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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Plus haut que l’amour du prochain se trouve l’amour du lointain [Elena Ivory]  (Lu 129 fois)
Kami Kato
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FicheChalant
« le: Janvier 04, 2018, 10:36:45 »

Un large soleil rouge s'enfonçait dans l'horizon, diffusant dans l'obscurité naissante du ciel nuageux ses panaches orangés. A contre-jour, devant les voyageurs tournés vers l'ouest, se découpait la longue silhouette sombre des remparts de Nexus. Sur leurs cheveux qui soufflaient en marchant, Kami et son compagnon ne disaient mot, deux semaines de voyage ayant déjà épuisé leurs paroles. Et tandis qu'ils avançaient dans la nuit tombante, la puissante Nexus, enracinée comme un lierre sur chaque aspérité de la côté inégale, déployait devant eux ses murs, ses tours et ses forteresses.

La jeune horlogère se sentait soudain faiblir. Ses muscles étaient lourds fatigués et son souffle court. L'immensité de la ville qui s'étendait maintenant à l'infini devant elle. Cet endroit est trop grand pour nous, lui disaient ses entrailles. Pour la première fois depuis le commencement de son voyage, elle avait peur. Une terreur sourde la tétanisait. Elle aurait bien fait une pause, mais ne dit mot ; et le cheval l'entrainait. Les murs se firent plus hauts, plus massifs et plus sombre. Dans l'obscurité qui se faisait plus dense, les torches s'allumèrent au dessus des créneaux. Suivant le chemin, les deux cavaliers s'approchèrent d'une grande porte de bois massif qui, béante, laissait passer les quelques voyageurs qui arrivaient encore à cette heure. Kami et son guide arrêtèrent leurs chevaux sur le côté, au pied de la voute de pierre, et se tournèrent l'un vers l'autre.

"Bon, eh bien, c'est l'heure de te souhaiter bonne chance, gamine."


La gorge nouée, la jeune femme hocha la tête.

"Merci. De m'avoir accompagnée. Et tout ça."

Le trentenaire lui répondit par un sourire et fit faire quelques pas à son cheval pour rapprocher leurs montures.

"Tu ne restes pas dormir à Nexus ?"

Il fit non de la tête avec un sourire d'excuse et leva la main. Elle déglutit et leva la sienne : ils entrechoquèrent leurs paumes avec bruit, et chacun referma les doigts sur la main de l'autre, dans une étreinte ferme.

"Trop cher, et puis on m'attend."

Avec un ultime signe de la main, il fit pivoter son cheval et s'éloigna au trot. Elle, après un instant d'immobilité, soupira et remit son cheval au pas en direction des entrailles de la ville.

La tête lui tournait un peu tandis que son cheval la portait d'un pas tranquille et régulier sur le pavé des rues, où des passants déambulaient encore à cette heure tardive. Kami possédait une carte approximative de la ville - peut être pas à jour - qui lui permettrait de rejoindre l'endroit où elle était attendue, le lendemain. Il était trop tard pour se présenter à son nouvel employeur : elle se laissa donc porter jusqu'à la première auberge qui croisa son chemin. "Le gîte et la couverture". Très drôle.

Un adolescent, adossé au mur portant un grand manteau jaune pâle et usé, la regarda s'arrêter. Voyant qu'elle mettait pied à terre, il se redressa et vint vers elle.

"Bonsoir. Vous voulez qu'on s'occupe de votre cheval ?"


* * * * *
* * *
* *
*

*

Le lendemain, en milieu d'après midi, Kami se présenta au lieu du rendez-vous, vêtue d'un pantalon beige de grosse toile et une chemise blanche. Le pantalon, étroit, taillé sur mesure pour elle, remontait jusqu'à hauteur de nombril, hauteur à laquelle la chemise, plus ample, passait sous le pantalon et une épaisse ceinture marron cintrait les vêtements autour de la taille. Aux pieds, elle portait deux bottes de cuir montant jusqu'à mi-mollet, qu'elle avait chaussées durant tout son trajet. Le manteau rouge foncé des Horlogers reposait sur ses épaules et lui descendait à hauteur de genoux. Dans son dos était dessiné le symbole de son ordre : un cercle noir, affublé d'un rayon montant verticalement depuis son centre jusqu'à sa bordure.

La veille, fatiguée par ces deux semaines de voyage passées à chevaucher et à dormir dans des abris de fortune, elle s'était effondrée dans le sommeil dès son arrivée, et ne s'était réveillée qu'au milieu du jour. Elle avait payé un supplément à son hôte, afin de pouvoir prendre un bain, et s'était vêtue des rares vêtements non usés qu'elle avait apportés avec elle. Il lui avait ensuite fallu deux bonnes heures pour trouver l'adresse rendez-vous.

A présent elle y était, et son cœur battait à nouveau d'anxiété. Le lieu du rendez-vous était une grande bâtisse, dont la façade aux pierres régulières et aux voutes sculptées authentifiait l'importance du propriétaire. La porte d'entrée, surélevée par quelques marches, était close. Kami s'arrêta au pied de l'escalier et posa ses yeux sur le lourd heurtoirs de fer. Celui-ci se souleva en grinçant, et frappa plusieurs fois.
« Dernière édition: Janvier 08, 2018, 12:08:43 par Kami Kato » Journalisée

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Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #1 le: Janvier 07, 2018, 01:29:59 »

Nexus était une ville colossale, très grande. On pouvait mettre la journée entière à la traverser d’un bout à l’autre, et on pouvait passer sa vie à vouloir en explorer chaque recoin. Une véritable cité-État, qui accueillait un nombre très élevé d’étrangers. Une ville cosmopolite, carrefour mondial de flux économiques mondiaux, fournissant en matières premières les grosses usines énergétiques tekhanes, commerçant avec l’ensemble du monde civilisé. Le siège d’une immense flotte, aussi bien marchande que militaire. Nexus, ville millénaire, siège historique de la plus vieille monarchie de Terra, à en croire les légendes. Une ville revendiquée par les elfes, qui accusaient les humains de leur avoir volé cette cité magnifique, recélant des trésors architecturaux. Une ville d’artistes, une ville de poètes, une ville au rayonnement culturel central, qui se targuait d’être le phare des Contrées du Chaos, dardant de ses lumières éclairées des landes sauvages et païennes, ravagées par les attaques de monstres, les guerres, la tyrannie, et la pauvreté.

Mais Nexus était aussi une ville fragile. Sous les lumières de sa splendeur, les ombres s’étiraient, noircissant les rues et les ruelles étroites de la ville. Avant-hier, le royaume millénaire avait tremblé sur ses fondations en étant décapité. La hache du bourreau avait sectionné le cou de l’État ancestral, arraché peau, tendons, et os, ne laissant qu’une mince veine, un filament très fin, qu’on aurait pu couper d’une pichenette, une brindille qui avait réussi à pousser, et à revenir à la maison. Aujourd’hui, la Reine était de retour, et sa protection était une raison d’État. Une question centrale, car sa survie était la seule barrière empêchant Nexus de sombrer dans une querelle qui ruinerait et dévasterait le pays.

Quand la tempête avait emporté les parents d’Elena, ses oncles, ses cousins, ses grands-parents, et les autres membres de sa fratrie, de nombreuses maisons avaient vu leurs vieilles ambitions resurgir, plus vivaces que jamais. Depuis aussi longtemps qu’historiens et scribes le relataient, les Ivory avaient toujours régné sur Nexus. Une dynastie royale légendaire, qui avait durablement marqué l’Histoire de Nexus, à tel point que toute autre famille avait oublié à jamais l’idée de régner sur cet État. Et puis, après le cyclone, des pensées nouvelles étaient venues. Nexus avait déjà connu des tentatives de putsch, la volonté de certaines familles nobles de vouloir renverser les Ivory. Ces pensées avaient fleuri assez rapidement, et, quand la confirmation de la survie d’Elena avait été produite par le Grand Confesseur de l’Ordre Immaculé, les ambitions nouvellement naissantes avaient dû s’éteindre tout aussi rapidement… Mais, une fois l’ambition naissante, elle ne s’éteignait jamais vraiment.

Pour toutes ces raisons, Ronald « Scar » Langley n’avait jamais cessé de veiller sur la protection d’Elena Ivory. Cet homme au visage scarifié n’était pas n’importe qui. Il était le Commandant de la Garde d’Ivoire, et avait été chargé par Liam Ivory, feu le père d’Elena Ivory, d’assurer sa protection. Lui et Lima furent d’anciens camarades, des Paladins formés à Haven, qui avaient guerroyé et combattu ensemble. Le Lion de Nexus avait toujours eu une profonde confiance en Langley, et avait donc, dans son testament, chargé Langley de veiller sur Elena. Et il n’était pas exagéré de dire que Langley était paranoïaque. Il avait remanié en profondeur le personnel du Palais d’Ivoire, diligentant sur chaque membre du personnel, gardes, pages, cuisiniers, des enquêtes poussées, cherchant les traîtres potentiels. Il avait entrepris de verrouiller l’essentiel des nombreux passages secrets du Palais d’Ivoire, et sécurisé lourdement l’ensemble.

C’était pour ça que Ronald se tenait là, dans une élégante maison. Il était assis dans un bureau, une tasse de café devant lui, et observait les courriers qu’il avait reçu, ainsi que les rapports de ses espions. L’Horlogère était arrivée… Il connaissait cet ordre. Les Horlogers… Un nom bien particulier, quand on y pensait bien, et assez ingrat. Car ces maîtres-artisans ne se spécialisaient pas que dans l’horlogerie. Ils étaient des maîtres en matière de fonctionnement mécanique, et, en l’état, ce qui intéressait surtout Ronald, c’était leurs capacités de serrurerie. Il avait été très mystérieux dans sa missive, évitant de trop en dire, conscient que des espions se tenaient à l’affût. Ou peut-être était-il juste paranoïaque.

*Je ne dois jamais oublier que nos ennemis, quels qu’ils soient, ont pu aller jusqu’à empoisonner Nöly pendant sa grossesse, l’empêchant de procréer.*

Nexus était immense, les ennemis étaient là. Hier encore, une vaste conspiration avait été découverte, une énorme usine morbide utilisant la chair humaine et le sang pour créer des monstruosités porcines et ouvrir un Portail destiné à libérer un Grand Ancien*… Là, sous leur nez ! Ronald n’avait pas cru qu’une telle chose pouvait être possible, et pourtant… Cette actualité brûlante avait conduit Ronald à se rapprocher de cette organisation. Il n’était pas sûr de pouvoir se fier entièrement à eux, et s’était donc adressé à Raito Oshiba, Maître-Horloger en qui il avait une confiance relative… Ce qui n’était pas peu dire, émanant de Ronald Langley.

On toqua à sa porte. Un homme entra, l’un de ses agents.

« Votre invitée est là, Messire. »

Ronald hocha imperceptiblement la tête, et reposa sa tasse.

« Faites-là entrer. »

L’homme acquiesça, et se retourna, puis rejoignit le hall d’entrée. La jeune femme était là, telle une petite souris devant ce vaste hall. Le manoir semblait être en plein déménagement. Les meubles étaient recouverts de draps blancs, comme pour les protéger de la poussière. En réalité, la propriétaire de la maison était morte de syphilis. Elle laissait derrière elle plusieurs héritiers qui se partageaient la part du gâteau. La Couronne avait des parts là-dedans, et le litige était actuellement porté devant les juridictions civiles. Dans cette attente, la Couronne, pour éviter des dégradations ou des vols de la part de tel ou tel héritier, avait réquisitionné l’immeuble, une ordonnance judiciaire ayant autorisé cette prise de contrôle provisoire.

Ronald s’en servait comme couverture. L’endroit était inhabituellement vide. De fait, il ne semblait y avoir personne ici, à l’exception de Ronald et de son second. Il faisait froid, l’immeuble n’étant pas occupé.

« Venez, Madame » l’invita l’homme.

Il retourna sur ses pas, jusqu’à rejoindre la porte du bureau de Ronald, et l’ouvrit, faisant signe à la femme de passer. Ronald, assis sur son fauteuil, la jaugea rapidement du regard, et se leva poliment, tendant sa main vers elle.

« Bonjour, Madame Kato. Bienvenue à Nexus. »

Il se rassit ensuite, et attrapa sa cafetière.

« Un peu de café, peut-être ? Je m’appelle Ronald Langley. C’est la première fois que vous venez à Nexus ? »



* : Cf. RP « A Machine For Pigs ».
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Kami Kato
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FicheChalant
« Répondre #2 le: Janvier 07, 2018, 11:59:48 »

Drôle d'endroit ; ce n'était pas vraiment ce à quoi Kami s'attendait. La grande maison venait, apparemment d'être délaissée récemment. Des meubles témoins d'une vie passée attendaient dans le hall, couvert d'un voile blanc. La jeune femme attendit une ptite minute avec eux. Pour tromper sa nervosité et son impatience, elle tapota du bout du doigt l'un des fantômes, cherchant les parties de la boiserie les plus résonnantes. Elle se stoppa des que les bruit de pas revinrent vers elle.

"Venez, Madame."

Elle emboita le pas à l'homme, et sourit en douce. Madame. Quelle drôle d'idée. Il s'arrêta devant une porte et l'ouvrit pour elle, l'invitant à pénétrer dans le bureau où on l'attendait. Derrière une table massive, assis dans un fauteil, se tenait un homme élégant et mince, à la crinière noire et au visage lacéré. Il se leva alors qu'elle avançait vers lui, et lui tendit la main.

"Bonjour, Madame Kato. Bienvenue à Nexus.
- Bonjour. Merci Monsieur."
dit-elle en répondant à la poignée de main qui lui était offerte.
- Un peu de café, peut-être ? Je m’appelle Ronald Langley. C’est la première fois que vous venez à Nexus ?"

L'homme s'était rassis, et tenait dans sa main une cruche dont le dessus était fermé, rappelant à Kami les récipients utilisés pour thé. Elle n'avait jamais goûté au café. Dans sa ville natale, on le décrivait comme un brevage noir, au goût unique et fort, difficile à apprécier. Autrement dit, un brevage qu'elle voulait goûter. Elle s'autorisa à s'assoire:

"Oui, je veux bien, merci. Oui, en fait, c'est la première fois que je quitte ma région."


Elle fixa le filet de liquide sombre qui s'écoulait du bec du récipient et remplissait les tasses.

"Je m'appelle Kami Kato"
, se sentit-elle obliger de préciser, "mais j'imagine que vous le savez déjà", ajouta-t-elle encore, craignant de passer pour une idiote.

Bien que l'ambiance ne fut pas pesante et que son hôte semblât vouloir se montrer amical, Kami s'attendait à être, sinon mise à l'épreuve, jaugée et jugée. Elle pianota nerveusement sur son genou. Une tasse serait bienvenue pour s'occuper les mains.
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Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #3 le: Janvier 10, 2018, 08:30:30 »

Les petits gestes ne mentaient pas. Le café était à Nexus un signe de grande richesse, comme le sucre. En effet, la région tempérée nexusienne ne comprenait pas de caféiers. Les arbres et plantes permettant d’avoir de la caféine venaient donc des colonies nexusiennes. Le café était donc, pour l’heure, un privilège réservé aux puissants de la cité-État, même si le café tendait à se développer sur le marché noir. Venant des colonies, le café était un produit assez taxé, ce qui en expliquait la richesse. Autrement dit, Kami se tenait devant un homme de haute stature, ce qui rendait d’autant plus étonnant le lieu de cette rencontre, cette grande maison vide. Du moins, c’est comme ça que Ronald penserait, s’il était à la place de Kami. Qui était cet homme peu avenant au visage tuméfié, avec une posture raide, et qui jurait avec le décor ? Ronald n’avait pas l’allure des aristocrates, il n’en avait pas la panache, ni la stature. Lui était un Paladin d’Haven, habitué à vivre dans des conditions modestes, spartiates.

Il versa donc du café dans deux belles tasses en argent, puis retourna s’asseoir. Kami confirma être pour la première fois à Nexus, et lui indiqua ce que, en effet, il savait déjà : son identité.

« Effectivement, reconnut-il. Votre mentor, Maître Raito Oshiba, qui, d’après sa lettre, vous a formé depuis votre enfance... Ce qui est plutôt rare venant de sa part. J’ignorais qu’il avait encore la patience d’éduquer de jeunes enfants. J’espère qu’il ne vous en pas a trop fait baver... Ou inversement. »

Ronald sourit légèrement, ce qui était suffisamment rare pour qu’on le signale. La lettre précisait le caractère turbulent de Kami, ainsi que ses pouvoirs psychiques. Un don précieusement utilisé par les Horlogers pour leur permettre de faire des assemblages complexes. Raito Oshiba décrivait Kami comme « une horlogère tout à fait compétente », ce qui n’était pas peu dire venant de lui.

« Vous venez d’une région reculée, aussi ne suis-je pas surpris si mon nom ne vous dit rien. Pour vous l’expliquer rapidement, je suis l’Intendant du Palais d’Ivoire, ainsi que le Commandant de la Garde d’Ivoire. À ce titre, j’ai en charge la protection du Palais d’Ivoire, la gestion du personnel, l’organisation de ses défenses... Et, à titre plus personnel, eu égard à mes liens d’amitié et de camaraderie avec feu Liam Ivory, ancien Roi de Nexus, surnommé ‘‘Lion de Nexus’’, j’ai été chargé, suivant testament authentique, d’assurer la sécurité et la protection de Sa Majesté la Reine Elena Ivory, Reine de Nexus, Protectrice du Royaume, et dernière héritière à ce jour de la dynastie millénaire des Ivory. »

Ronald se tut ensuite, laissant le temps à Kami de méditer cela, et but une gorgée de café. Il était chaud, assez fort. Ronald le préparait en personne, et, vu son passé de Paladin, et son tempérament, son café était en conséquence.

« Si je vous ai fait venir dans un tel secret, c’est pour des raisons bien précises, mais je peux vous assurer que le voyage en vaudra la chandelle. »

L’homme ménagea à nouveau une courte pause, puis fixa silencieusement la jeune femme.

« Avant d’aller plus loin, dites-moi... Que savez-vous de la situation politique actuelle à Nexus ? Qu’est-ce qu’on dit sur la cité-État depuis votre forteresse ? »
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Kami Kato
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FicheChalant
« Répondre #4 le: Janvier 11, 2018, 02:25:19 »

Kami attrapa sa tasse avec précaution et l'approcha d'elle pour en sentir humer l'odeur.

"... votre mentor, Maître Raito Oshiba, qui, d’après sa lettre, vous a formé depuis votre enfance... Ce qui est plutôt rare venant de sa part. J’ignorais qu’il avait encore la patience d’éduquer de jeunes enfants. J’espère qu’il ne vous en pas a trop fait baver... Ou inversement.
- Euh..."


Son visage s'empourpra. Elle n'avait jamais considéré sa relation avec le maitre horloger comme si particulière, bien qu'il lui ait souvent consacré un temps supplémentaire lorsqu'il le jugeait nécessaire. Elle n'était cependant pas la seule apprentie dans ce cas.

"Il est notre professeur à tous. Enfin, l'un de nos professeur."

Précisa-t-elle simplement, et laissa volontairement la dernière remarque sans réponse.

"Vous venez d’une région reculée..."

Elle leva sa tasse jusqu'à ses lèvres en repensant aux heures passées sous la tutelle de Raito Oshiba. C'était un professeur patient et, à l'occasion, une oreille attentive, qui avait su la remettre sur les rails en jouant de didactique et de fermeté. Mais la place qu'il lui accordait ne correspondait pas à ce que Langley semblait s'imaginer. Aurait-elle du mentir, ou tout simplement se retenir de rectifier l'erreur ? Le maitre horloger l'en aurait informée. Qu'avait-il pu écrire dans sa lettre ?... Elle souffla sur la surface du liquide, avant d'en prendre une gorgée. Un gout intense et écœurant envahi toute sa bouche, lui intimant de cracher sur sur le champs. Le goût du breuvage rappelait vaguement un fond de casserole brulé. Kami resta stoïque et déglutit.

"...  et dernière héritière à ce jour de la dynastie millénaire des Ivory.
- Hmhm..."
répondit-elle en hochant la tête en signe d'attention.

On lui avait déjà dit qu'elle aurait affaire avec l'intendant, mais elle n'avait pas pensé le rencontrer si tôt. Le goût du café semblait s'être imprimé sur sa langue. Mortifiée, elle baissa les yeux sur sa tasse encore pleine et se maudit intérieurement.

"Si je vous ai fait venir dans un tel secret, c’est pour des raisons bien précises, mais je peux vous assurer que le voyage en vaudra la chandelle."


La dernière phrase piqua son intérêt et lui fit hausser les sourcils d'un air interrogatif. Elle aurait bien aimé qu'on lui confie la construction de catapultes, mais cela aurait été trop beau. Une situation plus plausible était qu'on lui donne à réparer des horloges, des serrures, ou des systèmes à poulies quelconques.

"Avant d’aller plus loin, dites-moi... Que savez-vous de la situation politique actuelle à Nexus ? Qu’est-ce qu’on dit sur la cité-État depuis votre forteresse ?
- Hem...
commença-t-elle en réfléchissant,  je crois que nous avons une vue d'ensemble. La famille royale est en grande partie décédée, ce qui a provoqué une crise il y a quelques années, mais la situation est désormais stable - enfin, je crois. Beaucoup attendent avec impatience un mari et un héritier pour la Reine Elena. Là d'où je viens, les gens se sentent plus en sécurité si... enfin, s'il arrivait malheur à la reine, ils craignent que cela pose des problèmes à Nexus, qui est notre principal allié."

Elle avait parlé d'un air pensif, et jetant des regards réguliers à l'intendant pour guetter ses réactions. Elle soupçonnait cette question d'être une sorte de test. Mais peut être était elle paranoïaque.
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #5 le: Janvier 15, 2018, 01:52:25 »

Comme elle l’annonça elle-même, Kami ne connaissait que les grandes lignes. Une famille décimée, l’instabilité politique, le chaos et l’anarchie à chaque coin de ruelle. Ronald la laissa parler. Sans doute devait-elle commencer à se demander ce que tout cela signifiait. L’homme prenait son temps. Il ne s’attendait nullement à un double jeu, mais la prudence était toujours de rigueur. En réalité, il lui semblait impossible que cette femme soit entre les mains de l’ennemi. S’il voulait lui décrire la situation actuelle de Nexus, c’était surtout pour qu’elle comprenne mieux ce qu’il attendait d’elle.

« La mère d’Elena, feue la Reine Nöly Ivory, a eu bien du mal à mettre au monde une héritière. D’aucuns commençaient à s’en moquer dans le dos du couple royal. Le Lion de Nexus, Liam Ivory, qu’on disait si adroit de son épée, était-il incapable d’user promptement de sa lance ? Ou est-ce que la Reine était stérile ? Nöly Ivory venait des Îles Mélisi, vous savez. Pour beaucoup, le fait que les Mélisains aient pu avoir une Reine était un affront. »

Les Îles Mélisi formaient un archipel officiellement indépendant, mais économiquement sous la tutelle de Nexus. Un très agréable archipel au large des colonies maritimes nexusiennes, entretenant d’étroites relations avec la cité-État, tant commerciales que militaires. La situation ne s’était guère améliorée depuis pour les familles conservatrices de Nexus, car Adamante, la magicienne si proche de la Reine, était précisément originaire de Mélisi. D’ailleurs, les Mélisains eux-mêmes avaient gardé la jeune Elena pendant plus de dix ans dans un monastère, ce qui n’avait pas été sans provoquer de vives tensions.

Ronald poursuivit son résumé historique :

« La vérité, voyez-vous, et qui n’est connue que par fort peu de gens, c’est que la Reine était empoisonnée. Un poison très particulier, très rare, et indéniablement de très grande qualité, puisqu’il ne tuait que les ovules de la Reine, sans porter atteinte à sa santé. Il a fallu l’expertise des elfes du Bosquet pour pouvoir la soigner. L’enquête menée à l’époque a révélé que le poison était infusé dans le thé que la Reine prenait chaque matin. Nous avons recherché les pages qui livraient le thé, interrogé les fournisseurs, les gardes, tous ceux susceptibles de pouvoir empoisonner la Reine... Finalement, tout ce que nous avons trouvé, ce sont des cadavres et des disparitions, et aucune réponse. »

Ronald ménagea une courte pause, faisant de l’ordre dans ses pensées. Il avait passé des heures, des nuits entières même, à éplucher les pistes, à envoyer ses agents pister de simples pages, à chercher des traces d’un complot ashnardien.

« À qui profite le crime, Madame Kato ? Qui aurait pu commettre une telle forfaiture ? Ashnard est le coupable idéal... Trop idéal, si vous voulez mon avis. Il y a les elfes, aussi. Ceux-ci n’ont jamais pu accepter que Nexus devienne humaine, et continuent encore à chanter de vieilles lunes, l’époque où ce palais était une construction elfique. Ou alors, ce peut être des familles conservatrices, qui ont décidé qu’il était temps de se débarrasser des Ivory, voire les grandes familles bourgeoises, les puissantes guildes marchandes, dont les monopoles économiques étaient mis à mal par les réformes économiques de la Couronne. À qui profite le crime ? »

Cette question, Ronald se l’était longuement posée. Les suspects ne manquaient pas, les pistes non plus...

« Récemment, Nexus a connu de forts troubles. Outre les révoltes de réfugiés, ou les soulèvements épisodiques d’esclaves, des hommes-porcs ont déferlé dans les bas-fonds de la ville. Un épisode singulier, qui m’a amené à la conclusion que je m’étais assagi. »

Une histoire des plus sinistres, et que la Couronne avait, dans la mesure du possible, essayé d’étouffer. L’histoire d’un abattoir, celui de l’honorable Oswald Mandus, qui avait usé sa richesse pour créer cet abattoir au cœur des bas-fonds, afin de redynamiser le quartier en permettant d’offrir du travail aux ouvriers, aux réfugiés, aux migrants. Un abattoir qui était la bouche d’un enfer immonde, d’une construction infernale souterraine, la Machine, construction hideuse transformant ses prisonniers en horribles mutants, fonctionnant grâce au sang et à de sombres arcanes magiques, et dont la finalité ultime était d’ouvrir un Portail, une porte vers les profondeurs abyssales de la Création.

La preuve ultime que Ronald avait eu faux sur toute la ligne, que toutes ses hypothèses étaient fumeuses, et que, si son enquête n’avait jamais pu progresser, c’est parce qu’il avait tapé tout en-haut de sa liste de suspects, sans envisager les autres possibilités.

« Nexus est bien plus fragile que l’image qu’elle en donne, Madame Kato. C’est un colosse aux pieds d’argile, gangréné par la paupérisation de ses quartiers, la corruption, le délitement de ses institutions. Notre Reine est méprisée, bouc-émissaire parfait, accusée d’être l’esclave des Mélisains. Si vous êtes ici, Madame Kato, c’est pour conduire la tâche la plus importante qui soit, car vous avez raison sur ce point... Si la Reine s’éteint, Nexus s’effondrera. Et je n’ose imaginer l’étendue des conséquences d’un tel scénario. »

Son ton était devenu légèrement plus grave, comme pour attester du sérieux de la situation.

« J’ai besoin de vous pour assurer la sécurité du Palais d’Ivoire, acheva-t-il finalement, de vos compétences pour vérifier et améliorer le fonctionnement de nos serrures et de nos dispositifs mécaniques visant à sécuriser le Palais. C’est une mission bien plus importante que ce qu’il semble de prime abord, et, surtout, risquée... Car, croyez-moi, Madame, ceux qui ont empoisonné Nöly sont les mêmes que ceux qui ont provoqué un cyclone ayant ravagé la famille royale. Ce sont les mêmes qui continuent à agir, et qui, j’en suis persuadé, veulent tuer la Reine. Et ça, il n’est pas question que cela arrive, n’est-ce pas ? »
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Kami Kato
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FicheChalant
« Répondre #6 le: Janvier 15, 2018, 11:06:38 »

La plupart de ces informations étaient nouvelles pour la jeune horlogère, et pour le moins désenchantantes. Si on lui avait déjà compté les talents du roi au maniement de l'épée, elle ne s'était jamais posée de questions sur l'état de sa lance. Elle n'avait jamais non plus entendu parler de l'animosité (ou le mépris ?) que les Nexusiens nourrissaient envers les Mélisains.

Chez les horlogers, on vantait plutôt Nexus et son Roi ou sa Reine, quels qu'ils soient. On avait tout intérêt à ce que l'empire reste puissant et uni, et qu'à sa tête règne une famille forte et à la parole solide. Les dernières générations de monarques avaient permis à la terre des Horlogers d'être relativement paisible, Nexus portant la guerre chez quiconque s'en prenait à ses alliés. A quelques kilomètre de la forteresse des Horlogers, dans la ville marchande de Nuretashi, les intérêts étaient peu ou prou les mêmes, et l'on était pas avares d'émissaires et de cadeaux lors des événements importants. Là bas, on évoquait pas les soulèvement d'esclaves, et on croyait peu à l'histoire des hommes porcs, qui circulait comme un ragot fantaisiste. On craignait un peu, mais on ne l'envisageait pas vraiment, que Nexus puisse éclater, mettant du même coup la stabilité de la région en péril.

Kami acquiesçait en fronçant les sourcils d'un air attentif. La Reine devait vivre et régner, c'était une évidence qu'on lui avait suffisamment enseignée. L'idée de Nexus chutant réveilla en elle l'angoisse larvée d'un futur incertain, pour elle et pour les siens. Pourquoi lui expliquer toutes ces choses, à elle, maintenant ? Langley attendait-il un réaction de sa part ?

L'annonce de sa mission la fit pâlir de peur. Donc, on voulait la charger de la sécurité de la Reine. Elle, entre la Reine et les couteaux de ses ennemis. L'avenir de Nexus, de l'empire, de tout, sur ses épaules. Paniquée, elle passa en revue tous les mécanismes qu'elle connaissais mal, tous les livres qu'elle n'avait pas lus. Toutes les erreurs qu'elle pourrait faire, qui pourraient mener à la catastrophe.

"Et ça, il n’est pas question que cela arrive, n’est-ce pas ?
Euh, je..."


Mais c'était aussi une porte qui s'ouvrait. La chance d'être une pièce de l'échiquier, et de faire quelque chose qui compte. La chance que son nom soit inscrit dans un de ces livres qui racontent l'histoire des royaumes. Un sourire voulut naitre sur ses lèvres, mais elle le réprima.

"Monsieur, je ne crois pas être la meilleure parmi mon ordre et je...", dit-elle d'une voix trop forte et qui tremblait un peu, avant de reprendre un peu plus calmement : "je ne saurais trop vous conseiller un artisan plus expérimenté pour une tâche de cette importance... mais si vous jugez que, si... si vous ne changez pas d'avis malgré tout, je ferais tout ce que mon talent permet pour que vos portes soient inviolables."

Tout en parlant elle s'était penchée en avant. Elle déglutit et recula un peu sur sa chaise, tentant de reprendre un position plus naturelle. Tandis que son cœur effrayé frappait sa poitrine à grand coup, elle guettait les réactions de Langley. A présent, elle se prenait à craindre qu'il retire son offre. Elle se maudirait d'avoir été si froussarde. Le palais et ses serrures, elle les voulait. Et son désir transparaissait malgré elle : ses yeux d'enfant suppliaient l'intendant de balayer ses objections.
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Elena Ivory
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Reine de Nexus


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FicheChalant
« Répondre #7 le: Janvier 16, 2018, 02:01:27 »

Très rapidement, Ronald sentit la détermination de la jeune femme vaciller au fur et à mesure qu’il lui énonçait les dures réalités de la situation à Nexus. Peut-être que lui-même en faisait un peu trop, mais, après tout, Ronald était connu pour sa paranoïa. En même temps, et comme à chaque fois qu’il se disait ça, il se rappelait que la dynastie royale avait été décimée, que Nexus était en train de s’effondrer sur place, croulant de toute part sous les menaces, et que l’héritage de Liam et de Nöly Ivory était plus fragile que jamais. Et en même temps... En même temps, Ronald se disait aussi que la fille du Lion avait un caractère suffisamment trempé pour tromper ceux qui ne voyaient en elle qu’une jeune faible, une petite paysanne éduquée par des moines. À chaque chose, malheur était bon. En étant éduquée par les moines, Elena avait appris ce qui faisait défaut à tous les nobles et les aristocrates que Ronald connaissait : l’humilité. Cette même humilité qu’il apercevait chez Kami, qui en venait même à décliner son offre, ce qui ne manqua pas de le faire légèrement sourire.

« Allons, allons, je ne vous ai pas encore donné les bons côtés, Kami. »

L’Intendant royal savait ménager ses effets, et poursuivit ensuite, tout en sachant que ce qu’il allait dire n’allait sans aucun doute pas suffire à éclipser totalement les doutes de la jeune femme :

« Vous aurez une chambre au sein du Palais. Tous frais payés. Nourritures, vêtements, nous avons même des salles de bains très modernes. »

Un anachronisme lié à l’usage de la plomberie dans certaines riches maisons de la ville. Un héritage tekhan qui trouvait son origine il y a quelques années, quand les Nexusiens avaient développé tout un système d’égouts dans la ville, avec l’aide d’ingénieurs tekhans. Ce système avait été pensé pour lutter contre les épidémies de peste et de maladie, l’hygiène déplorable d’une cité immense, où chacun jetait ses détritus à la rue, propageant ces infections. Les Tekhanes avaient fini par s’investir, car les épidémies étaient remontées jusqu’à eux, par le biais de navires marchands ou touristiques. Depuis lors, Nexus avait fait d’importantes excavations urbaines, afin de construire des égouts, et les ingénieurs et architectes nexusiens en avaient profité pour se renseigner sur le fonctionnement de la plomberie, de l’eau chaude. Nexus s’était depuis dotée, pour les plus fortunés, de chaudières artisanales, fonctionnant avec de l’eau qu’on chauffait à l’aide de gemmes enflammées.

Le Palais d’Ivoire disposait donc de ce genre d’équipements. En filigrane, Ronald était en train de dire à Kami qu’elle disposerait d’une chambre qu’on aurait pu réserver à un haut-diplomate.

« Et un salaire plus que décent, cela va sans dire. Pour le reste... Honnêtement, votre rôle se résumera à vérifier des serrures et des verrous. La sécurité de la Reine, à proprement parler, ne relève que de moi. »

Ronald resta encore silencieux pendant quelques secondes.

« C’est vous que je veux, fit-il alors. Je savais que Raito enverrait quelqu’un qui serait parfait. Je n’accorde pas de l’importance qu’à la compétence uniquement. La loyauté m’est en fait tout aussi indispensable, surtout que, si vous acceptez ce poste, je vous confierai la révision des serrures de la zone la plus dangereuse de tout le Palais... »

Les douves ? Les cachots ? La salle de torture ? Ronald ménagea encore son effet, avant de reprendre :

« Les appartements privés de la Reine. Ce sera terrible, vous n’avez pas idée... »
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DC d’Alice Korvander.

Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

Pour une demande de RP, je vous encourage, soit à poster sur le topic susmentionné, soit à envoyer un MP sur mon compte principal.

Kami Kato
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FicheChalant
« Répondre #8 le: Janvier 17, 2018, 02:59:51 »

L'intendant ne se laissa heureusement pas perturber par les objections de Kami, qu'il balaya avec une pointe d'ironie. La jeune horlogère s'en sentit soulagée. Immédiatement, Langley capta à nouveau son intérêt. Elle n'avait jamais convoité particulièrement le luxe ou la richesse ; mais habiter dans un palais - dans LE palais de Nexus, c'était autre chose ; l'idée n'était pas sans attrait. Elle n'était pas totalement rassurante, non plus. Les palais, ça n'était pas son monde. Mais enfin, c'était la curiosité qui l'emportait sur tout le reste. Sûr qu'elle ne se ferait pas prier pour essayer ces salles de bain "modernes", dont elle imaginait mal quels systèmes elles pouvaient contenir.

"Et un salaire plus que décent, cela va sans dire. Pour le reste... Honnêtement, votre rôle se résumera à vérifier des serrures et des verrous. La sécurité de la Reine, à proprement parler, ne relève que de moi."

Elle hôcha la tête d'un air pensif.

"Aurais-je un atelier pour travailler ?"


Elle se posait déjà bien d'autres questions ; où pourrait-elle faire forger les pièces dont elle avait besoin, y'avait-il un coût à ne pas dépasser, les serrures devaient-elles privilégier la solidité ou la résistance au crochetage, la taille et l'esthétique étaient-ils à prendre en compte ?... Mais de telles préoccupations étaient encore un peu prématurées : elle s'efforça donc de les garder pour elle.

Une pointe de fierté la fit sourire brièvement lorsque Langley évoqua le choix de Raito de l'envoyer, elle. Il est vrai que certains jeunes horlogers étaient plus prometteurs qu'elle : pourtant il avait juger qu'elle était la plus digne de participer à la sécurité de la Reine de Nexus. L'intendant savait trouver les mots pour la faire passer d'une émotion à une autre. Était-ce volontaire de sa part ? Il sous entendait qu'elle était digne de confiance. Comment pouvait-il en être sûr ?

"Surtout que, si vous acceptez ce poste, je vous confierai la révision des serrures de la zone la plus dangereuse de tout le Palais..."

Kami cessa de respirer pendant un instant.

"Les appartements privés de la Reine. Ce sera terrible, vous n’avez pas idée..."

Une seconde d'incompréhension passa en silence, avant que Kami ne réalise qu'il s'agissait d'une blague.

"Ha ! Haha..." Elle baissa le front et secoua la tête avec un rire nerveux. "D'accord..." Elle redressa son visage pour faire face à Langley et reprendre sur un ton solennel qui était tempéré par son sourire subsistant : "Quel que soit l'endroit où vous m'enverrez, je serais toujours loyale et honnête, Monsieur."

Elle avait fait cette promesse sans difficulté, ayant toujours eu en horreur les doubles jeux et les trahisons. Elle se convainquait facilement d'être incorruptible. En revanche, elle gardait, à tort ou à raison, une certaine méfiance envers l'intendant. Les gens qui s'exprimaient, comme lui, avec aisance la troublaient, au point qu'elle se sente incapable d'identifier chez eux la sincérité ou le mensonge.

"Faudra-t-il que les serrures respectent certaines normes en terme de taille ou d'esthétique ?"


Bon, ça lui avait échappé, finalement.
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