demoiselle aux cheveux roses sortit alors, restant près de sa garde pour observer la soldate ouvrir le coffre. Elles étaient au milieu de nulle part. A l'horizon, elle ne percevait même pas encore les hautes tours de Tekhos, encore moins les tuiles rouges des toits du petit pays qu'elle venait de quitter, seuls les ombres des nuages qui obscurcissaient le sable orangé et les petites pierres grises. A part regarder ce spectacle navrant, il n'y avait rien à faire. Peut-être aurait-elle faire plus attention. Quand elle vit du coin de l’œil une barre métallique s'abattre sur son visage, Lied s'en voulut. Elle était trop naïve, et en payait le prix, s'écrasant dans la poussière alors que sa conscience disparut.

___________________________


Il y avait beaucoup de bruits autour, accentuant le mal de crâne qui prenait la tête de la demoiselle. Pas moyen d'ouvrir les yeux pour l'instant, la douleur la rendait groggy, il fallait attendre qu'elle s'apaise, juste assez pour voir ce qu'il se passait. Le premier indice qu'elle récolta fut le fait qu'elle entendait des voix d'hommes. Ils étaient nombreux, avec un timbre sec et grave, à la manière des ivrognes des pires quartiers qui soient. La seconde fut le sujet de leur discussion. Certes, ils parlaient beaucoup du fait qu'ils avaient enlevé une sénatrice, que c'était super... Oui d'accord, bon, ça, elle s'en moquait, elle le savait déjà, puisque c'était elle, la sénatrice ! C'était le pourquoi, qui l'intéressait, et qu'elle eut sans mal, à faire semblant d'être encore inconsciente.


« Maintenant qu'on a c'te pétasse, on va pouvoir récupérer la marchandise.
- Et t'crois qu'elles vont pas la chercher ? Si c'tait aussi simple, on l'aurait fait d'puis longtemps !
- C'est plus facile de chopper une autorisation et aller récupérer les rejetons comme ça. »


Clairement, elle n'était pas tombée sur les kidnappeurs les plus futés de Terra. Enlever une sénatrice pour récupérer des esclaves, franchement, elle pensait avoir tout vu des plans improbables de ces stupides hommes, mais là, c'était le pompon. Est-ce qu'ils avaient vraiment la moitié de la cervelle qui tombait pour leur créer des couilles, pour ne pas être capable de réfléchir deux minutes à leurs idioties ? Ils auraient pu acheter les forces de l'ordre qui gardaient leur marchandise, braquer l'entrepôt, mais non ! Il fallait qu'ils fassent la plus grosse connerie de leur vie ! Il y eut quelques bruits de pas, puis Lied se prit une claque alors qu'on lui criait de se réveiller. La douleur fraîchement disparue revint, sonnant comme une cloche acide dans son crâne. Quand elle leva les yeux vers l'individu, elle ne put que les refermer de dégoût. Il sentait mauvais, une odeur de vinaigre qu'il devait sans doute appeler alcool, voire bière, et qu'il sirotait comme le lait d'un nourrisson. Ses dents étaient noires, pour celles qui restaient dans sa bouche, lui donnant un sourire immonde au derrière de ses lèvres violacées. Sa peau avait commencé à brunir sous la crasse, et fort heureusement, elle n'eut pas le temps de juger de son accoutrement, de peur de voir dépasser par un trou dans ce qui lui servait de pantalon une touffe de poils habitée par des poux, ou pire, son outil de viol mal entretenu. Combien de ses « rejetons » avaient subi ce qu'elle cherchait à ne pas voir ? Elle n'osait même pas approfondir sa pensée.

Les heures suivantes, Lied fit de son mieux pour ne pas ouvrir la bouche. Ces crétins ne savaient même pas où on avait rangé leur marchandise, et cherchaient en plus à s'approprier un moyen de retourner les chercher en utilisant son nom. Certes, elle défendait les droits des hommes, mais pas des porcs. Même un terranide avait plus de valeur à ses yeux que ces abrutis-là. Et n'importe qui s'en serait rendu compte, jamais personne ne les laisserait rentrer dans un entrepôt militaire. Evidemment, cette réponse ne leur plairait pas, alors la jeune femme ne disait rien. Peu importe ce qu'on lui envoyait à la figure, elle faisait de son mieux, même si elle n'était pas entraînée à ce genre de choses, elle ne pouvait qu'essayer. Imaginer un cupcake à la cerise pour ne pas sentir le goût du sang dans sa bouche, ses couvertures douces et moelleuses sur sa peau pour oublier les coupures sur ses bras, … Les hommes à l'entrée commencèrent à faire du boucan, tandis que les portes grondaient. Lied hésitait entre le fait qu'on cherchait à les tordre ou à les plier par le milieu, c'était incompréhensible, autant pour elle que pour quiconque dans cette pièce. Des cris dans tous les sens, qu'elle ne comprenait pas vraiment, sans doute du fait que la tête lui tournait, sa vision oscillant entre le sombre et le noir complet. Avait-elle été blessée quelque part ? Ou était-ce simplement un contrecoup de la barre qu'elle s'était prise sur le crâne ?

Le résultat fut cependant que lorsqu'elle vit de nouveau mieux, l'énergumène qui s'amusait jusqu'alors avec elle n'était plus là. Au sol traînait... un cadavre. Sa tête ne tenait au reste du corps que grâce à quelques tendons, son cou ayant été arraché ou déchiqueté jusqu'à ce que le reste ne se détache progressivement. A mieux y regarder, ce n'était pas le seul cadavre des lieux : des bouts de corps traînaient ça et là, comme s'ils étaient devenus des piñatas pour une meute d'enfants en quête de bonbons. Elle s'était effacée quoi, cinq minutes à peine, moins peut-être ? Comment un tel carnage avait-il pu avoir lieu ?! L'explication était peut-être la figure qui se découpait dans la pâle lueur qui s'infiltrait par la porte défoncée, élancée et plutôt imposante, de ce qu'elle voyait, un homme, donc, encore un. Celui-ci s'avança vers elle, crispant la pauvre Lied sur sa petite chaise branlante, sans parvenir à dévier son regard de chaton effrayé de lui... sauf quand il passa dans son dos. Les misérables cordages qui retenaient ses mains furent déliés, lui permettant de ramener ses poignets à l'avant pour frotter les larges marques rouges sur sa peau diaphane. Elle se racla la gorge difficilement, afin d'essayer de prononcer doucement le petit mot le plus à même d'être prononcé dans cette situation.


« M... Merci.. »


Vu la réaction suivante, ce n'était sans doute pas par bonté de cœur qu'elle venait d'être sauvée. Elle était face à une bête. Ses yeux brillaient dans le noir et la fixaient avec une espèce de dédain qu'elle ne comprenait pas, un peu hébétée par la situation. Ce ne fut que pire lorsqu'il ouvrit la bouche et que ses mots ne parvinrent à ses oreilles, comme si elles étaient bouchées par de l'eau. Elle lui demanda bien maladroitement de répéter, mais ne fut clairement pas certaine d'avoir réussi à formuler sa phrase. La demoiselle commençait à se sentir penaude, d'autant plus qu'elle remarquait que son sauveur s'impatientait, ou s'agaçait, voire les deux en même temps. Son attitude transparut lorsqu'il lui tendit la main, paume ouverte, doigts légèrement écartés, signe qu'il attendait quelque chose. Une récompense, sans doute ?


« Que... quoi ? Je n'ai rien sur moi, je... Je suis désolée, je ne sais même pas où sont.. mes affaires... Il faut que- »


Lied devint muette. Ce n'était pas la bonne réponse, visiblement. C'était sans doute l'acte de trop, la goutte qui fait déborder le vase, car même si, en soi, elle ne l'envoyait pas brouter l'herbe, elle ne pouvait rien lui offrir. Rien. Elle était fatiguée, abrutie par la douleur, et ne voulait qu'une chose : rentrer à la maison, en sécurité. Son sauveur, lui, avaient les traits qui ressortaient dans ce maudit éclairage, lui donnant des allures de monstre furieux, et un monstre, ça ne restituait pas gentiment la mignonne princesse à ses parents. Ca avait plutôt tendance à l'emprisonner et lui faire vivre mille tourments. Ceux de Lied ne faisaient que commencer, visiblement.

5
Quand Lied était petite, surtout malade, on lui contait une histoire. On lui avait offert sa première tablette où elle pouvait en lire plein, toute seule, mais aussi avoir ses mamans qui lui en lisaient. Elle se rappelait notamment un conte où trois petites construisaient chacune une maison pour se protéger d'un méchant insecte géant, qui parvint à détruire deux maisons, sauf la dernière, celle de la petite fille qui adorait la technologie. Alors quand elle se retrouva avec des pans de murs sur le sol comme s'il s'agissait d'une feuille de papier arrachée à un livre, Lied était figée sur place, écarquillant plus encore les yeux quand elle vit celui qui venait de l'agresser coupé en deux, comme passé au fil à couper le beurre. La suite, elle ne la vit guère : par réflexe, elle porta les mains à ses yeux pour ôter ce carnage de sa vue, ayant pour seul indice des événements le crépitement d'un feu et les gargouillis humides de ce qui avait été la gorge du pauvre homme, à présent réduite en cendres. Mais quelles cendres pouvait-elle voir, alors que tout se recouvrait de poussière à mesure que la bâtisse s'écroulait ? Elle avait survécu à l'un pour se faire écraser par les dégâts de l'intervention de l'autre ? Quelle triste fin...

Puis plus rien. Plus de gravats, plus d'écroulements, plus rien. En rouvrant les yeux, la main sur son nez et sa bouche, Lied ne put que constater que le plafond était encore en suspens, sans murs. Incompréhensible. Et la seconde suivante, elle se prenait une fumée répugnante dans la figure, la poussant à se reculer dans la poussière et la crasse en toussant. Pire ! Cette drôle d'énergumène s'amusait à tapoter son épaule avec sa pipe, elle la lui aurait bien mise dans un de ses orifices, s'il ne s'était pas soudainement mis à parler.


« Rembour... Quoi ? Mais c'est quoi encore que cette histoire ?! »


Rien ne faisait sens. La seconde suivante, c'était un tourbillon de poussières, la jeune femme rabattant ses coudes sur son visage pour finir par constater, en les retirant, qu'elle se trouvait toujours au même endroit, mais avec autour un nouveau lieu, et ce drôle de type qui la fixait à la manière d'un roi devant son bouffon. Rien qu'au sourire qu'il tirait, elle avait envie de lui en coller une, mais décida, à la place, de jouer au plus idiot avec lui. Soit, il posait une question elle allait tâcher de lui donner une réponse, mais juste une seule.


« Je sais faire du popcorn au micro-ondes et des projets de loi. »


Lied se racla la gorge, l'odeur l'entêtait, elle n'avait qu'une envie, c'était de sortir de là.


« C'est quoi cette histoire de dette ? Moi je veux juste qu'on me laisse tranquille, c'était qui, ce type, un de vos amis ou bien ? »


Ce type était des plus étranges. Il avait une apparence complètement dépareillée, entre sa coiffure digne de quelqu'un qui se serait fait arracher la moitié des cheveux, et ses habits avaient l'air.... démodés, comme venus d'un autre monde. A son regard, et les marques étranges qu'elle percevait, Lied se doutait qu'il n'était pas humain, que c'était une créature douée de magie et donc que s'en débarrasser ne serait pas simple, surtout avec la façon dont il la fixait à cet instant. Il avait le regard d'un chat, de ceux qui observent la souris au coin de la pièce, coincée entre deux murs, avec pour seule échappatoire le petit creux entre ses deux pattes. En l'occurrence, l'étranger amorça un mouvement, sans la quitter des yeux. La demoiselle aux cheveux roses sentit comme un frisson dans son dos, le pressentiment qu'elle ne devrait pas rester là, que c'était une situation trop dangereuse pour elle. C'était comme s'il se crispait et que son regard durcissait, à croire qu'entre eux d'eux, c'était elle, l'espèce d'hallucinée qui déboulait de nulle part et posait des questions bizarres. Sa conscience lui donna un conseil bref et rapide, qu'elle se décida alors à suivre : fuir.

Lied fit demi-tour et se rua en arrière. Plus rien n'était comme avant. De la cuisine, il ne restait rien, pas même le sol défoncé. Pire, il y avait à présent une porte sur la pièce suivante, la grande pièce de cette bicoque, contre laquelle son petit corps s'écrasa en cherchant à l'ouvrir. La poignée tournait dans le vide, non pas comme si elle était verrouillée, mais bel et bien comme si, derrière, il n'y avait rien, absolument rien. A vrai dire, même la cuisine n'avait plus l'air d'être une cuisine, plutôt un air de petit salon. Mais elle ne voulait rien en savoir ! Que les rideaux soient rouges ou verts, elle s'en moquait, elle voulait partir ! Poursuivant sa course, elle se heurta à l'un des fameux rideaux et s'écrasa piteusement dans ce qui ressemblait à un couloir. Au moins put-elle admirer le tapis qu'elle avait sous le nez quelques instants, juste assez pour entendre le fin bruit du cuir qui se plie, ou plutôt, qui se déplie. Le couloir était assez long, en ligne droite, et pourvu de plusieurs portes. Elle ne chercha même pas à en ouvrir une, cherchant plutôt un passage libre, sans raison apparente, qu'elle trouva en une porte entrouverte vers la fin du couloir, à côté d'une entrée dépourvue de porte, mais donc la lumière orangée l'inquiéta assez pour qu'elle ne l'évite. Lied se retrouva ainsi dans le noir complet, ayant refermé la porte derrière elle.

Il n'y avait aucune lumière dans la pièce, et ne savait pas le moins du monde où elle se trouvait. Rien ne faisait sens. Elle était effrayée et au bord des larmes. Pourquoi cela devait-il lui arriver à elle ? Pourquoi personne ne venait l'aider ? A tâtons, elle chercha à trouver quelque chose derrière lequel s'asseoir. Sa tête était lourde, elle avait chaud, et se mordait la main pour ne pas gémir, finissant par sentir sous l'autre une surface dure qui ressemblait à un paravent, ou peut-être une sorte d'étagère. Il y avait de l'espace derrière, aussi s'y faufila-t-elle pour enfin s'asseoir et tenir son crâne douloureux. Qu'est-ce que c'était que ce malade ? Qu'est-ce qu'il lui voulait ? Pourquoi parlait-il d'une dette de vie, alors que tout était sa faute ?! Elle n'avait pas besoin de lui, de ses tours de passe-passe, de ses amis étrangleurs, ou de ses questions à la con !

Le temps lui paraissait si long... Il n'y avait aucun bruit. Pour passer le temps et son angoisse, Lied avait commencé à masser sa nuque, sentant déjà les marques sur sa peau à cause de la chaleur qu'elle dégageait, ou encore sur sa main qu'elle avait mordu jusqu'au sang. Elle ne l'entendait pas venir, et ne l'entendrait sans doute pas venir, après tout, le couloir avait un lourd tapis, même avec un plancher grinçant, elle n'aurait pu l'entendre arriver avec la porte close. De même, lorsqu'il ouvrirait la porte, il serait trop tard, quand bien même la pièce comportait une autre sortie, elle ne pouvait la voir et s'y diriger. Alors elle espérait. La demoiselle aux cheveux roses, assise sur le sol, fermait fortement les yeux, et espérait de tout cœur qu'il s'en aille, se lasse et la laisse tranquille. Qu'elle pourrait bientôt rentrer chez elle et voir ses mères, se faire consoler comme une enfant, et manger quelque chose ayant un minimum de goût et de chaleur.

6
Le spectacle pouvait sembler des plus amusants pour la population de Meisa : leur seigneur se promenait gaiement dans les rues suivi d'un petit poussin rose qui peinait, dans tous les sens du terme, à le suivre. Elle ne parvenait qu'à peine à suivre le rythme imposé par ses jambes, nettement plus habituées à la marche que les siennes, et sans nul doute à bien plus que simplement trotter sur le pavé. De plus, Lied se perdait un peu dans un souvenir, ralentissant inconsciemment le rythme à mesure qu'il lui contait l'histoire. Il lui faisait un peu penser à Luxienne, sa génie de mère qui ne se souciait que bien rarement que son interlocuteur arrivait à suivre son débit de paroles. Oh sa fille avait bien essayé, pour lui faire plaisir ! Mais entre le débit et le contenu, elle ne tenait que bien rarement plus de quatre minutes, ce qui n'était déjà franchement pas mal. Au moins, si l'objectif du souverain était d'éviter toute question ouverte, c'était gagné, la sénatrice avait le souffle coupé ! Si ça n'avait été le cas, peut-être ne se serait-elle pas gêné pour lui dire qu'il y avait d'autres façons de faire, avec un de ses tons les plus agacés qui soient.

Peut-être fut-ce la poursuite de la promenade qui fit ralentir les événement. Avant de pouvoir dire quoi que ce soit, Lied fut invitée à observer de minuscules petits êtres dont la simple vision immédiate la fit fondre, la fascinant et provoquant mille questions dans son esprit. Pourquoi personne ne les voyait ? Y avait-il encore une notion de magie quant à la vision de ce petit peuple ? Comment pouvaient-ils être si adorables ?! La seule traduction de cet état chez la demoiselle fut le rose qui colora ses joues et le sourire qui fendit ses lèvres. Seulement, Serenos dénatura quelque peu cet instant, Lied lui renvoyant un regard faussement outré.


« C'est Mueller, Mu-e-ller ! De la même façon que vous dites moelleux, magie, muffin : Mueller. »


La suite fut des plus paisibles. La femme aux cheveux roses portait le regard sur la moindre indication de son guide royal, quitte à manquer trébucher quelques fois sur un obstacle à force d'avoir le nez en l'air. Elle en oubliait la portée politique de sa venue, se sentait enfin.... en vacances ! Il fallait aussi avouer que le souverain l'aidait à aller dans ce sens, à se moquer gentiment de ses réactions et provoquer un nombre de moues et grimaces impressionnant. Ce n'était pas son ami, c'était son hôte, de marque qui plus est, mais quelle importance ce détail avait-il à cet instant ? Le moindre, par rapport au fait qu'elle pouvait croiser un adorable petit garçon en robe au moindre coin de rue ! Un des nombreux détails qui l'émerveillaient, auquel s'ajouteraient nombre d'autres paroles qu'elle buvait. Il fallut pourtant prendre le chemin du retour, tout du moins pour le roi, puisqu'il s'agissait plutôt d'une suite logique pour celle qui l'accompagnait. Lied ne fut pas très bavarde sur la route, il y avait tant d'informations à retenir qu'elle ne trouvait pas l'instant de se perdre en exclamations, à peine de passer ses doigts fins sur les inscriptions du pont, alors que Serenos lui en donnait la signification. Jamais on ne lui avait parlé de ce genre de mémoriaux, n'en avait jamais vu, surtout pas à Tekhos, et ne pouvait ainsi que se perdre à l'observer sous sa paume.

Lied fut des plus heureuses de pouvoir profiter d'un peu de fraîcheur lorsqu'elle découvrir le palais. Les ailes, les quartiers, elle connaissait ses mots et leur sens, mais se trouvait bien incapable de pouvoir dire ce à quoi se rapportait quoi quand elle regardait une porte en passant. Ce ne fut que lorsque Serenos lui réadressa la parole qu'elle se figea un instant, assez mal à l'aise.


« Cela aurait pu attendre, même si j'apprécie votre attention... De même que la duchesse ne me devait rien, même faveur étant. Je ne sais pas trop comment vous remercier... »


Lied comptait, dès son arrivée, faire des emplettes. Outre le fait qu'elle avait l'impression de cuire dans sa jolie combinaison blanche, elle appréciait se fondre un minimum dans la masse, pour ne pas dire qu'elle appréciait fortement de pouvoir, une fois chez elle, contempler au sein de son dressing la multitude d'habits divers et variés qu'elle rapportait de ses pérégrinations. Certains auraient pu en voyant cette vaste pièce allouée à son apparence comme une preuve de sa débauche, ou l'étalage d'un luxe dont elle jouissait depuis sa venue au monde, or, la jolie jeune femme avait simplement un passé auquel elle s'attachait. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était pas retrouvé ainsi, das une pièce, en présence d'une couturière ! Le seul point qui la fit tiquer fut la remarque du roi. Pourquoi préciser qu'il s'agissait de celle de son épouse décédée ? S'il espérait que cela soit un gage de qualité à ses yeux, elle se disait surtout que c'était le meilleur moyen de faire fuir une dame, pour ne pas dire voir s'il y avait moyen de la remplacer, ce qui rejoignait la première idée ! La sénatrice n'en releva rien, se contentant d'adresser un sourire aimable à la couturière et un bref signe de tête, puis le souverain des lieux qui s'apprêtait à les quitter.


« Merci encore de votre temps ! Je tâcherai de faire attention, même si je vous avoue avoir un sens de l'orientation déplorable. »


Et la porte se referma, laissant les deux dames seules. Sur l'instant, la sénatrice ne sut trop quoi dire ou faire, prise au dépourvu par la situation. Il y avait tant de vêtements autour, tant de couleurs et de détails ! Et surtout : aucune ressemblance avec ses habits tekhans, pas la plus minime. Sans vraiment s'en rendre compte, elle avait déjà la main sur l'un des tissus, qu'elle relâcha aussitôt après s'en être rendue compte.


« Mes excuses, j'aurais dû vous demander avant de toucher. Vous faites un travail splendide ! »


Parfois, les normes lui manquaient un peu pour laisser ressortir un brin de candeur. L'après-midi passa plutôt rapidement en plus d'être fort productif. La fraîche ambassadrice avait eu le don d'un corps aux mesures proches de la perfection, un petit bonheur à vêtir, si ce ne fut la gêne qui para son visage lorsqu'il était mention de se dévêtir, son besoin de cacher certaines choses faisant immédiatement surface. Au fond, Lied n'avait pas honte des quelques marques qui paraient ses coudes et sa gorge, mais elle évitait autant que possible de les exposer. D'une part, car son médecin le lui avait dit, d'une autre, car elle ne voulait plus jamais voir telle pitié dans le regard des autres. Ces regards... Oh elle savait bien qu'elle en verrait d'autres, mais elle avait fait ses armes.

C'est donc vêtue comme une princesse que la demoiselle put sortir gaiement des quartiers qu'on lui avait alloués, tout du moins, elle se trouvait des airs de princesse, avec ses voiles et ses couleurs claires. De même, elle profitait enfin d'un peu de fraîcheur et ne voulait donc profiter que de son temps d'exploration plutôt que déballer ses affaires ou se chercher les premières traces de fatigue. Lied n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle devait absolument voir dans la bâtisse, mais elle savait en revanche une chose : on lui avait interdit l'accès à la Tour, et puisqu'elle ne savait nullement où celle-ci se situait, il fallait qu'elle la trouve afin de ne pas y pénétrer. Et elle se mit en route, non sans avoir au préalable remercié de nouveau la charmante vieille dame, pour son temps, son travail, mais aussi les agréables souvenirs qu'elle lui avait rappelés. Ces instants où, tout juste adolescente, on lui apprenait à s'aimer, à apprécier vouloir montrer sa beauté sans pour autant en abuser, et pouvoir s'exposer à ce monde hostile envers son être. Elle en avait côtoyé, des couturières talentueuses, qui se battaient pour pouvoir couvrir ses épaules ou lui passer une chaussure au pied, mais jamais elle n'avait pris autant de plaisir que ces rares fois où elle pouvait voler un peu de temps à un talent extérieur à Tekhos, plus encore lorsque celui-ci témoignait d'une inventivité sans limite pour accéder à ses requêtes, couvrir quelques parcelles de peau. Au détour d'un couloir, Lied gloussa, se perdant dans une réflexion envers d'un membre de sa famille qui ne jurait que par les tenues ultra sophistiquées tekhanes. Que perdait-elle ! Mais ça lui faisait plus d'habits pour elle, de jolis comme ceux qu'elle traînait dans ce dédale de couloirs.

Elle crut passer un moment devant une porte entrouverte, qui dévoilait une sorte de bibliothèque, mais préféra ne pas y entrer, ni même jeter un coup d’œil, comme par intuition, continuant son bout de chemin sans se soucier ni du temps qui passait, ni de la direction qu'elle prenait. Il fallait simplement profiter ! Profiter, avant qu'au lendemain, son devoir d'ambassadrice ne la rattrape, ce qui la déprimait déjà considérablement. Les déambulations de cette boule de joie aux cheveux roses ne passèrent sans doute pas inaperçues, d'autant plus lorsque cette dernière demandait après le chemin dont elle était en quête, suivant les indications glanées ça et là, jusqu'à, enfin, entendre qu'elle n'en était plus très loin. Aussi fit-elle alors demi-tour, et constata enfin qu'elle était, comme attendu, complètement perdue, mais... n'en tint pas le moins du monde rigueur, reprenant juste son exploration candide. Peut-être retrouverait-elle, par hasard, Serenos ? Ou le prince Aldericht ? Ou un nouveau visage ? Elle n'en avait aucune idée, profitant simplement du temps qu'elle avait, jetant de temps à autre un œil dans un couloir plus décoré que les autres, ou par une fenêtre pour observer le paysage.

La jeune femme finit de cette façon par se retrouver dans ce qui semblait être un jardin, restant juste à l'entrée à regarder les plantes aux couleurs chatoyantes depuis l'ombre de la porte. Elle pouvait sentir les parfums sucrés et floraux, voir un faible vent agiter quelques feuilles, et même si, au fond, elle avait l'envie irrésistible de voir tout ceci de plus près, elle ne le faisait pas. S'il n'y avait pas d'interdiction, c'était qu'elle le pouvait, elle en avait conscience, mais préférait jouer de prudence. Les fleurs n'avaient de toute façon pas réputation à se déraciner pour fuir les sénatrices tekhanes, elle pourrait donc y retourner quand bon lui semblerait ! Qu'aurait-elle dit, en plus, à Colene si par malheur elle tâchait de terre ses nouveaux habits ? La honte assurée ! Alors qu'elle avait été si avenante à son égard... Même si, perdue à regarder une jolie fleur d'un bleu roi, Lied se questionnait encore sur les intentions du seigneur des lieux. Nul n'offrait un tel présent sans rien attendre en retour, même pour une ambassadrice, même pour une remplaçante contre sa volonté, même pour une jeune fille malade. Peut-être aurait-elle dû se méfier davantage ? Son esprit ne lui souffla pas un instant l'idée, plus focalisé sur le fait qu'elle devrait trouver un temps dans la soirée de prévenir de sa bonne arrivée et du bon accueil qu'on lui avait fait.

7
Demander à se faire combler, jamais Lied n'aurait crû que simplement faire cette simple demande la mènerait à déchaîner le beau jeune homme qu'était Kaito. C'était comme avoir fait éclater en lui toute retenue, libérant le monstre de fureur qu'était son désir. Les jambes écartés, cette sensation pleine entre les fesses, la demoiselle ne put s'attendre aux puissants coups de reins qui suivirent. Et elle cria. D'abord de surprise, puis plus fort, le son aigu coupé par les rebonds de son bassin contre le sien. La délicieuse brûlure au creux de son corps se fit de plus en plus présente au fur et à mesure que Kaito la manipulait, écartant ses jambes pour venir claquer plus fort encore contre elle. Une fois encore, Lied cria et planta ses ongles dans les épaules du garçon, qui ne lui laissa qu'un instant de répit où, finalement, il retourna écraser doucement sa lourde poitrine dans ses doigts tandis qu'il venait lui voler un baiser. Elle lui passa une main dans les cheveux, toute de tendresse, encourageant ses initiatives en répondant aux exigences de ses lèvres et de sa langue ; toutes ses exigences. Le nez entre ses seins, il finit par lui parler de son odeur, et elle ne put que rire, passant de nouveau sa main dans ses cheveux devant son air penaud.


« Tu es adorable, vraim- AaaAWNH ! »


Son tout jeune amant venait d'ouvrir plus encore le passage entre ses cuisses et s'y engouffrait avec une joie sans précédent, la surprenant une fois de plus, comme si, à chaque fois qu'il venait à toucher sa peau, une nouvelle idée germait dans son esprit fertile et qu'il faisait alors tout ce qui était en son pouvoir pour la mettre en place. Lied, quant à elle.... n'y voyait aucun inconvénient. Elle se laissait aller à cette nuit de débauche, et y prenait son pied. Au diable les petites mijaurées de Tekhos, elles ne pouvaient savoir ce qu'elles manquaient ! Les genoux près des oreilles, la jeune femme ne se posa même pas la question quant à savoir si son corps pouvait endurer telle position : elle l'y obligeait, exposant son sexe humide au jeune homme pleine de fougue qui emportait ses fesses à chaque coup au plus profond de son ventre. Pouvait-il être encore plus brute que ce qu'il lui montrait ? Est-ce que cette petite expérience lui plaisait ? Ses deux mains pâles vinrent étreindre son dos, descendant doucement le long de sa peau pour venir s'appuyer au creux de celui-ci. Et elle pressa. Elle se pressa plus encore à lui, lui octroya quelques petits espaces supplémentaires dans ses chairs humides alors qu'elle râlait de plaisir, cherchant encore à le pousser un peu plus contre elle, en elle.
 
Lire en Kaito était plutôt simple. Lied ne pouvait s'empêcher de trouver amusant, quand elle parvenait à réfléchir un peu entre ses coups de boutoir, de venir souffler à son oreille tant il était près de son visage, appréciant de sentir ses tremblements jusque dans sa queue fichée en elle. Ses pensées étaient vagues, elle songeait plutôt à combien elle mourrait d'envie de le sentir encore plus, plus profondément, à la fois à l'arrière mais aussi à l'avant. Il la rendait folle ! Le souffle court, son regard se perdait dans le sien, suppliant pour la délivrance, qu'enfin il l'achève, éteigne cet incendie dont il était, au final, responsable. Son fourreau interdit entama de resserrer son emprise sur le pilon, certain de pouvoir provoquer plus aisément la fin de leurs gémissements bienheureux. Entre deux souffles, la jeune femme remonta ses mains pour prendre en couple le visage du mignon Kaito, susurrant quelques mots :


« S'il-te-plaît, viens, viens... ! »


Inexorablement, la jouissance finit par les submerger. Tout du moins, de l'impression de Lied : alors qu'elle se sentait comme imploser, perdue entre chaleur et engourdissement, elle perçut, niché au plus profond d'elle, les soubresauts de son jeune partenaire qui commençait déjà à s'affaisser sur elle, vaincu par la puissance de ses propres désirs assouvis. Peut-être aussi de ce qu'il répandait en elle avec force ? Il suffisait de voir tout ce qui l'engluait pour s'étonner de la vivacité du garçon !

Le moment que préférait Lied après le coît, c'était celui de la fin. Cet instant où elle n'avait qu'à tendre plus encore les bras pour envelopper tout contre sa poitrine celui ou celle qui venait de lui donner du plaisir, le couver de sa tendresse en reprenant sa respiration, s'apaisant l'un l'autre. Il n'y avait aucun bruit dans la petite chambre sombre, quelques lumières pâles, et rien d'autre, en dehors des idées de l'étrange étrangère. Si Kaito pensait qu'elle s'en tiendrait sagement là, il se leurrait lourdement. Elle déposa un petit baiser sur son nez avant de l'écarter, désignant d'un geste de paume ouverte son corps sali tout.


« Est-ce que cela te dit, que nous allions nous rincer ? Ca fait beaucoup de liquides qui me douchent aujourd'hui, tu ne trouves pas ? »


Amusée de sa propre blague, la femme aux cheveux roses entama de lui prendre les mains, sans se soucier un instant de sa tenue d'Ève, pour l'entraîner à sa suite en direction de la salle d'eau. Cet adorable garçon semblait avoir bien des idées à expérimenter, toutes trouvées dans les plus grands stéréotypes qu'elle connaissait, alors, soit ! Elle allait lui faire plaisir ! Et pour cela, quoi de mieux qu'un bain de minuit ? Il l'avait tant charmée qu'elle ne pouvait résister à l'envie de le combler. Ils eurent tôt fait de parvenir à la salle de bain où, peu de temps avant, Lied s'était retrouvée en panique face à son absence d'affaires. Peut-être y avait-il d'autres pièces pour se laver, elle n'en savait rien, mais ce qu'elle savait, c'était que pour mettre son plan à exécution, il fallait que ce brave homme aux cheveux blonds rentre dans la pièce. Ses mains se serrant plus encore sur ses poignets, avec sa force de moustique, elle le fit rentrer dans la pièce avec un sourire mielleux, se hâtant de refermer derrière elle la porte. Tous les deux. Seulement eux deux, dans cette pièce, cette maison. S'il eut le malheur de faire mine de sortir, Lied le bloqua, se mettant en plein milieu de la porte, pour le rediriger vers la baignoire en lui faisant une moue déçue.


« Tu préférerais te laver seul, loin de moi ? Après tout ce que tu m'as fait ? Vraiment ? »


Joyeuse, joueuse et victorieuse, elle ne pouvait qu'obtenir gain de cause, et c'est une Lied toute guillerette qui s'empressa de faire couler l'eau chaude dans la baignoire, ne se gênant aucunement pour jouer de son corps nu tandis qu'elle se penchait sur les robinets, effleurait par inadvertance une surface froide... C'est à peine si elle parvenait à contrôler son rire, tant elle se trouvait ridicule à agir de manière aussi exagérée, jusqu'à ce que l'eau vienne à bonne hauteur. Elle cessa alors son petit manège et entra dans l'eau, commençant à se nettoyer, pour finalement héler le jeune homme auprès d'elle, qu'il l'aide mais surtout, qu'il la rejoigne dans le bain. Dans la lumière vive de la pièce, il semblait presque penaud de ce qu'il venait de faire, à savoir, lui procurer l'une des plus plaisantes sodomies qu'elle ait vécues, avec ses mèches rebelles qui venaient caresser ses joues rouges. Lied se pencha alors pour déposer un baiser sur sa joue, sa main savonneuse se posant sur son épaule au même instant.


« Trop craquant. Laisse-moi t'aider. »


Au début, tout était à peu près normal, un peu comme cela l'aurait été entre une grande sœur et son tout jeune petit frère, à l'exception que Kaito n'était clairement plus en âge d'avoir ce genre de scène. Lied lui lavait doucement les bras, laissant la mousse blanche recouvrir sa peau pour laver leurs ébats. Puis elle lui demanda de se retourner, afin qu'elle lui lave le dos, et là, tout dérapa.... comme Lied le souhaitait. Son dos savonné, elle glissa les mains vers l'avant, enserrant son ventre en venant nicher son menton contre son épaule, sa poitrine chutant évidemment alors contre le dos fraîchement lavé. Elle n'avait qu'à tendre le petit doigt pour sentir, dans l'eau chaude, le sexe qui venait de lui ramoner furieusement les fesses et qu'elle comptait bien ranimer pour une revanche, là, dans cette pièce moite et humide, à l'image de ses envies.

8
Tekhos Metropolis était une grande et vaste cité, florissante, pointe de la technologie, réputée pour avoir mis en place des sécurités telles que bien des étrangers trouvaient cette ville trop à cran, voire plus farouchement gardée qu'un coffre fort. Et ils n'avaient pas vraiment tort ! C'était notamment le cas du Sénat. Les rondes des gardiens étaient aussi précises que les codes régissant les caméras de la structure, les contrôles aussi pointilleux que les protocoles pour laisser un extérieur pénétrer les étages où les sénatrices exerçaient. A cette image, la prison abritant les criminels étaient toute aussi bien gardée ! Cependant, le Sénat possédait une faille, qui avait visiblement été repérée. Récemment, l'on avait découvert de curieuses pannes électriques dans les locaux avoisinant le vieux bâtiment législatif tekhan, aux murs blanc lisses, comme taillés dans le marbre. Personne ne se serait inquiété d'une vulgaire coupure d’électricité qui ne dure qu'une petite demi-heure si ç'a n'avait été à ce lieu précis de la cité, à cette fréquence. Une demi-dizaine de coupures en un mois. Que les meilleures tekhanes soient sur cette affaire ou que l'on cherche en urgence un moyen de pallier à cette faille, personne ne mit au courant les sénatrices, du moins, jusqu'au dernier instant.

Ce dernier instant, ce fut quand, à 11h47, Lied vit l'écran qu'elle s'apprêtait à signer disparaître au même moment que la lumière s'évanouit. Elle n'était pas seule, à cet instant, accompagnée d'une diplomate avec qui elle avait rendez-vous pour établir un traité commercial quelconque. C'était à n'y rien comprendre : n'y avait-il pas des générateurs de secours, des circuits alternatifs, ou que savait-elle encore ? Elle avait fait des études de politiques, pas de physique ! Et elle n'avait aucune intention d'appeler à cet instant sa mère pour lui poser la question, surtout quand, plus loin, dans le couloir, elle remarqua une figure clairement armée trotter en silence. Quelle meilleure idée que téléphoner à Luxienne pour lui demander par quelle prouesse il était possible de désactiver complètement et sans alarme le Sénat, tout en finissant par faire bonjour à un potentiel assassin, et lui donner le téléphone pour qu'il puisse directement dire le montant de la rançon ? Superbe ! Par chance, ce jour-là, la sénatrice Mueller n'était pas dans son bureau. Sylphe, son amie militaire, était venue passer la soirée avec elle, et ayant légèrement bu en sa compagnie, elle s'était endormie sur le canapé, lovée dans les bras de son amie. C'avait été la meilleure nuit qu'elle avait passé depuis longtemps : la chaleur réconfortante de ses bras doux et ferme, son odeur proche d'une pomme acidulée, les dernières brumes de cet alcool de framboise qu'elles avaient partagé.... Tout ceci détruit par l'alarme du téléphone de la jeune femme. Partie en retard, ses clés étaient restées quelque part chez elle, aussi avait-elle pris place dans une des nombreuses salles de réunions du bâtiment. Un coup de chance, somme toute.


« Madame Mueller ! Madame Mueller ! Par ici, s'il-vous-plaît, dépêchez ! »


Dans un angle éloigné de la pièce, une petite dame se tenait derrière un pan noir, sans doute une porte. A la lumière de la petite lampe vétuste qu'elle tenait, il s'agissait d'une des réceptionniste, agitant le bras pour faire signe aux deux politiciennes de la rejoindre au plus vite, avant de s'engouffrer en leur compagnie dans un couloir inconnu.


« Mais que se passe-t-il, enfin ?! Où va-t-on ?
- Je suis désolée madame, il faut nous hâter ! Le bâtiment est actuellement attaqué, une voiture vous attend dans les étages inférieurs.
- Mais pour quoi faire, bon sang ?
- Ils en ont après certaines sénatrices ! La plupart sont en déplacement aujourd'hui, aussi, ils ont une liste de celles qu'ils comptent emmener, et votre nom en fait partie. »


C'est ainsi que Lied se retrouva dans une voiture inconnue en direction d'un lieu inconnu, filant à travers les routes au loin de la cité de son enfance, loin de ses deux mères qui ne savaient rien, de sa petite sœur, de sa cousine, de tout. Elle n'avait pas le droit de savoir où elle allait, de peur qu'une autre attaque ne nuise à sa sécurité. La demoiselle aux cheveux roses observait donc la vitre teintée et le paysage. C'était vide, désertique, à l'image de son ventre qui gargouillait. Pas même une bouteille d'eau dans l'habitacle, ni le moindre petit biscuit à se caler sous la dent, elle devait attendre que la voiture arrive à destination. Au final, la jeune femme s'endormit sur le trajet, ne se réveillant qu'à la tombée du soir dans un lieu tout aussi désert que lorsqu'elle s'était endormie, à la différence près qu'elle se trouvait devant une petite maison un peu en ruines. Sa conductrice descendit pour lui ouvrir, lui remit les clés, avant de repartir, sans dire le moindre mot. La sénatrice fixa la porte, là, la clé dans la main, un peu éberluée par ce qui lui arrivait.


« Euh... D'accord, et je fais quoi maintenant ? »


Fidèle à sa première impression, la maison se trouvait être une vieille bicoque. La toiture tombait un peu en ruine, quelques gouttes d'eau tombant dans le grenier à l'étage, quand le parquet grinçait sous les pieds menus de la demoiselle qui évitait les lattes manquantes ou visiblement à demi-arrachées. Son petit appartement cosy lui manquait déjà. Bien que possédant un étage, la demeure était relativement petite : un salon et une cuisine, puis une chambre et salle d'eau à l'étage, ni plus ni moins. C'était un petit logis aménagé de sorte à être utile et non confortable, il suffisait pour cela de regarder la chambre : un vieux lit en bois, des draps qui avaient vécu, un bureau, une chaise, une table de nuit et une armoire. Les autres pièces étaient dans ce même genre sobre et ancien. On lui avait promis un lieu sécurisé, et elle se retrouvait complètement perdue dans un lieu paumé dans cette vieille baraque défoncée ?! La sécurité tekhane était tombée bien bas ! Rebroussant chemin dans le petit couloir mal éclairé, Lied alla à la cuisine, se cherchant de quoi manger. Elle trouva une espèce de truc métallique rond, comportant une étiquette rouge et jaune avec, pour logo, un carré jaune et une tomate. Aucune idée de ce que c'était, aussi, elle sortit un de ses appareils toujours si utiles, et présenta à la caméra sa trouvaille.


« Analyser l'objet.
- La boîte de conserve est un contenant métallique hermétique permettant la mise en conserve des aliments et leur maintien à température ambiante. Cette invention, datant de plusieurs siècles, répondait à l'origine à des besoins militaires, et permet de conserver toute type d'aliment, des légumes les plus fragiles à la viande.
- Est-ce que.... Est-ce que celle-ci se mange ? Est-ce que c'est... bon ?
- La probabilité que la boîte de conserve soit consommable est de : 74%. La qualité nutritionnelle attendue des raviolis est de : 17%. La qualité gustative de cet aliment est estimée à : 5,7%.
- …. Super. Bon, bah j'ai pas le choix. »


La boîte de conserve fut le combat de Lied pendant quatre jours. Tout d'abord, elle se coupa largement la paume de la main en tentant de se servir de l'ouvre-boîte, bien difficilement acquis dans un tiroir coincé par la rouille. Ensuite, elle eut tout le mal du monde à comprendre comment se servir de la cuisinière, et ce, même avec l'aide de son assistant électronique qui avait réponse à tout. Le premier soir, elle mangea ainsi froid, assise au sol de son nouveau logis, sans savoir quand elle pourrait rentrer chez elle. Elle ne reçut qu'un bref message de l'armée, lui indiquant qu'elle devait rester ici jusqu'à nouvel ordre, qu'elle recevrait par un message similaire, et devait se servir le moins possible de tout appareil communiquant avec la capitale. Les activités de la sénatrice furent aussi variées que ses repas. Elle se mettait quelque part dans un coin et pensait, voire, avec de la chance, elle trouvait un vieux papier à lire, mais celui-ci ne faisait guère long feu. Le soir, Lied se couchait dans le lit à l'étage, se serrant dans les draps fins et poussiéreux jusqu'à trouver un sommeil agité. Peut-être fut-ce d'ailleurs ce qui sauva sa vie.

La demoiselle ne dormait qu'à moitié à cet instant. Au travers des rideaux troués, la lumière blafarde de la lune transparaissait, venant s'étaler sur sa chevelure rose bonbon. Il n'y avait pas de nuage cette nuit-là, le silence régnait, et pourtant, Lied ne parvenait à trouver le sommeil. Elle s'inquiétait, réfléchissait, et n'arrivait pas à se laisser porter par les vapeurs du sommeil, les affres langoureux d'un repos pleinement mérité, ses yeux bleus fixant la porte de l'autre côté de la pièce. Elle perçut cependant une ombre venir obscurcir la pièce, une ombre qui provenait de la fenêtre. Lied en était certaine, il n'y avait aucun nuage cette nuit, et elle ne pouvait se retourner pour vérifier, car elle était certaine qu'il s'agissait d'une personne. Une personne qui, dans son dos, l'épiait, attendait d'avoir la certitude que cette jeune et fragile sénatrice était endormie, livrée à lui, sans défense, dans l'inconscience la plus totale. Grincement. On ouvrait aussi délicatement que faire se peut la fenêtre usée pour rentrer dans la chambre, s'approcher furtivement du lit. Quand Lied sentit enfin un souffle tiède près de son crâne, elle fit volte-face, écrasant là où elle pouvait la lampe de chevet contre l'intrus. Evidemment, celui-ci cria, et la jeune femme en profita pour quitter sa couche et se ruer à l'étage inférieur, suivie de près par l'intrus. Il n'y avait nulle cachette dans cette maison, que pouvait-elle faire, autre que courir ? Au bas des escaliers, elle s'engouffra dans la cuisine, pouvant enfin observer, bien que difficilement, son agresseur. Elle ne distinguait que sa forme dans la pénombre, une forme plus imposante, plus grande et plus forte qu'elle. Pas moyen de savoir s'il était armé. Reculant, son pied butta contre un objet, bruit disgracieux dans la nuit noire, mais surtout, arme bienvenue alors que ce qui semblait être un homme se ruait sur la sénatrice. Elle se baissa au moment où elle percuta l'individu, se saisissant à peine de ce qui avait contenu son repas, l'abattant avec toute la force dont elle était capable sur son visage. Par rapport à la lampe, il cria bien plus fort, et envoya une giclée chaude sur la joue de la dame.

Lied se bloqua. Elle s'était pris du sang, une volée de sang, qui l'effraya une seconde. Une précieuse seconde, si précieuse ! Elle s'en rendit compte en sentant la forte poigne venir se resserrer sur son cou.


« Sale petite pute !
- Lâ... Lâchez-moi... ! »


Ca faisait mal, atrocement mal, l'air fuyait son corps pour ne laisser place qu'à un feu douloureux, emplissant sa poitrine. Ses petites mains cherchaient autant de l'air qu'à attraper les poignets de ce pauvre type, plantant ses ongles dans sa peau... sans succès ! Les premières larmes dévalèrent ses joues, à mesure que sa conscience s'effaçait. Est-ce que tout allait se finir ainsi, aussi stupidement ? Etranglée sur une parquet défoncé dans un lieu inconnu, seule, sans avoir pu dire au revoir à sa famille ?


« A l'aide, je vous en supplie... »


Nul ne pouvait dire si ces quelques murmures purent être entendus, perdus dans la gorge sèche et écrasée de la belle, ou bien dans ses sanglots. Il n'y eut ensuite plus rien : plus de douleur, plus d'ombre au dessus de sa tête. La seconde brûlure que la demoiselle sentit fut celle de l'air retrouvant sa place, lui arrachant une quinte de toux alors qu'elle se redressait, chancelante. Est-ce qu'elle venait de rêver, ou le type venait de se faire expulser d'un coup de pied sorti de nulle part ? Il avait été si lourd sur elle, ses mains étaient plus larges que son cou, elle pouvait encore sentir l'épaisseur rêche de ses doigts, et pourtant, il était là, étalé contre le mur à deux bons mètres d'elle, légèrement sonné, projeté comme s'il n'avait été qu'un vulgaire torchon sale balancé dans la panière à linge. Lorsque son visage se redressa enfin, ce fut pour montrer deux globes scintillants dans le noir qui pointaient en direction de Lied. Cette dernière paniqua, une fois encore, et commença à reculer, toujours assise, jusqu'à percuter quelque chose dans son dos qui n'était nullement le mur. Son premier réflexe fut de regarder une seconde fois l'air menaçant de l'homme en face d'elle, qui, en réalité, ne la regardait pas elle, mais quelque chose en sa direction, plus haut. Son second fut bêtement de relever la tête, et rencontrer la plus grosse surprise de cette soirée.

9
Quand Lied eut une petite pierre un peu plate dans les mains, elle la fixa à la fois avec crainte et fascination. Ce petit machin, une fois lancé, pouvait rebondir sur l'eau comme une balle en plastique sur le parquet, et ses bras pâles et minces étaient capables de cette prouesse. Pourtant, son caillou coula, comme la première fois qu'elle avait été à la piscine, dans un « bouglougloup » aussi sonore que gênant pour la tekhane. Alors qu'elle redressait le visage vers son enseignant, celui-ci recommençait déjà sa démonstration, joignant le geste à la parole. Lied tenta bien de l'imiter, mais ce qui caillassa une surface, ce fut son corps sur la terre quand, dans son élan, son pied glissa, la faisant s'étaler par terre, comme si la nature environnante refusait catégoriquement le traitement qu'elle comptait lui donner. Ce fut le prétexte pour un énième rire, même si au fond, la gêne restait présente, même quand, enfin, le galet fit deux petits bonds avant de couler dans l'eau claire.

Cela pouvait être ridicule, vu de n'importe quelle paire d'yeux extérieurs : une demoiselle aux yeux scintillant de bonheur à la vu de ces cercles d'eau, la fierté qui inondait son visage, simplement car elle avait réussi à faire un ricochet avec une pierre. C'était un incroyable bonheur pour Lied. Plus encore quand elle entend enfin d'énormes claquements de peau, les deux mains d'Héraclès se percutant pour la féliciter. Sur l'instant, la demoiselle rougit, glousse un peu en triturant une mèche de cheveux rose bonbon pour finalement reprendre en main le dossier papier qu'elle avait laissé non loin, tout en suivant son camarade sur le chemin qu'il empruntait. Ils n'étaient pas bien loin de leur logis, il n'y avait sensiblement rien d'intéressant à moins de dix minutes de marche, selon le petit plan qu'elle avait sous le nez. Mais alors qu'ils atteignaient les abords de la fameuse clairière, le géant proposa de faire demi-tour, provoquant un râle de la sénatrice.


« Ah non ! Pas rebrousser chemin ! On est dehors depuis moins d'une heure, je veux pas rentrer ! On a qu'à aller..... Là ! »


Sur l'instant, elle ressemblait à une enfant capricieuse : les joues gonflées, les sourcils froncés, la mine sévère mais adorable à la fois, non sans parler du fait qu'elle venait de prendre le premier chemin qui se présentait sous ses yeux après avoir refermé son guide, sans la moindre idée d'où elle allait. Que pouvait-il leur arriver, de toute façon ? Après tout, ils étaient un duo des plus fiable : un presque terrien homme débarqué dans un monde inconnu, et une rescapée découvrant comme une enfant le monde. Rien d'inquiétant en somme, alors qu'ils s'enfonçaient dans la forêt pour revenir ensuite sur un chemin de terre sèche, sans le moindre repère à l'horizon !

Lied reprit finalement son guide après qu'ils aient trépigné une bonne demi-heure dans le vide désertique tekhan. La crevasse dont elle avait parlé n'était pas très loin, comme l'indiquait enfin le seul panneau qu'ils avaient croisé depuis le début de leur marche. Et enfin, ils l'aperçurent : cette fêlure dans le sol, s'étendant à perte de vue, sans que le fond ne soit réellement visible, le vent balayant des nuées de sable orangé dans les fonds obscures du précipice. En dehors de cette bouche béante, il n'y avait rien. Pas d'arbre, pas de collines, juste quelques roches ici et là qui s'affrontaient en duel en se jetant à la figure de nouvelles bourrasques. A force de percuter les pierres, celles-ci avaient fini polies, présentant alors des nuances cuivrées en vague ondoyantes, un peu comme l'eau quand elle s'était faite percuter par le petit caillou plat. Pas même un lézard ou même un seul bulique dans ces lieux. Juste les bruits du vent, et les petites plaintes de Lied qui n'appréciait guère de se prendre du sable sur le visage. Il se nichait partout, dans ses ondulations, dans ses cils, même dans sa bouche et son nez, un véritable enfer !


« Pourquoi y a-t-il autant de vent, bon sang ! C'est joli, quand j'arrive à garder les yeux ouverts plus de cinq secondes ! »


Malgré ses plaintes, le vent ne cessa de souffler, pis encore, il redoubla d'efforts pour énerver davantage la jeune femme, qui finit pourtant par remarquer un vol d'oiseaux haut dans le ciel. Petites formes noires volant en groupe au loin, en direction de la grande cité, les laissant dans leur sillage derrière eux. Quiconque avait un peu d'expérience se serait douté de la raison de ce vol, loin d'être migratoire, mais comment ces deux perdus l'auraient pu ? La météo n'était pas très capricieuse, à Tekhos Métropolis. Parfois, la pluie venait frapper le sol bétonné, faire luire les vitres parfaites des buildings, plongeant la cité dans une pénombre clair-obscur apaisante pour les yeux des citoyennes sans cesse épuisés de leurs écrans. Le beau temps était bien plus commun, cependant, à raison de considérer comme beau temps même les jours teintés par les nuages blancs se courant après dans un ciel bleu clair. La sénatrice Mueller assimilait donc cette météo à celle du territoire, à une erreur près. Sa ville de naissance était pourvue d'équipements dissipateurs, atténuant les pires effets des terres arides environnantes et leurs caprices pouvant être destructeur. Aussi, quand elle remarqua enfin en faisant demi-tour pour rentrer avec son protégé l'écran jaunâtre, véritable mur lointain, elle comprit son erreur. Il n'y avait pas grand chose à faire, si ce n'était de se mettre à l'abri. Ce n'était pas une tempête très dangereuse, elle pouvait cependant être des plus gênante et les amocher légèrement. Mieux valait donc trouver un abri temporaire.

Aménagé pour permettre aux touristes de profiter de l'attraction naturelle, un chemin descendait le long de la crevasse, permettant d'en observer les pentes abruptes où se nichaient parfois les quelques oiseaux vivant ici. Lied indiqua donc le chemin, dans lequel ils s'engouffrèrent assez rapidement, pour se loger dans un renfoncement creux, puis attendre. Il y avait mieux, comme sortie. Pourtant, la demoiselle ne put s'empêcher de rire, quand les volées colorées recouvrirent la sortie de la crevasse en les épargnant.


« C'est une bien drôle d'aventure que nous faisons là, tu ne trouves pas ? Non pas que ça me fait plaisir d'être prise dans une tempête ! Mais.... Et bien, j'avoue que je trouve ce désagrément amusant. Je pense que ça ne durera pas longtemps, tu veux faire quelque chose pour passer le temps ? »


Amusée, la demoiselle prit une petite pierre qui traînait et la laissa tomber au fond de la crevasse, l'observant jusqu'à ne plus la voir, puis entendre un petit bruit indiquant la fin de la chute. Elle en prit une deuxième et la donna à Héraclès, lui faisant un sourire chaleureux, comme si, à cet instant, la tempête n'existait pas, qu'ils s'amusaient juste sans raison aucune. S'il pouvait douter de sa naïveté, à présent, celle-ci était pleinement exposée.

Lied demanda à faire plusieurs petits jeux pour occuper l'heure qu'ils passèrent là, dans ce renfoncement rocheux, à attendre la fin de la petite tempête. Ce n'est que lorsque les derniers grains de sable cessèrent de voler qu'elle remarqua que son précieux guide s'était envolé de l'autre côté de la brèche, perforé et fermement accroché à une roche pointue, inatteignable. Bien sûr, elle gémit, observa son précieux papier, puis se fit une raison : hors d'atteinte. Ils allaient donc devoir compter sur leur mémoire, mais surtout leur chance, pour rentrer jusqu'à leur toit, espérant ne pas se perdre sur le chemin dépourvu d'indication, autre qu'un pitoyable panneau. Après avoir remonté le chemin, observant l'horizon plat comme une galette, Lied s'exprima, cachant bien maladroitement son inquiétude.


« Ca ne devrait pas être si compliqué, n'est-ce pas ? On... On a tout notre temps, de toute façon ! C'est juste une plus longue promenade. »

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Blabla / Re : Horloge parlante
« le: jeudi 13 mai 2021, 14:03:31 »
Merci merci merci vous deux \o/ Suis super contente !

14h03

Il est maintenant temps de boucler mon foutu mémoire toute seule. Je dois finir.... pour samedi. Eeeeh.

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Blabla / Re : Horloge parlante
« le: mercredi 12 mai 2021, 18:51:57 »
Il est 18h51.
Ça fait déjà dix heures que j'attends ces putains de résultats. Et vous savez quoi ? BAH JE SUIS ADMISSIBLE \o/
Trois dodos de gâchés par le stress !

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Bienvenue titite dadame !
En espérant que tu sauras affuter tes écrits selon tes désirs parmi nous !

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Prélude / Re : Bélial, le démon chuchoteur
« le: mercredi 28 avril 2021, 10:23:02 »
Bienvenue à toi, vilain joli démon !
Ne t'inquiètes guère la validation ne saurait tarder, prends tes aises en attendant (sans malmener les mortels !).

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Prélude / Re : De l'innocence à la luxure.
« le: mardi 27 avril 2021, 10:16:18 »
Tiens tiens, du rose naturel, c'est rigolo ça ! Comment ça je peux rien dire ? C'pas pareil !

Bienvenue à toi en tout cas ! La validation va arriver, t'en fais donc pas.
Et ne t'en fais donc pas, des histoires un peu sur les bords, on en a eu à la pelle \o/

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Parfois, et bien souvent même, il suffisait de prendre du recul pour avoir une meilleure vision des événements. En l'occurrence, il suffisait de reprendre les bases de ce conflit pour se rendre compte qu'il ne s'agissait qu'une accumulation de bien des broutilles : une jeune femme passablement agacée de devoir sans cesse exposer sa fragilité, et un grand gaillard sur les nerfs qui en avait marre de se faire balader. En un mot : diplomatie. Il aurait certes était cocasse pour Lied de manquer de diplomatie, en tant que sénatrice, mais il n'empêchait qu'elle n'était pas la demoiselle la plus patiente de cet état et que, quelques fois, elle pouvait manquer un peu de jugement, se montrer fermée voire témoigner de la colère. Alors elle prenait les devants, tâchait de faire de son mieux pour aller vers les autres lorsqu'elle faisait une erreur. La grosse paluche qui faisait pression sur son épaule était une bonne marque de la réussite de tous ces efforts, de ces quelques excuses et explications tandis que le minuteur se manifestait pour indiquer la fin de cuisson de leur repas.

Celui-ci était d'ailleurs presque ridicule : Héraclès se retrouvait avec un large plat où trônaient trois poissons roses surmontant une montagne de riz, déversant leur jus odorant sur les grains pâles, alors que sa petite assiette lui donnait un air de pimbêche comptant chaque calorie dans son plat. Chacun avec son assiette en main, Lied fit un énième sourire :


« Mais non, tu n'as pas tout foiré, c'est normal de se tromper des fois. »


Ce qui fut en revanche très surprenant, ce fut ce qu'il révéla une fois assis, la première fourchette à portée de lèvres, qui en fit avaler de travers la sénatrice, obligée de frapper du poing sur la table. C'est un « Quoi ?! » à demi-étranglé qu'elle sortiy ensuite, se massant la gorge tout en reprenant contenance, le fixant de deux billes bleues à la limite du choc. Elle s'y était attendue, en quelques sortes, que ses rapports avec la gente féminine soient des plus compliqués, mais pas qu'il en soit au stade de n'avoir jamais mis les pieds sous la même table que l'une d'entre elle ! Et la vie adolescente, les plaisirs de jeunesse, la drague abrutie des pubères ! Un bref instant, un brin de tristesse marqua sa figure douce. Il lui avait déjà fait part de problèmes de contrôle, d'où l'intervention de sa cadette, mais tout de même...

 
« Ca ne doit pas être facile tous les jours... »


La situation impliquait bien des choses, que Lied imaginait sans grand mal : une main de fer sur son quotidien, une volonté souvent mise à mal, un trou dans la sociabilisation, et l'absence de toute expérience amoureuse. Si néanmoins Feyril avait pu apporter quoi que ce soit, peut-être que son arrivée fulgurante en Tekhos n'aurait pas été vaine, et la demoiselle le lui signala aussitôt : s'il voulait emmener lors de son retour quelque médicament ou autre que ce soit, elle n'y voyait pas d'inconvénient. L'accord tacite était son silence, mais il n'y avait nul besoin de le réitérer quand Héraclès l'avait déjà accepté en entrant dans cette jolie maison en compagnie d'une figure tekhane. Secouant brièvement la tête, elle apporta ensuite le dessert, qui consistait en une pile de yaourts en pot et de sa si précieuse boîte à cupcakes. A y regarder de plus près, il s'agissait même à vrai dire d'un superbe coffret en bois, peint et gravé, aux finitions des plus minutieuses pour conserver le tout de la saveur des divines pâtisseries qui faisaient la joie de ce petit bout de femme. Cette fois-ci elle ne lui en proposa pas, égoïstement, bien qu'en risquant un œil, il était possible de voir qu'il ne restait que trois petits gâteaux, le reste ayant été mystérieusement ingurgité. C'est ainsi après avoir mordu dans un gâteau au glaçage blanc nacré, quelques miettes éparses sur les joues, qu'elle fixa son comparse avec un regard un peu gêné.


« Euh, la région.... »


Sa première réaction fut de se diriger vers une pochette aimantée au réfrigérateur, sur le côté, visiblement faite pour être à portée en cas d'urgence. Elle en sortit un dossier papier, dont les lignes noires étaient savamment surlignées de couleurs différentes : du rose fluo, du rose saumon, du jaune, du orange, du vert, du bleu, du violet, tout un panel vif qui attirait immédiatement l’œil. Lied revint ensuite à sa place, le dossier sous le nez, commençant alors à lire ce qu'elle avait pris.


« Le village de Sleprin est idéalement situé à une heure et demi de Tekhos Métropolis, mouais euh... La création d'un espace boisé et d'un lac artificiel permet un cadre de vie adapté à la retraite des tekhanes en recherche des plaisirs naturels alliés à la sûreté et le confort de la proximité de la capitale. Là ils disent qu'il y a une place de marché, et.... Oh ! Apparemment le seul point d'intérêt naturel des lieux est une crevasse d'une centaine de mètres de profondeur. »


Levant le nez de son document, la sénatrice le présenta à Héraclès, à la fois honteusement et fièrement :


« Ma secrétaire me l'a imprimé et a surligné les trucs importants. Je connais très mal Tekhos. Je ne connais déjà que peu la capitale, alors que j'y suis née, alors les terres voisines arides et désertes... Globalement, c'est un territoire très vide et nous ne pouvions pas trop nous éloigner. Donc.... et bien, c'est surtout moi qui vais te suivre je pense. »


Après un rapide ménage, la jeune femme retourna à sa chambre afin de changer sa tenue. Ce n'était pas la ville, il fallait un tant soit peu porter attention, comme ne pas porter un petit haut fluide et large qui s'envolerait au premier coup de vent. Aussi, c'est une demoiselle aux cheveux attachés, vêtue d'une manière fort simple, qui descendit, une paire de baskets dans la main, prête à aller en découdre avec la terre sèche au dehors. Il faisait beau, un ciel bleu parsemé de quelques duveteux nuages blancs, dans une chaleur agréable. Quelques bruits laissaient entendre de la légère vie environnante alors que le duo progressait sur le chemin de terre caillouteuse jaune qu'avait déjà emprunté le titan pour se rendre en direction du bosquet artificiel. Sur ce chemin, Lied lui fit d'ailleurs part du clair manque de nature dans les structures tekhanes, que par exemple, la petite forêt qu'il avait vue était certes faite de vrais arbres, mais qu'ils avaient été plantés là par l'humain, il n'y avait deçà quelques dizaines d'années que gravats, sable et roches en ces lieux. Ce n'étaient là que de simples généralités, aussi vastes qu'évidentes, tout comme l'était l'ignorance candide de la demoiselle aux cheveux roses. Tout d'abord dans la retenue, elle finit par se laisser aller à demander à Héraclès ce qui lui plaisait dans cet endroit, ce qu'il avait vu, puis s'il voulait bien lui montrer ses trouvailles avant qu'ils n'aillent explorer la crevasse qui figurait sur son guide. Ils avaient encore jusqu'au lendemain minimum pour se détendre avant que l'apocalypse ne leur fasse les gros yeux.

Le drôle de duo parvint tout d'abord auprès de l'étendue d'eau claire dans laquelle se trouvait maintenant un très gros caillou, commentaire de la jeune sénatrice, qui feignit tout d'abord une moue furieuse sur son protégé avant qu'un rire léger et cristallin ne sorte de sa gorge. Un certain temps fut même perdu sur place, en raison du fait que Lied fut plus qu'impressionnée par les ricochets que son camarade pouvait faire ; à vrai dire, elle ne savait tout bonnement pas qu'il était possible de faire rebondir une pierre sur de l'eau et fut plus que demandeuse quant à apprendre là, à cet instant, fixant avec insistance de ses grands yeux bleus emplis de détermination celui qu'elle voulait comme professeur.


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Boum broum boum. Ca va vite, et c'est tout cassé par terre. June avait la tête par la fenêtre et regardait derrière elle le gros nuage noir qu'elles laissaient, là, loin, très loin, très très très très loin de la maison. June était un peu triste, Bephy n'avait pas voulu qu'elle fasse une omelette. Une grosse omelette, toute noire, avec le gros œuf qu'elle avait trouvé. Il y en avait plein, aussi, des œufs ! Plein ! Ca aurait fait un gros manger, ça, les œufs ! Mais Bephy avait dit non, alors June avait boudé, puis June avait quand même été contente, un peu, parce que June et Belphy avaient fait un gros barbecue après. Bon, le barbecue avait un peu mal tourné, parce qu'il avait fait un très gros boum, et les barbecues, c'est pas censé faire boum. Mais ça sentait le barbecue, après ! Et Violette, elle avait dit qu'on pouvait faire des barbecues avec plein de trucs : un baril, un râteau à feuilles, un caddie à courses.... Alors pourquoi pas avec des serres, hein ? June en avait vus, des barbecues, dans les bas fonds à la maison, avec des trucs, et sinon, elle avait aussi fait des barbecues avec les bas fonds à la maison. Donc, c'était un barbecue.

Un gros truc rouge lui arriva dans la figure, aussi, June grogna et le mordit, le tira, avant de s'apercevoir qu'il s'agissait de ses cheveux. A côté, Belphy semblait pas contente, elle faisait que grogner et dire des choses très bas, comme quand elle mâchait un gros steak. La dernière fois, et elle ne parlait pas du dernier steak qu'avait mâché Belphy, Bephy avait fait plein de viande à steak. Blam ! Il y avait un très gros trou, et Bephy venait de crier très fort en disant la même chose que quand on se prenait le petit orteil dans une tronçonneuse. Du coup, June rentra dans la voiture, se rasseyant sur son siège, sa figure s'étirant dans un sourire impossible à dissimuler plus encore.


« Bephy ! Bephy ! Belphyyyyy ! On arrive quand ! On arrive quand !
- …. Bientôt, ma chérie. On roule encore quelques heures puis on fera une pause.
- Dis, dis, on va faire quoi déjà aussi ? Pourquoi on rentre pas avec Violette ?
- On va rendre visite à Lied et à un.... problème.
- Depuis quand on rend visite aux problèmes ? On les tue plus les problèmes ?
- Visiblement, pas celui-là. Concrètement.... Concrètement.
- Bephy, June a pas compris.
- Ce n'est pas grave, dis-toi qu'on pourra faire un autre grand barbecue.


Sur ces derniers mots, le sourire de la petite demoiselle aux cheveux pourpres devint carnassier, tandis que son corps aux bras encore ensanglantés sautillait joyeusement sur le siège rembourré, scandant le dernier mot prononcé par sa chère et tendre.

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