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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: L'Ultime Vœu [PV]  (Lu 690 fois)
Princesse Alice Korvander
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"Hear me Roar !"
« le: Septembre 18, 2016, 05:39:27 »


Avertissement : cet OS s’appuie sur des éléments d’intrigues relevant du jeu vidéo « The Witcher 3 ». Si vous ne voulez pas obtenir ces éléments, lisez ce qui suivra avec parcimonie.

Corvo Bianco
Duché de Toussaint


Ablette chevauchait le long des sentiers escarpés et montagneux entourant les champs de vignobles, tandis que le soleil commençait paresseusement à se lever. Une aube nouvelle éclairait le duché de Toussaint, et, en s’arrêtant depuis la colline surplombant le domaine, on pouvait voir, au loin, les tours scintillantes du château de la Duchesse Henrietta, surplombant la ville de Beauclair. Toussaint, à n’en point douter, était vraiment un endroit à part dans le monde. Un endroit qui n’avait pas connu la guerre depuis des éons, un endroit calme et agréable, où les chevaliers locaux étaient plus adeptes de concours de poésie et de jeux de mots que de rapts et de viols envers les paysannes illettrées, comme Geralt avait pu le voir pendant toutes ces années. Humant l’air frais, l’homme observait les reflets du soleil dansant sur le vaste lac qui était planté au centre du duché, et qui en était le moteur économique.

Déjà, on pouvait voir, le long du port de Beauclair, de multiples bateaux s’appareillant, transportant les innombrables tonneaux de vin des vignerons et viticulteurs locaux, qui remontaient ensuite par caravanes tout le long de Nilfgaard, et même jusqu’aux lointaines colonies nordiques, héritages de ces anciens royaumes ayant sombré dans le chaos, le racisme, et la violence. Ablette émit un léger rabrouement, et Geralt, surpris, pencha la tête vers son fidèle destrier.

« Quoi ? Tu as faim, c’est ça ? »

Geralt s’était levé tôt aujourd’hui, et avait laissé Yennefer endormie dans leur chambre. Corvo Bianco, son vignoble, était un endroit paisible, à l’image de l’ensemble des terres du duché, mais ce n’était pas pour autant qu’il ne s’y passait rien. Les vignerons continuaient régulièrement à se défier pour un oui ou pour un non, et, maintenant qu’il était, lui aussi, viticulteur, propriétaire du domaine de Corvo Bianco depuis que la Duchesse lui en avait fait cadeau, Geralt devait souvent participer aux interminables réunions entre viticulteurs. En réalité, c’était surtout Yennefer qui le pressait, Geralt n’ayant jamais aimé les soirées... Mais personne n’allait se plaindre, car, si les familles locales passaient leur temps à se disputer, chacune amenait aussi leurs bouteilles, et, à la fin de la soirée, quand tout le monde était ivre, plus personne ne se souvenait des motifs ayant justifié les querelles passées, ni même de leurs propres noms. Cependant, et même malgré l’alcool, les tensions étaient palpables, notamment entre les Vermentino et les Coronata.

Face à eux, Geralt n’était qu’un petit poucet, mais sa production lui suffisait volontiers à entretenir Corvo Bianco, et, pour arrondir ses fins de mois, il patrouillait fréquemment le long des vignobles, débusquant et chassant les monstres qui s’en approchaient. S’il était parti si tôt ce matin, c’était pour mener, comme d’habitude, sa ronde usuelle. La guerre entre Nilfgaard et les Royaumes Nordiques était finie. Les historiens parlaient d’une nouvelle ère historique, une hégémonie nilfgaardienne qui allait de Toussaint jusqu’à Kovir, et la Chasse Sauvage avait été éradiquée. La nouvelle Impératrice de Nilfgaard, Cirilla, était considérée comme une jeune femme dynamique et très inspirante, incapable de rester en place, et ayant juré de lutter contre le paupérisme et la misère. Geralt savait qu’elle avait passé de nombreux mois en compagnie de vauriens, quand il l’avait perdu la première fois. Elle s’était retrouvée en compagnie d’orphelins, les Rats, et savait donc que la pauvreté était le cancer de toute société. Geralt lui souhaitait bien du courage, et savait que Ciri’ avait très peu de temps libre. Pour autant, elle venait parfois le voir, et, que ce soit pour lui ou pour Yennefer, c’était toujours un ravissement de la voir, même si elle se plaisait ensuite à défier Geralt, et à se moquer de lui lors de leurs passes d’armes, en disant qu’il avait pris du poids, et qu’il n’était plus aussi rapide qu’avant. Le fait est que Ciri’ continuait à régulièrement s’entraîner à la capitale, où ses conseillers devaient rivaliser d’ingéniosité pour trouver un maître d’armes qui ne se fasse pas étaler en quelques secondes par la fougueuse Impératrice. Geralt avait même reçu une missive impériale lui demandant de devenir le formateur de Ciri’ ! Une offre tentante, mais Geralt ne se voyait pas retourner près des politiques. Yennefer, elle, n’était pas dupe, et, malgré sa retraite, continuait à suivre très étroitement l’actualité politique. Elle savait ainsi que beaucoup de nobles nilfgaardiens voyaient Cirilla comme une parvenue, indigne du trône, remettant en cause son lien d’hérédité avec Emhyr. Ainsi allait le jeu des trônes à Nilfgaard, mais Geralt ne s’en faisait pas pour sa fille. Après avoir vaincu Eredin, quelques nobles nilfgaardiens, ce n’était même pas digne d’un dessert.

Du Nord, Geralt recevait fréquemment des nouvelles de son plus vieil ami, devenu désormais l’un des principaux clients de Corvo Bianco : Jaskier. En compagnie de Zoltan et de Priscillia, l’homme menait une jolie vie à Novigrad. Après le passage de Radovid et des fanatiques, qui avaient ensanglanté la ville, la cité reprenait peu à peu des couleurs, et commerçait intensivement avec Nilfgaard, qui en avait fait l’un de ses bastions économiques pour relancer l’économie dans les anciens Royaumes Nordiques. L’Empire s’était plutôt bien installé à Novigrad, mais les rumeurs allaient bon train sur une nouvelle guerre. Le Nord n’avait pas oublié, et, dans les régions dévastées par la guerre, les révoltes s’ourdissaient. La Scoia’tael, notamment, dupée par Nilfgaard, était toujours aussi active, et avait même déployé des commandos dans Novigrad.

Le monde continuait à tourner, mais, quoi qu’il se passe, Geralt n’en serait plus un acteur. Il avait déjà envisagé de partir, notamment pour retrouver Regis, son vieil ami vampirique, qui l’avait bien aidé à Beauclair lors de l’attaque des vampires, mais qui était depuis traqué par ces derniers. Le sorceleur avait hésité, avant de renoncer. Ce n’était plus ses histoires.

Néanmoins, tout n’était pas encore totalement terminé pour lui. Il lui restait encore une dernière quête à accomplir, et probablement l’une des plus dangereuses de toutes. Une quête à laquelle il réfléchissait depuis quelques mois déjà, et il s’apprêtait maintenant à franchir le pas.

Ce qui avait relancé le sorceleur était un ultime message de Cirilla, qui prenait toujours le temps de lui écrire. Elle lui avait expliqué que, suite à la guerre, le Nord était dévasté par les monstres. L’Impératrice traquait notamment la dernière des Moires, mais ses soldats avaient bien du mal à la débusquer, dans les régions profondes et encore très sauvages du Nord. Pour cela, Cirilla avait demandé à Geralt sa bénédiction pour restaurer Kaer Morhen. Les sorceleurs avaient été décimés par l’ignorance et par la folie et la haine, et elle voulait les réintroduire, qu’ils soient à nouveau les protecteurs qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être. Geralt lui avait dit de contacter Lambert ou Eskel, et il avait finalement reçu les deux chez lui. D’un commun accord, et après en avoir longuement discuté, les trois avaient signé un document qui faisait de Cirilla la légataire universelle de Kaer Morhen. Ciri’ avait donc commencé à reconstruire Kaer Morhen, et avait engagé les mages et les alchimistes les plus compétents. Et, dans son dernier courrier, elle lui avait annoncé que ces derniers travaillaient sur les fameux mutagènes des sorceleurs. Remettre aux politiciens les secrets des sorceleurs avait été une décision lourde de conséquence, et qui avait longuement fait réfléchir les trois frères d’armes. Lambert, comme à son habitude, avait été le plus difficile à convaincre, mais il fallait se rendre à l’évidence. Après la guerre, la mort de Vesemir, les sorceleurs n’étaient plus que des fantômes. Alors, peut-être était-il temps que ces derniers sortent enfin de l’ombre, et qu’une nouvelle génération voit le jour. Les élixirs et les mutagènes avaient donc été soumis aux Nilfgaardiens, et ces derniers étaient apparemment en train de trouver un moyen de lutter contre la stérilisation des sorceleurs.

C’était cette information qui avait fait réfléchir Geralt, au point que Yen’ lui avait souvent demandé ce qu’il lui arrivait, et pourquoi il se montrait parfois si taciturne.

Aujourd’hui, tout allait se jouer.

« Ma dernière aventure... Il fallait bien que ça arrive. Même pour moi... »

Dire qu’il n’était pas nerveux, ce serait mentir. Retournant à Corvo Bianco, devant son manoir, il sauta au sol, laissant le palefrenier s’occuper de son cheval, tenant dans sa main gantée une petite bourse, abritant l’objet de sa quête. Son ultime vœu envers Yennefer.

Un anneau de mariage.
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« Répondre #1 le: Septembre 19, 2016, 01:46:14 »

Cela faisait à présent une poignée de mois que Yennefer avait rejoint Geralt dans ce petit coin de paradis, afin d'y passer la retraite qu'ils s'étaient promis de prendre une fois la Chasse Sauvage défaite, et Ciri' sauvée. Ce n'était pas exactement un endroit éloigné de tout, et la chaleur du climat de Toussaint rendait difficile pour la sorcière de se vêtir de ses traditionnelles robes noires...mais Corvo Bianco était quelque chose d'unique...c'était chez eux. Quelques années en arrière, Yen' n'aurait jamais cru quitter le monde de la politique et des intrigues de cours, mais lorsque Geralt était finalement revenu à elle, et après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, même l'intrépide sorcière avait alors ressenti le besoin de véritablement profiter de la vie, et de laisser à d'autres le soin de décider du sort du monde.
Après avoir effectué son dernier grand contrat ici, la duchesse de Toussaint avait personnellement récompensé Geralt en lui offrant une propriété viticole, ainsi que le manoir l'accompagnant, et ce dernier lui avait alors proposé de vivre ici avec lui. Yennefer avait accepté, les revenus provenant de l'exploitation étaient juste assez pour en faire une production auto-suffisante, et Yen préparait à l'occasion des potions et remèdes pour un certain prix afin de gagner un peu plus. Mais majoritairement, quand elle ne passait pas son temps à se prélasser au Soleil avec Geralt, ou à utiliser leur chambre de façon intensive, Yennefer s'occupait de la paperasse et de la gestion de leur domaine viticole, le sorceleur s'étant montré pour sa part fort peu intéressé par cet aspect...mais aussi fort peu doué, ce que la sorcière ne manquait pas de lui rappeler.

Pour autant, Yennefer ne s'était pas complètement isolée des affaires du monde, elle possédait encore quelques contacts fiables à la cour de Nilfgaard, et s'enquiérait régulièrement des affaires de sa fille adoptive, Ciri' qui en était désormais l'impératrice. A l'occasion, quand un problème nécessitait sa venue, Yennefer se déplaçait, mais ces occasions étaient de plus en plus espacées, signe que l'impératrice gérait de mieux en mieux son rôle, et elle faisait clairement la fierté de sa mère adoptive.
Yennefer était debout depuis un peu moins d'une heure alors que le Soleil commençait tout juste à se lever, et qu'encore une fois Geralt était parti depuis un moment. Il patrouillait souvent dans les environs alors qu'il faisait encore nuit, afin de soit disant débusquer les monstres qui rôdaient aux alentours. Mais si Yen' était d'accord sur le fait de prévenir toute installation de nid d'endriagues ou de nekkers à proximité des vignes, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que faire ces rondes nocturnes tous les jours cachait quelque chose. Elle connaissait bien Geralt, depuis le temps, et ce dernier était surtout préoccupé par quelque chose qu'il ne lui avait pas encore dit. Yen' avait initialement crû qu'il subissait un contrecoup du fait de se trouver à la retraite, et n'avait donc pas insisté, et avait même tout fait pour faciliter la transition de son compagnon. Mais plus le temps passait, plus elle se disait qu'il y avait autre chose derrière ce comportement étrange.
Et aujourd'hui, Yen était décidée à le confronter, après qu'elle se soit réveillée une ultime fois seule dans le lit.

La sorcière s'était installée sur le bureau dans la pièce adjacente à leur chambre, et faisait de la comptabilité. Un exercice dépourvu d'intérêt, mais pas d'utilité hélas, mais c'était surtout un moyen de passer le temps en attendant le retour du sorceleur. C'est à l'aube qu'elle entendit Abelette dans la cour, aussi Yen se redressa, puis descendit l'escalier pour aller attendre Geralt dans l'entrée. Nullement pudique dans leur propre demeure, Yen portait encore sa lingerie de nuit, et elle l'attendait les bras croisés.
Pour être honnête, elle craignait presque que le bougre ne se serve de l'excuse de la chasse aux monstres pour aller voir ailleurs...

Tiens donc, regardez qui voilà. J'espère que la chasse à été bonne Geralt.

Yen avait prisce ton de voix si caractéristique, sarcastique et tel du venin, de quand elle se trouvait contrariée.
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« Répondre #2 le: Septembre 19, 2016, 03:40:10 »

La fougue de la jeunesse, c’était d’admettre qu’il n’y avait, dans la vie, rien d’absolu. Qui aurait cru pouvoir terrasser la Chasse Sauvage ? Vaincre Eredin et ses hordes de guerriers surpuissants voyageant à travers les dimensions ? Revenir littéralement d’entre les morts ? Que les Royaumes Nordiques finiraient enfin par s’effondrer ? Ciri’ lui avait dit que rien n’était absolu, et que rien n’était susceptible de durer éternellement. La stérilité des sorceleurs avait été la principale raison de leur damnation, de leur détestation par les petites gens. En effet, étant stériles, il leur fallait prendre des héritiers chez les autres, et, à ce titre, les sorceleurs avaient développé le concept du « droit de surprise », consistant à demander, en guise de paiement pour leurs prestations, non pas de l’argent, mais le futur enfant à naître, afin de le former. Une telle pratique, barbare et ancestrale, avait fini par amener de véritables levées de boucliers contre les sorceleurs, et à voir en eux des monstres qui transformaient les enfants en chairs à tuer, et en monstres. L’Impératrice menait donc activement des recherches sur les mutagènes des sorceleurs pour trouver un moyen d’inverser ce processus. Et, à ceux qui rétorquaient que c’était là impossible, elle sortait souvent en exemple ces mages qui, malgré leur réputation d’infécondité, avaient donné naissance à des enfants. Pensons à l’histoire de Lara Dorren et Cregennan de Lod, par exemple, une histoire qui était à l’origine de la lignée de Cirilla, et à l’origine de bien des histoires sinistres de manipulation génétique. Un couple de mages, l’une elfe, et l’autre humain, avaient donné naissance à une fille, Riannon, qui avait été séquestrée par Falka. Geralt connaissait parfaitement cette histoire, car, la première fois qu’il avait recherché Ciri’, il avait entendu parler des origines de sa fille adoptive. Riannon était devenue folle, et avait eu des jumeaux, et, pendant que Falka menait sa rébellion en Rédanie, la femme lui avait confié son propre enfant. Une fois Falka morte, et Riannon ayant perdu la raison, la lignée de Lara Dorren s’était perdue, car il était impossible de déterminer lesquels des enfants appartenaient à Falka, et lesquels à Riannon. Les magiciennes ayant fondé la Loge des Magiciens, comme Keira Metz, ou Philippa Eilhart, avaient recherché l’héritière de Lara Dorren… Cirilla.

Geralt repensait à tout ça. Lui, avoir un enfant ? Un véritable enfant ? L’idée semblait absurde, folle… Mais rien n’était absolu. Les sorceleurs utilisaient leurs mutagènes depuis des siècles, et en avaient toujours jalousement protégé l’accès. Et il était possible de les modifier. Geralt en avait fait l’expérience quand il avait traqué Azar Javed et son organisation criminelle, la Salamandre. Javed, ce mage originaire de la jungle sauvage de Zerrikania, avait modifié les mutagènes sorceleurs pour créer des aberrations génétiques, des monstres hideux. Dès lors, n’était-il pas possible de poursuivre ces recherches pour inventer un vaccin contre la stérilité ? Geralt, qui n’avait jamais vraiment aimé la magie, n’en savait rien, mais l’idée l’amusait… Et suscitait en lui quelque chose.

Un enfant… Il n’y avait plus songé depuis Alvin, quand il n’avait pas retrouvé Yen’, et s’était rapproché de Shani, une guérisseuse avec laquelle il avait eu, à Wizima, une aventure relativement sérieuse. La guerre civile de Téméria les avait ensuite séparé, tout comme Alvin, mais, à l’idée d’avoir un enfant… C’était en réalité tout ce qui manquait ici. Geralt était heureux à Corvo Bianco, mais s’ennuyait parfois. Certes, il y avait des fêtes, des soirées de dégustations, des tournois de chevalerie, des compétitions équestres… Mais sa vie lui semblait maintenant être plus fade. Après tout, il avait atteint son but, une quête de longue haleine, entamée il y a presque quinze ans, afin de retrouver Ciri’. Il avait vu deux conflits mondiaux, combattu à travers les dimensions. L’épilogue était frustrant de paix et de calme. Un enfant et un mariage, c’était une manière officielle, pour lui, de ranger l’épée.

Délaissant ainsi Ablette, il s’approcha de sa demeure, et entra. Corvo Bianco se composait, à l’entrée, d’un couloir central, avec, à gauche, une chambre à coucher, une armurerie à droite, et, au fond et à droite, la salle à manger. Au fond et à gauche, un escalier montait dans leur chambre, où Yennefer avait entreposé toutes ses affaires. Il sentit rapidement la délicieuse odeur de la jeune femme, ce parfum enivrant qui ne manquait pas de le ravir à chaque fois. Elle l’attendait, dans cette fine nuisette sombre, légèrement transparente, qu’il appréciait, mais comprit rapidement, à son regard, à ses bras croisés, qu’elle n’était… Pas contente.

Geralt et elle s’étaient déjà disputées ces quelques jours. Elle aimait se réveiller avec lui à côté d’elle, mais elle n’était pas dupe. Elle ne croyait pas au fait qu’il faille juste traquer des kikimorrhes.

« Hum, eh bien… Je n’ai pas encore retrouvé les kikimorrhes, mais certains plants ont été saccagés cette nuit. Rien de bien grave, fort heureusement, mais j’ai quand même interdit aux fermiers d’aller travailler dans ce coin par mesure de précaution. »

Devant l’expression de la jeune femme, Geralt déglutit légèrement. Il n’y avait que Yennefer pour arriver à le foudroyer du regard. Il aimait cette femme plus que tout, mais il savait aussi quand elle était énervée, et il savait très bien que, dans ce genre de situations, s’il ne voulait pas se retrouver à léviter en caleçon, il avait intérêt à ne pas tourner autour du pot.

« Il faut que je te parle de quelque chose, Yen’… Quelue chose qui me travaille depuis quelques jours, ou semaines. Je suppose que tu as dû le remarquer… »

Geralt marcha un peu. Il n’avait toutefois pas envie de tout déballer dans le couloir, et ouvrit la porte de la chambre de gauche, afin d’éviter que son majordome ne les entende. C’était une belle chambre, décorée avec de multiples épées et tableaux. Geralt y avait par exemple accroché Aerondight, l’épée légendaire de la Dame du Lac, que cette dernière lui avait remise une première fois à l’Île de l’Hirondelle, et une seconde fois ici, dans la région de Toussaint. Des tableaux décoraient également les murs, comme celui que Geralt avait fait une fois, devant le château de Beauclair, au soleil couchant, en affrontant un griffon.

Il referma la porte derrière Yennefer, et se massa ensuite le crâne.

« En théorie, j’aurais dû faire ça lors d’un dîner romantique sous la chandelle, mais… Je crois que je ne suis pas très romantique, en réalité. »

Yennefer pouvait alors comprendre que Geralt ne proposait pas de partir. Il sortit de sa poche le petit sac, et mit alors un genou à terre, puis sortit l’objet, et le tendit devant lui en baissant la tête, faisant une chose qu’on avait rarement dû voir dans sa vie : Geralt en train de se courber.

« Yennefer de Vengerberg, née à Belleteyn en l’an 1173, moi, Geralt de Riv, fils de la magicienne Visenna et du guerrier Korin, ait réalisé et admis que l’amour que je ressens pour toi ne vient point du sort jadis lancé par le djinn, et m’amène à considérer que je ne puis plus vivre en me passant de toi. C’est par conséquent que je te demande… De m’épouser. »

Il se tut pendant quelques secondes, avant de rajouter à voix basse :

« J’ai mis cinq jours à réfléchir à ce texte… »
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« Répondre #3 le: Septembre 20, 2016, 02:05:47 »

L'amour n'empêchait pas les disputes, surtout dans le cas d'un couple composé de deux personnalités très fortes, surtout dans le cas de Yennefer, qui n'était jamais du genre à mâcher ses mots en s'adressant à Geralt. Les escapades nocturnes régulières  du sorceleur, sous le prétexte bien évidemment faux de la chasse aux monstres, avaient fini par déclencher une dispute entre eux quelques jours auparavant, et depuis l'atmosphère entre les deux s'était refroidie. Yennefer n'était pas confortable avec cette situation, mais le fait que Geralt lui mente et lui cache quelque chose la sortait de ses gonds, surtout après tout ce qu'ils avaient vécu ces dernières années. Aussi, quand le sorceleur lui sortit une nouvelle fois l'argument de la chasse aux monstres, Yen fronça les sourcils, et arrêta immédiatement ses explications d'un geste rageur de la main.

J'en ai assez entendu, tu ne prends même pas la peine de changer ton réçit d'une semaine à l'autre.

Yen avait l'impression que Geralt se moquait éperduement d'elle, la sorcière avait beau deviner que ce n'était pas le cas, et que quelque chose d'autre amenait Geralt à agir de façon aussi étrange, elle était surtout frustrée qu'il ne se confie pas à elle. Au lieu de ça il la laissait dans le secret, le mensonge. C'était une technique que Yennefer avait par le passé beaucoup utilisé, mais depuis qu'elle s'était installée avec Geralt, et bien elle avait majoritairement abandonné les faux semblants, les bribes d'informations cachant les véritables enjeux...elle ne pouvait pas croire qu'il veuille lui rendre la monnaie de sa pièce alors qu'elle même faisait de considérables efforts de ce point de vue.
Elle sembla toutefois se calmer quand Geralt lui avoua, enfin, que quelque chose le tracassait depuis maintenant des semaines, elle poussa un long soupir en se rapprochant de son aimé.

Oui je m'en suis rendue compte Geralt, je ne suis ni stupide ni aveugle, et j'aimerais que tu arrêtes de me mentir.

Le sorceleur l'invita toutefois à entrer dans une des pièces du rez de chaussé, signe qu'il ne souhaitait pas que leur discussion soit entendue par n'importe qui. Yen rentra dans une chambre annexe, celle où le sorceleur et la magicienne avaient entreposé certains de leurs trophées, dotn notamment du côté de Yen, la licorne empalée sur laquelle elle et Geralt avaient déjà fait...bien des choses. Yennefer de son côté était pour le moins nerveuse, Geralt n'était pas du genre à être aussi préoccupé pour des raisons triviales, et comme elle se trouvait dans l'ignorance, la magicienne en était réduite à devoir deviner les raisons de ce renfermement. Aucune des hyptohèses qui lui venait à l'esprit n'était joyeuse, c'était probablement ça qui la rendait aussi irritable, car elle craignait de le perdre, que ça soit d'une façon ou d'une autre.

Geralt, qu'est-ce que...

Alors qu'elle s'apprêtait à lui demander ce qu'il se passait, le sorceleur se mit à genoux devant elle, une posture qui à elle seule était suffisante pour la surprendre, vu que Geralt avait toujours eu du mal à faire des courbettes même devant des rois. Il le fit bien entendu de façon maladroite, et présenta en tendant sa main un anneau, simple et doré, et se mit à parler. La demande était si innatendue que Yennefer resta un moment dubitative, ne se rendant compte que progressivement de ce qui se passait, avant de finalement poser ses mains devant sa bouche et ouvrir grand les yeux de stupéfaction.
Geralt venait de la demander en mariage.
Jamais auparavant Yen n'avait senti son coeur se mettre à battre aussi fort, et rarement s'était-elle sentie aussi désoritentée, perdue. Elle, la puissante et forte magicienne, se trouvait aussi fébrile qu'une pucelle face à un chevalier en armure. Elle entrelaça finalement les doigts de ses mains, et un sourire commença à se dessiner sur son visage.

Espèce d'idiot...

C'était donc ça qui le travaillait depuis tout ce temps, une demande de mariage. Oh Yen se sentit soulagée à un point qu'elle en aurait presque éclaté de rire, mais la seule chose qui l'empêchait de le faire était l'attitude terriblement stressée de Geralt, qui semblait suspendu au moindre de ses mots, à la moindre de ses réactions. Yen se posa alors à genoux face à lui, et tendit ses mains pour prendre celle de Geralt, et ainsi se saisir délicatement de l'anneau en or qu'il lui offrait. Elle même peinait à y croire, étant donné que le sorceleur n'était pas de nature à prendre tellement en compte ce genre de cérémonies...mais lui tout comme elle avaient fini par changer au cours des années. Yen elle même, quelques années plus tôt, aurait probablement acceuilli cette délcarationà grands coups de sarcasmes et de répliques venimeuses...mais plus maintenant.

Et bien, tu me vois heureuse que tu ne m'aie pas annoncé que tu partais, ou que tu allais mourir dans les prochains mois. La prochaine fois que tu as quelque chose d'aussi important à me dire Geralt, dis le moi, au lieu de me laisser dans l'expectative.
Mais, tu es certains de ce que tu me demandes sorceleur ? Je serais une femme très possessive si tu me passes cette bague autour du doigt, sans compter que...et bien nous ne pouvons pas vraiment compter sur le fait d'engendrer des enfants, ce qui est selon la tradition la raison principale d'un mariage.[/
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« Répondre #4 le: Septembre 20, 2016, 09:21:00 »

Geralt était ce genre d’hommes que rien, ou presque, n’effrayait. Affronter des hordes de vampires furieux dans une ville en proie au chaos ? Bah ! Quoi de plus compliqué ? Défier un mage fou et surpuissant qui l’avait laissé à l’article de la mort, en traversant un continent entier ravagé par la guerre ? Traquer la légendaire Chasse Sauvage en voyageant de dimensions en dimensions ? Traquer et éradiquer un fiellon, ces bêtes dont on disait qu’il fallait au moins un régiment entier de soldats pour les tuer ? La réputation de Loup Blanc le suivrait au-delà de la mort, en grande partie grâce aux contes et aux chansons de Jaskier. Peu de choses effrayaient donc le sorceleur, y compris les femmes, auprès de qui, il fallait le reconnaître, l’homme avait toujours eu un certain succès. Et même le fait de se frotter à des magiciennes, dont on connaissait la puissance, aussi grande que leur égocentrisme, ne l’effrayait pas. Pour autant, nul homme ne saurait se targuer d’être parfait, et, s’il y avait bien une chose qui avait toujours rebuté ce vieux guerrier cabossé, c’était bien le protocole. Rien ne l’effrayait plus qu’une soirée de nobles, où tout n’était que manipulations, hypocrisie, menaces sous-entendues dans de jolis mots, et où il fallait peser chaque chose, car chaque chose, même le fait de se gratter le nez, était interprété. S’il y avait bien une chose que Geralt plaignait chez Cirilla, c’était bien le fait de devoir supporter ça, les flagorneries et les hypocrisies. Et, ce qu’il aimait en partie chez Yennefer, c’était son franc-parler et son honnêteté, si rare chez les membres de sa caste.

Pour le coup, en tout cas, Yennefer fut clairement surprise, à tel point qu’elle ne sut pas quoi dire, avant que son air colérique, que Geralt connaissait très bien, ne disparaisse. Il y avait là, assurément, de quoi ravir les domestiques travaillant dans le domaine : aucune porte ne serait défoncée par un accès de colère magique. Au lieu de ça, Yen’ sembla s’adoucir, et confia que l’offre était surprenante, mais tentante, mais qu’il y avait deux problèmes. Le premier, c’était que la magicienne serait encore plus possessive, assertion qui ne manqua pas d’arracher un sourire sur les lèvres poilues du sorceleur, et, le second, c’était qu’elle n’envisageait pas le mariage sans procréation.

Geralt hocha la tête en se relevant, et posa ses mains sur les hanches de la femme, venant à nouveau sourire, une lueur malicieuse dans les yeux.

« Plus possessive que ce que tu es maintenant, tu veux dire ? Je ne peux même plus chasser des monstres et protéger nos terres sans que tu te mettes à paniquer, ou à vouloir me clouer au mur avec ta magie... »

Il l’embrassa alors, brièvement. Geralt savait beaucoup de choses sur Yennefer, y compris ses deux plus grands secrets. Le premier, c’était que Yennefer, stérile, comme bon nombre de magiciens, et ce pour des raisons assez méconnues, avait longuement cherché à lutter contre sa stérilité, en menant de nombreuses études, hélas restées infructueuses. Le second, et qui était encore plus important que le premier, et que Geralt était d’ailleurs le seul à savoir, à tel point qu’il ne l’avait même jamais dit à son aimée, c’est qu’elle avait les épaules asymétriques. Il avait pu le noter en couchant avec elle, et en déduire qu’elle avait amélioré et embelli son apparence, et que, jadis, elle était probablement bossue.

Mais, pour l’heure, il se concentra sur la stérilité, et marcha un peu.

« Et, si je ne t’ai pas fait mon offre rapidement, c’est parce que... J’hésitais. Non pas à te marier, car je ne me vois pas faire autre chose que boire du vin avec toi dans notre lit jusqu’à la fin de mes jours, mais... »

Geralt sortit un autre objet de ses affaires : la missive de Cirilla.

« Voilà ce que Ciri’ m’a entendu... Je sais que tu as fait des recherches pendant des années sur les phénomènes de stérilité liés aux mages. Ciri’ a utilisé tes recherches avec les archives très conséquentes de Nilfgaard, et a conçu un important groupe de recherches qui cherchent à lutter contre les problèmes de fécondité, non seulement des mages... Mais aussi des sorceleurs. »

Pour le reste, il laissa Yennefer lire. Cirilla n’était pas une mage classique. En fait, les pouvoirs de leur fille surclassaient totalement ceux de n’importe quel mage. Elle bénéficia td’Hen Ichaer, le Sang Ancien des elfes, étant la dernière descendante de Lara Dorren et Cregennan de Lod, une mage elfique et un mage humain. Ce programme était un programme génétique très ancien, développé par les elfes, et qui visait, par le biais de manipulations, à créer des mages surdoués, le tout sous forme de mysticisme, en suivant la prophétie d’Ithlinne, qui parlait de la fin du monde, et de la naissance d’un mage surdoué, qui surclasserait tous les autres : le Sang Ancien. Un mage qui sauverait les elfes du Froid Éternel en les conduisant à la Tour de l’Hirondelle. Le programme Hen Ichaer s’était perdu avec Lara Dorren, dernière expérience de ces elfes cinglés.

Geralt avait finalement vu la prophétie d’Ithlinne se réaliser, mais, comme toute prophétie, elle ne contenait qu’une part de la vérité. Ciri’ avait affronté le Froid Éternel, et avait réussi à le vaincre. Pour lui, et pour le peu qu’il en savait de la magie, elle était l’une des magiciennes les plus puissantes qui soit, si ce n’est la magicienne suprême. Elle avait voyagé au-delà des dimensions, et avait même été sur un monde où elle était sortie d’un lac, atterrissant devant un chevalier hagard, qui l’avait surnommé « Dame du Lac », lui-même étant sieur originaire d’une ville, Camelot, et s’appelant Galaad.

« Aucun mage ni sorceleur n’a réussi à percer les problèmes de nos stérilités mutuelles, Yennefer... Mais Ciri’ est résolue à le faire. Je crois qu’elle sait que tu as toujours désiré avoir un enfant, et moi... Ma foi, je le sens déjà quand je m’entraîne, j’ai de plus en plus de mal à soulever mes épées, et, si je veux qu’Aerondight ne rouille pas, il faudra bien un héritier pour me substituer... Et aussi pour protéger mes houblons des kikimorrhes. »

Il s’était assis sur le lit, et reprit ensuite :

« J’ai confiance en elle, Yen’. Elle a éteint le Froid Éternel. Quand on a réussi un tel prodige, que peuvent bien être, en comparaison, l’infécondité notoire d’une magicienne et d’un sorceleur ? »
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Yulia Vesselovski
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« Répondre #5 le: Septembre 21, 2016, 01:28:50 »

Même si Yennefer laissait sa réponse à la demande en mariage en suspens, car elle avait besoin d'y réfléchir, cette demande avait au moins eu l'effet de dissiper son agressivité. Elle avait celà étant plus besoin d'y réfléchir pour envisager ce que celà apporterait à leur vie ensemble, plutôt que de savoir si elle allait ou non accepter, car pour cela elle avait déjà la réponse. Signe qu'elle n'était plus en colère, la magicienne sourit douceureusement à la remarque de Geralt sur le fait qu'elle était déjà très possessive.

Oh toutes mes excuses maître sorceleur, ce n'est pas comme si la Chasse Sauvage nous avait déjà séparés des années durant après tout.

Elle lui rendit volontiers son baiser, mais il y avait toutefois une part de sérieux dans sa réponse ironique. Entre les années de séparation, leur perte de mémoire, et le fait que Geralt avait eu des relations avec d'autres femmes, c'était presque un miracle que leur amour aie survécu, même après la dissipation du sort qui liait leur destin pour l'éternité. Alors forcément, maintenant que Yennefer était parvenue à le retrouver, elle n'avait plus l'intention de le laisser repartir, d'où son attitude très possessive.
Et après ces quelques jours de froid entre eux, ce baiser était comme une délivrance.
Geralt lui en apprit ensuite un peu plus sur les raisons de son changement de comportement, et, missive à l'appui, apprit à la magicienne que leur fille adoptive, désormais impératrice de Nilfgaard, semblait sur le point de parvenir à trouver une solution à leur stérilité. Yennefer garda la silence, et prit avec prudence la missive, sur laquelle elle reconnaissait entre mille l'écriture de Ciri', qui faisait part des progrès de cette recherche.
Yennefer avait longuement cherché un remède à la stérilité, qui était venue avec sa maîtrise des arcannes, comme une sorte d'effet secondaire au fait de pouvoir utiliser la magie, et seules de très rares cas pouvaient se targuer d'y avoir échappé. Yen' avait toutefois fini par abandonner ses recherches après des années sans succès, et s'était résignée, ce qui avait été une des raisons pour laquelle elle avait pris le rôle de mère adoptive auprès de Cirillia. Mais pour autant, maintenant que Ciri était une adulte, et avec de telles responsabilités, et qu'elle formait désormais un vrai couple avec Geralt...sa frustration de ne pas pouvoir avoir d'enfant avait refait surface, même si elle l'avait enfouie.

Alors qu'elle lisait ces lignes, Yennefer semblait être sur une autre planète. Elle peinait à y croire, mais Ciri selon ces écrits semblait persuadée d'être proche du but, et avait pour l'occasion réuni une équipe de mages et d'alchimistes qui travaillaient pleinement sur ce projet. Le but initial était de guérir la stérilité des sorceleurs, afin de pouvoir faciliter la réimplantation de ces castes de chasseurs de monstres, presque disparues, mais les pistes qu'elle suivait étaient également prometteuses pou rles pratiquantes de la magie.

Ciri' semble effectivement sûre du succès de ces recherches, et nous savons tous les deux qu'elle n'est pas le genre à s'arrêter avant d'avoir réussi.

Geralt s'était assis sur le rebord de leur lit, tandis que la magicienne replia la missive avec délicatesse, et la posa sur la table de chevet.

J'ai longuement cherché un remède, mais sans succès, et probablement parce que j'étais la seule de mes consoeurs à me préoccuper de ce problème. Je pense que Ciri arrivera là où j'ai échoué.

Instinctivement, à l'idée de pouvoir être enceinte, Yennefer posa une main sur son ventre, l'imaginant arrondi, portant l'enfant de Geralt. Une idée, qui la fit doucement sourire, rêveuse.

C'est le seul regret que j'aie jamais eu, celui pour lequel j'aurais pu tout abandonner, y compris la magie, avoir un enfant...ton enfant Geralt...

Tournant alors son magnifique regard vers le sorceleur, Yennefer s'approcha de lui, se tenant debout alors qu'il était encore assis sur le rebord de lit, juste en face de lui. Yen' glissa alors ses mains fines sur les joues de l'homme, frottant sa barbe pour ensuite aller dans ses cheveux blancs, qui pour autant qu'elle s'en souvienne, l'avaient toujours marquée.

Nous y voilà donc. Ce moment où nos vies se rapprochent véritablement d'un roman à l'eau de rose. J'ai beau détester ce genre de littérature, le vivre, se révèle étrangement plaisant. Et pour répondre à ta question, Geralt de Rivia, oui, moi, Yennefer de Vergenberg, accepte en ce jour ta demande en mariage, et serais la personne la plus heureuse du monde de devenir ta femme, et la mère de tes enfants.
Et oui sorceleur, n'espère pas que je me limiterais à un seul.
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Princesse Alice Korvander
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« Répondre #6 le: Septembre 21, 2016, 01:55:38 »

Sur les magiciens et sur les sorceleurs, il y avait beaucoup à dire. Ces deux castes étaient autant différentes que similaires. Les deux manipulaient la magie, et les deux avaient été honnis par le reste du monde, dépeints comme des monstres, chassés, traqués, et exterminés, pour leurs différences. Les sorceleurs avaient juste été les premiers avant que la populace ne se retourne vers les magiciens. Geralt savait néanmoins que tout ça n’avait été que des prétextes. Le rôle du politique était de désigner un ennemi, une menace qui permettait de liguer le peuple à des moments difficiles. La haine des sorceleurs, à l’époque, avait été un excellent moyen de dissimuler les crises économiques qui ravageaient les Royaumes Nordiques, en mettant ces problèmes de disette sur le compte des sorceleurs, une caste impie vivant dans des châteaux-forts immenses, sur le dos des serfs qu’ils étaient censés défendre. Par la suite, cette haine s’était tournée envers les magiciens, et, là encore, n’avait servi que de prétexte, servant à masquer le fait que les Royaumes Nordiques étaient progressivement en train de disparaître, le tout sous la férule du despotique Radovid, ancien roi de Rédanie, et dernière personnalité politique forte du Nord, après la mort de Foltest et d’Henselt.

Mais, au-delà de toutes ces considérations et de toutes ces manipulations, il y avait un fait, une situation qui, selon Geralt, expliquait pourquoi l’issue des sorceleurs et des mages ne pouvait qu’être tragique : ils étaient stériles. Chez les sorceleurs, cette stérilité venait des mutagènes utilisés pour améliorer leurs capacités. Dans les rites initiatiques de formation des sorceleurs, on appelait ce passage « l’Épreuve des Herbes », la plus douloureuse des épreuves. Chez Geralt, outre sa stérilité, c’était aussi suite à cette épreuve que ses cheveux étaient devenus blancs. Cette épreuve était terrible, et était autant un exercice physique que mental, car la douleur que le corps subissait ne connaissait nul égal, tous les nerfs étant stimulés pendant une durée relativement longue. Geralt s’en souvenait encore, en réalité... Et, quant aux mages, leur stérilité était d’origine plus complexe. La théorie la plus en vogue était de soutenir que l’usage intensif de la magie que les mages faisaient pouvaient les conduire à devenir stériles, car l’énergie magique s’insinuait dans leur organisme, et l’altérait. Geralt, honnêtement, n’en savait rien, mais, comme Yennefer, savait aussi qu’il voulait un enfant.

Avant de rencontrer Cirilla, Geralt était une âme en peine, un guerrier itinérant qui ne voyait pas de but à sa vie. Il allait de village en village, couchant avec des femmes, tuant des monstres, apprenant que le monde n’était pas aussi manichéen que ce qu’il pensait. Depuis qu’il avait pris sa retraite à Corvo Bianco, l’homme avait eu le temps de réfléchir. C’était grâce à Ciri’ qu’il avait vraiment vécu, mais, maintenant qu’elle n’avait plus besoin de lui, il était dans le cas de ces personnes retraitées vivant sans but, passant des journées répétitives, et souffrant progressivement du plus rude mal qui existe : l’ennui. Cirilla avait très certainement dû se faire la même réflexion, et Yen’, comme lui, était convaincue que, s’il y avait une personne capable de briser leurs malédictions respectives, c’était bien elle.

C’était un sujet dont ils ne parlaient que rarement, car le vieux sorceleur savait que c’était encore une plaie vivace dans le cœur de Yennefer. Elle avait longuement recherché à lutter contre sa stérilité, mais elle était bien l’une des seules magiciennes à s’en préoccuper, et, avec les multiples conflits contre Nilfgaard, ses recherches n’avaient pas pu évoluer énormément. En Ciri’, Yennefer avait pu combler son instinct maternel frustré, mais Geralt savait que les vieux démons avaient l’habitude de revenir vous hanter.

Il sourit alors quand elle se rapprocha, se montrant plus douce, avant de lui avouer qu’elle ne comptait pas s’arrêter qu’à un seul enfant. Geralt ne put que sourire, et posa ses mains sur les hanches de la femme, relevant la tête.

« Oh... Madame est gourmande, alors ? Heureusement que nous avons une grande maison, alors... »

Ses mains se crispèrent alors un peu sur ses hanches, et il renversa Yennefer, l’envoyant se coucher sur le lit, puis se dressa au-dessus d’elle, en lui souriant, une lueur enjouée brûlant dans le firmament de ses yeux jaunes. Elle était toujours aussi belle... En soi, dire qu’une magicienne était belle relevait du pléonasme, mais Geralt avait toujours trouvé la beauté d’une magicienne un peu artificielle, feinte. Il savait que les magiciennes altéraient leur apparence physique, et il savait aussi que Yennefer l’avait fait, mais, chez elle, cette beauté artificielle ne faisait que mettre en avant sa beauté intérieure. Elle était la seule mage qu’il ait jamais vraiment trouvé belle, et il avait toujours été fasciné, depuis le jour où il l’avait rencontré, dans cette salle de bains à se faire passer pour son serveur en lui apportant son vin, par l’intensité de ses yeux violets, et par ce parfum de lilas et de groseille qui l’accompagnait continuellement.

Le menton du sorceleur caressait celui de la magicienne, et il l’embrassa à nouveau, tout en approchant une main de l’un de ses seins, le caressant et le palpant à travers sa nuisette.

« Mais es-tu sûre de pouvoir tenir le rythme, Yen’ ? demanda-t-il sur un ton joueur. Tu sais, des enfants, surtout petits, c’est très épuisant... Et moi, avec mes kikimorrhes à chasser, je devrais te laisser seule face à eux. Imagine... Une tripotée d’enfants issus d’un sorceleur teigneux et d’une magicienne qui n’hésite pas à me clouer aux murs dès que je parle de travers ? Tu imagines le calvaire que tu vas subir ? Alors, il faut que je m’assure que tu aies les reins solides, Yen’, pour une telle tâche... »
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