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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Débutante en périple rencontre personnel expérimenté [Grayle]  (Lu 430 fois)
Synthesis Novella
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« le: Novembre 16, 2017, 11:53:13 »

   Le soleil venait de poindre timidement à l'horizon, caressant chastement la terre grise de ses rayons tièdes. Il était très tôt, et pourtant, on s'activait déjà, ici. La mer avait été, semble-t-il, particulièrement agitée cette nuit-là ; aussi, il fallait s’atteler rapidement pour réparer les dégâts. C'était une ville côtière, après tout, assez isolée du reste du monde du fait de sa proximité avec la montagne, une région particulièrement stérile. Si on pouvait encore y voir quelques arbres résister au froid mordant, c'était bien là la seule chose qui colorait encore ces massifs imposants. Pour ainsi dire, on pouvait parler plutôt de ville de pêcheurs que de ville côtière. Les dégâts étaient donc, pour la plupart, portés sur les navires de pêche, les étalages primaires de poissons, les cargaisons, mais aussi et malheureusement, sur les habitations de bric et de broc. De nombreuses familles étaient là, sur le bitume, à contempler ce qui avait été leur maison, à présent un tas d'ordures cassées parmi tant d'autres.

   Et à travers ce spectacle désolant, dans l'odeur de poisson et de sel, se baladait une petite figure blanchâtre, qui dansait plus qu'elle ne marchait. Elle ne semblait pas se rendre véritablement compte de la situation, et traversait joyeusement les décombres, sans se soucier de quoi que ce soit. Il était tôt, et il faisait déjà terriblement chaud. Et pourtant, cette demoiselle se promenait avec une sorte de cape blanche, sale et usée, ainsi que des habits relativement chauds. Elle était trempée, non pas de la mer qui s'était éveillée durant la nuit, mais d'être tombée nombre de fois dans la neige, qui accrochait ses cheveux et le dessus de sa capuche, et fondait tranquillement sous le soleil matinal. Et puisque celle-ci commençait à peser sur sa pauvre tête, Synthesis la repoussa en arrière, et tira ses cheveux blancs dans son dos. C'était ainsi nettement plus pratique et agréable.
   Elle était venue ici pour s'en aller. En effet, elle avait fait le tour de la montagne, après qu'un drôle d'homme soit venu la chercher dans sa maisonnée. La jeune fille avait dormi un peu trop longtemps, et l'avait perdu de vue. Mais ça ne l'affectait pas plus que ça. Pourquoi ? Parce que Syn avait été attirée ici par la douce odeur, sucrée et amère, qu'est celle du regret. Une petite voix chuchotait à son oreille qu'ici, elle allait pouvoir trouver des gens à aider, mais surtout, une personne ici dégageait plus que les autres ce doux parfum, qui l'attirait comme le nectar attirerait une abeille.


   Synthesis observait le panorama qui s'offrait à elle. Des ruines, de l'eau, mais rien d'autre. Par où allait-elle passer ? Et puis, elle voyait au loin de drôles d'objets, très gros, qui flottaient et avançaient sur l'eau. A quoi cela pouvait-il bien servir ? Il y avait nombre de personnes, ici, mais elle ne savait pas s'il était possible de quitter cette petite île isolée, pour rejoindre le continent. Mais d'ailleurs, quel continent ? Elle n'avait pas lu grand chose sur la géographie, et n'avait aucune idée d'où elle pouvait bien se trouver. Aussi, la jeune fille se dirigea vers une mère qui berçait son enfant, et lui tapota timidement l'épaule.

« Hm... Excusez-moi, mais pourriez-vous me dire où sommes-nous ? J'entends par là, le territoire..

- Mais d'où sors-tu, ma pauvre fille ? Tout le monde connaît cette pauvre île. Si tu traverses en bateau, tu peux rejoindre ensuite Tekhos en moins de trois jours de marche. »


   Bateau ? Tekhos ? Île ? Synthesis était un petit peu perdue, devant tant de mots qu'elle ne comprenait pas. Mais l'odeur des regrets lui fit tourner la tête, vers le pont. Il y avait une petite foule, mais elle ne distinguait pas très bien celui qui dégageait ce doux parfum. Mais un homme semblait regarder une de ces drôles de choses flottantes avec un grand drap, du moins, c'était ce qu'elle en voyait de loin. Alors la demoiselle se glissa dans son dos, et demanda comme si c'était une question courante :

« Ca veut dire quoi, bateau ? Et c'est quoi Tekhos ? Et qu'est-ce que c'est, que ces drôles de bols en bois qui flottent ? On n'étend pas le linge comme ça, vous savez ? Et puis, qui utilise un drap aussi grand ? »


   Peut-être avait-elle trop posé de questions à la fois, mais l'individu lui jeta un regard mauvais, qui fit reculer d'un pas Syn. Il y avait tant de colère et de haine, dans des yeux si petits et si clairs, tant de promesses de cruauté et de souffrance, que quelques voix dans sa tête se mirent à rire, à se moquer d'elle.

«  Beh alors, Syn, on a peur d'un simple matelot ? Il va pas te manger, tu sais ?
- Oh toi ne parle pas de nourriture, il m'a l'air croquant sous la dent, j'en ferais bien mon goûter...
- Aller Synthesis, un peu de courage, et affirme-toi, sinon, il va être méchant avec toi !
 »

   La dernière voix, qui était celle de Lucie, une adorable petite elfe de huit ans morte égorgée après avoir été volée de sa petite bourse d'enfant dédiée à des bonbons, avait raison, pensait Synthesis. Elle devait affronter un peu l'extérieur, plutôt que de fuir incessamment. Après tout, n'était-elle pas une adulte responsable et autonome ? Capable d'affronter le monde par ses propres moyens ? Si, elle en était persuadée. Aussi, elle retourna voir le bougre, et gronda de sa petite voix qu'elle voulait aller à Tekhos. Il ne l'écouta pas vraiment, et tendit la main vers elle en grommelant quelque chose, à propos d'or et de pièces. Pour quoi faire ? Il veut que tu le payes, Syn! se moqua gentiment Lucie au creux de son esprit. Maladroitement, la demoiselle tira de ses poches un bouton, un petit nœud rose poudré, des lunettes cassées, et enfin, un lot de pièces de différentes couleurs : bronze propre, rouille, argent poli, et quelques unes en or. La pauvre Syn n'avait aucune notion de valeur, aussi, elle ne se rendit absolument pas compte qu'elle venait de payer au moins dix fois plus que ce que le marchand lui avait demandé pour monter à bord de son navire. Et Syn ne savait pas non plus, à ce moment, que la nourriture devait s'acheter, et que pour dormir, il fallait payer aussi, et que des habits, il lui en fallait, et ça s'achetait encore. Mais elle n'avait plus rien, ses poches étaient remplies de bricoles et de babioles, vieilles, usées, cassées, décrépies, sales et souillées.


   Après trois jours de voyage en bateau, passés dans le plus grand calme, la petite demoiselle posa enfin le pied sur la terre ferme. Mais n'était-ce pas un peu long, trois jours de bateau, alors qu'on lui avait dit que l'île était toute proche de cette fameuse cité ? Le temps que Synthesis s'en aperçoive, le navire était déjà au large, la laissant toute seule dans un minuscule port inhabité. Par où aller, à présent ? Syn emprunta un chemin de terre sèche, et s'en alla, tout droit, sans vraiment savoir vers quel lieu elle se dirigeait. Drôle de façon de débuter un voyage, n'est-ce pas ? De plus, cela ne ressemblait pas du tout à ce qu'on lui avait décrit brièvement de l'endroit où elle se rendait : elle ne voyait là qu'une étendue aride. Enfin, la nuit tomba. Elle se retrouva seule, au milieu de nulle part, dans le froid et le noir, incapable de se repérer, avec pour seul compagnon son ventre qui gargouillait. Désespérée, elle se laissa choir sur le sol, et renifla comme une enfant par terre.

« C'est pas juste ! Personne veut m'aider, et voilà où on en est, merci ! On arrivera jamais là où je voulais aller... »

   Elle ne parlait pas vraiment seule, puisqu'elle obtenait divers râles en guise de réponse. Certains grondaient que c'était de sa faute, qu'elle n'avait qu'à mieux prévoir son voyage, plutôt que s'en aller sur un coup de tête ; d'autres se moquaient simplement d'elle ; et enfin, un petit groupe essayaient de la consoler, et lui indiquer un pseudo-chemin. Mais Synthesis en avait marre, elle ne voulait plus bouger. La volonté, ce n'était pas vraiment son fort. Sauf quand elle vit, tout au loin, une petite lumière, qui attira son regard gris. La curiosité était bien plus sa tasse de thé, aussi, elle se leva, et essaya de suivre cette petite lumière, qui semblait si proche et si lointaine à la fois. Si elle ne pouvait l'atteindre, peut-être au moins celle-ci allait la mener quelque part, non ? La lumière ralentit progressivement, jusqu'à s'abaisser au sol. La jeune fille pouvait presque la toucher, quand elle se heurta de plein fouet à quelque chose de dur et massif, et sa petite carrure tomba sur le sol, en arrière, dans un bruit ridicule. Impossible de distinguer ce contre quoi elle venait de se cogner. Un autre être vivant ? Une quelconque plante ou roche de ce lieu ? En tout cas, la lumière, elle, était bien posée sur le sol, bien que la source émettrice était peu distinguable pour Synthesis, toute sonnée par sa chute.
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #1 le: Novembre 28, 2017, 12:17:21 »

Heureusement pour la jeune fille, la nuit l'empêchait de voir clairement ce contre quoi elle venait de se cogner. La chose, parfaitement vivante et désormais bien reveillée, se redressa sur ce qui semblait être deux immenses serres d'oiseau, avant de pousser un piaillement strident qui n'était clairement pas celui d'un cheval. Les serres, longues de plus de dix centimètres, s'écrasèrent de justesse à côté du petit corps de l'étourdie, s’enfonçant dans la terre, et, pendant un bref instant, la nuit ne fut qu'un concert de piaillements et un ouragan de plumes. L'animal, malgré son gabarit proche du cheval, se mit à bondir en arrière, avant de se calmer, regardant d'un air curieux ce qui l'avait percuté.

" Qwac ? "

Il fit rapidement tiré vers l'arrière par un autre individu, qui tenait fermement ses rênes.

- Recule Budgy ! On se calme ! C'est bien ! Tu va l'écraser !
- Qwac !
- Je me doute bien que ca fait mal, mais ce n'est pas la question !

Il lâcha les rênes, et l'animal se calma. L'homme se pencha sur la jeune fille, qui était encore restée à terre, un peu étourdie et hallucinée. Elle était à demi éclairée par le feu de camp, qui se trouvait derrière le jeune homme qui, lui, apparaissait à contre jour. Il mit un genoux à terre, mettant ses mains bien en évidence.

- Je ne suis pas armé. N'aie pas peur petite.

Il posa doucement une main sur son avant bras, l'autre sur le front de la jeune fille, vérifiant si elle était blessé. Heureusement, rien du tout. Juste une bosse. Budgy était relativement... moelleux pour être percuté sans risque. Il passa sa main dans le dos de l'inconnue et l'aida à se relever.

- Je m'appelle Grayle. Je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un d'autre ici... allez, suis moi. Je ne suis pas dangereux. Tu a de la chance de tomber sur moi tu sais ?

Il l'amena près du feu. De ce dernier, on pouvait sentir la douce odeur du bois en train de brûler, et des cendres rougeoyantes s'élevaient dans les airs. Vu l'ampleur des flammes, celui qui avait fait le feu connaissait son affaire. Il éclairait à une dizaine de mètres à la ronde et émettait une chaleur réconfortante. La nouvelle arrivée pouvait voir deux gros sacs de voyage, un manteau épais, quelques restes de repas, et, contre un rondin de bois servant manifestement de rocher, une guitare. Mais ce n'était pas la vision la plus impressionnante.

Budgy s'était allongé à quelques mètres du feu, laissant à Synthesis le loisir de le contempler. L'animal était aussi gros qu'il l'avait laissé deviner dans le noir. Il s'agissait... comment dire... d'un gros poulet ? Tout jaune, jaune comme un poussin, avec une véritable fourrure de plumes jaunes, un bec orange et épais, de toutes petites ailes repliées contre son corps, et de grands yeux bleus curieux et innocents. A côté de lui se trouvait une selle, laissant entendre qu'il servait de monture à Grayle. Ce dernier s'immobilisa alors qu'oiseau et humaine se regardaient.

- Oh. Lui c'est Budgy. Tu l'a réveillé en plein sommeil le pauvre. C'est un chocobo ! Il est mignon hein ? Mais je te conseille d'attendre un peu avant de le caresser...
- Kwac !
- Elle n'a pas fait exprès Budgy ! dit-il en froncant les sourcils, avant de regarder la jeune fille avec inquiétude.

- Mais qu'est ce que tu fais ici avec une pauvre robe et un manteau ? Tu dois crever de froid ! Enfin... les questions après. Viens.

Il la prit doucement par la main, la tirant à sa suite, et la fit s'asseoir sur le rondin de bois, près du feu. Il revint ensuite et la recouvrit de son grand manteau à lui, plus épais et chaud, et assez long pour qu'elle s'emmitoufle dedans telle une chenille dans son cocon.

- Alors... dis moi, qu'est ce que tu fais ici ? dit-il, l'oeil brillant de gentillesse. Il la détaillait des pieds à la tête.

 Elle était mince, plutot jolie. Jeune, presque... gamine ? Le genre qu'on a envie de serrer dans ses bras pour la rassurer. Et de nourrir, tant une impression de fragilité émanait d'elle.
« Dernière édition: Décembre 07, 2017, 01:02:31 par Grayle le pérégrin » Journalisée
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« Répondre #2 le: Novembre 30, 2017, 11:20:39 »

        Une petite bosse rose plantée au milieu du front, visible grâce à la finesse de ses cheveux blancs, Syn était assise à côté de ce nouvel individu qui l'intriguait. Elle n'avait pas eu peur, mais juste mal, et était fascinée par le drôle d'oiseau face à elle. Elle n'en avait jamais vu, et la curiosité danser dans ses yeux avec les flammes du feu de camp. Alors que Grayle lui posait des questions, elle ne fit que répondre :


« Choco...bo ? C'est un chocobo ? Je ne sais pas ce que c'est. Il est mignon ! Très mignon ! Et je suis désolée d'avoir dérangé, je ne voyais rien du tout.. Oh, désolée ! Moi c'est Synthesis. Et je voulais aller à .. Tekhos ? On m'a dit que ce n'était pas loin, mais je crois m'être perdue. »


   Elle le remercia ensuite pour le manteau, dans lequel elle se roula, ne laissant voir que sa petite tête et ses longs cheveux blancs, en cascade, recouvrant presque le manteau. Il tenait bien chaud, et face au feu, ses joues se teintèrent doucement de rose, alors qu'elle soupirait de satisfaction. Grayle semblait bien installé. Le chocobo avait repris sa sieste, quoi qu'il était visiblement sur ses gardes avec l'intruse qu'était Syn. Le feu crépitait joyeusement dans le noir, laissant des volutes de fumée s'élever et se perdre dans la nuit d'encre. Elle ne savait pas trop quoi dire, la discussion, ce n'était pas son fort. Elle avait pourtant lu des livres, où elle avait crû apprendre comment discuter, mais ça ne semblait pas être la même chose dans la réalité que dans la fiction. On ne devenait pas ami avec quelqu'un aussi simplement.

   Syn leva les yeux vers le ciel, tirant un peu plus contre elle le manteau. Elle tourna ensuite le regard sur Grayle. Il était grand, plus grand qu'elle, ce qui était facile à faire, certes, mais bâti de la sorte qu'il semblait très imposant. Son apparente sérénité lui donna ensuite de quitter le rondin de bois, et venir se poser plus à côté de lui. Si elle s'écoutait, elle se serait tout bonnement collée à lui, pour avoir de la chaleur, mais surtout... un contact physique. Cela devait faire plus de quinze ans que Syn n'avait touché d'être vivant, et encore moins d'humain. Pour autant, elle se maîtrisait. Enfin, ce fut jusqu'à ce que son ventre ne lâche un gargouillement de tous les diables, qui fit se dresser sur ses pattes le chocobo. La demoiselle vira au rouge pivoine, et sembla vouloir disparaître dans le manteau sur ses épaules.


« Pardon, je... vagabonde depuis l'aube, et je pensais que ça arrêterait de gronder. Je sais pas pourquoi ça me fait ça, ni pourquoi ça me fait mal. »


   Idiote tu as faim ! gronda une voix grave dans la tête de Syn, qui hoqueta sous le choc d'une telle colère adressée contre elle. Elle détestait qu'on lui crie dessus, et chassa l'humidité de ses yeux d'un revers de manche. Puis adressa un sourire à Grayle, qui ne semblait pas ne pas avoir remarqué cette petite larme aux coins de ses yeux. Synthesis éternua, avant de fixer ce qui semblaient être des restes d'un repas, encore chaud, dans une assiette creuse en bois souple et clair, ainsi qu'une gourde d'eau. Ca allait refroidir, et ne plus être vraiment bon, s'il laissait ainsi son repas, surtout sous l'oeil vif d'un chocobo à présent parfaitement éveillé, et à l'air très gourmand. On aurait eu presque envie de lui donner à manger dans le creux de la main, pour l'entendre piailler de joie, et ensuite le caresser jusqu'à le voir se rendormir.


« Oh, je suis désolée, je dérange pendant que vous mangez ? Si vous voulez, je m'en vais, je vais bien finir par trouver un chemin... Enfin je crois ? Oh, et Lison dit qu'elle vous a déjà vu. Vous voyagez, dîtes ? Je veux pas voyager toute seule, je sais même pas m'occuper de moi.. La preuve, je suis perdue au milieu de nulle part sans savoir quoi faire. Je peux vous accompagner ? Si vous allez pas à Tekhos, c'est pas grave ! Je veux juste voyager, en fait. »


   Au fond, Syn mourrait d'envie qu'il accepte, mais n'osait le témoigner. Elle ne voulait pas partir seule, et il semblait s'y connaître. De plus, il sentait.. une odeur fort alléchante, qui la faisait saliver. Du regret, de la peine. Elle se devait de faire quelque chose ! Et son esprit d'enfant était lui aussi attiré, mais par le chocobo. Elle avait très envie de jouer avec lui, cette masse de plumes géante et jaune. Et par dessus tout, il semblait incroyablement gentil, et attentionné à son égard. Quelque chose qui lui manquait, et lui réchauffait le cœur. Pas question de laisser tomber. Et s'il ne voulait pas d'elle, et bien, elle le suivrait quand même, en douce !
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #3 le: Décembre 07, 2017, 02:53:20 »

Tekhos ? Grayle grimaca. Il n'aimait pas cette ville, ni ses habitantes. Oh, Tracker and Tracer avaient été... très accueillantes, mais il n'en était pas moins au mieux un esclave, au mieux un jouet dans cette ville dominé par les femmes, membrées ou pas. Pas question qu'il ne s'approche de cette ville à moins de 10 kilomètres. Il regarda la jeune fille. Son innocence et naïveté complète que suggéraient son apparence ne le rendait pas confiant. Dans une ville comme Tekhos, elle finirait sans doute mendiante. Ou au mieux, esclave sexuelle d'une nymphomane locale. Mais il se garda de commentaire trop précis.

- Tekhos ? Hm, c'est assez loin... je t'avoue que je n'ai pas trop envie d'y retourner.

Il s'interrompit lorsqu'il la vit se lever et se déplacer tout doucement pour se poser à côté de lui. Il la couva d'un regard bienveillant. Emmitouflée comme une larve dans son cocon de couverture, elle était adorable, et encore plus lorsqu'elle se mit à rougir, s'excusant d'un gargouillement titanesque qui surpris Bucky. Le chocobo s'était levé d'un air alerte.

- Tout doux Bucky.

Le chocobo regarda son maître et s'assit une nouvelle fois sur le sol, regardant la jeune fille avec curiosité. Grayle, lui, la regarda plutôt avec étonnement lorsqu'elle lui parla en vrac,  proposant de s'en aller, et lui disant que Lison l'aimait bien, avant d'avouer être incapable de s'occuper d'elle même. Il la regarda comme si elle venait de marcher dans une merde de chien.

Quelque chose ne tournait clairement pas rond chez elle. Dans sa tête. Elle était clairement... folle ? Lunatique ? Dérangée ? Mais pas dans le mauvais sens. Enfin... il ne la sentait pas dangereuse. Au contraire même. Quoi qu'il en soit, elle semblait être consciente de son... état, si l'on pouvait dire. A croire qu'elle avait été larguée comme ca dans la nature, après être apparue d'un seul coup. Il cacha vite son malaise.

- TATATATA ! Pas question que tu partes, et encore moins toute seule à cette heure là !

Il posa sa main sur son épaule.

- Ecoute, heu... tu ne m'a toujours pas dit ton nom. Tu en a un n'est ce pas ? Bon. Ecoute, je ne sais pas qui tu es, mais je pense comprendre que tu n'es pas... indépendante ?

Après des siècles de voyage, Grayle en avait vu des vertes et des pas mûres. Des étoiles mourrir, des dragons, des villes s'effondrer, des mutants, et des centaines d'autres profils. Il se doutait qu'il avait devant lui... enfin, potentiellement plein de choses. Un esprit venant tout juste de s'incarner, une âme en peine, une slime essayant de s'intégrer, une hallucination parfaite, une mutante échappée d'un laboratoire, une fille ayant subi un traumatisme... plein de possibilités, toutes aussi bizarres les uns que les autres, mais aussi familières. Et dans le regard de l'immortel, nulle peur, mais uniquement de la curiosité et de l'affection.

- Je ne sais pas non plus d'où tu sors, mais je sais que tu n'es pas dangereuse et surtout, que tu a besoin de manger. Alors, tu sais quoi ? Tu va rester près de moi, d'accord ? Avec moi, tu es en sécurité. Je ne te ferais pas de mal, et tu m'expliquera ce qu'une fille de ton âge toute seule, sans but, ssans savoir même ce qu'est la faim, fait ici, d'accord ? Ah, et aussi...


Il lui fit un sourire charmeur, avant de toquer sur la tempe de la jeune fille.

- Au cas où tu ne serais pas seule dans ta tête : bonjour tout le monde ! Maintenant, reste là.

Il se leva, s'éloignant de la fille et lui tourna, le dos, se penchant en avant pour fouiller dans son sac. Il en ressortit un paquet, qu'il posa sur ses genoux après s'être rassis près d'elle. Il ouvrit délicatement le contenant, révélant de la nourriture : du fromage, du pain, des tomates et même de la viande froide. Il la vit amorcer un mouvement.

- Non. Garde tes mains au chaud. Tu va te salir.

Il prit un morceau de fromage blanc, dont la douce odeur qu'on devinait frâiche chatouillait les narines.

- On ouvre la bouche... bien, comme ça. Allez mange, dit-il avec une infinie patience, lui donnant la becquettée. Lorsque ton ventre gronde et que tu a mal, c'est que tu a faim. Tu a l'impression que ton ventre se tord sur lui même et qu'il a un trou, hein ? Dans ce cas, il faut manger. Il lui donna une tomate. Pour que ton corps et ta petite tête fonctionnent, il faut avaler de la nourriture et de l'eau régulièrement. Sinon, il n'a plus d'énergie, et tu finit par mourir. Ça vaut pour toi et tous les autres animaux du monde.

Il continua ainsi de la nourrir pendant de longues minutes, avant de poser le paquet sur la terre à leur pied. Il ouvrit une gourde d'eau.

- Toujours boire en plus...

Il approcha la gourde d'eau des lèvres de la jeune fille, qui regarda l'objet sans apparemment savoir quoi faire. Le goulot était à quelques millimètres.

- Entrouve la bouche. Comme pour embrasser quelqu'un, dit-il, avant de réaliser que, si elle ne savait pas ce qu'était la faim, elle ne savait sans doute pas ce qu'était embrasser quelqu'un. Fausse alerte toutefois. Elle se mit à boire à la source, avec grand plaisir apparemment. Grayle savait qu'il n'y a que lorsqu'on a très soif que l'eau est délicieuse.

- C'est bien ! Ca va mieux non ? Il intercepta le regard de la jeune fille vers les restes de son repas.

- Oh. Tu veux le reste ? Pourquoi pas. J'ai déjà bien mangé. Mais c'est tiède... il y a mieux. Il se saisit de deux couverts et découpa la viande en tout petits morceaux, avant de s'écarter d'elle et de déposer l'assiette sur les genoux de la jeune fille, pour qu'elle se nourrisse seule. Il tira le rondin pour s'asseoir en face d'elle, et se saisit de sa guitare, pour jouer quelques accords doux, apaisants et mélancoliques,

https://www.youtube.com/watch?v=OkHFGL1NOfA

Il fixa la jeune inconnue, avant de poser ses yeux sur le ciel étoilé, coupé en deux par la voix lactée. Sa compagne ouvrit la bouche, mais il la fit taire.

- Chut. Ecoute.

Rien. Il n'y avait rien d'autre que le craquement du feu, un léger souffle faisant bruisser les feuilles et les plumes de Bucky, et parfois, le doux son de la corde de guitare qui s'agite. Il respira à fond. Il adorait l'odeur du bois brûlé. Il laissa planer un long silence, qui n'était pas lourd, mais au contraire, presque guilleret. Sa musique se contentait de faire le dialogue, le pérégrin jouant avec l'adresse de l'amateur confirmé.

- Un peu de calme, ca fait du bien parfois, hein ? Le monde est bien trop bruyant. Profites-en. On ira dormir, ensuite...
« Dernière édition: Décembre 07, 2017, 02:58:21 par Grayle le pérégrin » Journalisée
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« Répondre #4 le: Décembre 09, 2017, 01:06:43 »

« Mais si, je l'ai dit, mon nom ! C'est Synthesis, c'est mon vrai prénom ! Et comme c'est long on m'appelle Syn... »


   La demoiselle était quelque peu vexée qu'il ne l'ait pas plus écoutée que cela. Elle avait, certes, un prénom qui ressemblait volontairement à synthèse, mais cela restait son prénom, celui qu'on lui avait donné, et il lui plaisait. Même si elle savait que sa mère lui en avait donné un autre, qu'elle ne découvrirait sans doute jamais. Mais peu lui importait. Lorsqu'il dit bonjour à toutes les âmes dans sa tête, Synthesis manqua la crise cardiaque. Toutes se mirent à parler et hurler plus fort les unes que les autres, la faisant soudainement souffrir atrocement. Elle se boucha les oreilles en reniflant, Mais à l'approche de la nourriture, tous se turent. Syn tendit automatiquement les mains pour pouvoir manger, mais elle se fit gentiment réprimander. Aussi, elle remit sagement ses mains au chaud, et se laissa nourrir, tel un oisillon tombé du nid dont l'on devrait prendre soin jusqu'à l'envol. Elle savait manger seule, et boire aussi, mais ce n'était pas déplaisant d'être chouchouté comme ça. Elle ne demanda pas la permission deux fois pour finir le plat qu'il lui tendit. Tiède, froid, chaud, elle s'en moquait, tant que ça se mangeait.

   Pourtant, quand elle eut enfin le ventre bien rempli, elle ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi il ne voulait pas Tekhos, que pour sa part, ça ne la dérangeait pas d'avoir une autre destination, puisqu'elle voulait uniquement voyager et découvrir le monde, mais il l'arrêta avant que le moindre son ne traverse ses lèvres. Le monde était trop.. bruyant ? Ne l'ayant jamais vu, elle ne l'avait pas non plus entendu, et ne savait pas qu'il pouvait donc être si bruyant. Pour autant, elle était très intriguée par cette drôle de boîte avec des ficelles qui faisait du bruit, et s'assit devant Grayle pour écouter. C'étaient de jolis bruits, elle avait lu qu'on appelait ça de la musique. Elle aimait bien la musique, surtout celle-ci, qui était très reposante. A tel point que la petite aux cheveux blancs tomba doucement, emmitouflée dans le manteau chaud et doux, et s'y endormit, paisiblement, les joues légèrement rougies par la chaleur, son ventre plein, et le bonheur de ne plus être toute seule.

   Durant la nuit, de délicieux rêves vinrent chatouiller son esprit. Bien sûr, ces rêves n'en étaient pas vraiment, car il s'agissait plutôt de souvenirs agréables des âmes qu'elle avait recueillies. Lison se souvenait avoir un jour mangé des biscuits au chocolat, chauds, dans une pièce lumineuse où elle n'avait plus froid et se sentait bien. Elle s'accrochait à ce souvenir, ayant vécu seule, dans la rue, avec ses parents, et la plupart de ses bons souvenirs étaient liés à la chaleur. D'autres se rappelaient leur gloire ou leur fortune, d'autres des conquêtes, certains jusqu'à des coups d'un soir juteux, que Synthesis ne comprenait absolument pas bien évidemment. Mais elle se plaisait à voir ces doux souvenirs, surgir devant ses yeux comme un film, ou plutôt, comme si elle-même les avait vécu, ressenti. Elle se les appropriait, et se confondait elle-même avec les autres, bien que la question pouvait déjà se poser quant à savoir si elle n'était pas, finalement, déjà confondue avec les autres. Mais dans toute son innocence et sa pureté, elle ne voulait se poser la question : la réponse l'effrayait. Et si elle n'était pas « elle » ? Et si elle n'était qu'une âme capturée comme les autres ?

   Cette pensée la réveilla en sursaut, soulevant d'un coup sec le manteau sous lequel elle avait dormi. Sa première réaction fut de chercher Grayle. Il était encore endormi, non loin d'elle. Lui, n'était pas parti, pas comme la personne qui était venue la chercher dans la maison dans la montagne. Ca lui réchauffait le cœur, au fond, et la fit sourire. Le jour tardait encore à se lever, pour autant, Syn croisa une paire d'yeux rivée sur elle : le chocobo. Il la regardait d'un air curieux. Dans sa tête, Rose crevait d'envie de parler avec l'animal, c'était son seul pouvoir. Mais Syn n'avait pas tellement envie, elle. Alors, la demoiselle se mit à quatre pattes, et avança tranquillement jusqu'à cet énorme poussin, la robe relevée à mi-cuisses. Elle se posta à un petit mètre de lui, et tendit lentement la main, paume tournée vers le ciel, vers le bec doré, qui luisait aux première lueurs du jour, et lui fit un petit sourire, ignorant le tout autour d'elle, Grayle, le manteau, le froid, le feu éteint, ...


« Bonjour toi.. Je suis désolée pour hier.. Vraiment. Pardon. Ca te dirait qu'on soit amis ? Enfin, au moins qu'on essaye, je peux pas te forcer. Ca te dit ? »
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« Répondre #5 le: Janvier 03, 2018, 09:13:11 »

La nuit de Grayle avait été paisible. Il avait installé Synthesis près du feu, utilisant son sac pour lui servir d'oreiller, et s'était lui même installé tout près d'elle, lui tournant le dos, avant de se rouler en boule. Aucun rêve, ni cauchemar ne peuplait ses souvenirs. Il se réveilla, tranquillement, naturellement, comme le soleil se levant à l'horizon, et dont les rayons commençaient à baigner le spartiate campement.

Si son esprit était encore confus, celui de Budgy fonctionnait à plein régime. Il avait fixé la jeune inconnue tel un chien de garde, et, au fur et à mesure qu'elle avancait, reculait son coup de manière comique. Lorsqu'elle tendit la main, il commenta par un "Kwac" un peu inquiet. En s'approchant, la jeune fille pouvait constater que, malgré son plumage éblouissant, les yeux et le bec du chocobo étaient... fatigués, et que l'oiseau gigantesque était relativement vieux. Il regarda la petite main, puis le visage respirant d'innocence de la jeune fille, et tendit lentement son coup... et picota, tout doucement, la paume, avant de retirer son coup prestement.

" Kwac ? "

Il recommença, poussant un petit "kwac" eraillé à chaque fois. Puis, il se leva, énorme et colossalle monture, pour se poser juste à côté de Synthesis et frotter sa tête de piaf contre la sienne, faisant tomber quelques plumes.

Reveillé par les piallements du chocobo, Grayle se retourna et ouvrit les yeux... en plein sur la croupe de la jeune fille, dont la robe, relevée à mi-cuisse, révélait une bonne partie de ses jambes pâles, qu'il devinait fines, douces et...

* Merde ! *

Il se retourna, instinctivement, sans vraiment comprendre son geste. Pourquoi... était-il honteux ? Avait-il peur qu'elle ne remarque qu'il l'ait vue ? Il n'avait aucune raison, pourtant. Il était probable qu'elle ne comprenne même pas le principe, ou ne lui en veuille pas. Et pourquoi paniquer, alors qu'il avait déjà fait bien, bien, bien pire que regarder des jambes nues ? D'autant que ca n'arrangeait pas son érection matinale... hey, attend corps. C'est qu'une fille ! C'est pas bien de la voir comme... comme une femme ! Il doutait de toute facon qu'elle n'ait une quelconque conscience sexuelle.

Il se mit à pester contre lui-même. Il fit semblant de dormir quelques minutes, et, après s'être calmé, fit semblant de se réveiller. Synth, toujours à quatre pattes, se retourna et il la gratifia d'un grand sourire.

- Bonjour Synth ! J'espère que tu a bien dormi...

Il jeta un oeil au chocobo.

- Oh, on dirait que Budgy n'a plus peur de toi. En général, les chocobos sont plutot méfiants avec l'age...

Le chocobo le gratifia d'un "Kuaq ! " énervé, qui fit rire l'humain. Il s'était assis, toujours dans son sac de couchage, qui descendait legèrement, révélant des épaules nues. Grayle n'était pas du genre à s'embarasser de vêtements lorsqu'il dormait, et il regarda Synthesis-qui était rayonnante- d'un air sérieux.

- Hey, tu peux fermer les yeux quelques instants ? Je dois faire mes besoins et me changer.

Elle attendit qu'elle ferme les yeux et, comme l'éclair, il se leva, sortant nu de son sac de couchage, et, après avoir choppé ses vêtements, sprinta vers un des quelques arbres les entourant, pissant contre l'arbre avec le bonheur du mâle au réveil. Ce n'était pas très élégant, mais il était sûr qu'elle ne lui en voudrait pas. Toujours lui tournant le dos, il se rhabilla rapidement, et revint vers elle.

- Voilà, voilà, pardon !

Il s'approcha d'elle, et, prit par un instinct quasi paternel, prit son petit visage entre ses mains, et embrassa son front.

- Bonjour, pour de vrai. Il se laissa ensuite tomber contre Budgy, allongé confortablement contre l'immense masse de plumes, et le caressa, avant de le gratouiller. Puis, il reprit sa place, près du feu, faisant signe à Synth de venir près de lui, alors qu'il ouvrait sa sacoche... et en sortit de la nourriture. Des morceaux de fruits parfaitement frais, ainsi que du pain. Il lui tendit aussi sa gourde d'eau.

- Manges et bois. Tu n'a que la peau sur les os, il faut te remplumer un peu !

Ils petite-déjeunèrent. Grayle lui expliqua ce qu'il comptait faire.

- Je crois qu'il faut aussi nous nettoyer... surtout toi Budgy !

Un kwac lui répondit.

- Enfin... je me dirige vers la région des grands lacs de l'est. C'est après... attend je te montre.

Il chercha dans son sac, et sortit une carte, qu'il étendit devant eux.

- Bien. On est ici... le monde est grand hein ? Bref, je vais... là (il montra un point, assez près sur la carte, mais très loin en réalité). Il y en a pour une petite semaine à dos de chocobo. Il y a plein de grands lacs, d'espaces verts, de petits villages bucoliques... c'est un endroit sympa. Tu t'y plaira je pense. Alors, tentée ?
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« Répondre #6 le: Janvier 19, 2018, 12:41:11 »

Tournée de dos, concentrée sur la tête du chocobo qui se frottait à la sienne et a rire doucement, Synthesis avait mis du temps à remarquer l'éveil de Grayle, derrière elle, et où son visage avait atterri. Elle s'était alors retournée vers lui, et lui adressa un grand sourire, bien que celui-ci était plus que comique. En effet, sa chevelure blanche était pleine de nœuds, et de plumes jaunes, qui lui donnaient un air ironiquement sauvage et guerrier. Comme si une enfant s'était acharnée à attraper un volatile, et n'était parvenue qu'à lui soutirer des plumes, après un combat féroce. Mais ce n'était pas le cas de Syn, sauf si on considérait qu'elle avait fait un combat de câlins avec Budgy.

Elle se recula doucement, et arrangea sa chevelure, essayant de lui redonner une forme à peu près présentable, tout en retirant délicatement les plumes, qu'elle posait à ses côtés. Alors qu'elle tenait une mèche blanche dans ses mains, elle cligna des yeux, surprise, face à la demande de son nouvel ami. Ses... besoins ? Manger ? Pourtant elle ne trouvait pas cela gênant, de manger devant quelqu'un d'autre. Et la nudité, elle ne voyait pas en quoi non plus. Après tout, la jeune demoiselle avait été habituée à voir des corps nus, à ne pas s'embarrasser de sa chair, de sa peau, à l'exposer aux yeux d'autrui. Mais une petite voix dans sa tête lui souffla que si elle, cela ne la gênait pas, il était commun pour les humains d'être pudiques, et que la nudité relevait de l'intimité. Tout comme les besoins. Alors Synthesis s'y plia, et comme à la demande formulée, elle ferma les yeux, et ne dit rien, sans être tentée par l'envie de regarder. Elle était curieuse, mais pas vraiment sur ce genre de choses, à vrai dire. Elle était curieuse du monde, du savoir, des gens, mais pas de leur corps ou de leurs vices. En revanche, elle ne pouvait s'empêcher d'écouter, et le son lui faisait penser au robinet que l'on ouvre, pour remplir la tasse de bois qu'elle avait pour boire, aussi bien le thé que l'eau fraîche. Elle ne comprenait pas trop, mais quand le brouhaha dans sa tête se fit pour essayer de lui expliquer, elle grinça des dents. Ils parlaient beaucoup trop, sans se soucier d'elle, comme à leur habitude, et cela en devenait réellement épuisant, et énervant.

Mais soudainement, Grayle revint, l'interrompant dans ses pensées, à tel point qu'elle en oublie sa consigne et rouvrit les yeux, pour rougir comme une pivoine en sentant le contact doux et chaud de ses lèvres sur son front.


« Oh euh... Bonjour ? Il n'y a rien à pardonner, donc pas la peine de me dire pardon, tu sais ? Dis.. Tu fais sortir tout ça d'où ? C'est trop gros pour rentrer dedans ! Ca tient comment ? C'est fait avec quoi ? Tu veux bien m'expliquer ? »


De bon matin, et déjà un flot de questions, elle était vraiment intenable, cette gamine. Mais il semblait plutôt préférer la nourrir de fruits plutôt que de réponses, aussi, elle mangea rapidement, et l'écouta d'une oreille attentive, des pépins un peu partout autour de ses lèvres fines, ainsi que quelques miettes de pain. Ses grands yeux gris ouverts, curieux, elle se glissa contre le jeune homme pour mieux voir la carte en question. Elle ne regardait pas trop son doigt, mais toute la carte. C'était vraiment grand, très grand. Tout avait l'air si intéressant, et si loin à la fois ! Comment s'y rendre ? Elle avait peur de cette énormité. Le temps n'était pas un obstacle pour elle, mais le reste..

Revenant au sujet principal, elle fixa la région indiquée. Il y avait de grandes étendues d'eau tout autour, et cela semblait en effet être très boisé. Elle savait en revanche ce qu'était un village, et cela lui faisait un peu peur. Cela voulait dire des gens, donc des regrets plein le nez à tous les coups, et elle n'était pas sûre d'arriver à se tenir correctement.


« Dis... Tu crois qu'il y aura beaucoup de gens ? Ca me fait peur.. Et Bugdy, il arrivera à nous porter tous les deux ? Je veux pas lui faire mal, vraiment pas ! Et pour se nettoyer, c'est où ? Je vois pas de salle de bain. »


Syn était peut-être ignorante sur beaucoup de points, surtout des concepts, mais n'était pas idiote pour autant, loin de là. Elle ne voulait causer de tort à personne, pas même un animal. Mais une petite île l'interpella, sur la carte. Elle posa alors son doigt fin et pâle dessus.


« C'est de là que je viens ! De la maison dans la montagne. Quelqu'un est venu me chercher, puis je me suis perdue. Tu y es déjà allé ? Il n'y a personne là-bas, mais c'est joli. »


Syn lui offrit un grand sourire, et se leva, essuyant ses genoux plein de terre, et un bout de pain dans les mains, qu'elle alla donner au chocobo. S'il devait les porter tous les deux, elle voulait qu'il soit en pleine forme pour le voyage ! Et elle n'avait pas besoin de manger plus que ça, de toute façon.
Une fois les bagages rangés, pour le peu qu'ils avaient, et que la petite ait bien précisé qu'elle était d'accord pour l'accompagner, puisqu'il semblait bien vouloir d'elle, il fut temps de se mettre en route. L'étrange oiseau jaune était plus fort que Synthesis ne l'avait prévu, puisqu'il n'eut aucun mal visible à le porter Grayle et elle. Ils n'allaient ni vite ni lentement, mais déjà plus vite qu'à pieds. Elle pouvait voir les étendues de sable et de terre, et au loin, la mer qui se profilait. Elle se trouvait bien loin de chez elle, à présent, mais ce n'était que pour le meilleur. C'était son choix, après tout, et elle avait trouvé un compagnon. Petit à petit, le sable laissa place de plus en plus à de la terre, d'abord sèche, puis humide, se voyant grâce à la teinte rouge qui s'accentuait. Les pattes du chocobo s'y enfonçait légèrement, laissant une empreinte molle sur la terre fertile, qui faisaient une piste rectiligne derrière eux. Et déjà le soir tombait de nouveau. La route allait donc être passablement longue, et une petite voix murmurait à la jeune fille aux cheveux blancs de se méfier de la nuit, qui sait ce qu'il pouvait bien se cacher, à roder, aux alentours...
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« Répondre #7 le: Février 05, 2018, 01:16:32 »

- Ohoh ! Surprise ! C'est un de mes nombreux pouvoirs magiques ! dit-il en riant, refusant de répondre à la jeune fille. Ca aurait été une longue histoire, et il était persuadé que des réponses n'auraient apportées que d'autres questions. Ce serait pour plus tard. Ils avaient ensuite examinés la carte, où la jeune fille avait pointée l'endroit où elle venait. Elle ne parlait pas de parent, ou de quoi que ce soit. Etait-elle apparue ici ? Il la regarda, souriant. C'était une vraie énigme, et il ne savait pas s'il devait s'inquiéter. Pour l'instant en tout cas, elle ne représentait aucun danger, mais de nombreux mystères planait autour d'elle.

Ceci dit, dans la mesure où il lui cachait lui aussi des choses... avait-il le droit de se plaindre ? Certainement pas.

- Budgy est solide, nous porter tous les deux ne sera pas un problème. Quant aux gens... ne t'inquiète pas. Je suis déjà passé là bas, il y a longtemps. Personne ne te fera aucun mal. Et avec moi, tu ne risque rien de toute facon. Je ne laisserais personne te toucher.

Ils plièrent bagage et montèrent donc sur Budgy. Après quelques hésitations, Grayle avait décidé de faire monter Synthesis devant lui, afin de la tenir entre ses bras manipulants les rènes, et aussi de lui servir de dossier. La journée, relativement longue, était paisible, et les balancements du chocobo avaient un effet bercant, au point que la jeune fille s'était endormie plusieurs fois, la tête contre le torse du jeune homme. Lorsqu'elle était éveillée, ils discutaient, doucement. Grayle lui raconta l'histoire et le fonctionnement des chocobo. D'où ils venaient, comment ils s'étaient liés aux hommes, comment ils étaient élevés. Il lui appris également quelques histoires et chansons du pays. Elle était curieuse, et il faisait en sorte qu'elle puisse savoir où elle était, mieux comprendre la terre qu'ils foulaient. Où plutot, que Budgy foulait.

Le soir arriva bien vite toutefois, et Grayle décida qu'il était l'heure de lever le camps. Il avait été décu de ne pas trouver de véritable point d'eau pour se laver. Tant pis. Ce serait pour demain. Ils étaient arrivés dans une forêt, luxuriante et verte, mais qui prenait des teintes inquiétantes avec la nuit qui arrivait. Aussi était-il descendu de chocobo, aidant la jeune fille à descendre, et l'emmena à travers les arbres. Il voulait éviter les clairières, trop exposées. Il regarda Synthesis, et il la sentit inquiète, aussi lui prit il doucement la main pour l'emmener à sa suite. Avec sa robe blanche, elle ressemblait à un fantôme dans la clarté lunaire.

- Hey ! Pas d'inquiétude. La plupart des animaux dorment la nuit. Et ceux qui sont éveillés vont nous éviter... et puis... Budgy est avec nous, n'est ce pas ?
- Kwac !

Il fouilla dans son sac, et en sortit des tapis, des oreilles, et une sorte de sac.

- Admire le maître.

A la une, à la deux, à la trois, il se saisit du sac, et le lanca comme un frisbee. En plein air, le sac sembla s'ouvrir, gonfler, et retomba sur le sol... sous la forme d'une petite tente. Il regarda Synthesis avec fierté.

- Les tentes modernes. Plus besoin de s'embêter à les dresser. Génial, hein ? Je vais aménager tout ca.

Il prit les tapis et les oreilles et entra à moitié dans la tente.

- En général, je préfère dormir à la belle étoile, mais en forêt, avec des arbres au dessus de nous, je préfère avec une protection. Un jour, je me suis réveillé avec de la chiure d'oiseau ! Je te raconte pas l'horreur. Allez, viens jeter un oeil.

Il l'emmena à sa suite, dans la tente. Elle était assez grand pour faire tenir 3 personnes. Le tapis de sol et les oreillers faisait qu'on ne sentait pas la fraicheur de la terre et de l'herbe. La tente était assez haute pour que Grayle y soit sur ses genoux tout en ayant encore beaucoup d'espace. La lumière de la lune filtrait à travers la fôret, "éclairant" l'intérieur de la tente d'une lueur pâle. Il regarda Synthesis. Elle regardait parfois le vide, tout en baillant.

- Dit, Synt. Je te sens pas rassurée. Ca te dit... de dormir sous la tente, avec moi ?

Elle le regarda, se mit à rougir à toute vitesse avant de détourner le regard, manifestement gênée. Après ce qui semblait être un dialogue muet, elle chuchota un petit "d'accord."

- Merci Synt.

Il ne se sentait pas bien. Un peu culpabilisé. Comme s'il profitait de quelque chose. Son innocence ? Sa peur ? Tout ca pour sentir la chaleur d'une personne... ca faisait bien longtemps qu'il ne l'avait plus senti, le contact d'une autre. Il en avait plus qu'envie désormais. Il en avait besoin. Et ce besoin, insidueusement, s'était fait sentir encore plus depuis que la jeune fille était arrivée.

* Ne pense pas à ca, Grayle... *

Il la contempla. Elle était fine. Sa peau nacrée était douce, attirante. Sa robe était fine, découvrant des formes de jeune femme, un peu maigrichonne, mais attirante. Il enleva ses vêtements, se retrouvant jambes et pieds nus, mais il avait gardé son haut et son sous vêtement. Ils s'allongèrent, silencieusement, l'un en face de l'autre. Les grands yeux gris de la jeune fille semblaient lire à travers son âme, où du moins essayer. Il se mit à réfléchir, passant en revue la journée et le comportement de la jeune fille.

- Hey, Synt.

Il tendit lentement les bras vers elle, mains ouvertes.

- Viens.

* s'il te plait * pensa t-il avec une voix intérieure plus désespérée qu'il ne l'aurait cru.

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« Répondre #8 le: Avril 17, 2018, 08:04:00 »

Il était toujours assez dur de quitter le seul lieu que l'on ait connu. Mais cela l'était encore plus quand on ne savait absolument rien du monde sur lequel on arrivait. Les gens, les coutumes, les histoires, … Dans les livres, on ne s'attardait pas assez sur ce qui pouvait sembler futile pour n'importe qui. Comme la couleur de la terre, du ciel ; ce qu'étaient l'orage et la pluie ; sur le frisson que l'on pouvait ressentir lorsque que le froid venait nous caresser chastement sous nos habits. Ou encore, les liens sociaux entre les gens.

Jamais Syn n'aurait pensé qu'une journée pouvait passer aussi vite. Elle avait l'impression de s'être éveillée depuis seulement quelques minutes, que l'astre se couchait déjà à l'horizon, faisant tomber un voile ocre sur la végétation. Elle aurait d'ailleurs presque pu paraître blonde, avec cet éclairage tardif. Ce qui donnait qu'elle ne faisait que triturer ses mèches bouclées, les regarder prendre cette teinte or dans la lumière du soir. Mais que l'éclairage baisse autant, et qu'il se mette soudainement à faire si froid, avait apeuré Synthesis. Des souvenirs, qui venaient planer et laisser leur ombre sur sa mémoire, la forçant à se souvenir de choses qu'elle ne voulait pas. Elle était perdue à l'intérieur de ce lieu sombre, froid, dur et humide. Elle ne voyait rien, mais elle entendait tout. Le tout de ces choses qui ne sont pas là. Qui ne sont plus là.

Mais Grayle la sortit de sa pensée, la faisant sursauter, alors que les vautours de son passé s'en allaient, pour se terrer au fond de sa mémoire. Elle lui adressait un sourire, un peu timide, alors qu'il la tirait par la main. Et puis il fit un véritable tour de magie. La jeune demoiselle était impressionnée, ne comprenait pas le moins du monde, et se perdit à contempler la fameuse tente. Elle n'en avait jamais vu, et cherchait à en comprendre le système, le mécanisme. Même une fois à l'intérieur, elle fixait absolument tout, jusqu'au plus petit point de couture. Dans sa boîte crânienne, quelques voix guidaient son regard, son jugement, pour qu'elle puisse décortiquer mentalement l'installation. Mais, si cet endroit était visiblement fait pour dormir, c'est qu'il allait y dormir seul, non ? Et elle, allait devoir se trouver un autre endroit où dormir. Pourquoi pas contre le chocobo, qui était dehors, avec ses plumes douces et duveteuses, qui tiennent bien chaud ?

Et puis il lui fit une proposition. Une proposition qui d'abord, ne fut guère comprise. Mais une personne fort aimable se fit le plaisir de lui répéter. Aucun risque qu'elle ne comprenne de nouveau pas, de cette façon. Synthesis vira au rouge, un rouge pivoine chatoyant, et ce jusqu'aux oreilles, à tel point que ses cheveux prenaient à quelques endroits une teinte d'un rose poudré, par transparence. Mais elle ne se montra guère plus réticente, murmurant simplement d'une petite voix timide qu'elle voulait bien.

Il y avait, en effet, largement de la place pour qu'elle puisse dormir plus que confortablement. Et surtout, sans que ça ne soit dehors, et elle n'avait pas besoin non plus d'avoir à se coller contre Grayle pour avoir un peu de place. Celui-ci d'ailleurs entreprenait d'enlever ses vêtements. Faisait-il vraiment si chaud que ça, pour devoir se dévêtir ? Peut-être du fait que les couvertures tenaient chaud, mais à ce moment, pourquoi mettre des couvertures ? Cela pouvait sembler normal pour n'importe qui, mais par pour Synthesis. De plus, il avait l'air tout de même bien capable de se tenir chaud tout seul. Certes, il ne semblait pas avoir de masse graisseuse très développée, qui aurait fourni un bon duvet, mais assez épais pour garder sa propre chaleur. Une légère pilosité, quoi que tout de même présente, qui devait aussi y contribuer. Un peu perdue dans son inspection, sans aucune pudeur, elle fut cependant surprise de voir ses bras finement taillés se tendre vers elle. Elle fixa alors son regard droit dans le sien, et... fut très tentée, à cet instant, de faire appel à une certaine personne, qui avait la fâcheuse manie de lire dans les pensées et analyser les sentiments et émotions. Spécificité de sa race. Mais cela aurait voulu dire qu'elle aurait eu un léger changement, physique au niveau des yeux, et peut-être au niveau de la personnalité. Et elle ne voulait pas encore brusquer son compagnon, il ne semblait pas encore préparé à ça, ni au fait qu'elle n'était pas une innocente petite enfant de moins d'une vingtaine d'années. Lentement, Syn lui attrapa une main, et tira légèrement dessus. Venir ? Venir où ? Comment ça, venir ?

« C'est quoi, venir ? Je vais pas tomber, pourquoi tu écartes les bras ? Je t'assure, je vais pas tomber. »

La jeune fille reconnut cependant un petit signe, un simple rictus, témoignant d'une légère déception. Alors soudainement, elle s'écrasa contre le torse de Grayle, après s'être laissée tomber sur lui, levant ensuite ses grands yeux gris vers lui, espérant qu'il ne serait, comme ça, pas triste. La signification de certains mots avait visiblement bien évolué, depuis le temps, tout comme les gens. S'installant correctement contre ce mur de chair, elle lui demanda, tout de même, pourquoi il avait voulu qu'elle tombe et la rattraper. Non pas que ça ne l'amusait pas, mais elle se posait la question malgré tout. Et puis, elle aimait bien, malgré tout. Il lui tenait chaud, et elle n'avait jamais été aussi proche, physiquement, de qui que ce soit. Et ce n'était pas pour lui déplaire.

A tel point que Synthesis refusa, égoïstement, qu'il la lâche durant la nuit. Ne voyant toujours pas l'intérêt de se dévêtir pour dormir, elle avait gardé tous ses habits, et restait calmement, telle une poupée, entre les bras de Grayle, sagement, sans bouger. Le sommeil était dur à arriver, elle ne cessait de tout regarder, de réfléchir aussi, mais c'était... divertissant, à ses yeux. Elle n'aurait jamais crû que sa quête pourrait prendre un tel tournant, un tel degré d'amusement. Et ce n'était encore rien ! Car le lendemain, après avoir fait la routine matinale, ils approchèrent d'un sentier en terre battue, avec de drôles d'empreintes sur le sol. D'abord, la crainte s'empara de la demoiselle, avant qu'elle ne saute du chocobo, pour courir, une fois à terre, vers la source de bruits étouffés, très légers. Là, oui, on pouvait clairement dire qu'elle était une gamine, émerveillée par des tas de Bugdy un peu partout, des Bugdy plus petits, plus grands, d'une autre couleurs, des Bugdy pas très Bugdy même. Des Bugdy partout, qui faisaient tourner la tête de Syn qui se mettait à les pointer du doigt, puis pointer Bugdy.

« Il y a des Bugdy partout ! Mais ce ne sont pas Bugdy, hein ? Comment ça se fait, qu'il y en a autant, alors ? Et qu'est-ce qu'on fait là ? Tu sais, je peux pas soigner les regrets des animaux, ça marche pas comme ça. Et puis, on est encore loin de... de où déjà ? »
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« Répondre #9 le: Mai 28, 2018, 12:04:50 »

- Que tu tombe ? Je...

Il la regarda, circonspect, avant de soupirer, pas d'ennui mais de détente. Elle était incroyablement légère, toute menu, chaude. Il respira. Elle sentait bon. La nature, même si le manque de douche commencait aussi à se faire sentir. Il froissa un peu le tissu de sa robe, dans une timide tentative de la caresser.

- Sentir quelqu'un contre moi me manquait.  dit-il avec une pointe de nostalgie et de tristesse. - Mais là, je suis mieux...

Oui. Avec elle dans ses bras, il se sentait mieux... tellement bien qu'il s'endormit en un instant, le sourire aux lèvres et l'esprit au ciel.

******

Le réveil du lendemain fut agréable, les deux endormis se réveillant à une heure assez tardive, bien reposés et avec les lueurs du soleil percant à travers la tente. Grayle vit que Synt était restée accrochée à lui toute la nuit, et du commencer la matinée à récupérer de l'engourdissement de ses muscles. Une fois la tente rangée dans le sac sans fond de Grayle et un rapide petit-déjeuner avalé, ils reprirent leur marche.

Ou plutôt, Budgy repris sa marche, avec les deux humains sur le dos. Grayle tenait les rènes du chocobo, les laissant parfois à Synt.

Après une bonne trotte, ils mirent pieds à terre, et c'est attirée par des piallements que Synt s'en alla, suivie par Grayle et Budgy, qui kwackait à répétition. Tous les trois cachés derrière un buisson, ils regardaient une ribambelle de minuscules chocobos, à peine plus gros qu'un chat, qui piallaient joyeusement, dans une joyeuse cacophonie. Il posa sa main sur le crâne de Synt, appuyant légèrement dessus pour qu'elle baisse la tête et ne se fasse pas repérer. Il chuchota

- On approche de notre étape. Ne leur fait pas peur, ce sont des bébés. Tu vois leur couleur ? Elle indique leur origine. Les verts viennent des régions d'Yvresse, les rouges de Bordeleaux, les bleus des jungles de Nomiria...


Il plissa les yeux, alors que Budgy le poussait légèrement du bec.

- Kwac !

Les petits s'immobilisèrent.

Grayle et Synt se levèrent. Les chocobos firent tous un petit bon en arrière et se mirent à courir dans tous les sens en kwackant comme des fous, avant de se diriger et de tourner autour de Budgy, qui s'était approché d'eux. L'adulte à côté des petits était une vision impressionnante, témoignant de la croissance massive des chocobos. Il était au moins 50 fois plus massif.

- Grayle, c'est toi ?!!

Une jeune femme était arrivée en courant, essuyant des cheveux visiblement trempés. Derrière elle, un chocobo, aussi jaune que Budgy, la suivait. Les deux adultes se croisèrent et se dirigèrent l'un vers l'autre, échangeant ce qui semblait n'être ni plus ni moins que des calins. La jeune femme prit doucement Grayle dans ses bras, avant de se séparer de lui. Brune, elle était légèrement plus petite que Grayle et un peu ronde, et était vêtue sobrement de vêtements de toile bruns, marqués par la saletés.

- Oh mon dieu tu n'a absolument pas changé ! Après deux ans !

- Bonjour Kodoki... Kodoki, je te présence Synthesis ! Synthesis, je te présente Kodoki, une ancienne collègue !

Kodoki sembla remarquer la présence de Synthesis.

- Hein ? Oh ! Bonjour !

Elle prit la jeune fille dans ses bras et embrassa son front.

- Han, tu es beaucoup trop chou tu sais ?

Elle se retourna vers Grayle ?

- C'est ta copine ?
- Hein ?! Non !
- Tant mieux ! Elle est beaucoup trop jeune pour toi !

Il fit semblant de chuchoter à Synthesis.

- Ne fait pas attention, elle est jalouse ! Regarde Kodoki, je vous ait ramenés Budgy.


La jeune femme s'avanca vers le chocobo et le caressa avec douceur, posant son front contre son bec, un air triste envahissant son visage. Elle sourit faiblement.

- Il est magnifique... tu l'a bien traité Grayle. Merci. Bon... vous voulez nous suivre au ranch, je présume ? C'est à une heure d'ici.
« Dernière édition: Juillet 14, 2018, 08:54:50 par Grayle le pérégrin » Journalisée
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« Répondre #10 le: Juin 11, 2018, 11:17:33 »

Être cachée dans un buisson, avec une longue chevelure bouclée, n'était pas forcément recommandé, bien que cela fasse un camouflage plutôt bon : quelques feuilles emmêlées dans les cheveux, quelques poussières venant les assombrir quelque peu à divers endroits, on pouvait même se demander si elle ne s'était pas jetée dedans. Non, elle avait juste été poussée dedans, retenant un râle mécontent qu'on lui appuie sur la tête, écrasant sa pauvre petite nuque. Déjà que c'était vexant d'être traité comme une enfant, bien qu'elle reconnaissait parfaitement agir de la sorte, Synthesis n'appréciait clairement pas ce geste. Certes, elle était petite, maigrichonne, et les lieux avaient beaucoup changé depuis la dernière fois qu'elle avait pu poser son regard gris clair sur les contrées de Terra. Des villes s'étaient construites, des gens étaient partis, de nouveaux visages étaient apparus, des fortes têtes étaient tombées, des rivalités étaient nées... Oui, beaucoup de choses avaient changé, et il était parfois dur de retenir un émerveillement certain envers autant de nouveautés, ce qui expliquait, ainsi, un comportement quelque peu enfantin. Qui ne l'aurait pas été, après autant de temps passé loin de tout, de quiconque ? Et voir des petits oiseaux courir partout, de toutes les couleurs, avec des piaillements plus ou moins aigus, était un spectacle passablement divertissant et intriguant. Les explications étaient, aussi, très intéressantes, et Syn remerciait silencieusement Grayle de les lui donner, même si elle avait les yeux rivés sur les petits bestiaux autour de Bugdy. Du moins, jusqu'à ce qu'elle perçoive une voix.

Super, une inconnue ! Bon courage, Syn.

Les inconnues, au féminin, elle avait tendance à s'en méfier, bien plus facilement que la gente masculine. Il y avait trop de souvenirs derrière certaines femmes, ce qui faisait qu'elle mettait plus de temps à se laisser aller en leur présence. Après tout, n'étaient-ce pas des femmes, qui dirigeaient le lieu initial où voulait aller la petite demoiselle ? Mais voyant la proximité entre les deux jeunes gens, il fut bien plus aisé pour elle de mettre son animosité de côté, l'effaçant même complètement lorsqu'elle se retrouva pressée contre des seins lourds, écrasée entre deux bras moelleux, avant de recevoir des lèvres sur le front. Rapidement, Syn essuya l'humidité laissée sur sa peau, avant de réellement interpréter ce qu'on venait de dire, des paroles qui lui montèrent le sang aux joues, alors qu'elle s'exclamait vivement d'une voix irritée.


« Je.. Je ne suis pas chou ! Ni jeune, nom d'un chien ! Je suis pas grande, mais je ne suis pas née hier non plus ! »


Et déjà, dans le fond de sa tête, quelques voix commençaient à la railler, plus ou moins lasses, avec des interprétations plus ou moins originales du refrain habituel :


« Allons Syn, comment pourraient-ils le savoir ? Ce ne sont que des gens simples !
- Puis t'es si riquiqui, aussi....
- Regarde-toi ma p'tite, tu es sale et tu te trimballes avec une tenue de gamine, pas étonnant qu'on te prenne comme telle !
 »


Malgré les dires de son compagnon de route, elle n'en restait pas moins vexée. Elle, vue comme une enfant ! Tout ça car, depuis, les générations avaient pris en taille, quel scandale ! Ce n'était pas elle qui était petite, c'étaient les autres qui étaient trop grands, voilà tout !

Après cette petite hargne qui, il fallait le dire, était plutôt comique, surtout que celle-ci avait coloré les joues gonflées de la petite demoiselle qui trépignait en battant du pied. Cependant, lorsque les deux autres se mirent en route, elle ne tarda aucunement à en faire de même, posant la semelle fine et usée de ses souliers sur la terre battue, en direction de ce qu'on avait appelé un ranch. Elle restait en retrait, observant les petits oiseaux qui courraient sur leurs petites pattes, boules de plumes différemment colorées, aux pattes courtes qui ne leur permettaient que de faire de petits pas rapides pour tenter de garder le rythme soutenu imposé par les meneurs de file. L'un des plus petits, pourtant, ne tarda pas à trébucher et tomber, se retrouvant à l'arrière, son derrière plein de plumes sur le sol. Syn s'arrêta en conséquence, et attendit que le petit se relève, jugeant préférable de ne pas aller le relever. Déjà, pour la fierté de l'animal, qu'il n'en prenne pas un coup. Mais aussi parce qu'elle savait qu'elle était une étrangère, et les animaux avaient parfois des réactions bizarres en sa présence... A croire qu'ils la fuyaient comme la mort, quelques fois. Le poussin ne tarda pas à se relever, vivement, et partit dans une course folle en lâchant un petit cri adorable, pour rattraper ses compères. Le petit groupe ne tarda guère à rejoindre un drôle d'habitacle, qui faisait beaucoup penser à la maison où Synthesis s'était cachée pendant... combien de temps, au fait ? Elle ne le savait même plus. A être isolée de la sorte de tout, sans repère temporel, bien évidemment qu'on ne savait plus à la fin quel jour, quel mois, quelle année, voire quel siècle. Un peu perdue dans ses pensées, elle ne vit pas qu'on lui avait, sans doute, parlé, et ne put que revenir à elle en clignant des yeux, un air penaud sur le visage.


« Oui ? C'est quoi, ça ? Et ici c'est où ? Ca ressemble pas vraiment à des lacs, je trouve... La définition du mot a changé, durant les dernières années écoulées ? C'est ça, maintenant, que vous appelez un lac ? »
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #11 le: Juillet 14, 2018, 11:33:25 »

Grayle poussa un rire clair, avant de poser sa main sur la frêle épaule de la jeune fille.

- Non, ne t'inquiète pas. Les Grands Lacs sont près d'ici, mais pas juste devant. Ici, c'est l'avant-poste de la ferme. Il se tourna vers Kodoki. Je ne me trompe pas ?

- Exact ! Heho, Lorenzo ! Devine qui est revenu !

Un vieil homme sorti de l'avant-poste. La peau bronzée, le visage buriné, lui aussi fit une embrassade à Grayle, avant d'en faire une autre à Budgy. Il leur indiqua que la ferme allait bien, et que les autres éleveurs étaient revenus. Ils reprirent leur route, et Lorenzo reprit sa petite bouteille. Grayle prit doucement Synthesis par la main afin qu'elle passe devant avec lui.

- La ferme c'est là où sont élevés les chocobos dans cette région. Ils ont besoin de grands espaces, et la forêt les protègent de l'extérieur. Ils les soignent et en font des animal de compagnie, ou de trait...

Il fit descendre ses mains sur ses flancs, et, avant que Synthesis ne puisse dire ouf, Grayle, qui était derière elle, la souleva dans les airs. Plus que ca même, il la fit passer au dessus de lui, avant de la reposer sur ses solides épaules. Il avait soulevé la jeune fille comme si elle ne pesait que quelques kilos. Elle avait poussée au début un petit cri effrayé, mais c'est vite la joie qu'elle exprima ensuite, voyant le monde de deux fois plus haut, alors que Grayle la tenait solidement par les jambes pour quelle ne tombe pas.

- Tu va adorer la vue, autant que tu en profite au mieux !

Il fit un clin d'oeil à Kodoki, qui le regardait avec circonspection, ayant encore du mal à croire que Grayle revenait d'un coup, et avec une mystérieuse femme-enfant en robe...

Ils avancaient toujours dans la forêt, quand, brusquement, cette dernière semblait s'arrêter. Devant eux se trouvait une petite montagne couverte de forêts, reflétée dans l'eau claire et aussi plate qu'un miroir d'un immense lac. Une cascade tombait d'un plateau dans le lac. En contrebas, on pouvait voir une demi-douzaine de maisons, au toit de chaume.

Spoiler  
Une quinzaine de personnes s'y trouvaient, et l'on pouvait y voir un champ, des potagers, un puit, des enclos... un vrai village miniature et autosuffisants. L'image champêtre tranchait énormément avec le quasi désert ocre où grayle et Synthesis s'étaient rencontrés. Il resta immobile.

- C'est beau hein ? Ce n'est que le plus petit lac. A peine une flaque. On atteindra les grands lacs après. Mais aujourd'hui... un peu de repos.

Ils descendirent, Grayle tenant Synthesis sur ses épaules. Sa marche devint course pendant un petit moment, suivi par Kodoki et les chocobos et la petite troupe arriva en trombe au village.

Il présenta Synthesis, enchaina les embrassades. Il faisait beau et chaud, avec une légère brise. Ils discutèrent, firent la fête. Il fit faire le tour du village à Synthesis. Les éleveurs, au nombre d'une petite trentaine, regardaient Synthesis avec un mélange de tendresse, de curiosité et de... malaise ? Qui gêna un peu Grayle. Appréciant de retrouver d'anciens compagnons, Grayle fit toutefois en sorte de s'occuper de Synthesis. Elle put ainsi apprendre à seller un chocobo, le nettoyer, de patauger un peu dans le lac, d'arroser le potager, de se reposer dans l'herbe et tout autre activité trop amusante pour être vue comme un vrai travail. Le matin devint midi, le déjeuner appella la sieste, et l'après-midi fila à toute vitesse, pour arriver au soir, alors que le soleil commencait à se coucher derrière la cascade...

Grayle alla voir Synthesis, qui était apparemment partie s'isoler sur la berge.

- Alors Synth, ca va ? Tu te plais ici ?
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