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Le Grand Jeu - Forum RPG

Bad langage Discrimination Drugs Sex Violence Gambling

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Auteur Sujet: ... Vivement que ça bouge. [PV]  (Lu 3555 fois)
Nathan Joyce
E.S.P.er
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FicheChalant
« Répondre #15 le: Février 21, 2015, 02:33:02 »

À son stade, ce n’était pas une petite cigarette qui allait le tuer. Il vivait dans un pays, le Japon, où la législation antitabac était l’une des plus répressives au monde... Mais, fort heureusement, l’avantage qu’il y avait à avoir un symbiote, c’était que, peu importe ce qu’on faisait, votre système immunitaire était inviolable. Peu importe les litres et les litres d’alcool qu’il buvait, son foie se soignait toujours, et il en allait de même pour le tabac. Il accepta donc cette cigarette, et tira sur cette dernière. Elle était... Plutôt bonne. En même temps, Nathan était plus un alcoolique qu’un fumeur, mais il s’était suffisamment imbibé pour toute une génération à venir. Assis sur le banc, il écouta ZI.UA lui expliquer que ses parents étaient des explorateurs spatiaux, partis sur une mission difficile, et avaient choisi de confier leur fille à l’Académie, afin qu’elle puisse avoir son diplôme... Ce qui, visiblement, frustrait énormément l’adolescente. Il pouvait le voir dans son regard, dans ses soupirs, dans la manière dont elle semblait bouillonner sur place.

Elle voulait retourner dans l’espace, car c’était son élément naturel, là où elle avait grandi, et où elle était née. Sur un pont, dans le hangar mécanique d’un vaisseau, dans les entrailles bruyantes d’une salle des machines, naviguant dans les étoiles...

« Tu es une fille des étoiles... Ou une sirène échouée sur une plage. »

La comparaison, selon lui, se tenait amplement. Il pouvait comprendre son ennui... Lui-même ne le partageait pas, mais Nathan n’était pas né dans l’espace, mais sur le plancher des vaches. L’homme aurait pu demander à ZI.UA de quelle mission il s’agissait... Il imaginait des explorateurs spatiaux s’élançant sur des planètes lointaines, abandonnées, ou dangereuses, des équipes dignes de celle du Nostromo, explorant des planètes comme dans « Prometheus ».... Il pouvait comprendre l’engouement d’une jeune femme pour ça, plutôt que de se morfondre en salle de cours ou dans des cours magistraux barbants au possible.

Quelques secondes passèrent ensuite. Il continuait à fumer la cigarette, essayant de l’utiliser pour se calmer, pour se maîtriser. La possibilité de remonter jusqu’à l’origine du symbiote, d’avoir enfin un moyen de le vaincre, de le dompter... Dans l’idéal, il aurait préféré pouvoir le conserver, car ce symbiote était terriblement puissant, mais, d’un autre côté... Souvent, il se demandait si la difficulté qu’il avait à le contrôler n’était pas, fondamentalement, lié à sa puissance surnaturelle. Ce faisant, le problème venait de lui, et rien ne pourrait lui permettre de dompter ce symbiote. Auquel cas, il était volontiers prêt à l’abandonner. La Bête, Nathan voulait la conserver pour maîtriser Sylvie, mais le risque était aussi que la Bête finisse par totalement le submerger. Bref, beaucoup de choses étaient possibles, et Nathan était un peu perdu. Il avait besoin d’en savoir plus.

« Mais oui, être séparée de ses parents... Au moins, c’est la preuve qu’ils t’estiment suffisamment mâture pour te débrouiller toute seule. »

Nathan préférait voir le verre à moitié plein, et il ne comptait pas lui faire la leçon en lui disant que, si elle voulait se lancer dans l’espace, des études théoriques lui semblaient indispensables... L’espace était dangereux, et il était bien placé pour le savoir, avec le symbiote qui gambadait joyeusement dans son corps, et qui, continuellement, venait lui rappeler à quel point il pouvait être influent.

« Enfin, ce faisant, je comprends mieux pourquoi tu as sauté sur l’occasion de me suivre dans ma petite expédition... »

Expédition qui, pour l’heure, n’avait pas grand-chose de « petit »... Et Nathan était encore bien loin du compte.
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ZI.UA
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« Répondre #16 le: Février 25, 2015, 09:57:37 »




   ZI.UA réalisait au fil des jours que, dès qu'elle parlait de son passé, soit on relativisait pour elle, soit on se plaignait avec elle. Les êtres humains avaient souvent des réactions binaires, quoique toujours nuancées. Elle s'y était habituée – et s'en était lassée – mais elle devait avouer qu'il n'y avait qu'un être fait de chair et d'os qui pouvait la comprendre. Lui la comprenait, ou, tout du moins, c'était ce qu'elle avait conclu après qu'il eut parlé. Un robot n'aurait tout bonnement rien dit. Il lui aurait peut-être proposé un whisky ou un tour dans l'espace, ce qui lui aurait plu, mais cela ne valait pas une conversation d'humain à humain, où toutes les failles s'ouvrent pourvu qu'on les laisse faire. Elle hocha la tête silencieusement, vaguement pensive. Ses parents la jugeaient-ils mâture ? Débrouillarde, futée, autonome, oui, mais mâture, elle en doutait. Elle voyait la maturité comme une sorte d'idéal vers lequel courent beaucoup tout au long de leur existence, sans jamais en voir le bout. Et puis, la maturité, c'était avant tout faire un effort sur soi-même, ce qu'elle faisait assez peu souvent. Elle aimait ne pas se contrôler. Ça faisait sa personnalité, mais aussi sa faiblesse. Ah, misère, les réflexions intérieures et existentielles me collent une de ces migraines. Une bouffée de tabac. Toutes ces questions s'envolèrent avec la fumée de sa cigarette.

« Une fille des étoiles, oui, sûrement, je pense. Et je n'ai donc rien à foutre sur terre. Et maintenant, tu comprends mieux pourquoi, mh ? »

   Elle prit une longue inspiration.

« Ce sera un plaisir de t'aider, et tu ne peux pas imaginer meilleure coéquipière, je te jure. »
« Coéquipière ? Comme ce mot est charmant ! »
« Putain ! »

   ZI.UA venait de sursauter, pour la énième fois grâce à Jena. La jeune femme était arrivée derrière eux, par un chemin qu'elle n'avait même pas repéré. Elle tenait, en bandoulière, un sac qui devait faire au moins quatre fois son poids, et avait rajouté une veste bleu ciel par-dessus son jean et son débardeur aussi blanc que ses cheveux. Son air angélique constant choquait à chaque fois ZI.UA. Elle se redressa, lui tendant sa fin de cigarette. Jena planta la clope entre ses lèvres, et tapota le sac.

« J'ai tout pris, et j'ai mis des trucs à moi, aussi, dedans. Ah, et j'ai croisé Madame Calden, mais elle s'est contentée de me sourire comme on sourit à une enfant.»
« Comme à son habitude. »
« Ne prends pas ce ton moqueur, je trouve ça mignon, moi. »

   Le regard de Jena oscillait sans cesse entre ZI.UA et Nathan, pour la simple raison qu'elle voulait le détailler discrètement sans pour autant le fixer de façon appuyée. Mais niveau discrétion, c'était raté, sa gêne se voyait à la façon qu'avait ses yeux de sautiller. ZI.UA ouvrit le sac, à sa portée, pour jeter un œil. Fringues, bouquins, carnets de notes et sa pochette. Tout un dossier sur les symbiotes. Parfait. Parce que sa première rencontre avec cette espèce l'avait profondément choqué, elle en avait fait une de ses – nombreuses, certes – préférences. Tout ce qui marquait et retournait la tête laissait, selon elle, une trace éternelle dans l'esprit, esprit qui se construit tout au long d'une vie. Les chocs offraient des réactions brutes, pures, dans un sens, et elle était persuadée que les chocs faisaient grandir les gens. D'où sa force face à certains événements. Elle se disait toujours que cela la ferait évoluer, revendiquant le « Ce qui ne me tue pas me rend plus forte ». Étrangement, elle n'appliquait absolument pas cette maxime face au choc qu'avait été son retour sur la terre ferme et son inscription à l'Académie. Ah bah non.
   Voir toutes ces affaires réunies dans un sac enroba son cœur de joie. Ça lui rappelait les valises, faites à la hâte, juste avant de se poser sur une base, une planète, un satellite. Les yeux brillants, elle attrapa un répertoire entouré d'un cuir complètement niqué, et le fouilla rapidement, tandis que le regard de Jena alternait, cette fois, entre Nathan et le sol. L'idée de passer du temps avec deux hommes dont le charme lui brûlait la rétine l'angoissait et l'amusait à la fois. C'était une réaction vraiment troublante, où pas mal d'émotions contradictoires fusionnaient et explosaient partout dans sa tête. Elle termina la clope avec une certaine frénésie.

« Ah, voilà. Les coordonnées de la base dont je vous ai parlé sont … là. »

   Elle coinça une page et un nom sous son doigt.

« La base XV-NAX, à X-Prim. Ma mère l'appelait le « Département Parasites ». Il y a une base, dont l'aile principale des laboratoires est destinée à l'étude des symbiotes, et quelques villes plus ou moins artificielles. On dirait une maison de poupée géante. Tout y est tellement neuf et propre que ça n'a rien de réel, c'est assez effrayant. Et puis, il n'y a que des scientifiques et des commerces temporaires là-bas, ça n'arrange rien.»
« C'est bien beau, comme programme, mais on va vivre où ? »
« Ils ont un port d’atterrissage très bien. Tu peux rester dans ton vaisseau, ou louer des sortes de gîtes, près de la ville la plus proche de la base. Je connais une personne là-bas, je n'aurais qu'à la contacter. Ah, Jena, tu m'as pris quelque chose d'électronique, n'importe quoi, que je consulte Alma ? »
« J'ai tout, t'inquiètes pas. »

   Un sourire, qui se multiplia par deux, encore une fois. ZI.UA était aussi reconnaissante à Jena pour son aide que cette dernière l'était envers ZI.UA de lui faire vivre cette aventure. Même s'il fallait ajouter un coefficient « peur » assez élevé, chez Jena.
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Nathan Joyce
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FicheChalant
« Répondre #17 le: Mars 01, 2015, 02:49:28 »

Leur conversation fut interrompue par le retour de Jena, qui amenait avec elle un gros sac à dos, et plusieurs kilos de nervosité. Policier, Nathan avait l’habitude de lire dans le regard des gens, d’interpréter le langage non-verbal. Jena émettait des signaux par paquet de dix, chacun d’eux voulant dire quelque chose. Elle était intriguée par lui, intimidée par cette situation, nerveuse de ce qui les attendait. Nathan le voyait, et ceci confirmait son opinion sur les deux filles : ZI.UA était la meneuse, et Jena la suivait. Finalement, ZI.UA finit par lui sortir un nom, ainsi qu’une description : X-Prim, la base XV-NAX, le « Département Parasites ». Avec un tel nom, cette structure semblait effectivement être toute indiquée, et, en voyant les belles lèvres de ZI.UA former des mots tout aussi magnifiques, Nathan sentit son cœur battre un peu plus fort dans sa poitrine. Une planète, un lieu, et probablement des données cartographiques à rentrer dans le vaisseau d’Ulrik... Enfin, cette piste ténue semblait s’orienter vers quelque chose. Pour autant, Nathan savait qu’il valait mieux tempérer ses ardeurs, de manière à s’éviter une trop forte déception. Néanmoins, il était difficile de rester calme. Il hochait lentement la tête au fur et à mesure que ZI.UA parlait, écoutant ses mots avec la même attention qu’un dévot devant son idole.

Quand elles eurent terminé, il hocha lentement la tête, puis se leva, s’extirpant de son banc.

« Alors, allons-y. »

Lui n’avait plus rien à faire ici. Seul comptait, maintenant, le retour au vaisseau, et, au-delà de ça, l’envol vers X-Prim. Sa main se tendit vers le sac à dos de ZI.UA, de manière tout à fait galante.

« Si vous voulez que je le porte... »

Dans le cas contraire, il ne s’en formaliserait guère. Il se demandait juste s’il n’y avait pas de la documentation là-dedans. N’importe quelle brochure sur les symbiotes serait déjà mieux que rien, vu l’absence quasiment totale de connaissances à ce sujet sur Terre de ces créatures. Une réponse se trouvait maintenant à portée de main, sur une autre planète.... Et il avait un chauffeur pour l’y conduire.



La Bibliothèque de Cassiopeum était relativement grande, et surtout plutôt bien surveillée, que ce soit par de discrètes caméras de sécurité, ou par des surveillants. Ulrik s’avançait le long des allées abritant des rangées de livres numériques. Chacun de ces livres pouvait être lu comme un livre classique, à cette différence que ce n’était pas du papier avec de l’encre, mais une projection holographique couchée sur du papier. De cette manière, les coûts étaient réduits, car l’encre ne se fabriquait pas pourtant, et la conservation des données était également plus simple. Accessoirement, chacun de ces livres permettait une borne permettant de les relier sur un terminal, afin de pouvoir les lire sur un écran. Ulrik s’avançait le long de ces rangées, voyant des étalonnages de manuels scientifiques, de thèses, de théories, de revues spécialisées... Il y en avait un peu pour tous les goûts, et son choix fut pour un manuel scientifique traitant de la formation et du déplacement des astéroïdes. Un sujet pour lequel Ulrik avait une réponse tout à fait appropriée : balancer des bombes pour les faire exploser.

S’assurant que personne n’était dans sa rangée, il ouvrit le livre, puis sortit, dans sa poche, l’appareil confié par le Consortium de Zynn. Il l’observa entre ses doigts. Il était semblable à une carte micro-SD, et il tourna le livre, observant la borne numérique, puis y glissa la micro-SD, sentant son cœur battre légèrement dans sa poitrine. Si jamais il se faisait repérer... Néanmoins, au bout de quelques secondes, la carte ressortit du livre, et Ulrik la glissa dans sa poche, puis marcha, un peu plus sereinement, vers l’un des terminaux. Tout ce qu’il avait à faire, maintenant, c’était de brancher le livre pour diffuser le virus. Simple comme bonjour.

Le bourlingueur de l’espace marchait vers une rangée d’écrans quand il vit une porte latérale s’ouvrir, et que son livre numérique s’éteignit. Il sentit le livre vibrer, et Ulrik s’arrêta sur place, mortifié, puis tourna les pages du livre. Toutes vierges.

*Bordel de merde !*

Qu’est-ce que c’était que ces conneries? Il vit les gardes le regarder, puis comprit instantanément qu’il était dans la panade. Ulrik ne se démonta pas. D’ici quelques minutes, il aurait toute la garde aux fesses. Ce faisant, l’homme fit ce qui était la chose la plus simple au monde.

Il se mit à courir.



Pendant ce temps, et sans savoir que les choses risquaient de bientôt se compliquer, Nathan avait rejoint la ville, marchant le long des multiples rues de cette dernière, vers le spatioport. X-Prim continuait à tourner dans sa tête, et, pour essayer de penser à autre chose, il tourna légèrement sa tête vers les deux femmes.

« Est-ce que tu as déjà voyagé dans l’espace, Jena ? »
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« Répondre #18 le: Mars 03, 2015, 01:05:22 »


   Jena lui fila le sac sans rechigner. Il était assez lourd, et même si elle avait tendance à être polie, elle se fit un plaisir de laisser Nathan porter ça. Les fringues, passe encore, elles n'étaient vraiment pas lourdes, mais la montagne de bouquins de ZI.UA pesait une tonne. Pas mal de gens pensaient que les livres que ZI.UA emmenait toujours avec elle n'était qu'une vitrine, qui accroissait son côté « je sais tout mieux que tout le monde ». Cependant, Jena avait pu se rendre compte qu'elle avait vraiment lu tous ces bouquins. Chaque page était pliée, annotée, des passages entiers étaient surlignés voire raturés, et elle les citait de tête avec une facilité déconcertante. Dans sa quête de perfection, où elle se voulait aussi performante qu'une machine, ZI.UA faisait des prouesses. Cela impressionnerait éternellement Jena. C'est sûrement pour la regarder évoluer qu'elle la suivait dans toutes ces frasques. Elle était littéralement intriguée par elle, et convaincue qu'elle n'était pas juste une emmerdeuse, mais quelqu'un qui avait une valeur follement précieuse.
   La voix de Nathan l'arracha à ses pensées.

« Est-ce que tu as déjà voyagé dans l’espace, Jena ? »
« Que, que … Moi ? » bafouilla-t-elle.  « Je ... »

   ZI.UA, qui fouillait dans la sacoche, qu'elle portait sur son épaule, planta son regard dans le sien. « Arrête de paniquer, putain. » ordonnaient ses yeux. Jena toussa, se massa la nuque.

« Très peu. Je viens de l'espace, et je … Je suis arrivée à l'Académie, avec ZI.UA, y'a deux ans. Mais, à part la Base Spatiale et ma planète de naissance, je n'ai pas beaucoup voyagé, non.»

   Cette fois, ZI.UA la couva du regard.

« Et puis, bon, les voyages que nous offre l'Académie, c'est jamais très fou. »
« Des aquariums, des zoos, des conférences … » soupira ZI.UA en extirpant une montre de son sac, cherchant le bouton qui lui permettrait de la rallumer.
« Ouais, c'est très chiant. »

   Un petit « bip » se fit entendre. Immédiatement, ZI.UA grimaça. Elle savait ce que cette sonnerie stridente signifiait : le réveil de ce qu'elle pouvait appeler un monstre. Vivement, elle noua sa montre autour de son poignet, tandis que des chiffres peinaient à s'aligner sur le petit écran. Il clignota une, deux, trois fois. ZI.UA ne dit plus un mot, les yeux rivés sur sa montre. Elle ralentit le pas, fit signe à Nathan et Jena que tout allait bien, qu'elle devait rester un peu en retrait, comme pour un appel gênant. L'écran passa de blanc à vert. C'est parti. La jeune femme poussa un long soupir, qu'une voix qui n'avait pas grand-chose d'humain interrompit.

« Mademoiselle. »
« Ah, Alma, je ... »
« Pensez-vous que je ne sois pas au courant de vos petites escapades ? »
« Pardon ? »
« En attendant que vous allumiez votre montre, j'étais dans les caméras de surveillance. Vous devriez avoir honte, Mademoiselle, vous ... »
« C'est pas vrai, putain ! »
« Bien sûr que si. »

   ZI.UA dissimulait très mal sa rage d'être maternée par un logiciel dont elle enviait les performances. Elle imaginait très bien Alma se glisser de caméra en caméra, afin de toujours garder un œil sur celle qu'elle jugeait comme sa protégée. Putain que je l'envie.

« Alma, je vais avoir besoin que tu me couvres. »
« … Pour changer. Que puis-je faire pour vous être agréable ? »
« Eh bien, je vais partir d'ici, mais je ne veux pas qu'on pense que je me suis enfuie, tu vois. »
« Quelques justificatifs envoyés à l'Académie ? »
« Je ... »
« Ah, et je suppose que j'en envoie un à votre professeur référent ? »
« Oui, et ... »
« Je vais entrer dans leur base de donnée, faire en sorte que votre fugue soit tout à fait normale et qu'elle n'ait rien d'illégal, et expliquer en long et en large à quel point vous êtes une excellente élève, et ce malgré les premières impressions que l'on peut avoir de vous. »
« … Merci, Alma. N'en fais pas trop, quand même, tu veux ? »
« Où allez-vous ? »

   ZI.UA ne répondit pas, se contentant de zieuter à droite et à gauche.

« Répondez-moi. Je finirais par le savoir, de toute façon. »
« Je vais à X-Prim. »
« Qu'allez-vous faire sur cette base ? »
« Rejoindre XV-NAX, et le Département Parasites. »
« Ah, quand vous parlez comme ça, on dirait votre mère. Pour quelle raison rejoindre ce département ? C'est très risqué ! »
« C'est privé, Alma. »
« Bah, qu'importe, tant que vous ne vous attirez pas d'ennuis. Enfin, pas plus que vous n'en avez déjà. Mais laissez-moi vous dire que tout cela ne me plaît pas du tout. »

   Et tandis qu'elles recommençaient à s'engueuler – ZI.UA lui ordonnant de se mêler de ses affaires et Alma argumentant que, justement, ZI.UA faisait partie de ses affaires – Jena se chargea d'expliquer à Nathan ce que signifiait ce petit spectacle incluant une adolescente et un logiciel un peu collant.

« Alma est une sorte de logiciel, qui peut se connecter à tout ce qui est électrique ou électronique. Ses parents lui ont laissés ça, avant de partir. N'ayez pas peur, Alma n'a jamais de mauvaises intentions, elle ne cherche qu'à … protéger ZI.UA. »

   Un « Tu m'emmerdes ! » se fit entendre. Il sortait tout droit de la bouche de l'adolescente aux cheveux verts. Alma marmonna combien l'ingratitude la blessait, avant de s'endormir. Enfin, s'endormir … Jusqu'à ce qu'elle juge nécessaire de s'éveiller à nouveau. Comme ces gros vieux volcans, songea ZI.UA avec une petite grimace. La montre était le squat' préféré d'Alma, mais elle adorait se nicher dans le réveil, quand il fallait faire sursauter ZI.UA, avant de se réfugier dans les volets électriques, qu'elle levait brutalement pour lui faire quitter le monde des rêves, puis dans la cafetière, histoire de se faire pardonner de tant de violence. Pour être discrète, elle se permettait de couper la musique de son baladeur et de la remplacer par sa voix. Et, quand elle avait vraiment envie de faire plaisir à l'adolescente, elle s'accaparait un vaisseau entier.
   ZI.UA s'empressa de ranger sa montre dans son sac, jetant un œil, à nouveau, autour d'elle. Une, deux, trois caméras. Eh bien. J'en connais une qui ne doit pas s'ennuyer.
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Nathan Joyce
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FicheChalant
« Répondre #19 le: Mars 05, 2015, 02:13:17 »

Tout ça était incroyable pour Nathan, à tel point qu’il se demandait s’il n’était pas en train de rêver, de faire une hallucination. Il était dans l’espace, dans un univers qui lui donnait l’impression d’avoir débarqué en plein « Star Wars ». Des colonies spatiales, des stations galactiques, des vaisseaux spatiaux, des voyages dans l’hyperespace, des contrebandiers, des Empires galactiques... Qui aurait cru, un jour, qu’un pauvre policier de Seattle se retrouverait ici, à des millions d’années-lumière de sa Terre natale, et même dans une autre dimension ? Il était sous le choc, accusant le coup de ce qui lui arrivait. Nathan marchait avec Jena, en lui ayant posé une simple question, afin de se raccrocher à la réalité. X-Prim dansait dans sa tête. Il savait qu’il devait se contenir, qu’il valait mieux éviter de nouvelles déceptions, mais c’était plus fort que lui. La perspective de pouvoir enfin se débarrasser de ce symbiote affreux était trop belle pour l’ignorer pour totalement. Ce symbiote était une créature venant de l’espace, et il luis emblait donc logique d’estimer que, dans l’espace, il devait y avoir des entités scientifiques capables de le supprimer.

Plongé dans ses pensées, il réalisa que ZI.UA semblait être en grande conversation avec... Sa montre. Jena lui expliqua calmement qu’elle conversait avec une IA, Alma, visiblement une créature informatique très développée.

« Ah... Pour moi, j’ai l’impression qu’elle dialogue avec sa montre. »

Personne ne semblait particulièrement surpris parmi les badauds, tournant juste parfois la tête quand ZI.UA semblait s’énerver. Cette femme avait avec elle une IA (ou un « logiciel », pour reprendre les termes exacts de Jena, mais, pour Nathan, on aurait davantage dit une IA, comme dans tous les films avec des IAs) qui était capable de se connecter à n’importe quel appariel électronique. En la voyant s’énerver avec sa montre, le policier hocha lentement la tête, et se permit une réflexion que Jena ne risquait sûrement pas de comprendre :

« J’espère que ce n’est pas la petite sœur de Skynet. »

En tant que Terrien de base, Nathan se méfiait de tout ce qui était IA, et qui pouvait prendre le contrôle d’autres machines. Cependant, les concepteurs de cette Alma étaient sûrement plus intelligents que ceux qui avaient conçu Ultron, ou que Cyberdyne Systems Skynet. De fait, Nathan trouvait juste ça curieux de voir une femme s’énerver avec sa montre. Tout cela était parfaitement normal ici, ce qui confirmait bel et bien que Nathan ne se trouvait plus sur son monde, mais dans un univers complètement différent, avec des références différentes des siennes. Tout ce qu’il espérait, c’était que quelqu’un l’aiderait à se débarrasser du symbiote sans exiger un prix trop élevé. Le SHIELD lui avait donné des fonds pour accomplir sa tâche, mais les fonds n’étaient pas extensibles à volonté.

ZI.UA finit par ranger sa montre, et Nathan la vit regarder les caméras de sécurité. Si Jena avait raison...

*Elle doit être en train de nous espionner. Flippant...*

Il faisait équipe avec un drôle de duo.

« Bon... Allons-y, le spatioport n’est plus très loin. »

Nathan se renseignerait plus tard sur cette Alma. Pour l’heure, il se disait que ZI.UA avait plutôt envie de rester seule. Néanmoins, alors qu’il marchait, il ne pouvait s’empêcher de se dire que la colère la rendait encore plus belle. Même son air de garçon manqué n’avait pas dû empêcher les garçons de venir la draguer, et, en un sens, c’était rassurant. Même dans un monde où les montres pouvaient communiquer, on retrouvait toujours les hormones, cette bonne vieille alchimie entre l’homme et la femme. Sur ce point, Nathan n’était, au moins, pas totalement largué. Le policier marchait le long des rues de la ville, jusqu’à apercevoir un grand bâtiment.

Le spatioport était une grosse structure, ressemblant vaguement à une arène, avec un toit à ciel ouvert, et des rangées de couloirs menant à différents quais. Il fourmillait d’individus et de personnes incroyables, avec des becs d’oiseaux, des plumes sur les fesses, une peau bleue avec de gros points sur le visage... Nathan s’avança le long des coursives, jusqu’à rejoindre le vaisseau d’Ulrik. Comme ils étaient partis devant, Nathan s’attendait à devoir attendre... Mais, en débarquant, il put voir que le vaisseau était allumé, et que la rampe d’embarcation était abaissée.

« Qu’est-ce que... ?
 -  Putain, vous avez mis le temps ! Grimpez,  vite !! » tonna une voix dans un haut-parleur.

C’était la voix bourrue d’Ulrik, et Nathan comprit que ce dernier avait probablement dû faire des bêtises... Pour rester poli.

« ’Mais réfléchissez pas une plombe, grimpez, bordel ! On décolle !! »

Nathan se mit à courir, et entendit des bruits de pas précipités derrière eux. Le temps qu’il atteigne la rampe de lancement, le vaisseau était déjà en train de s’élever, le bruit assourdissant des turbines crevant ses tympans, tandis que le souffle des moteurs faisait virevolter ses cheveux. Des agents de sécurité débarquèrent dans le quai, et hurlèrent des paroles inaudibles. Au-dessus de sa tête, Nathan vit que le toit était en train de se refermer. Des tirs heurtèrent la carlingue de l’appareil, et lui aida Jena à grimper, la soulevant comme si elle était aussi lourde qu’une pomme, puis grimpa à l’intérieur du vaisseau. La porte se referma hermétiquement derrière lui.

Ce n’était pas un très grand vaisseau. Il y avait un couloir principal avec, au bout, le poste de pilotage, et, de l’autre côté, la salle des moteurs. Au milieu, la salle de vie, et, à gauche et à droite, quelques pièces annexes, incluant les chambres, ou la salle de stockage.

« Ulrik ?! C’est quoi ce bordel ?! »

Qu’est-ce que ce satané pirate avait encore fait ?! Le vaisseau réussit à sortir du spatioport.

« Est-ce que quelqu’un sait piloter ce fourbi parmi vous trois ? J’aurais grandement besoin d’un copilote pour nous aider à foutre le camp d’ici avant que leurs rayons répulseurs ne nous attrapent ! »

Nathan posa une main sur son crâne, retenant un soupir.

Il avait le sentiment que cette aventure ne serait pas de tout repos...
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« Répondre #20 le: Mars 05, 2015, 04:37:41 »



   Si la panique s'était belle et bien emparée de Jena, dont les yeux blancs s'écarquillèrent si fort que ZI.UA eut peur qu'ils n'éclatent, ce ne fut pas le cas de cette dernière. Dans certaines situations, elle gérait plutôt bien son sang-froid. Certes, face à un professeur, elle s'emportait et laissait croire qu'elle n'était qu'une bestiole impulsive incapable de se contrôler, mais dans ce genre de cas, quand il s'agissait de courir et s'éloigner loin d'un danger trop réel pour être ignoré, ZI.UA était très efficace. Elle se rua dans le vaisseau, cherchant son amie des yeux dès qu'elle fut à l'abri. Nathan se chargeait d'elle. Jena avait tout de la poupée qu'on peut manipuler facilement, elle qui était aussi légère qu'une plume et très confiante. Dès qu'elle fut à bord, elle attrapa la main de ZI.UA et la serra. Le soupir qui s'échappa de sa bouche, à cet instant, était gavé de panique, et la façon dont elle portait la main à son cœur en disait long sur son état.
   ZI.UA aurait aimé prendre le temps de rassurer son amie, mais la voix d'Ulrik, et son invective, l'en empêcha.

« Est-ce que quelqu’un sait piloter ce fourbi parmi vous trois ? J’aurais grandement besoin d’un copilote pour nous aider à foutre le camp d’ici avant que leurs rayons répulseurs ne nous attrapent ! »

   Ça, c'était un taff pour elle. Elle s'éloigna de Jena, et le rejoignit aux commandes du vaisseau.

« On va dégager d'ici. »

   Le ton de sa voix, s'il était posée, sous-entendait néanmoins une profonde assurance. La jeune fille sauta sur le siège, s'emparant des commandes comme si elle avait fait ça toute sa vie. Comme si ? Mh. Oui, bon, elle avait passé une partie de sa vie à faire ça. Ludwig, parce qu'il se conduisait par commande vocale la majeure partie du temps, lui offrait un certain confort, elle devait l'admettre, mais ZI.UA était, ne l'oublions pas, une de ces gamines qui adore les courses de vaisseau. Dès qu'on mettait entre ses mains des commandes et qu'on lui ordonnait d'aller vite, elle était dans son élément.
   Ses doigts reconnurent les boutons, voyants, manettes et autres joyeusetés très facilement, comme s'ils étaient fait pour ça. Pas besoin de ceinture de sécurité, elle se pensait assez immortelle pour survivre à tout. Les rayons répulseurs étaient très utilisés, à petit échelle, par les autorités de VI-ON, une planète réputée pour ses courses de vaisseaux clandestines. ZI.UA avait l'habitude de leur échapper, et en avait fait, pendant des années, sa marque de fabrique. Elle régla la vitesse, s'empara de la manette d'activation, histoire de partir plein gaz. Un départ rude, vif, ne laissait pas le temps aux rayons de bloquer le vaisseau. Mais bon, pour les passages, c'était clairement moins confortable.

« J'ai fait beaucoup de courses, lança-t-elle à Ulrik, avec un petit sourire sur les lèvres. La vitesse, la puissance, c'est tout ce que j'aime ! »

   ZI.UA se tourna vers son amie qui, vaguement paralysée, se cramponnait au fauteuil sur lequel elle s'était assise.

« Accrochez-vous. »

   Un puissant sursaut agita le vaisseau, qui se stoppa pendant un millième de secondes. Il fallait sortir de la zone contrôlée par les autorités en très peu de temps, aussi ZI.UA abaissa t'elle vivement la manette, la tirant vers elle, tout en appuyant simultanément sur deux boutons. Le vaisseau se propulsa immédiatement, et elle se retrouva plaquée contre son siège. Le bruit que fit le sac en se claquant contre un mur et en vomissant tout ce qu'il gardait dans son ventre lui rappela pas mal de souvenirs. Aaah, les courses où elle avait le tournis à force de bondir partout. Aaah, celles où elle blindait son vaisseau parce que la tradition était de cogner les autres pour les empêcher, à tout prix, de gagner. Toutes ces images s'embrasèrent dans sa tête, tandis qu'ils quittaient à une vitesse incroyable le ciel de la base scientifique.
   Ce n'est qu'une fois que l'espace noir et profond de la galaxie les entoura qu'elle calma lentement le jeu. Pas de secousses violentes, cette fois, mais un ralentissement dans les règles. ZI.UA jeta un œil à l'écran, vérifiant qu'ils avaient bien quitté la zone aérienne de la base. Ici, les rayons en pouvaient pas les atteindre. La jeune fille conserva tout de même une vitesse convenable, histoire que leurs poursuivants ne leur colle pas au train. Puis sa petite tête gravée d'un sourire se retourna vers Ulrik, puis Nathan, puis Jena. Elle se sentait toute fière d'avoir montré que, oui, elle était utile, et n'était pas qu'une grande gueule.


« Bon, maintenant, qui nous explique pourquoi on a dû s'enfuir comme ça ? »

   La voix de Jena trahissait son énervement. Elle s'était sentie prise de court, et elle n'aimait pas trop ça. D'autant que, dans la panique, réfléchir lui était assez difficile. D'où son habitude de se laisser entraîner un peu n'importe où, parce qu'incapable de prendre des décisions intelligentes quand elle était paniquée. Elle se leva de son siège, toute tremblante, pour se recoiffer. ZI.UA, elle, tourna la tête vers Ulrik avec un sourire en coin. Étrangement, elle sentait que c'était plus ou moins à cause de lui qu'ils avaient dû quitter aussi vite la base.
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« Répondre #21 le: Mars 09, 2015, 02:20:08 »

« Des courses illégales, j’espère, lâcha du tac au tac Ulrik à la remarque de ZI.UA. Sinon, ça ne vaut rien. »

Est-ce que Nathan venait bien d’entendre Ulrik inciter ZI.UA à faire quelque chose d’illégal ? Bah, au point où il en était, il pouvait laisser passer ! Ce maudit contrebandier releva son vaisseau, et s’extirpa du spatioport. ZI.UA et lui se partageaient les tâches, et, en sentant l’embardée et la subite poussée que le vaisseau prit, Nathan comprit que ZI.UA devait se charger de la vitesse. Lui, qui avait l’impression de se retrouver dans le Faucon Millenium, à fuir une armée de chasseurs TIE avec, en toile de fond, l’Étoile de la Mort, sentit son corps partir en arrière. Le vaisseau monta en effet en flèche, à la verticale, et il s’agrippa au plafond... Et sentit son bras changer, ou, plus exactement, sa main et ses doigts. Elle se recouvrit d’une substance noire, et servit d’adhésif. Son autre main agrippa Jena, empêchant la jeune femme de dégringoler.

En bas, un rayon tracteur les happait, et Ulrik pilota une tourelle de défense dorsale, puis fit feu. C’était une structure totalement automatisée, sans aucun personnel humain. Il tira plusieurs salves, et la tour explosa, libérant le vaisseau, qui fusa dans la stratosphère, avant de rejoindre l’espace, s’arrachant de la surface de la planète, et de ses rayons tracteurs. Des rayons tracteurs plus puissants, comme ceux des Gordaniens, ne leur auraient offert aucune chance, mais, ici, il s’agissait d’une station spatiale civile. Les rayons tracteurs étaient surtout conçus pour limiter les risques de crash de vaisseaux s’échouant sur la planète, en les ralentissant ou en les déviant pour essayer de les faire atterrir dans la mer. Nathan relâcha Jena, et constata, avec un certain soulagement, que sa main était redevenue normale, et que personne ne semblait l’avoir noté.

*Ouf...*

Ulrik chargeait des coordonnées sur son ordinateur, et vit le sourire rayonnant de ZI.UA, ce qui l’amena à sourire légèrement. Ça, c’était une bonne fille... Mais, avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, Jena intervint, désirant avoir des explications. Elle en avait profité pour s’asseoir sur le troisième fauteuil du cockpit, laissant Nathan debout.

« J’aimerais, moi aussi, avoir quelques explications, Ulrik...
 -  Plus tard ! répliqua ce dernier. Cassiopeum aussi a des vaisseaux, il faut filer dans l’hyperespace le plus vite possible avant qu’ils ne nous rattrapent.
 -  Conduis-nous à X-Prim. »

Ulrik le regarda lentement, surpris.

« X-Prim ? s’exclama-t-il finalement. C’est pas la porte à côté, mais le client est roi... »

Sortant de la planète tellurique, plusieurs vaisseaux à la peinture rouge approchaient rapidement. Les vaisseaux dont Ulrik parlait... Nathan en profitait pour se familiariser avec le décor de cette cabine. Il y avait des voyants et des boutons partout, l’ensemble formant un tout incompréhensible et inexplicable pour lui. Ulrik pianotait, rentrait des coordonnées. X-Prim était une planète très éloignée, et, pour y aller, il faudrait faire plusieurs escales, notamment afin de recharger le carburant du vaisseau. L’ordinateur calculait automatiquement la trajectoire, comme une sorte de variante futuriste d’un GPS qui vous calculerait le chemin à prendre en évitant les péages... Sauf qu’ici, la console d’Ulrik calculait comment prendre les péages, car c’était ici qu’on trouvait les stations de carburant. Sur un écran en forme de radar, on pouvait voir des points en surbrillance se rapprocher.

« Euh... On devrait peut-être décoller, non ? Ou aller plus vite ?
 -  Des moteurs hyperdrive, ça se lance pas aussi facilement. Je n’ai pas eu le temps de les charger sur la base. Si on utilise davantage les moteurs subliminiques, le chargement de l’hyperdrive va en être ralenti. »

Nathan acquiesça de la tête. Il n’était pas sûr d’avoir tout compris, mais ce n’était pas bien grave. Le vaisseau continuait à avancer, tout comme les vaisseaux ennemis continuaient à se rapprocher. Ulrik déplaçait son vaisseau, afin de s’éloigner des ennemis, tandis que plusieurs diodes étaient en train de se charger.

« Okay, on est bons ! Ciao, les caves ! »

Il tira sur un levier puis en leva un autre... Et, comme dans les films du genre, Nathan vit les étoiles se fondre en un immense écran blanc. Il y eut une subite accélération, et il fut plaqué contre le mur, avant de tomber à la renverse, tandis que le vaisseau filait dans une vitesse nettement supérieure à la limite. Devant cet océan blanc immaculé, des volets de sécurité s’abaissèrent sur la baie vitrée.

« C’est bon, on est tirés d’affaires... »

Nathan hocha lentement la tête suite à cette répartie, et, en voyant le double regard de Jena et de Nathan, le contrebandier finit par s’expliquer.

« Vous avez entendu parler du Consortium de Zynn ? C’est une immense corporation spatiale... Elle existe depuis plusieurs siècles, et s’est spécialisée d’emblée dans la terraformation des planètes, et, de manière plus générale, l’exploitation des planètes inhabitables, que ce soit les géantes gazeuses ou les planètes mortes. Avec le temps, les planètes terraformées de Zynn ont rapporté au Consortium énormément d’argent, car les usines qui ont été bâties sur ces planètes, les colonies spatiales, les métropoles et les villes, leur appartiennent tous. Ils sont propriétaires des planètes, et ont pu développer leur activité. Le Consortium est aujourd’hui une puissance globale qui fait affaires avec les plus grandes puissances de l’Univers, comme les Gordaniens. »

Nathan acquiesça de la tête, tout en sachant qu’Ulrik viendrait rapidement au fait.

« Je convoie généralement leur matériel. Ils m’ont demandé de faire une mission bien particulière à Cassiopeum... Glisser une puce dans leurs banques de données, probablement afin d’obtenir des informations. Ça a foiré, et ces types m’ont poursuivi. Vous voyez ? Rien de bien méchant... Juste une petite puce. Ils ont cru que je voulais saboter toute leur installation. »

Le policier ne dit rien. Il avait la sévère impression que ce Consortium allait leur poser des soucis. Ulrik tourna alors sa tête vers ZI.UA, et lui sourit.

« Toi, en tout cas, t’as de la graine de pilote, jolie fleur. Tu sais te débrouiller avec un manche. Si j’étais pas fauché comme les putains de blés, je t’aurais proposé de devenir ma copilote. »
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« Répondre #22 le: Mars 11, 2015, 05:56:50 »

« Ne l'appelez pas jolie fleur si elle ne vous en n'a pas donné l'autorisation. »
« Je ne suis pas une jolie fleur. »

   Les voix des deux jeunes filles s'étaient élevées en même temps, et leurs mots s'étaient entremêlés pour, finalement, dire la même chose. Le ton de Jena était celui de l'avertissement, du style « je préfère prévenir, hein », tandis que celui de ZI.UA était nettement plus tranchant. Elles se regardèrent. Jena souriait, amusée par la situation. Son amie, quant à elle, était un peu emmerdée qu'on puisse aussi bien anticiper ses réactions. Elle s'enfonça dans son siège à nouveau, tandis que Jena, profitant d'une certaine stabilité, entreprit de ranger dans le sac tout ce qui en était tombé. Il y avait là pas mal de livres dont elle ne comprenait pas le titre, et des outils assez bizarres. Mais bon, elle s'était faite à l'idée : ZI.UA avait ses mystères, et elle les conservait bien.
   Cette dernière savourait cette sensation vive qui lui piquait encore le corps. Elle revoyait l'espace se déformer sous le joug de la vitesse, et ses muscles avaient imprimé la violence d'un tel décollage. Putain, ça, ça l'enivrait. Les yeux rivés sur la vitre, face à elle, la jeune femme prenait un plaisir énorme à se sentir, à nouveau, dans l'espace. Et libre, de surcroît. Ahlala, quel pied. De son côté, Jena avait fini de faire son petit ménage, et ses yeux curieux inspectaient le vaisseau. Elle n'avait tout bonnement jamais vu ça. Elle ne savait pas si elle devait être plus choquée par ce nouvel environnement, ou par les propos d'Ulrik. Elle s'approcha du tableau de bord, où se tenaient son amie et ce type qui l'inquiétait de plus en plus (il est à noter que, paradoxalement, ZI.UA trouvait Ulrik plus sympathique qu'au début de leur rencontre, après ce petit épisode).

« Mais alors vous êtes … une sorte de bandit, c'est ça ? »
« Jena, qui utilise encore le mot bandit ? »
« Moi. Mais, si tu préfères, je peux parler de racaille»
« Non, ça, c'est carrément déplacé. Disons qu'il prend des libertés avec les règles. Mais ça, j'aime bien. »

   Jena leva les yeux aux cieux. Misère. Elle s'était choisie une amie qui n'avait rien, mais alors vraiment rien à voir avec elle. Sentant que la conversation allait prendre un tournant qui n'allait pas lui plaire – illégalité, tout ça – elle les laissa là, n'attendant même pas la réponse d'Ulrik.

« Sur VI-ON, toutes les courses sont illégales. C'est pour ça que j'adorais y aller. Les règles étaient tellement souples qu'on avait l'impression qu'elles n'existaient pas. Putain, c'était ... »

   Elle se mordit la lèvre en hochant la tête. Il n'y avait aucun adjectif assez fort pour décrire les sensations qui fourmillaient sous sa peau, dans ce genre de situations. C'était un peu comme une dope, à laquelle elle était accro. On appelait vaguement ça l'adrénaline, mais ZI.UA était convaincue qu'il y avait autre chose. La composante majeure de son organisme adorait faire n'importe quoi, le faire bruyamment, histoire de propulser toutes ces sensations délicieuses partout dans son corps. Pour la peine, elle sortit un paquet de clopes de sa poche, et s'en alluma une.

« Merci pour la proposition, refaite-la moi quand vous aurez de la thune. »

   Jena, de son côté, s'était tournée vers le sac, à la recherche d'un petit pull. Elle plia sagement sa veste, la rangea avec beaucoup de précautions, avant de regarder Nathan.

« Merci beaucoup de m'avoir retenue, c'est très gentil. 'fin, j'aurais pu me faire très mal, en tombant, mais vous m'avez … 'fin, merci, beaucoup. »

   Elle enfila un pull blanc. Ne porter que des couleurs claires lui donnait un aspect spectral assez impressionnant. Et sa moue adorable restait imprimée sur son visage. Mh, plus qu'un spectre, elle ressemblait davantage à un petit ange.

« Vous n'êtes pas blessé, au moins ? Enfin, ça va ? »
   
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« Répondre #23 le: Mars 13, 2015, 02:33:28 »

« Okayyy... ‘Vous vexez pas, les filles! »

ZI.UA et Jena avaient toutes les deux tiqué sur ce surnom, et Nathan, derrière le trio, esquissa un léger sourire. Les techniques de séduction d’Ulrik peinaient à fonctionner. Le contrebandier avait planifié le voyage vers X-Prim, et il n’y avait qu’à attendre. Normalement, il n’y aurait aucun problème, et, pendant ce temps, Jena lui demanda s’il n’était pas un « bandit », ce qui amena Ulrik à sourire en coin. Il n’eut néanmoins pas l’occasion de répondre, car les deux filles discutèrent ensuite entre elles, jusqu’à ce que Jena s’écarte, se rapprochant de Nathan. Entre-temps, ZI.UA évoquait les courses, et Ulrik, en fin connaisseur, hocha la tête.

« VI-ON, hein... Ouais, je peux comprendre que tu te fasses chier à l’Académie si tu as été là-bas. J’avais vu des compétitions de speeders dans les Vallées d’Émeraude, c’était très impressionnant. Qui sait ? Je t’emmènerai peut-être aussi aux courses de rues d’Ulopolis. »

Ulopolis était une cité-planète massive, avec des courses de rues qui s’organisaient dans la ville, donnant lieu à de véritables spectacles visuels et pyrotechniques, les courses étant tout à fait légales, et faisant l’objet de compétitions périodiques où on pouvait tout à fait mourir. Ulrik ouvrit ensuite un compartiment, et sortit une cigarette. Un plaisir qui n’existait pas à Gordan, où les autorités militaires luttaient fermement contre toute forme de stupéfiants ou de produits susceptibles d’alerter l’efficacité au combat des soldats. Les drogues gordaniennes étaient des injections militaires ayant pour but d’accroître l’agressivité des soldats ou d’améliorer leurs réflexes. Quand Ulrik avait quitté Gordan, il avait été surpris de voir à quel point le tabac se vendait facilement en-dehors des frontières de sa Galaxie. Il proposa une cigarette à ZI.UA, puis posa ses pieds sur le tableau de bord.

« J’suis pas à proprement parler un bandit... Et, si j’en étais un, je t’appellerais de tous les surnoms que je veux, hein ? Tout ce que je fais, c’est transporter du matériel... Je bosse au noir, ça évite aux sociétés et aux puissances qui me paient de devoir payer les taxes. Je ne fais pas dans la traite d’esclaves, ou ce genre de choses. J’ai mes principes. Tu vois, je pars du principe que pouvoir contourner certaines taxes, c’est pas vraiment le crime le plus répréhensible qui soit, hein ? »

Il ne se sentait nullement coupable pour ça, encore moins au regard de son passé. Il avait été un cobaye de laboratoire, trahi par un haut-gradé qui avait usé de son autorité pour le broyer et pour torturer sa sœur. Un évènement de son passé dont il ne tenait pas particulièrement à repenser. Il tira sur sa cigarette, et Nathan, de son côté, regardait Jena. Avec son pull blanc, il se dégageait d’elle une atmosphère incroyable. Elle n’était pas juste mignonne ou sexy, elle était belle... De cette beauté craquante, qui vous amenait à lui pardonner tout et à voir en elle une sorte de sainte intouchable et gracieuse.

« Ne t’en fais pas, je n’ai rien. »

Il lui fit un petit clin d’œil, comme pour la rassurer. Nathan n’avait guère aussi envie de s’étendre là-dessus. Son symbiote s’était réveillé, et ce n’était jamais bon signe, surtout avec une Jena qui était aussi belle... Mais il n’entendait aucune voix grave dans sa tête, aucune provocation, rien d’autre qu’un silence plat et calme.

Ulrik ne tarda pas à enchaîner en s’extirpant de son fauteuil.

« Bon... Nous allons passer plusieurs jours ici, et je n’ai que deux chambres de disponible... C’est un petit vaisseau. Vous voulez que je vous fasse visiter ? »

Avant toute réponse, il se rapprocha d’un appareil mural, et appuya sur plusieurs boutons. Immédiatement, un son se fit entendre, puis une musique s’enclencha... Que Nathan reconnut. Il avait dansé avec Sylvie sur cette musique, à un bal annuel de la police de Seattle. Redbone, Come And Get Your Love.

« Vous pouvez vous détendre, les filles. Même vous promener en string si le coeur vous en dit, ce n’est pas moi que ça dérangerait. »

Seigneur... Pendant un bref moment, Nathan se demanda si son symbiote n’avait pas changé d’hôte, afin de se retrouver dans le corps de cet homme. Ceci expliquerait bien des choses.

De fait, il n’y avait pas grand-chose à visiter. Un cockpit, un couloir, une pièce centrale faisant penser à la salle de vie du Nostromo, et des portes latérales. Deux chambres, une salle de bains avec toilettes, une réserve, et une porte au fond menant à la salle des moteurs.

C’était un petit vaisseau très intime. Passer plusieurs jours avec des bombes sexuelles ici et un mec qui passait son temps à sortir des blagues salaces... Si la Bête ne se réveillait pas, ce serait vraiment un miracle !
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« Répondre #24 le: Mars 13, 2015, 02:26:50 »

   Dès que les notes s’élevèrent dans l'espace, Jena se mit à remuer des épaules. Elle aimait  ce genre de petits sons, ça lui rappelait les bars où elle sortait, à la recherche de quelqu'un de bien capable de lui faire du bien. La plupart de ses relations se limitaient à ça. Le seul souci, c'est qu'elle avait du mal à distinguer les gens biens des gens mauvais et qu'elle vendait sa confiance à à peu près tout le monde. ZI.UA, elle, était nettement moins réceptive. Ancrée dans un univers musical où les voix et les instruments n'avaient pas leur place – oui, bon, elle se limitait à la musique électronique et toute sa culture – elle fronça un instant les sourcils, avant de s'habituer au rythme. Ah, que les raves lui manquaient, et les enceintes qui ronronnent, et la techno qui se colle au squelette et lui indique instinctivement quels mouvements adopter, et … Si je fais la liste, ça va durer des plombes. Elle remarqua que sa montre s'était mise à clignoter, et se leva vite de son siège, pour pousser une porte au hasard. Porte qui donnait sur une chambre. Soit. Elle voulait juste être au calme pour prendre son appel. Savoir qu'il était d'Alma la rassurait moyennement. La jeune femme referma soigneusement la porte derrière elle.

« Mademoiselle ? »
« Oui, Alma ? »
« Est-il nécessaire que je vous envoie Deirdre et Ludwig ? »

   ZI.UA ne répondit pas tout de suite. Amener ces deux-là, c'était garantir et son indépendance, et sa sécurité. Cependant, sa conscience lui ordonnait de ne pas abattre ses cartes tout de suite. D'autant que Deidre semblait de plus en plus copier les mimiques d'Alma, jouant la carte de l'IA alors qu'elle n'en était pas pourvue. Quoique j'en sais rien, en fait. Elle n'avait jamais disséqué Deirdre, chose qu'elle faisait d'habitude avec chaque organisme robotique. Alors qu'elle allait répondre, la porte s'ouvrit brusquement sur une Jena aux yeux pétillants.

« C'est ici qu'on dort ? »

   Elle n'attendit aucune réponse pour jeter son sac sur le lit. Elle ressemblait à une môme émerveillée. Le ton de sa voix ne cachait absolument pas son enthousiasme quasi infantile.

« Aaah, j'adore ! J'adore, j'adore ! »

   Jena rejoignit le sac, sur le lit, s'étendant de tout son long. Eh bah, elle a l'air heureuse, au moins.

« Mademoiselle ? Alors ? Que dois-je faire ? »
« Je te tiens au courant, Alma. Garde-les moi de côté, pour l'instant. Si le besoin s'en fait sentir, je te demanderais de me les envoyer. »
« Pourquoi tant de précautions ? »
« Ce vaisseau n'est pas très grand. Une personne de plus, et … Ah, Jena, tu as laissé la porte ouverte ! »
« C'est grave ? »
« Peu importe. Alma, attends mes ordres. »
« Comme vous le souhaitez. »

   Même seule, elle ne l'était jamais vraiment. Cette constatation la fit soupirer d'horreur. Elle retira sa montre, et la jeta dans le sac. De son côté, Jena sortit une petite affiche du sac, et la plaqua au mur en sifflotant un petit air que ZI.UA ne reconnut pas. L'affiche était une publicité assez vieille du World Trade Center. Même dans l'espace, elle avait eu vent de cette histoire. Ses parents étaient terriens, après tout. Cette pub faisait preuve d'une ironie assez tranchante. ZI.UA était partagée entre engueuler son amie pour cet humour cruel, ou rire avec elle. Elle se contenta d'un air profondément lassé, et secoua la tête.

« Tu es sérieuse, là, Jena ? »
« Bah quoi ? Je personnalise, ce sera plus confortable. Ce sera notre petit terrier ! Et j'en ai d'autres, hein ! »

   Nan mais c'est pas possible. Elle laissa là Jena, qui dépliait une deuxième affiche sans s'arrêter de chantonner – cette fois, c'était sûr, cette fille était au moins cinglée – et rejoignit les deux hommes. Ce voyage allait être drôle, elle le sentait. Au fond d'elle, elle espérait aussi que Jena avait plein d'autres petits posters de ce genre. Ça la faisait rire, quand elle y repensait.

« Je pense que … Jena a décidé d'où elle voulait vivre, mh ? C'est très dur de la contredire. »

   La petite voix de son amie se faisait encore entendre. ZI.UA ne parvenait ni à définir la langue dans laquelle elle chantait, ni à deviner d'où cette mélodie venait. Elle se fit la promesse d'analyser un peu plus les capacités de Jena, au cours de l'expédition. Peut-être possédait-elle des facultés intéressantes. Et puis, en y réfléchissant bien, elle ne s'était jamais penchée sur son cas, au point d'ignorer de quelle planète son amie venait.

« Vous savez, je ne pense pas que vous nous verrez nous balader en ... »

   La porte de la chambre s'ouvrit, laissant apparaître une Jena en gros pull blanc – au moins quatre fois sa taille – et … rien d'autre. Elle se baladait en pull et shorty, sans cesser de chantonner. Pas du tout gênée, elle s'approcha de la table, attrapa un classeur qui y traînait.

« Je ne fais que passer ♫ ! »
« Jena, tu … Tes fringues ! »
« Rooooh, c'est bon. »

   … Et elle retourna dans la chambre qu'elle s'était désignée. ZI.UA commençait sincèrement à douter de sa candeur, se demandant si c'était un leurre qu'elle utilisait pour avoir tout ce qu'elle voulait – qui oserait refuser quoi que ce soit à une jolie nana à demi-nue et adorable – ou si elle était vraiment aussi naïve. Elle ralluma sa clope, qui s'était éteinte pendant son petit entretien avec Alma, et fixa à nouveau les deux mecs.

« … Je pense qu'on va bien rigoler. »

   Elle avait lâché ces mots avec une certaine ironie. Oui, comme d'hab'. Les écrans affichaient la destination, X-Prim, et ZI.UA réalisa, à ce moment-là, que oui, ce voyage allait durer un moment et que oui, effectivement, avec un phénomène comme Jena, ça allait être une vraie partie de plaisir.
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FicheChalant
« Répondre #25 le: Mars 17, 2015, 01:52:41 »

Comment Redbone avait-il fait pour se retrouver dans l’espace, dans une autre dimension, et à des milliers d’années-lumière de la Terre de cette dimension ? La question turlupinait Nathan, car, ce qu’il entendait, jaillissant des haut-parleurs et des enceintes du vaisseau d’Ulrik, c’était bien la voix de Lolly Vegas et de Tony Bellamy qu’il entendait suinter des parois du vaisseau. Entre-temps, les filles avaient rapidement choisi domicile dans l’une des deux chambres, ZI.UA n’ayant guère attendu, avant que Jena ne la rejoigne, laissant ainsi les deux hommes seuls, dans le cockpit.

« Au temps pour mon invitation à faire le tour du propriétaire... Et je crois qu’il est temps de régler une question existentielle, Nate... Laquelle on se tape chacun ? »

Nathan le regarda, se demandant si le contrebandier plaisantait, ou s’il y avait du sérieux dans ce qu’il disait. Il se contenta d’un léger soupir, et répondit sur un autre sujet :

« C’était quoi ce délire, à Cassiopeum, Ulrik ?
 -  Hey ! La vie dans l’espace est faite de dangers et de risques, boy scout. Si tu t’attendais à un voyage tranquille et sans problème, tu aurais dû suivre les navettes de la Base Spatiale, pas rejoindre un contrebandier. »

Ce n’était pas vraiment une réponse à sa question, mais il comprit que le contrebandier n’avait aucune intention d’en dire plus... Ce qui ne le rassurait guère. Oui, Nathan savait que l’espace était dangereux, qu’il y avait quantité de dangers. De manière générale, à chaque fois qu’on se trouvait dans une zone où une autorité légale n’était pas instituée clairement, il fallait s’attendre à ce que ce soit le bordel. Or, l’espace était comme un océan, si vaste qu’il était impossible de tout sécuriser. Dès lors, tout pouvait arriver. Les pirates étaient légion, mais si, en plus des pirates, Ulrik arrivait à leur mettre à dos les forces légales... Est-ce qu’ils seraient fichés et catalogués quand ils arriveraient à X-Prim ? Est-ce que la station de recherches de cette planète entretenait des relations étroites avec Cassiopeum ? Dans la tête de Nathan, les hypothèses et les scénarios catastrophiques défilaient. Il avait de l’imagination, ce qu’on attendait souvent chez un flic... Savoir visualiser une scène de crime, et, surtout, savoir envisager toutes les hypothèses qui se présentaient.

Pour l’heure, il choisit de revenir à Redbone, et il allait poser une question en ce sens quand l’une des deux filles, ZI.UA, revint les voir. Ulrik, lui, avait l’esprit qui s’évadait, et, dans ce genre de cas, il lui arrivait souvent de penser au sexe... Mais, pour être entièrement honnête, il fallait bien dire qu’il avait pensé à se les taper dès qu’il avait vu ces deux nanas autour de la machine à cafés de l’université. Quoi de plus normal ? Il aurait fallu être le plus convaincu des homosexuels pour ne ressentir aucune attirance pour elles, et il était maintenant un peu plus convaincu qu’elles n’étaient pas gouines... L’Empire de Gordan était un Empire qui, sur ce point, était profondément homophobe. La reproduction étant essentielle pour les Gordaniens, les relations homosexuelles étaient, de ce point de vue, plutôt mal vues. Elles ne pouvaient guère s’envisager que si les personnes en question ne négligeaient pas leurs devoirs hétérosexuels de procréation... Autrement dit, se faire un threesome avec ces nanas... Et, si son ami d’en face était castré, ce n’était pas pour déranger Ulrik sur ce point. Au moins, ça lui ferait de la concurrence en moins.

ZI.UA retourna donc les voir, et leur expliqua que Jena avait choisi sa chambre. Ulrik haussa les épaules.

« Qu’elle fasse comme chez elle, ça ne me dérange pas. Au moins, elle se sent en confiance. »

La femme leur parla ensuite rapidement, mais sa phrase fut interrompue par l’arrivée de ZI.UA... Et, cette fois-ci, Ulrik eut la conviction que son passager n’était pas eunuque. Comme lui, il regarda les longues jambes fuselées de Jena. Elle était sortie les fesses à l’air, avec seulement un gros pull cachant son haut ! Ulrik retint un sourire, voyant le fantasme farfelu de son threesome sauvage et brutal se concrétiser dans sa tête. Les deux filles se disputèrent encore, ZI.UA venant reprocher à Jena sa tenue vestimentaire, ce qui ne sembla nullement déranger Jena.

Nathan, lui, était moyennement surpris. Des deux, il avait noté que Jena était la plus renfermée, et ZI.UA la meneuse, mais il savait, pour l’avoir déjà observé, que les rôles pouvaient parfois changer... Car, généralement, il s’agissait, justement, de rôles. Il avait déjà eu affaire à des couples de lesbiennes qui avaient tué une personne, généralement un ancien amant jaloux, et, en enquêtant, il avait réalisé que celle qui avait porté le coup fatal n’était pas tant la meneuse affirmée du couple, que l’autre, celle qui ne disait rien. Jena semblait être un peu comme ça : timide et délicate, mais une apparence dissimulant une personnalité profonde et affirmée. Difficile de savoir comment danser avec de telles personnalités. Jena avait récupéré un classeur, et retourna ensuite vers sa chambre.

*Est-ce qu’elle cherche à nous chauffer ou quoi ?!*

Dans un espace aussi étroit, sans possibilité de sortir, il fallait s’attendre à ce que les hormones chauffent dans tous les sens... ZI.UA avait sorti une cigarette, et sortit Nathan de ses réflexions en leur disant qu’ils allaient bien rigoler.

« Ouaip, acquiesça Ulrik. Je crois aussi. Vous êtes un duo atypique, toutes les deux. »

Ça, Nathan n’allait pas dire le contraire.

« Nous sommes condamnés à vivre ensemble pendant plusieurs jours dans un espace étroit... Je pense qu’il ne faut pas que ce soit trop anxiogène.
 -  Et puis, poursuivit Ulrik, si vous vous baladez à poil, ce n’est pas moi qui serais contre. »

Comme pour le prouver, il retira son débardeur, et le jeta au sol.

« L’essentiel, c’est de se mettre à l’aise, ZI. Je suis pas un putain de surveillant de faculté, juste un... Semi-bandit. »

Tout était dans la nuance...
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« Répondre #26 le: Mars 18, 2015, 06:37:40 »

   

       Sa clope à la bouche, ZI.UA retira le manteau qu'elle portait, le posant sans trop de manières sur le dos du siège sur lequel elle s'installa. En-dessous de ce truc en fourrure qu'elle portait tout le temps, comme une seconde peau nettement plus moelleuse, elle arborait un de ces débardeurs  amples n'importe comment. Blanc, court, il dévoilait son ventre, et sur les côtés, il laissait deviner son soutien-gorge. C'était peut-être, pour beaucoup, ce qu'on appelait un appel au viol, mais pour elle, c'était juste très confortable. La porte de leur « chambre » était restée entrouverte, et on entendait Jena déplier des affiches, sans cesser de chantonner. On l'entendit faire tomber des trucs deux ou trois fois, et même se casser la gueule du lit. Intenable, oui, c'est le terme qui la définit le mieux. Au moins, sur ce point là, elles étaient assez similaires. Si ce n'est que Jena était bien plus sympathique que sa congénère. Et puis, elle au moins, elle se laisserait draguer sans trop de problèmes. L'amour de ZI.UA pour les robots – voire son admiration – retirait beaucoup de charme aux êtres humains, en règle générale. Même si là, Ulrik torse nu, ça attirait son attention. Son regard se perdit quelques micro-secondes dans la contemplation de son corps, avant que sa conscience ne la secoue. Tu te calmes, ma grande, tu sais que ça ne vaut pas un robot. Ses rares expériences sexuelles avec la race humaine avaient été des échecs. Au mieux, elle s'était fait chier. Elle sortit de son manteau un cendrier de poche, rond, en métal, plutôt abîmé.

« Y'a un système d'aération, non ? Je ne peux pas vivre sans fumer. » Répondit-elle à Nathan et sa remarque sur ses habitudes « anxiogènes ».
« Moi aussi, j'en veux une ! »

   L'odeur du tabac avait attiré Jena. Elle s'empressa de piquer une clope à son amie. Par contre, il ne fallait pas attendre d'elle qu'elle mette des fringues propres à la vie en société. Elle s'appuya sur le dossier du siège de ZI.UA, cigarette à la main, dessinant des volutes de fumée tout autour de son visage angélique à chaque fois qu'elle prenait une taffe. Ses yeux clairs analysèrent les environs, se posant n'importe où … Mais surtout sur Ulrik. C'était attendu. Elle bloqua sur lui, eut un petit sourire, avant de contempler sa clope. Elle, ça lui posait pas trop de problèmes de fricoter avec des êtres humains. Elle trouva même ça carrément jouissif.

« Jena, vu que tu es debout … Tu m'apporterais mon classeur bleu ? »
« Oui, oui ! »

   Un petit aller-retour, et elle le posa précautionneusement devant son amie, qui s'empressa de l'ouvrir et de tourner les pages. Pendant ce temps-là, Jena lorgnait avec une discrétion qui n'en était pas une sur Ulrik. C'était beau, un cors athlétique, comme ça. Ça l'attirait comme un petit aimant.

« X-Prim est très accessible, j'ai ici les plans des lieux, les coordonnées, de quoi faire en sorte de se poser sans qu'on nous pose trop de questions. Alma préparera le terrain pour nous, quand on s'approchera. »
« On va à X-Prim ? Mais pourquoi faire ? »
« Ils sont spécialisés dans les symbiotes, c'est ce qui nous intéresse. »
« Qui a un symbiote ? » S'exclama-t-elle en se redressant.

   Un temps de silence. ZI.UA se tourna vers Jena, et inclina le bâton de sa cigarette vers Nathan. Jena le fixa, clignant brutalement des paupières à plusieurs reprises.

« Pourquoi vous en avez un ? »
« Jena, tu es … »
« Non mais, chez moi, les gens s'en implantaient volontairement, alors je sais c'que c'est, hein ! Mon père en avait un, quand il était commandant, quand il devait se battre, ça … »
« Attends, quoi ? »

   ZI.UA s'était carrément retournée vers cette adorable tête blanche.

« Les symbiotes donnent une puissance folle aux personnes qui en portent, continua Jena. J'y connais rien, hein, je sais juste que … Les hommes en avaient, chez moi, certaines femmes, aussi, et ça les faisait gagner pas mal de combats. »
« Tu es sérieuse ? »
« Oui, bien sûr. C'était un sacrifice que notre planète imposait aux soldats, ils mettaient ça sur le compte de l'honneur, ou j'sais pas quoi. »
« Et après, ils géraient ça comment ? »
« Bah … Quand ils géraient le symbiote, comme tu dis, ça posait pas de soucis, le but était d'en faire des tueurs, alors bon. On leur retirait après leur combat. Mais souvent, ils mourraient. C'est pas pour rien que je parle de mon père au passé, et c'est pas pour rien que je suis à l'Académie. »

   Ça, ZI.UA n'en revenait tout bonnement pas. Elle fouilla dans son classeur, pour en sortir une liste où s'inscrivaient une bonne centaine de noms, tandis que Jena regardait Nathan avec un air aussi intrigué que compatissant.

« Tu viens d'Ankylos ? »
« Ça s'prononce pas vraiment comme ça, mais oui. Tu ne savais pas ? Je vivais à Psora, la capitale. C'était bien moche. Et ils étaient tous très cons. »  

   Entre celle qu'on avait arraché contre son gré au cosmos et celle qui s'en était enfuie, elles formaient un beau duo.

   Ankylos était une planète très éloignée de la base spatiale, il fallait compter cinq ou six mois de voyage pour y accéder. C'était une partie de l'univers assez bordélique, et réputé pour être ingérable. ZI.UA n'arrivait pas à croire qu'une créature aussi douce que Jena puisse venir de là-bas. Psora était une capitale à laquelle personne ne s'était jamais attaquée, et maintenant, ZI.UA comprenait pourquoi. Qui oserait tenir tête à une armée de symbiotes, justes bons à tuer sans aucune pitié ? Cette planète avait comme réputation de tenir tête à tous ses ennemis, tout en colonisant d'autres planètes et satellites allègrement, en particulier celles entourant Ankylos. Ils avaient colonisés les trois planètes de leur système solaire, histoire d'asseoir leur puissance. Personne ne s'y rendait sans avoir une vraie bonne raison de le faire. Un peuple dangereux, donc, qui se retranchait dans un univers qu'ils avaient bâtis pour être inviolable et redoutable. J'comprends absolument pas comment Jena peut être du même sang que ces cinglés.  

« Si j'étais resté là-bas, j'aurais été paysanne, mère, nonne, pute ou guerrière. Non merci. »
« C'est vrai que c'est assez limité. »

   Pour toute réponse, Jena hocha la tête, tandis que ZI.UA, elle n'en revenait toujours pas. Il y eut un temps de latence, avant que Jena n'écrase sa cigarette dans le cendrier. Elle regarda Nathan, puis Ulrik, avec une moue toujours aussi adorable.

« Bon, la douche, c'est où, ici ? »
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« Répondre #27 le: Mars 23, 2015, 02:04:09 »

Ulrik nota les regards intéressés des nanas sur son torse, et masqua son bon plaisir. Elles étaient belles, lui aussi, son corps les attirait, leur corps les attirait... Que demander de plus ? Seul Nathan était un problème... Car lui aussi commençait à sentir l’excitation en train de monter. La Bête était en lui, et il savait que la promiscuité sur plusieurs jours favorisait l’intimité et les échanges sexuels... Or, s’il se remettait à faire l’amour, il craignait de voir la Bête revenir, et ce d’autant plus qu’ils étaient au courant, et qu’ils savaient donc ce qui risquait de se passer si la Bête se réveillait. ZI.UA et Jena fumaient toutes les deux dans le cockpit, et Ulrik les observait, son regard oscillant entre les deux poupées et les consoles. Aucun problème à signaler. Sur plusieurs écrans, des algorithmes s’affichaient à toute allure. Continuellement, l’ordinateur de bord programmait et calculait la trajectoire à emprunter. En vitesse-lumière, il fallait planifier au millimètre près le voyage, car tout était possible... Il suffisait d’un impact avec un micro-astéroïde sur le vaisseau pour que ce dernier explose, et le pire était l’atterrissage... Une erreur de calcul de quelques décimètres, et le vaisseau pouvait émerger dans un trou noir, un champ d’astéroïdes, ou se crasher sur une planète... Ce qu’Ulrik avait déjà eu l’occasion de faire sur Terre, et qu’il ne tenait nullement à réitérer. Un miracle de ce type n’arrivait jamais deux fois.

ZI.UA avait récupéré de nombreux fichiers, et leur parla de X-Prim, ce qui intéressait un peu plus Nathan. Ils venaient de se poser dans le salon, où il y avait une table ronde, au centre, permettant d’étaler des documents. Elle avait un plan de la station, et Nathan le regarda. C’était une station de recherche assez grande, bâtie au milieu de massifs montagneux, de gorges profondes, de dédales... Une planète rocailleuse et inhospitalière, une variante de LV-426... Avec des endroits discrets pour éviter de tomber sur la douane. Nathan, qui s’était glissé dans le dos de la femme pour observer cela, hocha la tête... Avant qu’une bouffée de fumée ne jaillisse sur son visage, ses narines venant inhaler un peu de tabac.

« Ces plans m’ont l’air bons...
 -  Vous voulez vous poser en toute clandestinité sur une station de recherches, et c’est moi le bandit ? » ironisa Ulrik.

X-Prim intéressa alors Jena, ce qui amena Nathan à réaliser que la belle fille aux longs cheveux blancs n’avait aucune idée de leur raison ici... Était-elle naïve, ou idiote ? Elle avait suivi ZI.UA sans même se poser la question, et venait maintenant de le réaliser. Le reste, toutefois, fut très intéressant. Jena se mit à parler d’Ankylos, une mystérieuse planète reculée ayant la particularité d’avoir des symbiotes. Nathan sentit son cœur manquer un ou deux battements suite à cet aveu, et ne dit alors rien. Le souffle court, il écouta les deux femmes parler. Une planète remplie de symbiotes ? Des humains fusionnant avec les eux, et parvenant, plus ou moins, à les contrôler ?! Et parvenant à les retirer ?!

*On leur retirait... On leur retirait... On leur retirait !!*

Ankylos... Nathan devait se rendre là-bas à tout prix ! Ulrik, quant à lui, grimaça légèrement. Les Gordaniens avaient entendu parler d’Ankylos, mais l’homme avait toujours cru à une légende. C’était une planète sauvage, se trouvant dans une galaxie éloignée, où il n’y avait aucune route commerciale, de multiples trous noirs, et des conditions naturelles extrêmement rugueuses. Quantité de rumeurs circulaient sur cette partie-ci de l’univers, qu’on surnommait parfois « la Zone Inexplorée », ou juste « la Zone ». La Zone, donc, était un endroit dangereux et hostile, et, pour rien au monde, Ulrik n’avait envie d’y aller.

Visiblement, ZI.UA semblait aussi estomaquée que ses compagnons devant l’aveu de Jane. Pour elle, tout semblait normal, à tel point qu’elle demanda où était la douche... Et n’eut, sur le coup, aucune réponse. Ulrik peinait à croire qu’une fille aussi neuneu pouvait venir d’Ankylos. Ulrik cligna des yeux à plusieurs reprises.

« La porte à gauche... C’est la salle de bains... »

Il laissa la femme filer, puis regarda Nathan.

« Est-ce que tu as pu repérer si... Enfin... Si elle en a un ?
 -  Un symbiote ? Non... Non, je ne crois pas...
 -  Ankylos, putain... »

Ulrik secoua la tête, et se rassit sur une chaise, puis sortit une cigarette, et tira dessus.

« On dit que ces mecs sont des putains de cannibales... Qu’un seul de leurs soldats suffit à décimer des garnisons entières... Qu’ils ne laissent aucun survivant.
 -  Alors, comment a-t-on entendu parler d’eux ?
 -  Des carcasses de vaisseaux sortant de la Zone... Des vaisseaux abandonnés, détruits, que des récolteurs et des collecteurs explorent en espérant y trouver des ressources. Ce qu’ils ont vu, ce sont des cadavres sanguinolents, des morceaux découpés, et des vidéos... Mais tout cela tient effectivement de la rumeur. La Base Spatiale avait mandé plusieurs expéditions militaires vers Ankylos, mais la position exacte de cette planète est méconnue... De plus, les cartes astrospatiales de la Zone sont peu fiables. Il y a énormément de ceintures d’astéroïdes, de trous noirs, de systèmes solaires où les étoiles sont des supernovae...
 -  S’ils peuvent me retirer un symbiote, il faut y aller... »

Ulrik secoua négativement la tête, tapotant sa cigarette contre le cendrier.

« Ça, jamais ! Si on va par là, ils nous captureront, et nous boufferont vivants. Ces mecs sont des tarés. Si tu veux aller là-bas, mon coco, ce sera sans moi. »

Nathan serra les poings. Ulrik reprit alors.

« Si ta copine vient vraiment d’Ankylos, il faudra lui dire de ne pas le crier sous tous les toits... Et il faudra aussi éviter de dire que notre ami a un symbiote dans le corps. »

La prudence s’imposait, si le groupe voulait espérer s’en sortir indemne.

« Ah, et pour le détail... Il n’y a qu’une douche, et elle ne fonctionne qu’une demi-heure pour l’eau chaude. Après cela, il faut attendre que le moteur réchauffe l’eau, ce qui prend une petite heure... »

C’était long, parce que l’hyperdrive bouffait toutes les ressources du vaisseau Ulrik tenait à le préciser...

...Au cas où.
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« Répondre #28 le: Mars 23, 2015, 08:34:10 »


   ZI.UA en avait entendu parler, d'Ankylos. C'était la zone à éviter par excellence. On faisait des blagues à moitié drôles sur cette partie de l'univers, la plupart du temps pour dédramatiser, tout en sachant que cet endroit était un des plus sordides de la galaxie. Une bonne partie du peuple était des guerriers, et la moitié d'entre eux avait un symbiote dans le ventre. Elle se souvenait très bien du jour où, avec l'équipage dont elle faisait partie, ils avaient frôlés le système solaire leur appartenant. Elle n'y avait vu que des planètes bossues et grises, dont l'une d'entre elles était entourée d'une ceinture d'astéroïdes. Ankylos avait tendance à se débarrasser de ceux qui n'avaient pas la force d'y vivre, en leur proposant de partir vivre autre part, n'étant d'aucune utilité sur leur planète. Les réfractaires étaient envoyés se faire tuer au combat. Il était clair que prononcer ce nom quelque part dans le cosmos n'était pas une bonne idée. La plupart des personnes, avides de généralités, pensait que chaque personne native de cet endroit portait un symbiote. ZI.UA refusait de croire que Jena puisse en porter un.
   Elle les écouta parler en se mordant nerveusement la lèvre inférieure. Ulrik avait raison, Jena ne devait pas décliner son identité. Une méfiance commune à l'égard d'Ankylos ne leur permettait pas d'être sincère, sur ce plan. Quand elle entendit Nathan évoquer l'idée de s'y rendre, elle se raidit.

« Ah, ça, non, jamais. On n'ira jamais là-bas. Ce serait vraiment … de la folie. Et suicidaire, en plus. Même accompagnés d'une native, on ne serait pas les bienvenus. On évite à tout prix cet endroit. On est pas armés pour ça. »

   Son paquet de clope dans la main, elle jouait à le faire tourner entre ses doigts.

« Ulrik a raison, il faut qu'on soit prudent. »

   C'est à cet instant qu'elle réalisa que faire partie de cet équipage comportait certains risques pas négligeables. Un « semi-bandit », un porteur de symbiote, une fugueuse et une ancienne habitante de Psora qui souffrait de la réputation de son peuple d'origine, ça n'avait rien de très rassurant. Pour sûr, au moindre écart, ils seraient dans une merde noire. Elle était bien heureuse que ses parents soient au fin fond de l'espace, incapables de la surveiller. S'il savait où elle était et avec qui, elle ne donnait pas cher de sa peau. Mais bon, le danger, quand même, c'est excitant. La remarque sur le fonctionnement de la douche, elle l'assimila à moitié, perdue dans toutes ses pensées, échafaudant divers plans et imaginant des scénarios catastrophes dignes de films de SF. Ahlala, nan mais quelle vie.

« D'autant qu'il n'y a aucun espoir pour qu'il te retire ton symbiote si tu n'es pas des leurs. Ils n'aiment pas trop les étrangers, là-bas. Ils ont une politique assez … violente, à leur égard. Et pas question qu'on me donne en pâture à ces monstres. Attendons de voir ce que ça donnera, sur X-Prim, mh ?»

   En fond sonore, on entendit la douche s'enclencher. ZI.UA se leva, histoire de se dégourdir les jambes, zieutant vers l'espace, qu'on voyait à travers la vitre. Ça l'apaisa immédiatement. Lentement mais sûrement, l'adrénaline se dispersait dans son sang. Des années qu'elle se faisait chier à devoir être sédentaire, elle avait l'impression d'être toute rouillée. Elle prit une longue inspiration, avant de se tourner vers Ulrik, persuadée qu'il saurait répondre à la question qu'elle s'apprêtait à poser.

« Bon, y'a quoi à boire, ici, sinon ? Je serais pour fêter un peu cette charmante aventure qui nous attend. »

   Elle savait que faire boire Jena était assez risqué – elle ne tenait absolument pas l'alcool et profitait de la moindre dose d'ivresse pour faire n'importe quoi – mais elle avait besoin de boire un coup. Ses muscles réclamaient un peu de détente, et sa tête aussi.
   Elle sortit de sa poche une petite clé USB, qu'elle enfonça dans le compartiment approprié. La musique s'éleva, se dissipant dans l'air et dans ses tympans. Ah, là, oui, elle se sentait bien.

« Et puis, on est pas près d'arriver, autant s'occuper. »
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« Répondre #29 le: Mars 26, 2015, 02:14:03 »

Le problème qu’il y avait quand on avait un symbiote en soi, c’est qu’on n’était guère enclins à la prudence. Un symbiote était une chose affreuse, en ce sens qu’il vous amenait à vous croire invincible. Avec lui dans le corps, Nathan avait toujours été moins prudent en cas d’action, n’hésitant pas à se recevoir des balles, ou à se jeter à bride abattue dans le danger. Pour ce qui était de l’action pure, le policier ne pouvait que reconnaître la grande efficacité de la Bête. C’était tout le reste qui pêchait. Néanmoins, même lui reconnaissait tout le caractère suicidaire qu’il y aurait à se rendre sur une planète remplie de symbiotes meurtriers et psychotiques… Mais il savait qu’il y irait, si le voyage à X-Prim se révélait insuffisant. Il suivit donc la voix de la raison, incarnée par ZI.UA, qui suggéra de ne pas dévier du plan originel, et ensuite de voir quoi faire.

*Je suis convaincu que je trouverais, dans un rade quelconque, un pilote suffisamment farfelu et désespéré pour me conduire à Ankylos…*

Cette idée trottait dans sa tête. Une planète où la technologie était assez forte pour ôter le monstre qui vivait en lui. Est-ce que la Bête venait de là ? Est-ce que le symbiote qui avait été à l’origine de celui qu’il portait était une sorte de réfugié politique venu de cette partie éloignée et lointaine de la Galaxie ? Difficile à dire… Sur ses origines profondes, la Bête ne savait pas grand-chose, la créature étant, après tout, née en laboratoire.

Ulrik, de son côté, était sûr de ne jamais se rendre sur Ankylos. Fou, il l’était sûrement, mais sa folie n’était pas encore suicidaire. Il n’y avait rien à obtenir à Ankylos que la mort et la désolation. C’était un endroit extrêmement dangereux, et, alors qu’il y songeait, il vit le regard de ZI.UA croiser le sien. Elle lui demanda alors s’il y avait à boire, et, dans la foulée, mit une musique assez… Différente de Redbone. Ulrik l’aurait volontiers qualifié de sensuelle, c’était tout à fait le genre de sons qu’il imaginait dans certains night-clubs où les danseurs étaient sur des pistes étroites, leurs ombres dansant en se collant sous la lumière folle des stroboscopes. Cette musique provoquait en lui des idées, surtout quand ZI.UA poursuivit, en disant qu’il allait falloir trouver un moyen de s’occuper.

*Ah, ça…* songea pensivement Ulrik.

Le contrebandier hocha la tête, et s’avança contre le mur, puis appuya sur plusieurs boutons d’un terminal. Une porte s’ouvrit, laissant apparaître un compartiment frigorifié, avec différentes bouteilles.

« Pour vous servir, Votre Majesté, ironisa-t-il. Chaque fois que je me rends sur une planète, j’en profite pour visiter leurs distilleries et leurs localités… J’ai ce petit rouge qui vient des champs de Katia, qui fond sur la langue. »

Le rouge de Katia avait aussi des propriétés aphrodisiaques reconnues, et Ulrik le sortit donc, non sans un certain dessein. Il attrapa également du vin blanc, venant des viticultures de Naja, une planète très verdoyante. Le vin de Naja était très onéreux, comme celui de Katia, et, si Ulrik en avait, on pouvait se douter que ce n’était pas en suivant les circuits légaux de distribution du vin. À cause des intermédiaires entre l’agriculteur et le consommateur, le prix de vente d’une boisson était parfois trois fois plus cher que son prix normal. Il sortit les deux bouteilles, les posa, puis ouvrit un autre compartiment, révélant une partie des ustensiles de cuisine : verres, assiettes, fourchettes, couteaux… De beaux verres à pied, avec des motifs gravés sur la devanture, représentant des silhouettes érotiques.

« Je les ai achetés à Katia aussi… »

Katia était connue pour être une planète de tous les excès, une planète du divertissement. C’était souvent la destination privilégiée pour les jeunes de la Base Spatiale, car on ne trouvait quasiment que des boîtes de nuit, des soirées, des concerts en pleine plaine regroupant des milliers de personnes, des festivals artistiques déjantés, et quantité de bordels et de lupanars en tout genre. De fait, il était interdit, dans certaines planètes, de parler de Katia à l’encontre de personnes mineures, tant la réputation sulfureuse de la planète était, pour certains systèmes planétaires, choquante et immorale.

Nathan choisit le vin blanc, ce qui était tout à son intérêt. Autant ne pas réveiller trop l’eau qui dort. Ulrik, tout en les servant, s’adressa à nouveau à ZI.UA :

« Si tu aimes l’espace, on pourra se faire des petites sorties quand le vaisseau devra recharger ses batteries... J’ai des combinaisons spatiales pour aller dans l’espace. »

C’était légalement obligatoire d’en avoir au moins une, et c’était surtout très pratique, car, en cas d’avarie, de rochers de météorite encrassant un ventilateur de refroidissement, il fallait bien sortir pour les déloger. Cependant, il y avait, dans cette proposition, quelque chose d’autre qu’Ulrik avait en tête… Une femme dans une combinaison spatiale moulante, c’était toujours très sexy, et, avec le joli lot qu’il était sous le nez, le contrebandier était convaincu d’en avoir pour son argent.
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