Le Grand Jeu - Forum RPG Hentai

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April Rain (William)

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Huntress

Humain(e)

April Rain (William)

vendredi 12 mars 2010, 15:57:14

Dante était debout devant la baie vitrée qui donnait une vue sur un immense jardin à la française. Parfaitement taillé, droit, symétrique ; même la pluie qui tombait ne troublait en rien cet ordre. Hana était un peu en retrait derrière lui, et en observant le jardin, on pouvait se demander d'où lui venait son obsession des choses parfaitement rangées... Parfois, les yeux de la jeune fille se glissaient vers son géniteur. Il était grand, et plutôt bien conservé pour quelqu'un qui approchait la cinquantaine,  sa courte chevelure blanche toujours parfaitement soignée. Il dégageait une certaine majesté, de la noblesse même dans ce costume italien d'un bleu marine, et en présence d'Hana, l'autorité qu'il avait pour le reste de la maisonnée disparaissait. Aucun des deux n'arrivaient vraiment à considérer l'autre comme son père ou sa fille, mais après sept années passées ensemble, leurs relations s'étaient améliorées. Et puis, il fallait dire quelle le trouvait impressionnant, du haut de ses presque deux mètres, l'exact opposé de l'homme que Hana avait toujours appelé Père, gamine, qui lui atteignait difficilement le mètre soixante dix.

Des coups légers furent frappés, et l'on annonça que Maïtre Dolan était arrivé. Dante posa une large main sur la frêle épaule d'Hana.

- Tu peux partir, si tu veux.
- Dante, c'est moi qui t'ai informée la première que ce petit conn...

Elle sait qu'elle n'a aucun intérêt à esquiver la baffe, même si son entrainement, dispensé par ses cousins et Dante lui-même, lui donne les réflexes de le faire.

- Ton langage, Rachele.

Il ne l'appelait jamais pas son prénom japonais. Hana baissa la tête, et reprit :

- ... que ce Kuwabara était une taupe. Je suis juste curieuse de savoir comment notre avocat va faire.

William Dolan entre à ce moment là. Plutôt bel homme, il y a pourtant quelque chose qui a toujours chiffonné Hana à son propos. Dante s'assoit, on apporte thé et café avant de les laisser seuls ; Hana reste debout derrière son père, parfaitement immobile.

- Merci d'avoir réussi à venir aussi vite, Maître Dolan.

Inutile de préciser qu'ils avaient un problème de taille, sinon l'avocat ne serait pas là... Dante fait signe à la jeune fille de les servir ; un café pour les deux hommes, et si elle le veut, un thé pour elle.

- Nous avons eu une taupe. Qui s'est amusée à balancer tout un tas de petites choses ma foi fort gênantes à la police. Ils en sont encore au stade de vérifier ses dires, mais d'ici à ce soir, je risque d'avoir la moitié de mes... employés sous les verrous. Et sans eux, rien ne se vend, hélas.

La famille Bertinelli-Ochinose, dont Hana était la seule représentante, avait la main mise sur le marché de la drogue ; en attendant la majorité de la jeune fille, il y avait bien quelques arrangements entre les italiens et les japonais pour ne pas se marcher sur les pieds, mais les contacts restaient rares. Dante but une gorgée de café.

- J'ai confiance en ceux que je j'engage, jusqu'à un certain point, bien sûr. Ce serait gênant si l'un d'eux décidait soudain qu'il ne me devais plus rien... Et qu'on vienne me réveiller en plein milieu de la nuit. Je déteste être réveillé pour rien... Pouvez-vous faire quelque chose à ce propos, Awocato Dolan ?
« Modifié: samedi 13 mars 2010, 13:49:38 par Huntress »

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 1 samedi 13 mars 2010, 15:58:39

       L'aube. Un coup de téléphone avait perturbé le planning très chargé de maitre Dolan. Pourtant, il ne pouvait pas se permettre de l'ignorer car il attendait ce moment depuis bien longtemps. Enfin, la famille Bertinelli avait besoin de ses services. Il n'avait jamais eu à faire avec ces mafieux italiens et ils ne lui devaient rien. De nouveaux contacts avec la pègre ne seraient pas superflues. La roue tourne...

       Pour qu'ils le convoquent d'urgence, ils devaient sans doute avoir de gros problèmes. Cependant, l'affaire n'était pas aussi simple qu'elle en avait l'air. Il existe des tensions entre les italiens et les japonnais. Il était donc possible de s'aliéner les yakusas en aidant la famille Bertinelli. Cependant, le cabinet Dolan n'appartenait pas à la mafia japonaise, ce qui lui laissait une marge de manœuvre appréciable. Mais, Dolan pouvait décider de s'assurer que la famille Bertinelli coule complètement, ce qui lui vaudrait sans doute des faveurs de la part de leurs ennemis. Encore fallait-il savoir ce qui est le plus avantageux: Régler les problèmes des italiens et obtenir leur estime, ou bien, ajouter la petite pichenette qui les fera dégringoler dans l'oubli.

       Que d'options! William n'avait pris aucune décision pour le moment. Comme d'habitude il aviserait sur le terrain la meilleure marche à suivre. Toujours dans son propre intérêt. Il avait tout de même ça petite idée sur la question.

       Dolan se présenta deux heures plus tard à la résidence des Bertellini. Il se laissa conduire par un serviteur qui le mena vers son futur client. La porte s'ouvrit. Dolan détailla rapidement l'homme qui devait avoir l'habitude de regarder les gens de haut. Il était plus grand que William qui faisait lui-même un bon mètre quatre-vingt. Du coin de l'œil il apercevait une femme qui attendait.

        Elle restait immobile et monsieur Bertellini ne semblait pas disposé à lui présenter. Il n'accorda donc aucun regard à la jeune fille. Dolan salua son hôte et prit place sur un siège en face de lui. Il remercia d'un hochement de tête la jeune fille qui lui servit un café puis écouta son client lui parler de l'infortune dont il était victime. Il ne l'interrompit pas, sirotant parfois l'arabica. Lorsque Dante eut fini, Dolan prit une longue gorgée pour se donner le temps de réfléchir à sa réponse.

       William n'avait jamais entendu parler d'une taupe qui s'était infiltrée parmi les Bertellini mais ce n'était pas étonnant. Ce genre d'informations confidentielles étaient très difficiles à obtenir, même pour ses contacts dans la police. Il nageait dans l'inconnu car il n'avait pas beaucoup d'éléments à sa disposition. Il se décida à poser son regard émeraude sur Dante. Il appréciait ce moment. Il avait l'impression d'être un médecin qui allait rendre un diagnostic. Ce qui n'était pas totalement faux, à la différence que le malade était une organisation de malfaiteurs.

       -Félicitation pour avoir démasqué cette taupe même si la tuer vous aurait permis de vous dispenser de mes services. Mais je ne vais pas m'en plaindre.

      Cette affirmation n'avait pas pour but de congratuler les Bertellini, mais bien de montrer à son client à qui il avait à faire. Si la taupe avait pu finir son travail sans être démasquée,  la police aurait débarquée dans la résidence pour embarquer tout le monde et Dolan serait en train de converser avec Dante, non pas dans un salon agréable mais dans une petit pièce insalubre du commissariat de Seikusu.

      -En effet, si ce traitre n'avait pas été démasqué et qu'il avait quitté votre service de son plein grès cela aurait voulu dire qu'il avait toutes les preuves nécessaires pour vous faire inculper. Alors que si vous l'avez démasqué avant, il se peut qu'il n'ait pas eu le temps de rassembler suffisamment d'informations compromettantes. Je vous le dis sans détour Monsieur Bertinelli, si la taupe avait  fini sa mission, je n'aurait rien pu faire pour vos troubles du sommeil.

       L'avocat marqua une pause pour que son interlocuteur digère ses propos. Les taupes sont très difficile à infiltrer et peu de policiers sont prêt à risquer leur vie pendant des mois pour démanteler un gang. En contre partie, ce système était très efficace. Une taupe qui finit sa mission a tous les éléments pour éradiquer n'importe quel organisation criminelle et Dolan n'aurait rien pu faire. Ce qui n'était pas tout à fait vrai. William avait déjà réussi un exploit semblable mais cela restait rare. La dernière fois que cela était arrivé, le cabinet Dolan avait été pointé du doigt par l'opinion publique. En soi ce n'était pas gênant mais ça attirait trop l'attention.

       -Tout d'abord je vous suggère d'assassiner le traitre, si vous en avez les moyens; son témoignage serait gênant. Je vais, de mon côté, découvrir ce qu'il a appris sur vos activités. Ensuite, je ferais mon possible pour que vous ne soyez pas dérangé par les forces de l'ordre mais je ne peux rien promettre pour vos hommes. Et enfin, je vous suggère de désigner des boucs émissaires parmi vos employés les plus médiocres afin qu'ils plongent à votre place. Il se peut que vous perdiez des plumes dans cette affaire mais il s'agit du pronostique le plus pessimiste que je puisse vous donner. C'est tout ce que je peux vous dire avec les informations que je viens d'avoir.

       Autant lui donner le pire des scénarios maintenant. Il devait être prêt a parer toutes éventualités, même s'il y avait de grandes chances pour que la famille Bertellini se tire de ce mauvais pas avec quelques millions de yens en moins. Une somme qui servirait à régler les honoraires de maitre Dolan.
« Modifié: samedi 13 mars 2010, 16:05:00 par William Dolan »

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 2 vendredi 19 mars 2010, 13:36:24

Hana restait parfaitement immobile malgré la situation. Ce que Maître Dolan disait n'était pas non plus pour la mettre de bonne humeur, il faut avouer. Même si tout lui appartenait, la jeune métisse était bien contente de n'avoir encore rien à gérer, et pouvoir continuer à jouer la justicière la nuit. C'est d'ailleurs lors d'une ronde qu'elle avait repéré ce Kuwabara. Les dealers ne se rencontraient jamais, c'était la première règle, pour que personne ne puisse balancer personne. Celui-là, il avait à tout prix cherché le contact, et avait trouvé un "collègue" avec qui il avait commencé à discuter... C'était trop louche. Cela n'avait pas plu à Huntress. Encore moins à Hana. Pourtant, elle n'avait rien pu faire ; il était peut-être une taupe, mais rapporter l'information aurait été bien plus utile que de tuer un employé peut-être fidèle, mais où les apparences jouaient contre lui. Le lendemain, quand il avait fait son rapport, ramené l'argent et redemandé de la came, il avait apporté le tout petit élément qu'il manquait à la jeune fille pour le démasquer : un changement d'itinéraire, où il aurait forcément rencontré d'autres dealers. Et quelque chose avait du lui mettre la puce à l'oreille, et il avait filé chez les flics la matin même. Les infos qu'il avait étaient maigrichonnes, certes, mais pas à prendre à la légère... Surtout quand on sait que ces rats attendent la moindre occasion de coffrer l'italien - on va dire que le fait que les Ochinose ont la main mise sur les forces de l'ordre du pays jouent sans doute beaucoup, et qu'ils ne vivent que pour lui faire cracher des aveux du meurtre de la famille, il y a plusieurs années. Aaah, ces japonais et leur sens de l'honneur et de la famille !

Hana boit tranquillement son thé, sans aucun bruit, sans quitter William des yeux. Elle ne doute pas un instant, malgré ses paroles, que l'avocat sortira son oncle de là - parce que sinon, la justice d'Huntress le laissera dans un bien triste état, jusqu'à ce que Dante sorte de prison. Pour un Bertinelli, pas de sortie sous caution, ce serait trop facile ; le moindre mégot de cigarette jeté par terre, la moindre traversée en dehors des clous ou voiture mal garée seront d'autant de raisons de la garder le plus longtemps possible. Et Hana, majeure en Italie, était encore mineure au Japon, et elle ne pourrait absolument rien faire pour le sortir de là - sauf, éventuellement, si elle faisait profil bas devant son autre famille, les Ochinose, ce qui était absolument hors de question. Autant Dante avait du respect pour les japonais, l'inverse n'était absolument pas vrai.

Lorsque la jeune fille s'approcha de la table pour reposer sa tasse, elle vit Dante en pleine réflexion. Et elle savait que son oncle pensait à autre chose : il serait tellement plus facile de repartir en Italie, pour quelques jours, le temps que ça se tasse. Hana parla en italien :

- Dante, vous ne pouvez pas partir. Ca vous rendrait coupable.
- Rachele, tu ne m'apprends rien. Mais un vieil homme peut bien avoir le mal du pays ?
- Vous n'êtes absolument pas un vieil homme, et avec l'incendie de la résidence à Naples, vous devrez vous contenter de la résidence secondaire à Milan.
- Ah, Milano !
- Vous détestez Milan !

En bons italiens, il parlaient très forts, et avec les mains. On avait l'impression qu'ils s'engueulaient. Ce qui n'était pas encore le cas.

- Restez, Dante. Vous ne pouvez pas me...
- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire, jeune fille.
- Vous allez me laisser avec toute cette merde sur les bras ?!

Hana esquiva la gifle. Grossière erreur. Dante se leva, la domina de toute sa hauteur, menaçant.

- Toute cette agitation, Rachele !! Agitation !
- D'accord, d'accord ! Toute cette "agitation" !!
- Et bien il serait peut-être temps de prendre à coeur les affaires qui finiront par t'incomber, Rachele !

La jeune fille serre les poings, tire sur sa veste pour la lisser et se retourne vers Maître Dolan avec une expression à nouveau maîtrisée - ce qui n'est pas le cas de sa voix, où son accent italien tranche avec la douceur du japonais.

- Maître Dolan, nous avons eu des doutes sur cet homme ce matin même. Et c'est le fait qu'il soit injoignable et qu'il ait tout bonnement disparu d'un coup qui nous a fait supposé, sans doute trop rapidement, qu'il était déjà parti voir la police.

Dante se rassoit, et Hana se ressert un thé. Après une gorgée qui lui brule la gorge - mais elle a l'habitude - elle continue.

- Il nous a parut étrange quand il nous a demandé de changé son itinéraire. Aucun de nos dealers n'est censé en rencontrer un autre. Il nous demandait un chemin qui l'aurait obligé à en voir au moins trois, sans doute et plus probablement une demi douzaine. Peut-être est-ce une simple coïncidence. Mais sa disparition soudaine nous laisse supposer que ce n'était pas anodin.

"J'aurai du lui tirer une balle entre les yeux." pense-t-elle.

Elle vide d'un trait sa tasse et tend la main à William :

- Au fait, je ne me suis pas présentée : Hana Bertinelli-Ochinose. Enchantée de vous connaître, Maître Dolan. J'espère que vous arriverez à sortir mon... Oncle de là.

Malgré toutes ces années, elle ne savait jamais comment appeler Dante... Même si le "oncle" gagnait très souvent sur le "père".

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 3 samedi 20 mars 2010, 15:45:32

       William prit une gorgée de café pour se donner une contenance. Il ne comprenait pas un mot de ce qui se disait. L'italien. Cette langue latine coulait comme un torrent ininterrompu. Peut-être un peu trop expressive à son goût. Quoiqu'il en soit, c'est un terrible manque de courtoisie, de parler une langue étrangère en présence de quelqu'un qui ne la comprend pas. Mais Dolan ne s'en offusquait pas. La politesse est une notion relative et varie en fonction des cultures. Finalement, l'avocat était bien content de ne rien comprendre car il s'agissait d'une scène de ménage. En effet, Dante avait essayé de gifler la jeune fille. Il reporta son attention sur son café et attendit la fin de cette pièce de théâtre dont l'intérêt était discutable pour lui.

       Finalement, la jeune fille se retourna vers lui et lui parla en japonnais. L'avocat s'autorisa à la regarder pour la première fois de cette entrevue. Une femme magnifique, typée italienne comme il se doit. Mais il y avait aussi autre chose que du sang italien en elle. Cela aurait dû lui sauter aux yeux mais Dolan n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Ce n'est que lorsque la jeune métisse se présenta qu'il sût alors qu'elle avait aussi du sang asiatique. Il aurait du s'en douter ; ses yeux ne sont pas ceux d'un Gaijin malgré leur couleur.

       -Hana Bertinelli-Ochinose, répéta le juriste avec une lenteur calculée et en insistant sur le nom de famille.

       Il lui adressa un regard pénétrant. Alors c'était elle. Le fruit de l'union des yakuzas et de la mafia italienne. L'héritière de l'empire que lui lèguera son père -et non son oncle-. William Dolan imprima le visage de cette femme dans son esprit ; il n'avait pas fini d'entendre parler d'elle. Avant que la situation ne devienne gênante, il cessa de la fixer et se permit un sourire poli.

       -C'est un honneur de vous rencontrer mademoiselle. Je ferai de mon mieux pour régler vos problèmes mais je crois que vous avez fait le plus gros du travail.

       Il s'inclina et reporta son attention sur monsieur Bertinelli.

       -Pourquoi notre taupe chercherait-elle à rencontrer vos dealers, fit l'avocat en se tapotant la lèvre d'un air songeur. Pour rassembler des preuves sur votre réseau de distribution de drogue...

       William s'interrompit, réfléchissant en silence. La taupe cherchait à rassembler des preuves pour montrer à la justice qu'il ne s'agissait pas que de simple dealers travaillant pour leur propre compte mais bien pour une haute institution criminelle. La famille Bertinelli. La deuxième étape consistant à prouver que cette famille supervise et est à l'origine de ce commerce illégal.

       -Vous n'avez pas de soucis à vous faire dans l'immédiat. Je ne pense pas que la police a de quoi remonter jusqu'à vous et il n'arrêteront pas vos dealers car il s'agit d'un menu fretin dont ils n'ont que faire. Cependant, il se peut qu'il y ait de nouvelles tentatives de la police pour vous arrêter. D'autres taupes qui sont peut-être déjà infiltrés ou bien des guet-apens pour vous prendre en flagrant délit. Je vous conseille donc la prudence.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 4 jeudi 25 mars 2010, 23:16:05

(HJ : Mea Culpa, je ne voulais pas faire aussi long, et crois moi ou pas, j'ai fait de la coupe xp ! )

Dante s'était rassis et avait croisé les bras, observant le petit manège de sa nièce. Et il n'aime pas ce qu'il entend. Depuis sept ans qu'il l'a prise sous son aile, a lui apprendre tout ce qu'elle sait aujourd'hui, il y a un défaut qu'il n'a jamais réussi à corriger chez elle : elle parle trop. Tout juste si l'italien attend qu'elle révèle à l'avocat où et comment ils s'approvisionnent. Ah, l'honneteté ! Le trait de caractère que Dante aimait tant chez Yuka, et dont sa fille a hélas hérité ! L'italien attend que Dolan ait fini de parler pour se lever, et pose une main énorme sur l'épaule qui semble soudain si minuscule de la jeune fille.

- Rachele, je te laisse régler ça. J'ai autre chose à faire.

Elle a une grimace et murmure en italien :

- Pas des bagages, j'espère...

Dante ne répond rien et salue l'avocat avant de sortir. Un instant gênée, ne sachant que faire, Hana finit pourtant par s'asseoir là où son oncle était quelques secondes avant. Elle parait si petite et vulnérable dans ce siège prévu pour un géant.

Ce n'était pas la première fois que les Bertinelli devaient faire face aux flics qui tentaient de démenteler leur réseau ; ils avaient souvent des dealers, ils savaient que les Bertinelli étaient impliqués jusqu'au cou dans le traffic japonais, mais jamais ils n'arrivaient à faire de liens... Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Pourtant, cette fois là, Hana avait paniqué, peut-être trop vite, et avait transmis ses doutes à son oncle. Dante savait que les Ochinose feraient tout pour le faire tomber. En tout cas, la jeune fille se calma grâce aux paroles de l'avocat, et lui offrit un sourire innocent - autant que pouvait l'être un sourire venant de la future impératrice de la drogue au Japon et en Italie.

- Vous avez raison, Maître Dolan. Je crois que nous avons réagi trop précipitemment. Veuillez excuser Dante pour son départ, les affaires, vous savez (elle roule des yeux.) Je ne sais comment vous remercier d'avoir chamboulé votre emploi du temps qui doit déjà être surchargé, et d'être venu ici aussi vite. Si je peux faire quoique ce soit pour vous, Maître...

Hana finit par se lever pour laisser l'avocat repartir vaquer à ses occupations, lui serre la main. La journée se passe, et la jeune fille suit son train-train quotidien : cours, attaques surprises, entraînement, sieste, repas... Jusqu'au soir.

* * *

Elle revêt son costume d'Huntress, bien décidée, cette fois, à mettre la main sur le petit batard qui s'est mit en tête de faire tomber les Bertinelli. Rien de bien grave, elle va juste suivre le conseil de l'avocat, et simplement tuer cette pourriture. Parfaitement armée, et après avoir vérifié qu'elle avait tout ce qui lui fallait, Huntress part à la chasse.

Et sa proie se retrouve là où elle n'aurait jamais pensé le pister. D'abord au parc, à acheter de la dope d'un autre dealer des Bertinelli. Ce détail la fait d'abord tiquer : pourquoi en acheter ? Il devrait savoir, même si c'est le dernier des crétins, que s'il en veut plus, il n'a qu'à demander... Mais Hana n'agit pas encore, parce qu'elle veut savoir ce qu'il va faire de toute cette came. Elle évite de faire des conclusions trop hâtives, comme ce matin. Alors elle continue à le pister, jusque dans les bois et là...

Il disparait. Purement et simplement. En y regardant de plus près, Hana reconnait un portail qui mène a Terra. Qu'à cela ne tienne ! Huntress part à sa suite, et assiste à quelque chose qu'elle n'aurait jamais pensé voir. Ce Kuwabara est intelligent, bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Il vent sa marchandise sur Terra contre des pièces souvent d'or, et va sans doute ensuite échanger son or en yens, et triple ainsi son bénéfice. Très malin.

Mais Hana n'aime pas qu'on vole ainsi sa famille. Elle attendra qu'il finisse sa tourner pour lui tirer une balle entre les deux yeux, récupérer tout son or et en faire son argent de poche. Elle le suit longtemps, sourde aux autres crimes qui peuvent se passer tout près - la justice est quelque chose d'assez inexistant sur Terra, et Huntress ne veut pas prendre le risque de perdre sa petite proie. Il va pourtant se passer quelque chose d'assez exceptionnel pour qu'elle décide de laisser la vie sauve à Kuwabara, jusqu'au lendemain au moins.

Si l'esclavage est monnaie courante sur ce monde, les ventes nocturnes sont plutôt rares. Et donc suspectes aux yeux de la jeune fille masquée. Elle ne veut pas s'en mêler, mais un visage connu la fait s'arrêter. William Dolan, en personne, et qui achète des terranides. Que fait-il donc là... Comment a-t-il eu connaissance de ce plan-ci ? Il est escorté par des gorilles qu'Hana pourrait abattre de loin, mais quel intérêt ? Elle regarde son dealer filer dans les rues sombres et malfamées de Nexus.

"Toi, demain, je te règle ton compte."

Et elle décide de suivre Dolan et ses acolytes, chargés de leurs achats, jusqu'à un nouveau portail - décidément, il y en a bien plus que ce qu'elle aurait pu imaginer... Elle laisse trois minutes s'écouler avant de les suivre, et se faufiler dans les ombres. Elle voit les Terranides être enfermées, puis Dolan et ses gardes du corps prendre un ascenseur. Premier arrêt au rez-de-chaussé, puis un second, bien plus haut. Étrange... Huntress ne sait même pas où il est, mais au vu du nombre impressionnant d'étages, et les sécurités qu'elle va devoir passer, elle doit être dans un très grand building. Elle finit pourtant, au bout de quinze bonne minutes, à sortir les terranides de leurs cages, pour les ramener sur leur plan d'origine - ce qu'il adviendra ensuite d'elle, Huntress s'en fiche pas mal : chaque chose et chaque personne doit être à sa place. A présent, il y a une autre énigme à résoudre : comment un humain aussi respectable que l'avocat William Dolan connait-il si bien Nexus ? Une fois qu'elle réussit à sortir des sous-sols, nouvelle question : est-ce une simple coïncidence que le Cabinet de l'avocat se soit retrouvé construit juste au-dessus d'un portail ? Hana lève les yeux au ciel : l'honnête Maître Dolan, avocat de la toute aussi gentille famille Bertinelli, qui tremperait dans le trafic d'esclaves ? Ça ne ressemble tellement pas au personnage... Huntress déroule son grappin et commence son ascension le long de la paroi plongée dans les ténèbres du building, jusqu'aux fenêtre éclairées... Il ne reste plus qu'à espérer que Dolan se trouve à l'une d'elle...

Et c'est finalement entre le 40e et le 50e étage qu'elle finit par le trouver - vague estimation, est-ce que vous vous casseriez la tête à compter les étages que vous montez à la force de vos bras ?! William est à son bureau, éclairé par une faible lueur. Bien sûr, il est placé pour avoir une vue d'ensemble sur toutes les entrées potentielles, fenêtres comprises. Hana va encore devoir faire dans la dentelle...

D'un coup de crosse puissant, elle fait voler la vitre en éclats, pointe son arbalète et tire dans l'épaule de l'avocat une fléchette qui le laissera inconscient quelques minutes. Juste le temps pour Huntress de se poser dans la pièce, détendre enfin ses bras et attacher Maître Dolan sur sa chaise, mains dans le dos. Lorsqu'il se réveille, elle est dos à lui, venant juste de fermer la porte à clef. Quand elle se retourne, Huntress sourit et se dirige vers lui, roulant légèrement des hanches, son arbalète voguant en rythme avec ses pas au bout de son bras. Elle pose son arme sur le bureau et vient s'asseoir à califourchon sur les genoux de l'avocat, ses bras posés sur ses épaules et les mains croisées sur le dossier de la chaise.

- Bonsoir, William. Je n'avais jamais vu "trafiquant d'esclaves de Terra" sur votre carte de visite...

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 5 vendredi 26 mars 2010, 17:27:57

       La journée avait été calme, bien que la matinée ait été partiellement inutile ; ces italiens étaient paranoïaques. Ce qui était compréhensible vu leurs obligations. Ils ne prenaient aucuns risques et étaient peut-être un peu trop prudents au goût de Dolan. Heureusement qu'il avait eu l'occasion de rencontrer les Bertinelli et même l'héritière de leur grande entreprise familial. Hana, une femme qu'il faudra surveiller. William avait décelé beaucoup d'impulsivité chez elle et un esprit rebelle qui devait sans doute être suffisamment inhibé par son éducation pour la rendre raisonnable. Une belle femme qui plus est. Une rose au piquants plus acérés que sa beauté. Le genre de femme à ne pas toucher.

       Dolan desserra sa cravate et l'accrocha sur son porte-manteau avec sa veste. Il se permit un soupir soulagé en sortant sa chemise blanche de son pantalon. Puis sans autres formes de procès, il se laissa tomber dans son fauteuil. La nuit avait été une autre paire de manche. William détestait retourner sur terra ; son monde natal. Et il détestait cette fichue magie.
Tiens, en parlant de ça... William enleva l'anneau qui se trouvait à son doigt et l'observa à la lumière du plafond éclairé. Il n'y avait aucunes fioritures sur le bijou. Il s'agissait d'un simple anneau qui semblait taillé dans du saphir. Il paraissait briller mais si on y regardait de plus près, on réalisait qu'il émanait de l'objet une discrète lueur bleutée.

       William fit une moue méprisante et posa l'anneau sur le bord de son bureau. Il ferma les yeux, se relaxant pour chasser tout l'épuisement accumulé. Mais il fut tiré de sa relaxation par une explosion de verre. L'avocat sursauta et resta abasourdi alors qu'une fléchette vint se ficher dans son épaule.

       Le choc le tira de sa stupéfaction et il arracha la fléchette. William allait se saisir de l'anneau qui était à sa porté mais son bras ne lui répondait plus. Il avait l'impression d'être plongé dans un bac d'eau glacée. Son corps complètement groggy ne réagissait plus à ses stimulations. Puis ce fut autour de son esprit qui vacilla et finalement il sombra dans l'inconscient.

       Lorsqu'il se réveilla, il lui semblait qu'un dixième de seconde s'était passé. Il voulut se relever mais il ne fit que tirer sur les liens qui l'entravaient. William releva alors la tête et il se retrouva face à une vision des plus troublantes; une femme masquée, armée d'une arbalète avançant vers lui. Malgré le morceau de tissu qui couvrait une grande partie de son visage, l'avocat ne mit pas longtemps avant de reconnaître Hana. Ses yeux bleu subtilement bridés étaient reconnaissable entre mille. Surtout pour lui qui avait été légèrement vexé de ne pas avoir reconnu une métisse au premier coup d'œil.

       Il la regarda donc prendre ses aises sur ses genoux et s'empêcha de lui demander ce que signifiait cette mascarade. D'ailleurs, il s'en félicita car une partie de la réponse lui fut immédiatement révélée. Hana savait qu'il était esclavagiste à ses heures. Peut-être aurait-il dû, en effet, le préciser dans ses hobbies.

       -Bonsoir et bienvenu, Hana, répondit-il d'une voix détachée. J'éprouve un certain orgueil du fait que vous ayez dû escalader mon building juste pour me rencontrer mais c'est un trop grand honneur que vous m'accordez. La prochaine fois ne vous donnez pas tant de peine. Il vous suffit de sonner.

       William devait lever la tête pour ne pas se trouver nez à nez avec les seins de son invité. Une situation inconvenante et indigne d'un gentleman... Même attaché. Dolan tenta de forcer sur ses liens mais bien évidement, ils ne cédèrent pas. Il la gratifia donc d'un sourire contrit et lui dit d'une voix imprégnée de regrets:

       -Je suis absolument navré de ne pas être en mesure de vous proposer un rafraichissement.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 6 vendredi 26 mars 2010, 22:13:07

Huntress ne montra pas le moindre signe de son étonnement : mais pourquoi dans les comics, on ne reconnaissait jamais les super héros ? Elle eut pourtant un sourire empreint d'une moue boudeuse quand elle murmure :

- Vous êtes adorable, William... Mais vous auriez au moins pu faire semblant de ne pas me reconnaître. C'eut été plus plaisant.

Elle retira son masque tout bonnement inutile - mais qui lui permit de s'éventer quelques secondes, avant de le jeter sur le bureau, derrière elle.

- Je compte sur votre discrétion, bien entendu... Même si je ne suis pas si connue que ça...

Un brin allumeuse, elle se cale à nouveau confortablement, ses cuisses serrant celles de l'avocat, et elle plonge son regard bleu dans les yeux de William.

- Mais, revenons-en à nos moutons, voulez-vous ? J'avoue avoir été très surprise de voir une personne aussi respectable que vous à Nexus. Mais ne vous inquiétez pas pour vos terranides : elles sont reparties d'où elles venaient.

Son regard devient glacial pour la suite, alors que son visage n'a pas changé d'une ride.

- Maître Dolan, chaque chose en ce monde a une place qui lui est réservée. C'est aussi valable pour les personnes. Les terriens restent sur Terre, les Terranides sur Terra. Ne chamboulez pas le travail de Dame Nature.

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 7 lundi 29 mars 2010, 12:48:53

       Cette femme savait utiliser sa féminité. Elle était sensuelle et était tout à fait consciente de l'arme érotique qu'incarnait son corps. William ne pouvait nier qu'avoir une femme sublime sur ses genoux attisait son désir mais il savait tout de même se contrôler et apprécier la gravité de la situation. Situation qu'Hana maitrisait et pas lui.

       Un mince sourire indulgent s'étira sur son visage lorsqu'elle lui demanda d'être discret. Mais se sourire disparut immédiatement quand il sut pour ses esclaves. Ça, c'était beaucoup moins amusant. William détestait travailler pour rien et cette jeune impudente avait réduit plusieurs jours de travail à néant. La sympathie qu'il avait pour Hana était sérieusement amochée maintenant. Si son numéro de femme fatale était pour le moins distrayant, il n'en était pas de même pour sa curiosité. Elle s'était permis de mettre le nez dans ses affaires.

       Quand à sa devise, ça faisait longtemps que William n'avait pas entendu d'âneries de ce genre. Impossible de savoir à quel jeu cette fille jouait mais c'était un jeu dangereux pour elle comme pour lui car Dolan ne lui pardonnera pas aussi facilement cette traitrise.

       -C'est votre dame nature qui à créé les portails. Et vous, ma pauvre enfant, n'avez absolument aucune idée de ses desseins. Maintenant vous allez cesser cette comédie et me détacher avant que cette histoire ne prenne trop d'ampleur.

       Tout cela avait été dit avec calme et autorité comme un adulte qui tente d'expliquer à une enfant que ce n'est pas bien de se mêler des affaires des grandes personnes.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 8 mardi 30 mars 2010, 00:57:34

Hana était une jeune fille de bonne famille, mais pourtant, quand elle revêtait son costume de Huntress, toutes ses inhibitions disparaissaient. Elle rit doucement aux paroles de William, déposa un rapide baiser sur ses lèvres et murmura :

- Vous n'aimez pas être en mon pouvoir ? Moi j'adore.

Elle frôle à nouveau ses lèvres et se relève pour faire le tour de son bureau. Son besoin d'ordre lui fait prendre les liasses de feuilles et elle les rassemble en des tas impeccables, tout en respectant la logique établie par la position des dossiers. Elle se fiche pas mal de ce qu'il y a dessus.

- Il y a toujours quelque chose qui me chiffonnait à votre sujet. Vous êtes un avocat remarquable, Maître Dolan... Mais tremper dans le trafic de terranides ? C'est grotesque, enfin, ça ne vous ressemble tellement pas... (Elle lève les yeux et se met à ranger le bureau de façon à ce que tout soit parfaitement droit et parallèle.) Enfin, ce n'est pas comme si je vous connaissais tant que ça. Mais ça ne colle pas à l'image que j'ai de vous. Et vous en faites quoi, de ces terranides, hum ?

Hana coince le masque dans sa ceinture et s'appuie sur les accoudoirs du fauteuil pour observer William droit dans les yeux, un léger sourire jouant sur ses lèvres fines.

- Vous n'allez pas me faire croire qu'un bel homme comme vous doit se contenter d'esclaves...

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 9 mardi 30 mars 2010, 18:46:58

       William regarda Hana s'amuser avec ses dossiers. La chaleur de son baiser était toujours présent sur ses lèvres mais il feignait de l'ignorer. Il était plein d'espoir. Priant à chaque passage de ses mains sur son bureau que celles-ci s'approchent suffisamment du petit anneau bleu qui reposait innocemment dessus. Mais par chance, elle évitait son rayon d'action. Une chance insolente. Mais la roue tourne et Dolan avait un atout qui pourrait renverser la situation. En effet, William prenait toujours cet artefact lorsqu'il partait sur terra. C'était une sorte d'assurance vie contre toutes les abominations qui s'y trouvent. Il suffisait qu'un être vivant s'approche à plus de 30 centimètres de ce bijou pour qu'il reçoive une puissante décharge d'énergie qui l'assommait ou le tuait en fonction de la durée d'exposition. Bien sûr, la source était magique et n'affectait pas Dolan qui pouvait manipuler cet objet dangereux sans problème.

       -Le trafic d'esclave est très juteux miss Bertinelli, l'informa Dolan. Nombreux sont les milliardaires qui payent une fortune pour avoir un esclave mi-humain, mi-animal.

       Bien sûr, il ne crut pas nécessaire de lui révéler que ses clients étaient aussi composés de divers laboratoires clandestins ou secrètement financés par le gouvernement. William ne savait pas ce qu'il advenait de ces esclaves qui étaient livrés en pâtures à des scientifiques peu scrupuleux mais ce qui était sûr c'est que le nombre de commandes étaient très importants et continues. Ce qui voulait dire que ces laboratoires « consommaient » ses terranides assez rapidement. Mais mieux vaut ça que de servir d'esclave sexuel à de gros milliardaires graisseux et libidineux.

       Lorsque Hana revint vers lui, il crut bénéficier d'un autre baiser mais fut un peu déçu. Déçu par son espoir brisé mais surtout par la question d'Hana. Pour rien au monde William ne toucherait une de ces répugnantes humanoïdes. Et même si elles étaient à son goût, il ne se permettrait jamais de forcer une femme. Et ce, même si elles ressemblent plus à des bêtes qu'à des humaines. Cette différence était primordiale car elle allégeait la conscience de l'avocat ; il ne faisait pas de trafique d'esclaves. Il faisait du trafique d'animaux. Ce qui moralement parlant était plus louable.

       -Je n'ai jamais maltraité ou violé une de mes esclaves, fit-il d'un ton catégorique tout en la fixant avec intensité. Je me contente donc des filles de mafieux.

       William la gratifia d'un sourire insolent. Il faisait durer le plaisir, car à tout moment, il pouvait lui demander gentiment de lui passer son cher et innocent petit anneau bleu. Il y avait peu de chance qu'elle refuse et si c'était le cas, il arriverait bien à l'intriguer suffisamment pour qu'elle s'en approche. Il suffisait de 30 centimètres et ce serait elle qui se retrouverait attachée à ce fauteuil.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 10 mercredi 31 mars 2010, 00:26:21

Hana secoue la tête.

- Vos clients sont stupides. Des humains, même brisés, ont toujours une conscience et finissent par se rebeller. S'il veulent un brave toutou à leurs ordres, qu'ils achètent un labrador... (Elle sourit et tire le bout de la langue.) Suis-je bête, ça vous rapporterait moins.

La principale raison pour laquelle ni les Bertinelli, ni les Ochinose ont investi dans la prostitution. Parce que ça n'apporte que des problèmes, de faire du trafic humain. Entre les catins qui croient qu'elles peuvent avoir une vie meilleure et les clients zélés qui décident de les sortir de là... Et puis pour les garder sous le coude, il faut soit les droguer - marchandise qui ne sera pas payée, donc perdue, donc gâchée... - soit menacer. Et ça finit toujours par vous retomber dessus, un jour. Avec la drogue, pas de soucis. Certes, les Bertinelli comme les Ochinose sont dépendants de leurs dealers, mais en même temps, qui serait assez fou pour se mettre l'une des deux familles les plus dangereuses du pays sur le dos ? La suite du discours de William la fit sourire, et elle l'embrassa à nouveau, finit son baiser en lui mordillant la lèvre inférieure. Pour elle, ce n'était qu'un jeu, et ça n'irait surement pas plus loin. Huntress se redressa et murmura en rougissant :

- Enfin, William, nous nous connaissons à peine, et vous me faites déjà ce genre de proposition indécente ? A moi, seule représentante de la famille Bertinelli-Ochinose, et mineure qui plus est ?

Elle n'était absolument pas embarrassée ou sous le charme de l'avocat : Hana rougissait sur commande ; bien sûr, elle pleurait aussi quand elle le voulait, mais aucun intérêt dans la présente situation. Elle fit le tour du fauteuil, desserra un peu l'étreinte du cordon qui liait les poignets de l'avocat et s'éloigna de quelques pas. A force, il finirait bien par se détacher.

- Hélas, mon cher ami, je me dois de décliner votre offre. Sachez seulement que même si vous ne fricotez pas avec les terranides, faites-moi plaisir et ne retournez pas en chercher. Il serait dommage que je doive à nouveau me déplacer pour les ramener chez elles. C'est d'un ennui, vous n'imaginez pas. Ces pauvres petites choses ne savent pas quoi faire quand elles sont libres.

Huntress fait demi tour, remet son masque. Elle se penche pour voler un dernier baiser à l'avocat. Seulement, avoir contourner le bureau l'a rapprochée de l'anneau que William voulait tant qu'elle touche. Et quand elle se penche, Hana s'appuie sur le bureau. La barrière est franchie, l'anneau réagit. La jeune fille si parfaitement entrainée n'a pas senti le danger et se prend une décharge de plein fouet. Elle se fait propulser sur le mur, son épaule encaisse tout le choc, sa tête cogne violemment le mur, mais elle ne sentira rien de tout ça, déjà évanouie.

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 11 jeudi 01 avril 2010, 12:47:21

       Ouch! Ça, ça doit faire très mal. Tout en la regardant, William desserra le nœud de la corde et parvint finalement à se libérer de l'entrave. Sans prêter attention à la jeune fille évanouie, il ramassa son anneau avec une grimace de dégout, et le mis dans sa poche. Le silence régnait dans le bureau. Seul le vent qui s'engouffrait à travers la fenêtre émettait des sifflements sporadiques. Dolan se dirigea vers un boitier à l'entrée de son bureau et composa un code. Aussitôt, une alarme se mit en route. La sirène vrillait les tympans de l'avocat mais il ne semblait pas en être incommodé. Il se posa dans son fauteuil et attendit.

       Quelques minutes plus tard, des agents de la sécurité franchir la porte du bureau en trombe. Ils trouvèrent une jeune fille masquée évanouie sur le sol, la baie vitrée qui avait volée en éclat et un Dolan assit sur son fauteuil avec un air serein. Les hommes de main restèrent bouche bée et ce fut lui qui brisa le silence.

      -Il faudra revoir la dispositif de sécurité messieurs, fit William d'un ton calme. Emmenez cette femme au sous-sol et attachez la, je ne veux plus la voir. Si elle s'échappe vous en répondrez.

       Les hommes s'inclinèrent et emmenèrent Hana hors de sa vue. Pour plus de sécurité, ils lui ligotèrent les mains et les pieds. L'un des gorilles la balança sur son épaule et le cortège descendit les étages. Ils passèrent plusieurs portes dissimulées, certaines gardées, d'autres qui s'ouvraient avec un code. Puis la salle du portail apparut derrière la dernière porte sécurisée. Le groupe bifurqua, cependant, vers un corridor ou s'alignaient ce qui ressemblaient à des cellules de prison moderne. Elles n'étaient pas occupées. L'homme qui tenait Hana fit signe aux autres de se retirer et ils obéirent en le saluant une dernière fois.

       C'est Tori qui portait Hana sur son épaule. Il était immense et avait un cou de taureau. Il aurait pu avoir un physique banal s'il n'avait pas un bec de lièvre qui lui déformait légèrement la bouche. La nature avait bien fait son travail car son physique était à l'image de son âme. Tori était un homme violent et profondément mauvais. Ce comportement pouvait s'expliquer par son enfance. Voir tout les jours, sa mère se faire battre par un père alcoolique n'aide pas un enfant à se forger un esprit sain. Son chemin était classique. Enfant perturbé et violent, en échec scolaire. Il était doué pour le vice et le crime ; un tueur froid et efficace. C'est tout naturellement qu'il a fini Yakusa puis est entré au service de Dolan à la demande de son chef. Celui-ci entra avec Hana dans une des cellules et lui attacha les poignets au mur grâce à des chaines qui y étaient encastrées. Avec un sourire mauvais, il lui enleva son masque et lui lécha la joue. Après une courte hésitation, il la laissa pendre à ses liens et vint se camper près de la porte. Il aura tout le temps de s'amuser avec sa nouvelle proie plus tard.

       William seul dans son bureau réfléchissait. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de la Bertinelli. La tuer aurait été la meilleur chose à faire mais si ne serait-ce qu'une seule personne savait que Dolan avait fait assassiner l'enfant des deux familles les plus puissantes de la mafia, il rejoindrais la jeune fille en enfer. Et il ne pouvait pas la libérer non plus.

       L'avocat tourmenté s'offrit une nuit de sommeil pour remettre ses idées en place. Le lendemain, il se réveilla avec la satisfaction de l'ignorant puis les évènements de la veille lui revinrent en mémoire comme un voile de ténèbres qui s'abat sur sa bonne humeur. Après une rapide toilette dans les quartiers qu'il avait installé près de son bureau, il descendit au sous-sol par son ascenseur privé. Tori qui n'avait pas dormi de la nuit pour surveiller la captive et pour l'inonder de menace et de divers promesses dépravées, s'inclina lorsqu'il vit arriver l'avocat.

       William lança un regard désolé à la jeune fille qui était attachée au mur et entra dans la cellule. Il sortit l'anneau bleu de sa poche et le mit à son doigt, bien en évidence.

       -Voila pourquoi je ne veux pas retourner sur mon monde miss Bertinelli, fit-il d'une voix sincèrement navrée. Vous aviez l'avantage. Vous avez été compétente et intelligente. Je le pense vraiment, vous auriez mériter de gagner. La situation a été retournée par la magie. Tous vos efforts et votre talents réduits à néant parce que vous vous êtes approché d'un stupide petit anneau bleu. Terra est un monde injuste Hana, personne ne mérite d'y passer sa vie. Même ceux qui en sont natifs.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 12 vendredi 02 avril 2010, 22:43:02

Hana se réveille. Ses yeux restent clos, sa respiration ne change pas, et pas le moindre de ses muscles ne frémit. D'abord, se souvenir des derniers événements, et ignorer la douleur lancinante de son épaule et de sa tête. Quelque chose, dans le bureau de l'avocat, l'a attaqué, et ça n'était pas physique. En plus de fricoter avec des esclaves, le respectable Maître Dolan joue aussi avec la magie ?La jeune fille secoue un peu la tête et semble seulement reprendre conscience à ce moment-là. C'est le milieu de la nuit, sans doute, même si les sous-sol plus tôt explorés ne laissent pas filtrer la lumière du dehors. Sa cellule est gardée par un gorille qui n'a pas vraiment l'air commode... Et visiblement frustrée. En bonne fille de mafieux, Hana a été consciencieusement entrainée à la torture... Dante aura au moins eu la délicatesse d'attendre qu'elle perde sa virginité de son plein gré pour commanditer une nouvelle séance de tortures qui comprendrait cette fois le viol. Il est si aisé de briser une femme ainsi qu'il valait mieux l'entrainer sur ce plan là aussi. Et il ne serait jamais venu à l'esprit de la jeune fille d'en vouloir à son oncle. Par contre, Dante a rapidement appris à ne plus envoyer ses meilleurs éléments pour ces entrainements. Si Tori tenait la moitié de ses promesses, nul doute qu'il finirait, au mieux, avec une balle dans la tête. Hana n'était presque pas rancunière...

Pour la forme, elle essaya de se débarrasser de ses liens, mais elle finit par attendre tranquillement la venue de Dolan - car nul doute qu'il reviendrait. Il ne pouvait pas se permettre de garder indéfiniment la Bertinelli-Ochinose. D'ailleurs, sans doute qu'à midi, Dante lancerait ses pions à sa recherche ; c'était leurs deal, à eux deux : Hana était libre de découcher et de faire ce qu'elle voulait, tant qu'elle appelait avant l'heure pour le prévenir. Inutile d'en informer le charmant jeune homme qui entre dans sa cellule avec un air si faussement désolé. Et à la façon dont il insista pour qu'elle le voit bien mettre l'anneau, Hana sut que c'est ce stupide objet qui l'avait assommée.

Et elle sut aussi ce qui la gênait chaque fois qu'elle voyait William. Assurément, elle aurait du le deviner avant : il n'était pas à sa place. Même si elle comprenait ce qu'il lui disait...

- Je vous remercie du compliment... (Elle eut un sourire narquois en inclinant la tête.) Ainsi donc, vous êtes un Terranide...

Et cette phrase franchit ses lèvres comme une sentence. Pourtant...

- Et je vous l'accorde : Terra est pourri. Je suis bien contente de ne pas y être née. Mais vous savez, même sur Terre, il y a des endroits au moins aussi peu fréquentables que votre monde, Dolan. Ne serait-ce que l'Italie : Naples ! Naples est le berceau des déchets humains... J'en suis sûre.

... Pourtant un dilemme se posa pour Hana. En tant que Terranide, elle devait ramener William là-bas. D'un autre côté, elle y perdrai le meilleur avocat que sa famille puisse avoir... C'était cruel : son seul réel allié n'avait pas à être sur Terre. Navrant.

- Et si vous me détachiez, William ? Ne pourrions-nous pas discuter tranquillement autour d'un bon café ? Ma nuit a été exécrable, être ainsi attachée n'est pas confortable... Et votre gorille, là, a essayé de me faire peur. S'il tient la moindre de ses promesses, j'espère qu'il ne vous manquera pas...

William Dolan

E.S.P.er

Re : April Rain (William)

Réponse 13 samedi 03 avril 2010, 13:43:30

       William s'approcha d'Hana. La main gauche derrière son dos pour éviter que l'anneau soit à portée de la peau albâtre. Il l'observa d'abord sans un mot, un air grave peint sur ses traits. Puis il se fendit d'un sourire et replaça délicatement une mèche de cheveux noir derrière l'oreille de sa prisonnière.

       -Vous m'avez mal compris, lui confia-t-il dans un murmure empreint d'une haine viscérale. Je ne déteste pas les terranides. Je déteste la magie sous toutes ses formes. Sa puissance incroyable n'est soumise à aucunes règles connus. Elle est aléatoire et incontrôlable. C'est un fléau.

       Dolan s'écarta d'elle et s'assit sur le lit rudimentaire de la cellule. Il jeta ensuite un regard inexpressif à Tori et d'un geste de la main, il lui intima de s'approcher. William retira l'anneau de son doigt et le tendit à son homme de main. Celui-ci, totalement inconscient du danger, voulut s'en emparer mais un décharge d'énergie le cloua sur place. Un arc électrique foudroya le pauvre bougre qui s'écroula par terre. Mais William n'en avait pas fini avec lui. Il jeta l'anneau près du corps évanoui et le phénomène se réitéra. Le filament bleutée dardait comme un serpent, frappant le corps inerte sans relâche. Les éclairs continuèrent de frapper pendant quelques secondes jusqu'à ce qu'ils disparaissent aussi vite qu'ils étaient apparus, laissant le corps fumant en paix. L'anneau n'attaque que les êtres vivants...

       -Voici un bonne exemple de ce que je viens de dire, n'est-ce pas? Fit Dolan tout en récupérant l'artefact. Si vous avez un autre problème avec un de mes employés, je vous serais gréé de m'en faire part, miss Bertinelli.

       William imaginait bien, connaissant Tori, le contenu de ses « promesses ». L'avocat détestait cet homme et puis sa mort avait été utile. Ce petit prodige incitera peut-être le reste de ses hommes à se conduire convenablement et non comme une petite bande de malfrats incontrôlable.

       Les hommes de Dolan qui avaient regardés leur collègue mourir restaient interdit devant ce spectacle. Tori avait juste prit l'anneau et il était mort électrocuté. La première chose à laquelle ils pensèrent, c'était que leur patron avait accès à des technologies très évoluées et personne n'envisagea que le phénomène pouvait être magique. Il n'y avait pas eu de lueur mystérieuse ou de rayons de lumière. Ce qu'ils avaient vu était un arc électrique, rien de plus.

       -N'oubliez jamais que vous me représentez, annonça William à ses hommes. Vos actions déteignent sur moi. Maintenant, détachez mademoiselle Bertinelli, je vous prie. Nous avons à parler.

       Les hommes acquiescèrent en silence et deux d'entre eux, muni de clés, vinrent détacher la jeune femme. Les deux hommes hésitèrent, puis par un accord tacite, décidèrent de flanquer Dolan afin d'assurer sa protection face à un prisonnier détaché.

Huntress

Humain(e)

Re : April Rain (William)

Réponse 14 dimanche 04 avril 2010, 15:51:07

Hana ne s'était jamais intéressée à la magie de Terra pour les raisons qu'avait évoquées William ; c'était trop de désordre contre lequel elle ne pouvait lutter. Que l'anneau ne fasse strictement rien à l'avocat lui donnait un air terriblement séduisant aux yeux de la jeune fille : sans le moindre effort, il faisait disparaître tout ce désordre. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis que la main qui avait remis une mèche derrière son oreille s'attardait sur sa joue. Le contact se rompit et Dolan s'assit sur le lit, et attachée comme elle était, Hana ne pouvait pas le regarder. La mise à mort du gorille a au moins le mérite d'être distractive... avec un petit goût amer de bavure, quand même. Hana a une moue légèrement boudeuse :

- Mais je n'avais pas encore eu le moindre problème avec lui, Maître Dolan...

Et la façon dont elle prononce le mot "maître" a une légère connotation coquine, assortie à un sourire mutin qui nait tout de suite après sur ses lèvres. Simple jeu, une fois de plus. Hana a bien l'intention de disparaître avant qu'il ne se passe quoi que ce soit. Elle est détachée par les deux armoires à glace qui entourent William, qui parait si vulnérable entre eux. Hana roule des yeux.

- Messieurs, si vous avez bien fait votre boulot, je suis totalement désarmée, non ? Vous croyez vraiment qu'une frêle jeune femme comme moi pourrait s'en prendre à William alors qu'il est flanqué de deux bouledogues ?

Hana constate pourtant, au poids de ses bottes, qu'il lui reste un couteau à cran d'arrêt. Les débutants ! Elle n'a bien entendu pas l'intention de l'utiliser, sauf en cas d'extrême recours... Hana finit par s'appuyer contre le mur, bras croisés.

- Je vais me permettre la faiblesse d'être honnête avec vous deux minutes, William. Profitez-en, c'est mon jour de bonté, malgré la nuit exécrable que je viens de passer... Vous me posez un véritable problème de conscience. Je devrai vous ramener sur Terra, chaque fois que vous poseriez le pied sur Terre... Mais d'un autre côté, je ne crois pas que je pourrai trouver, pour ma famille, un avocat aussi bon que vous. Et justement, comme je veux vous garder quand j'hériterai de tout ça, il vaudrait mieux que je puisse téléphoner, pendant que vous préparez le thé... Sans vouloir vous donner l'impression de vous commander, William.

Hana adopte son sourire le plus charmeur.


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