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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Rencontre officielle  (Lu 2336 fois)
William Dolan
E.S.P.er
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Avocat du diable


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FicheChalant
« le: Avril 29, 2012, 07:17:54 »

   Traitre… Parjure… Voila ce qu’était William désormais. Il avait brisé son serment de faire honneur à la famille Dolan, protéger sa mère patrie et servir sa majesté Ivory. A l’heure actuelle, les glorieux ancêtres du jeune homme devaient se retourner dans leur tombe, bercés dans leur trépas par la honte qu’engendraient ses actes. Pourtant, cela ne semblait pas être un poids moral très lourd à porter pour le jeune noble. Le sourire aux lèvres, il appuya ses talons sur les flancs de son destrier gris qui partit au petit trot. Il était flanqué de deux gardes ; pas plus. C’était suffisant pour espérer traverser les landes dévastées mais pas assez pour se prémunir d’une attaque. De toute façon, William était en territoire ennemi. Si les Sylvandelliens voulaient le tuer, il ne pouvait pas y faire grand-chose, quelque soit la taille de son escorte.

-Messire Dolan, nous devrions réduire l’allure, le terrain est trop accidenté, recommanda l’un des gardes à la carrure svelte et à la voix assurée.

   William acquiesça distraitement et tira légèrement sur les rênes. A force de vivre sur terre, il en avait presque oublié les obligations du voyage à dos de cheval. Autant dire que le confort de sa berline lui manquait terriblement. Ca faisait pourtant quelques mois qu’il était revenu sur Terra pour s’occuper des affaires familiales. Il y avait découvert un royaume au bord du précipice. La révolte gronde dans les rues de la cité état et le gouvernement était totalement déstabilisé. Au point qu’on lui avait même proposé un poste haut-gradé dans l’armée. C’est dire si Nexus était au plus mal. Il avait refusé bien sûr, prétextant de ne pas avoir suivi l’éducation militaire inculqué à tout noble. Ce qui était faux. William avait ensuite prêté une oreille plus attentive aux rebelles trop contents de voir un noble s’intéresser à leur cause. Ainsi, de fil en aiguille, il avait rejoint leur cause.

   Dolan détestait ce monde. Il n’avait que du mépris pour Nexus, sa famille et son titre. C’est pourquoi il n’avait aucun remord à la voir partir en fumée. Il était certain que si Ashnard s’emparait de la cité état, le commerce d’esclave n’en serait que plus florissant, les règlementations Ashnardiennes étant quelque peu laxistes sur le sujet. Ce qui ne ferait que profiter à ses affaires sur terre. Un jour, il eut l’occasion de servir la rébellion plus efficacement. En tant que noble, il était le plus à même de rencontrer des représentants d’Ashnard pour leur demander une aide pécuniaire. Il était rodé aux mœurs et aux protocoles de la noblesse et n’aurait aucun mal à obtenir une audience auprès de personnages haut placés. C’est du moins ce qu’il espérait. C’est donc dans cette optique que William était parti rencontrer le roi Korvander.

   William fut tiré de ses pensées lorsque son hongre trébucha sur un galet qui se rattrapa en renâclant d’inquiétude. En effet, lui et ses hommes arpentaient maintenant un sentier de berger qui donnait une vue imprenable sur le précipice qui assurait une mort certaine aux malchanceux. Il était tout proche de Sylvandell maintenant. Ce royaume montagneux était difficile d’accès mais le paysage était merveilleux.

   William regardait les majestueux pics enneigés qui semblaient presque toucher le ciel d’un bleu criard. Enveloppées d’un épais manteau de glace, on aurait pu croire que ces montagnes étaient bénies entre toutes et qu’une parcelle des cieux célestes s’était déposée sur leurs sommets. La neige reflétait le soleil comme des milliards de prismes qui rendaient les cônes blancs aussi lumineux que le soleil lui-même. Le jeune homme ne pouvait d’ailleurs soutenir bien longtemps une tel débauche de clarté, et son regard dériva lentement vers le bas, jusqu’au tapis vert des arbres qui guettaient les frontières glacées, et s’étendaient jusque dans la vallée. Une vallée dominée par les lois de la nature. On pouvait y voir de petits serpentins de lumières qui glissaient délicatement entre les reliefs, trahissant la présence de ruisseaux qui se jetaient dans le fleuve que l’on pouvait apercevoir au loin ; une grande bande d’eau scintillante qui louvoyait, et disparaissait derrière une large éminence grise.

   C’est alors qu’au détour d’un rivage, le regard émeraude de Dolan ce posa sur la majestueuse cité de Sylvandell.

-Wow ! S’exclama le garde de William en laissant sa mâchoire s’affaisser.

-Oui… C’est plutôt bien résumé… confirma William tout en s’épreignant de la beauté du spectacle.

   La cité se trouvait en plein milieu d’un gouffre immense et on avait presque l’impression qu’elle y flottait. Des ponts, tel des chaines blanches, semblaient la retenir aux parois de la montagne. C’était une œuvre d’art. L’alliance subtile de la beauté naturelle et du génie des hommes. On ne s’étonnait donc presque pas qu’un dieu jaloux avait voulu détruire la ville et écrasant ses deux griffes dessus, s’incrustant dans les fondations de la ville comme des serres. Pour ajouter à ce spectacle incroyable, on pouvait apercevoir sur le versant opposée de la montagne, une immense chute d’eau se déversant dans le précipice. Le bruit de la cascade étant semblable à des milliers de tambours dont les battements étaient décalés. William se prit à fermer les yeux pour écouter cette symphonie naturelle et inspirant une grande bouffée de l’air chargé d’écume.

-Thomass ! Interpella le jeune noble d’une voix apaisée. Chevauche devant et annonce mon arrivé au palais.

   L’homme hocha silencieusement la tête et tira sur ses rênes pour faire revenir son hongre sur la piste de terre et de galets qui menait à la cité. William resta ensuite quelques minutes à contempler la cité de son regard impassible. Impossible de deviner les pensées qui tournaient dans sa tête mais l’expérience prouvait qu’elles n’étaient bonnes pour personne, sauf lui. Finalement, lorsqu’il considéra que son homme de main avait pris suffisamment d’avance pour l’annoncer comme il se doit, il fit lui aussi avancer son cheval vers le pont de Sylvandell.

-Dois-je sortir l’étendard messire ? demanda le garde restant.

   William sourit. Bien sûr, ce n’était pas les couleurs de Nexus que le garde proposait d’afficher, mais celles de la famille Dolan. Ce serait peut-être du vice de bafouer l’honneur de sa méprisable famille en faisant cela, mais il n’était plus à ça prêt. Il hocha donc la tête et le garde décrocha aussitôt une longue hampe, puis sortit l’emblème afin de l’y fixer. En quelques minutes l’étendard flottait au gré du vent. Il était blanc et représentait un faon empêtré dans les ronces ; sceau de la famille Dolan.

   Inutile de détailler la chevauché jusqu’au palais, car vue de l’intérieur, Sylvandell était une capitale ordinaire, si on peut dire. De toute évidence, son garde avait fait le nécessaire pour qu’il passe sans encombre. Il arriva donc au palais assez facilement même si son escorte avait grandi en chemin. Des enfants curieux, il était passé aux soldats impassibles qui manifestaient leur discipline au noble Nexusien.

   Arrivé devant les portes du palais, William descendit de son hongre avec agilité. Bien entendu, il ne portait pas sa tenue de voyage et s’était changé en approchant de la cité. Il n’avait aucun complexe à afficher les habits d’apparat classique de la noblesse de Nexus. Sa cape verte émeraude flottait derrière lui tandis que ses bottes en daim claquaient avec rythme sur les pavés de la cour. Il portait une lourde chemise beige ornée de l’éternel faon empêtré dans les ronces qui s’étalait sur son torse à grand renfort d’argent et de liseré d’or. Sur sa hanche, une rapière se balançait nonchalamment le long de sa jambe.

   Le regard fixe et indéchiffrable, il suivit son escorte jusqu’à la salle du trône et s’arrêta à quelques mètres de celui-ci. Il eut un temps d’arrêt où il fixa d’un air impassible la personne qui y était assise, puis fléchit finalement le genou, s’inclinant devant le maitre des lieux.
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Princesse Alice Korvander
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FicheChalant
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« Répondre #1 le: Avril 29, 2012, 10:09:06 »

« Je ne pense pas que mon père apprécierait…
 -  Votre père a autant de talents en diplomatie qu’une kikimorrhe, objecta l’homme.
 -  C’est vrai, mais c’est son château, et son royaume ! »

Alice n’en démordait pas, et le jeune Maréchal soupira. Il avait une longue cape rouge impériale, des cheveux blancs courts, et un regard acéré. Son visage beau et arrogant se tourna vers Alice. Il avait beau être plus grand qu’elle, il ne l’impressionnait pas. Le Maréchal Coehoorn était un jeune prodige militaire, qui venait de réussir avec brio une campagne militaire dans le sud de l’Empire, où il avait maté une rébellion dans des îles. Il avait gravi avec succès tous les échelons de la rigoureuse armée ashnardienne, et s’était retrouvé, sans qu’Alice ne sache trop comment, à entretenir des contacts avec les rebelles de Nexus.

« Sylvandell est de loin le meilleur support possible pour cette entrevue… Le Palais impérial est rempli d’espions. L’homme avec qui je dois m’entretenir tient à ce que son identité ne soit pas divulguée. Les autorités de Nexus ont une certaine tendance à raccourcir ceux qui ne leur sont pas très fidèles.
 -  Certes, mais…
 -  Chère Princesse, je sais que vous considérez notre action comme une ingérence dans vos affaires, mais il n’en est rien. Les intérêts de l’Empire et de Sylvandell convergent, n’est-ce pas ?
 -  Nous n’apprécions pas de nous voir imposer des décisions, surtout quand mon Père n’est pas là avec une partie de son armée. »

Tywill Korvander, le Roi de Sylvandell, n’était pas là. Il participait à une campagne militaire consistant à assiéger des forts avec d’épaisses murailles. Plusieurs dragons avaient été requis, ainsi que de nombreux soldats sylvandins, et plusieurs Commandeurs. Comme la loi le prévoyait, en l’absence du Roi, Alice était la princesse régente, et l’Empire avait attendu ce moment pour envoyer, en toute discrétion, une caravane impériale transportant le Maréchal Coehoorn, accompagné de deux « Corbeaux Noirs », les soldats d’élite, et de plusieurs gardes. Il portait avec lui une ordonnance impériale qui indiquait qu’une réunion aurait bientôt lieu à Sylvandell entre, d’une part, le Maréchal Coehoorn, représentant le Conseil Impérial, et un obscur noble de Nexus qui était l’un des meneurs d’un mouvement dissident ayant lieu à Nexus.

Alice en avait entendu parler. Nexus affrontait de graves crises économiques et politiques. L’injustice et la corruption qui gangrénaient les rues amenaient à un développement alarmant du paupérisme dans les basses couches de la population. De plus en plus de pamphlets et de tracts étaient balancés dans les rues de la ville pour dénoncer la politique du gouvernement en place. L’Empire s’intéressait naturellement énormément à ce mouvement, et tout le monde y allait de son argument. Pour les « loyalistes », ce mouvement n’était qu’une façade, et était en réalité dirigée par Ashnard, afin de mener le pays à la guerre civile. Quant aux « révolutionnaires », de ce que les informateurs ashnardiens disaient, le mouvement était très désuni, comprenant à vrai plusieurs vagues très différentes. Certains prônaient l’annexion à l’Empire, d’autres affirmaient qu’il fallait supprimer toute forme de gouvernement au nom d’une égalité et d’une liberté qui seraient absolus, Un autre mouvement, plus modéré, prônait tout simplement des réformes constitutionnelles et économiques importantes.

*Nexus n’a pas grand-chose de différent de l’Empire… Mis à part que, chez eux, on préfère laisser les bourgeois et les marchands diriger, alors que, chez nous, l’Empereur règne d’une main de fer. Il est après tout assez logique que Nexus doive faire face à des crises de ce genre.*

Tout ceci faisait le bon jeu de l’Empire, qui était de toute façon en grande partie responsable de la déchéance de Nexus. Les terrifiantes campagnes militaires que l’Empire menait pour attaquer Nexus conduisaient Nexus à dépenser une part non négligeable de son budget dans la défense de ses frontières, dans la restauration de ses forts, l’armement et l’entraînement de ses troupes. Il y avait bien moins d’argent à rentrer pour s’occuper de la ville-État, et, quand on savait que Nexus était la plus grande ville du monde, on pouvait comprendre que la situation devenait très difficile.

« Nous avons besoin de votre assistance… » lui rappela Coehoorn, ce qu’Alice ne savait que trop bien.

Sylvandell avait des lois à respecter, et, même si, pour l’Empire, les Sylvandins apparaissaient comme des « culs-terreux », Coehoorn s’efforçait de les respecter. Il était à vrai dire un Ashnardien très particulier. Généralement, les Maréchaux étaient de vieux carriéristes rabougris qui ne rêvaient que d’avoir une place au Conseil, mais lui était relativement jeune, et préférait le champ-de-bataille à de longues négociations diplomatiques. Qu’il soit là pour représenter l’Empire témoignait de l’influence qu’il avait. Les corps militaires le respectaient, car ses stratégies étaient efficaces, et, quand on avait le soutien de l’armée, toutes les portes de l’Empire étaient ouvertes. Alice ne savait pas quoi penser de lui. Quand elle lui avait demandé pourquoi il n’avait pas laissé un diplomate professionnel s’occuper de cette histoire, il lui avait répondu, flagorneur : « Je voulais voir par moi-même les légendaires yeux du ‘‘Joyau de Sylvandell’’ ». La Princesse en avait rougi, avant de se sermonner mentalement. De la part d’un Maréchal, elle ne s’était pas attendue à ça, mais, après tout, elle imaginait sans peine que Coehoorn devait avoir bien des fans du beau sexe.

Dans son for intérieur, elle devait admettre que la tactique de Coehoorn était assez bonne. Tywill était, et ce n’était un secret pour personne, un Roi guerrier. Il n’avait rien de diplomate. Alice avait pu voir toute l’étendue de son talent quand des Amazones avaient demandé à traverser le royaume. Il avait bien failli déclencher une guerre. Alice était, de ce point de vue, un meilleur choix. Plus cultivé que son père, elle passait son temps à lire, n’ayant de toute façon reçu aucune autre forme d’entraînement. Son esprit était sa meilleure arme.

« Majesté ! lâcha soudain un garde en se rapprochant d’un pas précipité. Ils sont là !
 -  Combien sont-ils ?
 -  Trois, Princesse.
 -  Trois ? répéta Alice, surprise.
 -  L’un d’eux est assurément un nobliau de Nexus. Il a une longue cape verte comme la vôtre, M’sieur le Maréchal.
 -  Une escorte assez légère… Je suis heureux qu’ils n’aient eu aucun accident fâcheux le long du trajet. Les routes sont de moins en moins sûres, à ce qu’on dit.
 -  Nous allons les recevoir. Escortez-les vers la ‘‘Salle du Trône’’. »

Sylvandell n’avait pas, à proprement parler, de « Salle du Trône ». Étant un royaume guerrier, une telle pièce avait été jugée superflue lors de la confection du Château, et, à défaut, on utilisait la salle du banquet. Comme Tywill l’avait lui-même dit : « La Cour d’un Roi de Sylvandell, c’est au milieu de ses troupes, là où tout le monde bouffe ». Elle était grande, spacieuse, et, partant de là, convenait très bien. Alice alla s’asseoir sur le lourd fauteuil de son père, un fauteuil immense, où elle se sentait toute petite. Coehoorn resta debout à côté d’elle, ses Corbeaux Noirs à côté de lui, le protégeant fidèlement.

L’entrée du Château de Sylvandell, soit après avoir traversé le pont, était une petite cour dissimulée dans les murailles. Une porte à double battant sur un petit perron menait alors dans le château, tandis qu’un chemin conduisait aux écuries du Château. La porte à double battant menait, quant à elle, directement à la salle du banquet. Les Nexusiens tombèrent donc directement sur Alice. Les portes menaient sur une espèce d’estrade inférieure, avec un petit escalier comprenant quelques marches à monter. Le vestibule en somme, qui donnait ensuite sur une autre plate-forme intermédiaire d’où on pouvait voir la massive salle du banquet.

Elle était indiscutablement grande. Haute de plafond, elle comprenait plusieurs portes, une grande table de banquet en U, et de nombreuses cheminées dans les coins. On trouvait toujours des gardes ou des pages en train d’y manger, que ce soit une cuisse de poulet, ou simplement des gâteaux ou des fruits. Le soir, on faisait griller la viande et la volaille directement dans les épaisses cheminées. Toute la salle était faite avec de la pierre massive, froide et sombre. Seul le plancher était en bois.

« Je vous souhaite la bienvenue à Sylvandell,  M. Dolan. Je suis la Princesse Alice Korvander, et, en l’absence de mon père, c’est moi qui représente le royaume. Je vous présente…
 -  … Je suis le Maréchal Coehoorn, lança ce dernier. Je suis l’un des responsables de la campagne militaire de l’Empire sur Nexus, et c’est moi qui ait accepté cette entrevue, et l’ait organisé ici. »

Alice ne dit rien. Coehoorn la coupait, afin de montrer avec qui Dolan allait vraiment négocier. Alice préféra regarder le bourgeois. Il était… Plutôt beau, à vrai dire. Un style bien moins militaire que Coehoorn, qui marchait de manière assez rigide. Si Alice aurait été mesquine, elle aurait pu dire que Coehoorn était ce genre d’hommes à avoir « un balai dans le cul ». Une posture raide, de militaire. William semblait… Un peu moins rigide… A moins que ça ne soit simplement ses yeux d’émeraude qui induisent Alice en erreur. Croisant les jambes, dans sa robe, Alice enchaîna rapidement.

« Vous êtes nos invités ; votre sécurité est donc assurée. Vous logerez à cet effet dans l’aile des invités, et vous pourrez manger dans la salle commune, soit… Ici. »
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Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

Pour une demande de RP, je vous encourage, soit à poster sur le topic susmentionné, soit à envoyer un MP sur mon compte principal, soit celui-ci.
William Dolan
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Avocat du diable


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FicheChalant
« Répondre #2 le: Avril 30, 2012, 01:44:21 »

L’expression de William était tout ce qu’il y a de plus neutre. Seul le mouvement de ses yeux vert pouvait donner un indice de ce qu’il comprenait de la situation. Son regard se fixa d’abord sur la jeune souveraine qui se présentait. Son visage était splendide, mais il n’avait pas la rudesse de regarder si le reste du corps était aussi joli, se contentant de l’observer avec toute la déférence qui lui était due. Ses mires se dirigèrent ensuite brièvement sur le Maréchal lorsque celui-ci lui coupa la parole, et revinrent presque immédiatement sur le visage de la jeune fille pour aviser sa réaction. Son manque de réactivité lui indiqua que cela ne la dérangeait pas plus que ça. Ce qui amenait à se poser des questions sur son autorité. Si la jeune femme ne désirait pas le remettre à sa place, William se faisait donc un devoir d’y remédier.

-Mes salutations maréchal, introduit le jeune noble.

Avec un demi-sourire, il entreprit de faire le salut militaire Nexusien avec une lenteur et une grâce qui, elles, n’avaient absolument rien de militaire justement.

-Vous avez bien œuvré, lui assura William en approuvant d’un léger hochement de tête. J’espère que ma visite ici permettra de trouver un accord avec sa majesté. Merci pour votre travail.

A peine avait-il lâché le « merci » que son attention se reporta sur la souveraine, indiquant de manière implicite que c’était avec elle qu’il allait s’entretenir. Cependant, libre à lui de faire quelques interventions judicieusement choisies qui seront sans doute prises en tant que conseils et non comme des décisions. William espérait sincèrement que le Maréchal avait la subtilité nécessaire pour avoir bien saisi cela : le baron Dolan négociait avec son altesse… Uniquement.

Les deux hommes de Dolan, ayant fini leurs affaires, se positionnèrent à quelques mètres derrière Dolan. Le fait que ce dernier ne se donne pas la peine de les présenter indiquait clairement qu’ils n’étaient pas importants pour la suite des évènements et qu’il convenait donc de les ignorer. Ce qui, semble-t-il, convenait parfaitement aux deux soldats qui se contentaient d’observer les deux « corbeaux noirs » avec un intérêt purement professionnel.

-Je m’appelle William Dolan, votre Altesse, baron et gardien des sceaux de la couronne, glissa-t-il suite à la déclaration de la souveraine. Je vous remercie de votre hospitalité. Si vous le voulez bien et si je n’abuse pas de votre patience, je souhaiterais me retirer. Le voyage jusqu’à votre royaume a été rude. Comme j’ai l’honneur d’être convié à votre table, je propose que nous y discutions plus posément.

Lorsque la princesse lui permis de disposer, il s’inclina une nouvelle fois devant elle.

-Majesté.

Il inclina ensuite légèrement du chef en direction de Coehoorn.

-Maréchal.

Il fit un pas en arrière, puis fit volte-face, un mince sourire amusé enjolivant son visage.

* * *

William immergea sa tête dans l’eau délicieusement chaude de son bain. L’absence de son était apaisante et presque rassurante. On se coupait du monde pendant un court instant, n’ayant pour seul compagnie que soi-même. Cet instant ne durait que le temps incroyablement court où on pouvait retenir sa respiration. On se sentait vulnérable, comme si on prenait conscience qu’on ne pouvait pas se passer de l’air plus de quelques secondes. A cet instant, William se sentait plus humble que jamais. Son arrogance naturelle s’évaporait. Son égo s’inclinait devant quelques litres d’eau innocents, pour qu’il finisse par se redresser et inspirer une grande bouffé d’air frais.

-Vous croyez qu’ils nous espionnent ? demanda le garde à silhouette fine de William.

-C’est possible, fit l’intéressé en passant une main dans ses cheveux trempés. Mais nous n’avons rien à cacher, n’est-ce pas ?

Un petit rictus apparut alors sur le visage de l’homme qui secoua la tête d’un air amusé. William lui jeta alors un regard entendu et se leva pour s’extraire de la baignoire. Il attrapa une serviette qui reposait sur le dossier d’une chaise et l’enroula autour de sa taille.

-La princesse est très belle, fit remarquer le garde. C’est pour cela que vous avez jugé bon de faire valoir son autorité devant le maréchal ?

William lui décocha un sourire et commença à sortir les habits qu’il s’apprêtait à enfiler.

-Pas seulement, s’expliqua-t-il. Je préfère de loin négocier avec une politicienne qu’avec un militaire. Elle a l’air plus posé, même si les apparences peuvent être trompeuses.

-A propos, vous croyez vraiment qu’ils pensent que nous ne sommes que des garde-du-corps ? demanda-t-il en baissant la voix.

-Vous n’avez pas vraiment la carrure d’un militaire, Elias. Cependant, j’espère que comme moi, ils considèrent que les apparences peuvent être trompeuses.

L’homme hocha la tête d’un air grave et observa les murs d’un œil suspicieux, comme s’il s’attendait à apercevoir un espion caché dans les murs. Pendant ce temps-là, William avait fini de s’habiller et passa une main dans ses cheveux pour y mettre un semblant d’ordre.

-Allons, s’encouragea-t-il. Il est impoli de faire attendre une princesse.

Il sortit alors de la chambre tandis que les deux « gardes » restaient dans leurs quartiers. Messire Dolan fut ensuite de nouveau escorté jusqu’à la salle commune où il espérait que le dîner allait permettre d’arriver à un accord. Il alla donc retrouver de nouveau la princesse et lui attrapa délicatement la main sans se départir d’un sourire de circonstance. William effleura alors de ses lèvres la main délicate de la souveraine tout en fixant son regard émeraude dans ses yeux océan.

-Altesse, souffla-t-il doucement en guise de prémisse.
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« Répondre #3 le: Avril 30, 2012, 08:07:46 »

Gardien des Sceaux de la Couronne… Alice ignorait à quoi ce titre pouvait faire référence, mais elle supposait qu’il était important. Dolan faisait clairement part de son intention de négocier exclusivement avec la Princesse, ce qui risquait de s’annoncer délicat. Coehoorn n’était pas le genre d’hommes à aimer avoir un second rôle, et Alice se voyait mal engager des négociations. Essayant donc de masquer sa surprise, elle l’écouta, jusqu’à ce qu’il propose de commencer les négociations à sa table.

*Euh… Bon, s’il y tient… Je ne pense pas qu’on pourra dire grand-chose, mais bon…*

Elle hocha lentement la tête, et son visage se fendit d’un léger sourire poli.

« Vous êtes mon invité. Un domestique va vous conduire dans vos appartements. »

Le petit trio se retira donc, et un rire amusé traversa les lèvres du Maréchal, avant qu’il ne se retourne vers Alice. La Princesse ne tarda pas à lui faire part de ses propres préoccupations :

« Pourquoi diable veut-il négocier avec moi ? Ce n’est pas moi qui…
 -  Il suffit de rester cinq secondes avec vous pour constater que vous êtes bien plus malléable que moi. »

Les joues de la Princesse s’empourprèrent, et elle se mordilla les lèvres, mais Coehoorn ne semblait nullement lui en tenir reproche.

« Ou alors, il n’est pas non plus insensible à votre charme… A Nexus, on se plaît à dire que Dolan est l’archétype d’un homme affable, sans passion, sans amis, et qu’il n’a d’intérêt que pour les belles femmes de haute naissance. Il est donc, somme toute, assez logique qu’il désire s’entretenir avec vous.
 -  Ah… Et… Vous croyez qu’on peut lui faire confiance ?
 -  Confiance ?! sembla la railler le militaire. Pour un Nexusien, la confiance est une insulte. Non, on ne peut pas lui faire confiance. Quant à ses deux gardes… »

Coehoorn tourna son regard vers les deux Corbeaux Noirs, impassibles et silencieux, et l’un d’eux finit par s’exprimer :

« Ce sont des chiquenaudes, Maréchal.
 -  Peut-être des ESPers, mais j’en doute… On dit aussi de Dolan qu’il abhorre la magie… Je le vois mal voyager avec des magiciens ou des ESPers pour le protéger. En réalité, je crois que c’est tout Terra que Dolan n’aime pas.
 -  A l’exception des belles femmes, précisa la Princesse. Ce ne sont donc pas des soldats ?
 -  J’en doute, Princesse. Ou pas de simples soldats, en tout cas… Mais je ne pense pas que William cherche à nous doubler, et à s’attaquer à votre augure personne. Il tient bien trop à la vie, à sa propre vie, pour se sacrifier. »

Voilà qui était rassurant ! Menacer de la tuer… Ceci dit, il risquait de faire un joli coup. La royauté avait toujours été la faiblesse de Sylvandell, dans la mesure où le Roi ou la Reine n’avait le droit d’avoir qu’un seul enfant. C’était une loi ancestrale, l’une des premières qu’Erwan avait édicté quand il avait fondé Sylvandell, donnant pleins pouvoirs aux prêtres pour autoriser des avortements afin d’éviter qu’il n’y ait d’autres héritiers. Outre le souci d’éviter une fracture du royaume, il s’agissait aussi de conserver la pureté des Korvander aux yeux des Dragons. Dans la mesure où les Korvander avaient toujours été des forces de la nature, une telle loi n’avait jamais posé la moindre difficulté. Un Korvander avait toujours enfanté avant de mourir, et le Korvander âgé était toujours parti avant le Korvander jeune… Mais Alice, elle, était loin d’être une force de la nature. Il suffisait qu’elle ait une grippe pour que le royaume tremble sur ses fondations.

« Je vous fais confiance, Coehoorn…
 -  N’ayez pas à vous en faire, Princesse. Je ne mettrais jamais en danger les intérêts d’une nation qui soit si précieuse pour les intérêts de l’Empire… »

Ils continuèrent ensuite à parler, mais ce fut plus pour parler de Nexus et de la Rébellion qu’autre chose. L’objectif de Coehoorn était d’éprouver la fiabilité de William Dolan. Les leaders rebelles se cachaient dans l’ombre, et, si des espions avaient bien certifié au Maréchal que William était l’un des leaders, on ne pouvait jamais être sûrs de rien, surtout de la part d’une ville qui était gangrénée par la corruption et par l’argent. Le seul leader connu de la Rébellion, Loki, était injoignable.

« Soit c’est un paranoïaque convaincu, soit, et c’est le plus probable, il mange les pissenlits par la racine. »

Il serait inadmissible que l’Empire finance Nexus en croyant donner de l’or aux rebelles, alors que cet or irait directement renflouer les caisses de Nexus. Le Maréchal donna ainsi à Alice quelques instructions assez élémentaires. Si Dolan souhaitait discuter exclusivement avec elle, le Maréchal s’inclinerait, mais il tenait à assister aux débats, et c’était de toute façon lui qui déciderait de conclure ou pas des accords, et ce pour la simple raison que c’était l’Empire qui avait de l’or à offrir.

« Sylvandell a aussi de l’argent, objecta Alice.
 -  Le Conseil Impérial estime que l’argent de Sylvandell mérite d’être mieux utilisé pour financer des révoltes. Et je crois que votre père sera aussi du même avis, n’est-ce pas ? »

Pas faux… La conversation entre les deux finit par se terminer, et Alice se permit un petit bâillement, avant de quitter le trône de son père. Avant le repas, elle ne fut encore dérangée que par l’un des guides explorant les profondeurs des montagnes, qui lui expliqua qu’il y avait eu une avalanche ayant condamné plusieurs ponts, et qu’il faudrait envoyer plusieurs hommes dans les plus brefs délais pour déblayer les ponts.

*Je n’ai jamais compris l’intérêt de ces fichus ponts, aurait-elle eu envie de lui dire, mais ils sont entretenus depuis l’époque des premiers Rois, alors soit…*

Alice promit d’envoyer dès le lendemain une petite équipe afin de faire le ménage, et n’eut que le temps de faire un câlin à Cathy, une neko que les jumelles Karistal lui avaient offerte pour célébrer son mariage avec Sakura, avant de devoir retourner dans la salle du banquet. La table s’était un peu plus remplie. Avec le départ de Tywill pour la guerre, elle n’était pas aussi pleine qu’en temps normal, mais il y avait toujours du bon monde. Alice s’assit à la place du trône, essayant de ne pas masquer son trouble à l’idée de se retrouver là. Habituellement, elle était à gauche de cet énorme fauteuil en pierre. Ici, par rapport à elle, Coehoorn était à sa droite, et il y avait, juste à côté, le Limier.

Le Limier était un poste qui avait été créé par une Reine suite à une tentative d’assassinat avortée de peu. Il était un Commandeur, mais, contrairement aux autres Commandeurs, il avait la charge de veiller sur la personne sacrée du Roi. Tywill n’ayant pas vraiment besoin de protection, le rôle du Limier se limitait généralement à instruire les recrues, et à protéger de loin Alice.  Les Corbeaux Noirs de Coehoorn étaient dispersés dans la salle, et on faisait griller la volaille sur les cheminées. La Princesse remarqua distraitement que sa belle-sœur, Ayano, était sur un banc, s’entretenant avec des pages qui faisaient cuire un gros poulet.

Un léger silence de plomb s’installa quand William Dolan reparut, avec ses deux « gardes ». Il y eut quelques regards suspicieux, mais c’était, somme toute, assez normale. Sylvandell était un royaume guerrier, et Nexus n’avait pas une très bonne réputation ici. Fort heureusement, le silence ne dura pas longtemps, et Alice trouva à nouveau les yeux verts de Dolan assez fascinants. Il se dégageait vraiment de cet homme une espèce de puissante et vibrante aura. Un charisme certain, qui ne le rendait qu’encore plus dangereux. Quoiqu’il en soit, les théories sur William se révélèrent assez exactes lorsqu’il fit à Alice un élégant baisemain, frôlant ses doigts recouverts d’un délicat tissu blanc. Les joues de la Princesse s’empourprèrent légèrement.

« Baron répondit-elle rapidement. Veuillez prendre à ma gauche. »

C’était normalement là qu’Alice s’installait, quand son Père était là. William devrait bien tôt constater qu’il ne serait pas facile de négocier, avec le brouhaha ambiant. Alice espérait que les hommes se tiendraient bien, même si elle en doutait. Hier, un Corbeau Noir et un Commandeur s’était battus, sans qu’Alice n’ait vraiment compris le pourquoi du comment. Une bataille « amicale » au milieu de la table, et il y avait fort à parier que, quand l’alcool viendrait, d’autres Commandeurs allaient venir voir les « gardes » de Dolan pour les mettre à l’épreuve, pour les défier…

« J’espère que votre bain a été… Relaxant, glissa-t-elle, avant de poursuivre. Sylvandell n’est pas un royaume reposant, je vous l’accorde. »

C’était le moins qu’on puisse dire. Entre les interminables escaliers, les sentiers cahoteux, et les chutes de température quand le soleil n’était plus là, sans parler des tempêtes de neige, le royaume avait parfois la réputation d’être aride. On comprenait mieux l’étonnante constitution des Korvander, ce qui, parallèlement, rendait encore plus inexplicable le fait qu’un colosse comme Tywill ait pondu une demi-portion comme Alice.

« Dans tous les cas, j’espère que votre voyage vers notre royaume s’est bien passé. On dit les routes peu sûres. »
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« Répondre #4 le: Avril 30, 2012, 07:10:09 »

William ne savait pas encore ce qui l’attendait en entrant dans la salle commune. D’ailleurs, le fait qu’elle porte ce nom aurait du lui mettre la puce à l’oreille. Le jeune noble était habitué au raffinement de la cour de Nexus ; ses bals, ses argenteries et ses dames de haut lignage. Pour le coup, la seule chose qui correspondait à peu près à ce dont il était habitué était la princesse elle-même. Le reste des convives n’avait absolument rien à voir. Des braillards, des soiffards ou des bagarreurs lorsque ce n’est pas les trois en même temps. Maintenant, William prenait conscience qu’il n’allait pas vraiment pouvoir aborder le sujet d’une alliance ici, pour la simple et bonne raison qu’il s’attendait à une ambiance plus calme et civilisée. Peu importe, rien ne presse de toute façon.

Si Dolan avait remarqué le silence qui s’était installé lorsqu’il était entré, il n’en laissait rien paraitre, son attention étant entièrement tournée vers la princesse. Il ne fut d’ailleurs pas surpris d’observer que son baisemain n’avait pas été sans effet sur la jeune femme. Lorsqu’on regardait ses sujets, on pouvait facilement deviner qu’elle n’en avait pas reçu beaucoup. Pourtant, William espérait qu’elle ne l’ait pas mal interprété, le baisemain étant d’usage à la cour de Nexus.

Au contraire de William, les deux hommes qui l’accompagnaient n’avaient pas l’air très rassurés même s’ils essayaient de sauver les apparences. Elias, le grand mince, tentait de soutenir les regards qu’on lui lançait, parvenant tant bien que mal à canaliser les siècles de haine qui existe entre Nexus et Ashnard, afin de faire taire sa peur. Thomass quant à lui, bien que nerveux, ne semblait pas craindre l’assemblée qui l’observait, mais plutôt la rencontre imminente et les négociations futurs. Ils s’assirent à des places libres, avec toute la dignité dont ils étaient capables. William les avait déjà oubliés.

Le jeune homme attendit que la princesse ait pris place avant de s’asseoir lui aussi. Elle commença alors par les politesses d’usage. William lui fit un sourire franc. Finalement, il était plutôt content d’être ici plutôt que dans une salle à manger pleine d’aristocrates. Il adorait jouer des circonvolutions du langage, s’amusant à faire passer ce qu’il voulait dire derrière de subtiles sous-entendus et des expressions discrètes - certains ignorants appellent cela : l’hypocrisie -. Cependant, ça ne le dérangeait pas d’être plus naturel. Son égo dur-développé lui permettait de se convaincre qu’il excellait dans tous les domaines de toute manière.

-Oui, confirma-t-il avec douceur. Mais j’ai beaucoup apprécié la splendeur de votre pays.

Il n’osait pas lui dire que ces magnifiques montagnes n’étaient rien par rapport à la jeune femme qu’il avait sous les yeux. Cependant, William avait remarqué qu’elle était sensible et se refusait donc à la mettre mal à l’aise par ses flatteries. Il se contenta donc de la regarder plus longtemps que de mesure, laissant son silence suggérer ce que sa voix ne voulait exprimer. Alors c’est cela, le « Joyau de Sylvandell »…

-Je sais me défendre, assura William avant que la princesse ne le soupçonne d’avoir soudainement perdu la faculté de parler. Notre petit groupe nous à permis d’éviter les bandits et les patrouilles d’Ashnard comme de Nexus. Quant aux monstres des landes dévastées, nous n’avons pas eu beaucoup de mal à nous en débarrasser.

C’était faux. Thomass avait toujours une longue estafilade en travers de l’abdomen. Encore un peu plus et il aurait été éventré par le monstre qui avait surpris leur bivouac. Toutefois, cela ne servait à rien d’inquiéter la princesse plus que de mesure. Il s’investit alors d’un sourire amical et se tourna légèrement vers elle, comme pour bien entendre tout ce qu’elle allait lui dire.

-J’avoue que votre pays me fascine. Surtout vos dragons. J’ai eu la chance de les voir à l’action lorsque j’étais encore adolescent. Ils avaient réduit un bataillon entier en cendre en quelques secondes lors d’un conflit frontalier. Nous avions alors subi une cuisante défaite.

William lâcha un bref rire jovial, ses yeux plissé montrait qu’il n’était en rien forcé ou cynique, comme s’il parlait d’une simple partie de ballon. En effet, comme tous les jeunes nobles, il avait fait son service militaire à la guerre, même s’il n’y était pas resté très longtemps. Même à l’époque ça ne lui avait fait ni chaud, ni froid de voir ses compatriotes mourir et son unité mise en déroute. Dolan reprit tout de même son sérieux et lâcha un regard songeur à la jeune femme.

-Je me demande bien ce que la princesse d’un peuple guerrier pense de la guerre, posa-il avec intérêt.

De toute évidence, William ne semblait pas disposé à partir sur le sujet qui l’amenait ici. En fait, il ne comptait pas l’aborder parmi les convives et préférait attendre un moment plus intime. Le jeune homme ne faisait donc qu’entretenir la conversation tout en dégustant les plats que les pages remmenaient au fur et à mesure. Cependant, il ne touchait pas à l’alcool. Pas que c’était un ascète, mais il présumait qu’il ne valait mieux pas se laisser tenter ici.

Un peu plus loin, Thomass semblait avoir dépassé sa gêne. Il buvait désormais avec un sylvandins à qui il faisait goûter de sa gourde de vin de Nexus. L’homme simple à la voix puissante et charismatique avait tout de suite su s’adapter à l’atmosphère bourrue qui régnait ici, même si tout le monde ne semblait pas l’accepter pour autant. Sans doute la gourde n’était pas assez grande pour contenter tout le monde. Par contre, Elias semblait aller de mal en pis. Il se tenait droit sur sa chaise, prenant bien soin de fixer son assiette sans dire un mot. Visiblement, il attendait impatiemment que le repas finisse.
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« Répondre #5 le: Mai 01, 2012, 01:36:57 »

Visiblement, les Nexusiens avaient l’air assez surpris de ce qu’ils voyaient. Alice savait que, généralement, les soirées de réception huppées, que ce soit à Nexus, ou au cœur de l’Empire, étaient bien différentes. Il y avait des bals, des robes, des costumes élégants, de grandes fenêtres, une douce musique, une ambiance calme et arrogante. Pendant un temps, la Princesse avait même pensé qu’elle préférait ça. Les bals avaient l’air si magique dans les contes ! Elle s’était attendue à ce qu’un prince charmant vienne la prendre, et la fasse valser comme on le disait dans les contes, au milieu des convives, et qu’elle se plonge dans les yeux de son beau cavalier… Ce qu’on pouvait être idiot, quand on était jeune. Alice avait vu des bals, au cœur de l’Empire, et, si les robes, le vin, les serveurs, le sol lubrifié, le parquet scintillant, étaient là, la magie, elle, n’y était pas. Les « princes charmants » n’étaient que des flagorneurs, qui ne pensaient pas très bien, et essayaient tout simplement de la courtiser, ou de l’inciter à obtenir l’aide des dragons de Sylvandell. Il manquait un simple petit élément à ces bals : la magie des contes. La féérie dansante n’était pas là. Il n’y avait qu’une vaste hypocrisie, des messes basses, un protocole hyper-rigide. Alice était rentrée à chaque fois déçue, et avait réalisé que, finalement, l’ambiance qui lui convenait était celle de Sylvandell.

On riait, on rotait, on faisait des concours de beuverie d’alcool en se donnant des grandes claques dans le dos, et en poussant de grands éclats. On y allait de ces blagues grivoises, de ces claques dans les fesses des servantes, qui répliquaient, courroucées, en versant aux malotrus du vin caillé. L’odeur de la viande en train de griller, de la volaille, était un délicieux régal, et les cheminées qui brûlaient tout autour donnaient à la scène une allure fantastique.

*J’ai le corps et l’esprit d’une femme des plaines, mais mon âme, elle, a été forgée et bâtie dans les roches des monts de Sylvandell et dans les flammes ardentes des dragons…*

Alice avait conscience du regard insistant de William. Un regard assez habituel, chez les hommes. Elle était le « Joyau », après tout. Alice ignorait à quel point elle avait été populaire, et elle l’avait ignoré jusqu’au jour où elle s’était mariée. Aujourd’hui encore, il lui arrivait de recevoir des cartes de vœux. Bien des nobles ashnardiens n’avaient pas compris pourquoi les Sylvandins avaient décidé de marier leur Princesse à une esclave dont le nom n’avait aucune importance. Les mauvaises langues, celles qui ne comprenaient pas tout le poids de la religion de Sylvandell, ne pouvaient pas comprendre, et y voyaient là la preuve formelle que Sylvandell était un « royaume de culs-terreux ».

William lui raconta une scène qui la fit tourner le regard. Des dragons qui avaient massacré un régiment nexusien… Il en parlait avec un détachement assez perturbant, comme si la mort de ses propres compatriotes ne le choquaient nullement… Il n’avait sûrement pas la fibre patriotique, ce qui, dans le fond, ne faisait que confirmer les informations de Coehoorn. Ce dernier mangeait quelques tranches de pain, tandis que les plats commençaient à venir. De grands plats en argent comprenant les entrées, soit des fruits, des crevettes, et du pâté pour des pins chauds. Ce fut à ce moment que Dolan lui demanda ce qu’elle pensait de la guerre, ce à quoi elle répondit assez rapidement, presque instantanément :

« J’en pense que la guerre est une nécessité sur Sylvandell, et qu’elle continuera à exister tant que l’homme restera l’homme. Pour le reste, si vous désirez parler de l’art de la guerre, je pense que le Maréchal Coehoorn, qui en a fait sa vie et son art, se fera une joie de vous en parler. »

Le ton n’était pas sec, même si la réponse pouvait y ressembler. La guerre n’était pas une chose que la Princesse aimait beaucoup, et ce même si elle savait que Sylvandell était avant tout une économie militaire. Les dépenses allaient surtout dans le secteur militaire, et les gains que les campagnes militaires ramenaient, à savoir les biens pillés, et les esclaves, constituaient le socle de l’économie du royaume. La guerre était donc une nécessité, même si Alice n’avait pas franchement l’âme d’une guerrière. Elle ne pourrait pas y déroger, et ceci avait amplement de quoi l’inquiéter…

Coehoorn, de son côté, restait assez silencieux, s’entretenant parfois avec quelques gardes qui allaient le voir. Coehoorn était visiblement assez réputé chez les Sylvandins. Alice commençait à manger, savourant les bonnes crevettes chaudes. Regardant un peu plus la table, elle vit que l’un des deux hommes de William discutait de vive voix avec des gardes, comparant la qualité du vin de Nexus à celui de Sylvandell. Les hostilités commencèrent toutefois avec l’autre garde, Elias. Restant isolé, il évitait scrupuleusement de fixer quoi que ce soit, et un homme finit par s’approcher de lui, tenant une chope de vin à la main. La Princesse ne dit rien, les observant du coin de l’œil.

« Hey, l’Nexusien ! Ouais ! Ouais, toi, là, qu’est planté sur le banc comme un balai dans le cul. Nôt’ vin, y te plaît pas, p’t’ête ? »

L’homme eut un rire gras, et d’autres l’observaient, dissimulant des sourires. Le garde avança certes en titubant, mais parvint à rejoindre Elias, mais parvint à répandre sur son assiette le contenu de son vin.

« T’as d’la chance, blanc-bec, c’est la maison qui… Qui régale, héhé ! »

Et, sans plus attendre, le garde attrapa la tête d’Elias, et la planta dans son assiette, l’imprégnant du vin, déclenchant l’hilarité générale.

« N’pas en toucher une, pour un invité, ça porte malheur, mon gars ! »

Alice se mit à soupirer. C’était parti…
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« Répondre #6 le: Mai 01, 2012, 02:51:56 »

William cligna rapidement des yeux et eut une mine presque déçue lorsqu’il retourna à son assiette. La réponse de la princesse avait été presque mécanique, comme si elle ne faisait que la réciter de la bouche de son père ou bien d’un quelconque bouquin. Assurément, la jeune fille avait une opinion plus construite de la chose, mais elle ne voulait pas la partager avec un étranger, d’où la légère déception qui disparue bien vite sur le visage de Dolan. C’était compréhensible, aussi, William n’insista pas et préféra reporter son attention sur la salle.

Tandis que Thomass s’était bien adapté à son nouvel environnement, William constata sans surprise qu’Elias ne se fondait pas vraiment dans le décor. Ce garçon à l’allure de dandy fut d’ailleurs l’objet des attentions d’un guerrier aviné. William observa donc dans le calme la réaction du jeune homme, sachant très bien qu’il allait passer un mauvais moment. Dolan n’étant pas cruel, il n’éprouvait pas vraiment de plaisir à le voir se faire rosser, mais autant dire que ça ne lui faisait ni chaud, ni froid.

Elias roula des yeux surpris et essuya sa face maculée de graisse et de vin. Il n’avait pas réagi plus tôt à l’agression, se contentant de baisser les yeux en attendant que ça passe. Grossière erreur. Cependant, un éclair de colère passa dans ses yeux, du même vert que celui de William. Pourtant, il disparut aussitôt lorsqu’il du lever la tête pour croiser le regard du géant qui lui faisait face, s’attendant maintenant à se battre contre lui. Hélas, c’était un espoir inutile.

-Tous les Nexusiens sont des mauviettes ou quoi, beugla le géant. Frappe gamin !

Elias lança des regards apeurés autour de lui, avisant que presque toute la salle le regardait. Il chercha un peu d’aide du côté de Thomass qui observait également la scène d’un œil vitreux, ne se sentant absolument pas concerné par le conflit. C’est donc naturellement qu’Elias se mit à fixer un regard implorant sur William. Celui-ci le lui rendit avec une colère froide, comme pour le dissuader de lui demander de l’aide. *Ose seulement* pensa-t-il très fort.

-C… Cousin… appela-t-il à l’adresse de Dolan, d’un ton pitoyablement implorant.

Cette fois, la colère froide qui animait les yeux émeraude s’enflamma comme de la poix. La couardise d’Elias lui avait fait révéler son identité. Cependant, ce n’était pas aussi grave qu’on pourrait le croire. Ca ne faisait que chambouler l’ordre d’un plan que William avait soigneusement mis en place, sans pour autant le menacer. Et de fait, il n’allait pas à l’encontre des intérêts de ses hôtes.

-Si vous voulez bien m’excuser, majesté, fit-il à l’adresse de la souveraine, d’une voix dont la douceur était parfaitement contrôlée.

C’est avec un soulagement, teinté de honte, qu’Elias observa son cousin faire le tour de la table pour le rejoindre. L’homme qui avait commencé les hostilités se préparait à changer de cible, comprenant bien qu’il devrait en découdre avec William plutôt qu’avec le petit freluquet. Apparemment, ça ne le dérangeait pas plus que ça. William n’était pas forcement plus étoffé que son cousin même si son maintient et son assurance sans faille le faisait paraitre plus dangereux. Et puis, se battre avec l’invité de marque avait de quoi être amusant. Tout en marchant, William enfila un gant noir sur sa main droite et lorsqu’il fut arrivé à la hauteur d’Elias, lui décocha un formidable revers de la main qui envoya le garçon s’affaler sur le sol de pierre.

Puis, calmement, William retira son gant sans même se fendre d’un regard méprisant au membre de sa famille qui s’était avili au point de lui réclamer son aide. Elias était un jeune fils de comte de la très haute société Nexusienne. Trop haute visiblement. Il ne s’était jamais battu de sa vie et ne faisait que compter fleurette aux bourgeoises et vivre au crochet de ses richissimes parents. Il avait bien sûr un lien de parenté avec William comme presque tous les nobles. Après tout, ce dernier avait même un peu de sang de la famille royale Ivory qui coulait dans ses veines. Malheureusement, le lien qu’il entretenait avec Elias était assez proche pour qu’il ait la prétention de l’appeler « cousin ».

Elias, se releva précipitamment, et se mit à courir vers ses appartements comme un gamin qu’on venait de corriger – ce qui était le cas -. Puis, William, sans même lâcher un seul regard au géant qui était toujours bêtement debout, fit volte-face pour retourner à sa place. Cependant, c’était sans compter la frustration du soldat Sylvandois qui avait vu en quelques minutes, son premier adversaire mis au tapis par celui qu’il croyait être son remplaçant. C’est donc très peu prudemment qu’il le héla avec insistance.

-Hé ! Les chocottes, c’est de famille, ou bien les Dolan n’engendrent-ils que des filles ?

William s’arrêta sur le champ et tourna lentement la tête pour glisser un regard venimeux à l’homme qu’il avait ignoré jusque là. Encore une fois, il fit volteface et se dirigea vers le géant. Ce dernier, ravi d’avoir enfin son combat, n’attendit pas qu’il arrive jusqu’à lui et lui fonça dessus, comme pour être bien sûr d’avoir son combat si désiré. Au dernier moment, William esquiva la charge au lieu de lui faire face. Hors de question de se laisser entrainer dans une lutte gréco-romaine avec un colosse. L’homme interrompit sa charge et se retourna, prêt à encaisser une riposte qui ne vint pas. Il s’apprêta donc à insulter encore son adversaire pour l’encourager à se battre mais il ravala ses paroles lorsqu’il vit finalement William lever les poings, montrant ainsi le style de combat qu’il désirait adopter. Cela le fit sourire et il leva également les poings, se sachant tout aussi bon aux poings qu’à la lutte. Cependant, le soldat oubliait qu’il avait derrière lui une dizaine de verres de vin.

Une feinte… un crochet… un coup de coude dans le sternum…

L’homme s’était écrasé contre le mur. Il aurait peut-être pu éviter les coups si ses réflexes n’avaient pas été inhibés par l’alcool. Et même s’il avait l’avantages de moins ressentir la douleur, William ne lui avait pas permis d’en profiter en le propulsant au sol. Toutefois, le combat n’était pas fini et le colosse entreprit de se mettre sur ses jambes lorsque le contact glacé du métal sous sa gorge l’arrêta. William avait dégainé sa rapière et l’observait avec un regard meurtrier. Ce n’était pas un de ses copains de patrouille que le soldat venait d’insulter. C’était un noble avec un sens de l’honneur bien plus chatouilleux qu’un simple bouseux. S’il avait été un peu plus intelligent peut-être ce serait-il rendu compte qu’il était déjà mort.

William arma son bras et au moment où la lame allait passer dans le cou du soldat, il pivota légèrement vers la princesse et tendit sa main vers elle avec un sourire, puis inclina humblement la tête comme lorsque l’on offre un présent. L’épée retourna alors dans son fourreau et William se remit à ignorer le soldat. En gentleman arrogant, William avait galamment offert la vie de ce misérable à la princesse, mais la vraie raison et qu’il pensait l’avoir suffisamment cerné pour savoir qu’elle n’apprécierait pas que le sang coule devant ses yeux. C’était donc le moyen le plus intelligent de sortir de cette impasse, faire comme si la princesse était l’objet de sa clémence pour éviter de laver son honneur dans le sang.

Toutefois, le silence s’était installé dans la salle. Une épée n’avait pas sa place dans une bagarre amicale, malheureusement, William était loin d’être quelqu’un « d’amical ». Il retourna donc auprès de la princesse et lui présenta la situation de la voix douce qu’il lui réservait depuis le début.

-Majesté, je pense qu’il serait bon de se retirer afin que nous discutions des raisons qui m’amènent dans votre pays, ainsi que de la raison de la présence d’un autre membre de la noblesse Nexusienne ici.

William lâcha un fugace regard à Coehoorn, lui faisant ainsi comprendre qu’il était également convié à la discussion. Le jeune homme s’était rendu qu’il ne pourrait malheureusement pas s’entretenir seul avec la princesse.
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« Répondre #7 le: Mai 01, 2012, 08:06:16 »

Amicale, la situation ne tarda pas à s’envenimer. Le pauvre noble nexusien semblait complètement paniqué. Alice comprit alors que les trois Nexusiens n’avaient pas du se renseigner énormément sur les traditions sylvandines. Une erreur que ce pauvre soldat allait payer par une séance d’humiliation. Il appela William à l’aide en l’appelant… « Cousin ». Cousin ? Alice jeta un regard en biais à Coehoorn, qui restait indéchiffrable. La nouvelle ne semblait pas l’avoir surpris, mais la Princesse, elle, ne s’y attendait pas. En tout cas, le « cousin » n’avait de guerrier que le nom. La seule perspective de croiser le regard du soldat sylvandin suffisait à l’effrayer. Ce fut donc William qui dut intervenir, avançant sur un pas raide, pour gifler son cousin.3

« V’là qu’y se battent entre eux ! glissa un spectateur, déclenchant des éclats de rire.
 -  Le foutu vin leur monte à la tête ! »

La Princesse se mordilla les lèvres, nerveuse. Heureusement, le soldat n’était pas un Commandeur. Même imbibé d’alcool, un Commandeur n’aurait fait de William qu’une bouchée. C’était un simple soldat, plus à l’aise en tenant ses haches, qu’au corps-à-corps. William se mit à l’affronter, et l’envoya rejoindre le mur, confirmant qu’il n’était pas qu’un simple noble, mais savait aussi visiblement se battre. La scène aurait pu s’arrêter là, mais il dégaina alors sa lame, une rapière. Une lame fine et élégante, mais qui égorgerait le malheureux.

*Quand le sang commence à couler, il faut s’attendre à voir une cascade débarquer…*

Alice se remémorait ce proverbe. Elle commença à ouvrir la bouche pour ordonner à William d’arrêter, mais ce dernier suspendit lui-même son geste en la regardant. Elle soupira, interprétant cela comme une simple manœuvre de séduction. Surpris, le colosse restait sur le sol, et, lentement, la tension se redescendit. Les hommes remirent leurs épées dans les profondeurs de leurs fourreaux. Coehoorn n’avait pas changé. Il se contentait de manger un poulet, et William revint vers sa place.

« V’là ce qu’y s’appelle s’en recevoir une ! » ne tarda pas à lâcher un soldat.

Les rires fusèrent à nouveau, et le soldat vaincu entreprit de se relever, et retourna s’asseoir. William demanda alors le souhait de sortir de table pour mener les négociations, mais Alice, avec un délicat sourire poli, dut refuser sa requête.

« Je suis la Princesse de Sylvandell, M. Dolan. Je dois rester jusqu’à la fin du repas. Si je me lève de table avec vous, cela voudrait dire que je préfère être avec un Nexusien, plutôt que de souper avec mon armée. »

Ceci n’était naturellement pas très courtois, et elle ajouta, avec un sourire qui était désormais amusé, et une lueur espiègle dans le regard :

« Sylvandell a aussi une certaine forme de protocole… Mais vous avez bien fait de suspendre votre geste. Je ne doute pas de vos compétences d’escrime. Chez nous, nous avons un proverbe, M. Dolan. ‘‘Quand le sang commence à couler, il faut s’attendre à voir une cascade.’’ Je conçois tout à fait que votre fierté puisse avoir été ébranlée, mais ces hommes sont avant tout des guerriers. Le respect, ils ne sont capables de le ressentir que devant les Korvander. »

Coehoorn parla alors à son tour, sortant de son mutisme, avec un léger sourire :

« Ne soyez pas si pressés d’entamer ces négociations, William. Je vous l’ai dit ; vous êtes ici en tant qu’hôte. »

Alice regarda William.

« Nous parlerons après le repas, ne vous en faites pas. »

Le protocole était le protocole, et la coutume la coutume. Il était de coutume qu’on ne commence à manger que quand le Roi était à table, et qu’il soit le dernier à partir. En l’absence de Tywill, c’est à Alice qu’il revenait de représenter la coutume.

Les plats continuèrent à défiler, mais l’ambiance était assez agitée. Alice n’avait pas l’autorité naturelle de son père, et certains gardes assez éméchés n’hésitèrent pas à lui faire des propositions grossières, donnant lieu à la réaction du Limier. Ce dernier avait bu, mais n’en restait pas moins particulièrement rapide.

« Toi, mon gars, tu as besoin d’un petit somme. »

La main du Limier envoya la tête du garde contre la table. Il y eut un petit bruit sourd, et l’homme s’écroula ensuite mollement sur le sol, K.-O. pour le compte. Outre ces quelques incidents, le repas se passa plutôt bien. Lorsqu’il se termina, le tiers des convives restants étaient en train de dormir sur la table, le tiers restant sortit difficilement de table, et les autres somnolaient à moitié. Alice avait beaucoup mangé, et sentit qu’elle allait passer une bonne nuit.

« Bien… Suivez-moi, William. »

Alice le conduisit, avec Coehoorn, dans un petit salon un peu plus discret. Pour lutter contre le froid, un feu brûlait dans l’âtre, et Alice s’assit sur un fauteuil.

« Alors, je vous écoute… Pourquoi avoir emmené avec vous un noble ?
 -  Et pourquoi l’avoir déguisé en garde ? Je ne suis même pas sûr qu’il sait par quel bout tenir une épée…
 -  Il était légitime que mes gardes provoquent vos propres gardes. Ils auraient fait preuve d’un peu plus de retenue si ce dernier avait clairement indiqué qu’il était un noble… »

Est-ce que William le savait ? Peut-être avait-il cherché à donner à son cousin une forme de correction ? Alice en doutait, toutefois. William ne se serait sans doute pas autant énervé, sinon…

*Je ne dois pas me laisser abuser par ces beaux yeux… Il a l’air aussi manipulateur et retors que ce qu’on dit de la noblesse de Nexus…*

Tout d’un coup, Alice comprenait mieux pourquoi son père n’aimait pas la diplomatie.
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« Répondre #8 le: Mai 01, 2012, 11:25:47 »

William n’aimait pas cet endroit. Ou du moins, ses « protocoles ». La princesse ne s’en rendait peut-être pas compte mais ses hommes l’obligeaient à faire des choses qu’il n’aimait pas. Le jeune homme n’avait pas voulu se lever pour gifler son pauvre cousin. C’est simplement qu’il ne pouvait pas laisser bafouer son nom devant des Ashnardois, et ce, même s’il méprisait sa famille, car malgré lui, l’honneur de celle-ci était aussi la sienne. Il n’avait pas eu non plus envie de se battre pour une insulte qu’il n’aurait même pas relevée sur terre, mais il ne pouvait pas se laisser humilier devant tout le monde sans rien faire. Tuer était une chose qu’il ne désirait pas non plus, mais la faute du soldat était passible de mort et seul sa petite pirouette avait réussi à le tirer de cette obligation, prétextant qu’une femme ne devait pas voir le sang couler. C’était le choc des cultures. Les choses intolérables à Nexus, l’étaient à Sylvandell et il ne pouvait rien y faire. Ici, William n’avait pas le contrôle, et s’il y a bien quelque chose qu’il déteste par-dessus tout, c’est bien de ne pas pouvoir être maitre de ses actes. Fichu pays ! Fichu monde pourri !

William n’était pas vraiment dérangé par le refus de sa requête. A vrai dire, il voulait simplement faire cesser ce cirque avant qu’il soit de nouveau obligé de faire des pitreries au nom d’une notion aussi ridicule que « l’honneur ». Il ne s’attendait pas à ce que les choses se calment aussi vite, et pensait que le soldat allait insister une nouvelle fois. William ne voulait pas sortir encore une fois son épée, car il ne pourrait la rengainé qu’imprégnée de sang. D’ailleurs, il avait bien saisi l’avertissement de la princesse. S’il tuait quelqu’un dans ces murs, il n’en ressortirait pas vivant. Cela arracha aussi un mince sourire au jeune noble. Enfin des menaces sortaient de la bouche délicate de la souveraine. Ou bien peut-être que ce n’en était pas ? Quoiqu’il en soit, comme c’était plaisant !

-Lorsqu’il n’est pas inné, le respect s’inculque, ma dame, déclara William en lâchant un regard froid à son adversaire qui s’était rassis à sa place.

Cependant, Dolan regagna également son siège et se remit à manger dans le calme. Encore une fois, il fut très choqué d’entendre un garde manquer ouvertement de respect à la princesse. Le jeune homme ouvrit alors des yeux ronds et observa le Limier intervenir sans que cela ne le rassure. Une nouvelle fois, cette offense, formulée à Nexus, aurait encore couté la vie au malotru et ne pouvait en aucun cas être lavée par un simple coup. Décidément, c’est à se demander quelle nation est la plus sanguinaire entre Nexus et Ashnard pour ainsi disposer de sanctions aussi sévères, bien que de telles choses ne se voyaient jamais à la cour de la reine Ivory.

Finalement le repas prit fin et William fut conduit dans un salon. Il laissa Thomass qui essayait de cuver son mélange de vin Nexusien et Sylvandois à grand renfort de ronflement. Le jeune homme dut ensuite essuyer une batterie de questions et les mémorisa pour y répondre en une fois.

-Mon cousin Elias est là pour les négociations, si vous aviez d’ailleurs l’amabilité de le convoquer ici, vous verrez de vous-même pourquoi nous avons besoin de lui, expliqua William. En attendant qu’il arrive, je pense que nous pouvons commencer sans lui.

William décocha alors à la princesse un regard appuyé pour qu’elle ait l’amabilité de dépêcher un garde dans ce but, puis poursuivit méthodiquement.

-Ensuite, je ne l’ai pas « déguisé », il s’agit simplement de sa tenue de voyage et je ne voulais pas qu’il se montre en vêtement d’apparat.  J’ai pensé, à tord, que ça lui aurait été préjudiciable. Veuillez comprendre que les coutumes de votre pays nous sont étrangères, et que de ce fait, certaines de nos attitudes peuvent vous paraitre étranges comme les vôtres le sont pour nous.

William se mit alors à fixer la princesse et abandonna la douceur à laquelle elle était habituée pour adopter un ton des plus sérieux, sans pour autant être agressif.

-Votre homme serait mort et moi ensuite si je ne l’avais pas épargné pour « vos beaux yeux ». Ma requête de tout à l’heure avait pour but de ne pas prendre plus de risques et j’espère qu’elle ne vous a pas offensé.

Le jeune homme fit une pause et inspira pleinement pour signifier qu’il changeait maintenant de sujet.

-Bien ! Maintenant que ces points sont éclaircis, ou seront éclaircis lorsque mon cher cousin arrivera, je pense que nous pouvons commencer. Notre but ici est d’affaiblir Nexus afin de la rendre vulnérable à une attaque de l’empire – William leva légèrement les sourcils pour réclamer l’approbation de Coehoorn -. En effet, malgré la révolution dont elle est secouée, Nexus s’unira sous la menace d’une invasion. En quelques jours, les petites disputes entre nobles et les exigences du peuple ne seront plus que de petits problèmes sans importance face à la promesse des pillages, des meurtres et des viols que feront subir Ashnard. Je ne dis pas que ce sera forcement le cas, mais tous les Nexusiens sont élevés avec la conviction que vous êtes des barbares sanguinaires qui éventrent les femmes enceintes et embrochent les enfants sur des pics. Vous comprendrez donc que face à cette menace, la révolte s’éteindra comme une torche jetée à la mer, et lorsque l’armée de l’empire arrivera, Nexus sera aussi forte qu’elle l’a toujours été. Peut-être gagneriez-vous cette guerre en vous ruinant mais vous n’aurez que des coffres vides en récompense car les richesses de Nexus auront été dilapidées par la guerre. Personne ne sera gagnant.

William passa alors une main dans ses cheveux noir d’encre et poussa un soupir comme s’il prenait conscience de la tâche presque impossible qui les attendait, rien qu’en formulant la problématique.

-Il faut donc une guerre civile et un nouveau souverain qui ne sera finalement que le pantin d’Ashnard afin qu’il vous ouvre grand les portes à votre arrivée. La plèbe est facile à convaincre et au pire vous n’aurez que quelques paysans à piétiner et vous trouverez la capitale intacte. Je me proposerais bien dans le rôle du pantin, sachant que j’ai mes prétentions au trône, mais je me doute que vous n’avez aucune confiance en moi et que vous avez certainement mieux. Je suis intimement persuadé que depuis toutes ces années vous avez certains nobles Nexusiens à votre solde et qu’ils se battront pour assumer ce rôle. Bref, pour ce plan, la rébellion aurait besoin de 50 millions de raqs d’or, et en diamant s'il vous plait, pour faciliter le transport. Une somme astronomique que vous n’êtes sans doute pas prêt à débourser dans une aventure aussi hasardeuse et je compte bien vous aider à la réunir malgré tout. C’est là qu’entre en jeu mon très cher cousin.

William décocha un sourire enthousiaste à la princesse et se tut enfin pour s’enquérir de son avis.
« Dernière édition: Mai 01, 2012, 11:39:36 par William Dolan » Journalisée

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« Répondre #9 le: Mai 02, 2012, 11:08:40 »

L’ambiance était bien plus calme dans le salon. Croisant les jambes, Alice s’était assise sur un fauteuil. Le Maréchal, lui, était resté debout. N’étant probablement pas habitué aux chutes de température des montagnes du royaume, il réchauffait ses mains près du feu. William leur expliqua que Sire Elias s’était volontairement fait passer pour un garde. Ils avaient péché par ignorance, le pire des vices, selon un poète, mais Alice ne pouvait pas le leur reprocher. On ne trouvait pas les coutumes de Sylvandell dans n’importe quel livre. Du royaume, on disait qu’il vénérait les dragons, qu’il était juché dans les montagnes, et qu’il était un royaume guerrier, mais, pour ce qui est du protocole sylvandois, là, il fallait le vivre par soi-même. L’honneur avait l’air d’être une chose à laquelle William tenait.

*Il n’y aurait donc pas que les belles femmes… Voilà qui est plutôt intéressant…*

Alice répondit à sa requête, et claqua des doigts. Un petit son qu’une neko ne tarda pas à entendre. Cathy ne tarda pas à arriver derrière Alice, timide et nerveuse, jetant des coups d’œil inquiets vers les deux hommes. Alice lui caressa la tête. Généralement, après chaque repas, Alice prenait un peu de temps avec ses nekos. Deux nekos que des amies d’enfance lui avaient offerte pour célébrer son mariage.

« Sois un ange, Cathy, et va chercher Sire Elias. Je crois qu’il doit se trouver dans sa chambre.
 -  O-Oui, Maî… Maîtresse… »

Des étrangers, surtout quand ils avaient l’air aussi impressionnants que Coehoorn, effrayaient toujours Cathy, qui s’éloigna rapidement. La Princesse avait préféré envoyer une neko plutôt qu’un garde, vu le récent succès de Sire Elias avec les gardes. Après cette intermède, William en vint à l’exposé de sa demande. Il commença par énumérer une vérité qui aurait sans doute besoin d’être nuancée : l’union totale de Nexus autour d’un ennemi commun. Une affirmation à nuancer, même si elle était exacte, car la propagande officielle de Nexus n’était pas totalement fausse. Certains dissidents étaient bel et bien des agents ashnardiens, ou alors, des sympathisants. Ces derniers arguaient que, quoi qu’il arrive, l’Empire avait une marche inébranlable, et finirait bien, un jour, pour écraser Nexus. Mieux valait se rendre, selon ces gens, plutôt que continuer une lutte qui était perdue.

Néanmoins, ces penseurs étaient assez minoritaires, et William n’avait pas tort. Une guerre ruinerait totalement Nexus, surtout si elle se prolongeait dans des combats de rue au sein de la ville. Des pillages, des viols, des exécutions punitives, il y en aurait indiscutablement, car ils étaient les symptômes communs aux guerres. Tout cela était entièrement exact, et Coehoorn le savait. La discipline militaire était paradoxalement parfois assez relâchée. William finit par dire qu’il se verrait bien Roi de Nexus, ce qui arracha un léger sourire d’amusement à Coehoorn, avant de demander… 50 millions de raqs d’or ! Alice en eut les yeux écarquillés devant une telle somme ! Voilà qui ferait un sacré trou dans les finances impériales… Avec une belle hausse des impôts en perspective pour récupérer tout cet or.

« 50 millions pour une rébellion… lâcha le Maréchal assez rapidement, Alice ne sachant pas quoi dire. Vous faites valoir cher vos services, M. Dolan. Mais ne vous en faites pas ; je n’ai aucune confiance envers la noblesse nexusienne, qu’il s’agisse de vous, ou d’un autre… Sans vous offenser, toutefois. »

Coehoorn le regardait en ayant tourné la tête de côté, avant de finalement se retourner. Le feu continuait à émettre des craquements et de belles flammes hypnotiques.

« 50 millions nota alors Alice, c’est… C’est une somme…
 -  Un bon investissement, si ça marche. Le peuple n’est pas un élément à négliger. Il peut défaire et faire une monarchie. Dans le fond, que le peuple soit dirigé par Nexus ou par Ashnard, je crois que ça ne les préoccupe pas. Ils seront fidèles à ceux qui leur offriront à manger et sauront assurer leur sécurité…  Mais, comme le dit fort justement notre chère Princesse, 50 millions, c’est une somme… Et, s’il est vrai que nous avons bien des espions à notre solde sur Nexus, l’inverse est tout aussi vrai. On ne peut cacher un tel trou dans le trésor impérial, et, si jamais les espions de Nexus réalisent que cet argent a été viré pour vous, Nexus vous fera fouetter en place publique, et je… »

Coehoorn fut interrompu dans sa longue tirade par quelqu’un qui frappa avec grande délicatesse sur la porte. La porte s’ouvrit ensuite, et la tête de Cathy se glissa dans l’embrasure de la porte. Alice lui fit un bref signe de la main, et la porte s’ouvrit pour de bon, révélant passage à Sire Elias. La Princesse s’adressa alors à lui.

« Je vous demande d’accepter mes excuses, Sire Elias, pour l’incident qui est arrivé à table. Comme je l’ai expliqué à votre cousin, mes hommes n’avaient pas d’autres intentions que de titiller des soldats. S’ils avaient su votre rang, vous n’auriez pas été importunés.
 -  Vous n’êtes en tout cas pas là pour protéger votre cousin, Elias lâcha Coehoorn en croisant les bras. Pourquoi se faire passer pour ce que vous n’êtes pas ? Et quel est votre rôle dans tout ceci ? »

Des deux, Coehoorn apparaissait comme le plus direct, le plus à même d’émettre des remarques sarcastiques. Il ne fallait pas s’y tromper ; les 50 millions, Sylvandell ne les avait pas. En revanche, l’Empire, lui, les avait. Le trésor de guerre de l’Empire était phénoménal, mais, pour autant, la Princesse doutait que même quelqu’un comme le Maréchal puisse avoir une telle somme… Tout comme elle pensait que la vraie demande de William n’était pas cette somme astronomique. Sans doute essayait-il de jauger ses interlocuteurs pour savoir ce qu’ils pensaient, trouver leurs failles, et les exploiter.

Pour le coup, Alice devait admettre que Coehoorn était un militaire plutôt astucieux. Si Tywill avait été à la place d’Alice, il aurait probablement, avec son tact légendaire, encouragé Elias à retourner dans les jupons de sa mère. Le Maréchal faisait également preuve d’un sang-froid impressionnant. Il s’était contenté d’un simple hochement de sourcils à la mention des 50 millions, et à un sourire à la mention du désir de William, celui de devenir Roi. Ivory n’était qu’une simple adolescente, après tout. Elle espérait juste que les Dolan avaient un peu de sang royal dans les veines pour pouvoir prétendre au titre de Roi, mais, si Alice l’ignorait, elle supposait que ce n’était pas le cas de Coehoorn.
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« Répondre #10 le: Mai 02, 2012, 01:11:27 »

William jeta un bref coup d’œil à la Neko pendant qu’il énonçait son plan. Il n’appréciait pas beaucoup ces créatures et se demandait bien comment on pouvait les trouver attirantes. Mais c’était tant mieux puisque le jeune homme n’hésitait pas à en faire commerce sur terre. Et si certaines de ces créatures partaient dans des laboratoires de recherche, les autres servaient d’esclaves sexuels à des millionnaires excentriques. Bref, la Neko ne monopolisa pas son attention plus de quelques secondes.

William fut satisfait du retour de ses interlocuteurs. Ils ne pinaillaient pas sur les détails et s’interrogeaient sur les vrais problèmes. D’ailleurs, ils soulevaient certains points que le Nexusien n’avait pas explorés mais qui ne sauraient être laissés sans solution. Il acquiesça donc d’un air grave et sourit à l’évocation du problème principal : l’argent. En aucun cas, William n’avait cru arriver ici et obtenir ses 50 millions avec facilité. C’était un réel problème et même s’il était fin négociateur, ce n’était pas dans son intérêt de ruiner l’empire. Il avait forcement une solution plus intelligente, mais tellement plus immorale…

Coehoorn fut interrompu lorsque le délicat tambour de la porte se fit entendre. La « bestiole » réapparut et annonça Elias qui entra dans la salle, les joues encore un peu rougis par la honte de se présenter devant la princesse après son humiliation de tout à l’heure. Il y a bien pire que de refuser un combat, se comporter en lâche et recevoir une correction de son cousin… C’est le fait qu’une jolie princesse soit témoin de tout cela, puis d’être convoqué devant elle.

-Je… Je suis désolé milady, bredouilla-t-il sans oser soutenir son regard bleu. Je pensais qu’ainsi vêtu, personne ne me remarquerait. C'est-à-dire que nos deux nations sont vraiment très différentes l’une de l’autre. Je ne m’attendais vraiment pas à ça.

En effet, ce qu’Elias oubliait de dire, c’est qu’à Nexus, les gardes étaient considérés comme du mobilier et qu’absolument personne ne faisait attention à eux. Il se contentait de rester au garde-à-vous près des portes du palais et ne se déplaçaient que pour patrouiller ou escorter des prisonniers. Autant dire qu’ils étaient totalement ignorés. Elias, tout comme William d’ailleurs, avait du penser que c’était la même chose à Sylvandell et que personne n’importunerait le fragile courtisan.

Suite à ces excuses, Elias rehaussa légèrement le menton avec assurance, car la question que lui posait le maréchal était plus dans ses cordes. Il avait attendu et préparé ce moment depuis qu’il avait quitté la cité-état. C’était à lui de jouer et il se devait de maitriser son sujet car son cousin attendait probablement beaucoup de lui.

-Messire Maréchal et Altesse Korvander, je voudrais tout d’abord vous remercier de nous avoir accueillis en terre Sylvandoise, s’exclama le jeune homme avec une assurance qui prouvait qu’il connaissait son texte par cœur. Je vous remercie également d’adhérer à notre cause, car même si l’empire et Nexus ont eu des différents par le passé, le fait que nous soyons là, montre bien que l’espoir demeure. J’ai conscience des risques que vous prenez et ils ne seront pas vains car…

-Elias, interrompit William qui avait désormais le sourire jusqu’aux oreilles. Je pense que tu devrais énoncer la situation avant de poursuivre. Cela permettrait de tous nous mettre sur la même longueur d’onde.

-La… la situation ? bredouilla-t-il.

-Oui, explique donc ce que nous faisons ici. Un bref rappel même si, évidemment, sa majesté et le maréchal le savent déjà.

-Oh, oui bien sûr, fit le jeune homme en secouant la tête. Nous sommes venus à Sylvandell, mon cousin et moi, afin de négocier une alliance secrète entre sa majesté Ivory et Sylvandell. L’influence de la Princesse et du Maréchal ne seront pas de trop pour retarder l’attaque de l’empire et ainsi donner le temps à Nexus de se remettre de cette révolution. D’ailleurs, je suis sûr que dans quelques mois, la révolte sera écrasée et que…

-Merci, Elias, ce sera tout, sonna la voix de William tel un glas sombre et maléfique.

Dolan se mit alors à fixer la princesse avec son sourire cynique. Il exsudait la malveillance par tous les pores de la peau et ses yeux émeraude n’exprimaient plus que les ténèbres qui les habitaient. La princesse et le maréchal avaient-ils compris ? C’était peu probable. Aussi, William eut la générosité de lever leur incompréhension.

-Hum, comme je vous le disais, majesté, reprit William comme si son cousin n’était jamais intervenu. La somme d’argent que je demande sera difficile à réunir et c’est là que mon cousin intervient. Ce jeune imbécile vient d’une très riche famille qui sera prête à payer une forte rançon pour revoir leur fils chéri. Je compte bien faire payer à Nexus une partie de la somme nécessaire pour précipiter sa propre chute. Cela vous délivrera d’une partie du financement de mon projet.

William sourit une nouvelle fois. Il avait amené son cousin en lui faisant croire qu’en tant que fils du trésorier de la couronne, il devrait négocier avec des traîtres de l’empire, le prix nécessaire afin de retarder l’assaut sur Nexus. Malheureusement pour lui, il avait été berné et maintenant qu’il était en territoire ennemi, il serait utilisé comme monnaie d’échange et contribuera à la chute de sa très chère Nexus.

-Je… Je ne comprends pas, fit le jeune homme en regardant la princesse avec des yeux implorants. Qu’est-ce que ça veut dire ?

William fit soudain claquer sa langue d’un air exaspéré et se mit à fixer son cousin avec un air méprisant. Quel imbécile ! « J’ai eu de la chance de ne pas hériter de sa sottise », grommela-t-il pour lui-même. De toute évidence, William n’avait pas eu beaucoup de mal à lui faire gober que les deux Ashnardois étaient des traitres à l’empire et que lui-même était un fidèle sujet de sa majesté.

-Pour l’amour de dieu, qu’on lui fasse un dessin et qu’on lui mette les fers, par pitié, s’exclama finalement Dolan d’un ton blasé.
« Dernière édition: Mai 02, 2012, 01:24:19 par William Dolan » Journalisée

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« Répondre #11 le: Mai 02, 2012, 07:19:47 »

Elias avait vraiment l’air d’un trouillard né... Difficile de croire qu’il était bel et bien un noble, et Alice se mordilla les lèvres, remerciant encore une fois la Providence que Tywill ne soit pas à sa place. Le pauvre Elias se serait sûrement reçu une gifle, ou des coups de fouet. Il ne tarda pas à s’expliquer, commençant par une longue tirade digne des nobles. William encouragea Elias à aller droit au but, avec un sourire assez charmeur sur ses lèvres, mais qui, sans qu’Alice ne puisse se l’expliquer, sonnait un peu faux sur quelqu’un d’aussi froid. Néanmoins, Elias n’en fut pas gêné, et poursuivit ses explications. Il se présenta comme un émissaire venu proposer à Sylvandell de trahir l’Empire pour rejoindre la cause de Nexus, et la Princesse tiqua.

*Hein ?*

Est-ce qu’elle avait bien compris ? Elle regarda Elias en fronçant les sourcils, se demandant si ce dernier ne s’était pas fourvoyé. William consentit alors à donner des explications supplémentaires, et la Princesse passa une main devant ses lèvres, en fronçant ses jolis sourcils. Il y eut un sourire amusé de la part de Coehoorn, qui avait compris assez rapidement, et croisait les bras. Alice finit également par comprendre que William leur avait, en quelque sorte, envoyé un cadeau. Un otage à faire valoir auprès de Nexus. La Princesse ne savait qu’en penser. Le coup était ingénieux, mais... Relativement immoral aussi. C’était quand même son cousin. Comment faire confiance à quelqu’un qui n’hésitait pas à trahir son propre sang ? Pour une Sylvandine, c’était inconcevable. Rien n’était plus précieux que le lien du sang pour les Korvander, car c’était de ce sang que découlait le pacte sacré avec le Patriarche.

*Si Père était là, il n’aurait pas goûté à cette mascarade... Mais il faut que j’arrête de toujours me référencer par rapport à lui !*

Alice regarda Elias, qui ne comprenait rien, et elle se décida à lui expliquer :

« Sire Elias, vous avez péché par ignorance et par excès de confiance. Sylvandell est géographiquement rattaché à l’Empire. Si nous venions à trahir l’Empire pour soutenir Nexus, nous nous ferions rapidement massacrer. Nos dragons dorés sont puissants, nos forts solides, mais nous dépendons, économiquement parlant, des guerres impériales. L’Empire n’aurait aucune difficulté à nous isoler, à brûler nos champs, et à nous laisser pourrir dans nos châteaux. »

Elias commençait à comprendre, et Alice acheva :

« Des gardes vont aller vous amener dans une chambre du Château. Vous êtes un prisonnier de marque, après tout ; vous méritez tous nos égards.
 -  Je me chargerais ensuite de conduire notre ami à la Capitale impériale... Il vaut mieux que ce soit l’Empire en personne qui s’occupe de traiter cette affaire.
 -  Soit... De toute façon, Maréchal, c’est à vous qu’il revient de fournir ou non l’or que Sire Dolan réclame, pas à moi. En attendant, M. Elias sera enfermé dans le château, dépossédé de ses armes, et, tant qu’il ne fait pas d’idioties, il ne sera pas porté atteinte à sa personne. Nous ne somme spas des sauvages, après tout » fit-elle avec un léger sourire.

Décomposé, Elias n’opposa aucune résistance quand Alice appela deux gardes pour enfermer Elias dans une chambre. Avec le départ d’Elias, ils n’étaient à nouveau plus que trois, et ce fut Coehoorn qui parla en premier, visiblement moins choqué qu’Alice par le geste de William.

« Votre coup est astucieux, Dolan,  j’en conviens, mais non moins risqué. Lorsque l’Empire remettra aux autorités nexusiennes, votre cousin s‘empressera de leur dire que vous êtes un traître... Ce qui risque de singulièrement compliquer vos projets de devenir Roi, non ? De ce que j’en sais sur les méthodes de succession nexusiennes, vous ne pouvez prétendre à la royauté sans avoir le soutien des plus puissants nobles, et je doute que ces derniers accepteront d’aider un homme qui a trahi son peuple... »

Coehoorn ajouta alors :

« ... A moins que vous n’ayez un moyen de s’assurer qu’il ne puisse jamais parler ? »

Alice en eut un léger frisson, comprenant l’allusion. Le tuer. En se débrouillant pour maquiller ça en accident. Certes, il n’était qu’un cousin, mais c’était tout de même un membre de la famille de William. Rien que pour ça, elle trouvait cette idée affreusement sordide et cynique.

*Peut-être que je suis tout simplement trop sensible pour ce genre de choses...*

La Princesse ne disait rien, mais on pouvait aisément voir, à ses joues rouges, qu’elle était perturbée.
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« Répondre #12 le: Mai 03, 2012, 06:37:50 »

-TRAITRE !! TRAITRE A TON SANG !!

C’est ce qu’on pouvait entendre du bout du couloir, où le jeune Elias était trainé jusqu’à ses quartiers. Heureusement, qu’il n’avait finalement réalisé les choses que hors de la pièce et assez loin des oreilles de nos trois conspirateurs.  D’ailleurs, William l’ignora superbement et se replongea plutôt dans la discussion. En effet, il n’avait pas vraiment réfléchi à ce qu’il allait devenir si son cousin révélait sa trahison, pour la simple raison qu’il ne se souciait pas vraiment de sa vie ici. Terra n’étant pas sa terre, il ne prêta pas attention à sa réputation, mais tout de même, c’était effectivement une grosse épine dans le pied.

-Je ne compte pas devenir roi, maréchal, et après ce que je viens de vous montrez, vous seriez inconscient de m’y aider et de m’accorder votre confiance, n’est-ce pas ? Si je suis capable de trahir mon cousin alors pourquoi pas vous ?

William soutint le regard de Coehoorn. La seule raison pour laquelle il n’était pas son ennemi, c’est qu’ils partageaient le même objectif. Il suffisait simplement qu’il diffère d’un iota pour que le maréchal soit bien avisé de ne plus le compter parmi ses alliés. D’ailleurs, le seul qu’ils partageaient était qu’ils voulaient tous les deux voir le drapeau d’Ashnard flotter sur le palais royale de Nexus. Pour le reste, c’est à celui qui a placé ses pions en premier.

Un petit sourire fleurit délicatement sur la commissure de ses lèvres avant qu’il ne détache finalement son regard du militaire. Son expression se fit alors songeuse et il acquiesça solennellement en repensant aux propos de Coehoorn.

-C’est vrai que ce serait du gâchis que je sois grillé à Nexus, convint le jeune homme. Après, si faire disparaitre mon cousin est facile, alors je ne crache pas sur une solution toute trouvée mais j’en doute. Vous avez du voir plus d’échange d’otage que moi, maréchal, mais je suppose que Nexus aurait de quoi s’assurer de récupérer son otage vivant. Par contre, on peut très bien l’empêcher de parler. Dommage, que cet idiot sache écrire sinon je vous aurais conseillé de lui couper la langue.

Sa voix mourut tandis qu’il réfléchissait, puis il se caressa machinalement le menton, tout en fixant un point d’un air songeur. Au bout de quelques secondes, il se redressa, puis reprit la parole, ayant visiblement trouvé une solution.

-Je crois savoir que vous avez de bons tortionnaires à Ashnard, déclara William, d’un ton neutre, comme s’il parlait de fonctionnaire au métier tout à fait respectable. Vous l’avez vu comme moi. C’est une mauviette.  Une séance ou deux et ils n’auront aucun mal à en faire un légume dénué de toute conscience. Lorsqu’il sera de retour à Nexus, je le ferais tuer pour être serein. Cela vous convient-il ?

William avait bien vu que la princesse ne se sentait pas à son aise. Et pour cause, les propos des deux hommes étaient tout simplement insupportables pour une princesse. Le jeune homme s’en voulait même d’avoir du lui faire subir cela. Il se tourna donc vers elle et lui offrit un regard compatissant. Un sentiment dont il n’était pas dénué, même si ses actes maléfiques pourraient faire en douter. Il lui parla donc de la voix douce et tiède qu’il lui réservait à chaque fois.

-Majesté, la journée a été longue pour vous. J’ai conscience que me recevoir dans votre palais ne doit pas être de tout repos. – Il lui fit alors un authentique sourire plein d’humour pour illustrer sa dernière phrase -. Je pense que personne ne vous en voudra si vous alliez vous reposer. Et ce avec tout le respect que je vous dois.

William avait finalement compris le rôle de la princesse. Elle était la maitresse des lieux et accueillait les négociateurs, mais elle n’avait aucun pouvoir de décision. Il avait cru à tord devoir négocier la somme avec la jeune femme, mais l’attitude du maréchal montrait bien que c’était lui qui allait fournir l’argent, enlevant ainsi tout « autorité » à la princesse à la table des négociations. Sa seule légitimité est que tout cela se passait sur ses terres et se devait donc d’assister aux discussions. Cependant, William s’en voulait de lui infliger cela et il espérait qu’elle allait accéder à sa proposition afin que Coehoorn et lui-même continuent sur les sujets qui la troublaient tant.
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« Répondre #13 le: Mai 03, 2012, 07:29:44 »

William parlait de torturer son cousin. Ça lui en retournait l’estomac ! Alice se mit à serrer les dents. En faire un légume, le battre jusqu’à ce qu’il ne soit plus incapable de dire le moindre mot. Comment pouvait-on proférer de telles choses ?

*Et on ose dire que les Ashnardiens sont impitoyables... !*

Coehoorn s’humecta les lèvres. Un calme olympien. Aussi inébranlable qu’un roc, il répondit rapidement aux idées de Dolan :

« Nous pourrions en faire un légume, oui, nous pourrions utiliser des sorts spéciaux qui briseraient sa volonté, détruiraient son esprit, mais c’est un exercice difficile. Et je ne crois pas que nous tirions grand-chose d’un légume. Nexus ne voudra reprendre qu’un otage viable. Qu’est-ce que son père aura à faire d’un légume qui sera incapable de diriger les affaires, et d’assurer une descendance ? Nous pratiquons avec sagacité l’art de la torture, mais il existe des méthodes plus subtiles. »

Le Maréchal n’eut cependant rien le temps d’ajouter, car William s’adressa alors à Alice, en lui conseillant de se retirer... Les poings de la Princesse se serrèrent, et ses joues se mirent à rougir furieusement. Elle fixa alors le Nexusien avec gravité, et lâcha, acerbe :

« Me ‘‘reposer’’ ?! Me prenez-vous donc pour une petite grand-mère cacochyme, M. Dolan ? Je suis Alice Korvander, Princesse héritière du royaume de Sylvandell, élue du dragon d’Or. Le sang des Dragons coule dans mes veines. Même si c’est le Maréchal Coehoorn que vous devrez séduire pour obtenir vos financements, n’oubliez pas que vous êtes sous mon toit ! Si j’avais la trempé de mon père, j’aurais ordonné qu’on vous fouette pour votre arrogance ! »

Coehoorn se racla alors la gorge, pour reprendre :

« Majesté, je sais qu’il est difficile pour vous d’entendre parler de...
 -  Non, Coehoorn, l’interrompit alors Alice, vous ne savez rien. A Sylvandell, il n’est pas de lien plus important que celui du sang. Et, quand bien même c’est vous qui êtes à l’origine de ces négociations, Coehoorn, vous êtes sous mon toit, sous mes règles, et vos conseils, vous pouvez vous les foutre au cul ! »

Le Maréchal se mit alors à rire, comme s’il était amusé.

« Et bien... La fierté et le franc-parler si légendaires de Tywill sont également les vôtres, Princesse, et c’est tout à votre honneur, lâcha-t-il. Je négocie avec tant de flagorneurs, de cireurs de pompes, et d’opportunistes au Palais impérial, qu’il est bon de se voir rappeler qu’il existe des dirigeants qui ne s’encombrent pas de formules creuses.
 -  Que vous utilisiez votre propre sang comme des pions est choquant, Messire Dolan. Gardez bien à l’esprit que, pour que l’éventuel accord entre vous et Coehoorn soit valable, il aura besoin du cachet royal de Sylvandell. Je refuse de vous donner ce prisonnier si c’est pour qu’il soit torturé, ou qu’on le transforme en légume. Les lois sylvandines sont claires sur ce point.
 -  Je connais les lois, Votre Majesté, répliqua Coehoorn rapidement, sans se démonter, même s’il conservait sur ses lèvres la trace d’un sourire. Vos lois. Un otage se doit d’être traité avec respect. C’est un point que les Ashnardiens partagent. Comme j’envisageais de le dire à Sire Dolan, nous avons d’autres méthodes. Le respect que Sire Elias semble vous vouer peut nous amener à légèrement modifier ses souvenirs. Quelques alchimistes savent comment faire ce genre de choses. »

Alice ne dit rien. Elle connaissait la méthode. La noblesse féminine l’employait pour effacer les souvenirs de leurs amants. Des potions rares, qui pouvaient infléchir les souvenirs de ceux qui n’avaient aucune protection mentale particulière. Ainsi, un jeune chanteur croyait avoir couché avec une page, et non avec une noble. Il était impossible pour ce dernier de recouvrer la mémoire, à moins de subir des traitements intensifs pour dissimuler les faux souvenirs des vrais, ce qui était d’autant plus difficile qu’il fallait s’insinuer dans les profondeurs de l’inconscient du sujet. On ne s’y risquait par conséquent que difficilement, dans la mesure où un voyage aussi loin dans l’esprit d’un sujet pouvait entraîner des lésions cérébrales irréversibles.

« Nous lui ferons croire qu’il a été capturé par une patrouille sylvandoise en allant vers Sylvandell. Vous confirmerez cette version quand il sera relâché. Suivant l’histoire que vous lui avez raconté, il suffira de lui dire que cet entretien était un piège tendu par les Sylvandiens. Elias deviendra logiquement la risée de la cour de la Reine Ivory en ayant cru pouvoir négocier avec Sylvandell, mais mieux vaut que vous soyez accusé de trahison. Dans ce scénario, Princesse, nos geôliers n’auront aucune raison de porter atteinte à sa personne.
 -  Voilà qui convient, Maréchal » acquiesça la Princesse.

Cette dernière s’humecta ensuite les lèvres, et regarda les deux personnes.

« Nous reprendrons demain » décréta-t-elle.

Alice s’était un peu calmée. Elle était moins bonne négociatrice que Coehoorn, mais ce dernier n’insista pas. Après tout, ils étaient à Sylvandell, et c’était elle qui supervisait le déroulement des négociations.
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William Dolan
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Avocat du diable


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FicheChalant
« Répondre #14 le: Mai 04, 2012, 12:07:33 »

Hé bien ! On dirait que le dragon a décidé de cracher son feu mortel. William était bien content que la princesse n’ait pas la « trempe de son père » comme elle le disait elle-même, mais c’était tout de même plaisant de la voir cesser se mordiller la lèvre à chaque fois qu’on heurtait sa sensibilité. C’est à peine si William s’attendait à la voir sombrer dans un profond sommeil que seul un prince charmant au baiser magique pourrait conjurer. Cette soudaine manifestation de caractère le fit revoir son jugement à propos de la jeune fille. Il garda donc le silence pendant tout le temps que dura l’échange, ne se permettant même pas le moindre sourire amusé. William n’était pas assez idiot pour lui manquer ouvertement de respect, mais il n’avait pas la modestie nécessaire pour s’excuser non plus. Il se contentait de la regarder d’un air neutre, en essayant de ne pas grincer des dents sous ses menaces.

Alors comme ça, la trahison du sang la choquait ? Evidemment, ça étonnait même Dolan que ça ne choque pas Coehoorn également. Qui aurait pu penser que ce genre de méthodes était approuvé par un homme tel que le maréchal ? Une surprise, assurément ! Une très agréable surprise même. William, quant à lui, était bien au-dessus de tout cela. Il ne faisait aucun cas de la méthode et ne voyait que le résultat. Peu importe que ce soit son cousin ou le premier péquenaud venu tant que cela pouvait lui rapporter. La fin justifie tellement les moyens…

William se contenta donc de hausser les épaules devant la solution miracle du maréchal pour signifier que cela ne lui importait pas, tant que le résultat était le même, et s’il fallait se plier aux caprices de la princesse, alors ainsi soit-il. Le jeune noble acquiesça alors lorsque la princesse leva la séance et fit mine de sortir de la pièce, ne s’arrêtant qu’un  instant pour lâcher un dernier regard aux Ashnardois.

-Une réunion bien productive, commenta-t-il. Je vous remercie, princesse, d’avoir su nous donner un aperçu de ce qu’est l’éthique. Je vous souhaite une bonne nuit.

C’est sur ces paroles bien humbles que William quitta la pièce, l’ombre dévorant aussitôt ses traits.

* * *

William ouvrit précipitamment les yeux et se redressa, ses phalanges blanchis serrés autour du poignard qu’il cachait habituellement sous son oreiller. Haletant, il resta ainsi, le temps que ses yeux s’habituent à la pénombre de sa chambre et distinguent les formes grisâtre des meubles alentour. Un cauchemar… Quoi de surprenant après avoir trahi son pays, sa famille et toutes les valeurs morales communément admises ?

-C’est bien ! Ca veut dire que tu as encore une conscience.

Bien sûr, personne ne lui répondit ; la nuit lui infligeant son éternel silence macabre. William soupira et se laissa tomber sur ses oreillers tout en reprenant peu à peu son souffle. A ce moment, il enviait presque les pieux qui dormaient du sommeil du juste, car on avait beau se persuader que la morale n’est qu’une notion éthérée, sans réelle substance, lorsque l’on se retrouvait avec soi-même, on ne pouvait plus se pardonner aussi facilement. Son cousin était peut-être un petit imbécile prétentieux, mais il ne méritait pas d’être tombé dans un piège aussi vicieux et inhumain.  Personne ne le mérite d’ailleurs. Il avait simplement eu la malchance de croiser le chemin de Dolan. Une erreur qui ne pardonne pas…

Assit sur le rebord du lit, William renonçait à essayer de se rendormir, sachant très bien que sa conscience n’attendait que cela pour le tourmenter de nouveau. Non. Il préférait rester éveillé et offrir le poids de sa raison pour compenser toutes ces idioties morales. William hésita alors à sortir pour prendre l’air. Peut-être qu’il n’avait pas le droit d’aller où bon lui semblait dans le château Sylvandin. Tsss ! Et puis quoi encore ? Il n’était pas prisonnier, même si parfois, les propos de la princesse lui en donnaient l’impression. Pas le droit de tuer ! Pas le droit de lui proposer d’aller se coucher ! Bientôt, elle le rappellerait à l’ordre la prochaine fois qu’il mettrait ses coudes sur la table. C’est donc avec cette vision plutôt comique, qu’il se leva et enfila une robe de chambre avant de sortir de la chambre.

La nuit était plutôt douce. Il suivit le couloir de l’aile des invités et longea le mur extérieur jusqu’à déboucher sur une arche qui donnait sur l’extérieur. La galerie s’ouvrait alors sur un petit jardin extérieur. Il s’y engagea en faisant attention de marcher sur les dalles blanches afin d’éviter la rosé qui commençait à se former sur les brins d’herbe. Le contact avec la nature le délivrait de sa culpabilité. Cela permettait de prendre un recul indispensable. Ces actes n’avaient plus beaucoup d’importances maintenant. Ce n’était pas lui qui allait empêcher le soleil de se lever demain, alors finalement quelle importance ? Quoiqu’il fasse, cela ne changerait pas grand-chose finalement.

William inclina alors la tête vers la fontaine qui produisait le clapotis lancinant et avisa soudain une silhouette qui se découpait à travers la pénombre de la lune à demi voilée par les nuages. La princesse… Sans doute, ne l’avait-elle pas entendu arriver à cause du bruit de la fontaine. Il entreprit donc de s’annoncer.

-Altesse, souffla-t-il tout doucement. Veuillez m’excuser, je ne voulais pas vous surprendre.

William n’apercevait que sa silhouette et seule son imagination pouvait finaliser sa beauté. C’était peut-être mieux ainsi.
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