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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Les hurlements de Terra [Une brave équipe d'aventurier]  (Lu 217 fois)
Dehilahy Tandroka
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Du haut de ses 198cm le Roi Cervidé à la couronne de bois veille sur son domaine forestier en tant qu'Avatar de la nature de Terra. Puissante créature musculeuse au regard amène, à la voix profonde et au sourire charmeur, Dehilahy ne porte jamais de vêtements même quand il visite des lieux plus civilisés.

[Timeline] -> Réveil et Domaine -> ...
« le: Mars 23, 2017, 02:35:40 »

..
...
.......
..........
Vrrrrrr
"............Quoi?"
Vrrrrrrrr
"..........Qui est-ce?"
Vrrrrrrrrrr
"......Est-ce toi qui faiblis?"
Vrrrrrrrrrrrrrrrrrr
"...Une éruption... Le son d'une éruption..."
VRRRRRRRRRRRRRRRR
"Je... Je peux le sentir tu faiblis... Tu ne peux plus me retenir... ! Les sceaux se brisent les uns après les autres !"

L'explosion qui secoua l'ile au large en détruisant toute vie provoqua une véritable tsunami qui balaya de nombreuses côtes. Le volcan cracha encore et encore des flots de lave, de magma bouillonnant, de cendres destructrices. Comme enragé il explosa encore et encore jusqu'à ce que sa cheminée soit distordu. Et au centre de ce chaos une forme apparu, une forme menaçante aux yeux rouges comme le sang, aux cornes noires comme la nuit. L'ancien Roi Cervidé, avatar de la nature de Terra se réveille d'un long, très long isolement au plus profond d'un volcan éteins.

Si terrible avait été son isolement, nul sommeil ne lui étant permis. Il ne se souvenait même plus ce qui l'avait enfermé, seul une petite voix l'accompagnait à présent, une voix caverneuse lui chuchotant de se venger. Il tomba à genoux sur le flanc du Volcan et remarqua son pelage roussit de ses yeux devenus rouges sang. Incapable de dire depuis quand le placide Roi Cerf était devenu si démoniaque dans sa geôle infernale, il se contenta de suivre son instinct malmené par les âges et huma l'air pour ressentir la nature, sa précieuse nature gangréné par les Hommes. Il était temps pour Terra de repartir à zéro comme une fleur meurs en hiver pour renaitre au printemps. Le sourire carnassier hérissé de dents pointus s'afficha sur le visage jadis précieux du souverain. Ils allaient tous ressentir la détresse de l'avatar de Terra.

[...Le temps passa]

Personne ne pris la mesure de ce qu'il allait se passer. Terra avait habitué ses habitants à des catastrophes naturelles, le tsunami, l'éveil d'un volcan, tout cela n'avais rien de particulièrement original. Un tremblement de terre ciblé sur toute une ville cependant était bien plus rare pour être noté. Celui qui secoua une ville proche des montagnes fût destructeur et provoqua morts et souffrances par millier. Mais encore une fois, Terra pouvait se montrer difficile avec ses habitants. Quand un nouveau séisme secoua la ville la plus proche de la précédente sans aucun signe annonciateur, certains y virent une coïncidence, d'autres préférèrent enquêter. La nature a ses torts mais la magie, parfois, a les siens, tout comme la technologie. Aussi de nombreuses affiches furent plaqués dans les villes proches, appelants les vaillants et les courageux à enquêter sur les origines non-naturelles des évènements tragiques survenus plus tôt. Les plus sensibles à la nature de Terra commencèrent à affluer en ville pour mettre les habitants en garde, pour eux les choses étaient claires, la nature même de Terra se pliait à une puissante volonté. Ces mystiques furent particulièrement mal reçus et peu crûrent en leurs histoires. Les esclaves Terranides quand à eux ne pouvaient que se réjouir de la mort de leurs maitres, les naïfs.

Dans un climat conflictuel entre les dirigeants aillant chacun le désir de profiter de la situation pour rallier des partisans, la récompense grandit encore et encore pour qui trouverait une preuve irréfutable d'une cause à ces catastrophes. Les plus sceptiques profitants du ralliement pour organiser des discours, les plus sérieux désirant au plus vite se préparer au pire s'il s'agissait finalement d'un véritable fauteur de trouble. La plus grande ville de la région se retrouva ainsi le centre d'une agitation qu'elle n'avait pas connu depuis des temps immémoriaux entre les réfugiés des séismes, les aventurier, les prêtres, druides et autres mystiques, les marchands venus profiter de la situation et les politiciens avec leurs suivants.

Souriant au plus profond de la forêt au pied des montagnes sur un trône d'ossements encore couverts de lambeaux de chair, le Roi Cerf écoutait Terra, les yeux clos. Il ressentais les vies, les enfants de la nature et ses oppresseurs se concentrant derrière leurs murailles de pierre. Et plus encore ces nombreux groupes d'aventurier téméraires, naïfs, le cherchant sans relâche sans le savoir. Toute la zone dans laquelle Dehilahy avait pris place était déserté par la vie, la nature y avait ainsi repris ses droits en dévorant les rampants, courants, sautant et trébuchants. Immobiles pour l'heure, les terribles plantes carnivores protègent le domaine pendant que l'avatar converse avec Terra, sa seule véritable amie, sa si précieuse planète.
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Zélie
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« Répondre #1 le: Janvier 10, 2018, 09:35:03 »

Les runes bleutées brillaient malgré la lumière du jour. Tracées à même le sol de pierre grise, elles formaient des arabesques compliquées, volutes et rondeurs d'une précision experte. La complexité des motifs contrastait avec la simplicité de l'agencement général : un simple cercle, qui devait mesurer environ un mètre de diamètre. Agenouillé, un terranide étrange achevait de la pointe de ses doigts, luisant de puissance magique, ce rigoureux travail de calligraphie. Sa qualité de sorcier ne faisait aucun doute et sa tenue rouge et noir figurant une étoile – d'une propreté impeccable – complétée d'un inimitable chapeau pointu, révélait un certain sens de la mode.

Le cadre était lui aussi singulier. Si en levant les yeux on pouvait apercevoir le ciel bleu, l'espace était fermé par des murs épais. Il s'agissait du grand cloître de l'abbaye de la Main verte, un ordre de moines paysans endémique au pays. À l'exclusion de la surface centrale dégagée, baignée de lueurs surnaturelles, le préau était envahi de végétation. Des herbes folles étonnamment hautes et des buissons épineux laissaient deviner par de légers espacements réguliers les allées de ce qui avait sans doute été par le passé un jardin bien entretenu.

Enfin, impossible à manquer, un énorme lézard humanoïde de plus de deux-mètres jetait une ombre imposante sur le lieu du rituel. Il était accroupi dans une position curieuse que seules ses gigantesques pattes digitigrades pouvaient rendre confortable. Les paupières mi-closes, il fumait un calumet en bois sobrement décoré de quelques plumes blanches. Une brume mauve s'échappait par intermittence de l'objet fin. Après l'avoir inspirée longuement, le reptile entrouvrit sa gueule pleine de crocs.

Ces humains dev'aient s'occuper de leu' ja'din. Même à Yankhan Büsgüi on ne laisse pas la végétation dans un tel état. S'ils ont besoin de moi pour a'acher quelques unes de ces b'ousailles…
On est pas là pour jardiner, Khan', répondit le mage avec sérieux. Le frère supérieur m'a dit que tout ça avait poussé en une seule nuit. Pas naturel, à l'évidence. Les moines refusent d'entrer dans le cloître, d'ailleurs.
Mais alo's pou'quoi ils te laissent fai'e ta so'celle'ie là alo's ?
Ils pensent qu'un maléfice en chasse un autre. Stupide, mais ça m'arrange. Les téléportations ciblées en ville sont plus… délicates. Plus de monde égal plus d'interférences. Un peu à l'écart, c'est mieux.

La conversation fut interrompue par l'arrivée à pas rapide d'un troisième homme. Plutôt athlétique, il paraissait pourtant maigrelet en comparaison du lézard. Il portait une tunique blanche légère, d'excellente facture, laissant apparaître ses avant-bras. Seul indice de sa nature guerrière, une lourde épée pendait à sa ceinture, dans son fourreau d'ébène serti de joyaux. Il était très jeune, mais il dégageait une assurance surprenante :

J'ai discuté avec l'abbé, il m'a confirmé que le chemin nord-ouest était le plus sûr.
Comme je l'avais prévu, donc. Les gobelins ?
On en aurait pas vu depuis des années. Je pense qu'il n'y a rien à craindre ! Le massif serait sûr, mais difficilement praticable pour les chevaux, à cause du relief. Heureusement, on voyage à pied…
Comme s'il s'agissait d'un choix, hein.
Si tu fatigues, je peux te po'ter sur mon dos, petit.
Haha. Bon ! Mirail ! De ton côté, tu es paré pour la réception ?

Le mage se recula de quelques pas, et contempla son ouvrage d'un œil critique. Il grimaça, révélant quelques unes de ses petites dents pointues de félin. Malgré son air sceptique, il finit par hocher la tête.

'Sûr. C'est quand tu veux.
Alors, ah, tout de suite ! Inutile de traîner.

Mirail raffermit sa prise sur son long bâton en ivoire gravé. Il le cogna sur la sol, créant un son clair, comme s'il avait frappé le métal d'une cloche. Puis il se racla la gorge.

Éteins ta pipe. La fumée peut interférer. Je veux dire, tout peut interférer. Mais l'essence de Zonse-Zatha en particulier…
Tu dev'ais essayer che' Mi'ail. Ça aide bien à se détend'e… fit Shük Khan, tout en mouchant quand même le bâton fumant.
C'est tout le problème. Enfin, de toute façon, je dois dire, c'est Lui qui fait l'essentiel travail… S'il y a un problème, ça sera sa faute. Si ça arrive en plusieurs morceaux, ou si ça arrive à dix kilomètres d'ici, moi, je peux rien faire pour l'éviter. Il commença à grommeler. De toute façon… ce qu'elle vaut, leur magie… « magie »… faiseurs de coucous… sous-E.S.P.e.r… pas une grosse perte…

Le paladin sourit et posa une main amicale sur l'épaule du magicien nerveux.

Tout va bien se passer. Toi et Sophomon êtes les meilleurs mages que je connaisse.
Ouais. T'as au moins raison sur ça. Allez. Canalisation. On s'éloigne du sorcier en exercice (moi). Je lève mon sceptre de puissance. Horizon de lumière réfractée. Flash tumescent. Je récite une courte formule (quinze mots, environ dix secondes). Deuxième flash semblable au premier. Boréal bleu clair, deux fois. Puis horizon de lumière réfractée, encore. Matérialisation. Pyrolyse du corps. Flash dont l'intensité et la couleur varie selon l'origine et la masse du corps (je parie sur un magenta). Matérialisation définitive. Le téléporté apparaît. Fin. Si ça se passe autrement, c'est que ça c'est mal passé. Bon, on devrait s'en rendre compte, mais méfiez vous. Une fois, on a convoqué un tro… un ogre de glace. C'est parti…

Le terranide leva son sceptre de puissance. Tout allait bien se passer.
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Kami Kato
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« Répondre #2 le: Janvier 11, 2018, 02:05:01 »

A l'exact même moment, dans la cave déserte d'une auberge de Nexus, un jeune homme et une jeune femme chuchotaient à la lumière d'une lampe à huile. La fille, Kami, portait un manteau rouge sombre et un sac sur l'épaule. Elle s'était préparée en hâte pour un voyage d'une durée indéterminée, vers un lieu mal défini, et portait des bottes et un pantalon marron, ainsi qu'un pull de laine grise. A l'arrière de son manteau était tracé le symbole des horlogers : un cercle noir, muni d'un trait de même couleur montant à la vertical depuis le centre jusqu'à la bordure. En tenant nerveusement le pommeau de l'épée à sa ceinture, la jeune femme regardait l'autre qui déroulait un grand parchemin sur le sol. Ce dernier mesurait plus d'un mètre de côté ; dessus était dessiné un cercle aux allures ésotériques.

"J'ignorais qu'on pouvait faire comme ça. fit-elle remarquer à voix basse.
- Ce n'est pas vraiment conseillé en fait. Mais dans certaines circonstances... je voudrais pas t'envoyer trop loin du lieu cible, tu vois ?"

Elle hocha la tête et fit un pas pour surplomber le cercle. A côté du parchemin se trouvaient quatre cales de bois, qu'il avait trouvées sur place.

"C'est mon professeur qui l'a tracé. Si je le faisais moi même, ça serait sûrement moins bien."

A genoux, il prit les cales une par une et les disposa sur les angles du parchemin, de manière à l'aplanir autant que possible.

"Bon, je pense que c'est bien... hm, enfin attends. Je dois répéter dans ma tête. Alors le truc... quand je te dirais, places toi au milieu du cercle. Fais en sortes d'être bien à l'intérieur. D'ailleurs... si tu pouvais léviter. Sinon ça va déformer le truc.
- Ok."

Il toucha le parchemin du bout des doigts et ferma les yeux en marmonnant pour lui même pendant une bonne minute. Elle attendait en tapotant de la semelle.

"Ouai, ça va le faire. Vas y viens."

Sans un mot, Kami quitta doucement la terre et flotta à un pied du sol, jusqu'au centre du cercle d'incantation. Le jeune magicien prit un long soupire et ferma les yeux. Lentement, mécaniquement, il commença à réciter d'incompréhensibles suites de syllabes. Une à une, les runes sous Kami se mirent à rougeoyer. Elle gardait les mains sur les cuisses, respirait lentement. Bien que son cœur cognât de plus en plus fort, sa conscience restait ferme et imperturbable, la maintenant dans un état d'immobilité totale.

Un coup de tonnerre assourdissant secoua tout autour d'elle, et un lumière blanche l'aveugla. Ses pieds heurtèrent le sol, froissant le parchemin sous elle. Les bouchons des tonneaux avaient jailli, emmenant avec eux des geyser d'alcool.

"MERDE !!"

Des fontaines de vins se déversaient autour d'eux et entre les bottes de Kami, imbibant le parchemin qui répondit par un sifflement colérique. Un deuxième flash lui fouetta les yeux. La sensation de poids disparu. La lumière se dissipa, laissant place à une obscurité totale. Kami poussa un cri mais sa gorge ne vibra pas. Pendant un instant, le silence et la nuit l’enveloppèrent intimement. Elle ne pouvait dire si elle bougeait ou non, s'il faisait froid ou chaud. Puis le sol et la lumière du jour la frappèrent de concert. Elle trébucha et s'affala à quatre pattes sur un sol de pierre grise, suivant son sac d'une seconde. Devant elle s'élevait la végétation d'un jardin abandonné ; elle se releva en haletant. Personne.

"Ben... ?"

Elle voulu faire un tour sur elle-même, et le vit ; un monstre gigantesque l'observait. Elle hurla et bondit en arrière, pour se retrouver acculée à une haie, la main cramponnée à la garde de son arme.

Deux personnes étaient là. Et le monstre, lui, était vêtu. Elle tenta de reprendre son calme et d'articuler :

"L-loc... Locmirail ?"
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« Répondre #3 le: Janvier 11, 2018, 04:01:00 »

Mirail baisse son sceptre de puissance, et s'accorda une respiration. Les téléportations n'étaient jamais de tout repos, mais celle-ci s'était admirablement passée. Il y avait bien eu un décrochage soudain au milieu du procédé, mais le mage avait réussi à conserver la cohérence de l'énergie magique le temps nécessaire.

À un centième de seconde. À un centième de seconde, il y en aurait des morceaux partout sur les murs, s'exclama le terranide.

En apparence indifférent à l'exploit de son acolyte, Shük Khan recula lui aussi d'un pas prudent. Il avait l'habitude d'effrayer et savait comment s'y prendre pour tempérer la première impression qu'il faisait sur les humains. Leur laisser un peu de distance et ne pas faire de gestes brusques étaient de ceux-là. Le magicien, lui, continua à commenter :

Non, non, pas Locmirail. À Locmirail, j'aurais pas passé deux heures à tracer des pentacles.

La tâche lui avait en réalité pris près de trois heures, mais il considérait la performance indigne de lui. Enfin, un accueil plus empathique fut initié par le jeune homme qui, lui, s'avança vers la nouvelle venue.

Bienvenue parmi nous. Je crains que nous soyons à des éons de Locmirail ! Nous nous trouvons actuellement à trente kilomètres au sud de Storstaden, dans le pays du Grönskog.

La grande province du Grönskog, « pays vert » en patois local, passait pour les habitants de Nexus pour un lieu reculé de Terra. Plus densément peuplée que sa voisine l'Estourbie, elle n'avait pourtant, contrairement à cette dernière, jamais été politiquement unie. Le pouvoir sur les campagnes était essentiellement féodal, divisé en entre plusieurs baronnies de puissance très variable. Storstaden, sa capitale de facto, jouissait cependant d'un régime spécial la faisait indépendante de tout seigneur terrien. L'économie tenait essentiellement du commerce avec les montagnes habités par les nains, et au climat très doux permettant une agriculture tout au long de l'année.

Je m'appelle Childérick von Gryningenhjälte, quatrième fils de Carloman. Voici mes compagnons, Monsieur Mirail et Shük Khan le charitable.

Le paladin insista sur ce titre inventé pour rassurer au moment des présentations. Shük se fendit d'un sourire qui avait trop de dents pour être sécurisant. Mirail, lui, paraissait déjà lassé de ces salamalecs. L'odeur poivrée du Zonse-Zatha flottait toujours dans l'air.

Pour être honnête, nous ne nous attendions pas à… Childérick se reprit (il s'apprêtait à dire : une femme). …une compagnie si agréable. Vous êtes donc horlogère ?

Il lui décocha un regard gris clair assorti d'un sourire en coin. Avec sa chevelure dorée et son visage lisse, Childérick était un charmant enfant. Malgré ses aises, il avait la qualité de ne jamais passer pour trop fabriqué. Il était frais et gentil avant d'être enjôleur, même s'il était impossible de ne pas voir dans son attitude quelque tentative de séduction. Après tout, ce n'était qu'un adolescent en présence d'une jolie jeune femme. Il ne perdit pas plus d'un instant, cependant, le fil de son introduction.

Nous sommes actuellement hébergés au monastère d'Himmelbla. Ce sont de braves gens, qui se consacrent au culte de Moln.

Moln était une déesse endémique au Grönskog, et représentait la terre nourricière. Quant à la communauté ecclésiastique qui la représentait, elle disposait d'un fonctionnement assez singulier. Le monastère était un véritable lieu de vie, où se croisaient une centaine de fidèles de tous les âges. Tous avaient sur place leur famille, et jusqu'à un âge avancé, tous travaillaient à valoriser les terres fertiles entourant le sanctuaire. La hiérarchie était peu contraignante, et quoi que la piété fut la règle, l'organisation ressemblait à celle d'une société coopérative où tous les outils de production étaient mis en commun.

Me laisseriez-vous vous faire la visite des lieux pendant que mes compagnons préparent notre voyage vers Storstaden ?
« Dernière édition: Janvier 11, 2018, 08:00:52 par Zélie » Journalisée
Kami Kato
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FicheChalant
« Répondre #4 le: Janvier 13, 2018, 07:44:07 »

Le monastère lui-même n'était que l'épicentre d'un petite communauté de gens très pieux. Autour de lui s'organisait tout un village où vivaient, en majorité, les familles des moines. Tous se rendaient au monastère de manière régulière, généralement pour prier, parfois pour effectuer des services ou déposer des vivres. Les moines, eux, passaient le plus clair de leur temps dans le monastère - ce qui ne les empêchaient pas de participer, dans une moindre mesure, aux tâches indispensables au bon fonctionnement du village comme la culture de la terre. C'était ainsi que vivait le monastère en temps normal. Depuis plusieurs jours, cependant, les villageois ne s'y rendaient plus qu'au compte goûte, et une partie des moines eux-même avaient déserté.

L'abbaye était un bâtiment trapu de deux étages, constitué de grosses pierres taillées dans une roche calcaire qui lui donnaient une teinte grise claire. Les toits étaient faits de petites tuiles agencées comme des écailles qui faisaient se côtoyer l'orange pâle et le presque noir. Le tout semblait être une fusion de bâtisses rectangulaires de tailles diverses et s'organisait autour d'un cloitre de forme carré. Ce dernier mesurait une cinquantaine de mètres de côté et renfermait un jardin, où le rituel avait eu lieu. La façade l'entourant était percée à chaque étage par une série d'arches, formant ainsi deux préaux superposés sous lesquels moines et visiteurs pouvaient déambuler et faire le tour du cloitre. De là, des portes en bois offraient des passages vers le couloir principal et ses courtes ramifications. Présent à l'identique aux deux étages, il traversait les trois quarts du bâtiment en formant un C, parallèlement aux enceintes du cloitre, et débouchait à chaque extrémité sur l'intérieur de l'église, qui occupait de sa longue forme rectangulaire un flanc entier du monastère. Il desservait ainsi les différentes salles dédiées aux aspects pratiques et intellectuels de la vie des religieux qui incluaient, au rez de chaussée : chambres, réfectoire, cuisine et dépôts, et à l'étage : bureaux, bibliothèque, salles de délibérations collectives et de méditations individuelles.

Si, vue de l'extérieur, l'église était relativement discrète, elle restait clairement reconnaissable de par les grandes fenêtres en ogives qui ouvraient ses murs à mi-hauteur et de par sa forme typique du culte de Moln : un long bâtiment rectangulaire avec une extrémité en demi-cercle.
A l'intérieur, quelques colonnes massives régulièrement disposées soutenaient un plafond en voute. Tout au long de la salle, des bancs bien alignés faisaient face au mur courbe, où une estrade de chêne richement sculptée attendait son prêcheur. Comme dans toutes les églises de Moln, des bacs de terres étaient disposés aux pieds des murs, et on y cultivait un lierre jaune, qui poussait bien malgré la pénombre et qui, en étant taillé tous les jours, devait décorer les murs d'arabesques religieuses. Mais le lierre avait crû monstrueusement, et recouvrait maintenant murs, sol, voutes et fenêtres de ses tentacules végétaux . Dorénavant l'église était vide, et ses portes étaient closes.  

Certains moines avaient tout simplement quitté l'abbaye pour rejoindre leurs familles au village. En cet instant, ceux qui restaient étaient pour la plupart groupés dans une salle de réunion. Quelques uns, enfin, s'aventuraient silencieusement aux portes donnant sur le préau, pour observer la scène se déroulant dans le jardin à l'aspect sauvage.


La jeune horlogère faisait face à un trio bien étrange ; mais c'est le reptile qui captait la plus grande par de son attention. Lorsqu'elle le vit faire un pas en arrière, sa frayeur retomba à un niveau maitrisable. Aussi incongru que cela fût, il semblait pacifique, et il semblait vouloir le montrer. L'autre créature s'exprimait sur un ton trivialement désagréable. Celle-là ressemblait suffisamment à un humain chétif pour ne pas être effrayant de prime abord. Le dernier était de loin le plus rassurant. Tandis qu'il se présentait, Kami prit conscience qu'elle avait toujours la main sur le manche de son épée et le corps en position d'attente. Elle desserra les doigts, ramena ses pieds au même niveau et resta un instant hébétée. Elle n'avait que vaguement écouté ce que lui racontait le jeune homme, et il continuait à parler. Elle laissa échapper un long soupir silencieux qui l'aida à retrouver son calme. Elle n'avait jamais entendu parler du culte de Moln, mais elle avait déjà vu des monastères, et croyait bien volontiers se trouver dans l'un d'entre eux.

- Me laisseriez-vous vous faire la visite des lieux pendant que mes compagnons préparent notre voyage vers Storstaden ?
- Euh, non.

Elle fit deux pas légèrement titubants pour ramasser son sac et le remit sur son épaule. Ses mains tremblaient un peu.

- Enfin, ça dépend, on est censés rester ici longtemps ?

Elle fit une petite pose et se racla doucement la gorge. Je m'appelle Kami Kato. Son regard passa d'un inconnu à l'autre. Désolée, c'est allé un peu trop vite pour moi.

Elle se passa la manche sur le front pour éponger quelques gouttes de sueurs.

- C'est quoi vos prénoms déjà ?
« Dernière édition: Janvier 14, 2018, 01:16:30 par Kami Kato » Journalisée

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Dehilahy Tandroka
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Du haut de ses 198cm le Roi Cervidé à la couronne de bois veille sur son domaine forestier en tant qu'Avatar de la nature de Terra. Puissante créature musculeuse au regard amène, à la voix profonde et au sourire charmeur, Dehilahy ne porte jamais de vêtements même quand il visite des lieux plus civilisés.

[Timeline] -> Réveil et Domaine -> ...
« Répondre #5 le: Janvier 15, 2018, 03:21:55 »

Le bruissement du vent dans les feuillages est à présent le seul son de la forêt. Nul rampant, nul piétinant, nul volant ne foule plus ciel ou terre dans ces parages devenus l'antre de la bête, le palais d'un Roi vengeur. Dans ce silence de mort, la légende converse en pensée avec Terra elle-même et la maitrise pour en faire l'instrument de son courroux. Sur son trône d'ossements, le Roi Cerf aux yeux carmins ordonne et la nature obéis, malgré elle. Si le nettoyage de cette partie du monde a bien commencé, il ressent dans la terre une force en éveil qui le dérange plus encore que toute autre. Une force née de la volonté de Terra sans son consentement pour l'abattre. Quelque part il comprend l'amour de Terra pour ces parasites, mais le grand Cerf compte bien avoir le dernier mot.

-Terra tu est la seule que j'aime encore... Quand j'en aurais fini avec les rampants tu pourra de nouveau respirer et tu me remerciera de t'avoir rendu cette sensation oubliée. Ce sera une renaissance pour toi. Mon amie, mon aimée, cesse de lutter contre ma volonté... Laisse moi te montrer un chemin menant à une existence bien plus douce...

Les yeux étincelants, il se focalise sur une certaine personne éveillée par la planète. Jusqu'alors il n'avait pas prêté attention à ces élus, lointains et peu nombreux. Pourquoi celle-ci se trouveraient en ces lieux, si proche de lui, si ce n'est pour l’empêcher de mettre fin à la vie pensante. Ça ne peut être une coïncidence qu'une de ces horlogère se soit mise en route. Il l’observe longuement et avec elle ceux qui l'entourent. Des rampants adeptes des armes, de la magie. Ces immondes abominations usant du fer des montagnes, de la peau de leurs propres congénères, usant des courants de Terra pour leurs ridicules rituels. Le grand Roi n'est pas dupe, il les a vu se rassembler tous autant qu'ils sont dans la ville la plus proche du dernier séisme. Il sait que certains ressentent le chaos à travers l'essence de Terra et cherchent à en découvrir la cause. Il sait que nombreux sont ceux qui sont partis en quête de le trouver. Le Cervidé aux bois de charbon jette un œil à son trône fait des os de ces fous qui ont osés pénétrer son sanctuaire et sourit.

-Terra tu as choisis tes champions. Il se lève et descend la pente douce menant à son siège jusqu'à une souche iridescente. Ce dernier sursaut pour m'arrêter mérite un peu de respect. Terra, ce sera la dernière fois que nous jouons ensembles.

Dehilahy, le légendaire Cervidé à l'esprit corrompu pose sa grande main au pelage roussit sur la souche. L'impact est sourd et soudain dans ce calme mortel. Une onde de choc fait frémir la végétation alentour alors que se répand dans la terre à travers les racines de la souche, un pouvoir incommensurable. Des racines fines plus fines que des cheveux poussent à une vitesse dépassant l'entendement en direction du groupe vraisemblablement formé pour l'abattre. La terre est comme de l'eau pour ce végétal qui parviens en quelques heures à parcourir une distance de plusieurs jours en tant que bipède. Sans un bruit, la racine rejoins celles des plantes du monastère et injecte la magie que transmet le cervidé.


...


Ce jour là, un mariage a lieu au monastère de Moln. Les deux familles sont réunies pour assister à l'union d'une belle et d'un des prêtre. Nul n'aurait pût retarder cette union comme le futur mari le disait "Pas même si le ciel nous tombait sur la tête". Ainsi, malgré l'ambiance étrange rongeant le temple, il avait fait venir tout le monde. Ce jour serait heureux et ferait fuir les démons du doute de ces lieux prônant la vie et ses bienfaits. A l'écart des bâtiments principaux, le couple avait organisé un véritable banquet constitué de trois grandes tables en U à peine plus loin que les écuries vides. A cette belle époque de l'année, les chevaux pouvaient paitre dans le vaste domaine sans aucun problème. Bien qu'il y ai déjà eu des attaques de prédateurs les dernières années, elles étaient limités. Cette année en revanche aucune créature n'avait été observée depuis un bon moment, et c'était heureux pour les bêtes de somme autant que pour leurs propriétaires. Le prêtre était encore jeune mais d'un naturel généreux, gentil avec tout le monde sans être naïf. Ce mariage était pour lui l'accomplissement de sa vie après son engagement dans les ordres. Son miracle personnel en quelque sorte. Pour lui tout devait bien se passer comme tout se passait à merveille depuis son arrivée au temple. Tout était parfait. Son regard amoureux se posa une nouvelle fois sur sa future femme au loin entrain de parler à ses parents. Son dernier regard.

Les invités ne remarquèrent pas de suite le changement. Il s'opéra discrètement mais surement. La racine avait fini de dispenser la magie aux plantes du lieux et s'effrita tout de suite une fois sa tâche achevée. Elle avait eu le temps de faire muter les végétaux pour être l'instrument du Roi Cerf. Si Terra avait choisit les horloger et les aventurier pour l'affronter, Dehi avait lui aussi ses pions à présent. Certaines plantes mauves relâchaient à présent des spores qui au contact de la peau des Humains les faisaient muter de manière horrible. Le prêtre commença à avoir sommeil, puis à somnoler sans pourtant vraiment s'endormir, debout, jusqu'à perdre lentement l'usage de son corps. Il tituba et manqua de tomber mais quelque chose le retint, une liane aillant poussée sous sa peau au niveau de ses jambes. Il pouvait sentir ses veines devenir des lianes, des feuilles transperçant sa peau en le faisant saigner de la sève. Son regard horrifié ne pouvait qu'être témoin de sa terrible transformation car son cerveau restait intact. Ses nerfs ne lui répondaient plus, son corps commença à se mouvoir par une autre volonté. Il approcha en titubant comme un homme saoul de sa femme. Il tenta de la prévenir, de crier, de dire à tout le monde de fuir mais sa mâchoire commença à se disloquer quand les racines poussèrent autour de ses os en arrachant et en déplaçant tout son squelette au passage. Les larmes aux yeux il se vit planter deux ongles fait d'épines dans les yeux de sa belle pour lui injecter des spores. La vision était horrifique, le corps de la future mariée se boursoufla de plus en plus jusqu'à ce que des branches déforment sa peau et déchiquettent son corps. Elle vécu encore quelques secondes devenus éternité à souffrir en hurlant jusqu'à ce qu'enfin le supplice s'achève avec la perte de son sang.

La panique envahis la foule alors qu'ici et la de nouveaux marcheurs végétaux naissaient par les spores et appliquaient le même carnage à ceux qu'ils faisaient prisonnier. Chaque mort était douloureuse et cruelle, le Cervidé en colère avait ajouté sa haine à la magie, une haine terrible pour les créatures vivantes. Les marcheurs contrôlés par les spores n'avaient plus grand chose d'humain mais restaient pleinement conscients de ce qu'il se passe de manière à les punir d'exister. de les punir d'avoir été de la mauvaise espèce, de la mauvaise graine. Certains tentèrent de se réfugier dans les écuries mais finirent acculés par plusieurs Marcheurs Végétaux. Ils prirent leurs temps pour en finir, comme beaucoup d'autres les sévices ne se limitèrent pas à la douleur. Des appendices démesurés poussèrent sous leurs peaux et déchirèrent les tissus pour violer leurs victimes alors même qu'ils les torturaient. Partout les cris et la peur emplirent l'atmosphère jusqu'à ce que quelques invités frappent à la porte des Moines restant dans le monastère principal.

Un des dernier courageux à être resté pour participer à la réunion faillit perdre l'esprit en voyant la cause de ce remue ménage. Les corps grotesques et enflés aux appendices gigotants s'étaient assemblés, comme cousus par des fils fait de lianes. Les entités invraisemblables se déplaçaient lourdement en détruisant les arcades, les portes, les ornements. La pierre explosait comme les poings la frappant en une gerbe de sang, mais les créatures avaient de nombreux poings. Les portes de la réunion explosèrent sous la charge d'un golem végétal dont les pieds sanglants sous la charge pendaient mollement à présent. Il se releva en faisant pousser des racines comme s'il s'agissait de pattes d'insecte pour se déplacer vivement vers les nouvelles proies terrifiés. Dehors les destructions continuaient. Le choc des membres incontrôlés explosant comme des fruits murs sur les surfaces trop dures étaient ponctués de sanglots et de hurlements des pauvres marionnettes manipulés par les spores. Cet écho de cri et de larmes faisait écho aux moines enfermés avec leurs bourreaux entrain de jouer avec eux au milieu des cadavres. Une orgie de sang et de lianes entravant les victimes pour mieux leur faire vivre un cauchemar de sévices. Hommes ou femme, tous étaient égaux et subissaient le même châtiment qui allait durer jusqu'à ce que le groupe de "héros" puissent profiter du spectacle, selon les désirs du Roi Cerf. Les détruire rapidement serait bien trop doux.

Les golems végétaux comme les marcheurs gravitaient à présent autour de la salle de réunion en détruisant les arcades autour le long du bâtiment rectangulaire. Le bruit attirerait sans aucun doute les aventurier et de son trône, le Roi vengeur pourrait les observer et se délecter du déclin de leur volonté. Et s'ils n'abandonnent pas en voyant ce bref aperçu de sa puissance et de sa cruauté, les créatures s'en prendraient alors à eux jusqu'à tomber. En effet malgré la magie les affectant, les spores ne peuvent subsister plus d'une heure ou deux en se nourrissant des nutriments des corps possédés avant de pourrir.
Journalisée


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