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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: It's too late to run [Lucie Backerlord]  (Lu 1530 fois)
Alix Sable
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Contrebandière garçon manqué à la langue bien pendue et aux manières grossières.
« Répondre #120 le: Avril 19, 2018, 03:03:00 »

Mon déménagement sur Terre, ça a toujours été un projet lointain à mes yeux, quasiment impossible à réaliser. Et là, paf, ça m’était tombé dessus comme la misère sur le monde. Autant dire qu’il y avait de quoi être perturbé, changer complètement ma vie, ma façon de faire… Bref, ça fait complètement péter les plombs. C’est vrai quoi, en y réfléchissant plus posément maintenant que j’étais assise pénard sur le capot de la voiture de Lucie, je changeai non seulement de manière de vivre mais pire encore ! J’allai sur un nouveau monde, une nouvelle culture et carrément même une nouvelle époque.

Au final, rien ne m’était familier et tout m’était étranger. Le regard vide, je fixai mes pieds en entendu Lucie revenir de sa séance de sport en boite. Peut-être que j’exagérai. Ou du moins, c’était peut-être une simple passade, et j’étais simplement submergée par trop d’éléments neufs pour arriver à me poser. C’était l’occasion de toute une vie. Autant s’accrocher malgré tout, et rassembler toute ma résolution pour m’adapter.

*N’empêche, je me ferai bien de la vraie bouffe plutôt que la merde en paquet d’ici.*

Retourner brièvement sur Terra ? J’écoutai patiemment l’offre de Lucie, mais d’un côté, faire marcher arrière me semblait de moins en moins envisageable. Ou de plus en plus ? J’en sais rien en fin de compte, le tout était peut-être justement d’expérimenter en y bossant.

« J’en sais rien encore. Peut-être que c’est juste le choc de la nouveauté, mais bon, si tu connais Terra, j’suis sûre que tu piges pourquoi j’me sens totalement décalée ici. Mais bon, ma façon de vivre était pas top de l’autre côté alors… » Dis-je en haussant les épaules. « Alors, j’en sais rien. »

C’était peut-être simplement un objectif qu’il me manquait. Quelque chose de concret à faire. Certes, Lucie m’avait proposé un boulot, mais je ne savais ni combien de temps ça allait durer ni ce que j’allais réellement faire après. Et puis, inconsciemment, j’avais peut-être besoin d’un élément concret comme mon salaire… Une moyen de rassurer l’esprit en somme. Je me grattai la tignasse pensivement : jamais je ne m’étais autant pris la tête, et c’était une leçon à en tirer. Avoir un projet c’est bien, y croire c’est mieux et l’envisager encore mieux.

« Bah écoute… On y va, puis je verrai bien après… Au moins, j’ferai la guide, j’aurais plus l’impression de servir à quelque chose. »
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Lucie Backerlord
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« Répondre #121 le: Avril 21, 2018, 07:26:23 »

- Tu sais, y'a quand même des lieux à Terra que je connais. Mais pour le reste, j'te suivrais aveuglément, parce que j'ai vraiment pas envie de me perdre là-bas. Le pire, c'est que c'est l'un des seuls endroits où je peux totalement assumer ce que je suis. T'as pas idée, à quel point c'est chiant d'assumer d'être une sorcière aux côtés d'humains. Y'a ceux qui comprennent, et ceux qui veulent te voir sur le premier bûcher qu'ils croisent. J'me demande même si un jour, ces saletés d'êtres humains vont arrêter d'avoir peur de la sorcellerie, ou si on est condamnées à se cacher indéfiniment de ces abrutis trop obtus pour comprendre quelque chose qui est différent.

Je n'avais pas de haine envers eux. Mais je savais parfaitement ce qu'ils avaient pu faire aux pratiquantes de la sorcellerie, par le passé. Et l'être humain en était toujours capable. Je le savais au plus profond de mon être. Et par conséquent, je devais faire attention à ce que je faisais en public, bien évidemment. Si je m'amusais à pratiquer la sorcellerie en public, et notamment en présence d'humains, je ne savais pas comment cela allait se dérouler. Et je devais donc éviter ça le plus possible. Par conséquent, je devais cacher ma véritable nature. Alors que sur Terra, c'était tout le contraire. Là-bas, je pouvais clairement assumer ce que j'étais. Même si certaines personnes au boulot savaient que j'étais une sorcière, et me laissaient tranquille avec ça, ce n'était pas le cas de tous. Je devais donc faire en plus attention sur mon propre lieu de travail.

- Bon, allez, grimpe. On passe vite fait chez moi, j'prends deux trois trucs, et on se barre sur Terra. Ça fait plusieurs fois que je repousse, et maintenant que je t'ai sous la patte, ça me donne une excuse parfaite pour faire ce que je devais faire.

Roulant donc normalement jusque chez moi, je préparais dans mon esprit un plan. Je devais aller récupérer quelques petites choses sur Terra. Plusieurs choses qui me seraient très utiles. Comme par exemple des balles en argent, diverses munitions qui ne se trouvaient pas sur Terre, des ingrédients pour concocter certaines potions, voire même certaines tenues introuvables sur Terre. J'utilisais parfois Terra comme une sorte de magasin géant. Mais je n'y allais pas uniquement pour cela. Je devais également passer visiter certaines personnes. Un programme des plus basiques.

- J'vais y rester moins de trois jours personnellement. Après, ça sera à toi de voir ce que tu feras.
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« Répondre #122 le: Avril 23, 2018, 01:19:39 »

Tout le monde aime se balader sur Terra. Surtout les terriens en fin de compte, j’imagine qu’ils doivent considérer ça comme un tourisme amusant, un retour dans le passé et même dans la fantaisie. Pas étonnant que le commerce des passeurs se développe autant. Mais bon, d’un autre côté, ça me permet aussi de faire le mien quand il s’agit d’en pigeonner un bon nombre et je me demandais d’un coup si Lucie avait pu en faire les frais. C’est vrai quoi, peut-être pas directement, mais j’avais fourgué des bibelots dans tous les coins du pays, alors pourquoi pas…

« Ok, sorcière-sniper, mais j’te préviens, ce que je connais, c’est pas très reluisant. Alors prépare-toi à te ressortir tes sermons sur la justice et tout le blabla parce que si je te guide, ça sera dans le fond du caniveau. »

Et franchement, c’était peu dire. Des moments, lorsque j’étais déprimée ou que je n’avais juste rien à glander, je m’offrais une expédition dans les bas fonds histoire de voir jusqu’où la merde humaine pouvait s’étendre. Assez loin à mon avis. Quoiqu’il en soit, j’embarquais dans la voiture de Blanche-Neige et c’était reparti pour un tour de transport gerbant pour mon estomac. Au moins, elle roulait doucement. C’était difficile à le cacher, surtout quand mes jambes remuaient par réflexe, mais j’étais assez impatiente de refaire un tour sur Terra.

« J’verrai, j’ai pas encore décidé. Le truc c’est que comme j’disais, c’est la misère là où je vis… Bon peut-être que c’est juste une question d’habitude ici, rien m’empêche de vivre à l'ancienne quand j’aurais assez de sous. » Lâchais-je au bout d’un long moment.

Peut-être que je pourrais choisir ma propre baraque, ou du moins la manière de la construire, plutôt que ces grands machins tout droits et moches qu’on voyait partout. Sérieusement, qu’est-ce que c’était que ces grands immeubles tout lisses en forme de poteau ? Une bicoque en bord de mer sans trop de technologie serait peut-être l’idéal pour moi. Bref, histoire de ne pas poireauter toute seule, je descendis de la voiture une fois arrivées chez Lucie, et l’attendis à la porte d’entrée.

« Puisqu’on va là-bas, j’vais en profiter pour y récupérer des affaires. En attendant, j’laisse mes pompes et mes culottes chez toi si ça t’gêne pas, j’pense qu’on y repassera forcément. »

De toute façon, notre rencontre s’était tellement faite dans l’urgence que je n’avais absolument rien de personnel si ce n’est les fringues que je portais ce jour-là. Et mon sac avec l’essentiel pour passer de l’autre côté, objet que je récupérai au passage. Faisant le cent pas devant la porte, il m’était difficile de ne pas être impatiente de revoir ma vieille baraque pourrie, et quelque part, également fière de pouvoir un peu servir de guide. Autant renvoyer l’ascenseur quand quelqu’un nous  file un coup de main, non ?
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« Répondre #123 le: Avril 25, 2018, 05:06:43 »

- Le fond du caniveau ne m'impressionne plus, tu sais. J'en suis même habitué maintenant. Vu tout ce que je vois avec mon boulot, je me dis que ça va pas trop m'impressionner, je pense. Mais libre à toi de m'étonner. Et la justice est un concept subjectif. J'ai ma propre vision de la justice. Elle peut ne pas convenir aux autres, et c'est là toute la subtilité de la chose. Je ne suis pas si fermée d'esprit que ça, mais y'a des choses que je ne peux clairement pas accepter. C'est pour ça que je fais ce métier. C'est pour ça que tu penses que je suis une casse-couilles professionnelle. Et tu pourrais avoir raison dans un certain sens.

Une fois chez moi, je prenais quelques petites choses. Plusieurs paquets de clopes, mon 500, quelques munitions, et un petit sac pour mettre deux trois affaires. Une fois prête, je retournais dans ma voiture avec Alix, en me demandant comment tout cela allait bien pouvoir se passer. Je me posais d'ailleurs tout un tas de questions. Je ne savais clairement pas où elle allait m'amener, mais je lui faisais confiance. Après tout, elle connaissait l'endroit mieux que moi, même si j'y allais par moments. Je ne vivais pas là-bas, après tout. Ce ne serait vraiment pas pratique pour mon boulot. Déjà que lorsque j'allais sur Terra, j'y restais quand même plusieurs jours, alors si en plus je vivais là-bas et faire le trajet quotidiennement, cela n'allait pas du tout le faire.

- Bon, j'te propose une chose. Je vais d'abord acheter deux trois trucs sur Terra, et après tu m'emmènes absolument où tu veux. J'te fais confiance vu que tu connais mieux les lieux que moi. Après, si tu comptes rester, j't'emmenerais sur Terra autant que tu le voudras. Mais l'un dans l'autre, je te l'ai déjà dit, j'me démerderais, suivant ce que tu décideras. J'suis quand même quelqu'un capable d'adaptation suivant les choses. Ce n'était absolument pas une pique.
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« Répondre #124 le: Avril 28, 2018, 04:01:20 »

La vision de la moralité entre ces deux univers me semblait être séparé par un gouffre. Ou du moins sur Terre, la merde était recouverte par un joli rideau tout propre et tout beau, alors que là d’où je venais, tu l’as sous les yeux. Ça pue, c’est pas beau à voir ni à vivre. Enfin peu importe, si Lucie était décidée, c’était après tout, son propre problème et quant à moi, ça me permettrait surtout de récupérer mes affaires. D’un autre côté, je n’avais pas complètement renoncé à mon univers natal, si on peut parler comme ça, et cela même si je m’installai définitivement dans ce coin.

En tout cas, une fois la demoiselle pâlotte prête et chargée, je retournai m’installer dans cette foutu voiture, un truc qui n’allait pas du tout me manquer encore, et réfléchis brièvement à notre destination. Le choix fut vite fait. Il fallait traverser un portail, et le plus proche que je connaissais, ou du moins le plus accessible et moins fréquenté, se situait dans un coin qui allait pouvoir lui donner un avant-goût. Oh non, je ne le faisais pas exprès de lui indiquer les coins dégueulasses, mais je voulais surtout éviter de nous attirer des ennuis. La mafia emprunte aussi ce genre de passage pour son business.

« J’te montrerai les bons coins pour pas t’faire tondre, sans vouloir t’vexer, c’est mieux qu’acheter en tant que touriste. On va te repérer direct et te vendre n’importe quoi. » Lâchai-je sans méchanceté.

J’étais assez bien placée pour savoir qu’une personne comme Lucie débarquant au milieu d’un marché noir, c’était avec une étiquette marquée pigeon sur le front. Les gens comme nous les repéraient à dix kilomètres.

« Bon, on va à la décharge, celle un peu l’extérieur, tu vois où c’est ? On va prendre le portail dans le coin, c’est assez tranquille et tu risques moins de tomber sur des mafieux. »

Ce n’était pas réellement un manque de confiance. Mais si on croisait en sens inverse un convoi d’esclavagistes ou d’autres trafiquants de cochonneries… Eh bien, je n’étais pas certaine que Lucie puisse se tenir, et nous étions sur le territoire de ces gens-là, autant dire que sans préparation, ça pourrait très vite mal se terminer. Alors, hé, autant jouer la prudence et passer comme deux touristes.

« Le portail est à l’intérieur d’un espèce de conduit dont tout le monde se fiche, suffit de marcher dedans et on saura de l’autre côté. Par contre, si on croise un connard, t’excites pas et laisse-moi parler. Et te vexe pas si j’dis que t’es une cliente venant acheter des spécialités de Terra. »

Spécialités, spécialités… Pour ne pas dire des esclaves, du cul, de la magie et autres armes dont on pouvait facilement se procurer à Nexus plus qu’ailleurs. Je souris finement durant le trajet. Finalement, cette petite escapade allait sûrement se montrer distrayante.
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« Répondre #125 le: Mai 02, 2018, 03:37:36 »

- T'as pas peur aussi qu'on te prenne pour ma petite sœur ou quelque chose du style? Ça pourrait être marrant ceci dit. Je réfléchissais à ce que je venais de dire. Non, oublie ce que je viens de dire, c'est complètement débile. J'me demande même pourquoi je viens de sortir une connerie pareille. D'habitude, je réfléchis avant de parler, même si on ne dirait pas.

Il fallait vraiment que je surveille ce que je pouvais dire. Ce n'était pas dans mon habitude de sortir des conneries de ce style, même s'il m'arrivait de parfois mettre mon sérieux de côté. Je ne pouvais pas adopter un air sérieux en permanence, ce n'était tout simplement pas possible. Surtout dans certaines situations. Certaines situations exigeaient du sérieux, d'autres de la légèreté. Et je savais faire cette transition, lorsque je faisais attention. Je n'avais clairement pas envie de passer pour une frigide procédurière. Surtout que je ne l'étais absolument pas. Même si je respectais les procédures, la plupart du temps, il m'arrivait aussi parfois de passer outre ces dernières, lorsque, à mes yeux, la situation l'exigeait. Et dans ces cas-là, je savais mieux que quiconque couvrir mes arrières. Grâce à une chose en particulier, la paperasse administrative. Fastidieuse, mais elle pouvait sauver la vie.

Je menais donc Alix jusqu'à l'endroit qu'elle m'avait décrit plus tôt, et le trajet ne fut pas vraiment très long. Je connaissais cet endroit, et je pouvais même y aller les yeux fermés en conduisant, ce qui n'était bien sûr pas du tout conseillé pour pouvoir voir ce que je faisais. Mais une fois sur place, je me posais tout un tas de questions totalement stupides. Je retournais un instant dans ma voiture, prenant quelque chose sous le siège. Un Taurus 357, que je gardais en permanence dans ma voiture, au cas-où. Le planquant sur moi, je la suivais, et passais le portail avec elle. Je prenais toujours mes précautions, même en allant sur Terra. On ne savait pas sur qui ou sur quoi on pouvait tomber. Une fois de l'autre côté, je fis craquer les os de ma colonne vertébrale et de mes bras, et pris une longue inspiration.

- Bah putain, y'a rien qui change ici. J'en serais presque déçue. Bon, on fait quoi?
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« Répondre #126 le: Mai 08, 2018, 01:52:48 »

Le passage déboulait dans un quartier pauvre, relativement proche du port, qui m’avait déjà bien servi pour mes petites affaires. C’était pauvre, mais pas complètement miteux.  Du moins, quand on ne patauge pas dans la merde au milieu de la rue, je considère que c’est encore acceptable comme quartier. Passer un portail me faisait toujours gargouiller, comme si ce truc me réveillait l’appétit, et j’en étais à me gratter machinalement le ventre quand Lucie s’interrogeait sur le but de votre visite.

« On va faire un saut chez moi, prendre mes affaires et puis après, j’suppose qu’on ira faire tes achats. »

Ma vieille bicoque n’était plus très loin, une chance. J’ouvrai la marche, slalomant entre les maisons médiévales délabrés, brinquebalantes, et surtout les très gras tas d’ordures qu’on voyait un peu partout. On pouvait même y voir des clochards dessous la plupart du temps. L’avantage à cette heure de la journée, est qu’on ne croisait pas grand monde, la majorité étant soit ivre, soit en train de gratter quelques sous à droite ou à gauche.

Je pris la rue principale, histoire d’accéder au port plus rapidement, et d’éviter les pires coupe-gorges du coin. Lucie savait se défendre, mais je me doutais qu’elle avait dû ramener un pétard sur elle, et que ce n’était sans doute pas une arme discrète. En évitant quelques charrettes, un vendeur de cochonneries et un marin ivre, je parvins à la mener sans encombre dans les rues portuaires et de là, à retrouver ma bonne vieille baraque. Un taudis dont la gouttière avait encore fui, étant donné que l’eau avait encore dégouliné sur la fenêtre de l’étage.

« T’veux t’arrêter manger un truc ? » Dis-je en ouvrant la porte grinçante et franchement usée de l’entrée.

L’intérieur n’était pas plus reluisant que l’extérieur. Je n’avais pas eu le temps de ranger avant de partir, et divers sacs de marchandise trainaient sur le sol, en plus d’une bonne couche de poussière. Il y avait comme une odeur de moisie, ça ressemblait à du choux cuit, dont on n’arrivait jamais à se débarrasser dans ce genre de quartier.

« C’est pas le grand luxe comme chez toi, il y a des rats à la cave et des punaises un peu partout mais bon. J’ai pas les moyens de mieux. Sinon, j’ai un peu de bouffe et de l’alcool fort si t’aimes les trucs explosifs de Terra. »

Le plancher grinça sur notre passage, mais je me sentais déjà un peu plus chez moi que sur Terre. Les murs sentaient le vieux bois, les tapis et les canapés étaient miteux mais j’avais passé toute ma vie dans ce bon vieux taudis. Avec du bol, mes réserves de bouffe n’avaient pas été bouffé par les rats.
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« Répondre #127 le: Mai 13, 2018, 07:47:41 »

En voyant la baraque d'Alix, je ne peux m'empêcher de siffler d'étonnement. Elle m'avait prévenu plus tôt, comme quoi c'était suffisamment minable comme ça, mais je ne m'attendais clairement pas à ça. Je me demandais même comment on pouvait vivre dans un endroit pareil. Je considérais ma maison comme un espace tout à fait normal, mais je commençais à relativiser maintenant. Au fond de moi, je la plaignais. Et surtout, je comprenais enfin. Comment pouvait-elle supporter la transition aussi brutalement, surtout si elle était habituée à ce genre de choses depuis des années? J'aurais été dans la même situation qu'elle, je n'aurais jamais supporté le changement. Mais je n'avais pas vécu sa situation. Même si les sorcières ne vivaient pas dans le luxe durant leur enfance, je pensais m'en être correctement sortie, même étant donné mon enfance.

Je m'attardais sur le moindre détail me tombant sous les yeux. Je me demandais au fond de moi comment elle avait pu faire pour supporter ça. Mais comme elle le disait elle-même, elle n'avait pas eu les moyens pour avoir mieux. La réponse était toute trouvée. Elle n'avait pas pu faire autrement. Je me demandais même si elle allait pouvoir supporter la transition. Si cela se trouvait, elle allait vouloir rester ici. Beaucoup ne comprendraient pas ce choix, mais il était on ne peut plus logique. Si elle n'avait connu que ça durant des années, comment pourrais-je seulement la faire vivre autrement? Quand elle me proposa à manger et à boire, je réfléchissais intérieurement. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien avoir ici? J'acceptais, en hochant de la tête, me demandant clairement ce qu'elle allait bien pouvoir me donner. En attendant, j'ouvrais la fenêtre, en espérant pouvoir aérer un tant soi peu. J'avais encore en tête la possibilité qu'on puisse améliorer, ne serait-ce qu'infiniment, ce genre de lieux. En vain.

M'asseyant sur le rebord de la fenêtre, la tête dehors, les jambes dedans, je m'allumais une clope en soupirant. J'aimais bien Terra, du moins, certains lieux sur Terra. J'en avais connu des bas-fonds, mais là, franchement, je la plaignais. Même si par moments, elle me tapait sur le système, je me disais qu'elle ne méritait tout simplement pas ça. Il y avait certaines personnes qui le méritaient, et je ne m'en cachais même pas, je l'assumais totalement. Mais elle, non.

- Maintenant, je comprends pourquoi tu me vois comme ça. J'expirais ma fumée dehors. Avant, j'aurais voulu te sortir de la merde parce que je pensais que tu n'étais qu'une petite frappe paumée ou quelque chose du genre. Maintenant, c'est différent. Bordel, Alix, tu mérites autre chose que ça putain. J'ai les raisons en face de moi. Comment est-ce que tu veux que je te laisse ici?

Elle pouvait très bien mal le prendre, mais au moins, j'assumais totalement mes propos.
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« Répondre #128 le: Mai 26, 2018, 02:32:22 »

Cette maison était une épave. C’était un fait. Elle craquait, puait, s’effondrait par endroit, fuyait dans d’autres et était même visité par ces fichus rats. Difficile de faire pire pouvait-on penser, mais en fin de compte, ça me semblait tout à fait dans la moyenne quand on vivait dans un quartier pauvre de Nexus. Même une maison moyenne sur Terre ressemblait à un palace par rapport à ça, un peu comme la baraque à Lucie, autant dire qu’il y avait largement de quoi être perturbé de mon point de vue.

Quoiqu’il en soit, j’étais en train de me creuser la tête pour trouver quelque chose, un truc à picoler ou à bouffer pour Lucie, ce qui n’allait pas être simple. Je n’avais pas fait de réserves depuis un bout de temps, et mon absence de ces derniers jours n’avait qu’empirer la situation de ma cave. Les rats avaient même dû carrément se régaler avec tout ça. A force de farfouiller à droite et à gauche, je parvins à dénicher une bouteille de gnôle et une autre de jus de pomme correctement fermées.

« Bon, j’ai ça à boire… Du jus de pomme et de l’alcool, mais pour ce dernier, t’es pas obligé d’en boire. Pas sûr que ça t’file pas la gerbe. » Déclarai-je en posant les bouteilles sur la table près de la fenêtre.

Quelle misère. Quant à la bouffe, je n’avais plus rien de décent, ça devenait vraiment temps que je remplisse à nouveau mes placards. Quelques pommes rouges étaient encore potables, j’en pris donc une pour moi et l’autre pour mon invitée avant de prendre deux verres propres dans un tiroir. Croquant dans la pomme, je m’affalai dans une vieille chaise de paille qui grinça sous mon poids, et rempli presque aussitôt un verre entier de jus de fruit. La gnôle ne me disait rien, il était trop tôt pour avoir la gerbe ou m’évanouir dans le lit.

« Ouais, ça va, c’est crade, j’ai r’marqué. J’vais y réfléchir, peut-être que j’ferai un effort pour rester sur Terre, on verra… En attendant, faudrait que tu me dises ce dont t’as besoin d’acheter. »

Avalant ma boisson d’un trait rapide, je toussai un peu et me levai pour aller rassembler mes affaires. Je forçai la porte d’un placard pour sortir mon gros sac de voyage pleins de trous afin d’y empiler vêtements et accessoire divers. Ce serait davantage pratique en retournant sur Terre, ce dont j’avais bien l’intention de faire en fin de compte, même si c’était encore au stade inconscient, ça me paraissait improbable de laisser passer cette chance de changer de vie. Il me fallait juste un peu de temps, peut-être une journée, pour faire une croix sur mon ancienne vie.

« Enfile-toi ta picole et on y va. Si on a besoin d’aller au marché, faut y aller tôt avant que les meilleurs trucs soient partis. »
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« Répondre #129 le: Mai 30, 2018, 05:30:29 »

L'air de rien, je me disais qu'elle devait un peu exagérer la force de cette bouteille d'alcool. Mais je voulais en avoir le cœur net. Il fallait que je goûte pour savoir si je me trompais ou non. Par moments, je pensais avoir raison sur certaines choses, et lors de la mise en pratique, je me rendais compte que je m'étais plantée sur toute la ligne. Je pris donc un verre, inspectant l'aspect avant de le sentir. Rien que l'odeur m'indiquait que j'allais prendre cher, du moins, si je connectais deux neurones. Mais je décidais de passer outre l'avertissement olfactif, buvant ce verre cul-sec. Monumentale erreur. A peine le liquide dans ma gorge que les larmes me montaient aux yeux. Cette saloperie était d'une puissance... Je me demandais même comment on pouvait boire un truc pareil sans en subir les conséquences. Mais elle avait raison sur ce coup-là. Alors que j'essayais tant bien que mal d'aspirer de l'air pour atténuer le goût on ne peut plus désagréable que j'avais sur la langue, je pris deux grands verres de jus de pomme pour faire passer le tout. Prenant la pomme avec moi, je la laissais passer devant, et la suivait.

- J'ai besoin de quelques trucs, pas grand chose. Des balles en argent, deux trois petites feuilles toxiques si on les mangent directement, mais qui font une très bonne potion, et surtout, j'ai besoin d'acheter des fringues.

Je la suivais en mangeant ma pomme. De temps à autre, je jetais un œil autour de moi. Je me demandais comment on pouvait vivre dans des conditions pareilles. Au fond de moi, je savais très bien que je n'étais pas à plaindre, mais tout de même. Il y avait des choses que l'être humain pouvait supporter, et d'autres non. Par conséquent, je soupirais. Mais j'étais persuadée qu'il y avait ici des personnes qui le méritaient, par leurs actes passés. Je n'étais pas sûre qu'Alix fasse partie de cette catégorie, au final. Mais je pouvais me tromper. Cependant, j'espérais ne pas me trouver dans ce domaine. Je m'allumais également une clope. J'alternais donc taffes et bouchées de pomme, avant de jeter le trognon dans la première poubelle qui me tombait sous la main. Je me demandais combien j'allais dépenser aujourd'hui. Sans doute bien plus que ce que j'avais prévu, mais cela semblait logique ici. Certains articles présents sur Terra n'existaient tout simplement pas sur Terre, et le prix s'en ressentait.

- En vrai, j'aime bien venir ici, mais bordel, je pense que jamais de la vie je ne vivrais ici. A moins que je trouve le moyen d'améliorer tout ce merdier. Ceci dit, je sens que je vais me faire pigeonner, comme d'habitude. J'ai horreur de ça, mais j'ai pas envie de coller une bastos au premier commerçant que je croise. Je trouve qu'ils en jouent beaucoup trop.
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