C’est l’une de ces nuits où je ne suis pas sagement à la maison. Carol, la gentille lapinoute au foyer, devient Carol la lapine coquine. Certes, je suis toujours coquine même à la maison et je suis toujours gentille aussi, là n’est toutefois pas le sujet. Non, ce soir, je profite que mon époux ne soit pas là et que les bambins soient sous la garde de nos domestiques robotiques pour sortir. N’importe quelle femme sortirait entre copines autour d’un verre ou au cinéma, mais suis-je n’importe quelle femme ? Évidemment que non !
À la place d’une soirée entre filles, je file à mon club de strip-tease où je danse de temps en temps. Ne faisant pas ça pour l’argent, mais uniquement pour m’amuser, je ne suis pas une danseuse régulière et il arrive que parfois je ne vienne que deux ou trois soirs sur un mois selon mes disponibilités. Cela faisait d’ailleurs deux semaines que je n’étais pas venue. Une fois sur place, je salue mes comparses danseuses, puis j’enfile ma tenue de scène qui ne cache pas grand chose : une petite robe-nuisette transparente argenté, un minuscule string noir et un aussi petit soutient gorge de la même couleur.
La salle est divisée en deux grands espaces : la scène avec les estrades et les barres de pole dance, et, dans le fond, des tables où les filles peuvent tenir compagnie aux clients et se faire offrir des verres. Bien sûr, il ne s’agit que de danser et de boire un coup en galante compagnie ; il n’y a pas de services sexuels dans cet établissement qui se veut sérieux. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne m’arrive jamais de coucher… mais uniquement si le feeling passe bien !
Pour le moment, je suis juste là pour danser un peu. Mon corps, si peu contenu par ses quelques bouts de ficelle, remue dans des vagues de chair au rythme de mes hanches. Je passe une jambe autour de la barre pour l’enrouler et y fais quelques tours sous les applaudissements des premiers clients qui arrivent en ce début de soirée. D’humeur malicieuse, je finis par me figer dos à la salle, offrant ainsi une superbe vue sur ma croupe bien grasse. Puis, je retire mon string d’un revers de doigt et le jette derrière moi.
— Je viens m’asseoir sur les genoux de celui qui l’attrape ! lancé-je sur un ton enjoué.