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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Knockout saloon [Pv]  (Lu 2171 fois)
Jessandra Chavez
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« le: Octobre 29, 2016, 11:40:08 »

Sur l'écran de l'Iphone s'ouvrait le GPS. Sur la carte du quartier était affichée un curseur rouge clignotant ; la destination que le point bleu juste en dessous devait rejoindre dans les plus brefs délais. D'un pas rapide, Jessandra s'empressait d’obéir et de remonter la rue dans laquelle elle se trouvait et qui la séparait de sa destination. Nerveuse -elle voulait être dans les temps pour ne pas risquer la disqualification par forfait et les pénalités qui s'en suivraient- elle vérifiait régulièrement l'écran afin de s'assurer qu'elle était sur le bon chemin.

L'appel reçu un peu plus tôt dans l'après-midi l'avait surprise. Si elle ne lâchait pas le portable confié par l'organisation du Beasts War depuis les deux mois qu'elle s'était qualifiée, Jessandra n'y pensait parfois plus. Alors elle avait peiné à réaliser quand la sonnerie avait retenti, saisissant le portable de justesse avant qu'il ne cesse de sonner. La voix grave au bout du fil lui avait signifié que son premier combat avait débuté et qu'un message lui donnerait sous peu l'adresse à rejoindre. L'homme avait raccroché et le SMS était arrivé, activant le GPS. Et dès lors, la brésilienne avait couru à travers Seikusu pour rejoindre la première arène qui lui avait été désignée.

Un bar. Un endroit crasseux dans un quartier isolé. Un boui-boui dont la seule devanture donnerait envie à n'importe quelle fille de dégager en vitesse pour éviter les mauvaises rencontres. Et pourtant, c'était précisément là que devait entrer Jessandra pour découvrir son adversaire et lui régler son compte. La brésilienne inspira profondément une première fois, puis consulta le nouveau SMS qui venait d’apparaître. Le message lui montrait celui qu'il faudrait défaire.

Citation

• Gecko
• Serbie
• Spécialiste du couteau


Succint mais suffisant. Le reste indiquait la côte de son adversaire, largement supérieure à la sienne. Dans un tournoi pareil, un poids plume comme Jessandra ne partait clairement pas pour favori. Et cela lui plaisait, la motivait. L'idée de gagner contre toute probabilité était un moteur pour la redoutable Jessandra. Se sentant prête, elle poussa la porte du bouge.
L'odeur de tabac lui assaillit d'abord les narines, puis les relents de sueur rance qui émanaient de ces mâles sales et agglutinés aux quelques tables. Nombreux furent les regards à se tourner vers elle, accompagnés de sifflets et de propositions aussi indécentes que directes. La brune n'y prêta aucune espèce d'attention et balaya la salle de ses grands yeux bleus pour y rechercher Gecko qui se dévoila vite, se levant de sa chaise en ricanant.
L'homme tira profondément sur sa cigarette avant de l'écraser sur le bois de la table, dardant son regard de prédateur sur Jessandra.

- Alors c'est toi la pétasse que je vais charcuter ? Ça me plait bien, ça !

Un éclair brilla dans la main de Gecko et, comme par magie, un couteau papillon déplié s'y dévoila. L'homme passa sa langue sur la lame brillante en guise de menace. Jessandra resta coite, ôtant simplement sa veste de survêtement pour la jeter dans un coin. En brassière de sport noir, la brune joua des épaules pour les détendre.
Un larron arriva dans l'entremise, lui attrapant une fesse à pleine main. La réponse fut aussi violente qu'instinctive et le porc se retrouva avec le nez cassé par un poing qui avait filé comme une balle sans même que Jessandra ne donne l'impression de considérer sa pauvre victime. Ca et là, des hommes quittèrent leurs chaises en l'insultant mais elle ne broncha pas.

Toisant Gecko, la guerrière se mit en garde. Les poings levés et les jambes entamant leur jeu, elle était prête à en découdre. Il n'en fallut pas moins pour que les esprits alentours ne s'échauffent d'un seul coup. Sur un ordre de l'homme au couteau, trois types se ruèrent sur Jessandra. Des lourdeaux prévisibles ; à peine une mise en bouche pour elle.
Le premier sur elle fut arrêté dans sa course par un magnifique fouetté du pied gauche qui entraîna le poids de son corps pour un tour complet. Juste ce qu'il fallait pour que l'action fasse jaillir l'intérieur de sa main vers la gorge du second à qui elle coupa le souffle en lui écrasant le larynx. L'homme tituba en arrière et Jessandra s'élanca vers le dernier, sautant pour atteindre son nez d'une belle gauche balancée sans avertissement.

Elle ne s'arrêta pas, profitant de l'effet de surprise. Ce fut Gecko qu'elle prit ensuite pour cible, espérant mettre à profit le temps de flottement né de la défaite éclair des trois abrutis. Mais le charcuteur fut plus rapide et surtout plus lâche. Il se recula d'un bond, attrapant l'épaule d'un homme qu'il mit entre le coup et lui afin qu'il lui serve de bouclier.
Ses dents de devant sautèrent sous l'impact et tout le reste de la salle s'enflamma, faisant entrer dans le jeu la plupart des hommes présents à ce moment là, engageant la brésilienne dans un affrontement clairement déséquilibré...
« Dernière édition: Novembre 06, 2016, 01:38:34 par Jessandra Chavez » Journalisée
Grayle le pérégrin
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« Répondre #1 le: Novembre 03, 2016, 12:23:29 »

Les yeux dans le vague, Grayle observait le tenancier du bar avec attention, sans faire d'effort visible pour masquer sa fascination vers l'homme. Ce dernier avait remarqué son manège, et hésitait entre l'ignorer ou lui coller une trempe, incapable de savoir si c'était de la simple curiosité ou -grands dieux- une homosexuelle fascination. Grayle, en train de boire un verre pourtant vide depuis longtemps, réfléchissait. Il se demandait pourquoi Billy -le tenancier- en question ressemblait à tous les autres barmans et leurs équivalents médievaux, les aubergistes, qu'il avait croisé. Ils avaient tous la même tête. Etait-ce les différentes incarnations d'une même âme ? Est ce que tenir un bar vous transformait peu à peu physiquement ? Est ce qu'une bonne fée bourrée s'était penchée sur son berceau avant de s'exclamer "tu sera tenancier!" avant de le tapoter à coup de baguette magique ? Un grand mystère de l'univers qui échappait à Grayle.

Il était à Seikusu depuis une dizaine de jours, errant ici et là. Il connaissait ce genre de ville, en ayant déjà vu des équivalents dans d'autres mondes visité auparavant. Aussi, malgré son apparente jeunesse et son air candide, il n'avait ressenti aucune peur en entrant dans ce bar mal famé, se contentant de fixer les gens d'un air curieux et poli, buvant des bières au goût étrange et à la composition douteuse, habillé d'un jean, d'un t-shirt blanc et d'un blouson de cuir lui donnant un petit côté baroudeur dont il était très fier.

Etrangement, il ne s'était pas fait agressé ou ennuyé par les locaux, qui n'éprouvaient envers lui qu'un indifférent mépris, ou une méprisante indifférence. Il ne représentait aucun danger, mais se tenait ici avec une telle assurance que c'en était douteux, genre dangereusement douteux, et personne ne voulait prendre le risque minésitéminal que Grayle en fait un dangereux criminel ou le fils d'un parrain. La sueur, le tabac et l'alcool fort était une douce senteur aux narines de Grayle. Combien de milliers de bars mal famés avait-il écumé ?

Il se retourna, comme tout le monde, lorsqu'une jolie jeune femme entra. L'air sûr d'elle, décidée, plein de volontée, et, lorsqu'elle enleva son survêtement, montra au monde entier qu'elle était aussi pleine de muscles, avec des abdos tellement saillants que l'ego de Grayle baissa de quelques centimètres, lui qui n'avait pas d'abdo. Son regard se porta vers un homme derrière la nouvelle, qui avantcait le sourire aux lèvres.

" Non mec, fait pas... "

Trop tard, l'homme se prit une mandale en plein visage qui fit grimacer Grayle. De nombreux clients se levèrent, alors que le tenancier saisissait quelque chose sous son comptoir. Grayle jeta un oeil à la fois inquiet curieux, et s'écarta legèrement de quelques centimètres sur le côté, s'éloignant du comptoir. Un homme se leva de sa chaise en ricanant, chauve, fumant et avec une tête qui hurlait " JE SUIS UN CRIMINEL PSYCHOPATHE. ".

* Ils se connaissent ? * se demanda Grayle après la déclaration du chauve. C'était prévu ? Organisé ?

...

Ils allaient se battre ici ? Ainsi donc, même dans ce monde, il y avait des bastons de bar ? D'un ordre de leur chef, trois hommes se jetèrent vers elle. Grayle cria un " ATTENTION ! " absolument inutile alors qu'ils se retrouvaient à terre en un instant et dans un bruit d'os brisés et de chair écrasée. Le dernier touchait à peine le sol que la brune sautait vers son adversaire. Incroyablement vif malgré sa taille, ce dernier se saisit d'un homme de main, qui se retrouve bouclier humain temporaire, et futur client d'un chanceux dentiste.

Puis, ce fut le chaos. Des mecs se jetèrent vers la fille. D'autres, voyant que Grayle soutenait cette dernière, se jetèrent vers lui. Le tenancier sorti de sous son comptoir un fusil à pompe.

" PAS DE CA CHEZ MOI, SAUVAGES ! "

Il arma l'arme et la dirigea vers la brune, prêt tuer celle qui amenait le bordel chez lui. Grayle se jeta sur l'arme, et décala cette dernière vers la droite au moment du tir. La déflagration vrilla ses tympans et fit voler en éclat la moitié du mobilier sur la trajectoire, ainsi qu'une partie du dos et du bras droit de l'adversaire chauve de la brune, qui s'était jetée à terre pour éviter le tir. Le chauve hurla de douleur et de rage, se retournant d'un air fou et, fixant le tavernier et Grayle, compris la situation. Il jeta un couteau sorti de nulle part vers Grayle. Mais celui-ci fut tiré par les cheveux par un autre combattant, et la lame se planta dans son épaule.

" Aaaaarh ! Merde ! "

Il se débattait de toutes ses forces contre son adversaire, déployant plus de force que ce qu'on aurait pu attendre de lui. Ce dernier poussa un cri aigu lorsque le genou de Grayle pulvérisa son entrejambe. Il le repoussa énergiquement, mains appuyées contre les pectoraux du malfrat, qui s'écrasa contre le sol.

Il avisa rapidement la situation. Tout se passait très vite, mais était clair. Il fit un bon sur le côté, esquivant de justesse le chauve, qui s"était lancé sur le tenancier, décidé à le massacrer avant de se charger de la fille.

" TOI ET TON PUTAIN DE FUSIL ! JE VAIS T ÉVISCÉRER ! " Grayle fit un signe à la brune, alors qu'elle venait de démolir un autre homme de main, impressionnant Grayle de seconde en seconde, qui ne semblait pas gené outre mesure par le couteau enfoncé dans son épaule.

" Suis moi ! Je connais la sortie ! " dit-il, avant de montrer une porte dérobée et de courir vers cette dernière. Par miracle, elle n'était pas gardée, aucun mec sur la route, du moins, pour les 5 prochaines secondes...
« Dernière édition: Novembre 03, 2016, 12:29:05 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Jessandra Chavez
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« Répondre #2 le: Novembre 06, 2016, 02:02:17 »

Jessandra et ses poings ensanglantés tentaient de faire de faire de la face de Gecko du tartare aux herbes mais la situation était compliquée. Plus que Chavez n'avait d'abord accepté de le reconnaître, même quand elle avait commencé à rectifier les premiers mecs présents dans le bar. Le fou-furieux chauve avait rassemblé un véritable petit gang sacrifiable autour de lui, certainement pour en faire usage durant les batailles qu'il avait à livrer dans le cadre du Beasts War. Ainsi, en fonçant stupidement, la brésilienne s'était retrouvée coincée dans un espace exigu face à assez d'adversaire pour que son jeu de jambes des plus redoutables se retrouve presque inutile. Les vermines grouillaient autour d'elle, l'empêchant d'atteindre un Gecko hilare qui en profitait pour essayer de suriner la belle dès que les actions qu'elle menait pour étaler les autres types l'approchaient assez près du redoutable couteau papillon. Si elle n'avait gagné que des coupures bénignes, ce n'était que grâce à ses excellents réflexes qui à ce rythme lui feraient tôt ou tard défaut.

Véritable lionne, Jessandra ne lâchait pourtant rien. Ses coups volaient, secs et redoutables. Elle frappait au ventre et aux côtes, n'hésitait pas à percuter violemment des plexus solaire et à briser des poignets. Des dents engluées dans le sang parsemaient le carrelage sale du bouge où l'affrontement se déroulait, signe de la férocité que déployait la guerrière urbaine. Et alors qu'elle massacrait à tour de bras, son oreille perçu le son caractéristique d'un fusil à pompe qu'armait une main sûre. Rapide, elle se pencha et Gecko l'imita.
Le coup de feu dévasta l'armoire qui se trouvait là, les éclats de bois percutant quelques uns des adversaires de Jess'. Et Gecko avait eu sa dose aussi ! Son bras droit était inutilisable et le salaud avait le dos brûlé. Il fut assez réactif pour planter un gars au lancer -le seul type de l'assistance qui se battait apparemment dans le camp de la brune. Gecko sembla oublier Jessandra pour se ruer vers celui qui était sûrement à l'origine de la déviation du coup de feu et donc de la blessure du chauve.

Le sauveur anonyme de Jessandra avait toutefois des problèmes plus immédiats, ce qui avait poussé Gecko à fondre sur le barman en beuglant. L'inconnu fit alors signe à Jessandra, l'invitant à sortir vers la porte qu'il désignait.
Jessandra réagit, mais pas comme son sauveur aurait pu s'y attendre. D'un coup de pied fulgurant, elle frappa l'une des salières encore présente sur une des rares tables encore intactes et le projectile fusa comme une balle de revolver à travers la salle, percutant la tempe d'un voyou qui avait entre-temps sorti une arme à feu pour tenter de tirer sur Grayle. L'homme fut assommé et tomba à terre dans une gerbe de poudre blanche et Jessandra cria.

- Toi, dégage ! fit-elle à Grayle. Danger ici !

C'était peu de le dire. De derrière elle avait surgit un homme qui lui avait envoyé son poing dans les côtes, la faisant se plier en deux. Sa garde baissée sous la surprise, Jessandra ne put esquiver le coup de poing que lui asséna son agresseur en plein visage, lui faisant cracher du sang tandis que le choc ouvrait sa lèvre inférieure. Elle tenta bien de bouger, mais les hommes présents étaient plus nombreux qu'elle. Un second larron se saisit d'une chaise et l'écrasa sur elle. Une première fois puis une seconde, durant laquelle le meuble vola en éclats.
Chavez étouffa un cri de douleur, contrainte de mettre un genou à terre pendant qu'un troisième larron la relevait en la tenant par les cheveux. Mal lui en prit ! Jessandra, dans un réflexe fou, parvint à lui saisir le poignet et à lui tordre en lui tendant le bras. De sa main libre, elle n'eut ainsi aucun mal à casser le coude du malheureux d'un puissant coup de poing. Le brut net et sec de la fracture poussa les autres à reculer pendant que le type se roulait à terre en hurlant de douleur.

Jessandra avait gagné du temps, mais ça ne durerait pas. Les hommes récupéraient à terre de quoi la battre et Gecko agitait déjà son couteau, couvert du sang du barman qu'il avait probablement ouvert en deux pendant ce temps là. Debout mais sonnée par les coups reçus et la fatigue qui commençait à poindre, Jessandra leva comme elle le put ses bras afin de se mettre en garde.
Les hommes, brandissant leurs armes improvisées, commencèrent à vouloir la frapper et l'échange de coups reprit entre les hyènes et la lionne blessée.
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« Répondre #3 le: Novembre 13, 2016, 12:13:49 »

En réponse à Grayle, la jeune femme lui hurla de dégager, disant qu'il y avait danger.

* SANS BLAGUE ! * pensa t-il tellement fort qu'il n'aurait pas été étonné d'avoir été entendu par quelqu'un. Alors qu'il était sur le point de lui balancer une réplique bien sentie et assassine, elle balança une salière d'un coup de pied rotatif tellement souple que Grayle en eut mal à ses articulations rien qu'en la regardant faire. Il suivi la salière des yeux pendant son rapide vol, et la regarde s'écraser contre la tempe d'un malfrat, choqué par la précision. Il regarda une nouvelle fois la jeune femme, avec, pendant un bref instant, une admiration béate devant ce geste.

* Cette fille est trop forte. Total respect. *

Son expression devint bien plus grave lorsque plusieurs hommes se ruèrent sur elle, comme une masse indistincte, comptant sur leur nombre pour faire plier celle capable de les massacrer un par un. Les coups s’enchaînèrent et, pendant un instant, elle semblait même plier, avant de rééquilibrer les débats en brisant le bras d'un d'entre eux. Grayle avait deux objectifs. S'éloigner du chauve au couteau, qui était en train de massacrer le barman, et se rapprocher de la jeune femme et de la porte. Aussi quitta t-il le comptoir pour foncer vers la masse de combattants qui entourait son alliée.

Il y allait sans peur, à toute vitesse, comme un rugbyman près à plaquer son adversaire. Grayle avait plus d'expérience de combat de bar que tous les autres hommes présents réunis. Il avait affronté des trolls, des dragons, des guerriers nordiques, et même des magiciens. Alors des poivrots de bar...

Grayle n'était peut-être pas le plus musclé du coin, mais 80 kilos lancés en pleine course, ca fait du dégat. Le combat désordonné devint un vrai chaos de corps, plusieurs tombants à terre comme des dominos. Grayle, lui, avait gardé son équilibre en s'accrochant à celui qu'il avait percuté. Profitant de son momentum, il l'attira à lui, ignorant l'estafilade que celui-ci lui fit au visage d'un revers de machette. Grayle le tenait à la fois par le coude et par le crâne, et lui écrasa le nez contre un coin de table à portée. Le visage doux et apaisé de Grayle était déformé par un rictus de violence et de fureur libérée, exprimant aussi bien la rage que la peur ou le plaisir primal de frapper un autre être humain. Il abandonna le corps de l'homme et s'enfuit alors, car les autres se relevaient et, contrairement à la jeune femme, il n'avait aucune chance de front contre eux.

Il prit la brune par le bras pendant un bref instant, afin d'attirer son attention sans la priver de la liberté de ses mouvements. Ils avaient une occasion en or, celle de prendre 1, voir 2 bonnes secondes d'avance sur leurs ennemis.

" ALLEZ ! "

Il la dépassa, sautant par dessus une table, se cassant à moitié la figure après avoir raté son saut. Il resta en déséquilibre quelques instants, avant de reprendre sa course.

Il franchit la porte. Cette dernière donnait sur un très court couloir, qui se transformait en escaliers. Il se retourna et vit que la brune le tallonait de près, avec le chauve à sa suite. Ce dernier allait hurler quelque chose.

" ESPECE DE PUTE ! JE VAIS T'EGORGER PUIS TE VI... "

Un grand "sploch" mit fin à son discours de haine et anti-républicain. Le sploch en question avait été causé par un sac assez épais, celui de Grayle, balancé par le jeune homme en plein dans le visage du chauve, qui tomba à la renverse en jurant. D'où sortait ce sac que Grayle ne portait pas il y a quelques instants ? Mystère. Mais ce n'était pas le moment de se poser des questions, n'est-ce pas ? Il en avait d'ailleurs beaucoup pour la jeune femme.
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Jessandra Chavez
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« Répondre #4 le: Novembre 14, 2016, 03:12:40 »

Un bélier humain avait enfoncé la meute des hyènes qui s'acharnaient sur Jessandra, laissant à cette dernière l'occasion de respirer et de se reprendre. Elle tituba alors que la confusion dégageait les premières écumes de la masse qui s'en était prise à elle et cracha sur le sol un glaviot sanglant avant de se gifler pour rappeler plus rapidement ses esprits à elle. Juste à temps pour voir la face qu'écrasait violemment son sauveur contre le bois laqué du comptoir, cassant un nez dans un terrible craquement sec et laissant le pauvre type barboter dans son propre sang.
A ce stade, le chaos qui régnait dans le bar était total. Des corps gémissants jonchaient le carrelage sale et les banquettes défoncées alors que l'environnement sonore était saturé d'insultes qui fusaient plus fort que des balles de revolver. Ici et là, on se relevait pour repartir à l'assaut, récupérant tout ce qu'on pouvait trouver dans les débris pour s'en servir d'arme de fortune. Dans un coin, deux types se battaient entre eux, sûrement échauffés par l'alcool qui les imbibait et la situation qui dérapait. Et Gecko gesticulait à qui mieux-mieux en arrière-plan, crachant et bavant sa haine et la douleur du coup de fusil comme si il avait été un maître d'orchestre débile rythmant la cacophonie de l'anarchie.

On attrapa soudainement le bras de Jessandra et déjà elle armait l'autre pour frapper lorsqu'elle reconnu l'homme qui avait encastré un des larrons crasseux dans le comptoir, l'identifiant comme son seul allié dans cette mélasse situationnelle improbable et grotesque. Depuis tout à l'heure, elle et lui avaient passé leur temps à se sauver mutuellement sans même se connaître. Drôle de façon de se découvrir un nouvel ami ! Chavez se surprit à penser bêtement qu'elle appréciait son style et la façon très honorable dont il portait ses couilles avant qu'il ne lui intime de détaler. Elle ne protesta pas : sa tête tambourinait des coups reçus et elle ne parvenait pas à se concentrer correctement.
Jessandra se laissa donc guider, tentant de suivre le rythme de l'inconnu qui l’entraîna vers un petit couloir. Et derrière, sur ses talons, Gecko continuait d'éructer sa haine.

Jess' fut tentée de faire volte-face pour en terminer, mais son partenaire improvisé fut autrement plus rapide. Alors que la combattante entamait à peine un mouvement pour se retourner, envoyant son lourd sac en travers de la sale gueule du fou-furieux dans un geste magistral qui décoiffa même la peu impressionnable Jessandra. Elle se tourna vers le lanceur, lui adressant un regard qu'on comprenait sans mal être admiratif malgré l'oeil qu'on lui avait poché d'un coup un peu plus tôt.
Les compères s'engagèrent dans le petit escalier qui les emmenait vers la rue. L'arrière-cours du bar à n'en pas douter. Ils auraient tôt fait de sauter le grillage qui clôturait l'endroit, mais Chavez s'arrêta bien avant ça.

- Escuta, dit-elle dans sa langue maternelle à l'inconnu en reprenant son souffle. Je pas fuir. Je devoir finir ça. Toi bien aidé mais t'en aller. Problème de moi.

Son japonais était certes dégueulasse, mais parfaitement compréhensible. Ce qui pouvait passer pour de la fierté de guerrière n'en était pas : Jessandra était obligée de terminer le combat si elle ne voulait pas être virée du tournoi clandestin. Elle ne voulait pas le titre, mais une disqualification l'obligerait à rentrer au Brésil. Et avant d'avoir les réponses qu'elle était venue chercher ici au Japon, c'était tout bonnement impensable. Tant pis pour Gecko donc. Si il fallait qu'elle lui casse chaque articulation pour pouvoir rester chez les nippons, Jessandra le ferait rentrer chez lui cloué à vie dans une chaise roulante. C'était aussi simple que ça.

- Tu... être bon.

Un sourire appréciateur, pas très joli avec ses dents rougies par le sang. Un compliment véritable qu'elle adressait pourtant, elle, guerrière de rue ultra-confirmée. La dernière politesse échangée avec son sauveur, Jessandra se mit en place. Sa garde relevée et ses jambes placées de façon à jaillir pour asséner les coups les plus terribles dont elles seraient encore capable malgré la fatigue et la douleur. La combattante de rue expira profondément et au moment même ou elle acheva sa petite routine de préparation mentale la porte du restaurant s'ouvrit à la volée pour vomir Gecko et ses derniers sbires valides. Six tout de même, armés de balais, couteaux et tessons de bouteille. Pas très vaillant mais prêt à en découdre, le commando de bras cassés s'engagea dans les escaliers.

- VOUS ETES MOOOOOOOOOOOOOOOOOOORTS, hurla Gecko. JE VAIS VOUS EVENTRER, VOUS TAILLADER, VOUS BALAFRER ! ET TOI PETITE PUTE, TA GUEULE ME SERVIRA DE TROPHEE POUR LE RESTE DU TOURNOI !
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« Répondre #5 le: Novembre 24, 2016, 12:31:39 »

Grayle fronca les sourcils lorsqu'elle lui adressa la parole. Ce qui était presque choquant, étant donné qu'il ne connaissait que son aspect distributeur de pain. Il avait presque oublié qu'il s'agissait d'un être doué de pensée et avec une autre option que "cassage de tronche". Elle s'exprimait dans un accent extrêmement fort, mais qu'il comprenait néanmmoins. Elle le remerciait mais, apparemment, se devait de combattre. Bon. Il n'allait pas forcer les choses. De un, c'était sa caboche, de deux, on a rarement envie d'argumenter face à quelqu'un capable de faire de votre colonne vertébrale un scoubidou. Elle était le genre à être aussi bornée qu'un mur.

Elle le complimenta en souriant, un sourire assez moche certes, mais honnête et vrai, qui vous réchauffait le coeur. Sans tout ce sang, elle serait sans doute jolie. Puis, en attente de leurs assaillants, elle se mit en garde pour acceuillir leurs poursuivants, qui surgirent tous en même temps dans la cour, avec à leur tête, le chauve qui avait manqué de tuer Grayle.

- VOUS ETES MOOOOOOOOOOOOOOOOOOORTS, hurla Gecko. JE VAIS VOUS EVENTRER, VOUS TAILLADER, VOUS BALAFRER ! ET TOI PETITE PUTE, TA GUEULE ME SERVIRA DE TROPHEE POUR LE RESTE DU TOURNOI !

" Pour ça, faudra déjà passer sur mon corps. " dit Grayle d'un air grave. Sourcils froncés, regard déterminé, il était sérieux. Il empoigna le couteau enfoncé dans son épaule et le lanca derrière lui. Après un court silence, un "clong" se fit entendre, suivit du feulement d'un chat et de l'alarme d'une voiture. Il enleva son blouson de cuir, marchant derrière Jessandra.

" Je retient le chauve. Je te le laisse dès que tu sera débarrassée des autres. " chuchota t-il discrètement. Ce mec magnait des couteaux, et Grayle était assez doué dans ce domaine pour lui en faire baver. Mais il n'était pas assez affuté physiquement pour gérer plusieurs adversaires. Il fallait mieux retenir le gros pendant que la fille se chargeait des hommes de main. C'était la seule manière pour qu'ils s'en sortent.

Il lanca le blouson par terre alors que les hommes de mains approchaient d'un air prudent.

- T'es con ? Demanda le chauve en le désignant d'un de ses couteaux. Tu la connais même pas ! T'a 10 secondes pour te casser avant que je te bute !

" Ta gueule. " lança Grayle, arrachant un rictus de haine au chauve. Il n'avait absolument pas peur de ce taré. Il avait vu bien, bien pire. Regardant bien ses ennemis, Grayle se baissa et tira sur les jambes de son pantalon.

Deux longs couteaux étaient attachés à ses mollets. Il tira les deux lames avec un geste répété des millions de fois. Tous fixèrent les lames avec fascination et inquiétude. Elles étaient noires. Noires et surnaturelles. C'était comme si quelqu'un avait tracé au feutre noir sur la réalité. On ne distinguait absolument rien que deux barres noires pointues de plus de vingt centimètres. Des armes d'un autre monde, d'un autre univers, seul héritage que Grayle conservait de ses voyages. Il se mit en garde, en face du chauve, qui fixait ses dagues avec une peur mêlée d'envie, et il se déplaca legèrement derrière Jessica, suffisamment loin pour être hors de portée d'un coup de pied.

" Je reste avec elle. J'abandonne pas une lionne à 10 chacals comme vous."

Son regard fut attiré par un mouvement au second étage. Une caméra filmait la scène. Comme si elle avait remarquée Grayle, elle bougea légèrement, se tournant vers lui et le filmant. Il fronça les sourcils.

Etaient-ils filmés ? Il n'eut guère le temps d'y réfléchir. Car déjà, les combattants étaient lancés.
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Jessandra Chavez
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« Répondre #6 le: Novembre 28, 2016, 05:16:09 »

L'homme qui l'avait aidée jusque là laissa Jessandra parfaitement coite. Quel sacré numéro, celui-là... Ses vieilles répliques dignes d'un Bruce Willis période Piège de cristal, son comportement qui confinait à la parodie talentueuse, ses fringues et ses mimiques... Tout était amusant, chez lui. Pourtant, la brésilienne le sentait parfaitement sérieux dans chacun de ses propos et n'eut même pas l'idée de tenter un sourire lors de son drôle de show, même si le coup du couteau arraché de son épaule et balancé dans le décor lui sembla tellement cliché qu'elle se demanda si elle ne s'était pas égarée sur le plateau de tournage d'un film de série B. La scène en était presque surréaliste, avec en face d'eux cet excité de Gecko qui gesticulait à qui mieux-mieux malgré l'état de son bras et de son dos. Néanmoins, les lames qu'exhiba Grayle furent un détonnant rappel à la réalité. Quel genre d'acier pouvait sembler si menaçant, si hypnotique ? Jessandra prit le risque de les contempler quelques secondes, s'arrachant de cet étrange spectacle sur vingt centimètres à grand-peine. Il y avait autrement plus urgent que des questions de coutellerie.

D'un mouvement de tête, elle avait accepté la répartition des tâches faites par son acolyte improvisé. Tant que lui revenait la possibilité d'en finir avec Gecko elle-même, elle restait dans les règles du tournoi, après tout. Les six débiles qui accompagnaient le manieur de couteaux auraient dû être du menu fretin, mais ils étaient un minimum armés et elle commençait à fatiguer sérieusement. Ce ne serait pas aussi simple que cela de remporter la manche, même aidée par l'étranger aux jolies lames.
Gecko de son côté hurla une nouvelle flopée d'insultes en réponse à la défiance de Grayle et ses sbires s'élancèrent, donnant à Jessandra le coup de feu pour les imiter.

Elle décida de s'en remettre à l'inconnu, aussi douteux que ce choix pouvait sembler. Elle le laisserait occuper Gecko et en échange elle ne laisserait passer vers lui aucun des sous-fifres.
Le premier d'entre eux fut d'ailleurs vite sur elle. Lui avait récupéré un tesson de bouteille salement effilé, mais n'eut pas le temps de s'en servir. Jessandra lui bloqua le poignet à l'instant où il tenta de la poignarder et lui balança violemment son poing libre en plein dans l'estomac. L'homme se courba en deux pour vomir de la bile et son nez fit la connaissance du genou de la brésilienne qui le lui brisa dans un bruit sec. Elle l'envoya hurler plus loin alors qu'un nouveau l'empoignait par le bras en pensant peut-être le lui bloquer. La brésilienne s'en libéra d'une torsion et arma son poing pour frapper lorsqu'un bâton la percuta dans le dos. Un de ces salauds était passé derrière elle et avait manqué de l'assommer ! Deux autres types profitèrent de l'ouverture pour tenter leur chance mais Chavez fut réactive et roula sur le sol en évitant les coups qu'on lui destinait, se redressant d'un léger bond. Juste assez vite pour arrêter de son avant-bras en bouclier le nouveau coup de bâton, parvenant à saisir et arracher celui-çi des mains de son possesseur. L'arme cylindrique accomplit quelques mouvements martiaux alors que Jessandra se mit à le manipuler et s'abattit sur la mâchoire de l'un des bonhommes, le sonnant pour le compte. Il n'en restait plus que quatre sur les six.

De son côté, Gecko était bien décidé à trouer le cuir de ce merdeux de Grayle. Le duel lui avait semblé convenable et il n'avait pas tardé à se ruer sur l'inconnu qui semblait bien moins redoutable que son adversaire désignée afin de lui montrer sa maîtrise du couteau papillon. Le serbe en était certain : après une passe ou deux, il aurait éventré ce petit emmerdeur qui avait manqué de lui faire perdre cette manche du tournoi ! Ce fils de pute serait vite saigné comme un porc !
Seulement, Grayle n'était pas un manche et le serbe était déjà bien éprouvé par la baston du bar. Il ne parvenait pas à prendre le dessus malgré le fait qu'il envoyait avec brio ses couteaux pour trancher la chair lors de passes complexes au corps-à-corps. Sûrement avait-il apprit cela à l'armée, et sûrement que face à un adversaire ordinaire il s'en serait sorti sans trop de mal... Mais le gars aux lames noires n'était pas ordinaire et le mettait en défaut.
Dans un cri de rage et les lèvres poisseuses de bave, Gecko perdit son calme et se mit à frapper comme un forcené.

Dans un craquement sec, Jessandra avait brisé en deux le bâton sur son genou. Le combat au Bô n'avait pas son affection, mais aux bâtons doubles, c'était autre chose. Ainsi armée, elle reprit l'assaut la première. S'enroulant sur elle dans un mouvement de rein, elle esquiva le coup qu'un type lui destinait et lui asséna deux coups au ventre une fois dans sa garde, l'expédiant au pays des KO percutants d'un coup à la tête. Les trois autres coordonèrent grossièrement une attaque mais la brésilienne n'eut aucun mal à la déjouer. Dans un grand écart fulgurant, elle se retrouva près du sol et brisa d'un coup un genou qui se présentait à elle. S'aidant de ses mains pour se relever, la brésilienne se permit même livrer une attaque de capoeira depuis une position pour le moins incongrue. Son pied fouetta l'air, envoyant voler un des derniers larrons vers la benne à ordures la plus proche, suivant son propre mouvement pour se remettre sans peine sur ses deux pieds.
Le dernier type fut plus malin et détala sans demander de son reste, mais fut assommé pour le compte lorsque Jessandra lui balança ses armes improvisées. Ses adversaires défaits, il ne lui restait plus qu'à s'occuper du "gros morceaux". Alors, prenant le temps de récupérer son souffle, elle observa Gecko aux prises avec son singulier allié.

Et le serbe peinait, clairement. Malgré toute sa rage, il semblait clair que l'homme le dominait. Grayle enchaînait les belles esquives et les mouvements d'expert, jouant avec Gecko comme un chat avec le cadavre de sa souris. Jessandra n'était pas aussi au fait du combat armé que du combat à mains nues, mais elle était bien assez bonne pour voir à quel point son compagnon de galère était redoutable. Ses lames noires dansaient élégamment, tranchant l'air et éraflant ça et là la chair. Chavez en était persuadée : le combat était à sens unique et ne durait que parce que Grayle le voulait bien. Elle lui en était reconnaissante, d'ailleurs. Sans ça, elle pouvait dire adieu au tournoi et sa place au Japon...
Dans un sourire, la brésilienne se mit à reculer de plus en plus. Jusqu'à toucher le fond de la cour. Puis, détendant ses jambes comme des ressorts, elle piqua un sprint.

- TOI TE BAISSER ! cria t'elle.

Elle savait que son compagnon le ferait. Elle n'en doutait pas un seul instant après l'avoir vu à l'oeuvre. A l'issue de sa course folle, Chavez bondit comme un fauve et sembla suspendue dans les airs alors qu'elle tendait la jambe pour un finisher absolument mémorable. Son comparse se baissa au bon moment et Gecko n'eut que le temps de voir le pied de Jessandra lui voler en pleine face avant qu'il ne la lui écrase sous l'impact cinglant, dans une gerbe de sang et de dents cassées.

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Grayle le pérégrin
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« Répondre #7 le: Décembre 02, 2016, 01:09:46 »

Dans les films, les combats au couteau peuvent durer plusieurs minutes avant qu'un combattant ne prenne l'avantage. Ce n'est pas le cas dans la vie réelle. D'ailleurs, il n'y a quasiment jamais de combat au couteau dans la vie réelle. Le temps de réaliser qu'on vous attaque, vous vous faites planter, et vous mourrez. Dans la vie réelle, un combat prend généralement fin dès qu'une lame trouve un corps. C'est à dire, après 20 secondes. Et la grande injustice, c'est que même le dernier des imbéciles armé d'un couteau peut gravement blesser, voir tuer un artiste martial.

Mais, pour de nombreuses raisons, le combat entre Grayle et Gecko fut comme un film. Plein d'échanges, de lames qui se percutent, et de blessures. La première raison est que Gecko, ivre de rage et sans doute bourré d'excitant, attaquait comme un dingue, déterminé à tuer Grayle. Il y parvint plusieurs fois, sa lame perforant son coeur, écorchant son ventre, traversant son bras. Mais, malgré sa colère, Gecko était assez lucide pour voir les blessures se refermer et, petit à petit, sombra instinctivement dans l'incompréhension, puis la peur. Quelque soit ses efforts, il se rendit compte qu'il ne pouvait pas gagner. Même par chance. Ou par le talent. Le pire ? C'est que sans sa blessure, et si son adversaire avait été un... humain, Gecko aurait gagné. Il était bien plus fort, bien plus solide, déterminé, tout aussi doué et rapide. Mais le jeune homme en face de lui récupérait aussi vite qu'il se faisait écorcher, se contentant de frapper le chauve à des endroits peu important, laissant de simples marques aux avant bras ou au torse, ses lames noir laissant derrière elles un bourdonnement.

Après une trentaine de secondes, alors qu'il pouvait entendre ses hommes s'effondrer les uns après les autres, Gecko sentait peu à peu la situation lui échapper. Le jeune homme le prenait de plus en plus de court, infatigable alors que le chauve s'épuisait peu à peu, son sang coulant sur le sol, victime de blessures superficielles.

Et encore, le pire n'était pas d'affronter un adversaire invincible demandant toute votre concentration. C'était de savoir que quelque part, la brésilienne rodait, prête à le corriger. Il avait pourtant tout prévu ! A 20 contre une, il n'aurait eu aucun mal à la massacrer !

* Ou est ce que ca a foiré ?! * se dit-il avant d'hurler de douleur. La lame noire de Grayle s'était enfoncée d'un coup dans son avant bras, s'enfoncant dans la peau et traversant l'os, avant de ressortir de l'autre côté comme dans du beurre. Il hurla, fermant les yeux, avant de les ré-ouvrir.

Sa dernière vision fut celle d'une semelle. Puis, le noir, la douleur, le choc, l'envol, et le coma, après avoir percuté le mur froid, et s'être effondré sur les poubelles. Grayle se releva, fixant la brune avec des yeux ronds, avant de se retourner. Les hommes de mains étaient tous immobiles sur le sol, faisant tous les efforts du monde pour passer pour mort. Elle l'avait fait. Genre vraiment. Elle avait défoncé une demi-douzaine de mecs décidés et armés. Lui se serait fait tabasser après 15 secondes. Il ne l'insulta pas en l'aidant à se relever, préférant s'accroupir pour ranger ses couteaux dans leurs fourreaux. Il la contempla du regard, sa belle peau brune souillée par le sang et le choc des poings et des armes sur son corps, son air sauvage, ses cheveux décoiffés, son jogging large et sa brassière noire, une sorte de déesse de la baston descendue du ciel pour péter la gueule des incroyants.

Il a beaucoup voyagé Grayle, mais des filles comme ça, il n'en a pas croisé beaucoup. Il s'approcha d'elle avec douceur, alors que la neige commençait à faire son apparition, les flocons se perdant dans l'épaisse chevelure du voyageur. Contrairement à elle, il était dans un état impeccable. Seul son t-shirt lamentablement déchiré de partout témoignait des coups portés par Gecko. Pour le reste, il était aussi frais qu'après une bonne douche matinale. Il lui tendit sa main.

" On a pas eu le temps de se présenter. Je m'appelle Grayle. " dit-il dans un japonais fluide et parfaitement bilingue, parlant même avec l'accent des gens du coin, un poil plus lentement pour qu'elle le comprenne bien. Il regarda Gecko, avant de revenir vers elle, chose que fit également la caméra, qui zooma sur le visage de la combattante.

" Maintenant que tu en a fini avec lui... ca te dit de prendre un verre au bar ? Je crois qu'il n'y a plus que nous comme clients. Je t'invite. "

Il était souriant et parfaitement aimable. Il avait la tête pleine de questions, mais, comme toujours, Grayle gardait la tête froide, réagissant avec le détachement surnaturel, voir morbide qui le caractérisait.

" Comment est ce que tu t'appelles ? Tu viens d'où ? "
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Jessandra Chavez
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« Répondre #8 le: Décembre 02, 2016, 01:02:03 »

Le cul posé sur la poubelle la plus proche, Jessandra reprenait son souffle et laissait son corps se détendre et évacuer les tensions. Comme après n'importe quel combat acharné, la brésilienne prenait le temps de récupérer. Le soulèvement de son buste, accéléré par l'effort, se fit peu-à-peu plus calme et Chavez fit jouer sa tête pour en faisant craquer sa nuque puis quitta son assise en crachant au sol. Une main dans ses cheveux courts, elle les rabattit en arrière et la sueur accumulée les laissa en place tandis qu'elle avançait sur Grayle tout en consultant son portable. La combattante ne répondit d'abord pas à l'étranger et scruta l'écran jusqu'à ce qu'un message ne bip et affiche ce que la jeune femme attendait : une image de l'organisation du tournoi, qui lui signifia que sa victoire était validée et bel et bien enregistrée. On la félicita, l'informant que sa côte avait grimpé dans les paris, et on l'invita à se reposer avant la prochaine convocation.
Satisfaite, Jessandra daigna enfin s'intéresser à l'homme aux couteaux.

- Je prendre jus de orange. Et des cacahuètes.

L'anglais aurait été plus intéressant pour l'échange que son japonais à couper à couteau à huître mais Jessandra se contenta de ce que Grayle lui offrait, lui donnant un petit coup de poing amical sur l'épaule. Un signe viril d'amitié, pour le remercier de son aide et le féliciter. Elle le détailla ensuite, impressionné de voir qu'après un pareil duel il n'avait pas été blessé par Gecko. Plutôt que de tenter de le lui dire dans un baragouin imbuvable, la brésilienne se contenta de siffler d'admiration en désignant la chemise de l'homme avant de l'entraîner vers le bar qu'ils avaient quitté un peu avant.

- Je, Jessandra. Jessandra Chavez. Je... Brésil. Et toi ? D'où venir ?

La neige tombait silencieusement sur cette fin d'après-midi et les deux compères regagnèrent l'intérieur du boui-boui sans mal. Les mecs éclatés au début de la bataille avaient détalé depuis un moment, leur laissant la paix. Jessandra chercha une banquette qui ne fut pas encombrée par trop de débris et la débarassa pour s'y avachir en soupirant. Sacrée journée !
Elle ne releva que son buste pour regarder Grayle s'activer derrière le comptoir -et garder un oeil sur les portes au cas où quelques courageux auraient eu goût à une nouvelle ration de salade de phalanges.

- Jolis couteaux, fit-elle en tapotant la banquette pour inviter Grayle à s'asseoir. Toi avoir appris combat ? Doué pour ça, Gecko bien occupé par toi.
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« Répondre #9 le: Décembre 05, 2016, 12:01:59 »

" Hum, jus d'orange... compris. "

Grayle hocha la tête sans rien ajouter. Vu son physique absolument parfait et sans gras,(sauf au niveau de la poitrine et des fesses, femme chanceuse qu'était Jessandra), il était évident que la combattante avait un régime spartiate et que ce dernier ne comprenait pas d'alcool ou autre produit néfaste pour le corps. Le défi était de savoir si un bar aussi mal famé vendait du jus d'orange. Grayle inspectait le comptoir. Derrière ce dernier, étalé contre le sol se trouvait le tenancier, baignant dans son sang, le visage ravagé de balafres, dans un dernier moment de terreur et d'atroce souffrance. Le pérégrin compatit un peu. Le vieil homme avait eu une fin assez ignoble. Dur de s'en féliciter. Accroupi derrière le comptoir, il fouilla un petit bout de temps les étagères.

" Haha ! "

Il avait trouvé du jus d'orange. Il se saisit ensuite de deux verres et, d'un air conquérant et très fier, se dirigea vers la table où se trouvait Jessandra, déposant les deux verres et la bouteille. Débouchant cette dernière, il versa le jus d'orange dans le verre de la brune en levant la bouteille très haut, comme s'il s'agissait d'un précieux thé arabe, avant de s'en verser un peu lui-même.

" Je vais t'amener des cacahuètes. " dit-il avant de s'éloigner. En chemin, il ramassa son sac à dos. Sorti de nulle part, ce dernier avait réapparu par enchantement sur le sol de la salle principale. Grayle enleva son t-short ruiné qu'il jeta dans un coin, temporairement torse nu. Pas de quoi impressionner quelqu'un d'aussi bien bâti que la combattante, mais s'il était plutot bien taillé et loin d'être laid. Il plongea l'intégralité dans son sac et, après un certain temps de fouille, en sorti un autre t-shirt, bleu cette fois, qu'il enfila.

" J'allais pas me balader comme ça toute la journée ! " dit-il d'un air léger, avant d'amener un bol de cacahuète, et de s'asseoir, enfin, devant elle. Il soupira, content d'avoir enfin le cul sur le cuir de la banquette. Ignorant la question de Jessandra sur son pays d'origine (il aurait été incapable d'inventer un mensonge solide maintenant), il préféra répondre à son autre question.

" J'ai eu de la chance que ce... gecko ? quel nom de merde. Bref, qu'il ait été touché par le fusil de ce pauvre barman. Il était déjà dans un sale état. je m'y connais en couteau, mais physiquement, je suis pas au niveau. Tu me briserais en quelques instants. " dit-il, n'ayant aucune honte à reconnaître son infériorité face à la jeune femme. Il se savait capable de la vaincre, mais uniquement grâce à l'usure. S'il avait été un humain normal, il ne faudrait que 30 secondes à Jessandra pour l'enfoncer dans le mur le plus proche. Il sortit un de ses couteaux, qu'il fit tourner avec douceur entre ses doigts.

" Un homme sage a dit un jour qu'il fallait mieux être un guerrier dans un jardin qu'un jardinier sur un champs de bataille.
" Je ne cherche pas les ennuis, mais j'ai tendance à tomber dedans. Alors mieux vaut savoir se défendre un peu. "

Il termina son verre de jus d'orange, goutant avec plaisir le liquide frais et tellement sucré qu'il en était piquant.

" Et toi, Jessandra, est ce que tu saurais m'expliquer ce qui se passe ? J'ai compris que ce Gecko t'attendait. Tu fais des combats clandestin ? Ca se fait dans cette ville ? Je viens à peine d'arriver. Bref... "

Il prit une pleine poignée de cacahuètes.

" Tu peux m'en dire plus sur tout ce que ca veut dire ? Tu a des amies comme toi ? "
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« Répondre #10 le: Décembre 08, 2016, 12:53:46 »

Elle avait tellement soif qu'elle se sentait presque sur le point d'embrasser Grayle pour le remercier lorsqu'il versa -non sans une amusante "cérémonie" qui fit sourire la brune- le précieux jus d'orange dans son verre. Bien que pressée, Jessandra attendit que l'homme revienne pour se désaltérer enfin et trompa l'attente en l'observant, curieuse. Elle vit le sac mais n'y prêta pas grande attention (franchement, ce point de détail lui avait échappé lors de la baston du bar) et le détailla quand il ôta son t-shirt. Jessandra n'avait aucun intérêt pour le corps masculin, du moins pas d'intérêt sexuel. L'attirance était un sujet qui la mettait relativement mal à l'aise et qu'elle évitait dès que possible mais elle avait vu Grayle combattre et se plut à détailler le dessin de la musculature du pérégrin. A n'en pas douter, c'était un personnage séduisant. Même Jessandra le comprenait. Ses yeux traînèrent un temps -surtout parce que le mâle ne la voyait pas faire, ce qui lui aurait instantanément coupé toute curiosité- puis papillonnèrent sur le bar. Quel bordel ils avaient mis !

Cacahuètes dans la paume et jus d'orange enfin dégusté, Jessandra se retrouva d'excellente composition pour la discussion. La brésilienne était éreintée et avait quelques plaies encore sanglantes ça et là en plus d'un sévère mal de tête mais se sentait paradoxalement bien ; l'effet que chaque combat acharné dont elle sortait victorieuse lui faisait.
Devant l'aveu de Grayle, la brune poussa un sifflement admiratif.

- Je pas rencontrer beaucoup homme qui dire que eux moins forts que filles. Je impressionnée ! Physiquement, tu être bon. Devoir entraîner, c'est tout !

Jessandra, si forte fut-elle, avait appris à ne jamais sous-estimer les autres. Quand elle avait débuté dans les arts martiaux, son petit gabarit lui avait attiré les ricanements et le rejet. Ce n'avait été qu'à force d'efforts et de persévérance qu'elle était parvenue à faire ses preuves et à défaire tous ceux qui l'avaient défié en pensant glaner une victoire facile. De plus, elle ne doutait pas que Grayle était plus tigre que nounours, malgré la modestie qu'il affichait. Dans un versus contre lui, elle aurait probablement remporté la partie, oui. Certainement pas sans peine ni dégâts pourtant et, au vu du niveau auquel elle pouvait prétendre, c'était très flatteur pour Grayle.

Il l'interrogea sur ce qui venait de se passer -question des plus légitimes après qu'il eut été embarqué dans cet affrontement mal équilibré. Aussi en guise de remerciement lui expliqua-t-elle ce qu'il y avait à savoir sur les raisons qui l'avaient poussée à rentrer dans ce bar pour le transformer en champ de bataille. Elle avala d'abord une longue gorgée et croqua quelques cacahuètes.

- Je être au Japon pour faire tournoi combat illégal. No limits. Gecko être premier adversaire désigné par organisation. Combat contre lui donner une idée de danger, je penser.

Le Beasts War. La guerre des bêtes. Quand on voyait comment avait tourné l'affrontement, on comprenait mieux son nom. Quant aux caméras aperçues par Grayle, il y avait fort à parier qu'elles permettaient de suivre le déroulement des matchs. Idéal pour les parieurs comme pour les organisateurs, qui pouvaient se faire un pognon monstres grâce aux retransmissions payantes.

- J'être ici avec une amie, oui. Elle... supporter moi. Coach et soigneur. Mais moi seule à combattre.

Sans maîtrise correcte de la langue, difficile d'expliquer à Grayle la relation qu'elle entretenait avec Bethany. Toutefois, Jessandra n'avait pas menti non plus ; simplement dilué très largement les faits pour être sûre de se faire comprendre.

- Désolée toi être pris dedans ça.

Elle lui adressa un sourire convivial (un peu le genre qu'aurait eu un soldat pour un autre à l'issue d'une bataille) et vint trinquer avec lui. Les verres tintèrent joyeusement sur une note qui annonçait la fin des combats de la journée.
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« Répondre #11 le: Décembre 22, 2016, 01:11:48 »

Grayle l'écouta avec attention, trinquant avec elle avec chaleur, avant de plonger quelques instants dans ses pensées. Ainsi donc, Jessandra participait à un tournoi de combats clandestins. Grayle connaissait ce genre d'activité, mais n'aurait jamais cru en voir une version avec des combats décidés au dernier moment, et dans des lieux publics. Il se mit à imaginer d'autres situations, avec des combats dans des hotels, des trains, des gares ou dans la rue. Dépendamment du nombre de combattants, les prochaines semaines allaient potentiellement devenir une véritable période de terreur et d'inquiétude pour les civils...

" C'est ton premier combat ? Si Gecko est un participant comme un autre, je n'ose pas imaginer le niveau des finalistes " dit-il avant de la regarder avec une certaine compassion. Dans quoi est ce qu'elle était aller se fourrer ? Il essaya de la rassurer.

" Ne t'en fait pas pour moi. J'ai vu pire. Quelques bastons de rue ne me font pas peur. Mais je dois t'avouer que j'ai un problème... "

Il se resservit dans le bol de cacahuètes (ces dernières étaient vraiment trop bonnes).

" Je suis nouveau dans cette ville. Je n'ai pas de logement. Enfin si, je loge dans les hôtels. "

Un léger silence se fit entre eux.

" Enfin, je logeais. Dans ce restaurant. "

Un cadavre qui était à moitié étalé sur une table et une chaise s'effondra sur le sol avec fracas, suivi par un tableau autrefois accroché au mur. Le restaurant, en effet, servait d'hotel et de maison de passe, ayant une poignée de chambre réservées en général aux miséreux, aux drogués ou aux mafieux du coin, souvent pour les trois à la fois en fait. Grayle avait réussi à obtenir une chambre, du moins temporairement. Les prix étaient ridicules, et il ne craignait pas le danger. Mais avec le barman mort et le carnage récent...

" Bref, vu la situation, je pense pas pouvoir rester. Je me vois mal expliquer ce bordel aux policiers. Et... hum. Tu accepterais de me loger ? "

Ne rougit pas Grayle. Tu te dit qu'elle va se faire des idées, ca te file la honte et du coup, elle va croire que tu comprend qu'elle a raison de se faire des idées et.... raaaaaah, même après avoir négocié avec des empereurs et discuté avec des dieux, tu te démerde pour te comporter comme un gosse, crétin immortel !

" Je sais que ca fait... envahisseur. Je pourrais trouver un hotel autre part. Mais je te trouve sympa. Je t'aime bien. Et ce serait un peu... dommage de se quitter après ça. J'ai envie de savoir comment tu va t'en sortir pour la suite. "
« Dernière édition: Janvier 29, 2017, 11:30:37 par Grayle le pérégrin » Journalisée
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« Répondre #12 le: Janvier 08, 2017, 03:46:12 »

- Premier combat, oui. Gecko échauffement.

Jessandra haussa les épaules en avalant une poignée de cacahuètes. Contrairement à ce que Grayle pouvait penser, la situation n'effrayait pas la brésilienne. Pas qu'elle se surestimait ou prenait ses adversaires potentiels par-dessus la jambe, non ! Simplement, la combattante avait vécu dans un ghetto terrible secoué par d'interminables et meurtrières guerres des gangs, en plus d'avoir été déjà participantes à des compétitions clandestines. Le Beasts War se démarquait par son côté original de combat en public et déterminé sans préavis, mais il n'y avait pas de quoi effrayer Chavez plus que nécessaire. De plus (bien qu'elle ne s'exprima pas sur le sujet ouvertement), elle avait trouvé Gecko relativement mauvais. Dangereux, oui, mais... pas tellement, finalement. A vrai dire, il n'avait pas le niveau de la plupart des combattants qui avaient jalonné le parcours de Jessandra jusqu'à son ticket pour le Japon et cela l'étonnait, puisque les critères de sélection l'avaient faite galérer à plus d'un titre. Alors que foutait Gecko dans le Beasts War ? Un type comme Grayle y avait davantage sa place !

Le pèlerin la sortit de ses pensées. Sirotant son verre de jus d'orange, Jessandra détailla l'homme qui finit par lui expliquer que leur petite bataille de bar l'avait rendu sans domicile fixe. Chavez -qui était bien moins bête qu’asociale- ne tarda pas à comprendre où son partenaire de fortune voulait en venir avec ces ronds-de-jambes mais le laissa arriver sans l'interrompre, ce que firent très bien le corps encore chaud et le cadre en chutant, faisant hausser un sourcil circonspect à la sportive brunette qui balaya la scène d'un regard avant de revenir à Grayle.
Et l'aimable homme se dépatouillait de sa propre mise en situation comme un chaton dans une mare de laine déroulée, ce qui fit esquisser un sourire léger à son interlocutrice. Elle le scruta en prenant soin d'adopter une moue factice oscillant entre agacement et sévérité, s'amusant un moment de la peine de ce pauvre Grayle. Pour une fois que ce n'était pas elle qui se perdait dans des explications fumeuses par manque d'habitude d'interagir avec son prochain, elle pouvait bien en profiter un peu !

Finalement, Grayle en vint au fait. Loger chez elle (et implicitement y rester un peu, apparemment), se tenir au courant du Beasts War tout en tentant, peut-être, sa chance avec la mal-aimable mais relativement séduisante Jessandra qui vida d'un trait le reste de son verre pour toute réponse préliminaire.

- Okay pour nuit de aujourd'hui, lâcha-t-elle après un temps. Mais convaincre amie de moi pour autres nuits d'après. Pas vivre solo.

L'homme aurait sûrement bien du plaisir à découvrir l'existence de Bethany, dont Jessandra ne daigna pas lui parler outre mesure pour le moment. Son amie blonde était autrement plus communicative qu'elle et tout aussi forte, aussi s'occuperait-elle à sa façon de régler le cas Grayle d'une façon ou d'une autre. Si il se montrait convaincant (et, pour le coup, assez plaisant), Cole ne ferait pas d'histoires et lui proposerait probablement de quoi s'occuper la nuit. Dans le cas contraire, bah. Grayle découvrirait les étonnantes techniques de vidage des lieux dont Bethany était friande. Néanmoins, Jessandra estimait tout à fait devoir à son partenaire du jour le logis et le couvert qu'elle lui avait fait perdre, en guise d'excuses comme de remerciements pour son aide.

La femme se leva et fit quelques pas vers la sortie, poussant un corps inanimé du pied pour récupérer la veste qu'elle avait tombé en amorce de la bataille qu'elle était venue livrer. Elle l'enfila et attrapa sur une des tables adjacentes un verre resté miraculeusement intact, faisant signe à Grayle.

- Prendre affaires, nous y aller.

De derrière une des banquettes renversées surgit un homme, qui n'eut que le temps de pousser un râle avant que Jessandra ne le renvoie dans le coma en lui balançant le verre qu'elle avait récupéré juste à cet effet. Le balourd s'étala sur le carrelage, sonné pour le compte, et Chavez fit signe à son comparse de lui emboîter le pas.


*
*       *


Après leur voyage en bus sous les regards interloqués des passants qui regardaient avec méfiance et peur le sang sur leurs visages et leurs tenues, passer le hall de l'immeuble dans lequel vivait Jessandra pour la durée du tournoi fut une partie de plaisir. Les gosses du quartiers et les quelques voyous miteux d'abord venus vers la brésilienne pour récupérer son numéro et une pipe derrière les poubelles firent sagement taire leurs remarques et envies en détaillant l'étrangère aux poings et baskets encore ensanglantés, contemplant Grayle avec un mélange de méfiance, d'admiration et de jalousie. Quel genre de mec pouvait partager le temps d'une fille comme ça ? La question alimenta les débats du hall quand le duo passa la porte de l'appartement B du troisième étage. Chavez fit ôter ses chaussures à Grayle tandis qu'une voix monta d'une pièce voisine, ainsi que les bruits caractéristiques faits par un corps qui sortait rapidement d'un bain plein.
La brune tapota amicalement l'épaule de Grayle en lui glissant quelques mots à l'oreille.

- Boa sorte*, amigo.

Un sourire plus tard et Jessandra s'écartait du passage, laissant passer le corps nu et athlétique d'une charmante jeune femme blonde dont les formes pulpeuses et la musculature sèche et discrète étaient soulignés par l'eau encore toute ruisselante qui caracolait sur sa peau. Elle saisit Chavez par les épaules pour la regarder de pied en cape, s'apercevant que cette dernière lui désignait Grayle. Bethany Cole mis les poings sur les hanches en regardant l'homme alors que Jessandra s'esquivait ailleurs.

- Lui rester pour nuit ce soir, Cole. Demander plus, mais... toi décide.


Elle esquissa un sourire mutin et amusé à destination de Grayle en disparaissant dans le salon, laissant le pélerin aux prises avec la nudité entièrement exposée d'une Bethany aux yeux sévères qui semblait jauger tant la situation que le potentiel séduction de l'homme qui se tenait en face d'elle.
Cole ouvrit la bouche et Grayle put découvrir, en plus de ses atouts féminins certains, une maîtrise du japonais autrement supérieure à celle dont jouissait Jessandra.

- D'accord, machin. Donnez moi trois bonnes raisons pour que j'accepte que vous créchiez chez nous. Et trois autres pour ne pas que je vous casse les doigts en guise de punition pour me reluquer comme ça. Elle baissa la voix, vérifiant que Jessandra n'était pas dans les parages avant de continuer. Parce que ça va vite m'exciter, et je ne peux pas baiser avec Chavez dans les parages, elle va me ruiner mon kiff. Et j'ai la dalle, ça fait trois bonnes semaines que j'ai pas bouffé, si tu vois ce que je veux dire, amigo.

Assurément, Bethany Cole n'avait en commun avec Jessandra que cette facilité à casser des os dans divers endroits du corps. Pour le reste, c'était la nuit et le jour... Grayle, coincé entre les deux, n'était probablement pas au bout de ses surprises !





* "Bonne chance"
(si le traducteur est bon...)
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Grayle le pérégrin
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« Répondre #13 le: Janvier 19, 2017, 04:00:50 »

Grayle ne fut guère surpris que Jessandra vive dans un coin mal famé. Les combattants de rues habitent rarement dans de beaux hotels ou de luxueuses villas, sûrement parce qu'un quartier tout pourri permet d'avoir beaucoup de partenaires (involontaires) d'entraînement. Ce qui l'avait étonné était que Jessandra ne vive pas seule, mais avec quelqu'un. Il imaginait tout. La grand-mère douce et gentille, le coach noir de 2m10, 120 kilos et aux lunettes de soleil, le mec bronzé, sympa et beau gosse à faire complexer tout individu mâle à la ronde... l'imagination fertile de Grayle battait son plein, et, comme avant un entretien important, le pérégrin jouait dans sa tête toutes les rencontres possibles et imaginables et les discours à préparer en fonction de l'interlocuteur pour ne pas se retrouver à dormir dehors, par terre, ou dans une voiture. Il sentait les regards le transpercer. Vu l'attitude des badauds, Jessandra avait déjà une certaine réputation. Autre que celle d'être une simple jolie fille.

" C'est charmant comme endroit " commenta Grayle alors qu'ils montaient les escaliers, après un dernier regard sur les squatteurs du hall d'immeuble. Lorsqu'ils passèrent la porte, Jessandra lui fit signe d'enlever ses chaussures, ce qu'il fit. Il remarqua d'un air gêné que Jessandra et lui laissaient derrière eux des traces d'empreintes ensanglantées, sûrement après avoir marché dans une flaque de sang (ou dans la gueule d'un de leurs précédents adversaires dans le cas de Jessandra. Cette dernière lui souhaita une sorte de bonne chance avant de disparaître telle une ninja urbaine, laissant Grayle face à face avec la vision superbe d'une superbe jeune femme blonde entièrement nue, le corps musclé et racé dégoulinant d'eau, ses cheveux humides tombant lâchement sur ses épaules, ne masquant même pas une large poitrine qui aimantait le regard de Grayle.

Doué, comme tous les hommes, d'une capacité d'analyse instantanée face à un corps féminin, Grayle imprima dans sa mémoire le corps de Bethany.

- D'accord, machin. Donnez moi trois bonnes raisons pour que j'accepte que vous créchiez chez nous. Et trois autres pour ne pas que je vous casse les doigts en guise de punition pour me reluquer comme ça.

Il était sur le point de sortir le discours quasi-présidentiel qu'il avait préparé, avant de s'arrêter en plein élan lorsqu'elle reprit la parole, d'une voix plus basse.

- Parce que ça va vite m'exciter, et je ne peux pas baiser avec Chavez dans les parages, elle va me ruiner mon kiff. Et j'ai la dalle, ça fait trois bonnes semaines que j'ai pas bouffé, si tu vois ce que je veux dire, amigo.

Un léger sourire entendu fit jour sur le visage de Grayle. D'un seul coup, il amait beaucoup plus cette situation. Peut-être qu'elle se jouait de lui, certes... on n'était jamais trop prudent. Mais il aimait ces oeillades, cette confidence "de perverse à pervers", et le fait que, comme Jessandra, elle mêlait un esprit acéré à une vraie personnalité et un corps puissant. Il déposa son sac sur le sol, parlant avec force.

" Et bien, pour faire court... "

Il posa sa main sur l'épaule humide de la jeune femme, craignant un déboitage de bras qui ne vint pas. Ses doigts fin et chauds caressèrent la peau avec une douceur presque féminine, récoltant l'eau.

" Je suis dans le même cas que toi. " dit-il en chuchotant, cette fois, avant de reparler normalement.

" Raison une, j'ai sauvé la vie de Jessandra. " il se nettoya la moitié du visage avec la main humide de l'eau de la baignoire, effaçant la saleté et le sang sur une partie de son visage, continuant pendant qu'il parlait " Je suis le seul mec digne de toi dans le coin " chuchota t-il ensuite. " Raison deux, elle m'a sauvé la vie, et ce serait con de tabasser un mec pour qui elle a fait des efforts ", son regard s'attarda sur ses lèvres " Je suis sale, et j'ai besoin de ta salle de bain... " dit-il en souriant "Et troisième raison, tu ne laisserait pas dehors à cette heure ci un frère de bataille, n'est-ce pas ? "  " Je peux te donner assez à bouffer pour que tu fasse une indigestion" termina t-il avec un leger air de défi. Il était resté assuré devant elle, ne tremblant pas une fois. Il n'avait pas peur d'elle, et son enthousiasme, sa force, étaient contagieuses. Même s'il préférait Jessandra, Bethany était tout aussi intéressante...

Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle accepte de le loger, ne serait-ce que deux trois jours.
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Jessandra Chavez
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« Répondre #14 le: Janvier 24, 2017, 11:19:19 »

Bethany Cole, souvent, passait au premier abord pour une fille un peu niaise et facile. Cela faisait partie de l'image qu'elle se plaisait à entretenir sur le ring et qui l'avait suivie dans la vie : le rôle de la petite naïve pas toujours consciente de ses propos et actions provocantes mais qui se faisait un malin plaisir d'éclater ceux et celles qui prenaient à la lettre le cinéma qu'elle leur offrait. Cole possédait en fait une tête remarquablement bien faite, qui lui aurait ouvert bien des horizons de possibilités si elle n'avait pas choisi de faire du combat sa passion et son métier. Au contraire d'une Jessandra bornée et pas toujours fine, sa rivale était capable de bien des subtilités et des manipulations alors même qu'elle possédait pour elle un niveau de corps-à-corps plus ou moins équivalent à celui de Chavez.
Une arme au physique superbement sculpté et à l'esprit affuté ; voilà précisément à quoi se frottait le brave Grayle sur le pas de la porte.

En jouant la carte Joker du "j'adopte le même ton et la même franchise que toi", le pérégrin était parvenu à marquer un point conséquent qui lui avait évité la sortie expéditive de l'appartement. Peu d'hommes -surtout face au corps nu et sensuellement moite de Bethany- auraient cette approche du problème et l'audace de l'homme se montrait assez payante. Cole ne dit rien, pas plus qu'elle ne lui colla un direct dans la mâchoire, signe que Grayle pouvait continuer son numéro.
Et Bethany ne le regretta pas une seconde, son sourire s'élargissant doucement alors que Grayle adoptait le double-discours pour servir à la fois ce que Jessandra aurait accepté d'entendre et en parallèle ce que seule ce que la blonde aurait accepté de supporter.

Quand il eut finit, Bethany le jaugea longuement des pieds à la tête, son sourire étirant toujours plus agréablement ses lèvres, jusqu'à ce qu'elle laisse éclater un rire franc qui faisait certainement du bien à entendre après avoir vécu toute la tension de la bataille du bar. Cole tendit bel et bien le bras vers Grayle mais pour lui en entourer amicalement les épaules pour achever de l'attirer à l'intérieur de l'appartement, comme un vieil ami qu'elle aurait été heureuse de revoir. Du pied, elle repoussa la porte pour la refermer sur eux.

- CHAVEEEEEEEEEEEZ  ! TON POTE PEUT RESTER !

On entendit pour toute réponse une porte se fermer assez sèchement ailleurs dans l'appartement et Bethany relâcha Grayle pour avancer vers le salon, tournant la tête alors qu'elle le devançait, lui offrant la vue du mouvement de son derrière roulant au gré de ses pas. Une petite récompense pour avoir aussi bien joué son coup.

- Tu sais ce qui va être drôle ?, lui dit-elle en désignant un coin où poser ses affaires. Ces moments où tu vas tenter de combler mes appétits parce que tu en as envie et que tu sais que je suis open. Parce que ça ne va pas être de la tarte, Gargamel ne va pas te laisser souffler... Ni te laisser passer tes approches. Elle est un peu coincée sur le sujet. Si elle te tombe dessus, et bien... enfin, tu sais bien, je pense.

Elle attrapa une sortie de bain posée sur l'une des chaises du salon et l'enfila avant d'en nouer un peu lâchement la ceinture. Ainsi, l'ouverture offrait des vues généreuses sur le buste de la blonde qui ne semblait pas s'en préoccuper outre mesure. Bethany passait généralement pour une allumeuse ; elle n'était jamais qu'une femme qui agissait au fil de ses envies sans se soucier de l'avis ou de la considération des autres. Sexy et sensuelle dans ses gestes, elle ne cherchait pourtant pas à pousser spécialement Grayle à bout. Elle était naturelle et il reviendrait au pérégrin de savoir à quel moment elle jouerait avec lui.
Si il comptait vraiment attraper la colocataire de Jessandra, le mâle allait devoir évoluer sur la corde raide. Pour le plus grand bonheur de Bethany !

Elle ouvrit le frigo, se décapsula un jus de fruit et en proposa une canette à Grayle avant de s'accouder face à lui sur le montant de la porte de la pièce, sa position révélant une grande portion de l'un de ses seins. Mais, visiblement, le sujet n'était pas là. Sérieuse, Cole planta son regard dans celui de l'homme.

- Vous vous êtes sauvés mutuellement la vie, c'est ça ? Alors le tournoi a commencé. Comment est-ce que tu t'es retrouvé embarqué dans cette merde ? Elle prit une gorgée. Ecoute, je ne sais pas qui tu es et ce que tu vaux à la baston, mais oublie tout de suite l'idée de continuer à aider Chavez. Elle s'est entraînée dur pour arriver à ce niveau et l'aider dans ses combats, c'est pour elle la pire des insultes. Pour ce qui s'est passé cette fois, j'imagine que ce sont les circonstances... mais même si t'es aussi fort que Ryu de Street Fighter, oublie direct la perspective d'épauler Jessandra. Sinon elle te fera comprendre le problème à sa façon.

Cela pouvait passer comme une menace et, dans le fond, c'en était peut-être bien une. Mais Grayle connaissait un peu Jessandra et comprenait sûrement pourquoi Bethany lui tenait ce genre de discours. Pour le coup, c'était pour son propre bien. Chavez était une personne fermée et maladroite avec autrui, mais terriblement fière. Si Grayle commençait à entretenir l'idée de l'aider à remporter ses matchs, l'histoire finirait mal... Alors qu'il était un des rares hommes pour lesquels Jess' entretenait un certain respect -sinon il ne se serait jamais tenu debout dans son salon.

- Tu dormiras dans le salon, cow-boy. On dîne tôt et léger.

Féline, Bethany se glissa vers Grayle et arriva à un souffle de lui. Sa poitrine s'écrasait contre son bras, sa sortie de bain laisser échapper une cuisse qui aurait menacé la retenue de n'importe quel homme dans une situation pareille et elle sembla prête à l'embrasser quand elle lui souffla quelques mots.

- Si tu veux une chance de me mettre la main dessus, tiger, commence par aller faire l'amour à ma copine la cabine de douche et à sa petite soeur savonnette. Pour le moment tu me rappelles les ruelles de la favela, et j'ai qu'une envie : m'en échapper vite fait pour ne jamais y revenir.

Un clin d’œil, un frôlement plus marqué et Bethany s'écarta après une œillade appuyée et une petite tape sur le cul de Grayle.

- La salle de bain est au bout du couloir, lui dit-elle en lui montrant l'autre sortie du salon. Et n'hésite pas à frotter !

Ne s’intéressant plus à Grayle outre mesure, Bethany alla s'écraser mollement dans le canapé pour regarder une quelconque émission télévisuelle du câble. Ne donnant plus d'attention à l'invité, celui-çi avait tout le loisir d'aller accélérer sa rencontre avec le gel-douche fleuri des deux colocs' étrangères.
...Seulement, la salle de bain était déjà occupée par Jessandra, qui n'avait pas l'habitude de verrouiller la porte.
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