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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Knockout saloon [Pv]  (Lu 2633 fois)
Grayle le pérégrin
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« Répondre #15 le: Janvier 29, 2017, 01:03:59 »

Le corps de Grayle s'affaissa legèrement de soulagement lorsque le verdict de Bethany se révéla être positif. Il est doublement content le Grayle. D'abord, parce qu'il ne va pas dormir dehors, et surtout, pace qu'il ne quitte pas tout de suite ce duo féminin aussi étrange que charmant. Devoir partir l'aurait frustré, un peu comme lorsqu'on lis le premier quart d'un livre extrêmement intéressant, avant d'être forcé d'en arrêter la lecture, le destin de ses personnages à jamais hors de votre connaissance. La seule réponse de Jessandra à cette excellente nouvelle fut une porte claquée, mais, à l'instant T, l'immortel n'avait d'yeux que pour Bethany, avançant d'un air félin, avec un déhanché sensuel qui réveillait les bas instinct de Grayle. Elle le nargua justement sur ce sujets, surnommant sa colocataire "Gargamel", et expliquant à Grayle ô combien les jours allaient être longs pour lui.

" J'ai pu voir aux premières loges ce qu'elle est capable de faire. Je n'ai pas envie envie de finir encastré dans un mur. " dit-il en souriant. Il déposa son sac et sa sacoche près du canapé. S'ils semblaient bien remplis, une fouille par Bethany ne donnerait absolument rien, le sac se révélant vide. Seul Grayle était capable de piocher dedans. Il la matta sans aucune discrétion lorsqu'elle s'habilla (et le mot était généreux) d'une sortie de bain. Elle était encore plus craquante ainsi, avec ce vêtement mince qui révélait encore ses formes généreuses. Il avait envie de l'embrasser contre un mur et de la déshabiller. Sa gorge asséchée par les visions répétées du corps de Bethany accueillit avec joie la canette de jus de fruit. Quié tait d'ailleurs plutot bonne. Extrêmement même. Il regarda les réserves de canettes du frigo avec appétit, et le verdict était sans appel : avec lui ici, les réserves de jus de fruit n'allaient pas tenir très longtemps...

Lui aussi redevint sérieux, mimant le comportement de Bethany, qui lui expliqua qu'il fallait mieux ne pas aider Jessandra.

" Je sais ! " dit-il avec une colère soudaine avant de se calmer. "J'ai pas énormément parlé avec Jessandra, mais... je me doute que c'est une femme fière, et avec raison. Mais merde, ce type avait ramené une vingtaine de gars ! Il avait des couteaux, et y avait même un flingue ! Je me doute bien que ce genre de compétition se torche avec le concept d'esprit sportif, mais je pouvais pas rester sans rien faire non ? "

Il marmonna dans sa barbe.

" Puis de toute façon, elle a fait quasi tout le boulot. Je ne compte pas l'aider pour les autres combats... si je suis encore avec vous lorsqu'ils vous tombent dessus. Mais c'est pas l'envie qui manque. "


Il n'avait pas encore envie d'en parler. Il avait beaucoup de questions à poser sur le sujet, mais ne voulait pas transformer cette discussion en interrogatoire. Et puis... il avait une course à faire, avant d'en parler. Bethany lui expliqua en une phrase où il dormirait et l'emploi du temps d'ici.

" Parfait pour le salon. Je te rassure, je ne ronfle pas. Merci encore de m'acceuill... "

Il se tut lorsque la blonde se glissa vers lui. Elle avait avancé avec lenteur, mais la lenteur trompeuse de la lave. Elle était déjà contre lui qu'il avait à peine eu le temps de réagir. Grayle savait quel était le niveau de Jessandra, et une curiosité morbide le poussait de plus en plus à savoir comment Bethany se battait. Ils étaient proches... extrêmement proches. Le regard de Grayle oscilla aux beaux yeux de la blonde et à ses lèvres offertes. Elles devaient sûrement avoir le goût de jus de fruit, et le corps du jeune homme réagit immédiatement à cette intrusion féminine toute proche... qui était, comme son esprit s'en doutait, une douce illusion, alors qu'elle s'éloignait, frappant ses fesses d'un air enjoué, et il ne put s'empêcher de lui offrir un vrai sourire. Cette Bethany ce n'était pas qu'une jolie apparence. C'était une chouette fille. Crânant d'un air exagéré, comme pour lui donner aussi l'occasion d'une oeillade, Grayle enleva son t-shirt, avant de se diriger vers la salle de bain. Il ouvrit son sac, et en sortit des vêtements propres, avant tirer son jean. Il prit avec soin les fourreaux de ses deux couteaux et les déposa dans le sac, avant de le laisser dans le salon.

Dans le couloir, Grayle enleva son pantalon et son caleçon. Des siècles d'existence avaient entraînés nombre de tics chez lui, l'un d'entre eux étant qu'il ne se sentait pas à l'aise, habillé dans une salle de bain, ou tout autre pièce associée. C'était comme être en smoking ans un garage : un vêtement absolument pas du tout en phase avec l'activité de la pièce.

La salle de bain était chaude et pleine de buée lorsqu'il entra. Normal. Après tout, Bethany venait de faire couler un bain. C'est donc avec l'assurance de la biche marchant dans la forêt sans se rendre compte qu'une quinzaine de chasseurs armés de sulfateuses la tenait en joue que Grayle avanca dans la salle de bain, qui commençait par un minuscule couloir avant de déboucher sur une baignoire, à gauche, et des wec, à droite, avec un lavabo au centre. Il tira une serviette qui pendant et se prépara à entrer dans la baignoire...

Qui était déjà occupée.

Il resta immobile et silencieux. Jessandra, intégralement nue, se tenait debout dans la baignoire. Le pommeau de douche goutait doucement, par petits "plocs", alors que la combattante le regardait avec les yeux ronds, ses gestes en suspens, prise en pleine savonnade. Sa peau sombre était recouverte de savon, l'eau à ses pieds, rouge du sang lavé, l'odeur ferreuse se mêlant à celle du savon. Il y eu un léger flottement, quelques petites secondes d'éternité, alors que l'homme et la femme restaient pétrifiés. Les yeux de Grayle glissèrent sur le corps. Elle était plus massive, plus fortement bâtie que Bethany, mais, aux yeux du pérégrin, encore plus belle. Brillant à cause de l'eau, le corps nu et puissant rayonnait de force, attirant Grayle comme un trou noir. Lui aussi était nu. Son corps glabre, ses traits fins et sa peau claire tranchaient avec la fabuleuse érection qui se dressait vers la femme, ainsi que ses deux jambes puissantes et musclées par des siècles de marche et de course. Jessandra était l'opposée. Des traits durs, un corps musclés et bâtis par l'exercice, mais une belle poitrine, présente comme pour rappeller la femme qu'elle est, cet aspect que Grayle ignorait, n'ayant réellement vu que la combattante.

Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas pourquoi elle restait immobile. Le visage de Jessandra avait rosi. Était-ce de la honte, de la timidité, ou, comme il le craignait, une colère dévastatrice prête à exploser ? Il avait vu qu'elle l'avait regardé, un bref instant, presque un réflexe humain. Lui était immobile comme un animal pris dans les phares d'une voiture (même si la colère de Jessandra lui donnait plus l'image d'un immense monster truck lancé à 200 km/h prêt à le réduire en miettes). Son corps appréciait le spectacle, déjà échauffé par les incendies allumés par Bethany. Son esprit était dans un état d'alerte générale et ses instincts les plus primitifs, endormis depuis la disparition des mammouths et des tigres à dents de sabres, lui hurlèrent de fuir.

Ce qu'il fit. Grayle marmonna un "jesuisdésoléjesavaispasquetuetaislajetelaissetranquillebonnedouche" à toute vitesse avant de commencer à battre en retraite, incapable de détacher son regard d'elle.
« Dernière édition: Janvier 29, 2017, 07:31:03 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #16 le: Février 14, 2017, 12:28:50 »

Jessandra aimait prendre des douches. Plus que des bains, d'ailleurs. La brésilienne n'aimait rien autant que la brûlure de l'eau sur sa peau sale et ses muscles endoloris par le combat et appréciait se délasser sous le jet durant de longues minutes. De temps en temps, sous les effluves parfumées des gel-douches dont elle se servait, la combattante se rêvait autre. Elle se voyait comme une fille sans histoire, une de ces nanas qui s'habillaient pour se mettre coquettement en valeur et qui assumaient férocement leur identité de femme. Tout ce qu'elle n'était pas. Chavez avait choisi d'être plus masculine que les hommes pour s'épargner les tourments d'une fille sexy dans l'arène des favelas, mais avait quelques fois regretté ce choix.
Bethany, qui venait du même endroit, avait adopté une posture tout à fait opposée à la sienne et s'en sortait encore mieux qu'elle socialement parlant. Mais Cole n'avait aucune inhibition par rapport au sexe, par rapport à sa propre féminité. Jessandra, elle, avait été élevée par une religieuse. Forcément, ça n'avait pas pu ne laisser aucune trace... Dire qu'elle n'avait seulement jamais vu d'hommes nus !

Le fait qu'elle s'habille de joggings qui la mettaient légèrement en valeur en lui moulant les fesses par exemple était très récent. Cela ne lui déplaisait pas, même si la redoutable puncheuse avait encore parfois envie de se retourner pour coller une mandale bien expéditive aux regards qui s'attardaient sur elle et qui lui faisaient se sentir comme un morceau de chair jeté aux loups. Les regards licencieux, Jessandra détestait ça. Son corps était à elle ! Son acharnement en avait sculpté chaque muscle, comme il avait décuplé sa force et sa robustesse. Et si elle commençait à déceler un peu le côté sexy qui pouvait en émaner (grâce à Bethany, qui savait la flatter de façon assez cachée pour que Jess' ne s'en fâche pas), le moment où elle s'offrirait à quelqu'un n'était pas encore venu.
Grayle avait plutôt intérêt à ne pas prendre trop facilement l'invitation à dormir comme un pas vers lui, où il passerait un sacré moment à chercher ses dents sous le canapé !

Elle coupa l'eau pour se savonner, savourant la fraîcheur sur sa peau après le feu de la douche. Ses tétons s'érigèrent sous la sensation et ses seins semblèrent s'affirmer un peu, arrogants orbes charnels sur ce corps puissants. La brésilienne se frictionna tranquillement, jusqu'à tourner la tête sans même savoir pourquoi.
Et elle resta muette devant ce qu'elle vit.
Le pérégrin se tenait là, à même pas un mètre d'elle, à l'observer avec la même surprise sur le visage. Étonnée, Jessandra se retrouva pétrifiée sans trop savoir quoi faire. Elle ne pensa même pas à se cacher, clignant des yeux comme si cela pouvait chasser l'image de l'homme qui se trouvait dans sa propre salle de bain. Sans qu'elle n'y pense, ses profonds yeux bleus détaillèrent Grayle.
Avant de s'arrondir comme des soucoupes en découvrant l'excroissance mâle qui se dressait entre ses cuisses comme un alien hors d'une cage thoracique. La combattante ne put s'empêcher de rosir violemment à cette vision parfaitement inédite pour elle mais qui lui mit paradoxalement le coup de fouet dont elle avait besoin pour se reprendre.

Grayle fut bien inspiré de fuir, puisque Jessandra tremblait de colère sous sa douche. Et, très vite, un premier flacon de shampoing fusa non loin de l'emplacement de l'homme pour s'y écraser violemment, se répandant sur les murs en une gerbe poisseuse et parfumée. Rapidement, tout ce qui se trouvait à portée de main de la brésilienne y passa. Ce fut le festival aérien des savons de Marseille et des bouteilles de produits de bain, qui volèrent avec rage de la douche à la porte de la salle de bain laissée ouverte. Tout éclatait ou imprimait une marque dans les murs, alors que dans la pièce d'eau rugissait la voix de Jess', qui offrait à tout l'appartement (et sûrement aux voisins vu le volume) un festival des insultes les plus épicées qu'on pouvait trouver dans les favelas.
La mère de ce pauvre Grayle en prit sévèrement pour son grade, comme l'ensemble de ses ancêtres, avant que ce ne soit cette virilité bandée qui soit qualifiée peu flatteusement par un fauve enragé alors que dans le salon, Bethany éclatait de rire devant les malheurs de l'invité.

La blonde calma son fou-rire tant bien que mal et quitta son fauteuil pour s'approcher de Grayle, faisant peu de cas de son déshabillé totalement ouvert maintenant que le nœud rapide avait cédé. Dans le couloir qui bordait la salle de bain, c'était un véritable champ de bataille. La porte de la pièce claqua d'ailleurs assez violemment quand Jessandra n'eut plus de munitions sous la main, et tout l'appartement sembla trembler.
Bethany se posa dos au mur à côté de Grayle, un trèèèèès large sourire plaqué sur ses lèvres pulpeuses.

- Ça a marché mieux encore que je ne le pensais, lâcha-t-elle joyeusement. Au moins, elle a vu un homme ! Sois content, tu es le premier... Tu sais, c'est comme la première baise : ça ne s'oublie pas facilement.

Cole était une garce, assurément. Pas méchante, mais elle avait une façon bien à elle d'approcher les choses et les gens. Pour elle, Jessandra était du pain béni. Et vu son trouble, Grayle l'était aussi ! La blonde descendit le regard tandis que l'homme passait sa probable colère, découvrant avec intérêt le membre tendu du pérégrin. Et, plutôt que de lui répondre, elle l'empoigna avec fermeté en se collant à lui, écrasant ses seins sur son bras tandis que son poignet entamait un va-et-vient accentué sur sa queue raide.
Bien volontiers visiblement, Bethany branlait vigoureusement le chibre qui palpitait entre ses doigts, décidée à faire jouir Grayle... Ou pas. Mieux valait se méfier, avec elle !
Son visage frôlant celui de l'homme, elle lui mordit la lèvre avant de murmurer quelques mots.

- Si tu veux te soulager champion, dépêche toi.... quand la furie sera sortie de sa cage, tu n'auras aucun répit... sa prise sur la verge se fit plus pressée, plus rude dans le mouvement. Jouis, ou c'est moi qui te casserait la gueule.
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #17 le: Mars 06, 2017, 02:27:46 »

Bien protégé derrière ses bras, Grayle évita le pire, bombardé de produits de corps en tout genre, percuté par des shampoings, savons et autres projectiles divers, qui faisaient un bruit mat en le percutant. Il battit en retraite, désireux de s'éloigner de cette furie à la peau chocolat et à la voix de tonnerre, qui l'insultait (vu le ton et le volume) dans une langue encore inconnue. Il s'éloigna piteusement, pleurant un peu, autant à cause des produits ayants touchés sont oeil et... au fait qu'il avait mit en colère quelqu'un qu'il appréciait réellement. Il avait peur que cet évènement infortuné signe la fin de son bail ici, et la haine d'une femme capable de le broyer sans difficulté.

Tout à ses funestes pensées, Grayle ne remarqua qu'au dernier moment l'arrivée de Bethany. Elle s'était approchée comme un serpent, entièrement nue, le visage souriant et moqueur, belle et redoutable. Adossée au mur devant lui, elle expliqua de manière assez explicite qu'elle l'avait placé dans cette situation en toute connaissance de cause et pour, apparemment, décoincée son amie. Ainsi, Jessandra n'avait jamais vue un homme ? Il avait du mal à y croire. Elle avait un beau visage, des formes attirantes... certes, elle était très musclée, mais il doutait qu'une femme forte repousse l'intégralité de la gent masculine. A moins que son caractère de cochon ait douché tous les espoirs des prétendants ? En tout cas, ce petit jeu ne plaisait guère à Grayle.

" Ca me sert à quoi d'être le premier si c'est pour finir tabassé à mort et jeté dans la rue ? T'es vraiment tarée Bethany ! "

Elle ne sembla même pas prêter attention à ce qu'il disait. Grayle n'était pas du genre belliqueux, mais il crevait d'envie de la frapper.

Heureusement pour Bethany, il ne frappait pas les femmes.

...

Bon, que Bethany soit capable de l'encastrer dans le mur le plus proche jouait aussi en partie sur sa décision, il fallait le reconnaître. Et aussi le fait qu'elle venait d'empoigner son sexe encore tremblant avec autorité. Encore stupéfait par ce qu'elle venait de faire et largué par l’enchaînement rapide des événements, Grayle ne se défendit pas. La volonté n'était pas vraiment là et, adossé contre le mur, il serra les dents et poussa un soupir de plaisir et de soulagement alors qu'elle le branlait avec vigueur. Il lui mordit la lèvre, envoyant une décharge d'envie dans le corps de l'immortel, qui bandait cette fois comme un taureau.

Elle était douce, elle sentait bon, mais était solide, et forte, concrètement proche de lui, l'excitant en un instant. Son bras écrasé par les seins bougea un peu, et il caressa le vente de Bethany du dos de la main, avec prudence et douceur. Elle lui conseilla... non, lui ordonna de jouir. Il était prit au piège. S'il jouissait, il était quasiment sûr que Jessandra le massacrerait encore plus. Peut-être Bethany essayait t-elle de le faire passer pour plus pervers qu'il ne l'était ? Mais s'il ne le faisait pas, la blonde risquait de de lui casser la gueule... et il ne pouvait pas prendre le risque de parier sur une menace à la legère.

" Ah... ah... t'es vraiment... une garce, Bethany. " dit-il dans un soupir, le visage rouge, le sexe rouge et brûlant, le bas ventre et les fesses en feu. Le bruit de la masturbation se fit de plus en plus sonore au fur et à mesure. Elle était legèrement plus petite que lui, il avait posé son visage au dessus du sien, humant l'odeur de ses cheveux et embrassant son front, avec une douceur qui tranchait avec la crudeur de ses mots.

" Bordel... qu'est ce que j'ai envie d'effacer ce sourire. Ah ! A grand coups de reins... "

Il se mit à pousser un rire joyeux, le cerveau bourré d'endorphine. Elle n'eut aucun mal à le faire jouir après à peine deux minutes de ce traitement de choc. Il ferma les yeux, se cambra en avant et, sans se retenir, éjecta plusieurs longs jets de sperme blanc et brûlant, son sexe pulsant plusieurs fois, alors que les doigts de la combattante étaient sur son gland. Il y en avait partout... un peu sur le mur, sur le sol, goûtant de la main désormais dégoulinante de Bethany. Mais le plus impressionnant n'était pas la belle quantité de liquide expulsée, mais bien le fait que son sexe, bien qu'un peu plus mou, restait gonflé et d'attaque. Il lui lança un regard à la fois reconnaissant du plaisir donné, et haineux.

" Alors... contente de ton petit jeu ? "
« Dernière édition: Septembre 19, 2017, 12:56:03 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #18 le: Juin 11, 2017, 08:47:47 »

Les hommes étaient le divertissement préféré de Bethany Cole, parce qu'elle pouvait se permettre de les balader sans trop craindre les répercussions. Bien mal avisé celui qui lèverait la main sur la sulfureuse blonde ! Il aurait eu tôt fait de se retrouver avec les doigts cassés. Cole avait été malmenée durant sa jeunesse. Par son père, puis ses premiers petits copains... Alors, un peu comme Jessandra, elle avait adopté les sports de combat comme thérapie. Et elle avait rapidement compris qu'en plus de ses indéniables talents de cogneuse, son minois délicat et ses formes pleines pouvaient alimenter une carrière florissante. Elle en avait éclaté, des mecs qui avaient pensé pour se faire sans conséquence la championne ! Du coup, Bethany en avait retiré une sorte de complexe de supériorité face aux mâles, complexe qu'elle n'essayait pas vraiment de soigner. Pourtant la blonde tentait de faire des efforts malgré tout, consciente du tort que cela pourrait quand même finir par lui causer. Elle se l'était promis : après sa défaite face à Jessandra, elle ferait amende honorable !
Seulement voilà, ce pauvre Grayle était arrivé. Un homme dans son appartement ! Un homme qui voyait très bien ce qui échappait totalement à Jessandra, soit le potentiel coquin terrible de ce ménage à trois improvisé. Et jouer au détriment des deux ferait son bon petit plaisir...

- Ah... ah... t'es vraiment... une garce, Bethany.

La voix chargée d'envie de Grayle lui fit étendre son sourire narquois. Comme pour le punir de son audace, ses doigts se refermèrent un peu plus fort sur le vit turgescent auquel elle imprimait un mouvement appliqué et rapide. L'homme avait beau dire, tenter de garder la face, il profitait largement de cette main qui lui massait franchement la queue. Tout en lui le criait, de sa respiration lourde à ses attitudes en passant évidemment par la raideur de fer de la verge. *Une bien belle queue en vérité*, pensa Bethany. Elle ne lui aurait jamais fait le compliment à voix haute, c’eut été trop le flatter.

- Bordel... qu'est ce que j'ai envie d'effacer ce sourire. Ah ! A grand coups de reins...

Quel bavard, décidément ! Néanmoins, la blonde devait bien admettre que la situation l'enflammait violemment. Elle sentait parfaitement l'humidité qui perlait à ses lèvres gonflées de désir, comme elle sentait son bas-ventre papillonner alors que sa matrice réclamait la violence qu'un Grayle survolté saurait lui infliger. Bethany laissa filer un léger rire en relevant la tête, dégageant celle de l'homme tout en forçant son mouvement masturbatoire. La blonde envisageait de le traire jusqu'à ce qu'il en aie mal aux burnes, jusqu'à ce qu'il crie grâce. L'idée l'affolait. Ses tétons pointaient tellement qu'elle en ressentait plus durement chaque frottement contre le torse du pérégrin et sa propre respiration s'était accélérée pendant que ses joues s'était rougies. Elle aurait pu lui offrir son con là, maintenant, à l'instant. Ça aurait été si simple de relever la jambe pour le guider afin qu'il la prenne comme elle le méritait... Rapide, certainement, mais tellement jouissif !
Mais non. Hors de question de laisser penser à Grayle qu'il remportait finalement la manche.

Il en vint à jouir puissamment et même elle en poussa un soupir un peu plus rauque qu'elle ne l'aurait voulu, excitée comme peu souvent. Le sperme s'étala sur ses cuisses nues et englua ses doigts, vint à salir les pans de sa robe de chambre et marquer la moquette à leurs pieds. Le foutre sur sa peau lui arracha un frisson d'extase et la fit mouiller un peu plus tandis qu'elle se mordait les lèvres. Merde... Elle n'aurait eu qu'à se doigter pour jouir presque instantanément, elle en était certaine !
Elle se saisit d'une des mains de Grayle, commença à la guider vers son entre-cuisse aux coulées miellées, fit glisser les doigts à un souffle de son antre...

- Alors... contente de ton petit jeu ?

Putain. de. merde.
Ces mecs ne s'arrêtaient jamais de parler. C'était donc plus fort qu'eux, ils fallait qu'ils tchatchent au lieu d'agir ? Ne voulait-il pas lui faire payer sa forfaiture à grands coups de reins moins d'une minute encore ? Et pourtant, voilà qu'il ouvrait son four pour reprendre un peu son rôle de mâle ! Pas que Bethany fut une féministe convaincue, non plus, mais tout de même. Ce con de Grayle aurait été plus avisé de mettre ses menaces à exécution plutôt que de se perdre en parole. Sa queue en réclamait encore, en plus !

Bethany fit l'effort de masquer sa frustration et appliqua sa main souillée de foutre sur le buste de Grayle pour le repousser, son sourire de fabuleuse garce gravé sur son visage alors qu'elle marquait la distance entre eux. Provocatrice, elle ne referma pas son peignoir pour autant et laissa à son "amant" le loisir de voir son corps d'athlète ruisseler d'un mince filet de sueur -l'excitation, à n'en pas douter- et de ses propres traces de sperme. Une sorte de trophée, oui. Grayle pourrait tout à fait l’interpréter ainsi. Cela, elle acceptait de lui concéder.

- Satisfaite, oui. Va savoir, peut-être même ai-je retiré un peu de plaisir ? Tu vas y penser en allant te doucher, champion. Tu pues toujours autant... et il faut mieux que Chavez ne te croise pas tout de suite.

Levant sa main où couraient les filets blancs qui se délitaient déjà, Bethany fit jouer ses doigts sur la semence avec amusement, comme une scientifique qui aurait découvert un nouveau slime tout à fait divertissant. Après quelques secondes d'un évident contentement, Cole regarda Grayle à nouveau.

- Pas mal, pas mal. Remercie donc ta jolie pine, Grayle : je vais la récompenser en calmant Chavez pour éviter qu'elle ne te brise. Tu sais, nous autres brésiliennes sommes susceptibles. En plus, Jessandra a été élevée par une religieuse. Tu imagines quel genre de forfait tu as commis, te présentant ainsi bandé ? Petit salopard, va.

Son rire cristallin était agréable. Celui d'une adolescente qui venait d'entendre un bon potin. Avait-elle fait un cadeau à Grayle avec tout ça, ou l'avait-elle maudit aux yeux de Jessandra ?
Mutine, elle fit voler un baiser en direction du mâle et tourna les talons pour disparaître dans le salon sans rien ajouter, si ce n'est un index pointé vers la porte de la salle de bain à son attention.


*
*       *



Les odeurs des hamburgers très américains qu'avaient commandé Bethany embaumaient agréablement l'appartement. On aurait pu attendre des deux sportives qu'elles suivent un autre régime qu'un bête "Gras-Coca", mais Jessandra avait besoin de récupérer après les événements du bar et Grayle aussi. Bethany, elle, s'était fait une salade et avait agrémenté la commande d'une portion de frites pour sa pomme.
Comme elle l'avait prévu, la perspective de bouffer fit sortir Jessandra de la chambre dans laquelle elle s'était cloîtrée depuis l'épisode de la douche et les deux "copines" (le terme paraissait tout de même très exagéré, mais pas tellement erroné pour autant) avaient entamé le repas sans leur coloc de fortune. Si Grayle avait tendu l'oreille, il aura peut-être perçu des bribes de la discussion et constaté que la blonde avait minimisé la péripétie, acceptant même de reconnaître que c'était un tour pendable qu'elle avait organisé.
Ça n'excuserait pas les regards appuyés de Grayle sur sa nudité exposée, mais Cole n'allait certainement pas lui mâcher tout le travail !

En attendant l'apparition de l'homme dans la cuisine où se prenait le repas, la discussion des filles avait embrayé sur autre chose. Un peu du combat contre Gecko, un peu du tournoi, et un peu d'autre chose. Elles auraient pu échanger dans leur langue natale, mais toutes deux trouvaient que c'était déplacé envers Grayle.

- Il faut trouver l'endroit auquel correspond l'adresse de ta mère, Chavez. Tu as eu de la chance avec Gecko. Si tu perds dans le tournoi, c'est retour à la case Brésil.

Jessandra hocha la tête, croquant largement dans son burger. Il fallait ne pas oublier la raison, la vraie, de sa venue au Japon.
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #19 le: Août 06, 2017, 01:19:45 »

Le bonheur ne tenait qu'à peu de choses. Une bonne douche. Une bonne baise. Un bon repas. Un bon lit. Pour l'instant, Grayle avait validé le premier, se délectant de l'eau chaude avec un mépris évident pour la probable facture d'eau chaude qu'allait devoir se partager les deux filles, transformant la salle de bain en sauna. Lorsqu'il ouvrit la porte, la buée s'échappa de la pièce comme l'air des naseaux d'un dragon. La crasse, le sang et les fluides étaient désormais effacés. Son corps, entièrement nettoyé, et sentant le bon savon à deux mètres à la ronde. Il était devenu l'incarnation de la propreté, chassant la saleté par sa seule présence.

La baise... l'avait frustré. Sa jouissance avait été formidable. Mais ne pas pouvoir profiter du corps de la blonde le taraudait encore, et des visions régulières de cette dernière (et de Jessandra) en train de se faire pilonner par lui surgissaient régulièrement dans son esprit. Il savait que Bethany jouait avec lui et le manipulait, et ne savait pas réellement quelle mauvaise (ou bonne ? ) surprise elle pouvait encore lui réserver. Il se demanda à quel point elle faisait régulièrement des blagues à Jessandra.

Il s'était habillé modestement. Un jean, et une chemise bleue ciel, courte et assez ample. Il faisait bon dans l’appartement des deux combattantes, ainsi que dehors. En arrivant dans la cuisine, il huma l'odeur des hamburger comme s'il s'agissait du plus raffiné des plats et il s'assit discrètement à leur table, chuchotant un bonjour aimable mais légèrement inquiet, sentant le regard encore demi-furieux de Jessandra. Il aurait trouvé l'insistance de ce regard plutôt flatteuse, mais, venant de la féroce brésilienne...

Par quel jeunesse était-elle passée ? Sans doute moins heureuse et paisible que la sienne...

" J'ai entendu la fin de ta phrase Bethany. C'est si terrible que ça le Brésil ? Je n'y suis jamais allé. Et bon, ce qu'en dit la télé... ça parle soit du foot, soit des carnavals, ou des favelas. Difficile de se faire une idée... "

Il prit une bouchée du hamburger, qu'il mâcha avec bonheur, poussant un "hhhmmmm..." de contentement. Il leur souri. La douche lui avait bien un bien fou, illuminant son visage imberbe et relativement juvénile.

" C'est comment, en vrai, le Brésil ? Enfin, pour vous, c'est comment la vie là bas ? " demanda t-il avec une réelle curiosité. Il écouta les deux femmes lui parler un peu de leur pays, même s'il sentait qu'elles ne racontaient pas tout, sans savoir si elles voulaient lui cacher quelque chose sur leur vie, ou si elles avaient peur de le choquer. Il prit une frite entre ses deux doigts, qu'il dévora comme un hamster dévore une carotte.

A un moment, elles lui parlèrent de musique.

" Vous faites de la musique ? " il réfléchit un instant à ce qu'il venait de dire. " Non, en fait, oubliez. Moi, j'en fait. De la guitare, je suis plutôt doué avec. Je vous ferais écouter si vous voulez. "

Il regarda un instant par la fenêtre, ses yeux bleus s'évadant dans quelques agréables souvenirs de musique au coin du feu. Il regarda un instant Jessandra, avant de revenir dans le présent.

" J'ai besoin de sortir. Vous permettez ? J'ai une course à faire. Je reviens vite ! Et je ferais la vaisselle " dit-il avant de débarrasser son assiette. Il se leva et s'immobilisa un instant auprès de Jessandra, avant de sembler se raviser. IL s'éloigna, se saisit de son blouson et de son sac et leur fit un salut de la main un peu gêné, avant de sortir.

Il savait que le quartier n'était pas vraiment un havre de sécurité, mais n'avait pas réellement peur. Les quelques squatteurs de hall d'immeubles reconnurent le jeune homme qui avait accompagné Jessandra et s'écartèrent, regardant avec inquiétude pour voir si la brésilienne allait surgir. Même si elle n'apparu pas, la menace invisible de la brune suffit à les décourager de s'en prendre à la tête de proie facile qu'était Grayle.

Doué de son sens habituel d'orientation, il trouva son chemin facilement. Lorsqu'ils étaient venus en bus, les deux étaient passés devant une libraire dans laquelle il entra après une petite marche. Et il trouva ce qu'il voulait. Un petit livre pour apprendre à parler portugais.

Jessandra avait avouée à Grayle qu'elle ne parlait pas bien japonais. Ca se sentait, à ses phrases courtes, directes et simplistes, qui tenaient plus de sa maîtrise relativement passable de la langue que de son caractère, même si elle était peu bavarde.

Il y a trois manières d'apprendre à connaître quelqu'un. En l'affrontant, en le baisant, et en apprenant sa langue. Changez de langue, et vous changerez de caractère. On est jamais soi-même que dans sa langue maternelle.

Pour connaître Jessandra, il voulait apprendre sa langue.

Grayle n'avait plus utilisé sa langue maternelle depuis des siècles. Il l'avait oublié. Il regarda le livre d'un air un peu vide. Les souvenirs, hélas, ne perduraient pas autant que son corps. Nombre de ses anciens compagnons et compagnes étaient perdues dans les limbes de sa mémoire, ne resurgissant que dans des rêves étranges et sans aucun sens.

Quel genre de personne était-il avant d'être un pérégrin ? Est ce que le vrai lui était encore là, caché dans les tréfonds de son esprit, ou avait-il définitivement disparu, remplacé par de multiples personnalités artificielles qu'il se construisait au fur et à mesure des décennies et des rencontres ? Il décida de ne plus y réfléchir et jeta un oeil au livre, fronçant les sourcils. Il allait avoir besoin d'un peu de temps, mais la langue n'avait pas l'air très compliquée. Il se mit à la lecture un petit moment dans la librairie, avant de rentrer, s'entraînant à prononcer la sonorité âpre de la langue.

Il revint comme il était parti. Sans encombre, moins d'une heure après son départ, toquant à la porte tout en enlevant ses chaussures avant qu'on ne la lui ouvre. Ce fut Jessandra qui le fit, et le laissa entrer.

" Merci. " dit-il alors qu'il déposait ses chaussures. Il la regarda, tout en déposant son sac.

" Jessandra... " il chercha les mots dans son esprit, avant de parler dans un portugais hésitant et avec un accent encore étrange, mais avec une maîtrise surnaturelle pour quelqu'un ne connaissant rien du Brésil.

" Boa noite. Sinto muito pelo que aconteceu mais cedo. Peço-te desculpa. "
« Dernière édition: Septembre 19, 2017, 01:07:38 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #20 le: Septembre 19, 2017, 11:48:32 »

Grayle avait toutes les raisons du monde de craindre la colère de Jessandra. Oh, bien sûr, il n'était pour rien dans ce qui s'était passé dans la salle de bains et sûrement qu'une autre se serait amusée de l'histoire ou n'en aurait simplement pas fait tout un plat. Bethany était une garce, ceux qui la connaissaient le savaient et ceux qui la fréquentaient un peu le comprenaient vite. Mais Jessandra était une jeune femme mal à l'aise avec les autres et sa propre féminité, qu'elle préférait oublier et conserver pour elle. L'exposer ainsi, à un étranger... Elle s'était sentie violée, dépossédée. Et -elle ne l'aurait JAMAIS admis- très perturbée, finalement. De petites étincelles avaient crépité quelque part dans son bas-ventre après avoir vu le machin tendu de Grayle. Chavez n'était pas cruche ou parfaitement ignare, non. La combattante avait identifié sans mal les prémisses de l'excitation sexuelle. Seulement, elle s'en était voulu pour ça et se murait donc dans un mutisme prononcé pour éviter que Grayle ne puisse exploiter cette faille -dont elle était persuadée qu'elle était particulièrement visible.
Ce fut à peine si Chavez ne grogna pas comme un dogue menaçant quand le pérégrin vint s'installer à table, acceuilli qu'il fut par un regard d'un noir d'orage et une tension musculaire palpable de la part de la brune. La blonde, elle, afficha son indécent petit sourire de victoire.

A la demande de Grayle, Beth' accepta de parler du Brésil. Jessandra intervint à sa façon ça et là, donnant de petits coups de tête pour aller dans le sens d'un argument ou soufflant par le nez pour exprimer l'exaspération que lui en suscitait un autre.

- C'est comme on le laisse imaginer. Tout n'est pas aussi pourri non plus ! C'est comme partout, en fait. Sauf que nos femmes aiment exhiber leurs culs retouchés dans des strings furieusement indécents et que nos quartiers chauds sont de véritables zones de guerre que le gouvernement évite soigneusement, les livrant à tout ce qu'on peut imaginer de cartels et autres mafias. Chavez et moi, on vient de la Cité de Dieu, tu en as probablement entendu parler ? C'est un peu comme la Syrie, là-bas. Des armes, des morts, des batailles perpétuelles. Elle soupira gravement. Et le sort des femmes est limité. Soit pute si tu veux gagner du pognon, soit femme au foyer qui ne sort jamais de chez elle et qui finira probablement pute pour gagner du pognon. Y'a de plus en plus d'étudiants qui émergent de chez nous, mais.. C'est encore trop peu. Et dire que tu viens de la Cité, c'est pas forcément un bon point sur le CV. Jessandra et moi, on a eu de la chance. Nos combats underground nous ont rapporté du fric pour vivre, et la notoriété pour éviter qu'on vienne nous forcer à vendre notre cul.

Si Bethany ne mentait pas, elle ne disait pas l'entière vérité pour autant. Elle, elle avait bel et bien vendu son cul en couchant avec divers imprésarios et autres agents. Cole refusait absolument de retomber dans les bas-fonds. Pour ça, elle envisageait de devenir une starlette bien visible et populaire et avait tout fait pour. Jessandra n'avait même pas envisagé une seconde ce genre de solution, parce qu'elle parvenait à s'accomoder de sa vie telle qu'elle était et que seul l'intéressait le combat, le perfectionnement. Néanmoins, Chavez s'en servait aussi pour échapper à la gueule de la Cité, seul adversaire que la brune semblait réellement redouter.

Grayle parla ensuite, rebondissant sur le fait que Beth' ne détestait pas tout et que le Brésil produisait d'excellents musiciens, précisant que son dernier ex en date avait un certain succès et qu'il connaîtrait certainement plus tard un peu plus de notoriété publique. Ils échangèrent puis le pérégrin s'éclipsa en coup de vent. Si Jessandra se fit forte de ne montrer aucun intérêt à cette drôle de décision, Bethany poussa un petit miaulement de chatte frustrée pour agacer sa partenaire. "Il avait une si belle queue..", soupira-t-elle à l'attention de Chavez qui l'insulta copieusement alors qu'elle se mettait à rire de bon cœur.
Un échange d'insultes et de rires ponctua l'absence de Grayle, jusqu'à ce que Bethany ne se montre lasse et abandonne la lutte pour aller se coucher.

Jessandra préféra errer un peu dans le salon, se branchant sur la télé et les chaînes sportives du câble jusqu'à ce qu'on ne frappe à la porte. Espérant que ce soit le pérégrin (parce qu'elle n'avait aucune envie de partir à sa recherche dans le quartier ce soir, ce qui coûterait aux emmerdeurs leur comptant en dents cassés vu l'humeur de la brésilienne), elle alla ouvrir.
C'était bel et bien l'homme qui l'avait épaulée dans le saloon qui se dévoila dans le judas. Jess' déverrouilla pour le laisser entrer, s'écartant de son passage sans mot dire. Quand Grayle la retint en prononçant son prénom, la brune se tendit un peu.
Bien qu'elle se pensait prête à tout en fonction de ce que tenterait l'homme, Jessandra se retrouva parfaitement conne lorsqu'il s'adressa à elle dans sa langue. Ses lèvres se déformèrent sur un petit "O" d'étonnement que la jeune femme s'empressa bien vite de ravaler, considérant un instant Grayle sous un jour nouveau, non sans circonspection.

- Vamos esquecer, répondit-elle après un instant. Na próxima vez, no entanto, vamos consertá-lo nos punhos.

Peu à l'aise, Jessandra fit toutefois un effort phénoménal et tenta un geste d'entente en donnant un léger coup de poing dans l'épaule de Grayle. Son idée avait été des plus lumineuses ! Bien qu'il n'eut pas dompté la féroce brésilienne, au moins l'avait-il adoucie un peu à son égard. C'était un exploit dont peu de personnes c'étaient montrées capables, particulièrement après une situation comme celle de la salle de bain.
Elle tourna vite les talons, offrant à Grayle la vue involontaire sur son fessier musclé emprisonné dans un micro-short bleuâtre de sport, puis s'arrêta comme si elle avait eu une révélation. Jessandra fit un nouveau demi-tour.

- Você conhece a cidade? Estou procurando por um lugar em particular. Eu o encontrarei antes da próxima luta.

Enfin, ça attendrait demain. Elle attendit la réponse de Grayle puis hocha simplement la tête.

- Boa noite. Se você vai se juntar a Bethany, não grite, se não ...

La menace laissée en suspens, Jessandra leva la main pour saluer Grayle tout en s'éloignant, laissant l'homme à ses spéculations et au choix de sa destination. Risquer la chambre de la blonde et une bonne partie (qui n'était clairement pas assurée, vu le caractère de Cole) ou se contenter sagement du canapé jusqu'au matin ? Libre à Grayle d'assumer ses choix... Tant qu'ils ne réveillaient pas le dragon brésilien en sursaut au beau milieu de la nuit !
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« Répondre #21 le: Septembre 20, 2017, 12:30:05 »

Grayle se mit à sourire comme un enfant lorsque le poing serré de Jessandra heurta son épaule, surpris de la bonne humeur de cette dernière, et aussi, de l'intense sensation de joie qu'il ressentait à la savoir... contente ? Elle lui répondit en portugais, qu'il déchiffra en se concentrant. Lire, parler, ok. Ecouter et être sur de ne pas se tromper... pas facile. Elle proposait que pour la prochaine fois... Se battre ? L'affronter sur le ring peut-être ? Il fallait avouer que l'idée lui plaisait... même s'il doutait tenir face à elle. Sourire sur les lèvres, ses pensées s'égarèrent, ainsi que son regard, ses billes bleues fixées sur la croupe musclée et large de la combattante.

Lorsqu'elle se retourna, ses yeux remontèrent à la vitesse d'une balle. Lui, connaître la ville ? Et bien... il lui fit signe d'attendre, avant de tourner son index autour de sa tempe, montrant qu'il réfléchissait et cherchait ses mots. Encore une fois, sa voix portugaise, plus grave que celle qu'il utilisait pour le japonais.

" Não muito bem, infelizmente. Mas eu sou bom em encontrar os lugares certos. Estarei com você "

Il grimaca en sachant instinctivement qu'il faisait quelques fautes et que son portugais était très... brut et littéral. Mais, hey, elle semblait l'avoir compris, et il fut presque sûr de déceler un sourire... qui se montra carnassier lorsqu'elle reprit la parole et lui souhaita bonne nuit. Avant de le mettre en garde.

* Si tu rejoins Bethany, ne criez pas, où sinon... *

La porte claqua, et il se retrouva dans le salon, seul avec ses pensées. Rejoindre Bethany ? Il imagina dans son esprit la jeune blonde, nue, ou presque, tordue dans une pose lascive dans ses draps, n'attendant qu'une chose, que le mâle de la maison vienne la rejoindre et la faire gémir de plaisir. Il se voyait en train de la surprendre, et de la soumettre, la rendre folle, exténuée et impressionnée par son talent. Oh, quelles plaisantes images... où alors, peu-être qu'elle dormait profondément et allait lui high-kick le menton au premier pas ? Ou jouer la frustration. Oh oui. OOOOOOOOOOOH Oui. C'était TOTALEMENT elle. Son instinct lui disait que cette adorable garce allait prendre un malin plaisir à le faire tourner en bourrique...

L'esprit occupé par ces pensées, il s'occupa de la vaisselle, puis, prenant son courage à deux mains, avanca vers la chambre de Bethany, à pas de loups. Assez discrètement pour ne pas réveiller des parents ensommeillés... mais pas assez pour passer outre l'attention de quelqu'un n'ayant pas encore succombé à Morphée. Il gratta à sa porte.

" Bethany. "

Etait-elle éveillée ? Ou endormie. Il ne le savait pas. Mais dans le premier cas...

" Bonne nuit. " et il s'en alla. Oh, comme c'était dur ! Mais, même s'il en crevait d'envie, même si Bethany l’accueillait les bras et les jambes ouvertes... entrer dans sa chambre aurait signifié être à sa merci. Et il ne voulait pas céder... même après avoir subi la meilleure branlette depuis... très longtemps. Il fut rempli d'une fierté puérile de ne pas avoir cédé. Bravo Grayle. Tu n'es pas entré dans la chambre d'une femme pour coucher avec elle. Tu veux un bon prix ?

* Dans tous les cas, je suis gagnant. Si elle ne m'attendait pas, j'évite l'humiliation. Si elle m'attendait... et bien, elle ne m'aura pas si facilement. *

Et si c'était éliminatoire ? S'il perdait toute chance de la toucher ? Il y pensa, alors qu'il enlevait doucement ses vêtements. Il se rendit compte... qu'il ne ressentait pas grand chose. Oh, un frémissement de regret. Mais sans plus. Bethany était une belle plante, au corps superbe, sans doute... non, certainement une amante passionnée. Mais, hé, s'il ne pouvait que la regarder sans jamais la toucher... il s'en contenterait. Pour ce qu'il connaissait d'elle... elle restait une chouette fille. Sympathique. Il s'en contenterait comme d'une amie. Celle avec qui on peut faire des blagues de cul et des insinuations graveleuses lorsqu'on achète des concombres.

Allongé dans le canapé en caleçon, le regard au plafond, et la tête confortablement installée sur ses bras croisés, il se surprit à avoir d'autres visions de lui. Avec Jessandra. Et Bethany. Réalistes, et fantasmées. Pas au lit, non. Tout simplement... en train de vivre. Manger ensemble. Faire la cuisine. S’entraîner. Assister aux combats de Jessandra. L'encourager. Faire les courses. Se balader dehors. Jouer de la guitare devant elles. Se connaître. Il s'égara ainsi, dans un royaume de possibles, avant de fixer le salon, la télé éteinte et les murs vides, les yeux légèrement humides.

Avoir un chez-soi. Celui là... il pourrait s'en contenter. Et c'était stupide. Car il connaissait ces deux femmes que depuis moins de 24 heures.

* Tu pars en plein délire Grayle. * se gronda t-il, se retournant dans le canapé, le visage face au cuir.

De toute façon, ca n'arrivera jamais. Si tu reste ici encore quelques jours, tu sera déjà redevenu un humain. Et si tu insiste... elles comprendront, lorsque tes cheveux deviendront gris, et ta peau ridée, que tu n'es pas ce que tu prétend être.

D'ici deux semaines, tu sera mort.

Il se désolé. Il adorait le don de la déesse. Il ne reviendrait sur sa décision pour rien au monde. Mais parfois, certains jours... être condamné à être une comète, une simple étoile filante dans la vie des autres, un caméo d'un épisode dans la longue série de leur vie, l'attristait terriblement. Et la chaleur de leur acceuil, même un peu brutal et moqueur, venait de faire renaître des regrets qu'il avait refoulé dans les recoins de sa mémoire il y a longtemps.

C'est plus triste que les deux combattantes qu'il s'endormi.

-----

A en juger par le silence de l'appartement. Il était le premier à être réveillé. Où le premier parmi les réveillés à oser se mettre debout, écartant son bouquin de portugais d'un mouvement du pied. Il regarda l'heure. 7 heures. Matinal, mais pas trop. Toutefois, il doutait que les deux combattantes étaient adeptes de la grass-mat. On attrape pas des abdos et des muscles pareils en glandant au lit. Bon. Il était l'invité... autant se rendre utile. Il inspecta le frigo et les étagères. Il y avait de quoi faire un petit festin.

* Bon... au travail ! *

L'homme de la maison prépara le petit déjeuner pour les deux femmes, se basant sur les paquets et pots de confitures à moitié vide pour déduire ce qu'elles mangeaient. Il partait du principe qu'elles étaient du genre à manger beaucoup, et une image de Jessandra en train de manger un tiers de burger d'une bouchée le confirma dans sa déduction. Il prépara le chocolat chaud. Fit griller (doucement) le pain, afin de faire des tartines, laissant des tranches de pain nues afin de ne pas les priver de ce plaisir. Fit couler le jus d'orange. Coupa les bananes en tranches. Bref, prépara un petit-déjeuner à rendre envieux un hôtel trois étoiles.

Il se demandait ce que la matinée lui réservait...
« Dernière édition: Septembre 21, 2017, 06:59:28 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #22 le: Septembre 20, 2017, 09:33:12 »

- Il n'a même rien tenté !

Bethany afficha un sourire partagé entre l'amusement et une forme d'amertume tandis qu'elle levait les gants d'entraînement pour forcer Jessandra à passer instantanément en frappe haute, après l'avoir poussée à ne viser que le ventre. Sans prévenir, la blonde sépara ses mains jusque là proches l'une de l'autre et fut ravie de la réplique que Chavez lui adressa : un coup de poing enchaîné pour la main la plus éloignée d'un high-kick à la puissance mesurée. La brune était perclue de d'impressionnants réflexes qu'elle travaillait quotidiennement, dès l'aube parfois. Si Grayle avait pensé être matinal, il s'était lourdement trompé : les filles avaient discrètement quitté l'appartement près de deux heures avant son réveil pour aller s'entraîner dans les rues. Jessandra ne connaissait pas vraiment la notion de relâchement. Et Bethany à qui elle avait raconté le combat du bar de la veille n'envisageait pas de ne pas l'aider.
Voilà donc qu'elles étaient au pied de l'immeuble après avoir couru dans le quartier, ne s'arrêtant que pour effectuer de petites séries de pompes et autres tractions. Echangeant dans leur langue maternelle, les filles (enfin, Beth surtout) retraçaient le fil de la soirée et donc l'amorce de tentive nocturne de Grayle.

- Je me demande ce que j'aurai fais si il avait essayé. Accepté -j'étais chaude comme la braise !- ou l'envoyer chier ? Pour le plaisir de le voir s'énerver et jouer le mâââââle... Ah ! Si il retente quelque chose cet après-midi, je le laisse faire.

Elle ramena ses mains l'une à côté de l'autre d'un coup et seuls les BLAMBLAMBLAMBLAMBLAMBLAM répétitifs des poings mitrailleurs de Jessandra s'écrasant dans le cuir doublé de mousse lui répondirent. La série fut puissante et appuyée, finalement stoppée par un cri de Bethany. Chavez cessa, expirant profondément en faisant jouer ses poignets et sa nuque.

- Tu attendras ce soir pour tes vices, Cole. Je le prends en ville, aujourd'hui. On va aller à l'adresse.
- Ah. Oui, il est temps.


Bien qu'elle ne l'aurait jamais évoqué ouvertement, Bethany s'inquiétait pour Jessandra. Elle qui était curieuse de ses origines réelles, que ferait-elle si l'adresse laissée par sa mère s'avérait être une fausse piste -la seule et unique qu'elle n'ait jamais eue, qui plus est ? Bien sûr, Chavez se relèverait d'une déception. Ce n'était pas le genre à s'effondrer facilement. Ce n'était toutefois pas une raison pour qu'elle s'effondre, même un peu.
Il y avait chez Bethany une sorte d'admiration envers Jessandra, à qui elle n'était sans envier son abnégation et sa force de volonté. Jess' était une sorte de roc inébranlable qui ne laissait rien l'atteindre. Mieux, elle ne s'en battait que d'autant plus puissamment !

Sans rien plus ajouter si ce n'était quelques échanges de conseils et avis sur les derniers matches de l'UFC, les comparses remontèrent jusqu'à leur appartement.


*
*        *


Pour tout frustré que Grayle pouvait être des frasques de Bethany, il y avait tout de même de quoi envier sa position. Lorsque les combattantes pénétrèrent dans la cuisine, l'homme eu tout le loisir de les découvrir chichement vêtues. Jessandra ne s'encombrait jamais de trop de vêtements lors des entraînements et ne se trouvait ici qu'en brassière sportive noire qui avait le goût de comprimer sa poitrine en la réhaussant, laissant tout le loisir à autrui de s'attarder sur la fine mais présente musculature de son ventre, en plus soulignée par la fine pellicule de sueur dégagée par l'effort. Ses jambes ? Malheureusement dissimulées dans un jogging, qui sculptait pourtant le renflement athlétique de son fessier, en l'y collant de près. Quant à Bethany (qui fut la première à s'exclamer devant le petit déjeuner, signe spontané de tout le plaisir que l'attention lui suscitait), elle se tenait devant Grayle dans un legging ultra-moulant, agitant ses seins dans un débardeur forcément très échancré à la gorge. La encore, la sueur perlait sur les volumes arrogants pour disparaitre entre eux, traçant de fins sillons.

Jessandra découvrit le déjeuner et haussa un sourcil avant de poser le regard sur Grayle sans trop d'émotion... jusqu'à ce que ne fleurisse un fin sourire -le premier depuis la veille, peut-être. Elle s'attabla de bon cœur alors que Bethany avait déjà entamé le festin et chacun eu la politesse de remercier l'homme à sa façon entre deux bouchées.
Le petit déj' se passa ainsi, très simplement, entre deux félicitations ravies et échanges anodins sur les actualités du moment. Une fois le repas fini, Bethany s'éclipsa pour éviter la vaisselle et prendre sa douche. Jessandra, elle, vint donner un papier au cuisinier avant d'entamer le débarrassage, intimant à Grayle de ne même pas tenter de lever son cul de la chaise d'un regard évocateur. Après le repas qu'il avait offert, ce n'était certainement pas à lui de s'acquitter du ménage !

- Ça être adresse de ma mère naturelle, expliqua-t-elle en entamant la vaisselle. Je Japon pour ça, tournoi clandestin payer billets et appartement tant que moi dans la course. Pas important... Ça, si.

La brune était repassée à son japonais hésitant et grossier afin de laisser le portugais maladroit de Grayle un peu tranquille. Et puis, la pratique de la langue asiatique ne pouvait pas lui faire de mal non plus.

- Bethany et moi occupées, alors pas le temps de chercher. Toi m'y amener. Si tournoi reprend, te protéger.

Le Beasts Wars pouvait lui imposer un combat n'importe quand, n'importe où, contre n'importe qui. Et elle était tenue d'y répondre présente, sans quoi elle repartirait pour le Brésil manu-militari sans avoir l'occasion de mener ses petites recherches. C'était bien simple : Jessandra devait impérativement enchaîner les victoires envers et contre tout. Mais pour le moment se rendre à l'adresse indiquée sur le papier lui importait plus que le reste. Et bon courage à ceux qui se mettraient sur sa route !

L'adresse indiquait, pour peu qu'elle parle à Grayle, un quartier en ruine quelque part en périphérie du port. A peine mieux famé que la Toussaint, mais est-ce qu'à eux deux c'était vraiment un souci ?

- Je débarbouiller et changer moi et nous partir. Prendre tes couteaux. Au cas où.

Et, sans laisser à Grayle le temps d'objecter, la brésilienne disparu à son tour dans la salle de bain libérée par Bethany.
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« Répondre #23 le: Septembre 23, 2017, 02:50:27 »

Grayle ne s'attendait pas à voir les deux femmes surgir de la porte d'entrée, mais la surprise laissa vite place au plaisir lorsqu'il vit les tenues relativement fines et court-vêtues des deux femmes (il ne put s'empêcher de jeter des oeillades à Jessandra), qui partagèrent avec lui le petit déjeuner. Depuis combien de temps n'avait-il pas mangé avec quelqu'un ? Des mois ? Sans importance. Savourant le moment présent, il petit-déjeuna avec les deux combattantes, échangeant de joyeuses banalités. Mais lorsque Bethany disparue après un petit clin d'œil, la tension remonta. Il regardait le papier d'un air concentré tout en écoutant Jessandra.

Ainsi donc, le Beast War n’était pas so, vrai objectif. Un simple prétexte pour aller au Japon tous frais payés et partir à la recherche de sa mère… il se rappela de ce que Bethany lui avait dit. Elevée chez une nonne… pas étonnant qu’une orpheline ayant passée son enfance dans l’enfer des favelas veuille retrouver ses parents.

« Oh, je crois connaître, attend… »

Il se leva et alla fouiller son sac, sortant une grande carte de la ville. Malgré les  GPS, les décennies passées dans des mondes sans technologie de ce genre avait fait de Grayle quelqu’un préférant les cartes, auxquelles on avait toujours accès.

« On y va quand tu v… »

Il se retourna, sursautant après un « clac ». Jessandra était partie se doucher sans le prévenir. Dans le couloir, Bethany lui lanca un regard amusé, et, nue, se dirigea vers lui... avant de se retourner au dernier moment, s’en allant vers sa chambre dans un déhanché exagéré. Il ne put s’empêcher de sourire.

«… garce. »

----

« … Je t’avoue que je ne m’attendais pas vraiment à mieux. » Dit Grayle d’un air désolé en regardant Jessandra.

Même si cette dernière n’était pas particulièrement expressive ou communicative, il avait pu sentir dans le métro une certaine forme… d’excitation ou d’inquiétude en elle, qui s’était révélée croissante au fur et à mesure que les stations défilaient. Lors des dernières stations, alors que la rame se vidait au point qu'il ne restait plus qu'eux deux, elle semblait être sur le point d'exploser. Mais la brune était restée muette.

Lorsqu’ils avaient fait le reste du trajet à pied, il avait été obligé de trottiner pour rester à son niveau.

Ils étaient arrivés à la bonne adresse. Une grande bâtisse… abandonnée. Ou alors, pas DU TOUT entretenue par son occupante. Les murs étaient décrépis, la plupart des fenêtres cassées, avec des planches en bois clouées dessus. Grayle s’attendait même à en voir sortir un ou deux chats. Des tags en japonais apportaient une touche de couleur assez baveuse. Apparemment, le quartier niquait la police. Et la mère de celui qui lisait ce message.
Si la mère de Jessandra avait vécu ici, c’était il y a un bout de temps… Mais pas question pour Grayle d’être négatif. Il chuchota un « attend » à Jessandra, avant de s’éloigner. Il y avait une petite ruelle entre la bâtisse et l’immeuble voisin… dont les squatteurs du hall d’immeuble regardaient Grayle et Jessandra avec le soupçon du dealer qui voit un flic en civil derrière tout individu de plus de 15 ans. Entrant dans la ruelle, il vit d’un œil rassuré des escaliers de secours. En ruine, mais c’était déjà ça.

Avant d’entrer dans un endroit flippant, toujours trouver un moyen d’en sortir. Il revint vers Jessandra.

« Il y a des escaliers de secours sur la droite. Si besoin… enfin… rien. ». Elle le fixait d’un air sévère, et il ne savait pas réellement pourquoi. Etait-ce quelque chose du genre « tu crois que j’ai besoin d’escaliers de secours ? ». Bref… Il ouvrit son sac et en sortit deux lampes torches tactiques militaire, dont une qu’il donna à Jessandra.

« Toujours au cas où. »

Il s’avança en premier, et poussa, naïvement, la porte d’entrée, qui était bloquée. Il sentit le regard de Jessandra sur lui.
« Hey, un jour, j’ai défoncé une porte qui était en fait ouverte. Maintenant je check tou… » Il s’interrompit lorsqu’il arracha la poignée de la porte en tirant dessus, un peu dépité. Il se retourna vers Jessandra, et s’écarta dans révérence, laissant la jeune femme face à la porte moisie.

« Les dames d’abord. »

Une portée défoncée plus tard, ils étaient entrés. Si la lumière du jour filtrait dans l’entrée, tout le reste était plongé dans le noir. Il alluma sa lampe torche.

« Tu t’attend à trouver quoi, en fait… ? »
« Dernière édition: Décembre 30, 2017, 05:50:10 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #24 le: Décembre 29, 2017, 08:15:22 »

Jessandra, nerveuse ? C'était bien mal décrypter les mimiques morphologiques de la taciturne brésilienne. Depuis longtemps déjà, la nervosité était un état d'esprit qu'elle s'évertuait à chasser de son panel d'émotions. La nervosité, c'était l'ennemie de la bonne concentration, la porte ouverte aux erreurs de jugement qui pouvaient coûter la victoire dans le feu du combat. Le genre de "détail" que Chavez ne laissait pas au hasard dans sa discipline de fer, érigeant mentalement des barrières pour contenir le fauve rugissant qui, bien sûr, menaçait toujours de la saisir. Elle restait humaine, elle restait faillible... Mais, en bonne combattante, poussait la lutte sur l'aspect moral contre ses propres faiblesses. Comme un samouraï qui se serait appuyé sur le bushido en cas de doute, la combattante des rues se fiait à son propre code pour tracer sa route.

Ce que Grayle avait perçu chez elle s'approchait davantage de l'excitation que sa comparse pouvait ressentir à l'aube d'un combat stimulant. Cette sensation de pouvoir sentir les flots d'adrénaline se mêler à son sang à mesure que son cœur le pompait à travers tout son être, la perspective de s'offrir une virée décomplexée au royaume de la violence et de la survie. Ici, il n'y avait apparemment pas tout cela. Juste la visite d'une adresse.
Mais quelle adresse ! Ce papier de sa mère biologique, Jessandra l'avait veillé comme Smaug l'or des nains. Ses origines l'intriguaient. C'était une chose bien normale, non ? Même si son enfance avait été aussi heureuse qu'acharnée, Jess' voulait savoir. Voulait comprendre. Retrouver ses parents pour obtenir des explications quant à son abandon.
Et leur coller une bonne droite dans les gencives pour le leur faire payer.

Une fois le métro à destination, Chavez laissa presque Grayle sur le carreau. Elle ne pensait même plus à la présence de l'homme, trop obnubilée par ce but trop longtemps éloigné qui se rapprochait enfin. La brésilienne traversa les enfilades de rues et ruelles comme une flèche cintrée dans un jogging noir ouvert sur une brassière sans sex-appeal, ne prêtant attention à rien ni personne tandis que les mètres entre elle et sa destination se réduisaient considérablement.
Jusqu'à ce qu'elle se trouve pile en face.
Une grande bâtisse qui devait avoir eu du lustre quand Jessandra bavait encore sur les tétines de ses biberons et se roulait dans la poussière de l'appartement de sa nonne de mère adoptive en guise de déplacement. Les beaux jours du lieu étaient bien lointains tandis que Chavez détaillait la façade en cherchant une entrée rapidement praticable.

Grayle se rappela à son souvenir tandis qu'il s'éloignait pour faire le tour du bâtiment, revenant avec son histoire d'escalier de secours accessible. Jessandra ne lui adressa qu'un regard torve, mais décocha un sourire de reconnaissance en empoignant la lampe-torche que le pérégrin lui destinait. A ça, elle n'aurait jamais pensé spontanément ! Cela lui plut et elle abandonna un peu de sa froideur pour se montrer un peu plus affable avec l'homme qui entreprenait déjà de passer la porte dont la poignée vermoulue lui resta dans la main. Au moins, pas de problème pour pénétrer ce sanctuaire du passé...
Jessandra n'hésita pas et passa le seuil d'un pas conquérant, débouchant sur un vestibule large où dominait un escalier qui menait à l'étage. Sur le côté de la volée de marches, quelques portes défoncées et tagguées. Vu la crasse et l'état des lieux, l'endroit était un squat souvent fréquenté. Peu de chance, en somme, d'y trouver quelque chose de très concret après tous les va-et-viens que l'endroit avait connu.

- Rien vraiment précis.


C'était la pure vérité. La guerrière moderne n'était pas assez naïve pour imaginer trouver des réponses toutes faites. Les squatteurs et autres dealers avaient en plus probablement récupéré tout ce qui aurait pu avoir de la valeur et constitué un indice quelconque sur sa filiation réelle. Quant à de possibles papiers, entre le temps écoulé et l'humidité de l'endroit... Valait mieux ne pas y compter. Jessandra rentrerait très certainement bredouille, mais soulagée d'un poids : au moins, elle n'aurait plus de doutes et de raison de penser à ses parents réels. Toute piste coupées, il lui serait inutile de gamberger !

L'endroit était certes vides, peuplé de quelques rares meubles éventrés et brisés depuis longtemps, mais quelque chose pesait dans l'air. Quelque chose qui n'était pas dû aux seringues éparpillées sur le sol, aux capotes usagées abandonnées dans les coins ou même aux déjections humaines qui souillaient le pied des murs depuis si longtemps qu'elles y semblaient incrustées depuis toujours. C'était davantage une sensation qu'on aurait pu qualifier de mystique... et qui l'était en vérité clairement, mais Jessandra n'aurait jamais été capable de le comprendre. Grayle peut-être ? Cette baraque avait servi à autre chose qu'à de l'hébergement, même si les traces étaient diluées depuis un moment.
Jessandra proposa de d'abord inspecter les pièces du bas et s'intéressa à ce qui devait être la cuisine quand les murs tremblèrent et qu'un bruit puissant et sourd entendu à l'étage la fit sortir de la pièce comme un diable hors de sa boîte. Un tremblement de terre ? Possible, mais étrangement localisé ! Au pied des marches, la brésilienne chercha Grayle du regard quand un mouvement attira son attention en haut des escaliers.
Elle leva les yeux, tous ses muscles bandés et prêts à l'usage... Quand elle marqua un temps d'arrêt, incapable de gérer ce qu'elle était entrain de regarder.

Une femme -au vu de sa physionomie, ça ne trompait pas et ce malgré l'armure mêlant cuir et métal- tendait vers elle la pointe de sa singulière épée. Jessandra ne pouvait pas voir son regard derrière le masque intégral mais le sentait peser sur elle. Cette... personne ressemblait à ces personnage qu'on pouvait voir dans les conventions de cosplay dont étaient si friands les japonais, mais la comparaison s'arrêtait là. L'éclat de l'acier de sa lame et le sentiment de danger qu'elle dégageait étaient, eux, parfaitement réels.
La brésilienne se chargea de vite dégager la surprise pour se préparer à l'assaut qu'elle savait imminent. Tout son corps le lui criait, réclamant la violence que la situation promettait étrangement.



- Je ne sais pas qui doit mourir. Alors vous mourrez tous les deux.

Et elle sauta. Sans aucune forme d'avertissement, de sommation, la femme casquée bondit du haut des marches en levant son arme pour l'abattre là où s'était tenue Chavez moins d'une seconde plus tôt, sauvée par ses réflexes d'un bond vers l'arrière. L'espèce de chevalier eut un temps de battement relatif à la surprise et put découvrir que la brésilienne savait profiter d'un relâchement minime... et n'hésitait pas à frapper, armure ou pas.
Le poing de la brune s'écrasa sur le masque d'acier, forçant l'inconnue à reculer tout en redressant son épée et sa garde. D'un pied, elle reprit son équilibre et reprit son assaut, prête à trancher en deux son opposante.

Rien de bien effrayant pour Jessandra ? Et bien, elle était perturbée. Jamais elle n'avait affronté d'épée. Et ses hésitations, dans ce combat qui tombait comme une merde dans la soupe, pourraient lui coûter très cher.
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #25 le: Décembre 30, 2017, 08:27:46 »

"Putain, l'odeur ! " ne put s'empêcher de s'exclamer Grayle, parlant pour eux deux. L'atmosphère était atroce, mélange de saleté, de déjections et de vomi. Il frappe du pied un tabouret, qui se renversa, essayant vainement de trouver une source de lumière. Comme il s'y attendait, il n'y en avait aucune. Il allait falloir se contenter de leurs lampes torches, qui, heureusement, était relativement puissantes.

Il regarda Jessandra chercher, un peu au hasard. Elle ne semblait pas vraiment savoir où commencer, en effet. Puis, d'un coup, Grayle, qui froncait les sourcils à cause de l'odeur, le fit cette fois à cause d'autre chose.

* Magie. *

Grayle, s'il n'avait aucune affinité avec la magie, à force d'y être confronté, avait appris, petit à petit, à la sentir. Comme une légère odeur d'ozone dans l'air, similaire à cette tension, cette chaleur, ce vent que l'on ressent alors qu'un orage se prépare à frapper. Une odeur qu'il ne s'attendait pas à trouver sur Terre. Si Jessandra regardait Grayle, elle pouvait voir que le paisible jeune homme était tendu comme un arc. Il marchait presque sur la pointe des pieds, une main sur le manche d'un couteau, le regard concentré, comme un chien à l'affût.

Lorsque l'inconnue apparut, Grayle avait poussé une exclamation étouffée, éclairant la nouvelle venue de sa lampe torche, afin de mieux la distinguer. Il reconnaissait ce genre de physique, d'armure, et d'arme.

Cette femme ne venait pas de la Terre. Il réfléchissait à toute vitesse. Terra alors ? C'était probable. D'autant qu'il avait déjà vu ce genre d'armure et d'épée, sans pouvoir mettre le doigt dessus.

Lorsqu'elle sauta sur eux, Grayle s'était lui aussi écarté. Il avait plongé sur le côté. Il se savait incapable, dans son état actuel, de tenir un combat prolongé face à une combattante en armure et avec une vraie arme. Et Jessandra ? Le pouvait-elle ? Il n'en savait rien. Il l'avait vue se battre, certes, et elle était clairement supérieure à lui. Mais entre des loubards d'une taverne, quelques combattants pro dans un ring, et une chevalière en armure, il y avait tout un monde d'écart. Quoi qu'il en soit, il ne pouvait se permettre de laisser Jessandra seule contre cet individu. Une foule de questions harcelaient son esprit, mais il y a avait un temps pour la discussion, et un autre pour la violence.

Alors que les deux femmes se faisaient face, il jeta sa lampe-torche sur l'inconnue. Lumière et obscurité se mélangèrent dans un tourbillon confus alors que l'objet tourbillonnait dans la pièce. La guerrière, d'un geste fluide et effroyablement rapide, trancha la lampe-torche en deux d'un revers d'épée, et Jessandra profita de l'ouverture.

Grayle, qui avait posé son sac par terre, avait tiré ses deux couteaux, et était lui aussi passé à l'offensive. Se battre à un contre deux était difficile, mais se coordonner avec quelqu'un l'était tout autant. Afin de ne pas être victime d'un coup perdu des deux combattantes, qui étaient plus rapides et fortes que lui, Grayle restait parfois à l'écart, bougeant afin de rester perpétuellement dans l'angle mort de la guerrière, qui faisait régulièrement passer son épée d'une main à l'autre, l'utilisant aussi bien à une ou deux mains.

Un coup d'estoc, plus rapide et vif que les autres, fit reculer Jessandra, déchirant une partie de sa brassière. L'inconnue fut stoppée dans son élan par Grayle, sorti de nulle part, qui la percuta de plein fouet contre le mur. Il leva son bras afin de la poignarder, la lame sombre se détachant au milieu de la semi-obscurité de la pièce. Mais, plus rapide, l'épéiste se saisit de son bras, le stoppant net, et lui administra un brutal coup de tête, faisant exploser le nez de Grayle dans une gerbe de sang, avant de l'envoyer valser contre le mur opposé à plusieurs mètres d'un magistral coup de pied dans le ventre. Grayle s'effondra en gémissant...

" Huuuuuurgh ! "

...avant de se relever, le sang coulant sur son visage, et de revenir à la charge. Plusieurs fois il fut ainsi repoussé, frappé, cogné par la guerrière, saignant et grognant, et, à chaque fois, il revint à la charge.

Les respirations des deux femmes devinrent vite sifflantes, rauques, les gestes plus maladroits et lents dans ce combat qui demandait tous leurs efforts et leur concentration. La guerrière profita plusieurs fois de son armure pour absorber les coups de la brésilienne, protégeant efficacement ses parties les plus exposées. Jessandra et Grayle n'avaient pas ce luxe, devant éviter chaque coup pour éviter la mort.

Le combat n'était facile pour personne. La guerrière était en infériorité numérique, face à deux adversaires rapides et cherchant le contact. Jessandra se retrouvait dans un combat où les deux autres participants avaient des armes blanches, redoutables et contre lesquelles aucune erreur n'était permise. Grayle, lui, était moins fort, moins rapide, moins doué que les deux autres combattantes, et se retrouvait régulièrement repoussé, frappé ou forcé de battre en retraite.

La guerrière parvint à forcer Jessandra à se jeter à terre d'un tourbillon, et reporta un instant son attention sur Grayle, dont les attaques continuelles perturbaient son rythme. Il lui était impossible pour elle d'éviter les coups de ses deux ennemis, et, peu à peu, les attaques de Jessandra l'épuisaient, fracassant ses côtes, son masque, ses bras et ses jambes.

" Dégage ! "

Elle leva son arme. Grayle bondit comme un loup, brisant son élan à mi-course et se jetant à terre à une vitesse prodigieuse pour éviter la mort qui arrivait en sifflant sur lui. Il se dégagea en toute hâte et se mit hors de portée à l'instant où son ennemie, retrouvant son équilibre, frappait de nouveau. La lame s'enfonca dans le parquet, faisant craquer le bois et voler des éclats partout. Puis, elle tira le couteau attaché à sa jambe et, se rapprochant de lui avec un dash absolument inhumain, le planta dans sa jambe dans un cri de victoire, prenant Grayle de court, qui s'attendait à ce qu'elle attaque avec son épée.

" HAHA ! "

Suivi du hurlement de Grayle, l'esprit lacéré par une douleur vive...

" RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! "

.. qui disparut dans l'instant. Rassemblant ses forces, il tenta un coup d'estoc. Bien qu'elle soit quasiment au contact de lui, la guerrière esquiva, mais pas suffisament vite. Le couteau de Grayle coupa à travers l'armure comme du beurre, et laissa une profonde estafilade, suivie d'un geyser de sang. Un autre érupta lorsque qu'elle retira le sien.

La scène devint confuse, mais ne dura qu'un bref instant. La guerrière projeta Grayle sur Jessandra, avant de mettre brièvement un genou à terre, jurant sous son masque. Un des couteau de Grayle était distinctement enfoncé dans son poitrail.

La brésilienne fut aspergée du sang chaud de Grayle. Ce dernier la regarda d'un air concentré et déterminé, alors que du sang coulait de ses lèvres, de son nez cassé, et de son cou, à moitié égorgé par la guerrière.

" Finis... là. "

Il se laissa tomber sur le côté afin de ne pas la gêner, et se roula en boule, la main sur son cou. Il n'avait pas peur. Il avait vécu pire. Il espérait juste que Jessandra ne se ferait pas tuer, le temps qu'il récupère...
« Dernière édition: Janvier 08, 2018, 07:46:35 par Grayle le pérégrin » Journalisée
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« Répondre #26 le: Janvier 07, 2018, 07:40:34 »

Le coup de taille qui avait tranché la lampe torche jetée par Grayle avait suffit à faire comprendre à Jessandra à quel point leur adversaire masquée était dangereuse. Un coup net, parfaitement calculé et délivré avec une épée assez affûtée qui avait tranché le plastique comme du beurre... Si la brésilienne n'avait jamais affronté de bretteur tout au long de sa carrière, elle avait bien assez d'expérience pour reconnaître un coup mortel d'un coup plus ordinaire. La perspective de sentir le fil de cette lame trancher chair et os la fit déglutir d'appréhension mais son coeur pompa une puissante dose d'adrénaline à travers son corps entraîné et la taciturne combattante s'élança d'un bond pour entamer la bataille, refusant de gâcher l'ouverture que le pérégrin lui avait ménagée. Et Chavez réduisit la distance entre son opposante armée et elle d'un bond ; avec sa lame longue l'espèce de chevalier serait plus démuni contre un adversaire qui privilégiait le corps-à-corps à la mi-distance.

Cependant, d'expérience, la femme en armure n'en manquait pas plus qu'elle. Loin de se laisser surprendre, elle anticipa le coup de poing en dressant entre son visage et les phalanges de Jessandra le corps de son arme et Chavez frappa le plat de l'épée et se retrouva forcée de se reculer sous la douleur, son adversaire sachant mettre à profit la distance retrouvée pour entamer des assauts nerveux et bien calculés qui poussèrent la brunette sur la défensive. Menacée par le corps aiguisé de l'arme qui frappait pour trancher mortellement, Jessandra fut réduite à enchaîner les esquives pour tenter de déchiffrer la routine des attaques de la chevalière afin d'en trouver les ouvertures. Plus facile à dire qu'à faire ! La brésilienne vit souvent la lame pénétrer outrageusement sa défense, la poussant à reculer en sautant ou cassant ses rares tentatives de contre.
Fort heureusement, Grayle et ses belles lames avaient décidé de se mêler à la danse et le blondin s'avérait assez compétent pour savoir à quel moment se place pour éviter de gêner son acolyte tout en repoussant l'arme de l'autre, donnant à Jessandra des opportunités de reprendre son souffle et ses assauts.

Après une estoc de toute beauté sur un coup transversal de Grayle pourtant parfaitement porté, la masquée manqua bien de parvenir à découper la brésilienne par une attaque rapide qui trancha le tissu de sa brassière en atteignant également l'orbe ferme qui se cachait derrière. Le vêtement fut découpé jusqu'au téton et la rondeur charnelle se zébra d'une morsure rougeâtre de laquelle le sang se retrouva rapidement à s'écouler. Un cri mêla rage et douleur passa les lèvres de Jess', qui ne dût son salut qu'à Grayle, rapidement puni pour avoir osé protéger la brésilienne. Il eut le droit d'avoir le nez cassé et probablement quelques côte fêlées quand son corps s'écrasa lourdement contre l'un des murs de la masure, soulevant un nuage de poussière de plâtre et d'esquilles de bois.
Mais l'esprit combatif de Grayle (et la colère de voir un de ses rares "amis" ainsi molesté) fit oublier sa blessure à Chavez et elle retourna elle-même dans le feu de l'action en profitant de la garde ouverte de l'opposante pour lui faire rencontrer son genou dans un bond, la repoussant sur quelques pas avant de la marteler de coup de poings partout où elle pouvait toucher.

Le rapport de force était équilibré. Trop, en fait. Personne ne paraissait à prendre l'ascendant et le combat à deux contre un devenait une bataille d'endurance. Jessandra et Grayle attaquaient de concert sans ménager leurs efforts qui lentement s'harmonisaient : le pérégrin s'occupait de dévier les attaques armées de ses couteaux et la guerrière de rue saisissait les occasions d'aller frapper la chevalière avec assez de force pour cabosser la surface de son armure à s'en esquinter les poings, depuis un moment ensanglantés. Et la brésilienne frappait aussi violemment qu'elle avait mauvais caractère, parvenant à infliger de plus en plus de dégâts sans trop en recevoir elle-même.
La femme au masque décida alors de se dégager et, d'un mouvement ample et meurtrier, fit se jeter au sol Jess' et en profita pour s'attaquer à Grayle. De là, tout se passa très vite.

Impuissante, Jessandra assista au duel entre l'homme et la femme. Les coups qui se manquèrent, le bond armé de la chevalière qui parvint à enfoncer son arme d'appoint dans la cuisse de Grayle et ce dernier qui hurla sa douleur mais, avec l'acharnement qui lui attira le respect de la brune, réussi à égaliser d'un coup splendide qui perfora le thorax de l'acharnée avant que celle-çi ne propulse l'humain contre Chavez pour s'accorder un répit sûrement bienvenu après cette prise de dommages massives. Jessandra réceptionna Grayle de son mieux et découvrit avec effroi l'étendue des blessures de son compagnon dont le sang lui éclaboussa la poitrine et le bas du visage alors qu'elle ouvrait de grands yeux.

- Finis... là.

Jessandra ne parvint pas à articuler une réponse et, tremblante, laissa glisser le pérégrin hors de ses bras afin qu'il repose sur le sol. Son regard resta un instant sur ses paumes rougies par l'hémoglobine, secouées qu'elles étaient par les légers spasmes. Mais pas de douleur ou de peur, non... Il s'agissait là de tremblements de colère. Une colère sourde, d'une rare violenc, qui tempêtait partout dans le corps trempé de sueur et de sang de la brésilienne. Elle serra les dents et fit un geste assez étonnant : ses doigts dégouttants de sang passèrent sous ses yeux pour former une sorte de scarification tribale avant qu'elle ne se relève pour tendre le poing vers la chevalière, tendant finalement son pouce vers le bas.


Piquée au vif par la provocation et l'humiliation que lui avait infligée Grayle, la chevalière n'hésita pas à charger dans un cri, levant son épée comme elle le pouvait malgré sa blessure. Et... Jessandra fit volte-face et se mit à courir, comme en fuite, dans la direction du mur le plus proche. Son adversaire s'en amusa d'abord sous son masque, prête à frapper, quand elle vit l'inconcevable pour elle : emportée par son élan, Jessandra fit carrément trois pas sur le mur, à la verticale et donna une violente impulsion de ses reins lors du dernier. Son corps ainsi balancé déploya sa jambe comme un fouet et la chevalière, surprise, n'eut aucun mouvement de défense lorsque le pied de Chavez lui percuta le côté de la tête et l'envoya rouler-bouler. La brésilienne retomba et son poids souleva quelques volutes de poussière autour de ses baskets.

- Ça, pour Grayle !

La médiévale peinait à tenter de se relever que Jessandra arriva à son niveau pour lui balancer un violent coup de pied dans les côtes qui la fit se soulever et retomber sur le dos alors qu'elle était sur le ventre. On l'entendit grogner de douleur et du sang goutta peu-à-peu des interstices du masque abîmé, prouvant que cette fois elle ne se relèverait pas.

- Ça pour moi !

Le pied de Chavez se leva au-dessus de la gorge de son adversaire vaincue et ses muscles se contractèrent. Aveuglée par la colère, la brésilienne s'apprêtait à frapper pour tuer, comme elle et son ami avaient faillis l'être par celle qui gisait à présent, vaincue. Ses muscles se détendirent et le pied s'abattit comme un boulet de canon.

- NON !

BLAM ! La semelle de la basket écrasa une latte du parquet de bois, juste à côté du visage dissimulé de la chevalière. Le cri était arrivé juste à temps pour que Jessandra puisse dévier son coup. Elle se retourna dans la direction de l'exclamation, soit vers le haut de l'escalier qui avait déjà vu apparaître la femme agonisante. Et Jess' découvrit six autres guerrières identiques, trois de chaque côté d'une personne bien différente d'elles, vêtue d'une robe lourde et d'une cape qui semblait lui interdisait le combat -qu'elle paraissait ne pas vouloir mener, ni pouvoir vu l'absence d'équipements adéquats. que la brésilienne foudroya du regard, l'identifiant comme la cheffe de cette étrange équipée.

Avant que Chavez ne puisse faire un mouvement, deux combattantes firent un bond formidable l'épée à la main et atterirent juste à côté de Grayle, qui manqua d'être épinglé au sol de façon définitive. Jessandra réagit aussi vite qu'elle en fut capable et sa semelle se posa sur la gorge qu'elle avait déjà prévu de broyer un peu plus tôt. Le message était clair : si Grayle était blessé, l'autre ne s'en sortirait pas.
La tension était plus que palpable à présent, si épaisse que les couteaux de Grayle auraient pu la couper d'un mouvement.
Ce fut la cheffe qui prit de nouveau la parole.

- Il n'est pas nécessaire que le sang coule davantage. Nous pouvons le soigner, si tu nous suis sans opposer de résistance. Dans le cas contraire, penses tu être capable de vaincre à toi seule les six autres Lames ? Je te propose un arrangement honorable et une issue convenable. A toi de choisir.

Les yeux azurés de la brésilienne passèrent sur chacune des femmes présentes puis s'attardèrent sur le pauvre Grayle. S'il n'avait pas été présent, peut-être aurait-elle continué la lutte. Par fierté. Parce qu'elle ne supportait pas qu'on lui fasse du chantage. Mais l'homme avait combattu avec elle et en était là parce qu'il l'avait suivi, plein de bonne volonté. Alors, bien qu'enragée, Jessandra ravala ses envies et son ego pour ôter lentement son pied de la gorge de la blessée. Les deux chevalières quittèrent aussitôt le chevet de Grayle et Jessandra s'y rendit, passant ses bras sous l'homme pour le soulever avec tout le soin possible. Heureusement, elle était assez forte pour supporter son poids.
La jeune femme en robe descendit les marches, suivies par deux guerrière qui s'écartèrent pour ficher leurs épées dans le parquet. Elles entonnèrent de concert une incantation qui fit crépiter un éclair violacé dans les gardes creuses de leurs armes et un arc électrique vint à jaillir de part et d'autre. Après un flash, Jessandra put découvrir une sorte de fissure dans l'espace.
Un portail.

- C'est une sage décision, fit la femme en robe avant de désigner l'ouverture magique. Ne perds pas davantage de temps, où l'homme perdra trop de sang.

Qu'avait-elle à perdre, à part Grayle ? Jessandra grogna et ne se donna même pas la peine de hocher la tête, préférant le silence à toute forme de communication. Le pérégrin en sécurité dans ses bras, la guerrière urbaine passa le portail après un flottement d'hésitation.
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« Répondre #27 le: Janvier 08, 2018, 09:46:33 »

Grayle avait fait le mort lorsque les guerrières étaient arrivées, ne perdant pas une miette d'une situation de plus en plus confuse. Que faisaient ces gens dans la maison supposée avoir hébergée la mère de Jessandra ? Est ce que cette dernière était liée à Terra, ou un autre monde ? Avait-elle un héritage particulier ? Pire, est ce qu'elle avait été attendue, embusquée, se pensant chasseuse, alors qu'elle n'était qu'une proie, donc la curiosité venait de coûter la vie ?

Car quoi que disaient ces femmes parlant d'issues honorable ou de soin, il n'oubliait pas que leur adversaire n'avait pas hésité une seconde à les découper. Il craignait que Jessandra se lance droit dans un piège et, si elle n'était pas stupide, il avait peur qu'elle ne soit pas de taille face aux intrigues que l'on pouvait trouver sur Terra. Lorsqu'elle le prit dans ses bras, il ne put s'empêcher de sourire, aimant le contact sanglant et ferme de ses mains, alors qu'elle le soulevait avec force et autorité. Il ouvrit doucement les yeux, et croisa son regard. Il lui fin un clin d’œil, caressant du bout de sa main pendante son mollet.

- T'inquiète pas pour moi. Prend garde, Jess. dit-il en chuchotant, avant de refaire le mort. Puis, sans se rendre compte, alors qu'il continuait de perdre son sang et que son visage devenait de plus en plus pâle, il s'endormit.

******

Il était dans un lit lorsqu'il se réveilla. Il garda les yeux fermés, humant l'air. Bois, fleurs -des jonquilles?-, pierre. D'autres respirations. Deux, trois personnes ? Il sentait aussi qu'il était nu, et d'autres odeurs, de médicament et de plantes. Une infirmerie ? Avaient-elles décidées de le soigner ? Il remua ses orteils. Bon. Apparemment, ses jambes et ses bras étaient en place, et en bon état.

Il continua de faire semblant de dormir, réfléchissant. Comment se sortir de cette situation ? Jessandra et lui étaient en plein territoire ennemi, face à une force bien trop puissantes pour eux deux. Il ne s'inquiétait pas trop pour lui. Il était un pérégrin. Il allait où il voulait, et même la pire prison du monde ne pouvait le retenir éternellement. Mais Jessandra était au centre des préoccupations. Etait-elle emprisonnée ? Ou invitée, poliment, tel l'otage d'un chevalier en rancon ? Que pouvait-on lui raconter ? Si son héritage avait un quelconque lien avec Terra, allait-elle être convaincue ou persuadée d'y rester et vivre une autre vie ? Ou simplement executée par des rivaux rancuniers ? Il détestait avoir aussi peu d'informations.

Puis, il pensa à Bethany. Combien de temps allait-il se passer sur Terre avant qu'ils reviennent ? Allait-elle croire qu'ils avaient disparus, ou pire ? Elle allait surement s'inquiéter.

Il fallait survivre, mais aussi retourner sur Terre. Comment faire ?

Il continua de réfléchir.

De leur côté, les deux gardes fixaient le jeune homme avec autorité, dévouées à leur tâche. Au début, elles ne l'avaient vues que comme un jeune homme classique, une simple victime collatéralle de l'affaire. Mais cette impression avait changée.

Egorgé. Le nez cassé. La jambe perforé, le genou détruit, des côtés felées, une autre brisée, l'arcade sourcilère explosée, des balafres sur tout le corps. Il aurait normalement été dans un état critique. Mais, il n'avait pas eu besoin de ca. En une heure, ses blessures étaient déjà refermées, et le nez, réparé. Une heure de plus, et toutes avaient déjà disparues.

Ce. N'était. Pas. Humain.

Leur amie, qui avait combattue les Grayle et Jessandra, était elle, toujours dans un état préoccupant, et avait parlée de deux couteaux, plus sombres que la plus noire de nuits, capable de percer son armure et tenir le choc de sa lame. Que faisait un humain de la terre en possession d'armes aussi fabuleuses ?
Et ce sac. Elles avaient fouillées dedans. Rien. Du vide. Après l'avoir jeté au loin, il était réapparu aux pieds du lit de Grayle, tel un chien gardant son maître, revenant à chaque fois qu'il en était éloigné.Il était impossible de se rendre compte quand et comment. Même en le fixant, à un moment, il disparaissait, comme s'il n'avait jamais été là. Du coup, elles étaient chargées de le surveiller.

- Ou sommes nous ?

Elles sursautèrent. Le jeune homme s'assit contre son coussin, son torse nu et imberbe vierge de toute trace de combat précédent. Il regarda autour de lui, avant d'aviser une fenêtre. Il ne reconnaissait pas l'endroit. Il regarda le ciel, et reconnu la lune de Terra.

- Hm. Terra. Bien ce que je pensais.

Elles levèrent leurs épées, le désignant de la pointe de leurs lames.

- Pas un geste !

Il leva les mains. Il était sur Terra. Paradoxalement, son élément. Jessandra, elle, devait etre totalement perdue. Il ne pouvait pas se permettre de l'être autant qu'elle. Son visage était calme, décidé. Nu comme un ver et menacé par des guerrières meilleures que lui, il semblait pourtant avoir le contrôle de la situation.

- Menez moi à mon amie. J'espère pour vous que vous ne lui avez pas fait de mal.

Pas de réponse. Il poussa un soupir.

- Je dois le dire en quelle langue ?

Il se répéta. En anglais, italien, japonais, puis parla différents languages humains, avant de passer à l'elfe, puis au nain, à chaque fois avec un accent racial parfait. Puis, il ouvrit son sac, qui s'était retrouvé entre ses mains, et, du vide du sac, en sorti un pantalon neuf.
« Dernière édition: Janvier 09, 2018, 02:44:35 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #28 le: Janvier 27, 2018, 12:45:23 »

- Vous pouvez le dire dans davantage de langues ; elles ne répondront pas. Tel est le serment des Lames du Silence.

Dans l'encadrement de la porte se tenait, droite dans sa robe blanche mâtinée d'azur et d'or, la femme qui avait mit fin au combat de Jessandra et de la guerrière masquée. Elle toisait le Pérégrin d'un air indéfinissable, fermé. Son regard glissa sur le torse glabre de l'homme comme à la recherche de cicatrices mais, n'en trouvant pas, revint à son visage. Que Grayle lui plaise ou que ce fut le parfait inverse, c'était impossible à dire : même si l'état neuf de l'homme l'avait intrigué, elle n'en avait pas laissé passer la moindre trace perceptible sur ses traits. Peut-être était-elle rodée à des situations comme celle-là ? Une chose était certaine, elle ne serait pas facile à surprendre.

Sa main aux ongles vernis de bleu adressa un léger geste et les deux gardes ramenèrent leurs épées contre elles alors que leur maîtresse pénétrait d'un pas dans la pièce.

- De plus, vos menaces sont vaines. Que comptez vous faire, si nous ne vous répondons pas ? Une seule Lame a été suffisante pour vous envoyer aux frontières de la mort alors que vous combattiez à deux. Oh, c'est vrai : vous guérissez vite, même après de très violentes blessures. Mais en ce qui me concerne, je suis d'avis de penser que toute capacité de régénération possède une limite d'efficacité. Nous avons assez de matériel et de talents ici pour mettre la vôtre à l'épreuve, je vous prie de me croire.

La femme laissa Grayle se vêtir, puis attrapa une pauvre chemise de lin posée sur une chaise avant de l'envoyer à l'homme dans un geste.

- Venez.

Elle n'attendit pas que Grayle daigne répondre et tourna les talons pour sortir de la pièce. Les deux gardes attendirent que le pérégrin suive la marche et lui emboîtèrent le pas, formant l'escorte du duo qui s'engageait dans ce qui était un couloir de pierres blanches ouvert par l'espace de meurtrières qui, si on s'approchait pour regarder à l'extérieur, donnaient sur les rives vertes de douves qu'on imaginait profondes. Ils se trouvaient dans un château fort à l'entretien parfait, mais dont il était impossible de déterminer l'emplacement ou les allégeances éventuelles. Nexus, Ashnard ? Rien de faisait référence aux deux couronnes rivales de Terra et les quelques oriflammes qui ornaient les couloirs qu'empruntaient la petite troupe ne portaient sur eux que la forme stylisée de la singulière épée à garde ronde que portaient les Lames.

De ce que Grayle pouvait voir, il n'y avait dans le bâtiment que des femmes. La plupart étaient de ces Lames du Silence similaires en tous points à celle qui les avaient attaqués dans la vieille baraque déglinguée de Seikusu, mais certaines étaient assimilables à du personnel de seigneur au vu de leurs tenues. Toutes portaient le même masque de métal et toutes faisaient silence dès que l'escorte du Pérégrin passait à portée de voix.

Le groupe descendit un escalier qui les amena dans ce qui devait être le réfectoire, vide à cette heure de l'après-midi, qu'ils traversèrent pour arriver dans une cours.
Là, Grayle put découvrir une garnison de soeur s'entraîner au combat et juger d'une chose : celle qu'il avait affrontée n'était ni la meilleure ni la plus expérimentée. Les combats s'arrêtèrent pour que les belligérantes puissent saluer la femme en robe, qui adressa en retour un sourire et un signe de main qui fit reprendre l'entraînement.

- Si vous pensez que je fais ici étalage de notre force vous avez tout à fait raison, dit-elle à Grayle alors qu'elle traversait la cour en passant sous les arcades qui se dressaient de chaque côté. Les Lames du Silence constituent une force entraînée et efficace. Le genre de force que l'on entretient pas sans raison.

La femme, Grayle et leurs gardes arrivèrent devant une tour carrée fermée d'une porte épaisse sur laquelle brillaient les runes de puissants enchantements. Cet endroit, ce n'était pas difficile à voir, était stratégiques. Les deux Lames se mirent de chaque côté de l'entrée en bonnes gardiennes et la femme en blanc prononça quelques mots compliqués qui firent jouer les sortilèges de protection afin qu'ils s'effacent momentanément. Les lourds battants de bois et de fer s'ouvrirent alors, offrant le passage. Sa guide fit signe à Grayle d'entrer et le suivi. Les portes se refermèrent sur eux et des torches s'illuminèrent alors, dévoilant une salle vide. Seul le dallage avait de l’intérêt puisqu'il s'ouvrit pour dévoiler une plateforme. Les deux y prirent place et la descente commença, laissant le Pérégrin et son interlocutrice en tête-à-tête.

- Je me nomme Arleona d'Ischwalt et je suis l'oratrice de la Lame du Silence. La seule autorisée à parler aux étrangers à notre ordre.

Elle attendit que Grayle rende la politesse puis continua, les mains soigneusement croisées par-devant elle.

- La Lame du Silence est un ordre qui protège Terra. Pas d'adversaires extérieurs ou de forces quelconques, mon ami : nous protégeons Terra contre elle-même. Saviez vous que l'esprit du monde est incarné, quelque part ? C'est une légende populaire qui s'avère tout à fait vraie. Peut-être avez vous croisé, au détour d'une rue ou au cours d'un vagabondage, Terra elle-même... Personne n'est en mesure de dire qui est actuellement Terra. Peut-être qu'elle s'ignore elle-même ? Ce n'est pas si important. Ce qui l'est, c'est ce contre quoi nous la protégeons. Sa colère.

Arleona marqua un temps d'arrêt, laissant Grayle assimiler les informations. Pendant ce temps, leur plateforme arrivait au terme de son voyage, une bonne centaine de mètres plus bas. Une nouvelle porte s'ouvrit alors que les deux personnages attendaient. Un long couloir froid et éclairé à la torche se découvrit alors, pour que le Pérégrin et sa guide puisse y évoluer. Tous les trois mètres se tenait une nouvelle Lame du Silence, équipée non plus d'épée mais de glaive courts, plus adaptés aux combats dans un espace réduits. Assurément, elles veillaient sur la dernière porte, qui se dessinait dans les ténèbres mal percées par l'éclairage vacillant.

- Dans les temps immémoriaux, Terra se battait contre sa colère. Ouragans, raz-de-marée, tremblements de terre... Tout cela scarifiait profondément le jeune monde, qui fut aidé par des divinités primordiales qui continrent l'affrontement en séparant Terra de ses cataclysmes en les personnifiant tous les deux. Cataclysme fut enfermée, ce qui permit à Terra de prospérer. Puis Cataclysme fut libérée par Terra, qui pensait que sa colère s'était apaisée. Il n'en était rien.

Arrivés devant la porte finale, Arleona stoppa son pas et entama de longues minutes d'évocation de sort afin de faire céder les scellés magiques. Toute l'opération requièrant son attention, ce furent trois Lames qui veillèrent à ce que Grayle ne fasse pas de geste malheureux.
Lorsque l'oratrice eut achevé, que le verrouillage de la porte fut levé dans un lourd cliquetis de mécanisme métallique qu'on devinait complexe, elle se tourna vers le Pérégrin.

- Cataclysme, à l'image de Terra, se personnifie. Une colère capable de blesser la surface du monde même, laissée libre... Les déïtés ne purent l'accepter et créèrent la Lame du Silence pour traquer et enfermer chaque incarnation. Ce que nous avons fait à chaque fois. Mais, il y a vingt-cinq ans, nous avons eu un problème. Cataclysme s'est incarnée dans les entrailles d'une des Lames du Silence qui, lorsqu'elle en a prit conscience, à refusé de nous livrer son enfant. Utilisant un portail, elle s'est rendue sur Terre afin de cacher son rejeton. Nous l'avons retrouvée elle, mais pas l'enfant. Mais nous savions que le destin jouerait en notre faveur, alors nous avons placé de puissants sorts de détection auprès des portails que nous maîtrisons. Et nos veilleuses ont commencé à attendre.

D'un geste de tête, Arleona invita Grayle à la suivre dans la pièce qu'elle avait ouverte. C'était une cellule, sombre et humide, qui ne bénéficiait que d'une lumière venue de très haut. L'unique ouverture vers le monde extérieur était à plus de cent mètres de là où cliquetaient des chaînes.
Celles qui refermaient leur étreinte sur les chevilles, le cou et les poignets d'une Jessandra inerte et couverte d'un sang poisseux à peine coagulé.

La brésilienne gisait sur le sol, le corps lardé des sillons ensanglantés laissés par ce qu'on pouvait deviner être des vestiges de coups de fouets. Ce qui restait de ses vêtements n'était qu'un ensemble de lambeaux qui pendouillaient mollement sur ses jambes et sa poitrine. On devinait plus ou moins que la pudeur de la guerrière moderne n'était plus vraiment protégée, mais ça n'importait pas : il n'y avait personne susceptible de venir la surprendre dans ce simple appareil de miséreuse.
Chavez ne releva pas la tête, probablement comateuse ou sonnée. Et puis, qu'aurait-elle fait ? Même elle ne pouvait se débattre avec ces fers si lourds et profondément scellés dans les murs de sa geôle.

- Quand elle est entrée dans la maison où nous vous avons trouvés, la Lame du Silence s'est activée. Je dois dire que j'étais surprise d'apprendre que malgré son séjour sur Terre, elle savait se battre. Et qu'elle était accompagnée d'un homme aussi singulier que vous. Mais je dois vous remercier, j'imagine. Vous avez été un rouage important dans le mécanisme du destin qui l'a menée dans la cage ou elle pourrira jusqu'à sa mort et sa prochaine incarnation. Aussi je vous laisse la saluer avant que vous ne quittiez notre forteresse. Votre... hm.... votre aventure s'arrête ici.

Presque polie, Arleona recula de quelques pas pour laisser un peu d'espace à Grayle. Le temps des adieux, semblait-il, était venu.
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« Répondre #29 le: Janvier 27, 2018, 05:00:36 »

Habitué à sa liberté, Grayle détestait devoir obéir aux ordres. Etre enfermé et emprisonné entre quatre murs le terrifiait, et il n'aimait pas du tout la situation.

Ou est Jessandra  ? se retint-il de dire. Cette dame en blanc était surement venue pour le lui révéler. Aussi décida t-il de suivre ses ordres, attrapant la chemise de lin au vol avant de s'habiller d'un air fermé, réfléchissant aux options offertes à lui. Hélas, pas très nombreuses. Il n'avait pas voyagé depuis longtemps, étant resté plusieurs jours à Seikusu. Ses capacités de régénérations étaient sérieusement diminuées, et il savait qu'il allait devoir la jouer fine.

Accompagnés des silencieuses gardiennes, il se mit donc à suivre la maitresse des lieux. Ils étaient dans une véritable place forte. Rien qui ne pouvait stopper Grayle, mais s'il devait s'enfuir avec Jessandra... ce serait plus difficile. Rien que retrouver où ils étaient...

Où est Jessandra ?

Il restait silencieux, mais attentif. La maitresse de maison et les gardes pouvaient le voir. Les yeux clairs du pérégrin regardaient partout, chaque centimètre carré de l'édifice, se tordant le cou, échauffaudant déjà des trajectoirs de fuites, reconstituant peu à peu l'endroit dans son esprit afin de ne pas s'y perdre. Elles ne dirent rien. Ils arrivèrent ensuite dans une cour, ou encore plus de soldates s'affrontaient, avec une vitesse et une force déconcertante pour des humanoïdes. Elles s'arrêterent d'un coup. Le fracas des armes se métamorphosa en un instant en un pesant silence, des dizaines de pairs d'yeux fixés sur Grayle, qui les rendit sans se décontenancer.

" Je me doute, oui " répondit-il poliment à la femme en blanc lorsqu'elle vanta la force de ses soldates. Il était clair que dans son état, il n'avait aucune chance. S'il était en forme "de voyage" et avec une arme à feu, peut-être...

Où est Jessandra ?

Ils reprirent la route, qui se terminait par une longue descente, où l'homme et la femme se trouvaient en tête à tête. Elle se présenta alors. Altona d'Ischwalt. Il lui rendit la politesse.

" Je m'appelle Grayle. Enchanté. "

S'il était froid et méfiant, Grayle préférait rester cordial. Puis, elle lui expliqua. Il se montra aussi neutre qu'elle tandis que les explication s'enchainaient. Mais son corps... il était tremblant, à la fois de peur et de fureur. Peu à peu, les pièces du puzzle étaient reconstituées devant lui. Alors ainsi donc, Jessandra Chavez était l'incarnation du cataclysme ? Quelqu'un d'assez puissante pour mettre en péril l'équilibre de tout un monde... et ces guerrières étaient donc là pour...

... pas pour lui faire rencontrer sa mère, non. Il en doutait jusque là. Enfin... disons qu'il croyait toujours à la présomption d'innocence. Une part de lui voulait croire que ces guerrières disciplinées n'étaient pas des ennemies, mais des alliées violentes. Mais non. C'était cette fois bien clair. Elles étaient venues pour capturer Jessandra, et l'enfermer.

Ils étaient en territoire ennemi.

" Ou est Jessandra ? " demanda t-il enfin, la voix rauque.

Pas de réponse. Il se retrouva ensuite avec trois soldates, et trois épées tirées, les pointes contre son dos et sa gorge, forcé de rester silencieux alors que Arleona déverrouillait une porte magique. Le pérégrin était devenu chaud, poings serrés, visiblement nerveux. Ils entrèrent dans la cellule... et son sang ne fit qu'un tour.

Jessandra. La fière, ardente et puissante jeune femme était agenouillée au sol, les bras en croix, comme une martyre, attachée à des chaines, ses vêtements en lambeaux. Son corps puissant lacéré de profondes entailles. Elle puait la sueur et le sang. Bon dieu. Pendant que lui se reposait dans un bon lit, elle avait été torturée. Il la fixa avec une profonde détresse sur son visage. Elle respirait à peine, surement évanouie, complètement éteinte, vaincue et soumise.Les paroles d'Arleona lui paraissaient lointaines, comme si murmurées de loin.

" Allez vous faire voir avec vos remerciements. " dit-il d'une voix grave, profonde et roulante, qui n'avait rien de celle d'un jeune homme. Il semblait avoir grandit, et la semi-obscurité semblait donner un air nouveau à Grayle, un visage plus adulte et mature, d'une dureté ancestrale. Il avait les larmes aux yeux et s'approcha de Jessandra, craignant presque qu'elle se réveille et lui saute dessus pour le griffer ou le mordre. La nudité de la jeune femme, qui l'aurait excité dans un tout autre contexte, le terrifiait ici.

Il déposa son sac, qui était revenu à lui, et l'ouvrit... pour en tirer une couverture.

" Jessandra... " murmura t-il, avec un accent brésilien, sa voix légèrement changée. Il prit la couverture entre ses mains et recouvrit le corps de Jessandra avec, comme pour protéger sa dignité. L'odeur de sang et de chair marquée aurait fait vomir n'importe qui... mais pas le pérégrin, qui avait eu son lot de carnage. Il se retrouva derrière Jessandra, fixant Arleona avec un air meurtrier.

" Pourquoi ? "

Silence.

" Je comprend votre peur, vos raisons. Pourquoi vous voulez l'enfermer. Ca, je suis prêt à le comprendre. Mais ca... "

Il frola d'un air dégoûté une plaie.

" Ca vous apporte quoi ? "

Il couvait Jessandra du regard. Grayle avait toujours été quelqu'un d'empathique. Il visualisait ce qu'elle avait du subir. L'enfermement, la torture, les insultes. L'humiliation. Lui ont-elles racontées la vérité ? L'entendre comme ne pas la connaitre avait du être horrible pour elle. Mais peut-être pas autant que le sentiment de faiblesse qui avait du l'habiter. Celui de ne pouvoir rien faire.

" Elle a eu une vie difficile jusque là, vous savez. Elle a peut-être un gros caractère, mais elle n'est pas maléfique. Alors pourquoi... pourquoi la torturer ? Pour qu'elle pète un cable et tue tout le monde ? Ou parce que vous n'êtes qu'une putain de sadique qui se réfugie derrière un but noble pour se faire plaisir ?  C'est une humaine, vous savez. Comme moi. Vous auriez pu lui permettre une vie chiante mais paisible. Mais non, vous la torturez. Ça ne sert à RIEN ! "

Il tourna autour de Jess. Il pleurait, et les essuya d'un revers de la main. Aleorna lui demanda, peut-être un peu surprise, en quoi il se sentait concerné. Il caressait doucement la joue de Jessandra, essuyant le sang, voulant la réveiller doucement. Il ne voulait pas qu'ils soient séparés... et encore moins comme ca.

" Vous avez déjà rencontré des gens que, d'instinct, vous détestiez ? Et ben Jessandra, c'était pareil... dans l'autre sens. Je ne la connais pas tant que ca. Il y a quelques jours, nous n'avions pas conscience de l'existence de l'autre. Mais je l'ai instantanément aimé. J'aurais pu avoir une amie, et vous me l'enlevez d'un coup. Elle aurait pu avoir une vie heureuse, et vous lui promettez, par pure cruauté, une éternité de tourments. "

Il se retourna vers Aleorna.

"  Laissez nous seuls. Vous nous devez bien ca..."

Elle resta où elle était.

" Dégagez. "

Il lui lanca un regard mauvais. Quelqu'un chose d'absolument monstrueux illumina pendant un bref instant ses yeux. Quelqu'un chose qu'elle n'avait jamais vue, et qu'elle espéra de tout son coeur ne plus jamais revoir. Un long frisson parcourut le corps d'Aleorna, et, par pur instinct de survie, elle recula, ne le réalisant qu'après coup. Il s'était déjà retourné vers Jessandra, oubliant presque la présence de la dame aux cheveux azurs. Il avait tiré un autre objet de son sac. Une gourde d'eau.

" Jessandra... réveille toi s'il te plaît. "
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