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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: The Trail [PV]  (Lu 88 fois)
Princesse Alice Korvander
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FicheChalant
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"Hear me Roar !"
« le: Octobre 02, 2017, 01:13:31 »





Prologue
Un village dans les colonies d’Ashnard


« Fuyez ! Fuyez, pauvres fous !
 -  Pitié, aidez-moi !!
 -  Aidez-moi ! »

Le village était en feu, chose d’autant plus invraisemblable qu’un hiver polaire s’était abattu sur ce dernier... Ce qui était encore plus invraisemblable, en sachant qu’on était sur la fin de l’été. Mais cette tempête n’était pas normale. Les chiens avaient été les premières à les sentir. Les bêtes étaient inhabituellement nerveuses cette nuit, mais rien, rien n’aurait pu les préparer à ça. Partout, c’était le chaos, la mort, des corps qui volaient dans les airs pour se fracasser sur le sol, des maisons qui s’enflammaient instantanément. Jonas Dorbruik n’avait tout simplement jamais vu ça. Il courait à toute allure, sans tenir compte des appels à l’aide. Ce soir-ci, il n’allait pas faire le mur, et, s’il avait été tenté d’aller voir comment Kate Mishang, la belle fille du meunier dont les gros seins le faisaient rêver, s’en sortait, voir les ailes du moulin tournoyer en flammes l’avait convaincu de fuir vers la forêt, de s’élancer vers les écuries.

De fait, Jonas n’avait jamais couru aussi vite de sa vie. Simple écuyer, il était un homme sans histoire, et clairement pas préparé pour ça. Il dévalait une ruelle, avançant vers une rue, et s’arrêta brusquement en voyant un groupe fuir. Il reconnut notamment Tom Brandebourg, solide maçon, qui avait réussi à retaper la porte principale du village ce printemps, après qu’elle se soit effondrée pendant l’hiver. Tom et sa glorieuse famille, comprenant cinq mouflards et sa femme. Ils se retournèrent brusquement en entendant un hurlement... Puis Jonas vit un vent glacial les frapper de plein fouet, les transformant instantanément en glaçons. Il s’arrêta sur place, se mettant à déglutir, et trébucha alors sur une flaque. Il tomba les fesses sur le sol, sans réaliser qu’il s’agissait de sa propre urine. Ses dents claquaient nerveusement entre elles, et il se retourna en entendant un grondement.

Du haut de cette ruelle descendante, une paire d’yeux rouges l’observaient, rouges comme le sang, une rangée de dents pointues apparaissant alors. Dieu seul sait ce qui a incité Jonas à filer sur la gauche, un ultime réflexe de survie. En tout cas, il fila dans une maison, dont la porte était entrouverte, et courut vers la fenêtre. Celle-ci donnait sur la grand-place du village, et son intention première était de filer par la fenêtre... Mais il s’arrêta en voyant les monceaux de cadavres au sol. Les gardes du village, principalement. Un lancier, notamment, se tenait encore debout, mais un vent de froid fusa vers lui, et le souleva, l’envoyant voltiger comme un mannequin de chiffon sur plusieurs mètres.

« Bordel, bordel, bordel, bordel... !! »

Comme beaucoup de gens, Jonas avait toujours écouté d’une oreille distraite les sermons de Père Callahan. Il disposait bien d’une petite chapelle, mais l’Ordre Immaculé n’avait jamais vraiment été très influent ici, à Ashnard. Pourtant, il leur avait dit que ce jour arriverait, que le courroux du Ciel s’abattrait sur les incroyants. Des propos qui, chaque jour, amenaient le Père Callahan à s’exposer à des poursuites de la part du gouverneur, mais... En ce moment, Jonas ne pouvait que songer à ça. Étaient-ils en train de payer le fruit de leurs péchés ? D’un bout à l’autre de Terra, tous les paysans connaissaient cette menace, ce souffle froid et mortel, et tous l’associaient à une punition divine... Mais qu’avaient-ils bien pu faire de si horrible pour que la Chasse Sauvage vienne s’abattre sur eux ?

Jonas, en tout cas, ne pouvait pas s’enfuir par la grand-place, mais il savait que cette maison disposait d’une cave. Il se retourna alors... Mais vit soudain le décor changer autour de lui. Une chaleur infernale se mit à grimper, et les rideaux s’enflammèrent brusquement, le bois venant également s’enflammer.

« Oh non, non, non, non ! »

Il déglutit sur place, et se mit à courir, tandis que des craquements sinistres se faisaient entendre, depuis la charpente. L’escalier était là, juste dans la pièce attenante, et il s’y précipita, mais une poutre tomba alors du plafond, et il se mit à dégringoler le long des marches... Et, tout en tombant au sol, Jonas en vint à se demander si la cause du courroux divin n’était pas lié à cette jeune fille aux cheveux argentés qu’il avait recueillis il y a quelques jours, en allant abreuver à la rivière le cheval de son seigneur...

...Car, somme toute, il ne voyait aucune autre raison justifiant leur présence.







Velen
Province impériale ashnardienne limitrophe


« Faisons une halte ici, Geralt. »

C’était une petite colline, avec une vue dégagée. L’endroit idéal pour permettre aux chevaux de se reposer. Vesemir s’y posa donc, et sauta à terre, avant de laisser son cheval brouter. Inutile de l’attacher à l’un des arbres surplombant cette colline, Cornouailles ne s’enfuirait pas. Après tout, Vesemir le chevauchait depuis maintenant une dizaine d’années, soit un laps de temps suffisamment long pour pouvoir lui faire confiance. Ouvrant l’une des sacoches du cheval, Vesemir en sortit une gourde, et en prit une bonne rasade, avant d’observer le panorama qui se dégageait depuis la colline.

« Velen, donc... On ne m’en disait pas du bien, je constate que la région n’a pas changé depuis la dernière fois... »

Velen, une région sauvage, reculée, peuplée de petits villages moribonds, entourée par des forêts, des lacs sinistres et puants. Vesemir s’y était déjà rendu, il y a des années, pour mener à bien un contrat impliquant des invasions de kikimorrhes dans une carrière. Il avait déjà rencontré des régions dures et reculées, mais Velen tenait clairement la dragée haute. Seulement, la ville la plus proche de Velen était Novigrad, une cité-État libre qui attirait les convoitises de son grand voisin du Nord, l’Empire d’Ashnard. Et Novigrad, par ses liens étroits avec Nexus, était devenu un enjeu majeur. Les Nexusiens ne comptaient pas laisser tomber si facilement leur allié, et toute une flotte nexusienne était venue, libérant des nuées de troupes. Velen était devenu le terrain de jeu idéal entre les Ashnardiens et les Nexusiens.

En clair, Velen, qui était déjà, il y a quelques années, une région délicate, et peu recommandée, était maintenant devenue une région où plus personne n’allait, si ce n’est les compagnies de soldats que les deux sorceleurs avaient croisé en chemin. Ils avaient vu énormément de réfugiés sur les routes, mais Velen comprenait beaucoup de petits villages avec des gens ne pouvant pas partir, car n’ayant nulle part où aller. L’Empire avait pris le contrôle de la plus grosse ville locale, Perchefreux. Ce petit village bâti sur une colline, au milieu de la rivière de Velen, avait été la propriété du Comte Vserad depuis de nombreuses années, un bourgeois venant de Novigrad, et chargé d’aider le développement économique de la région. Autant dire que, quand les garnisons impériales avaient débarqué, Vserad avait laissé la gestion de la ville à son second, et avait fui quelque part sur Velen. Les Ashnardiens avaient pris la ville en une nuit, et avaient installé le drapeau impérial. Ils avaient ensuite marché à bride abattue vers Novigrad, mais, en chemin, s’étaient heurtés aux troupes nexusiennes.

La guerre de Novigrad avait ainsi commencé.

« Tu es sûr qu’elle sera au rendez-vous, Geralt ? Non pas que je ne doute pas d’elle en particulier, mais je n’ai jamais eu une grande confiance chez les magiciennes... »

Elle... C’était la raison de leur présence ici, en vérité. Geralt était revenu il y a plusieurs semaines à Kaer Morhen, après un long périple qui l’avait emmené du côté du royaume de la Témérie, un allié ancestral de Nexus, où il s’était retrouvé garde du corps du Roi Foltest. Il recherchait quelqu’un, une jeune femme que les sorceleurs de la moribonde Kaer Morhen, dont Vesemir, ne connaissaient que trop bien... Quand ils avaient reçu un corbeau, un message parfumé de lilas et de groseille, si caractéristique... Et qui avait invité Geralt à venir ici, à Velen, et, plus précisément, de la retrouver à Hautbreuil. C’était sa meilleure piste. Geralt était parti en Téméria, mais était revenu bredouille, et les investigations de Vesemir n’avaient pas abouti ici. Mais, dans ce courrier, elle leur disait avoir une trace pour retrouver « leur » fille.

Elle...

Yennefer de Vengerberg !
« Dernière édition: Octobre 02, 2017, 01:22:06 par Princesse Alice Korvander » Journalisée


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James Howlett
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« Répondre #1 le: Octobre 08, 2017, 02:08:41 »

A cinq pas derrière Vesemir, Geralt tenait la bride haute à Ablette qui renâclait depuis un bon quart d'heure. Lorsqu'il sauta à terre pour rejoindre son mentor, la jument s'éloigna de quelques pas pour brouter des chèvrefeuilles. Haussant les épaules, le sorceleur rejoignit son ami au faîte de la colline et renifla de dégoût. A perte de vue, des bois sombres, des marécages brumeux et ça et là, quelques feux signalant une activité humaine. C'était à se demander pourquoi les elfes avaient érigé les fondations de novigrad dans un endroit pareil.

« Humide, sinistre et pestilent. Mais on y trouve toujours du boulot... Mais 'faut pas être pressé pour être payé. »

A Velen, fourmillaient un nombre incalculable de monstres parmi les plus répugnants et ses habitants faisaient souvent appel aux service d'un sorceleur. Mais ceux-ci, généralement très pauvres les rétribuaient une misère ce qui avait pour conséquence inévitable que la région était désertée par la plupart des chasseurs de primes et que la mortalité était en hausse. Novigrad naturellement, faisait figure d’exception et il faisait bon vivre pour les bourgeois qui importaient une grande partie de leur nourriture raffinée et de leurs coûteuses fripes. Quant aux pauvres des taudis, ils crevaient de faim, mais plus lentement que ceux des marais. Si la guerre avait aggravé la situation des plus nécessiteux – la famine s'ajoutant aux nombreuses maladies, les pénuries et les blocus profitaient aux tristes sires qui alimentaient le marché noir.

« Tu n'aurais pas dit ça si c'était Triss qui avait fixé le rendez-vous »,
releva posément Geralt, en s'asseyant sur une grosse pierre plate et humide. « Yen est imprévisible, nonchalante et irascible, mais elle ne me mentirait jamais à propos de Ciri. Jamais. »

Si Geralt était le père adoptif de Cirillia, la redoutable magicienne l'aimait également comme s'il s'agissait de sa propre fille. Même si, se souvint Geralt en esquissant un sourire, les choses avaient plutôt mal commencées entre elles deux. Mais pouvait-on imaginer une relation profonde sans heurts ni désaccords ? Geralt retira l'une de ses deux épées – celle en argent – de son fourreau et commença à l’affûter tranquillement, faisant crisser la pierre d'aiguisage sur la lame. Les environs étaient réellement dangereux et croiser une horde de nekker affamés ou de goules, attirés par les cadavres qui pourrissaient dans les mares étaient monnaie courante. Levant la tête vers son partenaire, le sorceleur lui adressa un signe de tête appuyé.

« Vesemir. Merci d'être venu avec moi.  »

L'affection du vieux maître envers l'enfant, comme celle de la plupart des sorceleurs de Kaer Morhen était étonnante pour des mutants réputés froids et dénués de sentiments, mais bien réelle. Vesemir avait appris à la jeune femme tout ce qu'il savait sur les monstres, alors qu'Eskel, Lambert et Coën avaient participé à sa formation à l'épée. Mais si le loup blanc était heureux que son mentor ait pris la route avec lui, ce n'était pas seulement pour Ciri...Mais également parce qu'il appréhendait légèrement ses retrouvailles avec la magicienne qu'il n'avait pas vue depuis plusieurs années. Selon les rumeurs auxquelles il avait prêté l'oreille en Redanie, la magicienne avait été aperçue au palais impérial d'Ashnard.

« Nous ne sommes plus très loin de Hautbreuil. La dernière fois que j'y suis passé, j'ai perdu 150 orins au Gwynt contre l'aubergiste. Il devrait être ravi de me revoir. »

Si Geralt n'avait éprouvé qu'indifférence lorsqu'il avait pour la première fois entendu parler du jeu de carte à la mode, il avait été initié par son ami et mercenaire, le nain Zoltan Chivay et y avait rapidement pris goût. Il s'agissant d'un passe-temps idéal pour les soirées d'hiver, au coin du feu. Il disposait à présent d'une collection honorable et d'un jeu compétitif, rangé dans l'une de ses sacoches de selle.

« L'hiver sera bientôt là, Vesemir. Tu envisages de le passer à Kaer Morhen, cette fois encore ? »

La forteresse de Kaer Morhen – ou du moins ce qu'il en restait, constituait la résidence d'hivers des sorceleurs de l'école du loup, dont Vesemir était le patriarche. Théoriquement, il s'agissait également d'une école, mais la dernière à y avoir été partiellement formée était Ciri. Le vent se mis à souffler, s'engouffrant dans les cheveux laiteux du sorceleur, amenant avec lui de malodorantes effluves. En contrebas, à trente pas, Vesemir et lui remarquèrent une charrette qui progressait lentement sur la petite route boueuses qu'ils venaient d'emprunter. L'attelage était mené par un robuste mulet grisé qui avançait, nonchalant mais inépuisable. A l'arrière, étaient entassé un monstrueux bardas. Geralt haussa un sourcil, avant de se tourner vers son ami.

« C'est probablement un détrousseur de cadavre. S'il a eu de la chance et qu'il a déniché le cadavre d'un officier, il pourra nourrir sa famille pendant un mois. »

Geralt savait que la guerre réveillait les plus bas instincts des hommes. Dépouiller le cadavre d'un défunt lui semblait répugnant, mais après tout cet homme avait-il réellement le choix ? Par ailleurs, les détrousseurs prenaient de gros risques, en arpentant les champs de batailles. Ils pouvaient tomber sur une garnison, venue ramasser ses morts, ou pire encore sur des goules nécrophages dont la vivacité et la ruse était surprenante. Se désintéressant de l'attelage, Geralt testa le tranchant de son arme sur la pulpe de son pouce, qu'il entailla d'une simple pression. Satisfait, il rangea son épée dans son fourreau.

"Nous ne devrions pas tarder à reprendre la route. Les nuits sont froides, et je n'ai pas envie de passer celle-ci dans un marais."
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« Répondre #2 le: Octobre 09, 2017, 12:45:22 »

Jadis, ils étaient nombreux. Eux, les sorceleurs... Tueurs de monstres, des mercenaires ayant suivi un entraînement exigeant, et qu’ils terminaient en absorbant des mutagènes amplifiant à jamais leurs capacités. On appelait cette étape l’Épreuve des Herbes, l’étape finale, et elle était violente. Une fois sur trois, soit un candidat mourait, soit il perdait la raison. Les mutagènes formaient l’un des plus rares secrets des sorceleurs. Récemment, une organisation criminelle avait voulu s’emparer de ceux de l’École du Loup, dont le siège historique se trouvait à Kaer Morhen, une forteresse délabrée... La Salamandre. Une organisation menée par un criminel hors-pair, le Professeur, et par un mage renégat, Azar Javed. Ils avaient assiégé Kaer Morhen, et subtilisé les mutagènes. Geralt était parti à leurs traces, tout comme Vesemir, Eskel, et Lambert, les derniers sorceleurs de l’école du Loup. Ils étaient tous partis dans des directions opposées, mais c’était Geralt qui, en marchant vers la Témérie, avait retrouvé leurs traces. Et, en traquant la Salamandre, il avait aussi obtenu des informations sur une jeune fille aux cheveux blancs, qui s’était téléportée à Wizima, capitale de la Témérie, avant de se retrouver en Rédanie, un royaume voisin de la Témérie qui sombrait au fanatisme, au fur et à mesure que les hordes impériales marchaient vers lui.

De son combat contre la Salamandre, Geralt gardait le seul souvenir d’avoir pu retrouver sa fille. Bien sûr, Vesemir se souvenait encore d’elle, cette petite teigne aux cheveux argentés. Cirilla Fiona Elen Riannon venait du royaume  de Cintra, unroyaume qui avait été dévasté par l’Empire il y a plusieurs années. Fille de la Reine Pavetta et de Duny l’Hérisson, un jeune noble atteint d’une redoutable malédiction de peau, et qui affirmait être le fils illégitime du Roi Akerspaark. En enquêtant sur lui auprès d’une agence de juridique située à Nexus, et ayant une succursale à Wizima, Codringher  et Fenn, Geralt avait appris qu’aucun fils, légitime ou non, d’Akerspaark, n’avait porté le nom de « Duny ».

En levant la malédiction de « Duny », Geralt avait réclamé, comme paiement, un droit séculier et ancestral, le droit de surprise. Ce droit consiste à offrir quelque chose que les deux cocontractants ignorent, jusqu’à ce que le débiteur ne revienne chez lui, et ne découvre, par surprise, un élément qu’il n’avait pas en partant. Le droit de surprise était à l’origine une coutume militaire, qui consistait à garantir la vie des enfants de soldats partis longtemps au front. Les sorceleurs avaient récupéré ce don pour bénéficier d’enfants à former. Et, en sauvant Duny, Geralt avait donc exigé ce droit. La fille de Pavetta et Duny était donc la sienne.

Quand il était venu exercer son droit de surprise, il y a de cela des années, Geralt avait été le seul à marcher vers Cintra... Le seul à ne pas porter un blason ashnardien. Les hordes impériales voulaient s’emparer de ce royaume, dont la position stratégique, à l’embouchure de la Iaruga, un long fleuve de Terra, en faisait une cible de choix. La Reine Pavetta avait été ravie de confier sa fille à Geralt, car les Ashnardiens la cherchaient. En effet, Ciri’ était la Reine légitime, et, avec elle, les Ashnardiens parviendraient à asseoir leur autorité sur Cintra. Mais, au-delà de ça, Cirilla avait surtout hérité des redoutables pouvoirs magiques de sa mère, pouvoirs dont Geralt avait pu avoir un aperçu, jadis, en secourant Duny de la malédiction. Ciri’ était une Source, soit une fille dotée d’un immense potentiel magique, et capable d’éveiller sa conscience au-delà de son propre être, afin de se connecter avec le Multivers tout entier. Un pouvoir rarissime, mais extrêmement dangereux.

« Je la revois encore, cette forte tête... Mais, ce dont je me rappelle surtout d’elle, ce sont ses rires. Avant qu’elle ne vienne, il y avait bien longtemps qu’on avait pas entendu des rires d’enfants à Kaer Morhen. »

Vesemir, comme à son habitude, s’était replongé dans ses souvenirs. Pour autant que Geralt s’en souvienne, il avait toujours vu en Vesemir le dernier gardien de Kaer Morhen. Vesemir avait été là, jadis, quand, sous l’influence de fanatiques religieux, les villageois avaient assiégé Kaer Morhen.

« Et oui, je serais là-bas cet hiver. Kaer Morhen est ma maison. L’hiver se passe chez soi, pas dans une auberge infâme. »

Lambert serait peut-être là... En tout cas, Geralt était sûr que Yennefer serait bien là.

« Je sais que tu la portes en haute estime, mais les temps ont changé, Geralt, depuis ta disparition. »

Pendant plusieurs années, Geralt avait été porté disparu, laissé pour mort après une émeute dans une ville, où un paysan lui avait planté sa fourche dans le corps, sous les yeux de Jaskier et de Zoltan, ses amis de longue date. Et, cinq ans après, Geralt était revenu à la vie, errant, hagard, près de Kaer Morhen. Lambert l’avait récupéré, et, peu à peu, Geralt avait retrouvé la mémoire, avec cette obstination en tête : retrouver Ciri’... Retrouver sa fille, qui avait aussi disparu.

Le duo croisa un charretier qui s’amusait à détrousser les cadavres. Triste profession... Mais, après tout, les bijoux ne servaient plus aux morts. Hautbruil se rapprochait, et Geralt voulait y aller avant la nuit.

« Oui... Les nuits sont dangereuses, par ici. Tous ces cadavres qui pullulent à l’air libre attirent les monstres. Et, même s’ils apprécient la chair des cadavres, ils aiment d’autant plus celles des bons vivants. »

Vesemir s’avançait sur son cheval.

« J’ai eu vent de forces sinistres et obscures dans cette région... Il n’y a pas que des soldats et des noyeurs dont nous allons devoir nous méfier. »

Le vieux sorceleur entendit soudain des hurlements, et s’arrêta sur place, tournant la tête vers l’origine du cri. Ils étaient tous els deux sur un petit pont en pierre, surplombant un ruisseau passablement asséché au milieu de la forêt.

« À coup sûr, c’est notre détrousseur de cadavres... Des noyeurs, je suppose... Ou peut-être les nekkers que nous avons aperçu tantôt. »

Ils n’avaient bien sûr aucune raison de l’aider, mais... Peut-être aurait-il des informations intéressantes à leur fournir ?
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