Base Spatiale / Re : Des vies dans les étoiles Acte 2 - Nouveau départ sur Ravena
« le: lundi 30 mars 2026, 21:38:21 »Dave s'était un peu braqué, avait même cassé quelques nez. Il avait perdu des hommes, des amis, et en vieux soldat qu'il était, ne revenait pas sur sa parole. Il était prêt à se battre contre la DAC et s'était d'ailleurs armé en conséquence, tout en prévenant les autres de ses intentions. On sut qu'une équipe d'assassins venue de Galea Prime, la planète mère de la DAC, avait pris ses quartiers dans le système et qu'une action de défense des intérêts de l'entreprise pouvait être programmée: autrement dit, effacer les traces.
C'est à ce moment là que les médias avaient reçu des informations précises de l'évènement (merci Rory) et que l'attention de bien des Pouvoirs s'était portée sur le petit groupe de survivants, promus héros d'une corporation qui prenait soin des siens ...
Nous en étions là ... La tension restait palpable mais les indemnités tombaient et la DAC transpirait à la moindre de ses communications. En tout cas, il était certains que la mariage était consommé et que les survivants devraient penser assez rapidement à un futur marqué par l'éloignement. Autre point important à souligner, Ravena était un point de passage connu des troupes de mercenaires. C'est là qu'on "parquait" les soldats de fortune en attendant de leur confier une mission. Mieux valait les tenir à l'écart des gens honorables des grandes cités alentours. Dave connaissait bon nombre des chefs de guerre présents, ce qui assurait un peu les arrières en cas de coup dur. La solidarité entre mercs n'était pas une vue de l'esprit. L'univers était bien assez grand pour tout le monde et les luttes fratricides de l'ancienne Terre étaient révolues.
Comme les autres, Kira s'était vue attribuer un logement correct. Petit mais correct. C'était suffisant et surtout, gratuit. Newt n'était plus là et aucune nouvelle ne filtrait, ce qui était angoissant. Cependant, un contact pas trop pourri à la DAC avait confirmé qu'elle allait "bien". Un jour, lointain ou pas, elle la retrouverait.
La mercenaire retrouvait souvent les autres. Des choses étaient dites ou rappelées, d'autres pas. En tout cas, l'alcool coulait et animait les soirées. Dave et Badger faisaient du gras, entre deux séances de muscu ..., Rory vivait sa vie de femme intelligente et partageait parfois son lit quand l'une ou l'autre déprimait et que Jack ne répondait pas aux appels ...
Des projets? Il allait falloir qu'elle en ait, comme eux tous, mais cela risquait d'entrainer une séparation donc mieux valait ne pas trop y penser. Pourtant, il allait falloir s'y mettre.
Et en parlant de projet, ce matin là, Kira en avait un, simple, réalisable, dans ses cordes. Elle avait quitté son appartement après avoir passé un pistolet entre l'élastique de son pantalon de combat noir et le creux de ses reins. Les mains enfoncées dans les poches de son blouson pare-balles HV, elle remontait le centre animé de Ravena. Il y avait là un melting pot de cultures et de langues, ce qui représentait pour elle la meilleure des réponses à l'isolationnisme voulu par les Mondes Syndiqués, réseau de systèmes hostiles à la politique actuelle de la Confédération des Systèmes Libres. Ses pas la guidèrent vers le quartier artistiquement appelé "Quartier 2A". Jack résidait là, dans un complexe de logement identique au sien. Son sauveur en titre disposait d'une cellule de vie au trente et unième étage et c'est seulement quand elle fut seule dans l'ascenseur qu'elle s'autorisa à sourire. La nuit précédente, ils n'avaient pas été très sérieux et elle s'était même laissée aller à des gourmandises difficilement avouables. Et elle n'était pas bourrée à ce moment là... Et comme Jack agit sur elle comme un aimant, elle n'a pas envie d'attendre qu'il l'appelle pour revenir à lui.
Clic ... La porte s'ouvre et elle se glisse dans la cellule de vie. Jack lui tourne le dos et elle le sait contemplatif, là, sur son balcon. Son contact est rassurant, non apaisant plutôt. Elle appuie sa joue contre son dos en le gratifiant d'une étreinte sincère.
"Je n'étais pas moi-même. Un beau gosse m'a tendu un piège et je ne me suis pas méfiée. Je suis tombée dans ses filets."
Il se retourne et quand la baie du balcon se referme sans un bruit, ils sont isolés du monde extérieur.
"Ton affreux café en capsule me manque ... C'est pour ça que je suis là."
Heureusement qu'il embrasse bien Jack, parce qu'elle n'avait pas grand chose d'autre à dire. Le blouson de Kira valse à l'autre bout de la pièce, son pistolet tombe au sol sans provoquer de départ de coup, elle galère avec son croptop trop serré, faute à une poitrine insolente et assez peu proportionnée à son corps de tueuse...
Kiralynn n'a ni envie d'être douce, ni de faire l'objet d'attentions tendres. La relation qu'elle ne développe pas avec Jack est dopée, tronquée, anesthésiée par cette nécessité brutale de profiter du vivant. C'est faux bien sûr puisqu'il n'est question que de relation. Les deux ne se disent pas les bonnes choses, ils les taisent. Ils n'en sont qu'aux prémices d'une idée difficile à établir. Les absents ont toujours torts mais là, les absents sont morts et leurs fantômes se dressent toujours autour d'eux. Lina les tient car il n'y a eu aucun deuil. Alors ils s'abreuvent l'un l'autre de faux interdits en espérant que l'autre ait peut être un jour le courage d'aborder le sujet.
La langue de Kira est inquisitrice ce matin, ses mains aussi. Elle n'a pas vraiment attendu une réponse de Jack pour aller vérifier que tout est bien en place au bon endroit.
"OOOooohh ... il semblerait que j'en ai oublié un peu cette nuit ..."








