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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Le mercredi, c'est permis ! (Réservé)  (Lu 1189 fois)
Elonie
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« le: Mars 03, 2014, 11:47:59 »

A Seikusu, dans le quartier le plus touristique de la ville, il y avait une toute jeune église catholique. C’était un petit bâtiment tout de couleurs vêtu, au toit en pointe comme le veulent les vieilles traditions européennes. Plus qu’un sanctuaire de la religion occidentale, c’était surtout et avant tout le rendez-vous de quelques japonais curieux et de touriste armés de cameras et d’appareils photos énormes.

Le mercredi, un orgue enroué roucoulait de l’intérieur de l’église. Sa voix aussi grave qu’une nuée de corbeaux malades résonnait à l’intérieur de ces murs, faisant trembler le vitrail dont les formes colorées filtraient une lumière tamisée. Du haut de son balcon, l’orgue aux gros tubes de plomberie avait une vue imprenable sur le chœur, là où les célébrations avaient lieu lors du jour du seigneur. De son ombre, il recouvrait les bancs des fidèles jusqu’au bénitier, vidé de son eau bénite.

Les rares visiteurs présents ce mercredi-là s’étaient étalés un peu partout sur les bancs de l’église, écoutant avec rêveries les crachotements de l’orgue agonisant. D’autres admiraient les prétendues reliques à droit et à gauche de la salle, ces énormes sarcophages de pierre qui contenaient soi-disant les restes d’un vénérable saint.

Aussi désagréable pouvait être le chant de l’orgue, celui-ci dissimula le son impur d’une bouteille de saké roulant sur la pierre. Echappée d’une main gantée de noir, elle appartenait à une jeune femme affalée sur son banc, le bras en travers du bois peint de rouge, la joue écrasée dessus et les cheveux violets lui couvrant le visage. Les genoux à terre comme pour la prière, cette posture infidèle trahissait son état d’ébriété avancé, tandis que les grognements du monstre de métal couvraient des ronflements sonores.

Quelques jeunes gens accompagnant leurs parents, et qui se moquaient éperdument de Jesus en croix ou de la stèle de Saint Machin, dégainèrent leur portable pour prendre la soudarde en photo ou en selfie et s’empresser de tweeter ou de facebooker leurs œuvres sur la toile internet.
L’orgue mit fin à sa propre agonie au moment où la bouteille, vidée jusqu’à la dernière goutte, rencontrait l’un des deux battants de la porte de l’église. Comme un signal de départ qui se répercuta jusqu’aux plus vastes hauteurs, les visiteurs prirent leurs dernières photos ainsi que le chemin de la sortie, non sans une dernière taloche à leurs enfants perturbés qui faisaient « beaucoup trop de bruits ». La porte de l’église claqua férocement, plongeant la salle dans un semi silence chaque fois brisé par la mélopée de la Belle au Bois Ronflant.

Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit de nouveau. Un bruit de verre brisé éclata en écho lorsqu’un pied botté et crotté l’écrasa sans vergogne. Les portes de l’église se refermèrent sur les nouveaux visiteurs : 4 bonhommes couverts de manteaux à capuche ruisselant d’eau. Au dehors, malgré la lumière qui traversait encore le vitrail, la pluie martelait désormais doucement le carreau.

Tout en veillant bien à laisser de belles traces boueuses derrière eux, les quatre individus s’avancèrent entre les rangées de bancs pourpres. Trois d’entre eux, ceux qui encadraient le meneur impassible, semblaient détailler les statues des évêques avec inquiétude, transpercés par leur regard de pierre. Ces quatre là puaient : ca sentait le souffre à plein nez.

— Qu’est-ce qu’elle fiche dans un endroit pareil ? grommela l’un des quatre. J’ai la gerbe, ça sent la propreté et l’eau d’bénitier !

Un coup de coude de l’un de ses camarades lui fit ravaler sa langue, tandis qu’ils s’approchaient dangereusement de la femme en violet dont l’un des bras pendouillait mollement le long de son corps.

Comme le fracas d’un éclair imprévisible, la porte de l’église s’ouvrit une troisième fois.
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Princesse Alice Korvander
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« Répondre #1 le: Mars 04, 2014, 02:57:56 »

N’était-il pas fascinant que deux mondes aussi différents que la Terre et Terra partagent chacun une religion qui était, fondamentalement, similaire ? Il était difficile de ne pas voir les liens qui existaient entre le christianisme et la religion de l’Ordre Immaculé, religion qui ne portait formellement aucun nom. Tout juste l’appelait-on « la Religion », comme pour signaler le fait qu’elle était unique, et que les autres croyances n’étaient rien de plus que des croyances superstitieuses envers des idoles supérieures. La religion, voilà bien un sujet qui était une source perpétuelle de questionnements et d’interrogations. Observant l’autel du Christ, Alice ne pouvait s’empêcher de se poser une multitude de questions, de s’interroger sur les paradoxes de la religion, et d’essayer de la justifier. Une religion qui prêchait l’amour et la tolérance, mais dont l’icône de référence était un outil de torture. Une religion qui interdisait les idoles, mais dont l’icône de référence, la croix, était justement un objet d’idolâtrie. Une religion qui avait développé la dignité et l’importance du respect entre humains, tout en ayant engendré des institutions aussi peu recommandables que l’Inquisition, et des comportements aussi redoutables que le fanatisme. Pour Alice, la religion était avant tout une question d’interrogations. Elle n’était pas athée, car elle-même croyait. Cependant, sa croyance allait pour un autre Dieu, celui de Sylvandell, le dragon d’Or, celui qui, à en croire les théologiens de Terra, était un Dieu moindre que le Dieu unique.

Dehors, il pleuvait. Cet endroit était un lieu de sainteté, et Alice en sentait tout le caractère solennel, que ce soit à travers les vitraux, les statues, les énormes piliers en bois filant vers le plafond. Il y avait une petite quinzaine de personnes, chuchotant entre eux, prenant parfois des photographies. Les Japonais étaient plus curieux qu’autre chose. Le christianisme était une religion extrêmement minoritaire au Japon, une religion qui, dès les origines, avait été perçue par les insulaires Japonais comme une tentative de pénétration occidentale dans leurs terres. Il y avait à peine 2% de Japonais qui se prétendaient chrétiens, et, pour ce qu’Alice avait vu, l’implantation du christianisme au Japon ne s’était pas faite sans mal. Cette religion avait connu une vague d’expansion au 16ème siècle, qui avait été brutalement stoppée au siècle suivant. Il était toujours amusant de comparer la manière dont deux civilisations analysaient des mêmes choses. En fonction de leurs référents culturels, leurs interprétations étaient totalement différentes. Baignant dans la tradition confucéenne, les Japonais avaient refusé l’expansion du christianisme, en considérant qu’une religion qui vénérait un condamné et un agitateur public n’était pas un bon exemple. De même, la philosophie confucéenne se heurtait à l’exigence de célibat imposé aux prêtres, et, d’un point de vue plus prosaïque, le Japon craignait que le christianisme n’amène à une mainmise des Espagnols et des Portugais sur son sol.

En somme, cette religion interrogeait Alice. La Terre était toutefois encore plus compliquée que Terra, car cette religion monothéiste se couplait avec deux autres religions monothéistes, le judaïsme, dont le christianisme en était l’héritier, et l’islam. De ce qu’elle avait cru comprendre, la compétition entre ces trois grandes religions relevait plus de la concurrence acharnée que de la saine émulation. Bon nombre d’athées et de bouddhistes qui en avaient parlé à Alice voyaient ça avec une sorte de triste ironie, les plus cultivés sur le sujet lui expliquant qu’il y avait une discordance entre la pratique des religions et les enseignements de leurs livres saints. Un professeur de droit lui avait notamment indiqué que la création du droit canon était une aberration des prétextes du Christ, en arguant que les règles prononcées par le Christ n’avaient jamais été des règles juridiques, mais des lignes de conduite morale.

La petite Princesse laissait son cerveau en ébullition glisser sur tout ce que la religion lui évoquait, tandis que quatre personnes venaient d’entrer dans l’église. Si Alice ne les remarqua pas, un homme le fit. Adossé contre un pilier, portant une singulière chemise en tweed et une veste, Oberyn n’était pas un simple touriste américain qui venait voir la manière dont les bridés interprétaient la saine Bible. C’était un Commandeur, et son rôle était, en toute circonstance, de protéger Alice. Ainsi, quand il vit entrer ces quatre hommes, il fronça lentement leurs sourcils, percevant leurs auras, mais n’en montra rien, continuant à se plonger dans la contemplation d’un vitrail. Des démons. Que venaient-ils faire ici ? Cherchaient-ils à s’en prendre à la Princesse ? Les démons n’avaient aucune raison de le faire, et ne pouvaient pas non plus le faire, théoriquement. Du moins, s’ils obéissaient aux ordres d’un Prince des Enfers. Ces derniers étaient liés par le pacte passé avec les anges, et toute intervention d’un camp était susceptible, en théorie, de déclencher une réaction de l’autre.

*Que viennent faire ces zouaves ici ?*

Ils se rapprochaient de la Princesse, et Oberyn se crispa un peu. Cependant, les quatre hommes, aussi reconnaissables que des éléphants dans un magasin de porcelaine, se dirigèrent vers une autre proie. Comme Oberyn le pensait, ils savaient qu’ils ne devaient pas se faire remarquer. Ils s’avancèrent vers la femme aux cheveux roses, l’encerclant tous les quatre. Le menrus e planta devant elle, et sortit de sous ses affaires une puissante de poing, un Taurus 500 Raging Bull, et s’adressa brièvement à la femme, ses yeux luisant en rouge.

« Il est temps de rentrer à la maison, ma cocotte. Suis-nous sans poser d’histoires, ou on bute ces caves. »

Le démon ne plaisantait pas. Il se moquait fort peu de la vie des autres, et trouvait même plutôt bandant l’idée de faire couler du sang dans un lieu saint. Oberyn les observait silencieusement, et sentit alors une autre force. Elle émanait de l’entrée. Une nouvelle silhouette venait d’entrer, et il sentit l’angoisse monter. C’était une femme, mais elle dégageait une puissance terrifiante.

*Un Prince de l’Enfer? Ici ?!*

L’être se dissimulant sous le manteau était une femme à la chevelure orangée, qui était venue en personne s’occuper de sa petite fugueuse démoniaque. Ce qui se déroule ensuite fut une singulière confusion, car, si les quatre démons ne voyaient pas en Oberyn autre chose qu’un simple visiteur avec une chemise affreuse (même pour les démons, porter une veste en tweed, c’était le summum de la ringardise), la Princesse infernale, elle, voyait un homme puissant, et crut qu’il s’agissait là d’un garde du corps de la démone. Aussi son manteau disparut, découvrant une femme à la silhouette magnifique, qui tendit sa main vers Oberyn, et envoya des sortes de cristaux noirâtres.

« Merde ! » s’exclama le Commandeur. Il bondit sur le sol, disparaissant entre plusieurs bancs, tandis que les cristaux heurtèrent un pilier, avant d’exploser chacun à leur tour, dégageant une brève énergie noirâtre, avant de se dissiper pour de bon.

Les gens se mirent alors à hurler.
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Elonie
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« Répondre #2 le: Mars 04, 2014, 10:35:05 »

L’orgue chantait avec tout le raffinement de son art, dispensant sa belle voix auprès de ses fidèles qui l’accompagnaient de leur propre voix. Debout auprès des autres enfants de Dieu, Elonie chantait donc, les deux mains sur le cœur, les joues empourprées. Elle chantait les paroles dédiées au seigneur, faisant trembler avec tous les vitraux de l’église.

— « Dieu notre Dieu a fait la terre et les cieux, a mis la gloire pour les siècles des siècles, Dieu notre Dieu a fait la terre et les cieux et tout ce qui existe sous les cieux. »

— Alléluia !


L’orgue tonna une dernière fois avant  de s’éteindre, son écho rebondissant contre les murs et se perdant doucement vers les cieux éternels.
Le père George s’avança vers l’autel pour reprendre ses sermons du dimanche, baissant doucement les bras pour inviter les invités de l’église à se rassoir. Vêtue de blanc, une longue robe couvrait sa peau jusqu’à mi mollet une ceinture brune scindant sa taille, Elonie écoutait les histoires du père George avait une attention toute religieuse. Elle adorait ses sermons, emplis de petites anecdotes, de manières de vivre et de chroniques religieuses. En l’occurrence, cette histoire-ci parlait de l’incrédulité de Saint-Thomas qui refusa de croire en la résurrection de Jesus. Une des fresques de l’église représentait cette scène où Jesus montrait sa blessure au poitrail, orchestrée par la lance du soldat romain.

Elonie ne comprenait pas tout. Un humain qui revenait à la vie ? Ce n’était pas un humain alors ! Mais qu’importe, il était également fils de Dieu, rien n’était impossible pour le Très-Haut. Les sermons succédèrent aux chants qui succédèrent aux sermons. Jusqu’à ce que le père George mange l’hostie et boit le vin de sa coupe. Au bout de la queue de ces fidèles, Elonie attendait impatiemment son tour, tête baissée, réclamant la bénédiction du père George.

— « Au nom du père, du fils et du Saint-Esprit. »

— Amen…


La jeune femme marchait à petit pas derrière une vielle qui sentait bon le savon de lavande. Enfin, son tour arriva. Le père George baignait dans une aura de sainteté. On aurait dit qu’il était la lumière du soleil. Une auréole d’or enlaçait tendrement son front, tandis que sa main droite s’était fermée sur un bol en porcelaine et que l’autre approchait la petite friandise pâle et ronde.

— Le corps du Christ.

Elonie ouvrit la bouche et tendit timidement la langue, l’honorable père lui déposant l’hostie. Sa bouche se referma, tandis qu’un vieux goût moisi d’alcool se répandait sur son palais. Elle dodelina de la tête, surprise, un mal de crâne effroyable lui étreignant aussitôt les sinus. C’est comme si, en un quart de seconde, qu’elle empochait la plus mémorable gueule de bois de sa vie. Malgré l’épais rideau opaque qui venait de tomber sur ses yeux, Elonie parvenait encore à voir le père George. Noir, le visage cadavérique, les yeux blancs pleurant du sang, il se tordait en tout sens de grotesque façon.

— « Il est temps de rentrer à la maison, ma cocotte. Suis-nous sans poser d’histoires, ou on bute ces caves. »

Emergeant tant bien que mal de la brume, Elonie avait le nez collé dans sa salive, son haleine lui renvoyait des effluves qui lui donnaient la nausée. Bien que sa tête lui tournait dangereusement au point de se décrocher, elle sentait clairement le canon d’un flingue qu’on appuyait généreusement sur sa tempe. Incapable de comprendre ce qu’il se passait, la démonette tenta de relever la tête avant qu’une poigne griffue ne la saisisse par les cheveux et ne lui écrase le front sur le banc, lui lâchant sur le coup un grognement de douleur.

— Pas de gestes brusques, ma cocotte. Attends 5 minutes et on s’occupe de toi.

« Le batard ! » pensa férocement Elonie dont le front saignait maintenant généreusement, se mêlant au pourpre du banc. Encadrant magnifiquement la captive, les 4 démons appréciaient le spectacle que leur maîtresse était en train de leur offrir. Les cristaux noirs heurtaient bancs et piliers, éclatant en de magnifiques bouquets de gerbes noirâtres qui laissaient de belles traces fumantes derrière elle. Un japonais, envers qui la curiosité fut mauvaise conseillère, leva la tête hors de sa cachette. Le temps pour lui de recevoir un éclat de cristal à la tempe, et il s’écroulait derrière son banc. Ses hurlements raisonnèrent un temps avant que la mort ne le fasse terre et que la pluie ne redouble d’effort contre l’église.

La Princesse infernale, qui n’avait d’yeux que pour la cible qu’elle s’était fixée. L’un de ses projectiles fusa droit vers ses chiens qui poussèrent un cri aigu, se bousculant et plongeant à terre en renversant tout sur leur passage. Celui qui tenait le Taurus laissa la peur conduire sa main et échapper son arme, tandis qu’il disparaissait derrière la statue d’un enfant de chœur. Sa maitresse n’avait que peu d’états d’âme pour ses petits serviteurs. Et nul doute qu’elle était tout simplement furieuse.

Il allait se relever lorsqu’un petit « clic » sonore lui fit tourner la tête vers la droite. A moins d’un mètre de lui, instable sur ses jambes, se tenait Elodie, lui pointant le canon de son Taurus droit vers la boîte à camembert. Les yeux tombants, le poignet tremblant, Elonie entrouvrit les lèvres.

— Vae Victos… Victus… Enfin un truc comme ça…

L’arme tonna aussi sincèrement que le crâne du démon s’ouvrit comme un fruit trop mûr. Le bonhomme tomba mollement sur le côté, une tâche inquiétante s’élargissant autour de sa tête pulvérisée. La détonation se répercuta dans toute l’église, un coup de feu qui fit se détourner le regard de la Princesse des enfers. Son regard de braise, soutenu par un maquillage couleur azur, rencontra les yeux violets d’Elonie qui s’écarquillèrent. La démonette reconnu aussitôt celle à qui elle avait affaire. Avec une grâce insolente, la superbe démone désigna ses pieds bottés de cuir, ses cheveux orangés cascadant sur ses épaules et dans son dos.

— Elonie, ma petite chienne adorée ! Au pied, tout de suite !

Malgré la peur qui lui envenimait le cœur, la fille en violet osa pointer son arme sur maîtresse, le bras peu sûr. La princesse, quant à elle, se contenta d’un haussement de sourcil, retenant un tressautement de lèvres de colère.

— Ma petite trainée favorie, si tu ne me ramènes pas ton beau petit cul sur le champ… je jure de t’élargir les orifices comme jamais tu ne pourra te l’imaginer pour les 100 ans à venir !

En guise de réponse, Elonie fit cracher son arme. Mais sa peur, couplée à sa gueule de bois, lui fit tirer de travers. Passant à près de 5 mètres de sa maîtresse, la balle traversa la salle de l’église, allant se planter droit dans le corps d’un Christ en croix qui explosa sous le choc. Sa tête chuta vers le sol pour rouler vers un banc, quelques morceaux de croix pendouillant bêtement sur le mur. La démonette poussa un hurlement de terreur.

— BORDEL DE MERDE ! J’AI NIQUÉ JESUS CHRIST !

La seconde d’après, la fille en violet lâchait son arme et se pliait en deux, mains sur les genoux, souillant le tapis de l’église du contenu de son estomac. Une odeur acide piqua les narines des spectateurs les plus proches, tandis qu’Elonie crachait, la bouche pâteuse et les narines humides. Les 3 démons survivants en profitèrent pour sortir la tête de leur cachette tandis que la princesse des enfers pivotait sur elle-même à la recherche de l’homme qu’elle avait perdu de vue.
« Dernière édition: Mars 04, 2014, 10:41:40 par Elonie » Journalisée

Princesse Alice Korvander
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« Répondre #3 le: Mars 04, 2014, 12:33:49 »

La pauvre petite Princesse de Sylvandell peinait à comprendre ce qui se passait autour d’elle. Il y a à peine une minute, elle était en train de réfléchir, et, maintenant, elle voyait un homme gisant sur le sol, un cristal noirâtre planté dans la gorge, en train de remuer fébrilement sur le sol. Elle entendit ensuite un éclair résonner dans la pièce, et poussa un hurlement. Une femme avec les cheveux roses venait de tirer sur un homme, lui arrachant la moitié de la tête, faisant voler des bouts de cervelle et des morceaux d’os sur le sol. En mourant, le démon prit sa véritable apparence, déchiquetant ses vêtements. Un abominable démon rouge avec des ailes et des mains épaisses et griffues, à qui il manquait toujours la moitié de la tête, réduite en bouillie. Alice, quant à elle, se rendit près de l’homme blessé. Il remuait lentement sur le sol.

Le cristal noir n’avait pas directement tué Nakomoto Wahl. Se prendre un coup sur la tempe, une région située près des oreilles, était dangereux, car il y avait ici une forte concentration sanguine. Nakomoto ne voyait plus rien, crachant du sang. Il n’avait même pas mal, et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Bon croyant, il était venu dans cette église pour remercier le Seigneur d’avoir permis à sa fille d’avoir gagné le concours d’accès à l’université de Tokyo. Un concours particulièrement difficile, et il savait que sa fille y tenait beaucoup, et lui-même avait du travailler pendant de nombreuses heures supplémentaires pour réussir à lui assurer un logement décent à Tokyo, et à couvrir plusieurs mois de loyer. Alors qu’Alice se penchait vers lui, un bras puissant la saisit par la taille.

« Attention, Princesse ! »

Le cristal explosa alors, volatilisant la moitié du corps de Nakomoto dans une bouillie éparse de sang et de projections d’os. Si Oberyn ne l’avait pas attrapé, l’attraction aurait pu être fatale à Alice, et le choc les repoussa mutuellement. Ils s’étalèrent à côté de l’autel, et un nouveau coup de tonnerre résonna alors. Alice hurla, alors que la tête du Christ explosait aussi. La croix de bois chavira de son piédestal, et tomba devant elle, se brisant sous ses yeux. Elle était sous le corps du Commandeur. Alice n’y comprenait plus rien, et vit alors les rangées de bancs s’envoler sous ses yeux, arrachés de leurs gonds. Oberyn se releva, et croisa le regard de la Princesse infernale, qui avait elle-même fait léviter les bancs, afin de voir sa proie.

Le Commandeur avait compris que tout ça n’était qu’un affreux malentendu. Ils en avaient après cette femme à la chevelure rose, qui venait de détruire l’autel du Christ. Oberyn eut tout juste le temps de sortir son épée. La démone tendit la main vers lui, et des tentacules noirs jaillirent de ses longs ongles, fondant sur lui. Il sauta sur le côté, les évitant, mais les tentacules entreprirent de le suivre. La main qui ne tenait pas son épée flamboya, et Oberyn la plaça devant lui, envoyant une décharge lumineuse qui repoussa les tentacules.

« Ridicule ! tempêta la démone. Disparais, humain ! »

Elle se concentra, et balança des arcs électriques noirâtres. Oberyn brandit son épée, et les éclairs rebondirent sur la lame, mais l’impact était violent, et il sentit une pression terrible s’exercer sur ses épaules. Le Commandeur était fort, mais il n’était pas de taille contre une Princesse des Enfers. Ils faisaient partie des démons les plus puissants, et il ploya le genou, sentant ses mains trembler. Quelques éclairs secondaires rebondissaient contre la lame pour le toucher, mais la plupart d’entre eux repartaient dans tous les sens. Il était en train de lâcher prise, tandis que les trois démons survivants se regroupaient derrière leur Maîtresse, peinant à dissimuler leurs yeux jaunes.

Soudain, la Princesse sembla prise d’un haut-le-cœur, et arrêta brutalement son sort, avant de porter la main à son cœur.

« Arf ! Non, pas maintenant...
 -  Maîtresse ? s’inquiéta l’un des démons.
 -  Récupérez-là, et revenez ! »

La Princesse était en train de se craqueler sur place, et disparut aussi vite qu’elle était apparue, dans une explosion magique. Le Commandeur était en sueur, et savait ce qui venait de se passer. La démone avait tué un mortel, et avait été rappelée par les siens avant que les anges n’interviennent. Les trois démons restants étaient des démons mineurs, dont Oberyn pouvait largement s’occuper. L’un d’eux, plus alerte que les autres, se rua vers la femme aux cheveux roses, et récupéra le Taurus, puis fit feu vers Oberyn.

Pestant à nouveau, l’homme alla s’abriter derrière un pilier, tandis qu’Alice hurlait à chaque coup. Un autre démon se rua vers la cible qu’ils convoitaient, l’attrapant par les cheveux, tirant dessus. Le démon avec le Taurus couvrit leur fuite. Alice, fort heureusement, eut la sagesse d’esprit de se cacher derrière un banc, évitant ainsi de se retrouver en ligne de mire.

« Restez ici, Princesse ! »

Oberyn s’élança à leur poursuite.
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« Répondre #4 le: Mars 04, 2014, 02:35:16 »

Accroupit qu’elle était devant son œuvre, la démonette n’avait que peu conscience de ce qu’il se passait autour d’elle. Tout n’était qu’un mélange de couleurs, de sons étranges et de sensations désagréables. Elle tremblait sans avoir froid, le sang lui goutant le long du front, tandis que raisonnaient de nouveau coups de feu. De nouveau prise de nausée, Elonie vomit encore, poussant un gémissement guttural des plus ragoutants.

Au moment où elle pensait s’être vidé la panse de tout le saké, la bière et autres mélanges qu’elle avait ingurgité durant la journée, une poigne munie de griffes l’agrippa par la tignasse pour la tirer sans ménagement. Perdue dans son monde qui n’était plus qu’un petit radeau perdu dans la tempête, Elonie n’en fit que peu de cas, se laissant traîner à terre pour peu qu’on lui fouta la paix.

Que disaient ses bienfaiteurs ? Ils se lançaient des ordres et des conseils, mais tout ça n’était qu’un charabia indescriptible auquel elle ne comprenait rien. En l’espace de quelques secondes, malgré la douleur qui lui tiraillait le cuir chevelu, Elonie replongea au pays des alcooliques.

— Dégagez, misérables insectes ! beugla un des démon qui renversait les gens sur son passage.

Le suivant de près, ses acolytes complétaient la fuite, l’un d’eux ayant jeté Elonie sur ses épaules tandis que le troisième faisait feu de son Taurus, droit vers l’homme qui les avait pris en chasse. Les témoins de cette scène poussaient des hurlements à s’en percer les tympans, partant en tout sens et en toutes directions.

Coupant par ce qui semblait être un marché, les démons défonçaient les étalages sur leur passage, jetant tous les obstacles possibles pour ralentir cet homme de l’église qui n’aurait jamais du être là.

Lorsqu’ils furent certains de l’avoir semé, ils bifurquèrent pour emprunter une ruelle étroite et sombre qui finissait en cul-de-sac. Parvenant à un assortiment de sacs poubelle et d’un empilement de cagettes et de vieux cartons, la créature qui portait son paquet jeta celle-ci à terre. Elonie se réveilla aussitôt, tombée sur le coude, une douleur aigüe s’étalant dans tous les os de son bras. La pluie martelant drue imbibait ses vêtements, tandis qu’elle gisait sur le sol pavé comme la plus insignifiante des petites choses.

— Il nous a suivi ? couina l’un des agresseurs.

Un autre interlocuteur répondit par un raclement de gorge, ses yeux jaunâtre observant le ciel avec intensité.

— On a attend le passeur… Puis on se tire dessus ! Maîtresse a dégommé un humain, les anges vont ratisser toute l’église !

Secouant les bras pour s’ébrouer, les trois bonhommes en manteau de cuir regardaient l’entrée de la tunnel, l’un d’eux pointant son taurus dans cette direction avec l’espoir sincère de descendre cette ordure une bonne fois pour toutes si celle-ci repointait le bout de son nez.
Tout occupés qu’ils étaient, Elonie, l’esprit comateux, rampait vers un mur dans l’espoir un peu crétin de l’escaladait. Elle su son plan tombé à l’eau lorsque des doigts puissants la soulevèrent par les cheveux avant de la jeter à terre. Tombée sur les fesses, la démonette manqua de se briser un truc, la tête quelque peu lavée par l’eau de pluie. Au moins était-elle assez consciente pour savoir qu’elle risquait gros… très très gros.

— Vas chier, salopard ! cracha t-elle du plus fort qu’elle le pu. Tu peux crever pour que j’y retournes.

— Sois sûre que je te passes dessus dès qu’on sera de retour à la maison ! Maîtresse ne sera pas trop en colère si je t’abimes un peu !

En guise de réponse, Elonie rétorqua par un bras d’honneur. Un geste qui acheva de rendre le démon fou. Leva son arme, il allait la frapper de sa crosse lorsqu’un de ses camarades l’arrêta par un empoignement de bras.

— Lâches moi ! beugla t-il, son visage se crispant sous la colère et menaçant de révéler sa condition démoniaque. Je vais me le faire !

— Nan ! Arrêtes tes conneries ! Maîtresse vas nous faire la peau autrement !

— Qu’il vienne cet enculé ! argua la démonette. Il n’arriverait même pas à prendre même la plus immaculée des nonnes !

Désormais hors de lui, le possesseur du taurus se dégagea de la poigne de son copain et attrapa Elodie par la gorge pour la soulever à portée de regard. Tout ce qu’elle attendait, en somme…

S’emparant d’un des nombreux crucifix qui remplissaient ses poches, la fille en violet éborgna son agresseur qui la lâcha aussitôt, poussant une gueulante digne d’un opéra. La main sur son œil crevé duquel dépassait la croix du Christ, il n’eut même pas le reflexe d’empêcher Elonie de le désarmer. Il chuta ainsi au sol, la moitié de la mâchoire supérieure pulvérisée.
Avant que son copain n’ait pu réagir, son sang éclaboussait un mur pour se mélanger à l’eau de pluie. Le bras emporté par le coup de feu, il geignait à terre en se tenant le moignon, baignant dans son propre fluide. Campée sur ses deux pieds, en partie dessoulée par l’adrénaline, la demonette pointait son arme vers le troisième pourceau. La mâchoire tremblante, il la regardait, n’osant réclamer pitié pour sa vie, tandis qu’Elodie le détaillait avec un sourire diabolique, la langue en coin.

L’arme cliqueta, mais rien ne se produisit. Le barillet était à sec, pas moyen de faire cracher la pétoire. Elonie appuya encore et encore sur la gâchette sans que le canon ne crache son feu de mort. Ragaillardit par se revirement de situation, le démon se tint droit. De ses bras et de son dos jaillir de longs et durs poils noirs qui déchirèrent son manteau en lambeau. Ses jambes s’allongèrent, son dos s’arrondit, sa gueule s’étala tandis qu’une rangée de crocs prenait naissance dans sa gueule. Ses bottes furent percées de griffes qui raclèrent la pierre de la ruelle, tandis que le démon prenait désormais presque toute la largeur du chemin.
Laissant retomber les bras le long de son cœur, Elonie eut un sourire nerveux. Aussi inférieur pouvait être ce rustre, même lui pouvait la couper en deux d’un mouvement de bras. Et elle était trop imbibée pour se défendre.

— Finalement… je rentrerais bien à la maison… plaisanta la jeune femme.

— Trop tard… répondit la bestiole.
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« Répondre #5 le: Mars 04, 2014, 07:25:10 »

Restée seule dans l’église, Alice était recroquevillée dans un coin, le cœur sur el bord des lèvres, prêt à exploser. L’église était dévastée, et elle ne comprenait clairement pas ce qui avait pu se passer. Tout s’était enchaîné bien trop vite, et elle était maintenant seule, avec un mort. D’ici quelques minutes, elle entendrait les sirènes se rapprocher. La Princesse savait qu’il ne fallait surtout pas que la police l’interroge. Auprès de l’administration scolaire, elle avait un alibi, un état civil fictif, mais la police s’apercevrait rapidement que la Princesse n’était pas une simple immigrée venant d’Ouzbékistan, et elle ne pouvait pas leur dire qu’elle venait d’une autre planète. Alice entreprit alors de se relever, tout en se forçant à ne pas voir le corps en bouillie de Nakomoto. Elle vit toutefois le corps du démon, ainsi que des projections de sang, des morceaux de cervelles, des bouts blancs qui jonchaient le sol, et sentit son estomac lui tourner. Son visage pâlit, et elle entendit alors un murmure en latin.

« In Nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti... »

Il priait pour ce pauvre diable, et Alice avait mal à l’estomac. Malgré la pluie, elle se mit à courir, et le prêtre réalisa alors qu’il y avait quelqu’un, et leva la tête, essayant, en vain, de l’appeler. La Princesse partit en courant, et sortit dehors, où la pluie lui tomba sur la tête. Elle mit rapidement sa capuche sur la tête, et descendit les marches. Des gens étaient paniqués dehors. Des voitures fumaient, des individus parlaient entre eux, et Alice put voir qu’il y avait eu des traces de lutte. Plusieurs des personnes qui avaient été dans l’église pleuraient dehors, sous la pluie, et la Princesse comprit qu’Oberyn était parti à la poursuite des démons. Son estomac lui refit à nouveau mal. Elle revoyait les corps en morceaux, et s’appuya contre le mur, avant de sentir son plat revenir, remontant à toute allure, et elle vomit sur le sol, incapable de se retenir, crachant sa bile sur le trottoir.

Un homme, en la voyant, essaya de la rassurer en la tenant par le poignet, mais, en sentant ce contact, Alice frissonna, et se mit à courir. Elle n’avait pas l’habitude de côtoyer la mort de si près. Deux tonnerres... Elle avait entendu deux détonations terribles dans l’église, si fortes qu’on aurait dit des coups de tonnerre. Il avait suffi d’un seul tir pour ôter la vie de ces créatures. La Princesse en tremblait, ayant froid et chaud, et s’adossa contre un rebord, la pluie s’égrenant sur sa capuche. Elle avait avec elle un parapluie, mais elle n’avait pas pensé à le sortir, bien trop bouleversée pour penser à autre chose. Nerveuse, la jeune femme se sentait mal. Elle essaya de se calmer, mais son cœur continuait à s’affoler.

*C’est terrible...*

Elle n’avait jamais vu la mort d’aussi près, et, surtout, de façon aussi inattendue. Dans son château, Alice n’avait jamais eu ce genre de choses. Elle vivait encore dans sa tour d’ivoire, et n’avait pas encore eu la chance, pour ainsi dire, de voir des personnes mourir de si près, et ce de manière instantanée. L’instant d’avant, une personne bien vivante était à côté d’elle, remerciant le Seigneur pour avoir accordé son aide à sa fille. L’instant d’après, elle avait un trou à la place de la tête, et du sang, du sang partout... Oh, tout ce sang, tout ce sang ! Sans pouvoir se l’expliquer, la Princesse en avait envie de pleurer, et tremblait à nouveau, se frictionnant les membres. La Princesse secoua la tête, soupirant à nouveau, et recommença à marcher.

Mélinda. Sans pouvoir se l’expliquer, il fallait qu’elle la croise, qu’elle soit chez elle, au chaud, et que la vampire la rassure. Elle seule pouvait la rassurer. Alice n’avait cependant aucune idée de comment la rejoindre, et sortit donc son portable, tout en s’abritant à un arrêt de bus, et l’appela. Ses doigts tremblaient, elle était frigorifiée, claquait des dents, et avait besoin de parler, de remuer sa langue, afin d’éviter de vomir. Elle renâclait et parlait en grelottant.

Les démons avaient laissé une belle pagaille derrière eux, mais n’avaient tué personne. Ils avaient provoqué un accident de la circulation quand l’un d’eux avait heurté le flanc d’une voiture en stationnement, repoussant cette dernière, qui s’était heurtée à une autre voiture sur le boulevard. En cherchant à les éviter, un autre automobiliste avait braqué sur la droite, et avait heurté un bus des transports en commun filant sur un carrefour. Sa voiture avait décrit un superbe tonneau, et l’automobiliste s’était retrouvé écarbouillé par l’airbag contre son siège, et s’en était sorti avec un sacré choc.

Les démons s’étaient enfuis vers un tunnel menant aux égouts, mais les choses ne se passèrent pas vraiment comme ils l’avaient escompté. Cette maudite peste les surprit encore, en tuant deux d’entre eux, et faillit tuer le troisième. Bien sûr, pour un démon, la mort était moins grave que pour un humain. Un démon mort retournait en Enfer, mais sous une forme physique bien moindre. C’était une sorte de renaissance, dans une forme très inférieure, et il fallait de nombreux siècles, si ce n’est plus, pour qu’un démon retrouve son ancienne puissance. Il était donc particulièrement furieux de voir que cette garce avait réussi à faire un tel carnage, et entendit bien la punir comme il se doit. Il n’aurait qu’à mentir auprès de sa Maîtresse, et, de toute manière, cette dernière ne pourrait que l’approuver, vu ce qu’elle avait réservé à cette femme. Le démon devait se retenir pour ne pas la battre. Comme tout démon, il portait un nom assez imprononçable, et on avait ainsi coutume de l’appeler Groink, sans savoir que ce nom correspondait au son que faisait un cochon en grognant. Groink était un démon plutôt brutal, et fort peu intelligent. De plus, comme tout démon, il avait des pulsions primitives assez fortes, qui se traduisaient, soit par une envie de tuer des gens en les brutalisant, soit par une envie de les baiser... Pour les tuer ensuite. La vie était assez simple pour Groink, et il obéissait à sa Maîtresse, tout en rêvant un jour de pouvoir l’enculer à sec. Il ne se soumettait à elle que parce qu’il savait qu’elle pouvait le tuer en moins de temps qu’il n’en faut pour dire son nom.

L’honneur était une chose capitale chez les démons, même s’il s’exprimait de manière très spéciale. Cette petite pute lui avait manqué de respect, et il allait le lui faire payer. Il retira tous ces vêtements d’hommes, se révélant dans sa nudité. Un beau démon rouge, énorme, avec un gros ventre, des écailles, des griffes, deux ailes, et un corps massif... Ainsi qu’un chibre assez long, et durci. Il se rapprocha d’elle, décidé à lui fourrer sa queue dans la bouche. Et, si elle devait en mourir... Et bien, tant pis. En toute honnêteté, elle lui avait fait peur, et il ne pouvait tolérer ça.

Il s’approchait donc, et allait la tuer... Quand il sentit quelque chose dans son dos, quelque chose qui remonta jusqu’à son ventre. Il grogna, et cracha du sang, avant de baisser la tête.

« Mais... Mais que... ?! »

Il vit une lame qui sortait de son ventre, un truc grotesque, qui déformait son corps. La lame était couverte de son sang, et il sentit alors une pressions ‘exercer sur son dos. Derrière lui, Oberyn l’avait transpercé, et posa son pied sur la peau du démon, avant de le pousser, en profitant pour récupérer son épée. Le démon tomba sur le sol, se vidant de son sang. Oberyn fit décrire un moulinet à son arme, et l’enfonça d’un coup sec dans la boîte crânienne du monstre. Le démon poussa un grognement en remuant sur place, tous ses muscles se contractant en d’ultimes et brefs spasmes nerveux, et il poussa un râle.

Oberyn se planta face à la femme, fronçant les sourcils.

« Je suis le Commandeur Oberyn, jeune femme, et quelque chose me dit que tu as de singuliers problèmes. Cependant, ton histoire ne me concerne pas, aussi vais-je être bref et synthétique. Sois tu viens avec moi, et tu bénéficieras de mon assistance, soit tu restes ici, et je te laisserai te débrouiller. »

Le Commandeur parlait sur un ton calme, clair, professionnel, nullement troublé d’avoir son épée plantée dans le cerveau de quelqu’un.
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« Répondre #6 le: Mars 04, 2014, 09:25:10 »

Groink était aussi bête et violent que son chibre était imposant. Elonie connaissait les rumeurs à son compte, même si elle n’avait jamais eu l’honneur d’avoir directement affaire à lui. Son truc à lui, plus que bien d’autres démons, c’était de tuer et de baiser. Et quel bonheur que de pouvoir coupler les deux ! La démonette en avait entendu parler : lorsque sa chère maîtresse était satisfaite de lui, celle-ci lui permettait de ramener une jeune vierge au cœur même des enfers et de la sauter jusqu’au sang, jusqu’à la mort. On disait même qu’il continuait son office bien après que la chair soit froide et inanimée. C’était son truc à lui… Un vrai enfant de chœur.

Elonie en avait connu des vertes et des pas mûres dans son bordel des enfers. Depuis le temps qu’elle s’était enfuie, elle s’était habituée à pouvoir marcher sans boiter et sans plaie pour la démanger. Là… Si elle y passait… A cette seule pensée, elle eut un hoquet nauséeux, un goût de suc gastrique alcoolisé sur la langue. Groink s’avança, gigantesque, la queue dressée par l’excitation de la mort et à l’idée  de la petite sauterie qu’il comptait s’offrir. Cette fois, la démonette avait franchement la trouille.

— Ecoutes, écoutes, c’est bon j’ai compris ! piaillait-elle en reculant d’un pas, tandis que Groink la couvrait de son ombre. T’façon, je t’ai toujours dégouté, pas vrai ? Ton truc à toi, c’est les vierges ! Tu vas te faire chier avec moi, hein ? Pas vrai ? Et la maîtresse sera furieuse, non ? Si si, très furieuse… Putain, écoutes moi merde !

Cette fois, ça y était. Il allait l’embrocher jusqu’à la mort. Peut-même qu’il la ferait tournoyer du bout de son chibre au-dessus d’un brasero… Certaines bêtes à cornes étaient assez sadiques pour ça.

Avisant le crucifix qui dépassait de l’orbite bouillonnant d’un des démons à terre, Elonie l’arracha, la brandissant à deux mains devant elle. Face à cette petite croix couverte de fluide pourpre, Groink poussa un grognement très similaire au rire d’une hyène. Il paraissait bien petit, ce petit objet poisseux, représentation d’un cadavre sur une croix. S’en était presque excitant. A cela, le démon eut une nouvelle idée de jeu, s’imaginant mettre Elodie en croix pour mieux l’empaler. Mais c’était toujours plus sympathique lorsqu’elles pouvaient se débattre.

— Vade retro, sac à merde !
 
— Tu es une marrante toi ! grogna Groink.

— Allez mon copain ! souffla Elonie pour elle-même. Un petit miracle… Je ne cracherai pas dessus… promis…

L’affreux monstre allait la saisir. Mais celui-ci s’immobilisa, les yeux écarquillés, surpris. Une gerbe de sang chaud jaillit de sa bouche pour éclabousser la fille en violet, achevant de la souiller de la tête aux pieds. Le temps à Groink de comprendre ce qu’il se passait et il s’effondrait avec fracas, une épée profondément plantée dans le cervelet. Derrière le cadavre, impassible et calme, un homme.

— « Je suis le Commandeur Oberyn, jeune femme, et quelque chose me dit que tu as de singuliers problèmes. Cependant, ton histoire ne me concerne pas, aussi vais-je être bref et synthétique. Sois tu viens avec moi, et tu bénéficieras de mon assistance, soit tu restes ici, et je te laisserai te débrouiller. »

 Trempée jusqu’aux os par la pluie, le visage et les cheveux souillés par le sang, le front légèrement ouvert et le genou largement écorché, Elonie détaillait son sauveur avec perplexité. Un miracle. Son miracle. Elle avait appelé Dieu… Et il avait envoyé un ange… Un ange sans aile… Un drôle d’ange, mais un ange tout de même. La démonette papillonna des yeux, indifférente au démon au bras emporté qui geignait encore à terre.

Depuis le temps qu’elle avait attendu un signe, un symbole… Même si elle n’avait rien compris sur le fonctionnement des prières, la fille en violet avait beaucoup prié. A sa façon. Elle l’avait supplié, menacé, tenté de le séduire, de lui faire une gâterie, rien n’avait fait. Et voilà qu’enfin Il répondait à son appel. Il aurait au moins pu choisir un mec avec des ailes, mais elle se contenterait de ce type-là pour le moment. Elonie leva un doigt vers le ciel.

— Ouais ! Je savais que tu t’amènerai, mon pote ! Toi et moi, on va faire la paire ! Commandeur… Obe… Commandeur, on va se sortir de la merde ! Et promis, je brûlerai un cierge en Son honneur tout saint et divin ! Et puis Amen !
 
Toute joyeuse qu’elle était, sans savoir si son message purement amical avait été bien reçu, la démonette se permit de ramasser le Taurus. Un jouet pareil, ça se devait d’être conservé.
Elle enjamba sereinement le corps sans vie de Groink, plongea son talon dans le crâne du dernier pourceau encore en vie et entrepris de dépasser le commandeur pour finalement s’extirper ce coupe gorge. De retour dans la rue du marché saccagé, elle découvrit un lieu vide de toute vie, abandonné par ses marchands qui s’étaient réfugiés loin d’ici. Au bout de la rue, des lumières clignotantes éclairaient un pan de mur tandis que résonnaient les sirènes des voitures de police.

— Foutre Dieu, les keufs ! J’espère que tu as une idée pour nous sortir du lisier, mon Ange !
 
Non pas que la police lui faisait peur. Mais ce n’était sans doute pas très chrétien de taper des agents de police dans l’exercice de leurs fonctions. Selon elle, mieux valait faire profil bas.
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« Répondre #7 le: Mars 05, 2014, 03:40:58 »

« Ouais ! Je savais que tu t’amènerai, mon pote ! Toi et moi, on va faire la paire ! Commandeur… Obe… Commandeur, on va se sortir de la merde ! Et promis, je brûlerai un cierge en Son honneur tout saint et divin ! Et puis Amen ! »

Un cierge ? Oberyn haussa un sourcil interrogateur, en voyant le doigt de la femme aux cheveux violets pointer vers le ciel. Il sentait également en elle une présence démoniaque, mais moins affirmée que chez les autres. Le Commandeur était suffisamment intelligent pour comprendre ce que ça signifiait. Une renégate des Enfers... Une femme qui avait cherché à fuir sa condition. Il n’était pas étonnant qu’une Princesse des Enfers ait débarqué ici. Elle devait être sa supérieure, et n’avait pas du apprécier qu’on cherche à lui fausser compagnie. Oberyn se maudit pour avoir poursuivi ces démons. Pour être honnête, il ignorait pourquoi il ‘lavait fait. Protéger la Princesse ? En la délaissant, on en pouvait pas dire qu’il l’avait protégé. En un sens, il avait du estimer que ces démons pouvaient toujours être intéressés par la Princesse, et, outre ça, c’était tout simplement le fait d’avoir été attaqué. On avait voulu le tuer, mais il comprenait maintenant tout le quiproquo. Cette femme avait du croire qu’il était son garde du corps, et deux solutions s’offraient à lui :

  • Il pouvait choisir de la laisser, et ainsi d’éviter de s’attirer les foudres d’une Princesse démoniaque... Somme toute, ce n’était pas une si mauvaise idée que ça. Oberyn n’était pas taillé pour un tel combat, et il savait que le pacte angélico-démoniaque avait des exceptions, parmi lesquelles figuraient le droit légitime de poursuivre les traîtres, une exception surtout voulue par les anges, afin de leur permettre de traquer les Anges renégats. La Princesse des Enfers avait été dans son droit en venant récupérer son acquisition, mais, d’un autre côté, cette même renégate avait l’air de vouloir agir comme une humaine, comme une chrétienne. Or, la rédemption était un principe sacré pour les anges. De plus, en tuant un innocent, c’est-à-dire une personne d’un plan inférieur n’ayant rien à faire dans cette histoire, et qui avait une âme pure, elle s’était également placée en porte-à-faux vis-à-vis de ses propres motivations, ce qui, mine de rien, conduisait Oberyn à se pencher vers la seconde option ;
  • Il pouvait aussi choisir de la prendre avec lui, et d’en savoir plus sur cette histoire. Si la Princesse infernale voulait vivante cette petite, elle pouvait représenter un bouclier, et il était sans doute plus logique d’avoir sous son aile cette femme. Oberyn en pouvait toutefois pas espérer la troquer contre sa propre vie, car, en étant un simple humain qui avait humilié cette femme, elle ne pourrait le pardonner, et le tuerait si elle en avait l’occasion, surtout s’il lui donnait cette démone. Les démons avaient un sens de l’honneur très particulier, et elle se considérerait comme offensée si elle avait le sentiment qu’on lui donnait ce qui était naturellement à elle.



En conclusion, Oberyn opta pour la protéger, et sortit avec elle. La rue piétonne avec les étals était ravagée, et les marchands s’étaient enfuis à l’abri. Cependant, ils allaient revenir, et, en même temps que la démone, le Commandeur, qui était resté étonnamment mué, plongé dans ses pensées, put entendre les gyrophares.

« Foutre Dieu, les keufs ! J’espère que tu as une idée pour nous sortir du lisier, mon Ange ! »

L’Ange regarda brièvement autour de lui.

« Suis-moi. »

Il se dirigea vers une porte métallique. Elle était fermée, et, alors qu’une voiture s’arrêtait au fond de la rue piétonne, il utilisa sa magie pour forcer cette dernière. La porte s’ouvrit dans un claquement, révélant un couloir de maintenance avec des poubelles, qui conduisait au hall d’un bâtiment, avec des boîtes aux lettres.

« J’ai vu des suspects partir par cette porte ! hurla un policier dehors.
 -  Ils viennent de l’église, rattrapons-les ! »

Oberyn se mit à courir rapidement vers les escaliers. Il ne pouvait pas sortir par la rue, sans risquer de tomber sur d’autres policiers, et préféra donc fuir par les airs. Il fila au dernier étage de l’immeuble, et ouvrit la porte menant au toit. L’air frais fit virevolter ses cheveux, et il s’avança rapidement le long des toits. Son objectif était de rejoindre en priorité l’église, ce qu’il fit au bout d’un quart d’heure. Il fallait qu’il retrouve la Princesse, et il ordonna à la femme de rester dans un coin, tout en descendant de son toit pour récolter des informations.

« ...Une femme blonde..., finit-il par entendre un badaud, s’adressant à un policier. Oui, elle était dans l’église quand ces types ont débarqué, et... Elle a vomi, et, quand j’ai essayé de l’approcher, elle s’est mise à courir, par ici. Elle avait l’air secoué, la pauvre. »

Il n’y avait pas cinquante endroits où la Princesse était susceptible de se rendre. Oberyn retourna voir la femme sur le toit, grimpant dans une ruelle, puis lui parla.

« Nous allons redescendre, la police ne nous cherchera pas ici. On va se rendre chez un genre d’amie, dans les hauteurs de la ville. »

Il s’agissait d’un beau manoir de type victorien, épais, qui était la demeure d’une amie d’Alice... Le seul endroit où cette personne avait bien pu rendre : le manoir de l’esclavagiste ashnardienne Mélinda Warren.
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