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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Foedus [PV Stephen Connor]  (Lu 3616 fois)
Salomée
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« le: Juillet 04, 2014, 11:28:01 »

Le Descendum est un pouvoir très redouté par les sorcières elles-mêmes. Beaucoup le craignent et s'y refusent. Car une fois que l'on descend aux Enfers, le risque de disparaître pour l'éternité est trop grand. Cependant, Salomée est rompue à l'exercice qu'elle pratique depuis sa tendre enfance.

Le rituel s'avère très simple.
Dans une grande salle, au sein des appartements du dieu Vivec chez qui elle loge désormais une majeure partie du temps, la belle a disposé plusieurs cierges obscurs. Elle avait fait quérir préalablement une chèvre à sacrifier au milieu d'un pentagramme complexe tracé avec de la cendre. Ensuite, deux préposés avaient apporté son lit au-dessus du cadavre de l'animal immolé.

Lorsqu'elle s'étend au milieu des drapés de soie, la sorcière ferme les yeux et ses lèvres sensuelles articulent sombrement :

« Spiritu duce, in me est. Deduc me in tenebris vita ad extremum, ut salutaret inferi »

Son corps est soudainement soulevé, en suspension au-dessus de la couche.
La transe a débuté, et sa descente également.

Ici, dans la plus haute tour de Vivec, elle n'est plus qu'un corps inanimé. En réalité, le sortilège vient de la transmuter aux Enfers, où elle apparaîtra corps et âme. S'il se révèle qu'elle y soit blessée, elle en ressentira la douleur sur l'autre plan, mais sans la plaie.


Pour sa nouvelle visite en Enfer, la demoiselle opte pour une tenue gracieuse : une robe fourreau aux manches longues dont la partie supérieure est façonné d'un taffetas transparent. Le décolleté en V plongeant est recouvert de ce tissu indocile, et puisqu'elle ne porte aucun corsage, la liberté de ses courbes se réaffirme sous le satin léger.

« Oh, la Louve est de retour, la louuuve ! » répand une voix difforme dans les ténèbres. « Sauras-tu repartir cette fois-ci. Beaucoup ici te veulent....vengeance... »

Elle continue sa route, peu touchée par la tirade troublante. Mais le plaisantin la suit, quelques griffes se perdent dans l'immense chevelure de la sorcière : un nez crochu hume la senteur de sa crinière noire.

« Tu pues l'humaine ! La chair fraîche ! » halète le démon, ne retenant plus l'excitation générée par ses nombreuses faims. « Dis, dis signe un contrat avec moi....laisse-moi posséder ton joli corps....dans tous les sens du terme, dis ! »

Elle s'arrête, furieuse. Et d'une pensée, structurée par son pouvoir de télékinésie, elle envoie le malandrin cogner contre une paroi. Il grogne de douleur.

« Garde ta place, imbécile. Apporte-moi une lanterne et dis-moi dans quelle partie de l'Enfer sommes-nous ? » Sa voix est impérieuse bien que sensuelle. Sans doute bénie par une fée à sa naissance, elle ne saurait déformer sa voix ou bien la hausser plus que de raison. C'est à la fois une malédiction et un bienfait car son autorité en pâtit mais ses charmes n'en sont que plus renforcés.

La créature démoniaque revient de son choc en trottant. C'est un démon très mineur, un vagabond, qui se nourrit des restes laissés par les aînés. Toutefois, il a un nez que les autres n'ont pas. Ainsi, il aura repéré l'arrivée de l'intruse avant tous. Son corps est frêle, squelettique, nain et disproportionné comparé aux deux larges ailes plantées dans son dos. Somme toute, il est très laid mais très utile. Conciliant, il lui tend une lanterne en fer forgée au centre de laquelle reluit une orbe verdâtre qui illumine les alentours.

« Je sais que tu allais revenir, je sais ! Mon nez il a senti ! Le nez de Svur ne ment jamais ! Et je vais te dire où tu es.....tu es dans...LA MERDE ! »

Il éclate de rire, un ricanement sinistre qui secoue son petit gabarit entier.

« HAHAHAHAHA ! »

Alors qu'il remarque Salomée poursuivre son chemin, il se hâte de la rattraper, penaud :

« Mais...mais...c'est vrai. Tu n'es pas tombée sur le bon numéro cette fois-ci, la Louve. Tu es....dans le domaine Oriental....oh oui, oui ! Dans le pan oriental....ah ouais ! Ca rigole plus. »

Ce démon l'emmerde sérieusement, mais elle doit le supporter. C'est son seul guide pour le moment. Pan oriental ? Jamais entendu parler. Pour Salomée, l'Enfer est encore un lieu abstrait où le Diable partage en réalité son règne avec tant d'autres créatures. On ne sait plus vraiment qui fait quoi, qui dirige qui. Aussi, elle joue de ce flou permanent pour passer au nez et à la barbe des démons. Ses pouvoirs fonctionnent ici, et elle n'a jamais hésité à s'en servir malgré un ou deux échecs qui avaient, un jour, failli la réduire en poussière.

« Je vais te mener au Donjon, tu seras en sécurité là-bas, niark niark. Ici, dans les allées infernales....il n'est pas bon de traîner. » souffle-t-il, impatient, en se léchant les babines.

« Très bien, mène-moi. Si je suis satisfaite, tu seras récompensé. »

Et lanterne brandie, seule véritable arme face à la perdition dans les ténèbres, Salomée presse le pas et suit l'étrange énergumène.


Un temps plus tard, après avoir traversé les dédales infernaux, échappés à la méfiance de plusieurs démons, le couple arrive au Donjon. Aucun démon-soldat ne veille les portes immenses, gravées de symboles occultes. Salomée présume que ce n'est pas une si bonne nouvelle que ça. Elle préfère ce qui est visible à ce qui est caché, mais devra composer avec cette tension de l'invisible. Même Svur garde le silence. En sentant son aura démoniaque, l'entrée s'ouvre et ils pénètrent dans la salle du trône. Le trône de qui ?


« Du Grand Duc... » répond son guide comme s'il lisait ses pensées.

Une longue allée bardée de colonnes historiées, sans doute de la roche brute – matériau solide que les rixtes de démons ne risquent pas d'endommager. Leurs pieds foulent un tapis pourpre, souillé de poussière et de décombres. Tout au bout de ce chemin, un trône érigé sur une estrade de....Salomée ne distingue pas bien, elle s'approche avant de découvrir : de cadavres frais. Svur ricanne ;

« Dès qu'ils pourrissent, hop, on change ! T'es en Enfer ici, chérie. Y'a que des démons ET des morts, arf arf ! »

Les marches pour atteindre le siège ducale sont façonnées d'os et elle grimpe, retenant élégamment une partie de sa robe pour ne pas s'empêtrer dedans.

« HEY ! Tu fais quoi l'humaine ? » s'indigne Svur, la queue caudale entre les jambes, horrifié.

« Vois-tu d'autres sièges ici ? Je suis une dame, la galanterie voudrait que je ne patiente pas debout. » raille-t-elle en prenant place sur le trône de roche, beaucoup trop grand pour elle. Bien droite, l'allure toujours impérieuse, elle darde de ses yeux clairs le démon plus bas, amusée.

« Aurais-tu peur Svur ? Pourtant, la seule chose que tu dois craindre est ma colère. Tiens, rends-toi utile et trouve-moi une couronne. »

« Que...QUOI ?! » s'étouffe-t-il.

« Et une belle. Un diadème de Grande Duchesse ferait l'affaire » se moque-t-elle à nouveau en dressant ses grandes mirettes azurées pour admirer le plafond ombré. La salle possède de belles proportions. Il serait possible d'y accueillir une armée – réduite certes, mais une armée tout de même. Elle remarque à sa droite un escalier sinistre qui doit mener aux étages supérieurs de ce « charmant » bâtiment.

« Déconne pas, l'humaine...si le Grand Duc voit ça.... »

« Mais le Grand Duc n'est pas là, par conséquent, il ne peut pas voir et même s'il l'était, je compte sur toi pour lui arracher les yeux. Aveugle non plus, il ne verrait pas. »

Elle se mord la lèvre inférieure, complaisante. Désormais, ses iris s'éclaircissent davantage et brillent d'un éclat surnaturel, prouvant sans doute son origine métissée. Svur glapit, terrifié.

« Je vais me faire tuer.... » gémit-il avant de prendre la fuite on ne sait où, ce qui contrarie énormément la belle. Quelle lâche vermine, pense-t-elle, en s'accoudant d'un côté du trône. L'absence de démons l'enchante et la contrarie à la fois. Sont-ils tous à leur pause déjeuner ? L'Enfer est si vaste qu'il est tout à fait probable que de temps à autre des endroits soient délaissés un moment. Et Salomée comprend que si aucun garde ne veille les portes, c'est que ce soi-disant Grand Duc ne doit pas passer beaucoup de temps dans son Donjon.

« Tant pis, j'en profiterai seule. » soupire-t-elle.
« Dernière édition: Juillet 04, 2014, 11:53:47 par Salomée » Journalisée

Stephen Connor
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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #1 le: Juillet 05, 2014, 09:16:07 »

Il n’était pas si rare de voir des mortels en Enfer, avant leur heure. Et dans ce lot de visiteurs, il y avait absolument de tout. Des mortels qui avaient cheminé jusqu’aux portes magiques du Royaume d’En Bas, des malheureux et malchanceux qui avaient traversé un portail, et encore d’autres.

Les mortels n’étaient évidemment pas les bienvenus. Souvent, ils finissaient esclaves de démons lubriques, ou parfois même se faisaient-ils tuer, ce qui est ironique dans un lieu comme le Royaume des Morts. Aussi fallait-il une excellente raison ou un relationnel hors du commun pour parvenir à survivre ici bas.

Parmi toute la flopée d’indésirables, il y avait également quelques mortels bienvenus. Les sorciers et sorcières en étaient les premiers exemples. La plupart des démons était incapable de rallier la Terre, mais beaucoup aimaient s’approvisionner en marchandises exotiques. Et les sorciers étaient les mieux à même de remplir la fonction de vendeurs.

Stephen ne faisait pas parti de ceux qui avaient l’habitude de se réapprovisionner dans le Marché du quatrième cercle. C’était là que tous les visiteurs avertis allaient vendre leurs produits, dans le cercle des avares.

Et pourtant…

Aujourd’hui, le Grand Duc en revenait.

« Qu’en penses-tu ? L’odeur qui émane de celle-ci est toute particulière. C’est de la magie de haute qualité, je peux le sentir. » Affirma le Noble Infernal, un sourire aux coins des lèvres.

En guise de réponse, la créature de feu vert et d’os, qui suivait Stephen, poussa un grognement affirmatif. Celui qui accompagnait le beau diable n’était autre que Charon lui-même. Le Passeur du Styx, et un des démons auxquels le Grand Duc rendait fréquemment visite.

Cette fois ci, Stephen s’était proposé de lui-même à son confrère. Le mythique personnage des vieilles légendes cherchait une nouvelle lanterne. Il avait fait tomber l’ancienne dans les tréfonds abyssaux du fleuve Styx, et s’était désormais mis en quête une lumière plus efficace.

Aussi, il cherchait une lampe enchantée, qui lui permettrait de traquer les intrus aux portes des enfers. Ces temps-ci, la question de la facilité qu’éprouvaient des mortels à pénétrer le Royaume des Morts avait fini par inquiéter les Dieux d’En Bas, et même Lucifer en personne.

Lentement, Charon souleva la lanterne, d’où s’échappait une lueur verdâtre, et d’où jaillissaient de petites étincelles pareillement colorées. D’après ce qu’avait expliqué le mage au Passeur, les étincelles devraient se condenser et voler dans une certaine direction si quelqu’un avait passé la frontière des Enfers, sans être un mort.

Evidemment, la lampe réagissait en permanence, car nombre de mortels étaient présents en Enfer, mais elle reconnaissait ces présences, et ne s’exciterait qu’en sentant une nouveauté.

« Je trouve juste ironique que tu m’emmènes acheter une lanterne pour traquer les Descendus, à l’étal d’un sorcier qui est un Descendu notoire. » Grogna la voix gutturale du vieux démon.

Stephen rit doucement, un sourire aux coins des lèvres. Il présidait au pan Oriental des enfers, où le sol est de terre et de sable rouge, et où les bâtiments sont de pierre beige. En ces lieux, les Descendus étaient nombreux, car le Grand Duc était clément avec ces derniers.

Toujours était-il que les deux démons étaient finalement arrivés à la croisée des chemins. Ils étaient face à la barque de Charon, sur laquelle ce dernier allait embarquer, seul. La lanterne, reliée à une chaîne, se mit alors à s’agiter, tandis que le Passeur la levait.

« Qu’est-ce que… » Grommela le navigateur. « On dirait que… Ca vient des remparts de Dité. »

Le Grand Duc fronça alors les sourcils, observant les feu-follets qui filaient bel et bien en direction du Palais Infernal. Ce coté du Palais appartenait à Helel, autrement dit, à Stephen lui-même. Et de source sûre, le maître savait que personne de sa connaissance n’avait pu pénétrer en ces lieux.

« Charon, nous nous reverrons sous peu. Content de voir que ta lanterne marche. » Souffla rapidement le beau diable en s’activant à rejoindre ses quartiers.

Charon répondit d’un hochement de tête, son visage de squelette entouré de flammes vertes ne retranscrivant pas aisément ses émotions. Mais il ne dit mot, et embarqua.

Pendant ce temps, le Grand Duc s’aventurait à travers les allées de son château, suivant les étincelles. Il allait à toute allure, le pas pressé, sans pour autant courir. Périodiquement, le Noble Infernal se transformait en nuages de fumée noire, réapparaissant plus loin, annoncé par les mêmes volutes qui l’avaient emporté.

Sur le chemin, Stephen avait croisé ce sale petit rat de Svur. Le démon n’avait pas l’habitude de retenir le nom de la petite friture, mais ce gobelin là était une belle petite vermine parmi le tas. Que faisait-il juste à la sortie de la salle du trône ?

La salle du trône. C’était là que commençait à faiblir le flux constant de petites lueurs. Un sourcil haussé, le beau diable poussa les lourdes portes. Qui donc pouvait bien avoir réussi à s’introduire jusque dans le palais ? Surtout cette pièce, qui était bardée d’enchantements protecteurs.

Sous les yeux du Grand Duc, une femme, seule. Elle était assise sur son trône, ce trône sur lequel il passait si peu de temps. Mais c’était assez pour énerver le démon, qui pencha légèrement la tête de coté. Une dizaine de mètres le séparait de Salomée, pourtant  la voix du maître portait si fort que l’intruse aurait pu l’entendre à mille lieues.

« J’espère que la décoration te plaît, je trouve que les cadavres commencent à sentir le pourri. » Grogna le mâle.

A ces mots, Stephen s’éclipsa en un dégagement de fumée, pour reprendre forme derrière son trône. Délicatement, ses grandes mains s’apposèrent sur les épaules de l’inconnue. Pareilles à des serres, les doigts du beau diable se refermèrent sur la chair et les os. Les épaules emprisonnées, la sorcière aurait été bien malavisée de tenter de se lever.

De par le coté, le Grand Duc se pencha sur Salomée, humant lentement son parfum, au creux même de son cou. Pourquoi ? Parce qu’elle l’intriguait, et qu’il voulait savoir ce qu’elle était.

« Une odeur de démone. Pourtant, je sais de source sûre que tu ne viens pas si souvent que ça aux Enfers. Ai-je raison ? » Demanda le démon, étrangement plus détendu.

Ses serres relâchèrent les épaules de l’intruse, alors que Stephen se mettait à tourner lentement autour du trône, n’en délogeant point la diablesse.

« Pourquoi ne me donnes-tu pas ton nom, et les raisons de ta venue ici, démone. »
Gronda le mâle.

Le dernier mot avait été accentué, plus rauque que les autres.
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Salomée
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« Répondre #2 le: Juillet 07, 2014, 12:48:21 »

De la visite, en son royaume, s'amuse-t-elle à penser.

Sans se rabaisser à répondre au sujet de la décoration sinistre, l'autoproclamée Grande Duchesse jouit de distraction tandis qu'elle croise sensuellement les jambes, patientant. Il transmute derrière le trône, contraignant la sorcière à détourner son minois de porcelaine. Et pire encore lorsqu'il s'empare de ses frêles épaules couverte d'un tissu léger ; si léger même qu'il frictionne contre son derme pâle sous l'emprise des mains démoniaques.

Bien qu'elle n'arrive pas à atteindre le faciès du Duc de ses iris azurées, Salomée tente – saisie par l'intonation de sa voix rauque.

« Que... ! » débute-t-elle sans pouvoir achever, prise de stupeur à l'instant où le souffle de Stephen heurte sa peau délicate pour recueillir son parfum. Elle entend à peine la suite, obnubilée par les traits du diable en présence qui tourne autour d'elle, apparaissant à la faible lueur des fanaux et disparaissant lentement au sein des ténèbres. Son coeur noir s'emballe à vive allure, loupe même deux ou trois battements, stimulé par cette rencontre. Salomée contemple le démon dès qu'il passe à ses devants, sensible à la beauté qui en émane.

Non, pense-t-elle tout en se faisant violence, reprends-toi.

« Je....ne suis pas une démone » réplique-t-elle sur un ton suave. « Je suis Salomée, fille et épouse de la Bête. Et... »

Elle marque une pause, ménageant un peu de suspens avant d'articuler la moindre syllabe de ce qui va suivre :
 
« Nouvelle Grande Duchesse du pan oriental. »

Toute raide sur le trône, elle conserve un port altier – à l'image d'une reine. Elle dresse une main gracieuse ensuite et énumère froidement toute une série de griefs à l'encontre de Stephen, omettant  le crime de beauté dont elle vient d'être victime :

« Tu t'es introduit sans permission dans mon château. Tu m'as tutoyé comme si je n'étais qu'une simple servante et pour couronner le tout, ce que je supporte le moins : tu m'as touché sans mon accord. »

Prenant garde à ne pas se perdre dans une contemplation périlleuse du Duc, Salomée soulève lentement une partie de sa robe. Progressivement, elle découvre ses jambes galbées, emprisonnées dans la dentelle d'une lingerie luxueuse. A sa cuisse, maintenu par une sangle de cuir sombre, repose un poignard cérémoniel. La garde d'ivoire est gravée d'images funestes et porte une lame forgée d'or blanc. Ses doigts habiles délogent la dague de son fourreau et elle se hâte de procéder au sortilège. Si l'on se débarrasse d'un Grand Duc, s'interroge-t-elle avec insolence, devient-on Grand-Duc à sa place ? L'idée lui plaît. Dût-elle apporter la tête de Stephen en personne à Satan lui-même.

Elle applique le tranchant du couteau contre son poignet droit et coupe sèchement. Elle aura un petit hoquet de surprise, électrisée par la douleur et s'avise malgré tout de procéder au même geste à gauche.

Une première goutte de sang, lourde, coule au long de sa paume et s'écrase sur la joue froide d'un cadavre en aval. Bientôt suivie de ruisseaux pourpres qui prennent sources aux veines de la sorcière. Plus pâle qu'à l'accoutumée, le souffle écourté, Salomée prononce d'une voix forte :

« Colprizina!Offina ! Alta ! Nestera ! Fuaro, menuet ! »

Le premier vers du rituel consiste à s'octroyer l'obéissance des damnés. Un vent caverneux se lève pour propager dans la pièce une désagréable odeur de souffre, faisant trembler la flamme des fanaux. Et l'hémoglobine de la belle arrose copieusement le monticule de cadavres à ses pieds.

« En vertu de la Sainte Résurrection et le tourment des damnés, je vous conjure et exorcise, Esprits malades, de répondre à mes demandes légitimes, d'être obéissants dans la douleur du tourment et de la détresse éternels. »

Un tremblement soudain secoue l'estrade ducale, forçant Salomée à quitter le trône pour se dresser.

« Berald! Beroald! Balbin! Gab ! Gabor ! Agaba ! » souffle-t-elle enfin, enchanteresse. Ses lèvres aussi rouges que le sang qu'elle répand s'agitent avec sensualité pour façonner chacun des mots blasphématoires.

Et les morts se relèvent, répondant présents à l'appel de leur nécromancienne. Deux d'entre eux, les plus prompts à revenir des limbes, tendent leurs mains nécrosées à la belle brune pour l'aider en vitesse à descendre les marches du trône avant que tout ne s'effondre dans un nuage de poussière et de sang. Ils l'escortent en sûreté à quelques mètres de là, au centre de l'allée.

Les revenants hurlent leur désarroi et leur colère, la plupart encore en possession de l'arme qui n'avait su empêcher une mort violente. Beaucoup revêtent le visage d'enfants et d'adolescents massacrés lors des guerres impitoyables, ou encore de femmes décharnées : souillées avant, pendant et après leur trépas. Mais les hommes sont les plus nombreux, hargneux.

« Je vous offre votre vengeance ! » s'exclame-t-elle en cherchant Stephen du regard. « Trouvez-moi ce démon et apportez-moi sa tête. »

L'un des cadavres animés à ses côtés caresse sa chevelure noire de ses doigts squelettiques avant de s'emparer brutalement de sa nuque. Il contraint la sorcière à dévier vers lui son visage pour lui arracher un violent baiser. Les lippes charnues et maquillés de la demoiselle épousent la mâchoire à moitié arrachée et pourrie de la créature qui grogne de satisfaction.

Avec ces deux morts à ses côtés, Salomée assure ses arrières. L'expérience lui a trop de fois prouvé qu'il suffisait à la victime d'échapper aux damnés et de la capturer, elle, pour la forcer à mettre fin au sortilège. Ses deux gardes du corps se disputent bientôt les lèvres de leur maîtresse, d'une poigne d'acier, ils la sollicitent. Le premier heurte sa paume rigide contre un sein ferme et galbé.

« Soyez attentif... » soupire-t-elle contre le visage du déchu, « S'il m'atteint, vous êtes aussi foutus que moi. »

Elle espère que face à cette « petite » démonstration, Stephen reconsidérerait la problématique de sa nature démoniaque. Et ses grands yeux continuent de briller, renfermant un éclat si clair et pourtant si mauvais. Pourquoi tant de hargne à l'égard du Duc? Peut-être parce qu'elle a vu en lui, une faille en elle. Une faille qu'il vaut mieux colmater par la disparition du démon plutôt que de prendre le risque de l'écarter.
« Dernière édition: Juillet 07, 2014, 01:00:49 par Salomée » Journalisée

Stephen Connor
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« Répondre #3 le: Juillet 07, 2014, 04:01:57 »

Tournant autour de sa proie, le serpent ne manquait nullement de détailler cette dernière. Une belle peau, douce et appétissante. Des lèvres sanguines qui devaient être plus douces qu’un écrin de velours. Sans gêne, le beau diable se léchait les lèvres, chaque fois qu’il passait à la vue de Salomée.

Les mains du démon étaient dans son dos, jointes l’une à l’autre. Il n’y avait aucune agressivité dans ses propos, tout simplement parce que la prétendue Duchesse ne le dérangeait pas. Elle était trop intrigante pour que ses manières lui vaillent d’être immédiatement corrigée.

Ce trône lui allait bien. Il était dommage qu’elle n’en soit pourtant point la maîtresse. Mais le Grand Duc l’observait toujours, sans gaspiller plus de salive que nécessaire. Cette femme n’était évidemment pas sur le point de quitter son siège d’un air confus.

« Soit. » Répondit le mâle, de sa voix rauque.

Un sourire naquit à ses lèvres, mourant alors qu’il disparaissait en fumée. Il réapparu adossé à un des piliers qui ornaient la salle. Il y en avait deux rangées de dix, qui entouraient le long tapis déroulé jusqu’au trône. Au dessus de ces fiers pilonnes, il y a, à chaque fois, un fanal, qui brûle ardemment.

Le beau diable portait une chemise bordeaux, dont le tissu ne masquait pas sa musculature. Son pantalon était de lin, dans des tons de jais, assortis de chaussures à pointe, pareillement colorées. Une bague à chaque doigt, arborant toutes un blason différent.

Son apparence était hors du commun, en Enfer. Mais le Grand Duc ne se donnait pas la peine d’énoncer son titre, pour la simple raison que Salomée s’en doutait certainement. Croisant les bras, Stephen attendit la suite.

Il n’y eu qu’un instant de surprise, et ce fut lorsque la dague servit à trancher les veines de celle qui s’en était emparée. Le beau diable ne s’était pas attendu à ce geste. Mais pourtant, il fallait bien que cette sorcière soit une magicienne émérite, pour avoir pu se rendre jusqu’ici.

« La magie des morts. Peut-être n’es-tu vraiment pas une simple démone, finalement. »
Gronda le démon. « Mais tu es une inconsciente, cela est certain. »

Forcer l’âme d’un individu à lui revenir, c’était une magie contre-nature. Mais aussi une magie d’une puissance sans commune mesure. Les démons de seconde classe n’en usaient que peu, pour la simple raison que la manipulation des âmes était une chose réservée aux plus puissants Infernaux.

Aussi, personne n’aurait osé user de cette magie face à un Noble. Car tous savaient que les âmes de ces corps appartenaient à celui qui régnait sur le pan Oriental.

« Je me demande ce que penserait le Grand Duc, en te voyant jouer avec les âmes de ses offrandes. » Souffla le concerné, un sourire aux coins des lèvres. « J’espère au moins que tu t’amuses bien, tu ruines la décoration. »

Il ne bougeait pas, observant le spectacle. Salomée offrait une splendide pièce aux yeux attentifs du maître, qui trépignait d’impatience. L’impatience de voir ce sortilège dans toute sa morbide splendeur. L’impatience de s’emparer du cou de cette femme, pour la mettre à genoux.

Et les corps se levaient, contre ou au gré de leur volonté. Stephen n’était pas celui qui avait fait d’eux ce qu’ils étaient. Entre offrandes et pécheurs, ces âmes avaient depuis toujours été destinées à l’enfer. Même les enfants morts au combat, même les femmes déshonorées. La vie est injuste, quand on est faible.

Mais la fureur des cadavres se dirigeait bien vers le beau diable. Ce dernier ne bougeait pourtant pas d’un seul pouce, trop amusé par l’autre scène. Deux cadavres pourrissant, d’hommes qui avaient autrefois été beaux et forts, en train de s’arracher les charmes de Salomée.

Alors que la horde s’approchait de lui, le Grand Duc disparut une nouvelle fois, emporté par des volutes noirâtres.

« Fa- ‘inna-l-jahima hiya-l-ma’ wa. »
Tonna une voix venue de nulle part. « Que ce qui appartient au Styx, revienne au Styx. »

Et, au lieu de se reformer pour reparaître, la fumée s’étala dans toute la pièce. Comme un gaz toxique, son passage faisait tomber les squelettes et cadavres. Ils s’écroulaient, infectés par le poison qui semblait emplir leurs veines pourries et asséchées.

Tous, sauf les deux qui pétrissaient la poitrine et les fesses de Salomée, de leurs mains pourries par la mort. Eux se figèrent sur place, complètement immobiles.

Alors, la fumée prit de nouveau forme. Lentement, elle se tassa sur elle-même, montant de plus en plus jusqu’à créer une forme vaguement humaine. Puis d’un coup, elle disparut, ne laissant plus que le Grand Duc, une main dans la poche, un sourire narquois au coin des lèvres.

« Messieurs, veuillez mettre la Duchesse à genoux. »
Ordonna le démon. « Désarmez-la. »

Les grandes mains des cadavres quittèrent le cul et les seins de Salomée pour glisser contre ses cuisses. Ils l’inspectèrent avec rigueur, s’aventurant sur chaque parcelle de sa peau. Leurs doigts minutieux ne manquèrent aucun coin et recoins, séparant la sorcière de toute arme qu’elle pourrait posséder.

Ils s’arrêtèrent un court instant après cette fouille. Puis repartirent, pour remonter jusqu’aux bras et épaules de l’intruse. Sans ménagement, ils la jetèrent en direction du sol.

Doucement, la main du beau diable se glissa dans la chevelure de sa proie. Il massa un moment son crâne, avant de refermer une poigne ferme sur les cheveux de jais. Sans tirer, sans faire mal, mais avec force, Stephen fit remonter le regard de la fausse Duchesse. Il voulait voir la rébellion dans ses yeux.

« Bienvenue dans mon Domaine, Salomée. » Gronda la voix rauque du beau diable. « Bien évidemment, tu comptes te faire pardonner pour tes mensonges et ton intrusion ? »
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Salomée
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« Répondre #4 le: Juillet 08, 2014, 10:34:13 »

Galvanisée par les attouchements de ses gardes du corps, la belle s'arroge un sourire vénéneux. Qu'importe où ce démon s'était caché, les morts-vivants le retrouveraient.

Elle a présumé, peut-être à tort, que cette créature de Satan à la charmante enveloppe humaine est le détenteur du précieux titre de Grand Duc : titre pour lequel elle vient tout juste de se découvrir une passion.

« Mais la décoration était de très mauvais goût... » susurre-t-elle en s'humectant les lèvres, un sourcil arqué. Quand elle souhaite échapper à une main trop entreprenante, les deux revenants expriment leur mécontentement à travers plusieurs râles aux intonations d’outre-tombe. Et elle ne cherche plus à fuir leur poigne acérée pour subir avec délice. Après tout, elle n'est qu'une jeune sorcière aux pouvoirs prometteurs. Une part d'imprévu se présente toujours lors des premières tentatives – et la lubricité de ces monstres bouleverse les limites de son sort.

Ils l'ont repéré, pense-t-elle soudainement, en remarquant l'armée morte qui se précipite en une même direction. La victoire sera aisée bien que décevante. Elle aurait cru le supposé Duc plus combatif que cela.

Toutefois ses plans sont contrariés à l'instant même où les hurlements de guerre deviennent cris de souffrance. Salomée ferme les yeux et protège son visage tandis que la nuée noire est projetée horizontalement, soulevant sa robe au passage ainsi que sa crinière ténébreuse. Les mots tonnés depuis des abysses inconnues lui ont arraché un long frisson d'effroi.

« Non...non ! » souffle-t-elle après avoir constaté l'étendu des dégâts et avoir témoigné de l'affaissement des trépassés. Ses yeux s'écarquillent tant elle est frappée de stupeur : ses belles prunelles vacillent marquant sa détresse.

Les doigts gangreneux se sont scellés fatalement contre ses courbes : l'un capturant un sein, l'autre une partie de sa croupe. Chaque essai de s'en libérer s'avère infructueux, car ils sont immobilisés par une volonté plus forte que la sienne. La captive serre les dents en admirant Stephen surgir devant elle. Incapable de fuir son regard, elle déglutit péniblement. Encore une fois, elle lui trouve une beauté létale ; un charme noir qui précipite son coeur dans des transports interdits. Mais ce qu'il commande à ses goules l'extirpe brutalement de ses songes :

« Ne lui obéissez pas ! Vous êtes...sous MON contrôle ! Arrêtez ! » s'écrie-t-elle en vain tout en fustigeant Stephen d'une œillade assassine.

Elle grimace quand ils s'aventurent trop loin dans leur fouille, soulevant sa robe sans délicatesse pour s'arroger ses formes. Et leur quête ne fut pas inutile. Le premier extirpe un autre poignard, plus long et sombre que le premier, niché contre l'intérieur de sa cuisse gauche. Le second, après avoir palpé ses seins, défait le velours du haut de sa robe et découvre une petite lame affûtée cousue à même le vêtement. Bien évidemment, une fois qu'il s'en débarrasse, il ne trouve pas nécessaire de rhabiller sa victime qui essaie de couvrir ses épaules et sa poitrine des tissus défaits.

« Non ! » proteste la sorcière lorsqu'ils la lancent au sol où elle atterrit à genoux, visage baissé.

Le tableau serait presque romantique en peinture ; légendé d'une histoire contant que la reine vaincue est contrainte de s'offrir aux pieds du général victorieux. Son immense chevelure noire est désormais rabattue devant sa figure délicate, ombrant ses traits de porcelaine. Les doigts de Stephen contre cette rivière sombre et soyeuse la font frémir jusqu'à ce qu'il transforme la caresse en prise brutale. Et ses iris chatoyantes sont alpaguées par le regard démoniaque. Tout s'y lit aisément : la révolte furieuse et la contrariété égoïste.

« Me faire pardonner ? Sommes-nous au paradis pour que j'ai à expier mes péchés? » raille-t-elle, irrévérencieuse. « Si tu penses que me désarmer et me mettre à genou te suffit à réclamer mes excuses.... »

Et elle ne termine pas sa phrase, lui crachant brusquement à la face – sans le louper d'un iota. Sans attendre, elle sollicite son don de télékinésie pour se débarrasser proprement des cadavres animés. Les deux sont projetés avec violence, rejoignant les ténèbres des piliers sur lesquels ils brisent leur os. Pour autant, ils ne sont pas détruits : juste mis hors service momentanément. Incertaine, quant à la possibilité de heurter Stephen grâce à la magie, elle préfère lui échapper à la dure. Tirant encore et encore, laissant même de précieux cheveux obscurs au creux de la paume du démon et enfin se libérer de sa poigne, essoufflée.

Immédiatement dressée sur ses jambes, la belle recule et préfère mettre entre eux, une distance sécuritaire parfaitement inutile sachant la capacité du Duc à transmuter.

« Tu n'arrives même pas à maîtriser une pauvre humaine, » sourit-elle avec charme et insolence, « Comment peux-tu espérer qu'IL te laisse ce domaine ? »

Ses pieds foulent doucement les débris humains alors qu'elle poursuit sa retraite.

« Tu comprendras maintenant, que je préfère être traitée en égale plutôt qu'en esclave. Mes seins ne t'empêchent pas de me considérer comme un adversaire redoutable et tu ferais mieux de choisir les pourparlers. » déclame-t-elle doucement en fronçant les sourcils. Et histoire de marquer définitivement le coup, les flammes des fanaux s'enhardissent et jaillissent avec ampleur trahissant son pouvoir de pyrokinésie.

Intérieurement elle boue de rage : contre lui, contre elle-même. Reconsidérant son hésitation au moment où elle aurait pu l'envoyer valser avec les revenants, elle perçoit dans un sentiment d'horreur qu'elle en aurait été incapable. Que son coeur s'est érigé brusquement pour épargner à Stephen d'être touché. La belle serre les poings, mécontente de batailler sur deux fronts : celui qui la confronte directement au Duc, et celui, plus insidieux, qui la contraint à se combattre elle-même.


« Dernière édition: Juillet 08, 2014, 11:04:11 par Salomée » Journalisée

Stephen Connor
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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #5 le: Juillet 08, 2014, 12:26:35 »

Salomée était une femme d’exception. Une perle rare dans un océan de banalité. Mais des femmes comme elle, le beau diable en avait côtoyé des dizaines. Non pas que la belle perde de ce qui la rendait si unique, mais bien que le temps et les expériences avaient appris beaucoup au mâle.

Elle allait encore se rebeller, comme un animal pris au piège, qui refuse d’accepter que la fin est proche. Mais, les pouvoirs d’un démon ne sont pas bridés, en Enfer. Salomée aurait donc droit à une démonstration qui fustigerait son petit défilé.

Aussi, nul grognement, nul agacement ne fut trahi par Stephen, lorsque la salive insolente de sa captive lui arriva sur le visage. Simplement, les yeux du mâle se plissèrent doucement, et son sourire s’élargit. Ce qui devait n’être qu’une simple punition deviendrait bien plus encore.

« Voilà une rébellion qui est toute à ton honneur. » Répondit simplement le beau diable.

Il la laissa filer, secouant lentement sa main pour se débarrasser des quelques cheveux noirs restés coincés entre ses doigts. Son regard malicieux ne quittait toujours pas la sorcière. Il ne savait pas trop de quoi elle avait usé pour venir à bout des deux colossaux morts-vivants.

Mais cela n’était pas si important. Stephen jugea alors bon d’essuyer la salive sur son visage, du revers de sa main libre. N’ayant perdu ni son sourire, ni sa posture assurée, le beau diable marqua un seul et unique pas vers l’avant.

Dans son dos, il sentait les flammes s’exciter. Il sentait l’odeur de la magie emplir la pièce. Cette femme n’était pas n’importe qui, démone ou pas. Mais il n’était pas dans les habitudes du démon, de laisser les rebelles et autres malicieuses s’en sortir à si bon compte.

« Mon Père tolère mes erreurs, car il est clément. Mais je suis bien moins agréable que lui. Et ta présence ici me gêne, d’autant plus que tu ne me manges pas dans la main comme il incombe à une démone de seconde zone comme toi. » Expliqua Stephen, calme.

Une égale ? Allons bon.

« Tu n’es l’égale de personne ici, pas même du plus rachitique des charognards infernaux. Une démone inconnue à sa propre patrie. Une créature sans véritable origine. »
Le regard du Grand Duc se durcît. « Que tu aies une poitrine ou un chibre ne change rien pour moi. Tu t’aventures dans le Royaume des Morts, sans vouloir en respecter les règles. »

Une nouvelle fois, le démon disparut en fumée. Et une nouvelle fois, il réapparut un court instant après, dans son dos. Ses grandes mains s’apposèrent délicatement sur les trapèzes de la diablesse. Elles les lui massèrent très doucement.

Le contact était étrangement chaud, et les doigts de Stephen semblaient maintenir Salomée sur place. C’était un touché indescriptible, comme de se prélasser dans une source d’eau bien chauffée, une extase délicate et sensuelle. Pour l’instant, l’acte était cependant moins accompli pour séduire que pour assurer que la sorcière reste en place.

« Tu sembles accorder une grande importance à tes petits pouvoirs, Salomée. »
Taquina le monstre.

Son souffle chaud et ses paroles suaves étaient lancées directement dans l’oreille de la jeune femme, en une caresse veloutée. Les lèvres charnues du mâle caressaient franchement le lobe et les contours, sans aucune gêne apparente. Séduction et manipulation vont de paire, et ne sont pas exclusives à la gente féminine.

« Tu n’es pas une démone, c’est ça ? Mais alors, qu’es-tu ? Et qu’espérais-tu trouver en venant en Enfer ? » Demanda le maître, reculant de deux pas. « Tu n’es pas venue ici par hasard, n’est-ce pas ? »

En repensant aux paroles de Salomée, le démon devait bien avouer qu’il se trouvait curieux. Quelle était cette Bête, à laquelle avait référé l’intruse ? D’aucuns surnommaient ainsi Lucifer lui-même, mais il semblait peu probable que la jeune femme désigne ainsi le Père des Démons.

« Alors, en ma qualité de Noble, je vais te proposer un marché. »
Le démon sourit. « Je vais t’offrir des pouvoirs qui dépassent ceux auxquels tu rêves probablement, et en échange, je n’aurai qu’une chose à obtenir de toi. Et cette chose n’est même pas ton âme.  Qu’en dis-tu ? » Il s’arrêta, détaillant les courbes de la jeune femme. « Et peut-être même que ce n’est pas ton cul, que je veux. »

La main de Stephen, restée dans sa poche, en extrait un petit objet en forme d’œuf. Ses détails et sa couleur étaient impossibles à discerner dans l’obscurité, et la main du beau diable cachait ces traits aussi bien que possible.
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« Répondre #6 le: Juillet 08, 2014, 02:20:58 »

Le discours de Stephen ne calme pas sa contrariété, au contraire.
Méfiance et colère sont de rigueur face aux paroles qu'il profère impunément.

La contemplation qu'elle en fait lui plaît pourtant, s'amusant à décrire d'un battement de cils le geste qu'il effectue pour chasser la salive qui a profané sa belle gueule. Intérieurement, elle en tire une certaine fierté. Dans les ombres, elle distingue vaguement les plaintes fantômes des deux goules aux os fracassés. Elle plaint leur sort à ces serviteurs désobéissants et une fois le cas Connor réglé, elle se ferait une joie de leur rappeler à quel point ils ont merdé.

Ainsi, elle conserve un silence religieux, concentrée à surveiller les mouvements de son interlocuteur. Lorsqu'il s'évapore de nouveau, elle se met franchement sur ses gardes et établit toute une série de possibilités, alarmée. Aurait-elle finalement la malchance d'être tombée sur un démon moins résiliant que les précédents : sur le gros morceau.

D'un autre côté, en songeant à ses traits si humains, beaux et à sa voix rauque, Salomée baisse sa garde, lâchant un soupir, désorientée. Elle plaque une main contre son ventre, toute chose. Et c'est là que les doigts de Stephen empirent la situation, procédant à une longue caresse au creux de ses fines épaules. Figée sur place, à l'image d'une vénus de marbre, la belle se laisserait presque prendre à son propre jeu : conquise par le contact, si chaste est-il, entre leur peau.

Ses yeux se ferment quelques secondes quand elle profite du souffle tiède contre son oreille attentive. Elle frisonne à plusieurs reprises, anxieuse et comblée à la fois par cette proximité.

« Le propre des Morts, » répond-elle tout doucement dans un éclair de lucidité, « c'est de n'avoir aucune règle. Alors je ne dois pas être dans le bon royaume, mh, mh. »

Elle s'apprête à détourner sa douce figure, espérant que ses lèvres pourpres croisent celles du Duc, mais il lui a déjà échappé, exigeant des réponses qu'elle dispense en articulant tout bas.

« Je suis venue en Enfer pour des raisons qui ne regardent que moi. Quelque chose me dit que tu devrais rester dans l'ignorance concernant ma nature. »

En soi, elle aurait pu tout lui confesser : que cette Bête à laquelle elle réfère s'apparente faussement à Lucifer, mais qu'il s'agit de Satan dans son aspect le plus brut. Sans la nature angélique, la source de tout Mal, de toute liberté. Plus vaste que le Chaos, plus intransigeant que l'Ordre. L'amant de toutes ses soeurs et en même temps leur père, leur mari et leur fils. Néanmoins, elle demeure méfiante et les charmes de Stephen ne suffisent pas à tarir ce manque de confiance.

Le Pacte proposé paraît la revigorer.
C'est avec un sourire délicieux qu'elle accueille cette proposition. En faisant appel à ses capacités de télékinésie, Salomée extirpe le trône ducal des décombres où il repose, pour le ramener sous elle. Son corps sulfureux choit contre la pierre sculptée. Ses jambes passent avec souplesse sur un accoudoir et elle se sert de l'autre pour y faire reposer un bras paresseux. Ainsi positionnée, elle lui dévoile tous les secrets de ses courbes bien formées qu'épouse sa sombre robe : excepté le dessus que les goules ont malmené. D'ailleurs, la moitié d'un sein se dévoile.

«Je suis déçue, mon cher Duc ? » Elle hésite faussement sur le Duc, prenant la peine ainsi de le railler une nouvelle fois, « Que vous me voyez à travers le prisme de l'ambition. Quel cliché nous collent à la peau, nous les femmes : nous courrons après le pouvoir ou l'argent. »

Elle ponctue sa phrase en se léchant les lippes, amusée. Le vouvoiement entérine définitivement son petit ton de moquerie.

« Alors que tu as très bien compris que je me satisfais amplement de mes capacités. Si je veux plus de pouvoir, je sais quoi faire, je sais qui aborder, je sais....quoi sacrifier.  Mais... »

La métisse lève un doigt qu'elle agite de gauche à droite.

« Je suis curieuse de savoir ce que tu proposes comme contrat qui ne sollicite ni mon âme, ni mon corps, pour lequel ton faux père de Lucifer se damnerait. »

Elle ajoute le blasphème à l'insolence.
Et ses yeux de happer l'objet qu'il détient, avec convoitise. Elle en devine vaguement la forme, mais pas davantage et voilà qui la frustre.

Collé au plafond, dans un recoin ombré, un étrange voyeur témoigne de la scène. Svur s'est empressé de rejoindre le Donjon en découvrant la hâte de Stephen. Bien qu'il se refuse à reconnaître qu'il veille sur « sa » sorcière, le charognard préfère en avoir la certitude. Après tout, il a une petite rancoeur contre le Duc, comme quelques autres démons. La légitimité est très dure à acquérir dans les tréfonds infernaux. Et si demain, il fallait avoir cette traînée au corps de diablesse comme Grande Duchesse beaucoup s'y opposeraient, comme beaucoup s'y plieraient. Tout n'est qu'une question de goût au final, ricane intérieurement Svur le Gros-Nez. Pour le moment, il travaille pour la faction qui souhaite le départ (en fait, l'élimination) du Grand Duc Helel.

Et cette foutue bonasse est un pion dont ils seraient bien bêtes de se passer.
« Dernière édition: Juillet 08, 2014, 02:29:23 par Salomée » Journalisée

Stephen Connor
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« Répondre #7 le: Juillet 08, 2014, 03:59:27 »

Aucune règle dans le Royaume des Morts ? Peut-être pour ceux qui coulaient dans le fleuve Styx, mais pas pour les sujets de Lucifer. Stephen se serait fait un plaisir de prendre l’âme de Salomée. Il l’aurait brisée à petit feu, avant d’en faire une esclave sans volonté, soumise uniquement à ces règles qu’elle semblait renier.

Mais la jeune femme pouvait se vanter d’attiser une certaine curiosité chez son interlocuteur. Alors, il la laissait parler, supportant avec aisance ses petites piques. Peu de choses atteignaient le démon. Les moqueries d’une faible diablesse ne faisaient pas exception.

Comme Salomée s’autorisait le confort d’un trône, Stephen fit de même. Le tapis se déchira, laissant le sol en dessous se surélever, pour sculpter un fauteuil rudimentaire, mais confortable. Le Grand Duc ne s’y laissa pas choir négligemment, contrairement  à l’intruse. Plutôt, il s’y posa lentement, une jambe en équerre, la joue dans une paume, et l’air lassé.

« Et toi, tu préfères courir après les ennuis ? » Demanda le Maître, un sourcil haussé.

Son pouce passait lentement sur les contours de l’objet enfermé dans son poing. Comme si ce geste lui procurait une certaine satisfaction. Comme si toucher cet objet parvenait à le détendre.

Ce qu’il tenait dans sa main, sans que Salomée ne le sache, c’était un Behelit. Un œuf qui existait en plusieurs couleurs, et qui avait la particularité de voir son orbe orné de « traits » appartenant à un faciès humain. Dispersés anarchiquement, il y avait des yeux, une bouche et un nez sur cet objet.

Sur Terra, on décrivait ces objets comme les fragments de l’âme d’un démon. Et la légende voulait qu’un Behelit à la couleur pourpre soit le fragment de l’âme même de Lucifer.

Evidemment, ce n’était pas un œuf pourpre que tenait Stephen dans sa main. Le sien était vert. Un fragment de son pouvoir, qu’il conservait sur lui. Pourquoi vouloir l’offrir à Salomée ? Surement pour la tester, pour pouvoir garder un œil sur elle, jusqu’à temps qu’elle soit mûre afin d’être récoltée. Car l’œuf retransmet tout à son créateur.

Un Behelit ne quitte jamais son propriétaire. Même s’il se perdait dans les eaux du Styx, il reviendrait à son maître, la personne à qui il aurait été confié. Il lui accorde chance et prospérité. Et un jour, le charme s’écroulera, apportant malheur et désolation à son possesseur.

Ce jour là, l’œuf se réveillera, et offrira à son porteur des pouvoirs inimaginables. La seule condition ? Sacrifier sa liberté, se soumettre à Lucifer.

Ces œufs étaient la marque d’une élite. Tous ceux qui étaient devenus démons par ce moyen avaient fini par acquérir des pouvoirs sans égaux.

« Acquérir des pouvoirs devient d’une aisance déconcertante, une fois rendu à un certain point. »
Remarqua Stephen, la voix douce. « Alors, pourquoi semble-t-il impossible de dépasser la puissance de mon Père ? Pourquoi est-il aussi fort ? »

Il marqua une pause. Le blasphème de Salomée ne saurait être toléré, mais le beau diable devait tout de même continuer à s’expliquer. Pour l’instant, la jeune femme échapperait à toute punition.

« Donc, je me suis demandé comment Lucifer est devenu aussi puissant. Et j’ai compris. J’ai compris pourquoi il avait créé des fragments de son âme, pourquoi il s’était divisé, créant Satan et ses autres avatars. » Stephen plissa les yeux, se redressant sur son siège.

Le beau diable s'interrompit. Ça sentait le rat. L’odorat du Grand Duc était des plus remarquables, et malgré la puanteur des cadavres, il aurait eu bien du mal à ne pas flairer Svur, ici présent.

Stephen avait connaissance des complots envers sa personne. Après tout, chaque Noble des Enfers avait des ennemis, dans le monde d’En Bas. Ce qui échappait au Grand Duc, c’était surtout le fait que ce rat de grognard était un des mutins. Lui qui le prenait juste pour un misérable gobelin charognard.

« Svur. » Appela le démon. « Où que tu sois, je te demanderais de venir. Je veux que tu accompagnes notre chère invitée jusque dans les quartiers des invités. Tu as la force de faire ça, petit rat ? »

Bien évidemment, le petit monstre serait aidé par les deux colosses pourrissants, qui s’étaient relevés entretemps. D’un rapide claquement de doigts, le mâle fit signe aux créatures de s’emparer de Salomée.

« Navré de devoir interrompre notre conversation à ce stade. Je m’assurerai de venir te rendre visite un peu plus tard. Disons, d’ici une heure. » Stephen se leva, alors que les deux gardes attrapaient sauvagement la belle sorcière. « Faites absolument tout ce que vous voulez d’elle. Mais gardez-en moi un morceau, j’ai très envie de m’amuser avec notre invitée, moi aussi. »

Il disparut dans un nuage de fumée, une nouvelle fois. Mais cette fois, pas de réapparition. Il s’était tout simplement éclipsé. Pourquoi ? Tout laissait penser que la présence de Svur avait dissuadé le démon. S’il souhaitait rentrer dans les détails, le maître devait s’assurer qu’aucun mur n’aurait d’oreilles.

Quant aux cadavres colossaux, ils s’emparèrent de la nécromancienne, non sans la pétrir avec envie tandis qu’ils la guidaient. Leurs doigts quittaient parfois ses épaules pour s’aventurer sur sa poitrine et entre ses jambes. Dix petites minutes à supporter ce traitement, pour Salomée, avant d’être conduite dans la grande chambre richement décorée, où le Grand Duc hébergeait ses invités.

Svur était là, lui aussi.
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« Répondre #8 le: Juillet 09, 2014, 11:28:15 »

« Rectification. » corrige-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait souhaité « Les ennuis me courent après. »

Et affalée au creux de l'imposant trône, Salomée fait courir ses mirettes sur l'étrange oeuf. Elle n'est pas férue d'artefact mais il faut bien avouer que dans le domaine des arts occultes, ils sont parfois indispensables. Plein de surprises également car ils disposent d'une volonté propre et peuvent nuire tout autant que bénir. Aussi se méfie-t-elle de ces objets enchantés sur lesquels aucun contrôle ne peut réellement être assuré.

La tirade concernant Lucifer lui arrache un soupir exaspéré et une petite moue contrite. Ce faux-Père, que la majorité des démons se sont mis à vénérer pour....on ne sait trop quelle raison, songe-t-elle avec une pointe d'amertume. Une entité qui pue encore l'angélisme, ne serait-ce que par le nom de Lumière qu'on lui attribue.

« Sans blague... » marmonne-t-elle en levant les yeux au ciel, impertinente.

Néanmoins, le questionnement qui semble tirailler le beau diable le rendrait presque attachant. Au final, malgré son statut émérite et sa qualité de « noble », il quête toujours le pouvoir suprême. Elle écoute poliment et attentivement, cela dit : en profitant pour admirer les traits virils de son interlocuteur si sérieux.

Son émerveillement serait interrompu par l'arrivée impromptue de Svur dont Stephen prononce le nom. Immédiatement, elle se redresse et quitte son siège fétiche, sourcils froncés.

« Svur.. ? Mais... » Elle est soudainement coupée par l'ordre que Helel donne et se retourne brusquement vers lui. « Pardon ?! » fait-elle, choquée, en reculant jusqu'à heurter le trône qui la supportait quelques secondes plus tôt. Ses grands yeux lumineux cherchent soudainement une issue.

« Ou..oui...Monseigneur, Grandeur des Grandeurs, premier fils de Lucifier.... » s'incline hypocritement le charognard, plusieurs fois même devant son maître.

Et les goules se précipitent vers elle, la bouche emplie de grognements hâtifs. Elle fixe le Grand Duc, l'implore en silence de ne pas faire ça et secoue lentement la tête : sans résultats. Alors elle tente d'échapper à la poigne de ses anciens serviteurs, feule de rage et se décoiffe dans ses mouvements désordonnés et inutiles. La détresse noue sa gorge.

« Lâchez-moi ! » s'écrie-t-elle avant de déclarer forfait, épuisée.

Ce qu'elle ignore c'est l'insignifiance de Svur qui, dans leur sillage, a ramassé les différentes armes délogées par les sbires de Stephen. Les bras chargés de ces trouvailles, il fait le chemin avec eux, battant faiblement des ailes pour suivre leur rythme ; chemin ponctué de gémissements feutrés qu'occasionnent les palpations rudes des deux revenants. Ils l'accablent de tant de brusquerie qu'il arrive à la bougresse d'être ralentie dans sa démarche. Et sitôt qu'elle a le malheur de baisser le visage, réclamant un temps de répit, les striges s'avisent de lui remémorer sa place. L'un saisit salement sa crinière charbonneuse, le second tire sur son bras et ils la font avancer en direction des quartiers d'hôtes.


Une fois les imposantes portes de la chambre ouvertes, elle est jetée sur le lit spacieux. Svur referme subtilement derrière lui et ricane sinistrement en tournant autour de la couche où les morts se sont déjà attelés à déshabiller leur maîtresse. Sa prunelle diabolique reluit de convoitise et il se délecte du spectacle. Son intelligence de rat lui permet rapidement de comprendre que tout se joue à son avantage. Si la sorcière perd ce combat, il pourrait toujours demander un récompense au Duc pour lui avoir amené une si jolie proie. Au contraire, une victoire de Salomée lui offrirait la possibilité de faire évoluer la mutinerie à laquelle il s'est jointe. Gagnant sur tous les tableaux, le petit démon s'octroie un moment de paresse devant le spectacle débauché.

La belle leur résiste, évidemment, ce qui ne la rend que plus désirable. L'affliction accentue son charme d'humaine et son chien révèle ses atouts de diablesse. Quand les goules l'auront bien amochée, pense-t-il lâchement, il en jouirait également.

«Svur ! » s'exclame-t-elle en tendant une main crispée vers lui, « Fais....han... » l'une des créatures vient de la retourner sèchement sur le ventre. « Quelque chose... » achève-t-elle.

« Oui...oui, je vais faire quelque chose... » réplique-t-il, les babines dévoilées, déjà prêt à se régaler.

Les mains nécrosées contrastent avec le derme pâle qu'elles malmènent à travers des caresses concupiscentes.  Plusieurs fois sa chevelure sera saisie et les bêtes lui râleront l'ordre d'admirer leur laideur durant le coït. Ce dernier débute lorsque l'érection glaciale du premier défunt s'approprie l'intimité moite de sa victime dans une série de pénétrations pénibles pour la jeune sorcière. Installée à quatre pattes au milieu des draps, elle serre les dents.

« On ne t'a pas appris....qu'il y a des règles quand on veut jouer avec les morts, l'humaine ? » raille Svur, la sachant incapable de répondre car pour la maintenir en respect, l'autre goule a dégainé de son fourreau un glaive rouillé pour le pointer sous la gorge délicate de l'intruse. Au moindre faux mouvement, elle irait les rejoindre au royaume des damnés.

Quand elle desserre la mâchoire, c'est pour tenter de prendre la parole mais ses geignements plaintifs se succèdent, hachant ses mots à peine formés. Tandis que la créature continue de percuter sa croupe,  increvable, elle aperçoit du coin de l'oeil ses dagues que Svur transporte.

Laborieusement, elle étire son bras et d'une simple pensée contrôle les lames. A la première tentative, elles frémissent à peine. Elle devra réitérer trois fois avant d'avoir un résultat concluant et diriger d'une onde télé-kinésique la pointe acérée des différents poignards en pleine poitrine de ses assaillants. Leur coeur, affreusement rappelé à la vie, est transpercé : fin du retour. Trop lentement à son goût, ils s'émiettent en poussière sanglante dans un long cri rauque et abyssal.

Pour le coup, Svur n'en revient pas.

« S..Svur... » susurre-t-elle d'une voix suave et enchanteresse. Désormais agenouillée sur le lit, le minois de la belle est occulté par ses cheveux sombres. « Viens...mon beau...»

Et le charognard s'exécute, contre sa volonté. Les charmes de Salomée étouffent chez lui toute velléité.  Charmé par cette voix de sirène qu'il suit aveuglément, le petit démon grimpe sur le lit pour être accueilli par un baiser sulfureux. Distrait, il ne distingue pas l'humaine saisir le glaive rouillé, pas plus qu'il ne voit arriver le premier coup et ne verra les suivants qui lacèrent sa chair, expulsant des jets sanglants dont la sorcière sera bientôt recouverte.


Le calme règne dans la suite dédiée aux invités.
Le cadavre du charognard gît au pied du lit ; son sang tâche la moquette et les meubles alentours.

Dans la pièce d'eau marbrée, la belle brune repose dans un bain mérité. A son arrivée, l'eau s'est teintée de pourpre, récoltant les gouttelettes d'hémoglobine qui souillaient sa peau délicate. Assoupie, lèvres entrouvertes, elle savoure un répit dont les songes sont hantés par l'image du Grand Duc.

"J'espère qu'il....reviendra..." murmure-t-elle doucement en souriant, la joue appuyée contre le rebord de la baignoire.
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« Répondre #9 le: Juillet 09, 2014, 03:47:18 »

Dité. Celle que l’on appelait très justement « La cité de Lucifer ». C’était une colossale création, une forteresse qui contenait un amas de châteaux. Le plus au sommet de tous n’était autre que le Pandémonium. Il s’enfonçait dans le sol, jusqu’au plus profond des Enfers.

Lucifer s’y reposait, réunissant ses forces, augmentant l’étendue quasi-infinie de ses pouvoirs, à l’aide des âmes des défunts. Le Déchu partageait les terres gelées du dernier des cercles avec ses deux alter ego. Il y avait le Porteur lui-même, puis Bael, et enfin Satan.

Personne n’était autorisé en ces lieux. Seules les âmes les plus damnées s’y rendaient, pour être torturées avec passion, par le Diable en personne.

Et la cité elle-même était entourée de gigantesques remparts, taillés et sculptés magnifiquement dans une pierre blanche qui s’apparentait au Quartz. Des visages monstrueux ornaient ces murs, comme des gargouilles malfaisantes, dont les yeux pleuraient une lave qui s’épanchait dans le fleuve Styx.

Le Fleuve lui-même séparait Dité des Hauts Enfers. Il était d’un noir immonde et visqueux, pareil à un goudron encore chaud. Les volutes qui s’en dégageaient étaient verdâtres, et il n’était pas rare de voir la main spectrale d’un damné faire surface, cherchant vainement à fuir son ennui mortel.

Mais, au-delà de son apparence ignoble, le Styx servait aussi et surtout à séparer deux types d’individus. Ceux qui avaient péché par manque de contrôle, et ceux qui avaient péché par pure malice. Les malicieux étaient confinés dans les cercles internes, soumis aux tortures des plus puissants et cruels démons.

Sur ce Fleuve, il y avait plusieurs points d’arrêt. L’un d’entre eux était dans le Pan Oriental. Le Grand Duc pourrait très certainement s’y rendre juste à temps pour croiser le Passeur.

A travers les couloirs vides du Palais Oriental, ne résonnaient donc que les pas hâtifs de Stephen. Il allait se rendre auprès de Charon, pour rassurer ce dernier quant à la présence d’une Descendue dans la Cité Infernale.

Une vue familière arracha un sourire au Maître, alors qu’il poussait les portes des remparts traversant un des ponts qui surplombaient le Styx.

« Charon ! » Appela le Noble, du sommet de son perchoir.

Le Navigateur passait justement en dessous. Il ne répondit pas, et désigna juste la Rive des Hauts Enfers. D’un rapide hochement de tête, le beau diable s’y rendit.

Quelques nuages de fumée et coups de rame plus tard, les deux confrères se retrouvèrent du même coté, tous deux à terre.

Comme à son habitude, le vieux Charon n’était pas très bavard. Pas de salut quelconque ou de formules de politesse. A vrai dire, il ne demandait même pas de nouvelles à Stephen, concernant la situation. Plutôt, le vieux Passeur souleva sa lanterne, désignant les étincelles qui s’affolaient toujours en direction des remparts de Dité.

« Nul besoin de t’inquiéter. C’était une simple sorcière, probablement une démone ou une bâtarde. Je vais m’occuper d’elle et ta lanterne n’aura plus à s’agiter. » Répondit calmement le Grand Duc. « Je venais d’ailleurs te demander de la taire. »

Charon acquiesça, en silence. D’un simple contact de son doigt, il fit taire sa lampe. Elle luisait toujours vaillamment, mais plus aucun feu-follet enthousiaste ne virevoltait jusqu’au Palais.

Toujours aussi silencieusement, les deux démons se quittèrent. Stephen s’en alla faire un rapide tour dans le cercle des avares. Il y acheta de quoi s’amuser avec sa captive, impatient de la soumettre. Car c’était bien là ce qui attendait la belle Salomée.

Soumission et plaisir.

« Rentrons. » Murmura le Grand Duc, pour lui-même.

En tout et pour tout, une heure était passée. Ponctuel comme à son habitude, le généreux hôte Infernal  se rendit jusque dans la chambre réservée à ses invités.

Le Grand Duc ne doutait pas que la sorcière soit venue à bout de ses geôliers, bien qu’il n’ait pas pensé voir la résultante d’un tel carnage. Toute la pièce était couverte de sang. Les corps des morts-vivants n’étaient plus que poussière.

Et Svur gisait au pied lit, ensanglanté, bardé de coups de couteau. Stephen prêta l’oreille. Il entendait de petits bruits d’eau, dans la salle proche. Salomée devait, sans doute, s’être accordé un bain pour se laver des souillures et de l’hémoglobine qui lui tâchaient  le corps.

Rapidement, l’hôte se rendit jusque dans la pièce, se moquant bien de gêner ou non la sorcière dans son bain. Il l’observa un instant, appréciant plus que de raison la beauté de son corps, recouvert d’une eau rougeâtre.

Ce fut avec lenteur, cette fois, que le Grand Duc s’approcha de sa captive. Peut-être était-elle armée, peut-être cette eau rouge cachait-elle une arme. Mais le mâle était confiant, calme. Il n’était qu’à quelques centimètres de la jeune femme. Séparé d’elle uniquement par la céramique de la baignoire.

« L’eau est-elle à ton goût ? Ou préfèrerais-tu que je vienne te rejoindre, pour t’accorder un peu de ma chaleur ? » Pour marquer cette proposition, les grands doigts du mâle glissèrent contre la mâchoire de Salomée, et jusqu’à une épaule délicate. Il glissa lentement derrière elle, toujours en dehors du bain. Ses mains se refermèrent sur la nuque de l’invitée, la massant tout en douceur.

Petit à petit, de lui-même, le sang quittait l’eau, comme aspiré par un drain invisible. Il ne restait plus que la douce clarté de l’eau. A son travers, le mâle pouvait admirer chaque courbe de la vaniteuse sorcière. Ses mains rudes coulissèrent alors jusqu’à l’appétissante poitrine, se saisissant chacune d’un sein. Il avait la poigne masculine, ferme, dont Salomée n’aurait pu se dégager.

« Tends-moi ta bouche. » Ordonna le maître. « Notre conversation saura attendre que je te baise. »

Et il lui prit la main. Mais elle n’avait pas le droit aux lèvres de son mâle. Plutôt, c’était sur son sexe à moitié éveillé que le mâle guida Salomée.
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Salomée
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« Répondre #10 le: Juillet 10, 2014, 01:32:07 »

Sa mémoire est encore floue.
Elle ne se remémore plus très bien les derniers instants vécus. Les cris de Svur parviennent vaguement à ses oreilles et elle voit rouge. Le souvenir des francs coups de reins des goules lui ôte un grognement de mécontentement et elle se conforte dans le bain, souhaitant fuir cette sordide vision.

L'un de ses bras pend avec paresse hors de la baignoire ; ses doigts allant frôler la mosaïque superbe qui fait lieu de carrelage. L'arrivée du Duc passe inaperçue jusqu'à ce qu'elle ressente sa présence toute proche, en bénéficiant de sa voix rauque et mâle.

« Dire que je ne connais même pas ton nom... » soupire-t-elle d'une voix délicate.

Tout est fait pour la mettre en confiance : le parfum désormais familier du mâle, ses caresses fugaces jetées contre son derme hâve. Au départ, elle pense rêver cette apparition et tous ses bienfaits, mais elle s'éveille en sursaut lorsqu'il s'arroge la courbe de ses seins fermes.

« Non mais....ça va pas ?! » s’indigne la bâtarde.

Et dès qu'il la libère pour s'emparer de sa main, espérant la guider contre sa virilité, la belle sorcière se révolte. En une seconde, elle est retournée;lLa suivante, dressée sur ses jambes galbées et enfin conclut son geste par une gifle magistrale et cinglante dont la joue de Stephen garderait un souvenir impérissable.

« Tu..j'ai eu tort de te faire confiance. J'aurais dû te tuer ! »

Elle quitte le bain en prenant garde à ne pas glisser, attrape la première serviette venue et voile sa nudité. Au passage, elle se penche pour ramasser l'un de ses escarpins pourpre qu'elle lance sans vergogne sur Connor, soignant même son tir pour mieux viser la tête.

« C'est quoi votre putain de problème à vous les démons ?! » s'exclame-t-elle alors qu'elle se précipite hors de salle d'eau en direction de la chambre.

La déception alimente sa fureur. Dans sa fuite, elle tombe nez à nez avec le cadavre de Svur. La scène génère chez elle un haut-le-cœur et elle plaque une main contre sa bouche ; le cœur au bord des lèvres. De son vivant le charognard avait été maudit d'une sale laideur, mais dans la mort le portrait était pire encore. Sous les nombreux coups d'épée, il avait perdu une majorité de ses traits désormais brouillés dans un amas de chair sanguinolente. Décidément, sa virée aux Enfers tourne au cauchemar : la voilà qui s'acharne aux portes somptueuses de la suite, verrouillées évidemment.

« Merde ! » murmure-t-elle avec hâte en se détournant de la porte.

Elle ravale péniblement sa salive et recherche une issue, n'importe laquelle.

« Je te préviens, » lance-t-elle à l'adresse du démon, où qu'il soit « Si tu veux me baiser, c'est morte. Hors de question que...que je sois l'exutoire de ta lubricité de mon vivant, je te croyais plus....intelligent ! »

Et tandis qu'elle déclame sa tirade, elle fléchit les genoux pour ramasser le glaive encore fiché dans le corps du malheureux Svur.

Ses cheveux humides s'emmêlent par mèche contre sa douce figure, handicapent sa vision  déjà entravée par sa nervosité grandissante. Ici, elle n'a nulle part où fuir, où se cacher. Elle devrait l'affronter aussi agréable lui est-il, malgré son coeur qui hurle au blasphème en témoignant du refus de  la sorcière face aux avances du Duc.

« Je pensais.... » achève-t-elle, marquant son minois d'un sourire contraint « Que tu m'inviterais au moins à boire un verre avant, que je recevrai des fleurs ! »

La poigne autour de la garde de l'épée se raffermit. Son corps voluptueux est tendu. Pour ne rien arranger, le temps joue contre elle : le Descendum s'avère irréversible si l'enchanteresse ne sait pas s'en extraire seule. Et Stephen devient inéluctablement l'ancre solide qui la menace de ne plus jamais refaire surface Entre les lèvres de l'humaine, les jurons se succèdent : murmures intarissables et impitoyables reflets de sa mauvaise situation.
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Stephen Connor
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Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

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« Répondre #11 le: Juillet 10, 2014, 05:17:48 »

L’invitée peinait à comprendre son statut. Elle n’était pas accueillie dans cette pièce, elle en était captive, jusqu’à temps que le maître des lieux daigne la relâcher.

Et, en considérant l’énorme gifle qui avait sonné contre la joue du beau diable, ce n’était pas près d’arriver. Le démon s’assurerait d’une chose : Salomée trouverait sa place, agenouillée devant lui.

« Me tuer ? » Grogna le mâle, souriant. « Oui, me lacérer comme tu as défiguré ce pauvre Svur, c’est ça ? »

D’un rapide geste de la main, le Grand Duc renvoya l’escarpin sur le coté. Puis, il marqua quelques pas vers l’avant, croisant ses bras sur son torse. Cette femme avait bien plus de répondant qu’il ne l’aurait imaginé, et Stephen se demanda un court instant comment il avait bien pu se montrer aussi sûr de lui.
 
Un sourire amusé traversait le visage du beau diable. Après avoir quitté la salle d’eau, il ferma la porte, et s’adossa contre. Son regard ne se figeait pas sur Salomée en particulier. Le maître observait tout, patient comme à son habitude.

« Notre problème ? Allons-bon, tu n’es pas mieux que moi. » A ces mots, le démon désigna Svur, du menton. Ou plutôt, il désigna ce qu’il restait de Svur. Une si violente boucherie ne pouvait être que l’œuvre d’un détraqué. Le pauvre petit rat était méconnaissable, seule son odeur infâme le trahissant.

Et avec cette ignoble odeur de mort, la fragrance particulière du petit charognard n’en était qu’exacerbée. Il était mort les yeux grands ouverts, révulsés. La douleur avait dû être brutale et poignante. Difficile d’imaginer qu’une meurtrière aussi sanglante puisse jouer les donneuses de morale.

Quant au Grand Duc, il ne comptait nullement tuer son invitée. L’humiliation et la soumission feraient office de punitions bien plus appropriées. Et peut-être même plus douloureuses.

« Je préfère t’avoir en vie. J’aime quand un joli corps comme le tien gigote en dessous du mien. J’ai hâte de voir ce que tu vaux. » Avoua le mâle, décroisant finalement ses bras. « Et tu as la peau douce. » Soupira-t-il en humant le parfum féminin qui embaumait encore ses grandes mains.

La pauvre lame de Salomée n’était pas grand-chose. Mais elle avait un certain charme, ainsi dévêtue, un glaive entre les mains. Pour peu, le démon aurait presque eu l’impression d’être le méchant dans ce tableau. Et après tout, sans doute l’était-il. A peine plus que la sorcière elle-même.

« Cela dit, j’espère que tu tiens mieux un chibre que ce glaive. » Nargua le démon en plissant les yeux. « Tout compte fait, tu auras tout le loisir de t’entraîner avec moi. Car tu ne quitteras ses lieux qu’en étant mienne. »

C’était une sentence franche et irrévocable. Et c’était, aux yeux du démon, une punition tout à fait appropriée, qui saurait enseigner l’humilité à cette insolente sorcière.

D’autant plus que Salomée ne manquait aucune occasion de narguer un peu plus son généreux hôte.

« Comme c’est adorable. » Gronda le démon. Il ne souriait plus. « Tu t’introduis dans mon Palais, et tu t’installes sur mon trône. Puis tu utilises les âmes de mes offrandes contre moi. Tu n’as mérité aucune douceur de ma part, tu es une intruse ici. »

Une intruse à qui l’on ne présenterait pas l’option de s’en aller si simplement. Peu importe que le Grand Duc condamne son invitée à rester cloisonnée en Enfer, s’il pouvait en tirer de quoi nourrir sa fierté. D’ailleurs, le beau diable s’avança, fermant la distance entre lui et Salomée à un tel point, que la pointe du glaive lui piquait le sternum.

« Tu as abandonné tous tes droits en enfreignant mon hospitalité. Maintenant, tu m’appartiens. » Les doigts gigantesques du colosse se renfermèrent sur la lame, le faisant quelque peu saigner. « Tu es désormais une des femmes du Grand Duc Helel, qui règne sur le Pan Oriental. Estime-toi heureuse de ne pas finir comme la décoration que tu as ruinée. »

Doucement, le maître releva la lame, afin de s’approcher un peu plus de Salomée. Ses jambes étaient presque collées aux siennes, et son torse irradiait le buste de la magicienne, d’une chaleur mâle. Le glaive était toujours présent entre les deux, comme un dernier rempart.

La pointe, en remontant, avait ouvert une vue sur les pectoraux du beau diable, non sans tracer un sillon sanglant sur sa peau cuivrée. Et les ambres qui illuminaient les yeux du Grand Duc ne s’éteignaient pas, étincelantes traitresses relatant le plaisir que prenait Helel à jouer cette scène.

« Je t’offre d’embrasser une place sous mon aile, ou d’en souffrir une sous mes talons. »
Grogna la voix rauque du monstre, alors que son poing se serrait un peu plus sur le glaive.
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« Répondre #12 le: Juillet 11, 2014, 10:31:49 »

Elle avait rabaissé ses prunelles chancelantes vers les restes du pauvre Svur, interloquée par la remarque de Stephen. Après tout n'était-il pas du propre des sorcières d'être les créatures de Satan, possédées par l'un ou l'autre : malheureuses âmes damnées. Et si la figure de Salomée était empreinte d'angélisme, son cœur ne connaissait qu'une âpre noirceur d'âme. Elle ne savait plus si l'orgueil ou l'honneur l'avait poussé à commettre cet acte barbare : sûrement les deux. L'idée que Svur aurait pu la laisser crever sur la queue d'un mort-vivant l'avait mise hors d'elle.

« Il...il a eu ce qu'il méritait...et je n'hésiterai pas à te faire la même chose... » murmure-t-elle, le glaive brandi à ses devants. Elle le tenait désormais de ses deux mains devenues moites, trahissant la fébrilité de leur maîtresse. Le charme n'opérait plus et il semblait que cette force invisible – celle qui l'avait poussée à massacrer le charognard s'était envolée  pour la laisser  dépourvue : aussi nue qu'un nouveau-né.

Même ses pouvoirs donnaient l'impression de se tarir : à l'image d'un fleuve affrontant la sécheresse. Elle aurait souhaité frapper Helel contre le mur d'une simple pensée, mais elle perdait pied et contrôle.

« Ne t'approche pas... » ordonne-t-elle, impérieuse. « Je suis une...femme libre, je n'appartiens qu'à la Bête, garante de ma liberté, de ma vie, du sens que... » 

Elle marqua une pause dans cette déclaration récitée comme une prière, puis une idée lui vint dans un éclair de lucidité. Les pièces d'une immense machinerie finissaient de s'assembler dans son esprit.

« Je...je suis venue ici pour Elle. La Bête. » lance-t-elle aussi promptement que l'on tirait un boulet de canon. Ainsi espérait-elle épargner un peu de temps en distrayant les pensées du démon majeur. Peut-être voulait-il son corps, mais elle présumait qu'il désirait davantage des réponses à de nombreux questionnements. « J'ai...ma place ici. Plus que toi. »

L'audace du noble infernal la figea de stupeur. Elle fixait la pointe de sa lame si taquine, réclamant la traversée d'une chair démoniaque et honnie. Elle était terrifiée autant par l'idée de le blesser que de ne pas y arriver. Ses idées ne s'imbriquaient plus comme elle le voulait. La frustration s'imposa rapidement parmi les états d'âme de Salomée laquelle se concentrait pour maintenir un certain contrôle sur l'épée qu'il menaçait de lui ravir.

« Est-ce là le Pacte dont tu me parlais ? Je ne t'ai pas invoqué, démon. Des règles régissent votre race. Ne m'oblige pas à aller...déno... »

Ses mots butèrent malgré quelques essais, car son cerveau s'était accaparé la vision troublante du torse ducal souillé d'un trait vermeille.

« Dénoncer...tes abus » poursuivit-elle tout en redressant le regard après un rapide battement de cils.

Auprès de qui ? Raillait-elle intérieurement. De Lucifer dont elle s'était détournée pour vénérer un mal qu'elle jugeait plus digne et plus puissant. Un mal qui lui avait permis sans le moindre remord ni effort de mettre Svur en pièce :  un mal métamorphosant, aussi despotique qu'une drogue  dure. Ou bien des anges peut-être ? Des anges qui seraient plutôt ravis de la voir périr sous les coups de ses propres confrères. Dans ce combat, elle progresserait seule.

« Propose-moi mieux si tu veux ce contrat, Helel » Et elle avait mis une emphase sensuelle sur le nom démoniaque, soignant chaque syllabe au bout de ses lèvres écarlates.  « Faisons les choses bien et correctement. L'ombre de ton aile ne m'intéresse pas, pas plus que la pression de ton petit talon. Je ne m'offre pas pour si peu. Puisque tu sembles décider à me traiter comme une catin, sois prêt à y mettre le prix ou bien renonce. »

L'extrémité de sa langue vint ensuite danser contre ses propres lippes fardées, à l'effluve fruitée, redessinant les contours de sa bouche affolante. Une fois qu'elle eût suffisamment lubrifier la courbe de ses lèvres, elle dirigea cette langue arrogante sur le métal rouillé marqué ci et là d'une couche de sang démoniaque. Décidée à impressionner son hôte, elle lui proposa un spectacle à la fois morbide et excitant: s'étant appliqué à lécher le long du glaive d'un mouvement suave. Ses yeux aux couleurs radieuses s'étaient plantés en plein cœur des prunelles ambrées du Duc. En remontant ce mont droit et tranchant, sa langue tiède se heurta aux doigts de Connor qu'elle savoura également. Elle avait ainsi étalé entre chaque phalange une traînée sanguine où tout se mélangeait : rouille et sang de Svur, rouge à lèvre et sève de l'Infernal ; sans omettre sa salive. Ce geste visait non seulement à chauffer un peu plus Stephen par analogie avec la pratique d'une fellation rigoureuse, mais également à prouver qu'elle ne s'octroyait aucune limite quand elle le décidait.

« J'ai ma place ici, » répète-t-elle de sa voix agréable après avoir descellé sa bouche des formes de l'épée. « Mais toi, ta place ici...reste encore à prouver. »

Se faisant, sa figure délicate avait détourné l'obstacle du glaive pour approcher celle de son géôlier. Jugeant toute permission superflus, la belle captura enfin les lèvres de l'étalon luciférien comme l'on cueillait un fruit. Son baiser s'apparentait à une conquête timide : elle n'avait cessé de convoiter cette bouche depuis que ses iris s'étaient appropriées son tracé. Pire encore, le goût de Stephen l’affolait : une saveur d'interdit et de danger qui sied parfaitement au tempérament de la fausse Duchesse. Venu le moment de rompre cet échange délicieux, Salomée confessa au creux de leur souffle mêlé :

« Tout pourrait être agréable ainsi si tu me prenais comme une alliée. Encore une offense à ma liberté, et je deviendrai ton ennemie la plus fidèle. »

La menace était claire, mais le ton employé si sucré.
« Dernière édition: Juillet 11, 2014, 12:36:24 par Salomée » Journalisée

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Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

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« Répondre #13 le: Juillet 11, 2014, 01:57:32 »

La douleur n’est rien, quand la rage la surpasse. Et les doigts d’Helel, ensanglantés, ne lui faisaient souffrir aucun mal. Son regard dur n’était même pas parcouru de petits spasmes. Plutôt, il se fixait dans les yeux de la sorcière, la sondant intensément.

« Tant que le garant de ta liberté, dans mes enfers, n’est pas Lucifer lui-même, je me moque de qui tu représentes ou sert. » Annonça la voix rude du mâle, tandis qu’il fronçait les sourcils. Personne ne pouvait oser s’arroger le privilège de se rendre en Enfer, sans la protection d’un démon majeur. Mais en insultant Helel, Salomée avait comme accepté d’abandonner sa liberté.

Elle ne l’observait pas dans les yeux. Plus par distraction que par peur. Mais c’était suffisant pour que le Maître se sente avantagé dans cette situation. Il bomba le torse, doucement, comme porté par le rythme d’une inspiration. Le sang qui coulait contre son torse ne disparut pas, mais le sillon se referma lentement.

Mais rejeter la proposition du mâle, c’était là de la folie pure. D’une captive, elle aurait pu passer à une digne femme d’Helel. Elle aurait pu se tenir parmi la minuscule pincée de femmes qui avaient l’estime d’un Grand Duc des Enfers.

« Si tu ne veux pas être ma femme, tu seras ma chienne. »

Le démon se tut ensuite, observant la longue fellation appliquée de Salomée, sur le glaive souillé de sang. Il aurait été faux d’affirmer que le Maître n’avait pas trouvé une certaine satisfaction devant ce spectacle. Mais aucun simulacre de fellation torride n’aurait su endiguer sa colère.

Il aurait eu à répondre aux paroles de la sorcière, pourtant, le beau diable se figea. Helel ne répondit pas au baiser de l’audacieuse jeune femme, mais il ne la coupa nullement. Plutôt, la douceur charnue de ses lèvres se plia sans mal aux envies de Salomée, sans entrain cependant. Il réfléchissait au sens des paroles qu’avait eu la sorcière.

« Alors… » Murmura le mâle, en lâchant finalement la lame du glaive.

Ses grandes mains agrippèrent fermement les hanches de la sorcière, pour la plaquer contre lui. Pareillement, il avança tout son corps, jetant la jeune femme contre la porte fermée. La serviette qu’elle portait, tomba au sol, dévoilant le corps de Salomée dans ses plus indécents détails.

Délicatement, le visage du Grand Duc se faufila au creux de son joli cou, tandis que la captive se serait trouvée bien en difficulté à dégager le corps massif de cet animal qui la toisait. Il lui imposait de se sentir humée, à mi-chemin entre amante et proie. Car, comme si cela ne suffisait pas, les bras du mâle remontèrent aux épaules de la belle, la maintenant dans un étau implacable.

« Alors, regarde-moi me faire une ennemie. » Grogna Helel.

Sèchement, le démon inversa les positions. Il avança ensuite, tenant fermement Salomée, et la jeta sans plus attendre, sur le lit moelleux aux draps tachés de sang. La rapidité des gestes avait probablement fait lâcher son arme à Salomée. Si ce n’était pas le cas, le beau diable n’y prêtait pas attention, et ne chercherait pas à l’en déposséder.

Après tout, libre à la sorcière de résister comme elle le souhaitait. L’animal sauvage qui sommeillait en Helel avait faim de domination et de joutes sensuelles. La curiosité concernant l’identité de cette « Bête » que servait Salomée devrait attendre encore un peu.

« Je me moque que tu me haïsses, je me moque que tu m’en veuilles. Tu seras à moi corps et âme, et même si tu hais cette idée, tu sauras que c’est la vérité, et que c’est ta place. » Gronda le monstre en se penchant sur le corps nu de Salomée. Encore et toujours, il la sentait, apposant ses lèvres sur les clavicules de la jeune femme, les caressant de sa bouche, sans les embrasser.

Une de ses jambes s’imposa entre celles de la sorcière, et le démon remonta jusqu’à ses petites lèvres. Cette fois, ce fut lui qui s’en empara, se jetant avidement sur sa petite bouche tiède. Pendant ce temps, son torse musculeux s’écrasait contre le buste délicat de la captive, et le coton souple que portait Helel titillait les mamelons de Salomée.

« Donne-moi ton cou. » Ordonna le démon dans un ronronnement d’aise.

Il voulait voir si elle allait s’exécuter, lui offrir la peau savoureuse de son petit cou, pour qu’il y plonge ses lèvres de mâle.
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« Répondre #14 le: Juillet 11, 2014, 04:36:19 »

Femme ou chienne, dans l'esprit de Salomée cela ne faisait aucune différence.
L'appartenance était synonyme d'une enclave qu'elle refusait de subir.

Lorsqu'il s'était approprié ses hanches pour la cogner avec fermeté contre la porte, elle en avait tremblé  d'effroi. Oh, elle avait bien tenté de le repousser à l'aide de ses maigres forces autant qu'elle avait protesté de vive voix.

«Lâche-moi....lâche-moi ! »

Désormais le glaive reposait entre eux, impossible à manier sans les blesser tous deux. Si Salomée était prête à faire payer le moindre affront, rien ne lui était plus insupportable que la vue de son propre sang. Une phobie qui prenait racines dans son lointain passé. Le sang d'une sorcière s'avérait précieux qu'on lui avait ressassé comme une vieille comptine. Il permettait d'accomplir des rituels prohibés, d'invoquer l’innommable et par-dessus tout, il était l'essence du blasphème et de la corruption. Oui, il y avait bien deux choses que craignait une sorcière contrairement à ce que véhiculaient les légendes urbaines : l'eau et leur propre sang. Le feu ne faisait que les renforcer.

Prudente, la bâtarde se gardait bien d'agir au risque de sa propre sûreté.

« Tu...n'es qu'un incapable... » feula-t-elle entre ses dents serrés. « Tu n'as rien compris ! »

Rien était, de surcroît, plus désagréable que d'être flairée : voilà un écart flagrant à toute galanterie élémentaire. Toutefois, elle encaissait ce désagrément sans ciller, dans la peau du malade qui affectionnait sa maladie; Face au temps, le jugement était sans appel : elle serait condamné à subir ce syndrome de Stockholm que chaque victime redoutait.

De retour sur le lit, Salomée assista – impuissante, à la fuite de son arme. Le glaive lui avait outrageusement échappé tandis qu'elle perdait son équilibre, renversée sur le lit par Stephen. Il s'était heurté au sol avec fracas. Et frappée d'horreur, la belle prisonnière comprenait qu'elle ne s'en sortirait jamais par la force.  A ce jeu, il se montrait plus redoutable qu'elle.

Elle s'apprêtait à céder, formant les mots qu'il aurait désiré entendre mais les lèvres du duc avaient déjà communié contre les siennes. Bientôt embrasée par le baiser qu'il lui offrait, elle ambitionna davantage. Les délicates mains de la sorcière saisirent jalousement les joues du prédateur, réclamant une prolongation de leur échange. Leurs lippes s'agitaient et mieux que milles mots prononcés transmettaient de nombreux ressentiments. Du côté de l'intruse, tout était jeté d'un coup contre la bouche du mâle: son aversion qu'elle aurait aimé lui cracher au visage encore une fois et plus surprenant, le début d'une attirance mal-assumée.


« J'accepte... » soupire-t-elle d'un ton satiné, sans vraiment savoir s'il était trop tard. « Je..ne te hais pas. Je suis d'accord... »

Aussitôt, Stephen eut droit au cou gracile de sa captive. La peau était laiteuse et diaphane : de ses yeux, il pourrait aisément suivre le tracé sinueux d'une veine. Et ce derme immaculé tressaillait de vie, sous sa respiration saccadée. Son pouls affolé devait résonner aux oreilles de n'importe quel prédateur.

Il n'y avait pas que sa gorge qu'elle sacrifia à la merci de Connor. Ses cuisses fermes s'étaient écartées lentement pour conforter la jambe qui avait glissé entre. Peut-être souhaitait-elle endormir sa vigilance, le tromper : ce serait là une perfidie typiquement féminine, une signature commune chez Salomée. Ses prunelles rutilantes étaient braquées sur un mur au loin. Ou peut-être, songea-t-elle en fermant les yeux, valait-il mieux ne rien tenter justement. Etre inactive, à l'image d'une poupée, jusqu'à ce qu'il en soit dégoûté et renonce par lui-même.

L'atmosphère de la chambre s'était terriblement altérée. Les objets de décorations, à l'exception du mobilier, lévitaient à quelques mètres du sol : un chandelier, un miroir, une boîte laquée, etc. C'était elle, par sa volonté propre et sa télékinésie, qui les maintenait en suspension. Le glaive comptait parmi ces choses incertaines que la gravité ne retenait guère.

« J'accepte tout...tout ce que tu voudras. » répète-t-elle, les yeux toujours clos. « Si tu me mènes à Lucifer par la suite. »

Et un sourire délicat fleurit sur ses lèvres brillantes.

Oui, Lucifer, réfléchissait-elle.

D'un coup, ses paupières se soulevèrent et ses iris claires se révélèrent porteuses d'une froide détermination.
Journalisée


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