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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Qui c'est qui est là ? [PV Stephen Connor]  (Lu 5406 fois)
Marine
La Matriarche
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« le: Septembre 05, 2015, 10:09:42 »

Qui avait dit que la vie était un long fleuve tranquille ? La rouquine n'en savait rien mais elle savait désormais que le précepte était faux. Quand on était chevalier, on savait qu'on était destiné à mourir jeune mais en pensait que la vie « normale » était simple et plus facile. Pourtant, depuis qu'elle avait quitté le Sanctuaire et laissé son armure, la jeune femme se rendait compte qu'elle n'était pas du tout préparée à cette existence. Elle avait passé son existence dans un endroit quasiment coupé du monde sans avoir accès à la technologie ou très peu. Alors se retrouver dans une ville inconnue, sans argent, sans papiers et sans point de repère, était extrêmement difficile.

Marine était arrivée à Seikusu depuis quelques semaines et elle essayait de se convertir à la vie de civile mais rien ne lui semblait facile. Petit à petit, elle se demandait même si elle serait un jour capable de devenir une femme comme les autres. Une femme « normale » et plus une femme chevalier. Cette étiquette lui collait à la peau depuis bien trop longtemps. Elle ne supportait plus cela. C'était d'ailleurs un des éléments qui l'avait poussé à quitter le Sanctuaire. Une petite voix dans sa tête avait tendance à lui répéter qu'elle avait fait le mauvais choix mais elle refusait de l'écouter. Elle avait bien assez combattu comme ça. Elle avait le droit à une vie, une vraie vie. C'était terriblement égoïste mais la mort de son frère avait été l'élément clé qui lui avait fait prendre conscience de son existence et du droit qu'elle avait d'en user.

La jeune femme vivait grâce à des petits boulots au black. Rien de bien terrible mais cela lui permettait de payer l'hôtel miteux qu'elle occupait et de se payer à manger. C'était déjà pas mal. Elle parviendrait bien à trouver un boulot un de ces jours. Pour le moment, elle était partie courir dans le parc de la ville. Le sport était son exutoire et à cette heure très matinale, elle ne rencontrerait quasiment personne. Vêtue d'un vieux leggings noir, d'un débardeur blanc et d'une paire de basket, elle était partie faire des tours de parc avant de commencer à s'enfoncer dans les bois. Elle n'empruntait pas le chemin classique et faisait plutôt du hors-piste. Elle aimait sauter les arbres tombés au sol, s'enfoncer dans les fourrées, éviter les trous... Cela lui faisait travailler sa réactivité et sa rapidité. Pourtant, elle finit par avancer sur un chemin très accidenté au point qu'un rocher avait fini par se détacher d'une paroi rocheuse et rouler dans le bois, bloquant l'avancée de la rouquine. Elle s'arrêta en soupirant. Cela faisait déjà plus d'une heure qu'elle courait et elle aurait bien aimé continuer malgré qu'elle soit déjà  couverte de sueur.


« La poisse ! »

Elle regarda atour d'elle, ne voyant personne aux alentours et ne sentant pas non plus de présence particulière, elle se concentra, faisant appel à son cosmos. Une légère lueur bleutée la nimba avant qu'elle ne lance son poing contre le rocher qui explosa en d'innombrables petits éclats. Elle ne possédait plus la totalité de son cosmos de chevalier d'argent mais elle en possédait encore un peu. Quelque part, elle aimait bien savoir que cette part de son ancienne vie était quand même toujours présent en elle. Le sourire aux lèvres, elle reprit sa course. La voie était de nouveau libre.
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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

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« Répondre #1 le: Septembre 05, 2015, 11:28:26 »

« C’est ici que je l’ai enterré, Ô mon ignoblissime maîîîître. » Affirma l’immonde gnome, frottant ses mains en signe de satisfaction. « Vous verrez, il est d’une qualité tout à fait remarquable. »

Helel ne pouvait supporter la voix nasillarde de son homme de main, mais se retenait de l’incinérer sur place. La simple présence d’un démon et d’un gobelin dans une forêt Terrienne aurait de quoi affoler la population locale, pas besoin d’ajouter un incendie à la liste des incongruités. Et, si les dires de Mog-Ul le charognard étaient vrais, un talisman d’une grande puissance était dissimulé, dans les parages.

Mog-ul affirmait avoir dérobé l’objet à un puissant mage en voyage sur Terre, et l’avoir caché dans les bois du parc de Seikusu. Une planque des plus insolites, mais qui avait visiblement fait son office à la perfection. En retrait dans la forêt, dans un endroit protégé par les rochers et les hautes herbes, le médaillon reposait, six pieds sous terre.

Les deux démons tentaient de ne pas faire de bruits, et surtout de passer inaperçus. C’était une chose plutôt aisée pour le rachitique Mog-ul, un peu moins pour son maître, dont la carrure colossale n’aurait pu être dissimulée par de simples fougères suralimentées. Aussi Helel restait-il aux aguets, s’assurant qu’aucun intrus n’infiltrerait ce coin du parc.

Pendant ce temps, le disgracieux Mog-Ul, muni de sa pelle rouillée, creusait le sol à la recherche de l’objet enterré. Il en était déjà à son troisième trou, sa mémoire lui faisant visiblement défaut. Le beau diable, quant à lui, tentait de ne pas perdre patience, adossé à un arbre, observant les environs de ses yeux aguerris.

« Arrête ! » Ordonna Helel à son gnome de main, aussi silencieusement que le permettait sa voix rauque. « Il y a quelqu’un. »

L’odorat du démon était capable de bien des prouesses. Sentir l’odeur d’un humain en faisait partie. Le parfum était léger, délicat et enivrant. A ces simples notes, Helel avait une rapide idée de ce à quoi ressemblait l’intruse, car nul doute possible : c’était une femme. S’il s’était attardé un peu plus sur la fragrance, le beau diable aurait sans nul doute remarqué que l’inconnue n’était pas une simple humaine, mais l’erreur fut commise.

Persuadé d’être face à une voyageuse égarée, le démon se mit en route. Il lui indiquerait poliment le chemin vers les sentiers du parc, avant de retourner à ses affaires. Faisant signe à Mog-Ul de continuer sa besogne, le beau diable enjamba quelques rochers pointus, pour trouver la voie qui le mènerait jusqu’au parfum entêtant qui enflammait ses sens.

Au loin, les yeux du monstre percevaient enfin les traits d’une agréable silhouette. Une femme au physique athlétique, et à la séduisante crinière rousse. Tant de détails qui ravissaient l’œil du démon, mais il y avait autre chose encore, quelque chose qui agitait les instincts d’Helel. L’air s’était chargé d’une odeur particulière, qui s’approchait de la magie, sans réellement en être.

S’étant apprêté à prendre la parole, le mâle se ravisa, observant Marine sans dire le moindre mot. Cette femme venait d’exploser un rocher colossal, à la seule force de ses poings. De quoi faire hausser un sourcil interrogateur au beau diable. Il ne croyait pas au hasard, et pensait plausible que cette inconnue soit sur les traces de l’artefact qu’Helel lui-même était venu récupérer.

Et comment le blâmer pour une telle paranoïa ? Qu’une détentrice de magie se trouve à cet endroit, à ce moment, ce ne pouvait que difficilement être le fruit du hasard. Et si ce n’était réellement que la chance qui avait mené la rouquine jusqu’à ces lieux, sans doute les Enfers envoyaient-ils un message à Helel. Dans tous les cas, il se devait de mener une investigation.

« Attends. » Interpella le beau diable, empêchant Marine de rejoindre les sentiers tracés du parc. « Je t’ai vue, plus bas dans les rocailles. » Continua le colosse, les yeux plissés, l’air interrogateur. « Qui es-tu, et que faisais-tu en ces lieux, femme ? »

La tenue d’Helel trahissait immédiatement quelque chose d’anormal chez lui. Ce n’était pas les vêtements dont s’accoutraient habituellement les Terriens. Le démon portait un pantalon de cuir aux étranges motifs et des chaussures somme toute assez banales, mais son haut déchiré faisait plus penser aux tenues des barbares Terrans qu’à la dernière veste tendance à Seikusu.

D’autant plus que des vapes sombres émanaient de l’agressive silhouette que présentait Helel. Mais cela, seul quelqu’un capable de discerner la magie aurait pu le remarquer.

« Je ne te veux aucun mal. Mais je doute que ta présence ici soit due au hasard. » Expliqua le séduisant fauve de sa voix diablement rauque. « M’as-tu suivie, femme ? A qui vas-tu désormais colporter les nouvelles de ma venue en ces lieux ? »
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« Répondre #2 le: Septembre 06, 2015, 03:00:38 »

La rousse avait toujours eu pour règle d'or de ne jamais user de son cosmos à des fins personnelles. Non seulement, cela avait été sa propre règle mais c'était aussi une des plus importantes au sein du Sanctuaire. C'était la première fois qu'elle transgressait une telle règle. Enfin, non, elle avait déjà été à l'encontre d'une règle en enlevant son masque. A croire qu'elle faisait sa crise d'adolescence à rebours, contestant l'autorité suprême. Cependant, ne faisant plus partie du Sanctuaire, elle était libre de faire comme elle avait envie. Elle ne comptait pas forcément utiliser son cosmos à tous les coins de rue, mais bon, elle n'allait pas non plus s'en priver en cas de besoin comme lorsqu'un énorme caillou lui barrait la route. La solution de faciliter serait de faire leur tour mais... trop facile ! Autant le démolir, ça irait plus vite d'une part et en plus, ce ne serait plus un obstacle pour qui que ce soit. Quelque part, cela lui procurait un sentiment de puissance enivrant même si elle n'avait pas forcément envie de le reconnaître. Après tout, elle avait fait parti des forces du bien durant des années pour ne pas dire toute sa vie. Or, se rendre soudainement compte qu'on apprécie user de ses capacités pour son propre profit avait de quoi secouer un peu, mais elle n'était pas là pour philosopher. Son rocher explosé, elle reprenait sa course.

Sa course fut cependant de courte durée. Alors qu'elle se dirigeait vers le circuit plus traditionnel de course, elle se fit interpeller. Elle s'arrêta net en tournant la tête vers l'homme dont la voix l'avait stoppé dans sa progression. Elle avait son souffle court qui faisait palpiter sa poitrine sous le débardeur blanc qui la collait à plusieurs endroits. Elle observait l'homme en se demandant ce qu'il pouvait faire là à cette heure. Son accoutrement était étrange pour la ville mais au Sanctuaire, les tenues vestimentaires étaient aussi assez éloignées de ce que les gens du commun portaient. Elle se demanda soudainement si ce n'était pas un envoyé de la déesse. Elle avait été pourtant très claire sur le fait qu'elle ne comptait pas revenir. L'inconnu était un colosse dans son genre mais bon ce n'était comme si les grands gaillards l'impressionnaient. Elle en avait vu bien d'autres et des pires que lui. Les poings sur les hanches, elle ne se montrait pas agressive mais son regard montrait bien qu'elle était aux aguets et prête à parer une attaque si besoin. Par habitude, elle imaginait toujours le pire.


« Femme ? »

C'était le premier mot qu'elle dit. Cette appellation l'irritait au plus haut point. D'accord, elle était une femme mais elle trouvait ce mot et son intonation surtout, très rabaissant. Elle fronça les sourcils avant de croiser les bras sur sa poitrine. Elle regretta vite son geste, se rendant compte qu'elle la mettait en valeur, une chose qu'elle abhorrait. Là où les autres femmes appréciaient les poitrines assez importantes, elle, elle détestait la sienne. Du temps du Sanctuaire et même maintenant encore, elle avait pris l'habitude de se bander la poitrine, la comprimant au maximum pour qu'elle soit le moins visible possible. Elle ne l'avait pas fait ce matin, ne pensant pas rencontrer quelqu'un. Elle laissa rapidement retomber ses bras, légèrement gênée. Néanmoins, l'homme ne semblait pas venir du Sanctuaire, c'était déjà ça.

« Je m'appelle Marine et je suis juste venu courir, rien de plus, homme. »

Ben oui, y'avait pas de raison. Il l'appelait « femme », elle pouvait bien en faire autant en l'appelant par son genre aussi. La rouquine n'était pas certaine qu'il apprécie mais au moins il comprendrait à quel point c'était désagréable de se faire ainsi cataloguer. Par contre, s'il n'était pas du Sanctuaire et qu'il l'avait vu exploser le rocher, c'était la poisse. Les civils n'étaient pas trop censés avoir des connaissances sur le cosmos.

« Alors non, je ne t'ai pas suivi, je ne sais pas qui tu es et ma présence est due au hasard. Je pensais... non... j'espérais ne rencontrer personne. Je ne suis pas des plus sociables. Et comme je ne sais pas qui tu es, je ne risque pas de colporter quoi que ce soit à qui que ce soit. Mais cela semble t'inquiéter que je puisse t'avoir rencontré. Des choses à te reprocher ? Et qui es-tu ? »

Elle avait sciemment évité de parler de son cosmos. Avec de la chance, il se préoccuperait plus de partir faire ce qu'il avait à faire et qu'il craignait qu'elle ne rapporte plutôt que d'essayer de comprendre comment elle avait explosé le rocher quelques instants plus tôt.
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« Répondre #3 le: Septembre 06, 2015, 08:02:04 »

La curiosité est un vilain défaut, et l’un des rares dont même les plus puissants habitants de l’Enfer ne sont pas exempts. Helel ne comptait pas laisser Marine lui filer entre les doigts, trop intrigué par cette inconnue aux pouvoirs étranges. Car, en réalité, le beau diable se moquait bien qu’elle tente ou non de l’espionner pour le compte d’un quelconque rival ou ennemi.

Non, peu importaient les intérêts que servait la séduisante rouquine, le mâle n’était attiré que par la jeune femme elle-même. Son regard ne la lâchait pas d’un millimètre, jaugeant aussi bien les courbes pulpeuses de son corps que l’étrange aura qui émanait d’elle. Impossible pour Helel de cacher sa nature, aussi bien qu’il était impossible pour Marine de jouer les simples humaines.

Un sourire aux coins des lèvres, le beau diable répondit au geste de son interlocutrice. Il l’imita, croisant ses bras larges et puissants sur son torse saillant. Bien qu’il fut largement plus dénudé qu’elle, le monstre n’avait pas l’impression de se montrer aussi provocant. Après tout, la rouquine devait bien se douter que sa pose était lourde de sens, compressant sa poitrine d’une façon plus qu’érotique.

« Allons, allons, je sais apprécier les courbes d’une femme, mais tu vas un peu vite en besogne. » Minauda le colosse, d’un ton aussi séduisant que moqueur. « J’aimerais que l’on fasse connaissance un peu plus longuement, avant d’entamer ce petit jeu. » Helel se mordilla la lèvre inférieure, les yeux plissés, le regard taquin.

Marine. C’était un joli nom. Il plaisait au beau diable, en tous cas. Même si n’importe quel nom aurait sonné comme la plus agréable des mélodies, accompagné d’un corps comme celui qu’exhibait la rouquine. Et bien que le mâle ait connu les plaisirs des plus belles succubes du bas-monde, il ne pouvait nier un attrait certain pour les charmes de Marine.

Quant à l’étrange appellation dont le gratifia la jeune femme, elle ne fit qu’arracher un nouveau sourire au colosse. Se faire appeler « homme », ça ne le dérangeait pas. Par contre, il comprenait avoir touché une corde sensible chez la belle rouquine. Helel n’était pas vraiment sur la défensive, car malgré tous les doutes qu’il entretenait envers Marine, celle-ci ne lui donnait aucune raison de s’énerver.

« Puisque nous ne sommes visiblement pas entre simples mortels, et que tu te montres coopérative… »
Murmura le colosse en s’approchant de son interlocutrice. « Je suis Helel, démon sous les ordres de Lucifer. » Avoua-t-il tout simplement, toisant la délicate silhouette de Marine.

Les bras du beau diable se décroisèrent, et il vint attraper la joue de la rouquine, au creux de sa main diablement chaude et rêche. Difficile pour un mâle de donner un spectacle aussi convaincant que l’avait fait la jeune femme avec sa poitrine, mais Helel n’était pas en mal de sensualité à revendre. Malgré la force brutale de sa poigne, malgré ses doigts calleux et brûlants, il se montrait aussi délicat que possible, délaissant le petit minois de la rouquine, non sans l’avoir obligée à le regarder dans les yeux, juste avant.

« Rassure toi, je ne viens pas te causer le moindre trouble, juste récupérer quelque chose qui m’appartient. Je ne m’éterniserai pas ici bien longtemps. » Pourtant, le Maître ne s’éloignait pas, et ses doigts n’avaient fait que glisser contre le cou de Marine, se logeant alors confortablement dans sa nuque, s’ancrant à sa chevelure flamboyante. « Mais toi, tu me caches encore quelque chose. »

Il huma délicatement le parfum de la jeune femme, faisant courir son visage contre le sien, au creux de son cou, près de son oreille. Elle ne sentait pas vraiment l’humaine. Il y avait autre chose. Pas l’odeur d’un ange, pas celle d’un démon. Malgré son odorat, le beau diable n’aurait pu dire ce qu’était son interlocutrice. Mais il pouvait clairement dire une chose : elle attisait sa curiosité.

« Qu’es-tu, Marine ? » La voix suave du fauve semblait pareille à un ronronnement rauque, râpant tendrement les oreilles de Marine, se rappelant à la douceur de sa peau, le soupir du tigre se faisant souffle érotique alors qu’il serrait un peu plus ses griffes dans sa belle crinière. « Qu’es-tu. »
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« Répondre #4 le: Septembre 07, 2015, 11:33:26 »

La jeune femme se sentait mal à l'aise face à l'homme qui se dressait devant elle. La taille ou la masse n'était pas en cause. Dans le genre grand gaillard, elle avait connu Aldébaran. L'inconnu devant elle aurait fait poids mouche face au chevalier d'or du taureau. Ce n'était donc pas dans sa carrure que résidait le problème. Son attitude peut-être ? Marine avait été gêné en se rendant compte qu'en croisant les bras, sa poitrine se trouvait mise en valeur. L'homme n'avait pas tardé à rebondir, y voyant une sorte d'invitation. Comme si c'était le premier à le faire ce genre de remarques idiotes. Ayant vécu dans un univers majoritairement masculin, les blagues ou insinuations en dessous de la ceinture, elle y avait eu le droit à toutes les sauces. C'était d'ailleurs ces nombreuses insinuations durant son adolescence qui l'avait complexée par rapport à ses seins au point de se torturer pour les cacher. Elle se bandait la poitrine autant qu'elle pouvait pour limiter leur importance. Elle préférait souffrir physiquement que d'avoir droit à des regards plongeants et des allusions dégoûtantes. Ce n'était donc pas ça non plus qui la mettait mal à l'aise. Il y avait bien quelque chose d'autre chez cet individu qui la faisait se sentir mal à l'aise mais pour le moment, elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Elle ne répondit pas à la remarque qu'elle jugeait sexiste et misogyne et lui donna finalement son prénom et ce qu'elle faisait dans le coin.

L'inconnu finit par reprendre la parole en s'approchant d'elle. « Pas entre simples mortels » ? Il voulait dire quoi par là ? Il finit alors par donner à Marine le pourquoi de son sentiment particulier. Il était un démon. Si elle n'avait pas ressenti cette étrange énergie qui émanait de lui, elle aurait éclaté de rire. Un démon ? Sérieusement ? Qui pouvait croire à ça ? Qu'on pouvait croiser un démon à la solde de Lucifer dans les bois de Seikusu aux aurores. C'était risible à souhait. Malgré tout la rouquine n'émit aucun rire. Après tout, même si cela semblait peu crédible, cela ne voulait pas dire que c'était faux. N'avait-elle pas été un chevalier d'argent chargé de protéger une déesse de la guerre qui se réincarnait tous les 250 ans afin de protéger le monde. Côté crédibilité, elle faisait fort aussi. Néanmoins, elle était un brin sous le choc de la révélation et ne protesta quand la main masculine se posa sur sa joue, avant de descendre dans sa nuque. Un frisson la parcouru mais c'était loin d'être un frisson de plaisir. Elle détestait qu'on puisse la toucher de cette façon, comme si le démon avait tous les droits sur elle et comme s'ils se connaissaient depuis des années. Il venait juste de se rencontrer. Son regard finit par le fusiller mais cela ne dura pas bien longtemps. Le visage de Helel vint se loger contre le sien, glissant sur sa joue, finissant dans sa nuque, contre son oreille, lui rappelant ce qu'elle avait sciemment laissé de côté. Un nouveau frisson vint la grêler de chair de poule. Décidément, elle supportait très mal ce genre d'attitude déplacée. Cette proximité non désirée l'irritait au point qu'elle finissait par oublier que le démon ne semblait pas particulièrement belliqueux. Quelques mots, un pas en arrière aurait pu suffire à lui faire comprendre de se tenir tranquille et de lui ficher la paix mais la réaction mesurée n'était plus au programme. C'était son instinct qui prenait le dessus et ce dernier était du genre violent quand il se réveillait dans ce genre de situation. Marine était plutôt de nature calme et patiente. Elle réfléchissait toujours avant d'agir mais là, c'était au-dessus de ses forces.

Son cosmos s'enflamma brutalement et son poing parti rapidement frapper l'estomac de celui qui se frottait de bien trop près à elle selon ses critères. Elle avait agi à la vitesse du son, dépassant de très loin les capacités de n'importe quel humain et c'était sans compter sa force. Là encore son cosmos était intervenu. Ce dernier avait nimbé le corps de la demoiselle d'une lueur bleutée avant de se concentrer dans son poing pour frapper Helel. Il allait avoir sacrément mal. Avec de la chance, il aurait une côte ou deux de cassées. Ça a des côtes un démon ? S'il avait été un homme normal, un humain lambda, il était bon pour l'hôpital voir la tombe. Mais là, il risquait juste d'être plus ou moins blessé. La rouquine ramena son poing contre elle, prête à le réutiliser et son attitude montrait très clairement qu'Helel avait affaire à une combattante expérimentée.


« Ne me touche pas ! J'ai HORREUR qu'on me touche ! »

Son ton était clairement en accord avec son attitude et ses propos. S'il voulait tripoter des filles, il devait en avoir tout un tas aux Enfers certainement. Sinon c'était pas les boites qui manquaient dans la ville et, à cette heure-ci, il y avait certainement plein de demoiselles qui rêveraient d'avoir un gorille pour les ramener chez elle, voir plus si affinités. Il ne manquerait certainement pas d'amatrices alors il avait intérêt à lui foutre la paix !

« Et je ne suis pas une chose. Je suis un être humain même si tu sembles en douter, démon. Mais puisque tu l'as si gentiment demandé, je suis aussi ce qu'on appelle un chevalier, le chevalier de l'aigle, même si je ne sais pas si ça te parle. »

Elle évita de préciser qu'elle ne l'était plus officiellement. Techniquement, elle serait toujours le chevalier de l'aigle jusqu'à ce qu'un autre chevalier obtienne son armure d'argent. D'ici là, même si elle avait quitté le Sanctuaire, elle restait le chevalier d'argent de l'aigle. Son cosmos était revenu la nimber, montrant qu'elle était clairement prête à en découdre s'il fallait. Elle n'y tenait pas particulièrement mais elle ne comptait pas non plus s'abaisser devant cet individu.

« Je tiens pas à te combattre. Alors, étant donné que je ne veux pas de problème et que tu ne veux pas non plus en avoir, je vais partir de mon côté et toi, du tient. On ne se reverra jamais et on sera très heureux pour toujours, ça te va ? »
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« Répondre #5 le: Septembre 08, 2015, 05:00:52 »

Les démons étaient aussi proches de l’immortalité que l’on pouvait le concevoir. Surtout un Infernal de haut rang, comme l’était Helel. Il n’était qu’une âme mêlée à une magie immonde et contre-nature, impossible à démêler et bannir. Les arts occultes qui lui avaient donné naissance perdureraient aussi longtemps que l’Univers, et même bien après.

Malheureusement, ces lois diaboliques ne s’appliquaient pas, sur Terre. Pour pouvoir rejoindre le monde des vivants sous une forme tangible et visible à tous, le Maître se devait de revêtir le corps d’un humain. Il aurait pu en choisir des milliers, plus massifs, plus hideux et effrayants encore. Mais il avait choisi sa chair d’antan, ce à quoi il ressemblait, lorsqu’il était encore homme.

Et cette chair venait avec tous les inconvénients d’un corps humain. Ses nerfs lui transmettaient douleur et plaisir, ses cellules voulaient eau, nutriments et oxygène. Et même si Helel régénérait de ses blessures plus vite que quiconque, ou tolérait mieux la douleur que n’importe quel guerrier, il restait faillible. Ses os pouvaient se rompre, sa peau pouvait se déchirer.

Ces détails ne lui étaient pas inconnus, pourtant, il avait une fâcheuse tendance à les oublier. Dans son arrogance sans commune mesure, le mâle fanfaronnait parfois trop pour son propre bien. Ce fait se rappela à son bon souvenir, cette fois encore, lorsqu’une vive douleur s’empara de ses côtes. Un tressaillement s’empara du beau visage d’Helel, sans pour autant qu’il ne fasse le moindre bruit, ou ne se torde de douleur.

« J’admire ta propension à user de la violence. »
Concéda le Maître, dont le sang emplissait la bouche. « Tu as au moins une des qualités qui font les excellents démons. » Une larme rougeâtre coulait contre le menton du colosse, teintant le hale cuivré de sa peau.

La bougresse l’avait frappé suffisamment fort pour briser deux de ses côtes, qui avaient tôt fait de l’empaler. La douleur était supportable, mais le saignement était autrement plus dérangeant. D’un geste lent, le démon fit glisser ses doigts dans la crinière de Marine, s’en extirpant gracieusement. Sa main se porta à son flanc, l’irradiant d’une lueur rougeâtre.

« Je ne sais pas ce que tu entends par chevalier. » Avoua Helel, crachant au sol le sang resté dans sa bouche. « Mais pour que je ne sache pas ce que désigne ce terme, c’est que ce doit être un bien piètre rang. »

Il n’était pas moqueur, pas plus que de raison. A dire vrai, il avait une vague idée de ce dont parlait la rouquine, car il avait vu une énergie similaire chez les fantassins d’Hadès. Lucifer et le Dieu Grec s’entendaient à merveille, et Helel avait souvent voyagé de ce coté du Styx. Mais la garde d’Hadès était vêtue d’armures étincelantes, pas d’une tenue de footing.

De là à affirmer qu’il y ait un quelconque rapport avec un « chevalier de l’aigle », le beau diable préférait ne pas trop s’avancer. Son regard rouge sang n’avait pas quitté celui de Marine. Les rubis qui scintillaient dans ses yeux plissés reflétaient une malice désagréable, surtout comparé aux saphirs chatoyants de la guerrière, qui inspiraient une sensation plus apaisante. Elle n’avait pas l’air de souhaiter se battre.

« Marine, brave chevalier de l’Aigle, capable de faire saigner un démon ! » Déclama dramatiquement le séduisant infernal. « Elle a triomphé de mille duels ! Terrassé maints et maints vils hérétiques ! » Lentement, la main d’Helel vint à son menton, et il essuya le sang qui le teintait, du bout de son pouce. « Tout ça pour ça. »

Les paroles du beau diable étaient sèches, froides et perçantes. Son regard exprimait un mélange entre la pitié et le dégoût. Il n’avait pas besoin de s’éterniser sur la posture et les traits de Marine, pour sentir qu’elle gâchait son talent. Voilà qu’il avait un autre objectif qu’un misérable talisman, désormais. Décidemment, chacune de ses venues sur Terre était toujours pleine de bonnes surprises.

« J’espérais que tu sois réellement à la recherche de ce que je suis venu chercher. J’espérais qu’une femme comme toi ait un but autre que de contempler le paysage sans charme d’un parc miteux, dans un pays sans aucun intérêt. » Les traits d’Helel étaient renfrogné, bien que son ton suffise largement à transcrire son dégoût. Pas vraiment envers Marine elle-même, mais plutôt envers tout le potentiel qu’elle gâchait honteusement.

Pouvait-il seulement la convaincre ? Elle avait l’air sûre d’elle-même, têtue, presque orgueilleuse. C’était un défaut, un péché que le démon pouvait exploiter. Mais, si sa loyauté était trop forte pour qu’il puisse la convaincre ? Jugeant qu’il n’était pas à une ennemie près, le démon décida d’enfoncer vicieusement le couteau dans la plaie.

« Celui que tu sers ne vaut-il même pas la peine que tu l’introduises à moi ? Ou bien es-tu à ton propre compte ? Si oui, je pourrais t’offrir quelque chose de bien plus glorieux qu’une simple promenade dans un parc. » Il ne tenait pas à se faire fracasser les côtes une nouvelle fois, mais Helel s’approcha tout de même d’un pas, séparé de Marine par une vingtaine de centimètres, tout juste. « Alors, Marine, que dirais-tu de m’écouter ? »
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« Répondre #6 le: Septembre 08, 2015, 10:34:00 »

Marine n'avait jamais été la plus violente du Sanctuaire, loin de là. Calme et posée, elle préférait réfléchir avant d'agir. Elle était forte mais, pour elle, l'esprit participait autant, sinon plus, au combat. Il était difficile de lui faire perdre son calme et de la provoquer au point d'abandonner toutes réserves mais se comporter comme Helel l'avait fait et elle sortait de ses gonds. C'était presque viscéral de repousser quelqu'un qui essayait de la tripoter. Ce n'était pas totalement ça mais ça s'y apparentait pour la rouquine. Vivre dans un milieu d'hommes l'avait rendu réfractaire à tout rapprochement. Il fallait dire que les hommes au Sanctuaire pouvaient ne pas être spécialement fins. Alors elle s'était créée une carapace au fil des années. Elle assimilait toute tentative de rapprochement comme une sorte d'agression. Pour être prise au sérieux, elle avait dû être deux fois plus forte, deux fois plus irréprochables, deux fois plus dure, deux fois plus rigide qu'un homme. La vie n'avait pas été tendre avec elle et elle avait trouvé le moyen de la durcir encore plus. Elle savait que certaines femmes avaient des aventures à droite et à gauche, ça n'avait jamais été son cas. Elle savait que certains la pensaient lesbienne car n'ayant jamais eu de petit copain, mais il n'en était rien. Elle n'était pas spécialement attirée par les femmes. Ce n'était pas un de ses fantasmes mais elle n'avait pas non plus de fantasmes. Elle se rapprochait certainement d'une personne asexuée que d'une lesbienne. Elle s'était écartée des gens parce qu'elle plaçait sa mission au-dessus de tout et qu'elle considérait que pour la remplir le mieux possible, elle se devait d'être une sorte de statue de marbre, froide, inaccessible, sans désirs, ni envies. C'était terrible de vivre ainsi, en se fermant à tout et à tous. En quittant la Grèce, elle aurait pu changer mais cela faisait des années qu'elle vivait ainsi, difficile de changer d'existence en quelques semaines. Marine n'avait pas non plus de réelles motivations pour changer d'une certaine façon.

Elle avait attaqué le démon comme elle aurait attaqué n'importe qui, chevalier, dieu, humain... qui aurait eu le même comportement. Ce n'était pas propre à celui qui l'avait interrompu dans sa course. Elle l'avait méchamment atteint même si il n'en montrait rien. Le sang perla à sa bouche puis coula sur son menton. Un point pour elle. Si elle en tirait une certaine fierté, cette dernière fondit comme neige au soleil quand il la complimenta pour sa violence proche de celui d'une démone.


« Je ne suis pas portée sur la violence habituellement et je ne suis certainement pas une démone. »

Elle n'était pas une démone mais savait aussi être loin d'un ange. Elle ne voulait pas se l'avouer en cet instant mais souvent elle s'était regardée dans un miroir en sachant être un monstre. Ne tuait-elle pas ? Ne blessait-elle pas ? Elle le justifiait comme certainement tous ses camarades en se disant que c'était pour la bonne cause mais cela n'empêchait rien à la réalité. Elle devait avoir un côté démoniaque même si elle n'y prenait aucun plaisir.

Elle ne tenait pas à affronter le démon. La Rouquine avait quitté le Sanctuaire pour échapper aux guerres. Elle ne tenait pas à repartir dans les affrontements et les combats avec d'autres créatures. Il se recula finalement, cherchant probablement à se guérir vu la lumière qui irradiait de sa main sur son ventre. Elle n'était pas très au fait des pouvoirs des démons mais c'était ce qui lui paraissait le plus logique. Bien qu'elle lui donna son identité, cela ne sembla pas lui parler. En même temps, ce n'était pas comme si Athéna faisait de la pub pour la chevalerie.


« Cela n'a rien à voir avec la médiocrité. On éprouve juste pas le besoin de se mettre en avant comme certains. »

Elle n'en dit pas plus. Ce n'était pas le moment. Un instant, elle avait failli évoquer la déesse, les grades et signaler qu'elle faisait quand même parti du haut du panier mais c'était purement égoïste. Elle avait de la valeur en tant que chevalier d'argent, ou d'ancien chevalier d'argent plutôt. Du moins, elle l'espérait. Au fond, personne ne le lui avait jamais dit mais ce n'était pas un démon qui allait la féliciter pour le rang et l'armure qu'elle avait obtenu. Il n'en avait certainement pas grand chose à faire. Mais au fond est-ce que quelqu'un en avait jamais eu quelque chose à faire ?

Le regard rougeâtre du démon était intrigant mais son air ne présageait rien de bon et ses paroles semblaient brûler comme de l'acide. « ça » ! Le mot était pire qu'une gifle. Comment pouvait-il la juger sans même la connaître ? Elle n'était pas que ça ! Elle ne montra pas son trouble et préféra chasser ses idées négatives.


« Je n'ai pas mené autant de combats et je n'en tire nulle gloire que ce soit pour la mort d'ennemi ou pour t'avoir fait saigné. »

Elle ne s'en félicitait clairement pas. La rouquine aurait préféré ne pas avoir à faire ça mais les choses étaient ce qu'elles étaient. C'était ainsi. Son côté fataliste reprenait le dessus.

« Tout dépend du point de vue sur lequel on se place. Pour toi, c'est juste un parc miteux dans une ville sordide. Pour moi, c'est autre chose, un autre monde, un autre univers et je l'apprécie. »

La jeune femme ne mentait pas. Elle aimait profiter de la nature et des bois. Elle aimait bien la ville même si les gens lui posaient des problèmes car elle avait du mal à communiquer avec eux. Pourtant, elle aimait se promener, voir les magasins, les immeubles notamment parce que c'était assez nouveau. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas vécu dans une ville. La dernière fois, elle avait quoi ? Quatre ou cinq ans tout au plus. Alors, l'attrait de la nouveauté était là. Et puis, elle était loin du Sanctuaire et, mine de rien, c'était aussi appréciable. Le démon ne semblait cependant pas en avoir fini avec elle. Visiblement, il semblait vouloir en savoir plus sur elle. Pouvait-elle parler d'Athéna ? Il n'y avait pas de raison de le lui cacher. Ce n'était pas comme si l'information était secrète ou difficile à trouver si on tentait de faire quelques recherches.

« Tu as peut-être entendu parler des combats de jeunes gens à Tokyo qui devaient s'affronter pour une armure d'or ? Ce sont des chevaliers mais ils ont beaucoup évolué depuis cette époque. Les chevaliers sont la garde d'Athéna, déesse de la sagesse et de la guerre raisonnée. Elle protège la Terre et les humains des autres dieux, Poséidon, Hadès entre autre. L'ordre se compose de chevalier de bronze, d'argent et d'or. Les chevaliers sont les plus puissants, tu dois t'en douter. Voilà pour les présentations concernant ma « patronne » si on peut dire ça comme ça. Je ne suis pas mercenaire. »

Elle omis cependant de préciser qu'elle n'était plus vraiment au service d'Athéna. Elle ne pouvait pas non plus dire qu'elle travaillait à son propre compte. Elle ne trouvait déjà pas de travaille, hélas, mais elle ne comptait pas en demander à un démon. Il ne fallait pas exagérer. Elle le vit s'approcher mais elle ne chercha pas à l'attaquer. Il semblait avoir compris la leçon. Par contre, elle, elle fit un pas en arrière. Il avait probablement compris la leçon mais elle ne tenait pas à s'en assurer plus que cela.

« Parles si le cœur t'en dit mais fais-le de là où tu es. J'ai une très bonne ouïe. Pas la peine de t'approcher davantage sauf si tu veux avoir d'autres côtes brisées. »

Elle était curieuse de savoir ce qu'il comptait lui proposer. Elle ne comptait pas une seconde accepter mais elle se demandait ce qu'un démon pouvait offrir. Rien de plus que les ennemis de la déesse certainement. Le fait qu'il soit du mauvais coté bloquait aussi son acceptation, mais écouter, cela n'allait pas la faire de bord, n'est-ce pas ? Elle laissa retomber ses bras le long du corps, dans une posture d'attente. Elle ne relâchait pas sa vigilance et Helel devait bien s'en rendre compte mais elle ne se fermait pas non plus à la discussion. Une partie d'elle se posait pas mal de questions sur cet étrange démon au regard si particulier.
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« Répondre #7 le: Septembre 09, 2015, 03:26:22 »

Quel homme n’aspire pas à la gloire ? Quelle femme peut honnêtement affirmer se moquer de la reconnaissance, d’être admirée et choyée par ses pairs ? Pour un démon comme Helel, la réponse était simple. Seuls les fous et les imbéciles pouvaient se complaire dans de simples bonnes actions, dans l’anonymat le plus désintéressé.

Alors, pourquoi s’intéressait-il à cette femme, qui semblait satisfaite de sa condition ? Peut-être parce que le démon la sentait, justement, prête à céder, pour peu qu’il manipule le débat avec un peu plus d’adresse que d’habitude. Elle n’était pas partie, elle n’avait pas pris la fuite, et c’était déjà une opportunité qui se présentait.

Marine se livrait peu à peu à son interlocuteur, qui ne manquait pas de prendre en note la moindre de ses syllabes, son sourire ne quittant pas le coin de ses lèvres. Même un mortel aurait pu lire cette pointe de frustration que retenait la belle rouquine. Comme si Helel avait touché un nerf particulièrement sensible, lorsqu’il avait qualifié le rang de chevalier de « médiocre ».

Bien évidemment, le Maître ne comptait nullement défendre les choix que Marine s’évertuait à justifier. Il allait même  faire le contraire. Comme un charognard, il s’en prendrait à toutes ces petites choses qui frustraient ou avaient pu frustrer la jeune femme. Il lui ferait réaliser à quel point il pouvait la rendre puissante, faire d’elle une diablesse révérée et vénérée.

« Tu ne pourrais tirer aucune gloire d’un rang qui n’en rapporte pas. » Corrigea le colosse, ses bras croisés sur son torse musculeux. « Mon nom est craint, adoré ou détesté, sur tous les continents jusqu’où s’étend ma poigne. Peux-tu seulement en dire de même ? »

Un autre univers ? Voilà qui était une bien étrange façon de parler de ce misérable parc. Helel ne put s’empêcher d’hausser un sourcil, véritablement intrigué par les propos de la jeune femme. Dans certains plans des Enfers se trouvaient des bois infinis aux couleurs inconnues des mortels. Des forêts luxuriantes et empoisonnées, plongées dans un coucher de soleil éternel.

Helel voulu alors répondre, mais Marine en vint finalement au point le plus intrigant pour le démon : la chevalerie. Ainsi, la jeune femme était la servante d’Athéna. Tous les Dieux grecs devaient alors posséder ce genre de garde rapprochée, à en croire Hadès, qui entretenait le même type de soldats d’élite. Cela serait un atout majeur pour la suite des négociations. Le beau diable savait comment ces Dieux traitaient leurs hommes.

« Ainsi tu te bats pour une femme qui se contente de te laisser agir en son nom, et jamais ne récompense tes efforts. » Murmura le monstre, avant de faire un pas sur le coté. « Combien de chevaliers sont morts ? Combien étaient tes amis, combien as-tu aimé ? »

Voilà que le vautour entamait une ronde macabre autour de Marine, comme si elle était une pauvre proie, prête à s’effondrer sous l’éclat ardent du désert. Il n’avait même pas besoin de mentir pour convaincre la jeune femme, c’en était même étonnant. D’une certaine façon, la manière dont Lucifer traitait ses enfants, différait lourdement de la façon dont presque tous les Dieux traitaient leurs fidèles.

Les démons le disaient tous, les Divins ne faisaient qu’asservir, et attendaient chaque action, chaque sacrifice de leurs soldats, comme un dû. Il y avait peut-être un semblant de liberté, mais ce n’était qu’une illusion, bien vite remplacée par une triste réalité dénuée de gloire, ou ne serait-ce que de reconnaissance. Helel maintenait ses distances, et observait la posture de Marine, cherchant à lire en elle, à travers sa posture.

« Beaucoup nous haïssent et nous craignent, nous, les démons. » Concéda le colosse, les mains dans le dos, les sourcils plissés, les lèvres légèrement étirées en un sourire. « Mais les plus sensibles d’entre nous se consolent en se disant que nous sommes véritablement libres, et que la reconnaissance est sans pareille. Ce qu’un Dieu attend de ses anges, de ses serviteurs, il le prend sans remercier, sans y songer. Nous, nous sommes libérés de toutes chaines. »

Le beau diable s’arrêta, ayant fait le tour complet de son étrange promenade. Il possédait des domaines qui faisaient passer ces bois pour une décharge publique. Il possédait une horde de serviteurs qui lui étaient dévoués corps et âme, et auraient volontiers écorché leurs genoux pour être simplement reconnus par leur Infernal Maître, des serviteurs qui se seraient inclinés devant Marine comme devant une Reine, au moindre ordre.

« Les chevaliers ne devraient-ils pas rêver à leur propre château ?  À la gloire qui accompagne leurs faits d’armes, chantés par les bardes et contés par les vieillards ? Combien d’ennemis as-tu vaincu au péril de ta vie, Marine ? » Helel marqua une pause. « Par les contrées de Terra, l’on déclame en chantant, la façon dont j’ai vaincu un Géant, les dragons que j’ai repoussé, les peuples que j’ai libéré ou asservi. Mais toi, toi qui a dû tuer tellement d’hommes que la vie en a perdu sa valeur… » Le sourire du prédateur revint doucement à ses lèvres charnues. « Qui donc te rend hommage ? Si ce n’est moi. »

Car le Maître n’en doutait pas, il devait y avoir plusieurs années qu’un homme avait parlé de récompenses et de gloire à Marine. Il le lisait dans ses paroles, dans les expressions de son visage, dès qu’il abordait le sujet de la reconnaissance.

« Si tu n’es pas en mission pour ta Déesse, que dirais-tu de m’accompagner dans la dimension d’où je viens, que je te fasse visiter ? L’Enfer n’est pas que soufre et flammes. »
Le démon tendit sa grande main chaude et rêche. « Tu pourras voir ce que ressentent ceux dont l’héroïsme est récompensé. Mes serviteurs te traiteront comme si tu étais une brave diablesse, revenue d’une campagne sanglante dans les Terres du Chaos. »

Un portail s’ouvrait sous un grand arbre, dans le dos du monstre, menant vraisemblablement vers une colline verdoyante, au sommet de laquelle trônait un imposant manoir aux couleurs claires.
« Dernière édition: Septembre 09, 2015, 05:52:28 par Stephen Connor » Journalisée

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« Répondre #8 le: Septembre 09, 2015, 10:08:28 »

Habituellement, Marine ne se serait pas attardée à donner la réplique à un démon, ce qui sous entendait un ennemi, les démons sont rarement des gentils, mais elle n'était plus dans les précédentes conditions de son existence. La femme chevalier altruiste, protectrice, bienveillante, forte avait laissé la place à une jeune femme perdue, blasée par une certaine forme de l'existence, dépitée de ne pas avoir eu un minimum de reconnaissance et de ne pas avoir eu de soutien ou de compassion pour la perte qui l'avait accablée. Elle avait tout quitté, espérant un nouvel avenir, une nouvelle chance, mais cette nouvelle existence ne semblait pas non plus vouloir d'elle. Alors qu'est-ce que ça lui coûtait de perdre un peu de temps pour écouter Helel ? Pas grand chose. Ce n'était pas comme si elle avait un travail auquel elle devait aller ou comme si quelqu'un l'attendait. Personne ne l'attendait et son frère décédé, plus personne ne l'attendait.

La gloire, Marine ne l'avait jamais recherché. Certains chevaliers la cherchaient mais pas la rouquine. La reconnaissance c'était différent et à ses yeux bien plus important. Cela elle aurait voulu l'avoir mais il n'en avait rien été. Elle n'était qu'une ombre au sein de l'enceinte sacrée, une ombre dont personne ne se souviendrait quand elle disparaîtrait. Une ombre qu'on pourrait aisément remplacer. Qui se souvenait des chevaliers qui l'avaient précédé ? Personne. Pas même elle. Marine était condamnée à mourir dans l'anonymat le plus total malgré tout ce qu'elle avait pu faire pour ce monde. Dire que la vie était injuste, était un doux euphémisme dans son cas. La vie était cruelle et ironique à son encontre et rien n'avait adouci sa peine, ni trompé sa solitude.


« Je te l'ai dit. La gloire ne m'intéresse pas. En ce qui concerne ton nom, je ne le connaissais pas jusqu'à aujourd'hui. Et mon propre nom n'est pas spécialement connu. »

Pour ne pas être connu, c'était un euphémisme. Effectivement, elle n'était clairement pas connu et même ceux qui la connaissaient, ne la connaissaient pas vraiment dans le fond. Mais elle ne tenait pas à se morfondre. Ce n'était pas sa nature et ce n'était pas le moment non plus. Marine finit par parler de la chevalerie. Cela n'était pas un sacrilège dans le sens où les chevaliers pouvaient être facilement identifiés si on s'en donnait la peine. Le net permettait tellement de choses maintenant.

« Je me bats pour une cause. Athéna est juste le symbole et la seule personne a posséder des pouvoirs qui lui permettent de protéger ce monde. Beaucoup de chevaliers sont morts, beaucoup d'autres mourront. »

C'était ainsi la vie de chevalier. On ne devait rien en attendre. Les pouvoirs que l'on pouvait acquérir ne devaient servir que pour faire le bien et défendre le monde. Ils ne devaient jamais servir à des fins personnels. Elle connaissait cette règle par cœur et l'avait toujours appliqué. Elle savait que d'autres n'avaient pas eu autant de scrupules. Elle ne mentionna ni les amis et encore moins ses amours et pour cause, elle ne considérait pas avoir de véritables amis au sens où elle l'entendait. Quand aux amours, c'était pire encore. Elle n'avait jamais eu personne dans sa vie. C'était une chose impossible selon elle. Elle n'avait même pas connu les plaisirs de la chair comme diraient pudiquement certains. Elle n'en avait jamais eu envie. Les façons de faire très grossières de la majorité des hommes n'aidaient pas non plus. Elle ne dit rien de tout cela mais son regard parla pour elle même si ça avait fugace. Cette solitude qui la tenaillait depuis des années était visible dans son regard azur, plus triste, plus perdu. Elle se reprit là encore. C'était une habitude pour elle. Avant, elle avait l'avantage de porter un masque. Elle n'avait pas forcément besoin de faire attention à ses expressions mais c'était davantage le cas à présent.

Marine était restée à peu près stoïque jusque là mais Helel toucha l'un des points sensibles de la jeune femme. La déesse ne l'avait jamais remercié. Serait-elle désolée de sa disparition ? Elle n'avait pas cherché non plus à la retenir à ses côtés. Peut-être ne voulait-elle pas alourdir la peine de la rouquine ? Pourtant, elle n'avait même pas essayé, cherché à la faire changer d'avis. Elle lui avait souhaité bonne chance pour sa nouvelle vie. Rien d'autre. Sur le moment, elle n'avait pas fait attention mais à présent, elle se rendait compte combien elle aurait aimé un « merci » pour ce qu'elle avait fait. Un simple « merci » était donc si difficile à dire ?


« Personne n'est libre. Humain, démon, dieu... Nous sommes tous prisonniers d'une façon ou d'une autre... »

Le côté désabusé de la rouquine s'exprimait. Elle avait toujours eu un côté très fataliste, voyant le verre à moitié vide plutôt qu'à moitié plein. Son regard s'assombrissait sous une certaine douleur. Pourtant, elle refusait de se laisser aller. Elle était une survivante. Elle pouvait encore aller de l'avant même si elle y croyait de moins en moins.

« Je ne rêve pas de château. »

Non, elle n'avait jamais rêvé d'avoir un château mais elle avait bien rêvé d'une maison au bord de la mer, une maison bien à elle, pas la simple maison qu'elle occupait au sein du Sanctuaire.

« J'ai vaincu beaucoup d'ennemis mais je te l'ai dit, la gloire ne m’intéresse pas. Je n'attends pas forcément un hommage. »

Pas forcément... Non, mais si on lui en avait donné, elle n'aurait pas dit non. Elle aurait préféré éviter de penser ainsi mais il fallait être un brin honnête avec soi-même.

« Terra ? C'est quoi ça Terra ? »

Était-ce un autre nom de la Terre ou d'une partie de la Terre ou était-ce une partie des Enfers ? La jeune femme n'en avait aucune idée. Elle sursauta en voyant soudain le portail derrière le démon. Il avait fait ça comment ? Elle écarquilla les yeux. Elle en avait vu des choses dans sa vie mais là, elle était bluffée. Elle ne put s'empêcher d'approcher pour voir si c'était une illusion mais ça ne semblait pas le cas.

« Je ne suis plus en mission pour ma déesse. »

Elle avait parlé sans réfléchir, plus intéressée par cet étrange portail et ce qu'elle y voyait par delà que par le fait de ne pas se vendre concernant le fait qu'elle n'était plus au service d'Athéna. Elle finit par se retourner vers le démon et observa sa main. Elle hésita un moment avant de finir par s'écarter et revenir à sa place première.

« Navrée mais je ne vais pas suivre un démon parfaitement inconnu dans une... autre dimension... aux Enfers... ça ressemble plus à un piège qu'autre chose. Merci pour ta proposition et ton invitation mais je reste où je suis. Rien ne me garantie de revenir de là intacte alors je préfère éviter de mourir tout de suite. En plus, j'ai pas ma brosse à dent sur moi et j'ai pas la bonne tenue non plus. Pourtant, je ne doute pas que tu trouveras plein de jolies démones pour te tenir compagnie, Helel. Prends ce que tu es venu chercher et rentre chez toi, je crois que ça sera mieux pour tout le monde. »

Il y avait comme une note de regret dans sa voix. Le démon avait visé juste sur plusieurs points mais la rouquine était encore retenue par certains fils invisibles.
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« Répondre #9 le: Septembre 10, 2015, 03:28:23 »

Voilà que le démon se trouvait dans l’impasse. Il sentait que ses mots touchaient la jeune femme, que ses paroles avaient du sens pour elle. Mais sans doute ne pouvait-il espérer venir à bout d’elle en quelques minutes. Il avait déjà fait un important travail, et saurait en rester là, pour le moment.

« Tu m’en vois alors navré. Mon invitation tiendra toujours, dans cette vie comme dans un autre. » Affirma le colosse, la main toujours tendue cependant. « Mhhh… »

Helel ne rechignait pas, habituellement, à user de magies obscures pour convaincre les mortels qui prenaient place sur son chemin. Le cerveau d’un humain, dans sa grande complexité, était pourtant si simple à manipuler et contrôler. En psalmodiant quelques paroles à peine audibles, le démon pouvait altérer le cours des pensées d’un interlocuteur, et y planter les idées qu’il voulait.

Son aura de démon l’aidait dans cette tâche, lui conférant une aura inhumaine, aussi terrifiante qu’apaisante, aussi douce que puissante. Helel aurait alors pu tenter d’user de cette magie sans nom sur l’esprit de Marine, mais il ne le fit pas. Nombre de ses pairs se serait adonnés à cette sauvagerie, satisfaits seulement d’avoir pu s’approprier la force d’un chevalier.

Mais le beau diable cherchait autre chose que la manipulation. Contrairement à tant de mortels qu’Helel avait soumis aux sortilèges d’hypnose, Marine n’était pas un obstacle. Elle était l’objectif que visait le démon. Tout ce qu’il souhaitait, c’était de se l’approprier. Il n’aurait pu se résoudre à lui faire changer d’avis par des facilités comme la magie ou la force. Elle devait se rendre à lui de son propre chef.

Alors, Helel ferma le poing. Le portail derrière lui n’avait pas disparu, et il comptait bien l’emprunter pour retourner dans sa dimension. Mog-ul aurait bien la jugeote de rentrer par lui-même, après tout. Cependant, le colosse souhaitait offrir un présent à Marine, avant de partir. L’épais poing du colosse se rouvrit alors, moins vide qu’auparavant. Au milieu de sa paume trônait un œuf bleuté, décoré par deux yeux, un nez et une bouche, éparpillés le long de ses reliefs, sans la moindre cohérence.

« C’est un Béhélit. » Dit Helel, ajoutant certainement plus de questions que de réponses. « Cet objet, je ne l’offre qu’à des gens d’exceptions. Il te reviendra toujours, car il t’appartient désormais. »

Ce n’était pas une drôle d’image, ce n’était pas une métaphore étrange. Les Béhélit revenaient toujours à leurs possesseurs. Qu’ils soient brulés, écrasés, enterrés ou noyés, ces œufs démoniaques n’avaient de cesse de trouver leur chemin jusqu’à un malheureux élu. Pourtant, ils ne faisaient pas grand-chose. Certains apportaient la chance, d’autres la malchance. Mais tous finissaient en drame.

Eternellement liés à l’esprit de leurs maîtres, ils ne pouvaient éclore qu’à un seul moment : lorsque leur possesseur se voyait confronter à la plus grande douleur de sa vie. Elle était physique, parfois, mais le plus souvent, elle était psychologique. Et quand venait le moment propice, les traits du Béhélit se rassemblaient en un visage pleurant du sang, qui appelait à lui son créateur.

Ainsi, lorsque Marine serait enfin apte à réévaluer la proposition d’Helel, ce dernier le saurait-il, où qu’il puisse se trouver dans le vaste univers, et dans l’infini plan des dimensions.

« Tu n’as pas besoin de l’accepter, fais-en ce que tu veux. » Ajouta nonchalamment le beau diable, jetant l’œuf  dans les mains de la rouquine. « A bientôt, Marine. »

A ces mots, le monstre fut englouti par son portail, lequel se referma sur lui-même, disparaissant dans un épais nuage de fumée grisâtre.





Les Béhélit peuvent influencer la destiné elle-même, et en tordre les fils invisibles. Mais Helel avait appris qu’il n’était pas bon de se fier à leur pouvoir, sans s’investir un minimum. Pour convaincre Marine, il lui faudrait s’aventurer au plus profond de ses insécurités. Pour la plonger au bord du désespoir, il faudrait que le Maître s’informe.

Dans un premier temps, il se rendit au Palais d’Hadès, où il apprit la façon dont fonctionnaient les chevaliers et leur ordre, où le Dieu des Morts lui appris l’histoire de Marine. Helel fut surpris d’entendre qu’elle n’était apparemment plus au service de la Déesse Athéna. Surpris, mais également ravi. Cette femme, à en croire les rumeurs, était déjà au fond du gouffre.

Régulièrement, le monstre envoyait ses hommes espionner la rouquine. Il en ressortait que, si la vie au Sanctuaire avait été un calvaire pour Marine, sa vie à Seikusu n’avait rien de plus désirable. Elle peinait à vivre dans une société pour laquelle on ne l’avait jamais préparée. Elle avait été élevée comme un soldat, sans jamais avoir eu à se soucier des interactions avec la vie civile. Et voilà que sa liberté tant attendue n’était qu’une aliénation, un monde sans joie.

Enchainant rencontre sur rencontre, interrogatoire sur interrogatoire, Helel finit par trouver le plus évident des points faibles de sa proie : les rares personnes pour lesquelles elle avait eu des sentiments. Il y avait son frère, et son disciple. Et comme le voulait l’ironie tragique dont les Grecs étaient friands, l’élève avait tué le frère, par devoir.


Aujourd’hui, ce fameux disciple, Seiya, vivait heureux, ayant retrouvé sa sœur et une vie normale grâce aux efforts de Marine. Il avait tout pris de ce que la vie avait à offrir, laissant son mentor dans la souffrance et la misère. Il symbolisait certainement tous les regrets de la rouquine, et c’était par cet angle qu’attaquerait le vicieux démon.

Deux de ses meilleurs soldats, deux polymorphes, avaient été chargés de suivre Seiya ainsi que sa sœur, de les observer et copier avec efficacité leurs manières, leur façon de parler. En bref, de devenir des copies conformes des deux jeunes gens. Ce n’était qu’une mesure de sécurité, après tout, Helel était certain qu’il ne lui faudrait pas plus d’une minute pour briser Marine, maintenant qu’il savait tout sur elle.

« Oh, Marine… »  Murmura la parfaite imitation de Seiya.

Il y avait un festival en ville, et les stands s’éparpillaient probablement sur une centaine de mètres. Le sentier du parc était bondé de monde, mais le démon qui avait revêtu l’apparence de Seiya n’avait nullement manqué Marine. Il l’avait même traquée, attendant patiemment ce moment. Attendant l’ inattention, le faux s’était précipité contre la rouquine, s’écrasant contre elle dans ce qui passerait aisément pour un accident.

« Hey… » Salua le copieur d’un air gêné. « Je… Ca fait longtemps… »

Gore-Ul, le démon changeforme, avait parfaitement répété son rôle de Seiya. Il savait tout, et il savait parfaitement comment le véritable chevalier aurait réagi face à Marine. Un mélange de honte et de gêne, auquel il ajouterait sa touche personnelle, teintée d’arrogance, de joie de vivre et d’ingratitude. Sa « sœur » n’était pas encore là. L’autre changeur de forme attendait le moment parfait pour asséner le coup de grâce.

« Qu’est-ce que tu deviens ? Tu n’as pas l’air très en forme. » Il reprenait peu à peu des couleurs, souriant gaiement et démontrant que, de son coté, tout allait pour le mieux. L’innocence marquait ses traits, comme s’il ne réalisait pas qu’une telle constatation n’aidait pas Marine à mieux se porter.
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« Répondre #10 le: Septembre 10, 2015, 10:53:49 »

La jeune femme avait pensé que le démon prendrait mal son refus mais il n'en était rien. Il semblait même conciliant. Même si sa proposition semblait rester valable, Marine ne pensait pas l'accepter dans le futur. De toute façon, elle n'avait aucune idée de comment contacter le démon, alors elle ne risquait probablement pas de le revoir de si tôt. Elle l'observait alors qu'il serrait le poing avant de lui lancer une drôle de babiole. Elle l'attrapa au col et observa l'étrange... œuf ? Cela ressemblait à une sorte d’œuf art déco. Bizarre comme babiole. La rouquine n'avait jamais rien vu de pareil avant, tout comme elle n'avait jamais vu de démon avant aujourd'hui.

« Un Béhélit ? C'est quoi ? »

Il lui apporta la réponse bien qu'elle trouvait celle-ci particulièrement étrange et surtout, elle soulevait pas mal d'autres questions. S'il n'offrait ce genre d'objet qu'à des personnes importantes, pourquoi elle ? Elle était plutôt ordinaire et s'il ne comptait pas la revoir, pourquoi lui donner ça. Marine ne trouvait pas vraiment de réponse mais garda le drôle d'objet dans ses mains alors que le démon lui disait au revoir ou plutôt à bientôt avant de passer dans son monde.

« Au revoir. »

Des mots qui lui semblaient bien vides mais elle ne voyait pas autre chose à dire. Elle l'observa s'en aller et sursauta quand le portail se referma. La forêt sembla alors étrangement vide à la jeune femme. Elle avait l'impression d'avoir froid soudain et regarda plusieurs fois autour d'elle pour voir si le portail ne réapparaissait pas plus loin, mais non. Rien. Juste le vent dans les feuilles, les animaux qui bougeaient, les oiseaux qui chantaient. La belle soupira en regardant le drôle de petit objet. Un bref instant elle faillit le jeter mais elle se rendit alors compte que c'était la première fois qu'on lui offrait quelque chose. C'était dingue que ça soit un démon qui lui fasse ce cadeau et pas un de ses anciens compagnons. Prenant l'objet dans sa main, elle reprit sa course. Son pas était bien moins vif et léger qu'avant cette étrange rencontre. Elle acheva son jogging et rentra à l'hôtel où les cafards abondaient. Elle détestait cet endroit. Elle s'allongea sur le lit miteux et contempla de nouveau le Béhélit. Cela semblait inoffensif. Le dessin était étrange, pas laid mais intriguant. Pour un peu, elle avait l'impression que c'était son propre visage dessus, un visage tordu, ravagé malgré ses vingt ans. Cela faisait si jeune et en même temps, elle avait l'impression d'avoir des siècles. C'était idiot bien sûr mais c'était une impression qui lui collait à la peau ces derniers temps. Elle reposa le petit œuf sur sa table de nuit avant de se rendre sous la douche, écrasant quelques cafards au passage.

Les jours et les semaines qui suivirent ne furent pas de tout repos pour la rouquine. Elle découvrait un peu plus chaque jour à quel point elle n'était pas préparée à cette façon de vivre. Trouver un travail semblait plus difficile que de franchir les douze maisons du zodiaque. Elle allait de déconvenues en déconvenues. Pas de papiers, pas de compétences, pas de diplômes... Les portes se claquaient les unes après les autres sans qu'elle ne puisse rien y faire et rien dire. Parfois, elle décrochait un job pour la soirée pour faire la plonge dans un restaurant car il manquait quelqu'un mais les quelques billets récoltés n'allaient pas lui permettre de survivre très longtemps. Elle commençait à devoir sérieusement limiter ses dépenses. Elle se contentait d'un repas par jour et avait du aller dans un hôtel encore plus miteux que le précédent. Elle ne pensait pas pouvoir trouver mais c'était pourtant le cas. Elle supportait de moins en moins les gens aussi. Manque de politesse et de savoir vivre. Les gens qui vous bousculaient sans s'excuser et qui parlaient pour rien, cela l'agaçait encore et encore. Les nuits, elle ne trouvait pas le sommeil. Quand elle parvenait à dormir, elle se réveillait toujours en hurlant après un énième cauchemar sur la mort de son frère. Elle finissait alors par aller arpenter la ville, faute de pouvoir se rendormir.

Elle avait gardé le Béhélit qui, étrangement, ne la quittait pas. Elle le gardait sur sa table nuit, voir sur son oreiller, la nuit, et dans ses poches en journée. Cela lui donnait l'étrange impression d'avoir Helel près d'elle. C'était stupide mais au point où elle en était, elle se consolait avec tout et n'importe quoi. De toute façon, il y avait quasiment aucune chance qu'elle le revoit et même si c'était le cas, sa vision des choses n'avait pas changé. Du moins, c'était ce qu'elle se répétait car au fond d'elle-même, elle se demandait ce que serait son existence si elle avait accompagné le démon dans son univers. Il y avait peu de chances qu'elle combatte cafards, puces et autres cancrelats alors que c'était son lot quotidien dans sa miteuse chambre d'hôtel.

Aujourd'hui c'était jour de fête ou de festival, elle ne savait plus vraiment. Elle n'avait jamais assisté à ce genre de choses alors elle s'était dit que ce serait une bonne raison de s'y rendre. Elle avait cependant sous estimé le monde qui s'y trouverait. La foule, ce n'était pas son truc. Néanmoins, elle faisait un effort et déambulait entre les stands, observant mais n'achetant rien. Ce n'était pas dans ses moyens. Alors qu'elle marchait, elle fut percutée par quelqu'un. Elle reconnu l'homme à sa voix avant même de relever les yeux.


« Seiya ??!! »

C'était bien la dernière personne qu'elle pensait rencontrer. Elle l'observa un moment. Il semblait aller bien et être en bonne santé. Tout le contraire d'elle. Elle, elle avait perdu du poids et n'allait pas bien du tout. Ils étaient le jour et la nuit. Le jeune homme semblait gêné comme les dernières fois où ils s'étaient vus. Rien de plus normal en même temps. Les questions, elle mit un moment à les assimiler.

« Comment je vais ? »

Bonne question. Que devait-elle répondre ? Bien serait la logique mais il avait vu lui-même que ça n'allait pas. Cependant, elle ne pouvait ignorer que lui se portait très bien. Il semblait surtout heureux. Un sentiment que ne connaissait plus Marine depuis déjà longtemps.

« Ça va. Je me débrouille. »

Réponse laconique mais elle ne se voyait pas dire autre chose. Elle peinait même à le regarder et à esquisser une ombre de sourire.

« Oui, ça fait longtemps. Et toi, comment tu vas ? Bien visiblement. »

La joie qu'il semblait éprouver, elle ne pouvait s'empêcher de la lui envier. N'avait-elle donc pas le droit, elle aussi, à sa part de bonheur ? Le droit d'être heureuse et d'avoir une belle vie ? Pour le moment, elle en était loin. Elle laissa sa main glisser dans sa poche pour serrer doucement l’œuf démoniaque. Quelque part, il la rassurait. Elle finit par relever la tête pour croiser le regard de son ancien disciple. Elle espérait qu'il allait vite partir parce que son courage ne durerait pas longtemps.
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« Répondre #11 le: Septembre 11, 2015, 08:37:31 »

Gore-ul était un expert dans son domaine, un changeforme sans pareil. Il ne manquait jamais aucun détail, de la dent légèrement ébréchée jusqu’aux tics les plus insignifiants. Son imitation de Seiya allait jusque dans l’odeur corporelle et les manières. Pourtant, il se devait bien de faire quelques improvisations. Le véritable chevalier de pégase se sentait coupable.

S’il avait vu Marine, il aurait certainement eu cette exacte réaction, un malaise presque palpable pendant quelques secondes. Mais il aurait fini par fondre en excuses, exprimer la profonde tristesse qu’il ressentait, pour avoir du tuer Tôma. Ce Seiya là, il se moquait bien de ce que pouvait ressentir la rouquine. Au contraire, son devoir était de lui briser le moral. Pour l’instant, il ne faisait que s’échauffer.

« Oui, tout va très bien ! » Assura le chevalier, le visage rayonnant. « J’étais justement en train de profiter du festival avec Seika, mais je l’ai perdue de vue. »

L’imitateur jeta un coup d’œil, à droite puis à gauche. Il ne voyait pas encore son complice, mais le moment n’était pas encore opportun, de toute façon. Quant à Marine, elle semblait déjà ne pas tenir une grande forme, tant physiquement que mentalement. Au cours des dernières semaines où les imitateurs avaient également suivi les faits et gestes de la rouquine, ils avaient pu voir à quel point sa vie était misérable.

Ce jour de fête était le moment idéal. Tout le monde s’amusait et riait. Il y avait de tout, de la famille comme des couples heureux. De quoi redonner le sourire à un mélancolique. Mais rien qui ne puisse redonner le sourire au chevalier de l’aigle. Elle avait tout perdu, et ces moments n’existaient que pour lui rappeler la valeur de ces liens qui s’étaient brisés.

Il ne fallait pas qu’elle se raccroche à Seiya comme à un roc. Non, pour la détruire, Gore-Ul devait s’assurer qu’elle saisisse toute la mesure de l’ingratitude dont faisait preuve son ancien élève. Elle devait le voir heureux, un bref instant, puis constater tout le bonheur qu’elle lui avait offert par son propre sacrifice. Enfin, le coup de grâce serait de le voir partir, aussi vite qu’il était arrivé, la laissant à son malheur.

« Tu ne l’aurais pas vue ? » Demanda l’innocent jeune homme. « Je dois te le dire Marine, ça me fait du bien de m’éloigner un peu du Sanctuaire. Je peux rattraper le temps perdu, et profiter du monde. Je n’ai jamais été aussi heureux et libre. Tu dois comprendre ça, pas vrai ? »

Encore une fois, Gore-Ul s’assurait de ne rien perdre du ton qu’employait le véritable Seiya. Cette façon presque juvénile de pouvoir se montrer blessant, sans même s’en rendre compte. Il voulait éviter d’aborder des sujets trop fâcheux, de  peur de jeter en l’air sa couverture. Pour le moment, tant que la fausse Seika n’était pas à ses cotés, le faux Seiya se contentait de petites questions sans envergures.

Comment se portait-elle, que faisait-elle ici, qu’y avait-il de neuf dans sa vie. Tant de questions auxquels on n’attend pas vraiment de réponses. L’imitateur ne manquait pas de lancer, de temps en temps, quelques œillades sur les cotés, alors même que la rouquine lui parlait. Il rendait les choses très claires : dès que sa sœur serait revenue à ses cotés, il partirait. Pas besoin de le dire, ses gestes et ses manières le montraient.

Exactement comme s’il n’avait pas envie de passer plus de temps avec Marine, malgré les sacrifices qu’elle avait accomplis pour lui. Après tout, Seiya avait tout ce qu’il voulait, tout ce que son cœur avait un jour désiré. Pourquoi perdrait-il plus de temps à parler à des vestiges du passé, plutôt que de profiter d’un festival et d’un temps magnifique avec sa sœur.

« Seiya ! » Appela une voix douce, interrompant Marine dans l’une de ses phrases. « Ah, te voilà Seiya, je t’avais cherché partout ! » Cette voix délicate appartenait à une jeune femme.

Seika ressemblait à s’y méprendre à Marine. On aurait aisément pu les prendre pour des sœurs, si la famine et la fatigue n’avaient pas ternis les traits de la guerrière de l’aigle. Quant à la grande sœur de Pégase, elle affichait un sourire encore plus radieux que celui de son frère. Ses bras étaient enroulés autour de celui de Seiya, et les deux arboraient l’air le plus heureux que l’on puisse admirer.

« Oh, Marine ? Quelle surprise ! » Seika se montra un peu plus avenante que Seiya, touchant doucement l’épaule de la rouquine pour la saluer. « Est-ce que tu veux rester un peu av… »

La proposition de Seika fut bien vite interrompue. Seiya venait de tousser, lançant un regard assez expressif à sa grande sœur. Ils avaient convenus de passer la journée ensemble, après tout. Seika eut donc tôt fait de se raviser, observant le vide comme si elle ne savait plus quoi dire.

« Excuse moi Marine, mais nous n’allons pas rester ici très longtemps, il faut que nous allions chercher nos affaires à l’hôtel avant de repartir. » Seiya afficha un air désolé. « Nous pourrons peut-être nous voir l’année prochaine à ce festival ? »

Il se retourna rapidement, visiblement pressé. Dès lors que leurs dos furent tournés, frère et sœur reprirent leurs chamailleries, lançant un dernier coup d’œil vers Marine, qu’ils saluèrent d’un sourire et d’un geste de la main. Tant de plaisirs et de joies que la rouquine n’aurait jamais.

Pas tant qu’elle n’aurait pas accepté la proposition d’Helel.
« Dernière édition: Septembre 11, 2015, 12:28:04 par Stephen Connor » Journalisée

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« Répondre #12 le: Septembre 11, 2015, 09:39:43 »

La rencontre avec Seiya était un coup très dur pour la rouquine. Elle qui allait déjà mal voilà que le sort semblait s'acharner sur elle. La pire rencontre qu'elle pouvait faire en cet instant. Elle se sentait très mal à l'aise face au jeune homme. Celui-ci n'était pas non plus à l'aise même si sa gêne sembla passer beaucoup plus rapidement que pour la rouquine. En l'observant, elle nota que malgré les cicatrices dues aux combats, il se portait bien, très bien même. Son sourire illuminait son visage. Il resplendissait. La jeune femme ne se doutait aucunement de la supercherie. Le polymorphe imitait son disciple à al perfection. Impossible pour elle, malgré son expérience, de faire la différence. Sans compter qu'elle n'était pas au mieux de sa forme. Elle se sentait un peu comme sonnée avec cette rencontre. Une part d'elle avait envie de s'enfuir, de courir se cacher loin et de ne plus jamais croiser la route de son ancien disciple, mais ce n'était pas possible. Pourtant, elle n'était pas lâche habituellement. Il fallait croire que ces dernières semaines avaient été particulièrement difficiles pour elle psychologiquement. Elle resta cependant là, devant lui, affichant un piteux sourire de circonstance. La réponse à sa question était des plus banales. Elle ne se voyait pas s'épancher sur son épaule. Elle ne l'avait jamais fait avec qui que ce soit. Au final, elle se retrouvait à raconter des banalités alors qu'elle avait horreur de ça.

La jeune femme eut un léger soubresaut alors que le nom de Seika venait dans la conversation et un éclair de douleur passa dans ses yeux bleus océans. Sa sœur était là aussi. Décidément, quand le destin vous haïssait, ce n'était pas à moitié. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux et serra fortement ses poings, enfonçant ses ongles dans sa chair. La douleur physique lui permettait d'évacuer la souffrance psychologique qu'elle éprouvait à cet instant et qui lui vrillait le cœur et l'âme. Il était là avec sa sœur, la sœur qu'elle lui avait ramené. La sœur dont elle avait patiemment retracé le chemin, se mettant dans sa peau, avançant dans ses pas afin de trouver la clé de l'énigme. Et elle avait brillamment réussi. Là où Seiya avait échoué, là où la Fondation Kido avait échoué, elle, elle avait réussi. Usant de sa profonde empathie, elle avait réussie l'exploit de se mettre à la place de Seika et finir par la retrouver. Elle avait ramené Seika au Sanctuaire et l'avait protégé contre les attaques d'Hypnos. Au final, frère et sœur avaient réussi à se retrouver. Mais elle, elle n'avait pas eu cette chance. Son frère, elle l'avait retrouvé mais juste pour le tenir dans ses bras alors qu'il exhalait son dernier soupir. Tôma était mort après avoir affronté Pégase et avoir reçu une flèche d'or en plein cœur. Jamais, ils ne pourraient se promener dans ce genre de festival. Jamais ils ne pourraient rattraper le temps perdu. Jamais !


« Non... Non... je ne... Je ne l'ai pas vu... »

Elle se contenta de hocher la tête concernant l'éloignement du Sanctuaire. Comprenait-elle ? Elle fit oui mais pensait non. La vie du jeune homme semblait idyllique alors que la sienne passait de Charybde en Scylla. Seiya s'adonna à lui donner quelques nouvelles qui ne l'intéressait plus dans le sens où elle n'était plus chevalier. Cependant, son comportement était particulièrement irritant. Il ne cessait de jeter des coups d’œil à droite et à gauche. Il continuait de chercher sa sœur et ne semblait parler à son ancien maître que par obligation. Si Marine n'avait pas encore l'impression de n'être rien, là c'était fait. Le douleur ne fit que s'amplifier en elle. Elle eut soudain envie d'éclater en sanglots et de se mettre à hurler juste pour qu'on la regarde, qu'elle est enfin l'impression d'exister, mais elle ne fit rien. Elle resta là, bras ballants, tête baissée. Il était bien loin le fier et droit chevalier de l'aigle.

Elle tenta de relever la tête. Après tout, ce n'était pas elle qui était en faute. C'était Seiya qui avait tué son frère, mais elle ne pouvait oublier que c'était elle qui avait tout appris à son ancien disciple. C'était un peu comme si c'était elle qui avait tué son propre frère. Les paroles se succédaient, de la pure politesse, rien de réel. Aucune chaleur. Aucune douceur ou tendresse. Rien du tout. Alors que la rousse répondait à une question des plus insignifiantes, une voix mélodieuse se fit alors entendre.


« Seiya ! Ah, te voilà Seiya, je t’avais cherché partout ! »

La jeune femme qui ressemblait étonnamment à la femme chevalier s'approcha du duo. Elle était belle et semblait heureuse, pleine de vie, épanouie. Tout ce que Marine n'était plus depuis longtemps si tant est qu'elle l'ait jamais été. La tendresse filiale des deux jeunes gens était une évidence tout comme leur bonheur. La main sur l'épaule de la rouquine lui fit l'effet d'une brûlure au fer rouge. Elle se dégagea assez brusquement avant de faire face à Seika.

« Oh, Marine ? Quelle surprise ! Est-ce que tu veux rester un peu av… »

Seika fut brutalement interrompue par le chevalier Pégase qui toussa pour tenter d'attirer l'attention de sa sœur. S'il avait cherché à le faire discrètement, c'était raté. Marine comprit à quel point elle les dérangeait, elle le dérangeait. Elle n'était qu'un accident dans leur journée de festivités. Elle ne répondit même pas quand Seiya la salua. Elle les regarda s'éloigner. Ils n'avaient même pas cherché à comprendre pourquoi elle ne répondait pas, elle ne disait rien. Ils s'en moquaient. Il s'en moquait. Elle lui avait tout donné et il l'avait piétiné sans une once de pitié. Plongée dans la foule, la jeune femme se sentait plus seule qu'elle ne l'avait jamais été. Les larmes se mirent à couler pour de bon sur ses joues sans qu'elle ne cherche à les arrêter.

« Ça va mademoiselle ? »

La voix semblait venir d'outre tombe alors que ce n'était qu'un passant qui s'adressait à elle. Marine le regarda sans rien dire pendant un moment avant de se tourner et de s'enfuir en courant. Elle ne savait pas où elle allait mais elle avançait droit devant elle, bousculant les passants, provoquant cris et indignations mais elle n'en avait pas grand chose à faire. Les gens ne faisaient pas attention à elle, pourquoi ferait-elle attention à eux ? Le reste de la journée, elle le passa à déambuler dans les rues de la ville. Parfois en larmes, parfois les yeux rougis mais toujours le regard hagard, perdu. Ses pas finirent par la mener dans un bar à l'allure douteuse mais elle s'en fichait. Elle se rendit dans un coin de la pièce et déposa un de ses précieux billets sur la table.

« Vodka. »

Le barman hocha la tête, encaissant le billet avant de lui apporter le verre. Marine n'avait jamais bu de sa vie. Elle ne connaissait pas grand chose aux alcools si ce n'est quelques noms. Elle avait dit vodka comme elle aurait dit rhum ou bière. Il semblait juste que la vodka était le plus costaud. Elle attrapa le verre et, à la première gorgée, elle eut l'impression qu'on lui passait la trachée au lance-flammes. Elle toussa et provoqua quelques rires mais elle n'en avait rien à foutre. Elle prit une nouvelle gorgée et toussa moins. A la fin du verre, l'alcool commençait déjà à agir, elle sentait moins la brûlure dans sa gorge. Son verre vide, elle reposa un billet sur la table.

« Un autre. »

Le barman ne rechigna pas à prendre le billet et resservir la rouquine. Les verres se succédèrent et la jeune femme sentait les effets se faire sentir. Une certaine forme de bien-être l'envahissait et elle se rendait compte qu'elle se foutait de tout. Elle éclata de rire toute seule, passablement ivre. Un jeune homme vint alors s'asseoir avec elle, sur la banquette miteuse.

« Ben alors ma belle, t'es toute seule ? Mais faut pas boire seule voyons... »

La rousse ne répondit rien, se contentant de redemander un verre. Elle n'aurait plus d'argent pour se loger et se nourrir à ce rythme mais elle s'en moquait éperdument.

« Si tu cherches de la compagnie, je suis là ma belle. »

Pas de réponse, Marine s'intéressait plus à son verre qu'à l'homme près d'elle. Prenant son absence de réponse pour un oui, les mains masculines commencèrent à courir sur le pull et le jeans. Le visage de l'inconnu plongea dans son cou et la rousse était dégoûtée par son contact mais se laissait faire. Au point où elle en était, elle se moquait totalement d'elle-même. Elle n'était plus rien alors que son corps serve à un homme en chaleur, ça ne changerait pas grand chose. Sans quelle le sache alors, l’œuf avait changé, évolué, le visage s'était reformé et pleurait des larmes de sang.
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« Répondre #13 le: Septembre 11, 2015, 11:41:24 »

Gore-Ul et Ul-Kael revinrent à leur Maître, visiblement satisfaits de leur travail. Ils étaient tous deux persuadés d’avoir parfaitement accompli leur mission. Helel les connaissait bien. Il les connaissait suffisamment pour savoir que si tous deux pensaient avoir réussi, alors ils avaient réussi. Bientôt, très bientôt, le Béhélit appellerait son créateur.

Dans un cri qui déchirerait l’âme des mortels, dans un hurlement qui secouerait les fondations de la réalité, Helel s’immiscerait pour conquérir sa promise. Le serpent sournois n’avait cependant rien qu’un chevalier en armure étincelante. Mais la finalité était la même : il sauverait Marine de la vie médiocre qui l’attendait, et lui offrirait un destin à la mesure de sa force.

Pourquoi Helel avait-il décidé de s’approprier la jeune femme ? Pourquoi avait-il décidé de la sortir de cette prison dans laquelle elle s’était elle-même enfermée ? Simplement parce le monstre respectait la force, et si la rouquine ne pouvait pas respecter sa propre force parce que sa morale lui empêchait d’avancer, alors il lui ferait comprendre son erreur. Il lui ouvrirait les yeux sur tout ce qu’elle avait manqué durant des années de privations.

Il lui offrirait la véritable liberté. Pas celle que l’on obtient en brisant ses chaines, pas celle que l’on obtient en tuant ses ravisseurs. Non, celle que l’on obtient seulement en déchirant les brides qui maintiennent l’esprit captif, en se passant de la morale et de tout ce qu’elle implique. Et quelle meilleure façon pour cela que de devenir un démon.

« Enfin. » Grogna le colosse, un sourire aux lèvres, trépignant visiblement d’impatience.



« Souhaites-tu faire un sacrifice ? » Tonna la voix du titan.

 Il y eut un silence.

« Je prendrai cela pour un oui. Bienvenue dans notre famille, Marine. » Ricana le démon.

Il n’y avait toujours que le silence. Puis soudain, le bruit des os qui craquent, du sang qui giclent. L’odeur de la mort, de la chair déchirée et des tripes entaillées. Le bar n’existait plus. Ou plutôt, il existait dans un autre plan, dans une dimension qui ne suivait pas les lois du monde des mortels. Tables, chaises, comptoirs, tout avait été recréé dans une matière rouge et noire, organique et gluante. La lumière ne provenait que d’une flopée de pierres rouges incrustée au plafond, éclairant faiblement les lieux, et uniquement le chevalier ainsi que son assise.

Plus personne ne vivait ici, à part Marine. Et la chose qui lui parlait, elle, ne vivait plus depuis déjà bien longtemps. La main de l’homme qui avait touché la rouquine subsistait, tombée au sol en bas du tabouret, comme une preuve qu’elle n’avait pas rêvé cette scène. Le bruit du carnage persistait, accompagné de hurlements d’horreur que l’ont ne pouvait que deviner, tant ils étaient étouffés par le vacarme du festin.

Sortant de l’ombre, Helel apparut. Du sang tachait son menton, comme la première fois qu’il avait rencontré le chevalier de l’aigle. Mais contrairement à cette fois, ce n’était pas son sang qui coulait hors de sa bouche. Il les avait dévorés, tous. Il avait bu leur sang et écrasé leurs os entre ses dents. Le tout en un rien de temps, comme l’aurait fait une hyène affamée.

« Que le Voile se lève. »
Ordonna Helel, de sa voix rauque.

La lumière reprit alors ses droits, et l’immonde matière organique se mit à fondre, s’écartant au niveau du plafond, coulant sur les murs pour enfin s’écraser sur un sol de verdure, disparaissant dans une ébullition bruyante. Pour la première fois de ce qui serait, à n’en pas douter, une longue série, Marine visitait l’endroit où vivait son nouveau Maître, où elle vivrait.

L’Île des Léviathans portait un nom que seuls les torturés pouvaient comprendre. Les âmes qui avaient failli à honorer Helel, ou qui lui avaient été offert en sacrifice, si elles n’avaient aucune valeur à ses yeux, finissaient dans les eaux qui bordaient le morceau de terre, condamnées à une noyade éternelle.

Personne, autre que le champion de Lucifer en personne, ne pouvait quitter l’îlot principal pour se mouvoir à travers l’Archipel. Il n’y avait qu’un seul bateau, et l’océan sans fin était rempli de créatures immondes qui n’attendaient qu’une âme bien grasse pour se repaître de sa chair.

Cependant, il n’y avait que peu de raisons de quitter l’Île principale. Elle comportait de grandes plaines verdoyantes, des forêts colorées de milles tons, et des collines aussi sublimes qu’escarpées. En son flanc le plus élevé se dressait une bâtisse à mi-chemin entre un manoir et une forteresse. Faisant office de petit village pour les esclaves et généraux du Maître, la vie y était étonnamment correcte.

Evidemment, Marine aurait tout le loisir de quitter la dimension d’Helel, qui subsistait dans un plan compris dans les Grands Enfers. Mais l’heure n’était pas aux libertés de la jeune femme. Pour l’heure, elle allait comprendre ce qu’impliquaient les récents évènements.

« Je suis venu te sauver, Marine. Te sauver de ta propre faiblesse. » Affirma le colosse en tendant son index droit devant lui, le posant sur le front de la rouquine. « Entends-moi. » A ces mots, une lumière irradia le visage de Marine, la purgeant de ce que l’alcool avait fait à son esprit, mais aussi des tourments qui l’assaillaient, bien que l’amertume et la sensation de trahison n’aient pas quitté les pensées de la jeune femme. « Je viens te proposer de devenir mon apprentie. Je viens te proposer la gloire et la reconnaissance que tu mérites. »

Essuyant le sang sur ses lèvres et son menton, le beau diable s’empara de celle qui l’avait appelée sans même le savoir, par les épaules.

« Laisse-moi être le seul pour qui tu compteras, et la seule qui comptera pour moi. »
Il marqua une pause. « Vas-tu enfin me rejoindre ? »
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« Répondre #14 le: Septembre 12, 2015, 04:02:58 »

Dans le bar, Marine ne faisait plus cas de grand chose. Elle avait l'impression d'être une coquille vide. A quoi ça servait d'exister si c'était pour vivre ainsi ? D'ailleurs, on ne pouvait pas dire qu'elle vivait. Elle survivait tout juste. Chaque jour était une lutte pour pouvoir manger, trouver quelques billets afin d'avoir un toit au-dessus de sa tête. Un toit qui n'avait de toit que le nom vu l'état de délabrement dans lequel le motel se trouvait. A côté de ça, Seiya se portait et devait se trouver dans un hôtel de luxe, un palace peut-être même. Soit il se le payait, soit la princesse payait pour lui. Après tout, il était son chevalier divin, elle pouvait bien lui offrir des vacances de rêve. Tout ce qu'elle n'avait pas et n'aurait probablement jamais. Elle se retrouvait dans un bar minable, à boire de l'alcool, en se faisant tripoter par un pervers. Difficile de tomber plus bas. Enfin si, vu l'argent qu'elle avait dépensé, elle devrait aller faire le trottoir si elle voulait avoir une chance d'avoir à manger. La vie était une vraie salope !

Elle ne se rendait pas compte de l'objet que lui avait donné un certain démon il y avait plusieurs semaines de ça. Au final, Helel avait bien été le seul à se préoccuper d'elle alors qu'il ne la connaissait même pas. Si elle avait su, elle l'aurait suivi, même si ça avait été un piège, ça aurait été difficilement pire que sa situation actuelle. Le Behelit avait changé, prenant la forme d'un vrai visage pleurant des larmes de sang. La jeune femme entendit à peine la voix démoniaque. Son esprit était bien trop embrumé par l'alcool. Cependant, elle n'aurait pas protesté pour ce qui allait se produire. Alors qu'elle levait son verre, la pièce changea, laissant la place à une vision de cauchemar, des cris et des brisements d'os se faisaient entendre alors qu'une odeur de chair putréfiée s'élevait dans l'air ainsi que des odeurs de sang et de souffre. Étrange... était-ce un effet de la boisson ? Elle jeta un œil sur le type à côté d'elle mais elle ne trouva qu'un corps en déliquescence. Il se passait quoi ? Elle jeta un œil interrogateur à son verre mais soudain, elle vit Helel au travers de sa boisson. Elle n'en fut presque pas surprise. Le sang perlait sur son menton. Elle clignait des yeux, sans vraiment tout comprendre. Elle pointa son propre menton du doigt.


« Ça coule. »

La voix était approximative et l'influence de l'alcool était clairement présent. Le démon parla et comme Dieu le premier jour, la lumière fut. Le bar n'était plus et Marine voyait ce qu'il lui avait déjà montré lors de leur première rencontre, son domaine. Elle le reconnaissait très bien même si elle ne l'avait observé que quelques minutes au travers du portail. Elle n'était plus assise mais bien sur ses deux pieds au milieu d'une sorte de prairie verdoyante. C'était inattendue s'ils étaient bel et bien aux Enfers.

Le démon reprit alors la parole, lui disant être venue la sauver. Était-elle morte ? Elle n'en avait pas le souvenir. Le doigt se posa sur son front et soudain, son cerveau sembla s'éclaircir. L'alcool n'était plus présent en elle alors qu'elle était ivre quelques secondes plus tôt. Comment il avait fait ça ? Instinctivement, elle posa la paume de sa main sur son front mais il n'y avait rien. C'était comme s'il avait aspiré l'alcool au travers de son esprit. Prise par les épaules, elle laissa son regard azur se perdre dans celui rougeoyant du démon. Chaque mot semblait trouver un écho parfait en elle. Il lui proposait la reconnaissance dont elle avait tant besoin, celle qu'elle avait tellement désirée sans jamais l'obtenir. Il lui proposait de devenir son apprentie. Même si elle ne connaissait rien aux démons, elle se doutait que sa puissance était immense et grandiose. De quoi faire rêver ou cauchemarder selon le point de vue qu'on adaptait. Pour la rouquine, c'était plus un rêve. Il acheva de la convaincre en lui disant qu'elle seule compterait pour lui et lui pour elle. Il lui offrait la protection et une certaine forme d'attachement, tout ce qu'elle avait toujours voulu dans le fond. Elle avait défendu l'humanité pour ne rien obtenir en retour. Les Enfers seraient peut-être plus généreux avec elle. Elle n'avait plus rien à perdre de toute façon, on lui avait déjà tout pris. Désormais, elle voulait tout gagner. Elle le méritait après tout. Laissant sa culpabilité derrière elle, elle hocha la tête.


« Oui, je veux te rejoindre. Je serais à toi et toi à moi. Je te servirais fidèlement en échange de ta reconnaissance et de ta protection. Ma force, mon savoir, mon cosmos t'appartiendront pour aussi longtemps que le voudra. »

Chaque mot qu'elle prononçait, elle le pensait à 200%. Elle libéra son cosmos, le laissant atteindre son paroxysme. Helel n'avait certainement pas idée de sa puissance et là, elle le lui laissait voir. Même au Sanctuaire, elle n'avait laissé pleinement sortir son cosmos. Bien qu'elle soit chevalier d'argent, son pouvoir, sa puissance allait bien au delà et pour cause, cela faisait déjà un moment qu'elle avait atteint le septième sens. Si les autres chevaliers avaient fait attention à elle, ils auraient su mais personne ne remarqua jamais rien. Seul le démon pouvait désormais s'en rendre compte. Il était le seul digne de le voir. Le cosmos de la rouquine changea alors. Habituellement bleu, il changea progressivement passant progressivement au violet puis au rouge, preuve de son passage du côté obscur. Elle resta nimbée de son cosmos quelques instants avant de le faire disparaître en elle pour le moment. Une nouvelle vie commençait à présent pour la jeune femme.
Journalisée


Merci Stephen pour la sign Sourire

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