Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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Messages - Saël Thorne

Pages: [1] 2 3
1
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 29 mars 2026, 18:50:37 »
Le tissu tombe. Mais Tsaphkiel ne le voit pas. Pas immédiatement. Parce que son regard est ailleurs. Sur elle. Entièrement. Anéa. Debout devant lui. Vivante. Réelle. Trop proche.

Quelque chose dans sa démarche, dans ce léger mouvement de ses hanches qu’elle ne contrôle peut-être même pas, le frappe avec une force qu’aucune lame n’a jamais atteinte. Ce n’est pas violent. Ce n’est pas brutal.

C’est… inconnu. Et cela suffit.

Ses yeux mordorés ne la quittent plus. Comme s’il découvrait une réalité qui lui avait toujours échappé. Comme si, soudainement, tout ce qu’il avait ignoré prenait forme devant lui.

Elle est… Magnifique. Pas comme les créations parfaites des Cieux. Pas comme les formes idéales, figées, immuables. Non. Vivante. Imprévisible. Troublante. Et cette simple vérité le désarme. Une pensée traverse son esprit. Fugace. Interdite. L’attirer contre lui. La retenir. Sentir… Le Juge Silencieux coupe.

Trop tard.

- Il serait dommage que tu attrapes froid...

Sa voix le ramène brutalement au réel. Ses yeux s’abaissent. Le silence se fissure. Et il comprend. La serviette. Le vide. La chaleur lui monte immédiatement au visage. Franche. Visible. Incontrôlable. Pour la deuxième fois depuis… leur duel. Il rougit. Mais le plus troublant, ce n’est pas cela...

C’est qu’il ne détourne pas les yeux. Même maintenant. Même conscient. Il la regarde encore. Comme s’il en était incapable. Comme si quelque chose en lui refusait de rompre ce lien fragile.

Elle s’approche. Trop. Beaucoup trop. Son souffle se suspend. Lorsqu’elle s’accroupit, son corps se tend imperceptiblement. Pas dans la défense. Pas dans la menace. Dans une forme de tension que le Grand Archange ne connaît pas. Qu’il ne comprend pas.
Anéa...

Sa voix se brise presque. Il inspire. Fort.
T-tu n’as pas à…

Les mots lui échappent.
…faire cela.

Il détourne brièvement le regard, se mordant légèrement l’intérieur de la lèvre pour retrouver contenance, alors que sa proximité le désarme plus sûrement que n’importe quel affrontement.

Elle se redresse. Trop près. Beaucoup trop près. Et lorsqu’elle murmure “- J'ai déjà vu mieux...” Un silence. Son regard vacille une fraction de seconde. Le jeune homme hausse très légèrement les épaules. Comme si cela n’avait… aucune importance.
…Cela m’est égal.

À peine audible. Mais faux. Terriblement faux.

Sa main se lève. Instinctivement. Vers son visage. Vers elle. Pour lui caresser la joue, mais elle est déjà partie.

La porte de la salle de bain se referme. Le contact n’a pas lieu. Sa main reste suspendue dans le vide et retombe lentement. Le silence envahit l’appartement. Tsaphkiel reste immobile un instant.

Ensuite, avec un calme presque mécanique, il récupère la serviette et la noue de nouveau autour de sa taille. Le tissu encore humide apaise légèrement la tension diffuse qui parcourt son corps. Il inspire. Longuement. Mais cela ne suffit pas.

Son regard se tourne vers la salle de bain. Il avance. S’arrête devant la porte fermée. S’abaisse lentement. À genoux. Sa main gauche vient se poser contre le bois. Un contact simple. Presque fragile. Ses yeux se ferment. Et dans un murmure à peine audible, en énochien, il parle. Pas comme un Prince. Pas comme un Juge. Comme un homme qui avoue trop tard ce qu’il a toujours refusé de voir.

Une prière sans témoin. Une demande impossible. Qu’il puisse porter tout ou partie de son fardeau. Qu’elle ne soit plus seule à le porter. Qu’elle comprenne… qu’elle ne l’a jamais été. Les mots sont calmes. Profonds. Sincères. Et dangereux. Parce qu’ils dépassent le devoir. Quand il rouvre les yeux, le silence lui répond.

Alors Le Prince des Trônes se relève. Se détourne. Respecte la distance. Il ne reste pas. Ne force pas.

Dans le salon, il s’assoit à même le sol. Droit. Stable. Comme autrefois. Mais ce n’est plus tout à fait la même présence. Ses ailes se déploient lentement derrière lui. Sombres. Imposantes. Et dans le silence, il appelle Méniel.

La réponse ne tarde pas. Claire. Précise. Présente.
Seigneur.

Le lien est net. Respectueux. Mais teinté d’une vigilance inhabituelle.
Votre absence est masquée. Le subterfuge tient. Aucun mouvement suspect dans les Cieux.

Une pause. Puis, plus bas :
Mais votre silence… ne vous ressemble pas.


Tsaphkiel ne répond pas immédiatement. Ses yeux se perdent un instant dans le vide.
La femme que j’ai combattu… Il se trouve que c’est bien elle.

Un battement.
Anéa.

De l’autre côté, une légère tension.
Confirmé.

Encore un silence. Puis :
Dois-je intervenir ?

Non.

Immédiat. Tranchant. Puis, plus bas :
Personne n’intervient.

Une pause.
Pas pour elle.

Le lien se tend légèrement.
Compris… Seigneur.

Mais Méniel n’est pas dupe.
Vous restez.

Ce n’est pas une question.

Tsaphkiel ferme les yeux une seconde.
Oui.

Un souffle.
Jusqu’à ce que l’Équilibre soit rétabli.

Une pause. Presque imperceptible.
Pour elle.

Le silence s’étire. Et :
Je veillerai.

Le lien se coupe. Ses ailes disparaissent lentement. Le calme revient.

Quand la porte s’ouvre de nouveau, il est déjà debout, se dirigeant dans le couloir. À distance. Comme il se doit. Mais pas aussi loin qu’il le devrait.

Son regard se pose sur elle. Un instant. Puis il parle. Et cette fois, ce n’est pas le juge. Ce n’est pas le Prince. C’est… autre chose. Plus direct. Plus vrai.
Que s’est-il passé…?

Sa voix est basse. Grave.
Exactement après ton arrivée sur Terre.

Une pause. Ses yeux ne la quittent pas.
Inutile de me parler du jugement.

Un souffle.
Je veux savoir… ce qui t’a brisée.

Et là, il ne recule pas. Parce que cette fois, il ne cherche plus seulement l’Équilibre. Il la cherche Elle.

2
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: vendredi 27 mars 2026, 00:42:36 »
Le regard d’Anéa glisse sur lui. Froid en apparence. Mais pas indifférent. Tsaphkiel le sent. Et lorsqu’elle souffle, presque agacée “- Ce n'est que de l'eau chaude. Ne t'emballes pas pour si peu.”, quelque chose, contre toute attente cède.

Un souffle passe entre ses lèvres. Pas un soupir. Pas une réplique. Un rire. Infime. Retenu. Comme un réflexe oublié. Ses épaules se détendent à peine, et ses lèvres s’étirent en une esquisse presque imperceptible. Son regard se pose sur elle, plus clair, plus vivant qu’il ne l’a été depuis leur arrivée.
Ce ton…

Sa voix est basse. Presque absente.
…m’avait manqué.

Puis, le Juge Silencieux se fige. Parce qu’il le sent. Ce regard. Pas celui qu’elle lui lance en surface. Celui derrière. Celui qui s’attarde. Qui questionne. Qui voit. Son sourire disparaît lentement. Son visage retrouve son calme. Mais moins parfait qu’avant.

Ses yeux descendent un instant sur la marque qui traverse son torse et son bras.
Une longue histoire.

Sa voix est redevenue stable.
Sanctuary… son fragment.

Une pause. Presque imperceptible.
Il m’a choisi.

Ses doigts se referment légèrement.
Pour en être le légataire universel.

Le silence retombe. Il relève les yeux vers elle. Et cette fois, son regard est différent. Plus doux. Comme une brise tiède en plein été. Puis il détourne légèrement la tête avec un prétexte qui pourrait paraître… normal aux yeux de l’ancienne archange. Observer l’appartement.

Reprenant de la distance :
J’imagine que cela entre dans ta définition de ‘pire’.

Un battement.
Être vu nu après un combat.

Très léger.
Par mon scribe.

Une respiration calme.
Méniel a ses… angles morts.

Mais déjà, le Grand Archange pense ailleurs. À elle. Malgré lui. Blonde autrefois. Brune maintenant. Et pourtant inchangée. Son regard s’attarde une seconde de trop sur son visage. Ses traits. Sa fatigue. Sa force. Ce joli minois de guerrière qu'elle a toujours porté sans en avoir conscience.

Et une pensée surgit. Brutale. Silencieuse. Combien d’humains… Combien d’hommes… L’ont regardée ainsi ? Il coupe net. Immédiatement, comme on tranche une ligne de pensée interdite.

Son regard se détourne. Plus froid. Plus maîtrisé. Mais pas totalement intact.

Elle lui ordonne de sécher ses cheveux. Il baisse légèrement les yeux vers le sol encore humide. Pas pour lui. Pour elle. Si elle glisse… Non. En Prince des Trônes il ne s’excusera pas de mettre de l’eau au sol pour éviter de trahir l’inquiétude s’insinuant tel le serpent tentant Adam et Lilith.

Que doit-il faire ? Attraper la serviette qu’elle lui a lancée ou devrait-il se soigner d’abord ? Hésitation. Infime. Inhabituelle. Et c’est précisément à cet instant que le tissu heurte son visage. Sec. Inattendu. Il ne l’avait pas anticipé. La serviette glisse légèrement avant qu’il ne la récupère, ses doigts se refermant dessus avec ce réflexe toujours parfait.

Un silence. Puis, sans commentaire, la porte à ses cheveux. Lentement. Méthodiquement. Comme s’il n’était pas, à cet instant précis, en train de perdre une partie de son contrôle.

Et dans ce mouvement, dans ce geste simple, dans cette seconde où son attention bascule ailleurs, le nœud à sa taille cède. Sans bruit. La serviette glisse le long de ses hanches. Puis tombe.

3
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: jeudi 19 mars 2026, 22:08:30 »
Que l'on m'oppose les 9 archanges et anges les plus forts pour voir !

4
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: jeudi 19 mars 2026, 22:03:08 »
Le seuil est franchi. Et avec lui, quelque chose d’invisible.

Tsaphkiel s’arrête à peine un instant à l’intérieur de l’appartement. Son regard parcourt les lieux sans jugement. Il observe. Enregistre. Chaque détail. Chaque trace de vie. Chaque imperfection.

C’est… habité. D’une manière que les Cieux n’ont jamais été.

Son regard s’attarde une fraction de seconde sur la vaisselle laissée dans l’évier. Sur le fauteuil entouré de verdure. Sur ce canapé marqué par l’usage. Puis il revient à elle.

Anéa lui indique la salle de bains. Il incline très légèrement la tête. Un geste sobre. Ancien. Presque cérémoniel.
Merci.

Un mot simple. Mais venant de lui, il porte le poids d’un serment discret. Sans ajouter quoi que ce soit, il se détourne et se dirige vers la pièce indiquée. La porte se referme doucement derrière lui.

Le silence retombe. Puis l’eau. Un bruit clair. Continu. Régulier.

À l’intérieur, le Prince des Trônes reste immobile un instant sous le jet. L’eau glisse sur sa peau, emporte le sel, le sang, les résidus du combat. Lentement. Méthodiquement.

Ses doigts passent sur sa plaie. Il ne grimace pas. Il nettoie. Avec précision. Avec respect. Pas pour lui. Pour elle. Parce qu’elle l’a accueilli. Parce qu’elle lui a offert un espace. Et que cela mérite d’être honoré.
Ses gestes sont mesurés. Presque rituels. Comme s’il exécutait une liturgie oubliée. L’eau coule le long de son dos, suit les lignes de ses épaules, s’attarde sur les cicatrices anciennes. Certaines visibles, d’autres à peine perceptibles.

Puis, presque sans qu’il s’en rende compte… L’Archange fredonne. Très bas. Une mélodie lente. Ancienne. Les mots glissent en énochien, doux et graves à la fois. Une langue qui ne devrait pas résonner ici. Une langue faite pour les hauteurs, pour les voûtes infinies et les lumières immuables.

Et pourtant… Elle vit entre ces murs. Un chant sans destinataire. Ou peut-être… si.

L’eau finit par se couper. Le silence revient. Quelques secondes passent.

Puis la porte s’ouvre. Le Juge de l’Equilibre réapparaît. Une serviette simplement nouée autour de la taille, encore humide, l’eau perlant lentement le long de sa peau sans qu’il cherche à l’essuyer. Comme si sécher naturellement allait de soi. Comme si forcer le processus n’avait aucun sens. Ses cheveux sombres collent légèrement à sa nuque. Quelques gouttes glissent encore le long de sa clavicule.

Son regard se pose sur l’appartement. Puis sur elle. Et pendant une fraction de seconde, infime, il semble… désarmé. Pas faible. Pas vulnérable au sens humain. Mais dépourvu de cette distance parfaite qu’il maintenait jusque-là. Comme si, entre ces murs, quelque chose de lui refusait de reprendre entièrement sa place.

Sa voix revient pourtant. Calme. Maîtrisée.
L’eau était suffisante.

Une pause. Puis, légèrement, presque imperceptiblement :
Merci, Anéa.

Et cette fois, ce n’est pas un Prince qui parle. C’est simplement… lui.

5
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: lundi 16 mars 2026, 19:03:48 »
Je sens que je vais finir par enfoncer 7 épées dans le corps de celui ou celle qui ose profaner le corps de ma b... La guerrière la plus douée que je connaisse !

6
Blabla / Re : J'épouse, j'esclavagise, je tue
« le: dimanche 08 mars 2026, 23:07:06 »
Puisqu'il faut en passer par là, j'épouse Deirdre sans consommation de mariage !
J'esclavagise Ashley
Je tue Emi.

Anakha, Réo, Franz...

7
Blabla / J'offre mon corps à....dix
« le: dimanche 08 mars 2026, 23:03:30 »
Faut-il descendre dans la ville de Sète ?

8
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 08 mars 2026, 22:11:53 »
Le vent passe entre eux, chargé de sel et d’embruns. Tsaphkiel s’était déjà préparé à beaucoup de choses en venant sur cette île. À la colère. À la haine. Au combat. Mais pas à cela.

Lorsqu’elle prononce son nom, et qu’elle remarque ce détail, il se fige.
- Tsaphkiel...Je rêve ou tu...rougis ?

Un silence tombe, presque palpable. Ses yeux mordorés restent sur elle une fraction de seconde… puis se détournent avec une lenteur calculée vers la mer. Comme si l’horizon exigeait soudain toute son attention. La couleur sur ses pommettes ne disparaît pas. Au contraire. Elle s’intensifie très légèrement. Pour quelqu’un d’autre, ce serait insignifiant.  Pour le Prince des Trônes… c’est une catastrophe stratégique.

Sa mâchoire se serre.
Tu te trompes.

La réponse tombe trop vite. Et surtout… elle est parfaitement inutile.

Parce qu’Anéa vient de se pincer la joue en poussant un petit cri de douleur, comme pour vérifier qu’elle ne rêve pas. Et ce simple geste, absurde et presque enfantin, produit sur lui un effet inattendu. Ses épaules se détendent imperceptiblement. Quelque chose, dans sa poitrine, cède un peu. Lorsqu’elle dit que c’est la première fois qu’elle voit ça… il ferme les yeux une seconde. Comme s’il cherchait à retrouver l’équilibre exact de son propre corps. Quand il les rouvre, son calme est revenu.

Ou du moins… l’apparence du calme.
Tu passes trop de temps à observer des détails inutiles.

La phrase est sèche. Presque sévère. Mais elle manque de conviction. Et lui-même le sait. Son regard glisse malgré lui vers ce sourire qui vient d’apparaître sur ses lèvres. Petit. Fragile. Fatigué. Et quelque chose en lui se serre. Parce qu’il réalise qu’il ne l’a pas vue sourire depuis… combien de temps ? Il ne sait même plus.

Sa main est toujours posée sur son poignet. Quand elle propose de rentrer chez elle pour soigner leurs blessures, il baisse les yeux vers la plaie de son flanc. Le sang a ralenti. Le mélange du sien et du sien sèche déjà en une trace sombre sur sa peau.

Puis il relève les yeux vers elle.
Une cicatrice ne changerait rien.

Sa voix est redevenue posée. Presque distante.
Les Cieux en portent de bien plus anciennes.

À la mention des escadrons célestes qui pourraient venir la liquider… une ombre traverse brièvement son regard.
Aucun ange ne viendra.

La certitude est absolue. Calme. Tranchante. Puis il ajoute, après un court silence :
Et si quelqu’un l’envisage… il me trouvera sur son chemin.

La phrase n’est pas une menace. C’est une simple information.

Le vent soulève ses cheveux sombres autour de son visage encore légèrement coloré. Il n’en semble même plus conscient. Lorsqu’elle lui demande s’il doit retourner aux Cieux… il reste silencieux un moment. Ses yeux se tournent vers la mer. Les vagues frappent les rochers en contrebas. L’horizon est vaste. Gris. Immobile.

Les Cieux. L’Équilibre. Ses devoirs. Tout cela existe toujours. Mais pour la première fois depuis très longtemps… cela semble légèrement plus loin que d’habitude.

Lorsqu’il repose finalement les yeux sur elle, sa voix est plus basse.
L’Équilibre ne se brisera pas en quelques heures. Méniel, mon scribe, utilise un subterfuge.

Une pause. Puis il relâche enfin son poignet. Très doucement. Comme si le geste lui coûtait plus qu’il ne le voudrait.

Le grand archange, récupère ses vêtements "d'humain" puis se rhabille tout en parlant à son interlocutrice. Sans oublier de remettre son épée à sa place d'origine, contre sa hanche.
Montre-moi le chemin.

Ses yeux mordorés restent sur elle encore un instant. Et il ajoute, presque malgré lui :
Anéa…

Un souffle passe.
Je ne retournerai nulle part tant que cette conversation ne sera pas terminée.

Le vent se lève plus fort autour d’eux.

Et quelque part dans sa poitrine, Le Prince des Trônes comprend qu’il vient de prendre une décision qu’aucun Prince des Trônes n’aurait dû prendre aussi facilement.

9
Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: samedi 07 mars 2026, 17:40:54 »
Le vent continue de courir sur l’île d’Habomai. Mais pour Tsaphkiel, le monde vient de se déplacer d’un axe imperceptible.

Il la regarde pleurer. Sans détourner les yeux. Chaque larme qui roule sur ses joues laisse une trace étrange dans sa poitrine : une douleur sourde, qu’aucune bataille n’a jamais su provoquer.

Lorsqu’elle parle d’anomalie… de ne jamais avoir eu sa place… Sa mâchoire se crispe légèrement. Mais il ne l’interrompt pas. Pas cette fois.

Puis sa main se lève vers son propre cou, vers la blessure qu’elle s’est infligée sur sa lame. Le geste attire instinctivement son regard… avant que l’ancien supérieur ne sente les doigts de sa subordonnée glisser sur son flanc. Le contact est chaud.

Vivante. Sa paume se pose sur la plaie ouverte. Et pendant une fraction de seconde, une seule, le Prince des Trônes cesse de respirer.

Son dos se redresse presque imperceptiblement. Ce n’est pas la douleur. Il a connu pire. C’est la proximité. La chaleur de sa peau contre la sienne.

Le contraste entre le froid qui semblait l’habiter quelques instants plus tôt… et cette présence si réelle maintenant. Une légère couleur apparaît sur ses pommettes. Subtile. Presque invisible sous la lumière grise de la mer.

Mais pour quelqu’un qui connaît le grand Archange… c’est un cataclysme. Il détourne brièvement les yeux vers l’horizon, comme si l’immensité de la mer pouvait lui rendre sa contenance.

Sa voix tombe finalement, basse.
Ce n’est rien.

Un mensonge calme. Sa main se lève instinctivement, comme pour écarter la sienne… mais elle s’arrête à mi-chemin. Parce qu’Anéa parle. Parce qu’elle dit qu’elle attendait qu’il mette fin à sa vie. Ses yeux reviennent brusquement vers les siens.

Une dureté traverse son regard. Pas contre elle. Contre l’idée.
Ne dis pas ça.

Le ton est bas, mais ferme. Presque sévère.

Puis son interlocutrice continue. Elle parle de respect. De lui. De ce qu’il lui a toujours montré. Les mots semblent le désarmer plus sûrement que leurs lames quelques minutes plus tôt.

Son regard glisse vers leurs mains. Le sang mêlé. Le sien. Celui de celle qui lui fait face.

Un silence passe. Long.

Le vent agite lentement ses cheveux sombres, collés par l’humidité et le sel. Quand il parle de nouveau, sa voix est plus calme. Plus douce qu’il ne le voudrait.
Tu n’as jamais été une anomalie. Métatron et Sandalphon se trompent.

Son regard se relève vers elle. Stable.
Tu restes ce que les Cieux produisent rarement.

Un léger souffle quitte ses lèvres.
Quelqu’un de vrai.

Puis ses yeux descendent brièvement vers sa main posée sur sa blessure. La chaleur de ses doigts continue de se diffuser dans sa peau. Et malgré lui… la rougeur revient légèrement sur son visage. Il détourne de nouveau les yeux une seconde, comme si ce détail l’irritait.

Puis il reprend, avec cette dignité calme qui lui appartient :
Je n’ai pas besoin d’être soigné.

Une pause. Très courte. Ses yeux reviennent vers elle. Ils sont moins durs. Moins distants.
Mais…

Sa main se lève finalement et effleure brièvement son poignet. Pas pour la repousser. Pour stabiliser le geste.
si cela peut te rassurer…

Il incline très légèrement la tête. Un geste presque imperceptible venant d’un Prince.
alors je te laisserai le faire.

Le vent souffle plus fort autour d’eux. Les vagues frappent les rochers.

Et pour la première fois depuis des siècles, Tsaphkiel réalise qu’un simple contact peut être plus déstabilisant qu’une bataille entière.

Ses yeux mordorés restent posés sur elle. Calmes en apparence. Mais son cœur ne l’est plus tout à fait.

10
Les alentours de la ville / L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: vendredi 06 mars 2026, 00:12:44 »
Le métal de ses armes heurte les galets. Le bruit est simple. Brut. Définitif. Et soudain, le champ de bataille disparaît.

Le vent marin continue de courir sur l’île d’Habomai, mais autour d’eux, quelque chose change. Une tension invisible, presque imperceptible, se déploie dans l’air.

Tsaphkiel ne bouge pas. Sa main tient encore son poignet, mais la pression a changé. Ce n’est plus une prise de combat. C’est un ancrage. Son sang coule lentement le long de sa côte. Une goutte tombe sur la pierre pâle. Puis une autre.

Ses yeux mordorés restent posés sur elle lorsqu’elle demande :
- Eux ? Qui ça « eux » ? Mais pourquoi vouloir me protéger MOI ?

Un souffle passe entre ses lèvres. Lent. Fatigué.

Puis il relâche son bras. Pas brusquement. Pas comme on libère un ennemi. Comme on relâche quelqu’un qu’on refuse de voir tomber. Sa main retombe à son côté. Et avec ce geste, quelque chose se répand autour de lui. Ce n’est pas visible. Pas vraiment. Mais l’air devient plus calme.

La rage qui brûlait dans la gorge d’Anéa semble rencontrer une résistance invisible. Comme si le monde lui-même refusait d’alimenter l’incendie. L’Aura du Silence. Pas une contrainte. Pas une domination. Un apaisement. Le Prince des Trônes ne détourne toujours pas le regard.

Sa voix tombe, plus basse maintenant.
"Ceux qui te regardaient comme une anomalie."

Le vent soulève légèrement ses cheveux sombres.
"Ceux qui murmuraient que ta force rompait l’équilibre des rangs. Que ta manière de combattre n’était pas… céleste."

Une absence de bruit.

Il se souvient. Les salles de marbre. Les couloirs de lumière. Les murmures derrière les ailes.
Son regard se trouble un instant.
"Métatron et Sandalphon disaient que tu étais trop."

Sa mâchoire se serre à peine.
"Trop rapide. Trop brutale. Trop efficace."

Un souffle lui échappe presque comme un rire sans joie.
"Trop dangereuse pour rester simplement une guerrière."

Ses yeux reviennent aux siens.
"Alors ils ont commencé à parler d’équilibre."

Le mot tombe avec une ironie froide.
"Pas l’Équilibre que je sers."

Sa main se lève lentement, essuie distraitement le sang qui coule de sa côte.
"Le leur."

Il la regarde trembler. Et pour la première fois depuis leur affrontement, le Prince des Trônes ne ressemble pas à un juge. Il ressemble à quelqu’un qui porte un souvenir trop lourd.
"Je ne voulais pas te protéger parce que je te croyais faible."

Sa voix devient plus grave.
"Je voulais te protéger parce que je savais exactement ce qu’ils feraient un jour. Et se sont assurés de mon absence puis m'ont fait croire à ta disparition."

Son regard glisse brièvement sur les marques rouges qui serpentent sur sa peau. L’Archange les observe. Longuement. Sans dégoût. Sans peur.

Puis il relève les yeux.
"Et je vois que j’avais raison d’avoir peur."

Le silence revient. Anéa détourne le regard. Sa phrase flotte encore entre eux.
- Il n’y a plus rien à sauver.

Quelque chose passe dans les yeux de Tsaphkiel. Une étincelle. Pas de colère. Pas de pitié. Une certitude calme. Il avance d’un pas.

Les galets crissent doucement sous ses pieds nus.
"Tu te trompes."

Sa voix est calme. Terriblement calme.
"S’il ne restait vraiment rien…"

Il s’arrête à un souffle d’elle.
"Tu n’aurais pas lâché tes armes."

Le vent passe entre eux. Ses yeux descendent un instant vers le katana et le khopesh abandonnés sur le sol.

Puis remontent vers elle.
"Tu n’aurais pas hésité."

Un silence.
"Et tu ne serais pas en train de trembler."

La phrase n’est pas une accusation. C’est un constat. Tsaphkiel incline légèrement la tête. Et pour la première fois depuis leur rencontre sur cette île, sa voix se fait presque douce.
"Il reste quelque chose, Anéa."

Le vent se lève plus fort. Les vagues frappent les rochers en contrebas. Ses yeux mordorés ne quittent pas les siens.
"Sinon tu m’aurais déjà tué."

11
Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 01 mars 2026, 11:47:39 »
Le cri la traverse.

- FERME TA GRANDE GUEULE !

Le vent lui-même semble reculer. Tsaphkiel ne cille pas. Le hurlement le frappe de plein fouet. Non comme une attaque, mais comme une vérité longtemps retenue. L’air tremble encore lorsque sa lame descend. Le choc est brutal.

L’île gémit sous l’onde qui se propage. Les galets éclatent, le sel s’élève en nuage pâle, et la trajectoire parfaite du Gardien de l'Equilibre laisse dans la terre une entaille nette, droite, presque sacrée. Comme si le sol venait d’être jugé.

L’archange glisse d’un demi-pas sous la pression. Pas déséquilibré. Pas surpris. Attentif. Ses yeux mordorés se posent sur elle lorsqu’elle lui reproche son air supérieur. Quelque chose se fissure brièvement dans son regard. Pas de colère. Une fatigue ancienne.
"Si je savais tout, Anéa… je ne serais pas venu."

Les marques apparaissent. Rouges. Vives. Vivantes. Elles serpentent sur sa peau comme une écriture étrangère. L’air change. Plus dense. Plus chaud. Une odeur âcre effleure le sel marin. Il le sent. Il ne recule pas.

Il avance.
"Alors c’est cela que tu portes maintenant…"

Aucun jugement dans sa voix. Seulement le constat d’un fait.

Puis le mouvement. Elle disparaît à la perception ordinaire. Le khopesh accroche sa lame dans un cercle sec. Le métal hurle. Il accompagne la déviation au lieu de la briser. La frappe descend vers sa hanche. Il relâche son ancrage au lieu de s’y opposer, pivote, absorbe. L’acier effleure sa peau. Une ligne chaude s’ouvre, mais son mouvement ne s’interrompt pas.

Sa main libre se referme sur son poignet. Implacable. Le contact brûle. Le monde ralentit. Son autre main frappe. La lame décrit un arc brutal vers le sol. L’impact écrase l’air. Une onde verticale se déploie, compresse la terre, plie l’herbe, impose une gravité soudaine.

Le coup n’était pas destiné à sa chair. Il était destiné à son centre. À sa position. À rappeler qui tient l’axe. Le Prince des Trônes la relâche puis recule d’un pas.

Son sang coule lentement.
"Tu voulais me voir me battre sérieusement."

Son regard n’est plus doux. Il est souverain.
"Ne me force pas à te traiter comme une ennemie."

Le vent revient. Plus fort. Ils s’affrontent de nouveau.

Les lames se heurtent, éclatent en étincelles blanches. Anéa est plus rapide. Plus incisive. Chaque attaque cherche l’angle mort avec l’intelligence brutale de celle qui a survécu.

Il encaisse. Il répond. Chaque mouvement est exact. Mais l’acier finit par mordre son épaule. La blessure est réelle. Le sang perle. Et cette fois, il la saisit de nouveau. Pas pour neutraliser. Pour arrêter. Sa main se referme sur son avant-bras marqué de rouge. Leurs visages sont proches. Trop proches. L’air vibre autour d’eux sous la pression de leurs puissances mêlées.

Le monde semble suspendu.

Il murmure, rauque, bas :
"Je n’ai jamais voulu te protéger de la guerre…  Je voulais te protéger d’eux."

Ses doigts se resserrent légèrement.
"Ils parlaient d’Équilibre pour masquer leur peur. Je voyais ta valeur. Je refusais qu’on la souille parce qu’elle les dépassait."

Et en prononçant ces mots, la vérité le traverse. Pas à cause des marques. Pas à cause du sang. Pas à cause de la rage. À cause de la peur. La peur nue de la perdre définitivement.

Ce n’était pas seulement du devoir. Ni seulement du respect. Ni même seulement de la loyauté.

Il l’aimait. Depuis quand ? Il l’ignore. Mais l’idée de la voir sombrer lui arrache quelque chose qu’aucune guerre, aucun jugement céleste n’a jamais pu atteindre. Son souffle vacille. Une fraction. Une seule.
Et cette faille suffit. L’acier entaille sa côte. Il recule franchement. Le Prince des Trônes recule. Non vaincu. Touché.

Son regard se relève vers elle.

Il n’est plus seulement souverain. Il est “humain”. Et c’est infiniment plus dangereux. Car désormais il ne se bat plus seulement pour l’Équilibre.

Il se bat pour elle.

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Blabla / Re : J'offre mon corps à....dix
« le: lundi 23 février 2026, 19:33:11 »
A 2 mains Ô ma Anéa !

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Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: dimanche 14 décembre 2025, 23:24:53 »
Le sang perle.

Une ligne fine, presque délicate, s’ouvre sur la peau d’Anéa, et le rouge tranche violemment avec l’albâtre de sa chair. L’air marin s’y mêle aussitôt, sel et fer confondus, et l’odeur métallique atteint Tsaphkiel avant même qu’il n’en prenne pleinement conscience.

Quelque chose se referme en lui.

Pas un sursaut. Pas une panique. Un reproche muet, précis, chirurgical. Le Gardien du Jugement Silencieux aurait dû retirer la lame plus tôt.

Il le sait avec la certitude froide de ceux qui n’agissent jamais sans calcul. Ce n’est pas la blessure qui le trouble. Il sait qu’Anéa n’a jamais craint le sang, ni le sien ni celui des autres. Mais le fait qu’elle ait avancé. Jusqu’à l’acier. Jusqu’à la certitude de la douleur.

Celui se faisant passer pour Saël Thorne recule d’un demi-pas. Le gravier crisse sous sa plante de pied. À peine un son. Juste assez pour recréer une distance choisie.

Ses ailes, encore entrouvertes par réflexe ancestral, frémissent dans son dos. Puis il les rappelle.

La réabsorption n’a rien de doux. Les rémiges sombres se fragmentent en filaments de lumière dense qui se résorbent dans sa chair, réveillant les cicatrices argentées encore sensibles. Une douleur sourde, profonde, lui traverse les omoplates, comme si l’on refermait de force une porte trop longtemps restée ouverte. Ses épaules se tendent une fraction de seconde. Son souffle s’alourdit. Puis tout se stabilise.

Quand il redresse la tête, il n’est plus qu’un homme aux cheveux sombres, torse nu sous le ciel pâle, épée en main. Mais l’air autour de lui semble plus dense. Plus attentif.

Son regard mordoré se pose sur elle, sans dureté. Sans indulgence non plus.
"Tu n’as jamais aimé qu’on te dise quoi faire." dit-il enfin, la voix basse, portée par le vent. "C’est aussi pour cela que je t’ai toujours respectée."

Il incline très légèrement la tête. Un geste ancien. Presque oublié.
"Ce test n’était pas un ordre. C’était… de la nostalgie."

L’odeur de la mer, des algues écrasées et de la pierre chauffée par le soleil glisse entre eux.

"Celle de s’être battu à tes côtés. De savoir comment tu réagissais avant même que la pensée ne te rattrape."

Quand elle prononce déchue, le mot tombe lourdement, comme une sentence qu’elle se serait elle-même infligée.

Tsaphkiel ne se raidit pas. Il se redresse.

Il plante son épée dans le sol à sa droite. Le métal s’enfonce dans la terre avec un son mat, définitif. Il libère une main, paume ouverte, calme absolu dans le geste.
"Tu as oublié comment je pense, Anéa."

Le vent s’engouffre entre eux, soulève ses cheveux sombres, fait vibrer la cicatrice qui traverse son bras et son cœur.
"Archange. Déchue. Loyal. Banni. Ce sont des catégories. Pas des valeurs."

Son regard ne la quitte pas.
"Je suis l’Équilibre. Et devant l’Équilibre… vous êtes tous au même niveau."

Elle attaque.

Le mouvement est brutal, instinctif, chargé de rage contenue trop longtemps. Le khopesh arrive en premier, courbe meurtrière traçant un arc imparfait.

Tsaphkiel pivote sur la hanche, sent le vent de la lame frôler sa peau, exploite l’ouverture naturelle de l’arme. Sa main guide, détourne, laisse la trajectoire s’égarer. Un défaut ancien, connu de trop peu.

Le katana suit, vif, précis. Cette fois, il lève son épée. Acier contre acier. Le choc est sec, clair, vibrant. La résonance remonte le long de ses bras, jusque dans sa cage thoracique. Il ne riposte pas. Il tient. Il encaisse. Il écoute.

Son regard accroche le sien, et une étincelle presque amusée y passe quand il sent la précipitation, la fureur qui la consume trop vite.
"Sérieusement ?" souffle-t-il. "Je t’ai connue plus offensive que ça."

Il rompt le contact d’un pas fluide, le sol crisse à nouveau sous ses pieds nus.
"Là, tu te bats avec ta colère. Pas avec ton instinct."

Elle revient. Plus proche. Plus dangereuse.

Le coup de tête claque presque contre sa tempe ; il incline juste assez la tête pour que l’impact glisse, brutal, intime. Il sent la chaleur de son souffle, la tension de ses muscles, cette volonté farouche de ne plus rien préserver.

Son regard se durcit enfin. Pas de colère. De gravité.
"Tu dis que tu n’as plus rien à perdre…" murmure-t-il, tout près, sans l’attaquer.

Il se recule d’un pas, reprend son épée, la libère du sol dans un chuintement de terre et de métal.
"Mais ton corps, lui, se bat encore comme si quelque chose méritait d’être défendu."

Le vent marin se lève, plus fort. Le sang sur sa peau brille. Le ciel semble s’élargir au-dessus d’eux.

Tsaphkiel se met en garde. Cette fois, sa posture change. Plus ouverte. Plus basse. Plus dangereuse.
"Alors viens."

Sa voix est calme. Trop calme.
"Pas pour mourir. Je veux te voir vivre pleinement !"

Il inspire. Puis attaque. Cette fois, sans feinte. Sans retenue.

Son épée décrit une trajectoire parfaite, portée par des siècles de maîtrise, un mouvement si pur qu’il semble fendre l’air avant même de toucher la matière. La frappe est rapide, écrasante, pensée pour briser une défense, forcer un recul, imposer sa présence au monde lui-même.

Le Prince des Trônes est enfin là.

Et l’île d’Habomai s’apprête à en porter la marque.

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Les alentours de la ville / Re : L'Ombre du passé [Saël Thorne]
« le: mardi 02 décembre 2025, 21:39:21 »
Anéa parle, et ses mots pourraient être des lames si sa voix n’était pas si familière.

Tsaphkiel incline très légèrement la tête, l’ombre de ses cheveux sombres glissant sur sa joue. Son regard mordoré évite le sien une seconde, pas par gêne, ni par honte… mais parce qu’il sait trop bien ce que ses yeux reconnaissent quand ils rencontrent les siens. Une vérité qu’il n’est pas encore certain d’avoir le droit de regarder en face.

Quand elle se moque de lui, de son aura, de son épée, du ridicule d’être “discret” ici, un souffle lui échappe. Pas un rire. Pas vraiment. Plutôt une exhalation qui appelle la sincérité.
Ce n’est pas moi qui ai choisi l’endroit où je descendrais.

Sa voix est calme, posée, d’une douceur intransigeante.
Le point d’arrimage m’a simplement… laissé ici. Le hasard, ou ce qu’il en reste.

Il relève lentement les yeux vers elle, juste assez pour accrocher son regard avant de le laisser glisser ailleurs, par pudeur plus que par prudence.
Et pour le reste… Méniel a pris les dispositions nécessaires. Là-Haut, tout le monde croit que je suis dans mes quartiers, ou en audience. Personne ne sait que je suis sur Terre.

Un silence. Court. Dense.

Puis, sans détour :
Et je suis venu pour toi.

Le Gardien du Jugement Silencieux ne dit pas pour t’abattre. Il n’en a ni la posture, ni l’intention, ni même l’ombre du geste.
Non pour couper ton souffle… mais pour rétablir l’Équilibre qui t’a été arraché.

Il la suit quand elle contourne, quand elle frôle son épaule. Un contact si infime qu’aucun humain ne l’aurait senti. Eux si.

Sur le chemin, il observe tout. Les différents moyens de locomotion. Les enseignes. La circulation des passants. Les différentes manières de s’habiller. Les différentes teintes de lumière. Chaque artère de la ville, chaque odeur d’asphalte, de terre, de pluie, comme s’il devait mémoriser une carte invisible. On ne sait jamais… la Terre n’a pas la constance du Ciel.

Quand celle en qui il avait le plus confiance parmi les Archanges dit que son ciel est “bas” maintenant, il l’écoute sans broncher, puis répond avec une fermeté douce, presque chaleureuse :
Le haut et le bas ne sont que des directions. Il y a du bon et du mauvais partout, Anéa. Ce ne sont pas les lieux qui décident… mais ce qu’on en fait.

Il la laisse entrer seule dans l’immeuble, par respect, ou peut-être par intuition. Et juste après qu’elle a disparu dans les étages, il ferme les yeux et appelle mentalement :
Méniel.

Sa pensée traverse la trame céleste, ténue, sacrée, un fil d’ambre dans l’immense. Il ignore si son scribe peut entendre si loin, mais il essaye.
Je l’ai trouvée. L’Archange guerrière. Anéa. Je dois vérifier ce qu’elle est devenue. Reste en alerte, mais ne fais rien. Pas encore.

L’air crépite autour de lui une seconde… Puis s’apaise. Pas de réponse, mais une impression. Comme une fidélité intime qui lui revient, chaude et discrète.


Celle pour qui il aurait arrêté de contrôler ses émotions, réapparaît.

Le regard de glace heurte celui d’ambre. Et, malgré lui, une tension lui traverse la poitrine. Pas de désir,  pas encore, mais cette sensation de retrouver quelque chose qui n’aurait jamais dû être perdu.

Il apprécie. Oui. Ce regard droit. Ce regard vrai.

Lorsqu’elle hoche la tête pour signifier leur départ, une ombre passe dans les yeux du Prince. Une nuance de douleur.

Il n’a plus ses ailes. Il les a laissées au seuil du monde pour descendre jusqu’à elle.

Alors il inspire. Profondément. Il lui faut un peu de temps. Et la lumière craque d’un coup derrière ses omoplates.

Son dos se cambre, imperceptiblement, alors que les cicatrices argentées se rouvrent, que les muscles se soulèvent sous la peau, qu’un sifflement humide perce la chair céleste. Les rémiges s’extirpent, longues, lisses, sombres comme une nuit sans étoiles, tandis que le tissu humain se déchire en silence autour d’elles.

La douleur est fine, intense, métallique, presque musicale. Il ne la montre pas. Il n’en a jamais montré aucune.

Ses ailes jaillissent, s’étendent, battent l’air, et l’Archange se met à la suivre, se maintenant toujours derrière elle. Toujours à distance respectueuse. Mais sans jamais perdre sa vitesse.

Ils volent longtemps. L’océan exhale son sel, son froid, ses embruns épicés. L’air gifle, le vent chante, la lumière danse.

Habomai apparaît. Un plateau sauvage, vaste comme un souffle ancien.

Tsaphkiel se pose derrière elle, et la terre glisse sous ses pieds un bref instant. Un déséquilibre, discret, humain presque.

Il ferme les yeux une seconde. Il savoure.  L’air marin. La mousse. Le parfum minéral du monde. Si différent du Ciel. Lorsqu’il les rouvre, Anéa est là, en train de s’incliner avec une révérence digne d’une cour perdue depuis mille ans.

Il croit d’abord à l’ironie. Il n’a jamais aimé qu’on ploie devant lui. Alors il s’incline à son tour. Plus bas. Plus gracieux.

Pas pour le rang. Pour elle.

En se redressant, un sourire très fin traverse son visage. Sa duelliste pourrait croire que c’est le plaisir du duel. Ce ne l’est pas. Pas vraiment.

C’est le plaisir. Simple, pur, presque douloureux, de la retrouver.

Sans un mot, il retire sa veste noire, aux reflets mats. Puis ses gants prunes, glissants comme de la soie froide. Puis sa chemise, que le vent marin saisit aussitôt. Enfin, il défait ses cheveux, qui tombent en cascade sombre jusqu’entre ses omoplates et dansent dans la brise. Il reste torse nu, en pantalon, laissant ainsi une marque inconnue de l’ancienne guerrière. Une ligne noire-bleutée au reflet argenté de son bras gauche à son dos en passant par son coeur. Une marque qui palpite doucement, vivante.
Il ne le fait pas pour impressionner. Ni pour provoquer.

C’est un réflexe ancien. Un automatisme guerrier. Sans armure, tout tissu devient un obstacle aux mouvements.

Il avance de quelques pas, serein, presque nu sous le ciel pâle. Son torse sculpté par des siècles de discipline céleste brille légèrement sous la lumière. Ses ailes replient leur envergure, absorbées lentement jusqu’à disparaître en un frisson de lumière.

Il croise enfin son regard. Sans hypocrisie. Sans détour.

La voix de la jeune femme venait à peine de mourir dans l’air que Tsaphkiel la fixait déjà avec une intensité trop calme pour être rassurante.

Un souffle traversa les ruines, poussière, cendres, odeur métallique de pierre chauffée au soleil, et fit trembler les mèches de ses cheveux pâles. Ses ailes sombres se déployèrent légèrement, non pour menacer… mais comme un réflexe ancestral de domination silencieuse.

L’Archange ne dit rien au début.  Il observe. Comment elle respire. La manière dont ses mains restent visibles. Le léger tremblement que même un soldat aguerri ne peut masquer après des années d’exil. Le cœur qui cogne, perceptible dans l’air pour une créature comme lui.

Puis il bouge.

Ce n’est pas une mise en garde. Ce n’est pas un avertissement. C’est un test pur, brut, instinctif. Le genre de test que seules des guerrières comme Anéa savent décoder avant même de réagir.

Ses doigts se posent sur la garde de son épée. Un cliquetis de métal contre cuir, sec, précis, fend l’air.
Il feinte une posture bien particulière… Celle qui pourrait faire penser que sa lame décrira une trajectoire nette, en couronne puis en taille, de droite à gauche. Un coup qui aurait décapité n’importe quel soldat. Cependant, à la dernière seconde, celui qui se fait passer comme étant Saël Thorne, effectue un tout autre geste. Un mouvement ascendant en diagonale et de gauche à droite.

Il ne la touche pas. Il ne cherche pas à la toucher. Il cherche son premier réflexe. La vérité d’un guerrier ne se lit jamais dans ses mots, mais dans le mouvement qui précède la pensée. Le métal s’arrête à quelques centimètres seulement de sa gorge.

Une vibration basse, presque inaudible, résonne encore dans la lame. Les ricochets de la puissance retenue.

Tsaphkiel la fixe, la pointe de son épée encore levée, l’expression indéchiffrable. Une rage froide sous-jacente. Une blessure qu’il refuse de nommer. Et une attente : montre-moi qui tu es devenue.

Lorsque sa voix tombe enfin, c’est avec un calme qui tranche autant que la lame.
Avant que je n’entende tes raisons…  Montre-moi si ton premier réflexe est encore celui d'un Archange… ou de quelqu’un qui a oublié qui elle était.

Pas d’accusation. Pas de douceur. Pas encore. Il se contient. Juste la vérité nue du Prince des Trônes.

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Blabla / Re : Mon voisin du dessus
« le: lundi 01 décembre 2025, 20:36:09 »
Ô VDD si tu savais ce que je souhaite ! Je veux juste un duel en bonne et dûe forme. M'assurer que ta VDD est bien celle que j'ai toujours connue sur les champs de bataille.   :D

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