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Le Grand Jeu - Forum RPG

Bad langage Discrimination Drugs Sex Violence Gambling

Bonjour et bienvenue.

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Auteur Sujet: ... Vivement que ça bouge. [PV]  (Lu 3571 fois)
ZI.UA
Humain(e)
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Messages: 46


into the future, under the strobe lights


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Fiche
« le: Février 02, 2015, 11:27:33 »

   Il ne faisait pas bon. Le ciel était gris, noir, ZI.UA ne savait pas vraiment. Au-dessus de sa tête, tout se fondait en un amas inquiétant, prêt à lui tomber sur la gueule. Une personne un peu croyante y aurait vu un signe de mauvaise augure, quelque chose de néfaste, quasi-cancérigène. Elle, elle n'y voyait rien de spécial. Une absence de mythes rendait sa vie amère. Il n'y avait rien à espérer dans l'irréel, rien de fou, rien de miraculeux. Ce genre de trucs, elle ne pouvait les trouver que dans le cosmos. Cette pensée fit grincer son cœur d'une drôle de façon.

- Il va falloir y aller.

   La délicieuse voix robotique d'Alma sortit de son ordinateur, devant lequel elle était assise.

- Il est l'heure ? marmonna la jeune femme en grattant sa crinière verte.
- Plutôt, oui. Vous avez toutes vos affaires sur vous ?

   Elle répondit par un hochement de tête. De toute façon, Alma s'était connectée à la webcam et pouvait facilement la voir.

- Dépêchez-vous, alors.
- Oh, c'est bon.

   Le charmant logiciel qu'était Alma avait toujours un ton sentencieux. Le même qu'ont les parents. Celui à qui ne peut répondre que par par un grognement ou, au mieux, une réponse dépourvue de sens. ZI.UA se leva, enfilant une combinaison noire, qu'elle refermait sur son torse avec une fermeture dorée. C'était toujours mieux, pour voyager. Si ce genre de délires vestimentaires inquiétaient tous ceux de sa promotion, elle, elle trouvait ça cent fois plus confortable. Et puis, jusque là, elle n'avait jamais porté autre chose que des combinaisons. Elle enfila un manteau en fausse fourrure blanche, avant de saisir son sac.

- La fourrure, mademoiselle ? continua Alma sur un ton doucement moqueur.
- Tu apprendras que c'est très confortable, pour voyager, répliqua-t-elle.
- C'est surtout très fragile, mademoiselle.
- Oh, c'est bon, Alma.
- J'admire votre sens de la répartie.
- Raaaaah !

   Elle ferma son ordinateur d'une main, avant de filer vers ce qui devait être une salle à manger, mais était devenu un endroit où s'entassaient tous ses souvenirs, tout ce qu'elle avait pu sauver de ses années à voguer dans la galaxie. Deirdre, mise sur pause, se tenait sur un fauteuil, au milieu de bouquins pour lesquels ZI.UA n'avait pas encore trouvé de place. Elle regarda un petit moment les croquis et les photographies, qui couvraient tous les murs, avant de fourrer dans son sac deux-trois p'tits trucs à bouquiner, une clope dans la bouche.

- ZI.UA ?
- Ah, putain, ALMA !

   Elle venait de s'incruster dans sa montre, et avait fait frôler l'arrêt cardiaque à la jeune femme. Deirdre s'anima aussitôt.

- Tu pars ?
- Mademoiselle part aujourd'hui même en voyage, oui, continua Alma.
- Je peux venir ?
- Les humanoïdes ne sont pas autorisés par …
- Oh, fermez-la, FERMEZ LA !

   Dieu que c'était épuisant, la technologie, par moments.

- Deirdre, tu restes ici, à moins que … Tu vois. Si j'ai un problème, tu prendras Ludwig, 'fin merde, on en a parlé hier ! Et on ose parler de la mémoire humaine !
- Mademoiselle veut-elle que je lui rappelle les notes de son dernier contrôle de connaissances ? Je pense qu'un ordinateur aurait fait beaucoup mieux.
- … Alma, tu m'emmerdes.

   Le temps de rafraîchir les esprits de son robot préféré, et elle rejoignit Ludwig, son vaisseau attitré. Lui la conduirait à l'Académie sans faire d'histoires. Pas d'engueulades, de sarcasmes, rien. Putain ce qu'elle l'aimait.
   Aujourd'hui, c'était le jour du voyage. Elle avait dû se battre contre ses profs, qui, appréciant moyennement ses petites remarques et son ton continuellement insolent, avaient voulu l'empêcher d'y participer. Une dizaine de jours dans un centre d'étude. Elle ne pouvait pas rêver mieux. Ici, on avait fini par l'habituer à ne voir des xénomorphes que sur des photographies et des diapositives projetées sur un mur sale. Pendant dix jours, elle allait pouvoir en apprécier des vrais. Des vivants. Putain, ça faisait tellement longtemps. Elle éteignit sa cigarette avant d'entrer dans les bâtiments de l'Académie, rejoignant avec dix minutes de retard le reste de sa promotion. Tout le monde avait déjà pris sa place dans le vaisseau. Il ne lui restait plus qu'un siège, au fond, là où il n'y avait aucune fenêtre. Elle poussa un « Putain » gavé de rage avant de jeter son sac dans la soute et de rejoindre les autres. Qu'est-ce que les gens font chier, c'est impressionnant.
   Elle passa les quelques heures de voyage des écouteurs vissés dans les oreilles. Toutes les têtes s'agitaient, autour d'elle. ZI.UA détestait entendre les gens. Elle n'aimait pas les entendre parler. Chaque fois que ses écouteurs flanchaient et qu'elle devait se confronter aux bruits des autres, elle fumait deux fois plus que d'habitude. Ça l'agaçait. Elle préférait largement choisir les bruits avec lesquels elle voulait s'entourer.




o o o o o o o o




- Nous vous rappelons que vous serez logés dans cet internat, destiné aux jeunes chercheurs ! Nous vous demandons beaucoup de soin !

   La petite prof blonde glapissait comme un renard en fin de vie.

- Trois par chambre ! La liste est ici ! Quand je donne votre nom, vous venez, vous prenez les clés, et … Silence, s'il vous plaît ! Silence !

   Et elle commença à réciter les noms. Son sac sur l'épaule, le regard un peu vide, ZI.UA regardait les gens défiler. Un classement par ordre alphabétique, la grosse blague. C'était sans doute la classification la moins ingénieuse de tous les systèmes réunis. Elle serait à la fin, comme d'habitude, avec deux personnes dont elle entendit à peine le nom. Un garçon et une fille. Elle le sentait, elle allait se marrer. La fille prit la clé, et ils avancèrent dans le bâtiment rond, isolé du centre, au milieu d'un jardin. On dirait un asile, bordel. La visite de la chambre fut rapide. Trois lits, trois bureaux, une salle de bain. Mh, une prison plutôt. Elle jeta son sac sur son lit, près d'une fenêtre. Elle avait sa revanche. La jeune femme attendit que les deux élèves sortent, avant de s'affaler sur son lit. Elle n'avait pas dit un mot. Elle voulait le calme, le silence, la paix, et …

 - Mademoiselle, vous devriez parler à ces jeunes gens. Ce sont vos camarades.

   Alma. Bordel. Elle regarda sa montre. La voix venait de là.

- De quoi je me mêle ?
- Vous allez passer dix jours avec eux, ici. Soyez raisonnable.
- Je ne suis pas venue ici pour apprendre à être sociable. Je suis ici pour étudier.
- Ah, Mademoiselle.
- Alma, dis-mo, si on mettait à côté de toi une … Mh, je ne sais pas, une Game Boy Color, tu vois ? Tu voudrais lui parler ? Elle aurait des choses à t'apprendre, tu crois ? Eh non ! Elle ne saurait même pas parler !
- Vous êtes trop présomptueuse.

   Pour la peine, ZI.UA s'alluma une cigarette, refermant son manteau de fourrure autour d'elle. Dehors, sa professeur hurlait encore. Ils pouvait faire ce qu'ils voulaient de leur soirée, et demain, les visites commenceraient. Puis les études. Elle n'attendait que ça.
   Tout en regardant les corps de ses « camarades » s'éparpiller un peu partout, animés par une vie qu'elle trouvait agaçante et profondément vide, elle s'enfonça dans son lit, un bouquin entre les mains.




o o o o o o o o o o




- La capacité d'adaptation du xénomorphe est impressionnante. C'est une créature passionnante. Il suffit de l'étudier pour s'en rendre compte, et vous, jeunes étudiants, avez cette chance, celle d'étudier une des créatures les plus importantes de notre système.

   Je vais compter tous ses mots en « ante ». Première journée. Conférences autour du statut, de l'Histoire, de l'anatomie des xénomorphes. C'était pas vraiment la partie la plus passionnante. Engoncée dans un slim noir, un t-shirt blanc cent fois trop grand sur le dos et son inimitable manteau de fourrure, ZI.UA prenait des notes à propos des choses qu'elle savait déjà. C'est bon, elle en avait vu des paquets, des créatures de ce type. Affalée, le visage calé dans une main, elle comptait les minutes qui la séparait de la pause-cigarette. Elle n'aurait pas dû. Le résultat la découragea.

- C'est une expérience troublante, que de rencontrer pour la première fois un xénomorphe.

    Grands dieux, va-t-il s'arrêter ?   Elle fit une petite croix, en haut de sa feuille. Vivement que ça bouge. Parce qu'à ce train-là, elle allait fondre d'ennui.
Journalisée

Nathan Joyce
E.S.P.er
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FicheChalant
« Répondre #1 le: Février 04, 2015, 02:57:24 »

Maison de la Xénomorphie, Cassiopeum
Maintenant


« Reaper. Un spécimen xénomorphe fascinant qui a les moyens de se dissimuler dans l’espace, et de pouvoir survivre sans avoir besoin de se nourrir, en ralentissant volontairement son système nerveux et en figeant son organisme. Il se trouve généralement dans certains carcasses de vaisseaux spatiaux, et sa faculté d’hibernation est telle que son corps, avant de se réveiller, n’émet aucune émission de chaleur corporelle. Autrement dit, les détecteurs sont incapables de les repérer...
 -  Putain, man, c’est d’un chiant...
 -  Les dissections menées sur le Reaper permettent d’établir que cette créature peut retenir dans ses poumons tout oxygène inspiré pendant une grande durée. L’oxygène gonfle ensuite des espèces de spores poussant sur certaines parties de son corps, et qui lui permettent, en cas d’attaque, d’émettre autour de lui un gaz aveuglant et corrosif servant à le camoufler. Les études du Docteur Mynark Kyras ont permis de déterminer que son facteur de régénération cellulaire venait de... »

Le guide Nathan poussa un léger grognement. Ulrik n’était pas réputé pour être un homme très patient, et le contrebandier ne voyait guère ce qu’on pouvait trouver de si passionnant dans un musée. Cependant, il avait été payé pour escorter Nathan, et c’était une tâche à laquelle il s’appliquait, ne comptant guère rechigner sur quelques crédits. Nathan, quant à lui, trouvait l’homme un peu collant, et les deux marchaient à travers les coursives de la Maison de la Xénomorphie de la planète Cassiopeum, une planète tellurique qui avait pour particularité d’abriter, outre une vaste ville, un important centre de recherches scientifique galactique sur les Xénormorphes... Soit toutes les formes de vie extraterrestre sauvages n’ayant pas constitué une civilisation, et qu’on retrouvait sur au moins deux systèmes solaires différents.

Que faisait donc un brave policier de Seikusu dans un musée galactique, à observer devant lui des guides robotiques parler des Reapers, sous les regards admiratifs d’une tripotée de marmots à la peau violette ou ayant trois yeux ? Tout avait commencé il y a quelques semaines, lors d’une réunion à Seikusu Base Camp, après les derniers exploits de Nathan sous l’emprise de la Bête*.



Seikusu Base Camp
Il y a quelques semaines


« Le symbiote est en train de prendre le contrôle sur lui.
 -  Malheureusement, le traitement est de plus en plus inefficace... La Bête, comme Monsieur Joyce l’appelle, est en train de s’adapter, et de repousser mon vaccin, malgré toutes mes tentatives de le perfectionner.
 -  Alors, quoi ? On revient sur cette idée de l’envoyer chez les Novaquiennes ?
 -  Non seulement je ne suis pas convaincue par la capacité des Novaquiennes à extraire ce symbiote, mais je doute qu’il soit intelligent de confier à des nymphomanes en puissance un pervers sexuel incapable de se calmer devant une paire de seins.
 -  Hum... Vous marquez un point, Agent Romanov. Il reste toujours la possibilité de l’enfermer.
 -  Ce serait idiot, il n’est qu’une victime...
 -  Alors, que suggérez-vous, Agent Carter ?
 -  Transférez-le au Peak, la base spatiale du SWORD... Ils ont un Portail pour la Base Spatiale Galactique. »

Un léger silence s’était instauré dans la pièce. Le SWORD était une division du SHIELD spécialisée dans la surveillance des signaux extraterrestres, notamment des menaces spatiales.

« Okay... Donc, on l’envoie là-bas, et... ?
 -  Nathan est une grande personne, et il veut vraiment se débarrasser du monstre. Il ne sort plus de chez lui, depuis ce qui est arrivé à cette civile...
 -  Ce à quoi je tiens à rappeler que, si jamais il merde à nouveau, je l’enfermerais. On est passé à deux doigts de la catastrophe, sur ce coup-là... »

Un nouveau silence s’était instauré dans la pièce.

« Je pense que c’est ce qu’il a de mieux à faire. Son symbiote est un Xénomorphe, et notre niveau technologie ne nous permet pas de mener des recherches approfondies sur eux. Quant aux Tekhanes, même sans tenir compte de leurs déviances sexuelles, leurs recherches sont centrées sur les Formiens, qui ne constituent qu’une catégorie particulière de Xénomorphes. Bien sûr, nous pourrions envoyer un agent avec lui, mais je crois qu’il est mieux qu’il y aille seul...
 -  C’est aussi ce que je pense. Ce n’est pas comme s’il n’était pas capable de se défendre tout seul. Le SWORD pourra lui louer une chambre, et puis... En cas de problème, le SWORD a des agents au sein de cette station, non ? »



Maison de la Xénomorphie, Cassiopeum
Maintenant


Cassiopeum était une planète qui avait existé avant que la crise formienne ne devienne une crise majeure, soit avant que la majeure partie de la Flotte-ruche ait choisi d’attaquer Gordan. Auparavant, tout en étant toujours une menace sérieuse, celle-ci était tempérée par les principales puissances de l’Univers connu par la présence rassurante de l’immense armada gordanienne. Avec ses millions de vaisseaux et ses milliers de chantiers navals, l’Empire était à même de briser d’innombrables Leviathans, et ainsi de purifier bien des planètes et des systèmes stellaires contre des menaces en tout genre. Maintenant, les Formiens avaient passé un cran au-dessus, et Cassiopeum s’était vu allouer des fonds supplémentaires.

Juridiquement, la planète tellurique était une planète au statut politique neutre, dépendant presque exclusivement des fons fournis par les autorités régulant la Base Spatiale, afin de fournir des bases de recherche sur les Xénomorphes, au sens large. Il n’y avait pas vraiment de grand département formien, et les recherches de Cassiopeum étaient utilisées à des fins militaires, afin d’essayer de mieux comprendre les Formiens. Nathan, honnêtement, se moquait bien des Formiens, et ce même si la plupart des gosses demandaient fréquemment à leurs parents s’ils allaient enfin pouvoir les voir.

Il était en compagnie d’Ulrik, un individu improbable, mais ce dernier avait fini par le larguer, sortant de la Maison de la Xénomorphie pour rejoindre le reste de la station. Nathan, lui, suivait son groupe. Il espérait trouver sur quelque chose concernant les symbiotes. Comprendre ce qui lui arrivait, voilà qui le hantait... Il se souvenait encore de ce qu’il avait fait à Kelly, à cette pauvre femme... Et le pire était que, même s’il était objectivement dégoûté par ce qu’il avait fait, il sentait que, s’il devait un jour le refaire... Il le referait.

Au bout d’une bonne vingtaine de minutes, il réalisa qu’il n’apprendrait rien en suivant la visite guidée, et il entreprit de suivre des panneaux menant à l’Académie de Cassiopeum, auquel les simples visiteurs avaient accès.



Base Spatiale
Il y a une semaine


« Alors, comme ça, vous cherchez un taxi ?
 -  On peut dire ça, ouais... »

Quand le SHIELD avait proposé à Nathan d’aller dans l’espace, il avait initialement cru à une blague. Avait-il trop picolé ? Se mettait-il à entendre des voix ? À voir des hallucinations ? Et puis, progressivement, en faisant fonctionner son cerveau, il avait compris... Il avait compris que l’idée était qu’il puisse enfin découvrir ce qu’était vraiment son symbiote, ainsi qu’un moyen de s’en débarrasser définitivement.

Arriver la première fois sur la Base Spatiale lui avait fait bizarre, et, fort heureusement, après avoir violé Kelly et déchiqueté plusieurs Yakuzas, la Bête était relativement apaisée pour qu’il puisse contrôler le symbiote. En faisant quelques recherches, Nathan avait entendu parler de Cassiopeum, de la Maison de la Xénomorphie, de la guerre entre Gordan et les Formiens, donnant lieu à des images audiovisuelles qui auraient pu faire fureur dans la prochaine superproduction de Michael Bay.

Pour se rendre à Casisopeum, il lui fallait un chauffeur. Il aurait pu prendre l’une des navettes, mais, dans la mesure où Nathan pensait rester un certain temps, et sans doute encore voyager ailleurs, il avait trouvé un type dans l’une des cantinas de la Base Spatiale. Un contrebandier blond, en train de se saouler. Ulrik. Nathan l’avait immédiatement rangé dans la catégorie des rats et des parasites, ces épaves et ces déchets qui semblaient visiblement se trouver d’un bout à l’autre de l’Univers...

Des gens comme lui, quoi.



Académie de Cassiopeum, Cassiopeum
Maintenant


Nathan s’avançait rapidement, sans trop savoir où aller. L’Académie était jointe à la Maison de la Xénomorphie, reliée par des couloirs en verre translucide filant au-dessus de jardins luxuriantes, avec, au loin, de magnifiques cascades tombant depuis de très hautes montagnes. Oui, Cassiopeum était une magnifique planète, très agréable, très vivante... Mais Nathan n’était pas venu pour admirer le paysage. Il avançait le long des couloirs de l’Université, se dirigeant vers une amphithéâtre où une conférence avait lieu sur le Xénomorphe, et, après quelques hésitations, finit par trouver l’une des portes d’entrée.

Il débarqua dans un immense amphithéâtre, accueillant bien plus de mille personnes. Le professeur était sur une estrade centrale, et Nathan se déplaça rapidement, venant s’asseoir sur un siège... Juste à côté d’une femme blonde. Nathan la regarda brièvement, et hocha lentement la tête.

« Euh... Salut. Désolé de vous déranger » fit-il en s’asseyant.

Il était à côté d’une bombe sexuelle... Et la Bête continuait à dormir.

C’était presque trop beau pour être vrai.



* : Cf. RP « Luxury ».
Journalisée

DC d’Alice Korvander.

Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

Pour une demande de RP, je vous encourage, soit à poster sur le topic susmentionné, soit à envoyer un MP sur mon compte principal.
ZI.UA
Humain(e)
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into the future, under the strobe lights


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Fiche
« Répondre #2 le: Février 04, 2015, 06:59:02 »

   La blonde en question, penchée sur ses notes, releva soudainement la tête. Le détailla. Fouilla la salle des yeux, agissant comme si elle surveillait chaque personne avec attention. S'enfonça sur son siège. C'était elle, la professeure de l'Académie qui encadrait ce charmant groupe d'élèves. Après avoir vogué dans l'espace, le temps de se faire une assez bonne réputation, on lui avait accordé un siège à l'Académie. Si, le visage fermé, elle renvoyait l'image d'une femme dure à qui il ne faut pas trop parler, une fois souriante, elle avait la gueule d'un ange.
   Ainsi, un sourire se traça tout naturellement sur sa face, quand Nathan lui adressa la parole.

- Vous ne me dérangez pas, ne vous inquiétez pas.

   Et elle jeta à nouveau un coup d’œil circulaire dans l'amphithéâtre. Son regard s'arrêta sur quelques jeunes, assis un peu au-dessus d'elle d'un ou deux rangs, leur faisant signe de se taire, avant de le regarder à nouveau.

- J'accompagne mes élèves, pardonnez-moi si je tourne la tête, comme ça, c'est que je dois les surveiller un peu.

   Parmi ces quelques jeunes en question se tenait, je vous le donne en mille, ZI.UA, ainsi que Jena, qui venait de s'installer à côté d'elle. C'était une femme atrocement gentille, ce qui donnait sans cesse envie à ZI.UA de la taper. Mais elle était aussi la seule à lui prêter de la monnaie pour qu'elle se paye un café, ou une cigarette quand elle venait à en manquer. Donc bon. Elle fit l'effort de ne pas lui dire de la laisser tranquille. La petite blanchinette – dérivé de blondinette, oui, parfaitement -  étala bruyamment ses affaires sur son pupitre, ce à quoi ZI.UA répondit par un claquement significatif de la langue contre le palais. Jena la dévisagea, avant de lui sourire. Un grand et immense sourire, lumineux à s'en brûler les yeux. Ce sourire qui attendrissait tant les gens fit tiquer ZI.UA. Grands dieux, je vais la gifler. Elle souriait tout le temps. Tout le temps. Venue d'une planète assez éloignée, peuplée d'êtres hautement pacifiques, elle étudiait à l'Académie depuis deux ans. À cause de ses mauvais résultats, elle retapait en boucle sa première année. Mais, parce qu'elle était adorable, on ne lui en tenait pas rigueur.
   Elle sortit deux cafés de son sac, et en tendit un à ZI.UA.

- Je sais que tu aimes ça, glissa-t-elle.
- On est pas en couple, grinça l'intéressée.
- Mais on est amies, quand même !
- … Si tu le dis.
- Moi, je trouve qu'on est amies.

   ZI.UA ne répondit pas. Elle était une des rares à ne pas se moquer de l'incompétence et de la maladresse de Jena, ni à profiter de son inconditionnelle gentillesse, sans pour autant être une tendre avec elle. Disons qu'elle la supportait dans son champ de vision, quand elle était à l'Académie. En dehors, elle ne voyait tout simplement personne, et faisait la morte avec un certain plaisir. Pour Jena, c'était visiblement là un signe d'amitié.
   Leur professeure – Mme Élisabeth Calden, pour ceux que ça intéresse – se tourna à nouveau vers elle, sourcils froncés. Une fois le dos tourné, ZI.UA lui adressa un doigt d'honneur, et Jena lui tapa sur la main. « Ce n'est pas bien » articula-t-elle silencieusement, avant de se tourner vers ses notes. ZI.UA ne releva pas. Nique.

- J'ai raté notre vaisseau, j'ai dû en prendre un autre, murmura Jena quelques minutes après.
- Un autre ?
- Oui, les deuxièmes années viennent aussi, enfin, certains d'eux. Il y a des beaux mecs, dis.
- Qu'est-ce que ça m'intéresse, ironisa ZI.UA,.
- Ah, ne dis pas ça. Les hommes plus vieux, c'est quand même beaucoup plus attirant. Ceux-là sont plus … tu vois, respectueux, plus réfléchis.
- Ou plus pervers. Ça dépend quel penchant de leur personnalité se développe, avec le temps. On ne sait jamais vraiment. C'est comme si on était un brouillon, et qu'on devenait plus net au fur et à mesure. Petit à petit, on s'oriente dans une direction, tu vois. Et une des nombreuses facettes de notre personnalité s'affirme, mais on ne peut jamais vraiment savoir laquelle. Juste supposer. Y'a des gens qui deviennent plus méfiants, plus violents, ou plus tendres, plus ... réfléchis, comme tu dis.
- Ce n'est pas con du tout, ce que tu dis-là. Comment tu penses que je serais, moi, quand je serais plus vieille, dis ?

   ZI.UA – qui, jusque là, faisait encore semblant de regarder l'orateur en hochant la tête, alors qu'elle ne suivait plus grand-chose de ce qu'il disait – se tourna carrément vers Jena.

 -Tu seras de plus en plus mièvre, toi. Un monstre de tendresse et de mièvrerie, oui.
- Toi, tu seras de plus en plus amère, crois-moi, tu deviendras une femme méchante et insupportable que plus personne ne voudra fréquenter.
- J'ai hâte !
- … A condition qu'on puisse faire pire que maintenant.

   Alors qu'elle allait s'emparer de son classeur pour lui taper sur le sommet de la tête, une voix résonna dans tout l'amphithéâtre.

- Mesdemoiselles, une petite pause, pour vous, peut-être ?

   Grillées. Tout le monde les regardait. Et il n'y avait pas un bruit. La totale. ZI.UA poussa un soupir agacé au possible, tandis que Jena se recroquevillait sur elle-même, gênée.

- On parlait, rien de grave ! s'exclama-t-elle. Tout le monde fait ça.
- C'est une habitude gênante.
- Putain, mais c'est pas possible.
- Nous … lâcha Jena d'une voix inaudible et tremblante.
- Sortez. Sortez d'ici. Une pause vous sera gratifiante.

   Et de deux. Il ne s'arrête donc jamais. Jena rangea ses affaires aussi vite que possible – c'est à dire en faisant tomber à peu près toutes ses feuilles, en éparpillant ses crayons et en manquant de tomber trois fois – tandis que ZI.UA … Bah, comme à son habitude. Elle se leva bruyamment, claqua tout ce qu'elle pouvait claquer, et tout ça sans cesse de fixer d'un regard noir l'orateur qui venait de les humilier. C'était une humiliation. Une belle. Elle avait la sensation d'être au niveau le plus bas, celui des enfants et des animaux - elle avait tendance à mélanger les deux - ceux qu'on ne peut qu'éduquer en gueulant, ou en agissant de façon exagérée et abrupte. C'était horrible. Elle estimait valoir et mériter bien plus que ça. L'avantage de vieillir, c'était d'être traité différemment, non ? Elle attendit d'être fin prête, avant de claquer, avec une voix gavée d'une insupportable insolence :

- Je m'ennuyais, justement, et à crever. Vous avez raison, j'apprendrais cent fois plus de choses hors d'ici.

   Et elle quitta la pièce. Et la porte claqua.

   Sa prof, interdite, rageuse, agacée, serra la mâchoire.

- Comme d'habitude … soupira-t-elle.

   Jena et ZI.UA, quant à elles, sortirent du bâtiment, en quête d'une machine à café et d'un coin pour fumer une cigarette. Elles trouvèrent les deux : et un café noir, et une porte qui leur permettait d'accéder au parc environnant. Les deux étudiantes s’affalèrent sur un banc, fait d'une matière transparente rigide comme du verre mais tiède comme un corps (en vie, entendons-nous bien là-dessus) sans interruption , cigarette et café en main. L'autre, il avait refroidit, et elles l'avaient jeté dans une poubelle, en sortant de l'amphithéâtre, et même que ZI.UA avait fait exprès d'en renverser, oups, un peu partout.

- On va avoir des ennuis, lâcha Jena d'un ton inquiet.

   Et ZI.UA ne répondit pas. D'façon, elle allait se casser. Elle voulait se casser. Toute cette atmosphère lui donnait une profonde nausée, tout en l'oppressant. C'était détestable.
Journalisée

Nathan Joyce
E.S.P.er
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FicheChalant
« Répondre #3 le: Février 09, 2015, 02:17:23 »

Nathan comprit rapidement qu’il y avait un autre lien entre ici et la Terre : comme dans les amphithéâtres terriennes, les étudiants passaient leur temps à se faire chier et à parler entre eux, tandis que les externes trouvaient cela fascinant. Ntahan essayait de suivre, mais l’individu parlait avec des termes techniques. Des images défilaient derrière lui, formant un support visuel. Il parlait de l’anatomie des Xénomorphes, décrivant les différentes races principales, se référant à des études scientifiques qui avaient l’air incroyablement complexes. Le fait est que Nathan n’y comprenait rien, et, pour ne rien arranger à sa situation, il était en compagnie d’un troupeau de filles sexy venant de la Base Spatiale... Autant d’éléments qui pouvaient, à tout moment, réveiller la Bête. Fort heureusement, cette dernière continuait à rester silencieuse, et lui continuait à écouter... Tout en surprenant, un rang au-dessus de lui, une discussion animée entre deux filles, portant sur les mecs...

*Je suppose qu’il y a des sujets de conversation universels...*

Même si l’amphithéâtre était grand, l’orateur ne tarda pas à voir les deux filles, ce qui eut pour effet d’instaurer un silence gênant, ainsi que de multiples œillades. En tournant la tête, Nathan vit une belle blonde avec une expression de défi dans le regard, et une autre fille avec une longue chevelure blanche, qui semblait complètement terrorisée. Il identifia rapidement qui elles étaient, grâce à cet instinct de flic, cette espèce d’intuition qui se développait avec les années : la rebelle, et celle qui s’identifiait à elle, la suivant comme un boulet, à tel point que, au bout d’un moment, la rebelle autonome finissait par s’attacher à elle. Nathan avait déjà rencontré ce duo, notamment lors de scènes de crimes. Le dominateur encourageait le soumis, et, souvent, ce type de relations évoluaient de manière totalement inattendue... Bien malgré lui, ce spectacle l’amusa, jusqu’à ce que l’orateur, agacé, ne leur ordonne de sortir. Il y avait en effet beaucoup d’étrangers venant ici, et cette conférence était importante. Semblant mortifiée, la belle professeur, à côté de Nathan, regarda ses deux élèves, et Nathan se dit que le voyage de ces deux filles risquait de s’écourter... Crispée, la femme blonde serrait les dents, et se permit une réflexion, laissant entendre que ce n’était pas la première fois qu’elles agissaient ainsi.

Nathan la regarda en souriant légèrement, et se pencha alors vers elle.

« Vous êtres une professeur en... Euh... En xénomorphie ? »

Il ne connaissait pas le terme exact, mais, d’un autre côté, s’il avait trouvé une spécialiste... Peut-être pourrait-il lui parler de son cas ? Son objectif initial aurait été de s’adresser à l’orateur à la fin de la conférence, mais il ignorait quand elle se terminerait, et combien il y aurait de gens qui voudraient lui parler, et si même l’homme accepterait qu’on vienne lui parler.



Pendant ce temps, dehors, Ulrik marchait aussi. Il se tenait à l’intérieur de l’Académie de Cassiopeum, et avançait lentement, détendu. Comme prévu, son appareil avait passé les scanners biométriques et les zones de sécurité... Ulrik avait partiellement menti en disant à Nathan qu’il venait juste à Cassiopeum pour le transporter. Il y avait de ça, oui, mais... Pas uniquement. Ulrik était en affaires avec le Consortium de Zynn, notamment avec Kerÿll, l’un des pontes de ce vaste consortium galactique, spécialisé dans l’achat, l’exploitation, et la terraformation de planètes telluriques ou de géantes gazeuses inhabitées. C’était une vaste entreprise spatiale qui avait développé tout un pôle militaire, en partenariat avec l’Empire de Gordan, Empire militaire lourdement armé, en guerre depuis de nombreuses années avec les Formiens. Kerÿll s’intéressait de près à Cassiopeum et aux recherches qui y étaient menées, mais Cassiopeum n’était pas en affaires avec le Consortium de Zynn.

Il marchait le long des amphithéâtres, et approcha d’un couloir avec une machine à cafés, où deux belles minettes étaient en train de discuter... Du moins, c’est l’impression qu’elles donnaient. Le contrebandier hésita quelques secondes, puis, ayant trouvé un bon filon, il décida de s’approcher.

« Mesdames... Navré de vous déranger, j’aurais besoin d’un café. »

Il s’approcha donc, et appuya sur les boutons de l’appareil, avant de glisser une pièce à l’intérieur, puis les regarda. Il portait une veste en cuir avec un débardeur blanc dessous. Ouais... De bien beaux lots. Ça lui rappelait ces étudiantes qu’il aimait butiner quand elles venaient dans les couloirs et les cantinas de la Base Spatiale.

« Dites-moi, Mesdames... Est-ce que vous savez où se trouve la bibliothèque de l’Académie ? »
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ZI.UA
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« Répondre #4 le: Février 09, 2015, 08:45:13 »

   ZI.UA était perdue dans le vacarme de ses cogitations, au moment où Ulrik apparut dans leur champ de vision. Elle imaginait des plans foireux qui l'extirperaient d'ici. Un vaisseau volé dans la nuit, une cachette improvisée dans un autre … elle se voyait déjà clandestine, voleuse, 'fin tout sauf bloquée ici. L'envie de bouger lui rongeait les membres. Être stoïque, c'était pas vraiment son genre. Jena, quant à elle, l'observait sans rien dire, clope au bord des lèvres. Regarder ZI.UA cogiter était, à ses yeux, une expérience très intéressante. Son amie – quoi qu'elle en dise – incarnait l'idée même du sentiment qui passe par le corps, qu'on dissimule avec difficulté, voire qu'on laisse éclater sans scrupules.
   C'est dans ce contexte qu'elles se trouvaient, quand Ulrik apparut, petit à petit. Jena fut la première à le remarquer. Elle passa sa main dans les cheveux verts de son amie – ils étaient un peu délavés, d'ailleurs – et tira dessus. ZI.UA lui répondit par un grognement.

- Putain, Jena, je vais te tuer. Tu m'as fait mal !
- T-t-t, regarde, lui, là.
- Qui ?
- Le gars qui vient vers nous.
- Et bien ?
- Tu le connais ?
- Tu veux le connaître ?
- Je … Ah, mais, ZI.UA, tu … Il vient vers nous. Il vient vers nous.
- Je le sais, je l'ai vu.
- Il vient vers nous.
- … Tu peux arrêter ?

   Quand il s'arrêta près de la machine à café, ZI.UA s'alluma – encore – une cigarette, histoire de noyer ses nerfs dans la fumée, tandis que le regard blanc et timide de Jena suivaient ses mouvements. Elle se laissait facilement impressionner. Cela désolait beaucoup ZI.UA, qui lui tendit son paquet de clopes, histoire qu'elle fasse autre chose que le dévisager sans aucune discrétion.

- Ah, merci, glissa son amie en sortant un briquet.
- Dites-moi, Mesdames... Est-ce que vous savez où se trouve la bibliothèque de l’Académie ?
- Oh !

   Elle venait de sursauter. Jena venait de sursauter. ZI.UA lui lança un de ces regards qui dit « Tu me désoles, ma grande » avec pas mal de lassitude. Jena se leva, histoire de faire autre chose, de bouger, de faire un truc, quoi, sous les yeux d'une ZI.UA aussi émue qu'agacée. Jena était folle, quand même. Un tout p'tit truc lâché dans la galaxie, qui n'avait rien d'un prédateur et tout d'une petite proie innocente. Heureusement qu'j'suis là. Puis elle se tourna vers Ulrik. Il ressemblait à ces mecs qu'elle avait vu, il y a bien longtemps, quand elle voguait encore dans l'espace. Des types que pas grand-monde jugeait recommandable, mais dont le mode de vie la faisait rêver. Un d'eux lui avait payé un verre, un soir. Il était con comme une pelle, mais l'entendre parler de sa vie lui avait enfoncé des rêves dans les yeux. Les mercenaires de l'espace, c'était quelque chose, pour elle, et quelque chose de grandiose.

- La bibliothèque ? Mh, attends, ça me dit quelque chose.
- C'est près des amphithéâtres, au fond du couloir, là-bas, à droite, lâcha Jena avec un débit incroyablement rapide.
- Comment tu sais ça ?
- Y'a des panneaux. Je lis, parfois, les panneaux. Ça aide beaucoup. Et comme ça, je ne finis pas par me perdre dans des endroits où il y a d'éventuelles alarmes qui peuvent s'enclencher en plein milieu de la nuit, tu vois.
- Si tu fais référence à cette nuit, ce n'est pas drôle. Et puis je ne m'étais pas perdue.
- Non, pardon, c'est vrai, tu visitais.Tu fouines trop. Tu vas finir par …
- … Avoir des ennuis, c'est bon, je sais.
- Ne fais pas la fière, c'est dangereux.

   ZI.UA lui répondit par un haussement d'épaules et un « J'm'en fous » lâché dans un soupir, tandis que Jena relevait les yeux vers Ulrik.

- Il faut longer les amphithéâtres, donc. À droite. C'est tout à droite.

   … Et elle les baissa aussitôt. Cette fille est une attraction à elle toute seule.

   Pendant ce temps-là, dans l'amphithéâtre, Élisabeth Calden inscrivait quelques annotations assassines à côté du prénom de ZI.UA, dans le dossier qu'elle gardait toujours sur elle. Son insolence n'avait aucune limite. Elle aurait adoré l'engueuler, si seulement cela avait encore un effet sur elle. La plupart du temps, pendant toute la durée de la remontrance, son élève affichait un visage qui ne reflétait aucune émotion, et se permettait un « Vous avez fini ? » à la fin du discours de sa professeure, avant de disparaître. Elle incarnait l'insolence. C'était horrible. Intenable.
   Elle se tourna vers Nathan vivement, en entendant sa question.

- En xénomorphie ? Oh, non, grands dieux, c'est bien trop compliqué pour moi. J'ai été choisi pour encadrer des élèves, c'est tout.

   Rien de transcendant à tirer d'elle. Depuis qu'elle était professeure, Élisabeth se reposait sur sa condition – et son salaire mirobolant – et se contentait de faire ce qu'on lui disait. C'était pour ça que ZI.UA la méprisait autant, d'ailleurs, ne la voyant que comme une bonne femme ramollie, qui avait été autrefois libre et folle, mais qui avait tout perdu, un beau jour, comme une conne. L'erreur à ne pas faire. Céder à la facilité la dégoûtait.
   Après quelques secondes, voulant se rendre un tant soit peu intéressante, Élisabeth se tourna à nouveau vers Nathan.

- Une de mes élèves a travaillé avec des xénomorphes. Celle qui vient de sortir, vous voyez laquelle ? Pas la petite blanche catatonique et avec un air terrorisé en permanence. L'autre. Celle qui est … Enfin, vous voyez.

   Soupir de sa part. Oui, elle était blasée. Elle ne voulait même pas prononcer le prénom de ZI.UA.

- C'est pour ça qu'elle fait la fière. Mademoiselle a voyagé, a vu des choses, 'fin vous voyez. Elle est du genre grande gueule, mais, je dois l'avouer, c'est quand même la seule de cette classe à avoir déjà étudié et disséqué des xénomorphes.

   Et un nouveau soupir.

   Encore un, oui.

   
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« Répondre #5 le: Février 10, 2015, 03:43:58 »

Clairement, le brave Ulrik venait de tomber sur un joli lot. Deux belles nanas, en train de fumer des cigarettes, probablement pour échapper à ces conférences mortellement chiantes qu’il préférait éviter, et qui perdaient leur temps à suivre des cours théoriques débiles, alors qu’elles pourraient faire des choses autrement plus intéressantes de leur temps libre... Comme profiter de leur joli petit cul bien moulé à bien escient en s’envoyant en l’air. En d’autres circonstances, le bourlingueur de l’espace se serait bien amusé à taper un brin de conversation, mais il y avait le boulot, et... Et il n’avait jamais vraiment eu l’âme d’un travailleur forcené. Au lieu de ça, il s’intéressa à ses deux poupées : une fille aux cheveux blancs qui semblait être la soumise, et celle aux cheveux verts, qui avait l’air du garçon manqué... D’un point de vue comportemental. Physiquement, elle était un bon bout de viande, du premier choix. Elles s’engueulèrent à moitié devant lui, ce qui le fit sourire.

*Des lesbos ?*

Il voyait bien Tête-Blanche (à défaut de connaître son petit nom, c’est comme ça qu’il l’appellerait) comme étant l’intello timide du groupe, celle qui bossait à fond, mais qui était à peu près aussi douée au niveau des relations sociales qu’un Krogan. Tête-verte, inversement, ressemblait plutôt à une fonceuse, la fille qui s’emmerdait en cours, et rêvait d’autre chose, et se montrait délibérément provocatrice, comme pour défier tout signe d’autorité. Tête-Blanche reprocha ainsi à Tête-Verte de faire le mur la nuit, et de fouiner, ce qui amena Ulrik à considérer cette information, avant qu’on ne finisse par lui dire de suivre les panneaux, en lui fournissant une indication plus précisé sur l’emplacement de la bibliothèque.

Cependant, l’intérêt qu’Ulrik avait pour la bibliothèque venait, sur une échelle de 1 à 10, de passer de 8 à... 4 ? 3 ? Dans ces eaux-là. Tête-Blanche avait à peine osé levé la tête pour lui répondre, avant de la rabaisser rapidement, comme si le simple fait de croiser le regard du contrebandier lui aurait brûlé la rétine. En souriant lentement, Ulrik tendit sa main vers le gobelet en plastique, et le récupéra.

« Des étudiantes, hein ? »

C’était une question purement rhétorique, et il se tourna vers Tête-Verte, en la voyant fumer tranquillement.

« Si tu veux un conseil, jeune fille... Va au ‘‘Colissia’’ si tu veux faire le mur de manière efficace. C’est un coin branché pour les gamines dans ton genre, et tu risques pas de tomber sur des types si moches à voir que ta copine ferait une syncope rien qu’à voir leurs sales gueules. »

Ulrik n’allait pas souvent sur Cassiopeum, mais il connaissait bien l’endroit. Contrairement à d’autres bouges innommables du cosmos, la ville était relativement sécurisée, et les bars mal famés étaient plutôt rares. ‘‘Colissia’’ était un chouette endroit, avec des pistes de danse, des bars, des dragueurs endimanchés...

« Du moins, si vos matrones vous laissent sortir... Sérieusement, qu’est-ce qui peut bien amener deux jolies nanas comme vous à se faire chier dans des conférences interminables ? »

Ulrik, en pleine force...



Nathan, quant à lui, espérait avoir enfin commencé à trouver une réponse. Il avait dû aller jusqu’à l’autre bout de l’espace, et, tôt ou tard, le policier terrien espérait bien réussir à enfin trouver la planète d’origine de son maudit symbiote. Nathan avait laissé la femme, visiblement la prof’ de ce troupeau d’étudiants, écrire quelque chose sur son calepin, avant qu’elle ne lui réponde... Pour lui indiquer qu’elle n’y connaissait absolument rien. Ce n’était pas une prof’, mais manifestement plus une simple surveillante, venue pour encadrer les élèves. Cependant, une lueur d’espoir perla quand la femme lui avoua que la fille qui venait de partir, elle, s’y connaissait, en xénomorphie.

*Avec un peu de chance, c’est l’intello’ rebelle du coin... Les rebelles, je sais les gérer...*

Une piste, il avait surtout une piste, et il avait le sentiment que cette belle fille pouvait l’aider à comprendre comment la Bête fonctionnait... Ou alors, c’était juste parce que la Bête était en train de le piéger, et voulait retrouver de la belle chair fraîche à défoncer joyeusement et sereinement.

« C'est pour ça qu'elle fait la fière. Mademoiselle a voyagé, a vu des choses, 'fin vous voyez. Elle est du genre grande gueule, mais, je dois l'avouer, c'est quand même la seule de cette classe à avoir déjà étudié et disséqué des xénomorphes. »

Voyagé, vu des choses... Comme un symbiote extraterrestre prenant possession de ses hôtes pour en faire des violeurs compulsifs infatigables ? Il hocha lentement la tête, avant de la voir soupirer à plusieurs reprises.

« Elle vous tape sur les nerfs, n’est-ce pas ? demanda-t-il, sans vraiment attendre de réponses. Je crois que je vais aller la voir... Je vous remercie pour votre aide, Madame. »

Nathan se redressa alors, la remerciant rapidement, puis remonta par la porte, et l’ouvrit, retournant dans le couloir.

Maintenant... Il fallait savoir par où ces deux filles étaient parties. Nathan partit sur la gauche, descendant quelques marches, et aperçut deux individus en train de passer rapidement, plongées dans une conversation incompréhensible. Nathan les laissa filer, et remonta le long du couloir... Pour voir une petite aire de détente, avec une machine à cafés, des plantes vertes, de grandes fenêtres, une porte menant à l’escalier... Et les deux nanas... Avec...

*Ulrik ?!*

Par la sainte Barbe, que fabriquait-il ici ?! Nathan s’approcha un peu plus lentement, sentant son cœur remuer dans sa poitrine.

Des réponses... Peut-être... Enfin.
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« Répondre #6 le: Février 12, 2015, 02:33:49 »



   La « copine » en question rougit violemment, quand Ulrik releva la fâcheuse habitude qu'elle avait d'être très facilement impressionnable. Bon, oui, hein, c'était son défaut principal, à cette petite. Ça lui attirait pas mal de soucis, surtout quand des mecs, profitant de cette candeur, l'embarquaient dans n'importe quoi. Cependant, même après des centaines de plans foireux, elle ne changeait pas, rien ne l'atteignait ni ne la rendait amère. Elle était mue par une sorte d'espoir sans fin d'être, un jour, aimée pour ce qu'elle était, sans qu'on veuille sans cesse profiter d'elle. ZI.UA avait beau lui répéter que la nature humaine, même si y'en avait pas vraiment selon certains auteurs qu'elle appréciait, n'était pas forcément tournée vers le bien-être de l'autre, mais plutôt un amour-propre en béton armé, Jena n'écoutait rien. Elle vivait dans une bulle. Sa faiblesse apparente, sa naïveté, était bien trop forte pour être entamée par quoi que ce soit.
   Bref, elle se mit à rougir, et tira nerveusement sur sa cigarette. ZI.UA, elle, détendue au possible, le fixa un moment, après toutes ses répliques. Elle ne savait pas vraiment quoi répondre à ça. Ah, si.

- J'suis pas vraiment le genre de nana qui traîne dans des clubs « branchés ».

   A ceux qui se demanderont « Pourquoi ? » avec un air sincèrement naïf, je répondrais : parce qu'il y a beaucoup de gens, de gens qu'elle n'aime pas trop, parce que bon, le contact humain, c'est pas ce qu'elle préfère, on l'aura compris, passons.

- J'fais pas le mur pour me bourrer la gueule. C'est pas ça qui m'intéresse.
- Non, bien sûr, non, soupira Jena avec une petite voix amusée.

   Sur ce, la petite tête blanche prit son courage à deux mains, et osa répondre à Ulrik en le regardant - un exploit de sa part -  avec un ton pas très très sûr de lui. Elles s'engueulaient souvent entre elles. Ce genre de discussions hargneuses, ça constituait 80% de leurs conversations. Le souci, c'est que ça excluait pas mal les autres, qui ne comprenaient rien, et se contentaient juste de matter le petit spectacle que leurs disputes donnaient. Exclure les autres, oui, ZI.UA aimait ça, mais Jena, pas du tout. Alors elle faisait l'effort d'inclure les autres dans leur conversation, quand même, un peu.

- On aime pas trop les … clubs. La musique est nulle, et puis y'a tous ces gens, ils sont très …
- … Cons. Ils sont très cons. Sans intérêt. Des p'tits cons qui draguent mal, qui parlent mal, qui alignent des conneries, qui ont la tête pleine de que dalle.
- Ah, c'est sûr que, dis comme ça
- Quoi, je mens, peut-être ?

   ZI.UA se leva du banc sur lequel elle s'était plus ou moins affalée, pour se prendre un autre café. Tant pis si son palpitant lui faisait des petites frayeurs, à force de boire sans cesse du café. Elle aimait trop ça pour oser y renoncer. Elle regarda Ulrik avec un sourire.

- Mais je suis d'accord, on perd notre temps, ici. L'idéal serait que je trouve un vaisseau, mais … Tu ne connais pas un petit endroit où des gens -- refourguent des vaisseaux volés, plutôt ?
- ZI.UA, tu n'oseras même pas, soupira Jena.
- Bien sûr que si !

   Elle avait appuyée tellement fort sur le petit bouton censé sélectionner son café, énervée, que la machine poussa un couinement de douleur. Jena lui adressa un soupir dévasté, le genre bien triste et bien lourd. Elle connaissait ce petit discours par cœur. Au début, quand elle l'avait vu pour la première fois, elle avait été convaincue que ZI.UA n'était qu'une grande gueule. Le genre de nanas qui dit beaucoup mais ne fait pas grand-chose, quoi. Y'en avait par centaines, ici. Mais, maintenant, elle commençait à se rendre compte que ZI.UA faisait vraiment ce qu'elle disait, et que, par conséquent, elle faisait tout et n'importe quoi. 'fin, surtout n'importe quoi. Ce "Tu n'oseras même pas", elle en doutait, maintenant. Pour sûr, si ZI.UA trouvait un vaisseau, elle dégagerait d'ici. Cette idée lui faisait un peu froid dans le dos, d'ailleurs, tout en l'enthousiasmant.

- Y'a que ce qu'il y a là-haut qui est intéressant. Coincée ici, je meurs d'ennui.

   Elle attendit que son gobelet se remplisse, la tête pleine d'étoiles, puis elle se dirigea vers Jena, ne lui répondit pas. Elle l'entendait souvent se plaindre. Plutôt que détester cet aspect-là de sa personnalité, comme beaucoup le faisaient, elle préférait se dire qu'un jour, elle la suivrait dans l'espace pour la voir enfin comblée, et connaître la vraie ZI.UA, celle qu'elle était avant qu'on l'enferme – pour reprendre ses propres termes – à l'Académie. Alors qu'elle se trouvait à son niveau, ZI.UA sentit la main de Jena se refermer violemment sur son avant-bras. C'était plutôt douloureux. E plus, elle avait failli sursauter. Jena avait de la poigne, elle l'oubliait à chaque fois. Elle voulut ouvrir la bouche pour lui lancer une énième remarque grinçante, mais un murmure de la part de son « amie » la fit taire. « Regarde çui-là » chuchota t'elle, en montrant Nathan de la tête. Sa silhouette se dessinait, là, pas très loin d'elles. Et, à en voir le regard brillant de Jena, cette silhouette annonçait une anatomie particulièrement agréable à regarder. ZI.UA pivota sur elle-même. Ouais. Bon. Le genre humain, hein, elle n'avait pas d'avis dessus, elle qui se complaisait à ne coucher qu'avec des robots, parce que c'était, à ses yeux, bien mieux. Moins d'erreurs, moins de maladresse, beaucoup plus de maîtrise. Elle finissait par regarder à peine les gens qui avaient, comme elle, de la chair, du sang, des os. Jena, c'était radicalement le contraire, ce qui était vraiment amusant.

- C'est un ami à vous, là, qui s'approche ? demanda ZI.UA, pointant Nathan du doigt.

   Le café, à la première gorgée, lui brûla la gorge. Elle adora chaque seconde.
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Nathan Joyce
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FicheChalant
« Répondre #7 le: Février 13, 2015, 02:36:13 »

Au temps pour son intuition, Ulrik s’était planté. Ces deux nanas ne cherchaient pas à se bourrer la gueule, mais à voler dans l’espace. Il aurait pu s’en offusquer, car il trouvait faire partie de la catégorie des « cons qui draguent mal, qui parlent mal, qui alignent des conneries », et qui ont « la tête pleine de que dalle ». Néanmoins, ces deux filles l’amusaient, surtout quand l’une des deux, Tête-Verte, alla jusqu’à lui demander s’il connaissait des contrebandiers de vaisseaux spatiaux. Un mince sourire étira ses lèvres, Tête-Blanche s’offusquant clairement de cette proposition, qui aurait en effet pu faire valoir à Tête-Verte de sérieux ennuis... Cependant, cette dernière ne semblait guère gênée, et assumait sa position. Ulrik se tut brièvement, et allait répondre quelque chose quand les deux filles notèrent la présence d’un autre mec. En tournant la tête, le bourlingueur vit Nathan approcher.

Ce dernier s’avança rapidement, croisant brièvement le regard d’Ulrik.

« Ouais, répondit ce dernier. C’est mon passager. Tu as trouvé ce que tu veux, Nathan ?
 -  Pas encore... Mais j’espère me rapprocher du but. Mesdames, bonjour... »

On pouvait lire un certain désarroi dans les yeux de Nathan, ce qui amenait Ulrik à se dire que ce passager était complètement paumé, et probablement en recherche d’un fix’ pour se détendre un coup, et pour péter mieux. Ulrik sortit alors de sa poche un petit appareil circulaire, noirâtre.

« Les filles, si ça vous branche, je peux vous emmener dans mon vaisseau... Des receleurs de vaisseaux, vous en trouverez pas sur Casisopeum, la zone est trop sécurisée... Ou alors, il faut sortir de la base pour aller dans les terres sauvages, mais... C’est risqué. Si c’est pas les clubs qui vous branche, peut-être que cela vous parle mieux ? »

Il appuya sur le bouton, et une image holographique ne tarda pas à se matérialiser, montrant une constellation proche, une œuvre spatiale, les Piliers de la Création. C’était une formation résultant de poussières interstellaires, et qui formaient des colonnes cosmiques flottant dans l’espace.

« Ça, mes chéries, c’est le genre de spectacle que...
 -  Tu te chercheras des clients plus tard, Ulrik. »

Agacé, Nathan repoussa l’homme, ce qui amena Ulrik à serrer les dents. Le bourlingueur ne dit rien, l’image holographique disparaissant, et Nathan regarda les deux femmes, puis se concentra vers celle aux cheveux verts, qui avait visiblement l’air d’être celle que la prof’ détestait... Ou la surveillante, il ne savait pas trop quel était son grade. Ses mains tremblaient nerveusement.

« J’ai... J’ai besoin de votre aide. Est-ce que vous vous y connaissez en... En xénobiologie ? »

Ulrik ne dit rien, légèrement surpris. La xénobiologie ?

Bordel, mais qui était ce mec ?!
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« Répondre #8 le: Février 13, 2015, 03:37:00 »

   

   Jena était ravie. Au fond de ses yeux brillaient des millions d'étoiles, qui clignotaient n'importe comment, comme à chaque fois qu'elle idolâtrait un individu du sexe opposé. Le coup des paysages paradisiaques du cosmos, ça marchait à chaque fois, avec elle. Un rencard , une nébuleuse, et bim, elle fondait littéralement. Et, malgré tout, elle ne s'en lassait pas et ne changeait absolument pas. Ça étonnait ZI.UA à chaque fois. ZI.UA qui, elle avait vaguement sentie le plan du p'tit tour dans l'espace. Même si cette idée lui plaisait bien plus qu'aller se faire chier dans un club où la qualité de la musique lui donnerait plus mal au crâne qu'envie de se déhancher, elle restait méfiante. Jusqu'à ce qu'Ulrik soit interrompu. Immédiatement, Jena fit la gueule. ZI.UA lui tapa sur le sommet de la tête, pour la peine, et l'incendia du regard. « Fais gaffe, toi » lui disaient ses yeux. Jena ne lui répondit qu'avec un soupir.

- J’ai... J’ai besoin de votre aide. Est-ce que vous vous y connaissez en... En xénobiologie ?

   Petit silence. Alors que Jena, bouche ouverte, répétait le mot dans sa tête en espérant que le sens lui revienne, ZI.UA, elle, avait la sensation qu'on venait de lui mettre une claque.

- C'est … C'est au programme des deuxièmes années, ça, non ? marmonna Jena. Ah, bah non Monsieur, nous on …
- En xénobiologie ? la coupa ZI.UA. Vous êtes sérieux ?

   Ce mot, elle ne l'avait pas entendu depuis au moins … Bien trop longtemps, on va dire. Les croquis de ses parents dansèrent très brièvement devant ses yeux. Elle revoyait très bien le laboratoire du vaisseau, et tous ces classeurs qu'elle avait feuilleté en boucle, quand elle ne dormait pas et n'avait rien d'autre à lire. Des classeurs énormes. Plus le temps passait, plus ils enflaient. Regarder tout ce travail s'accumuler dans des classeurs, qui finissaient par vieillir, céder, s'abîmer à la place de tous ces savoirs précieux, bien à l'abri dans leurs ventres, ça l'avait fasciné. Le classeur des dissections était le plus impressionnant. Elle y avait vu des organismes de toutes les formes, de toutes les couleurs. Et il y avait un chapitre, oui, voilà, c'était ce qu'elle cherchait, enfouie dans ses souvenirs, sur les xénomorphes.
   ZI.UA lui fit face, immédiatement, intéressée comme elle ne l'avait pas été depuis … Oui, bon, trop longtemps, d'accord.

- Je … Oui. J'ai déjà étudié, dans le passé, plusieurs organismes, dont les xénomorphes. La xénobiologie n'était pas ma … vous voyez, ma passion, mais j'ai déjà étudié plusieurs spécimens. J'en ai disséqué trois, d'ailleurs. L'un d'eux avait attaqué mon père. C'était …

   Elle se reperdit un moment dans ses pensées, pour le plaisir des images qui défilent, avant de revenir à la réalité, c'est à dire à une Jena un peu abrutie, mais surtout perdue, et deux types qu'elle ne connaissait pas. Deux types qui, petit à petit, lui apparaissait comme des sauveurs. Elle avait bien envie de s'accrocher au moindre truc qui pourrait changer sa vie, au moins un peu, et tuer la routine imposée par l'Académie. La liberté lui brûlait les doigts. Avec un sourire, elle croisa les bras sous sa poitrine. Ah. Ça, c'est pas forcément bon signe, cette arrogance qui remonte petit à petit à la surface.

- Vous me faites sortir d'ici et je vous aide.

   Ouais, elle sentait qu'y'avait un truc derrière. Un gros truc. Quelque chose de complètement fou à vivre. Et l'adrénaline qui remontait lentement dans ses veines n'allait pas la calmer.
   Seule la voix de Jena, qui commençait à partir dans les aigus parce qu'elle était un peu effrayée par son amie, là, tout de suite, trancha l'air.

- T'es sérieuse, là ?
   
   ZI.UA se contenta de lui lancer un regard gavé de lassitude, avant de montrer Ulrik du doigt.

- Il a un vaisseau, et je suis sûre qu'il y a une petite place pour moi, ajouta-t-elle avec un sourire odieux.
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FicheChalant
« Répondre #9 le: Février 14, 2015, 02:50:40 »

Est-ce que ce joli bout de femme pouvait l’aider ? Elle dut lire dans les yeux de Nathan quelque chose de curieux, quelque chose qui lui fit comprendre que ce n’était pas qu’une simple vision de l’esprit. Alors que la fille aux cheveux blancs leur expliqua que la xénobiologie n’était pas encore au programme, la femme répliqua qu’elle avait déjà disséqué quelques Xénomorphes, et qu’elle pouvait leur être utile... Sur le coup, Nathan doutait qu’elle ait jamais vu un symbiote extraterrestre, et ce d’autant plus qu’il n’était même pas sûr que l’appellation « xénomorphe » convienne le mieux. Si, pour lui, ce terme faisait référence à des Aliens affreux qui s’attaquaient aux humains, il ignorait s’il pouvait aussi s’étendre à ces créatures. De ce qu’il en savait, « xénomorphe » était un terme générique, signifiant « forme étrangère », et qui désignait toutes les créatures spatiales n’appartenant à aucune classification des espèces officiellement reconnues par la Base Spatiale, ou par d’autres instances galactiques reconnues.

Ulrik, de son côté, admirait le toupet de cette femme. Elle était futée, et, même si elle ignorait ce que Nathan voulait, elle semblait comprendre que c’était suffisamment important pour pouvoir négocier. Est-ce qu’elle tenait vraiment tant à se barrer de là ? Ulrik était sûr que ce n’était pas son image des Piliers qui l’avait convaincu, car elle était restée de marbre, là où Tête-Blanche avait semblé pavoiser devant cette image. Elle leur soumit donc une offre intéressante : la prendre si on voulait obtenir des informations. Ulrik allait répondre quand Nathan enchaîna, seulement quelques secondes après la proposition de la femme, et sa répétition devant son amie :

« C’est d’accord.
 -  Hey, mon pote ! intervint alors Ulrik. C’est MON vaisseau, je décide qui monte dedans... Et qui reste à quai.
 -  Si c’est une question de fric, je paierai ce qu’il faut.
 -  Mec, mon vaisseau est pas une auberge de voyage... Et je m’en voudrais de briser des couples naissants. »

Nathan ne dit rien, et posa une main sur son crâne, avant de fermer les yeux. Ce type l’agaçait. Sincèrement. Ulrik était un flagorneur, un pirate, une sorte de variante de Yan Solo. Uniquement intéressé par l’appât du gain, il tenait à rappeler que c’était lui le chef, et cet excès de virilité, loin d’amuser Nathan, tendait plutôt à l’irriter... Et, un peuc omme Bruce Banner, si Nathan ne se contrôlait pas, la Bête pouvait refaire surface. Le monstre avait beau être apaisé, ce n’était pas pour autant qu’il comptait dormir à jamais. Nathan le sentait encore, grouillant en lui, attendant son moment. Il savait que la créature était consciente, que la Bête savait ce que Nathan faisait, et elle ne cherchait pas à l’en empêcher, soit parce qu’elle savait que c’était une quête perdue d’avance, soit, et c’était encore plus inquiétant, parce qu’elle se posait elle-même des questions sur son origine. Qu’était la Bête, si ce n’est une copie génétique d’une copie génétique ? Une expérience militaire qui avait mal tourné, et qui était le fruit de prélèvements extraterrestres sur un astéroïde retrouvé dans les montagnes escarpées de l’Himalaya ? Difficile de communiquer avec cette créature, mais Nathan était persuadé qu’elle voulait, elle aussi, retrouver ses racines, et que c’était pour cette raison qu’elle était silencieuse.

Il revint progressivement à lui, tandis qu’Ulrik poursuivait ses explications :

« Je peux vous prendre dans mon carrosse, Mesdemoiselles, mais... Ce serait pas un genre de kidnapping, ou quelque chose comme ça ? »
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« Répondre #10 le: Février 15, 2015, 01:42:21 »

   Moment de basculement. Les deux jeunes filles devinrent brusquement immobiles. Seuls leurs yeux bougeaient. Ils alternaient entre Nathan et Ulrik. Tandis que Jena affichait une mine horrifiée, yeux écarquillés, ceux qu'on a en constatant que là, tout de suite, maintenant, on est à deux doigts de faire une immense connerie susceptible de provoquer quelque chose d'apocalyptique, ZI.UA, elle, n'en revenait tout bonnement pas. Le « C'est d'accord » de Nathan résonnait dans tout son crâne, et l’écho qu'il avait l'enivrait. C'est d'accord. C'est d'accord. C'est d'accord. Une porte s'ouvrait devant elle, et, derrière cette porte, pour sûr, y'avait la liberté. Elle tissait méthodiquement ses souvenirs de sa vie au milieu du cosmos et ses espoirs d'y retourner à nouveau ensemble. Les hublots qui donnaient sur les étoiles, les nébuleuses qui flottaient autour d'elle, les planètes qui se dessinaient petit à petit à l'horizon et grossissaient au fur et à mesure qu'on s'en approchait, toutes ces images bouillonnaient dans sa tête.
   C'est Jena qui la tira de ses rêveries. Sa voix, fine, un peu tremblante, osa un :

- ZI.UA … Est-ce que tu déconnes, là ?

   Pour toute réponse, l'intéressée remua la tête de droite à gauche. Non, elle ne déconnait pas. Elle se retourna vers son amie. Sa clope se consumait entre ses doigts sans qu'elle s'en rende compte.

- Moi, je ne te suis pas, je vais … Ohlala, mais les ennuis qu'on va se manger ! Ah non.
- On pourra faire croire à, ouais, un kidnapping, on s'en fout, Jena ! lui répondit son amie en se retournant vers elle.
-Mais personne ne va y croire ! Tout le monde te connaît, et tout le monde sait que, dès que tu peux, tu fugues ! Si tu leur dis que tu t'es fait enlever, ils penseront que c'est toi qui a pris en otage tes ravisseurs !
- Jena.

   Ce fut au tour de la blanchinette de secouer la tête. Au fond de ses yeux s'était cachée une peur évidente, celle qu'une autorité supérieure dont elle dépendait encore beaucoup trop à son goût lui tombe sur la gueule à la moindre connerie.

- On se fera virer de l'Académie, voilà ce qui va se passer, continua Jena d'un ton grave.
- Putain, mais notre vie ne dépend pas de l'Académie ! Écoute, je … Je vais demander à Alma de faire quelque chose, n'importe quoi. Elle s'implante -dans n'importe quel circuit, de toute façon. Y'a moyen qu'elle … fasse un truc.
- Elle l'a déjà fait ?
- Alma le fait tout le temps. Elle me couvre. Elle nous couvrira, d'accord ?

   C'était un fait. Toutes les escapades foireuses de ZI.UA était cachées par Alma. Elle squattait un ordinateur, modifiait un dossier, lui inventait des excuses et des maladies assez variées, réglait les soucis administratifs, et lui sauvait la mise à chaque fois. Sa seule punition était une leçon de morale et quelques menaces auxquelles elle ne croyait plus des masses. Au fond, même si elle n'était qu'une sorte de logiciel errant, ZI.UA savait bien qu'Alma l'aimait assez pour faire ça. En entendant ces mots, Jena hocha la tête.

- C'est n'importe quoi, mais … D'accord, allez, c'est bon.

   Allez savoir pourquoi, l'associable par essence tenait à ce que Jena la suive dans cette aventure. Elle aurait pu dire « Jena ne vient pas », et celle-ci n'aurait pas tilté, se contentant d'approuver son amie. Mais là, elle voulait la pousser à vivre ça. C'était con, elle n'avait pas vraiment d'arguments pour expliquer cette envie. Elle en avait juste envie et, galvanisée par cet espoir de se barrer – enfin – d'ici, elle voulait emmener Jena avec elle.

- Vous ne le regretterez pas, dit-elle en regardant Nathan, avant de se tourner vers Ulrik. Eh oui, ce sera un peu … Pas très légal, vous voyez. Mais c'est pas un problème.
- Mh, non, c'est nous qui allons le regretter, murmura Jena d'une voix qui trahissait pas mal son inquiétude.

   ZI.UA lui répondit par un sourire adorable et rassurant, le genre qu'elle ne fait jamais. Cela choqua assez Jena pour qu'elle ne proteste plus du tout.

- Je m'appelle ZI.UA, continua-t-elle. Elle, c'est Jena. Et, croyez-moi, je vous serais d'une aide précieuse. Vous n'avez qu'à m'expliquer de quoi il est question. Je suis curieuse de savoir … 'fin, voilà, oui, je suis curieuse. On peut en parler dans votre vaisseau, si vous voulez, rien ne nous force à rester ici.

   Et un sourire, pour clôturer ces paroles. Oui, elle a tendance à prendre les devant. Et non, elle ne changera jamais. En tout cas, pas aujourd'hui.
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« Répondre #11 le: Février 18, 2015, 02:36:25 »

Envisager une activité illégale sous les yeux de Nathan, un policier, n’était sans doute pas la meilleure idée au monde... Mais il était loin de sa juridiction, après tout, et dans un état de nécessité. Ainsi, il se moquait bien de devoir violer les règles déontologiques d’une obscure académie. Les deux étudiantes discutaient entre elles du bien fondé cette opération. Jena, puisque tel était son nom, y était farouchement opposée, tandis que... ZI.UA (quel nom !) ne semblait vouloir qu’une chose : se tirer d’ici. Jena, hostile à cette idée, pensait surtout qu’elles allaient avoir de sacrés ennuis si elles se faisaient choper, et ZI.UA la rassura en lui parlant de la mystérieuse Alma... Nathan ignorait de qui il s’agissait, mais, si cela suffisait à calmer les humeurs de Jena, il acceptait volontiers l’aide de cette Alma. Ulrik, de son côté, était amusé par la scène... Tout en étant intrigué. Pourquoi ce Nathan tenait-il tant à avoir une experte en xénobiologie avec eux ? N’était-ce pas plus simple de juste vouloir dire, comme lui, qu’il désirait tout simplement lui ramoner le cul ? Ulrik n’était pas un homme aux ambitions vastes. Depuis que Gordan l’avait trahi, et fait de lui un monstre de foire pour leurs projets sinistres, il avait noyé sa dépression derrière l’alcool et les filles, les séances de sexe avec les nanas l’aidant à décompresser, et à oublier que sa petite sœur était morte, et que sa vie était un foutu naufrage cosmique.

Les deux filles parvinrent donc à un accord, au plus grand soulagement de Nathan. Il ignorait encore si cette ZI.UA pouvait vraiment être utile, mais, à défaut, elle connaissait sûrement des professeurs, des scientifiques, ou des érudits qui pourraient les aider. ZI.UA n’avait qu’une envie : partir d’ici. C’est ce que Nathan comprit quand elle lui affirma qu’ils pouvaient parler de son problème dans le vaisseau.

« Woow, woow... On se calme, mesdemoiselles... J’ai toujours besoin d’aller à cette bibliothèque, moi... Si vous tenez à partir, moi, je vois pas de problèmes à embarquer deux petits lots comme vous, mais reste à savoir où on va... »

Et, en disant cela, il coula un regard en biais vers Nathan.

« C’est lui qui approvisionne et fixe le cap. Moi, je suis juste le transporteur... D’ailleurs, c’est lui qui se chargera de payer pour vous deux, hein, car je donne pas encore dans le service gratuit. »

Nathan grogna pour seule réponse. L’argent n’était pas un problème. C’était le SHIELD qui se chargeait de payer, par l’intermédiaire du SWORD, et par le biais d’un compte en banque ouvert auprès des établissements bancaires de la Base Spatiale. Le SHIELD voulait que Nathan contrôle son symbiote, et, dans cette partie-ci de l’Univers comme sur Terre, rien n’était gratuit.

« On se retrouve à ton vaisseau, Ulrik. Fais ce que tu as à faire. »

Ulrik acquiesça lentement. Laisser un rival potentiel avec ces deux nanas était irritant, mais il n’oubliait pas sa mission auprès du Consortium de Zynn. De fait, ils avaient tous plutôt intérêt à partir rapidement, car ce qu’Ulrik comptait faire dans la bibliothèque serait bien plus répréhensible, légalement parlant, qu’un simple kidnapping de deux minettes bien roulées. Il savait que le Consortium menait des recherches sur les Xénomorphes, et probablement afin de se doter d’espèces mutantes qu’ils pourraient ensuite vendre aux plus offrants. Les recherches de Cassiopeum les intéressaient donc, et il allait placer un virus informatique, virus qui aurait pour but de leur permettre d’accéder aux terminaux de recherche et aux bases de données scientifiques de la station.

Laissant Ulrik à ses plans, Nathan marcha avec les deux femmes, hésitant à leur dire toute la vérité... On pouvait lire le doute dans ses yeux, la gêne... Mais il avait traversé la moitié de l’Univers pour arriver jusqu’ici, et il ne comptait pas mentir.

« Je... Je ne sais pas vraiment si ce que j’ai relève de la xénomorphie ou non, mais... J’ai un symbiote extraterrestre dans le corps. Une créature que je peine à contrôler, et qui m’a causé bien des ennuis... Elle veut me contrôler, me dominer, et j’essaie de la repousser. En ce moment, elle est apaisée, mais, parfois... Parfois, elle... »

Il secoua la tête en fermant les yeux, et se reprit.

« J’ai besoin de votre aide pour savoir ce qu’est cette créature, d’où elle vient, et comment la contrôler... Et, pour votre complète information... Elle s’apparente partiellement aux Formiens... »

C’était une manière détournée de dire que c’était un prédateur sexuel. Nathan, de fait, ignorait si cette créature était un Formien, ou une autre espèce, et les scientifiques du SHIELD n’étaient pas assez experts sur les Formiens pour fournir une réponse précise. Se rendre à Gordan était une solution comme une autre pour obtenir une réponse, mais, connaissant la réputation des Gordaniens, il n’avait pas envie de finir dans une éprouvette, à subir leurs interventions multiples et répétées.

« Est-ce que vous pensez pouvoir m’aider, ou pas ? »
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« Répondre #12 le: Février 18, 2015, 08:31:43 »



   Depuis son arrivée à l'Académie, c'était la première fois qu'elle était aussi attentive. ZI.UA l'écouta sans ciller. Chaque mot qu'il prononçait avait un écho dans sa mémoire. Elle ré-entendait des phrases, en relisait d'autres. Ses parents ne lui avaient pas racontés beaucoup de légendes et d'histoires merveilleuses, dans son enfance. Elle avait toujours préféré le réel à l'imaginaire. Il avait un goût plus agréable. Après une mission, n'importe laquelle, quels que soient l'enjeu ou la durée, elle avait toujours exigé qu'on lui raconte. ZI.UA se revoyait sautiller, hurlant qu'elle voulait qu'on lui raconte ce qu'on avait vu et fait. C'est comme ça qu'elle avait accumulé toutes ces connaissances, en elle. Mais sa mémoire avait ses défauts – elle n'était malheureusement pas une machine, elle qui se serait préféré robotique, plutôt qu'organique – et elle comptait surtout sur les cahiers qu'elle avait sur elle. J'en ai au moins dix sur les xénomorphes, dans ma chambre, putain, si j'avais su. Une flemme sensationnelle de faire un aller-retour s'empara d'elle au moment où cette pensée s'afficha dans sa tête.
   Contre toute attente, elle s'alluma une cigarette.


- Les xénomorphes, c'est un peu comme pour l'IDM, en musique. On y met ce qu'on ne sait pas classer ailleurs, enfin, c'est ce que j'ai remarqué … C'est très vague. Mais si vous parlez d'un symbiote, là, on a un cas particulier.


   ZI.UA se tourna vers Jena qui, silencieuse, les suivait sans rien dire. Ah, on la lisait sans problèmes, la peur, dans ses yeux. L'inquiétude lui rongeait le visage. Elle se mordait la lèvre toutes les six secondes et, quand ce n'était pas le cas, elle se triturait les cheveux ou les doigts. Jena releva les yeux vers son amie au moment précis où elle prononça son nom :


- Jena, tu pourrais … me rendre un service ?
- Dis toujours, oui.
- Tu pourrais aller dans ma chambre ? J'ai des bouquins qui pourraient nous aider, et …
- Oui, je sais, t'as la flemme. T’inquiètes pas. C'est où ?
- Dans le sac bleu, sous mon lit.
- Celui que je confonds tout le temps avec le vert ?
- … Ouais, lui. C'est vrai que tu vois les couleurs bizarrement, toi.
- Tout le monde dit ça.


   Un sourire qui se multiplia par deux, et, après avoir promis à ZI.UA de l'appeler si elle se perdait en route et de rajouter deux ou trois fringues dans le sac, elle décampa. Si un prof' voyait Jena en train de se balader partout avec un sac blindé, il n'aurait aucun soupçon, alors que, dans cette situation, ZI.UA aurait eu droit à un interrogatoire, elle se serait énervée, se serait mangée un énième discours moraliste sur sa conduite désastreuse et irrespectueuse, etc etc. Elle en était consciente. C'était en partie pour ça qu'elle l'avait envoyé. En général, Jena inspirait bien plus confiance. Et aussi parce qu'elle avait la flemme. Mais bon, ça, c'est une autre histoire.
   A nouveau, son attention se reposa sur Nathan. Il avait l'air effrayé. Effrayée par ce qu'il portait en lui, et qui était vraisemblablement dangereux. Fatalement, cela lui donna un charme particulier aux yeux de ZI.UA. Ne pensez pas à mal, hein. C'est juste qu'elle s'en branlait des gens, en général, que leurs histoires ne l'intéressait vraiment pas plus que ça. Pour une fois, quelqu'un l'intéressait, et il n'avait pas une structure électronique complexe à la place du cerveau. C'était un phénomène suffisamment inhabituel pour être relevé. Et puis cette histoire lui permettait de mettre à profit tout un savoir dont elle ne faisait plus grand-chose. Elle qui avait peur que ses connaissances pourrissent à force de n'être pas stimulées, qui avait peur de devenir tout bonnement conne parce que persuadée, à la longue, que savoir plein de choses ne servait à rien, était rassurée. Trop de personnes ne recevaient aucune stimulation extérieure capable de les grandir et de leur permettre de faire quelque chose qu'ils aimaient faire. Elle ne voulait définitivement pas être de ces gens-là.


- Quand je suis allée à X-Prim, il y avait un homme qui avait un symbiote. Celui-ci a été trop gourmand, et a fini par posséder complètement l'organisme de cet homme. Ma mère disait que c'était presque souvent le cas, sauf quand certains parvenaient à trouver ce qu'elle appelait le « ligare corpus ». Elle aimait beaucoup les termes latins. En gros, parfois, il y a une fusion, une harmonie, qui permet la cohabitation du symbiote et de son porteur. Mais c'est très rare. L'un l'emporte sur l'autre, la plupart du temps, et je vous laisse deviner qui est le gagnant.


   Une moue peinée suivit cette réplique.


- Le corps humain a plus de failles que le corps du symbiote. C'est un fait. C'est ce qui les rend incontrôlables. Mais la théorie autour du « ligare corpus » est que, dans certains cas, les deux forces se valent, et, au lieu que l'une dévore l'autre, elles se nouent entre elles. Seulement, cela donne un pouvoir équivalent au symbiote et à son porteur, et ils peuvent donc inter-changer sans cesse. Aucun des deux n'a jamais le dessus. C'est au moins aussi dangereux qu'être bouffé par son symbiote.


   Putain, ça va, j'ai encore une bonne mémoire. Petit instant d'autocélébration.


- Je peux vous aider, oui, je connais un satellite habité par une base scientifique. On y étudie ce genre de choses, entre autres. C'est là-bas que j'ai appris tout ça, et que j'y ai … disséqué une créature de ce genre. C'était … troublant, oui.


   Son regard se perdit quelques secondes dans la contemplation de ce souvenir. Elle avait vécu trois mois là-bas. Elle avait vu des clichés qui l'avait laissé muette pendant un bon moment. Des créatures prenant le pas sur les corps qu'elles occupaient, des transformations, parfois filmées. Elle n'en avait jamais vu en vrai, et ça avait longtemps été sa phobie. Mais bon, là-bas, elle avait aussi appris comment calmer vite fait un symbiote et faire en sorte de rester en vie si elle devait un jour faire face à ça. Il n'y avait plus que la curiosité qui l'animait, et non plus une peur panique de ne pas savoir faire ça. Et ça faisait du bien, putain.
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« Répondre #13 le: Février 19, 2015, 02:53:19 »

ZI.UA, dont le nom surprenait toujours Nathan, qui ne savait pas comment le prononcer, s’adressa à Jena. Nerveuse, cette dernière semblait sur le point de faire une crise cardiaque, et son amie la congédia, en lui demandant d’aller chercher un bouquin. L’instinct du flic... Était-ce qui l’avait amené à se tourner vers cette femme, convaincu qu’elle avait des réponses à ses questions ? À force d’être flic, on finissait par avoir un sixième sens, et, souvent, Nathan savait que les mauvaises graines étaient souvent plus intelligentes que ce qu’on pensait. C’était le cas pour cette femme, et, après quelques secondes, elle lui parla de son expérience. Elle avait déjà rencontré des symbiotes (ce qui fit bondir le cœur de Nathan), et avait entendu parler d’une théorie les concernant, celle du « ligare corpus ». Entendre du latin, ici, était très surprenant... Si Nathan était un peu plus érudit, il aurait pu se poser des questions sur le fait de trouver, à l’autre bout de l’Univers, une langue qui était connue sur la Terre. ZI.UA lui expliqua que, selon cette théorie, un symbiote cherchait toujours à prendre le dessus sur son hôte, et il était possible d’obtenir à une certaine forme de symbiose entre les deux... C’est, du moins, ce qu’il parvint à retenir de ses explications.

Dans le regard de cette femme, il lisait quelque chose de captivant, comme si elle était déterminée. Elle avait une adresse, un satellite avec une base scientifique concentrée sur les symbiotes. En entendant cela, le cœur de Nathan fit un bond dans sa poitrine, et il continua à marcher, descendant des marches menant à la sortie de l’Académie. Ils arrivèrent ainsi dans d’agréables jardins, confortables et chauds, avec des fontaines, des chemins en marbre, avec un grand perron menant vers Cassiopeum.

« On va attendre Jena ici... Même si Ulrik dit que cette ville est sûre, je n’ai qu’une confiance modérée en lui... Et je n’ai pas envie de me perdre ici. »

Nathan se rapprocha d’un banc, et s’assit sur un coin, laissant le soin à ZI.UA de choisir si elle voulait s’asseoir ou non.

« Bref... Je te remercie beaucoup pour ton aide, ZI, dit-il en prononçant chaque lettre distinctement. Tu as raison... Le... Le symbiote essaie de prendre le contrôle sur moi... Et, pour tout e dire, il n’est pas le seul symbiote... Un autre a infecté ma femme, et... Et il a totalement pris le contrôle d’elle. Quant à moi... Je lutte contre lui depuis des mois. Il... Il m’apporte bien des choses, mais, d’un autre côté... J’ai du mal à garder le contrôle avec lui, il... Il est très fort... C’est difficile de le contrôler, et c’est pour ça que j’aimerais m’en séparer. »

Il releva sa tête vers elle, se frictionnant les mains ensemble.

« Tu as une clope pour moi ? »

Dans l’attente de sa réponse, il précisa :

« Pourquoi tu es dans cette académie, si tu te fais tant chier dedans ? »
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« Répondre #14 le: Février 19, 2015, 11:54:12 »

   C'était une terrible histoire, que celle qu'il racontait. ZI.UA ne savait même pas quoi répondre à ça. Il était vrai que les symbiotes étaient l'angoisse de pas mal de gens. Devoir partager un corps avec un être pas vraiment contrôlable et ivre de beaucoup de choses pas très saines, ce devait être une horreur, quelque chose d'effroyable. Ça, c'était de la possession. Et quand le symbiote était enragé, ce n'était jamais très beau à voir. Par contre, quand il lui demanda une cigarette, là, un petit sourire se dessina sur sa face, jusque-là rivée au sol. Elle fouilla dans une poche, une autre, se demanda si Jena ne les avait pas embarqué, putain elle fait ça tout le temps, avant de les trouver. Elle en extirpa une, puis, après un très court instant de réflexion, une seconde. Après avoir allumé sa clope, elle déposa le briquet près d'elle. La seconde question la fit sourire davantage, mais un sourire acide. C'était la question qu'on lui posait souvent et, à chaque fois, elle répondait sensiblement la même chose :


« J'ai pas vraiment le choix. »


   Et une moue contrariée, une.


« Avant, je vivais avec mes parents, 'fin … C'est un peu compliqué, et surtout très long, mais on vivait dans l'espace. Juste le temps d'une mission. A la fin, quand ils ont du rentrer, ils m'ont laissés à l'Académie avant de repartir. Juste le temps d'une mission. Quand on la vit, c'est très court, mais de l'extérieur, c'est terriblement long. »


   Elle poussa un léger soupir, la fumée s'échappant de sa bouche dans un nuage tiède. Elle savait que la cigarette lui permettrait de contrôler ses nerfs, et c'est pour ça qu'elle s'y était mise. Histoire d'avoir un truc symbolique à faire, dans les moments délicieux autant que dans les difficiles. Et repenser à pourquoi elle était là, pour combien de temps, ça la foutait toujours en rogne.


« Ils vont revenir dans quatre ou cinq ans. Et … Je repartirais avec eux seulement si je suis diplômée. Il paraît que c'est pour mon bien, mais c'est un peu cruel, non ? »


   Selon ses parents, avoir un diplôme, c'était nécessaire, à l'heure actuelle. Elle ne pouvait pas se permettre de faire tout ce qu'elle voulait. Pour eux, un diplôme était un passe-droit, une sorte de liberté atteinte. Pour elle, c'était quelque chose d'inutile, qui l'empêchait de véritablement apprendre et, surtout, de profiter des plus belles années de sa vie. Rien ne valait mieux que le terrain, à ses yeux. Une école repliée sur elle-même où les seuls spécimens étudiés étaient – sauf dans certains cas, mais trop rares pour elle – sous forme de photographies et de schémas ne vaudrait jamais un spécimen en chair et en os.


« Je me fais chier et j'attends, quoi. »


   Petit ton blasé, haussement vif de sourcils, ponctué d'un soupir, bref, oui, ça se voyait qu'elle s'emmerdait ici, et que son état naturel n'était définitivement pas sur terre, mais au plus profond du cosmos. C'est pas pour rien qu'on m'a donné le nom d'une planète, merde.
« Dernière édition: Février 20, 2015, 12:23:16 par ZI.UA » Journalisée


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