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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Visite houleuse dans une mer de sable [Pv ~ Eris Langnar]  (Lu 2480 fois)
Keleth
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« le: Décembre 29, 2016, 06:47:22 »

Le sultanat des sables blancs, voilà bien un lieu que la femme n'avait pas du tout, mais alors là, pas du tout connue de sa longue vie de démone, et pour des raisons toutes aussi diverses que logique, à compter par la première et la principale, le fait que la démone ne supportait en aucun cas les lieux où la chaleur était trop conséquentes. Non vraiment, se balader dans ce lieu où, de jours, la chaleur était si conséquente qu'elle ne pouvait s'empêcher de perdre la moitié de l'eau qu'elle possédait dans son corps en sueurs, et ce même malgré sa tenue des plus légères naturellement, n'était vraiment pas un domaine où elle souhaitait mettre les pieds, et sans bonnes raisons, cela ferait sûrement longtemps qu'elle se serait décidée à le quitter sans autres formes de procès. Certains auraient d'ailleurs la maladresse de trouver que cela est un comble pour une personne vivant originellement dans les enfers, un lieu prétendument chaud, voir ardent, et qui, dans la mythologie générale des différents mondes qu'elle avait traversée, était un domaine où les flammes étaient omniprésentes, mais il fallait quand même relever un détail des plus importants : elle provenait de la partie la plus profonde et froide de ces dits enfers, un lieu qui se tenait pour beaucoup plus proche de l'épaisse banquise des pôles que de la torrides chaleur des sables et des dunes ! Non franchement, plus elle progressait en ces lieux, et plus elle pestait de tout son être contre l'accablante température, mais elle ne comptait pas faire marche-arrière. Ce coup-ci, elle n'allait pas éviter le désert, et ce par le simple fait qu'aujourd'hui, elle se devait de vérifier quelque chose.

Exactement, elle se devait déjà d'atteindre une ville. Ghibli de son nom, une sorte d'oasis dans ce domaine tellement insupportable que si elle avait eut le choix de son établissement, elle aurait sûrement choisit quelques centaines de kilomètres plus au sud, où les rayons du soleil avaient au moins la décence de ne pas chercher à transformer son corps en sac d'os couverts d'une peau desséchée. Et pourquoi devait-elle s'y rendre ? Pour vérifier des propos qu'elle avait eut le malheur d'entendre à Ashnard, lors d'une sortie tout à fait professionnelle, où elle avait entendue de la part d'une troupe étrangère qu'ils avaient rencontrée une sorte de formation d'élite, les scorpions, se trouvant à la botte d'une femmes aux charmes intenses, une « succube », selon leur propre dire ! Question toute bête : Pourquoi elle, l'Exécutrice des plus hautes instances démoniaques, femme tellement puissante qu'elle était capable de voyager entre les différents univers, et d'éliminer les plus grands dangers d'un claquement de doigt, se trouvait en ces lieux pour vérifier un pauvre surnom, attribué par de pauvres humains, à une dirigeante, au lieu d'y envoyer un sous-fifre ? Eh bien parce que dans le fond, cela la faisait encore plus suer que le soleil cuisant du désert de savoir qu'en ce monde, sur ce globe, une femme potentiellement humaine s'était vu affublée d'un surnom qui la comparait à la race démoniaque la plus estimée pour ses charmes et sa beauté. Alors pas de quiproquo, elle haïssait les succubes, les voyant comme une race sotte, incapable de maîtriser leurs pulsions, et aux goûts parfois terriblement affligeants... Mais elle haïssait encore plus le fait que l'on puisse faire le rapprochement entre une faible humaine, et la caste démoniaque, même si il s'agissait de la caste la plus honteuse et insupportable à ses yeux !

Enfin, elle avait au moins le bonheur de constater qu'elle n'était plus très loin, pestant encore une fois sur son incapacité à se téléporter directement à une destination qu'elle ne connaissait pas, et soupira de soulagement en sentant déjà l'air ambiant se rafraîchir à mesure qu'elle approchait des formes lointaines de la cité du désert, tout en repensant à la pénible marche qu'elle venait d'accomplir. Damnée soit sa petite sœur qui n'avait pas acceptée de lui produire un portail décent lors de son départ, ça lui aurait évitée bien des peines, mais au moins elle ne put ainsi que savourer avec un plaisir intense ses premiers pas dans la grande ville qui se trouvait entourée d'épaisses murailles, goûtant enfin à un brin de délicatesse au niveau des températures normalement étouffantes, et surtout, lui évitant enfin de s'enfoncer à chaque pas dans le sol instable des dunes, pour profiter enfin d'un dallage de pierres des plus appréciables. Alors, alors, alors... Un coup d 'œil à droite, puis à gauche, et finalement deux lieux semblaient être les plus probable pour se trouver être la retraite de la femme qu'elle venait si gentiment saluée en cette journée des plus détestables : une haute structure qui se trouvait en surplomb du reste de la ville, mais qui conservait un étrange brin d'austérité, et un autre domaine dont les dorures étaient encore capable de l'aveugler à cette distance, reflétant cruellement les rayons de son pire ennemi, cet implacable soleil qui avait déjà tant fait pour lui pourrir l'existence lors de sa longue marche journalière. Bon, pas de doutes, le deuxième choix semblait être le plus probant pour lui permettre de quérir une ombre salutaire, et l'attention qui lui était due !

Reprenant donc vivement sa marche, elle ne vint pas un seul instant faire preuve d'une quelconque finesse dans son comportement, déjà passablement irritée pour ne pas avoir en plus envie de s'enquiquiner avec les ruelles tortueuses de la ville, et elle vint à pratiquer un bond respectable pour atteindre le premier toit qui était à sa portée, puis progressa d'un pas décidé avant de répéter cette manœuvre, afin d'avancer droit en direction du prétendu domaine de cette « succube ». Idiotie de sa part ? Non, elle trouvait intéressant que la femme soit prévenue de son approche, peut-être cela allait lui permettre de gagner de manière plus rapide son attention, et si certains relèveraient qu'ainsi, elle ne se laissait que plus sensible aux rayons solaires, qu'elle semblait tant haïr, alors que l'ombre des maisons auraient put lui offrir un minimum de confort, il fallait aussi considérer que l'impatience de la démone, combinée à sa frustration, était devenue si grande qu'elle se moquait de l'incommodité qu'elle se devait de subir pour gagner quelques minutes sur son trajet. Non, encore une fois, le seul truc qui eut encore le don de la faire monter d'un cran dans sa nervosité du moment, fut la présence bien inadéquate de deux gardes, sûrement les membres de cette fameuse brigades de « scorpions », qui vinrent à lui sommer de ne pas faire un pas de plus quand, enfin, elle avait quitter les toitures des maisonnées de la ville pour sauter sur les marches permettant de rejoindre le palais central. Paradoxalement d'ailleurs, ce fut aussi la situation qui lui permit de se dire, un court instant, qu'elle allait enfin pouvoir se décontracter un peu avant de rencontrée la dirigeante des lieux ce qui n'allait pas être du luxe, étant donner qu'elle aurait bien du mal à se trouver courtoise après son odieux voyage :

« Vous ! Arrêtez vous, et retournez d'où vous venez sur...
 -  Ta gueule. Dégages de là ! »

Ah bon dieu ce que ça faisait du bien de se défouler ainsi. Le garde ne l'entendit pas de la même manière, ainsi que son camarade, mais les deux hommes, munies de leurs cimeterres, ne furent certainement pas à même de deviner ce qui allait leur arriver alors qu'ils lui fondirent dessus avec la colère comme source de motivation, projetant déjà de la découpée en morceaux pour lui faire connaître un peu la dure loi des lieux. A moins qu'ils n'avaient quelques autres idées plus sordides à la vue de son corps ? Elle n'en saura jamais rien, mais un simple mouvement lui permit de s'écarter de la route de ces deux singes, et l'une de ses armes, encore couverte de son fourreau, vint à faire connaître un coup retentissant dans la mâchoire de l'homme le plus proche, produisant un craquement sinistre tandis qu'il s'écroula lentement su les marches, et vint en descendre quelques-unes dans son inconscience. Toutefois, ce ne fut pas une mise en garde suffisante pour le deuxième, qui lui sauta dessus en un mouvement qui laissait entendre sa maîtrise dans l'art du combat, mais qui n'était décidément pas de taille face à l'excellence d'une Keleth au mieux de sa forme, et au pire de son humeur : le fourreau vint briser les jointures entre son avant-bras, et le reste de son membre directeur, avant qu'elle ne l'attrape d'une main assurée, et le projette dans son bond vers le mur le plus proche, où il s'écrasa durement, avant d'imiter son camarade. Elle tend l'oreille ; Il souffle encore. L'arme rejoint son flanc, et elle finit de grimper les quelques marches qu'elle se doit encore de gravir, pour finalement atteindre l'orée du palais, et ne s'arrête pas plus, ne s'exprimant qu'à voix haute, pour faire remarquer sa présence, si cela ne fut pas déjà fait par quelques émissaires, ou vigie :

« Bonjour à tous, Keleth, enchantée, je viens voir la maîtresse des lieux. Si vous souhaitez préserver les quelques restes de ma courtoisie, par pitié, ne cherchez pas à me ralentir. »

Tout en finesse...
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Eris Langnar
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« Répondre #1 le: Décembre 30, 2016, 05:52:48 »

Les mots avaient un grand pouvoir sur le peuple et sur le monde. Les mots avaient le pouvoir sur tout le monde. Sur le monde entier même. L'on disait que le silence est d'or, mais que valait l'or face au pouvoir que l'on pouvait avoir sur la vie des gens ? Un seul mot, un seul... Et votre vie en pouvait changer. C'était ca que la plupart des gens de ce monde ne comprenait pas, que le pouvoir des mots étaient incommensurables. C'était avec ces mots que l'on pouvait donner des ordres aux troupes, que l'on pouvait motiver des gens démoralisés avec un discours poignant et que l'on pouvait charger de sorts et de malédictions d'énergies puissantes et sauvages. Mais entre de mauvaises mains, elle pouvait gâcher des choses. La paix et la tranquillité, par exemple. Lorsqu'elle fut en âge de se marier, la jeune Eris Langnar avait été sujette aux vagues de nombreux prétendants dans tout le Sultanat des Sables Blancs, des roturiers jusqu'aux princes et aux rois. Même jeune, elle avait eu un corps on ne peut plus avantageux, surtout au niveau du fessier.   

Mais c'était ses yeux qui avaient attiré le plus l'attention du monde. La famille des Langnar, du côté des femmes, possédaient tous des yeux d'une couleur rare. Ils étaient d'une couleur améthyste profonde et brillante, aux contours magnifiques. Il semblerait même que l'iris violet de la jeune femme semblait avoir comme des traits a l'intérieur d'eux, de magnifiques cordons reliés entre eux, formant de beaux dessins. Son regard était pénétrant et puissant, arrogant mais intelligent. Elle avait représenté et représentait toujours la puissance de sa famille. Ses facultés en termes de magie, sa puissance et son endurance pour utiliser des sorts étaient reconnues partout. Mais sa beauté l'était encore plus. Tentatrice, attirante... Une Succube. La Succube du Désert, qui avait appartenu autrefois a un homme bien plus puissant que des êtres venus des profondeurs.

Mais cela faisait des années que l'homme avait été tué dans une bataille, dans une circonstance mystérieuse qu'elle ne révélerait probablement jamais. Elle était a présent l'une des principales nobles de Ghibli, faisant partie du Conseil des Douze, chargé de s'occuper des affaires importantes de la ville, sous le commandement du Sultan. Elle était chargée d'une partie de la sécurité de la ville avec ses Scorpions Dorées, des soldats aux origines diverses et farouchement expérimentés pour réagir a de nombreuses situations. Mais aujourd'hui, ils n'étaient cependant pas prêts à réagir.

Ses yeux s'ouvrirent soudainement. Elle était allongée sur son lit et se mit debout rapidement. Ses sens l'indiquaient qu'une créature magique était a proximité du palais, d'une puissance énorme. Puis, utilisant sa magie pour amplifier ses sens, elle entendit une voix féminine quémandant sa présence. Eris eut un regard noir tandis qu'elle sortit de sa chambre à grands pas. Elle ordonna aux Scorpions de se retirer du hall principal menant au trône malgré leur supplication. Elle se trouva donc assise sur son trône en forme de gueule de dragon grande ouverte en or, prenant un air impassible. La salle du trône était grande et longue, les murs recouverts de trophées et de reliques anciennes, de bannières de sa famille et de la sienne.

D'un geste de la main, les énormes portes s'ouvrirent, dévoilant une figure féminine. Heureusement que ses serviteurs et ses gens étaient ailleurs a présent, grâce a un portail qu'ils avaient tous emprunté, maintenant fermé et inutilisable.

''Mon nom est Eris Langnar, de la Maison Langnar, héritière de celle-ci. On me surnomme la Vipère et la Succube du Désert. La courtoisie vous demande normalement de vous présenter...'' Dit-elle, la paume de sa main contre sa joue.

L’entièreté de la salle était faite d'un marbre blanc immaculé et incrusté, a certains endroits, de fines rainures d'or et de diamant, le tout fait en dessins incroyablement beaux et surréaliste.
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Keleth
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« Répondre #2 le: Décembre 31, 2016, 05:03:02 »

Le fait est que l'on ne vit pas des millénaires sans raisons, même quand on a la force de dix armées, et pour le coup, en cette chaude journée qui laissait pour l'instant à la démone un goût amer, ceux qui en faisaient la découverte était les différents membre de la garde particulière d'Eris, étant donné que les choses ne se passaient clairement pas comme ils l'avaient prévu. En faite, depuis qu'elle avait mit les pied à l'intérieur de la charmante bâtisse, les choses s'étaient un peu envenimée, car de deux gardes, ce fut sûrement un bon quart de la garnison présente pour assurer la garde des lieux qui vint à sa rencontre, pensant sûrement que si la femme avait eut autant de facilité à vaincre leurs camarades, c'était seulement grâce à un style de combat optimal contre les ennemis en solitaire, ou en petit groupe. Il n'en était rien.

Ne s'avisant pas de sortir son sabre, la première salle était en train de se métamorphoser lentement en pièce de repos contraint, les différents membres de la garde régulière de « la Succube » essayant bien malgré tout d'arrêter la lente progression de Keleth, et celle-ci continuant à avancer sans jamais présenter le moindre doute, ni même ralentissant la cadence. En fait, il fallut que les « Scorpions Dorées » prennent un temps de pause pour le remarquer, mais avançant en permanence et ne bougeant que les parties du corps visées, la femme se louvoyait lentement entre leurs armes, sans la moindre crainte, dans un style qui paraissait tout autant gracieux qu’irréel. En tout et pour tout quand elle avait atteint le milieu de la pièce, c'était plus de la moitié des hommes en présence qui étaient déjà au sol, quand à l'autre, elle commençait à avoir un sérieux doute sur la réussite de leur tentative à freiner le pas de la femme, voir l'arrêter, alors qu'elle s'était offert la gloire d'arrêter deux flèches, tirées simultanément, en plein vol, juste devant leurs yeux ébahis. Ce fut l'instant où un émissaire arrivé, et vint à sonner la retraite pour les troupes dont le moral avait flanché, et si certain eurent le don de se refuser à pareille couardise, même s'il s'agissait là d'un ordre de leur maîtresse adorée, ce dernier devint unanimement accepté quand Keleth vint à mettre un coup de fourreau violent à son prochain opposant, offrant à tous le bruit de craquement d'os le plus sinistre qu'ils pouvaient imaginer, avant de voir l'homme traverser la pièce, et finir dans un mur adjacent. L'effet de stupeur passé, tous partirent rapidement en suivant les directives de l'émissaire, et le silence devint absolu !

« Quel plaisir ! »

Que se passes-t'il quand on se trouve être une esthète, et que par l'insistance prolongée de quelques bâtards de l'art, l'on ne peut profiter de l'élégance de l'architecture, de la broderie, de la sculpture et de la représentation graphique ? Eh bien l'on fait perdre patience à l'être concerné, mais maintenant que Keleth se trouvait enfin libérée de la pression insupportable, des piaillements, et autres insultes mal consenties de la part de ces hommes qui souhaitaient tant s'attirer les bonnes faveurs de leurs maîtresse, elle se trouvait enfin le plaisir de glisser un coup d’œil appréciateur sur les lieux, commençant à faire le jugement de l'arrangement général du domaine, au point de freiner volontairement son avancée. Pourquoi ne pas voir déjà si la femme qu'elle venait rencontrée n'avait pas déjà quelques qualités et avantages, vu que cela aurait été d'une grande sottise de sa part de ne faire que foncer tête baissée sur un coup de chaud, et elle fut agréablement surprise de constatée que si les lieux avaient peut-être la tare d'être de fabrication humaine, il ne gênait aucunement son sens de la splendeur et du bon goût, constatant avec un plaisir non feint les détails de la suite de couloirs qu'elle traversait désormais. Non franchement, elle en serait capable de féliciter la maîtresse des lieux si elle n'avait pas de base envie de l'étriper pour son audace, et ce fut à sa conscience un bon point qui lui permit de s'offrir une douce pensée : Quelque soit la personne qu'elle allait rencontrée en ces murs, elle aura tout le don de lui laisser sa chance, et ne saura se contenter de son prime avis qui pourrait être d'une flagrante injustice.

Mais passons, sa progression bien que lente n'avait pas vraiment d'avantages, elle, et elle reprit donc un rythme naturelle pour parcourir la distance qui la séparait de la salle d'audience, finissant lentement par oublier les charmants détails du lieu pour se concentrer sur le plus intéressant, cette présence magique qu'elle percevait au loin, et qui lui faisait lentement de l’œil, comme l'invitation muette qui lui promettait moult découvertes. Qui qu'elle soit, celle qui l'attendait n'avait pas froid aux yeux, surtout après la maîtrise certaine des capacités martiales dont Keleth avait fait preuve durant son avancée en solitaire, et ce fut le deuxième bon point que s'offrit « la Succube » en cette journée, ce qui était plutôt remarquable étant donné qu'elles n'avaient même pas encore eut le temps de s'adresser l'une l'autre un mot ! Un record, et si elle viendra à l'apprendre, il n'est pas à en douter que la femme pourra être fière, et justement, quitte à penser à la femme, les choses sérieuses commençaient, Keleth arrivant tranquillement face à une double-porte majestueuse, qui vint à s'ouvrir d'elle-même sur une salle du trône encore plus splendide que l'infrastructure générale des lieux. Aaaah la démone aurait quand même préférée de la céramique au diamant, histoire de ne pas se perdre dans un trop-plein de moyens affichés à la vue de tous, mais elle n'avait pas foncièrement son mot à dire, et préféra plutôt se contentée d'une observation directe vers le centre de la pièce, où trônait son hôte. Bon, c'était particulièrement déplaisant à avouer, mais au premier regard, il n'était pas vraiment facile de contester son titre, du moins si l'on se contentait du lien avec sa grande beauté.

« Mon nom est Eris Langnar, de la Maison Langnar, héritière de celle-ci. On me surnomme la Vipère et la Succube du Désert. La courtoisie vous demande normalement de vous présenter...
 -  Certes, et quittes à rencontrer une femme qui se prend pour une consœur, je vais avoir l'obligeance de ne pas me contenter d'un pseudonyme léger. Mon nom est Aethesa Shivas Al-Keleth, descendante de la famille Lilith. On me surnomme de bien des noms, mais principalement, l'on m'appelle l'Exécutrice. Enchantée. »

Si le tout semble encore calme et courtois à l'instant où elle se présentes, le raillerie de son premier propos, et le ton tranchant de son dernier mot ne laisse pas de grands doutes quand à la raison de sa venue : quelque chose l'incommode de manière particulièrement fréquente, et si elle ne s'est pas encore prononcée à ce propos, la manière dont elle a engagée ses manières laisse à entendre que cela peut avoir un lien avec une appellation qui lui semble passablement inadéquate. D'ailleurs, alors qu'il serait de rigueur qu'une personne en présence première de son hôte attende d'être invitée à s'approcher pour faire quelques pas, ce ne fut pas le cas de la démone de la haute hiérarchie, qui n'attendit point plus de mot de la part d'Eris pour prolonger sa marche initiale, et s'approcher du trône majestueusement sculptée. Son pas est lourd, lent, et pour Eris qui se connaît quelques capacités magiques, elle aura sûrement toute tendance à remarquer que la femme dégage actuellement une pression particulièrement, qui ne provient pas d'une attention meurtrière, loin de là, mais sûrement plus d'une certaine forme d'animosité, et d'un naturel agressif. Finalement, la démone ne cessera son approche qu'une fois toute à portée de la femme, l'une debout, toisant l'autre assise, et ce avec un rapport de force latent qui avait toutes ses chances de dégénérer à la moindre parole... Et si Keleth avait justement besoin de parler, elle le fit même sans encore rentrer dans les détails, se préférant une manière d'échanger plus imagé, faussement jovial, une hypocrisie tout aussi honnête que grinçante, du plus bel effet :

« Votre pays est bien charmant vous savez ? En revanche quel désordre, vous devriez employer vos domestiques pour balayer un peu le sable au dehors, ce serait sûrement plus utile que de me barrer la route vous savez ? Enfin, je manque à mes devoirs, n'est-ce pas ? »

Elle enchaîne avec une référence toute masculine, qui étrangement lui offre un certain charme malgré toute la féminité dont son être est constitué, et c'est d'un mouvement on ne peut plus simple qu'elle tire les deux sabres de confections démoniaques qui se trouvent à sa hanche pour venir les poser délicatement au sol, sans jamais mettre les genoux à terre.

« Je ne suis pas là en tant qu'Exécutrice, mais en tant qu'entité individuelle, soyez sans craintes. »
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Eris Langnar
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« Répondre #3 le: Décembre 31, 2016, 05:56:17 »

Son regard et son visage n'exprimaient toujours rien quand ce qui semblait être la nouvelle invitée -invitée était un euphémisme, le juste mot serait plutôt intruse- s'approchait du trône d'un pas théâtralement lent. Le corps de la jeune femme était détendu en apparence, mais ses muscles étaient tendus comme la corde d'un arc. Son esprit en entier bouillonnait de méfiance et ses facultés magiques en elle étaient prêtes à l'utilisation. Plus la personne s'approchait, plus la jeune femme sentait la puissance magique de celle-ci. Ancienne. Ancienne était le mot juste et plus une magie est ancienne, plus elle était puissante. Eris commençait à douter de ses propres capacités contre une menace telle que cette femme. Simplement en la regardant, l'héritière des Langnar sentait qu'elle était une combattante de taille et pour cause, la manière dont elle se déplaçait de manière si... Nonchalante témoignait de son assurance. Elle envoya de légères ondes magiques pour s'enquérir de l'état de ses gardes. Beaucoup étaient inconscients, mais par une grande chance, aucun d'eux n'était mort. Elle s'occuperait d'eux plus tard, guérirait leur plaie elle-même. C'était ses gens, c'était de sa faute s'ils se trouvaient blessés et inconsciences et blessés.

Lorsqu'elle fut arrivée devant elle, Eris contempla la nouvelle arrivée. Un peu plus grande qu'elle ne l'était, c'était une jeune femme qui était d'une beauté à en couper le souffle, Eris l'admettait. Ses yeux étaient d'un argent semblable à ses cheveux et son corps possédait des formes et des courbes des plus agréables. Même si la jeune femme admirait la vue, elle n'oubliait cependant pas qui elle était, une intruse qui avait fait du mal a ses gardes. Mais même sa beauté ne sut lui faire oublier le ton de ses paroles. Elle se présenta sous un nom qu'elle n'avait jamais entendu parler et Eris ne connut point sa famille également. Venait-elle d'une des nombreuses régions de l'empire d'Ashnard? Ou d'un des nombreux royaumes outremer ? Le réseau d'informations d'Eris était vaste et s'étendait presque sur la totalité de Terra mais ce nom ne lui disait toujours rien. Même son surnom, l'Exécutrice, ne lui disait rien.  

Venait-elle d'une autre dimension ?

''C'est un pays charmant, en effet, pour ceux qui sont préparés a affronter la chaleur ainsi que de nombreuses autres choses que le désert cache, bonne ou mauvaise. Balayez le sable serait comme rejeter notre culture. Nous en laissons un peu néanmoins.'' Répondit-elle sur un ton néanmoins courtois. Elle se méfiait de la femme, mais n'était pas stupide.

Keleth sortit ensuite ses armes, mais les posa au sol, juste devant la jeune femme, et dit qu'elle ne venait pas en tant qu'Exécutrice, mais en tant que personne.

''Je vois. Si vous étiez venu en tant qu'entité individuelle, vous auriez pu attendre poliment dehors pour que je vous reçoive, mais il semblerait que vous préférez une entrée théâtrale que personne n'oubliera. Soit.''

Elle joignit ensuite lentement ses mains et posa une jambe par-dessus l'autre, son regard ne quittant pas les yeux de Keleth.

''Vous me demandez d'être sans crainte quand vous avez assommée une bonne partie de ma garde simplement pour venir me voir... J'espère pour vous que vous avez une très bonne raison pour votre venue. Pourquoi me dites vous que j'agis comme une de vos... Consœur ? Car si j'ai bonne mémoire, ce dont je suis sure, je doute vous avoir rencontrer. Ai-je fait du mal a un quelconque proche qui vous était cher?''
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« Répondre #4 le: Janvier 01, 2017, 07:20:25 »

« Je vois. Si vous étiez venu en tant qu'entité individuelle, vous auriez pu attendre poliment dehors pour que je vous reçoive, mais il semblerait que vous préférez une entrée théâtrale que personne n'oubliera. Soit.
 -  Attendre ? Ce ne sont guère mes manières, et si vous jugiez cette action théâtrale, imaginez vous celle où j'aurais sortie la lame au claire ? »

La question est rhétorique, et la seigneur des lieux n'as pas vraiment à y répondre, la démone n'en ayant fait usage que pour faire remarquer le détail suivant : Si elle a blessée ses gardes, elle aurait tout aussi bien put créer un véritable bain de sang à son arrivée, hors elle a toujours tenue son arme dans le fourreau, et n'a jamais portée sa lame sur ceux qui servait la prétendue « succube », ce qui est déjà en soi le gage de sa bonne foi. Les êtres humains sont bien trop fragiles, et bien trop inexpérimentés, agissant généralement à chaud, ils n'ont rien de la capacité naturelle de cette démone à agir avec une idée simple et claire, ainsi qu'avec la considération totale de son rang, et donc de ce qu'elle est en droit de faire et de demander ! La faire attendre ? Choisir d'elle-même d'attendre ? Cela aurait été une insulte, non seulement envers elle, car l'on ne peut se permettre de demander pareille humiliation à un être qui peut raser le pays d'un claquement de doigt, mais surtout, si elle n'avait pas directement montrée son rang à celle qu'elle venait rencontrée, cela aurait aussi été un franc manque d’honnêteté envers Eris, même si elle n'avait peut-être pas conscience de pareilles manières. Les démons, en tout cas ceux faisait partie de la hiérarchie, conçoivent bien souvent l'hypocrisie, et les paroles hasardeuses comme une moquerie, une provocation, le genre de façon vaniteuse d'écraser la véritable valeur de ceux qu'ils viennent rencontrer, et la procédure de Keleth ne saurait utiliser ce genre de flegme supérieur. En revanche, elle ne quittait pas un instant la femme de son regard perçant, jusqu'à ce qu'elle vienne à reprendre la parole :

« Vous me demandez d'être sans crainte quand vous avez assommée une bonne partie de ma garde simplement pour venir me voir... J'espère pour vous que vous avez une très bonne raison pour votre venue. Pourquoi me dites vous que j'agis comme une de vos... Consœur ? Car si j'ai bonne mémoire, ce dont je suis sure, je doute vous avoir rencontrer. Ai-je fait du mal a un quelconque proche qui vous était cher?
 -  Vous seriez bien présomptueuse de porter atteinte à l'une des membres de la famille Lilith, mais ce n'est pas le cas, bien heureusement pour vous. »

Keleth laisse son propos en suspend dans l'air, laissant bien comprendre qu'elle ne compte pas en rester là dans son explication, mais que les mots qu'elle vient d'utiliser sont bien là pour lui exprimer qu'elle n'est pas foncièrement fautive directement de sa présence en ses murs, et donc, du fait que la moitié de sa garde est en train de baver contre terre, certains os brisés, d'autre moulus par une force herculéenne. En revanche, la démone reprend sa marche vers la femme, sans que celle-ci ne ressente une agressivité supplémentaire, et elle pourra la voir passer une main sur le large trône d'or, juste à la droite de son accoudoir, avant que l'Exécutrice ne produise un mouvement dont la monarque ne put sentir que la pression de l'air, particulièrement désagréable, avant qu'un bruit lourd au niveau du mur le plus proche ne vienne lui faire remarquer le changement rapide qui venait de se produire : L'un des crocs avant du dragon venait d'être coupé à la racine, et propulsé avec une force d'une violence incompréhensible vers la surface plane adjacente, les restes de la lourde dent d'or y étant planté en profondeur. Et ce pour quoi ? Apparemment pour offrir à la démone une assise confortable, celle-ci s'installant sans crainte dans la mâchoire scintillante, une jambe la bloquant contre le croc le plus bas, tandis que celui se trouvant juste derrière elle vint à lui servir de dossier, si bien qu'elle était désormais juste à la gauche de cette femme aussi charmante que confuse sur ses intentions... Il était temps de les exprimer, et c'est ce que fit Keleth, d'une voix dont la douceur et le calme contrastait naturellement avec le reste de son propos :

« Si vous pensiez pouvoir faire du mal à notre famille, je suppose que vous ne la connaissez pas, il est donc de mon devoir de l'expliquer : Nous faisons partie de l'une des familles démoniaques les plus puissantes des enfers, les plus hautes strates de la hiérarchie si vous voulez. En somme rien de ce que vous avez fait ne saurait nous porter outrage... »

Louvoyant lentement, le femme vint à se rapprocher d'elle, son visage venant quérir l'espace privé se trouvant auprès de son oreille pour y pousser un léger souffle, suffisant pour découvrir son audition des quelques cheveux qui sauraient y faire barrage. Et c'est là qu'elle reprit une nouvelle fois ses paroles, rentrant enfin dans le vif du sujet, allant même pour commencer à agir avec un peu plus de clarté :

« En revanche, je le répète, je viens de manière personnelle, individuelle. Voyez, je hais les succubes. Elles sont sottes, irréfléchies, faibles, et surtout, n'ont pas le moindre honneur, ni la plus petite conscience de leurs agissements des plus misérables. Mais elles restent des démones, supérieurs aux êtres humains, alors comment devrais-je réagir face à une humaine qui obtient un tel sobriquet ? Avec joie ? »

Ce que pourrait ressentir Eris, c'est l'impression d'être un rongeur face à un quelconque serpent affamé tandis que Keleth pose sa dernière question, sa main se perdant lentement sur l'épaule de la monarque pour venir en chercher les quelques mèches désordonnées pour les ramener en arrière, découvrant tout autant le haut de son sein gauche à sa vue. La démone est loin, très loin d'être aimable malgré son caractère des plus calmes, mais surtout, elle laisse toujours ses propos en suspend, comme si elle souhaitait tenter Eris à la couper, à faire l'erreur de ne pas la laisser finir pour qu'elle puisse enfin justifier ses actions face à un outrage que ne devrait pouvoir se permettre un membre de l'humanité. En faite, cette discussion ressemble surtout à ces provocations lors de joutes, chaque soldat acceptant de se taire le temps que l'autre ait finit de se débarrasser du fiel qui lui pend le long de la langue, et il est bien possible que Keleth soit dans ce genre d'optique, à voir jusqu'où Eris acceptera de supporter l'humiliation graduelle de se faire briser son trône, envahir son espace personnelle, puis supporter ses paroles affables. Et pour être tout à fait honnête, elle a un dernier tour en main, et tandis qu'elle est toujours aussi proche d'elle, aussi gênante, aussi dangereuse, elle lève lentement son bras dans le champ de vision de la femme à la beauté étourdissante, sans pour autant venir accomplir le moindre mouvement supplémentaire. En revanche, elle pose sa dernière question, et celle-ci rayonne des véritables intentions de cette femme aux cheveux d'argent :

« Ou avec colère ? »

Et en cet instant, le fourreau du plus petit sabre se décolle du sol pour filer vers la paume levée de la démone, qui le rattrape sans regarder, et relève juste du pouce le pommeau pour qu'un centimètre de la lame apparaisse. Elle vient de s'exprimer, à voir ce qu'Eris compte lui répondre.
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Eris Langnar
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« Répondre #5 le: Janvier 23, 2017, 02:35:56 »

Il fallait le dire et qu'elle se l'avoue, cette Keleth ne manquait pas de cran de venir ainsi dans la ville de Ghibli, l'une des principales demeures du Sultan du Sultanat des Sables Blancs. La cité était habituellement des plus protégée en chaque jour, mais les gardes de la ville ont dû la méprendre pour une sorte de mercenaire qui offrait ses services. Néanmoins, Eris pensait qu'ils auraient dû garder un œil plus vigilant sur les nouveaux arrivants, mais se montrait compréhensible néanmoins. La ville était proche d'une mer et était dotée de nombreux ports, donc il était assez difficile de pouvoir contrôler tout les voyageurs et voyageuses qui arrivaient en ces lieux, un exploit qui relèverait plutôt du divin. Et il n'y avait aucune garantie que toutes les identités étaient bien réelles. Avec un coup de magie, l'on pouvait changer et inter changer les apparences comme le nom. Il faudrait déployer des efforts énormes pour identifier les faux du vrai.

Mais toute sécurité avait ses faiblesses. La milice privée de la Langnar, une des meilleures au monde, n'avait même pas su se battre contre la démone qui était venue dans son propre palais et tous ceux sur son passage avaient été gravement blessées. Elle se sentait inquiète naturellement pour eux, après tout, c'était de sa faute si elle n'avait pu les protéger. Elle s'occuperait de 'l'invitée' nouvellement arrivée. L'audace qu'elle montrait témoignait de son assurance et de ses talents au combat, tellement au point qu'elle envahit l'espace privé d'Eris et brisa même un morceau de son trône, le croc plus précisément, enfin, un des crocs du dragon. Même si la Langnar la trouvait belle, elle savait faire preuve de discernement. C'était une tentative d'intimidation qui ne marchait guère sur la jeune femme bien qu'elle fût sur ses gardes.   

Mais Eris tint bon. Tout le long de son monologue, Eris garda un visage aussi impassible que de la pierre, un doigt tapotant contre les avant bras de son trône. Elle venait donc parce qu'elle avait un drôle de sobriquet... Celui de Succube du Désert, Keleth disant qu'elle les détestait, les trouvant stupide et bien inférieures. Demandant ensuite à Eris comment elle devrait réagir.

Un instant de silence passa et ensuite, un ricanement cristallin s'échappa d'Eris, amusée visiblement par la situation.

''Vous, qui venez d'une des plus anciennes et puissantes familles des Enfer, Keleth, vous... me demandez comment vous devriez réagir ? Moi, une humaine, créature encore plus inférieure qu'une Succube, aux os fragile et au corps facilement cassable ?'' Elle joignit ses mains calmement ensemble malgré la lame proche de sa gorge. ''Malgré la puissance, nous ne sommes jamais préparés a ce que l'avenir peut nous réserver. Je suis considérée comme l'une des magiciennes les plus belles et les plus puissantes de ce monde... Vous faites partie d'une des familles démoniaques les plus anciennes et les plus puissantes. Je n'ai pas su me préparer pour votre arrivée... Mais vous n'avez pas su vous préparer pour cela.''

Elle ouvrit la bouche et dit une petite série de mots. Sa voix n'était plus gracieuse et féminine comme avant, mais profonde et presque silencieux. Les torches de la salle du trône s'éteignirent et l'air se refroidit, comme si toute chaleur en ce monde avait disparu. Eris avait utilisé la puissance du grimoire familial, le Viik Torhan, chose qu'elle ne faisait que très rarement. Le grimoire était quelque chose de pensant, elle avait une conscience et chaque Langnar qui en avait été en sa possession, ce qui était très rare, car rares avaient été les femmes Langnar à le posséder, avait sa puissance magique augmenté considérablement et ajoutant au fait qu'Eris était déjà assez puissante depuis sa naissance... On devinait rapidement le résultat.

Mais le Viik Torhan avait des origines inconnues, que seule la Première, celle qui avait fondé les Langnar, connaissait. Bien qu'Eris, par moment... Avait su lui parler. Il n'avait rien d'hostile, mais sa mère lui avait toujours appris que tout objet possédant une conscience, magique ou non, était quelque chose de dangereux aussi bien pour les autres que pour soi-même. Quelque fois, le propriétaire ou la propriétaire du Viik Torhan mourrait dans d'étrange circonstance. Qui sait, l'utilisation de ce grimoire allait peut-être tuer Eris aujourd'hui.

Mais elle ne décidait pas de tuer Keleth. Non, elle n'avait pas prononcé un sort de mort. Elle avait d'autres intentions. Celle de faire comprendre a l'invitée surprise qu'il ne fallait pas tenter le désert. Le sort avait pour effet d'affaiblir grandement la démone, au point d'en perdre ses pouvoirs magiques et de devenir aussi faible qu'une simple humaine. Ce qui arriva.
 
Le sabre que tenait Keleth tomba au sol ainsi qu'elle-même tandis qu'Eris se levait doucement de son trône avec un sourire sombre et satisfait, regardant de haut ce qui était, il y avait quelques instants une démone arrogante et assurée. Les veines de celle-ci commençaient a virer au noir et ses cheveux prirent une teinte plus grise et plus terne, presque morte, vieillissant peu à peu, dépourvue maintenant de toute beauté, de toute puissance physique comme magique... avant qu'Eris ne cesse soudainement de faire fonctionner le sort. Les torches se rallumèrent et l'air redevint chaud, Keleth récupéra sa forme initiale ainsi que sa puissance.
 
''Vous pouvez évidemment me faire du mal, Keleth... Vous pourriez vous débarrasser de mes capacités magiques, je n'en doute pas, le temps que vous me tuez à main nue ou avec une quelconque lame. Cependant, dite vous ceci : vous ne savez pas ou se trouve ce dont j'ai invoqué. Ce n'est ni un démon, ni une créature magique... C'est quelque chose de bien plus ancienne et plus puissante que vous ne l'êtes. Nocif pour vous... Comme pour moi. Comme pour le monde entier d'ailleurs, je dois en présumer.'' Se retournant, elle prononça des paroles pour que le croc arraché retrouve sa place et que tout soit réparer. L'énergie nécessaire pour ce sort aurait été conséquente, mais Eris n'était pas une Langnar ordinaire.

''Suivez-moi. On va parler de cela... Dans un endroit plus calme.'' 

Elle lui fit signe de la suivre et tout en s'assurant qu'elle le faisait sans pour autant baisser sa garde, Eris errait de corridor en corridor jusqu’à ouvrir deux grandes portes en bois finement sculpté, dévoilant une salle d'une certaine longueur avec un plafond voûté couvert d'arabesques divers. Le milieu de la salle était habité par une longue table équipée de chaise de velours confortable et en son centre, une cruche d'eau ainsi qu'un couvert de verres en argent. La table était faite d'un bois doux, solide et assez rare, d'une longueur d'une dizaine de mètres. La salle était utilisée pour accueillir les divers Langnar ou des invités de marque pour discuter de certaines affaires ou bien pour des rassemblements secret dont elle avait l'habitude, notamment pour se renseigner sur son réseau personnel de renseignement qui s'étendait partout sur Terra ainsi que de consulter le Lord-Commandant de sa milice privée concernant les effectifs, et ce, dont ils avaient besoin ainsi que de présenter les affaires urgentes et des plus cachées.

Eris prit place au bout de la table, le dos de la chaise tourné a une fenêtre ronde de grande taille qui laissait passer a travers des rayons de soleil lumineux alors que le soleil commençait déjà à se coucher. Elle posa ses mains sur la table, regardant la démone droit dans les yeux, l'invitant a s'assir du regard si elle le souhaitait.
 
''En grandes personnes, Keleth, nous allons discuter calmement de ce qui s'était passé et de ce qui aurait pu passer... A présent, dites-le-moi : d’où avez-vous entendu mon surnom ? Qui l'avait prononcer ? Des humains ou bien des Succube ?''

L'esprit d'Eris fut ensuite toucher par une conscience familière, le Viik Torhan. Elle afficha un sourire. Elle avait du mettre en colère Keleth et blesser sa fierté. Elle pourrait tenter quelque chose de bien grave pour la jeune femme. Cependant, en cas d'attaque magique comme physique, la conscience de son grimoire la protégerait... et n'hésiterait en aucun cas et ne lambinerait pas sur les moyens qu'il pourrait utiliser pour neutraliser l'arrivante.
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« Répondre #6 le: Janvier 26, 2017, 12:51:14 »

« Vous, qui venez d'une des plus anciennes et puissantes familles des Enfer, Keleth, vous... me demandez comment vous devriez réagir ? Moi, une humaine, créature encore plus inférieure qu'une Succube, aux os fragile et au corps facilement cassable ? »

Bon, la démone ne savait clairement pas si la jeune humaine venait de faire cela exprès, mais elle venait de gagner de bien bons points à ses yeux, non seulement parce qu'elle venait de prouver par ces quelques paroles qu'elle avait très bien comprise ce qu'elle venait de lui dire, mais aussi qu'elle faisait preuve d'une vive intelligence, préférant ne pas répondre à sa provocation des plus directes, pour se contenter de rester analytique. Succube du désert ? Elle ne méritait pas un surnom qui mettait autant en doute son intelligence, sa capacité à faire la part des choses, mais surtout, de ne pas se laisser porter par un orgueil qui aurait tout résultat de lui porter fortement préjudice, étant donné que la démone aurait eut tôt fait d'agir si elle avait osée prendre la mouche, était autant de chose qui ne manquait pas de lui plaire, elle qui pourtant avait tout fait pour s'attaquer à son image, ou à sa prétendue supériorité en ce pays de sable fin, et de chaleurs étouffantes. Elle ne semblait toutefois pas avoir finie de s'exprimer, et c'est avec un calme certain que Keleth attendit que celle-ci reprenne sa parole laisser en suspens, sans baisser son arme, ni même chercher à faire le moindre mouvement, qu'il soit agressif ou pacifiste, car elle ne cherchait rien d'autre, dans le fond, que de découvrir toute la nature profonde de cette femme, de comprendre ce qu'elle faisait pour mériter un sobriquet aussi étrange, et aussi peu acceptable à ses yeux. La suite ne tarda pas à la surprendre, mais pour autant, ce ne fut pas non plus pour la mettre en colère, bien au contraire :

« Malgré la puissance, nous ne sommes jamais préparés a ce que l'avenir peut nous réserver. Je suis considérée comme l'une des magiciennes les plus belles et les plus puissantes de ce monde... Vous faites partie d'une des familles démoniaques les plus anciennes et les plus puissantes. Je n'ai pas su me préparer pour votre arrivée... Mais vous n'avez pas su vous préparer pour cela. »

Un choc. Pas de ceux physique bien entendu, mais c'est avec un sentiment des plus malaisants que la femme sentit soudainement les lieux se plomber, perdre de leur cachet sous l'effet d'une force étrange, profonde, sauvage, et qui n'eut tôt fait de la prendre pour cible, lui tombant dessus comme une chape de plombs, lui tournant la tête, et l'amenant à perdre l'équilibre. Les mots qu'avaient prononcée la dynaste n'avaient été que peu compréhensible pour la démone, qui pourtant connaissait nombre de dialecte de par son ancienneté surprenante, et c'est avec ce bien étrange constat qu'elle sentit ses forces s'évanouir, sa forme terrestre ayant tôt fait de lui faire comprendre que le lien avec sa forme démoniaque était en train de se rompre à une vitesse folle, et de la couper de sa puissance naturelle pour l'abandonner à une faiblesses des plus handicapantes. Elle chuta, mollement, glissant du trône de manière presque comique, le souffle court, tandis que son arme lui glissa des mains quasiment immédiatement pour aller rebondir au sol avec un tintement des plus significatif, celui de la déchéance, une déchéance qui ne lui plaisait pas trop, mais qui pourtant la fit sourire, alors même que sa vision troublée la laissait bien incapable de se défendre. Non seulement cette femme en avait dans la caboche, mais surtout, elle ne se laissait pas faire, et si on l'agressait, elle ne réagissait pas de manière directe, mais cherchait plutôt à remettre un peu les pendules à l'heure, rétablissant le rapport de force entre les deux entités, non sans paraître jamais violente. Et honnêtement, le fait que ses lèvres s'étirent en un fin sourire, ni narquois, ni feint, était en somme une sorte d'aveu : elle la félicitait.

Elle la félicitait de ne pas être qu'une humaine idiote se gaussant d'un surnom qui la rapprochait d'un monde démoniaque inférieur, et de le prouver par des actes qui la poussait, pour le coup, à mettre genoux à terre... ou fesses plutôt, vue la position ridicule dans laquelle elle était. Cette femme n'était pas qu'un petit être indécent et inintéressant... Elle était belle d'une insoumission qui la charmait, et qui la poussait à en savoir encore plus !

« Vous pouvez évidemment me faire du mal, Keleth... Vous pourriez vous débarrasser de mes capacités magiques, je n'en doute pas, le temps que vous me tuez à main nue ou avec une quelconque lame. Cependant, dite vous ceci : vous ne savez pas ou se trouve ce dont j'ai invoqué. Ce n'est ni un démon, ni une créature magique... C'est quelque chose de bien plus ancienne et plus puissante que vous ne l'êtes. Nocif pour vous... Comme pour moi. Comme pour le monde entier d'ailleurs, je dois en présumer.
 -  Je serais bien inconsciente de répondre par la positive. Je ne sais ce que vous avez appelée à votre aide, Eris, mais le fait est qu'il s'attaque à mon lien matériel en ce monde, amenant par là nombres de limites que je ne peux combattre. »

Alors que la dynaste s'exprimait, la démone ne manqua pas de ressentir la pression terrible sur ses épaules s'évanouir, marque de l'absence d'utilisation de l'objet dont elle venait de faire usage pour la maîtriser, et la ramener un peu à sa place. Elle ne s'était pas préparée à ceci ? C'est vrai, elle n'avait pas imaginée que le lieu serait capable d'être sous l'influence d'un objet assez puissant pour permettre un bannissement rapide, et même si elle ne pouvait ainsi attenter à sa vie, sous quelques forme que ce soit, cela l'ôtait de toute potentielle attaque envers Eris, ce qui toutefois n'était pas gênant dans l'immédiat. Keleth n'était pas une démone liée à la magie, pour être même honnête, elle était quasiment incapable d'en faire usage, ne pouvait se concentrer que sur les aspects mineurs de ses pouvoirs hérités par le sang. En revanche, cela lui avait permise d'être tout à fait invincible face aux formes de mysticisme direct, les sorts projetés à son encontre ne pouvait même lui infliger le petit dommage... Mais ce n'était pas le cas de l'objet dont la Dame des Sables faisait usage, car il s'appliquait à la zone entière, ne cherchait pas à l'amoindrir elle, mais venait plutôt éloigner le palais de la belle femme aux cheveux d'ébène des raccords démoniaux, scindant les deux plans, et donc ôtant la présence de Keleth en ces lieux. Soit cette chose était douée de conscience, soit Eris avait une grande, très grande connaissance en démonologie, et pour l'instant Keleth ne pouvait pas trancher, si bien qu'il ne fit rien d'autre que se relever tranquillement une fois ses forces récupérées, et renvoya la lame à son fourreau, avant de rameuter les deux pièces de forge à son flanc, non sans laisser un léger sourire parfaire l'expression plus calme de son visage :

« Suivez-moi. On va parler de cela... Dans un endroit plus calme.
 -  Je n'ai pas de raisons de refuser. Ouvrez donc le chemin, je vous suis sans intentions belliqueuses, ne craignez rien. »

De telles paroles auraient tôt fait d'êtres douteuses, et la démone en avait bien conscience, mais elle tenait toujours ses paroles, elle ne comptait pas lui faire de mal, et elle n'avait pas non plsu de raisons de le faire, car elle lui avait déjà prouvée une chose qui était bien suffisante pour qu'elle lui accorde nombre de clémences : Non seulement elle n'avait rien de la succube, mais elle était aussi loin de ces humaines qui ne se laissaient aller qu'à la protection de leurs gardes, et autres petits préférés prêt à tout pour défendre leur muse ! Elle ne vint donc rien faire tandis qu'elle suivit cette femme d'une rare beauté dans les différents couloirs du domaine, se glissa en sa compagnie dans les arrière-salles, bien moins décorées dans le fond que le reste des lieux, moins clinquants, mais tout aussi appréciables à l’œil, avant qu'elles ne finissant par atteindre une large salle munie de plusieurs meubles, mais surtout d'une bien longue table, où reposait une paire de couverts sûrement laissés là à l'attention de la maîtresse du domaine. Charmante, élégante, reposante aussi dans le fond, étant donné que la pièce semblait recouvrer un peu du cachet des premières parties du lieu que Keleth avait visitée, elle ne manqua pas d'ailleurs de contempler cela avec une certaine tranquillité, loin d'être impressionnée encore une fois, mais reconnaissant quand même le travail qui y avait été produit pour la qualité de l'ensemble. De son côté, Eris avait déjà prit part à sa place autour de la table, s'y étant installée d'une manière bien calme, avant de se permettre quelques propos que la démone vint à ouïr d'une oreille intéressée.

« En grandes personnes, Keleth, nous allons discuter calmement de ce qui s'était passé et de ce qui aurait pu passer... A présent, dites-le-moi : d’où avez-vous entendu mon surnom ? Qui l'avait prononcer ? Des humains ou bien des Succube ?
 -  Permettez que je m'installes avant de vous répondre. »

Ses pas furent légers, silencieux, et elle ne manqua pas d'être un brin théâtrale quand elle vint à se poser sur la chaise qui lui avait été désignée, avant que sa posture ne se fasse plus sérieuse, plus directe à l'encontre de la belle dame du désert, ses deux coudes se posant sur la table avant que ses mains ne viennent se joindre de manière assez nonchalante, contrastant avec la posture plus directe de la femme. Ses mots, ceux qui vinrent, furent loin des reproches qu'elle avait déjà exposée, et pour être tout à fait honnête, portaient enfin une marque de respect envers cette femme qui avait prouver sa valeur il y a peu. Délicate dans ses propos, elle ne manqua pas d'ailleurs d'en profiter pour laisser son regard couler sur la femme avec un air qui laissait entendre son appréciation de l'esthétique de cette camarade de discussion, et si les conditions avaient été un peu différente, qui sait quelle genre de propositions elle lui aurait déjà faite... Sauf que l'heure n'était pas vraiment à se laisser aller à quelques rapprochements de peu de vertus :

« Pour être parfaitement honnête, les premiers échos me furent passés en enfer, car certaine des plus basses entités commençaient à se poser des questions, non seulement sur vos capacités relatives, mais sur la potentielle véracité de votre nature. Vous le savez déjà, je hais les succubes, elles n'ont rien pour me plaire, et cela m'as naturellement poussée à venir vérifier de quoi il en retournait... »

Elle laissa sa phrase en suspens, pour se redresser un peu, et pour se maintenir ainsi bien plus droite, bien plus impérieuse, chacun de ses mouvement s'exprimant désormais non pas dans l'agressivité, comme cela avait été le cas plus tôt, mais une forme bien plus claire de connaissances de manières princières, supérieure hiérarchiquement. Pour la première fois depuis leur rencontre, Keleth avait choisit une posture qui tenait de sa nature hiérarchique, explicitant par là sa bonne éducation, mais surtout qu'elle n'était plus là en tant que juge, mais bien plus en tant qu'une représentante de sa famille, qu'elle se devait d'honorer de son bon vouloir, de son bon parler, et surtout, de ses bonnes grâces envers une personne qui possédait elle aussi une véritable valeur. Il n'était pas certain qu'Eris le remarque, il n'était pas non plus certain qu'elle comprenne ce que ce genre de changement pouvait entendre sur la mentalité de l'Exécutrice à son encontre, et pourtant les fait laissait entendre qu'elle avait quand même réussi à passer d'une usurpatrice, d'une femme de peu de valeurs, capable de se souiller d'un sobriquet grotesque, à une femme d'importance aux yeux de la démone. Après tout, quoi de plus honnête que cela : Rare sont celles qui sont capable non seulement de se prononcer dans un verbe agile et clair, amis aussi de mettre Keleth à terre ne fusse qu'un temps. Et rien que pour cela, l'archi-démone se voyait mal de ne pas lui offrir le minimum de reconnaissance, chose qu'elle alla d'ailleurs exprimer avec un calme souverain, et un timbre mut par l'honnêteté la plus flagrante :

« Désormais j'en suis certaine, non seulement vous n'avez rien de ces choses déchues plus sottes les une que les autres, mais surtout vous avez de la valeur en tant qu'humaine, une valeur que je ne puis qu'exprimer avec respect, et en cela mes questions vont changer un tant soit peu : En quoi ce surnom vous convient-il ? Car d'autres manières, vous auriez sûrement tout fait pour vous en séparer, pour le condamner, ai-je tort ? Je vous en prie, expliquez moi donc ce paradoxe. »
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Eris Langnar
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« Répondre #7 le: Janvier 29, 2017, 10:36:25 »

Confortablement assise sur la chaise des plus confortable de la grande salle. Bien qu'elle sût qu'il fallait laisser place aux meilleures choses pour les invités, la Langnar n'avait nullement oublié momentanément cette tentative d'intimidation que Keleth avait tenter de lui faire subir sur la jeune Langnar. Eris n'était nullement stupide, bien au contraire. Depuis son enfance, elle avait été enseignée les manières de la Cours ainsi que les règles principales du Noble Jeu, un jeu dont les nobles et ceux de la Haute mentionnaient rarement, mais qui existait depuis toujours. Le jeu ou les nobles étendaient leurs influences en douceur, leurs visages figés en des masques de politesses et de courtoisie, cachant une soif de pouvoir derrière leurs yeux. Chaque Maison avait l'habitude de vanter leurs exploits guerriers passés ainsi que ce qu'ils avaient apporté dans le monde. Les Langnar étaient bien différent. Lentement, mais surement, ils avaient tissés des liens extrêmement solide a travers le désert ainsi que dans l'entièreté de Terra et bien ailleurs.

Les Langnar étaient des serpents. Bien que beaucoup les considérassent comme des lâches au vu de leur manque d'exploits guerriers, bien qu'ils en aient bien évidemment, et des plus intenses et glorieuses d'ailleurs, les serpents avaient des crochets. Le père d'Eris avait des crochets, sa mère, son oncle Olgierd, sa grand-mère, la Doyenne de la famille, tout Langnar en avait. Ils savaient simplement attendre leurs tours... Comme Eris l'avait fait avec Keleth. Bien que son attaque ait été plus dangereuse pour elle-même que pour la démone. Utiliser le Viik Torhan était en dernier recours. Elle n'avait eu aucune autre idée sur le moment, bien que Keleth semblât plutôt avoir été impressionnée par le petit tour de celui-ci. Elle semblait même avoir abandonné toute envie de se battre, à première vue. Mais il fallait qu'elle reste sur ses gardes. Elle était peut-être aussi douée pour masquer ses vraies intentions, bien que cela fît contraste avec son honnêteté cassante de toute à l'heure.   

Elle fit un signe de la main quand celle-ci demanda de s'installer, l'invitant à en faire de même. Eris devait se montrer courtoise, même envers les invités impolis sauf si ceux-ci commettaient une faute encore plus grave que ce Keleth avait commise. Elle lui expliqua donc comment et ou elle en avait entendu parler, disant que les mots s'étaient transmis aussi aux créatures inférieures des enfers et encore une fois, ne manqua point d'exprimer son mépris pour les Succubes en générale. Une chance que Tessia était partie, sinon elle en aurait pâti, pensa Eris avec un certain soulagement. Keleth avait été pousser par sa curiosité pour en arriver au désert, dans le simple but d'enquêter sur cette Succube du Désert. Sur Eris. Son ego en prit un sacré bon coup, dans le bon sens, comme si l'on flattait dans le sens des poils. Eris était grandement friande de compliments.

Elle en était au moins assurée qu'Eris n'avait rien de ces créatures inférieures, qu'elle avait de la valeur aux yeux de la démone et encore une fois, le sourire d'Eris qui s'élargissait quelque peu témoignait de sa soif inépuisable de compliments. Cependant, elle lui posa une question qui était pourtant des plus évidente: pourquoi se laissait-elle appeler Succube du Désert. 

Une minute de silence passa, auquel Eris ne faisait que la regarder en silence, faisant attendre Keleth avant de doucement étirer ses bras de chaque côté de son corps, comme pour englober la pièce. 

''De la puissance... Naît l'arrogance, Keleth. Vous en êtes un grand exemple, vous comme moi sommes nés dans l'opulence et dans une famille puissante et ancienne. Vous êtes venus ici en massacrant une bonne partie de la garde en pensant que vous trouveriez une autre de ces humaines princesses gâtés qui n'ont qu'un seul recours, leurs gardes ou leurs magiciens. Votre haine des Succubes vous a aveuglés et j'aurais pu vous tuer facilement, Keleth... Avec une facilité déconcertante. Cette haine que vous avez, ce mépris qu'ils vous inspirent, vous aveuglera et vous mènera a votre chute. Bien des Maisons sont tombés dans l'oubli, car leur arrogance était bien trop grande... Bien trop.

Vous ne voyez que le bout de votre nez, Keleth. C'Est-ce qui aurait pu conduire a votre perte, en ce jour. Tuée par une humaine aux os fragiles portant le surnom de Succube... Savez-vous comment était née la famille des Langnar? Par une esclave. Une esclave, oui. La Première des Langnar, celle qui a fondé l'une des Maisons les plus puissantes du désert, n'était rien d'autre qu'au début une simple esclave dont les enfants ont été brutalement tués par des barbares alimentés par une haine féroce des peuples du désert. Mais elle n'avait jamais été soumise, ni vaincue... Elle restait intacte, malgré ce qui s'était passé.

Alors elle mena la plus grande rébellion que le désert ait jamais connu et anéanti la quasi-totalité de cette population de barbares, les faisant tomber dans l'oubli. Leurs paresses et leurs propres forces leur faisaient défaut. Chaque Langnar se souvient du passée... Et c'est-ce qui fait notre force sans pour autant être trop arrogants. Car nous commençons tous en bas, Keleth. Votre famille avait commencée en bas, la mienne aussi, celle des Korvander, celles de tout le monde.
 
En se rappelant de notre passé, on se remet en place en se disant tous que l'on pourrait revenir à l'état initial d'esclaves a la moindre faute... C'est ce qui fait notre force, nous, aux serpents du désert. Le passé. Nous en tirons des leçons. Nous savons respecter les faibles comme les forts. Les Succubes sont connues pour leur beauté et leurs force ainsi que leur supériorité aux humains...

Je suis belle, je suis intelligente, je suis supérieur aux gens de la petite populace sans pour autant me montrer horriblement arrogante. Je sais ou me situer. La raison pourquoi j'autorise les gens à m'appeler la Succube du Désert ?''


Elle rejoignit ses bras une nouvelle fois et sourit un peu plus.

''Car je suis arrogante, j'ai un gros ego et j'apprécie ce surnom. Ça me flatte, ça me plaît. J'ai vu des Succubes, j'en ai couché avec... J'apprécie les compliments grandement. Et me surnommer Succube en est un, de compliment. Même si pour certains, cela me qualifierait de pute. Ils vous inspirent le mépris, ils m'inspirent du respect. C'Est-ce mépris qui pourrait vous tuer un jour, Keleth... On n'est pas invincible. Moi non plus. Des gens puissants peuvent mourir de manière bête à tous moment.''

Elle fit glisser magiquement le couvert vers elle-même et se servit de l'eau avant de la faire glisser vers Keleth. Eris en but une gorgée avec une des coupes bien ouvragées.

''Satisfaite de ma réponse... Ou déçue ?'' 

Du début vers la fin, le ton d'Eris n'avait été qu’honnêtement tranchant et cassant sans pour autant perdre de sa gracieuseté et de sa politesse. Que lui importait la réponse de Keleth, elle l'aurait, au moins.
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« Répondre #8 le: Février 02, 2017, 03:58:44 »

La démone n'avait que peu obligation de se faire aimable, de jouer d'un calme, d'une écoute, qui lui était pour l'instant principale dans sa manière de se conduire et d'agir, et cela, en tant que tel, était une forme d'appréciation qu'elle offrait à celle qui se trouvait en sa compagnie, et qui était en train de lui parler de manière bien simple, notamment au travers de quelques formes de politesses qui lui permettait sûrement de conserver, à ses yeux, une situation sans tension. Il n'était pas commun pour Keleth de jouer franc jeu auprès d'une personne qu'elle pouvait considérée comme inférieur, il n'était encore moins commun qu'elle se permette de s'asseoir à la table d'un être qui ne lui était pas égal, car il s'agissait d'un este qui la mettait à même hauteur que ceux qui cherchaient, parfois, à égaler sa grandeur, son pouvoir, son indubitable nature à être au delà de toute création existante en ce monde. Pourquoi le faire en compagnie d'Eris ? Parce qu'elle avait montrée les crocs ? Parce qu'elle lui avait prouvée une certaine forme de grandeur ? Ce n'était pas aussi simple, et les choses pourraient être longue à expliquer, mais dans la pensées de l'Exécutrice, le message pouvait être traduit de telle manière : Je m'installe à ton niveau, et me met dans une situation d'échange et d'écoute parce que tu as prouvée, au delà de ce qui est conté à ton propos, que tu n'étais pas aussi banale, simple, et inutilement existante que l'on pourrait le croire de prime abord. Certain y verraient une certaine forme de pedance, d'arrogance, mais dans le cas d'une personne comme Keleth, une telle forme de réflexion n'équivaut qu'à une chose : du respect.

Toutefois, les choses ne se profilent pas aussi simplement que celle-ci pourrait le vouloir, car bien loin de lui répondre avec la même intelligence dont Eris avait fait preuve plus tôt, cette dernière se lança dans un descriptif plus ou moins agréable de la façon dont elle considérait son invité surprise, et les mots qu'elle eut le don d'employer ne furent pas vraiment au goût de celle qui se trouvait assise à l'autre bout de la table. Un aveuglement ? De l'arrogance ? Pensait-elle vraiment que son piège de plus tôt avait eut l'occasion de lui faire peur, de la mettre sur la défensive, comme une femme que l'on venait soudainement de surprendre par quelques procédés qui la laissait d'un coup incapable de produire la moindre action dans les instants à venir, comme pétrifiée face à un être dont la tactique submerge la puissance la plus résolue ? La démone n'était pas sotte, elle avait bien vue l'état progressif d'épuisement qui avait affecté la dynaste personne avec qui elle échangeait lorsqu'elle avait fait le choix d'user de l'artefact endormi dans les environs, et elle savait très bien que, de toute deux, elle était celle qui se mettait le plus en danger lorsqu'elle en faisait usage, se privant sûrement d'une énergie vitale qui pouvait lui manquer, contrairement à la dame à la tenue couleur sang. Mais elle ne répondit pour l'instant, elle la laissa continuer son propos, se contenta d'ouïr le sermon plus ou moins légitime de la femme sans faire de vague, ne voulant pas la couper par un comportement qu'elle jugeait d'elle-même un peu trop réactif. Elle avait encore nombre de choses à découvrir sur cette « succube » bien mal-nommée.

Croisant donc les bras, la femme considéra avec silence le restes des termes d'Eris, commença lentement à se faire sa réponse en tête, et ne vint pas même montrer une forme d'agacement, se conservant dans une tenue qui se voulait aussi respectueuse que calme, avec un certain timbre de classe qui n'était pas foncièrement du plus bel effet avec les vêtements que la femme possédait sur ses épaules. Une guerrière, une combattante, avec les comportements de la haute société, ce n'était pas franchement courant après tout, mais Keleth ne doutait pas que ce genre de cas pouvait effectivement se produire dans le désert, lui laissant ainsi le droit à penser que son hôte avait déjà put remarquer une personne comme elle par le passé. Mais on ne vient pas discourir de la même manière entre une noble déchue, et une démone dont la puissance surpasse largement le monde matériel, le monde humain, c'est bien ce qui était en train de la gêner alors que sa camarade de la journée lui parlait de repenser au passé, et à l'évolution d'une famille qui avait débutée soin histoire dans la fange, pour s'élever avec la force de milliers d'hommes. Mais trêve de grognements dissimulés, la femme venait de se laisser aller à la remarque que l'archi-démone souhaitait entendre, et c'est donc avec un sourire un brin plus honnête, un brin plus présent aussi, qu'elle vint à accueillir les prochains termes de la Reine des sables, ne manquant d'ailleurs pas de graver dans sa mémoire le moindre mot qu'elle venait à utiliser pour lui exprimer son attachement à ce surnom que la démone ne pouvait apprécier.

« Car je suis arrogante, j'ai un gros ego et j'apprécie ce surnom. Ça me flatte, ça me plaît. J'ai vu des Succubes, j'en ai couché avec... J'apprécie les compliments grandement. Et me surnommer Succube en est un, de compliment. Même si pour certains, cela me qualifierait de pute. Ils vous inspirent le mépris, ils m'inspirent du respect. C'est ce mépris qui pourrait vous tuer un jour, Keleth... On n'est pas invincible. Moi non plus. Des gens puissants peuvent mourir de manière bête à tous moment. »

Un léger hochement de tête de sa part, ce ne fut que la seule réponse qu'elle lui offrit à ces mots, et une réponse qui toutefois pouvait tout et ne rien dire, étant donné la propension de la démone à ne pas avoir afficher la moindre réaction plus tôt, terrée dans un silence respectueux et tout aussi lourd que les hautes pierres dont était constituée la bâtisse où elles venaient à échanger de manière aussi « courtoise ». Ce ne fut que lorsque la femme en face d'elle vint à reprendre la discussion, lui relancer la balle de manière bien calme que la démone se permise enfin d'entre-ouvrir ses lèvres, et de commencer à répondre au long monologue de la femme par des termes qu'elle voulut savamment choisit, afin de ne pas chercher à heurter cette Reine, tout en lui permettant de comprendre qu'elle se méprenait sur quelques points qui n'étaient sûrement pas les plus agréable à entendre de la part de l'Exécutrice :

« Satisfaite de ma réponse... Ou déçue ?
 -  Satisfaite de la réponse que vous m'avez donnée sur la question que je vous ai posée. En revanche, les termes précédemment usés n'ont que peu de valeur à mes yeux, et même, me mènent à réagir de manière potentiellement indélicate. »

Elle laissa la phrase en suspens un court temps, avant de finalement quitter sa précédente posture pour poser tranquillement ses bras sur la table, une manière simple de montrer que ses mains étant placées en évidence, la violence de quelques propos qu'elle pourrait se permettre de prononcer ne sauront faire écho avec la violence d'actes répréhensibles. Eris était en effet une personne fascinante pour elle, car elle avait une considération d'elle-même que la femme reconnaissait comme étant exemplaire, une forme de lucidité qui n'avait que possibilité de lui permettre de comprendre le monde, et de se défaire de nombres d'entraves pour finalement se placée comme une dirigeante émérite, dont l'humilité se tenait pour bien plus sage que chez grand nombre d'êtres humains. Pour autant, la belle dame aux yeux envoûtants manquait par là de nombreux détails, accessoirement celui que la personne devant elle, toute humaine qu'elle pouvait paraître, ainsi nue de forme démoniaque précise, et ne souhaitait de toute manière clairement pas ressembler à un imp quelconque, ou à ces formes inférieurs de démons qui cherchent à impressionner de leurs attributs difformes, n'en était pas moins l'un des plus grands dangers que ce monde portait. Et si l'on tient à son intégrité physique, on ne parle pas comme on vient de le faire à une personne de sa caste, de son importance, que cela soit perçu comme de l'arrogance, ou de l'inutile supériorité. Keleth appréciait le franc-parler d'Eris, et sa nature même à ne pas vouloir se débiner face à une forme de puissance largement supérieure, mais pour le coup, elle venait d'aller trop loin, et les mots qui suivirent ne furent ainsi qu'une expression honnête de ce manquement d'égard :

« Sachez, dame Langnar, que si vos propos auraient sûrement affecté en bien une entité humaine, il n'en est pas de même avec une personne de naissance démoniaque. La mort hante nos pas, la traîtrise suit notre ombre, le désir de vengeance ou de conquête guide nos bras. Les familles les plus hautes hiérarchiquement sont en effet des êtres qui ont montés leurs pouvoirs sur une pile de cadavres, mais qui ne peuvent désormais être détrônés. Arrogance ? Aveuglement ? Salvatrice réflexion sur un passé inférieur ? Soixante millénaires me furent connus en tant que bâtarde sans pouvoir, et ces soixante millénaires m'ont largement permise de comprendre ma place dans ce monde, et le besoin que j'avais de m'en libérer de ses chaînes. »

L'aura de la démone prit d'un coup une ampleur terrible, certes pas agressive, mais capable de faire ressentir un ire qu'elle cachait depuis maintenant plusieurs longues minutes, et qui aurait largement tendance de terrifié ceux qui ne sauraient se préparer à un tel impact inconscient. La table de bois, sous les mains de la démone, vient soudainement de pourrir, de se flétrir, de quitter définitivement la vie sous l'effet du soudain manque de retenue de Keleth, et si le Viik Thoraan pourrait comprendre cela comme une forme d'agression, ce ne seras que pour laisser face à lui une démone en train de bander sa volonté pour minimiser les effets du grimoire, ne l'annulant certes pas, mais le ralentissant de manière particulièrement claire, alors qu'elle reprend son propos en se calmant lentement, son aura s'adoucissant de plus en plus pour laisser finalement ses mots parler pour elle, sans qu'elle n'ai à faire usage de la pression naturelle dont exulte son être.

« Le passé est différent d'une personne à une autre, catégorisé autrui ne mène qu'à l'asservissement de sa propre pensée. Ne vous est-il pas venu à l'esprit que vous auriez put perdre la vie avant même de me bannir dans mon plan d'origine par le biais de votre artefact ? Et je parles bien de bannissement, autrement dit, la mort ne serait pas venue me cueillir, au contraire des risques que vous encourez. De même, ne penseriez vous pas que je pourrais originellement agir de telle manière que votre œil ne saurait capter mon mouvement, avant que votre tête ne vienne toucher le sol de votre maisonnée ? Vous êtes intéressante Eris, d'une grande beauté, et d'un présence d'esprit toute honorable, et c'est bien pour cela que je souhaites en apprendre plus. Mais n'allez pas confondre mes gestes, mon intérêt pour vous peut bien flancher sous l'effet de propos qui seraient largement inappropriés ! »

Soupirant enfin, calme, elle prendra un court temps pour fermer les yeux, puis les rouvrit, affichant alors un visage amical, détendu, bien plus proche de son comportement originel que de la soudaine colère qui venait de l'emporter bien loin de son humanité pendant quelques instants. Ses mots eux-même changèrent d'ailleurs du tout au tout, et quand elle vint finalement de nouveau ouvrir les lèvres pour faire l'expression de son appréciation envers Eris, ce fut d'une voix claire, agréable, et presque chantante.

« Mais oui, j'ai entendue votre justification, et elle me convient dans sa présentation. Je dois avouer que j'aurais bien à accepter pareil surnom, c'est peut-être d'ailleurs ce qui fait que je n'en possèdes pas. N'hésitez pas à poser vous même vos question, après tout nous ne sommes pas au tribunal, et je ne suis sûrement pas seule à me questionner sur mon interlocutrice, n'est-ce-pas ? »
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Eris Langnar
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« Répondre #9 le: Février 18, 2017, 06:02:37 »

La vipère était fourbe, vicieuse et mordante. Se cachant dans des broussailles ou sous le sable en attendant d'une proie pour se nourrir, elle se fondait particulièrement bien dans le décor. Peu importe ses écailles, la vipère saurait toujours se fondre dans un décor pour bien piéger sa proie. Et quand elle approchait, approchait et approchait, malgré toutes ses défenses... La vipère réussirait toujours à prendre par surprise son adversaire, quel que soit ses capacités ou sa taille. Et la Vipère du Désert avait des grands moyens pour faire du mal. Elle avait sa propre milice privée, taillée pour combattre un grand nombre et de type d'adversaires. Il y avait des cavaliers hors-pairs, des lanciers maniant la lance d'une manière phénoménale, des maîtres de l'épée capable de s'occuper de dix hommes avant d'être blessés. Et des magiciens hors-pairs capables de sorts destructeurs.

Mais elle savait aussi que cela ne suffirait pas contre la démone des enfers, Keleth. Cela ne suffirait point. Même préparés, ils ne pourraient rien faire. Alors le Viik Torhan joue un rôle décisif. L'ultime instrument de guerre et de destruction. Aussi ancien que la Première Langnar, même bien plus. Ce grimoire renfermait des choses interdites qui affecteraient le monde entier... Et c'était pour cette raison que les Langnar l'utilisaient de manière limitée, modérée. Nulle doute que cela pourrait tuer bien des personnes, entre de mauvaises mains. Et c'était pour cela que comme pour tant d'autres raisons, les Langnar avaient développé pour chacun et chacune des aptitudes incroyables pour la politique. Eris en était un exemple. Ses parents étaient, toutes les deux, excellents politiciens, encore plus sa grand-mère, alors aucun doute qu'elle aurait hérité de ses talents.   

L'habileté à jouer une autre personne était facile pour Eris. Elle savait jouer un rôle et en ce moment, elle gardait un calme impassible devant Keleth tandis qu'elle lui expliquait sa vision des choses. Son sourire ne disparaissait jamais, même quand la table s'était flétrie et que Keleth avait dorénavant une mine intimidante. Eris jouait le rôle d'une dame bien calme, mais elle restait tendue, en alerte dans le fond, tandis que le Viik Torhan était passif, impassible et calme comme l'eau d'un lac. Malgré la colère de la démone, Eris n'en avait tout simplement rien à faire. Elle s'était exprimée et ne comptait point changer d'avis.

-Non, en effet, j'ai bien une question : votre famille a-t-elle l'or nécessaire pour rembourser cette table maintenant toute flétrie et pourrie ? Mine de rien, elle n'avait jamais été achetée et était restée là depuis des millénaires, bien avant votre venue en ce monde.

Avec un sourire, elle tapota du bout d'un doigt la table qui en quelques secondes, retrouva sa gloire d'antan, aussi belle qu'au premier jour.
 
-Mais malgré le fait que le Viik Torhan peut me procurer ce que je veux en information, je ne sais pas tout, en effet. Comment fonctionnent vos politiques ? En avez-vous tout simplement une, semblable à ceux auquel les humains se livrent, un jeu d'influence et de complots ?
 
Eris but une nouvelle fois une gorgée d'eau claire et sourit tout en regardant la démone dans les yeux malgré la distance qui les séparait.

-Et surtout, sont-elles aussi fortes que vous ? Avez-vous une armée qui se terre comme dans de nombreuses histoires farfelues, prêtes à anéantir le monde dans lequel nous vivons ? Mine de rien, les histoires peuvent bien venir de quelques parts ou bien n'être qu'un simple tissu de mensonges couvrant la vraie vérité. Parfois, je me demandais même qu'attendiez-vous pour envahir le monde et tous nous massacrer, nous, êtres semblables aux animaux les plus brutaux qui peuvent exister, remplis de choses mauvaises. 
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« Répondre #10 le: Mars 04, 2017, 10:54:09 »

La femme devant elle n'avait pas cillée le temps de sa colère, elle n'avait pas perdue sa contenance, et ne c'était pas non plus laissée aller, à quelques renforts de cris, à lui dire qu'elle n'avait pas le moindre droit d'agir ainsi dans son domaine, ce qui était en soi le cumul de plusieurs éléments dont elle pouvait être bien fière, peu de personnes pouvant ainsi conserver le plus pur de leur calme dans une situation aussi soudaine et agressive. Keleth n'allait pas pour autant se montrer dupe d'un tel comportement, elle se doutait qu'elle n'était pas restée de marbre face à son changement clair de manière d'agir, mais elle n'en avait pour autant pas fait la moindre démonstration, prouvant par là qu'elle avait sûrement déjà dut jouer de force morale envers un être aussi ou plus puissant qu'elle, et qu'elle avait parfaitement le don de gérer ce genre de bougre en ne les laissant pas se trouver le confort d'une réaction moins classique pour se complaire dans leur rage. Décidément elle accumulait les bons points du point de vue de la démone, quel gâchis qu'elle soit appelée succube par ses confrères, elle mériterait une reconnaissance bien plus importante que celle-ci, mais encore une fois elle n'était plus là pour lui dire à quel point elle détestait ce genre de terme, le sujet était passé, et toute deux avaient eux à s'exprimer sur ce détail. Non maintenant elle avait plutôt laissée la parole à son hôte, attendant que celle-ci se permette la recherche des quelques informations qui sauront faire son plaisir, et parfaire son besoin curieux de découvrir qui se trouve exactement en face d'elle. Et honnêtement, sa première phrase fut un peu nébuleuse à comprendre pour la démone, avant qu'elle n'en capte l'humour sous-jacent :

« Non, en effet, j'ai bien une question : votre famille a-t-elle l'or nécessaire pour rembourser cette table maintenant toute flétrie et pourrie ? Mine de rien, elle n'avait jamais été achetée et était restée là depuis des millénaires, bien avant votre venue en ce monde. »

Elle doutait fort que la femme en face d'elle soit au courant de son âge, sinon elle ne se serait sûrement que peu permise de la considérer comme plus jeune que le beau mobilier en bois qu'elle venait de flétrir à cause de la malveillance qu'elle avait émise bien malgré elle dans son accès de colère. Toutefois, est-ce qu'elle était vraiment en train de lui demander si elle avait l'argent nécessaire pour repayer cela, alors même que la moindre pièce de sa tenue serait en mesure de couvrir les frais pour une salle entière ? En fait non, et elle le remarqua quand elles femmes se contenta d'un brin de magie pour offrir à la table sa première jouvence, la retournant à un état resplendissant, et laissant à Keleth le goût amer d'une magie ancienne qui n'était pas vraiment en phase avec sa propre nature, bien plus belliqueuse, bien moins bienveillante, mais surtout relativement sensible aux sortilèges qui lui étaient proches. La démone n'aimait pas l'usage de la magie à ses environs, car il s'agissait bien là d'une de ses seules faiblesses. Née sans magie, vivant sans magie, et n'en usant désormais que part les babioles conçues par Laghturia, sa sœur, elle avait énormément de mal à se protéger autrement des assauts de ce type, et c'était bien pour cela que sa vie avait connu plus d'un revers cruel dans son enfance. Enfin, pour l'instant elle n'exprima ni son aversion pour l'art ésotérique dont Eris avait fait l'usage sur la table, ni sur les questions qu'elle avait posée, se contentant de rester des plus calmes et simple en attendant que la femme reprenne son discours, car elle sentait bien que cette dernière avait encore fort à dire avant de lui offrir un temps d'explication.

« Mais malgré le fait que le Viik Torhan peut me procurer ce que je veux en information, je ne sais pas tout, en effet. Comment fonctionnent vos politiques ? En avez-vous tout simplement une, semblable à ceux auquel les humains se livrent, un jeu d'influence et de complots ?
 -  Nous en avons une, mais finissez donc vos questions, que je puisses répondre à toute d'un trait. »

Elle profitait qu'elle soit en train de se désaltérer pour se permettre ce rapide propos. Après tout, il était plutôt simple de lui offrir les réponses à ses questionnements, et bien loin d'être dangereux étant donné que pas mal de choses restaient généralement houleuse pour la société humaine dés qu'il s'agissait des démons, à tel point qu'ils étaient souvent vu comme des entités barbares, sans conscience, et prêt à tout pour plonger le monde humain dans un chaos perpétuel, au nez et à la barbe du divin. Et puis franchement, que risquait-elle à témoigner de cela envers cette femme humaine, dont la seule défense en l'état actuel des choses avaient été un grimoire qui certes pouvait lui faire des dégâts, ce qui restait un exploit, mais qui aurait plus vite tendance d'achever les forces de son utilisatrice plutôt que de lui porter un coup de grâce ? Non, elle était en pleine disposition pour lui offrir tout les renseignements qu'elle souhaitait, simple échange à ses yeux pour lui avoir sabotée une bonne partie de sa garde armée, et pour être rentrée ici comme une sauvage prête à dévaster la moindre colonnade de pierre sur la simple base de rumeurs qu'elle avait entendue de bien loin. Elle espérait simplement qu'Eris choisisse de ne pas taire ses réelles questions par trop plein de bonne tenue, et qu'elle se permette de s'exprimer de manière claire sur les choses qu'elle souhaitait découvrir, autant sur le monde démoniaque que sur son invitée aux cheveux d'argents :

« Et surtout, sont-elles aussi fortes que vous ? Avez-vous une armée qui se terre comme dans de nombreuses histoires farfelues, prêtes à anéantir le monde dans lequel nous vivons ? Mine de rien, les histoires peuvent bien venir de quelques parts ou bien n'être qu'un simple tissu de mensonges couvrant la vraie vérité. Parfois, je me demandais même qu'attendiez-vous pour envahir le monde et tous nous massacrer, nous, êtres semblables aux animaux les plus brutaux qui peuvent exister, remplis de choses mauvaises.
 -  Hum désolé de vous surprendre, ou peut-être de détruire un peu quelques croyances humaines connues, mais nous sommes bien loin de ce genre d'activité désormais. Le premier projet d'expatriation sur d'autre plans, d'autres terres remontent à mes jeunes années, et pour être parfaitement honnête, nous cherchions principalement des ressources d'une nouvelle qualité, point d'envahir et de trucider. »

Elle fit une pause, et hésita à parler précisément de ce passé, qui restait bien loin pour elle, mais qui avait sûrement toute valeur historique en un monde où les questions sur la démonologie, le contact des forces pures du monde « abject », que tant de poètes et d'écrivains avaient décrit comme un bourbier de sang et de glaire où moisissent les âmes des défunts, ou la culture démoniaque, n'en était qu'à leurs balbutiements. Redressant son regard sur le visage d'Eris, cette belle femme du désert au teint basané, si différent de la pâleur impressionnante de sa propre peau, Keleth l'observa un court temps dans un silence complet, jugeant du mérite que cette femme pouvait avoir à obtenir pareilles informations, se demandant de manière bien calme si elle faisait le bon choix en se lançant dans un tel détail lors de ses explications. Et finalement, elle en vint à se dire qu'elle pouvait jouer franc-jeu pour une fois, après tout elle n'avait pas grande valeur à agir comme une cachottière, et quitte à ce qu'elle veuille obtenir de plus amples détails sur son hôte, elle se devait bien de prendre un peu le contrôle de la discussion en se permettant d'abord de s'exprimer sur sa propre personne. C'était donnant-donnant, et puis quand elle y réfléchissait un peu plus encore, elle se sentit même plutôt heureuse de raconter cela, elle qui avait si peu eut l'occasion d'offrir les informations qui tournaient autour de l'implication de sa famille dans le changement des Enfers, et qui se sentait aussi passablement bien à l'idée de pouvoir conter une histoire assez inédite à son interlocutrice, sa propre histoire, qu'elle tenait pour passablement secrète tant elle manquait d'appréciation pour les durs centenaires de l'aube de son existence :

« Je vous laisse le droit de me couper à un moment si je vous perds, mais je vais me permettre de vous conter une vieille histoire pour répondre à vos questions. Autrefois, dans ma pleine jeunesse, il y a bien soixante-cinq millier d'années, les enfers étaient sous la domination d'un seul être, et ses mots étaient les lois de notre monde. Belliqueux, son principe était d'écraser les familles montantes dans la hiérarchie démoniaque, afin de garder un plein contrôle, tout en préparant sa domination sur d'autres mondes, d'autres êtres. Sauf que certains démons ne purent accepter pareille comportement. Rapidement, une défense se leva, dirigée notamment par mon vieil ancêtre, celui qui m'as apprit à combattre. Cet être idiot vaincu, nous parvînmes rapidement à constituer un nouvel ordre dans les enfers, un ordre de puissance, de forces, permettant d'ériger les fondations de notre société, extrêmement hiérarchisée, où chaque strates, chaque noms, chaque terres convient à un rang précis des caste de notre peuple. Les grands hiérarques, que vous appelez parfois archi-démons, sont généralement des chefs de familles, voir des membres importants d'une famille particulièrement puissante. Puis, au milieu de cela, ni démon, ni archi-démon, ni autre, il y a l'Exécuteur, ou l'Exécutrice en charge, qui représente la loi, et l'applique à tout être lié aux enfers. Je suis l'actuelle Exécutrice, donc je peux témoigner que peu sont ceux qui sont même capable de juger pouvoir me défier. »

Elle s'arrête, puis réfléchit, et se prend à une dernière phrase :

« Oh et nous avons rapidement quitter les désirs de notre ancien dirigeant, pour simplement considérer notre besoin d'expansion coloniale par simple survie. En somme, une grande partie des démons sont présents dans le simple but de profiter d'une terre qui leur convient plus que leur monde d'origine, ce n'est pas plus compliqué que cela ! Est-ce que ces explications vous conviennent, ou venez vous à en vouloir d'autres, plus pointues ? »
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Eris Langnar
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« Répondre #11 le: Mars 05, 2017, 11:08:49 »

Les mains jointes, Eris écoutait toujours Keleth avec cependant une plus grande attention, avide d'en savoir plus, tout en conservant sa garde. Bien qu'elle se sentît calmée, Eris savait qu'elle avait touché un point sensible en la provoquant de cette manière, en la traitant d'arrogante qui ne voyait que le bout de son nez. Mais c'était comme ça qu'un serpent pouvait faire aussi. Faire mine de mordre en montrant de l'hostilité sans autant le faire. Elle testait, voyait, analysait, pour savoir ce qu'elle pouvait faire vraiment en cas d'attaque. Elle avait donc évaluée que si elle venait à combattre Keleth et qu'elle réussissait à la vaincre, il y aurait incident diplomatique puisqu'il y avait bien une politique chez eux.

Elle lui expliqua ensuite que les histoires d'invasions sur le monde entier avec une horde de monstres venus des enfers étaient maintenant bien éloignées et ces temps-là étaient révolus. Honnêtement, et sans doute sans qu'Eris ne le sache, cela l'avait rassurée. Elle n'aurait guère voulu vouloir essayer de combattre des démons anciens ou pires, des archidémons. Ces choses-là devaient surement être des saloperies sans nom. C'était aussi pour cela qu'Eris évitait grandement les invocations, par peur de perdre le contrôle de ce qu'elle avait appelé et ainsi causer des ravages et des dommages irréversibles aux locaux comme au monde. Mine de rien, elle voulait garder bonne réputation. Puis Keleth sembla avoir un instant d'hésitation un moment, ce qui surprit Eris. Avait-elle un dilemme à faire ou hésitait-elle à poser une question à Eris ?   

Enfin, elle parla et Eris écouta de nouveau avidement. Il y avait bien soixante-cinq milliers d'années de cela – Eris fut un peu surprise sur le coup de sa vieillesse malgré sa jeune apparence qui lui donnait une vingtaine d'années -, les enfers étaient dirigés par une seule et puissante entité dont les désirs devenaient des ordres. Peu enclin à partager ses pouvoirs, il réduisait à néant ceux qui atteignaient un certain seuil de pouvoir tout en préparant ses plans de conquêtes d'autres mondes et d'autres plans. Les démons, n'acceptant guère ce genre de choses, se rebellèrent contre lui et rapidement, il tomba du siège de son pouvoir, vaincu par l'ancêtre de Keleth et les rebelles instaurèrent un nouvel ordre, décernant des terres selon les castes et l'espèce démoniaque placée selon leur nouvel hiérarchie. Elle révéla ensuite qu'elle était en quelque sorte la police en tant qu'Exécutrice du moment.

-Non Keleth, tout est clair, répondit Eris avec un joli sourire de sa part en reprenant une gorgée de son eau. Votre peuple est fascinant, bien qu'elle inspire une certaine crainte aux gens de ce monde, même a moi. Les invocations de démons ou des choses de ce genre, très peu pour moi. Malgré ma maîtrise de la magie, je doute de pouvoir contrôler quelque chose que j'ai invoqué d'un autre plan.

Elle resta silencieuse un moment et dit ensuite.

-Dite moi, Keleth, a quoi donc ressemble les Enfers ? Sont-ils forcément comme nous le pensons, des flammes qui brûlent en permanence avec des âmes errantes en douleurs ou bien est-ce quelque chose d'autre ? Mine de rien, je ne les ai jamais visités. J'imagine que la perception des Enfers doivent varier selon chaque culture et peuple. Avez-vous une quelconque religion en bas... ?

Eris afficha ensuite un autre doux sourire.

-Enfin, si les Enfers se situent évidemment en bas, sous la terre. Qui sait, peut-etre que les Enfers ne sont qu'une autre dimension aussi, tiens. Je ne suis qu'une pauvre humaine qui ne sait rien du tout sur ces mondes, ne se contentant que d'errer en cette terre jusqu'a ce que ma mort viendra.
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« Répondre #12 le: Mars 09, 2017, 03:09:25 »

La monarque semblait particulièrement intéressée par son discours, elle qui avait des doutes sur sa compréhension, ou sa croyance en ses explications, elle fut plutôt étonnée de découvrir dans la femme du désert autant d'écoutes, et de plein silence, alors que la démone parlait quand même d'un sujet de longue date, et donc porteur, généralement pour bien du monde, d'une grande part de conte et de racontard. Bon, elle avait quand même sentit une surprise réelle du coté de son interlocutrice alors qu'elle avait annoncée les soixante-cinq mille années qui la séparait de sa naissance, mais au delà de ça elle ressentait tout de même une tranquillité d'esprit quasiment parfaite de la part d'Eris, et cela lui plut, encore une fois, même si elle ne se doutait pas pour autant de toute l'analyse dont son hôte était capable à mesure qu'elle s'épandait sur la situation des enfers, et son incroyable revirement de situation. Après tout, il était vrai que cette femme cachait bien, voir même très bien son jeu, et que le masque perpétuel sur son visage n'avait qu'autant de perfection que la beauté de la dame de Ghibli, si bien que la démone n'avait pas la moindre possibilité de lire à l'intérieur de ses prunelles, ou de ses traits, les réactions plus profonde de celle qu'elle avait passablement agressée plus tôt. Bonne chose ou non, il fallait bien avouer que Keleth n'avait pas vraiment l'habitude de ne pouvoir se permettre cette lecture approfondie, mais elle ne s'en sentait pas pour autant trop frustrée, profitant de cette occasion pour se mettre un peu au défi, et chercher d'autres manières de capter les réactions de la belle femme au teint sombre.

Comme, par exemple, toute l'attention qu'elle portait à ses termes, synonyme de sa surprenante curiosité :

« Non Keleth, tout est clair. Votre peuple est fascinant, bien qu'elle inspire une certaine crainte aux gens de ce monde, même a moi. Les invocations de démons ou des choses de ce genre, très peu pour moi. Malgré ma maîtrise de la magie, je doute de pouvoir contrôler quelque chose que j'ai invoqué d'un autre plan. »

Elle ne répondit pas, mais put s'amuser de manière un peu muette sur ce qu'elle venait de lui dire, pas par moquerie, mais bien grâce à la franche honnêteté avec laquelle Eris venait de lui confier son inconfort vis-à-vis des entités de nature démoniaque, ce qui ne laissait pas foncièrement l'Exécutrice indifférente au niveau de sa perception de la belle femme du désert, et lui donnait presque envie de la taquiner de manière un peu plus directe. Mais elle n'en fit rien. Elle préféra plutôt se laisser aller à quelques pensées qui n'avaient pas vraiment de relations avec leur discussion actuelle, se rappelant à quel point les mages capable de véritables convocations étaient généralement vu comme des êtres de biens basses extractions par les différentes castes du plan démoniaque, méritant la mort la plus immédiate possible quant la moindre petite faute était commise aux cours de leurs rituels. Elle se demandait d'ailleurs si cela n'était pas en lien avec le fait que les démons étaient ainsi perçus comme les pires créations de ce monde, et donc les choses les plus dangereuses et imprévisibles à rencontrer ou appeler dans ce domaine d'existence ! En tout cas, elle ne s'en doutait sûrement pas, mais en se présentant comme une femme qui n'avait pas la prétention de pouvoir se permettre de convoquer et d'appuyer sa domination sur un démon, elle s'était montrée d'autant plus intelligente et louable aux yeux de Keleth qu'elle ne l'était déjà auparavant... Suffisamment même pour que la puissante archi-démone se trouve l'envie de lui confier un bien étrange secret, même si elle préférait encore attendre, et se contenta donc de poursuivre son écoute de la monarque, qui elle repartait sur ses précédents propos :

« Dite moi, Keleth, a quoi donc ressemble les Enfers ? Sont-ils forcément comme nous le pensons, des flammes qui brûlent en permanence avec des âmes errantes en douleurs ou bien est-ce quelque chose d'autre ? Mine de rien, je ne les ai jamais visités. J'imagine que la perception des Enfers doivent varier selon chaque culture et peuple. Avez-vous une quelconque religion en bas... ? Enfin, si les Enfers se situent évidemment en bas, sous la terre. Qui sait, peut-être que les Enfers ne sont qu'une autre dimension aussi, tiens. Je ne suis qu'une pauvre humaine qui ne sait rien du tout sur ces mondes, ne se contentant que d'errer en cette terre jusqu’à ce que ma mort viendra.
 -  Avant toute choses, je me permettrais tout de même de vous dire que je doute que vous alliez errer en ce monde sans raisons et connaissances jusqu'à votre mort. Vous êtes curieuse, intelligente, et ces deux éléments, à eux seuls, ont grandes forces pour éviter aux gens de se perdre, de s'oublier, de stagner. »

Elle parlait en connaissance de causes, cette philosophie l'avait sauvée quand elle avait commencée à se déplacer sur Terra, quand elle s'était retrouvée à devoir survivre avec deux âmes dans un seul corps, et si elle n'avait pas eut l'intelligence de comprendre les coutumes des lieux, de déceler les potentiels chutes d'un royaume, d'un empire, et si elle ne s'était pas découverte des lieux où elle pouvait assurer sa survie malgré des forces bien moindre, elle ne serait pas là pour discuter. Non, quelqu'un qui, comme Eris, est capable de gérer les sautes d'humeur d'une archi-démone en proie à une certaine colère, qui ne s'est pas encore trouvée déchiquetée par quelques procédés malhonnête par celle-ci, qui est au pouvoir depuis des années et qui pourtant n'as pas encore connue la trahison ou l'assassinat, ou même qui se présente d'elle-même comme une personne d'une pleine humilité, par conscience de sa place dans un univers de conflits, n'a pas vraiment à craindre au yeux de l'Exécutrice, et même pourrait se prétendre bien plus importante que son comportement le laisse entendre jusqu'ici. Mais de cela, elle ne comptait pas faire la morale, ou le souligner, il y avait plus important, ou intéressant à dire, et Keleth considérait que ses termes précédents étaient bien suffisant pour laisser entendre à la femme le tout de son propos. Elle alla plutôt s'étirer un peu la gorge, de manière à éclaircir sa voix, puis, se détendit avant d'observer la femme de l'autre coté de la grande table, et placer son regard droit dans le sien, enchaînant dés lors sur des termes plus doux, plus amusés, en tout cas de sa part :

« Puis-je me permettre un petit aveu ? Oh je crois que je vais le faire, vous le méritez, et vu toutes les bonnes surprises que vous m'avez offerte, je pense que je peux me permettre de vous en offrir une ! Sachez que la difficulté de convocation et de domination d'un démon n'est pas vraiment dépendante de son rang, mais plus de sa sensibilité magique. Plus il est lié à l'immatériel, moins celui-ci a d'emprises sur lui. En ce sens, ceux qui, comme moi, n'ont AUCUN liens avec la magie protègent jalousement leur nom véritable. Dites vous qu'en l'apprenant, non seulement je ne pourrais résister à votre appel, mais surtout j’apparaîtrais aussi faible qu'un nourrisson. »

Elle disait cela en tout honnêteté, mais surtout avec un large sourire, comme si le fait de se permettre pareil propos étaient un véritable soulagement pour la femme, ce qui n'était en soi pas faux étant donné que ce genre de cachotteries n'étaient pas vraiment dans son caractère, et qu'elle préférait encore l'annoncer quand elle le pouvait plutôt que de se dissimuler au travers de quelques tournures de discussion fatigantes. Au moins, ainsi, elle se permettait de prouver qu'elle jouait franc-jeu avec la monarque, d'une manière que certaines entités démoniaques évalueraient comme dangereuse, voir suicidaires, mais pour l'occasion, Keleth n'avait point sentie de mensonges dans les propos de son hôte plus tôt, et ainsi se trouvait quasiment certaine qu'elle ne ferait pas mauvais usage de ce qu'elle venait de lui offrir comme information, y découvrant le plaisir de la connaissance, mais pas celui du pouvoir. Et puis elle avait bonne espoir qu'en découvrant ainsi que celle se trouvant devant elle n'était pas invincible, Eris puisse se permettre désormais de la considérée comme une invité un peu plus... normale que plus tôt, peut-être même une simple camarade de discussion. Bon elle n'attendait pas pour autant que cette dernière oublie qu'elle avait élimée une bonne partie de sa garde sans prévenir de sa venue mais bon. Qui sait, avec un peu de chance, peut-être pourront-elles enfin sortir de cette prudence commune en se faisant un brin confiance ? Ce serait du moins préférable, plutôt que de rester de manière permanente sur ses gardes, au point de perdre une qualité de conversation dont Keleth ne souhaiterais la disparition :

« Pour ce qui est des Enfers... Il s'agit d'un domaine dont généralement les gens ne doutent pas de la taille, et de l'incroyable variété qui s'y trouve. Alors, oui, une partie des enfers sont comme on les décrit, des vastes champs enflammés, aux teintes sombres, et où le sang de millénaires d'affrontement ont rougit la pierre de manière permanente. Mais résumer ce lieu à cela est sot. Certaines parties sont des niches magiques aux cristaux tranchants, des déserts d'un danger palpable, où se cachent des bêtes non moins mortels, ou encore des abîmes sans fonds, remplit d'une eau noire comme l'encre, y cachant de terribles secrets. Si je devrais trouver un point commun entre tout ces lieux, je parlerais sans doute de stérilité végétale, menant bien sur à un perpétuel affrontement entre les différentes espèces pour se repaître, et vivre. »

Elle laissa une courte pause se produire entre ses propos, où elle chercha à quérir un court quelques informations sur le visage d'Eris, mais celle-ci ayant toujours placée son masque de courtoisie sur ses traits, elle ne parvint guère à y trouver le moindre indice sur sa perception des choses vis-à-vis de ses termes. Tant pis, elle enchaîna du coup sans attendre, reprit vivement son explication avec un visage toujours souriant, entrant un brin plus dans le détail.

« Mais je suppose que la question vas pour se poser sur l'aspect de mon propre lieu de vie n'est-ce-pas ? Eh bien vous ai-je dis que votre désert et votre soleil m'ont passablement chauffé le sang ? Il y a une bonne raison à cela, j'habite dans une partie... singulière des enfers, nommé Cocyte, Cocytus, ou Cocytius. Considérez qu'il s'agit d'une large plaine de neiges et de glaces, au plus profond des Enfers, où nombres de lacs gelés se dissimulent sous les épaisses couches blanches, prête à engloutir dans leur gel millénaire les inconscients qui y passent. Et au creux de ce monde aux reflets aussi stupéfiants que létaux, se trouve la citadelle de la famille Lilith, où gouverne ma mère, Terebetha. »

Un énième sourire, puis une voix mutine qui envoie une légère provocation :

« D'autres questions, belle et curieuse monarque ? »
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Eris Langnar
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« Répondre #13 le: Mars 10, 2017, 05:19:50 »

Elle vit le regard amusée de Keleth quand elle dit que les informations étaient bien claires concernant ce qu'elle avait pu délivrer a la jeune femme. Eris se sentait quelque peu soulagé bien que les tensions de la menace de mort de tout à l'heure étaient encore présente en elle, seulement bien moins présente a présent. Elle avait toujours été inconfortable avec les invocations, choses que sa propre mère maîtrisait pourtant avec une grande aisance. Mais au moins, Eris était née avec un talent naturelle pour beaucoup de sort magique, notamment les sorts de Morts. Tuer pour elle était comme écraser une mouche ou deux, facile et sans émotion, sans pour autant être un monstre de cruauté. Son mari maintenant mort avait été aussi quelqu'un de naturellement doué pour le meurtre, reconnu pour être un des plus grands chef de guerre dans tout Terra, et le plus grand chef de guerre dans tout Terra. Même le commandant de ses Scorpions Dorées n'avait jamais pu atteindre ne serait-ce qu'une infime partie de ses talents.   

Elle aussi était douée, mais pourtant, elle doutait qu'avec ses seuls sorts, elle pourrait vaincre Keleth. Elle avait dû recourir à l'aide de l'entité dans son Viik Torhan. Une entité qu'elle connaissait bien, mais qui pouvait se montrer des plus... Imprévisibles. Même beaucoup trop pour quelqu'un possédant une puissance qui allait au-delà d'une ou de plusieurs divinités mises ensemble. Ennuyé constamment, cherchant à se divertir auprès de simples humains... Eris en perdit heureusement ses pensées quand Keleth lui complimenta de nouveau, disant qu'elle était curieuse et bien intelligente, ce qui pourrait la sauver si elle venait à se promener en Enfer. Eris n'en sourit que davantage, flattée et elle en aurait presque ronronné si elle avait été un matou.   

Et elle eut l'heureuse surprise de se voir faire une révélation des plus utiles. Keleth lui révéla donc que le rang d'une entité démoniaque n'avait que peu d'influence sur sa puissance, mais que c'était son lien avec l'immatériel qui rendait la chose plus difficile ou facile quand on en convoquait une. Donc ceux qui étaient comme le genre de Keleth protégeaient avec une grande férocité leurs vrais noms et de ce fait, si Eris trouvait ce nom, elle contrôlerait l'Être de Keleth. Quand elle sourit, Eris lui rendit ce sourire, qui n'avait rien du masque qu'elle affichait jusqu’à maintenant, mais un sourire sincère, la remerciant silencieusement de cette information. Elle lui expliqua ensuite que oui, certaines parties de l'enfer étaient enflammées, mais il y avait aussi de la diversité, notamment un désert et un endroit remplis de cristaux. 

Enfin, Eris sut pourquoi elle semblait tant si colérique aussi, autre le fait qu'elle osait se faire surnommer Succube du Désert. Elle qui venait d'un endroit glacé et enneigé venait de se retrouver dans un endroit aride et chaud... C'était compréhensible.
 
-Non, vous avez amplement satisfait ma curiosité quant aux plans des Enfers, grande beauté argentée. Répondit Eris avec le même ton. J'ai bien profité de vos enseignements aujourd'hui.
 
Eris prit de nouveau une gorgée, finissant sa coupe d'eau cristalline. Le soleil s'était un peu couché depuis un moment, mais il restait encore haut dans le ciel.

-J'imagine cependant qu'avec votre statut d'Exécutrice, votre famille se trouve dans un certain niveau de cercle de pouvoirs politiques, n'est-ce pas ? Je ne dis pas forcément que vous usez de votre statut pour placer votre famille plus haute qu'elle ne l'est, mais mine de rien, si vous êtes celle qui applique la loi dans les enfers et ailleurs...

Eris ne fit que sourire doucereusement et se leva, s'étirant doucement. Elle ne voulait pas le provoquer, ce n'était qu'une sorte d'intuition, quelque chose qui était sorti d'elle sans pour autant être volontaire.
 
-Ma foi, si vous le voulez, vous pouvez partir ou bien restez. Personnellement, je vais aller aux bains me détendre et rêvasser un peu...

Elle tourna ensuite son regard d'améthyste vers la démone et sourit doucement.

-À moins que vous ne vouliez me rejoindre ? 
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« Répondre #14 le: Mars 13, 2017, 11:47:44 »

Il n'y avait, dans les propos de Keleth, que la plus pure des vérité, et que ce fusse par l'expérience, ou la croyance absolu en un aspect du monde que la femme avait largement éprouvés, mais elle savait pertinemment que lorsqu'un être ne cachait pas ses intentions, faisait dans sa parole la part du vrai, de l'absolu clarté et sincérité de son esprit, l'être en face, l'interlocuteur, l'ami ou l'invité inconnu ne pouvait finalement que se trouver la capacité de l'entendre, de le remarquer, et d'apprécier ainsi le tout de ses propos. Dans le fond, c'était une bonne chose, comme elle aimait souvent le prétendre, Keleth n'était pas de ces démons trompeurs, qui se jouaient d'artifices et de mensonges pour accroître leurs pouvoirs, ou se faire plus grands qu'ils ne l'étaient,, car non seulement elle n'en avait pas besoin, mais surtout considérait que le tout de son pouvoir ne pouvait être pratiqué si elle commençait à faire l'apanage des cachotteries et des mots troubles, ce qui justifiait d'ailleurs pourquoi elle ne se permettait pas de mentir face à une simple humaine, et lui révélait tant d'indiscrétion sur l'univers démoniaque. Non, en plus elle ne pouvait qu'en ressentir un vif plaisir, pouvoir échanger sans détour avec quelqu'un n'étant pas toujours possible, mais elle voyait bien en la femme qui l'accompagnait aujourd’hui une personne de confiance, qui ne saurait chercher à lui faire du mal. Ce n'était peut-être pas encore suffisant pour qu'elle lui offre une partie de son nom véritable, qui serait un moyen savant de lui offrir le droit de la rencontrer à nouveau si elle le désirait... mais déjà un détail important aux yeux de l'archi-démone !

« Non, vous avez amplement satisfait ma curiosité quant aux plans des Enfers, grande beauté argentée. J'ai bien profité de vos enseignements aujourd'hui.
 -  Ce compliment est-il là pour faire écho à mes premiers propos, où s'agit-il d'un honnêteté libérée par la sensation que je ne suis plus dans la même humeur que plus tôt ? »

Elle n'attendait pas de réponses, car après tout sa question n'en était pas vraiment une, plutôt une de ces taquineries particulière, où la démone se permettait de relever un détail plaisant, et cherchait par le biais de celui-ci à troubler celle qui lui offrait le don d'un grand sourire, d'un clair plaisir, ou tout simplement d'un écho satisfaisant, quand à sa propre personne, ou à la gaieté de la situation dans laquelle elle se retrouvait. Eris l'avait même sûrement fait parce qu'elle s'était permise de lui avouer le fait qu'elle la voyait d'une grande beauté, et clairement elle ne pouvait pas se taire sur ce point, la monarque avait de quoi faire pâlir nombre de femme, autant dans le naturel de sa chair que dans la manière qu'elle avait de sublimer ses points fort d'une pointe de maquillage, comme le fait qu'elle faisait ressortir son regard avec de longs tracés noirs qui leur donnait un aspect aussi perçants qu'envoûtants. Sur cet aspect, Keleth n'avait pas vraiment la même pratique, c'est aussi pour cela qu'elle y était sensible. Point de maquillage, point de légèreté féminine, elle pouvait bien mettre en valeur son corps par des tenues qui avaient le don de déstabiliser ceux qu'elle rencontrait, ce n'était pour autant pas le but, car ses goûts vestimentaires étaient ceux d'une guerrière, qui visait surtout à avoir l'aisance de mouvement nécessaire pour qu'elle accomplisse le moindre de ses assauts sans avoir à lutter contre son attirail des plus légers. Alors le soin attribué par l'humaine sur son physique était autant un plaisir visuel pour l'Exécutrice qu'un élément sur lequel elle ne pouvait que la louer, acceptant autant la coquetterie de la femme que la sublime réussite de ses atours. Et donc, le compliment qu'elle venait de lui faire était lui aussi particulièrement flatteur et apprécié !

« J'imagine cependant qu'avec votre statut d'Exécutrice, votre famille se trouve dans un certain niveau de cercle de pouvoirs politiques, n'est-ce pas ? Je ne dis pas forcément que vous usez de votre statut pour placer votre famille plus haute qu'elle ne l'est, mais mine de rien, si vous êtes celle qui applique la loi dans les enfers et ailleurs... »

Elle allait lui répondre, chose qui était devenu parfaitement naturelle dans la situation, surtout que la monarque avait jusqu'ici prouver que les enjeux politiques était un de ses sujets de discussion favori, mais le fait étant qu'elle se leva lentement, la démone sentit qu'elle n'avait pas vraiment de grandes raisons d'obtenir immédiatement la réponse, la menant finalement à ne pas s'exprimer immédiatement, et de plutôt chercher à rester attentive à ce que pourrait encore faire savoir son hôte. Pour l'instant rien de particulier, elle ne fit que s'étirer, faisant légèrement rebondir sa poitrine alors que son corps s'alignait en une longue forme aux courbes exprimés, ombre de jade finement dessinées dans un soleil qui commençait lentement à disparaître, plongeant les lieux dans une pénombre légère mais flatteuse pour la reine de Ghibli. Quelle beauté, de quoi en rendre vraiment jalouse plus d'une, même celle dont le corps n'a normalement que peu d'entraves physiques, et peut se rapprocher d'une perfection plus ou moins logique. Eris n'était pas parfaite, ce n'est pas ce qu'elle entendait par cette pensée, mais en revanche, le tout de son être exprimait une harmonie corporelle omniprésente, celle-ci s'étendant même aux changements climatiques et temporelles du désert. En fait, et elle n'en doutait nullement, mais si la femme qui se trouvait face à elle était déjà d'une grande beauté, elle était surtout sublime parce qu'elle se trouvait chez elle, dans son environnement, et que celui-ci se donnait nombre d'efforts pour accompagner son enfant dans ses mouvements, afin de la rendre tout simplement magnifique.

Et ce ne fut pas sans quelques pensées bien plus particulière que Keleth l'observa, alors que la monarque vint à lui présenter son invitation, de manière plus ou moins directe :

« Ma foi, si vous le voulez, vous pouvez partir ou bien restez. Personnellement, je vais aller aux bains me détendre et rêvasser un peu... À moins que vous ne vouliez me rejoindre ? »

Elle vint sourire, légèrement, et se redressa lentement de sa chaise pour se diriger tranquillement vers son hôte, tandis que l'une de ses mains trafiquait les attaches à sa ceinture.

« Bien honnêtement, non seulement j'aimerais vous suivre, mais je crois qu'avant j'ai deux éléments à faire part, deux simples éléments qui ne tiennent qu'à la diplomatie, et que je ne saurais garder pour moi si vous m'offrez ainsi l'occasion de vous accompagner dans votre intimité Eris. »

Elle avait l'habitude, n'avait même pas besoin de regarder pour le faire, mais elle vint séparer les fourreaux de ses deux armes, les lames y étant toujours reposée, et elle les souleva un peu plus haut pour ensuite aller quérir les filins qui permettaient normalement de les garder à ses hanches, pour finalement venir les lier à la garde de son équipement, de manière à les sceller, et donc de montrer qu'elle ne pourrait les ouvrir que par la force. Le geste était fort pour sa famille, il s'agissait littéralement d'un traité de paix, mais surtout, d'un accord totale de ne pas utiliser la violence, sous quelque forme que ce soit, et ce même si elle se trouvait ciblée par un comportement déplacé de la part du moindre des serviteurs de la forme d'autorité à qui elle faisait la promesse. Il était rare, très rare, en tant qu'Exécutrice, qu'elle fasse ce genre d'actions, car cela pouvait la mettre en danger, mais elle considérait qu'elle en avait bien assez fait dans le palais de la femme du désert pour qu'elle n'ai pas d'autres moyens de prouver sa bonne foi, et de s'amender pour les assauts qu'elle avait produite plus tôt sur les troupes armées qui gardaient les lieux. Bon, elle espérait bien qu'il n'y ai pas un soldat qui ai l'idée de se venger en venant lui faire sa fête dans la nuit, mais vu qu'elle accomplissait ce rite en petit comité, à savoir seulement en compagnie de la monarque, elle doutait que l'un de ses subordonnés se tente à une telle action, qu'il aurait tôt fait de considérer comme suicidaire. Et sur ce, elle vint à lui tendre les deux armes, légèrement, avec beaucoup de tranquillité, et un délicat sourire, s'exprimant sur les deux points qu'elle avait estimée devoir engager avec la charmante hôte :

« Avant tout, je vous prie de me pardonnez pour les désagréments que je vous ai posé plus tôt. Ce que je viens de faire est une geste d'une extrême importance pour moi, et je souhaites que vous l'acceptiez, comme un gage absolu d'un comportement purement pacifiste de ma part, tant que je me trouve dans votre maison. »

Elle prit une pause, et laissa échapper un léger soupir avant de poursuivre.

« Et quitte à ce que nous soyons toute deux en bons termes, si nous venons à prolonger nos discours ou nos échanges ensemble, je vous prie d'user du tutoiement, auquel cas je ferais de même. Comprenez donc que parfois, aussi digne et haute-placé que je puisse être, jouer de manière dans l'intimité ne m'est que bien peu agréable, voir particulièrement insupportable. »

Un silence.

« Sur cela, je vous suivrais avec joie Eris. »
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