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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Ne jamais se fier aux apparences [Pv Sail ]  (Lu 1480 fois)
Shad Hoshisora
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« le: Août 27, 2010, 04:38:17 »

Les terres sauvages, territoire vierge de toute civilisation où la nature règne en maître. J'avais ouïe dire que des villages de terranides existaient en ces contrées sauvages, pourtant, l'occasion d'en apercevoir ne me fut jamais donnée. Rencontrer une personne issue de la même race, voilà un fait qui me ravirait au plus haut point. Malheureusement, autant ces terres étaient habitées de proches cousins, autant de vils créatures se tapissaient dans les hautes herbes, guettant leur futur proie, attendant le moment opportun pour fendre sur elle, et lui assigner un coup fatal. Ce fait expliquait sans aucun doute, le rythme de mes pas qui étaient lents et soutenus. Rien ne servait de courir, sauf si l'envie de finir vite épuisé après une course folle pouvait venir à l'esprit.

Ces paysages ne connaissaient que très peu d'allées et venues humaine. C'est donc avec une certaine assurance que je pouvais librement laisser respirer ce qui faisait de moi, une personne de la race des terranides. L'appendice caudal se balançait ainsi doucement, tantôt restant stoïque, tantôt prenant vie durant un court laps de temps. Les oreilles de canidés, quant à elles, ne restaient nullement inactive. Pivotant dans tous les sens, aux aguets de tous bruits pouvant paraître suspects.  Une de mes mains écartait avec prudence les hautes herbes qui se trouvaient sur le chemin. Surtout ne pas se hâter. Qui sait ce qui peut se trouver derrière pareil rideau de végétation ?  Je n'avais pas eu encore de rencontres hasardeuses pour le moment, mais combien de temps cela durera t' il ?

Un autre amas d'herbes fut dégagé, puis un autre tout aussitôt. La chaleur qu'engendrait le soleil n'aidait nullement à garder un rythme soutenu dans mon avancée. L'air était lourd et passablement humide. Humidité qui pouvait se voir sur la surface de quelques roches au loin et qui apparaissait sous forme de condensation. Mon regard se posa sur le dos de ma main droite, où dorénavant, se trouvait une marque, un symbole. Autant je détestais celui qu'on m'avait imposé au fer rouge, autant la vue de ce dernier ne me gênait guère. Pris dans mes pensées, honte sur moi, je ne remarquais directement le léger bruissement qui avait naquis dans les herbes hautes.  Le bruit de quelques soufflement me fit rapidement sortir de mes réflexions.  Mon corps se tendit aussitôt. Ce n'était nullement un face à face mais une embuscade dans laquelle je me retrouvais. Et que faire contre des créatures dont même des balles n'ont aucun effet sur elles ?

L'une d'entre elle sortie de sa cache, crocs apparents, griffes en avant. Joie était ce vieux réflexe qui nous faisait faire un pas rapide en arrière et qui m'évita de me retrouver avec un lambeau de chair en moins. Cependant, l'impact des griffes acérées et qui déchirèrent une partie de la peau d'une de mes cheville me fit lâcher un crie de douleur. Crie qui se répandit dans les landes dévastées. Hurlement de douleur qui attisa plus encore la soif de chasse de mes opposants.  Mettant une main au niveau de la plaie afin d'empêcher au maximum le sang de s'écouler trop abondamment, bien que le fait  de devoir tenir sur un pied n'arrangeait rien et donnait à cet instant, une part de comédie non voulue,  l'autre main empoigna fermement l'une des armes cachée comme toujours dans mon dos. L ' index appuya rapidement sur la détente, le canon de l'arme à feu dirigé vers le sol. Un nuage de poussière opaque fut ainsi engendré.  Ce n'était bien sûr pas une méthode très appropriée à cet instant tragique, mais le fait était là. Cet amas de poussières qui s'élevait de la terre, obstruant la vue, rentrant dans la gorge et irritant les poumons, me permis de prendre la poudre d'escampette.

Malencontreusement, comme on pouvait s'en douter, la possibilité de partir à toute jambe n'était pas à portée. Le seul acte que je pouvais faire étant de me déplaçait à cloche pied, tout en essayant de garder un certains équilibre. Mouvement éreintant il fallait l'avouer. Un rapide regard en arrière me confirma que mes poursuivants avaient cessées leurs traques. A moins qu'ils n'étaient encore camouflés dans cette dense végétation. Avancer, ne pas revenir en arrière. Ces mots se répétaient sans cesses dans mon esprit. Si je voulais survivre, il ne fallait pas que je me retourne, ni que je m'arrêtes. Les créatures des landes sauvages ne laissent que très peu partir leur proie. Encore une fois, la bonne fortune m'avait sourit.

Cependant, la blessure n'étaitt pas superficielle et la douleur qu'elle engendrait m'obligea rapidement à faire une halte. Il fallait aussi que se déplacer sur un seul pied sans support était un geste épuisant. A contre cœur, je finis par m'assoir au centre des herbes hautes, espérant que rien ne fâcheux n'arriverait. Le sang coulait toujours de la plaie béante qu'avait provoqué les griffes de l'animal au contact de ma peau. Hémoglobine qui pourrait facilement faire dévoiler ma position à n'importe qui. La nécessité de trouver un quelconque moyen de cesser l'écoulement de sang était immédiat. Arrachant rapidement un morceau de tissu que je portais en une longue lamelle, je l'entourais par la suite, autours de la blessure afin de l'utiliser en temps que garrot. Mais cela n'aiderait pas à la plaie à se cicatriser bien que le garrot évitait qu'une trop grande quantité de sang ne soit perdue.

Le souffle court, les oreilles dressées et attentives, je tentais de refréner la douleur grandissante,  empêchant quelques râles de douleurs de s'extirper d'entre mes lèvres. La situation n'était pas prévue pour que mes anciens poursuivants retrouvent à l'aide de mes plaintes ma trace. Le sang laissait à même la terre devait déjà leur être d'une aide bien utile. Posant une main sur le sol afin de me relever et reprendre le chemin, je laissais bien vite tomber cette idée. Le simple fait d'avoir provoqué un mouvement au niveau de la cheville meurtrie provoqua une décharge de douleur qui traversa tout le corps. Autant dire qu'en ce moment, les choix qui se présentaient étaient bien restreints.

« Abrutie... »

Cette désignation, je l'avais murmurée dans un souffle à mon égard. En effet, si je n'avais pas laissé mon esprit vagabondait, même pendant un court laps de temps, tout ceci ne serait pas arrivée.  La main droite fermement posée contre la plaie et l'autre main appuyée sur le sol en guise de support pour ne pas être totalement affalée à terre, je surveillais, comme il m'était possible de le faire, les alentours qui n'avaient rien d'accueillant, espérant simplement que rien de fâcheux n'allait survenir en cet instant.



« Dernière édition: Août 27, 2010, 05:36:17 par Shad Hoshisora » Journalisée

Saïl Ursoë
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« Répondre #1 le: Août 27, 2010, 06:05:19 »

Midi, l’heure où le soleil est à son plein apex, était passé depuis déjà quelques bonnes heures, et pourtant, l’astre de plomb tapait avec une violence presque sadique, prodiguant sans réserve de ses rayons à toute la faune et la flore qui peuplait la gigantesque étendue des Terres Sauvages. Ainsi, on aurait pu s’étonner de voir en leur sein circuler Saïl –ou plutôt, Khral- au lieu que ce dernier attendît un horaire à la température plus clémente, mais la raison de sa sortie en cette période était plutôt simple : la nuit, tous les chats sont gris, mais les prédateurs aussi, et de cette façon, en plein jour, même si la sûreté n’était pas garantie et que le parcours était nettement moins confortable, les dangers étaient moins à redouter que sous l’œil de Diane.

De toute manière, sans lui être forcément connus, ces paysages primitifs lui étaient assez familiers pour qu’il pût y circuler sans faire office de touriste, et sans avoir à craindre pour sa peau. C’est que celle-ci était dure, et l’homme-loup n’avait donc guère à se soucier de la présence de bêtes hostiles, lesquelles avaient en toute logique une nette préférence pour un gibier plus consistant et moins risqué.
Non, en vérité, ce qu’il y a le plus à redouter en ces vastes territoires est la présence de l’humain : entre patrouilles de chasseurs d’esclaves, machines détraquées venues d’on ne sait où et personnes qui tirent d’abord et parlent ensuite, il vaut mieux savoir rester vigilant ! Mais que l’on ne se fasse pas de soucis pour notre docteur lupin ; même s’il n’a rien d’un survivant absolu aux réflexes acérées et à l’instinct surdéveloppé, il est né d’une pluie suffisamment vieille pour savoir où mettre les pieds, et sait donc s’en sortir en cas d’ennuis.

Mais au juste, que fait-il ici, sous cet aspect ? L’histoire est quelque peu longuette, aussi il conviendra de l’abréger sous cette forme : ayant inopinément et involontairement repris sa forme animale (encore un défaut du Terranis Simplex), il ne fit ni une, ni deux pour quitter Seikusu, et s’empressa donc d’emprunter le premier portail sur lequel il put tomber, lequel le ramena en plein milieu des Landes Désolées. Là, il mit un moment pour retrouver son chez-lui caverneux qu’il parvint toutefois à rejoindre sans encombres et qu’il retrouva heureusement aussi inviolé qu’il l’avait laissé. C’est d’ailleurs là qu’il a à nouveau momentanément élu domicile, s’occupant comme auparavant de peaufiner la formule de son si précieux produit ainsi que de faire en sorte de décrypter le fonctionnement des failles permettant de passer de la Terre à cet autre monde qu’il arpente en ce moment même. Une vie particulière, mais pépère en soi.

C’est ainsi que pour s’aérer les idées autant que pour s’assurer que les alentours de son habitation n’ont pas subi de changements drastiques, il est désormais en train de s’adonner à un tour d’horizon des environs. Gaillardement dressé sur ses deux pattes postérieures, les mains croisées derrière le dos, sa fourrure brune remuant doucement au vent, son attitude tient beaucoup du promeneur placide pour une bête assoiffée de sang et de carnage telle que pourrait l’être un loup-garou. C’est que Saïl n’est bien évidemment pas n’importe quel homme-loup, et bien qu’ayant une apparence digne d’un monstre de film d’horreur, il n’en est pas moins aussi paisible (ou presque, les instincts animaux sont tout de même de mise) que sous sa forme humaine et en a gardé des habitudes aussi similaires que possible, la preuve en étant de son sempiternel pagne à multiples poches intérieures qu’il porte autour de ses hanches par souci de décence.

Une petite brise que l’on pourrait prosaïquement qualifier de « pas dégueulasse » court sur l’immense échine bigarrée des Contrées du Chaos charriant avec elle une incommensurable quantité d’odeurs diverses autant que puissantes, lesquelles se retrouvent inhalées par les narines de l’humanoïde qui les reçoit avec un soupir de contentement, une ébauche de sourire sur son étrange faciès lupin. Le coin est décidément bien peu remuant, ce qui n’est pas pour contrarier notre tranquille savant, ce dernier préférant nettement une routine doucette à un quotidien fait de furie et de combats.

Pourtant, il semble bien qu’il se passe quelque chose de ce genre à proximité, car tout à coup, les oreilles du grand gaillard se dressèrent vivement, captant au loin un cri qui n’avait rien d’animal puisqu’il s’agissait de toute évidence de celui d’une femme !
Disons le tout de suite, Saïl n’a rien, ou en tout cas pas grand-chose, du chevalier en armure rutilante, l’amène médecin n’étant pas du genre à surgir à l’assaut du moindre problème tel un foudre de guerre. Cependant, l’égoïsme ne faisait pas partie des principes qui lui tenaient à cœur, aussi ne se donna-t-il qu’à peine le loisir de réfléchir avant de se mettre en position quadrupède et de partir à fond de train en direction du hurlement, soulevant des panaches de poussière sur son passage. Par curiosité mais aussi et surtout par altruisme, cela ne lui aurait pas ressemblé de passer son chemin alors qu’une personne avait de toute évidence été blessée et nécessitait de l’aide. Certes, cette alerte aurait très bien pu être un piège ou quelque chose du même tonneau tant il fallait toujours se méfier de ce que l’on côtoyait dans les Terres Sauvages, mais que ce fût en bien ou en mal, il n’était pas du genre à s’arrêter à de pareilles considérations.

Galopant à bonne allure, il ne mit guère de temps à parvenir aux environs du lieu où l’exclamation de douleur avait retenti, et il ne manqua pas de discerner au sein des hautes herbes une petite tache de couleur bleue et noire à plusieurs dizaines de mètres de distance ; des cheveux cernant une tête… tournée dans sa direction. Il fallait bien avouer que l’arrivée de l’homme-loup n’avait été ni subtile, ni discrète, aussi rien d’étonnant à ce qu’il eût été remarqué de loin.
Il se doutait bien qu’il ne ferait que donner l’impression de démarrer les hostilités en continuant à se ruer dans la direction de la personne inconnue comme il le faisait, aussi diminua-t-il de vitesse pour s’arrêter complètement dans un nuage terreux dont il émergea au pas, l’air aussi avenant et inoffensif que possible malgré son aspect bestialement gigantal. Bien sûr, il n’avait pas les qualités d’un diplomate émérite ou d’un pacificateur exercé, mais ne pas pousser des grondements féroces ou arborer ses griffes et ses crocs était un bon début, et cela, il était tout à fait capable de le faire.
S’exposant ainsi animé d’intentions bienveillantes, et levant une de ses grandes mains pour se signaler, il appela de sa voix inévitablement rauque et grondante :

« Vous êtes blessée ? Je peux vous aider ? »

Ce disant, il ne cessa pas d’avancer en direction de la manifestement blessée, prêt toutefois à s’arrêter en cas d’ultimatum ou à s’enfuir en cas de traquenard. C’est que dans un tel milieu, un affrontement est si vite arrivé…
« Dernière édition: Août 28, 2010, 12:28:31 par Saïl Ursoë » Journalisée

Dites, en me voyant, que voyez-vous ?                             En vérité, je suis partagé
Est-ce un monstre, un cauchemar, un loup fou ?                  Entre Khral, ce fougueux loup emporté
Est-ce un fort centaure qui brame et mord ?                       Et Saïl ce timide humain gêné,
Est-ce une bête de poils au coeur d'or ?                            Mais ça, jamais mal intentionné !
Est-ce Elephant Man qui crie, mis à mal :                          Certes, je grogne, je bondis je rue,
« Non, je ne suis pas un animal ! » ?                               Mais jamais je ne griffe ni ne tue.
                                                                               Aussi, approchez donc, n'ayez pas peur.
                                                                               C'est promis, je vous recevrai sans heurt.


Shad Hoshisora
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« Répondre #2 le: Août 27, 2010, 11:19:37 »


La douleur était toujours présente, grandissante au fur et à mesure des minutes. Une sensation de picotement et de brûlure bien connue de tous avait naquis. La jambe où se situait la cheville meurtrie était allongée, droite, sur le sol. Le simple fait de la plier, m'étais pour le moment, inconcevable. Pris d'un élan de frustration profond, je laissais mes doigts pourvus de petites griffes s'enfonçaient dans la terre meuble. Bien qu'en apparence je demeurais inactive, ma conscience était en ébullition. Comment allais-je faire pour m'en sortir ? Certes en ce moment, je n'avais rien à craindre, mais la nuit arriverait bien assez vite, faisant ainsi sortir de leurs tanières, les créatures nocturnes de ces contrées sauvages.

Cependant, un bruissement ou plutôt un bruit tonitruant me fit sortir de mes pensées. L'idée de se lever et de partir avant que la source du bruit n'arrive en ces lieux était jouable, sauf qu'il ne m'était guère possible de faire ne serait ce que quelques pas de courses afin de fuir, ce qui pouvait bien arriver. Et ne parlons pas du fait de partir à cloche-pied ! Cela ne se résumerait qu'à une fuite inutile et infructueuse. Au loin, il était possible de discernait un vaste nuages de poussières, engendrée par qui ? Par quoi ? Cela je ne pouvais directement le mentionner.
 
Ce fut donc avec un regard hagard que j'observai la créature qui émergeait de ce nuage poussiéreux. Il va s'en dire que son arrivée peu silencieuse et son apparition tout aussi surprenante m'avaient médusée et avait fait naître un sursaut de surprise. La vue de ce que je pouvais discerner, la créature était un lycanthrope ou autrement dit, un être moité homme, moitié loup. Bien que dans un premier temps, sa vision me sidéra, ce fut ensuite la peur qui pris hâtivement le dessus sur toutes les autres émotions. De ce fait, les oreilles s'abaissèrent vers l'arrière et l'appendice caudal cessa tout mouvement sur le sol. Quelques tremblements animaient mon corps.
 
Cependant, tandis que l'homme-loup arrivait dans une vitesse ahurissante, cette dernière diminuait au fur et à mesure qu'il s'approchait. Au loin, sa nature avait été révélée mais l'apercevoir à une si proche distance confirmait mes pensées. Des muscles saillants, un corps garnie d'une épaisse fourrure brune dont les poils bougeaient au rythme du vent, le visage était plus celui du canin que de l'humain. Le museau qui l'ornait devait posséder des crocs capables de déchirer la plus dure des chaires. Pourtant, malgré l'apparition bestiale de l'inconnu, ce dernier ne semblait pas arborer une quelconque idée malsaine, griffes et crocs n'étaient pas de sortie. Malgré tout, mieux valait rester vigilant
.
La surprise m'avait marquée quand de nulle part, le lycanthrope était apparu mais l'étonnement fut encore plus grand que ce dernier ce mis à parler. Certes sa voix était rauque et grondante, mais contrairement aux autres créatures demeurant dans ces terres désolées, il était muni de paroles. La particularité qu'il porte un pagne semblait aussi démontrée une certaine forme d'intelligence dont il était le seul à posséder. De plus sa question pouvait également surprendre. Tandis que d'autres êtres auraient profité de cet instant de faiblesse pour porter un coup mortel, il semblerait que pour sa part, il s'enquiert de mon état de santé, allant même jusqu'à proposer son aide.

Faire confiance ou ne point faire confiance ? Cette question taraudait mon esprit tandis que l'être puissamment bâti avançait toujours dans ma direction. De part son allure, il semblait également tout à fait disposer à s'arrêter ou à repartir. Ainsi, j'aurais pu, sans aucun doute, lui demander de faire machine arrière ou bien de rester sur place, pourtant, je ne le fis pas. Sans doute était-ce qu'il ne semblait dégager aucun sentiment d'empathie.

La main qui appuyait contre la cheville meurtrie, s'enleva doucement afin de donner une réponse à sa première question. Le garrot que j'avais appliqué était déjà d'une couleur plus sombre qu'à l'origine. Teinture qui naquit de l'hémoglobine qui s'écoulait toujours petit à petit. Certes le débit était moins important qu'au début, mais le fait que le sang coulait toujours n'était pas à exclure. Un simple hochement de tête en direction de l'être inconnu fut donné. Un signe d'affirmation sur le fait que j'acceptais également son aide. Bien sûr, il était malaisé de ne rien dire, mais je ne savais que mentionner en cet instant même.

La peur était toujours présente et formait au niveau de l'estomac une boule d'anxiété. Cependant, elle avait diminué et les oreilles s'étaient légèrement relevées. Leurs postures définissaient à la fois le questionnement et l'attention portés à mon interlocuteur. Étonnée par les faits qui se produisaient, je parvins à murmurer :

« Tout cela est étonnant.... »

Qu'il y' a t' il de plus stupéfiant que de se faire aider par un être dont ses plus proches cousins vous aurez déjà mis en lambeaux ? Mais une interrogation demeurait : par quel procédé allait-il fournir ses soins ? Il ne possédait sur lui aucun instrument pouvant aider à la médecine. Pourtant, la présomption qu'il allait encore une fois me surprendre m'était venue à l'esprit. Comment ? Cela je ne le savais guère. Abaissant le chef, fixant un instant le sol, une autre phrase fut prononcée, ou plutôt un mot :

« Merci »

Le remerciement avait plusieurs origines. D'une part, il était mentionné pour le fait qu'il ne se jetait pas griffes et crocs en avant sur ma personne et d'autre part, sur le fait que malgré sa posture colossale et animale, il proposait de l'aide aussi naturellement qu'un humain l'aurait fait.
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Saïl Ursoë
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« Répondre #3 le: Août 28, 2010, 01:12:00 »

Au fur et à mesure qu’il se rapprochait, il put discerner qu’ainsi qu’il l’avait soupçonné, la silhouette était bien celle d’une femme, cela se voyant d’après son gabarit ainsi que d’après les traits de son visage étonnamment fins et harmonieux pour quelqu’un qui s’aventurait dans les si peu hospitalières Contrées du Chaos. Les points de couleur qu’il avait discernés au loin étaient bien ceux de cheveux qui étaient sur le devant d’un bleu presque incongru de par sa pureté, et sur le reste d’un noir qui, de par l’allure sauvagement altière de l’inconnue, ne pouvait qu’évoquer cet arbre que l’on nomme ébène.
Son faciès, délicatement ciselé comme il l’a été dit, était cependant taillé d’une manière qui indiquait une détermination et un allant naturels, de même que ses yeux bleu ciel qui, bien qu’embués par le douleur, continuaient de refléter dignité et discipline.
En accord avec cette tête, le reste du corps de la jeune fille était mince, presque maigre, sans pourtant quoique ce fût de famélique puisque l’on pouvait aisément le discerner athlétique, manifestement exercé aux activités requérant souplesse et agilité aussi bien qu’endurance. Elle s’était sculpté des bras fins mais musclés, pareillement à ses jambes sportives, le tout soutenu par une échine droite et solide comme l’indiquait la posture vaillamment redressée qu’elle tenait. Le tout, à la façon de quelque créature amazonienne, dégageait une sensation d’énergie primale cependant jaugée et canalisée avec soin, laquelle n’était pas sans être familière à l’humanoïde lupin.

Pourtant, ce n’était pas cela qu’il y avait de plus marquant chez elle, mais bien ses traits animaux qui consistaient en des oreilles et une queue alliant la noirceur de ses cheveux et la blancheur de l’écume. Ces marques de terranide, sans pour autant surprendre Saïl, le marquèrent, cela lui rappelant les tous premiers pas de ses expériences sur le Terranis Simplex, lorsqu’un membre de cette ethnie s’était enfin présenté pour faire don de son ADN au jeune scientifique. Encore aujourd’hui, celui-ci pouvait se souvenir comme si ç’avait été hier de l’allure rachitique de ce loup qui contrastait si fortement avec la résolution qui se lisait dans son regard et l’intégrité que reflétaient ses paroles… quelqu’un de bien, très certainement, dont il n’avait plus eu de nouvelles depuis ce jour…

Clignant abruptement des paupières et secouant légèrement la tête, il chassa ces remembrances, se focalisant principalement sur sa patiente qui n’avait vraiment pas l’air à son aise, et sur sa plaie qui, d’après son allure à première vue, avait été méchamment administrée et était encore récente. Hâtant le pas, l’homme-loup la rejoignit en quelques bonds, prenant toutefois garde de ne pas faire preuve de brusquerie dans ses mouvements de manière à ménager la blessée qui n’en menait pas large et n’avait définitivement pas besoin qu’on lui fît des frayeurs.
Une fois parvenu auprès d’elle, il s’agenouilla afin de regarder de plus près ce qu’il aurait à traiter, et, voyant que la demoiselle ne faisait aucun geste pour l’arrêter, défit le bandage de fortune qu’elle s’était fait de façon à retenir l’écoulement du sang.

Aux premiers jours de sa transformation, avec le changement de nature de ses membres, Saïl s’était découvert d’une maladresse désespérante tant son corps métamorphosé lui était peu familier pour se mouvoir et faire usage de ses mains ainsi que de ses pieds. Cependant, à force d’entraînement, il était parvenu à retrouver la même habileté manuelle que sous sa forme humaine, finissant même par trouver une utilité à ses griffes qu’il n’avait au premier abord pas pu empêcher de faire du dégât à chaque fois qu’il avait voulu manipuler la moindre chose.
En l’occurrence, se saisissant d’un bout du tissu puis de l’autre à l’aide des griffes de ses index, il retira promptement la pièce d’étoffe, se concentrant ensuite sur l’allure de la lésion tandis qu’il allait farfouiller à l’intérieur de son espèce de kilt bigarré, plus précisément à l’intérieur des nombreuses poches qu’il y avait lui-même cousues. Comme il y avait eu lieu de s’en douter, la blessure était facilement identifiable comme ayant été infligée par les griffes d’un animal, manifestement un animal assez petit d’après l’écart des vilaines striures dans la chair, ce qui n’empêchait pas celles-ci d’être profondes.

« De rien. » Répondit-il presque distraitement au remerciement de la terranide alors qu’il ressortait de son pagne un flacon de désinfectant et un morceau de coton stérile sous plastique, matériel de base que se devait de posséder tout bon soigneur et qu’il avait attentivement conservé après sa transformation. « Serrez les dents. » Lui recommanda-t-il alors qu’il appliquait la compresse de coton sur la plaie.

Bien évidemment, la douleur serait de mise, et bien qu’il s’agît d’une de ces douleurs qui, dans le fond, font du bien, Saïl ne s’attarda pas sur sa tâche, essuyant les dégâts avec une célérité toute professionnelle, épongeant en un temps record le liquide vital mêlé de saletés diverses et de salive bestiale avant d’extirper avec rapidité un grand rouleau de gaze d’un autre renfoncement de son unique vêtement. Manipulant alors avec égards la cheville maltraitée de sa patiente qui s’était déjà remise à suinter du sang, il la banda précautionneusement tout en lui expliquant d’une voix aussi douce que possible afin de la tranquilliser :

« Heureusement, votre blessure n’est pas trop grave. Il n’y aura pas besoin de la recoudre : il suffira de changer le bandage chaque jour et ça guérira petit à petit. »


L’air assuré, les gestes rapides et maîtrisés, il ne prit guère longtemps à recouvrir la partie de chair endommagée d’une couche de tissu suffisante, après quoi il sépara d’un coup sec la partie utilisée du reste du rouleau avant de l’envoyer ensuite reprendre sa place. N’en ayant toutefois pas fini avec la demoiselle, il resta à ses côtés, la fixant dans les yeux (qu’elle avait fort jolis et expressifs) pour lui demander :

« Est-ce que vous pourrez marcher ? » Puis, se doutant en vérité de la réponse en sa qualité de médecin, il ajouta avec prévenance « Si vous voulez, j’ai un endroit où vous pourrez vous reposer. »
« Dernière édition: Août 28, 2010, 01:18:08 par Saïl Ursoë » Journalisée

Dites, en me voyant, que voyez-vous ?                             En vérité, je suis partagé
Est-ce un monstre, un cauchemar, un loup fou ?                  Entre Khral, ce fougueux loup emporté
Est-ce un fort centaure qui brame et mord ?                       Et Saïl ce timide humain gêné,
Est-ce une bête de poils au coeur d'or ?                            Mais ça, jamais mal intentionné !
Est-ce Elephant Man qui crie, mis à mal :                          Certes, je grogne, je bondis je rue,
« Non, je ne suis pas un animal ! » ?                               Mais jamais je ne griffe ni ne tue.
                                                                               Aussi, approchez donc, n'ayez pas peur.
                                                                               C'est promis, je vous recevrai sans heurt.


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« Répondre #4 le: Août 28, 2010, 04:44:57 »

L'être hybride s'avançait toujours, ne montrant dans sa démarche, aucun geste brusque. Chacun de ses mouvements étaient pesés, sans doute était-ce pour ne point effrayer. Ne pouvant librement et à ma guise me mouvoir et lui ayant souscrit mon accord par un simple hochement de la tête, je le laissais donc faire, regardant ce qui ressemblait fort à un loup-garou, faire son diagnostique. Le lycanthrope faisait preuve d'une agilité et d'une dextérité remarquable dans ses actions. Instinctivement, je laissais mon regard se poser sur les pattes munies de griffes acérées. Leurs fonctions qui étaient de nature meurtrière à la base avaient été remplacés par une autre action, où elles conféraient des soins, tout en manipulant habillement quelques produits pharmaceutique.

Le fin tissu qui servait de garrot fut subtilement retiré de ma cheville et laissa ainsi transparaître les marques de striures qui ornaient la chaire. L'habitant de ces contrées se mis alors à farfouiller dans le seul vêtement qu'il portait. Une marque de pudeur ou de savoir vivre pour pareille créature ? Je ne saurais le dire. Quoi qu'il en soit, de sa recherche minutieuse, il ressortit de ce fin ensemble de tissus cousus ensemble un flacon de désinfectant ainsi qu'un morceau de tissu qui servira à son application.

« Serrez les dents. »

Le coton imbibé du liquide fut par la suite posé sur la blessure. Laissant la tête partir un peu en arrière sous la douleur ressentie, mes doigts se rétractèrent dans la terre, s'y enfonçant plus profondément. Un grognement naquit au fin fond de ma gorge avant de se volatiliser dans les airs. Ouvrant de nouveau les yeux que j'avais fermés par réflexe ancestral et remettant le chef en une position plus droite, j'observais attentivement, le reste des soins produits par le lupin.

Une fois la plaie nettoyée de toute impuretés propres à ramener des maladies, elle fut bandée à l'aide de bandes de gaze trouvables dans la plupart des pharmacie sur le plan terre, mais qui étaient encore inconnus en ce monde. Tout cela était fort étrange. Soulevant la cheville du mieux que je pouvais afin d'aider le docteur canin à faire son œuvre, je laissais mon esprit vagabondait un instant, réfléchissant de ce fait, sur la question de la possession de tels produits introuvables en pareilles contrées. Relevant doucement le visage, plongeant mon regard dans la voûte céleste, je ne cessais de me poser intérieurement des questions. Cet être si attentionné était il vraiment un loup-garou issu de la même famille que ses frères de sang ? Ou était-il un être différent les apparences étaient parfois trompeuses... La seule solution serait de lui poser directement la question. Mais n'était ce pas une violation de la vie privée ? Le son de soprano de sa voix me fit ressortir à nouveau de mes pensées.

« Heureusement, votre blessure n'est pas trop grave. Il n'y aura pas besoin de la recoudre : il suffira de changer le bandage chaque jour et ça guérira petit à petit. »

Un soupir de soulagement sorti d'entre mes lèvres. Soupir qui marqua le fait que la blessure, bien qu'en apparence profonde, ne demanderait pas plus de soin qu'un bandage renouvelé tous les jours pendant une certaine période. L'inconvénient était, comme je l'avais déjà pensé, que pareils ustensiles de soins n'étaient guère trouvables en ce bas monde. C'est donc avec une voix d'où transparaissait la gêne qu'une question fut posée :

« Encore une fois, je vous remercie. Mais... ces bandages sont introuvables en ce monde, il me sera fort difficile de suivre vos conseils.... »

J'avais ponctué la phrase en désignant nonchalamment de l'index, la cheville qui venait d'être soignée. Un léger rictus moqueur s'afficha sur mon visage. Rien de bien méchant, une sorte de sourire amusé par la situation et la question rhétorique qui fut par la suite posée. Bien entendu, je ne pouvais décemment pas me mouvoir comme bon me semblerait.

« Je crois que rester ici serait une bien mauvaise idée. J'accepte votre aide maître loup »

« Maitre », voilà un mot que j'avais si longtemps utilisé et qui me révulsait. Cependant, dans ce cadre-ci, il était venu presque naturellement et n'avait aucune connotation de l'ordre de dominant-dominé. Non, je l'avais plutôt utilisé en terme d'appellation. D'un côté, il faisait référence à sa connaissance et d'un autre côté, il mentionnait sa nature ou du moins son apparence qui se rapprochait très fortement de celle d'un loup.

Plus confiante et moins apeurée par l'inconnu, je laissais mon corps se détendre, la queue jusqu'alors immobile sur le sol, se remit à onduler doucement, créant quelques petits nuages de poussières sous son sillage. Les oreilles se mouvaient également, mû par la fine brise qui caressait les Terres Sauvages. Cependant, une autre question fut posée :

« Cet endroit que vous avez mentionné...Se trouve t'il loin d'ici ? »

Il fallait que je sache combien de temps je devrais réussir à tenir sur un pied. Tout ce que je pouvais espérer, était que ce lieu de repos ne soit pas trop éloigné de notre position actuelle. A moins qu'il n'avait prévu une façon saugrenue de voyager dû à mon immobilité partielle ? Le regard recroisant celui de l'homme-loup, une autre sentence fut prononcée d'une voix calme et posée, laissant toutefois transparaître un soupçon de peur. Une peur dont l'origine était l'inconnu. Inconnu matérialisé par le lycanthrope se trouvant à quelques mètres à peine.

« Je pense qu'il serait plus conventionnel de se présenter. Je me nomme Shad Hoshisora, acquisition de Dana O Hara. Et vous ? Je ne sais si un être de votre nature possède réellement un nom, mais cela m'étonnerait fortement si ce n'était pas le cas.... »
 
Qu'il m'était étrange de dire dans une phrase de présentation le fait que j'appartenais à quelqu'un. Pourtant, malgré ce fait, j'étais libre de tout mouvement. Inconsciemment, j'avais dicté cette phrase comme toutes les autres fois où je devrais me présenter. Une sorte de sécurité en quelques sortes. Mes yeux bleus fixèrent avec questionnement ceux de la prunelle noire de l'être moitié homme, moitié loup, tentant de discerner ses pensées. Les yeux sont les reflets de l'âme à ce que l'on dit.
« Dernière édition: Août 28, 2010, 06:16:00 par Shad Hoshisora » Journalisée

Saïl Ursoë
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« Répondre #5 le: Août 29, 2010, 04:50:25 »

Au fur et à mesure que Saïl continuait de se montrer secoureur à l’égard de l’étrange femme-louve, celle-ci se sentait apparemment plus à l’aise, cela se voyant autant dans ses paroles plus cordiales que dans son comportement moins tendu, la jeune fille n’affichant plus aussi méfiante et effrayée qu’elle l’avait parue au premier abord. Au passage, elle lui apprit qu’elle était au courant en ce qui concernait l’existence de plusieurs univers lorsqu’elle mentionna clairement « ce monde » dans lequel elle ne pensait pas pouvoir trouver de quoi refaire son pansement. En réalité, il n’aurait certainement pas été difficile de trouver des bandages de lin ou de coton à Nexus plutôt que de se donner la peine d’en dégoter en gaze, mais il n’eut pas le temps de le lui faire remarquer qu’elle répondait déjà par l’affirmative à sa question, comme il s’y était attendu et comme il était de toute façon sensé de le faire.

Le patronyme par lequel elle s’adressa à lui ne manqua pas de l’interpeller, celui-ci s’apparentant bizarrement à un titre plutôt qu’à une appellation ordinaire ; un peu à la manière des personnages de fables tels que les bien connus Maître Corbeau et Maître Renard. De fait, il le prit plutôt bien, car en comparaison des noms habituels qu’on lui donnait -allant de « monstre » jusqu’à « bête » en passant par « horreur »- celui-ci témoignait d’une plaisante bien que déconcertante amabilité. Quoi qu’il en fût, il y avait des choses autrement plus importantes et urgentes dont ils devaient s’occuper, aussi ne releva-t-il pas cet étrange trait verbal autrement que par une lueur d’étonnement et de curiosité dans ses yeux marrons.

Quant à la terranide, continuant sur sa lancée, elle enchaîna par deux autres questions, se montrant décidément volubile de façon surprenante maintenant qu’elle se sentait manifestement nettement plus en confiance par rapport à cet original homme-loup soigneur. L’intéressé attendit quelques secondes afin d’être sûr qu’elle n’avait pas autre chose à lui demander, puis se mit en devoir de répondre avec politesse à ses interrogations. En tout cas, elle était visiblement plus détendue d’après les mouvements lents de sa queue ainsi que de ses oreilles, mouvements que les parties corporelles équivalentes de Saïl suivirent presque inconsciemment par un phénomène d’empathie. Pour ne rien cacher, les mots « un être de votre nature » l’avaient quelque peu blessé, mais se faisant la réflexion que son interlocutrice ne pensait certainement pas à mal, il fit en sorte de n’en rien laisser paraître, répondant avec une bonhomie sonnant de façon particulière dans sa voix naturellement grave et puissante :

« Enchanté. Moi c’est Saïl Ursoë… » Il y avait maintenant un petit moment qu’il avait décidé de ne plus se présenter sous le pseudonyme de Khral, cette précaution s’étant avérée superflue de par la différence des mondes qu’il avait arpentés au gré des expériences «… acquisition de personne. »

Il n’avait pu s’empêcher d’accentuer légèrement ces derniers mots. Il avait bien pu se compte que l’esclavage était une pratique courante et reconnue à Nexus (et probablement ailleurs), mais cela ne l’empêchait pas d’y être toujours aussi farouchement opposé. Il pouvait, bien que difficilement, comprendre le comportement de certains serviteurs qui auraient apparemment préféré se faire tuer jusqu’au dernier plutôt que de révoquer leur statut de serfs, mais considérait toutefois la pratique avec un mépris absolu.
Mais bref, telle n’était pas la question, notre docteur revenant à celle qui lui avait été posée concernant la distance à laquelle ils étaient de son repère. Jadis, il aurait été bien en peine de répondre à un tel problème, mais depuis le temps, il s’était rendu compte que savoir correctement estimer les distances était un facteur déterminant en matière de survie, aussi fut-ce avec une certitude raisonnable qu’il jugea :

« En ce qui concerne la distance à parcourir… je dirais une vingtaine de kilomètres. »

D’après ses calculs, depuis l’endroit où ils se trouvaient et en allant vite à son allure, ils pourraient rejoindre son chez-lui en vingt minutes à peu près, ce qui selon sa vitesse de course, donnait la distance mentionnée. Cependant, étant donné la vilaine blessure dont Shad avait écopé, elle ne pourrait certainement pas parcourir cette distance sans aggraver les dégâts, ou bien alors en progressant à vitesse très réduite, ce qui n’était pas recommandé dans un secteur pareil où la faune locale ne rechignait nullement à se jeter sur la moindre proie potentielle.
La solution qui lui vint tout de go à l’esprit fut qu’il pourrait la porter de manière à l’amener en sécurité sans encombres, mais restait à savoir si elle accepterait : après tout, il s’agissait peut-être d’une jeune fille, mais très probablement pas d’une novice malhabile et incertaine d’après ses paroles empreintes de discipline, ses yeux alertes et son maintien fier. Il n’était donc pas impossible qu’elle prît mal une offre d’aide aussi potentiellement dégradante de la part d’un inconnu ; un inconnu à l’allure bien curieuse, qui plus était.
Toutefois, au même titre que tous les patients avec lesquels Saïl avait travaillé durant sa carrière, tant pis pour l’ego de la demoiselle : il en allait de son état de santé non seulement immédiat mais futur, alors autant ne pas y aller par quatre chemins et lui dire directement ce qu’il estimait être bon pour elle.

Mais alors qu’il focalisait à nouveau son attention sur elle, il finit par se rendre compte que depuis le début, elle l’observait avec insistance. Certes, son apparence avait de quoi facilement attirer l’attention, mais dans le regard profond et incisif de la terranide, autre chose que du simple étonnement semblait percer. L’homme-loup en avait l’impression distincte, elle l’examinait, le jaugeait, le fixant sans ciller comme pour détailler jusqu’à la moindre de ses réactions et ainsi pouvoir évaluer quel genre de personne il était.
Soit, il n’avait dans le fond rien à cacher, aussi ne se déroba-t-il pas à la ligne de mire de Shad, sans pour autant faire montre d’hostilité ou même de perplexité. Après tout, son aspect de bête sauvage lui donnait si rarement l’opportunité de faire ses preuves avant qu’on se fît un avis sur lui qu’il s’agissait là d’une bonne occasion à saisir de se faire juger correctement.
Mais pour en revenir à nos moutons, il reprit la parole avec une amabilité empreinte de fermeté telle qu’un médecin l’emploie :

« Ce que je peux faire, c’est vous prendre sur mon dos jusqu’à chez moi. C’est ce qu’il y aurait de plus pratique à faire pour vous permettre de vous remettre le plus rapidement possible et sans danger. »

Rien d’impérieux ou de condescendant dans ces propos qui n’étaient au fond qu’un simple diagnostic, Saïl lui laissant ensuite le choix en toute bonne foi.
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Dites, en me voyant, que voyez-vous ?                             En vérité, je suis partagé
Est-ce un monstre, un cauchemar, un loup fou ?                  Entre Khral, ce fougueux loup emporté
Est-ce un fort centaure qui brame et mord ?                       Et Saïl ce timide humain gêné,
Est-ce une bête de poils au coeur d'or ?                            Mais ça, jamais mal intentionné !
Est-ce Elephant Man qui crie, mis à mal :                          Certes, je grogne, je bondis je rue,
« Non, je ne suis pas un animal ! » ?                               Mais jamais je ne griffe ni ne tue.
                                                                               Aussi, approchez donc, n'ayez pas peur.
                                                                               C'est promis, je vous recevrai sans heurt.


Shad Hoshisora
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« Répondre #6 le: Août 30, 2010, 03:20:23 »

Ainsi, chacune des deux parties connaissaient le nom de son interlocuteur. Le dialogue n'en sera que plus aisé, si on prend en compte que cela nous évitera de nous appeler par des apostrophes ou autres surnoms courants tels que « truc » ou « machin ». Ceci dis, sa voix reflétait un certain dégoût quand il se nomma sous le titre d'une personne libre. D'un côté, je ne voyais pas comment un loup-garou d'une telle envergure et d'une telle force pouvait se faire attraper facilement. Quoi qu'il en soit, il semblerait bien que la méthode mise au point avec Cathleen fonctionne. Officiellement, j'étais sous ses ordres ou plutôt de celui de son pseudonyme « Dana O Hara » mais officieusement, j'étais aussi libre que l'air. Une solution bien pratique pour être tranquille en soit. Mais là n'était pas la question de savoir qui des deux protagonistes présents étaient le plus libre de ses mouvements.

Autant dire, que la surprise se marqua sur mon visage quand il annonça, d'un air calme et serein, la distance à parcourir. Cette dernière devait faire approximativement vingt kilomètres. Une distance que j'aurais pu parcourir aisément en temps normal. Certes, cela m'aurait pris un certain temps, mais le trajet aurait été accomplit sans trop de fatigue. Un rapide regard sur ma cheville bandée me fit poussé un énième soupir. Décidément, la chance ne me souriait pas ce jour-ci, du moins seulement en partie. Relevant par la suite mon regard sur Sail, je pus noter qu'il n'avait fait depuis lors, aucun mouvement de recul ou pour s'écarter. Ainsi, alors que mon inspection visuelle aurait pu gêner une tout autre personne ou créature, il demeurait de marbre. Sans doute n'avait - il rien à cacher pour n'en faire aucune remarque ou pour s'écarter de ma ligne de mire.

La réponse de la distance continuait cependant à poser quelques problèmes. Si la blessure aurait été faite au niveau d'un bras, cela aurait posé beaucoup moins de souci de ce genre. La main posée au sol, se mit à faire quelques striures à l'aide de la griffe dont était muni l'index. Quelques petits crevasses qui se croisaient et zigzaguaient montrant de ce fait que mon esprit cogitait à trouver une solution à mon immobilité partielle. Les secondes défilèrent et rien ne me venait à l'esprit. Prendre une forme plus animale n'aurait nullement arrangé cette complication. Le fait étant que sous cette forme, la cheville meurtrie serait devenue l'une des pattes arrières, n'arrangeant encore en rien le moyen de locomotion.

Le lycanthrope reprit de ce fait, de nouveau la parole. Singulièrement sa voix grave et tonnante n'était pas employé pour effrayer, au contraire, malgré sa totalité montant plus dans les octaves, elle donnait une sensation de confiance. Les oreilles parfaitement droites, dressées sur le sommet du crâne, je considérais ses dires. Quelle n'était pas ma surprise, quand il annonça aussi naturellement que possible, sa solution pour ne pas me rendre ce voyage trop difficile. Une solution bien singulière, mais qui était nettement envisageable au vue de la situation. Instinctivement, j'estimais la force de Sail en observant son dos et ses membres puissants qui possédaient des muscles saillants, montrant de ce fait, la force colossale que devait posséder l'homme-loup. Une telle stature lui permettrait aisément et non sans aucun effort de me porter vers le refuge qu'il avait mentionné quelques minutes plus tôt pendant après l'autopsie.

Posant les deux mains à terres et usant du pied valide pour me relever, j'observais les alentours un cours laps de temps, dans une position debout et droite. La cheville blessée était légèrement relevée jusqu'au genou au début, le poids du corps ne reposant que sur la plante du pied valide. Autant dire que pour une fois, possédait une queue d'animal donnait un certain avantage. L'utilisant comme balancier, il m'était ainsi possible de rester stoïque sans avoir à écarter les bras horizontalement de sortes à ne pas tomber. Cependant, la posture n'était guère favorable et la jambe jusqu'ici relevée, se déplia doucement de sorte à mettre le membre pansé juste à quelques centimètres du sol, ne le touchant, ni l'effleurant pour éviter qu'une vague de douleur ne surgisse.
Reportant mon attention sur Sail après avoir fait un rapide aperçu des environs, reprenant par la suite sereinement la parole, la queue bougeant doucement dans le bas du dos, de sorte à faciliter l'équilibre.

« C'est une solution que j'accepte. Cependant, j'espère ne pas être un trop lourd fardeau pour vous, si tel serait le cas, je m'en irais sans aucune forme de procès... »
 
Cela pourrait paraître étrange que je lui fasse si aveuglement confiance, mais le cas était que pour un animal sauvage, il possédait plus de bonté que la plupart des humains que j'avais pu croiser sur une longue période. Ce qui remettait en question sa véritable nature et qui ne cessait de m'étonner au plus haut point. Bien sûr, je ne voulais être d 'aucune gêne. Sans doute avait il mieux à faire que de soigner une terranide, donc un membre qui n''était pas lui -même de sa propre espèce. C'est pourquoi, je lui laissais librement le choix sur le fait qu'il devrait me porter ou non. Bien sûr, cette proposition venait de son propre chef, mais cela n'empêchait pas qu'il aurait préféré de ne pas la mentionner et retourner vaquer à ses occupations.
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« Répondre #7 le: Août 30, 2010, 05:26:37 »

Saïl, homme modeste et paisible, n’aurait jamais prétendu être un héros ou qui que ce fût qui aurait pu s’arroger un droit à la gloire, la reconnaissance et la renommée, contrairement à ce que son attitude de bon samaritain aurait pu laisser soupçonner. Non, il se faisait simplement toujours la réflexion que s’il s’était retrouvé dans une situation épineuse, il aurait bien voulu que quelqu’un lui vînt en aide, et qu’alors, puisqu’il était en position d’offrir son concours à autrui, pourquoi ne l’aurait-il pas fait ? Cela ne lui coûtait dans le fond pas grand-chose, lui était gratifiant, et était de plus une bonne occasion de faire bon usage de ses aptitudes de médecin qu’il aurait été autrement bien bêtement stérile de cultiver.
Restait toutefois à voir ce que Shad en penserait, la terranide restant un moment pensive devant une pareille proposition qui, il en était bien conscient, n’était pas un maigre engagement. Après tout, il faisait peut-être bonne figure, mais dans un monde aussi souvent impitoyable que Terra, il fallait toujours savoir se méfier de la parole d’autrui, les mauvaises rencontres possibles étant légion pour vous faire passer un sale quart d’heure de toutes les façons possibles.

Tenant apparemment tout d’abord à tester l’efficacité de ses capacités motrices, la jeune fille commença par se relever, imitée par l’homme-loup toujours silencieux, tenant en un équilibre unijambiste pas si bancal que ça grâce à son appendice caudal qui lui permettait de faire balancier. Comme le docteur l’avait pu observer, elle avait un corps en bon état, et savait s’en servir efficacement, ce qui n’empêchait hélas pas qu’avec la blessure qu’elle avait subie, elle ne pourrait pas aller bien loin même avec la meilleure volonté et la plus grande habileté du monde.
Il fut donc sage de sa part que d’accepter la proposition de Saïl, celui-ci hochant la tête en devant cependant étouffer un sourire soudain à la mention du « sans aucune forme de procès ». Voilà encore une fois qui ne manquait pas de lui évoquer La Fontaine et son œuvre du loup et de l’agneau s’achevant par le célèbre « Le loup l'emporte et puis le mange, / Sans autre forme de procès. » ! Il s’abstint toutefois de citer la fable, conscient que cela aurait été de fort mauvais goût en la circonstance, le faisant certainement passer pour une sorte de maniaque dérangé. Au lieu de cela, gardant son sérieux, le géant lupin eut un geste conciliant de la main, balayant avec une gaillardise placide les préoccupations de Shad :

« Ne vous en faites pas, ça me fait plaisir. »

Une telle phrase aurait pu paraître suspecte dans la bouche de quelqu’un d’autre, mais en l’occurrence, le savant des Terres Sauvages se faisait réellement une joie que quelqu’un acceptât si courtoisement sa compagnie. C’est que les Contrées du Chaos sont peut-être l’endroit idéal si l’on veut avoir une retraite tranquille et éloignée de tous les soucis mondains de la ville, mais si l’on veut s’y installer durablement, il ne faut pas avoir peur de la solitude, et celle-ci se faisait par moments bien pesante pour notre scientifique certes réservé mais pas misanthrope pour autant. Il n’était donc pas mécontent d’avoir droit à la compagnie de quelqu’un, surtout que la jeune fille concernée avait l’air d’être des plus cordiale, et serait donc une personne qu’il ne regretterait très certainement pas d’avoir côtoyée ni d’avoir secourue.

Aux premiers jours de sa vie sous sa nouvelle forme, l’homme-loup avait été assez complexé par l’idée de marcher à quatre pattes, cette position lui apparaissant avoir quelque chose d’humiliant de par son animalité, et s’en était par conséquent abstenu autant que possible, même lorsqu’il pouvait être sûr qu’il n’y avait personne pour le voir. Cependant, avec le temps, il avait fini par faire une croix sur ses réticences, et avait adopté cette posture pour tout ce qu’elle avait de pratique, lui permettant une vélocité et une stabilité dont il ne cessait jamais de s’émerveiller, voyant là toutes les potentialités de l’impressionnante machinerie de son corps hybride mises en œuvre.

Ainsi, se fut sans gêne, aussi ordinairement que s’il avait pris la demoiselle par la main pour l’aider à marcher, qu’il lui tourna le dos et se mit en position accroupie, se courbant légèrement vers l’avant pour lui permettre de se mettre à califourchon sur lui aussi commodément que possible. Il attendit qu’elle fût bien accrochée, à plat sur son échine et les bras agrippés au niveau de ses épaules où son espèce de crinière fournissait de parfaites prises, puis se laissa aller vers l’avant, se réceptionnant souplement sur ses membres antérieurs.

« Accrochez-vous bien. »
Recommanda-t-il.

Puis il se mit en route, d’abord à faible allure, afin d’éviter de couper le souffle à sa passagère ou de l’envoyer à terre, puis de plus en plus vite, traçant à travers les étendues terreuses sur lesquelles le soleil continuait de taper fort, comme pour décourager quiconque de sortir son nez des régions les plus fraîches. De loin, ils n’étaient tous deux qu’une unique silhouette insolite consistant en une cavalière et une monture peu communes, filant à vive allure en direction de ce repaire connu de Saïl seul, celui-ci avalant les kilomètres et contournant les obstacles comme il en avait acquis l’habitude, mettant un grand soin à minimiser les cahots de façon à ne pas éprouver la jeune fille ou aggraver l’état de sa jambe blessée.

Le moyen de locomotion exceptionnel mis à part, le trajet fut en soi plutôt monotone tant la portion des Terres Sauvages dans laquelle ils voyageaient offrait peu de différences dans son allure, ressemblant toujours plus ou moins à une immense savane sauvage grouillante toutefois de vie ça et là. Ce ne fut qu’au bout d’une quinzaine de minutes qu’ils arrivèrent en vue de leur destination, une chaîne montagneuse de faible ampleur à laquelle on ne pouvait accéder que par le biais d’un plateau aux degrés assez escarpés n’offrant pour les traverser que des sentiers difficilement discernables.
L’homme-loup n’avait toutefois pas besoin de chemin pour progresser, devant simplement ralentir l’allure au niveau des raides escaliers pierreux afin d’éviter tout faux pas, faisant usage de ses membres antérieurs tantôt comme pattes, tantôt comme mains pour faciliter son ascension au terme de laquelle il parvint à une paroi rocheuse qu’il connaissait bien, et autour de laquelle un œil exercé pouvait discerner des traces de passage et d’activité fréquentes.
Se remettant progressivement en position verticale alors qu’il approchait, il se dirigea sans hésitation vers un énorme caillou dont il se saisit de ses deux grandes et puissantes mains, le poussant sur deux bons mètres afin de révéler l’entrée de sa maison, sa grotte qui l’avait si bien abrité depuis qu’il s’était retrouvé à devoir vivre dans les Contrées du Chaos.
Posément, il fit quelques pas dans sa demeure qui, éclairée de l’extérieur par la sortie ainsi que par une discrète trouée dans le plafond, révélait son intérieur si familier : sa couche en peau d’animal plus ou moins bien tannée, ses divers matériaux disposés avec un semblant d’ordre par-ci par-là, sa jeep couverte d’une bâche dans un coin, la petite mare au fond, et surtout les murs couverts de tous ces écrits scientifiques soutenant les réflexions de Saïl.

« On y est. »
Annonça-t-il en toute simplicité alors qu’il se remettait dans la même position que précédemment de manière à laisser Shad descendre.
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« Non, je ne suis pas un animal ! » ?                               Mais jamais je ne griffe ni ne tue.
                                                                               Aussi, approchez donc, n'ayez pas peur.
                                                                               C'est promis, je vous recevrai sans heurt.


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« Répondre #8 le: Septembre 04, 2010, 09:07:08 »

Décidément, on pouvait facilement dire que j'étais tombée sur un bon samaritain. Après qu'il m'avait soigné, voilà que Sail me proposait aussi naturellement que possible, un abri, le temps que la blessure se referme et qu'il me soit de nouveau possible de marcher de mon propre chef sur mes deux jambes. En parlant de tenir debout, la position unijambiste ne possédait réellement pas de grands avantages, sauf celui de devoir rester concentré pour ne point perdre son équilibre. Le lupin chassa rapidement d'un geste conciliant de sa main, mes pensées inutiles. Ce geste placide eut pour effet de me rassurer encore une fois sur ces attentions et surtout, sur le fait que je ne le gênais guère.
Un saut, un deuxième petit bondissement. Clopin-clopant,  je m'avançais vers le loup-garou qui s'était mis de sorte à ce que je puisse monter sur son dos. Légèrement accroupi vers le sol, l'échine basse, tout dans sa gestuelle montrait qu'il m'autorisait à monter sur son dos. Cependant, tandis que j'étais à ses côtés, le doute survint encore une fois à la charge. Devais-je lui faire confiance ? Tous ces actes de bontés n'avaient- ils pas été fait pour mieux me duper ? Le seul moyen de savoir était encore de grimper sur son échine. De toute manière, je possédais que très peu d'échappatoire et mieux valait rester avec une créature douée de parole que de séjourner en ces lieux hostiles.

La première jambe fut passée sans trop de difficultés, la seconde était plus ardue. En effet, je devais faire attention au geste que j'entreprenais afin de ne pas donner des coups trop brutaux à la partie meurtrie de la cheville. Avancer avec parcimonie, prendre le temps de bien calculer ses gestes. Le fait de ne pas se presser paya ses fruits. Installée en califourchon sur Sail, il ne me restait plus qu'à faire passer mes bras autour de ses épaules de sortes à pouvoir me tenir aux poils qui ornaient sa crinière. Le contact de sa fourrure sur les doigts était agréable. Une sensation de chaleur et douceur propre au pelage d'un animal qu'on ne pourrait jamais égaler. Solidement accrochée, j'avançais doucement le haut du corps pour pouvoir murmurer à l'oreille du lycanthrope :

« Vous pouvez y aller. »

Enfin, le loup-garou se réceptionna sur ses deux pattes antérieurs et se mis à marcher. Doucement, la vitesse du voyage augmentait au fur et à mesure des secondes. Prenant d'abord une vitesse de croisade lente, cette dernière était devenue rapide, haletante. La sensation du vent était agréable à sentir, une sensation de vitesse et de fraîcheur à la fois que l'on peut retrouver que dans peu de situation de la vie courante. Le paysage formé de hautes herbes défilaient à toute allure devant mes yeux. Bien que la sensation était exquise, le fait d'observer toujours le même décor me lassa bien vite. Reposant la tête contre le haut de l'échine de la créature mi-homme, mi-loup, je laissais mes yeux se clore un instant, profitant juste ainsi des sensations données par la vélocité de Sail.

Ce ne fut que quand il se remit partiellement debout que je rouvris mes paupières, apercevant de ce fait, une falaise qui ne présentait que très peu d'appuis. La monter ne devait pas être chose aisé. Instinctivement, j'étreignis un peu plus la fourrure du lupin, m'assurant ainsi d'une bonne prise. L'escalade débuta. Qu'il était étonnant de le voir monter cette colline abrupte aussi facilement que s'il marcherait sur un sentier. Ici et là, à certaine partie plus plate qui servait d'appui, mes yeux purent distingués l'apparition de plusieurs traces de griffes, preuve que ces plateformes étaient quotidiennement utilisé.

Une fois arrivée en haut, le lycanthrope se remit parfaitement sur ces deux pattes postérieurs ce qui m'obligea à faire passer mes jambes devant son ventre de sorte à ne pas glisser, ni tomber. Avec une facilité déconcertante, il déplaça un énorme rocher qui devait certainement pesé plusieurs quintal à vu de nez. La pierre imposante n'était là que pour juger le rôle d'une porte, bloquant de ce fait, l'accès à ce qu'on pourrait appeler « sa maison ». Le loup-garou fit quelques pas à l'intérieur de son antre. La luminosité venant de l'extérieur, me permettais aisément de voir les différents objets entreposés dans la cavité creusée dans la terre, mais également de me faire une idée de sa superficie.

Cependant, une seule chose attira mon attention plus que les autres : la présence d'écrits sur le mur.A en juger leur aspect chiffré, il n'était pas compliqué de comprendre que cela provenait de réflexion d'un scientifique en herbe. Une question qui me taraudait l'esprit me revint soudainement. Qui était Sail réellement ? Son apparence était en tout point opposé à son mental. Malheureusement, juste avant que je n'ai le temps de formuler une quelconque question à son égard, il se remit en position accroupie, comme il avait fait quelques minutes plus tôt. Mais cette fois, la manoeuvre avait été faite de sorte à ce que je puisse descendre. Ce que je fis sans me prier, mais non sans me hâter aussi. Une fois à terre, je pris l'une des parois de la grotte en guise d'appui, m'adossant doucement contre cette dernière. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de regarder les écrits gravés à même la roche.

« Que signifie tous ces calculs ? »

Certes, j'étais curieuse, mais il y' avait de quoi. Qui ne chercherait pas à comprendre l'existence de pareils calculs ou symbole chimique sur la quasi totalité d'une grotte ? Plusieurs des parois en étaient recouvert, ce qui évidemment, augmenter la curiosité. Bien que je ne comprenais strictement pas le trois- quart de ce qui était gravé, je ne pouvais m'arrêter de lire ce qui était inscrit, avant de reposer mon regard sur Sail, abaissant légèrement les oreilles vers l'arrière, en signe d'un léger malaise.

« Bien sûr, si vous ne souhaitez pas, je ne vous obligerez pas à me dire leur signification, ni la raison de leur présence ici ... »
 
Il exite des fois, où certains préfère garder pour soi ses secrets. Il était donc tout à fait normal que je ne cherche pas à comprendre ceux du loup-garou en le harcelant de question s 'il ne voudrait pas répondre à celle qui venait juste d'être posée.
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Saïl Ursoë
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« Répondre #9 le: Septembre 05, 2010, 05:08:10 »

La demeure de Saïl n’avait rien de bien impressionnant, ni même de très reluisant ou agréable à côtoyer tant tout ce qui s’y trouvait relevait soit du scientifiquement bizarre, soit du rustiquement pratique, cela en un amalgame que l’on aurait pu trouver d’assez mauvais goût. Néanmoins, cela ne dérangeait nullement l’homme-loup qui, depuis le temps qu’il y vivait, avait appris à apprécier cet endroit, et s’était par conséquent familiarisé avec lui d’une manière qui le faisait le considérer intuitivement comme sa maison. Oui, il était chez lui, et se sentait ainsi d’autant plus à l’aise, capable de se montrer d’une assurance hospitalière là où il aurait pu auparavant sembler renfermé et farouche.
Pour l’heure, il désirait avant tout que Shad se sentît également aussi à l’aise que possible, aussi la regarda-t-il attentivement prendre place avec le sol en guise de chaise et un des murs de la grotte pour dossier, la jeune fille contemplant ce qui l’entourait avec une curiosité manifeste. Etrangement, un tel intérêt l’emplit automatiquement de quelque chose relevant d’une humble fierté ; comme si faire les honneurs de sa maison lui avait été d’autant plus gratifiant qu’il ne se discernait dans le comportement de son invitée ni crainte, ni dégoût, ni désapprobation. Certes, elle était toujours sur ses gardes, ce qu’il aurait difficilement pu lui reprocher, mais pour autant, elle se sentait apparemment assez à l’aise pour faire attention à l’étonnant agencement des lieux plutôt que de le garder avec défiance dans sa ligne de mire.

Justement, après à peine quelques secondes d’observation, elle ne put s’empêcher de s’enquérir de la nature des innombrables écritures qui couvraient les parois de la caverne, constituant une tapisserie savante que lui-même ne pouvait avoir sous les yeux sans en ressentir une pointe d’excitation. Oui, il y avait là la manifestation brute de sa passion pour son travail : dans ces calculs brouillons, dans ces erreurs barrées rageusement, dans ces réussites entourées triomphalement, on pouvait discerner une parcelle de l’âme de Saïl qui s’était inscrite dans la roche.
Emu par les souvenirs d’interminables heures de recherche que la terranide avait éveillés en lui, il posa avec une familiarité presque cérémonieuse une de ses grandes pattes sur le tableau de pierre, éprouvant avec un doux contentement le tracé de ces si originales gravures. Perdu dans ses réflexions comme cela lui arrivait parfois, le biologiste en resta pensivement muet, la question de Shad s’étant égarée dans les méandres de ses idées.

Il ne revint sur terre que lorsque celle-ci reprit à nouveau la parole avec humilité, ayant à ce qu’il semblait pris son silence pour de la réserve et craignant désormais de l’avoir froissé ainsi que l’indiquait son langage corporel quelque peu intimidé. Désireux de repousser ses craintes, il eut un sourire réconfortant, agitant vaguement sa main devant lui autant pour lui faire signe qu’il n’y avait aucun problème que pour se remettre lui-même les idées en place :

« Non, non, pas la peine de vous inquiéter. »

D’instinct, il se prépara à lui faire un véritable exposé sur ce en quoi consistaient les différentes équations dont il avait couvert ces murs, mais se ravisa heureusement avant d’ouvrir la bouche, conscient que son langage scientifique aurait vite fait d’égarer une profane plutôt que de lui rendre l’affaire plus intelligible. Après un instant de réflexion, il décida donc de commencer par le commencement :

« En fait, j’avais des calculs à faire, mais disons que je manquais de matériel, alors… » Expliqua-t-il, complétant son raisonnement en l’illustrant par l’apposition légère d’une de ses griffes sur la roche, laquelle traça sans problème un sillon pareil à ceux qui ornaient le reste de la paroi. « Quant à ce que c’est… c’est assez compliqué, mais pour faire court, c’est une recherche pour un produit sur lequel je travaille depuis un bout de temps. »

Et un bout de temps était en réalité bien peu dire, car le Terranis n’était ni plus ni moins que l’œuvre de sa vie sur l’élaboration de laquelle il avait bûché pendant des années et bûchait encore, toujours plus proche du but et pourtant toujours si loin tant les facteurs à prendre en compte étaient multiples, tant le résultat convoité était délicat, tant les pistes possibles étaient nombreuses…
Il s’arrêta toutefois à ce résumé, non pas parce qu’il estimait qu’un pareil projet relevait en soi du secret défense, mais parce qu’il savait que ses propos en la matière pouvaient facilement se muer en rébarbatives divagations. Comme l’indiquait son ton aimable bien que quelque peu tendu sous l’ampleur du concept dont il parlait, il estimait qu’il pouvait en faire part à à peu près n’importe qui du moment qu’il s’agissait d’une personne de confiance avec la tête sur les épaules. Ainsi, si Shad désirait davantage de renseignements sur le sujet, elle était tout à fait en droit de demander plus de précisions, mais pour l’heure, il se contenta de cette version abrégée, n’aimant pas s’étendre sur ce qui le concernait du fait que cela lui donnait trop souvent l’impression de se faire mousser.

Mais en l’occurrence, la demoiselle était son invitée, et donc, si quelqu’un ici avait le droit de parler de lui, c’était bien elle, d’autant plus qu’avec son allure joliment fière et sa façon posée de s’exprimer, elle faisait sans aucun doute une conversationniste plus agréable que le savant au babil peu enthousiasmant qu’il était. Par conséquent, laissant son dos se reposer contre une des parois de son habitation en une posture tranquille, il prit à son tour la parole pour une question :

« Et vous, si c’est pas trop indiscret, qu’est-ce que vous étiez venue faire dans un coin aussi inhospitalier ? »


En effet, la présence de la jeune fille en ces lieux n’avait pas manqué de susciter sa curiosité tant les personnes qui s’aventuraient seules dans les Contrées du Chaos étaient rares, la population préférant très généralement rester à l’abri d’agglomérations aussi grandes et bien protégées que possible. En fait, il n’y avait que quelques types de personnes qui auraient pu vouloir pénétrer de leur plein gré ces dangereux territoires : les fous, les aventureux, les chercheurs, les chasseurs d’esclaves, et les esclaves en fuite. Il n’était pas improbable que Shad appartînt à la dernière catégorie tant Saïl savait que les terranides étaient mal considérés sur Terra, mais pour autant, et malgré ce qu’elle avait dit en se présentant, il n’arrivait pas à se faire d’elle l’image d’une servante, de quelque manière que ce fût.
Cependant, il se rendait compte que son interrogation pouvait ne pas être la bienvenue, raison pour laquelle il l’avait formulée si poliment, laissant ainsi pleinement le choix à la gracieuse louve de le rebuffer si elle estimait que s’enquérir de la sorte de ses origines et de ses intentions était déplacé. Après tout, son bien-être était plus important que l’inquisition de l’homme-loup ; et d’ailleurs, en y pensant, il lui vint à l’esprit qu’il ne s’était probablement pas conduit comme un hôte convenablement courtois. De là, il prit soin d’ajouter avec une aimable prévenance, conscient que son logis n’était de loin pas l’abri le plus confortable ou le plus esthétiquement avancé qui fût :

« En parlant de ça, j’espère que l’endroit ne vous dérange pas. Je sais que c’est pas ce qu’il y a de mieux, mais c’est tout ce que j’ai. »
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Dites, en me voyant, que voyez-vous ?                             En vérité, je suis partagé
Est-ce un monstre, un cauchemar, un loup fou ?                  Entre Khral, ce fougueux loup emporté
Est-ce un fort centaure qui brame et mord ?                       Et Saïl ce timide humain gêné,
Est-ce une bête de poils au coeur d'or ?                            Mais ça, jamais mal intentionné !
Est-ce Elephant Man qui crie, mis à mal :                          Certes, je grogne, je bondis je rue,
« Non, je ne suis pas un animal ! » ?                               Mais jamais je ne griffe ni ne tue.
                                                                               Aussi, approchez donc, n'ayez pas peur.
                                                                               C'est promis, je vous recevrai sans heurt.


Shad Hoshisora
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« Répondre #10 le: Septembre 13, 2010, 02:34:17 »

Le silence quand on s'y attend le moins peut avoir un aspect dérangeant, mettant ainsi mal à l'aise la personne qui l'a engendrée. Ainsi, l'homme-loup ne m'avait donné de réponse à ma question dans un premier temps et semblait se remémorait d'anciens souvenirs. Soit, je n'allais pas lui en tenir rigueur. Il daigna cependant m'expliquer la raison de ces gravures scientifiques qui ornaient sa demeure de pierre. Posant une main contre l'une des parois pour me soutenir, je me relevais, clopinant dans l'antre, regardant avec attention chacun des reliefs qui représentaient chacun une part des recherches de Sail. Ici et là, il était possible de voir des résultats entourés avec une certaine satisfaction, d'autres rayés avec colère et rage. Il était vrai qu'avec une simple feuille, il n'aurait jamais pu écrire autant. Et puis, il fallait avouer que ces pattes munies de griffes, lui fournissaient un stylo naturel, les parois faisant ainsi office de support :

Cependant, tandis que je voulais lui poser une question sur l'origine et l'objectif de ces écrits, il ne tarda pas à en poser une dans un premier temps. Soit, d'abord lui répondre, puis poser l'interrogation ensuite. Ainsi, le lycanthrope était curieux de ma présence en ces lieux désolés. Un léger soupir s'échappa et s'envola dans les airs aussi vite qu'il était apparu. Certes, je lui avais dit que j'étais la propriété d'une personne et que par conséquent j'étais un esclave. Mais qui dit esclave, dit qu'en l'occurrence, je devrais être sans cesse avec la personne m'ayant acheté et qui me possédait en tant qu'objet. Bien sûr, ce n'était nullement le cas pour ma part, car je jouissais d'une totale liberté offerte par mon amie. Cette fois, le silence s'était installé par ma faute. Réfléchissant à une façon d'expliquer ma venue dans les Terres Sauvages sans trop en divulguait, je ne disais rien, laissant ainsi le calme revenir dans la demeure de Sail. Finalement, relevant la tête qui pendant un instant jugé le sol, je regardais mon interlocuteur avant de lui fournir l'explication qu'il attendait

« Je ne vous ai pas menti sur mon statut social bien que je n'étais pas accompagnée. Mais, disons que Dana O Hara me laisse libre de tous mouvement. Cependant, rester dans la ville-état du Nexus n'est aussi pas chose conseillées puisque pour tous chasseur d'esclave, une terranide sans laisse, ni chaîne est une terranide libre qu'il faut de ce pas capturée. Ainsi, j'ai donc trouvé refuge dans les Terres Sauvages afin d'éviter ce genre de souci.... »

Afin d'appuyer mon plaidoyer sur la raison de ma venue dans ces contrées, je mis une de mes mains dans l'une des poches dont était pourvue la veste noire que je portais, avant d'en sortir une sorte de parchemin que je lui tendis afin qu'il puisse lire son contenu. Morceau de papier qui était en fait une sorte de contrat de propriété maître-esclave falsifié , mais qui avait déjà fais ses preuves auparavant. Ainsi, sur ce- dit papier, il était possible de voir le nom des deux parties, le prix d'acquisition et un exemple de ma marque que je portais sur le dos de la main comme signe d'appartenance. Il ne restait plus qu'à voir s'il croirait cette version des faits ou si son oeil avisait arriverait à voir que tout n'est que mensonge. Bien sûr, s'il le souhaiterait et si je jugerai que je puisse lui faire confiance, la vérité lui sera dévoilée.

Décidément, les questions fusaient ! Alors que je pensais pouvoir lui faire part d'un de mes questionnements, voilà qu'il reposait déjà une nouvelle forme d'interrogation. Cette fois, ce n'était nullement en raison de ma présence ici ,mais plutôt de savoir si sa demeure me convenait bien qu'elle était assez sommaire et rustique. Faisant un bref signe de la main pour signifier que tout aller bien et jetant un rapide regard à nouveau à l'aménagement de la grotte, je lui répondis sans aucune pointe d'ironie ou de dégoût :

« Oh ne vous en faites pas, je suis bien consciente qu'il est très difficile d'avoir une réelle maison dans les Terres du Chaos. Votre grotte me convient tout à fait n'ayez aucune crainte sur cela. »

Heureusement encore qu'elle me convienne ! Déjà qu'il m'avait aidé et soigné je n'allais pas encore faire un caprice pour un souci de propriété ! Du moment que cette « maison » est ornée d'un toit pour se protéger de la pluie, bien que ce dernier puisse être de source naturelle, cela me convenait. L'aumône de Sail faisait presque oublier le fait que nous étions plus dans une grotte que dans un véritable bâtiment. Observant ce dernier, j'attendais patiemment qu'il me pose une nouvelle question. Aucune ne semblait lui venir à l'esprit pour le moment. Soit, enfin, il me serait possible de poser celle qui me tenait à coeur et qui concerne tous ces calculs.

« Vos recherches doivent vraiment vous tenir à coeur ...Si ce n'est pas trop indiscret, sur quoi travaillez-vous pour mettre autant d'énergie à sa conception ? »

Certes, j'avais quelques notions en algorithme de mon temps passé sur le plan Terre, mais jamais je n'arriverais à déchiffrer pareil jargon scientifique. Pour ma part, être devant cette paroi remplie de calculs en tout genre reviendrait au même qu'être devant une feuille écrite en mandarin. Revenant ainsi à la place que j'avais précédemment quittée, je laissais à nouveau mon dos se poser contre l'une des parois et le sol faire office de siège, allongeant la jambe qui possédait la cheville meurtrie tandis que l'autre restait debout, le genou relevé. Reportant mon attention sur Sail, j'attendais une quelconque explication. Encore bien sûr fallait il qu'il soit d'humeur à m'en fournir une. Si tel n'était pas le cas, je ne lui en tiendrais aucunement rigueur. Chacun avait ses secrets avant tout.
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