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Auteur Sujet: Financement occulte de campagne. [Princesse Alice Korvander]  (Lu 1356 fois)
Vael Aurea
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« le: Juin 12, 2012, 08:49:39 »

Acte Premier : Financement occulte de campagne.

Oxygène.

« En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. »
- Nicolas Machiavel.

Chapitre Premier : Un monde nouveau.

Se lancer dans une campagne électorale demandait énormément de ressource de la part du candidat pour peu qu'il veuille véritablement avoir des chances. Les frais étaient nombreux et la concurrence bien souvent extrêmement rude. Ce n'était évidemment pas dans un régime tel que la Dictature d'Ashnard ou même le Royaume de Sylvandell que des élections pouvaient avoir lieu. Ce n'était d'ailleurs peut-être pas une si mauvaise chose. Les nombreuses combines dont pouvaient faire preuve les candidats faisaient que la victoire revenait bien souvent au plus riche, au plus fourbe ou au plus manipulateur des prétendants. Un petit peu comme en amour lorsqu'on y pense bien. Le plus riche ou le plus sournois aura à n'en pas douter bien plus de chances qu'un type simplement gentil ou même romantique, mais il s'agissait là d'une interprétation toute personnelle dont Vael était persuadé du bien fondé depuis longtemps... Ca ne lui avait jamais desservi en tous les cas.

Fourbe il l'était sans nul doute. Il pouvait également s'appuyer sur une organisation criminelle qui lui permettait de mener de nombreuses opérations illégales en sous-main, lui permettant de déstabiliser voire éliminer ses adversaires. Il lui manquait toutefois le nerf de la guerre : L'argent. Il lui en fallait énormément et bien que la société de Lady Shiny lui permettait d'en blanchir une bonne partie, il avait besoin de soulever des fonds rapidement pour marquer son entrée en campagne. Une campagne qui allait s'annoncer difficile et dans laquelle tous les coups seront permis... De son côté tout du moins.

Il avait été informé par Helena Aeron qu'un petit Royaume existait sur un plan différent de la Terre. La surprise passée de savoir qu'il existait d'autres lieux que la Terre, il se décida à demander une audience auprès de celle qui prenait de plus en plus d'importance dans les affaires du Royaume, à savoir la Princesse Alice Korvander. Selon les informations fournies par Helena, elle était encore jeune et relativement novice sur les questions de politique. Si ce Royaume n'était pas richissime, il disposait de richesses suffisantes pour lui permettre de bénéficier d'une belle avance sur ses adversaires.

Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu'il constata que la modernité n'avait pas cours ici. Le seul moyen de transport semblait être le cheval et il n'en avait jamais monté de sa vie. Il trouva finalement une sorte de voiture à cheval, un peu comme ces calèches que l'on pouvait observer dans les parcs quand les beaux jours arrivent. Il se résigna à monter dedans avant de demander qu'on le mène au Château. Le cocher sembla rire avant de lui dire secouant la tête :

« Vous ne doutez de rien vous... Et puis quelle drôle de tenue. »

Piqué à vif, contrarié de se trouver dans un monde dont il ignorait tout, il balança une remarque acerbe au chauffeur, qui en fût étonné :

« Silence. Je ne vous paie pas pour que vous commentiez. Contentez-vous de conduire. »

Finalement, que ce soit les chauffeurs de taxi sur Terre ou les cochers sur Terra, il fût rassuré de constater qu'ils étaient aussi chiants sur l'une que sur l'autre. Enfin quelque chose qui lui sembla familier. Le voyage fût pénible, la calèche n'étant guère équipée d'amortisseurs, elle bougeait énormément à la moindre imperfection de la route, ce qui arrivait il faut bien le dire souvent. Après environ une quarantaine de minutes de trajet, ils arrivèrent finalement devant l'immense château dont la seule entrée se trouvait au bout d'un pont extrêmement long. Passant la tête par la fenêtre, il constata qu'une créature énorme volait juste au-dessus de l'édifice, comme s'il devait le garder. Il songea qu'il devait s'agir d'un dragon, chose qui n'avait pas été précisée par la détective. A mesure qu'ils s'approchaient de l'entrée du château, un frisson parcourut l'échine de Vael.

Cet endroit paraissait plutôt sinistre et il ne se sentait vraiment pas rassuré avec ce monstre tournoyant autour de sa tête. La voiture finit par s'arrêter. Il hésita un instant avant de descendre chose qu'il se résolu tout de même à faire. Il régla le cocher avant de venir à la rencontre du garde qui n'avait pas l'air commode. Réajustant sa cravate et remettant le masque de l'arrogance sur son visage, il s'annonça simplement comme un visiteur de la Princesse. Après avoir donné son nom, il fût autorisé à pénétrer dans l'enceinte du château, dans lequel il était effectivement attendu. Il traversa la cour d'un pas pressé, ne tenant pas à être rôti par le dragon qui tournoyait toujours par là-haut. Une fois passé les lourdes portes, il déboucha dans une vaste salle de réception, décorée sommairement. Une grande table s'étendait sur une bonne partie de la pièce alors qu'en bout de table se trouvait le trône sur lequel la Princesse devrait sans doute le recevoir.

Il n'y avait personne hormis un garde dans cette pièce. Il s'adressa à lui pour lui signifier son arrivée. Il quitta alors la salle, sans doute pour aller prévenir la Princesse. Il s'avança vers le trône, magnifiquement sculpté dans un bois précieux. Il avait certainement dû être sculpté directement ici tant il semblait lourd à transporter. Vael n'avait en réalité aucune idée des coutumes de ce Royaume, pas plus que du comportement à adopter devant une tête couronnée. Il fît le tour de la table pour venir se placer devant le trône qui tournait le dos à la table. Ainsi positionné, il se contenta donc de se tenir droit, sans bouger, faisant face au trône et attendant patiemment que la Princesse pénètre dans la salle.
« Dernière édition: Juin 13, 2012, 02:46:47 par Vael Aurea » Journalisée


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Princesse Alice Korvander
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« Répondre #1 le: Juin 13, 2012, 03:31:14 »

« Son Altesse le Baron d’Ethelwinrray réclame humblement une hausse des financements publics, suite aux récentes tempêtes de neige qui ont tué nos récoltes. »

Silencieusement, la Princesse écoutait l’homme parler. Assise sur le trône de son père, elle se sentait minuscule dans cet énorme fauteuil. Les accoudoirs étaient immenses, et, dans sa belle robe blanche, elle sonnait faux. Quand elle serait Reine, il faudra sans doute qu’elle refasse son trône, qu’elle l’ajuste à sa petite taille. Elle n’aimait pas ce fauteuil. Il était fait pour son père, qui était reconnu comme l’un des plus massifs Korvander que la lignée ait jamais réussi à produire. Tywill Korvander était énorme, et elle, elle était reconnue comme l’une des plus frêles Korvander que la lignée ait jamais réussi à cracher. En ce jour, son père n’était pas là pour recueillir les doléances de ses sujets. Afin de préparer Alice à la gestion du royaume de Sylvandell, elle le remplaçait de plus en plus lorsque des doléances étaient organisées. Elles avaient lieu tout l’après-midi, et il fallait bien admettre qu’elles étaient relativement longues et ennuyeuses.

*Et j’ai mal aux fesses, aussi... Mais siéger sur un pouf ne siérait sans doute pas à une Princesse... J’aurais du penser à demander des coussins, mon pauvre petit fessier me fait souffrir !*

Elle répondit :

« Les tempêtes de neige ont étouffé la plupart des récoltes. Il me semble que la trésorerie a toutefois déjà accordé à la baronnie une hausse des investissements publics, en réparation pour... Hum... L’incendie de vos greniers, je crois.
 -  Un incendie qui a été provoqué par le souffle des dragons, Votre Altesse se justifia l’homme. Quand ils sont dans leur saison des amours, les dragons soufflent fort.
 -  D’aucuns disent aussi que notre argent sert à financer les... Les fastes banquets que le baron organise signala Alice.
 -  Je conviens que le baron a un goût assez prononcé pour les fêtes répliqua lentement le messager, cherchant soigneusement quel mot formuler, mais nous puisons dans nos propres caisses pour cela. »

Un léger silence s’abattit. La Princesse connaissait bien Ethelwinrray. Le duc était un séducteur qui aimait faire l’amour avec de nombreuses femmes, et organisait de glorieux banquets. Ces banquets nécessitaient des mets précieux, venant de loin, mais aussi des robes et des costumes, des ménestrels... Ethelwinrray était un baron très dépensier, et il était de notoriété publique qu’il était constamment fauché. N’ayant nullement envie de se battre, elle autorisa à la baronnie des fonds supplémentaires, et, lorsque l’émissaire se fut éloigné, elle précisa :

« Vous demanderez également à la Trésorerie de surveiller attentivement l’évolution des fonds en question. Qu’ils dépêchent un agent pour s’en occuper. Un homme, de préférence. Âgé serait le mieux. Transmettez la requête au Surintendant des finances, qu’il l’homologue, et y affecte un agent.
 -  Ceci ne plaira guère au Baron, Votre Altesse prévint l’un de ses conseillers.
 -  Je sais. Mais, même si nous avons de l’argent dans nos trésors, ce n’est pas une raison pour la dilapider inutilement.
 -  Votre prudence vous honore, Majesté. »

Alice soupira lentement. Il ne restait plus qu’un seul homme avant la fin de la première session des doléances. La Princesse le reconnut. Assez âgé. Quelques cicatrices. L’air fier. Une cape derrière lui, et une barbe blanche. Dondurric Medarion, un capitaine qui avait participé à plusieurs campagnes. Avant de le laisser s’avancer, elle tourna sa tête vers un page.

« Veuillez informer le chambellan que Sa Majesté désire urgemment avoir des coussins sur son trône.

A cette demande, le jeune page regarda la zone concernée, rougit comme une pivoine. Il avait 13 ans. Qu’il rougisse témoignait qu’il avait des pensées qu’il n’oserait jamais avouer à sa mère.

« B-Bien, Votre Majesté... Quand... Quand les désirez-vous ?
 -  Le terme « urgemment » me semble clair. »

Le page blêmit, et s’éclipsa, conscient qu’il agaçait la Princesse. Relevant la tête, elle soupira, alors qu’un conseiller venait murmurer dans le creux de son oreille :

« Sa Majesté la Reine Isadrel avait pris l’habitude de siéger sur un canapé, pour éviter ce genre de désagréments. »

Alice eut un léger sourire en coin à ce rappel. Isadrel Korvander était l’un de ses idoles, une femme douce et belle, qui avait pourtant mené d’une main de fer l’une des plus grandes campagnes de l’Histoire de Sylvandell. On l’appelait Isadrel Korvander la « Pendeuse », car, sous son règne, elle avait fait pendu un nombre très élevé de prisonniers et d’opposants politiques. Sylvandell était alors menacée d’une guerre civile. Alice oublia cette histoire, et fit signe d’annoncer le prochain sujet. Immédiatement, un homme tapa avec un bâton sur le sol, et parla d’une voix forte :

« Sir Dondurric Medarion, Sa Majesté la Princesse Alice Korvander ! »

Medarion s’avança alors, montant la succession de petites marches menant à la « salle du Trône ». Il s’agissait de la salle à manger, et Alice était à l’entrée de cette longue table en forme de long rectangle. Une salle en pierre austère, avec, dans les coins, de nombreuses cheminées. Le soir, lors du repas, on faisait cuire à la broche la viande dans les cheminées. Medarion fléchit poliment un genou, et Alice remarqua alors qu’il avait amené avec lui son fils, et que ce dernier portait une grosse caisse en bois. Tendant sa main gantée, elle laissa Medarion y déposer le baiser de paix, prononçant l’une des formules sacrées :

« Moi, Capitaine Dondurric Medarion, jure par la présente tout mon amour envers Sylvandell, mon profond respect envers le royaume, et jure de respecter par là-même la décision de sa représentante légitime, celle en qui le sang pur des Korvander coule dans les veines. Qu’il en soit ainsi pour ce jour et pour ceux à venir. »

Dondurric se releva ensuite. Alice essaya de voir où elle avait le moins mal. Elle s’appuya sur la fesse gauche. Hum. Non... Fesse droite... Pas franchement mieux. Réalisant qu’on l’attendait, elle parla alors rapidement :

« La Cour vous écoute, Capitaine. »

Hochant lentement la tête, Medarion fit signe à son fils, qui ouvrit la caisse en bois. Quelque chose en tomba alors dans de violents claquements en métal. Grinçant des dents, Alice reconnut quelques écailles en acier, et attendit que ce boucan finisse, avant de lever les yeux vers Medarion.

« Qu’est-ce que c’est que ce truc ? » s’étonna-t-elle.

Medarion parla alors d’une voix forte :

« Ce truc, Majesté, est une armure en acier trempé que j’ai acheté il y a une semaine à mon fils, Duric, pour le féliciter d’avoir été choisi par le Lord Commandeur Marlwin pour être son écuyer.
 -  Mes félicitations, Duric Medarion. »

Ce dernier rougit poliment en baissant la tête, et Dondurric poursuivit alors. Il avait visiblement quelque chose d’important à dire. Le Capitaine parlait fort. Il était sûrement le maître de foyer. Un militaire forgé dans la discipline. Pour autant qu’Alice s’en souvenait, Medarion avait une maison dans la partie basse de la ville, et plusieurs enfants.

« Cette armure a été vendu par les Loras, des Armureries Loras. Elle m’a coûté plusieurs milliers de pièces d’or, et a été intégralement forgée. C’est de la camelote. Les alliages ont été bâclés. Dès le troisième entraînement, l’armure est tombée en morceau, mais les Loras refusent de me rembourser. Ils refusent de me dire quel est le forgeron imbécile qui a forgé mon armure ! J’ai du dépenser tout mon salaire lors de la campagne dans la Passe de Kaynin pour obtenir cette armure ! C’est un scandale ! »

L’armure était effectivement dans un piètre état.

« C’est regrettable pour vous, mais...
 -  Je viens demander à ce que les Loras me donnent le nom de leur forgeron, et qu’ils me remboursent ! »

Soupirant lentement, la Princesse ferma les yeux. Discuter avec Medarion risquait d’être difficile, car il était plutôt du genre intransigeant. Un militaire, en somme. Cherchant comment aborder au mieux cette question, Alice se mit à parler :

« Mes pouvoirs ne vont pas jusqu’à juger aussi rapidement, Messire Medarion... commença-t-elle prudemment. Je regrette sincèrement l’état de votre... De votre armure, mais vous comprendrez fort bien que je ne puis uniquement me fier à votre...
 -  J’ai loyalement servi le royaume pendant trente ans ! M’accuseriez-vous de mensonge ?
 -  Nullement, Messire Medarion, mais nous avons des procédures à respecter... »

Medarion faillit répondre quelque chose. Il ouvrit la bouche, brandissant le doigt, mais se tut soudain. Prenant cela pour un encouragement, la Princesse poursuivit :

« Je ne peux juger immédiatement que les affaires courantes, et qui ne relèvent d’aucun doute. Je ne remets nullement en cause votre intégrité, Messire Medarion, vos états de service parlent pour vous, mais il convient de déterminer qui est le responsable, savoir si c’est l’armurerie Loras qui a demandé un alliage de mauvaise qualité, ou si c’est le forgeron qui, pour des raisons inconnues, a décidé de le faire. Vous comprendrez que je ne peux pas me permettre de prendre une décision ainsi.
 -  Et dans combien de mois serais-je remboursé ?! L’entraînement de mon fils commence d’ici une semaine ! Il ne peut pas venir à l’arène sans armure !
 -  La loi me semble à ce sujet relativement claire. »

Elle tourna la tête vers le greffier.

« Veuillez apporter notre exemplaire du Code civil, je vous prie. »

Sylvandell avait été, il y a fort longtemps, un royaume de droit coutumier, c’est-à-dire que le droit se trouvait uniquement dans la bouche des juges, et dans les recueils de jurisprudence, les coutumiers, que certains nobles faisaient. Progressivement, ce droit coutumier avait montré ses faiblesses : jurisprudence incohérente, que ce soit entre plusieurs chambres, ou même au sein d’une seule juridiction, lecture difficile de la justice, abus de pouvoir des juges, etc... Il y a des siècles, on avait décidé de réunir une énorme commission qui avait scindé les nombreux coutumiers, afin de faire différents Codes, faisant ainsi de Sylvandell un royaume de droit écrit.

L’un des assistants du greffier apporta sur une table route un énorme livre, qui était le Code civil. Il comprenait tout ce qui concernait les litiges entre particuliers, ce qui, naturellement, incluait les conventions. Alice fit signe à deux assistants-greffiers de chercher une section précise, et elle en profita pour se relever, s’extirpant de ce douloureux fauteuil. Elle se pencha sur les pages, et finit par trouver l’article qu’elle cherchait :

« En cas de cession d’un bien entre un professionnel et un particulier, s’il est avéré, au cours d’une expertise, que le bien en question était lésé, le particulier dispose d’une créance provisoire à l’égard du professionnel, équivalente au maximum à la valeur du bien à l’achat. Il reviendra au jugement de caractériser cette créance, ce qui, le cas échéant, peut aboutir au reversement par l’acquéreur du bien de la créance en question, sous les réserves légalement admissibles. »

Alice retourna la table, laissant à Medarion le soin de lire cet article.

« Votre plainte sera enregistrée.
 -  Je ne veux pas être remboursé, je veux une armure !
 -  L’article ne précise pas la nature de ladite créance intervint l’un des conseillers de la Princesse. Vous êtes libres d’exiger une armure. La Cour royale a, à ce sujet, s’agissant d’un litige opposant un marchand de fruits à un agriculteur, précisé le caractère immédiat de cette créance, sous réserve de certains délais, mais je pense que vous figurez bien dans ces derniers. »

Ces propos semblèrent calmer Medarion, et il ne tarda pas à s’en aller. Soupirant longuement, Alice se retira alors, et choisit de se rendre dans un salon, où elle s’étala sur un canapé.

« Ho, mes pauvres fesses ! soupira-t-elle. Si on m’avait dit à quel point ce sera douloureux d’être assis des heures sur ce truc !!
 -  Voilà en effet un détail qui ne figure pas dans les livres d’Histoire rigola l’une des servantes, qui s’amusait à brosser les cheveux de la Princesse, la difficulté pour les dirigeants à rester assis des heures et des heures... Tout comme la difficulté pour un soldat en armure de se gratter les fesses, ou pour une Reine de se curer le nez... »

Alice pouffa à cette remarque, et tourna la tête vers sa servante.

« C’est idiot !
 -  Idiot, mais non moins véridique. Mon cousin nous l’a lui-même confié lorsqu’il était de garde à Ombrenoir, à défendre le fortin des gobelins. Il est resté debout pendant des heures sur le mur, et... »

Avec un léger sourire, la servante pencha sa tête vers l’oreille d’Alice pour murmurer :

« ...Il avait un bouton sur une fesse gauche, qui l’a démangé pendant des heures. Quand son tour de garde est terminé, il s’est tellement gratté le derrière qu’il en a eu un ongle brisé ! »

La phrase fit pouffer Alice, qui secoua la tête. Mileena était la reine des anecdotes stupides..

« Ah, Mileena, vous êtes vraiment une femme incorrigible !
 -  Oh, vraiment ? fit cette dernière d’une voix espiègle. Et vous n’avez encore rien vu, Princesse... rajouta-elle sur un ton mystérieux.
 -  Hum... Je serais bien curieuse de... »

On tapa alors à la porte. Se redressant, Alice vit un garde.

« Messire Vael Aurea demande le droit de s’entretenir avec Son Altesse.
 -  Qui ?
 -  Un homme... Élégant, à ce que je peux dire. Il n’a pas annoncé ses armoiries. »

Alice fronça les sourcils. Aurea... Ça ne lui disait absolument rien. Il devait sûrement s’agir d’un noble ashnardien... Peut-être une silencieuse maison, discrète... Il y avait tant de maisons, tant de familles, à Ashnard... Alice soupira lentement, et entreprit de se relever. Mileena lui avait brossé les cheveux, et, s’il aurait été tentant de profiter un peu du confort du canapé, elle allait devoir faire outre.

« J’espère que cet Aurea a une bonne raison de me troubler pendant mon repos grommela la Princesse, grincheuse.
 -  Allons, Majesté, je suis sûre qu’il vient réclamer de l’or, ou des armes, voire même des esclaves. »

Comme pour la réconforter, Mileena lui fit un tendre baiser sur la joue, et la Princesse sortit du salon, suivant le garde jusqu’à la salle de banquet. Devant le gros fauteuil, un homme se tenait droit, attendant impassiblement. Élégant, il l’était effectivement. La Princesse se demanda ce que cet homme lui voulait, et constata, avec regret, que le chambellan n’avait toujours pas amené ses coussins. Elle allait quand même s’asseoir, et décida de se lancer rapidement :

« Messire Vael Aurea... Je vous souhaite la bienvenue à Sylvandell. Je manque malheureusement d’informations à votre égard, et, pour être franche, la maison Aurea m’est inconnue. Quelle est donc votre requête ? »
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Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

Pour une demande de RP, je vous encourage, soit à poster sur le topic susmentionné, soit à envoyer un MP sur mon compte principal, soit celui-ci.

Complément de script : La Saga De La Tour Sombre
Vael Aurea
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« Répondre #2 le: Juin 13, 2012, 03:42:42 »

Acte Premier : Financement occulte de campagne.

« La musique adoucit les moeurs. »

Chapitre Second : La Boîte à musique.

Patienter ainsi n'était guère dans les habitudes de Vael, la patience n'était pas l'une de ses vertus premières, à supposer qu'il soit vertueux bien-sûr, ce qui là aussi semblait clairement compromis. Il profita donc de l'attente pour observer plus en détail les environs. L'intérieur était moins luxueux qu'il ne s'y attendait, il espérait que ça ne serait pas préjudiciable quant à sa requête. Après tout un Royaume encore largement féodal devait bénéficier de rentrées d'argent plutôt confortables, le problème ne se poserait donc pas à ce niveau-là. Alors qu'il détaillait les murs nus, il constata que tout ici semblait disproportionné, à commencer par le trône, comme si une sorte de géant avait investi les lieux.

Une pensée inquiétante lui traversa l'esprit, et si la Princesse était une sorte de demi-géante qui faisait cinq ou six têtes de plus que lui ? Il aurait bien du mal à trouver la contenance nécessaire pour formuler sa requête. Il ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir à quoi pouvait bien ressembler la Princesse. Après tout, et bien malgré lui, il avait en tête l'image véhiculée par les contes de fée. Une jeune femme, dont la beauté n'avait d'égale que sa naïveté. Dans cette configuration, il lui serait aisé de la manipuler pour qu'elle fasse don de cet argent. Toutefois, comme c'était un homme prévenant il avait bien-sûr commandé une enquête qui lui avait apporté bien peu d'informations sur cette Princesse qui passait le plus clair de son temps entre les murs du château.

N'étant pas aussi naïve qu'il avait pu l'espérer, il allait donc devoir rivaliser de ruse pour l'amener à soutenir sa candidature qui, il faut bien le dire ne la concernait en aucun point. Il se devait de découvrir ce qui pouvait intéresser la Princesse. Serait-ce l'argent ? Elle devait en disposer plus que de raison. Ou peut-être davantage de pouvoir ? Elle était appelée à régner sur un Royaume, ça ne pouvait donc pas tenir. Il avait donc décidé de jouer tout d'abord la carte de la séduction, comptant sur son charme pour l'amener dans ses filets. Il sourit à cette idée, la politique était bien souvent affaire de séduction, de désirs ou de passions. Il fût tiré de ses pensées lorsque s'ouvrit de nouveau la porte par laquelle le garde était sorti de la pièce. La porte se trouvant derrière lui, il ne se retourna, ne sachant comment réagir à l'arrivée de la Princesse.

Elle arriva finalement à sa hauteur puis s'installa finalement sur le trône. Il put enfin observer la Princesse qui était encore une jeune femme... Et d'apparence normale. Pas de taille disproportionnée, rien qui puisse justifier un trône aussi massif, dans lequel elle paraissait encore plus petite. Elle bénéficiait d'ailleurs d'une grande élégance, sans doute inhérente à toute tête couronnée. Elle s'était déplacée avec grâce, et avait pris place sur ce trône avec une infinie délicatesse. Lorsque ses grands yeux bleus s'insinuèrent dans son regard et qu'elle prit la parole, Vael décida de marquer son respect dans un lieu dont il ignorait tout. Il s'inclina respectueusement, écoutant les paroles de la Princesse qui ignorait la raison de sa venue :

« Messire Vael Aurea... Je vous souhaite la bienvenue à Sylvandell. Je manque malheureusement d’informations à votre égard, et, pour être franche, la maison Aurea m’est inconnue. Quelle est donc votre requête ? »

Il se redressa, offrant un sourire à la jeune femme. Elle s'était adressée à lui relativement rapidement, comme si elle avait envie d'en finir au plus vite. Elle semblait toutefois trop bien élevée pour le renvoyer dans l'immédiat. Elle lui demanda donc de se présenter, ce qu'il fît, prenant la parole d'un ton calme, non pas solennel, ni même servile, il n'était a priori ni l'un de ses sujets, ni l'un de ses courtisans, bien que ce dernier point restât à confirmer dans l'optique de sa stratégie. Il éclaira donc la Princesse, la regardant de nouveau dans les yeux :

« Votre Majesté... Je vous remercie de me recevoir. »

Il marqua une légère pause, pour lui offrir un nouveau sourire, avant de reprendre la parole, déclinant son identité :

« Comme vous pouvez le constater à ma tenue, je viens de la Terre. Je n'ai donc pas l'honneur d'être l'un de vos sujets... »

A ce moment précis, elle devait bien se demander pourquoi il se présentait ici, alors qu'il n'était même pas l'un de ses administrés. Ne voulant pas agacer la Princesse, pas maintenant du moins, il entreprît de mettre en place la première partie de son plan. Comme toute tête couronnée elle devait certainement être matérialiste au possible, il avait donc décidé de lui amener un présent, pour lui laisser une bonne impression. Après tout, bien qu'il soit un politicien doublé d'un criminel cruel, manipulateur et sans scrupules, il restait un dandy et il lui était inconcevable de se présenter avec une requête sans avoir offert de présent au préalable. Il poursuivi donc ce qu'il disait, d'un ton affable et toujours avec une élégance extrêmement calculée :

« Je serais bien mal à l'aise de vous adresser une requête avant de vous témoigner l'admiration que j'ai pour vous. C'est pourquoi je me suis permis de vous préparer un présent, sculpté par l'un des meilleurs artisans sur Terre. J'espère qu'il vous plaira. »

Joignant le geste à la parole, il enfouit sa main dans la poche intérieure de sa veste, en sortant une petite boîte, finement sculpté de motifs divers, le tout dans un bois précieux. Il s'agissait en fait d'une boîte à musique. Celle-ci avait d'ailleurs une histoire. Lorsque Snow Burton, sorcière de son état et également bras droit de Vael lui avait conseillé d'amener un présent pour ensorceler la Princesse et ainsi leur permettre d'empocher l'argent, il s'y refusa. C'était d'ailleurs plus par fierté que par compassion, user de magie aurait été un aveu de faiblesse de sa part, et il ne pouvait admettre de ne pas être capable de séduire suffisamment cette Princesse pour lui soutirer de l'argent. De l'idée de Snow il avait donc retenu la boîte à musique mais pas le reste.

Il s'approcha donc de la Princesse, tenant la boîte avec d'infinies précautions pour finalement, arrivé à hauteur du trône, poser un genou à terre et lui tendre la boîte, la fixant avec une intensité particulière. Une fois celle-ci remise à Alice, il se recula pour prendre une dernière fois la parole, expliquant de quoi il s'agissait :

« C'est une boîte à musique Votre Altesse, cette mélodie est présente dans la famille Aurea depuis des générations. »

Il était bien-sûr totalement faux d'affirmer que cette mélodie était dans sa famille depuis longtemps, c'était d'ailleurs la première fois qu'il l'entendait, mais tous les moyens étaient bons à ses yeux pour paraître comme quelqu'un de la haute société, après tout elle ne savait rien de lui, et elle ne devait rien savoir de ses activités criminelles. Il était un élégant homme politique, poli et courtois, totalement insoupçonnable de quelque lien que ce soit avec des activités répréhensibles...
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« Répondre #3 le: Juin 13, 2012, 08:24:36 »

Vael Aurea commença par remercier Alice. Si elle avait été un peu plus acerbe, elle aurait dit qu’elle ne le remerciait pas de la gêner alors qu’elle se reposait. Même une Korvander avait besoin de se relaxer un peu, après tout ! Mais elle ne dit rien, sachant qu’une telle réponse risquait de créer un incident diplomatique. Dans sa tête, elle essayait de se rappeler si elle avait jamais entendu parler des Aurea, mais rien ne venait. Et il en allait visiblement de même pour ses conseillers. A dire vrai, cet individu inconnu attirait plus de méfiance et de suspicion que de sympathie. Sylvandell avait bien des ennemis, bien des ennemis qui connaissaient les faiblesses du royaume. Les Korvander et l’impossibilité d’avoir plus d’un seul héritier en faisaient partie. Si on tuait Alice sans qu’elle ait mis au monde un héritier, le royaume connaîtrait de sérieuses difficultés. Il y avait déjà eu des précédents, où les Korvander avaient failli s’éteindre, mais la lignée avait toujours survécu. Le sang de dragon préservait la famille de la maladie, leur procurant une meilleure défense contre les maladies et autres bactéries. Les gardes étaient donc méfiants. On avait fouillé cet homme, mais on savait que les assassins professionnels arrivaient toujours à dissimuler certaines armes.

Ce dernier annonça alors, à la surprise générale, qu’il était... Un Terrien ! Il est vrai que sa tenue n’était pas très conforme aux tenues sylvandines, mais Alice avait pris cela pour une espèce d’extravagance typique à la noblesse. La Terre ?! Il y eut quelques murmures, quelques regards curieux, et, bien malgré elle, Alice sentit sa curiosité être éveillée. C’était bien la première fois qu’un Terrien venait la voir en tant que Princesse, afin de demander ses faveurs. Alice se demanda soudain s’il n’était pas de la proche famille de Sakura. Elle ne l’avait naturellement jamais dit à sa femme, car elle ne voulait pas lui rappeler un souvenir douloureux, mais elle avait des amies sur Terre, et sa disparition avait donné lieu à de nombreuses enquêtes. Ayant perdu ses parents, Sakura ne voyait plus aucun intérêt à revenir sur Terre, mais il était après tout possible qu’un enquêteur chevronné ait réussi à remonter la piste. Un conseiller se pencha pour murmurer aux oreilles d’Alice :

« Prudence, Majesté, les affaires de la Terre ne nous concernent pas. »

Alice le savait très bien, et leva lentement la main pour faire signe au conseiller de se taire. Son autre main caressait ses lèvres, comme si elle réfléchissait. En confiance, l’homme annonça avoir un « présent », et, quand il glissa une main dans sa poche, Alice put distinctement entendre le cliquetis du métal des gardes. Ils étaient sur la défensive, et avaient commencé à sortir leurs lames de leurs fourreaux. L’homme ne sortit toutefois pas une lame empoisonnée, ou une flèche, mais une petite boîte qui semblait taillée en bois. Fronçant les sourcils, Alice s’interrogea mentalement sur ce qu’était cet objet.

Lentement, Vael s’avançait vers elle, redoublant l’état de nervosité des gardes. D’un signe discret de la main, elle ordonna aux gardes de ne pas lui sauter dessus. Cet homme titillait sa curiosité. Venait-il vraiment de la Terre ? Ignorait-il donc que, officiellement parlant, Ashnard ne reconnaissait pas l’existence de cet autre monde ? Rien que pour en avoir parlé avec tant d’aplomb, Vael était susceptible de finir en prison. La Princesse était néanmoins curieuse. Curieuse de savoir ce qui avait pu pousser un Terrien à venir aussi loin pour demander son aide. La Princesse était de plus en plus convaincue qu’il devait s’agir de Sakura. De quoi pourrait-il être question ? Sakura était, pour ainsi dire, son seul lien tangible avec la Terre, puisqu’elle était, après tout, une Terrienne.

Posant un genou à terre, tout en la fixant, Vael tendit l’objet vers elle, le présentant comme une boîte à musique. Alice fronça alors les sourcils, mais n’eut pas l’honneur de prendre l’objet. Ce fut son mage personnel qui s’en empara, et le posa sur la table. Il sortit alors une amulette, et la posa sur la boîte, tout en prononçant, entre ses lèvres, une étrange mélopée. L’amulette ne réagit pas, et il regarda le capitaine chargé de la sécurité de la Cour, hochant lentement la tête, confirmant que l’objet n’était pas ensorcelé. Il pouvait néanmoins toujours dissimuler une fiole, un gaz, ou une fléchette qui s’actionnerait dès qu’on ouvrirait le couvercle. Fort prudemment, un soldat alla donc derrière l’objet, et l’ouvrit ainsi, de dos. La tension était palpable. Vael devait sûrement réaliser qu’on ne lui faisait aucune confiance, mais il ne pouvait que difficilement en être autrement. Il était, après tout, un inconnu prétendant venir d’un autre monde. Alice avait quantité de questions à lui poser, mais une mélodie, légère et douce, se mit alors à résonner.

Un soldat lui remit alors la boîte, et elle écouta silencieusement le son. Il y avait dans les angles quelques murmures. C’était une musique apaisante, douce, mais Alice ne l’aimait pas trop. Elle ne ressentait... Et bien, elle ne ressentait rien en l’écoutant, tout simplement. On aurait dit une berceuse pour endormir les enfants. Pourtant, elle adorait la musique terrienne, qui était riche, créatrice, imaginative. Mais ça... On aurait dit une musique pour endormir les enfants. Quelques railleries fusèrent de la part des gardes et des nobles présents dans la pièce :

« Je comprends mieux pourquoi les Terriens sont si chiants, avec de telles musiques ! »

Souriant légèrement, Alice s’enfonça contre le dossier du siège, et lâcha :

« Votre présent témoigne de vos intentions pacifiques, Monsieur Aurea. Pour autant que je me rappelle de vos coutumes, une boîte à musique n’est pas un objet qu’on trouve aisément. C’est sans doute un héritage précieux que vous m’offrez là. Je l’accepte donc. »

Elle regarda un page, et lui tendit la boîte :

« Vous veillerez à la mettre dans mes appartements.
 -  Naturellement, Majesté. »

Qu’elle l’ait appelé « Monsieur » en insistant, et non « Sir », illustrait le fait qu’elle connaissait la Terre. Pas aussi bien qu’elle l’aurait voulu, certes, mais suffisamment pour en connaître certains rites. Se calant sur son dossier, elle considéra donc silencieusement Monsieur Aurea, continuant à se demander ce que ce dernier voulait, et décida de poser une question connexe :

« La Terre est une contrée très éloignée, Monsieur Aurea. Et, sauf erreur de ma part, Sylvandell y est méconnue là-bas. Comment un Terrien peut-il avoir entendu parler de mon royaume ? Et comment mon royaume pourrait-il aider, d’une quelconque manière que ce soit, un homme qui vit dans un monde qui n’est même pas le nôtre ? »

Elle cherchait à le percer à jour, à savoir ce que cet homme voulait. S’il était là pour Sakura, il est probable qu’il l’aurait dit immédiatement... A moins qu’il ne pense que Sylvandell avait organisé le kidnapping de la dame. Auquel cas, ses fiches n’étaient pas très renseignées, car n’importe quel citoyen ashnardien pouvait savoir qu’Alice était mariée à Sakura Korvander. Il suffisait de se rendre dans les archives municipales ashnardiennes, librement accessibles, pour voir les copies des actes liés à cette histoire : celui conférant, au nom de l’Empereur, le statut de « citoyenne ashnardienne » à Sakura Konoe, « avec les mêmes droits et devoirs que n’importe quel citoyen », et celui consacrant l’union d’Alice Korvander, Princesse de Sylvandell, et de Sakura Konoe, citoyenne ashnardienne.

*Que désire-t-il donc ?*
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« Répondre #4 le: Juin 14, 2012, 02:43:25 »

Acte Premier : Financement occulte de campagne.

Chapitre Troisième : Une requête inattendue.

S'aventurer dans un monde nouveau relevait sans doute d'une certaine forme de courage, voire d'inconscience. Après tout, il ignorait parfaitement ce qui l'attendait ici, s'il ne serait pas reçu de façon hostile et les informations dont il disposait étaient bien maigres. Il était extrêmement difficile de pouvoir trouver sa place et de s'inscrire dans des traditions, coutumes, usages qui n'étaient pas les siens. Il fallait dans ces cas-là faire de son mieux pour ne pas perdre sa contenance, malgré le fait de se trouver en terrain inconnu, entouré de parfaits inconnus qui vous toisent, vous épient, vous observent comme si vous étiez une curiosité, une ombre au tableau ou un cheveu sur la soupe. Que vous étiez tout à fait indésirable en somme.

C'est tout à fait l'impression qu'avait Vael à cet instant. Être ainsi dévisagé pouvait cependant paraître parfaitement naturel, surtout après s'être présenté comme ayant une requête et ayant offert un présent à la Princesse. Celui-ci était essentiel. Il lui permettrait de montrer sa bonne foi, et que ses intentions étaient les meilleures du monde, du moins en apparence. Après qu'il eût tendu la boîte vers la Princesse, ce fût l'un de ses suivants qui la prit. Il fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que cela signifiait. Le suivant sortit alors une sorte d'amulette qu'il plaça sur le sommet de la boîte en psalmodiant des élucubrations qui avaient un don certain pour l'exaspérer.

En vérité il détestait ne pas comprendre ce qu'il entendait. Alors que tout le monde observait avec attention la boîte, avec méfiance comme s'il allait se passer quelque chose... Il retenait son souffle, attendant patiemment que l'évènement se produise, toutefois rien n'arriva et ce fût l'un des gardes qui prit la place du suivant. Il fît le tour de la boîte, visiblement nerveux. Alors que toutes les attentions étaient centrées sur la boîte, il ne pouvait s'empêcher de lever les yeux au ciel. Ces personnages étaient véritablement d'un grotesque, si seulement il avait pu être lui-même à cet instant, il ne se serait pas gêné pour moquer leur comportement ridicule. Toutefois, il reprit son sourire, affable, attendant patiemment que tout ce folklore prenne fin.

Il fût finalement tiré de ses pérégrinations mentales par le son de la mélodie qu'il entendait lui aussi pour la première fois. Il se foutait en réalité pas mal de cette boîte ainsi que de cette mélodie. Il n'était d'ailleurs apparemment pas le seul. Il entendit des rires s'élever de l'assistance, qu'il ne put s'empêcher de foudroyer du regard alors qu'une remarque fusa :

« Je comprends mieux pourquoi les Terriens sont si chiants, avec de telles musiques ! »

Vael eût un sourire devant cette réplique. Il ne pouvait que leur donner raison sur ce point, lui-même ne se sentait pas vraiment terrien, comme appelé à une destinée plus grande, qui ne manquerait pas de s'accomplir à sa mort, lorsqu'il pourra se réincarner en démon. D'ici-là, il devait subir les contraintes de sa misérable condition humaine ainsi que l'insupportable compagnie de ses congénères. Il ne releva donc pas la remarque qui lui avait été adressée un peu plus tôt pour reporter son attention sur la Princesse qui reprit bientôt la parole, semblant montrer plus d'intérêt, ou du moins de politesse que sa cour :

« Votre présent témoigne de vos intentions pacifiques, Monsieur Aurea. Pour autant que je me rappelle de vos coutumes, une boîte à musique n’est pas un objet qu’on trouve aisément. C’est sans doute un héritage précieux que vous m’offrez là. Je l’accepte donc. »

Il fût satisfait de l'effet qu'il semblait avoir provoqué chez la Princesse et ne tarda pas à lui répondre, s'inclinant respectueusement :

« C'est un honneur. »

Il n'allait pas reprendre la parole, attendant qu'Alice poursuive l'entretien. Il ne devait pas être de très bon ton de reprendre la parole sans qu'une tête ne vous y ai invité. Il n'était guère à l'aise avec toutes ces personnes semblant être sorties d'une autre époque. Cela tombait plutôt mal pour lui, il aurait bien-sûr préféré avoir un entretien en privé avec la Princesse, ce qui lui aurait permis de se battre à armes égales. Il n'était en tous les cas pas du tout en situation favorable pour déposer sa requête, il lui fallait à tout prix trouver un stratagème pour se retrouver seul avec elle, et il espérait bien que son présent le lui permettrait. Après tout, il avait montré que ses intentions étaient, en apparence, les meilleures, il ne voyait donc pas de raison pour qu'on lui refuse cet entretien en privé.

La Princesse reprit finalement la parole, et revint naturellement à la raison de sa venue ici. Sa voix était à la fois douce et assurée :

« La Terre est une contrée très éloignée, Monsieur Aurea. Et, sauf erreur de ma part, Sylvandell y est méconnue là-bas. Comment un Terrien peut-il avoir entendu parler de mon royaume ? Et comment mon royaume pourrait-il aider, d’une quelconque manière que ce soit, un homme qui vit dans un monde qui n’est même pas le nôtre ? »

Par cette interrogation, elle cherchait clairement à ce que s'il se mette immédiatement à table, ce qu'il ne pouvait pas faire. Pas en l'état. Il devait trouver un moyen de l'éloigner de toute cette embarrassante cour... Il réfléchissait à une vitesse folle et décida de gagner un peu de temps en répondant à la première partie de son intervention :

« Vous avez parfaitement raison Votre Altesse. Votre belle contrée est totalement inconnue des Terriens, bien trop arrogants pour ne serait-ce que concevoir qu'il puisse exister un autre monde que le leur. »

Il n'avait bien-sûr pas hésité une seule seconde à dénigrer le lieu dont il était issu, adaptant sans mal son discours à l'auditoire devant lequel il se trouvait. C'était d'ailleurs une qualité indispensable en politique, ce dont il abusait sans retenue. Il reprit toutefois la parole, complétant son propos avec un sourire discret :

« J'aspire à gagner en importance sur Terre, Votre Majesté. Je me suis donc donné les moyens de mettre en oeuvre mes ambitions. Après de nombreuses recherches, nous avons découvert que... »

Il s'interrompit alors, jetant un regard gêné à l'assistance. Il fît mine d'avoir l'air particulièrement troublé par ce qu'il allait dire. Se joignant les mains, dans un geste qui semblait nerveux, il détourna le regard en biais, puis le reporta sur ses propres chaussures. Il vint alors se gratter l'arrière du crâne, reportant son attention sur la Princesse pour lui dire, d'un voix plus basse, mais tout de même audible, même pour le reste de la cour :

« Je vous prie de m'excuser mais c'est assez gênant... Abuserais-je de votre générosité en vous demandant de nous entretenir en tête à tête ? »

Cette façon de faire était certainement la pire de toutes mais il espérait que la jeune femme ne s'oppose pas à sa requête. En effet, il devait à tout prix éloigner cette insupportable basse-cour qui tenait plus des animaux de compagnies que de véritables humains... Ils caquetaient, commentaient, riaient, épiaient... Insupportable représentation d'une époque qui semblait révolue...
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« Répondre #5 le: Juin 14, 2012, 04:02:23 »

Un léger, discret, et délicat mouvement des sourcils trahit la déception d’Alice quand Aurea commença à exposer sa requête. Ainsi donc, il ne venait pas pour Sakura, mais pour trouver les « moyens » de réaliser ses « ambitions ». Ceci rappela à Alice les dires de Mileena. Que venait-il chercher à Sylvandell ?

L’or ? Le royaume en avait, mais ne le donnait pas généreusement. C’était avant tout les butins qui constituaient le trésor de Sylvandell. L’or ramassé lors des pillages, les biens, les bijoux, les meubles, les prisonniers de guerre, qui étaient ensuite revendus, ou bien l’or récupéré lorsque les assiégés préféraient capituler, plutôt que d’affronter le feu mortel des dragons dorés. Sylvandell n’était pas un royaume propre, tirant ses richesses de bien des points : les revenus de l’Arène, les revenus des grandes foires qui étaient organisés dans les plateaux de la partie haute de Sylvandell, et, naturellement, le butin de guerre. Tout cet argent était réinjecté dans l’administration des collectivités du royaume, dans les impôts à verser à Ashnard, dans l’entretien des troupes et des murs et autres forts qui protégeaient les accès du royaume. L’or servait aussi à payer les importations de biens dont le royaume avait besoin pour survivre. En bref, il n’était pas dans la tradition du royaume de donner de l’or facilement. Sur ce point, les Sylvandins étaient comme n’importe quel contribuable : ils grinçaient des dents quand les percepteurs ashnardiens venaient quémander l’or que chaque collectivité ashnardienne devait remettre.

Les troupes, alors ? Après tout, Sylvandell était un royaume militaire guerrier, et, si cet homme avait entendu parler du royaume, c’était probablement par le biais des redoutables dragons qui faisaient généralement des ravages sur le champ de bataille. L’armée de Sylvandell était pourtant relativement petite. Le royaume n’était pas énorme, et n’avait même pas de marine. A quoi bon avoir des bateaux dans les montagnes ? La flotte de Sylvandell se résumait à quelques navires de commerce qui battaient le pavillon de Sylvandell dans un port d’amarrage qui ne se situait même pas au sein du royaume. Voulait-il que Sylvandell l’aide à assiéger la Terre ? Non, c’était ridicule, et Alice évacua d’emblée cette idée.

Les esclaves, dans ce cas ? Dans ce cas, Aurea risquait de déchanter. Alice avait entendu parler de ces Terriens fanatiques qui se faisaient sauter dans des lieux publics. Voulait-il sa dose de kamikazes pour faire « sauter » ses ennemis ? Malheureusement, les esclaves de Sylvandell n’étaient pas à vendre. Sylvandell avait déjà passé des contrats avec de nombreux clans esclavagistes ashnardiens reconnus pour leur livrer, à bas prix, leurs prisonniers de guerre, en échange d’une formation, et de la remise d’une bonne partie de ces prisonniers. En retour, Sylvandell recevait des esclaves formés et dressés, qui étaient utilisés pour l’entretien du royaume, des champs, des fermes, des maisons...

En somme, la Princesse était relativement perplexe, et réfléchit silencieusement à la proposition d’un entretien en privé. Le Terrien semblait étrangement gêné, mais ça avait l’air d’être une espèce de comédie grossière. Pour hisser son petit corps d’humain jusqu’au Château royal, il avait du traverser tout le royaume. Or, Sylvandell était un royaume épuisant, au sens littéral du terme, dans la mesure où il fallait remonter tout le long des monts, traverser la ville, pour atteindre le château.

*Peut-être que sa requête concerne bien Sakura, après tout... Peut-être que, par un procédé quelconque, il veut la convaincre de revenir sur Terre, afin de se donner une image publique... Hum...*

Se penchant vers son oreille, un conseiller s’empressa de préciser, à voix basse :

« Nous ignorons qui est cet homme, Majesté. Il est sage et avisé, dans ce cas, de...
 -  Je sais ce qui est sage et avisé, le coupa Alice en tournant la tête vers lui.
 -  Majesté... » reprit l’homme en s’écartant poliment.

Ce qui était sage et avisé, c’était de sauver le derrière d’Alice tant qu’il pouvait encore être sauvé. Se décidant, elle lâcha alors d’une voix forte :

« Avant de répondre à votre requête, je tiens à vous rappeler quelques points. Les lois de l’hospitalité nous obligent à garantir la sécurité et l’intégrité de nos invités, mais ces lois ne s’appliquent pas pour quelqu’un qui n’est pas ressortissant de l’Empire. En tant que simple Terrien, vous ne pouvez prétendre à bénéficier d’aucun droit, qu’il soit sylvandin, ashnardien, ou même... Divin. Les Dieux de Terra ne sont pas ceux de la Terre, et les religieux affirment sans arrêt que l’Olympe a abandonné la Terre. »

Cet avertissement donna lieu à quelques hochements de tête approbateurs. Il était important que ce Terrien comprenne bien qu’il allait devoir avoir une conduite irréprochable, s’il ne tenait pas à découvrir les geôles de Sylvandell. Rien ne pourrait le protéger du courroux de Sylvandell s’il venait à offenser la personne de la Princesse héritière.

« Néanmoins, vous avez éveillé ma curiosité. »

Il lui offrait surtout une opportunité de soulager son fessier. Rien que pour ça, elle l’aurait embrassé, mais elle ne pouvait tout de même pas le dire en compagnie de tout le monde. Sylvandell était un royaume fier, un royaume de guerriers. Elle devait conserver cette image en tête, si elle voulait continuer à avoir le respect de ses hommes.

« Je suis curieuse de savoir ce qu’un Terrien peut bien vouloir de la part de notre royaume, et j’accorde l’idée d’un entretien en privé. Comme il est toutefois impensable que nous ne soyons que deux dans une même pièce, pour des raisons évidentes que vous comprendrez, ma sécurité sera assurée par le Limier, le Lord Commandeur Sandor Clegane. »

Ce dernier se trouvait justement dans la pièce, assis sur le banc de la longue table, en train de croquer dans du pain. A l’évocation de son nom, l’homme entreprit de se relever. Il avait une armure noirâtre, une longue chevelure brune bouclée, et un visage qui était barré par une affreuse cicatrice qui partait de son arcade sourcilière gauche pour descendre jusqu’à sa joue droite. Son crâne était également dégarni, ici et là, de quelques cheveux, révélant des espèces de crevasses où on pouvait voir un cuir chevelu rouge. Les traces perpétuelles de la folie et de la brutalité de son frère aîné, Gregor.

Alice bondit de son siège, et marcha vers une porte. Sandor la suivit, avant de s’arrêter sur le pas de la porte, et d’adresser un sourire légèrement goguenard en faisant signe à Vael de passer. Le trio s’arrêta dans un salon où un feu crépitait dans l’âtre d’une cheminée. C’était un salon avec des fenêtres énormes, et une mezzanine où on pouvait voir des bibliothèques. Alice s’assit sur un confortable fauteuil rembourré, et un grand sourire de plaisir éclaira son visage. Elle tourna alors la tête vers Vael, tandis que Sandor s’était silencieusement mis dans un coin, une main négligemment posée sur le fourreau de son épée.

« Prenez vos aises, M. Aurea. De vous à moi, ce fauteuil n’a pas du tout été conçu pour mes pauvres petites fesses. »

Un acte de familiarité qui arracha un sourire à Sandor, et qu’Alice n’avait pu se permettre devant sa Cour. Secouant la tête, elle se mit alors à parler en contemplant les flammes dansant dans la cheminée :

« Alors, allez-vous mettre un terme à vos mystères, et préciser la raison de votre venue ? »
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« Répondre #6 le: Juin 15, 2012, 12:50:44 »

Acte Premier : Financement occulte de campagne.

Chapitre Quatrième : Enfin seuls.

Jouer ainsi la personne gênée aurait certes pu paraître un peu gros compte tenu de la situation mais il comptait sur l'intelligence de la Princesse pour comprendre qu'il ne souhaitait en aucun cas que toute cette cour ne s'intéresse de trop près à cette conversation. Il imaginait d'ailleurs sans mal que la cour se mettre immédiatement à jaser après son départ en compagnie de la Princesse... Cela ne lui était d'ailleurs pas du tout acquis, ces lèches-bottes semblaient être accrochés à leur souveraine comme une moule à un rocher. Ce qu'il pouvait exécrer ces aristocrates, si bienséants, si hautains, si ridicules aussi. Ils ne semblaient jamais manquer une occasion de se faire remarquer, de se mettre en avant, pour pouvoir bénéficier des faveurs de leur Princesse.

Il souhaitait pouvoir obtenir cet entretien en privé ne serait-ce que pour frustrer et faire un pied-de-nez à toute cette bande de noblions en culotte courte. Comme il fallait s'y attendre, sa requête provoqua une vague de chuchotements et de commentaires. Jusqu'à ce que l'un des suivants, visiblement inquiet murmure quelques paroles à l'oreille d'Alice. Elle leva la main pour l'interrompre avant de déclarer :

« Je sais ce qui est sage et avisé. »

Il ne retint pas un léger sourire en coin devant la réaction de la jeune souveraine, elle était décidément assez autoritaire malgré son jeune âge et son apparence de poupée de porcelaine. Elle reprit rapidement la parole, informant son invité, en langage diplomatique, qu'il n'avait pas le moindre droit ici :

« Avant de répondre à votre requête, je tiens à vous rappeler quelques points. Les lois de l’hospitalité nous obligent à garantir la sécurité et l’intégrité de nos invités, mais ces lois ne s’appliquent pas pour quelqu’un qui n’est pas ressortissant de l’Empire. En tant que simple Terrien, vous ne pouvez prétendre à bénéficier d’aucun droit, qu’il soit sylvandin, ashnardien, ou même... Divin. Les Dieux de Terra ne sont pas ceux de la Terre, et les religieux affirment sans arrêt que l’Olympe a abandonné la Terre. »

En un mot comme en cent, il n'était guère le bienvenu dans ce monde, mais il se doutait bien que ce serait le cas. Les nobles lui avaient d'ailleurs rapidement confirmé cela. La Princesse semblait le mettre en garde de quelque chose, comme si elle essayait de lui dire qu'il était vain et futile de tenter quoi que ce soit contre elle, qu'il y laisserait de toute façon la vie, s'il réussissait à venir à bout d'elle. Il n'a de toute façon aucun intérêt à attenter à sa vie, s'il venait ici pour s'attirer ses faveurs et obtenir un financement, ce n'était pas en la menaçant qu'il y parviendrait. Il hocha la tête en signe de compréhension, la laissant reprendre la parole peu après :

« Néanmoins, vous avez éveillé ma curiosité. »

Il sentait à ce moment-là qu'elle allait répondre favorablement à sa requête, mais il ne laissa rien transparaître, se contentant de rester coi et d'attendre patiemment la suite, qui ne tarda pas :

« Je suis curieuse de savoir ce qu’un Terrien peut bien vouloir de la part de notre royaume, et j’accorde l’idée d’un entretien en privé. Comme il est toutefois impensable que nous ne soyons que deux dans une même pièce, pour des raisons évidentes que vous comprendrez, ma sécurité sera assurée par le Limier, le Lord Commandeur Sandor Clegane. »

Il jeta un oeil vers la personne en question, qui était assise un peu plus loin, à la table. C'était effectivement typiquement le genre de type à qui il fallait éviter de chercher des noises. Alors que la Princesse descendait de cet immense trône, et que s'approchait d'eux le fameux Lord Commandeur Sandor Clegane (Le Trône de Fer inside Grimaçant), ils se mirent en route vers une autre partie du château, laissant derrière eux cette horde indisciplinée de noblions à laquelle il lança un ultime regard de dégoût avant de s'engouffrer dans le salon qu'on lui indiquait. C'était une pièce d'apparence plus accueillante que celle qu'ils venaient de quitter. Les tapisseries, le feu qui crépitait dans la cheminée, les livres soigneusement rangés et les fauteuils qui semblaient confortables, tout ici respirait l'apaisement.

S'il prenait la peine d'étudier chaque pièce avec attention c'est parce qu'il considérait que cela avait son importance lorsqu'il s'agissait de négocier. En effet, cela avait une influence indéniable sur les humeurs des personnes et se trouver dans un lieu qui paraissait si familier, pouvait pousser à davantage de familiarités, voire d'intimité. Il ne s'y risquera d'ailleurs pas, si la Princesse était promise voire déjà mariée, il lui serait fatal d'agir de façon trop légère. Il se contentera donc de garder une bonne distance avec celle-ci. Elle ne tarda donc pas à l'inviter à s'asseoir d'une façon curieusement familière, ce qui sembla valider sa thèse :

« Prenez vos aises, M. Aurea. De vous à moi, ce fauteuil n’a pas du tout été conçu pour mes pauvres petites fesses. »

Il reçut la confession avec un sourire amusé alors qu'il s'installait dans l'un des fauteuils qu'elle lui avait désigné. Croisant les jambes et joignant les mains, il reporta son attention sur son interlocutrice alors qu'elle en venait aux faits, observant pour sa part le feu qui crépitait dans la cheminée :

« Alors, allez-vous mettre un terme à vos mystères, et préciser la raison de votre venue ? »

Il comprenait aisément que la Princesse commence à s'impatienter. Il se présentait à elle comme venant d'un autre monde, apportant une requête, puis rechignant à la formuler. C'était un comportement curieux, il le concevait parfaitement mais c'était un mal nécessaire pour lui permettre de réussir l'entreprise qu'il s'était confié. Il prit donc la parole, répondant sur un ton calme à la jeune femme :

« Certainement Votre Majesté. Il se trouve que je m'apprête actuellement à lancer ma candidature à l'élection municipale de l'une des plus importantes villes sur Terre. La démocratie est un concept très surfait mais pourtant bien implanté dans mon Monde. Et ce qui était censé être le pouvoir du peuple pour le peuple est devenu le pouvoir du fric pour faire plus de fric. Je désire donc ce siège et pour cela j'ai besoin de votre soutien financier. »

Il marqua une pause, laissant à la jeune souveraine le temps d'assimiler sa requête avant de reprendre peu après, précisant un peu plus ses explications :

« Il existe des lois bien contraignantes sur Terre, notamment concernant le financement des campagnes électorales. Si l'argent provient d'un autre monde que le notre, il serait impossible de m'épingler là-dessus. »

Il comptait en rester-là pour le moment. Il était bien-sûr venu avec une proposition qui pourrait intéresser Alice mais il ne fallait pas lancer les enchères trop rapidement, c'était souvent synonyme de défaite et celle-ci n'était tout simplement pas permise. Il s'attendait donc à ce qu'elle lui demande en quoi cela pouvait lui apporter un quelconque intérêt et il savait exactement quoi répondre... Toutefois, peut-être imposerait-elle ses propres conditions, ce qui était tout à fait concevable.
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« Répondre #7 le: Juin 15, 2012, 03:38:58 »

[HRP – Sandor Clegane est l’un des personnages secondaires que j’apprécie beaucoup dans la saga ^^]

On en vint donc au cœur du sujet. Loin de sa cour (et surtout de cet affreux fauteuil), Alice se sentait bien mieux. Il ne manquait plus qu’un bol de chocolat chaud, et tout serait vraiment parfait. Mais elle se voyait mal demander au Gardien de Sylvandell d’aller lui chercher en cuisine un chocolat chaud. Le Limier était affecté à la surveillance du Château, et était, partant de là, le seul Commandeur qui ne quittait jamais Sylvandell, sauf exceptions, lesdites exceptions nécessitant l’autorisation du Roi. Il avait la charge de toute la garde royale, et disposait en ce sens de prérogatives importantes. Même s’il avait une mine patibulaire, Alice lui faisait entièrement confiance.

L’homme exposa sa requête. Elle ne concernait pas les dragons, mais l’argent. L’écoutant attentivement, la Princesse comprit qu’il s’agissait de financer une campagne électorale. Elle avait entendu parler, quoique brièvement, et sans vraiment les comprendre, de ces amusantes « campagnes », curieuses, qui consistaient, pour des candidats, à parler aux gens pour se faire élire. La démocratie était un concept théorique dans l’Empire d’Ashnard, mais qui trouvait très peu de défendeurs. A vrai dire, on ne pouvait en parler librement qu’au sein des enceintes universitaires. Encourager la démocratie était considéré comme un acte de trahison, et le seul intérêt qu’on reconnaissait à la démocratie, en Ashnard, était sa capacité naturelle à embrigader les masses et à provoquer la sédition, à réfréner le patriotisme en encensant de manière exagérée les opinions contradictoires, ainsi que ce que les Terriens appelaient « populisme ». Tel que M. Aurea en parlait, la démocratie était un concept bien creux, biaisé, où seul le plus riche gagnait. Alice restait assez perplexe. A ce qu’elle savait, la démocratie se gagnait par les urnes, pas par l’argent, mais il est vrai qu’elle était assez ignare des coutumes terriennes.

Sa curiosité éveillée, l’homme lui expliqua qu’il existait des lois sur Terre qui, manifestement, régulaient le financement des candidats à l’élection politique. Pour quelle raison ? Tout cela était fascinant ! Alice n’en avait jamais entendu parler dans les traités politiques qui évoquaient la démocratie. Immédiatement, les propos de Philléus Gwynbleyd, professeur politique émérite de l’académie impériale d’Ashnard, lui revinrent en tête. Ce dernier avait écrit une virulente critique à l’encontre de la démocratie dans son « Anarchie & Démocratie ». Ayant plutôt une bonne mémoire, Alice se rappelait trait pour trait de certains passages :

« Derrière ce concept étriqué et trompeur d’un système politique libéral et ouvert d’esprit, la démocratie est un leurre, une illusion qui, au contraire, encourage une autorité illégitime et sectaire, et l’écrasement des libertés individuelles. Elle érige la stupidité et la révolte en principes gouvernementaux sous le couvert corrompu et violé de la liberté d’expression. »

Alice y songeait lentement. Elle n’avait pas en tête l’intérêt de Sylvandell. Elle avait, à vrai dire, plutôt l’impression de discuter avec un spécialiste, et de pouvoir tenir l’une de ces joutes théoriques qui faisaient cruellement défaut à Sylvandell. Le royaume n’était pas très porté sur la littérature et la réflexion, à moins que cette littérature ne concerne les armes, les contes de fées sanglants, ou les œuvres pornographiques. Le pauvre Philléus Gwynbleyd n’était pas lu par beaucoup de mondes.

« Pardonnez mon manque de connaissances sur le sujet, Monsieur Aurea, mais, comme je vous l’ai dit, la Terre est un monde sur lequel peu d’informations sont disponibles. Nos intellectuels ne s’y intéressent guère, et la démocratie, bien que j’en connaisse, ou que je crois en connaître le concept, est quelque chose de curieux pour moi. »

Ses sourcils froncés témoignaient du fait que la Princesse était en train de réfléchir. Elle se releva soudain, empressée, et se rua vers sa bibliothèque. L’ouvrant, elle chercha parmi la centaine d’ouvrages, et finit par en trouver un. Elle retourna alors vers son interlocuteur, et lui montra le livre.

« L’un de mes Commandeurs m’a rapporté ce livre lors de son voyage sur Terre, arguant que c’était l’un des plus grands livres de la pensée philosophique et politique terrienne. »

On pouvait lire quelques mots sur la couverture :

« JEAN-JACQUES ROUSSEAU

DU CONTRAT SOCIAL
»

Elle ouvrit alors précipitamment la couverture, et farfouilla à travers les pages.

« Vous connaissez ? Je l’ai dévoré ! Et je sais qu’il est très lu dans les académies impériales, même si la lecture terrienne est assez méprisée. Où est-ce ? Hum... Non... Hum, hum... Ah, voilà ! »

Alice releva la tête en fronçant les sourcils, et tourna le livre vers l’homme, désignant du doigt un passage qui était en italique :

« Chacun de nous met en commun sa personne & toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; & nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. »

Se raclant la gorge, Alice reprit :

« Cette phrase a été longuement débattue chez nous. Certains y ont vu l’affirmation d’un concept selon lequel le peuple était fondamentalement appelé à se diriger lui-même, et d’autres y ont vu l’affirmation selon laquelle le dirigeant, la ‘‘suprême direction’’, était appelée à incarner aussi fidèlement que possible la ‘‘volonté générale’’. C’est un ouvrage fascinant. Je crois que ce que cet auteur voulait dire, c’était que le peuple était supposé choisir ses propres gouvernants. Enfin, je pense que votre peuple l’a interprété ainsi. »

La Princesse termina alors :

« J’ai du mal à comprendre en quoi l’argent est nécessaire. Telle que j’envisage la démocratie, c’est un système où les gens élisent leurs dirigeants. Ça ne devrait requérir que des urnes, non ? A moins que vous n’ayez chez vous une crise du papier... En quoi l’argent vous permettrait-il d’être... Élu ? »

Alice ne comprenait vraiment pas ce que l’argent venait faire là-dedans. Pour autant qu’elle s’en souvenait, Rousseau n’avait jamais dit que l’argent rentrait en ligne de compte ! Ou, tout du moins, pas à ce point-là... A entendre cet homme, c’était le plus riche qui avait toutes les chances d’être élu. Alice ne comprenait tout simplement pas.
Journalisée


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