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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Fly me to the other Moon [Natacha]  (Lu 419 fois)
Muramasa Akasha
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Tachi maudit de Muramasa


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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« le: Décembre 24, 2017, 02:42:25 »

Qu'est-ce que je pouvais aimer la solitude ! C'était si reposant, relaxant et stimulant pour les sens. Pourtant, j'étais une créature qui devait se lier à autrui pour tirer profit de son plein potentiel, et je n'aimais pas les gens. N'est-ce pas ironique ? De toute façon, que je sois accompagnée ou non, aucun de mes propriétaires n'avait su comment trouver Kusanagi-no-tsurugi, ce qui m'agaçait au plus haut point. Pour eux, il ne s'agissait que d'une simple arme de sacre, une relique d'un temps passé dont la localisation exacte leur est inconnue. Non ! C'était l'objet de ma mission, la chose que mon maître voulait évincer pour de bon afin que je sois l'épée symbolique du pays, et cela à la place de ce débris laid à la consistance en carbone négative. Il m'était cependant impossible de la trouver ; et lorsque mon propriétaire semblait mettre le doigt sur une piste, il s'éteignait sous le lourd fardeau de ma malédiction. Peut-être que je leur ôtais la vie bien trop rapidement. Malheureusement, c'était une loi immuable que je ne pouvais modifier, peu importe ma volonté. Si je voulais un hôte sur le long terme, il me fallait quelque chose de beaucoup plus solide qu'un humain, soit une créature à l'espérance de vie on ne peut plus impressionnante, voire éternelle comme la mienne.

Cependant, j'avais mis ma mission de côté, pour une fois. C'était une chose relativement exceptionnelle ! La lassitude que je commençai à éprouver vis-à-vis des humains était telle qu'elle me démotivait au plus haut point. J'en commençai même à regretter ma venue ici. Heureusement que l'air frais de cette douce nuit d'hiver est là pour me porter et me faire oublier toutes ces émotions négatives, auquel cas j'aurais pu entrer dans un excès de rage et commettre quelques meurtres çà et là. Je dois l'avouer, ce n'était pas le bon plan. Les chaînes de télévision locales commençaient à parler d'étranges disparitions d'êtres humains qui, après s'être promenés seuls, disparaissaient sans laisser de traces. La vérité ? Voilà mon oeuvre. Je les séduisais aussi bien physiquement que psychologiquement, me liais à eux et pompais leur énergie vitale jusqu'à ce que notre pacte soit rompu. Après quoi, je me débarrassais des corps là où personne – à priori – ne les trouverait. J'avais d'ailleurs bien intérêt à les dissimuler, tout ça à cause de ce foutu tatouage que mes pouvoirs gravaient sur le corps de mes propriétaires. Qui sait quel humain un peu plus futé que les autres pourrait remonter jusqu'à moi rien qu'avec de telles preuves ? Voilà pourquoi mon dernier hôte en date gisait ici même, sous un arbre de cette petite forêt. Cela avait été un calvaire, de l'enterrer ici sans l'aide de qui que ce soit. J'y avais sans doute passé la moitié de la nuit passée. Heureusement que mon corps ne ressentait pas la moindre fatigue.

Bref ! J'avais bien aimé l'ambiance de ce bois. C'était vachement pratique quand on voulait ne parler à personne et se retrouver seul. Actuellement, je m'y baladai et espérai atteindre un genre d'illumination en faisant le vide spirituel, ou quoi que ce soit d'autre. À vrai dire, je m'en foutais tant que je me déconnectais de ces créatures faibles et incompétentes qu'étaient les humains. Ce rocher allait m'y aider, d'ailleurs. J'y posai mes fesses après l'avoir escaladé, croisai mes jambes et fermai les yeux à but purement méditatif. Tout autour de moi semblait disparaître, ça marchait du tonnerre. Mes sens étaient à leur éveil maximum, si bien que je me crus en mesure de pouvoir entendre n'importe quoi sur un certain rayon (déjà que j'étais bien plus perceptive que les humains, mais là !). D'ailleurs, c'était quoi ces craquements, là ? On aurait dit quelqu'un en train de se contorsionner avec une telle violence que ses os étaient en train de lâcher. Un meurtre, non loin de moi ? Non. J'aurais entendu un deuxième individu, si cela avait été le cas. Finalement intriguée, je quittai ma posture méditative et filai droit vers le nord, c'est-à-dire là d'où provenaient ces étranges sons. Je maudis au passage cette enveloppe corporelle humaine et ses foutues limites physiques c'était trop lent ! Et effectivement, j'avais raté la plus grande partie du spectacle. Je n'avais pu voir qu'un corps se rétracter, changer de couleur et devenir à priori humain. "Oh ! Chouette ! Une blonde à poil, comme si j'avais besoin de ça." Réaction attendue en temps normal. Cependant, cette blonde en question s'était auparavant changée en quelque chose de plus massif et robuste. Ça m'intriguait tout naturellement.

Camouflée derrière un arbre, j'attendis tout d'abord que la femme recouvre ses esprits et prenne conscience de son milieu. J'avais beau être immortelle, je ne souhaitais pas passer pour une menace contre quelque chose que je ne connaissais pas. Après tout, même si je ne ressentais pas grand chose, je n'avais pas tellement envie de me retrouver handicapée le temps de me régénérer. Bref. Les secondes passèrent suffisamment pour que je les estime assez nombreuses. C'est bon, quoi. Je n'allais pas attendre trois années pour qu'elle paraisse moins ahurie. Je sortis donc de ma cachette sans faire de la moindre discrétion, m'entichant de mon habituel air impassible, et m'avançai imprudemment en direction de la jeune blonde à priori humaine. Il était trop tard : je savais qu'elle ne l'était pas, voilà pourquoi elle m'intéressait. Peut-être sera-t-elle en mesure de faire un hôte convenable, qui sait ? Même si je n'espérais pas trop, j'en avais fortement envie.

Eh, la bête. Explique-moi ce que j'ai vu, qu'on gagne du temps. Et si l'envie de me décapiter ou je ne sais quoi te traversait l'esprit, tente ta chance, mais je suis pas sûre que tu y parviendras.
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Natacha Landefeld
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Lycanthrope grincheuse et violente, amatrice de rock.
« Répondre #1 le: Décembre 25, 2017, 04:20:44 »

Toute cette journée avait été laborieuse pour une raison toute évidente : la pleine lune débutait ce soir. Et ça me mettait bien évidemment les nerfs à fleur de peau, et la tête en vrac. Autant dire qu’au boulot, les gosses du lycée n’avaient pas été servi avec le sourire. Je crois même avoir fait flipper quelques-uns en servant de la purée avec des gestes un brin agressifs, échappant de temps à autre quelques grognements.
C’était d’ailleurs étrange ce phénomène, les simples humains semblaient inconsciemment réagir à ma présence lorsque j’étais dans cet état, comme face à un prédateur mais sans réellement le comprendre. Mouais, je suppose que c’était un effet secondaire amusant. Ô joie, cette journée pénible avait été bouclé sans incident, me permettant enfin de filer directement dans le bois voisin pour soulager un besoin naturel.

Et par ce terme, j’entends bien laisser libre court à ma seconde nature de lycanthrope. La plupart du temps, je parvenais à retenir cette nécessité de me transformer, en m’occupant l’esprit par exemple ou en me défoulant dans un sport quelconque. Mais ça ne me quittait jamais réellement, comme un appel incessant, plus particulièrement fort la nuit. Alors en période de pleine lune, ce n’était vraiment pas possible de résister.
Quand bien même c’était l’hiver, plus j’avançai dans les bois, plus j’étais prise de bouffées de chaleur, comme si la bête en moi sentait sa libération proche. En chemin, je vérifiai que le sous-bois était désert, me fiant à mes sens aiguisés. Arrivant enfin à un endroit isolé, je n’en pouvais plus, mon corps était en feu, si bien que je balançai mes vêtements à la hâte dans le trou d’un arbre. Simple précaution pour les retrouver plus tard.

La lune m’appelait, sa lumière se projetant sur mon corps nu provoqua les premiers spasmes musculaires. C’était parti, le grand concert de craquements. Très douloureux au début, je commençai à m’y faire avec le temps, même si retenir ce phénomène pouvait encore générer une grande souffrance. Sauf que cette fois, je me laissai submerger avec délice alors que les membres de mon corps changeaient de forme, les muscles devinrent plus puissants pour recouvrir les os à moitié humains et à moitié loups, le tout recouvert par une épaisse fourrure grise.

Durant ce genre de période lunaire, je perdais assez rapidement conscience. Cela ressemblait davantage à un rêve où je contrôlai seulement de manière assez lointaine mes mouvements et où mes actions étaient dominées par le besoin de carnage. Ma conscience humaine s’évadant peu à peu, je sentis ce nouveau corps de canidé hurler à la lune, les yeux rougeoyants, en même temps que cette faim insatiable masquait tout le reste.
Peu après, ce fut plus ou moins le vide. Certes, à force de pratique, je parvenais à retenir quelques bribes de souvenir, influencer quelque peu mes gestes, comme revenir à l’endroit approximatif où j’avais laissé mes vêtements. Comme si je nageai dans un liquide épais, j’arrivai peu à peu à me guider, guère plus que des directives basiques. Rester dans les bois ou dans la zone industrielle abandonnée, etc.

Pour le reste, je ne contrôlai rien. Si bien qu’il m’arrivait régulièrement de réduire en charpie les créatures vivantes se retrouvant dans mon chemin. C’était regrettable mais, à vrai dire, je n’y pouvais pas grand-chose car une fois mon instinct fixé sur une proie, il m’était impossible de m’arrêter. Plus d’une fois, il m’était arrivée de massacrer des humains, l’apprenant après coup de manière plutôt… Peu ragoûtante.

Manque de chance, c’était justement le cas ce soir là. J’étais parvenue à m’orienter je ne sais comment vers une zone industrielle désaffectée, imaginant sans peine qu’elle était déserte à cette heure-ci, mais ce ne fut pas le cas. L’odeur de chair et de peur mélangé avait excité mon instinct de prédation et, dans un état de semi-conscience, je compris que j’avais massacré quelque chose.
De retour dans le parc familier, j’étais enfin calmée. Ma seconde nature bestiale était rassasiée et la transformation commençait à refluer lentement, comme satisfaite son féroce appétit. Je m’effondrai près d’un arbre pendant que mes ossements recommençaient à craquer de manière sinistre, les muscles reprenant leur place humaine tandis que la fourrure disparaissait.

Il me fallut du temps pour reprendre conscience humaine, revenir à mes sens et apercevoir avec dégoût mes mains pleines de sang. Super, j’avais des bouts de chair coincés sous les ongles et un atroce goût de viscère dans la bouche. Qu’est-ce que je pouvais bien avoir buté ? Je devais avoir le bide plein, mais de quoi… Dégueulasse.
La lumière de la lune me paraissait incroyablement vive, mais c’était sûrement dû à mes yeux de lycanthrope. Car, je ne sais pas pourquoi, il leur fallait davantage de temps pour revenir à la normale, si bien que j’étais partie pour conserver des iris rouge sang toute la soirée. Je me relevai, encore chancelante avec un net poids sur l’estomac. Bon, où j’ai mis mes fringues ?

Encore à moitié dans les choux, je ne m’aperçus que trop tard de l’autre présence. Je me retournai brusquement pour remarquer une jeune femme à la chevelure étrangement longue rouge et noir. Bizarre, je ne l’avais pas senti approcher. D’ailleurs, il émanait d’elle une odeur non pas humaine mais plutôt… métallique ?
En tout cas, elle m’avait vu mais je n’avais aucune idée jusqu’à quel point. Probablement pas la métamorphose complète sinon elle aurait flippé ou bien je l’aurais buté sans m’en rendre compte. Fais chier, je n’avais pas du tout envie de lui répondre. Et de toute manière, j’avais une de ces nausée. Le repas, quel qu’il soit, commençait à remonter et ce goût dans ma bouche acheva de me retourner l’estomac.

Et ce qui devait arriver, arriva. Avant même que je puisse articuler, je me tordis en deux pour vomir derrière l’arbre. Une belle galette pleine d’un mélange de sang et de reste de chair moitié digérée. Immonde. Mais le pire, c’était ce morceau de manteau jaune au milieu, nageant dans cette bouillie. A cette vue, et de ce qu’elle signifiait, je fus prise de spasmes supplémentaires. Joie, j’aurais préféré avoir bouffé un chien ou quelque chose comme ça.

Et l’autre qui ne me lâchait pas, si on ne pouvait plus gerber de la chair humaine en paix. Je n’avais pas envie de m’expliquer, pas plus que lui demander ce qu’elle voulait dire par cette histoire de décapitation. De toute manière, elle pouvait bien raconter partout ce qu’elle venait de voir, personne ne la croirait. D’humeur massacrante, je lâchai un commentaire acide.

"Bah quoi, t’as jamais vu de naturiste bourrée en train de gerber ?"

Là-dessus, je la laissai en plan pour marcher jusqu’à l’arbre où étaient coincées mes affaires, ne me préoccupant pas le moins du monde de ma nudité. Je m’étais habituée à ce revers, et de toute manière c’était une femme. Occupée à enfiler mes sous-vêtements de sport, je choisis de l’ignorer, espérant qu’elle se lasse et me foute la paix.
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Muramasa Akasha
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Tachi maudit de Muramasa


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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« Répondre #2 le: Décembre 28, 2017, 08:13:09 »

À remarque désagréable, réponse désagréable. J’aurais dû m’y attendre, comme d’habitude, mais je préférais de loin tenter le coup et aviser par la suite. D’ailleurs, je découpais ceux qui me faisaient chier, la plupart du temps. Cependant, découper cette créature-ci serait du gâchis potentiel. Je serrai donc les dents, me contentant de passer outre son caractère aussi mauvais que le mien. S’il avait néanmoins une chose que je ne laisserai pas passer, c’est elle. Il était hors de question que je la lâche sans avoir réussi à pactiser avec elle. C’est pour cela que je la suivis à la trace aussitôt qu’elle me faussa compagnie pour accomplir une futilité : s’habiller. Franchement, qui en avait besoin ? Si je n’avais pas cette tenue à disposition à chaque fois que je me transformais, je serais bien restée à poil.

Évidemment, je ne me gênai pas pour jeter un coup d’oeil indiscret au corps de la blonde. Après tout, pactiser signifiait lui faire l’amour. Dans cette optique, je me permettais un peu tout et n’importe quoi avec mes futurs propriétaires, même si j’avais aussi certaines limites. Je constatai ainsi que passer du bon temps avec elle ne pourrait être que bénéfique ; elle me plaisait tant sur l’aspect physique que racial. Peut-être pourra-t-elle même me survivre pour l’éternité… Mais pour cela, il fallait au moins que je daigne lui proposer ce pacte-ci. Je m’approchai donc de la jeune femme alors qu’elle était toujours en train de se changer pour me placer derrière elle, cerclai imprudemment sa taille d’un de mes bras et portai ma tête sur une de ses épaules avec un grand sourire.

Ce n’est pas grave. Si tu ne me le dis pas, je pourrais toujours le découvrir une fois que nous aurons pactisé. En quoi cela consiste ? Dis-toi juste que je peux réaliser tes rêves les plus fous. Je peux te rendre puissante, aimée de tous ou riche si tu le souhaites. Vois-tu, je suis une création divine, une arme dotée d’un pouvoir incommensurable. Tout ce que tu peux souhaiter est à ma portée. Et pour ça, il te suffit juste d’accepter mes avances.

D’ordinaire, les humains cédaient face à tant de promesses, d’autant plus que je me montrai physiquement insistante et entreprenante. Mon bras enroulé autour de la taille de la blonde l’enserra davantage et caressa quelque peu ses hanches pendant que ma main libre s’approchait dangereusement de son cou. Mais est-ce que tout cela allait fonctionner ? Si les humains se laissaient berner, peut-être que ce ne sera pas le cas de cette créature encore inconnue. Comment pourrais-je le savoir sans tenter ? Je n’avais rien à perdre. Et, dans le pire des cas, s’il me suffisait d’avoir un rapport avec, peut-être que je pourrais la forcer, juste pour en apprendre plus sur elle et voir si elle ferait effectivement un bon propriétaire. Je ne serai simplement pas en mesure de fusionner pleinement avec elle tant qu’elle refusera, chose que je trouvais dommage. Quelle divinité idiote m’a conçue avec le besoin du consentement d’autrui pour m’approprier leur corps ? Certainement une aussi inconsciente que cette blondinette si elle refusait mon offre. D’ailleurs, il fallait peut-être que je lui rappelle ma présence et que j’en remette une couche.

Tu pourrais changer absolument tout ce qui ne te va pas dans ta vie actuelle, tout. Et en plus de ça, tu m’auras moi, en tant que compagne. Ce n’est pas négligeable, ma belle. Accepte ma puissance et tout te sourira, je te le promets.
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Natacha Landefeld
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Lycanthrope grincheuse et violente, amatrice de rock.
« Répondre #3 le: Décembre 29, 2017, 04:23:07 »

Toucher. Elle me touchait ! For fuck’s sake, ça allait mal tourner…S’il existait une chose qui me prenait à rebrousse-poil, c’était bien que l’on me touche sans ma permission.  Ayant tout juste bouclé mon jean, je sentis un bras étranger serpenter le long de ma peau pour encercler ma taille et le souffle chaud de cette étrange femme contre mon visage. Tout mon corps se crispa sous le contact forcé, chiffonnant mon t-shirt entre mes mains pour éviter d’éclater de colère contre cette fille. Une violence de mauvaise augure bouillonnait en moi.

Le contrôle vite, détends-toi, détends-toi… Je serrai d’autant plus mon vêtement pour essayer de réfréner la transformation qui menaçait de refaire surface à cause de cette imprudente. Si jamais je lâchai prise, j’étais encore bonne pour vomir des entrailles humaines pour le reste de la soirée. D’ailleurs, l’était-elle réellement, humaine ? Je l’entendis radoter à propos de souhaits comme un fichu génie de conte.

Mais qu’est-ce que je m’en tape ! Tout ce qui occupait mon esprit là, c’était le battement sourd du sang dans mes tempes, un bruit familier lorsque la métamorphose était proche. La fille devait prendre mon manque de réaction pour une invitation car la voilà qui caressait mes hanches comme si j’étais son amante. Ça me filait la nausée. Enfin surtout parce que ça ne fit qu’empirer ma situation. Mais pour qui elle se prenait cette pimbêche à tripoter les gens comme ça ?

Mais c’est pas vrai, je ne sais pas ce qu’elle fumait pour planer comme ça, avec ses vœux mais je veux la même chose pour me relaxer. Elle ne se rendait même pas compte que plus elle continuait, plus je risque de le réduire en morceaux. Mon corps laissa échapper un grognement sourd et incontrôlé, comme celui d’un animal menaçant. Oh merde, j’étais à deux doigts de perdre les pédales cette fois. Je sentais déjà les os de ma main se crisper pour changer de forme et se munir de griffes.

*Oh boy…*

Saisissant brutalement sa main, je l’enserrai dans ma poigne sans m’en rendre compte et pour cause, ma main avait déjà débuté sa transformation. J’étais vraiment à deux doigts de lui broyer les os si bien que je la repoussai de mon autre libre pour son propre bien, peut-être même un peu trop fort.

"Ok, ok, pense à autre chose… Une chanson, euh… Said "Look man, come down here", he got down there … So what you want? …One bourbon, one scotch, one beer…"

Je marmonnai les paroles en me tenant fermement l’avant-bras transformé, à présent couvert de fourrure, pour essayer d’arrêter le phénomène. C’était assez compliqué vu que cette montée de colère avait injecté comme un feu liquide dans mes veines. Levant les yeux vers la femme en sautillant sur place, je la fusillai de mes iris encore rouge sang.

"Fière de toi ? Ne me retouche jamais sauf si tu veux crever !"

Un grognement bestial s’échappa encore de ma bouche quand je parvins finalement à repousser l’échéance, mon avant bras perdant la fourrure qu’il avait brièvement acquis. Fiou, c’était moins une. J’en avais encore les veines qui palpitaient et le goût du sang sur la langue. Reprenant mon t-shirt froissé pour l’enfiler d’une main encore tremblante, je jetai à nouveau un regard assassin à cette idiote.

"Tu pues le métal, je veux bien t’imaginer en arme…"

Par curiosité, je me demandais si elle était blessée. Well, si elle était divine, quelques griffures ou contusions ne devraient pas lui faire grand mal. Je continuai à m’habiller sans m’en préoccuper.

"M’en tape de l’argent et je peux blairer personne, aucune envie qu’on m’aime. Et je suis pas lesbienne donc tu perds ton temps."
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Muramasa Akasha
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Tachi maudit de Muramasa


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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« Répondre #4 le: Décembre 29, 2017, 08:50:21 »

Elle était étrangement agitée, cette femme, au point que je me demande s’il n’allait pas m’arriver quelque chose si je continuais ainsi. Pfeuh ! La curiosité a beau être un vilain défaut, ses conséquences ne m’affectaient pas. Je ne reculai donc pas malgré l’agitation soudaine de mon interlocutrice, ce qui valut à ma main d’être capturée et serrée avec force, chose que je pus ressentir en raison de la difficulté avec laquelle je pouvais faire bouger mes doigts, même en forçant. La blonde allait-elle exercer une pression suffisamment puissante pour m’exploser un membre ? Quoi qu’il en soit, mon visage n’affichait aucune trace de douleur, comme à son habitude. Au lieu de ça, je m’entichai d’une moue curieuse et intéressée à la vue de la fourrure qui recouvrait désormais l’avant-bras de l’autre femme. Après quoi, j’eus droit à une menace accompagnée d’un regard meurtrier. Si j’avais été humaine, j’aurais sans doute pris peur. Dommage pour cette créature, je ne l’étais pas et ne comptais donc pas cesser quoi que ce soit. Au contraire, j’étais même confiante.

Je peux pas crever. Tu peux essayer de me tuer, si ça te chante.

Elle, par contre, n’était peut-être pas immortelle. Tant que je n’étais pas sûre de cela, je ne pouvais pas m’en prendre à elle et tenter de la force, je risquais bien trop si elle pouvait effectivement mourir. Il fallait que j’en apprenne plus sur elle, en dehors de ce caractère exécrable qui collait parfaitement au mien lorsque je me laissais porter par ma soif de sang. Bref. Prêtant attention aux mots de ma rencontre du jour, je remarquai le fait qu’elle relève une pseudo odeur venant de moi. L’air de rien, je relevai un de mes bras que je portais à mon nez humain. Rien, juste le parfum habituel de chair humaine. Parvenait-elle réellement à percevoir ce genre de choses ? Tant mieux, cela n’attisait que l’intérêt que je lui portais. Malheureusement, tout cela fut gâché par un refus. Ah ouais ? Par réflexes, je grinçai des dents. Face à un humain, il ne me restait que deux choix dans cette situation : le tuer ou le violer pour forcer le pacte. Or, cette blonde n’était pas humaine, ou l’était au moins à moitié. Le temps de m’assurer de tout cela, je ne devais pas tenter de la supprimer. Calme, Akasha. Se débarrasser d’un mortel, ce n’est rien. Se débarrasser d’un potentiel hôte de qualité, c’est dramatique.

Je crois que t’as pas saisi. Je peux tout faire, absolument tout. Viens pas me dire que t’aspires à rien.

Je baissai brièvement le regard vers ma main, rougie et sans doute intérieurement dommagée. Même si les os n’étaient pas broyés, certains n’étaient peut-être plus à leur place. Je me mis donc à palper la main en question et jugeai cela comme aisé à régénérer. Pour cause, je perçus quelques craquements osseux et une petite sensation de picotement. Mon corps commençait à se réarranger de lui-même, et il ne lui faudrait pas plus de quelques secondes supplémentaires pour remettre ma main en état. Dommage ; c’était exactement le temps qu’il faudrait à l’autre pour se tirer si je ne la retenais pas. Dans le pire des cas, je la suivrai jusqu’à ce qu’elle se lasse ou tenterai de la forcer, en prenant garde à ne pas la tuer. Mais pour le moment, j’avais encore la possibilité de négocier, chose que je préférais de loin faire même si j’avais très peu de patience à disposition.

Soit. Je te demande pas à ce qu’on ait un rapport intime prolongé, mais c’est nécessaire au moins une fois, pour que je t’accorde ce que tu veux. Tu veux pas d’argent ni d’amour ? Ok, je m’en fous. Je peux très bien te ramener la tête de quelqu’un, t’emporter où tu le désires, même dans l’espace ou je ne sais quel lieu farfelu. Y’a aucune contrepartie, tu m’aideras juste à avancer en quelques sortes. On y gagne toutes les deux, pourquoi tu dirais non ? T’as pas l’air conne, alors pourquoi ? Quant au métal...

J’agitai soudainement les doigts de ma droite. En un instant, une forme obscure apparut dans le creux de ma main, prenant peu à peu consistance en quelque chose de fin et long. Quelques couleurs apparurent également çà et là, notamment sur la partie que je tenais dans la main. Je refermai cette dernière sur la poignée de l’objet et celui-ci adopta sa forme définitive, soit celle d’un long tachi à la lame particulièrement sombre.

Je suis étonnée que t’aies pu sentir ça. Qu’est-ce que t’es, au juste ? Et si je te tranche la tête, tu meurs ?
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Natacha Landefeld
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« Répondre #5 le: Décembre 30, 2017, 03:01:59 »

Cette pimbêche commençait sérieusement à m’agacer. Si on ne peut plus sortir nue dans un parc sans être emmerdé par une nana immortelle… D’ailleurs, à la voir regarder ainsi son poignet tordu, qui avait visiblement besoin de soins d’urgences, sans montrer la moindre inquiétude, j’avais tendance à la croire. J’étais bien moi-même une créature surnaturelle depuis plusieurs années, qu’il en existe d’autres différentes n’était pas impossible.

Mon instinct me hurlait combien cette femme était dangereuse sans que je ne sache réellement pourquoi. Si elle était réellement immortelle et donc indestructible, j’ai vraiment un problème sur les bras puisque la menacer ne semblait même pas l’impressionner. Habillée de mon t-shirt AC/DC, j’entendais clairement les os de son poignet craquer comme s’ils reprenaient leur forme originale d’eux-mêmes.

L’écoutant me proposer monts et merveilles, je récupérai mon hoodie où j’avais laissé mes clés, soufflant d’agacement à ses propos. Ça puait l’arnaque. C’était peut-être mon inconscient, mais j’avais l’impression qu’autant d’avantages dissimulaient une close cachée. Un peu comme les assurances. C’est sûr, une proposition de ce calibre, c’est plutôt séduisant mais cette fille n’inspirait absolument pas la confiance.

Le hic, c’est aussi qu’elle m’exaspère au plus haut point. C’est viscéral, j’avais beau la savoir redoutable, il m’était impossible de réagir de manière réfléchi, d’autant que mes nerfs étaient encore à fleur de peau. Moi aussi j’ai un caractère merdique, comptant refuser pour simplement l’emmerder. Et de toute façon, je refusai de coucher avec une chieuse pareil.

Prenant une inspiration, je la toisai pendant qu’elle sortait une longue lame sortie de nulle part. Ah, elle ne bluffait peut-être pas en parlant d’elle comme une arme. Cette situation prenait un virage dangereux, mais c’était plus fort que moi, mon sang bouillonnait déjà. Levant le bras, je dressai mon majeur bien droit face à elle.

"La voilà ma réponse. J’aspire à certains trucs mais pas avec une emmerdeuse brouteuse de gazon."

Ce n’était sans doute pas la meilleur réponse à apporter à une créature immortelle armée d’un sabre. Well, je n’étais pas non plus sans défense et ma double nature m’empêchait de réfléchir posément. Serrant les poings, les sens en alerte, je la fixai comme un chat scrute les mouvements de sa proie.

"Je vais te dire. Je suis peut-être pas immortelle comme toi, mais je peux bien te réduire à l’état de vieux steak et ça risque de te poser problème, pas vrai ?"

Déjà, je sentais des frissons de mauvaise augure remonter le long de mon échine. La bête en moi voulait reprendre ses droits, en sentant le ton monter en même temps que l’adrénaline. J’espérai ne pas devoir en arriver là, car je n’étais pas certaine de pouvoir retirer mes fringues à temps. Et les déchirer me ferait bien chier.

"Et pour ta culture, je suis une lycanthrope. Alors m’oblige pas à abimer mes fringues et à dégommer tout ce qui se trouve dans le coin."

Cependant, il demeurait tout de même une ombre au tableau : je n’avais aucune idée de ce dont elle était capable. Même si mon corps était bien plus robuste qu’un humain, si elle me coupait un membre, il n’y a aucune chance que ça repousse.
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Muramasa Akasha
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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« Répondre #6 le: Décembre 31, 2017, 12:33:03 »

Garde ton calme, Akasha. Cette fille ne peut pas être sérieuse. Oui, c'est ça. Elle est juste totalement inconsciente, ou profondément débile. Y'avait pas d'autres solutions. Qui refuserait une telle offre ? Et en commettant un tel affront, qui plus est ! Je fulminai, ma patience était titillée à son extrême. Et même si mon air impassible ne laissa pas filtrer la moindre émotion, j'avais bel et bien envie de faire tomber la tête de cette imprudence. Si seulement elle avait été une simple humaine, j'aurais pu la dépecer sans me soucier de quoi que ce soit. Je commençai presque à regretter de l'avoir abordé. Peut-être aurais-je dû dresser un profil de ma cible avant de l'approcher, cela m'aurait sans doute évité ce genre de problèmes.

Elle répliqua à nouveau, proférant cette fois-ci des menaces à mon encontre. Ah ouais ? J'avais beau ne rien laisser fuiter en terme de ressenti, cette unique fois, je ne pus m'empêcher de gorger mes poumons d'air pour ensuite expirer longuement. Je cherchai visiblement à me calmer. Je fis pianoter mes phalanges sur la poignée de mon tachi. Combien de temps faudrait-il avant que je ne décide de m'en prendre à elle ? Probablement très peu si les choses continuaient dans cette direction. Et, en un sens, je pressentais que mon interlocutrice avait également très peu de self-control. Heureusement, la dernière confession de la blonde me fit reprendre mes esprits. Une lycanthrope ? J'en avais très peu lu à ce sujet ; l'évocation de ce mot ne me laissa que présager qu'elle était en mesure de se changer en gros loup humanoïde. Je ne savais pas où frapper pour l'immobiliser sans l'handicaper définitivement, ni même comment je pourrais lui faire retrouver sa forme d'origine si elle perdait les pédales.

C'est dommage. J'ai absolument aucune compassion pour tes habits, ni même pour le pauvre humain qui pourrait se faire tuer par accident. Et techniquement, tu peux me charcuter, oui. Par contre, t'attends pas à ce que ça me pose de gros problèmes.

En vérité, j'aurais au moins besoin d'un petit laps de temps pour me régénérer totalement, ce qui lui laisserait potentiellement le temps de prendre de la distance. Néanmoins, si elle ne se contrôlait pas – ce qui semblait être le cas – je me disais que je n'aurais aucun mal à la retrouver une fois remise sur pieds, surtout si elle était couverte du sang de cette enveloppe humaine. Mais plus je me confortais dans l'idée qu'il serait aisé de la traquer, plus ma véritable nature se faisait oppressante, frappant aux portes de ma conscience au marteau de guerre. Autant dire que je n'étais plus loin du craquage, moi aussi.

Tant que j'y pense, refais-moi un geste de ce genre et t'auras plus jamais l'opportunité d'en refaire un seul au court de ta vie. Et ça c'est dans l'optique où j'arrive à te laisser en vie.

En dehors d'une intimidation, c'était également la pure vérité. Un coup bien placé était si vite parti... Je comptais d'ailleurs le lui faire comprendre en l'instant étant donné que je relevai lentement ma lame pour en orienter le tranchant en direction de la femme-loup. Après quoi, je balayai le vide entre elle et moi et me reculai suffisamment pour que la pointe de mon arme ne passe qu'à une dizaine de centimètres, tout au plus, de son visage. Et évidemment, ma soif de sang grandissante ne put s'empêcher de me transmettre la délicieuse vision d'une effusion de sang et d'une tête coupée, ce à quoi je répondis par un sourire douteux alors que ma voix se mit à trembler d'une façon quelque peu inquiétante.

Vas-y blondie, tente quoi que ce soit et j'irai te traquer jusque dans n'importe quel monde s'il le faut.
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« Répondre #7 le: Décembre 31, 2017, 07:29:06 »

Oh, shit, shit, shit… Cette fois, c’est mort. Le ton montait beaucoup trop vite, et ouais, c’était en grande partie de ma faute. Mes insultes avaient visiblement piqué cette femme au vif, cette dernière adoptant un ton venimeux et menaçant à son tour, ce qui provoqua chez moi une nouvelle pulsion meurtrière. Le sang me montait carrément à la tête sans que je ne puisse rien y faire, et ça annonçait vraiment une issue désastreuse, pour elle mais surtout pour moi.

D’une, parce que je n’avais aucune idée de ces capacités, commençant réellement à croire qu’elle était bien une créature au surnaturelle au vu de la manière dont ce sabre était apparu. De deux, si une nouvelle transformation me submergeait, ce serait la dernière du jour. Bah ouais, je m’étais déjà défoulée auparavant, mon corps humain atteignant ses limites, il me semblait évident que je ne supporterai pas trois crises d’affilé.

En clair, si je me métamorphosai maintenant pour me débarrasser d’elle, je n’aurais droit qu’à un essai. Si on peut vraiment parler d’un droit puisque plus le temps passait, moins le choix était évident. La bête frappait aux portes de ma conscience de toute ses forces, et elle ne s’embarrassait pas des détails. Et c’était parti, ça allait être rock’n’roll. Ma vision se teinta de rouge lorsque cette femme pointa son sabre sur moi, me frôlant le nez tandis que le ton de sa voix avait vraiment pris une tournure intimidante.

Autant d’éléments qui firent que je ne pouvais plus retenir mon changement d’apparence. Mes os et mes muscles commencèrent à se contracter douloureusement, prélude à un changement complet de nature. Je titubai en reculant, le souffle court, et levai mon regard ensanglanté vers cette pimbêche.

"Casse-toi, maintenant ! Je peux pl-…"

Le reste de ma phrase se perdit dans un grognement car mon visage se déformait déjà et je perdis progressivement conscience humaine pour céder la place à un instinct bestial. Mon corps acheva de se déformer dans tous les sens, avec force craquements osseux et gémissements sourds. A ma place se tenait désormais un loup humanoïde massif d’environ deux mètres, aux yeux rubis et à la fourrure argenté, seul les anneaux à son oreille témoignaient qu’il s’agissait de moi.

A ce stade là, ma raison avait fait ses valises, pris le train et s’était barrée au fin fond du pays. Sentant une proie, le loup géant fixa ses prunelles sanguines sur celle-ci, à savoir la demoiselle qui me faisait chier depuis un bon moment. Le lycanthrope émit un profond grondement en sautant sur le tronc d’un arbre, attrapant une branche de son bras puissant pour disparaitre dans l’ombre des bois.

Honnêtement, cette manœuvre n’était pas mon œuvre puisque comme je le disais, je n’étais plus consciente à ce stade là, d’autant plus que cette fille m’avait bien assez exaspéré pour focaliser toute mon attention sur elle, même sous ma forme bestiale. C’était simplement sa manière de chasser de disparaitre ainsi dans les fourrés, et elle se déplaçait dans un silence remarquable pour une créature aussi massive.

Le bois était redevenu calme, et il était difficile de le localiser à la lumière de la lune. Une branche craqua près d’un arbre en face de la femme au sabre, mais pourtant, ce n’était pas la lycanthrope. Peut-être un animal nocturne quelconque. En tout cas, mon autre moi, en plus velu, en profita pour sortir de l’ombre, saisissant la jambe de la femme entre ses griffes pour lui faire perdre l’équilibre et la happer vers lui.

Si j’avais été encore consciente à ce moment là, je me serais réjouie de son sort. Si jamais elle perdait réellement ses appuis pour être à portée des crocs de mon autre forme, elle allait finir en steak haché. Mais ce qui aurait pu m’inquiéter, c’est plutôt de me faire découper un membre. Seulement, je n’étais plus moi-même et malheureusement, je ne pouvais rien faire quelque soit l’issue.
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« Répondre #8 le: Janvier 01, 2018, 05:21:12 »

Me casser, moi ? J'avais envie de rire. Même si le corps de blonde émit les mêmes sons sinistres qu'auparavant, je ne reculai pas d'un seul bas, au contraire. Je voulais voir ce qui allait arriver, je ne souhaitais qu'en apprendre plus sur sa transformation. Et, cela dit en passant, peut-être pourrais-je arrêter de me retenir, si elle devenait réellement menaçante. Mais pour le moment, je me contentai de maintenir un certain espace entre elle et moi, marquant ce vide par l'allonge de mon sabre. Et j'avais bien fait. Qui sait ce que ce gros loup aurait pu me faire, si je n'avais pas la pointe de mon arme vers l'avant ? J'y aurai survécu, mais je n'aurais peut-être pas aimé. Mais aimais-je seulement la situation présente, en dépit du futur ? Non. Je m'attendais à ce que la créature s'en prenne à moi, qu'elle me dévore ou me tranche la carotide d'un coup de patte griffue. Bref ! Il y avait tout un tas de tuer un humain et je m'y étais attendue. Quelle vaine illusion puisque la bête s'en alla, disparaissant dans l'ombre des feuillages d'un arbre.

Je soupirai et rabattis ma lame sur mon épaule, lasse. Allais-je réellement devoir partir à la chasse au loup ? Il semblerait. Je fermai donc un instant les yeux, puisqu'ils m'étaient présentement inutiles, et me focalisai davantage sur mon ouïe qui allait être ma plus grande amie au cours de cette traque. Je perçus que le vent ne soufflait pas en ma faveur, il n'avait aucune odeur à me ramener et me poussait dans le dos. De plus, je n'entendis pas le moindre bruit de pas, seulement le silencieux vacarme des animaux de la nuit en tout genre. Ceux-ci ne semblaient d'ailleurs pas affolés, preuve que le loup devait avoir pris la fuite ou se révélait particulièrement discret. Ayant peur de la première alternative, je rouvris les yeux et avançai imprudemment dans la direction vers laquelle la créature s'était échappée, restant néanmoins attentive à mon milieu pour espérer repérer des traces ou quelque autre indice que ce soit. Rien. Qui plus est, je ne savais pas quel chemin la bête avait emprunté, ce qui rendait ma traque encore plus difficile qu'elle ne l'était déjà.

Alerte, je me focalisai sur le premier son entendu, à savoir le craquement d'une branche. Je me mis en garde, faisant face à un grand bosquet on ne peut plus suspect. La masse végétale était susceptible d'abriter une grosse créature, comme un immense loup, à tout hasard. Je fis un pas en direction dudit bosquet avant de sentir quelque chose faire pression autour de ma jambe en retrait pour m'attirer brusquement. Et merde, c'était pas par là mais derrière moi.

En un instant, je me retrouvai au sol. Je parvins cependant à me retourner pour me placer sur le dos et ainsi pouvoir me défendre grâce à ma fidèle lame, alors que l'ombre massive se dessina plus en détails et fut bientôt éclairée par l'astre lunaire. Des crocs, de la bave, des yeux injectés de sang ; je me demandais si la blonde était parvenue à contrôler ne serait-ce qu'une fois cette forme, car si c'était le cas, m'approprier son corps et son pouvoir n'en serait que davantage bénéfique pour moi. Cependant, je ne devais pas la perdre de vue, et pour ça je devais impérativement l'empêcher de me charcuter suffisamment pour que ma régénération soit lente. Je tendis alors mon avant-bras gauche et fis barrière avec, le fourrant littéralement dans la gueule du monstre afin de ralentir son avancée menaçante. La peau fut perforée, broyée et malmenée jusqu'à ce que les os subissent le même traitement, certes plus lentement. Comme d'habitude, je n'en tirai aucune douleur, simplement du dégoût à la vue de mon propre sang qui dégoulinait abondamment au dessus de moi. Il fallait que j'agisse vite, et de façon précise.

Si t'as autant faim, bouffe ça le clebs.

De ma main armée, j'élançai mon tachi, pointe vers l'avant, en direction de l'épaule gauche de la créature, visant la jonction entre le bras et le buste. J'évitai consciemment le poumon et la gorge, de peur de porter un coup fatal. Mon but n'était que de l'handicaper au moins autant que moi, ne serait-ce que pour me laisser le temps de me régénérer sans que la bête n'aille trop loin. Dans cette optique, je poussai et espérai transpercer suffisamment peau et muscles pour que le loup me lâche. Et si ce n'était pas suffisamment, j'avais toujours mon plan d'urgence, à savoir me transformer moi-même en tachi et ne récupérer forme humaine qu'une fois l'opportunité présente. Après tout, pourquoi est-ce qu'un canidé s'intéresserait à une arme à priori sans vie ?
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« Répondre #9 le: Janvier 01, 2018, 07:13:21 »

Ma vision n’était plus, si ce n’est un énorme maelstrom de rage, de sang et d’une faim si grande, qu’elle ressemblait à un gouffre sans fond. Essayer de reprendre le contrôle de ma forme lycanthrope, c’était comme nager au plus profond d’un épais lac d’hémoglobine sans aucun indice pour me réparer. C’était peine perdu, anyway. Je me doutais bien qu’à l’heure actuelle, la bête était en pleine chasse ou déjà en plein carnage, si bien qu’il m’était encore plus difficile de revenir à la conscience dans ces conditions.

Bon, c’est vrai que j’avais pu faire des progrès ces dernières années. Mais cette femme avait allumé une telle rage en moi que le seul moyen d’arrêter la machine à ce stade, était tout simplement de n’avoir plus rien à massacrer. En parlant de ça, le loup avait saisi son bras entre ses crocs et le goût du sang le poussait encore davantage dans une frénésie bestiale, déchiquetant de plus belle les os et les muscles.
Pour un humain normal, la fin aurait été proche. La bête était lancée, et il n’avait plus aucun moyen de l’arrêter, sauf… Une lame plantée dans l’épaule par une autre créature surnaturelle, évidemment. Wait, à ce moment là il se passa deux choses. Le loup poussa un grognement douloureux, à mi chemin entre le couinement et le grondement de colère, ce qui ne lui fit pas pour autant lâcher le bras.

Tout au contraire, dans un élan de sauvagerie, la lycanthrope se dégagea dans un sursaut de force prodigieuse, arrachant une partie du bras de cette femme dans un immonde bruit de chair déchirée. Là, il se produisit autre chose, en l’occurrence, je repris une certaine conscience. Cette douleur à l’épaule fut une sorte de bouée me permettant de me guider dans cette énorme lac de sang et de rage qu’était mon esprit. Well, ce n’était pas parfait, mais j’étais assez consciente pour faire obéir ma forme velue avec un ordre assez simple.

A savoir : "à la maison, j’ai pas envie de perdre un bras". Et ça fonctionnait. Si je n’étais pas intervenue pour l’en empêcher, la bête aurait repris le combat malgré sa blessure quitte à perdre des morceaux. Une issue que je préférai éviter par ailleurs. En tout cas, j’espérai que cette femme était bien assez handicapée pour la semer, car mon corps de lycanthrope prit aussitôt la fuite en disparaissant dans le bois, lâchant le reste de bras par la même occasion.
Mon propre bras droit me lançait et, malgré la résistance de la bête, elle évitait de s’en servir comme appui. Le seul instinct que j’étais parvenu à imprimer dans sa tête, c’était la nécessité de filer à travers les arbres en utilisant la fantastique vitesse de son corps. La pleine lune éclairait encore ma fuite, me repérant facilement sur le chemin du retour, si bien que je traversai tout le parc en l’espace de quelques minutes pour filer entre les immeubles.

Inconsciemment, je souhaitai de ne croiser personne à cette heure-ci. Fort heureusement, mon corps étant habitué aux lieux, je retrouvai assez rapidement le bon immeuble même dans cet état de demi-conscience. La lycanthrope atteignit sans encombre le second étage, bondissant de rebord en rebord pour atteindre ma fenêtre que je laissai toujours entrouverte en cas de pépin. Et j’en avais eu un gros de pépin, sans parler que mon jean préféré était en lambeaux.

Le soulagement d’arriver chez moi me fit perdre progressivement ma forme de lycanthrope, m’effondrant sur le sol tandis que le sang coulait en filets réguliers de mon épaule. J’étais à poil, tout mon corps rongé de fatigue, à bout de souffle et l’épaule bien percée. Les jambes tremblantes, je verrouillai portes et fenêtres en jurant, pestant contre cette connasse qui m’avait fait ça, priant pour qu’elle ne me retrouve pas.
En attendant, je me trainai comme une loque vers la salle de bain pour faire couler un bain chaud. Puis, pendant que la baignoire se remplissait, je récupérai un flacon de désinfectant pour en vider une partie dans une serviette aussitôt appliquée sur la blessure en hurlant.

"La salope, elle m’a pas loupé..."

C’était assez moche pour tout dire, la lame avait percée le muscle de l’épaule et mon bras droit était incapable de bouger sans réveiller une douleur atroce dans tout mon flanc droit. Heureusement pour moi, ma double nature m’avait fait don d’un physique bien plus résistant qu’un humain et ce type de blessure devrait pouvoir guérir en quelques jours. Ce n’était pas la première fois que j’étais amochée au cours d’une transformation et, même si c’était douloureux, tout s’était soigné sans problème.

En attendant, je dégustai carrément, serrant les dents pour ne pas hurler à nouveau au contact du produit désinfectant. Tenant fermement la serviette pour couler avec soulagement dans le bain chaud, je laissai le sang s’écouler le long du corps pendant que la plaie m’élançait atrocement. J’étais claquée et en pleine souffrance, l’eau du bain se teintant légèrement de rouge tandis que je pressai la plaie. Ça allait bien finir par s’arrêter de pisser, le tout était juste de supporter la douleur en essayant de se détendre. Mouais, plus facile à dire qu’à faire.
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« Répondre #10 le: Janvier 13, 2018, 06:00:12 »

Le loup m'arracha littéralement une partie du bras, cela juste après notre courte escarmouche. Eh ben... Si j'avais été humaine, je serais actuellement en train de souffrir le martyr jusqu'à ce que je finisse par en mourir. Pire encore : elle aurait mis fin à mes jours ici et maintenant, sans même que je ne puisse éprouver le moindre ressenti supplémentaire. Cela aurait été assez triste. Malheureusement pour cette chère blonde, je n'étais pas humaine et ne bronchai qu'à la vue de tout ce sang qui me coulait sur le corps, non pas à la douleur. Cette chose qui m'était inconnue poussa d'ailleurs la bête à fuir avant même que je ne puisse penser à une autre offensive. Et merde, j'étais pas en condition pour réagir promptement.

S'il y a bien une chose dont je restais persuadée quoi qu'il arrive, c'était que je ne devais certainement pas perdre la piste de cette chère et tendre blonde lycanthrope, quoi qu'il m'en coûte. Dans ce monde, les créatures exceptionnelles restaient beaucoup plus rares que les humains et, quoi qu'on dise ou pense, je restais également intéressée et curieuse quant à la tolérance que cette fille aurait à mon pacte. Je me trouvais cependant dans un piteux état. Je pouvais largement marcher mais la perte de sang rapide me provoquait un certain malaise, si bien que mon corps chancelait alors que je ne cherchais qu'à avancer. Il était impératif que je me régénère, sans quoi je ne serai pas en mesure de poursuivre la bête. Heureusement pour moi, elle m'avait laissé de quoi la pister puisque je savais désormais identifier sa présence. Il ne me fallait désormais qu'un pactisan temporaire pour que je puisse la tracer où qu'elle soit.

Enragée par cette perte de temps incommensurable, je râlai et me redressai difficilement, encaissant encore ce nouvel échec. Normal, non ? Avec un corps si frêle bien qu'immortel, il était difficile de faire le poids face à une créature physiquement plus forte et robuste. Néanmoins, ma détermination en resta intacte, et c'est notamment ce qui me permit de partir en quête d'un jeune humain fêtard aussitôt que je fus en mesure de me déplacer sans chanceler (et surtout sans que je n'aie à dissimuler un bras à moitié bouffé). Pour commencer, je sortis de ce fichu bois qui m'avait auparavant attiré pour son calme olympien. C'était ironique puisque je recherchai maintenant des gens susceptibles de m'intéresser. Et justement, c'est une fois de retour en zone urbaine que je fis la rencontre d'un groupe de trois jeunes hommes, certainement de sortie pour aller en discothèque ou je ne sais quoi, et que j'accostai sans la moindre gêne. Sûre de moi, je ne dissimulai pas mes airs aguicheurs face au trio de mâles et tentai de sympathiser avec eux tout en laissant plâner un tas de sous-entendus. « Je profite de ma vie et de mon corps », « Je n'ai pas envie d'être seule ce soir », « L'alcool est meilleur quand on le partage » et j'en passe. Ils avaient beau être physiquement passables, je ne pouvais me permettre de faire la fine bouche si je voulais atteindre mon objectif réel, à savoir cette blonde m'ayant filée entre les doigts. J'étais prête à tout pour la retrouver, quitte à ce que ça se finisse en un autre bain de sang. Je n'étais pas du genre à renoncer, et certainement pas face à trois types en chaleur.

Autant dire qu'après avoir partagé quelques verres d'alcool avec eux, je les avais dans ma poche. La brochette d'amis, visiblement en quête de femelles, répondirent comme je l'espérais à mes avances. Ils étaient trois, et alors ? Je m'estimai comme bien assez expérimentée pour retenir l'attention de trois puceaux. Et justement, ces derniers furent un peu trop précoces à mon goût. Je n'allais cependant pas m'en plaindre puisque l'heureux élu ayant eu l'immense honneur de me prendre fut le nouveau propriétaire de mon sceau. Me séparant des deux autres en faisant des avances au pseudo leader du groupe, je le mis rapidement dans ma poche en lui promettant le monde. Facile. Les humains étaient si simples, si bien que je me demandais encore si la blonde avait encore une part d'humanité en elle, pour refuser l'avenir parfait que je pouvais lui offrir. Bref ! Je profitais évidemment du contexte sexuel qu'il y avait entre mon pactisan et moi pour le leurrer, le pousser à me laisser le contrôle de son corps pour que je lui "fasse ressentir un plaisir si intense qu'il n'en connaîtra jamais d'équivalent". Ce qu'il ne savait pas, c'est que je garderai le contrôle de son corps jusqu'à ce que j'aie accompli mon objectif.

Sans plus de cérémonies, je fusionnai avec lui sous les regards inquisiteurs des deux autres mâles à qui j'adressai désormais une expression emplie de dédain. Pour eux, j'étais leur meilleur ami ayant tout juste couché et fusionné avec une fille étrange. Je ne leur accordai pas le moindre mot et m'éclipsai après avoir fait apparaître mon Tachi, ouvrant une brèche spatiale par laquelle je m'enfuyai. À l'intérieur de celle-ci, je pus me concentrer pour repérer la signature existencielle de la blonde. Dans un appartement, hein ? Je ne me fis pas prier pour y apparaître dans la seconde, pénétrant dans la demeure en faisant apparaître une nouvelle brèche ouverte par ma lame. Et aussitôt, je la fis disparaître, ne laissant derrière moi qu'un sillon de poussière brillante à peine perceptible à l'oeil nu. Je pris mes repères, constatant que ma cible ne se trouvait pas dans la pièce où je venais d'atterrir. Tant pis, pas d'apparition grandiose juste devant ses yeux. Je ne pus cependant pas me détacher de l'idée de générer un certain effet de surprise, d'autant plus que je possédais actuellement un garçon qu'elle n'avait sans doute jamais vu. Brun, cheveux courts mais débraillés, de taille moyenne et à peine plus musclé qu'un japonais lambda. Il est clair que je ne l'avais pas choisi pour son physique, lui. Il n'était pas moche mais ne brillait pas. Même ma merveilleuse marque ne suffisait pas à l'embellir. Bref ! Je regardai autour de moi et décidai finalement de me poser sur un lit, m'y allongeant de façon totalement insolente et décontractée. J'espérai seulement que la femme loup n'allait pas traîner, parce que ce corps n'avait pas toute sa vie. D'ailleurs, ses cheveux, sa pilosité faciale et ses ongles poussaient au fil des minutes. Après tout, le temps affectait bien plus vite mon pactisan lorsque je le possédais.

Bon, elle fout quoi ? murmurai-je, déjà impatiente. C'est bien ici qu'elle va dormir nan ?

Je me rappelai alors d'un petit point de détail, à savoir le fait que je lui aie potentiellement déchiré l'épaule avec mon arme. Éprouvait-elle tant de douleur suite à cela ? Je ne pouvais pas le savoir, ne connaissant pas cela moi-même, mais fus rapidement prise d'une grande inquiétude. Si ça se trouve, elle se vidait actuellement de son sang dans une autre pièce. Et moi j'étais là, bêtement, en train de l'attendre. C'est stupide. Et ce que j'allais faire l'était aussi, mais bien moins que de laisser crever un hôte de qualité. Je me redressai d'un bond et poussai les portes sur mon chemin sans même me montrer discrète, fouillant l'appartement à la recherche de la blonde. Je la trouvai finalement, en train de prendre un bain littéralement ensanglanté. Cette horrible vue ne me rassura nullement. Merde ! Qu'est-ce que j'avais fait ? Je pense avoir évité les organes vitaux mais cette blessure avait quand même l'air assez chiante.

Euh, salut. Tu vas bien ?

N'ai-je pas l'air conne ? Enfin, con, dans ce corps...
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« Répondre #11 le: Janvier 13, 2018, 04:13:09 »

Oh dear, ce bain chaud relaxant et soporifique, ce sang qui coulait à flots réguliers de mon épaule… Cette combinaison n’était pas franchement judicieuse, et je m’en rendis rapidement compte en sentant ma tête tourner, le plafond prenant la place du sol et inversement. Mon bras droit n’étais plus qu’une vague sensation tant la douleur m’engourdissait complètement les sensations de ce côté-là. Pour une femme normale, cette blessure l’aurait sûrement envoyé directement aux urgences de l’hôpital, mais n’étant pas entièrement humaine, je comptais bien éviter cette étape.

Le passage entre les mains des médecins était une éventualité que je redoutais terriblement. Qui sait si ils ne seraient pas capables de détecter ma double nature ? Dans ce cas, rien ne pouvait prédire ce que ces gens pourraient faire face à l’anomalie que j’étais. Il fallait que j’évite impérativement de devoir recourir à des soins médicaux plus poussés qu’une simple osculation chez le docteur du coin.
Si seulement ce bras pouvait arrêter de pisser le sang… Mon corps reposait confortablement au fond de la baignoire, ne laissant que mes pieds et la naissance de ma poitrine flotter à la surface en train de se teinter de mon propre sang. Fuck, je ne sais pas si j’allais être capable de tenir toute la nuit sans soins. Plus le temps passait, plus il me semblait perdre pied sur la réalité.

Mes yeux se fermaient tout seul, et tout mon corps semblait enveloppé de coton. L’impression de flottement du bain empirait encore davantage les choses. *Tout ça à cause de cette pétasse…*

C’était plus ou moins la seule pensée capable de me maintenir dans un état à peu près éveillé à l’heure actuelle. Mais tout de même, j’étais bien trop affaibli par les transformations successives et la perte de sang pour réussir à m’énerver correctement. Je me retrouvais vraiment au seuil d’en endormissement dangereux : épuisée, blessée, endormi par un bain chaud, en train de perdre du sang, une combinaison vraiment très risquée.
Tant et si bien que je n’entendis qu’à peine les portes claquer et les pas dans le couloir de mon appartement ; ce son ne m’avait pas échappé bien sûr, mais je n’étais simplement pas en état de réagir. J’eus un sursaut réflexe quand la porte de la salle de bain s’ouvrit à la volée, livrant le passage à un parfait inconnu dont les paroles ne me touchèrent même pas comme si mes oreilles étaient bouchées par du coton.

Wait… Mon pauvre crâne eut enfin une étincelle d’intelligence. Il y avait un type dans MON appartement, et dans MA salle de bain ! Je fus prise d’un réflexe instinctif pour masquer ma poitrine avec le bras capable de se mouvoir encore, et battit des jambes pitoyablement dans le bain, réagissant en retard. D’ailleurs, je notai que l’eau du bain était d’un joli rouge hémoglobine, ce qui avait au moins l’avantage de masquer les parties intimes de mon anatomie. Cependant impossible de me contenir et, fidèle à moi-même, je vociférai en directement de l'intrus.

« Putain, mais !... Qu’est-ce que tu fous chez moi, connard ?! C’est la journée des casses couilles ou comment, casse-toi d’ici avant que je te casse la gueule ! »

Alors certes, je n’étais pas réellement en état de casser la figure à quelqu’un mais tout de même. Cet afflux d’adrénaline provoqué par la surprise eut au moins le mérite de me tirerr de cet état comateux, et je plissai le regard pour chasser le flou de ma vision. Non vraiment, je ne connaissais pas du tout ce mec. Il ressemblait à un étudiant lambda comme on en croisait à la pelle en ville, et il n’avait vraiment rien de fameux à part cet étrange tatouage…

*Ce motif me rappelle un truc…*

En vain, j’étais incapable de me rappeler où ma cervelle avait déjà aperçu ce dessin. L’avantage, c’est qu'il n’était pas spécialement costaud, et même si mon état n’était pas glorieux, je devais posséder assez de force restante pour le balancer dehors. Je mis du temps à percuter mais… Comment ce gars-là était rentré chez moi au juste ? Il me semblait pouvoir avoir tout bouclé à double tour.

« Je ne sais pas comment t’es arrivé là, mais je te garantis que si tu décarres pas rapidement d’ici, je te balance par la fenêtre… »

J’étais aux aguets, les sens désormais en éveil, prête à me lever pour lui mettre une bonne droite dans sa tronche d’ahuri. En tablant sur le fait que je sois capable de me lever bien entendu, ce qui n’était pas garanti quand on a la tête qui tourne à ce point. Toutefois, ce pervers venait d’entrer chez moi, sur mon territoire, et ma colère décuplait ma force, m'aidant à chasser l'engourdissement provoqué par la perte de sang.
Comme on dit, un animal blessé est bien plus dangereux que dans son état normal. Ce qui me correspondait totalement, mieux valait qu’il dégage de lui-même plutôt que réveiller la bête blessée à l’intérieur de moi.
« Dernière édition: Janvier 13, 2018, 04:21:14 par Natacha Landefeld » Journalisée
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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« Répondre #12 le: Janvier 21, 2018, 01:24:04 »

Comme c'est mignon. La blonde, blessée, pensa tout d'abord à cacher sa poitrine en s'agitant plutôt que de rester calme pour ne pas ouvrir davantage ses blessures. Un instant, je me permis de douter de la vivacité d'esprit de cette créature, bien que je venais de m'infiltrer chez elle sans qu'elle ne soupçonne comment. M'enfin. Je voulais pas d'un tas de chair sans aucune goutte de sang pour subsister en tant qu'hôte. Pour cette simple raison, je ne devais pas l'effaroucher plus qu'elle ne l'était déjà. Je levai donc les mains au dessus de mes épaules et fis deux petits pas vers l'arrière en guise de bonne volonté, mais surtout pour lui montrer que je ne lui voulais aucun mal. À vrai dire, je m'inquiétais plus que je n'avais envie de lui faire ravaler ses paroles. Il serait dommage que cette chose, aussi humaine puisse-t-elle parfois paraître, meure avant que je n'aie découvert la potentielle propriétaire de qualité qu'elle pourrait faire.

Eh, relax. Je suis pas là pour te tuer ou quoi. Si tu veux, je peux tout t'expliquer, mais commence par ne pas te vider de ton sang steuplaît.

Par contre, s'il y a bien une chose que je ne comptais pas faire pour le moment, c'était partir. Et puis quoi encore ? Il ne manquerait plus qu'elle voie la vierge au pied de son lit, celle-là. Mais bon, je doutais qu'elle puisse me faire quoi que ce soit, non seulement parce qu'elle était blessée mais aussi parce que j'avais réussi à voler le corps de quelqu'un, ce qui voulait dire que je pouvais exploiter mes capacités à plein potentiel. Et, jusque-là, je n'avais croisé personne capable de me tenir tête dans ces conditions. Je doutais même être en mesure de pouvoir me retenir suffisamment pour ne pas lui infliger une blessure létale. Autrement dit, je devais éviter d'avoir recours à la violence dans cette situation, quoique je pourrais très bien la laisser charcuter ce corps pour que je revienne à mon état d'origine. Bref ! C'est pas avec des plans à la con que j'allais arranger quoi que ce soit à la situation. La blonde saignait et mes pouvoirs, aussi fabuleux soient-ils, ne me permettaient pas de guérir les blessures d'autrui. Dommage !

En attendant, tu peux me faire confiance juste pour dix petites secondes ?

Je jetai un nouveau coup d'oeil express à la blessure de la demoiselle. Aucun doute, c'était profond. Mais puisqu'elle n'en mourait pas ou était encore capable de bouger (à priori), j'estimai qu'elle serait en mesure de guérir sous peu. Néanmoins, je pouvais accélérer ce processus, aussi bien par de petites actions anodines que par un pacte. Mais avant de passer par ce dernier, il fallait au moins que je réussisse à l'approcher sans qu'elle ne me voie comme une menace potentielle. Et ça, c'était le plus dur. Je baissai le regard, observant mes pieds puis mon buste. Pas de pitié pour le t-shirt de cet inconnu, j'en ai plus rien à foutre. Je le déchirai sans aucun remord, plaçai la pièce de tissu dans le creux d'une de mes mains et m'avançai doucement vers la lycanthrope. Une fois à un petit mètre d'elle, je m'accroupis pour être à son niveau et tendis la main qui tenait le morceau de t-shirt vers elle, tout en détournant le regard. Manquerait plus que je passe pour un pervers en essayant de l'aider, tiens.

Au lieu de gueuler, fais quelque chose pour ça. T'as déjà désinfecté ? Je sais que les humains en ont besoin pour éviter d'attraper je sais plus quelle connerie. Et si tu l'as fait, recouvre ta plaie parce que là c'est dégueulasse et ça va pourrir, si tu la laisses à l'air libre.

Pour le coup, je m'en sentais pas mal conne. Après tout, j'étais en train de réparer mes propres erreurs. Bon, ok, je lui avais fait ça pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas me charcuter si facilement, mais bon. Je m'étais laissée emporter par ma soif de sang, chose qui aurait pu tourner au drame si elle n'avait pas pris la fuite. Et maintenant, j'étais là, à jouer l'infirmière de service. À vrai dire, j'aurais préféré que ce soit dans un tout autre contexte que celui-ci, un qui m'aurait directement permis de pactiser avec elle. Mais paraît-il qu'on ne pouvait pas tout avoir, dommage. Cette fois-ci, je m'estimai tout à fait raisonnable. J'irai doucement s'il le faut, et tant pis si ça met ma patience à rude épreuve.

Bon, je sors de là. Je suis à côté. Si tu veux vite savoir le pourquoi du comment, grouille-toi de sortir de ton bain, princesse.

Sur ces mots, je quittai la salle de bain en soupirant, l'air de rien. Ouais. Cette fois-ci, j'allais l'attendre tranquillement sans faire de vagues, en espérant qu'elle me pose pas un lapin.
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« Répondre #13 le: Janvier 22, 2018, 09:25:43 »

Cette manière de s’exprimer, ce ton de garce qui me filait l’envie de gifler quelqu’un, tout ça me rappelait étrangement cette pétasse responsable de mon état actuel. D’un point de vue strictement logique, ce n’était pas possible, mais ne m’avait-elle pas parlé de certains pouvoirs et d’un pacte quelconque ? Mon esprit engourdi songea qu’elle avait peut-être possédé ce type par je ne sais quel moyen, et aussi bizarre que celui puisse être, j’étais prête à lui laisser le bénéfice du doute sur son identité.

De toute manière, je n’avais pas réellement le choix dans la mesure où mon bras droit me semblait impossible à mouvoir, et pire encore, je n’étais pas certaine de pouvoir me lever de la baignoire. Fusillant du regard le type (ou femme, aucune idée), je lui arrachai des mains le t-shirt qu’il me tendait pour le presser contre la plaie, histoire d’absorber le plus gros du sang en attendant de pouvoir me lever.

« T’as intérêt à sortir ton cul de ma salle de bain, tu t’es assez rincé l’œil comme ça ! »

Heureusement, je n’eus pas besoin de lui forcer la main, puisqu’il quitta la pièce, me laissant seule avec moi-même et mon épaule ensanglantée. L’air était envahi de vapeur, preuve que la température du bain était assez élevé mais j’avais la très claire impression d’avoir froid, et sûrement dû à cette perte de sang. Balançant le t-shirt ruiné, je m’agrippai au bord de la baignoire pour tâcher de me le relever, comptant seulement sur mon bras valide pour éviter de choir lamentablement.

Une entreprise plus facile à dire qu’à faire. Mes jambes tremblaient et, une fois revenu à la verticale, la pièce se mit à tourner si bien que je fus obligé de marquer une pause pour que mon front ne fasse pas connaissance avec le sol brutalement. Miraculeusement, je tenais à peu près debout, et je parvins à enjamber le rebord pour me redresser sur le tapis central. Le miroir me renvoyait mon reflet : celui d’une femme, certes hautement sexy, mais avec un air pâle et profondément épuisé.

Je titubai à nouveau vers le placard à pharmacie pour m’asperger encore une fois l’épaule de désinfectant, serrant les dents pour ne pas hurler de douleur. Heureusement, il me restait des bandes que j’utilisai aussitôt pour envelopper proprement la blessure en un généreux bandage autour de l’épaule. J’enfilai un peignoir par-dessus, et le tour était joué, je n’avais plus qu’à confronter ce type-possédé-par-une-pétasse-immortelle. Weird as fuck.

Un pied chancelant devant l’autre, je déambulai tant bien que mal dans le couloir, me rattrapant parfois aux murs, pour rejoindre l’autre inconnu, en comptant bien clarifier tout ce bordel. Et accessoirement, appeler la police puisqu’il s’était tout de même infiltré chez moi. D’humeur exécrable, j’ouvris la porte à la volée pour le trouver en train de tourner en rond dans mon salon, visiblement nerveux.

« On a des remords ? Je devine que t'es la même emmerdeuse qui m'a charcuté le bras... T'aurais franchement plus trouvé mieux comme déguisement, tu ressembles à un puceau de seconde zone. »

Le lit me faisait de l’œil, et je m’y assis avec un soulagement visible tout en faisant attention à garder mon peignoir fermé. Ce dernier était un peu court, m’arrivant au-dessus des genoux et c’était bien assez gênant dans ce contexte. En réalité, je n’avais plus ni envie de me battre, ni envie de discuter, seulement un besoin pressant de m’allonger pour dormir bon coup, une chose qui n’était pas envisageable tant que cet ahuri se tenait chez moi. Seulement s'il s’agissait encore de la même femme, déguisée en quelque sorte, ce serait sans doute difficile de m'en débarrasser cette fois-ci et je tirai la tronche, de douleur et d'agacement, en attendant d'avoir des explications.

« Vas-y, explique-moi, mais tu me fais la version courte parce que je ne suis vraiment pas dans un bon jour. »

En vrai, je ne sais pas ce qui me retenais de me ruer directement sur mon portable pour appeler les flics. Sans doute parce que je n'avais aucune idée de ce dont cette créature était capable, et qu'un trou dans mon épaule était suffisant pour la nuit. Je commençai à grelotter sérieusement de froid et d'épuisement, alors que ma volonté s'étiolait : j'avais réellement besoin qu'on me lâche pour me reposer une bonne fois.
« Dernière édition: Janvier 22, 2018, 09:31:37 par Natacha Landefeld » Journalisée
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Lame maudite capable de pactiser avec un "propriétaire" pour exploiter ses pleins pouvoirs.
« Répondre #14 le: Février 17, 2018, 03:35:45 »

Attendre tranquillement, c'était donc ça mon plan ? Parce que là, je n'étais même pas en mesure de l'accomplir à la perfection ; j'étais bien trop inquiète pour ça. À chaque minute – que je considérais de trop – qui passait, j'avais l'étrange impression que j'étais en train de rater quelque chose, comme si la blonde était en train de se vider de tout son sang et de se laisser mourir dans la salle de bain. Bien sûr, j'aurais pu tricher et aller regarder de temps en temps, mais je savais que cela allait de nouveau ruiner mes chances d'avoir une conversation avec elle. Que faire dans ce cas ? Soit je la laissais potentiellement mourir tout en prenant le pari qu'elle soit assez résistante pour ne pas que ça arrive et que je puisse ainsi lui parler, soit j'allais espionner quitte à passer pour un voyeur et faire en sorte qu'elle ne m'adresse plus le moindre mot. Je ne savais pas quoi faire et cela se traduisit par une habitude très humaine : je tournai en rond, inlassablement. Si j'avais été un personnage de ces fameux cartoons, j'aurais déjà creusé une tranchée à même le sol, à force de tourner encore et encore. Mais heureusement, la lycanthrope me sortit de mes réflexions en faisant son apparition. Enfin ! Je n'avais plus à m'inquiéter !

Charmante la demoiselle, cela dit en passant. Apercevoir son corps dans un si simple appareil me donna, l'espace d'un instant, une raison autre que le pacte pour m'amuser avec elle. Le corps que j'avais emprunté réagit d'ailleurs en conséquence. Je ressentis, l'espace d'un instant, un sursaut à l'intérieur de mon pantalon. Néanmoins, elle ne partageait toujours pas mon avis et alla jusqu'à critiquer mon déguisement. Ahem. J'eus évidemment envie de lui répondre avec la même animosité que d'habitude mais estimai qu'il serait mieux de me retenir. Je ne pus cependant m'empêcher de penser que si j'avais cédé au premier corps croisé, c'était pour elle, et qu'elle n'avait donc pas à se plaindre. Étrangement, je m'étais dit que ça n'allait pas conduire à une bonne entente, de lâcher ça.

Regarde un peu ton état. Comment ne pas avoir de remords après ça ? Mais bon. Si c'est de cette façon que tu souhaites m'appeler, fais-toi plaisir. Et sache que j'ai choisi ce corps dans la hâte. Ce "puceau de seconde zone" m'indiffère, ce n'est pas lui qui m'intéresse.

Après tout, il ne me serait d'aucune réelle utilité sur le long terme puisque son temps passait bien vite et qu'au bout d'un moment, il allait en mourir. D'ailleurs, ongles et cheveux avaient bien poussé depuis que je l'ai possédé. Comment dissimuler ce petit inconvénient aux yeux de la blonde ? J'allais devoir trouver un plan pour ça, et pas n'importe lequel puisque cela me demanderait beaucoup d'adresse et de bluff.

Franchement, avant que je t'explique quoi que ce soit, je serais plus sereine si t'étais posée sur ton lit.

J'ouvris donc la marche, me rappelant sans trop de mal où était située la chambre de la blonde. Par cette attitude, elle saura sans mal que j'y ai été au moins une fois. Bon, tant pis. Si elle cherchait quelque élément préjudiciable que ce soit, elle ne trouvera rien. Je n'avais rien déplacé, rien touché en dehors de son lit et de la porte. Tout était au même emplacement qu'auparavant. Une raison de moins de s'énerver ? Je l'espérais. Bref ! J'ouvris la porte de sa chambre et me dégageai ensuite du chemin pour la laisser rentrer. Je refermerai derrière elle après être passée à mon tour, en espérant qu'elle ne me fasse pas de crise pour rester debout et agoniser. Dans tous les cas, je comptais bien tout lui expliquer. Tout ? Pardon, je m'emballe. J'allais lui expliquer uniquement ce qui m'arrangeait. Après tout, il s'agissait de mes capacités et non des siennes, elle n'avait à priori aucun élément pour les remettre en question.

Voici le résultat d'un pacte avec moi. Enfin... ça, c'est uniquement dans le cas où mon pactisant accepte de me céder son corps. Autrement, nous restons deux entités distinctes. Je suis d'ailleurs capable de lui rendre sa conscience à tout moment, juste pour te prouver qu'il n'est pas mort. Bref.
Les avantages de tout ça ? Tu profites de ma régénération, de mon immortalité, de mon insensibilité à la douleur et tu deviens capable de prouesses physiques surhumaines. Sous cet aspect précis, la téléportation est également possible. Tu devineras sans trop de mal comment je suis arrivée ici, du coup. Bien sûr, je vais pas te plaindre un tableau parfait et hypocrite, je veux être honnête avec toi. Le pacte pourrait te rendre plus fatiguée que d'habitude, au point que tu doives en dormir davantage si nous ne fusionnons pas. Autrement, tu devras t'accoutumer à la présence de ma marque sur ton corps, rien de plus.


Je m'appuyai contre la porte en soupirant, satisfaite de mon explication. Je n'avais pas parlé de ce qui repoussait la majeure partie de ceux avec qui j'étais honnête, à savoir le fait de vieillir plus vite si jamais la personne n'était pas déjà immortelle avant que je ne pactise avec elle. Et même si pour le moment, mon but n'était pas de lui faire accepter directement ma proposition mais au moins de faire en sorte qu'elle se méfie moins, je devais toujours faire en sorte que mon pacte paraisse toujours plus intéressant que désavantageux.

Et si je te veux toi en particulier, c'est justement parce que ta nature te permettait potentiellement de réduire à néant ce premier inconvénient. Je veux voir si un corps différent le supporte, et je veux surtout que tu m'aides à atteindre mon objectif. En contrepartie, tu pourras évidemment disposer de toutes mes capacités.
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