banniere
 
  Nouvelles:
Pour participer à l'évolution du forum et faire entendre votre voix, n'oubliez pas de vous inscrire sur la liste des électeurs ! Vous aurez ainsi accès aux sujets sur lesquels le Staff consultera les membres. Plus d'informations ici !

Liens utiles: Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Cacher les avatars

Le Grand Jeu - Forum RPG

Bad langage Discrimination Drugs Sex Violence Gambling

Bonjour et bienvenue.

Ce forum présente des oeuvres littéraires au caractère explicite et/ou sensible. Pour ces raisons, il s'adresse à un public averti et est déconseillé aux moins de 18 ans. En consultant ce site, vous certifiez ne pas être choqué par la nature de son contenu et vous assumez l'entière responsabilité de votre navigation.

Bonne visite ! :)

Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Sujet: Qui a parlé d'invocation ? (PV)  (Lu 1027 fois)
Eyma
Humain(e)
-

Messages: 15



Voir le profil
Fiche
« le: Juillet 15, 2016, 12:09:17 »

Les mains dans les cheveux, les pieds dans les cendres, Eyma profitait paisiblement de l'air frais - la soirée s'écoulait, lançait des gouttes de plus en plus sombres dans le ciel, et à l'odeur du brasier éteint s'ajoutait celle de la nuit épaisse. Les nuits, à Ameyn, n'était pas particulièrement froide ; les roches qui entouraient la ville faisait de cette dernière une sorte de cuve, où l'air, comprimé, enflait, se réchauffait sans cesse au contact du soleil et des corps qui s'abîmaient les uns contre les autres, sans cesse.

Un tournoi monumental venait d'agiter Ameyn ; treize jours, une trentaine de combattant, un vainqueur - Hens, son dernier gladiateur, bâti pour écraser des crânes sous ses pouces. C'était une bête, et il avait su la représenter dignement, elle et son royaume. Jusqu'ici - et depuis la naissance d'Ameyn - personne n'avait battu un des poulains d'Eyma. Elle veillait trop bien sur eux. pour sûr, ses gladiateurs se battaient rarement plus d'un an à ses côtés - excepté Hens. Elle ne le lâchait plus, et lui de même ; tous deux, affamés de gloire, s'entendaient à merveille sur le sens du mot victoire.
La fin du tournoi déposait dans l'atmosphère de la ville une pellicule, un filtre presque lunaire. La plaine était aride, excepté du côté des grottes et d'une forêt qui résistait aux morsures du soleil, protégée par un sort sans cesse renouvelé par un des mages qui squattait la ville - mais, cette nuit, dans ce calme, au milieu des cendres de tentes abandonnées là par des participants, d'armes brisées, de meubles à demi calcinés et de carcasses diverses, jamais Ameyn n'avait semblé aussi sereine. Le sang bouillonnant dans les tempes de la jeune femme trouvait le court repos qu'il méritait ; et elle, muette, contemplative, se taisait pour mieux gober le silence. Tout ceci ne serait, de toute façon, que temporaire. D'ici une heure, les bars ouvriraient à nouveau leurs bras imbibés d'alcool, et les rares silhouettes qu'elle apercevait, au loin, déambuler comme des spectres perdus sur la terre, formeraient à nouveau cette masse humaine, cette marée bruyante et noire, éclaboussée par des éclats de torches, de lampes, de feux improvisés sur le sable et sur la terre. Déjà, l'un d'eux brillait, près du lac, en contrebas ; entouré de roches, couvant une eau tiède, il était le lieu de prédilection du peuple d'Ameyn - la chaleur qui régnait ici une longue partie de l'année nécessitait son quota d'eau, même tiède, même blanchie par les roches.

En deux minutes, elle fut à nouveau sous sa tente, une pâte de fruits entre les dents, à essayer de nouer un kimono noir. Elle n'avait pas l'intention de passer sa nuit dans le silence. Elle entendait déjà des craquements, un peu partout, et l'odeur du bois brûlé gagnait peu à peu en puissance - plus elle gonflait, moins elle tenait en place. Elle voulait sortir, bondir, exulter après cette compétition. Elle avait autorisé les participants restants, et qui le souhaitait, sans inscription préalable, à organiser un tournai dans une arène éphémère, sur la place. Celle-ci serait démontée et brulée le lendemain, lors d'un festin ; en attendant, cela occuperait ceux qui n'attendaient que ça de la ville : des combats, de la violence, des cris qui se tordent dans l'air, acclamant, encourageant, injuriant. C'était là-bas qu'on l'attendait.
Sur son épaule, Stive, son dragon, s'étirait - ses petites griffes crissaient contre le tissu de son kimono. L'odeur du feu l'avait réveillé - étonnant. Eyma le prit sur sa main, embrassa son front ; il remua de plaisir, les écailles trempées par la lumière. Un registre lui tomba sous les yeux ; quatre nouveaux demandait asile à la jeune femme. Boarf. Je verrais ça demain. Elle s'élança dehors, son dragon enroulé autour du bras, les cheveux rapidement tressés. Un grand feu s'était allumé sur la place, près de l'arène, où quelques corps s'engouffraient. Elle attrapa une chope de bière, avant d'entrer à son tour. Dans la fosse, quelques personnes s'entraînaient ; elle rejoignit, au milieu des gradins, la place qui lui était réservée. Celle-ci était surélevée, et un tissu tendu au-dessus des chaises marquait la particularité de cette place, réservée à la gouverneure de la ville. Son groupe d'amis les plus proches de la ville s'y trouvait ; Sacham, un de ses anciens combattants, qui organisait maintenant des paris et dont on réclamait l'analyse sur certains gladiateurs, Wilhelm, un homme un peu obscur qui avait débarqué ici il y a deux ans de cela et qui, depuis, n'avait pas quitté la ville et Yuna, une petite voyageuse qui passait le plus clair de son temps à vanter, dans les autres villes, les mérites d'Ameyn ; ces trois-là ne rataient jamais un tournoi. On l'accueillit avec un "A notre éternelle gagnante !" général ; elle répondit en payant sa tournée.

Wilhelm était déjà bien éméché et parlait de se battre, ce soir, dans cette fosse. Eyma lui tapa sur l'épaule, avant de s'installer sur la fauteuil qui lui était attribué, sous cette tente improvisée.

"Tu rigoles, bien sûr - je t'apprécie énormément, Wilhelm, mais tu es un gringalet et tu n'es pas très rapide, répliqua-t-elle tendrement. Je ne veux pas t'abîmer pour un verre de trop dans tes veines."
"Tu me connais mal, chère Eyma."
"Tu ne dis jamais rien, aussi, hé ! s'exclama Yuna. Comment veux-tu qu'on t'connaisse ?"
"Les personnes qui en disent trop sont celles qui perdent, lui répondit Wilhelm, en l'incendiant du regard."
"C'est facile, ça ; moi, j'dis que les personnes qui ne disent rien, c'est qu'elles ont à cacher des faiblesses, continua la petite voyageuse."
"Des faiblesses ... Ou des forces, susurra Sacham."

Cette remarque fit sourire Wilhelm. Il vida son verre d'une traite, avant de descendre dans la fosse maintenant vide, prête pour les combats, sous les regards amusés de ses amis, qui ne le prenaient pas une seule seconde au sérieux.

"Ce soir, je me bats pour Eyma ! Je représente Eyma !"

Le cri de Wilhelm fit tourner toutes les têtes dans sa direction ; puis la foule l'ovationna, réclamant un concurrent pour le jeune homme. Ce serait là une bonne occasion d'écraser un peu la jeune femme, même hors-tournoi.

"En v'là un qui va te casser en deux ta réputation, lança Yuna à la gouverneure. Calme-le un peu."
"Allons, on s'amuse, ce soir, on s'amuse ..."

La réponse sereine d'Eyma fit sourire Sacham.

"C'est que Wilhelm, on sait pas ce qu'il a dans le ventre, continua Yuna, ça peut être de l'or, ça peut être du plomb. Tu vas parier, toi, Sacham, dis ?"
"Oh, non. Non, je vais regarder. J'ai gagné assez d'argent pendant la compétition, je vais le laisser dormir un peu."
"Moi j'ai plus rien, mais je te dis que ..."

Des coups de tambour les firent taire : le combat commençait. En face de Wilhelm - qui chancelait franchement, arrachant des rires nerveux à Yuna - se tenait un mage, évincé du tournoi lors des quarts de finale. Eyma fronça les sourcils ; les mages étaient, la plupart du temps, soit maladroits, soit sournois. Elle jeta un oeil inquiet à Wilhelm, qui était tellement embourbé dans l'alcool qu'il respirait autant le vin que la sérénité. Le mage se dirigea vers lui, agitant les mains ; un nuage de poussière et de sable s'abattit sur Wilhelm, qui tomba au sol en toussant. Yuna n'en pouvait plus de rire. Il répliqua par un sort, qui consistait à générer un brouillard autour de l'adversaire, avant de lui sauter dessus et de le clouer au sol.

"Ce combat ne ressemble à rien, souffla Sacham, amusé."
"Laisse faire, on va voir."

Le mage éjecta Wilhelm par un tour assez simple, et, alors qu'il se préparait à lui coller une raclée, Wilhelm se mit à murmurer quelques phrases obscures et peu mélodieuses. Une brume noire l'entoura, et s'éleva dans le ciel, avant de retomber au milieu de la fosse, déchirant l'air. Chaque personne s'en trouva plus ou moins décoiffée ; c'était comme si un vent brusque venait de faire trembler l'atmosphère. La brume ne cessait pas, lovée en un nuage noirâtre, et il semblait qu'en son sein se trouvait quelque chose.

"Il a fait quoi, là ? interrogea Yuna, brusquement calmée."
"Je crois que c'est une invocation. Je ne sais pas si ça a fonctionné, lui répondit Sacham."

La brume s'effrita peu à peu, et la silhouette d'un homme apparut. Un homme ? Pourquoi un homme ? Quitte à invoquer, autant chercher du côté des créatures. Eyma eut à peine le temps de se poser la question ; déjà, le mage sautait sur Wilhelm en l'injuriant.

"Petit enfoiré ! Qui a parlé d'invocation ? Ah ! Je ne fais pas d'invocation ! Ne triche pas avec moi, petit con !"

Le "petit enfoiré" lui en colla une, et l'autre répliqua ; voir ces deux mages se mettre sur la gueule donnait une allure absurde et très amusante au combat. Yuna se tordait de rire.

"Vas-y, un revers ! Une droite ! Vas-y, Wilhelm ! Ah, Eyma, ahahah, tu as bien choisi ton poulain !"

Sacham, lui, ne disait rien, dissimulant son amusement, les yeux vissés sur ces deux corps qui se mettaient des coups de façon très maladroite ; si les mages étaient connus pour leur aptitude aux combats aux corps, ce serait connu. L'un enfonçait son poing dans la terre en espérant viser la face de l'autre, et se blessait en se trompant ; l'autre voulait lui coller un genou entre les jambes, mais gagnait une gifle ou un coup de pied dans le ventre. Et l'on se battait, et, dans les gradins, on hurlait ; personne ne se préoccupait de ce pauvre homme invoqué, qui restait là, au milieu de la piste, hors du combat qui agitait les deux mages ivres.
Journalisée

'La volonté ne consent au mal que par crainte de tomber dans un mal plus grand'  Dante
Grayle le pérégrin
Humain(e)
-

Messages: 289



Voir le profil
Fiche
« Répondre #1 le: Août 07, 2016, 10:14:17 »

Les pieds du géant s’enfonçaient dans la terre dévastée du monde de Ghur. Grayle était arrivé sur ce monde depuis à peine quelques semaines, et le voyage était déjà inoubliable. Il avait eu le malheur de se trouver dans les environs d'un combat entre une sorcière et des chasseurs de primes et cette dernière, visiblement peu soucieuses des victimes collatérales, avait banni la plupart de ses adversaires et quelques passants dans divers mondes. Grayle s'était donc retrouvé projeté dans un autre univers.

Ghur, c'était le monde dans lequel le pérégrin avait été envoyé. Etrange était un mot extrêmement faible pour désigner ce qu'il avait vu. Il avait vu une énorme ville avec des sortes de... jambes, se déplacer pour échapper à une horde d'orcs en armure. Des forêts entièrement constituées d'arbres vivants et apparemment carnivores. Des dizaines d'animaux tous plus grands et féroces les uns que les autres, chassés par des humains colossaux dont les arbalètes ridiculisaient les plus grosses balistes de siège. La terre était était incroyablement riche, à l'odeur forte, avec une herbe rougeâtre et haute, des fruits et légumes aussi gros qu'un adolescent.

Tout était "plus" ici. Plus gros, plus féroce, plus grand, plus beau. Un monde incroyablement dangereux, sauvage où seule la loi du plus fort comptait. Grayle y avait survécu. Il n'était pas le plus fort. Mais, quoi qu'il arrive, il restait debout. Malgré la sauvagerie de ce monde, Grayle le respectait. A tous points de vue, il était incroyable.

Mais voilà. Même lorsqu'on est petit, on attire l'attention. Et le pérégrin s'était retrouvé capturé. Un groupe de chasseurs, des Ogors, l'avait trouvé, et attaché à la hampe d'une lance. Tous mesuraient entre 4 et 5 mètres. Leurs corps étaient puissants et musclés, recouverts d'une couche de gras. Peu de cheveux, mais de longues moustaches Fu Manchu. Leurs animaux et montures étaient au repos. Des tigres à dent de sabre gros comme des cheveux, et des sortes de mammouths avec une bouche garnie de crocs à la place d'une trompe. Et des défenses de plusieurs mètres, s'ouvrant comme des mandibules .

" T'es vraiment bizarre petit. Tu ressemble à un humain. Mais en plus petit. Et on aime pas les humains. "

" Ecoutez, je comprend que des peuplades ne s'aiment pas, mais je ne suis pas un humain ! Je suis un pérégrin ! Je leur ressemble, mais je ne suis pas d'ici ! "

L'Ogor explosa de rire, suivi par la demi-douzaine de compagnons qui l'accompagnait. Un seul ne riait pas, trop concentré sur l'entretien d'un feu au dessus duquel il installait une belle broche. Grayle, nu après que ses vêtements aient été arrachés, était déjà prêt à la cuisson.

* Et meeeerde... je vais encore tourner pendant des heures. *

L'immortalité de Grayle le rendait impossible à consommer. L'empaler ne le tuerait pas. Le faire cuire des heures dans un feu ne ferait rien d'autre que brûler ses vêtements. Lui arracher un bras ou un autre membre d'un coup de dent ne lui faisait rien. Le tout repoussait avant même que la première bouchée soit consommée. Et elle disparaissait instantanément, évitant à Grayle de servir de casse croute infini. Il essayait de raisonner les Ogors depuis un bout de temps, sans succès. La discussion tournait en rond. Ce n'est pas qu'ils étaient bêtes. Mais ils étaient aussi bornés que des chats de mauvaise humeur. Pour survivre dans un tel monde, nul doute qu'il faut plus savoir manier le javelot que faire un débat en toute intelligence.

Il savait comment ca allait se passer. Ils allaient le faire cuire, sans succès, essayer de le bouffer, sans succès, puis le tuer, sans succès, et le faire dévorer d'un coup par une de leurs énormes bêtes, qui allait se retrouver découpée de l'intérieur.

Puis, alors qu'il répétait une millième fois qu'il n'était pas comestible, il sentit une perturbation. Le monde se troubla autour de lui, et une odeur de gaz remplit l'atmosphère. Une perturbation... mais une perturbation magique ! Grayle les connaissaient très bien. Parfois, la réalité s'effondrait sur elle même, créant des portails vers d'autres mondes. Et un de ces portails apparaissait... juste sur lui ! Hahaha ! Si c'était pas de la chance ! Il se mit à rire, alors que les couleurs autour du camp changeaient, le monde devenant un vrai arc en ciel.

" Allez les débiles, salut ! C'était un plaisir ! "

Un peu d'arrogance ne fit pas de mal. Puis, tout devint noir...

Il se trouvait debout, étrangement, pris dans une brume noir. C'était étrange. Tout ca ne ressemblait pas à un portail. Plutôt... à une invocation ?! Il en avait déjà vu. Nuage noir, odeur magique, puis quelque chose (un démon, souvent), en sors pour tuer tout le monde.

* Depuis quand je suis inavouable ?! * se demanda t-il, assez choqué par cette nouvelle. En tout cas, son invocateur allait être sacrément déçu. Il allait sûrement se retrouver au milieu d'une bataille atroce. Déjà la fumée se dissipait, alors qu'autour de lui, un "Petit enfoiré ! Qui a parlé d'invocation ? Ah ! Je ne fais pas d'invocation ! Ne triche pas avec moi, petit con !" se dit entendre. Une triche ? Etait-il tombé dans un concours ?

La brume disparue. Grayle se retrouva.. dans une arène, regardant un public apparemment aussi médusé et curieux que lui. Quelques femmes dans l'assistance le dévorèrent des yeux, et il se rendit compte qu'il était toujours nu. Il ne cacha pas son état. Les pudeurs de ce genre s'étaient évanouies depuis longtemps. Les hommes, eux, se moquaient plutot de son manque de poils, avant de rire du sorcier qui l'avait invoqué et se faisait tabasser. Grayle regarda le combat avec un air peiné. Bon, il n'aimait pas se battre, mais pour le principe, autant intervenir. Le combat n'avait pas l'air sérieux, plus d'une bonne blague qu'un public hilare racontera pendant quelques semaines avant de l'oublier.

un "pouf" se fit entendre, et le sac ainsi que la sacoche de Grayle se matérialisèrent dans les airs, avant de tomber d'un coup sec. Il demanda à la foule qui l'avait invoqué, parlant leur langue sans aucun accent. Les réponses fusèrent, certains pointant les deux en même temps, et il comprit vite qu'il se faisait embrouiller. Ca n'avait rien de vexant. C'était même plutot drôle. Il retroussa ses manches invisibles, avant de marcher vers eux d'un air assuré.

" Hey, papi, fin de la rigolade maintenant. " dit-il au mage furieux qui tabassait son confrère. Il le prit par les épaules et le tira, le mage faisant tourner ses poings d'un air pitoyable.

" Ah ! Arrière démon ! "

Un gros "clac" et Grayle sentit une sorte de boule d'air se former au niveau de son ventre, avant d'être projeté à toute vitesse contre un mur, s'enfoncant dans ce dernier avec fracas. Un " OOOOOOOH ! " secoua l'assistance. Le mage avait mal calculé son sort et avait lui aussi été projeté, dans la direction opposée, percutant le deuxième combattant en même temps. Un tonnerre d'applaudissements et de rires secoua l'arène. Le mage avait encastré tout le monde en un seul sort. Les deux combattants tombèrent pitoyablement sur le sol.

" j'ai des contusions sur mes contusions. " se plaignait celui qui avait invoqué Grayle. Il sentait les regards sur lui. Le pérégrin avait été touché de plein fouet par le sort, et les fissures dans le mur montraient la puissance du choc. Mais il bougea, avant de tomber au sol, se relever et marcher. Si sa silhouette était imprimée sur le mur dans une pose assez comique, le "démon", lui, n'avait aucune blessure. Rien. A peine un peu de poussière, qu'il chassait en frottant énergiquement ses cheveux, comme s'il était sous la douche. Propre comme un sou neuf. Il regarda les deux mages, loques gémissantes au sol. Grayle leva les bras d'un air crâneur, comme s'il avait remporté le combat, et, devant les applaudissements hilares, joua un peu avec la foule, avant de ramasser ses affaires. Les pieds dans la cendre, il fit quelques pas, se dirigeant vers la partie des gradins recouverte d'une toile de tente.

Son regard accrocha celui d'une femme aux cheveux blancs et aux yeux bridés. Elle était restée calme, contrairement à la quasi totalité de l'assistance. Grayle, devant cet air à la fois doux et sevère, effectua un impeccable salut militaire à faire pleurer de joie le plus psychotique des sergents instructeurs.

" Bonjour mademoiselle. Sauriez vous m'indiquer où nous sommes ? Je suis un peu perdu. "
« Dernière édition: Août 07, 2016, 10:54:20 par Grayle le pérégrin » Journalisée
Eyma
Humain(e)
-

Messages: 15



Voir le profil
Fiche
« Répondre #2 le: Août 26, 2016, 05:09:30 »




... Si elle s'attendait à ça. Immobile, Eyma avait regardé l'arène se transformer ; du petit combat bon enfant un brin alcoolisé, on était passé au profond délire. La foule gueulait, riait, les têtes se renversaient en arrière dans de grands rires, on se levait, on sautait des gradins pour fouler le sable de l'arène - et, au passage, le balancer à la gueule de telle ou telle personne - on commandait de la bière qui ne servait qu'à arroser les spectateurs. Dans ces moments-là, Eyma ne savait pas si elle devait paniquer ou apprécier ; dans le doute, elle resta immobile, un sourire narquois sur les lèvres. Yuna, petite grenouille, bondissait dans les airs en riant aux éclats, tandis que Sacham hochait la tête de droite à gauche, dépassé par les évènements. Tout comme Eyma, son attention était concentrée sur cette apparition masculine, dûe à l'invocation foireuse d'un Wilhem complètement torché. Le fait qu'il se mange un mur et qu'il ne soit couvert d'aucune égratignure ne leur avait pas échappé ; en bons stratèges, ils avaient pensé à la même chose : ce type n'est pas humain. Ce qui sous-entendait qu'il avait, fatalement, des aptitudes au combat ; une bonne résistance était un excellent premier atout. Leurs regards se croisèrent, et ils échangèrent le même sourire, celui des grands esprits qui se rencontrent. Et il ne fallut pas attendre longtemps avant qu'il ne se dirige vers eux.

"Il sait reconnaître qui a le pouvoir ici, mh ?" lança Sacham à Eyma. "Ta grande aura rayonne."
"Moque-toi, mon ange, moque-toi."

Yuna, elle, était ivre ; le vin et les rires faisaient rougir ses joues. Elle s'était affalée sur une méridienne, une main sur le ventre, reprenant son souffle, quelques ricanements restant accrochés à sa bouche. Elle se redressa quand l'inconnu s'approcha, pour le dévorer littéralement des yeux.

"On est à Ameyn, mon petit coeur." lui répondit Yuna du ton langoureux que nous insuffle l'alcool.

Sacham s'approcha d'elle, et lui tapa sur le sommet de la tête, avant de jeter un morceau de tissu à Grayle.

"Habille-toi, ou elle va te dévorer. C'est une carne." glissa-t-il.
"C'est ta mère, la carne, hé !"

Il ne releva pas, laissant Yuna cuver tranquillement, renversée à nouveau sur sa méridienne. Eyma, quant à elle, n'avait pas moufté ; elle connaissait ses amis, et savait qu'il fallait attendre qu'ils se taisent pour parler à son tour. Tandis que Sacham se roulait une cigarette, elle se leva, pour se diriger vers l'inconnu.

"Mon amie ne t'a pas menti ; tu es à Ameyn. C'est la ville que je dirige." reprit Eyma, avant de faire tourner sa main dans les airs, dessinant l'arène qui les entourait. "Quant à ... ceci, oui, c'est une arène ; Ameyn est réputée pour ses combats, et surtout ses combattants. Tu n'avais vraisemblablement pas prévu d'arriver ici, mais je te souhaite tout de même la bienvenue."

C'était bien la première fois qu'elle faisait face à une arrivée de ce genre, et elle devait cela à un de ses amis, bien trop ivre. Dans le sable, Wilhem cuvait à son tour, à moitié endormi. Elle fit signe de la main qu'on le retire d'ici, qu'on le ramène chez lui, et qu'on calme un peu cette foule, qui avait besoin d'un vrai combat - pas d'un déchaînement d'ivrognes. Le silence prit son temps, mais il revint petit à petit. Dans les gradins, on s'asseyait à nouveau, on commentait cette débâcle, on se rhabillait après s'être emporté. Eyma fit signe à l'inconnu, une fois un peu vêtu, de venir avec eux, tandis que des échauffements reprenaient, sur le sable, à la lueur des feux qui grossissaient de plus en plus. Quelques personnes passaient dans les rangs, avec de quoi grignoter et de quoi se désaltérer. Eyma fit signe qu'on les serve tous et, caressant les cheveux d'une Yuna ramollie par la bière qui grignotait tranquillement des crevettes, elle s'adressa à nouveau à "l'apparition".

"Il semblerait qu'un candidat t'ait invoqué ... par mégarde, disons. Je ne sais pas d'où tu viens, mais si tu comptes rentrer chez toi, sache que nous sommes dans les Landes. Tu pourras repartir quand tu le souhaites. Il serait légitime que cette première impression d'Ameyn ne te donne pas très envie d'y rester."

Un sourire, et elle retourna à sa place, attrapant une crevette pour la lancer à Stive, son petit dragon ; il n'en fit qu'une bouchée, avant de retourner s'enrouler autour du bras d'Eyma dans un doux ronronnement. Cette petite bête était tellement calme qu'on peinait à l'imaginer féroce, crachant des flammes, aiguisant ses griffes sur les bras des adversaires de sa maîtresse. Dans l'arène, on attendait son veto pour lancer le combat suivant ; elle le donna d'un geste de la main. Deux sorcières, cette fois - elles avaient toutes les deux échoué dans les quarts de finale - qui étaient on ne peut plus sobres. Le combat promettait d'être un peu moins foireux.

La chaleur du soir, ravivée par les feux, qu'on allumait ici et là, était doucement étouffante. La bière faisait plaisir, Eyma dégomma la moitié de la sienne assez rapidement. L'alcool ne commençait même pas à atteindre son cerveau ; ses longues nuits de cuites dans des bars glauques, rythmées par des engueulades, des paris et des combats, l'avaient endurcie. Petit à petit, l'ivresse s'était faite plus mesquine. Elle devait maintenant attendre et encaisser pour commencer à joliment délirer - et puis la bière, ici, n'était pas des plus fortes, question de sécurité. Pas question que les tonneaux débordent de bières brunes à 12%, on se contenait de jolies blondes pas violentes. Et, si l'on voulait plus puissant, il fallait simplement connaître les bonnes personnes. Eyma en était indubitablement une, tout comme Yuna, qui avait une sorte d'instinct étrange quand il s'agissait de dénicher des liqueurs agressives. En règle générale, cependant, les vendeurs d'alcool de la ville se contentait de glisser dans le dernier verre d'une personne trop ivre une petite plante, qui transformait n'importe quelle boisson alcoolisée en une sorte de mixture à l'amertume insupportable. Beaucoup de soucis étaient réglés de cette manière, et on ne comptait que peu de débordements virulents dûs à l'alcool ; dans une ville peuplée de combattants, il ne fallait pas trop jouer au con. Le combat de ce soir n'était qu'une ébauche d'autres expériences de ce type.

"Et qui es-tu, toi, dis-nous ?" l'interrogea Sacham." J'espère que notre cher mage ivre ne t'a pas arraché à un moment agréable."


Journalisée

'La volonté ne consent au mal que par crainte de tomber dans un mal plus grand'  Dante
Grayle le pérégrin
Humain(e)
-

Messages: 289



Voir le profil
Fiche
« Répondre #3 le: Septembre 04, 2016, 11:27:53 »

Heureusement pour Grayle, il ne fut pas désintégré d'un geste ennuyé par la maitresse des lieux, qui, pour son plus grand bonheur, n'était pas une puissance sorcière tyrannique et sadique, comme on aurait pu s'attendre d'une femme organisant de sanglants combats d'arènes. Ainsi, il fut invité à monter, et à s'habiller. Une femme, nommée Yuna et à l'air particulièrement... salace, le dévorait du regard, et il lui fit un clin d'oeil appuyé, exagéré mais plein d'humour, auquel elle répondit en riant clairement.

La maîtresse des lieux avait prit la parole avec une voix calme, douce et emplie de la sérénité de celle qui sait qu'elle n'a rien à craindre. Ainsi, il se trouvait à Ameyn, ville dont il n'avait jamais entendu parler. Ville apparemment réputée pour ses combats de gladiateur. Et que cette belle femme aux cheveux blancs tenait sûrement d'une main de fer. Elle avait un beau visage, avec des yeux bridés et une bouche pulpeuse qu'il fixait tandis qu'elle s'agitait en fonction des paroles de sa propriétaire.

Il la fixait tout en s'habillant, sautillant un peu pour enfiler la jambe gauche du pantalon, avant d'enfiler le haut. Des vêtements classiques et typiques d'un monde dans un état encore médiéval. Un peu comme son monde natal. Il s'y sentirait comme à la maison.

" Merci pour votre acceuil. J'ai de la chance de tomber sur vous et non pas sur un quelconque dirigeant sanguinaire. " dit-il avec chaleur. Peut-être cachait-elle son jeu ceci dit... en tout cas, il ne connaissait pas les Landes. Il était, pour une énième fois, perdu. Il suivit la maîtresse des lieux, regardant autour de lui avec curiosité. Le mage complètement torché qui l'avait invoqué fut evacué, et Grayle le remercia en lui faisant un petit coucou. Il se savait observé par beaucoup de personnes, et, ignorant les coutumes des lieux, essayait encore de deviner comment il fallait se comporter.

" Et puis, vous savez... j'ai déjà vu bien pire. Ameyn ressemble à un petit paradis comparé à certains coins du monde. " dit-il un peu évasif, ses yeux cascadant sur les deux femmes. Puis, ses yeux se fixèrent sur le dragon. Il en avait déjà bien sûr, mais jamais d'aussi... petits. Son visage relativement sérieux se transforma comme s'il voyait un tout petit chaton.

" Il est troooop mignooooooon ! "

On l'invita à s'installer sur une méridienne, et il accepta avec plaisir, se retrouvant face à ses hotes, son regard alternant principalement entre celle complètement ivre et la belle albinos qui caressait ce petit dragon trop mignon. Il avait envie de le caresser et sentir la texture de la bête. Et de la femme aussi, même si sa puissance insinuée compte tenu de sa position et son assurance l'intimidait beaucoup. L'homme l’arracha à sa rêverie en lui demandant qui il était.

" C'est vrai que je ne me suis même pas présenté ! Je m'appelle Grayle, sans nom de famille derrière. " répondit l'invité. " Et non, malheureusement, je n'étais pas au lit avec une ou plusieurs belles femmes. A vrai dire, votre ami m'a sauvé la vie. J'étais à deux doigts de me faire tuer. J'ai eu énormément de chance. "

Une serveuse lui proposa une crevette. Il fronça les sourcils. Il n'aimait pas trop ce genre de nourriture, mais il ne voulait pas vexer ses hôtes et en prit une. Derrière, les vivats de la foule reprenaient alors que des bruits faisant penser à des sorts de foudre retentissaient.

" Il y a beaucoup de magiciens ici ? " demanda Grayle. " Et... en fait, j'ai beaucoup trop de questions à vous poser. " dit-il à l'asiatique. " Sans vouloir paraître impoli... comment est-ce que je dois m'adresser à vous. "

Il se saisit de son sac, qui était un peu étalé sur le chemin des serveurs. Son sac était apparu comme ca, d'un coup, sans aucun "pouf", ni rien, comme s'il avait toujours été là, suivant Grayle où qu'il se trouve. Il le poussa sous sa méridienne.

" Mais avant tout, sans vouloir être pénible... vous avez un endroit où se laver ? Je ne sens pas la rose et j'ai l'impression de tout saloper par ma simple présence. "
Journalisée
Eyma
Humain(e)
-

Messages: 15



Voir le profil
Fiche
« Répondre #4 le: Septembre 05, 2016, 12:38:22 »




Ainsi, c'était un tout nouvel arrivant. Sacham et Eyma s'échangèrent leur sourire habituel, quand ils étaient face à une personne qui débarquait pour la toute première fois à Ameyn, qui n'y connaissait rien du tout, et qui, de surcroît, n'avait absolument pas choisi d'être ici, là, tout de suite, maintenant. Ameyn pouvait être ... assez surprenante, voire déconcertante. Elle faisait partie de ces territoires inoccupés pendant de longues années, voire des décennies ou des siècles, parce qu'ils appartenaient à des familles qui ne faisaient rien d'autre que les posséder, sans jamais poser leur regard sur une parcelle de ces terres. Les Landes ; ce nom ne faisait pas rêver grand-monde. Elles étaient ce qu'on disait d'elles : dévastées, écrasantes, immenses. Seulement, pour les avoir toutes parcourues dans le but de cherche l'endroit idéal pour établir sa chère petite ville, Eyma avait découvert que ces Landes cachaient des espaces qu'elle qualifiait volontiers d'enivrants - et où elle se rendait parfois, pour s'offrir un autre part, un tout petit ailleurs. Il y avait, là-bas, des sources aux eaux tachetées par la terre, ou des grottes dont la fraîcheur reposait le corps, après des combats ou des vagues de chaleur écrasantes ; on y trouvait des canyons, entre de vastes étendues de sable et des espaces verts où seules survivaient des plantes sèches ; on y croisait quelques nomades, et on y évitait les règlements de comptes de certains peuples, qui avaient l'habitude de régler leurs soucis dans de vastes endroits déserts.
Ameyn avait vu le jour là où sa créatrice avait vu quelques lambeaux de perfection, au milieu du désert, dans un espace qui avait le mérite de compter plusieurs reliefs, et qui pouvait faire face aux petites dérives météorologiques propres à ce territoire, tout en leur offrant une certaine intimité ; d'où cette sorte de falaise immense, qui donnait la sensation que la ville était en creux, ce canyon qui faisait office de porte, et cette source immense, dans un repli où se creusaient quelques grottes. Après tout, elle avait payé - et bien payé - cette terre. Tout ça lui appartenait et, dieu merci, peu de gens souhaitaient conquérir les Landes. Il n'y avait pas beaucoup de gloire à se battre contre quelques hectares de sable.

Eyma lui renvoya un sourire, quand il s'extasia sur son dragon - ce que ne fit pas Yuna qui, avec une petite moue, joua l'agacée. Elle appréciait moyennement le pouvoir qu'avait Eyma, qui attirait littéralement à elle les étrangers - surtout les mecs - , avec ce dragon miniature. Quand elle l'entendit lui demander comment il devait s'adresser à Eyma, elle ne put s'empêcher de siffler :

- Il faut l'appeler Votre Majesté, voyons.

L'intéressée lâcha un "Tssss" amusé, avant de répondre plus sérieusement à sa question.

- Ne m'appelez pas Votre Majesté, grands dieux, non. Je m'appelle Eyma, et je ne réponds qu'à ce nom. Vous n'êtes ni un de mes combattants, ni une personne susceptible de me faire du zêle pour que je le planque ici parce qu'il a je ne sais qui à ses trousses, alors ... Eyma, ce sera parfait.

Il était vrai que ces deux catégories de personnes avaient l'habitude de l'appeler "Madame" ou "Maître", pour ses combattants (la plupart du temps, d'anciens esclaves incapables de faire preuve de détachement vis-à-vis de leur nouveau propriétaire, et ce malgré ses efforts pour abolir le "Maître" qui résonnait étrangement, à ses oreilles), voire "Madame la Gouverneure", dans le second cas.

- Et oui, il y a beaucoup de magiciens ici, ajouta Sacham, pour lui répondre. Quiconque veut combattre, avec ses propres moyens, vient ici - ensuite, on adapte.
- Les magiciens se tabassent entre eux, les pires raclures se battent contre les bons p'tits gars, et tout ce beau monde boit, boit, boit, renchérit Yuna, souriante. C'est ici qu'on voit les plus beaux combats du continent ! T'imagines même pas comme c'est impressionnant. Y'avait que du sable qui volait, ici, avant ; maintenant, t'as les nobles les plus propres de Nexus qui viennent mendier des places en gradins ; mais c'est toujours nous qu'avons les meilleures places. Ici. Avec notre chère Madame la Gouverneure.

Eyma hocha la tête, touchée par les petites envolées lyriques de son amie. Si l'on disait ça d'elle, si l'on disait ça de sa ville, c'est qu'elle avait réussi. Elle lui ébouriffa les cheveux, avant de se lever, tournée vers Grayle.

- Je vais vous emmener vers la source. Je veux dire ... Vous vouliez prendre une douche, et en savoir plus sur cette ville, non ? Je suis encore celle qui peut le mieux répondre à vos attentes.

Et elle se tourna vers Sacham et Yuna, qui, bien installés, se préparaient à passer la nuit ici, à regarder les combats, manger, boire et hurler, comme tout bon habitant d'Ameyn.

- Quant à vous, vous me tenez au courant ; s'il y a un débordement, je veux en connaître l'origine, et s'il y a une bonne surprise, un combattant inespéré, je veux son nom.

Après un "A vos ordres !" commun, elle fit signe à Grayle de la suivre ; l'avantage de cette place, dans l'arène, était qu'on pouvait en sortir sans traverser tous les gradins, ni se heurter à tous les spectateurs. Il furent dehors en une poignée de secondes, au milieu de la ville agitée, traversée sans cesse par des vagues de personnes riant, trébuchant, parlant tellement fort qu'un brouhaha flottait autour de chaque tête, un brouhaha épais mais enivrant. Ici, là, des feux s'étaient encore allumés, et, en tournant la tête, on percevait des musiques différentes, crachées par des petits groupes ambulants. Elle traversa cette portion de la ville, cette sorte de vaste place où l'on établissait les arènes éphémères, avant de retomber dans des endroits plus calmes, où des tentes étaient plantées un peu partout, entourées de feux, de lampions, et d'objets épars. Là encore, de la musique s'échappait de sous le tissu, et des voix, toujours, comme si Ameyn était incapable d'être silencieuse et de se reposer un peu.

- Que voulais-tu savoir, alors, dis-moi ?

Lui demanda-t-elle, se tournant vers lui, tandis qu'ils s'éloignaient petit à petit de la ville en elle-même. Petit à petit, on devinait la source, là-bas, devant eux ; la lune, ronde et laiteuse, se reflétait dedans, et les lambeaux de sa lumière coulaient sur les murs des grottes qui l'entouraient. Certains s'y baignaient, ou jouaient dans les cascades artificielles qu'elle avait fait construire, pour rendre l'endroit plus attractif. On y avait aussi creusé trois autres bassins, plus petits, pour permettre à l'eau de se réchauffer plus rapidement. Trois feux étaient allumés, autour de l'eau, et une guirlande de lampions était joliment coincée dans la pierre.

- Voilà, c'est ici que ... Tu peux te laver. Les petits pots qui traînent, là-bas, il y a des onguents et des produits, dedans. Tout est fabriqué ici, tout est safe. L'eau est fraîche, mais ce n'est pas désagréable.

Stive se détacha un instant de son épaule, pour venir cracher ses flammes dans des bougies rondes, cachées dans des failles de la grotte. Elle le regarda faire, avant de s'asseoir, trempant ses pieds dans l'eau d'un bassin.
Journalisée

'La volonté ne consent au mal que par crainte de tomber dans un mal plus grand'  Dante
Grayle le pérégrin
Humain(e)
-

Messages: 289



Voir le profil
Fiche
« Répondre #5 le: Septembre 13, 2016, 08:27:36 »

Grayle commencait à comprendre peu à peu qui il avait en face, assemblant les pièces du puzzle définissant la relation entre ces gens avec qui il parlait, la supériorité subtile de Eyma, la femme aux cheveux blancs et au dragon, l'affection qu'elle et Yuna se portaient, et le sérieux, la fiabilité de Sacham, sorte de conseiller sage et sérieux, contrebalancant l'enthousiasme de la brune legèrement ivre.

" Très bien. Je note pour Eyma. Merci de m'accorder la faveur d'utiliser simplement votre prénom. " dit-il en inclinant legèrement la tête en signe de remerciement. Il écouta attentivement les explications de Sacham et de Yuna. Ainsi donc, les magiciens étaient nombreux ici, et la ville semblait majoritairement tourner autour des combats d'arène. Un sacré exutoire. Etait-ce pour cette raison, ce sang si facilement accessible, que la ville tenait le coup sans s'autodétruire dans une spirale de violence et de luttes intestines ? Il regarda Eyma d'un air intéressé. Elle devait avoir une sacrée poigne de fer pour tenir tout ce beau monde au pas. Elle se leva et l'invita à aller à la Source, ce qu'il accepta avec plaisir.

" Visiter la ville avec sa gouverneure est un grand honneur. " dit-il, avant de se demander s'il ne passait pas pour un gros hypocrite et un lèche botte. Il la suivit donc, non sans faire un au revoir, tout sourire, à Yuna, qui le lui rendit avec une fausse posture de fan s'évanouissant de plaisir devant le salut de son idole.

La ville était... surprenante. Comment la décrire ? Aux yeux de Grayle, elle était à mi-chemin entre le campement d'une horde vagabonde et celui d'un festival. Des tentes et du bruit partout, du repos nulle part. ici de la musique, ici une beuverie, ici un combat. Tout semblait à la fois extrêmement désorganisé et pourtant, tout tenait le coup. Il ne voyait pas de lynchage, de personne abandonnée dans les rues. Un spectacle son et lumière (et odeurs aussi...) qui faisait naitre un grand sourire sur le visage de Grayle.

" Je me demande comment vous faites pour tenir tout le monde en main. De là où je viens, les femmes sont rarement en position de force, et je n'ai pas cru entendre parler de mari. Même lorsqu'on est un saint ou un chef très talentueux, il y a toujours quelqu'un pour essayer de vous renverser. Vous avez une armée de dragons en réserve ? Je me demande comment tout ca s'est construit. " demanda t-il avec une fausse naïveté.

Ils arrivèrent aux Sources, constituées de plusieurs bassins, allant du froid au brûlant, entourés de magnifiques cascades artificielles. Grayle commenta en disant qu'il aimait bien ce côté à la fois naturel et artificiel, construit de la main de l'homme. "Vous avez fait un admirable travail. "

Lorsqu'elle l'invita à se baigner, il resta immobile quelques instants, se demandant si il pouvait se déshabiller devant elle... avant de se rappeller qu'elle l'avait déjà vu nu et ne semblait pas en avoir été offusquée. Elle  était même resté stoïque et assez indifférente, blessant un peu l'ego du mâle. Il la remercia, et se déshabilla, enlevant rapidement ses vêtements, avant de s'égenouiller, ouvrant son sac et les y mettant. Il haussa les bras vers le ciel, se détendant comme un chat, avant d'entrer dans l'eau, nu comme un verre, et se concentrant pour ne pas avoir des réactions physiques inconvenantes. Il s’immergea dans l'eau (chaude) du bassin, avant de remonter. Il avait largement pied. Près du bord, l'eau remontait jusqu'à son nombril, et il nagea/marchea vers les onguents, reniflant ces derniers d'un air méfiant.

Il la regarda de longues secondes, elle qui baignait pudiquement ses pieds, toujours vêtue de sa robe, sa peau pâle et ses cheveux blancs éclairés par la lueur de la lune.

" Ahh.... "

Il se laissa couleur contre le bord du bassin.

" J'adore les bains. La mer, pas vraiment, c'est salé, agité et froid. Les bassins sont plus calmes. On flotte et on vole dans un liquide chaud. Un peu comme dans le ventre de notre mère. Je m'y sens bien dedans. J'ai tout le stress qui s'en va. " En effet, il semblait particulièrement détendu. Son attention se reporta sur Eyma.

" Qu'est ce qui vous a donné envie de fonder cette ville ? C'est tombé sur vous par hasard, où vous en reviez ? "

Il fut distrait par le dragon, qui se mit à voler et tournoyer autour de lui, comme pour le taquiner, avant de voler vers sa maîtresse. Peut-être un peu taquin, bravache, ou suicidaire, Grayle ne put s'empêcher de sourire.

" Vous ne voulez pas vous baigner un coup ? "
Journalisée
Eyma
Humain(e)
-

Messages: 15



Voir le profil
Fiche
« Répondre #6 le: Septembre 19, 2016, 05:39:45 »



Eyma répondait à ses questions par de petits sourires, qui glissaient sur ses lèvres, prenant son temps pour formuler, dans sa tête, le moindre morceau des phrases destinées à passer la barrière de ses simples pensées. Il était décidément bien curieux ; elle avait longtemps considéré ça comme une qualité, avant de réaliser que si, certes, elle s'enorgueillissait d'être curieuse, elle supportait rarement que d'autres le soient - ou, en tout cas, pas trop. La curiosité était mignonne, l'intrusion, beaucoup moins. Pour le moment, il restait sage, et si certaines de ses questions écorchaient l'ego de la jeune femme - la questionner à propos d'un hypothétique mari, vraiment ? - elle aimait qu'on lui donne matière à discuter. Taciturne et relativement calme, elle ne se définissait pas comme bavarde, loin de là - excepté après six bières. Elle le regarda s'amuser dans le bassin, elle qui n'avait confié à l'eau que ses pieds, avant de scruter le ciel un court instant. Derrière eux, dans la ville, de la musique gonflait encore, et résonnait en se frottant aux pierres. Vint la question sur le pourquoi du comment de la fondation d'Ameyn ; le sourire qui passa sur ses lèvres tordit sa bouche. L'histoire aurait été bien longue, et elle ne pouvait pas se permettre de balancer toutes ses cartes ; cela faisait un moment qu'elle s'était rendue compte que les secrets étaient d'une préciosité inimaginable, et qu'une profonde sincérité n'avait rien d'une qualité - tout du moins, dans la sphère du pouvoir. Tout en continuant à remuer ses pieds dans l'eau, elle le fixa, ses yeux s'accrochant aux siens.

"Ameyn n'a pas une très longue histoire, mais ... Je la trouve surtout complexe, cette histoire."

Eyma s'extirpa un court instant de l'eau, ses yeux fouillant les horizons, à la recherche de quelque chose à boire. Une gourde traînait là - elle la huma, reconnut dans un frisson l'odeur du rhum.

"J'ai jamais vraiment rêvé de bâtir une ville. Je voulais surtout ... Mmh, une sorte de liberté, de totale impunité. Et c'est ce que m'a apporté cette ville."

Elle leva la gourde vers les lumières de la ville, trinquant avec les échos des feux qui l'animaient. L'eau tiède l'appelait ; elle revint s'asseoir, pour tremper à nouveau ses pieds dans le bassin. L'air devenait doucement frais ; des vapeurs s'extirpaient de l'eau en tordant leurs corps enfumés, avant de s'évaporer.

"Les gens me sont reconnaissants d'avoir fondé Ameyn, je pense que c'est pour ça qu'ils me respectent. Je gouverne plus ou moins le chaos, ou, en tout cas, l'endroit où les gens ont parfaitement le droit d'être violents - mais dans une arène. On vient ici pour se purger, se vider de sa violence, ou pour se cacher, ou se reposer ... En somme, rien de négatif, rien d'obligatoire. On ne fait que passer, on ne reste pas, sauf pour ceux qui ont ça dans le sang."

Elle avait joliment sifflé son "ça".

"Quant au reste, les rares qui ont tenté de me tenir tête ne l'ont fait que parce qu'ils ont oublié que les meilleurs combattants sont de mon côté."

Eyma ponctua cette phrase d'un petit sourire odieux, avant de boire une gorgée de rhum. Plus le temps passait, plus elle était imperméable à l'alcool - l'ivresse la fuyait pudiquement. Elle était passée, alors, de la production de bière à celle de rhum, en espérant qu'augmenter les degrés lui arracherait plus facilement le cerveau ; c'était le cas, mais elle savait que ce serait temporaire. On s'acclimate de tout, et elle ne pourrait pas lutter contre la métamorphose physiologique perpétuelle de l'être humain. Elle donna un petit coup à la gourde, pour la jeter vers lui.

"Et si vous voulez mon avis, un homme vaut une femme, et inversement ; le conditionnement physique n'est pas une fin en soi, nous sommes des êtres humains, nous nous transformons nous-mêmes, nous évoluons, voilà ce que j'en dis. Buvez, allez."

Il fallait dire que lui renvoyer ses ovaires et sa condition féminine dans la gueule, ça lui donnait des envies de refaire le monde. Elle se souvenait très bien de ce mariage qu'elle aurait dû accepter, pour sa famille, pour sa lignée, pour ces horreurs avec lesquelles elle était née sans le vouloir, et dont elle voulait d'ailleurs se séparer un peu plus chaque jour. Un mari ? Ce n'était pas envisageable. La perspective de posséder un harem lui plaisait à la limite davantage. Elle siffla entre ses dents, bien amusée par cette contradiction profonde qui semblait aux fondations même de son existence ; son besoin d'indépendance et de pouvoir, on le retrouvait partout, chez elle, sauf sexuellement. Elle en avait parfois honte, mais, la plupart du temps, ça l'amusait plus qu'autre chose.

"Et vous, alors, dites-moi donc ce que vous êtes, et de quelle situation mon cher ami vous a tiré ; bref, ce que vous faisiez avant d'atterrir dans ma charmante ville. J'en saurais un peu plus sur vous, de cette façon."
Journalisée

'La volonté ne consent au mal que par crainte de tomber dans un mal plus grand'  Dante
Grayle le pérégrin
Humain(e)
-

Messages: 289



Voir le profil
Fiche
« Répondre #7 le: Octobre 13, 2016, 11:35:33 »

Grayle l'écoutait tandis qu'elle répondit, la fixant avec aimabilité, curiosité presque enfantine dans un corps d'adulte. Malgré son corps doux et ses airs sevères, elle enfouissait un feu agressif en elle, bien plus brûlant et vivace que le sien. Il se rapprochait d'elle à chaque question, mais n'était pas encore assez curieux pour risquer de se brûler. Aussi décida t-il de ne pas insister, et la remercia de lui avoir répondu, avant de saisir au vol la gourde, d'un geste de main habile et autoritaire, reprenant son sérieux alors qu'il exultait intérieurement d'avoir réussi à l'attraper sans perdre le contenu dans le bassin.

Hum. Du rhum. Dangereux. Il ne faisait pas bon ménage avec l'alcool, mais pas question de passer pour une chochotte devant son invitée ! Aussi se mit-il à boire. Il plissa les yeux, faisant la grimace afin de secouer le visage, le rouge lui montant aux joues. Ses yeux étaient devenues rouges et quelques larmes en coulait. Oula ! Ce rhum était plus fort que beaucoup d'autres qu'il avait goûté !

" Wah ! Merci, mais je vais vous le repasser je pense..." dit-il avec une voix pateuse avant de lancer la gourde, qu'elle rattrapa sans aucun problème. Elle se mit ensuite à poser les questions. Bien ! Il adorait parler de lui !

Surtout qu'avec elle, il se sentait capable de... s'exprimer sur ce qu'il était vraiment, sans rien cacher.

" Et bien, j'étais nu, attaché autour d'un poteau, et sur le point d'être roti et dévoré vif par des orruks. Imaginez des... des humains très grands, très larges, à la fois très bêtes et très intelligents. Et cannibales. "

Il la laissa digérer (hohoho) ces informations, avant de reprendre. Il avait décidé de jouer franc jeu avec elle. Au pire, il ne restait que quelques jours ici. Ses "révélations" n'allait pas changer la vie de gens capables d'invoquer des démons. Et puis, legèrement éméché, et encore sous le coup de l'émotion de sa téléportation, il se sentait un peu désinhibé.

" J'ai le chic de me mettre dans des situations pas possibles. Mais c'est ma nature ça. Et si vous ne connaissez pas les orruks, c'est normal. Ils sont d'un autre monde. Je peux voyager de planète en planète et d'univers en univers. Enfin, ca, tout le monde peut le faire, mais il faut trouver un portail, et c'est extrêmement rare. Mais ma simple présence suffit pour augmenter leur nombre. J'en trouve régulièrement. "

Il s'enfonca legèrement dans le bassin, le temps devenant de plus en plus frais.

" Si ca trouve, un va apparaître dans votre bassin et m'absorber autre part. Vous serez bien embêtée, avec un bassin et un invité en moins. " dit-il d'un air malicieux avant de rire discrètement à sa plaisanterie.

" Je ne peux pas mourir, pas de vieillesse en tout cas. Ca doit faire plusieurs siècles que je suis en vadrouille. J'ai croisé des mondes morts, d'autres peuplés de monstruosités, certains comme le vôtre, d'autres avec des merveilles technologiques que vous ne pouvez même pas imaginer. J'ai vu des civilisations s'élever et naître et rencontré des milliers de personnes ! C'est passionnant. "

Il s'éloigna du bord et se mit à nager dans le bassin, plongeant parfois entièrement sous l'eau, roulant et tournoyant devant elle, remettant ses cheveux en arrière.

" La seule contrepartie, c'est que je ne peux pas rester trop longtemps au même endroit. Du coup, mes amitiés et amours sont toujours temporaires. Pas le temps de s'attacher ! "

Il la regarda les yeux brillants.

" Vous supporteriez ça ? Etre immortelle, mais ne pas pouvoir vous trouver un foyer ? "
Journalisée

Tags:
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à:  

Powered by SMF 1.1.20 | SMF © 2006-2007, Simple Machines
Awake and Dreaming - Le Grand Jeu
ChatBox