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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Black Sabbat [pv]  (Lu 1877 fois)
Jared Nomak
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« le: Janvier 24, 2014, 03:17:40 »

L'endroit sentait l'huile de vidange et la fumée d'échappement. L'endroit sentait la graisse industrielle, parfois même un peu les chiottes quand les canalisations du quartier claquaient sous le manque d'entretien. Les odeurs de mécanique se mêlaient facilement à des relents de sueur humaine aux pointes âcres propres aux hommes sous l'effort et quand les moteurs à l'essai ne tournaient pas pour vérifier le bruit du carburateur ou même l'état d'un pot d'échappement, on les entendait se gausser en parlant lycéennes au cul ondulant ou de mères de famille à qui ils n'auraient pas dédaigner mettre un coup de queue. Les mécanos du Todd's engine station étaient des gars un peu rudes mais sympathiques, typés en majorité caucasiens plus qu'asiatiques. Des américains pour la plupart, qui avaient trouvé là de quoi se faire un peu d'argent en vivant selon des codes qui leur manquaient. Alors dans cette enclave made in USA perdue au coeur du Japon et dans une des rues les plus passantes du quartier de la Toussaint à Seikusu, on s'enfilait de la bonne rôteuse d'import en écoutant du rock un peu démodé et de temps en temps de la country, quand les gars étaient d'humeur calme. On riait gras et on faisait des bonnes grosses allusions de cul quand une petite bien roulée passait la porte, quand on ne s'engueulait pas parce qu'un des copains avait tapé la clé dont on avait besoin pour mettre un bon coup dans un coin d'un moteur quelconque. Bref, pour autant qu'on puisse apprécier ça, il faisait bon bosser chez Todd's.

Jared ne l'aurait pas démenti, lui qui passait le plus clair de son temps avec un bleu de travail cradingue vissé sur le cul pour enchaîner vidanges salissantes et autres décrassages de ventilo. L'américain et sa Béhérit s'étaient retrouvés là un peu par hasard et s'étaient fait embaucher sans trop de difficulté cinq années auparavant pour y travailler à mi-temps. Ca arrondissait un peu les poches de Nomak, qui venait de temps à autre bosser là juste pour le plaisir de passer un peu de temps avec ses bons potes, l'équipe se réunissant aussi quand le câble diffusait un match de foot. Pas de soccer -c'était bon pour les pisseuses d'Europe, de l'avis de tous- mais de football américain, durant lequel les yankees de Todd's descendaient quelques bières et deux-trois hamburgers préparés par l'un d'entre eux.
Nomak se plaisait dans ce garage, même si le fait qu'il se trouve dans la Toussaint avait ses inconvénients. Les petits jeunes du coin qui venaient foutre la merde, une ou deux tentatives de braquage à main armée et surtout, surtout ! Pas de joli moteur à tripoter, ou rarement. Qui aurait été confier son engin de qualité à une bande de bons gros amerloques à la con, surtout dans un quartier aussi merdique ? Pas trop de monde. Ca arrivait parfois, et c'était rare. C'était arrivé en début de semaine et par chance, c'était Jared qui avait écopé du boulot.

On parlait là d'une superbe Yamaha R1 à la carrosserie bleue, une belle petite poupée du Soleil Levant avec une ligne agressive et séduisante. De l'électronique mais encore pas mal de mécanique à l'ancienne, boulot parfait pour un mec doué de ses mains comme l'était Nomak. Quand le proprio l'avait apportée, Jared n'était pas encore arrivé et ne l'avait donc pas vu, se contentant de récolter quelques infos de la part de ses collègues. La Yamaha appartenait à ce qui semblait être un gars du pays, un minet à l'air vaguement sympathique qui apparemment ne s'était pas appesantit outre mesure. Il avait amené la Yam' pour un sale bruit à l'accélération que Jared avait constaté de lui-même en poussant un peu le moteur, comprenant dans la foulée que le boulot sera aussi long que chiant. Bah, une bonne occasion de faire des heures supp', avait-il pensé. Et il s'était attelé à la réparation tout le long de la semaine, pour que la bécane soit prête ce vendredi soir là, comme promis.

Il était 19h passées et l'équipe abandonnait progressivement ses occupations. L'heure c'était l'heure et tous s'étaient entendus pour aller voir jouer ce soir-là l'équipe de base-ball de Seikusu qui n'était pas trop mauvaise pour un agglutinement de bridés. Jared quant à lui apportait les dernières finitions au moteur, avant de passer un petit coup de polish sur le bleu de l'excitante petite jap'. Le type devrait arriver assez rapidement et Nomak aimait les choses bien faites. Une fois la Yamaha prête et propre, l'américain allat se coller dans un coin du garage pour s'allumer une clope. Le bleu de travail au haut rabattu et noué aux manches par la taille laissait voir son débardeur autrefois blanc constellé de tâches noirâtres et sa gueule n'était pas en reste. Dans le garage, la vieille Hi-fi était branchée sur Metallica et son Nothing else matters qui donnait le ton d'une soirée aussi tranquille qu'ordinaire.
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Stephen Connor
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« Répondre #1 le: Janvier 24, 2014, 11:44:50 »

On a beau être un démon infernal capable de magies occultes, la mécanique, ça reste un truc vachement compliqué. Pour une raison qui échappait parfaitement à Stephen, le Père des Démons, Lucifer en personne, lui avait demandé de se rendre sur Terre. Le beau diable n’était pas certain de l’intérêt que représentait la Terre, surtout au milieu des projets qu’il nourrissait, mais on ne désobéit pas au maître.

Le Prince des Enfers avait conseillé à son fils de « Réparer le moteur de son véhicule ». Stephen n’avait pas objecté, sachant parfaitement à quel point son père aimait donner des ordres absurdes sans s’expliquer. Mais, nul doute qu’il est assez facile de manipuler la main du destin, lorsque l’on est capable de tisser les fils de la causalité. Le Grand Duc avait donc accepté cette mission, quittant les enfers, en direction de Seikusu.

Sa moto, hein ? Voilà quelques temps que le démon ne s’était pas offert une virée avec sa R1, qui l’attendait dans le parking privé du domicile qu’il ne visitait plus. En démarrant la moto, Stephen eut tôt fait de constater que quelque chose n’allait pas. Il n’était pas surpris, c’était normal, après avoir autant négligé l’engin. Mais le bruit à l’accélération était franchement désagréable et inquiétant.

Ne faisant que suivre les consignes, le beau diable avait alors emmené le véhicule jusqu’à un garagiste tout proche. Il le connaissait de nom, et savait également que l’endroit était réputé pour servir de refuges à une tripotée d’expatriés Américains. Stephen était, certes, au dessus des frontières humaines, mais il appréciait tout de même de partager quelques instants en compagnie de compatriotes.

Le dépôt c’était fait vite et bien. Pressé et curieux, le beau diable n’avait pas pris le temps de faire connaissance avec l’équipe. Il avait fait faire un bref devis, payé d’avance, et était parti.

Now what ?

Quelques jours avaient passé. Pour l’occasion, Stephen s’était payé une chambre d’hôtel, jusqu’au vendredi soir, où sa moto devrait être prête. Le Grand Duc ne savait pas vraiment ce que son Diable de père attendait de lui, mais il était confiant. Lucifer aimait tester la patience et la loyauté de ses enfants, par des prophéties absurdes et des missions étranges.

En ce vendredi soir, Stephen se préparait donc à aller chercher sa bécane. Nul doute que ce serait le moment que choisirait Lucifer pour lui envoyer un signe, ou lui dévoiler le but de son étrange demande. Avec un mélange d’appréhension et de curiosité, le démon se rendit jusque chez le garagiste. La pancarte lisait, en caractères occidentaux, « Todd’s Engine Station ».

Un peu de fumée dans un garage, voilà qui ne poserait pas de problème, pas vrai ? Stephen tira un épais cigare de la boite en métal qu’il transportait en permanence sur lui. Un claquement de doigts, et une flammèche naquit sur le pouce du démon. Il alluma son cubain, et pénétra par l’ouverture principale de l’établissement.

L’odeur particulière du cuir, du métal et de l’huile, remplissait totalement les narines de quiconque pénétrait dans les lieux. Stephen appréciait ce mélange, pour sa part. D’un pas lent, il s’approcha de la moto qui trônait au milieu de la pièce. Elle semblait flambant neuve, et le carénage brillait de mille feux, encore plus luisant que le jour de l’achat. Il démarra le véhicule tenu sur place, passant les trois premiers rapports. Pas un bruit. Un sourire satisfait s’afficha sur les lèvres du beau diable.

Evidemment, le monstre avait senti la présence de quelqu’un d’autre. Mais cette odeur était étrange. Elle n’était pas tout à fait humaine. A vrai dire, elle était teintée de quelque chose de profondément démoniaque. Une brève observation permit à Stephen de découvrir les traits du seul homme capable d’émettre de telles fragrances, du seul autre homme présent, à vrai dire.

« Je suppose que c’est votre travail. » S’exprima Stephen, en anglais, ne cachant nullement son fort accent Texan. « C’est excellent. Je pense nécessaire que je vous offre un pourboire. » Il analysa longuement le visage de l’occidental. « Entre Américains, il faut s’aider. Enfin, je présume. »

Lentement, le démon s’avança. Il tendit une main vers cet humain aux parfums étranges. Pas question de lui parler directement de démons et d’enfers, car il n’était pas rare qu’un homme soit en proie à des influences démoniaques sans rien en savoir. Mais rien n’empêchait des présentations.

« Stephen Connor, Houston, Texas. » Annonça poliment le démon, un sourire faussement avenant aux lèvres. « Vous n’êtes que des Américains ici, pas vrai ? C’est agréable de voir un petit groupe de réfugiés, au milieu de toute la faune locale. » Il sourit.

Même si la faune locale comprenait un petit paquet de jolies jeunes femmes, il fallait le reconnaître.
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« Répondre #2 le: Janvier 25, 2014, 01:09:21 »

Le temps que Jared disparaisse dans l'arrière boutique pour aller se chercher une Budweiser dans le petit frigo du bureau, Metallica avait cédé la place à la voix un peu éraillée de Johnny Cash et de The man comes around. La guitare du morceau se faisait agréablement gratter par des mains expertes, n'étant interrompue que par le rugissement du moteur de la R1. Nomak accéléra le pas pour revenir dans l'enceinte du garage même, craignant qu'un petit con de la Toussaint ne se soit accordé le droit de démarrer la belle japonaise. Ca arrivait parfois, même si les véhicules étaient entravés pour éviter les mauvaises surprises. Pas question de laisser un loustic en manque de sensation forte saloper un boulot qui lui avait prit du temps ! Fort heureusement, l'ex-militaire s'était inquiété pour rien. C'était un type d'une trentaine d'année qui avait chevauché la Yamaha, un gars qui n'était certainement pas issu du Soleil-Levant au de sa belle gueule marquée, loin des stéréotypes raciaux qu'on accordait aux asiatiques. Et, sachant que le rider de la Yam' était comme lui un amerloque, Jared tira vite la conclusion qui s'imposait. Se calant contre la carcasse d'une bagnole que l'équipe retapait, le mécano se contenta de griller sa sèche en observant l'inconnu et la satisfaction qu'il semblait émettre face au boulot effectué. Voilà qui plaisait à Jared.

L'accent du mec était bien marqué et Nomak n'eut pas de mal à l'identifier. Le client avait été pondu au Texas et il y avait certainement passé pas mal de temps pour parler de cette façon. Les collègues n'avaient pas menti : il était très américain, ce gars. Quand il supposa que c'était son travail, Jared hocha la tête dans un sourire poli et se dégagea de son appui pour aller à sa rencontre.

- Je s'rais con de dire non au pourboire, mais je l'échangerais bien contre votre promesse de ramener ici la Yamaha en cas de souci. On n'travaille pas souvent ce genre de modèle. Il passa son regard de l'inconnu au carénage azuré. Votre aide patriotique pourrait s'exprimer aussi comme ça, monsieur.

Jared se saisit de la main tendue et la serra, l'appréciant. Vigoureuse, directe. Pas ces saluts japonais à la con, mais un salut de deux hommes face-à-face. La seule façon pour deux mâles de se dire bonjour et au revoir, d'après Nomak.

- Jared Nomak, Felston City, Alabama. Le sourire du concerné était, lui, aussi sincère qu'aimable. Même pas des américains, Stephen. Des "Gai-jin", comme ils disent. Des étrangers. Alors on se serre les coudes en priant le Seigneur qu'on va nous apporter une Harley à réviser entièrement, ou une bonne vieille Cadillac.

Le sourire de Jared se figea un instant, tandis que devant ses yeux  passaient en un flash visionnaire l'image. Ces sept trônes surélevés au-dessus d'une mer de sang, dont six étaient occupés par des ombres cornues qui pointaient du doigt la place laissée vacante. Alors qu'il revint à la réalité après ces rapides secondes passées "ailleurs", Jared se rendit compte que Connor le foutait mal à l'aise sans qu'il ne comprenne pourquoi. Ce type le dérangeait. C'était une réaction instinctive et violente, comme animale. Autant que cela lui fut possible, Nomak dissimula son trouble et relâcha la main de Stephen pour faire le tour de la Yamaha.

- Vous aviez un problème d'injecteur et pas mal de pièces étaient sacrément encrassées, sûrement parce que la bécane ne tourne pas assez. Mais là, elle va ronronner comme un putain de gros chat ! Il tapota le réservoir d'un air satisfait. Garanti sur facture.

Un fracas métallique leur indiqua qu'une des clés de travail de Jared était tombée à terre. Il avait bêtement buté contre la caisse à outils qui reposait à côté de la bécane en voulant se déplacer; un incident aussi anodin n'aurait même pas eut à être évoquer. Mais alors que Jared se pencha pour ramasser l'objet, la Béhérit glissa hors de son débardeur blanc et resta à la vue au moment où il se relevait en grognant d'agacement. Comme si elle réagissait à un élément nouveau, la pierre ouvrit les deux yeux d'un coup mais Jared ne s'en aperçut pas vraiment. De toute façon, l'aura que dégageait à cet instant l'Oeuf du Roi Conquérant n'était pas perceptible pour lui. En revanche, tout ce qui sentait le soufre et la douleur éternelle y serait certainement sensible et  en comprendrait le sens.
L'approche de l'Occultation.

- Vous aviez payé d'avance, alors vous pouvez repartir. J'vous propose une Bud avant ? On l'importe, c'est pas une copie au goût de pâte à biscuit comme on en trouve ici.

Il ne voulait pas que Connor accepte, sans qu'il ne sache pourquoi. Le malaise à son égard était toujours présent et l'air lui semblait même un peu plus lourd. Peut-être que ce texan était un sale type et que Jared l'avait compris d'instinct ? Ça ne serait pas la première fois que ça se produirait, après tout. Dans un coin du garage, des ombres semblèrent se mouvoir à la manière des créatures qui parsemaient ses cauchemars et Nomak en chassa l'idée avec une rasade de la bière qui n'avait pas lâchée.
Même si les ombres lui semblèrent alors de nouveau paisibles, il était toujours aussi pressé de voir Connor foutre le camp.
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Stephen Connor
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« Répondre #3 le: Janvier 25, 2014, 04:08:14 »

Stephen répondit à la poigne de Jared. Il le jaugea également, à ce moment précis. Le regard ambré et malveillant du démon sembla traverser le corps du mortel, répandant une brise fraiche qui devait glacer l’âme de l’ancien militaire. Une légère inspiration suffisait à ressentir les effluves d’un parfum purement démoniaque. Mais cette odeur, si elle se trouvait partir d’un point proche de l’humain, n’émanait pas directement de lui. Une malédiction ? Un charme ? Peut-être que cet homme avait passé un contrat. Mais cela paraissait peu possible.

Lentement, les doigts du diable aux yeux flamboyants lâchèrent prise sur la paume du garagiste, et leurs mains se quittèrent. Malgré son regard chargé de couleurs brûlantes, le démon inspirait le froid le plus glacial. Ce n’était pas comme avant, il n’était plus un démon de seconde zone, et cacher sa vraie nature pouvait être compliqué, parfois. En tous cas, s’il ne passait pas pour inhumain, il avait clairement l’air étrange, excentrique, au mieux.

Mettant sa mission obscure de coté, l’espace d’un instant, le démon se replongea dans de vieux souvenirs. Il était un fait avéré que les Japonais n’appréciaient pas vraiment les étrangers. Certes, être un occidental, c’était très utile pour se taper des petites pouffiasses en quête d’exotisme, mais trouver du travail, c’était la merde. Mais, il faut dire que si une bombe avait été larguée par les bridés sur Houston il y avait de cela une soixantaine d’années, Stephen nourrirait de la rancune, lui aussi. Jared parvint néanmoins à arracher un rire rauque au démon.

« Je comptais m’acheter une Escalade, mais au Japon, tout est trop petit pour garer et avoir une grosse voiture Américaine. » Plaisanta-t-il.

Bien évidemment, il passait son temps sur Terra, maintenant, et une Cadillac Escalade, ce n’est pas ce qui se fait de plus pratique. Mais nul doute que s’il habitait encore sur Terre, le beau diable s’en serait procuré une. Tout en revenait finalement à ce garage, néanmoins. Stephen se demandait ce que Lucifer l’avait envoyé foutre ici. Il était inconcevable que le Père des Démons envoie un de ses fils les plus puissants dans un endroit aussi incongru, sans nourrir quelques desseins.

Stephen écoutait Jared d’une oreille inattentive, hochant la tête à chaque fin de phrase pour feinter de l’intérêt. Ce qui attira l’attention du beau diable, ce fut un bruit sec, celui du métal qui résonne. En temps normal, les reflexes du monstre l’auraient poussé à adopter une position de combat immédiate, mais il n’était pas sur ses gardes, dans l’état présent. C’est la raison pour laquelle il ne regarda que d’un coup d’œil furtif la clef tombée au sol.

Mais quelque chose d’autre capta son attention. Stephen ouvrit de grands yeux, absolument abasourdi.

« Ce… » Balbutia-t-il. « Rouge… »

L’œuf était rouge, ce n’était pas un Béhélit bleu, jaune ou vert, c’était un œuf rouge. Un œuf de Roi. Le Grand Duc resta muet un instant, les lèvres entrouvertes. Son haussement de sourcils se transforma alors peu à peu en froncement d’incompréhension. Que faisait cet homme avec un tel artefact ? En enfer, il était de coutume de promouvoir les démons à des postes supérieurs en leur faisant signer un contrat. Chaque contrat était édité par la cour des nobles infernaux.

Mais pas les œufs, pas les Béhélit. Eux, ils étaient créés par Lucifer en personne. Toute la puissance d’un des péchés humains, réunie dans un pendentif en forme d’œuf, où se croisaient des repères de visage humain, déformés, mal placés. Les péchés les plus anodins produisaient des œufs de toutes les couleurs. Mais les péchés capitaux, eux, ne produisaient que des œufs rouges, un rouge tirant sur le pourpre. Il y avait déjà six membres des trônes infernaux. Ce type…

« Le dernier des Princes. » Murmura le Grand Duc, perplexe.

Un démon moins fidèle que Stephen aurait sûrement tenté de tuer Jared pour prendre son précieux artefact. Mais le noble infernal n’y pensa même pas. Et de toute façon, attenter à la vie de cet homme aurait justement mené à déclencher le pouvoir de son pendentif. Immobile, le démon finit par hocher la tête, entendant ce que le garagiste voulait probablement prononcer comme étant les dernières paroles portées à son inconnu de client.

Ne prêtant même pas attention aux paroles de Jared, Stephen se mit à tourner lentement en rond. Son ombre semblait danser, telles des flammes. Chaque étincelle, chaque flammèche, échappée de ces flammes en ombres chinoises, prenait la forme d’un corps d’humain, l’espace d’un instant, disparaissant dans la danse embrasée de l’ombre, qui naissait sur le sol et mourrait sur le mur.

« Monsieur Nomak. » Énonça la voix du démon. Il venait de mettre ses mains derrière son propre dos, tournant lentement autour de l’ancien soldat. « Est-ce que vous avez souffert ? Que fait un Américain comme vous, exilé, le visage bardé par le poids des années, dans un pays qui le hait ? » La voix rauque du monstre montait, de plus en plus inhumaine. « Est-ce que vous êtes au bout du rouleau ? Seriez-vous prêt à tout donner pour changer de vie ? »

Connor devenait de plus en plus dérangeant. Ses yeux brillaient maintenant de mille feux, étincelants. Il souriait doucement. Pousser la cérémonie était une mauvaise idée, il fallait simplement… L’encourager. Faire miroiter, au possesseur du Béhélit, une vie dénuée de tous remords, loin des cauchemars qui envahissaient ses nuits. Car Stephen pouvait les voir, ces visions d’enfer. Il les voyait en fixant le Béhélit, qui lui offrait toutes les informations qu’il pouvait demander. Le pendentif rouge et le démon ambré se fixaient, intensément.

Judicieusement, la station de radio se mit à jouer "Heaven and Hell", du groupe Black Sabbath. Black Sabbath...
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Jared Nomak
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« Répondre #4 le: Janvier 25, 2014, 11:10:24 »

Non, vraiment, ce type ne lui plaisait pas. Connor n'inspirait à Jared qu'un puissant malaise presque surnaturel, comme celui qu'il avait ressenti lors de sa rencontre avec la vieille sorcière vaudou en Haïti. L'ex militaire était un homme des plus terre-à-terre et qui n'accordait au paranormal et autres manifestions sortant de l'ordinaire un intérêt très limité. Parce qu'il ne comprenait pas assez ces choses pour s'y intéresser, il ne pouvait nier certains accès de peur primale quand les conditions le permettaient. L'imaginaire humain tend à facilement s'emballer et se créer ses propres démons dès lors que le quotidien était un tant soit peu chamboulé, ce qui concernait même un solide bonhomme comme notre gars d'Alabama. Jared avait simplement assez d'assurance pour ne pas flancher sous n'importe quel prétexte et cela lui avait été utile par le passé, mais c'était différent aujourd'hui. Des fils de putes pétris de mauvaises attentions, Nomak en avait fréquenté pas mal et en cela Connor n'aurait sut lui inspirer la peur. Là, c'était quelque chose de plus profond qui le saisissait aux tripes quand il croisait le regard du texan, c'était quelque chose de plus terrible qui faisait ruisseler la sueur froide le long de son échine.

L'anecdote de la clé avait semblé salvateur à Nomak, sur le moment. Il avait été trop content de rompre le contact visuel avec Stephen et se disait qu'en se redressant, son malaise se serait dissipé. Mauvaise prédiction. Jared avant senti que quelque chose ne tournait pas rond avant même que les ombres ne se mettent à danser sur les murs et ce phénomène qu'il avait crut être passager avait semblé reprendre de plus belle tandis que Connor avait commencé à tourner en rond autour du garagiste et du bolide qui les avaient tous deux réunis.
Bien que cela fut plus de la prudence qu'autre chose, Jared ressenti clairement de la panique lui ronger les sangs quand il attrapa l'air de rien la Budweiser par le col d'une main ferme, prêt à l'improviser arme si les choses tournaient à la lutte. Serrant les dents, le mécano se refusa à laisser Connor prendre l'ascendant sur lui.

Les ombres du garage s'étaient étendues avec la tombée du soir sur la ville mais leurs mouvements n'avaient rien de naturel ou de rassurant. Les ténèbres polymorphes semblaient répondre aux mouvements de la silhouette de Stephen dans laquelle elles se fondaient pour s'en écarter, lui évoquant dans quelques dessins approximatifs les trônes qu'il voyait trop souvent en rêve. Venait-il de rêver, ou un visage à l'air furieusement malsain venait-il d'étirer un immonde sourire sur le mur du fond alors que les ténèbres s'étaient mues une fois de plus ?
La voix de Connor le tira de ce sinistre tableau, lui rappelant odieusement qu'il avait un problème plus immédiat. Cet... homme. Ce monstre -oui, il avait pensé monstre et ne voyait plus de raison de démordre de cet adjectif- rôdait comme une bête prête à bondir.

- De... de quoi ? C'est quoi, ces conneries ? Les paroles de Stephen lui semblaient insensées et pourtant, elles remuaient en lui bien des choses. Un ressentiment profond et poisseux qui ne l'avait jamais quitté depuis ce soir ou son père avait tabassé sa mère à mort. Tu dérailles, fils.

Sa voix avait trembloté. Sur un autre que lui, la modulation serait passée presque inaperçue mais pour un homme comme Jared Nomak, l'intonation mal assurée avait terriblement tranché. Il avait peur. Putain de merde, il avait peur à en invoquer mentalement le Seigneur et Sa Sainte Mère la Vierge. Sweet Jesus.

- Ecoute, mon gars, prends ta bécane et rentre chez toi. L'agressivité pour contrer la peur. Classique, parfois efficace. Ne m'fais pas chier et casse toi.

Et alors, il allait faire quoi si Connor refusait ? Le bousculer un peu, sans hésiter. L'homme était peut-être bien bâti mais Nomak était loin d'être en reste et avait tant et tant usé de ses poings qu'il aurait put boxer pour des championnats. Et puis, il avait été GI et savait comment blesser, sinon tuer. Se sentant en danger, Jared avait instinctivement bandé ses muscles. Dans un éclair de lucidité, l'ex militaire réalisa vaguement que la Béhérit pesait plus lourd qu'à l'accoutumée. Délirait-il, ou la pierre lui chauffait la peau à travers le tissu de son marcel ? Devant ses yeux, les sept trônes se mirent à danser et l'image délirante se fondit un instant avec celle de Connor pour improviser l'homme en diable. Pourquoi ça lui semblait si réel, pourquoi les paroles de Stephen résonnaient-elles dans sa tête avec autant d'insistance ? Malgré lui, Nomak accomplit deux pas en arrière et ce fut le moment que ses collègues choisirent pour sortir des vestiaires. Eux qui étaient goguenards se figèrent devant le malaise qu'ils lisaient sur la gueule de Jared et ils regardèrent Connor. Trois mastards bedonnants faisaient toujours leur petit effet.

- Un souci, Jared ?
- Ce... C'est bon. Monsieur allait s'en aller. Il regarda Connor, un peu ragaillardi par la présence de ses amis. Pas vrai, fils ?

La question était purement rhétorique.
« Dernière édition: Janvier 25, 2014, 11:11:54 par Sentinel Prime » Journalisée
Stephen Connor
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PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #5 le: Janvier 27, 2014, 03:59:52 »

L’homme est un loup pour l’homme. L’homme s’habitue aisément à tout, même à la folie des autres hommes, au malheur et aux tourments. Devant les atrocités provoqués par ses pairs, l’homme finit par se créer une carapace, parfois de cynisme, parfois de fausse joie constante, d’un peu tout. Car, dans le fond, l’homme a peur de l’inconnu.

Mais Stephen n’était pas l’inconnu. Il était au dessus de ça, il était l’inconnu ultime, celui auquel rien ni personne ne peut apporter de réponse, si ce n’est la mort elle-même. A la place de Jared, il aurait eut peur, lui aussi. Mais l’humain ne flanchait que peu, face au sentiment asphyxiant qui se répandait dans la pièce. L’odeur de soufre qui montait, ce n’était pas celle d’un moteur cassé, c’était celle des enfers.

Un silence s’installa, alors que le démon hésitait lourdement. Devait-il pousser Jared à bout, et l’inciter à déclencher le pouvoir du Béhélit ? Les ombres dansantes se faisaient de plus en plus visibles, de plus en plus macabres et réelles. Mais elles moururent lorsque l’ancien militaire prit la parole. Le beau diable se tut, haussant légèrement les sourcils. Ce mécano n’avait rien d’exceptionnel, pourtant. Mais Stephen avait appris à ne pas chercher des raisons aux actions de Lucifer et de ses avatars.

Des conneries ? Le haussement de sourcils du démon s’en alla alors, laissant place à un très léger sourire. Nier l’inconnu, voilà un reflexe qui était parfaitement humain. Si seulement ce pauvre mortel savait.

« Sans doute. »
Concéda le Grand Duc.

A ces mots, les ombres dans les murs cessèrent de danser, aspirées d’un seul coup par la seule ombre de Connor. Ce dernier glissa ses mains dans ses poches, nonchalant. Mais son regard ambré pétillait toujours, sans quitter le futur Prince des yeux. Presser la cérémonie ne mènerait à rien, et Stephen songeait au fait que, peu importe le plan qu’il formulerait, la causalité amènerait Jared à invoquer le pouvoir de son Béhélit, tôt ou tard.

Le sourire du beau diable s’étira, lorsque le mécano lui ordonna de s’en aller. Il montait en agressivité et en incertitude. Quant au Béhélit, il observait toujours le Grand Duc, les yeux grands écarquillés. Mais il n’était pas du ressort de quiconque, autre que Jared, d’invoquer les pouvoirs néfastes de l’œuf. L’Œuf du Roi Conquérant. Néanmoins, rien n’empêchait Stephen de s’adonner à quelques prémonitions.

« Monsieur Nomak. »
Souffla la voix du monstre. « Il est un moment pour chacun où il faut choisir entre une vie misérable, et la poursuite d’un rêve plus grand, qui dépasse jusqu’au destin du genre humain entier. Peu de gens ont la chance de s’élever au dessus de la plèbe. Il m’est d’avis qu’un homme comme vous devrait s’essayer à d’autres promesses… » Il marqua une pause, observant les alentours. « Que celles de devoir attendre la mort en réparant quelques vieilles épaves. Cela étant dit, je vais… »

Un bruit interrompit Stephen dans sa longue tirade. Le beau diable, après tout, se trouvait bien obligé de parler de façon énigmatique, pour ne pas vendre la mèche. Mais cette figure de style lui avait fait perdre un temps précieux, et la porte du vestiaire s’ouvrait désormais. Cela aurait pu être une bonne chose, mais visiblement, la chance n’était pas du coté du monstre.

L’introduction d’un nouveau Prince donnait irrévocablement lieu à un sacrifice de masse, une orgie sanglante, immonde, nourrie par les vices des démons les plus abominables qui peuplaient l’enfer. Mais trois garagistes bedonnants, ce n’était pas vraiment le genre de sacrifice que l’on attendait, dans le monde d’en bas. Et surtout, c’était un soutien indéniable, qui donnerait à Jared la force de résister.

« Je vais m’en aller. » Acheva le démon, sortant une main de sa poche. « Mais j’espère vous revoir sous peu. » Nuança-t-il dans un sourire. « Après tout, il est si rare de croiser des compatriotes en ces lieux. »

Le démon enfourcha alors sa moto, ne se donnant pas la peine de mettre un casque. Il passa la première vitesse en quelques millisecondes, et démarra en trombe, quittant le garage par le grand store ouvert. Alors qu’il roulait à travers les rues, le beau diable songeait à ce qu’il allait faire ensuite. Il lui faudrait sûrement se rendre en enfer, pour faire part de ses trouvailles à Lucifer.

Quelque chose lui disait qu’il n’avait pas fini de devoir s’impliquer dans le tissage des fils du destin. Quelque chose lui disait qu’il avait encore un rôle à jouer dans l’ascension du Dernier Prince.

Pour l’instant, direction le parking, puis le portail vers les Enfers.
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« Répondre #6 le: Janvier 27, 2014, 05:26:14 »

Les choses se tassaient enfin avec cet espèce de fils de pute menaçant qu'était Connor. Jared se félicitait intérieurement d'avoir élévé la voix tout en roulant des mécaniques, puisque le texan avait semblé rapidement revenir à de meilleurs sentiments quand son vis-à-vis avait joué les durs. Pour Nomak, Connor avait seulement l'habitude de sortir sur numéro à quelques jeunes qui s'y laissaient prendre et avait pour la première fois trouvé de la résistance à son jeu de scène certes bien rôdé mais finalement assez fragile. Il avait donc suffit que Jared fasse le gros dos pour que Stephen réalise qu'il avait affaire à un de ces gars à-qui-on-ne-la-faisait-pas, ce qui lui avait coupé l'herbe sous le pied.
Voilà en substance comment le garagiste s'expliquait le changement d'attitude de Connor. Quant aux ombres qui avaient clairement dansé sur les murs, Jared préféra estimer qu'il été simplement trop fatigué pour s'enfiler une grosse rasade de bière comme il l'avait fait et que ça lui jouait des tours. C'était une raison somme toute bancale, mais Jared n'avait pas besoin de plus.

Néanmoins, Connor avait de la suite dans les idées et avait enchaîné sur une petite tirade à la con comme on pouvait en lire dans les romans ou en entendre dans les films. J   ared, que son manque d'éducation et d'intêret pour des choses un peu éloignées de son quotidien très ordinaire avait rendu très rationnel, n'accorda aucune espèce d'importance au discours. Pourtant, sans qu'il ne le comprenne, les paroles de Stephen sonnaient justes. Comme si c'était quelque chose qu'il savait déjà ou que d'une certaine façon il avait envie d'entendre. Si Stephen avait le loisir de continuer à dégueuler ses sentences sybillines, il aurait été possible que Jared se prenne à les écouter avec une attention non-feinte. Mais les autres mécanos étaient arrivés et si l'inconscient de Nomak avait un instant basculé vers le Seuil entre le réel et l'astral, leurs voix fortes et leurs présences imposantes l'avaient ramené fermement sur Terre. Même les visions de ses cauchemars s'étaient alors dissipées et l'ex militaire avait retrouvé une contenance dont il était coutumier, bien qu'une sensation détestable lui vrillait encore l'estomac.

- T'sens pas obligé de revenir, fils. Pigé ?

Le ton était menaçant, comme l'atitude de Jared. Quant à ses collègues, ils le connaissaient assez pour comprendre que Nomam ne proférait pas ce genre d'avertissement voilé sans raison. Leurs postures à ses côtés indiquèrent qu'ils se rangeaient avec lui et surtout qu'il était temps pour Connor de foutre le camp.

Il ne lâcha la Yamaha des yeux que lorsqu'elle disparut au coin de la rue, ramené à la réalité par quelques tapes amicales sur son épaule. D'ici quelques jours, Nomak aurait oublié l'incident même si le regard flamboyant de Connor n'aurait de cesse de lui revenir en tête tandis qu'il cauchemarderait plus fort que jamais.

D'un geste mécanique, Jared rangea la Béhérith sous son haut et aida ses collègues à fermer le garage. Une légère mais entêtante odeur de soufre le poursuivrait néanmoins tout le reste de la soirée, lui laissant le ventre noué.

******

San San Beach était, de l'avis de tous les convives, une des plus belles plages de Jamaïque. L'île était assurément un paradis pour touristes dès lors qu'on en louait un petit bout et c'était tout à fait ce qu'avaient fait la bonne centaine de personnes qui se pressaient ce jour là autour des quatre généreux barbecue qui crépitaient sous un soleil radieux et un ciel des plus cléments tandis que les enceintes crachaient du reggae sur la plage où couraient quelques mômes joueurs. Jared était à mille lieux de Seikusu et des événements du garage, qu'il avait d'ailleurs oublié depuis un moment. Deux ans à préparer ce séjour en Jamaïque avaient aidé à passer outre un passage de sa vie que le garagiste avait décidé de classer comme "anecdotique" dans l'une des cases de sa mémoire.

Tout avait pourtant commencé un peu après le passage de Connor chez Todd's, quand il avait rencontré une délicieux brunette au hasard d'une sortie en ville. Les deux avaient rapidement sympathisé pour que finalement leur bluette romantico-sexuelle ne devienne une affaire des plus sérieuse, au point que Nomak était tout bonnement tombé sérieusement amoureux de la donzelle. Elle avait accepté ses nuits agitées et son manque de fantaisie tout en le poussant reprendre contact avec la plupart des gens qu'il avait rencontré durant ses pérégrinations autour du globe. "Pourquoi pas ?" avait pensé Jared avant que le projet ne se construise de plus en plus sérieusement pour déboucher sur un séjour de retrouvailles générales en Jamaïque. Aidé par sa compagne, tout avait semblé incroyablement facile pour Jared et la vie lui avait semblé un peu plus douce. Lui qui se contentait toujours de peu s'était surpris à vouloir toujours plus : le flirt ne lui avait rapidement plus suffit et il avait insisté pour passer à la vitesse supérieure, puis avait trouvé que son appart' était trop petit, sa vie trop miteuse. Il enviait la jeunesse des autres alors que sa quarantaine s'écoulait toujours un peu plus, il avait envié l'argent de celui-là, le talent de celui-çi... C'étaient là les affres de son Péché, que Jared avait œuvré à combler à force d'efforts qui s'étaient avérés payants. Sa situation s'était améliorée de façon assez conséquente et il estimait que tout allait pour le mieux pour lui.

D'amérique, du Japon, d'Europe et parfois d'ailleurs, ses amis avaient répondu à l'invitation de cette semaine de rêve. Tout un coin de plage leur avait été dédié et quelques maisonnettes accueillaient les invités et leurs familles, quand tout le monde ne se réunissait pas pour les repas et autres activités de groupe. La belle vie, à n'en pas douter.

C'était d'ailleurs ce qu'il évoquait dans le baiser qu'il imposa à sa compagne tandis qu'il lui ramenait une salade composée avant de s'ouvrir une bière pour trinquer avec les personnes alentours dans de tonitruants éclats de rire. Le pantacourt en lin et la chemise ouverte lui allaient mieux que le bleu de travail, même si la Béhérit était à la vue de tous. Bah, il disait simplement qu'il s'agissait là d'un bijou fantaisie, ce qui n'était d'ailleurs pour lui pas tout à fait faux.

- Je n'échangerais tout ça pour rien au monde, glissa t'il à sa brune en lui caressant tendrement la nuque. Pour rien au monde.

Cette résolution, bien qu'il était à des lieues de s'en douter, aurait bientôt à être vérifiée.
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« Répondre #7 le: Janvier 29, 2014, 09:05:20 »

« Il n’avait pas l’air prêt. Je ne l’ai pas poussé à activer le Béhélit. J’ai faillis. » Admit humblement la voix du démon, lequel se tenait baissé, un genou sur le sol.

Lucifer sourit, quittant gracieusement le confort de son trône. Sa longue chevelure argentée serpentait gracieusement derrière lui, comme poussée par une brise fraiche, sans qu’aucun courant d’air ne vienne pourtant déranger la scène. Quelques bruits de pas résonnèrent, alors que les bottes marron du Malin claquaient sur la pierre des marches. Il descendait les escaliers de son trône surélevé, arrivant jusqu’à Stephen.

Très lentement, le Grand Duc releva la tête, observant son Père d’un air étonné. Il semblait impossible que le Maître du Néant daigne accorder sa somptueuse aura à un fils dans l’échec. Pourtant, la main rassurante du Diable se posa sur le crâne de son humble serviteur et enfant, qui ferma les yeux, poussant un soupir de soulagement.

« Relève-toi. Tu n’as point failli. » Lucifer marqua un bref arrêt, le temps que son fils se relève. « Certains projets se nourrissent de patience et de temps, et tu as planté les graines d’un projet qui nous rendra complets. Le dernier de mes enfants nous rejoindra bientôt. » Termina le Père, de la fierté dans la voix.



Doucement, Stephen rouvrit les yeux. Cela devait faire à peu près deux ans qu’il avait eut cette conversation avec son Maître. Depuis, rien de nouveau n’était apparu, sur le sujet du dernier des Princes. Et, chaque jour, le beau diable y pensait, se demandant s’il n’avait pas bel et bien échoué. Mais dans le fond, il savait qu’il avait bien fait, que l’on ne peut changer le destin, dans la toile indestructible des fils de la causalité.

Un bruit de cloche, très fin, résonna aux oreilles du Grand Duc. Ses yeux s’écarquillèrent. Il venait d’achever sa méditation, dans sa demeure, au Palais Infernal. Pas besoin de parler, pas besoin de bouger, il savait ce qu’était ce son. Lucifer allait lui parler, sous peu. Finalement, et au bout de quelques seconde, la voix délicieuse du Malin résonna, dans les oreilles de son fils.

« L’heure est venue. Ce soir, le ciel sera nappé de rouge et de noir. J’ouvrirai le portail, pour toi. » Murmura la voix de Lucifer, présente seulement dans l’esprit du fils.

Acceptant silencieusement l’ordre, Stephen se leva. Derrière lui, un portail venait de s’ouvrir. Le démon n’aurait jamais pu reconnaître ces lieux. Une plage tropicale, splendide. Mais dans le fond, le beau diable savait que cette mer bleue se trouverait bientôt teintée d’un rouge carmin, et que le sol serait nourrit par la chair des cadavres. Que s’amorcent les premiers pas vers le Sabbat.

D’un claquement de doigts, le démon se para d’atours appropriés. Un bob blanc, un short bleu, et une chemise qui mélangeait les deux couleurs, entrouverte. Voilà une tenue qui était des plus étranges, pour déclencher une orgie démoniaque. Mais qu’à cela ne tienne. Ajoutant d’épaisses lunettes de soleil à sa panoplie, le démon traversa le portail.

Il apparut, sortant du vide, dans un petit endroit isolé, caché par des rochers. Maintenant, restait à pister la trace de Jared Nomak. Stephen n’était pas sûr que l’on puisse atteindre assez de désespoir pour invoquer le Béhélit dans un lieu si idyllique, mais il comptait bien y veiller. Quelques brèves inspirations permirent au monstre de trouver le chemin de la plage, et surtout, l’odeur familière de l’artefact démoniaque, l’odeur de l’Œuf du Roi Conquérant.

En quelques foulées, le beau diable s’approcha. Son pas était hésitant, car il ne voulait pas échouer, cette fois-ci. Il faudrait que le démon trouve un moyen efficace de s’approcher de Jared, sans éveiller ses soupçons. Comment faire, d’un cadre aussi plaisant, un tableau d’enfer. Une odeur familière monta alors aux narines du mâle, qui tourna lentement son visage vers la provenance de cette fragrance.

Il la vit, elle, au milieu de ce décor. Et, aussi simplement qu’il ressentait sa présence, elle devait savoir qu’il était là.

« Mélisandre. » Soupira le Grand Duc, qui posa sa main sur l’épaule de sa subordonnée. « Qu’est-ce que tu fous ici? » Demanda le démon, sourcils froncés, yeux énervés, derrière ses lunettes opaques.
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« Répondre #8 le: Janvier 30, 2014, 05:22:14 »

Vu d'en bas, le ressac évoquait l'ondoiement soyeux d'une plaine azurée. Les traits de lumière perçaient la surface et s'évasaient en diffusant leur clarté limpide sur le fond marin, conférant à l'eau claire les facettes miroitantes et précieuses d'un joyau bleu. Parmi les bouquets florissants de coraux, des bancs de poissons bigarrés s'épanouissaient allégrement sans se formaliser de l'ombre planant au-dessus de leur grouillement moiré. Mélisandre ondulait voluptueusement, offrant à son corps les caresses de l'onde tiède, les monts et les vallées de sa nudité filamentés de reflets argentés comme s'il s'agissait d'écailles opalines. Elle s'immisça dans le ballet sous-marin avec la grâce outrecuidante d'une femme sans entraves puis remonta d'une poussée à la surface, la trouant d'une profonde inspiration. Modelées par le zéphyr, les vagues tropicales s'échouaient sur la plage, la frangeant d'écume, faisant mousser son rivage solitaire. Les baigneurs se méfiaient de cette portion de l'île ceinturée par la barrière de corail. Quant-à la grève en elle-même, elle s'avérait trop sauvagement excentrée des complexes touristiques pour les attirer. Ses longs cheveux se déployant dans son sillage, l'exquise corruptrice rejoignit la terre ferme en quelques brassées. Elle y retrouva ses effets, à savoir un long paréo ocre agrémenté de petits palmiers verdoyants qu'elle rafla au passage. Puis elle longea la frontière mouvante entre terre et mer d'une démarche déliée, nue comme à son premier jour, exposant l’enchevêtrement de sa crinière sombre aux caprices de l'alizé. Une fois que la chaleur cuivrée du soleil eut achevé de la sécher, elle se drapa de l'étoffe et la noua derrière sa nuque.

Sa rencontre avec Jared remontait à plusieurs années. Elle ne l'expliquait pas autrement qu'avec l'aura profondément démoniaque qui nimbait le Béhélit. Ca n'avait rien eu de fortuit, selon la belle, pour qui les voies infernales restaient alors impénétrables. Bien qu'à l'époque elle se tînt encore rigoureusement en retrait des affaires d'en-bas, elle n'avait pu résister à la tentation de demeurer dans l'obscur paysage de cet homme destiné à régner. Désormais, le contexte s'avérait légèrement différent puisque la brunette jouissait du statut de Marquise et de prérogatives bien plus alléchantes aux Enfers. Néanmoins l'attraction qu'elle éprouvait pour Nomak et la promesse suspendue autour de son cou avait perduré, intacte.

San San Beach accueillait l'heureuse effervescence des retrouvailles de son cercle d'amis. Elle reconnaissait la plupart, notamment ceux qu'elle avait côtoyé au contact de Jared au fil du temps. Elle localisa ce dernier auprès de sa compagne, s'arrangeant pour capter son regard le temps de lui adresser un ravissant sourire. Se frayant par la suite un chemin jusqu'au buffet, elle préleva une brochette de fruits exotiques, laquelle se porta nonchalamment à sa bouche. C'est alors que le duvet de sa nuque se hérissa, déclenchant un incompressible frisson à sa base. Mélisandre suspendit son geste. Il était là. Elle percevait sa présence mieux que n'importe laquelle à présent.

Elle mordit farouchement dans une rondelle d'ananas et ne sursauta pas au contact possessif de sa paume contre son épaule, dont elle se débarrassa d'une saccade, se retournant dans la seconde. Elle se pourlécha les lèvres pour y récolter le jus frais et luisant qui les imbibait, l'œil flamboyant comme il se posa sur lui. La physionomie du démon trahissait les prémisses de sa colère. Ayant appris à la redouter, la féline fit un pas vers lui, se pressant doucement contre son buste, avant tout.

" Maître " glissa-t-elle, soupirant au creux de son oreille, aimant à manipuler ce nouveau mot selon son humeur et ses envies.

Une fois n'est pas coutume, il fut prononcé avec légèreté, mutin et savoureux dans sa bouche. Puis elle brisa leur proximité le plus naturellement du monde, réintégrant sa position initiale. Elle fit coulisser ses lèvres le long de la pique et retira un cube de melon qu'elle goba. Puis elle considéra un peu mieux l'accoutrement de son petit seigneur, finissant par arborer une moue critique parachevant son examen.

" Le carton d'invitation ne mentionnait pas de barbecue costumé. Mais vous êtes quand même venu déguisé en touriste ? "

Un sourire accompagna sa remarque, puis elle jeta un regard fugace à Jared, plus loin, qui justifiait sans doute sa venue. Le fait que Connor se grimât de la sorte indiquait simplement qu'il était susceptible d'être reconnu. Soit que les deux hommes avaient déjà eu l'occasion de se confronter, par le passé.

" Il ne m'a jamais parlé de vous. Pourtant vous êtes homme à apposer sa marque. Dans l'esprit ou ailleurs. "

Derrière la désinvolture apparente de l'Indocile, cette dernière se doutait naturellement des enjeux. Se souvenant bientôt de la question soulevée, Mélisandre pivota vers les entremets disposés sur la table en les englobant d'un geste fluide. 

" Je mange des fruits. Vous en voulez ? "

Elle illustra son propos en achevant de grignoter ses propres douceurs. Une enfant approcha, le pas sautillant, cheveux hirsutes et noirs, teint basané, yeux bleus saisissants. La diablesse sembla se raidir imperceptiblement tandis qu'elle dardait sur elle son regard sombre. Lorsque la fillette fit mine de tendre les doigts pour cueillir la dernière brochette de fruits plantée dans une noix de coco, la jeune femme épingla sa main sur la table, perforant les fragiles articulations de sa pique. Un hurlement juvénile déchira les tympans des convives. Mélisandre retira sa lance improvisée, poisseuse de sang, puis suivit froidement la course de la gamine qui alla se loger dans les bras éplorés de sa mère. Quand tout commencerait, elle serait sans doute aux urgences. Loin de cette plage. 
Un silence pesant s'installa.
 
" Permettez-moi de vous reposer la question. Vous en voulez, ou non ? " insista la brunette, fauchant la brochette rescapée de son socle pour la lui tendre.
« Dernière édition: Janvier 30, 2014, 05:53:34 par Mélisandre Cairn » Journalisée

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« Répondre #9 le: Janvier 30, 2014, 06:33:20 »

Une bière à la main et celle de sa compagne dans l'autre, Jared se contentait de profiter. Lui et sa brune étaient attablés avec un couple d'amis japonais et une haïtienne qui avait acceuillit Jared chez elle quand il avait eu besoin d'un logement. La même femme qui lui proposerait un petit boulot chez une vieille sorcière de l'île, dans la demeure de laquelle Nomak récupérerait la Béhérith. Pour l'heure, l'américain n'était pas à chercher des traces de la causalité dans les évènements qui avaient mené à l'évènement San San Beach mais plutôt à croquer une wing's de poulet pour accompagner la mousse entre deux éclats de rire. Alors qu'il en achevait un de bon coeur, ses yeux dérivèrent un instant pour embrasser le paysage et il rencontra le sourire de Mélisandre. Complice, Jared le lui rendit bien volontiers tout en lèvant sa bière comme pour trinquer. Il ne l'inviterait toutefois pas tout de suite, pas en présence d'Olivia, la femme qui partageait son lit. Elle aurait vite compris que Mel' avait été pour Jared plus qu'une amie et Nomak ne comptait pas se pourrir le séjour en encaissant les accusations d'Olivia -des plus justifées, par ailleurs- sur l'intêret réel qu'il nourrissait pour Cairn. Estimant que Mélisandre le connaissait assez pour comprendre la situation, Jared ne lui témoigna pas plus d'intêret que ça et feignit une relative indifférence.
C'eut été bien joué si il n'avait pas littéralement sué d'envie en regardant la brunette qui s'était dirigée vers le buffet. Mais de toute façon, quel genre d'être pouvait reconnaître une exalation pécheresse des plus viles ? Le change fut donné aux représentants de l'humanité alentours et Jared abandonna la silhouette gracile avec autant de furtivité que celle-çi avait démontré pour se poser devant son champ de vision.

Manque de chance, Olivia n'était pas aveugle. Sous prétexte de demander à Jared de l'aider pour mettre à cuire quelques ribs, elle l'entraîna vers un des barbecues pour lui réclamer quelques comptes. Nomak se défendit de son mieux, prétendant qu'il ne comptait pas aller spécialement à sa rencontre et qu'elle était certainement venue accompagnée. D'ailleurs, ne semblait-elle pas complice avec ce type au bob avec qui elle discutait devant l'étalage d'entremets ? Vaguement rassurée bien que suspicieuse -une femme amoureuse l'est toujours un peu- Olivia n'eut guère le loisir d'étaler de nouveaux arguments.
Le cri enfantin avait été si strident, si évocateur de douleur que tout le monde s'était figé et que le DJ avait même baissé la musique, laissant ainsi l'assistance apprécier d'autant plus des pleurs de détresse de la gamine et ceux d'inquiétude de ses parents.

Comme il fallait s'y attendre, Jared s'était rué vers la petite dans une belle foulée athlétique et avait déchiré rapidement sa chemise pour faire de ses lambeaux des bandages de fortune. C'était une blessure assez moche, que la gosse ne pouvait pas s'être faite seule. Peut-être en jouant ? Il ne servait à rien de lui demander. Elle pleurait à chaudes larmes, sous le choc de la douleur qui devait vriller sa petite main dégoulinante d'un sang que Jared tentait au mieux de contenir.

- Appelle les secours, ordonna t'il sèchement à Olivia.

La brune se saisit de son mobile, pendant que la petite assemblée se posait des questions. Que s'était-il passé ? Comment ? Personne n'en savait rien, mais Jared avait remarqué qu'elle se contractait de peur quand son regard tombait sur le buffet devant lequel Mélisandre et son compagnon se tenaient. Il irait voir au plus vite, mais la fête devait continuer.

- C'est une vilaine plaie, mais les pompiers arrivent ! Ne vous inquiétez pas ! Les enfants, allez peut-être un peu jouer dans l'eau le temps qu'on regarde si ce n'est pas un bout de verre dans le sable qui a blessé Lola.

La dizaine de gamins hésita, probablement impressionnée par le sang qu'on voyait imbibé le tissu qui pansait grossièrement la main de Lola. Deux couples de parents un peu plus réactifs que les autres eurent la présence d'esprit de les entraîner au loin, suivant l'idée de Jared pour les faire aller barboter. Le DJ remit un peu timidement la musique et l'ambiance se détendit un peu alors qu'arrivaient quelques minutes plus tard les secours. Ils prirent en charge Lola pour l'emmener à l'hôpital en compagnie de sa maman et l'histoire s'arrêta là. Olivia s'ouvrit une bière pour évacuer les dernières notes de stress et Jared se dirigea vers Mélisandre.
Tant pis si Olivia se posait des questions, Nomak voulait s'assurer que sa vieille amie n'était pour rien dans la mésaventure de Lola. C'était fou de seulement penser qu'elle pouvait être responsable, et pourtant... quelque chose ne lui plaisait pas. Jared espérait que la voix douce de Mel' saurait dissiper ses doutes. Ça et la vue du dessin de ses seins fermes sous l'étoffe légère de son paréo.

Au moment même où il allait poser sa main sur le bras de Cairn, un frisson violent lui parcourut l'échine et le stoppa dans son mouvement. Alors qu'un irrépressible sentiment de malaise lui noua le ventre et qu'il lui sembla fugacement que le barbecue tout près sentait le soufre, plusieurs hurlements d'horreurs retentirent.

Les enfants.
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Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #10 le: Janvier 30, 2014, 09:07:42 »

Stephen observa durement Mélisandre. Qu’est-ce qu’elle foutait ici ? Le beau diable hésitait grandement. Peut-être était-elle présente en ces lieux à l’occasion d’une demande de Lucifer. Après tout, c’était tout à fait dans le genre du Père des Démons, que de tendre de petits pièges à ses enfants. Sans doute le Déchu devait-il trouver une source d’amusement à de tels petits jeux.

Et, comme à son habitude, l’Indocile se montrait féline et joueuse. Son maître était à la fois charmé et énervé par ce petit spectacle. Il la laissa volontiers se plaquer contre lui, toutefois, appréciant ce corps délicat sur sa musculature rugueuse. En seule réponse à cette provocation, le mâle ondula délicatement contre les courbes sensuelles de son amante. Le Grand Duc parvint difficilement à conserver son air sérieux.

« Garde tes déhanchés pour le Sabbat, insolente. » Répondit le maître d’un ton joueur.

Vérifiant que personne ne regardait, il se saisit du menton de la jeune femme, passant son pouce sur ses lèvres humides. Il porta ensuite son doigt à sa propre bouche, profitant des petits restes de jus d’ananas, ainsi que de la saveur fruitée des lèvres de Mélisandre. Finalement, il se dégagea de l’emprise charnelle de son amante, en même temps qu’elle.

Ne pas se rendre plus suspect, pas pour le moment.

Stephen ne put réprimer un sourire, lorsque sa subordonnée lui présenta les faits évidents. Il observa la brochette de fruits, sans un mot.

« Nous savons tous deux que tu n’es pas là que pour ça. »
Gronda le beau diable, observant un instant Jared, qu’il suivait à l’odeur de son pendentif.

Derrière ses lunettes, impossible de savoir ce qu’observait le démon, bien que cela fut évident, il n’eut d’ailleurs pas le temps de s’occuper d’élaborer un plan, qu’une petite fille s’approcha de la table. Ni une, ni deux, et alors que le maître tournait son visage vers le futur petit sacrifice ambulant,  Stephen vit la pique de Mélisandre perforer la main de la gamine. Il écarquilla les yeux. Etait-elle folle ?

Ce à quoi pensa immédiatement le Grand Duc, ce ne fut pas la possibilité de se trouver découvert, mais bien que la jeune Indocile venait d’amputer la cérémonie d’une famille entière. Discrètement, le maître se saisit de l’avant-bras de son amante. Elle ne pouvait certainement pas voir les yeux ambrés de son mâle, teintés de colère, mais elle pouvait indéniablement ressentir le regard furieux du monstre sur elle.

Un simple regard en arrière permit à Stephen de voir Jared qui s’approchait, non sans avoir discuté avec le petit groupe d’enfants qui observait la scène. Le démon sourit. Ce grand gaillard aimait prendre soin des mioches, alors ?

« Je m’éclipse, j’ai une cérémonie à préparer. » Murmura le Grand Duc, en tirant sa révérence, ôtant son bob pour le remettre de suite. « Distrait le Porteur. » Ordonna le monstre, en s’approchant du groupe d’enfants. « S’il demande quoi que ce soit, je suis garde-côtes, et tu ne connais pas mon nom. » A ces mots, il embarqua la dernière brochette de fruit, la dégustant sur le chemin.

Stephen observa à droite, puis à gauche. Pas de signe d’un gardien pour la plage. Il faut dire que Jared faisait un excellent travail, et que la plupart de ses amis étaient relativement athlétique. Autrement dit, tous pouvaient se substituer à une garde maritime.

Finalement, il y eut un grand bruit, un cri déchirant. Le beau diable craignit que son plan ne se soit mis en branle trop tôt, mais il fut bien vite rassuré. C’était un gamin qui venait de se faire piquer par une méduse. Sa peau était salement enflée au niveau de la jambe et du pied droit. Stephen se redressa rapidement, faisant signe aux adultes que tout allait bien. L’ambiance revint, une nouvelle fois.

Mais, le Grand Duc avait besoin de temps, et de calme. Il serait donc de son ressort de gérer l’afflux des enfants sur la plage. D’un rapide claquement de doigts, le monstre fit apparaître un sifflet autour de son cou, c’était tout ce qu’il lui fallait, après tout. Se postant devant l’étendue d’eau pour adopter une pose pleine d’assurance, le démon fit signe aux parents de lui laisser la garde des marmots.

Certains ne semblaient pas convaincus, mais le démon murmura quelques paroles, qui manipulèrent leurs cerveaux de mortels, les poussant à s’écarter, à retourner à la fête. Un sourire s’afficha sur les lèvres du monstre, alors qu’il se tournait vers les enfants. D’adorables, très aimables petits pions, des sacrifices de choix.

« Vous voulez jouer à un jeu, les enfants ? On pourrait essayer d’attraper de gros poissons. » Annonça gentiment l’affreux démon, en se penchant vers le groupe de bambins qui s’approchait.

Comme un banc de poissons dans un filet tendu.

Une brise souffla, une brise que seule Mélisandre pouvait ressentir et entendre. Et ce souffle délicat semblait lui demander de retenir Jared, encore un peu plus longtemps. La présence de l’Indocile pouvait être une bonne chose, finalement.

A croire que les voies de Lucifer sont impénétrables.
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« Répondre #11 le: Avril 15, 2014, 07:11:18 »

Mélisandre esquissa un geste mesuré et lent –tout en contraste avec ce qu’elle venait de faire- pour déposer le bâtonnet englué de sucs et de sang sur la nappe immaculée. Pas un de ses doigts graciles n’avait été poissé. Pourvue d’une assurance impassible, la jeune femme rencontra le reflet des lunettes noires sans manifester de nervosité particulière. Connor serrait son bras, mais la bienséance voulait qu’il la relâche très vite. Inhabituelle. C’était peut-être le mot pour définir l’attitude de la diablesse répugnant d’ordinaire à avoir recours aux effusions de sang. Si les motivations de son geste lui semblaient on ne peut plus claires et limpides, les exposer tout haut ne lui vînt pas même à l’esprit. Ce n’était pas du mépris, mais une forme étrange de pudeur. Quoiqu’il en soit, tout ceci serait mis sur le compte de son imprévisibilité et tout irait pour le mieux.

« Vous êtes bien placé pour savoir qu’on ne s’interpose pas entre un démon et ce qu’il convoite », susurra-t-elle, épongeant d’un sourire badin l’écart commis.

Et en parlant de convoitise, le regard charbonneux de la belle érafla la silhouette râblée de Jared qui approchait. Elle attendit que le garde-côtes mette les voiles pour aborder le Porteur d’une œillade pétillante et suave. La tension avait grimpé d’un cran chez la plupart des convives suite à l’incident, mais rien chez elle n’indiquait le moindre trouble. Au contraire, la féline paraissait très décontractée, campée près du buffet, nonchalante, à un point qui en devenait presque inapproprié. Fortuit ou non, un rayon de miel filtrait à travers les motifs du paréo, auréolant de manière transparente le dessin impeccable de sa silhouette. Ses tétons sombres pointaient effrontément sous l’étoffe face à l’homme. L’anxiété, –le doute ?-, avait durcit les traits matures de son visage, faisant saillir les muscles de sa mâchoire. Mélisandre sourit alors, innocente, douce, mais les prunelles si sombres, si opaques… Elles semblaient accaparer l’attention de Nomak. L’engloutir et le sonder tout à la fois, faisant émerger une part de sa véritable nature, prédatrice. Es-tu prêt ?

« Bonjour, Jared. »

Des cris juvéniles interrompirent leur rapide tête à tête, contraignant la diablesse à tourner la tête en direction de la plage. Sur le rivage, elle reconnut le cadavre d’une méduse emplâtrée de sable, objet d’expérimentation cuisante pour les plus téméraires. Son maître quant-à lui jouait son rôle à la perfection, procédant étape par étape. Le voir coordonner une colonie de marmots lui fit dresser un sourcil vaguement goguenard. Il ne brillait pas particulièrement par sa patience, d’ordinaire. Son petit cul s’en souvenait encore d’ailleurs. Un léger souffle fronça les bords de son paréo, la faisant imperceptiblement frissonner, puis esquisser l’ombre d’un sourire.

Lorsqu’elle en revint au grand brun, ses paumes tièdes épousèrent l’ovale de son visage en une caresse délicate. Sous ses doigts, elle sentit la rugosité de sa barbe naissante. Le moment dura une poignée de secondes, fugace, et Mélisandre approcha, survolant la bouche masculine de la promesse d’une étreinte humide. Puis, décidant de l’exaucer, elle glissa une main ferme derrière sa nuque, s’emparant des lèvres de Jared, le maintenant en place le temps de goûter à sa langue et d’y répandre son propre parfum. Elle déposa un tendre baiser sur l’ourlet de sa bouche pour clore l’instant, soupirant.

« J’espère que tu te souviendras de moi » glissa-t-elle chaudement à son oreille avant de se détacher.

Et, tandis qu’elle s’éloignait avec l’indolence d’un grand fauve sur la plage, laissant dans son sillage l’empreinte de ses pieds nus, Olivia fondait sur son amant, sur le point de le gifler, ivre de fureur et malade de jalousie. Meurtrie. De quoi occuper Jared un moment, en somme.
« Dernière édition: Avril 15, 2014, 07:17:25 par Mélisandre Cairn » Journalisée

Jared Nomak
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« Répondre #12 le: Avril 15, 2014, 08:21:39 »

Certaines femmes sont belles et donnent ses lettres de noblesse au mot attirance. On pouvait dire de certaines qu'elles étaient "bonnes", formatées et modelées pour correspondre à des standards d’hyper-sexualisation sans âme réelle. Le bistouri faisait des merveilles sur des corps plus vraiment naturels et photoshop achevait de constituer une féminité toujours plus éloignée de la réalité. Pourtant, il n'était pas impossible de continuer à croiser de belles femmes naturelles dont le charme original faisait tout l'attrait. Belles et désirables avec leurs défauts, elles s'en trouvaient sublimées en comparaison de créatures fantasmées bien trop sexuées. Mélisandre Cairn était, pour Nomak, un cran au-dessus de tout ça. L'attirance qu'il ressentait pour elle ne s'expliquait pas uniquement par l'harmonie de ses courbes sculptées par un Michel-Ange de la génétique. Son attrait ne tenait pas uniquement dans la fermeté de ses seins ou le volume agréable de ses hanches fécondes. Son sex-appeal ne se limitait pas au dessin gracieux de son visage ou à celui,  bien plus sulfureux, de son séant ferme. Elle dégageait quelque chose de différent, d'intense et animal. D'un peu pervers également, assurément. Jared n'était pas assez instruit pour mettre le doigt sur le mot exact. "Aura". Celle de Mélisandre emplissait l'environnement dans lequel elle se trouvait, captant les attentions les moins avouables et les regards associés. Et personne sur San San Beach n'aurait été capable d'associer l'aura de l’intriguante brune aux flammes de la pénitence, qui laissaient s'échapper en crépitant une écœurante odeur de soufre.

La poussée de désir que Jared ressenti envers celle qui s'apprêtait à aborder devait être palpable tant elle fut intense quand le soleil lécha le fuselage agressif de l'engin Cairn. Si il ne s'était trouvé personne sur la plage, Nomak l'aurait sûrement prise à même la table des entremets en abusant de sa force et sans lui ôter le paréo qui la sublimait de son voile fin. Et l'homme aurait été possiblement bien troublé en lui tombant dessus si un hurlement n'avait pas retenti à la seconde où il l'approchait, captant son attention et alertant ses sens. Heureusement, le cri strident qui avait percé l'ambiance encore un peu tendue après l'accident de Lola n'était qu'une fausse alerte. Une pîqure de méduse, rien de bien méchant. L'incident eut l'avantage de ramener Jared à des sentiments plus chastes envers la brune.

Quand la main de l'Indocile avait-elle épousé la dureté de son visage marqué ? Et pourquoi se laissait-il ainsi faire, ses yeux plongés dans les siens sans pouvoir les abandonner pour retrouver un semblant de contenance ? Jared savait pourtant qu'Olivia regardait et que le poids de ses reproches muets et pourtant cinglant pesait de plus en plus lourd sur ses épaules larges. Quand sa paume trouva instinctivement le chemin vers les hanches de la brune, l'humain ne le réalisa pas. Le temps se retrouva suspendu aux lèvres de l'Indocile avant que cette dernière ne daigne les apposer sur celles de Jared, qui ne résista pas vraiment à l'assaut. Mieux, il allât chercher la langue de Cairn pour approfondir le baiser sans qu'elle lui refuse. Ce fut elle qui mit fin à l'instant coupable, laissant sur le cul un Jared encore sous le coup de ce qu'il venait de faire. La culpabilité lui vrilla l'estomac si fort qu'il ne fut pas capable de répondre à Cairn quelque chose de réellement intelligible, se contentant de balbutier un "Je... oui, oui.... d'accord" tandis qu'il la regardait s'éloigner, impériale et sublime.

Il n'entendit pas Olivia arriver, mais sentit sa main manucurée le forcer à se retourner. Sa joue fut frappée si fort que la femme bafouée avait dût s'en faire mal à la main en le giflant, et son oreille résonnait du choc dispensé. Elle l'insulta de tous les noms, comme elle insulta Cairn. Une seconde fois elle gifla son compagnon infidèle, faisant monter sa voix dans les aigus tant elle forçait dessus. Jared ne réalisait pas bien. Olivia qui hurlait qu'il était un fils de pute qui l'avait humiliée devant tout le monde, qu'il était une ordure de la pire espèce tout autant qu'un enculé indélicat. Olivia qui commença à céder à l'hystérie en commençant à vouloir le griffer au visage, chose qu'il l'empêcha de faire en la maîtrisant d'une poigne ferme. Olivia qui ne cédait en rien, rouge de fureur et ivre de douleur. Les badauds s'attroupaient autour d'eux, certains cherchant à les séparer et d'autres jugeant les actions des protagonistes. Jared était-il un mâle, un vrai de vrai, ou un extraordinaire enfoiré qui portait les couilles de son adultère sur la scène de ce petit public divisé ?

Le débat aurait sûrement à animer encore un peu les conversations, le temps au moins qu'on parvienne à séparer une harpie d'un pauvre type qui ne savait pas comment réagir. La confusion noyait la réflexion de Nomak, qui réalisa en retenant le poignet d'Olivia que la Béhérit semblait lui brûler la peau. Curieux comme l'esprit pouvait s'attarder sur des choses insignifiantes dans les pires situations.
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Stephen Connor
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Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #13 le: Avril 18, 2014, 10:20:26 »

Lorsqu’un démon propose une partie de pêche, il n’est pas rare que l’hameçon s’avère être la jambe d’un malheureux, et que le poisson se montre sous la forme d’un colossal requin blanc. En l’occurrence, c’étaient là les projets de Stephen. Qu’il doive trouver un moyen de pousser Jared à invoquer son Béhélit ne souciait guère le démon.

Dans ce monde, tout découlait de la simple causalité, et une règle inviolable était : quiconque entre en possession d’un Béhélit, l’utilisera, tôt ou tard. Accepter la cérémonie n’était pas une obligation, mais le destin rendait les hommes incapables d’échapper à un tourment de terreur et d’angoisse. Quiconque possédait un des Œufs Maudits finirait misérablement sa vie.

Et, telle la lumière au bout du tunnel, le Béhélit offrirait à son possesseur la mort libératrice. Une réincarnation sous une forme à la puissance inimaginable. Surtout pour un porteur du Béhélit Pourpre, la place du dernier siège, du dernier trône infernal. Stephen allait enfin observer cette cérémonie pour la première fois, et il en trépignait d’impatience ;

Mais la pièce se devait d’être parfaite. Mélisandre avait déjà causé plus de soucis qu’elle n’avait aidé son maître, et ce dernier ne comptait pas repousser encore le moment du Sabbat.

« Des poissons gros comment ? » Demanda innocemment l’un des sacrifices sur pattes.

Stephen sourit, rajustant ses lunettes de soleil sur son visage, et s’assurant de bien visser son bob sur sa tête. Il allait passer un très bon moment. Jouer la comédie était un art, un art dont le beau diable reconnaissait tous les mérites. Et même si duper une poignée d’enfant n’était pas chose compliquée, rien n’empêchait le démon de faire preuve d’ironie et d’humour.

« Des poissons si gros qu’ils pourraient vous gober tout cru ! »
Expliqua l’homme d’une voix enthousiaste et sympathique. « Alors ! Qui est avec moi ? »

Les enfants répondirent tous en même temps, visiblement charmés par la prestation de leur gardien. Ce dernier jubilait intérieurement, se demandant lequel, de tous ces petits morceaux de viande, finirait par servir d’appât. Il y avait en tous cas clairement là de quoi nourrir un gros poisson affamé.

Pour la suite, il fallait s’assurer que Jared soit celui qui agirait, le moment venu. Après tout, chaque bambin ici présent avait des parents, et il était nécessaire d’éviter une interférence paternelle ou maternelle. Et à ce propos, Stephen avait une idée qu’il jugeait, sans aucune modestie, tout à fait excellente.

Car l’ancien militaire était en train de se quereller avec une femme. Aux vues des dires de chacun, c’était une engueulade à propos d’une histoire de « pute ». Stephen n’avait pas saisi les actions de Mélisandre, et il ignorait donc les raisons profondes de la dispute. Mais ce qui était certain, c’était que ce moment de tension ne pouvait amener que de mauvaises choses. Donc de bonnes choses, pour le démon.

« Allons, ne nous occupons pas des histoires des adultes ! Nous allons pêcher ! Tout le monde à l’eau, et restez bien espacés surtout ! Mais ne quittez pas mon champ de vision. » Dit le beau diable, étonnamment convaincant dans son rôle de moniteur.

Et, alors que la dispute entre Jared et Olivia continuait, s’intensifiant, tous les enfants se baignèrent sous l’œil parfaitement malveillant de Stephen. Ce dernier observait la petite troupe, ressentant un fort empressement et une curiosité malsaine à savoir quel gosse se ferait dévorer en premier.

Quelques incantations quittèrent les lèvres du garde plage, qui ne se baignait pas, restant à la limite entre la marée montante et le sable chaud. Il fallut quelques minutes avant qu’une présence ne se fasse ressentir. Les requins n’étaient pas très hostile, d’ordinaire, mais la magie démoniaque de Stephen faisait un excellent travail pour ce qui était de les titiller.

Alors, de grands cris retentirent. Ce n’étaient pas les cris d’un enfant piqué par une méduse, cette fois. Non, c’étaient là les cris d’une personne qui meurt. Un bruit déchirant, équivoque, comme si les poumons se vidaient de tout air en un seul instant. Aussi paniqué que son bob et ses lunettes opaques le laissaient transparaître, le démon se rua vers Jared.

« Monsieur ! Un des enfants… C’est… Venez ! »
Ordonna presque le monstre.

Bien sûr, il avait pris soin de ne pas parler de sa voix habituelle, pour ne pas réveiller le moindre souvenir malsain chez le porteur. Et l’urgence était bien présente, car les cris d’enfants se faisaient plus nombreux. La première victime avait déjà été réduite en charpie, et la bête menaçait visiblement d’attaquer d’autres enfants, voire même d’autres baigneurs.

« Je dois aller chercher un harpon dans la loge ! Allez récupérer les enfants je vous en prie ! » S’écria le faux garde, apparemment en proie à la panique.

Les enfants, quel gibier d’exception. Mais, pour le requin ensorcelé, l’odeur des jambes de Jared serait plus enivrante que la plus gourmande des ambroisies. Incapable de résister, il se ruerait sur l’homme, pour lui arracher les jambes de sa machoire colossale. Un plan bien rudimentaire, mais efficace. D’autant plus que la magie de Stephen empêcherait le « gros poisson » de tuer Jared. Il finirait sans mollets, au mieux.
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(´・ω・`)

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